J’ai déjà indiqué que j’aimais beaucoup Frédéric Lordon. Cet économiste talentueux à une analyse acérée et souvent très juste, enrobée d’un don oratoire exceptionnel. J’ai fait miennes plusieurs de ses propositions, comme le SLAM.

Parfois, je ne suis pas tout à fait en phase avec certaines tonalités un peu agressives ou outrancières de la forme du discours, comme ici – même si je partage assez le fond. Mais diable, que cela fait du bien à entendre, pour mettre à l’épreuve son esprit critique…

À 75 % les riches partiront ?

Vendredi 16 mars 2012, par Frédéric Lordon.

Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Avant de la prendre.

Les faux-semblants de la gauche serpillière

 Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES1  institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG2  avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Sans doute l’oscilloscope n’est-il pas menacé d’exploser : le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

Le candidat socialiste aurait-il vraiment le projet de s’en prendre aux inégalités, aux chutes dans la précarité des uns et à l’indécente explosion des fortunes des autres, il s’attaquerait à leur principe générateur même, à savoir : la libéralisation financière, l’ouverture du commerce international à toutes les concurrences distordues — bien faites pour déstabiliser les classes ouvrières des pays développés et attaquer les Etats-providences —, l’orthodoxie de politique économique qui commande de satisfaire les investisseurs d’abord et les corps sociaux s’il en reste, soit synthétiquement les structures de la mondialisation néolibérale, spécialement mises en valeur par la construction européenne — dont les prétentions de « bouclier » (« L’Europe est un bouclier contre la mondialisation ») inspirent au choix le rire ou le dégoût. C’est à cela que s’en prendrait donc un candidat de gauche, conscient que la gauche se définit plus par le projet de transformer radicalement le cadre des structures du néolibéralisme que par celui d’y passer la serpillière3

Précisément, on reconnaît la gauche serpillière, la gauche pleurnicheuse, la gauche qui ne veut pas être de gauche, aux chaudes larmes qu’elle verse sur la souffrance sociale sans jamais vouloir interroger, et encore moins modifier, les structures qui ne cessent de la recréer. On la reconnaît par conséquent aussi à ses instruments : emplois-jeunes, éducation-formation — avec le double aveu implicite que l’éducation est surtout une formation professionnelle et que, si bien sûr on les y aidera, il appartient tout de même aux individus de se rendre « employables » —, fiscalité enfin, soit tout ce qu’il reste de leviers secondaires pour atténuer les effets à l’intérieur du cadre mais sans jamais y toucher.

De tous ces palliatifs, cependant, la fiscalité est le plus significatif — quand il n’est pas manié à la baisse à la façon du socialisme Jospin-Strauss Kahn-Fabius… Mais voilà que François Hollande, décidé cette fois à le pousser dans le bon sens, semble avoir empoigné le levier, et la chose est suffisamment étonnante pour être notée (sous les habituelles réserves de la jonction incertaine du geste à la parole…). Que le gauchomètre s’en ressente et donne une mesure fiable, est confirmé par le capteur complémentaire de l’éditorialomètre, machine corrélée mais réglée selon un principe de variation inverse : sans surprise Jean-Francis Pécresse (Les Echos), Dominique Seux (Les Echos, again), Alexandre Phalippou (Huffington Post tendance Anne Sinclair) prophétisent le désastre, ainsi que Yves Calvi (C dans l’air) en charge de brancher l’expertomètre sur l’éditorialomètre (corrélation positive) et qui réunit un superbe plateau4 à trois (plus lui) contre un pour bramer et faire bramer au désastre économique, avec parmi les bêtes à cornes l’inénarrable Philippe Dessertine, Christian de Saint-Etienne et surtout Elie Cohen, jusqu’à il y a peu conseiller économique de François Hollande mais horrifié des nouvelles velléités de gauche du candidat qu’il croyait sincèrement de droite.

On doit toutefois à l’honnêteté de reconnaître que l’éditorialo-expertomètre, machine pourtant ultra-sensible en tout cas dans cette partie là du cadran (depuis vingt ans, très peu de réaction sur bonus, fortunes et inégalités, non plus sur chômage, fin de droits et seuils de pauvreté), n’a pas fait exploser le scope comme elle l’aurait fait il y a cinq ans à peine. Jean-Michel Aphatie, par exemple, a même éprouvé le besoin de démentir avoir pris parti pour les riches et n’avoir fait que de l’ironie à propos des 75% de Hollande. Il est vrai que l’époque commence à sentir fort le goudron et les plumes et pour la classe possédante et pour la valetaille médiatique qui jusqu’ici n’avait de cesse de lui servir la soupe avec force justifications économiques et admonestations à l’endroit du peuple envieux. Les temps ont changé et, jusque chez les riches, commence à se former la conscience « d’avoir un peu exagéré »… Pas suffisamment cependant pour désarmer complètement les réflexes incorporés qui font objecter instantanément à la fuite des talents et au bris de l’élan créateur de richesses — et l’on pense irrésistiblement à ce moment là au parti qu’on pourrait tirer de la trouvaille des graphistes du film Les nouveaux chiens de garde ((Les Nouveaux chiens de garde, documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Jem Production, janvier 2012.)) où l’on voit chaque éditocrate multicarte accompagné d’un phylactère faisant la liste de ses innombrables employeurs, combinée à la proposition de Régis Jauffret5 demandant que chaque expert prônant le sacrifice salarial à l’usage des autres soit sommé de déclarer ses propres revenus…

Les « impossibilités » du mauvais vouloir

Entre temps, et comme toujours dans ce genre de circonstances, le syndicat des malévolents monte en chœur au créneau, mais caparaçonné d’arguments « techniques » qui disent tous « l’impossibilité », et en particulier, délicieuse menace, l’inconstitutionnalité, supposée fatale aux 75%.

À cette dernière en particulier, comme en fait au parti des « impossibilistes » en général, il faudra rappeler que les déclarations d’impossibilité sont le plus souvent l’expression de leur mauvais vouloir. À eux qui, fondamentalement, ne désirent pas changer l’ordre des choses, il est bien certain que les difficultés semblent tout de suite immenses et les impossibilités immédiatement constituées. Il faudrait redire ce que la capacité de penser doit au désir de penser, et que l’imagination ne vient qu’à ceux qui en ont vraiment envie. Pour tous les autres qui ont surtout envie de conserver, la conservation est à coup sûr la solution de bon sens, et comme elle est l’attracteur de toute leur pensée il n’y a pas lieu de s’étonner qu’ils s’y rendent aussi vite — à moins que ne se produise un événement exceptionnel dont la force finit par leur arracher un doute. Ainsi des laudateurs de la mondialisation financière qui auraient tous déclaré « impossible » de toucher en rien aux structures de la finance, mais découvrent, à partir de 2007, et leurs tares congénitales et qu’il est finalement possible d’y faire quelque chose (au moins d’y songer…) ; ainsi également des bons apôtres de la construction européenne à qui il faut le bord du gouffre pour être dessillés mais avaient tout nié en bloc tant qu’on en n’était pas à la dernière extrémité — et que la réalité finira bien par forcer à bazarder leurs dogmes (celui de la BCE indépendante, celui de l’article 63, etc.).

De même, la fiscalité à l’époque de la mondialisation fera l’objet de semblable déni tant qu’on n’aura pas atteint le point ultime de l’écœurement, et tout y demeurera délicieusement « complexité » et « impossibilité » — providentielle anti-constitutionnalité, norme supérieure de l’impossibilité ! Mais c’est oublier que la constitution n’est qu’une forme de loi, sans doute supérieure dans la hiérarchie des normes mais, que l’on sache, encore dans le champ de la délibération démocratique — après tout on a bien su la changer quand il s’agissait de rendre la banque centrale indépendante ; se peut-il qu’il y ait des révisions constitutionnelles aisément concevables et d’autres qui ne le soient pas ? Les constitutions peuvent être changées d’un trait de plume en une nuit, et les Argentins qui ont envoyé à la poubelle leur currency board fin 2001 en savent quelque chose : comme toujours, il suffit qu’une envie collective suffisamment puissante se soit manifestée. Et puis il reste à qui trouverait la procédure de révision trop lourde tous les moyens légaux ordinaires envisageables par une imagination normalement débridée. Si le Conseil constitutionnel s’inquiète que la combinaison d’impôt sur le revenu et d’impôt sur le patrimoine en vienne à imposer certains (sans doute pas nombreux) à 100 %, il suffit d’instituer un seuil sous lequel le revenu net après impôt ne pourra pas descendre, plancher pour le fisc… mais plafond pour les intéressés, en une restauration (convenablement actualisée) du principe, apologie de Georges Marchais, « au-dessus de 40 000 francs mensuels je prends tout » — comme il n’est strictement aucun argument, ni celui du mérite ni a fortiori celui du temps travaillé, qui puisse justifier qu’un individu vaille, et gagne, trois cents fois plus qu’un autre, le revenu net maximal est décidément une idée qui a de l’avenir…

À négligeable, négligeable et demi…

Mais ça n’est pas tout que la chose puisse s’avérer possible, reprend alors le chœur, mise en place elle serait terriblement néfaste. Il est donc temps de rappeler une ou deux choses à propos des supposés bienfaits de la présence des riches. Et d’abord à propos de l’idée que, entre joyaux de la couronne et cœur battant de l’économie, les riches seraient simplement indispensables à notre prospérité collective. La transfiguration des intérêts particuliers en intérêt général est certes l’enfance de l’art idéologique, mais, s’il est des cas où elle est aidée par un certain état des structures économiques qui produit objectivement l’alignement des intérêts de tous sur celui de quelques-uns — à l’image du risque systémique bancaire qui force à venir au secours des institutions financières sauf à encourir une destruction sociale générale —, il en est d’autres où la revendication d’utilité sociale des dominants n’a pas d’autre consistance que celle d’un pur et simple coup de force propagandiste. Comme dans le cas présent.

Il conviendrait pour commencer que les libéraux prennent conscience du défaut de cohérence de leur propre argument qui écarte d’abord la taxation des riches par un argument de « second ordre » : bien sûr, on peut si l’on veut l’envisager, mais elle concerne si peu de monde et s’avérera si peu efficace — quelques centaines de millions d’euros supplémentaires pour se faire plaisir, définitivement pas à la hauteur de la centaine de milliards du déficit à réduire… Or l’argument d’échelle se retourne comme un gant : si les riches pèsent si peu en termes fiscaux, c’est qu’ils ne pèsent pas davantage en termes de capacité d’investissement ! Par conséquent le coût d’opportunité économique d’une taxation des riches est aussi négligeable que leur contribution fiscale — et, comme le souci symbolique de l’équité à toute sa valeur (extra-économique), il ne faut surtout pas se priver.

De l’inutilité sociale de la fortune à l’époque actionnariale

Mais l’argument libéral a la logique incertaine, et une pratique plus éprouvée de la géométrie variable ; aussi persiste-t-il, contre toute cohérence, à soutenir que les riches sont utiles : nous leur devons tout le dynamisme financier des entreprises irriguées par les courageux réinvestissements de la fortune. Hélas, pas davantage.

Encore faut-il pour s’en apercevoir se faire une idée de la façon réelle, et non fantasmée, dont les entreprises financent leurs investissements et ce que, en cette matière, l’on doit à qui. Or, les choses ne se passent pas exactement comme le récit enchanté de la déréglementation financière voudrait le faire croire. Il faut bien reconnaître qu’en matière de contes et légendes, la libéralisation financière n’aura pas manqué d’imagination — et il est vrai qu’il en fallait pour tenter de rendre présentable l’ouverture du parc de loisir de la finance à l’échelle de la planète. Comme toujours dans ces cas-là, « rendre présentable » c’est présenter comme « avantageux à tous ». L’« avantage de tous », ce sont les entreprises — le public est invité à comprendre : emplois passionnants à profusion, innovations, marchandises bariolées et prospérité radieuse. La déréglementation, raconte l’histoire pour enfants sages, a été faite « pour elles ». Car les entreprises pour se financer ont besoin de fonds propres, la meilleure, la plus noble des formes de financement externe. Il fallait donc réveiller la Bourse et la rendre pétulante à nouveau, car c’est bien à la Bourse que se passe la merveilleuse rencontre des entreprises émettrices et des personnes souscriptrices, admirable alliance du capital et du travail qui nous offre une scène de genre propre à faire apparaître rétrospectivement les allégories de l’art pompier comme des modèles de discrétion allusive.

Le paradoxe de la libéralisation financière, mais cette fois impropre aux représentations édifiantes, consiste en ceci que l’énorme machine spéculative censément échafaudée en célébration des entreprises et à la gloire des fonds propres, n’aura que très marginalement modifié la structure d’ensemble de leurs financements — où les émissions d’actions tiennent une place toujours aussi faible, si bien que, trahissant la justification cardinale de la gigantesque opération, elles n’en auront tiré objectivement que des avantages infinitésimaux (et encore…). Sauf regrettable entêtement dans la pensée négative-critique, on se gardera bien de conclure par un « tout ça pour ça » désabusé car, de ne finalement servir aucune de ses finalités externes alléguées n’aura pas empêché la machine spéculative en question de prodiguer quantité d’autres bienfaits — évidemment à l’usage d’un nombre plus restreint de personnes et sans rapport aucun avec le dynamisme de l’investissement productif… Pas perdue pour tout le monde, la libéralisation des marchés d’actions l’aura cependant été au regard des objectifs dont elle s’était fait complaisamment un appareil de justifications. Mais à qui, ou à quoi donc aura-t-elle profité ? Au marché secondaire et à l’investissement spéculatif bien sûr.

Pour se montrer conforme à son concept, ou plutôt à son ambition imaginaire, il aurait fallu que le dynamisme boursier profitât exclusivement, ou majoritairement, au marché primaire, guichet de l’émission de nouvellesactions, c’est-à-dire lieu exclusif où s’opèrent les transferts réels de fonds (propres) des épargnants vers les entreprises. Hors de ces opérations de souscription, les entreprises ne voient pas la couleur des liquidités qui se déversent sur le marché secondaire, quand bien même ces liquidités prennent leurs titres pour support. Car le marché secondaire, marché de l’occasion où ne s’échangent que des titres déjà émis, met, par définition, en rapport non pas entreprises et apporteurs de fonds nouveaux, mais les investisseurs financiers entre eux, détenteurs de titres anciens désireux de s’en défaire et nouveaux acquéreurs qui leurs transféreront leurs épargnes, les uns comme les autres n’ayant rien d’autre en vue que la plus-value (présente pour les uns, future pour les autres), et les entreprises, au loin, observant ce jeu qui ne les concerne pas. Par construction, la circulation autocentrée des marchés secondaires n’offre aucune insertion aux entreprises demandeuses de fonds6 et l’énorme masse des opérations qui s’y accomplit quotidiennement, faisant pour une part écrasante « l’activité de la Bourse », n’emporte aucune contrepartie en termes de moyens de financement supplémentaires de l’investissement productif.

C’est bien dans cette formidable disproportion des marchés respectivement primaire et secondaire, opportunément confondus dans le générique fourre-tout « La Bourse », que sombre l’argumentaire des bienfaits économiques de la déréglementation financière. Car voilà son admirable bilan en cette matière : le total des émissions nettes d’actions cotées (1650 sociétés) pour 2010 est de… 13 milliards d’euros7. Pour qui n’a pas les ordres de grandeur en tête, le caractère dérisoire de cette « performance » s’apprécie en la rapportant par exemple au volume total de l’investissement des sociétés non financières — 193 milliards d’euros8 —, ou bien, dans un autre registre, au volume moyen quotidien des transactions opérées sur le seul CAC 40 — entre 3 et 5 milliards d’euros… Bien sûr, pour que cette deuxième référence ait du sens il faut se souvenir que les 5 milliards d’euros de transactions quotidiennes sur le CAC 40 doivent être appréciés en tenant compte de la vitesse de circulation de la monnaie, c’est-à-dire du fait que ce sont les mêmes liquidités qui tournent plusieurs fois par jour en ne faisant que changer de mains. Mais pour autant, et en redisant toutes les précautions qui doivent l’accompagner, la mise en regard ne laisse pas d’être frappante. En gros 230 jours de Bourse à 5 milliards d’euros d’amusement chacun, soit la fête annuelle à 1150 milliards d’euros pour, au final, 13 seulement de nouvelles émissions, c’est-à-dire de fonds effectivement dirigés vers les entreprises9.

Les riches ne font donc pas autre chose que d’alimenter, à fin de plus-value sans rapport avec le soutien de l’investissement productif, la gigantesque machine dissipative. Et si leur pesant financier per capita est assurément bien plus élevé que celui des épargnants moyens, rien ne permet de dire qu’ils répartissent différemment du commun leurs fonds entre marché primaire et marché secondaire. À quoi sert donc l’argent des riches ? Mais à rien d’autre qu’à faire tourner la machine entropique qui soutient à peine 7% de la FBCF annuelle10 et, des énormes masses financières qu’elle enfourne, n’en convertit qu’une portion ridicule en investissement effectif. Pour le dire plus simplement : l’argent des riches ne sert à rien — qu’à s’augmenter lui-même.

Le capitalisme actionnarial, naufrageur de sa propre idéologie

On dira que les apports en capitaux propres ne se limitent pas aux actions émises par les sociétés cotées et que, sous la cote, il est tout une masse de petites entreprises qui opèrent des levées de fonds par d’autres moyens — certaines réputées prometteuses comme les start-up, financées par « amorçage » ou venture capital. Malheureusement, là encore, la mythologie « nouvelle économie » des garages, des incubateurs et desbusiness angels réunis n’est pas tout à fait à la hauteur de la réalité, en tout cas de celle du compte financier des ménages dont l’INSEE nous dit que, pour 2010, il ne s’augmente que de 8,6 milliards d’euros d’actions non cotées et de 6,7 milliards d’euros de divers autres titres de participation… et fatale rechute dans le dérisoire.

Une dernière protestation objectera que les actions n’épuisent pas les possibilités de financement offertes aux entreprises par les marchés de capitaux en général. Car, à côté de la Bourse stricto sensu, il y a aussi tous les marchés de crédit. Mais par définition on n’y lève que de la dette (obligations), c’est-à-dire qu’on n’y réalise aucune opération qualitativementdistincte d’un ordinaire crédit bancaire, par conséquent susceptible d’être réalisée dans un tout autre environnement institutionnel que celui des marchés. Pour les PME d’ailleurs la chose est réglée : n’ayant pas la surface réglementaire suffisante les autorisant à se présenter sur les marchés obligataires, elles sont bien forcées de n’avoir à connaître des charmes de la modernité financière que par presse économique interposée — et pour le reste de se présenter au seul guichet qui leur soit ouvert : celui de la banque. Les grandes entreprises jouissent-elles vraiment de possibilités plus étendues ? Formellement sans doute, mais peu exercées en réalité. Car elles aussi savent bien ce qu’il en coûte de s’en remettre aux foucades des marchés de crédit, qui peuvent céder à la panique sans crier gare, interrompre tous les financements, en général au plus mauvais moment, alors que le crédit bancaire à la papa peut parfois donner lieu à des partenariats de long terme qui permettent de voir au-delà des fluctuations conjoncturelles et de garantir une relative continuité des financements.

Le plus étonnant étant, à la fin des fins, que même les grandes entreprises cotées, a priori les mieux placées pour faire appel à l’épargne-action, ne s’y résolvent qu’avec une extrême parcimonie. Non pas qu’elles en auraient une réticence de principe… mais parce que ce sont leurs actionnaires eux-mêmes qui les en découragent ! C’est que les émissions de nouvelles actions ont, pour les actionnaires dans la place, le mauvais goût d’être dilutives, c’est-à-dire, à court terme en tout cas, de répartir le profit existant sur un plus grand nombre de parts, donc de faire baisser mécaniquement le bénéfice par action… et le cours de Bourse avec lui.

Paradoxe suprême : c’est le capitalisme actionnarial lui-même qui ne veut pas des émissions d’actions ! — de là d’ailleurs cette aberration monumentale qui voit les entreprises sommées par leurs actionnaires de racheter leurs propres actions, selon la simple logique que, si les émissions ont de mauvaises propriétés dilutives, les buy-back ((Les rachats par les entreprises de leurs propres actions.)) ont les propriétés dites « relutives » exactement inverses. Résumons-nous : la Bourse a été déréglementée au prétendu motif d’encourager le financement par actions des entreprises — et porter à son plus haut l’utilité sociale de la fortune privée —, mais la logique profonde du capitalisme actionnarial qui s’est édifié sur la déréglementation financière décourage absolument ces émissions… Pendant ce temps la spéculation continue et l’on continue de clamer que les riches qui envoient leurs épargnes à la Bourse sont la providence de l’économie réelle !

Trickle down… ou trickle up economics ?

Les riches ne servent à rien qu’à eux-mêmes. Et c’est toute la magie du discours de la trickle down economics, l’économie « du ruissellement », que d’avoir tenté de nous faire croire le contraire : laissons les riches s’enrichir ; par une cascade de retombées bienfaisantes ce sont de proche en proche toutes les couches sociales inférieures qui finiront par en profiter. Car après tout les riches investissent, sans doute on vient de voir ce qu’il faut en penser…, mais au moins ils consomment et font tourner le petit commerce, disons plutôt le gros, mais qui fera tourner le moyen, etc. Un quart de siècle d’expérimentation en vraie grandeur devrait faire un délai suffisant pour tirer le bilan — rigoureusement nul — de cette idée à laquelle continuent de s’accrocher la défense et illustration de la vertu sociale des riches. Et l’on finit par se demander s’il ne reste plus que le moyen de la dérision pour balayer enfin ce fatras mensonger, comme celui choisi par le Daily Show de Jon Stewart montrant de quelle manière la trickle down economics a inopinément muté en trickle up economics, les canalisations censément dirigées vers le bas prenant soudain un tour biscornu pour se retourner vers le haut…

Il faudrait dire bien d’autres choses pour être complet, dont certaines ont été évoquées ailleurs11, et notamment, entre autres :

— que, dans leur bilan d’ensemble, l’inutilité économique des indécentes fortunes s’accompagne de leurs effets sociaux dissolvants, car l’opinion est frappée, au point que le trouble à l’ordre public est constitué, quand devient apparent que les mêmes causes de la finance sont au principe de l’extravagante richesse des uns et des difficultés matérielles des autres, exploités de la valeur actionnariale, licenciés de la récession post crise financière, déremboursés des plans d’austérité, prolongés des retraites différées au nom du triple-A, etc. ;

— que les arguments du mérite à « justement rémunérer », dernière ligne Maginot de la pensée libérale, peinent de plus en plus à masquer les formidables ratages des supposées élites, lesquelles continuent néanmoins de jouir d’une sorte de droit de repêchage inconditionnel et de crédit illimité pour mieux entretenir le mythe des « irremplaçables » ;

— que, par une incohérence de plus, dont il est décidément coutumier, le discours libéral, pour faire l’apologie de l’allocation efficiente (!) du capital par les marchés, n’a de cesse de vanter la « sagesse des foules », des milliers d’opérateurs financiers composant une allocation d’ensemble tellement mieux avisée que toutes les décisions du Léviathan de la politique industrielle. Curieusement cependant, la « sagesse des collectifs » s’évanouit pour laisser de nouveau la place aux « grands hommes » quand il est question de direction d’entreprise… Quand bien même, dans l’ensemble des patrons supposés providentiels, on aurait fait le tri des vendus aux actionnaires, des illuminés et des naufrageurs pour ne garder que les raisonnablement compétents, il n’en est probablement pas un auquel ne puisse se substituer la démocratie récommunale12 des producteurs assemblés, sagesse des (petites) foules qui vaut au moins celle des marchés…

Déchéances de l’évasion fiscale

Mais on voudrait pour finir évoquer ceci, qui semble prima facie sans aucun rapport avec la question — et pourtant… Il y a décidément lieu de s’affliger des effets durables du débat sur la déchéance de la nationalité qui, dans un de ces accès typiques de racisme d’Etat, spécialement quand il est sarkozyen, avait fait le charme particulier du discours de Grenoble, à l’été 2010 ; discours doublement regrettable, d’abord pour les raisons intrinsèques qu’il est inutile de développer, mais ensuite pour avoir préempté le thème de la déchéance de nationalité et l’avoir détourné de son seul usage pertinent : l’évasion fiscale.

On n’en finit donc plus de parcourir les incohérences de la pensée de droite car, comme l’avait fait remarquer Badiou13, c’est un étonnant paradoxe que, dressé sur ses ergots patriotiques, Nicolas Sarkozy n’a pourtant jamais eu de cesse que de vouloir aligner servilement la France sur des modèles étrangers, au fil d’ailleurs des inspirations successives de l’air du temps : américain, danois, allemand14…, et c’en est un autre, très semblable dans sa forme, que ses apologies de la nation s’accommodent de toutes les désertions fiscales — même si, drame des écritures lentes vouées en période de campagne à être dépassées par les événements, Nicolas Sarkozy vient de s’en prendre soudainement à l’évasion fiscale, et ne veut plus être le « président des riches » — momentanément…

De même qu’il n’y a pas d’amour mais seulement des preuves d’amour, l’appartenance à la nation pourtant si bruyamment revendiquée par la droite sarkozyenne, est en définitive moins affaire de tonitruantes déclarations que d’actes tout à fait concrets comme… payer ses impôts ! L’acquittement des impôts, comme contribution proportionnelle aux charges collectives qui vont nécessairement avec la vie d’une « communauté », quelle que soit son échelle, vient peut-être en tête des manifestations réelles de l’appartenance. Et ça n’est sans doute pas un hasard que les travailleurs sans-papiers se prévalent si souvent de leurs cotisations payées, ou revendiquent le droit d’être soumis à l’impôt sur le revenu, dans une compréhension de ce qu’est l’appartenance nationale qui fait visiblement défaut à Johnny, à Liliane Bettencourt et à tous les exilés fiscaux de leur engeance, exil fiscal qu’il serait urgent de sanctionner de l’exil tout court.

La droite (et l’extrême droite) ferait donc bien de se méfier de l’idée (déjà en soi douteuse) des « vrais Français » — qui ne sont pas ceux qu’elle croit. Autrement Français les clandestins qui aspirent à être régularisés c’est-à-dire à vivre régulièrement, d’une « régularité » à laquelle les riches s’efforcent en permanence de se soustraire. Qu’ils ne veuillent plus des charges de la collectivité signifie par le fait qu’ils ne veulent plus de l’appartenance à la collectivité. Or, la frontière de la collectivité devrait fonctionner selon un principe de porosité symétrique : de même que quiconque désirant y apporter sa capacité contributive (productive, fiscale, vitale) devrait y être admis, quiconque manifestant son désir de ne plus y contribuer ne devrait pas y être retenu… Il se pourrait même que la nation ait beaucoup plus à y gagner à régulariser ceux qui veulent vivre régulièrement sur son sol qu’à tenter de retenir les Florent Pagny, les Alain Delon, et tous les faux indispensables du « dynamisme économique ». À ces derniers en tout cas il faudra expliquer le principe simple de la corrélation entre la nationalité et l’impôt. Et puis les inviter à faire leur choix — mais pour de bon. Qu’ils fuient sous d’autres cieux à la recherche des taux d’imposition qui accroissent encore un peu plus leur fortune, c’est leur affaire. Mais prière en partant de déposer passeport, carte d’électeur, carte de sécu, et d’aller définitivement se faire pendre ailleurs.

Frédéric Lordon.


P.S. Olivier Berruyer : Je mets pour mémoire le graphique tiré de ce billet présentant l’évolution du taux marginal d’impôt sur le revenu et du seuil applicable. Ce dernier point est très important : 75 % à partir de  100 000 € ou 100 millions, ce n’est pas pareil. Rappelons enfin qu’il s’agit d’un taux marginal, c’est-à-dire qui ne s’applique qu’à la tranche des revenus dépassant le seuil.

taux marginal irpp impot revenu france

Bref, 75 %, cela n’a pas empêché les 30 Glorieuses – et le seuil était bien plus bas (soit 10 à 25 % du niveau proposé par François Hollande)…

  1. MES : Mécanisme Européen de Stabilité. []
  2. TSCG : Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance. []
  3. Voir « Gauche de gauche, gauche de droite »Télérama, 2 mars 2012. []
  4. C dans l’air, 1er mars 2012. []
  5. Ce soir ou jamais, France 3, 17 janvier 2012. []
  6. Sauf lorsque celles-ci s’y présentent pour racheter leurs propres actions… []
  7. Données Banque de France []
  8. INSEE, Comptes de la nation 2010. []
  9. Et encore les 13 milliards d’euros concernent les levées de fonds de toutes les sociétés cotées, au-delà du seul CAC 40… []
  10. FBCF : Formation brute de capital fixe. La FBCF permet de mesurer l’investissement productif. []
  11. Voir « Bonus et primes : le (résistible) chantage des “compétents” », Blog La pompe à phynance, mars 2009. []
  12. Comme on dit « république », la chose publique, on peut parler de « récommune » pour signifier que l’entreprise, comprise non plus comme la chose patrimoniale des actionnaires, est la chose commune (res communa) de tous ceux qui y travaillent — les salariés ! []
  13. Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Lignes, 2007. []
  14. À propos des contresens de la frénésie des modèles étrangers à importer, voir l’entretien de Robert Boyer, lefigaro.fr, 13 mars 2012. []

67 réponses à [Article] “À 75 % les riches partiront ?”, par Frédéric Lordon

  1. Yoyo Le 30 avril 2012 à 02h56
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    Vous oubliez tout de même le rôle de cotation de l’action qui permet à l’entreprise coté de garantir leurs emprunts et autres dettes grâce a cette valeur de capitalisation.
    Comme le marché est liquide et ouvert, la confiance dans cette valeur est élevé, même si elle est plutôt volatile.
    Du coup, vous auriez pu ajouter dans votre critique, que la spéculation peut faire chuter la valeur de l’action de façon démesuré, et mettre en difficulté l’entreprise, ne pouvant plus garantir son financement.


  2. Helios Le 30 avril 2012 à 05h00
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    A quoi bon des taxes et récriminations contre les riches si la libre circulation des capitaux continue ?
    C’est la vraie question, et il est significatif qu’elle ne soit posée par aucun des deux candidats.
     
     


    • Terry31 Le 30 avril 2012 à 09h54
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      C’est ce que laisse entendre Lordon au début de sa brillante analyse lorsqu’il parle du cadre que le PS ne veut surtout pas remettre en cause.
      Le PS nous promet, bis repetita, depuis 30 ans qu’ils veulent changer l’Europe (cf. leurs slogans de campagne aux différentes élections européennes) car les français se rendent bien compte que c’est une Europe libérale qui s’impose à eux, malgré eux.
      En attendant qu’ils arrivent enfin à la changer (les bonnes âmes diront qu’il ne faut pas désespérer !), c’est l’Europe de Bruxelles qui change nos économies et nous ruine à petit feu.
      Alors, oui, la gauche serpillère éponge et lubrifie pour que tout ça soit moins douloureux. Le 6 mai, ce sera sans moi, comme pour le 22 avril.


  3. Patrick Luder Le 30 avril 2012 à 06h04
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    Les impôts ne sont qu’une partie des ponctions effectuées par un gouvernement sur son peuple. Réfléchir encore seulement en termes d’imposition fiscale est une notion arriérée, inutile et faussée. Si l’on veut faire des bilans ou des comparatifs qui tiennent la route, il faut tenir compte de toutes les formes de fiscalités appliquées dans un pays donné : Impôts + TVA + (toutes) taxes + assurances obligatoires etc. Cette forme de multiplication des taxes est seulement un moyen (efficace ?) de noyer le poisson, et fait perdre la vue de l’ensemble pour faire passer l’inacceptable.
     
    En termes globaux de fiscalité, les schémas sont pourtant extrêmement simples. Une imposition du future, qui se voudrait démocratique et sociale (je n’aime pas les termes gauche – droite) devrait appliquer les principes suivants :
     
    1° Impôt unique à la source : Un seul et unique impôt pris à la source, incluant toutes les taxes, assurances obligatoires etc. Ce qui reste serait ainsi 100% acquis, ce qui permettrait d’investir plus facilement et de manière plus saine. Les avantage de cet impôt unique est évidement une simplification de tout le système et surtout une meilleure vision de son patrimoine financier (public, entreprise ou privé).
     
    2° Impôt progressif linéaire : Cet impôt unique devrait être linéairement progressif, sans limite … ceux qui gagnent plus paient en plus grand pourcentage. Les avantages de cette progression linéaire sont tout aussi évidents, cela limite de manière simple et progressive, les excès de gains inacceptables dans un monde limite.
     
    3° Impôt à caractère humain : Cet impôt unique et progressif doit tenir compte du nombre de personnes prises en compte. Au niveau privé, l’impôt devrait être moins élevé pour un salaire qui fait vivre plus de personne. Au niveau des entreprises, la même idée devrait être appliquée, les bénéfices d’une entreprise qui fait vivre beaucoup de personnes doivent être moins taxées qu’un les mêmes bénéfices qui font vivre moins de personnes.
      


    • step Le 30 avril 2012 à 10h42
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      pour ce qui est de la TVA. Il y a un billet d’olivier montrant l’aspect anti-social de cet impôt. En gros: les pauvres consommes plus (en % de revenu) que les riches, donc cet impôt pèse plus lourd sur eux que les mieux nantis.  Je suis globalement d’accord sur ton post, mais la prise en compte de la TVA comme ce qu’elle est (un impôt) ne fait plutôt que renforcer ce que dit Mr Lordon. Qu’il ait omis d’en parler est effectivement domage, mais n’invalide pas son propos.

      Pour ce qui est de la simplification de l’imposition, je ne peux que plussoyer fortement. Il ne devrait pas y avoir une différence revenu travail/revenu capital, ou alors elle devrait être l’inverse de celle actuelle.


      • ARTISTE Le 30 avril 2012 à 17h19
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        imposer le revenu du capital comme celui du travail est une grande injustice pour tous ceux qui sont obliges de se constituer une retraite car n’etant pas dans la fonction publique à 80% du dernier salaire ( la plus belle niche fiscale de la république) mais plutot à 10% ils doivent epargner une somme importante pour combler cette excroquerie qu’est la retraite par répartition qui ne cesse de décroitre
        faute de cotisant les genérations précedentes s’etant bien évidemment sucrés .


        • step Le 30 avril 2012 à 21h59
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          heu pour le public tout faut, le taux de remplacement (% du dernier salaire pour la fonction public tourne autour de 60%). Ce chiffre sorti par le gouvernement n a été là que pour générer de la haine (vous savez le principe pour régner). En fait pour obtenir ce chiffre, ils ont simplement omis de considérer la rémunération /prime des fonctionnaires, qui ne cotise que pour 25% de leur valeur (ils représentent entre 15 et 25% de la rémunération d’un fonctionnaire). Pour résumer notre retraite correspond à 80% de notre salaire hors prime (mais ce salaire est alors de plus de 20% inférieur au métier équivalent du privé… héhé).
          Vous avez le même topo pour la retraite moyenne ou ils se permettent des comparaisons (à l’avantage du public) sauf qu’ils omettent de signaler que l’on parle de population hétérogènes. Il y a bien plus de cadres dans la FP que dans le privé. Si on compare retraite ‘ouvrier’ privé et retraite ‘ouvrier’ public ou (cadre/cadre) il y a peu de différence réelle !
          Moralité, se méfier du café du commerce politique !
          Pour ce qui est du conflit générationnel, c’est un problème pour tout pays en répartition dans le cadre d’une dynamique récessive. La répartition ne marche correctement que pour un pays démographiquement expansif et au moins stable économiquement. Ce dernier point n’est pas garanti, pour nous tous. Il faut cependant comparer à son alternative (la capitalisation privée) qui a fait un paquet de marrons (aux US). Il y a même un gestionnaire de fond de pension d’une police municipale qui a rencontré une balle perdue… c’est dire que ça c’est aussi bien passé ! Je crains malheureusement que public/privé, par répartition ou capitalisation, on sera tous bien marrons !


  4. Patrick Juignet Le 30 avril 2012 à 07h20
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    Les faux-semblants de la gauche serpillière

    Ce sous-titre m’a bien fait rire ! Il dit tout-haut ce que je pense tout-bas. 


    • step Le 30 avril 2012 à 10h46
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      moi aussi.


  5. bourdeaux Le 30 avril 2012 à 08h14
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    LORDON est vraiment un type brillant.
    Anecdote : Mon frère est cadre sup, et a travaillé une dizaine d’années chez ACCOR. Il me racontait un jour que la DG était très ennuyée pour communiquer sur ses excellents résultats annuels. 
    _« Pourquoi ? » lui avais-je demandé d’un ton badin.
    _ »parce que avec des résultats pareils, les actionnaires penseront qu’on est au max et qu’on ne peut pas faire mieux, et ils revendront leurs titres »
    La DG organisait à cette époque des séminaires sur des îles sympathiques mais pas faciles d’accès quand on n’a pas le pied marin, pour essayer de comprendre pourquoi ils gagnaient autant d’argent. 3 ans plus tard, ils organisaient des réunions à EVRY pour essayer de comprendre pourquoi ils en perdaient autant. Il en sortait des charrettes de licenciements et de gros chèques à la clé.
    Bref, concluons de cela que l’actionnariat « coup de vent »  stimule mal les réflexes de saine gestion dans les conseils d’administration quand cela va bien, et qu’il ne les stimule plus du tout quand cela va mal puisqu’il s’en va.
    Si la démonstration que la bourse ne sert à (presque) rien est assez entièrement faite, quelqu’un peut-il avancer des pistes pour démontrer, si  c’est démontrable, que la spéculation sur le marché secondaire est nuisible aux sociétés  non financières ?


    • Moi Le 01 mai 2012 à 13h18
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      La démonstration est aisée. Les patrons sont payés sur base de la cotation sur ce marché secondaire (stock options) et prennent évidemment des décisions favorisant à court terme le cours de l’action sur ce marché (ce qui signifie bien souvent des décisions absurdes à long terme) dont par exemple le versement de dividendes au détriment de l’investissement.


      • bourdeaux Le 01 mai 2012 à 14h01
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        Oui merci MOI. Le phénomène de siphon que provoquent les taux de retour sur investissement demandés par les edge funds est démontré. En fait je cherche à savoir s’il existe des effets plus “indirects”, et donc plus cachés.


  6. Joffe Le 30 avril 2012 à 08h27
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    Toujours un plaisir de lire Mr Lordon.
    Tellement dans le mille que si le ton est plutôt amusant, on en ressort vraiment énervé, d’avoir vu mettre des mots sur ses indignations et ces évidences qu’on oublie sous le feu du matraquage médiatique.
    Merci.


  7. Un_passant Le 30 avril 2012 à 09h14
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    On ne peut qu’abonder dans son sens dans la mesure où si l’on regarde le rapport performance/pérennité, des sociétés remarquables comme Bosch ou Rolex sont en fait des fondations à la fois pour limiter leurs impôts mais AUSSI se protéger contre les raid(er)s boursiers (ce type d’approche semble d’ailleurs une spécialité des entreprises scandinaves et germaniques); l’autre approche étant d’aller en bourse en préservant toujours au maximum une dimension familiale. On peut d’ailleurs remarquer que les entreprises multinationales les plus pérennes sont, soit familiales, soit bénéficient d’un pacte d’actionnaires. Tiens personne n’a remarqué ce que révèle le petit duel Porsche/Volkswagen concernant l’obligation de racheter l’intégralité de l’entreprise passé un certain pourcentage des parts?

    En bref, la bourse non seulement on peut s’en passer mais il semblerait même que ce soit préférable, in fine. Est-elle indispensable au libéralisme? Non. Pas plus qu’il est indispensable au libéralisme d’avoir des banques de dépôt fusionnées avec des banques d’investissement, pas plus qu’il n’est indispensable d’avoir tout simplement des banques en bourse (je trouve même le concept assez aberrant) pas plus qu’il n’est sain que les banques investissent en nom propre (il me semble que le libéralisme est justement contre les pratiques qui rendent à la fois juge et parti or investir en nom propre pour une banque, c’est être juge et parti à la fois en tant qu’investisseur mais pire, en tant que conseiller vis-à-vis des clients).

    Finalement, le seul intérêt de la bourse, c’est lorsque l’entreprise doit encaisser une augmentation de taille significative (Google lorsqu’ils ont dû créer leurs premiers datacenters par exemple) qui va rendre nécessaire un grosse quantité de capitaux. Mais en fait, cela n’implique en rien ensuite que ces entreprises aient besoin de se maintenir en bourse.  L’effet serait immédiat et bénéfique : n’investiraient que ceux qui croient vraiment dans l’entreprise et sont prêts à l’accompagner (stratégie des Buffett, Al Walid et consorts). L’opposé d’un Soros ou d’un Paulson quoi!

    Ce n’est pas parce qu’une entreprise n’est plus en bourse que ses actions n’ont plus de valeur… Ah elles sont moins liquides, mais moins volatiles aussi, ce qui permet d’assurer aux gestionnaires et PDG la possibilité de mettre en place des stratégies à cinq ans ou plus et non subir le court-termisme actuel qui les oblige à raisonner en année,  en trimestre voir en mois, ce qui est néfaste (y compris pour les salariés qui perdent en confiance et ne se sentent plus considérés : ils deviennent une variable corvéable en fonction des intérêts des actionnaires).


  8. Neophyte Le 30 avril 2012 à 11h45
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    Un des gros problemes de la bourse, c’est son coté court-termisme. 
    Lorsque l’on achete une action on devrait investir sur la valeur de l’entreprise et marquer donc son engagement dans la gestion de celle-ci.

    Je suis un peu jeune (23ans) mais je crois bien qu’une taxe existe contre les opérations immobilières à grosse plus-value. (en gros si on achete une maison 100 000€ et qu’on la revend le lendemain 200 000€ on est taxé à 90% je crois sur la plus-value et ce taux diminue avec le temps)

    Mr Berruyer, ne peut-on pas mettre en place un système similaire. Taxons à 100% les plus-value boursières sur moins de 6 mois, cette plus-value est une création entièrement artificielle de richesse et ne peux qu’appauvrir notre économie pour enrichir le spéculateur.

    J’ai en mémoire une phrase d’un PDG d’une grosse PME (200 personnes) qui etait intervenu pendant ma scolarité. ” J’aime me promener dans l’atelier pour voir la création de valeur a partir de matière première pour finalement finir avec un produit fini commercialisable”. C’est en mon sens le gros probleme de la majeur partie des acteurs de la bourse, ils sont tellements déconnectés de la réalité qu’ils en oublient qu’il réalise des opérations qui engendrent de l’argent sans pour autant créer de la richesse…

     


  9. Miluno Le 30 avril 2012 à 12h11
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    Quel réquisitoire !
     
    L’exposition de l’argumentaire de Frédéric Lordon, précis, tranchant illustre la pauvre pensée libérale,  oblivieuse des principes de notre République.
    C’est magistral ! Je souscrits à ce fiel qui jaillit, tant l’impudence dispute à l’indécence, le primat de la forfaiture des têtes « pensantes » qui nous gouvernent et les « créateurs géniaux !» qui les conseillent.
     Heureusement qu’internet, pour l’instant, permet une expression « libre », bien que, de plus en plus, surveillée. D’ailleurs, aujourd’hui, je conseille à mon entourage d’éteindre leur poste de TV et de radios afin de prendre le temps de parcourir des blogs aussi pédagogiques et désinfectants du discours ambiant des néolibéraux !
    Un mouvement naît du néant dans lequel nous nous sommes laissés propulser par l’affairisme et une dérégulation dont, le commun des mortels dont je suis, n’imaginait pas les effets délétères sur la nation, tant j’avais la tête « dans le guidon » !
     
    Encore merci à Olivier et Frédéric !
     


    • David Le 30 avril 2012 à 18h12
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      Votre indicateur est mauvais. La Chine a probablement une plus grande part de son PIB qui s’appuie directement sur les secteurs concurrentiels marchands, et ça n’en fait pas un pays “libéral” pour autant. On peut faire dire n’importe quoi aux chiffres quand on ne réfléchit pas sur ce qu’il veut dire. Or, le vôtre semble impuissant à exprimer correctement la part de libéralisme dans une économie. D’un autre côté, la libéralisation des mouvements de capitaux, la liberté de commerce, la liberté des échanges, la dérégulation financière, et mille autres exemples ne sont pas des indicateurs de soviétisme et il est très facile de lister l’ensemble des mesures allant dans cette direction qui ont été prises depuis 30 ans.
      Un peu d’honnêteté intellectuelle (ou de méditation) ne fait pas de mal.
      Le libéralisme, c’est bien. Le fondamentalisme libéral, un peu moins.


    • astap66 Le 30 avril 2012 à 18h56
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      Et célébrons le “vrai” travail !!!!


  10. yvan Le 30 avril 2012 à 13h50
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    Cela fait longtemps que je lis Lordon. Et, jusqu’à maintenant, il a toujours été mesuré dans ses écrits.
    Cette fois, je me pose la question sur la raison de sa sortie de gonds (que je me suis de mon coté déjà faite depuis un paquet de temps en comprenant l’ensemble de la situation).
    Son changement de “style” vient-il de la continuation de la descente sans réaction des politiques, ou,
    Est-ce l’élection présidentielle en France qui lui fait péter un plomb
    …?


  11. Patrick Juignet Le 30 avril 2012 à 16h02
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    le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

    Oui tout a fait d’accord  c’est une manière de rattraper les réformes qu’on ne fait pas.  


  12. Patrick Juignet Le 30 avril 2012 à 16h38
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    “Bref, 75 %, cela n’a pas empêché les 30 Glorieuses – et le seuil était bien plus bas (soit 10 à 25 % du niveau proposé par François Hollande)…”

    Je pense que pendant les trente glorieuses le rapport de force entre travail et capital s’est renforcé progressivement en faveur du premier et que c’est cela qui a permis la prospérité.

    Il faudrait qu’Olivier nous fasse un graphique sur ce sujet à partir de quelques indicateurs…  

     


  13. Yves Le 30 avril 2012 à 17h50
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    Par contre les US avaient mis un taux marginal d’imposition de 90% après 1933 (Roosevelt) mais le seuil de déclenchement de ce taux était très élevé … Donc pour la France, si on suggère 75% pour 1 million, ça signifie qu’il faudra un/deux taux intermédiaire par ex. 55% à 200 000 €.


    • artiste Le 01 mai 2012 à 18h16
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      vrai mais les niches fiscales qui y etaient attachées permettaient de s’en affranchir ce qui n’est jamais précisé par les personnes de mauvaise foi qui utilisent cet argument pour convaincre des populations non informées ce qui en dit long sur leur volonté de mensonge
      c’est pitoyable;


  14. David Le 30 avril 2012 à 18h05
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    Bonjour Olivier,
     
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    • bourdeaux Le 01 mai 2012 à 05h18
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      @ david

      Excellent !
      Si vous aimez convertir : l’ex patron de GROUPAMA, Mr AZEMA vient de se faire “indemniser” pour son départ: 2 indemnités dont chacune représente un salaire net de 3000 € mensuel pendant 40 ans; 2 carrières complètes . Ca continu, quoi…
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  15. JPS1827 Le 30 avril 2012 à 18h43
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    Décidément j’aime bien Lordon ! 


  16. reset Le 30 avril 2012 à 18h47
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    Du désproges dans le ton, quand il passera à droite sa voudra dire que la gauche sera en chute libre.
    A non c’est vrai il est fonctionnaire et il ne va pas à la poste en début de mois.


  17. Patrick Luder Le 30 avril 2012 à 20h38
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    Merci Olivier pour cet article si interpellant, ne m’en veux pas d’alimenter le feu, l’analyse de Frédéric Lordon est croustillante, mais à mon avis, manque encore de corps, de matière qui servirait de base à l’évolution. Permettez-moi de mettre mon grain de sel à ce plat, dans un esprit de confrontation => apposition (neutre) d’une idée à une autre …
     
    Les faux-semblants de la gauche serpillière. Oui, la gauche, comme les autres partis, n’arrivent pas à s’engager à fond dans le domaine qui lui est spécifique. Comme tout médecin moderne, on attaque les symptômes à coup de médication, en mélangeant les substances pour traiter les symptômes émis par la médication. C’est tellement compliqué, que l’on n’arrive pas à prendre assez de recule pour s’attaquer à la cause et fournir les armes pour éviter la maladie. Mais vous agissez de même, vois accusez les symptômes au lieu de vous attaquer aux causes, et vous pourriez également accuser les autres partis que la gauche d’être impuissants, il n’y a aucune différence. Ne pensez-vous pas que c’est le système politique qui est malade plutôt que les partis ou les candidats ? Je compare volontiers le système politique à la conduite d’une voiture en regardant seulement dans les rétroviseurs, sans regarder en avant et en ayant oublié le but à atteindre. Oui, le brame du cerf est impressionnant, son appel nous donne la chaire de poule (ou du coq) mais sait-on seulement pourquoi le cerf brame ? Le sait-il seulement ?
     
    Les “impossibilités” du mauvais vouloir. Je vous rejoins quelque peu sur le fait que chacun se retrouve dans la même position que s’il avait les mains et pieds liés, mais les impossibilités et autres inconstitutionnalités proviennent aussi du système. Avec une vision limitée à cinq ans, toute correction d’envergure est remise au mandat suivant. Dans l’échelle du temps, une vision à 100 ans serait nécessaire. Ainsi un mandat n’est que 5% du temps nécessaire. Hop, une petite parabole : imaginons un grand champ ou nous devons faire pousser quelque chose pour vivre (survivre), on sait que la récolte est primordiale et on à trois mois devant nous mais chacun n’a que 5 jours pour agir, le premier commencer à préparer le champ pour des patates, le 2e re-aplanit tout etc. Il est à parier que l’on ne se souciera de l’eau que quand tout sera grillé (on annonçait la pluie dans 10 jours mais elle n’est pas venue), et avec une vision si limitée, comme parer à la grêle ? Ce n’est pas tant du mauvais vouloir que du découragement et un manque de fil rouge longue durée, à quoi bon préparer un meilleur avenir si le prochaine chamboule (détruit) tout ce que l’on à fait ?
     
    À négligeable, négligeable et demi… Travailler du mieux que l’on peut, avec conscience, vision, application et perfectionnement, dans une esprit positif et attentionné, peut certes amener prospérité et facilités, mais jamais la richesse outrancière. Attention toutefois à ne pas confondre la relative richesse du patron qui fait bien tourner sa boite, avec celle du petit malin qui à trouvé le moyen de pomper le vin du vigneron par en-dessous (et avant que le raisin ne soit vinifié). Attention aussi à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, une bonne entreprise est souvent l’œuvre d’une personne et de toute d’une vie, vouloir la place du boss ne veut pas dire que l’on pourra continuer son ouvre, il ne suffit pas de piquer la palette et les pinceaux du peintre pour finir le tableau à sa place. Ce n’est pas tant la fuite de la richesse qu’il faut craindre, mais il faut réussir à motiver les nouvelles vocations, encourager la création et l’innovation. Plutôt que de chasser les riches, il vaudrait mieux faire la promotion de la satisfaction dans le travail et la vie sociale de sa communauté, de sa région ou de son pays.
     
    De l’inutilité sociale de la fortune à l’époque actionnariale. Effectivement, ce ne sont pas les riches qui font le dynamise financier des entreprises, mais ce sont les entreprises bien gérées qui peuvent faire la richesse, sans parler de richesse outrancière qui reste évidemment inacceptable. Mais je ne vois pas de solution autre qu’un genre de communisme ou de règlement extrêmement stricte pour empêcher quelques gulus de s’en foutre plein les fouilles. Faire la chasse à ceux qui ont réussis, c’est tout de même un peu nul comme idée, même si la richesse extrême énerve tout le monde. OUI, la bourse n’est qu’un grand casino pour ceux qui cherchent à gagner (ou à perdre) encore plus gros, mais il existe heureusement beaucoup d’entreprises florissantes qui ne se sont jamais mise en bourse. OUI encore, les meilleurs fond propres sont évidement ceux qui proviennent d’un excédent de l’entreprise, c’est par ses propres fonds propres qu’un développement durable et en pleine santé est possible. Vouloir aller toujours plus vite et prendre des raccourcis ou actionner d’énormes bras de levier, n’a jamais amené rien de bon, si ce n’est finalement des dettes à faire passer. Enfin, il est un peu dommage que vous fassiez circuler l’idée que tous les riches jouent en bourse et gagnent encore plus d’argent avec la bourse, cela à été le cas il y a plus de 10 ans, au grand casino tout le monde ne gagne pas toujours et c’est un jeu de dupe, mathématiquement et avec le retour de l’impossible croissance, la bourse financière est de toute manière, plus ou moins condamnée à moyenne échéance.
     
    Le capitalisme actionnarial, naufrageur de sa propre idéologie. OUI, la marché financier n’est pas la panacée, c’est un grand jeux fermé et sans gagnants pour vieux Picsou. Si une nouvelle entreprise démarre, elle doit toujours donner plus de garanties que son propre besoin. On ne trouve qu’un réel soutien mais très limité dans les associations commerciales régionales et c’est très bien ainsi. Finalement seules les entreprises viable démarrent et souvent par leurs propres moyens ou avec de petits prêts à court terme. Le rêve de tout économiste et de faire prendre la vitesse supérieure, mais quasiment toujours au détriment d’autres objectifs longue durée qui mériteraient pourtant plus d’attention. Pourquoi vouloir faire naître le bébé plus vite et le pousser à la croissance ? Grandir plus et plus vite n’apporte ni sécurité à long terme ni vie saine ni plaisir ni bonheur. La finance et l’économie aurait beaucoup à apprendre du petit vigneron, savoir égrapper pour gagner en qualité, une bonne vinification et une excellente maturité ne se fait pas par la force. Vendre plus et à meilleur marché de donne ni satisfaction aux clients, ni à soi-même …
     
    Trickle down… ou trickle up economics ? Purée, encore un discours anti-riche sans discernement … Encore une fois, oui, la richesse outrancière est dégoûtante, mais ainsi on ne s’engage pas dans la bonne bataille. A force de se battre contre la passé, on oublie de regarder vers l’avenir. La chasse aux sorcières n’a pas amené la connaissance. Dans un pays ou l’eau manque cruellement, rien ne sert à faire la chasse aux bouteilles déjà remplies, il faut commencer par faire la chasse aux fuites et aux conduites rompues, il faut mettre une place un système gérant la ressource au mieux, prévenir et interdire les futurs abus de manière ferme, mettre en place une stratégie globale cohérente, en préservant la nappe phréatique restante et en cherchant à la revitaliser et à la réalimenter, cette nappe phréatique si indispensable. Vouloir inverser le cours de l’eau est une aberration de jaloux.
    Déchéances de l’évasion fiscale. Punition, fessée et privation de dessert, week-end enfermé à la cave, répudiation  ≠  Elever ses enfants avec amour, fermeté, respect, dialogue et motivation. Mais quand la baffe part (j’espère très exceptionnellement), c’est que l’on à perdu la maîtrise du sujet et de soi. S’excuser pour la baffe fait encore plus mal à l’autre, s’excuser pour sa propre perte de contrôle c’est déjà mieux, chercher à éviter d’arriver à une telle situation c’est la voie à suivre. Que fais-tu quand tu te rends compte que ton “enfant” de vingt ans, à fait des dettes depuis l’âge de seize ans et à déjà accumulé une ardoise de plus de 100’000 Euros ? Tu essaie de reprendre l’argent au vendeur ? Tu lui dis (à ton fils) qu’il faut qu’il change de garagiste et lui fais encore une petite rallonge pour finir de payer les traites de sa dernière voiture ? Ah, ben décidément alors, y a des baffes qui se perdent ! … Oupsss


  18. tchoo Le 30 avril 2012 à 21h12
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    Voyez vous, outre la justesse de ses analyses, ce que j’aime chez Lordon, c’est que vous appeler son coté outrancier.
    Pour moi, c’est plutôt apeller les choses par leur nom, au lieu de circonvolution alambiquée destinées à ne pas effrayer.
    Effrayons, effrayons!
     


    • step Le 30 avril 2012 à 22h04
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      …il en restera quelque chose ?
       


  19. FL Le 01 mai 2012 à 06h34
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    Certains ne savent peut être pas que le choix d’être de droite ou de gauche pour un jeune énarque tient en général plus des hasards des relations professionnelles ou des possibilités de trouver un premier emploi que d’un déterminisme idéologique.
    En réalité ils sont pour la plus part de “gauche” avant vingt cinq an et de droite dès la naissance.
     
     


    • Patrick Luder Le 01 mai 2012 à 09h54
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      Multidirectionnel :
       
      La gauche : salauds de riches.
       
      La droite : pourriture de pauvres.
       
      La gauche : salaires maxi et travail mini.
       
      La droite : travail gratuit et tu peux être content.
       
      La gauche : les machines au feu, les patrons au milieu.
       
      La droite : plus de taxes, plus d’impôts, plus de charges, plus de tout.
      Et vous ne pensez pas qu’il y a d’autres chemins que ces simples extrêmes gauche-droite, que les extrêmes ne sont pas la voie à suivre, mais de simples idées pour pousser à la réforme, pour trouver un meilleur équilibre ? Un gouvernement doit être mélangé (sociale-environnemental-économique) et doit trouver la meilleure voie commune possible, mais surtout un gouvernement se doit d’avoir une vision continue de la route à tenir, savoir de quoi l’avenir sera fait et faire corriger le cap au fur et à mesure des vents et des courants …


  20. christo Le 01 mai 2012 à 09h24
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    Heu… près de 30 000 caractères pour juste nous dire :

    -salauds de riches

    -de toute façon la gauche est grotesque en jouant avec des hochets (les 75 %) au lieu de proposer des réformes de fond, larges et ambitieuses ?

    Un bel enfonçage de portes ouvertes. Pas besoin de 30 000 caractères pour dire que la gauche (pseudo) ET la droite (pseudo) sont grand guignolesques, mélange effarant de Benny Hill et de Kafka.

    Tous ces “économistes”, ces “savants” devraient un peu sortir de leurs calculs, de leurs pourcentages, pour s’intéresser à… la philosophie politique.

    En effet, l’impôt c’est une assiette, un taux… mais également un “contrat”, lui même placé au sein d’une “collectivité”, une communauté, elle-même composée d’idéaux, d’une culture partagée, de symboles partagés, d’une histoire.

    Ce monsieur ose parler de nationalité, pour dire simplement que les salauds de riches devraient laisser leur passeport en se barrant.

    C’est un peu court, non ?

    Il est également très fort pour faire le distingo entre causes et effets.

    Mais s’est-il interrogé une seule seconde sur la RAISON pour laquelle les “salauds de riches” (et les autres, en fait tout le monde) ne se sentent plus liés par l’impôt ?

    Ah là, y’a plus personne ! Ca sort des %, et on sent confusément qu’il s’agit d’un terrain politiquement non correct, voire miné, alors tous aux abris !

    Et pourtant la réponse est tellement simple, et pour y répondre, je parlerai à la première personne (je suis peut être un salaud de riche, mais en tout cas pas encore parti).

    -je vomis l’état français. je ne me sens plus lié à lui, en termes de devoirs, car cet état à tué la communauté nationale.

    -cet état, sous les oripaux “bien public”, s’est transformé en association de malfaiteurs, en mafia privée, servant avant  toute chose des intérêts privés

    -je refuse donc de payer des impôts. je suis obligé, car l’état est coercitif, mais je mets tout en oeuvre pour m’y soustraire

    -je refuse de payer des impôts pour que l’”état” (un GIE de mafias privées) décide de bailouter les politiciens grecs, voire les banques grecques, voire les banques françaises

    -je refuse de payer des impôts pour que l’état décide d’autoriser Draghi à la BCE à faire des LTRO.

    -je ne me reconnais plus dans la communauté nationale, elle n’existe plus, l’état l’a détruite en poussant une immigration de peuplement, diluant ainsi, affaiblissant ainsi la communauté nationale, sans nous avoir demandé notre avis.

    -Dès lors pourquoi devrais continuer à vivre dans cette fiction, en payant mes 3 tiers bien sagement ?

    Je pourrai développer cette idée, mais j’espère que vous avez compris la substance.

    ll est vraiment dommage que personne n’ose élargir le débat. Quelqu’un qui ne fait que dénoncer les clowns Sarkozy, Hollande, en restant à la surface, en devisant sur le sexe des anges et sur les “75 %”, est fondamentalement lui-même un clown.


    • Patrick Luder Le 01 mai 2012 à 09h39
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      Toujours plus de prestations gratuites avec toujours moins de moyens ?
      L’Etat pourvoira … enfin que l’Etat paie bon-sang ?
      Fautifs : 100% Etat — 0% peuple ?
      Vivre en dessus de ses moyens.
      Je veux toujours plus.
      Je veux plus SVP.
      Je veux encore.
      Je voudrais.
      Un peu …
      Help !
      ?


    • bourdeaux Le 01 mai 2012 à 12h38
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      @ CHRISTO
       
      Et l’explication de ta dérobade devant l’impôt, c’est pas un peu court aussi ?
      Les motifs parfois sévères de mécontentement que nous avons tous vis-à-vis de l’état ne doivent pas nous faire oublier que, faire partie d’une communauté nationale, c’est d’abord être capable de dépasser les différences et les litiges qui nous divisent pour, malgré tout vivre ensemble et en paix, autour de valeurs PLUS HUMAINES QUE NATIONALES.
      Ce que tu déguises d’une colère affectée, j’y vois surtout de l’égoïsme, un peu de lâcheté et un gros manque de civisme (ou de maturité ? peut-être es-tu jeune et fougueux ?)


    • JoeK Le 01 mai 2012 à 17h22
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      @ Christo : assez d’accord avec vous.

      Cet texte “d’approximativement 30 000 caractères” est un tissus d’âneries lamentables et de raccourcis imbéciles.

      M. Lordon est payé à “sociologer” par le CNRS, c’est à dire par mes impôts, les impôts de ma PME Internet (4 associés) – dont les 2 gérants gagnent moins de 2500 euros/mois en bossant 10h/jour.
      Si la finance a des responsabilités dans la crise, ce n’est pas en la supprimant que le problème sera résolu. Elle (la finance) se porte d’ailleurs très bien en Asie (Japon mis à part). Réguler la finance, c’est comme réformer la France : c’est impossible :-)

      Les véritables sangsues de ce pays :
      - L’Etat providence qui n’est jamais assez providentiel. (Il faut une protection mais en comparaison avec n’importe quel autre pays, nous sommes déjà champions du monde). Etat qui ne joue pas ses rôles régaliens mais s’éparpille en distributions de tickets à voter, de tous les cotés (droite-gauche, pauvres-riches, public-privé, Français-étrangers) et s’instille dans tous les domaines dans lesquels il n’a pas sa place, qui ne régule rien et n’arbitre pas, ne redistribue pas, gaspille et se gave, entrainant avec lui tous ceux qui ont compris la manoeuvre, comme un Hamelin – qui peut-être un jour, amènera ses suiveurs à la mort… Une République Monarchique de Connivences (RMC) (dont effectivement celle avec les banques).

      - La lutte des classes : encore vivace, coriace – et plus que jamais en ces temps d’élection. Avec son cortège de sociologues toujours prêts à expliquer l’inexplicable, à justifier l’injustifiable, en 2012 ! En Allemagne, les syndicats défendent les intérêts de leurs ouailles et ça fonctionne : on est pragmatique. En France, les syndicats font de la politique – et accessoirement vivent des subventions et de l’argent des CE. 
      Pour citer Henri Dumas :

      Les journalistes ne font pas de l’information, ils font de la politique. Les syndicats ne font pas du syndicalisme, ils font de la politique. Les profs ne font pas de l’enseignement, ils font de la politique. Les patrons ne font pas des affaires, ils comptent sur la politique. Les chercheurs ne cherchent pas, ils font de la politique. Les hôpitaux ne soignent pas, ils font de la politique. Etc. Tout le monde fait de la politique, sauf… les politiques qui eux, pas cons, font du fric.

      On pourrait d’ailleurs rajouter que les journalistes de France-Inter font même de la propagande : un comble au pays du “Sarkozysme” soi-disant à la limite de la dictature ! (sic)

      - Un système élitiste pyramidal multi-dimensionnel. Pyramide des pouvoirs, des “grilles” salariales, des études, des taxes (on parlera ici plutôt de strates), pyramide des pyramides, avec “au sommet”, une absence complète du sens de l’intérêt général, du sentiment d’appartenance à une nation ; système de castes, de clans, de baronnies, de mafias. Un Président qui ne gouverne pas tellement la rouille est puissamment incrustée à tous les étages de la pyramide (en imaginant qu’elle soit de métal :-) . Et pour contrebalancer, une opposition bien-pensante, “intellectuelle”, tiers-mondiste, diplom-a-”tique”, moralisatrice, à usage/pensée unique, et auto-”réfléchissante” surtout…
      - Pour finir, si la France est encore (mais pour combien de temps) la cinquième puissance mondiale, c’est que ses entreprises génèrent du cash en grande quantité, malgré tout ce que je viens d’énumérer ci-dessus – et que cela permet de faire vivre tout ce petit monde, dont M. Lordon.

      C’est dire si la marge de manoeuvre serait grande si nous avions des personnes responsables au pouvoir.
      Illusoire et pourtant simple.


  21. obregon juan Le 01 mai 2012 à 17h18
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    Pour avoir publié cet article de Féderic Lordon, beaucoup vous sera pardonné (je fais reference au commentaire que j’avais ecrit sur votre Blog à propos de M.Fiorentino condamné par l’AMF, et que vous aviez retiré, sans même prévenir ni verifier que ce que j’ecrivais etait exact)


  22. Benjamin Franklin Le 02 mai 2012 à 08h23
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    Je ne comprends pas ce monsieur.

    Il dit que les riches ne servent à rien. Certes, pourquoi pas, ça doit être le cas d’une grande quantité d’entre eux (notamment des héritiers incompétents).

    Il dit que les “libéraux” sont incohérents en disant d’une part que taxer les riches ne rapportera pas grand-chose, tout en disant d’autre part qu’on aurait besoin de leur argent pour faire tourner l’économie.
    C’est toujours plutôt exact : taxer les riches ne rapportera rien, ET l’économie “réelle” n’a pas vraiment besoin de leur argent.

    Conclusion : les riches ne servent à rien et n’apportent rien. Si leur argent ne sert en rien à l’économie réelle (ce que je pense), pourquoi aurait-on besoin d’aller le chercher ?
    Tant qu’ils fichent la paix aux 99%, pourquoi ne leur ficherait-on pas la paix aussi ?

    Accessoirement, ce monsieur aurait urgemment besoin de réviser ses définitions de “libéralisme”, “néolibéralisme”, “dérégulation” et “mondialisation”. Ou alors d’utiliser d’autres termes.


    • Ned Le 02 mai 2012 à 08h40
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      Bonjour,

      Peut être en ce cas, pourriez vous nous donner les “vraies” définitions ?

      Cordialement.    


      • Benjamin Franklin Le 02 mai 2012 à 09h34
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        Bonjour,

        Si vous insistez :
        libéralisme : un Etat de droit garantit l’habeas corpus, la liberté de pensée, la propriété privée et les contrats librements consentis, le libre arbitre et les libertés de la DDHC de 1789. Et c’est tout. Est évidemment incluse la défense de la liberté d’association, donc les syndicats et les mutuelles.
        A part celui de la violence détenu par l’Etat, il n’existe aucun monopole légal. Ca implique également le paiement d’un impôt pour financer les pouvoirs régaliens de l’Etat (et uniquement les pouvoirs régaliens). Le respect de la propriété implique aussi la sanction des externalités négatives, par exemple la pollution.

        On ne vit donc pas dans une société libérale, puisque :
        -il y a un monopole de la monnaie, via le cours légal
        -il y a une banque centrale
        -les pouvoirs publics renflouent régulièrement des entreprises privées, dont les banques, avec l’argent du contribuable
        -il existe des barrières réglementaires considérables contre la concurrence dans beaucoup de secteurs, à commencer par les banques
        -le secteur associatif et syndical est clientélisé par les pouvoirs publics
        -etc etc.

        néolibéralisme : invention des interventionnistes de tout poil pour nous faire croire que la politique menée depuis 30 ans est libérale. Reagan et Thatcher ont augmenté les dépenses publiques, maintenu les divers monopoles évoqués plus haut, pratiqué l’inflation par la banque centrale ou renfoué des institutions privées.

        dérégulation : suppression de toute réglementation publique dans un secteur, autre que le respect direct de la propriété privée et la sanction des externalités négatives. Ca veut dire que la fixation autoritaire des prix (comme ce fut le cas pour l’électricité en Californie) ou l’attribution de monopoles à des entreprises privées (rail britannique) ne sont pas de la dérégulation.

        mondialisation : phénomène d’ouverture commerciale, intellectuelle et culturelle qui a sorti 3 milliards d’êtres humains de la misère totale en 30 ans, d’après les chiffres de la Banque Mondiale (peu suspecte de libéralisme).

        Cordialement


        • Ned Le 02 mai 2012 à 12h30
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          Merci pour vos précisions.

          Cependant, vous semblez méler libéralisme économique et libéralisme politique.  


    • David Le 02 mai 2012 à 08h46
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      Très simplement, parce que nous vivons dans un système qui ne peut bien fonctionner que lorsque les pouvoirs sont parfaitement séparés et que nul ne peut se les approprier pour son seul compte et se trouver ainsi de fait au-dessus des lois. Si j’utilise le mot “approprier”, c’est à dessein, et vous aurez sans doute compris le lien entre le pouvoir que confère la quantité d’argent qu’on possède, et la capacité de distordre les équilibres démocratiques. Si vous avez encore un doute sur ces questions, je vous invite à suivre l’affaire Rupert Murdoch en Angleterre, ou bien le comédien Steven Colbert qui détaille très bien les mécanismes des SuperPAC américains. Ce qu’on appelle corruption ailleurs, s’appelle lobbying dans le système “néolibéral”. L’accumulation excessive d’argent contribue ainsi à faire que certains soient des faiseurs de loi. Certains, plus que d’autres.
      En somme, c’est à la fois une mesure technique économiquement saine, car incitant à la production; mais c’est surtout une mesure démocratique et vraiment libérale, dans la mesure où elle garantit les équilibres de liberté entre les individus d’une société. Elle veille à ce qu’un seul individu ne puisse plus aussi facilement se trouver dans une situation où son degré de liberté pèse négativement sur la liberté de tous les autres. à ce titre, on peut penser que 75%, ce n’est pas assez, et qu’au-dessus d’un certain seuil de richesses, la bonne allocation des ressources, les bons équilibres démocratiques et le sens de la liberté de tous, invite la société à prendre tout ce qui dépasse.
      Avant que le libéralisme ne soit perverti par la seule soif de l’accumulation financière, cette philosophie politique se souvenait de ses objectifs : garantir une liberté maximale et équilibrée au plus grand nombre. Il serait temps que les libéraux s’en souviennent. Et fasse preuve d’un peu de pragmatisme dans cette quête d’une liberté plus grande pour chacun d’entre nous.


      • Benjamin Franklin Le 02 mai 2012 à 09h48
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        Voyons voir… mon dictionnaire me dit que quand un ultra-riche commence à utiliser sa richesse pour corrompre les cadres légaux du libéralisme, ça cesse d’être du libéralisme, précisément.

        Après, vous allez me dire qu’on vit dans le monde réel, et que ce qui compte c’est le résultat, pas l’intention.
        Et bien je pense quand même que c’est la liberté des citoyens d’inspecter les comptes de ceux qu’ils ont choisi comme cadres juridiques, et d’en changer au besoin, qui est le meilleur garant de l’honnêteté du système. Après tout, Murdoch a été pris la main dans le sac, et sanctionné.

        Vous souhaitez un système où l’on confiera à des bureaucrates le pouvoir de fixer les seuils fiscaux et la façon dont on dépense l’argent des impôts. Quelle garantie avez-vous de la compétence et de l’intégrité de ces gens ? Qui distinguera un euro légitimement gagné d’un euro “escroqué” ? Un homme providentiel ?


        • David Le 02 mai 2012 à 10h16
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          Je pense que vous devriez poser votre dictionnaire, et repenser aux fondements du libéralisme.
          “Vous souhaitez un système où l’on confiera à des bureaucrates le pouvoir de fixer les seuils fiscaux et la façon dont on dépense l’argent des impôts. Quelle garantie avez-vous de la compétence et de l’intégrité de ces gens ? Qui distinguera un euro légitimement gagné d’un euro “escroqué” ? Un homme providentiel ?”
          Je vous signale que ce travail n’est pas confié à des bureaucrates, mais à des représentants du peuple que vous choisissez. Et c’est d’ailleurs pourquoi vous avez le droit de ne pas voter pour François Hollande. Et que d’autres ont le droit de voter pour lui. La plupart des grands penseurs libéraux en sont arrivés en effet à la conclusion que la démocratie représentative était le système le moins pire pour obtenir les effets désirés, à savoir l’augmentation des libertés.
          En outre, il est très facile de retourner l’argument que vous opposez. En effet, c’est bien la forme déviante de libéralisme économique que vous semblez défendre qui conduit à l’apparition “d’hommes providentiels” que vous semblez redouter. Ces hommes qui se transforment, par le biais de leur fondation, en institutions providence. Ces hommes, personne ne les choisit, et personne ne peut remettre en question leur choix. Seul le pouvoir de leur argent leur confère une autorité qu’on appelle ploutocratique quand on veut faire savant. Quelle garantie avons-nous de la compétence et de l’intégrité des gens ayant ainsi acquis plus de pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires que quiconque ? Aucune.
          Alors que dans le cadre d’un fonctionnement démocratique sain, nous avons toujours l’opportunité de voter pour François Hollande ou pas, de débattre de la pertinence éthique et pratique de sa proposition et de favoriser un choix. Personne ne débat vraiment de la pertinence éthique et pratique des choix promus par une autorité financière, que ce soit une fondation ayant des ambitions philanthropiques ou une multinationale ayant des ambitions de profit à court terme.


          • Benjamin Franklin Le 02 mai 2012 à 11h12
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            D’une manière simple :
            J’ai la possibilité, si le travail fait par une fondation me déplaît, de ne pas y cotiser, et de contribuer à créer un concurrent.
            Si le service ou le produit (ou les conditions de fabrication) d’une entreprise me déplaisent, j’ai la possibilité de ne pas acheter ses produits, et d’aller voir la concurrence. Ou de contribuer à créer un concurrent.

            Si le programme de François Hollande me déplaît, que je ne vote pas pour lui, et qu’il est élu malgré tout, j’aurais quand même à subir sa politique. Je ne pourrais pas décider de ne pas payer mes impôts pour qu’il finance sa politique. Je ne pourrais pas décider de ne pas respecter les nouvelles lois plus ou moins stupides qu’il mettra en place. S’il décide de bafouer mes droits individuels au nom de la majorité, rien ne l’arrêtera.
            Un régime parlementaire ne tient que si le gouvernement n’a que des pouvoirs limités. La Constitution, dans laquelle figure la DDHC, a une valeur supérieure. Le seul mandat du parlement est de la faire respecter.

            Dans une société humaine, la richesse n’existe que par le bon vouloir des autres, en réalité. Si un riche est nuisible ou malfaisant, rien n’empêche la majorité des “gentils” de refuser son argent ou de boycotter ses entreprises. La monnaie n’a de valeur que celle que les gens veulent bien lui donner.

            Concernant l’affaire Murdoch, je pensais que vous faisiez allusion aux écoutes illégales. Si le bonhomme veut utiliser son argent pour soutenir des campagnes politiques, ça, c’est un autre problème. Il crame son argent comme il l’entend.
            Vous pouvez faire tomber Murdoch facilement si vous voulez : boycottez ses journaux.


          • David Le 02 mai 2012 à 12h48
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            “D’une manière simple :J’ai la possibilité, si le travail fait par une fondation me déplaît, de ne pas y cotiser, et de contribuer à créer un concurrent. Si le service ou le produit (ou les conditions de fabrication) d’une entreprise me déplaisent, j’ai la possibilité de ne pas acheter ses produits, et d’aller voir la concurrence. Ou de contribuer à créer un concurrent.”
            Vous passez à côté du problème. Le problème est qu’il n’y a pas de relation directe entre le produit de l’entreprise que j’achète et les décisions que va prendre l’individu (ou la poignée d’individus) que je contribue à enrichir, et qui, se faisant, vont devenir plus puissant qu’une institution. Il n’y a pas de relation directe entre l’achat d’une licence Microsoft et le fait que Bill Gates décide, ou pas, de, disons, investir dans un projet de recherche sur le paludisme. Lorsque j’achète la licence Microsoft, je ne sais pas que je contribue au fait qu’un homme providentiel puisse décider, par le biais de son institution privée, de ce qui est bien ou mal, de ce qui est juste ou injuste, de ce qui est nécessaire ou futile. Le prix d’un produit ne nous donne pas d’information quant à la probité des individus qu’on enrichit en l’achetant. En somme, le marché est ici comme souvent impuissant à réguler seul.
            Il en va de même pour Rupert Murdoch. Quand je regarde une publicité au milieu d’un épisode des Simpsons, ou que je clique sur un lien de feu News of the World, je ne peux pas voir la relation directe qui fait que je contribue à enrichir une personne, qui, ainsi, va user de son influence pour corrompre les pouvoirs publics et les médias. En somme, en tant que consommateur, je ne suis pas protégé du fait que mon geste de consommation aboutisse à l’enrichissement sans limite d’un homme providentiel qui veut réduire mes libertés.
            “Si le programme de François Hollande me déplaît, que je ne vote pas pour lui, et qu’il est élu malgré tout, j’aurais quand même à subir sa politique. Je ne pourrais pas décider de ne pas payer mes impôts pour qu’il finance sa politique. Je ne pourrais pas décider de ne pas respecter les nouvelles lois plus ou moins stupides qu’il mettra en place. S’il décide de bafouer mes droits individuels au nom de la majorité, rien ne l’arrêtera.”
            Ce que vous dites est à la fois faux et excessif. Il existe un certain nombre de mécanisme de régulation qui font qu’un président de la République française, par exemple, n’a pas tous les pouvoirs et que les pouvoirs qu’il possède ont tous une date de péremption. Il doit respecter une constitution, il doit s’appuyer sur une assemblée, il doit répondre devant des partenaires sociaux libres, des médias libres et des institutions locales libres. Par ailleurs, il est sensé ne pas avoir la quantité d’argent nécessaire pour tous les corrompre. En outre, si vous êtes mécontent de la gestion de la personne majoritairement élue, vous pouvez décider d’en changer à intervalle régulier, selon des règles dûment établies – et négociables. Vous pouvez également manifester votre mécontentement en public, même si vous êtes minoritaire. Bon, évidemment, on risque de vous dire que vous prenez les gens en otage… mais pour autant, vous en aurez toujours le droit.
            Alors qu’on ne peut pas négocier de qui sera un ploutocrate, et de qui ne le sera plus. Il n’y a aucun espace de négociation possible avec un ploutocrate puisque c’est son parcours d’individu qui le rend lui-même responsable de son enrichissement. Et la liberté même exige que j’interfère le moins possible sur son parcours d’individu, et sur ses choix. La seule façon de garantir la sécurité et la liberté de tous est donc bien de pouvoir interférer, garantir et limiter son enrichissement individuel, de façon à lui permettre de mener son parcours en profitant de la plus grande liberté possible et souhaitable.
             
            “Dans une société humaine, la richesse n’existe que par le bon vouloir des autres, en réalité. Si un riche est nuisible ou malfaisant, rien n’empêche la majorité des “gentils” de refuser son argent ou de boycotter ses entreprises. La monnaie n’a de valeur que celle que les gens veulent bien lui donner. Concernant l’affaire Murdoch, je pensais que vous faisiez allusion aux écoutes illégales. Si le bonhomme veut utiliser son argent pour soutenir des campagnes politiques, ça, c’est un autre problème. Il crame son argent comme il l’entend. Vous pouvez faire tomber Murdoch facilement si vous voulez : boycottez ses journaux.”
            C’est encore une fois faux, et je pense qu’au fond de vous, encore une fois, vous le savez. Parce qu’encore une fois, sans parler du fait que la plupart des gens riches le sont de naissance, il n’y a pas de relation directe et évidente entre le fait d’acheter des tomates, un Ipad ou un journal, et le fait d’enrichir des personnes dont je ne connais pas les activités. En l’absence de transparence totale sur les bénéficiaires des revenus d’une entreprise (individus et actionnaires) et surtout en l’absence de transparence totale sur ce qu’ils font de leur argent – autant de choses qui ne sont pas souhaitables à voir se mettre en place pour garantir aux gens la liberté de faire ce qu’ils veulent de leur argent – en l’absence de transparence, donc, nous n’avons pas les informations qui nous permettent d’acheter, ou de ne pas acheter des produits en mesurant les conséquences que cet acte pourrait avoir. Je répète : le prix d’un produit ne nous donne pas d’information quant à la moralité des individus qu’on enrichit en l’achetant – et c’est tant mieux. Autrement dit, la moralité des individus qu’on enrichit en achetant un produit ne fait pas partie du marché.
            Du coup, la seule façon de se prémunir contre l’immoralité et la nocivité d’un individu providentiel qui s’enrichit sans que personne n’en sache rien, la façon la plus libre de le faire, c’est de fixer une limite à la capacité de tous les individus d’accumuler des richesses en excès. Selon le principe simple que la liberté s’arrête là où commence celle des autres.


          • Benjamin Franklin Le 03 mai 2012 à 09h49
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            Si vous ne vous intéressez pas aux entreprises à qui vous achetez des produits, j’en suis assez navré pour vous. Dieu merci, il existe une foultitude de gens qui s’y intéressent, et proposent divers label pour repérer les produits en fonction de leurs conditions de fabrications ou de l’éthique de l’entreprise qui les fait.

            Il se trouve aussi que la transparence et l’éthique d’une entreprise font partie intégrante de ses arguments de vente. Je suis tombé récemment sur une publicité pour une banque coopérative qui mettait en avant le côté éthique de ses placements.

            Un produit ne se résume pas à son prix. Et désolé de vous contredire, mais si, il y a une relation directe assez claire entre acheter une licence windows et enrichir microsoft, entre acheter une renault et enrichir carlos ghosn, etc. Et si vous ne le savez pas, il y a plein d’associations qui peuvent se charger de le faire savoir.

            Et je répète également : dans une société libérale, rien n’oblige quelqu’un à vendre à un riche malfaisant ce dont il a besoin pour mener sa vie de luxe, rien n’oblige à accepter son argent. Le libéralisme signifie qu’on fait ce qu’on veut de son argent, certes. Il ne signifie pas qu’on peut forcer quelqu’un à l’accepter en échange d’autre chose.

            Quant aux pouvoirs du président de la république (et du parlement, et de l’Etat en général en France), ils bafouent largement à mes yeux la DDHC de 1789, qui devrait tenir lieu de Constitution. M’encouragez vous alors à la désobéissance civile ?


          • David Le 03 mai 2012 à 10h19
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            “Si vous ne vous intéressez pas aux entreprises à qui vous achetez des produits, j’en suis assez navré pour vous. Dieu merci, il existe une foultitude de gens qui s’y intéressent, et proposent divers label pour repérer les produits en fonction de leurs conditions de fabrications ou de l’éthique de l’entreprise qui les fait.”
            Vous faites habilement glisser le débat sur les label, sujet au demeurant intéressant, mais vous ne répondez pas au fond du problème dont nous parlions. Nous ne parlons pas ici de taxer les entreprises à 75%, ni de leur responsabilité directe en tant que personne morale – le marché exerce dans ce cas quelques contre-pouvoirs. Non, nous parlons bien de taxer les individus à 75%, autrement dit, nous parlons bien d’individus qui s’enrichissent, et comme je vous le signalais déjà, il est impossible – et c’est d’ailleurs tant mieux – d’avoir accès à des informations d’ordre éthique ou moral quant aux personne qu’on enrichit, et qu’on contribue ainsi à transformer en homme tout puissant ou en homme providentiel, sans même le savoir. Comme je vous le signalais plus haut, l’enrichissement d’individus ne fait pas partie du marché, et n’est pas régi par les quelques mécanismes de régulation traditionnel d’un marché.
            “Il se trouve aussi que la transparence et l’éthique d’une entreprise font partie intégrante de ses arguments de vente. Je suis tombé récemment sur une publicité pour une banque coopérative qui mettait en avant le côté éthique de ses placements. Un produit ne se résume pas à son prix. Et désolé de vous contredire, mais si, il y a une relation directe assez claire entre acheter une licence windows et enrichir microsoft”.
            Décidément, vous sortez du thème du débat, qui n’est pas la taxation des entreprises, ni la responsabilité des entreprises, mais bien la taxation des individus, et la responsabilité des individus relativement au pouvoir que confère l’accumulation d’une grande quantité d’argent.
            “entre acheter une renault et enrichir carlos ghosn. Et je répète également : dans une société libérale, rien n’oblige quelqu’un à vendre à un riche malfaisant ce dont il a besoin pour mener sa vie de luxe, rien n’oblige à accepter son argent. Le libéralisme signifie qu’on fait ce qu’on veut de son argent, certes. Il ne signifie pas qu’on peut forcer quelqu’un à l’accepter en échange d’autre chose.”
            C’est là où vous vous illusionnez de façon naïve, à moins que vous ne fassiez preuve d’un soupçon de malhonnêteté intellectuelle, en imaginant que l’information que donne le marché contient des informations sur les individus qui s’enrichissent par son intermédiaire. Ce n’est pas le rôle du marché, et comme je le disais, c’est tant mieux. Il y a déjà suffisamment d’informations éthiques concernant le produit ou l’entreprise qui doivent être prises en compte par un consommateur pour exercer librement sa responsabilité, qu’on ne peut pas en plus lui demander de se préoccuper des personnes que son geste d’achat va contribuer à rendre toutes puissantes.
            Et c’est là qu’il devient intéressant pour les pouvoirs publics d’intervenir pour permettre au consommateur de ne se préoccuper que des informations en lien avec son geste d’achat : informations plutôt démocratiquement données par le prix comme le souligne Adam Smith – à condition de lutter contre les distorsions du prix par la spéculation ou le dirigisme – et informations plutôt démocratiquement données par la société civile comme vous le signaliez dans le cas des “labels” ou dans le cas d’une affaire comme Apple/Foxxconn.
            Mais ce n’est pas au consommateur de juger que tel ou tel individu n’est pas suffisamment intègre pour acquérir une quantité de pouvoir disproportionnée directement liée à la quantité d’argent qu’il possède. Un tel procédé, qui confèrerait au marché le droit de dire quel individu aura le pouvoir et quel individu n’en aura pas, nécessiterait, pour rester en cohérence avec l’utopie libérale, une transparence complète sur les bénéficiaires d’un geste d’achat, afin qu’il l’exerce en responsabilité.
            Cette transparence absolue n’est pas souhaitable, en raison même de la liberté que doit garder chacun de dépenser l’argent qu’il a comme il l’entend, sans que ne pèse constamment sur lui le regard panoptique de consommateurs éclairés.
            Pour résoudre cette quadrature, on en revient donc à dire que le plus simple reste d’éviter que des individus accumulent tant et tant de richesses qu’ils en deviennent plus puissant qu’une collectivité publique ou une communauté humaine, quelle qu’elle soit. Et pour ça, la façon la plus respectueuse des libertés que nous avons trouvées, c’est un impôt négociable pas voies démocratiques.
            “Quant aux pouvoirs du président de la république (et du parlement, et de l’Etat en général en France), ils bafouent largement à mes yeux la DDHC de 1789, qui devrait tenir lieu de Constitution. M’encouragez vous alors à la désobéissance civile ?”
            Vous savez sans doute que la DDHC appartient déjà à notre constitution, par le biais de ce qu’on appelle le bloc de constitutionnalité, et que le conseil constitutionnel s’est déjà appuyé régulièrement sur cette déclaration pour rendre des avis. En somme, nul besoin de désobéissance civile quand vous pouvez défendre démocratiquement ces droits-là.


          • David Le 03 mai 2012 à 10h36
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            Si vous voulez en savoir plus sur le contexte qui a permis au conseil constitutionnel de se positionner en France comme étant le principal défenseur de nos libertés fondamentales, contre les excès du pouvoir exécutif ou du Parlement, notamment en s’appuyant sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur, ici.
            link to fr.wikipedia.org


          • Benjamin Franklin Le 03 mai 2012 à 11h42
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            Vous passez à côté de deux choses :
            -un “riche” peut tirer sa richesse de deux sources. Son travail et ses investissements. Son travail, le marché (ie les consommateurs) peut faire pression dessus, assez clairement. Ses investissements, et bien le marché peut aussi faire pression dessus. Les consommateurs peuvent donc très bien faire pression sur un individu, aussi riche soit il, et pas seulement sur des entreprises. L’enrichissement d’individus fait partie du marché.
            -pour utiliser son “argent”, le riche doit encore interagir avec le reste de la société. Et là encore les vendeurs de biens et services divers peuvent parfaitement décider de ne pas fournir un individu malfaisant. On est riche que si le reste de la société le veut bien.

            La transparence des comptes n’a pas à être obligatoire, évidemment. Cependant rien n’empêche les consommateurs de préférer les entreprises qui feront preuve volontairement de transparence, à des fins commerciales. Rien n’empêche non plus aux vendeurs de baisser les prix pour les acheteurs qui pratiquent volontairement la même transparence. Il s’agit uniquement de libre arbitre ici.

            C’est le reste de la société qui décide de la valeur de votre monnaie. Si cela ne vous satisfait pas, vous pouvez changer de monnaie. Choisir sa monnaie est une liberté. Forcer son cours ne l’est pas. Si les autres réclament de la transparence en échange de votre monnaie, c’est à vous de vous adapter. Dépenser “comme on veut” n’est pas une liberté, c’est une négociation.

            Le cours légal unique de l’euro est contraire à la DDHC. Vous croyez que si je demande son abrogation au Conseil Constitutionnel, il le fera ?


          • David Le 03 mai 2012 à 12h31
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            “Vous passez à côté de deux choses : -un “riche” peut tirer sa richesse de deux sources. Son travail et ses investissements. Son travail, le marché (ie les consommateurs) peut faire pression dessus, assez clairement. Ses investissements, et bien le marché peut aussi faire pression dessus. Les consommateurs peuvent donc très bien faire pression sur un individu, aussi riche soit il, et pas seulement sur des entreprises. L’enrichissement d’individus fait partie du marché.”
            Vous n’arrivez pas à comprendre le problème apparemment. Bien sûr que le marché pèse sur l’enrichissement des individus, qui dirait le contraire. J’ai dit que le marché ne donnait aucune information – et que ça n’était pas son rôle – sur la probité des individus qu’il enrichit. Pour le dire de façon plus imagée, un investisseur ne se présente pas auprès des consommateurs avec le programme économique et social de la fondation qu’il compte créer avec toute sa richesse. Pour le dire encore autrement, le fait qu’un individu s’enrichisse n’a rien à voir avec ses arrières pensées politiques ou ses velléités de corruption des mécanismes démocratiques. Le consommateur n’a pratiquement aucun moyen de vérifier que son geste d’achat est en adéquation avec les idées politiques des individus à qui il contribue de donner du pouvoir, sauf à imaginer des mécanismes de transparence qui seraient nuisibles à nos libertés.
            C’est en quoi seule la fixation d’une limite à tout enrichissement personnel est la seule à présenter une garantie des libertés fondamentales de tous. Contre le pouvoir d’un seul.
            “-pour utiliser son “argent”, le riche doit encore interagir avec le reste de la société. Et là encore les vendeurs de biens et services divers peuvent parfaitement décider de ne pas fournir un individu malfaisant. On est riche que si le reste de la société le veut bien.”
            J’imagine que ce n’est pas de la malhonnêteté de votre part, mais plutôt de la naïveté; vous savez très bien que la grande majorité des individus de cette planète n’a pas une relation parfaitement libre avec un certain nombre de ses gestes de consommation. Mais passons. Car la question de la liberté et de la responsabilité pleine et entière d’un consommateur ou d’un prestataire nécessite que lui soit donné une information. C’est bien la question de l’absence d’information, d’une information non adressée qui rend votre raisonnement caduque. La plupart d’entre nous, prestataires compris, ne convoque pas des questions politiques dans leurs gestes économiques, et, comme je le disais, c’est tant mieux. C’est en somme une façon d’être plus libre économiquement que de laisser les paramètres plus politiques de nos décisions, comme un juste équilibre des pouvoirs, à des types de relation qui ne passent pas prioritairement par le marché. Pour cela, il existe un marché politique, dont l’argent n’est pas sensé être la référence. Sauf dans les cas de corruption.
             
            “La transparence des comptes n’a pas à être obligatoire, évidemment. Cependant rien n’empêche les consommateurs de préférer les entreprises qui feront preuve volontairement de transparence, à des fins commerciales. Rien n’empêche non plus aux vendeurs de baisser les prix pour les acheteurs qui pratiquent volontairement la même transparence. Il s’agit uniquement de libre arbitre ici.”
            Manifestement, vous ne comprenez toujours pas. Il ne s’agit pas de la transparence des comptes. Il s’agit de la transparence des pratiques individuelles. Les mêmes raisons qui font qu’un candidat à une élection présidentielle se “présente” devant le peuple. Quand j’enrichis dans des proportions considérables une homme providentiel qui va décider de la création d’une fondation ayant des conséquences énormes sur la vie d’une foultitude d’individus, il ne s’est pas présenté devant moi pour m’expliquer ou me démontrer les bienfaits de son programme, ou le fait que sa vision politique est bonne. Il agit comme un homme providentiel, qui croit détenir la vérité, au détriment de tous les autres, en utilisant tout le pouvoir de son argent pour faire avancer une idée plutôt qu’une autre. En d’autres termes, il s’arroge un pouvoir que vous reprochez à tous les représentants pourtant démocratiquement élus. Il y a donc un paradoxe fondamental dans votre utopie.
             
             
            “sa monnaie est une liberté. Forcer son cours ne l’est pas. Le cours légal unique de l’euro est contraire à la DDHC. Vous croyez que si je demande son abrogation au Conseil Constitutionnel, il le fera ?”
            Je crois surtout que le conseil constitutionnel va vous rire au nez. Et qu’il va donc vous falloir arriver avec d’autres arguments que votre simple jugement a priori. Des arguments juridiques solides qui puissent démontrer que l’existence d’un cours légal est directement en violation avec un principe fondamental inscrit dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyens. Car si vous êtes tout seul, ou une poignée seulement à le croire, sans le démontrer par le Droit – vrai garant de nos libertés – ne vous étonnez pas que la société ne vous écoute pas et que votre vindicte ne soit pas démocratiquement reconnue. La loi des marchés politiques implique que la force du nombre de citoyens l’emporte, exactement comme lors d’une vente aux enchères, la force du nombre de piécettes l’emporte. Mais peut-être qu’en vous lançant dans ce combat, vous ressentiriez mieux ainsi le type d’impuissance sur le cours du monde qui frappent les types sans le sou.


          • Benjamin Franklin Le 03 mai 2012 à 16h06
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            “un investisseur ne se présente pas auprès des consommateurs avec le programme économique et social de la fondation qu’il compte créer avec toute sa richesse”

            et pourquoi pas ? et pourquoi les consommateurs ne pourraient pas choisir en fonction de ce critère ?

            “Le consommateur n’a pratiquement aucun moyen de vérifier que son geste d’achat est en adéquation avec les idées politiques des individus à qui il contribue de donner du pouvoir, sauf à imaginer des mécanismes de transparence qui seraient nuisibles à nos libertés.”

            Le consommateur peut très bien mandater des institutions privées tierces, associations ou autres, pour aller vérifier l’éthique associée à son achat. Le producteur est libre de refuser cet audit, le consommateur est libre de boycotter suite à ce refus. N’allez pas me dire que ça n’existe pas, c’est exactement ce que font toutes les associations de consommateurs partout dans le monde. En l’absence d’organismes publics de contrôle, les ressources dégagées partiraient dans ces associations qui verraient leur capacité de surveillance accrue d’autant.

            “C’est bien la question de l’absence d’information, d’une information non adressée qui rend votre raisonnement caduque.”

            Je ne crois pas. L’information a un coût. Quand elle est fournie par une administration, ce sont les impôts qui la paie. Il y a un marché de l’information, et des fournisseurs d’informations. C’est à chacun de décider de payer ce coût ou non.

            “C’est en somme une façon d’être plus libre économiquement que de laisser les paramètres plus politiques de nos décisions, comme un juste équilibre des pouvoirs, à des types de relation qui ne passent pas prioritairement par le marché.”

            Certainement pas. Politique et économie sont hautement liées, puisque c’est la deuxième qui fournit les ressources de la première. La soit-disant liberté économique que vous achetez ainsi a un coût en liberté politique exorbitant.

            “Il s’agit de la transparence des pratiques individuelles.”

            Mais je les incluais. Comme je l’ai déjà écris, rien n’empêche les fournisseurs de biens et services d’exiger aux riches cette transparence là en échange de leurs produits. Il faut bien que les riches s’achètent à manger aussi, non ? C’est donc la société qui décide du pouvoir des riches.

            “La loi des marchés politiques implique que la force du nombre de citoyens l’emporte”
            Donc pour vous, c’est la majorité qui décide du droit ? Et si la majorité décide de rendre légal l’anéantissement d’une minorité, on fait quoi ?

            Et sinon, où est-il écrit dans la Constitution que les pouvoirs publics peuvent me contraindre à accepter un moyen de paiement que je n’ai pas choisi ? N’est-ce pas une violation du libre arbitre, qui ne se justifie en rien ?


          • Patrick Luder Le 03 mai 2012 à 16h14
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            Eh les gras, vous faites aussi un débat de fond?
            C’est plus intéressant mais pas moins long :-)
            Chouette, c’est la reprise, il y a de la concurrence!


          • Patrick Luder Le 03 mai 2012 à 16h17
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            Avec ma femme, on s’amuse à observer les gens dans les supermarchés.
            Il y les pauvres qui cherchent le mois cher et c’est tout.
            Il y a les riches qui s’empipprent de luxe.
            Et il y a les écolos qui lisent toutes les étiquettes,
            et qui finalement n’achptent presque rien … 


          • David Le 03 mai 2012 à 16h35
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            Et oui, un sain débat sur les paradoxes de l’utopie libérale ne fait jamais de mal. :)


          • David Le 03 mai 2012 à 17h02
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            ((un investisseur ne se présente pas auprès des consommateurs avec le programme économique et social de la fondation qu’il compte créer avec toute sa richesse) “et pourquoi pas ? et pourquoi les consommateurs ne pourraient pas choisir en fonction de ce critère ?”) Et d’une, parce que le type qui va finir par créer sa fondation, pour le meilleur ou pour le pire, a toutes les chances de ne pas être au courant lui-même qu’il va le faire, avant qu’il ne soit riche. Comment pourrait-il en informer les consommateurs. Eh les gars, je suis le CEO de Machin&Co. Si vous achetez mon produit et que je deviens riche, je vais créer une fondation pour lutter contre le paludisme ! Eh les gars, moi, je suis le CEO de MachinLtd. Si vous achetez plutôt mon produit et que je deviens riche, je vais créer une fondation qui fera la promotion des idées de l’école autrichienne et traduira l’oeuvre intégrale de Frédéric Bastiat en turkmène.
             
            (“Le consommateur peut très bien mandater des institutions privées tierces, associations ou autres, pour aller vérifier l’éthique associée à son achat. Le producteur est libre de refuser cet audit, le consommateur est libre de boycotter suite à ce refus. N’allez pas me dire que ça n’existe pas, c’est exactement ce que font toutes les associations de consommateurs partout dans le monde. En l’absence d’organismes publics de contrôle, les ressources dégagées partiraient dans ces associations qui verraient leur capacité de surveillance accrue d’autant.”)
            Déjà, on remarquera que c’est un énorme gâchis de ressources. Mais encore une fois, ça n’adresse pas la question de l’individu riche, mais seulement la question de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Deux choses différentes. Je partage l’idée que le marché permet quelques contre-pouvoirs concernant la responsabilité sociétale des entreprises, et je vous l’ai déjà dit. Vous n’avez toujours pas expliqué par quel mécanisme la question de l’homme providentiel richissime serait adressée.
             
             
            ((C’est bien la question de l’absence d’information, d’une information non adressée qui rend votre raisonnement caduque.) “Je ne crois pas. L’information a un coût. Quand elle est fournie par une administration, ce sont les impôts qui la paie. Il y a un marché de l’information, et des fournisseurs d’informations. C’est à chacun de décider de payer ce coût ou non.”)
            Mais vous oubliez que la liberté des hommes exigent qu’il y ait des informations qui ne soient pas livrées en place publique. C’est ma liberté d’homme richissime de ne pas avoir à dire que je suis Gay si je ne le souhaite pas ou que je rêverais de dépenser toute ma fortune à défendre le droit des gays. C’est ma liberté d’homme richissime de ne pas mettre en avant le fait que je suis un catholique pratiquant fondamentaliste qui rêve de dépenser tout son argent pour que les gays retournent en prison et soient de nouveau châtiés par tous.
             
            (“Certainement pas. Politique et économie sont hautement liées, puisque c’est la deuxième qui fournit les ressources de la première. La soit-disant liberté économique que vous achetez ainsi a un coût en liberté politique exorbitant.”) Vous oubliez toujours que c’est le cadre politique qui fonde l’économie, en tant que système de contrats. Et que seule l’institution est garante – exactement comme pour le cours légal – du bon respect des contrats. Or ce Leviathan peut être public, et démocratique, ou privé et ploutocratique. Dans le cas de l’ISDA, par exemple, on a un cas d’école de Leviathan privé, institution providentielle privée, qui décide pour vous, ce qui est bon pour vous. Et vous, sous prétexte, que ce Léviathan est privée et qu’il est une conséquence du marché, vous jugez que son intervention providentielle est juste pour vous. Vous ne lui appliquez pas le même raisonnement qu’à une institution publique. Vous restez servile. Quelle naïveté. Quel aveuglement.
             
             
            (“Mais je les incluais. Comme je l’ai déjà écris, rien n’empêche les fournisseurs de biens et services d’exiger aux riches cette transparence là en échange de leurs produits.”) Quelle horreur, ça ressemble à Jeremie Bentham, votre truc
            (“Il faut bien que les riches s’achètent à manger aussi, non ? C’est donc la société qui décide du pouvoir des riches.”) Là-dessus, nous sommes d’accord, c’est la société qui, par l’impôt notamment, décide du pouvoir des riches. Un pouvoir sans limite, comme dans le cas de l’utopie libérale, ou un pouvoir limité, comme c’est le cas des démocrates. Mais la société ne décide pas du pouvoir des riches par les mécanismes du marché; les mécanismes du marché sont impuissants dans ce cas.
             
            (“La loi des marchés politiques implique que la force du nombre de citoyens l’emporte”
            Donc pour vous, c’est la majorité qui décide du droit ? Et si la majorité décide de rendre légal l’anéantissement d’une minorité, on fait quoi ?)
            Oui, c’est la majorité qui décide du droit dans une démocratie, exactement selon le même type de principe qui fait que c’est celui qui a le plus de piécettes qui remporte une enchère, indépendamment de toute autre considération et de tout autre valeur -valeur morale, valeur sentimentale, valeur nationale, etc… J’ai souvent remarqué que les libéraux les plus utopistes n’étaient pas très démocrates. Sans doute parce qu’ils y sont en minorité et qu’ils ne peuvent pas y exercer autant leur pouvoir individuel qu’ils le souhaiteraient. Comme quoi, même le plus libéral succombe facilement à la dérive autocratique, à la soif du pouvoir pour lui-même.
            Or, il se trouve que, dans une démocratie, il y a des mécanismes qui empêchent une majorité d’écraser une minorité. On parlait du bloc constitutionnel et de la séparation des pouvoirs, ce sont typiquement les mécanismes qui interdisent à une majorité d’écraser son opposition. Ce qui n’empêche pas bien sûr les abus de pouvoir. D’autant que les équilibres démocratiques sont toujours fragiles, on le voit bien avec cette élection.
             
            (Et sinon, où est-il écrit dans la Constitution que les pouvoirs publics peuvent me contraindre à accepter un moyen de paiement que je n’ai pas choisi ? N’est-ce pas une violation du libre arbitre, qui ne se justifie en rien ?”)
            L’avantage d’une institution, c’est que les normes assez souples et les règles générales. C’est pourquoi il est idiot d’écrire des règles techniques (type règle d’or) dans une constitution. Une constitution propose des principes généraux de droits, comme inaliénabilité du droit de propriété privée, par exemple, qui rend tout régime communiste, inconstitutionnel, en France.
            Personne ne vous contraint à accepter un moyen de paiement. Et certainement pas les pouvoirs publics. Vous avez parfaitement le droit d’être pauvre et sans le sou, dans notre pays. Vous avez également parfaitement le droit de pratiquer le troc. Par contre, vous n’avez pas le droit de constituer une armée pour défendre le cours légal d’une monnaie que vous émettriez, parce que, constitutionnellement, ce serait considéré comme une atteinte à l’unité de la Nation Souveraine. En vertu même de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 que vous avez l’air d’apprécier.


  23. hdcaulfield Le 02 mai 2012 à 08h38
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    Analyse très intéressante, cependant je déplore que ne soit pas abordée un aspect essentiel de la taxation des riches:
    Quelle serait la conséquence sur les créations d’emploi par le biais de créations d’entreprises ? La cupidité étant bien souvent l’essentiel moteur de la création, pourquoi les investisseurs resteraient-ils en France alors qu’ils pourraient gagner bien plus ailleurs ?
    En d’autres termes, un taux marginal à 75% ferait-il fuir les talents au point qu’elle en devienne néfaste ?


    • David Le 02 mai 2012 à 12h16
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      Inversez la proposition et regardez l’exemple d’Apple. Un taux d’imposition à moins 20% les a quand même fait rechercher une optimisation fiscale, d’une part, sans pour autant que cela ait d’impact direct sur l’emploi, la créativité et l’innovation. Au reste, l’énergie nucléaire ou les ordinateurs ont été inventés et se sont développés à des époques où les taux marginaux d’imposition étaient plus élevés. En fait, les taux marginaux et le talent sont deux choses qui ne sont pas liées. Sans doute parce que l’incentive financier – qui n’est pas le seul motif d’action des hommes – diminue proportionnellement et au fur et à mesure que la richesse augmente. Plus un homme est riche, plus l’incentive purement financier devra être élevé, jusqu’à devenir contre-productif (faible incentive contre grande quantité d’argent).Et c’est en quoi, à partir d’un certain seuil, l’incentive financier ne jouant plus, on peut tout taxer. C’est de la bonne gestion que de veiller à ce que l’incentive reste efficient. Et ça n’est que l’aboutissement d’un impôt progressif qui n’a rien à voir avec de l’égalitarisme, puisque la taxation à seui permet de grands écarts de richesse et donc conserve l’incentive financier comme élément de motivation, mais élément maitrisé.
      D’un autre côté, cette optimisation fiscale par Apple a eu un impact direct sur la richesse d’une poignée d’individus (qui sont aujourd’hui plus puissants que certains Etats), individus qui sont donc devenus des individus providentiels… Et sur l’état des comptes publics de l’Etat US. La question ne se pose donc pas seulement en terme d’efficience économique mais aussi en terme d’efficacité macro-économique. Sans compter qu’un soupçon de décence ne fait pas de mal, même – surtout – dans une société libre.


  24. David Le 02 mai 2012 à 10h22
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    J’ajouterais que Murdoch a été sanctionné parce que ce qu’il a fait est encore considéré comme illégal – alors que dans le cas des SuperPAcs américains, la corruption par le financement électoral est légalisée. Mais si j’en crois la définition du dictionnaire que vous semblez prendre en référence, on devrait, au nom de la forme déviante de libéralisme que vous défendez, et pour rester cohérent avec la façon dont pense cette forme déviante de libéraleme, juger que cette condamnation légale est un abus de pouvoir venant de bureaucrates – dont rien sauf la démocratie ne nous garantit l’intégrité – à l’encontre d’un citoyen, Rupert Murdoch, qui exerce librement tout le pouvoir que lui donne l’énorme quantité d’argent qu’il possède.


  25. John Galt Le 02 mai 2012 à 10h40
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    @ CHRISTO et JOEK
    Heureusement que quelques commentaires critiques sont présents.
    Que dire de Lordon si ce n’est qu’il avait quelques idées intéressantes sur la place de la finance et qu’il devient de plus en plus extrême en plus de n’arriver à dire de manière concise ce qu’il pense ?
    Je pense que ceux qui parlent de l’économie alors qu’ils n’en connaissent pas la réalité et qu’ils sont payés par le Saint Etat Nourricier devrait être plus modérés.
    Je serais curieux d’avoir son avis sur Atlas Shrugged et de le voir débattre avec des gens comme Charles Gave.
    Si la dérive de la finance et des dépenses de l’état sont 2 problèmes graves, ce n’est pas pour autant que l’on doit écouter tous les délires des fonctionnaires qui nous mangent la laine sur le dos.


    • JoeK Le 02 mai 2012 à 12h59
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      Merci :-)
      J’aime bien Charles Gave – qui vient du reste de publier un nouveau billet sur son site ici et qui fait la même analyse sur les prétendus “économistes” ayant appelé à voter pour un des candidats à la présidentielle dans le journal Le Monde. 
      Cependant, si j’approuve son constat quant à la situation de l’Etat français, je suis plus réservé sur ses avis positifs concernant l’économie américaine : $15.000 (+ou-) milliards de dette, c’est aussi un peu quand même la même chose qu’en France, en PIB sur une année (France : 2.500 milliards de PIB, dette de 1.800).
      Il faudrait donc vivre une année entière sans dépenser un sou pour effacer la dette de ces 2 pays.
      Inimaginable.
      Comment les US en sont-ils arrivés là aussi ? J’ai ma petite idée mais Olivier pourrait peut-être nous éclairer avec une analyse rétrospective. 
      Ce qui est sûr, c’est que l’état d’esprit des américains est radicalement différent du notre et que nous ne le comprenons pas.


  26. Neophyte Le 30 avril 2012 à 22h31
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    Merci j’avais pas vu ce billet. Super intéressant, c’est vraiment le genre de système que j’avais en tête…mais pourquoi n’est-il pas proposer a plus grande échelle…Lobby financier arriverais-t-il a influencer nos politiques, ca se saurait.

    PS:
    J’habite depuis un peu plus d’un an en Australie, je me suis amusé à comparer les grands chiffres de l’économie australienne par rapport a la France (l’Australie a récupérer son AAA en octobre et ça a éveillé ma curiosité). J’espère vous envoyer quelques notes assez étonnante sur la gestion du budget de l’état pour un pays qui est très libéral.

     


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