Intéressante interview – à lire bien entendu avec recul et esprit critique pour discerner la propagande syrienne.

Source : Sana, AFP, 12-02-2016

Le président al-Assad à l’AFP : La France doit changer ses politiques erronées envers la Syrie pour lutter contre le terrorisme

Damas / Le président Bachar al-Assad a accordé un entretien à l’AFP sur les développements en Syrie et dans la région.

Entretien de Monsieur le Président avec l’AFP

Journaliste : Monsieur le Président quels sentiments vous inspire la vue de dizaine de milliers de vos compatriotes affamés sur les routes qui tentent de rejoindre la Turquie pour échapper aux bombardements de vos alliés russes sur Alep, et aussi la vue d’enfants syriens qui sont noyés en tentant de traverser la mer pour rejoindre l’Europe ?

Monsieur le Président : Si vous voulez qu’on parle des sentiments, j’appartiens bien à ce peuple. Il est donc évident que j’éprouve les mêmes sentiments que lui. Tout spectacle douloureux nous fait tous ressentir de la peine en tant que Syriens. Mais en tant que responsable, la question devrait être non pas quel est votre sentiment, mais qu’est-ce que vous allez faire devant une telle situation.

Lorsque la cause n’est pas véritablement les bombardements russes, comme le prétendent aujourd’hui les médias occidentaux, mais plutôt les terroristes ; lorsque l’embargo imposé par l’occident depuis déjà cinq ans est l’une des causes de la migration, il est normal que ma première mission, comme celle de tout responsable dans ce pays, dans cet État, soit d’abord de lutter contre le terrorisme, essentiellement par des moyens syriens, tout en demandant le soutien de nos amis pour combattre ce terrorisme. Le problème des réfugiés qui se trouvent à l’étranger, de même que celui de la famine comme vous dites, sont deux problèmes auxquels ont contribué les terroristes et l’embargo imposé sur le peuple syrien.

Journaliste : Justement nous parlons d’actes pour alléger cette souffrance, est-ce que vous pourriez envisager de cesser les bombardements sur la population civile et surtout le siège des villes, comme le demande d’ailleurs l’opposition, comme condition pour retourner à Genève.

Monsieur le Président : Depuis le début de la crise, le conflit portait sur qui pourrait gagner la base populaire en Syrie. Théoriquement parlant, il nous est impossible de bombarder les civils et de vouloir en même temps les gagner à nos côtés. Quant à la pratique, vous pouvez vous-même effectuer des tournées en Syrie, dans les régions contrôlées par l’Etat. Vous trouverez alors que toutes les composantes de la société syrienne, y compris les familles des hommes armés, vivent sous la protection de l’Etat. En plus, pour ce qui est de la ville de Raqqa qui est totalement sous la domination de Daech, nous payons toujours les salaires des fonctionnaires et envoyons les vaccins aux enfants qui s’y trouvent. Il est donc illogique que l’Etat bombarde les civils en offrant tous ces services ; à moins qu’il y ait des erreurs, qui peuvent d’ailleurs se produire dans n’importe quel combat. La règle générale c’est d’avoir dans toute guerre a des victimes innocentes, mais ce n’est certainement pas la politique de l’Etat syrien.

Journaliste : Que dites-vous des gens s’en vont pour l’Europe, vous leur dites revenez, qu’est-ce que vos leur dites ?

Monsieur le Président : bien sûre. J’espère certainement que toute personne ayant quitté la Syrie y retourne. C’est normal, mais cela ne suffit pas. Les sentiments ne suffisent pas. Ces gens-là vont me demander qu’est-ce qui nous pousse à revenir ? Est-ce que le terrorisme a cessé? Est-ce que les premières nécessités de la vie sont désormais disponibles? Beaucoup de ceux qui ont émigré ne sont pas contre l’Etat, ni pro-terroristes. Mais il y a parfois des circonstances qui vous obligent à émigrer. Aussi ma réponse à cette question sera-t-elle la suivante : lorsqu’il y aura un recul du terrorisme et que les choses s’amélioreront, ils retourneront de leur propre gré sans invitation. Plutôt donc que d’inviter ce citoyen à revenir, je vais appeler les gouvernements européens qui ont contribué directement à cet exode en assurant d’abord une couverture aux terroristes, et en imposant l’embargo à la Syrie, à aider au retour des Syriens chez eux.

Journaliste : Est-ce que la reprise d’Alep est une question de jours, et après quelles sont les prochaines étapes : la reprise totale de Lattaquié, d’Alep, d’Idleb ?

Monsieur le Président : Actuellement, le combat à Alep n’a pas pour but de récupérer la ville, car nous y sommes déjà. La bataille principale vise plutôt à couper la route entre Alep et la Turquie qui constitue la voie principale de ravitaillement des terroristes. Nous menons actuellement des combats sur plus de dix fronts, du Nord au Sud, à l’Est et au Nord-Est, de même qu’à Lattaquié à l’Ouest. Il y avait également des combats à Homs, lesquels ont maintenant pris fin. Toutes les étapes vont donc en parallèle.

Journaliste : Pensez-vous être capable de reprendre tout le territoire syrien et dans quel délai ?

Monsieur le Président : Que nous soyons capables de le faire ou non, c’est un but que nous œuvrerons à atteindre sans hésitation. Il n’est pas logique de dire qu’il y a une partie de notre territoire à laquelle nous renoncerons. Quant au délai, cela dépend de deux cas : à supposer d’abord que le problème est uniquement syrien, c’est-à-dire que la Syrie est isolée de son entourage, dans ce cas-là, nous pouvons régler le problème sur deux axes : le combat contre le terrorisme, et l’action politique. Dans le deuxième cas, le cas actuel où il y a ravitaillement permanent des terroristes à travers la Turquie, la Jordanie, et parfois encore à travers l’Irak bien sûr, puisque Daech s’y trouve avec le soutien saoudien, turc, et qatari, il est évident que les délais de la solution soient longs et les prix lourds. Il est donc difficile de donner une réponse précise quant aux délais.

Journaliste : Vous ne pouvez pas dire dans combien d’années la paix reviendra en Syrie ?

Monsieur le Président : La question est de savoir combien d’années la Turquie et l’Arabie Saoudite maintiendront leur soutien au terrorisme. Telle est la question. Et quand l’Occident fera –t-il pression sur ces pays pour qu’ils cessent leur soutien au terrorisme.

Journaliste : Monsieur le Président, pouvez-vous me dire quel est votre ennemi principal. Est-ce qu’il s’agit de l’opposition modérée et de leurs alliés islamistes ou des djihadistes de Daech ? Beaucoup de gens se posent cette question, parce qu’ils notent que vos forces actuelles visent surtout des villes tenues par l’opposition dite modérée et ses alliés islamistes et pas tellement par Daech.

Monsieur le Président : Je ne pense pas que le terme « opposition » puisse désigner chez vous en France comme partout au monde quelqu’un qui porte une arme. L’opposition est politique par définition. Si nous supposons que vous voulez dire « terroristes modérés », ce serait bien un nouveau terme. Vous voulez dire par là qu’ils n’appartiennent pas à Daech, el Nosra, ni à d’autres groupes radicaux. Obama a qualifié l’opposition modérée d’illusion. Biden a dit la même chose. Le plus important c’est qu’en réalité cette opposition n’existe pas. La plupart des hommes armés appartiennent à ces groupes radicaux, à savoir Daech, el Nosra, Ahrar el Cham et autres. Ma réponse est donc que tout terroriste est un ennemi. Nous respectons toute opposition politique… et nous avons une opposition politique qui se trouve en Syrie et adopte des positions dures vis-à-vis de l’Etat, mais nous ne l’attaquons pas.

Journaliste : Pour être très clair, vous ne faites pas de différences entre tous les gens qui portent des armes contre votre gouvernement, qu’ils se revendiquent de Daech ou de groupes dits « modérés » vous ne faites aucune différence.

Monsieur le Président : sur le plan légal, il n’y a pas de différence. L’Etat fera face à toute personne qui porte les armes, et ne l’interrogera pas sur son idéologie. Il y a quand même une différence, c’est que les groupes radicaux refusent le dialogue avec l’Etat. Ils pensent combattre, mourir et aller au paradis. Telle est leur idéologie. Quant aux autres groupes non idéologiques, la plupart a été induit en erreur. Ils sont ultérieurement entrés en dialogue avec l’Etat. Certains ont jeté les armes, et il y en a qui combattent aujourd’hui du côté de l’armée, et nous leur octroyons l’amnistie pour avoir renoncé aux armes.

Journaliste : Monsieur le Président, Jayche el Islamet Ahrar al Cham, vous le considérez comme quoi ? Ils ont négocié avec vous, ils ont été à Genève. Vous les considérez comment ?

Monsieur le Président : Ils ont été à Genève comme faisant partie de l’opposition formée par l’Arabie Saoudite. Puisque l’Arabie Saoudite soutient le terrorisme à l’échelle mondiale, ses représentants sont naturellement des terroristes et non des politiciens.

Journaliste : Donc pas de négociations avec eux…

Monsieur le Président : Déjà à Genève 3, on n’était pas supposé mener des négociations directes, mais à travers De Mistura. Là, soyons précis nous ne négocions pas avec des Syriens, mais avec des représentants de l’Arabie Saoudite, de la France, de la Grande Bretagne, etc… Si vous entendiez par là un dialogue syro-syrien la réponse est naturellement négative. Le dialogue avec ces gens-là n’est nullement un dialogue syro-syrien. Un tel dialogue se fait avec des groupes syriens qui ont leurs bases en Syrie, telle l’opposition politique en Syrie par exemple. Toute personnalité avec laquelle nous dialoguons et qui se dit opposition mais qui appartient à un pays étranger ou à des services de renseignement étrangers ne représente pas les Syriens dans le dialogue, et tout simplement nous ne la considérons pas comme syrienne.

Journaliste : Quand vous dites que vous êtes à Genève, vous êtes là pour négocier avec des gens venus de l’extérieur.

Monsieur le Président : Non, certains sont venus de l’intérieur. Il y en a d’autres qui vivent à l’extérieur, mais qui font de la politique et qui ont des partisans en Syrie. Mais moi, Je ne parle pas seulement de terroristes, mais de quelqu’un qui a été conçu et formé à l’étranger et qui travaille au service d’un pays étranger.

Journaliste : Vous parlez d’une opposition politique, vous disiez qu’elle existe en Syrie. Est-ce que vous ne pensez pas que si vous aviez toléré l’émergence d’une opposition politique plus forte dans votre pays ces dernières années. Vous auriez pu peut-être éviter ce conflit. Est-ce qu’il n’y a pas de part de responsabilité de votre gouvernement dans ce qui s’est passé ?

Monsieur le Président : Nous ne prétendons pas à l’absence de toutes erreurs en Syrie, ce qui est normal dans n’importe quel pays. Nous ne prétendons pas qu’au Moyen-Orient nous sommes arrivés à une grande ouverture politique. En Syrie, nous allions dans cette direction à vitesse limitée et peut être lentement. Pour revenir à votre question, la partie de l’opposition la plus radicale à l’intérieur de la Syrie et qui attaque l’Etat syrien, n’a pas été en prison et n’a pas été persécutée pas l’Etat, ni avant ni après la crise. Je ne comprends donc pas ce que vous entendez par tolérance dans ce cas-là.

Journaliste : Il a été difficile pour l’opposition syrienne de s’organiser de faire compagne, le gouvernement ne lui a jamais laissé beaucoup de marge de manœuvre.

Monsieur le Président : Vous évoquez une situation générale au Moyen-Orient. C’est relativement vrai, notamment dans le Monde Arabe. Mais il ne s’agit pas d’une question de tolérance. La tolérance c’est plus personnel qu’institutionnel. Il s’agit de savoir que faire sur le plan institutionnel pour aller en avant, telle est la question. Cela a deux aspects, l’un juridique, l’autre social ou culturel, la démocratie étant une culture avant d’être une loi. Vous ne pouvez pas aller légalement parlant en direction de la démocratie alors que culturellement parlant vous restez à votre place.

Journaliste : Pensez-vous possible une intervention turque en Syrie, et pensez-vous que la menace des Saoudiens d’intervenir est sérieuse.

Monsieur le Président : Logiquement parlant, je dirais que l’intervention est impossible, mais la logique est parfois en contradiction avec la réalité, surtout quand vous avez des personnes illogiques et insensées qui dirigent un pays. C’est donc une possibilité que je ne peux pas exclure, pour une simple raison : Erdogan est quelqu’un d’intolérant, de radical, un pro-frère musulmans qui vie le rêve ottoman. Les effondrements qui ont eu lieu en Tunisie, en Libye, en Egypte et en Syrie sont pour lui des effondrements personnels qui menacent d’abord son avenir politique, mais aussi ses aspirations islamistes radicales. Il pense être porteur d’un message de l’islam dans notre région. Il en est de même pour l’Arabie Saoudite ; les effondrements subis par les terroristes en Syrie constituent un effondrement de leur politique. De toute manière, une telle opération ne sera pas facile pour eux. Et nous allons très certainement y faire face.

Journaliste : Monsieur le Président est-ce que vous seriez prêt à donner une région autonome aux kurdes de Syrie après la fin du conflit ?

Monsieur le Président : Cela relève directement de la constitution syrienne. Vous savez bien que la constitution n’est pas le produit du gouvernement, mais de toutes les composantes du pays et doit être soumis à un référendum. La question doit donc se posée à l’échelle nationale et non être adressée à un responsable syrien quel qu’il soit, qu’il s’agisse d’une autonomie ou d’une confédération, ou même d’une décentralisation… ce sont des choses qui feront partie d’un dialogue politique. Mais je voudrais affirmer que les Kurdes font partie du tissu national syrien.

Journaliste : Est-ce que c’est vrai que la Russie a essayé de vous convaincre de quitter le pouvoir ? et n’y c’est-à-dire pas un risque américano-russe qui puisse se faire sous votre dos ?

Monsieur le Président : C’est possible si l’on considère la politique et les politiciens russes de la même manière que la politique et les politiciens américains, et qu’ils suivent une politique aussi contraire aux principes éthiques, mais ce n’est pas le cas. Pour une raison toute simple, c’est que les Russes nous traitent avec grand respect. Ils n’agissent pas envers nous comme une grande puissance envers un petit Etat, mais comme un Etat souverain envers un autre Etat souverain. C’est la raison pour laquelle cette question ne s’est jamais posée, et d’aucune manière.

Journaliste : Est-ce que vous seriez favorable à l’octroi de base permanente à la Russie en Syrie et également l’Iran ? Dans ce cas, est-ce que vous ne craignez pas que votre pays se transforme en une espèce de vassal de ces deux puissances ?

Monsieur le Président : La présence de bases militaires de n’importe quel Etat en Syrie ne signifie nullement que la Syrie en devient le vassal. Ils n’interviennent ni dans la constitution, ni dans la loi, ni dans l’action politique. Il existe déjà une base russe. Mais les Iraniens ne nous l’ont pas demandé, et nous n’avons pas là-dessus un problème de principe.

Journaliste : Est-ce que la Russie vous a demandé de faire une nouvelle base en Syrie ?

Monsieur le Président : La question n’a pas été posée. Elle est donc hypothétique. Mais comme je viens de le dire, lorsque nous l’acceptons pour la Russie, cela veut dire que c’est en principe acceptable. Mais cela dépendrait aussi des potentiels de chaque Etat et de son rôle sur la scène régionale et internationale.

Journaliste : Est-ce que la Russie vous a demandé de faire de nouvelles bases en Syrie ?

Monsieur le Président : Non.

Journaliste : Comme vous le savez la campagne présidentielle américaine est actuellement en pleine primaire. Vous personnellement vous êtes pro Trump ou Hillary Clinton ou vous avez peut-être un candidat qui vous semblerez peut être un bon candidat pour la région ?

Monsieur le Président : A aucun moment nous n’avons misé sur un président américain. Nous misons toujours sur les politiques, or ces politiques ne dépendent pas seulement du président, mais de l’ensemble des institutions et des lobbys aux Etats-Unis. La concurrence entre beaucoup de candidats, maintenant comme dans le passé, porte sur lequel est le plus belligérant. C’est de mauvais augures.

Journaliste : Donc lequel est le plus belligérant Trump ou Clinton ?

Monsieur le Président : Le problème avec les hommes politiques américains c’est qu’ils disent toujours le contraire de ce qu’ils font, avant et après les élections.

Journaliste : Donc les promesses faites par Trump ne vous font pas peur, s’il venait d’être élu ?

Monsieur le Président : Non. Comme je viens de le dire, puisque je ne mise pas sur ce que déclare les candidats américains, je ne vois pas de raison pour commenter les propos de l’un d’entre eux. C’est-à-dire qu’ils se ressemblent tous à mes yeux.

Journaliste : Est-ce que vous envisagez d’être président à vie, comme l’était votre père, sinon est-ce que vous préparez un successeur, et est-ce que ça peut être un de vos enfants ?

Monsieur le Président : D’abord la présidence n’est pas un hobby qui nous fait plaisir. C’est plutôt une responsabilité notamment dans les circonstances actuelles. Quant à la question de savoir s’il y a quelqu’un que je choisirais comme successeur, le pays n’est ni une ferme ni une entreprise. Pour rester président, il faudrait qu’il y ait deux facteurs : que je le souhaite moi-même, et que le peuple le souhaite aussi. Si j’arrive aux prochaines élections et que je constate que le peuple ne veut pas de moi, je ne me porterai pas candidat. Il est donc encore tôt d’en parler. Il nous reste encore plusieurs années avant les prochaines élections.

Journaliste : Ces dernières années il y a eu plusieurs accusations portées contre votre gouvernement et contre c’est-à-dire en matière de droits de l’homme. Tout récemment une commission de l’enquête de l’ONU vous a accusé de pratiquer ce qu’ils ont appelé une politique d’extermination des détenus parlant d’un crime contre l’humanité. Le mois dernier, le haut-commissaire de l’Onu des droits de l’homme en parlant des sièges des villes comme Madaya, il a accusé votre gouvernement de crime de guerre. Il y a aussi le recours au bombardement de la population civile par des barils explosifs. Ne craignez-vous pas de devoir un jour rendre des comptes devant un tribunal international.

Monsieur le Président : Vous savez d’abord que ces institutions onusiennes reflètent l’équilibre et les conflits entre les grandes puissances. Actuellement, elles sont essentiellement dominées par les puissances occidentales et la plupart de leurs rapports sont politisés et servent un agenda politique. La preuve en est que ces organisations n’ont rien dit sur des massacres déclarés commis par les groupes terroristes à l’encontre des citoyens innocents en Syrie. Ce qui réfute les dires ou les rapports de ces organisations, c’est d’abord qu’ils n’avancent pas de preuves, et c’est un cas général. Il y a d’autre part une certaine logique, car si les pays occidents s’opposent à telle personne, ainsi que les pays riches du Golfe, et si cette même personne tue son peuple, comment pourrait –elle continuer dans ces conditions pendant cinq années ? C’est pourquoi, je ne crains ni ces menaces ni ces allégations.

Journaliste : Comme vous dites il n’y a pas de rapports, c’est-à-dire ils sont faux et inexacts, mais il y a tout de même des témoignages, par exemples le rapport sur la morts des détenus qui sont dans vos prisons.

Monsieur le Président : Non, il y a une différence entre crimes individuels et politique de tuerie systématiquement adoptée par un Etat. J’ai déjà dit qu’il y a des victimes innocentes de la guerre, c’est vrai. Mais il y a crimes de guerre lorsque des ordres sont donnés pour adopter une politique qui consiste à commettre des massacres pour des fins précis. Si c’était le cas, les gens auraient fui les régions contrôlées par l’Etat pour se réfugier dans celles qui sont contrôlées par les hommes armés. Mais ce qui se passe c’est tout à fait le contraire. Tout le monde vient vers les régions contrôlées par l’Etat.

Journaliste : comment pensez-vous rentrer dans l’histoire, comme celle d’un sauveur de la Syrie ou celle de l’homme qui l’a détruite ?

Monsieur le Président : Tout dépend de celui qui écrira l’histoire. Si c’est l’Occident, il m’attribuera les pires qualificatifs. L’important, c’est ce que je pense moi-même. Il va de soi que je cherche à défendre la Syrie, et c’est bien ce que je fais, et non à défendre mon siège.

Journaliste : voulez-vous encore négocier avec l’opposition ou bien pensez-vous être capable d’écraser militairement la rebellions ?

Monsieur le Président : Nous croyons totalement aux négociations et à l’action politique, et ce depuis le début de la crise. Cependant négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme. Deux volets sont indispensables en Syrie : Premièrement, celui de négocier, et deuxièmement, celui de frapper les terroristes. Le premier volet est indépendant du second.

Journaliste : Quel est votre commentaire sur la démission de Laurent FABIUS ? Pensez-vous que cela changera à la politique de la France à votre égard ? Est-il possible de faire un geste à l’égard de Paris, par exemple sur la lutte contre le terrorisme pour essayer de convaincre la France de changer d’attitude à votre égard ?

Monsieur le Président : Le changement de personnalités n’est pas vraiment d’une grande importance, c’est plutôt le changement des politiques qui compte. L’administration française a presque totalement changé entre Sarkozy et Hollande. Mais pour nous les politiques n’ont pas changé. Elles ont demeuré, des politiques de sabotage dans la région, directement à l’appui du terrorisme. Nous ne devons donc pas supposer que c’est le ministre des affaires étrangères qui est l’artisan des politiques. C’est plutôt tout l’Etat, et notamment le président de la république qui les conçoit. Pour ce qui est de la Syrie, je ne pense pas qu’elle doit faire un geste envers la France. C’est plutôt à la France d’agir pour combattre le terrorisme. Jusqu’à présent elle soutient politiquement les terroristes, et même les soutenait militairement dans certains cas. Il incombe à présent à la France d’adopter des politiques contraires, ou de changer de politiques pour combattre le terrorisme. Surtout que des centaines de Français ont payé de leurs vies ces politiques erronées.

Source : Sana, AFP, 12-02-2016

44 réponses à Le président al-Assad à l’AFP : “Jusqu’à présent, la France soutient politiquement les terroristes”

Commentaires recommandés

Spectre Le 15 février 2016 à 02h01

Les deux premières questions ne manquent pas de soulever un sourcil quant à leur “neutralité”. Si seulement nos journalistes pouvaient être aussi “incisifs” lorsqu’il s’agit d’interroger les gangsters en cravate sous nos latitudes… Au lieu du mélange indigeste d’auto-censure, de déférence et d’obséquiosité, imaginez des questions du style :

— Monsieur Obama, quels sentiments vous inspirent les 3 500 morts et 7 500 blessés en Afghanistan l’année dernière ? Le fait qu’une victime sur quatre soit un enfant vous fera-t-il verser une petite larmichette comme pour les victimes d’armes à feu dans votre propre pays ?

— Monsieur Obama, est-ce que vous pourriez envisager de cesser des frappes de drones qui tuent 90% d’innocents ? Ou diriez-vous, comme Mme Albright parlant de la mort d’un demi-million d’enfants irakiens, que “cela en valait la peine” ?

— Monsieur Hollande, êtes-vous d’accord avec votre ex-ministre des Affaires étrangères pour dire que les combattants d’Al-Qaïda, dont 12 civils en France ont pu tester le caractère éminemment “modéré” l’an dernier, “font du bon boulot sur le terrain” ?

  1. bluetonga Le 15 février 2016 à 01h37
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    Je ne sais pas exactement de quel bois est fait Bachar El Assad, mais il a dû suivre des cours auprès du Dalaï Lama pour garder cette espèce de sérénité impavide face à l’avalanche de piques fielleuses des deux journalistes (de qui s’agit-il au fait? Un Américain et un Français?). Ou alors être gavé de psychotropes. En tout cas, il ne se démonte pas, même quand on lui ressort l’histoire des barils d’explosifs – il faudra qu’on m’explique un jour ce que ça veut dire : des bombes artisanales? Enfin, il n’ont pas ressorti l’histoire du gaz sarin. Un oubli, ou bien ça sentait trop le moisi?

    Sinon, on aimerait entendre les deux lurons faire preuve de la même pugnacité et brutale franchise face à Obama, Merkel, Hollande ou Camerone. Qui sait, ils vont peut-être y prendre goût?


    • Terency Le 16 février 2016 à 22h32
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      L’histoire des barils est celle-ci : les mercenaires étrangers venus en Syrie et financés par des Saoudiens le plus souvent ont creusé des tunnels. Ils étaient bien financés pour amener des excavatrices etc… Depuis ces tunnels ces hommes menaient leurs attaques et terrorisaient les populations.

      Pour les déloger il n’y a pas d’autre moyen que de projeter dans lesdits tunnels des barils qui s’enflamment. Mais ce n’est qu’un petit aspect de l’histoire. Donc quand on reproche à l’armée arabe syrienne (c’est une armée de conscription composée à 70 % de sunnites pour donner une idée) de projeter des barils dans les tunnels, c’est qu’on lui reproche d’attaquer les mercenaires islamistes.


  2. Tepavac Le 15 février 2016 à 01h51
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    Journaliste : Pour être très clair, vous ne faites pas de différences entre tous les gens qui portent des armes contre votre gouvernement, qu’ils se revendiquent de Daech ou de groupes dits « modérés » vous ne faites aucune différence.

    Quelle question idiote. Ou plutôt qu’elle révélation de la part de ces deux guignols. Vouloir à tout prix soutenir l’insoutenable par le mensonge conduit toujours à ce genre de discours sans queue ni tête.

    En gros il y aurait une différence lorsqu’on est occis par une tueur modéré. ..


  3. Spectre Le 15 février 2016 à 02h01
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    Les deux premières questions ne manquent pas de soulever un sourcil quant à leur “neutralité”. Si seulement nos journalistes pouvaient être aussi “incisifs” lorsqu’il s’agit d’interroger les gangsters en cravate sous nos latitudes… Au lieu du mélange indigeste d’auto-censure, de déférence et d’obséquiosité, imaginez des questions du style :

    — Monsieur Obama, quels sentiments vous inspirent les 3 500 morts et 7 500 blessés en Afghanistan l’année dernière ? Le fait qu’une victime sur quatre soit un enfant vous fera-t-il verser une petite larmichette comme pour les victimes d’armes à feu dans votre propre pays ?

    — Monsieur Obama, est-ce que vous pourriez envisager de cesser des frappes de drones qui tuent 90% d’innocents ? Ou diriez-vous, comme Mme Albright parlant de la mort d’un demi-million d’enfants irakiens, que “cela en valait la peine” ?

    — Monsieur Hollande, êtes-vous d’accord avec votre ex-ministre des Affaires étrangères pour dire que les combattants d’Al-Qaïda, dont 12 civils en France ont pu tester le caractère éminemment “modéré” l’an dernier, “font du bon boulot sur le terrain” ?


  4. oz Le 15 février 2016 à 02h09
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    Y a-t-il des États qui considèrent que prendre les armes contre eux est un comportement politique acceptable? Quelle serait la réaction de l’État français si un parti français décidait de s’imposer militairement?

    En fait on le sait: c’est ce que non seulement Daesh a fait en novembre, mais aussi ce que al-Qaida (ceux qui font du bon boulot en Syrie) a fait en janvier 2015. La réaction de l’Etat français n’est pas empreinte de bonhomie: état d’urgence, changement de constitution… Imaginez ce qu’il ferait si de tels attentats avaient lieu tous les jours, si les qaédistes recevaient financement, armements, renforts d’États étrangers, s’ils occupaient des quartiers entiers de Lyon… Est-ce l’État français dirait: ah ce n’est pas Daesh, ce sont ces sympathiques al-Qaida, on ne va pas les attaquer, ce serait scandaleux!


    • mazepa Le 15 février 2016 à 03h44
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      Le gouvernement de Hollande a bel et bien soutenu le coup d’État armé en Ukraine – est que par là on peut comprendre qu’être en désaccord avec l’état et s’exprimer avec les armes est une chose légale, voire légitime ? Je pense que oui, et le meilleur exemple est le phénomène – l’année 2015. J’ai aimé cette réponse de Bachar – ” L’administration française a presque totalement changé entre Sarkozy et Hollande. Mais pour nous les politiques n’ont pas changé. ” En fait en soutenant les rébellions armées l’administration française devient complice avec eux et par la complice avec les assassins en France comme à l’étranger . Donc la réponse est l’administration est dépassé par les événements et l’incapable d’y réfléchir par manque de matière grise))).


  5. odjo Le 15 février 2016 à 02h55
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    Je pense qu’on devrait demander avec de tels journalistes ce que le gouvernement Francais ferait contre des opposants Francais ou venus d’aIleurs et armes ?
    Sachant que la France est sous l’etat d’urgence je ne pense pas que notre regime serait tres patient .


  6. bluerider Le 15 février 2016 à 03h00
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    ET LE GAZ ?
    .
    Le gazoduc TOTAL-Qatar-Europe via la Syrie représente 450 millions de m3 par jour, soient environ 34 millions d’USD par jour de gaz brut, soient 12 Milliards d’USD par an (au cours de 2,127 USD / BTU le 22-1-2016). Que valent la vie de 100 000 soldats conscrits syriens, 80 000 paumés jihadistes recrutés aux 4 coins de la misère du monde par les pays du Golfe et nos services de Renseignement, et le reste en civils innocents syriens qui se sont fait voler leur opposition pacifique par des saboteurs snipers made in GLADIO, fabricants de fausses révolutions de Benghazi à Hama en passant par Kiev ? Rien. Ils ne valent rien. Ce sont de simples dégâts collatéraux version Machiavel ou Sun Zu.
    .
    Cet enjeu énergétique français via TOTAL est convergent des intérêts des pays du Golfe face à l’Iran ( 85 millions d’habitants, 29ème PIB mondial malgré l’embargo depuis 79) La décision d’Assad, d’accorder la concession de passage du gazoduc vers l’Europe à l’Iran et non au Qatar, pourrait accélérer le développement de l’Iran au détriment des pays du Golfe. Pire, ce siphonnage à 12 milliards de dollars de gaz par an renforcerait le bloc russophile, au lieu de diversifier nos approvisionnements en gaz qui transite depuis la Russie et via l’Ukraine. Quant à la Libye, c’était déjà le GAZ (gisement NC7 exploité par TOTAL-Qatar aujourd’hui). Nos médias doivent informer, pas cacher.


    • SanKuKai Le 15 février 2016 à 13h15
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      Ce que je n’arrive pas à comprendre dans cette argumentation (tout à fait recevable d’un point de vue Geopolitique) c’est que Total S.A. est une entreprise privée.
      De même que pour les mines d’Or de Bouygues au Mali ou les mines d’Uranium d’Areva en Centre Afrique.

      L’Etat francais met à disposition les biens publiques que sont ses services de renseignement et son armée pour les bénéfices d’entreprises privées. Et dans tous nos discours c’est comme si cétait quelque chose de normal.

      Au final, ce gaz ou ces ressources naturelles, le citoyen Francais les paye 2 fois au prix fort:
      – Une fois à l’acquisition,
      – Une fois à l’utilisation.
      Certains les payent même de leur vie.

      Au moins quand la Russie defend les interêts de Gazprom, il y une certaine cohérence.


      • Agent Smith Le 15 février 2016 à 18h13
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        Total et Gazprom sont toutes deux des “sociétés anonymes”, de droit privé, avec des états à leur capital. Pour chacun de ces 2 états, ces 2 entreprises recouvrent des dimensions stratégiques et financières colossales, et chacun des 2 états aident ces 2 entreprises.
        Donc s’il est normal que l’état russe aide Gazprom, il est tout aussi normal que l’état français aide Total. D’ailleurs actuellement Gazprom “coute” plus cher aux contribuables russes que Total ne coutent aux contribuables français, dans des rapports qui ne sont pas comparables (effondrement du rouble, effondrement du prix du gaz, baisse de la consommation et coût de l’endettement en devises étrangères qui explose à cause de l’effet de change, -16 milliards d’euros en 2014, sachant que la situation est encore pire depuis).
        Et, au même titre que Total, les bénéfices de Gazprom sont privés, les états captent une partie de ces bénéfices via dividendes et taxations. Mais quand les bénéfices fondent, que la capitalisation chute, alors l’état actionnaire perd de l’argent, avec ses contribuables.
        Donc la Russie n’est pas plus ou moins cohérente que la France dans ce cas là, chacun veille à ses intérêts nationaux m^me via des entreprises privées.


        • RGT Le 15 février 2016 à 20h43
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          Concernant Gazprom, je doute fort que cette société s’abstienne de payer ses impôts en Russie.

          Ce qui n’est pas DU TOUT le cas de Total.

          Dans les “Grandes Démocraties Occidentales” les gogos payent 3 fois les interventions favorables aux transnationales :

          – En payant avec les deniers publics les interventions coûteuses destinées à augmenter les profits de ces entreprises.

          – En payant au prix fort (et en payant des marges bénéficiaires démesurées à ces entreprises) le fruit des “conquêtes”.

          – En payant encore et encore le remboursement de la “dette” (plus que l’impôt sur le revenu) qui correspond simplement au manque à gagner de l’état vis à vis des escroqueries fiscales de ces entreprises.

          Pendant ce temps, les dirigeants, les gros actionnaires et les politicards corrompus sont admiratifs devant la courbe de croissance des hémorrhoïdes qui grimpe plus vite que celle des bénéfices non imposables.


      • bluerider Le 15 février 2016 à 18h23
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        la France est en cours d’américanisation depuis les rencontres de Kennebunkport entre Sarkozy et Bush et 200 conseillers en novembre 2007 (Kouchner sur RTL peu de temps après : “le pire monsieur, c’est la guerre” à propos de ce qui a failli arriver contre l’Iran si les généraux n’avaient pas stoppé net avec la publication du NIE 2007 qui réfutait que l’Iran soit en train de fabriquer la bombe). Or que fait l’Amérique : elle est entièrement tournée vers sa recherche d’hégémonie. out le monde y travaille : de Hollywood à la CIA en passant par Coca Cola. TOTAL est aussi une ancienne compagnie nationalisée au passé sulfureux : ELF y a été intégrée. Par ailleurs les passerelles entre privé et public sont légion : personnel d’encadrement et de direction, système de recouvrement des impôts et taxes, affectation des bénéfices, financement des campagnes électorales, recours aux emprunts, prises de participations dans le secteur public en cours de démantélement etc… un dossier très utile voire fondamental à ouvrir sur ce bloig oui.


  7. Nerouiev Le 15 février 2016 à 03h09
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    Cette guerre intégralement au service de l’hégémonie américaine est avant tout là contre le principal obstacle qu’est la Russie avec Tartous et son gaz vers l’Europe. J’admire au plus haut point Bashar el Assad par sa décision de rester en place alors qu’il est l’homme à abattre de la CIA, Erdogan, l’Arabie Saoudite, et en parole de Fabius. Je ne vois dans toute l’Europe aucun individu de cette trempe envers son peuple.


  8. triari Le 15 février 2016 à 03h26
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    (Nous ne prétendons pas à l’absence de toutes erreurs en Syrie, ce qui est normal dans n’importe quel pays. Nous ne prétendons pas qu’au Moyen-Orient nous sommes arrivés à une grande ouverture politique. En Syrie, nous allions dans cette direction à vitesse limitée et peut être lentement.)

    Franchement, même en prenant tout le recul qu’il faut et en gardant à l’esprit que le clan Assad est loin d’être composé d’angelots (ceci dit, quand on voit ceux contre qui ils se battent) et qu’il a lui aussi des objectifs politiques promus par l’arme commune de la propagande … malgré tout ça, je rêve de voir un de nos dirigeants en France (et même en occident) tenir des propos aussi sages et mesurés que ceux de Bachar Al-Assad. Oui, je trouve cet “ignoble tyran moyen-oriental” plus fiable et moins inhumain que les “sympathiques guignols” qui nous dirigent.


    • Chevrier Michèle Le 15 février 2016 à 07h20
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      ” Les sympathiques guignols qui nous dirige dites- vous” ceux-là qui vendent des armes à l’Arabie saoudite pour tuer des innocents, je ne vous suit pas.


    • RGT Le 15 février 2016 à 21h06
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      “Tyran” à son corps défendant.

      Il menait une existence pépère de médecin ophtalmologiste à Londres et ne voulait surtout pas en changer.

      Ce sont les syriens qui sont venus le chercher et s’il a accepté, ce n’était pas du tout par ambition personnelle, mais c’était simplement pour éviter que la syrie et son peuple se sombrent dans le chaos.

      S’il est bien un dirigeant sur cette terre qui ne “voulait pas y aller”, c’est bien lui.

      Il l’a fait pour le peuple syrien, et les événements récents ont bien donné raison à ceux qui lui ont forcé la main pour qu’il vienne.

      Je n’ose imaginer ce que serait actuellement la Syrie sans sa présence.

      Le régime syrien n’est pas top, c’est sûr, mais à mon avis il n’est dans le fond guère moins critiquable que celui de nos “Grandes Démocraties”, ne serait-ce qu’au niveau de ses ingérences étrangères (en dehors du Liban, reliquat de la merde semée par les accords Sykes-Picot).


  9. DUGUESCLIN Le 15 février 2016 à 05h11
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    La méthode américano-atlantiste est simple, c’est la prise du peuple et de ses enfants en otage.
    Si vous ne vous soumettez pas nous les affamons par un embargo et nous les tuons petit à petit sous les bombes jusqu’à ce que vous acceptiez de payer la rançon.
    N’importe quel bon père de famille craque.
    De telles méthodes sont dignes du grand banditisme culturel à l’américaine.


  10. Astatruc Le 15 février 2016 à 06h08
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    Bonjour,
    Je note personnellement un essai pathétique par les journalistes d’orienter les réponses, heureusement M.Assad ne tombe pas dans le piège.”
    Ce que j’ai aimé est cette réponse:
    “D’abord la présidence n’est pas un hobby qui nous fait plaisir. C’est plutôt une responsabilité notamment dans les circonstances actuelles. Quant à la question de savoir s’il y a quelqu’un que je choisirais comme successeur, le pays n’est ni une ferme ni une entreprise. Pour rester président, il faudrait qu’il y ait deux facteurs : que je le souhaite moi-même, et que le peuple le souhaite aussi.”
    ça, c’est bien le discours d’un sale, moche, vilain dictateur.
    🙂


    • raloul Le 15 février 2016 à 09h39
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      Bonjour!

      Un autre passage pas inintéressant pour mes amis français:
      “Cela relève directement de la constitution syrienne. Vous savez bien que la constitution n’est pas le produit du gouvernement, mais de toutes les composantes du pays et doit être soumis à un référendum. La question doit donc se posée à l’échelle nationale et non être adressée à un responsable syrien quel qu’il soit, qu’il s’agisse d’une autonomie ou d’une confédération, ou même d’une décentralisation… ce sont des choses qui feront partie d’un dialogue politique.”

      Comment ça, le vilain dictateur syrien veut soumettre des modifications constitutionnelles à référendum???
      Heureusement qu’en France on ne saurait introduire de lois constitutionnelles sans en référer au peuple… c’est là la marque d’une vraie démocratie (rappel: pouvoir du peuple)!!!

      Désolé pour le sarcasme, je n’ai pas pu m’en empêcher, c’est en toute amitié ça va de soi. Ceci dit, je ne défends pas Assad (ni Hollande ni Valls d’ailleurs…).


  11. Astatruc Le 15 février 2016 à 06h38
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    https://www.youtube.com/watch?v=ECiZHvb6280

    Pour vous faire une idée sur M.Al.Assad,

    Documentaire: Fabriquer la contestation : La verité en Syrie/Par Lizzie Phelan et Mostafa Afzalzadeh

    Bien sûr comme pour tout, il faut en prendre et en laisser.
    Ce documentaire apporte un éclairage différent sur le conflit syrien.


    • bm607 Le 15 février 2016 à 14h19
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      Dans ce documentaire très intéressant je trouve, le fait que les premiers civils tués dans les manifestations contre le gouvernement l’aient été selon les deux parties en présence par “des tireurs non identifiés”, tirant depuis un château d’eau selon les manifestants (voir à 4’20) rappelle furieusement Kiev et ses tireurs embusqués dans l’hôtel tenu par Pravy Sektor, avec des suites et des conséquences dans les deux pays assez similaires (manifestations qui dégénèrent puisqu’il y a des morts c’est logique, en plus avec certains groupes qu’on pouvait trouver en Ukraine et en Syrie il était prévisible que ça devait s’amplifier comme il est dit dans la suite du documentaire, puis soutien de l’occident au clan des manifestants contre le vilain gouvernement en place qui tue les civils pacifiques).

      On pourrait dire si on était “complotiste” (au sens que lui donne implicitement notre gouvernement actuel, à savoir “celui qui est à la recherche de vérités par tous les moyens à sa disposition et en dépit du bourrage de crânes des médias”) qu’on ne change pas des méthodes “de couleur” qui ont fait leurs preuves et qui gagnent.


    • anne jordan Le 15 février 2016 à 17h35
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      Merci , @astatruc !
      la vidéo est remarquable , même en la visionnant avec l’esprit critique nécessaire ; ce qui m’a frappée ( en plus des similitudes avec Maïdan) , c’est l’importance des médias : l’ opinion publique a basculé à cause de quelques mensonges , photos et vidéos , alors même – dit le sous texte – que cette opinion se méfiait des mensonges médiatiques ( presse syrienne officielle ).
      Réflechissons.
      Si , demain , les médias étrangers , de quelque nation que ce soit , nous assènent des rumeurs , falsifient des photos ,donnent la parole à des activistes choisis , organisent des … manifestations , comment réagirons nous ?
      Ne sommes nous pas la proie idéale pour ce type d’ingérence ?
      Imaginons , par exemple que Corbyn gouverne le Royaume Uni…


  12. Gier 13. Le 15 février 2016 à 08h04
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    Je ne fais pas de Bachar un grand démocrate (et en disant ça, je garde à l’esprit que chez nous, la démocratie n’est plus qu’un leurre, une coquille vide) mais il a un discours clair et lucide sur les capacités du Proche et du Moyen-Orient à intégrer la démocratie.
    Cette réflexion sur la nécessaire lenteur avec laquelle doivent se faire certains changements idéologiques et politiques est à l’opposée des visées à court termes des dirigeants politiques et économiques occidentaux. Elle révèle, peut-être, une certaine hauteur de vue et des ambitions un peu plus élevée pour cette région que celles de ceux qui rêvent de simplement soumettre et exploiter.

    Enfin, il y cette question “Comment pensez-vous rentrer dans l’histoire ?” et cette réponse : ” Tout dépend de celui qui écrira l’histoire. Si c’est l’Occident, il m’attribuera les pires qualificatifs.” …. Heu, comment te dire Bachar ? Les médias occidentaux se sont déjà chargés de faire ton portrait au vitriol !


  13. sergeat Le 15 février 2016 à 08h12
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    J’ai eu l’impression que le journaliste de l’AFP était un procureur à charge.Monsieur Al-Assad aurait du demander à l’AFP si les terroristes du Bataclan étaient aussi des” terroristes modérés” et s’ils avaient fait du “bon boulot”.
    Le journalisme en France est affligent :pas une question sur le fond,toujours ce manichéisme,….et dire que ces questionnaires ont “un diplôme”de journaliste.


  14. Ari Le 15 février 2016 à 09h31
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    Un débat très intéressant sur la Syrie dans l’émission Ce soir ou jamais, avec D. de Villepin, M. Colon et F. Encel :
    https://www.youtube.com/watch?v=JDaLyTNCvL8
    Y sont abordés les points : solutions diplomatiques vs militaire, propagande de guerre (dont les “terroristes modérés” sont un exemple), les raisons de la guerre en Syrie, comment utiliser la puissance d’un Etat…


    • vincent Le 15 février 2016 à 13h31
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      Oui je suis affligé des propos de Villepin et de Encel

      A aucun moment ces gens ne se remettent en question et se demandent la légitimité de leur action, il faut quand même se rendre compte du caractère destructeur de leurs action, on détruit un état et on applaudit? Et le Encel niant les enjeux géostratégique que tout les spécialistes montrerons sans sourciller comme étant normal. Je crois rêver, cette logique post colonialiste à dire que c’est nous qui savons mieux que les peuples eux même c’est vraiment affligeant. Ces gens sont une injure à l’humanité et ils sont très dangereux dans leur propos. Alors oui j’espère que des puissance alternatives naîtrons pour contrebalancer cette hégémonie illégitime et destructrice;

      Et dire que ces criminels notoires ne seront jamais jugés pour leurs actes.


      • anne jordan Le 15 février 2016 à 17h37
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        des ” puissances alternatives ” comme Chavez , par ex?
        ou comme Corbyn , peut être , ou encore comme Syriza ???


  15. Bordron Georges Le 15 février 2016 à 10h07
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    Essayons une analyse du langage des journalistes (sans prétendre imiter O. Berruyer).
    Les questions sont accusatoires structurées en 4 moyens:
    1-l’émotion: sentiments – dizaines de milliers – enfants noyés –souffrances par bombardements – la paix dans combien d’années
    Quand a-t-on pu entendre ce genre de question auprès des membre de l’OTAN au sujet de Afghanistan ou du Dombass?
    2- la confusion par les termes et les noms: différence – opposition modérée – alliés islamistes – djihadistes de Daech – Jayche, Islamet Ahrar el Cham.
    Qui est qui? Qui représente qui? Qui appartient à quoi? Qui appartient à quoi en Ukraine?
    3- la Démocratie: opposition politique – responsabilité du conflit
    Combien de fois le prétexte de la Démocratie a-t-il servi à l’Empire pour attaquer les pays du Monde?
    4- glisser le doute et la menace: céder une région autonome kurde – accord américains-russes – une présidence à vie – droits de l’homme – crime contre l’humanité – écraser la rebellion – destructeur.
    A-t-on entendu la question d’une région autonome kurde auprès du gouvernement turque ou de celui de l’Iran? L’outil juridique international est-il vraiment indépendant? N’at-il pas été construit sur le modèle de l’Empire?


  16. Ananass Romanoff Le 15 février 2016 à 10h13
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    J’essaie de comprendre: pourquoi les “terroristes modérés” pourtant soutenus par la France (cf les fameux propos de Fabius) se sont-ils attaqués à la France en janvier 2015?!?


  17. Alae Le 15 février 2016 à 10h33
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    J’ai eu beau lire avec recul et esprit critique, tout ce que dit Bachar al-Assad correspond point par point à ce qu’on voit se dérouler depuis des années.
    Rôle français compris (“du bon boulot”), c’est malheureusement bien ça.
    En revanche, même sans aucun esprit critique, la propagande atlantiste se voit comme le nez au milieu de la figure. Les types qui posent les questions sont si scandaleux de myopie, de suffisance et de parti-pris qu’on en applaudit la patience d’Assad.

    Comme on ne va tout de même pas dire du bien d’Assad (ce n’est pas à la mode, paraît-il. Dans ce monde devenu dingue, on fait des courbettes aux décapiteurs saoudiens, mais on s’attaque au président élu d’un pays qui ne nous a rien fait), au pire, on peut estimer qu’il se donne peut-être abusivement des allures de démocrate. C’est possible. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a infiniment pire que lui.
    Il y a Obama et la clique atlantiste.


  18. Furax Le 15 février 2016 à 12h06
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    Interview très intéressante.

    A ceux qui voient dans tout cela la main du grand satan américain, je conseille de relire cet interview tirée au cordeau par Assad.

    Il est extrèmement précis.

    Les USA ont certes des torts. Mais les principaux responsables, les initiateurs, ce sont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, pas les USA.

    Depuis 2013, quand Obama a refusé de déclencher les bombardements malgré l’utilisation d’armes chimiques que les manipulateurs turco-saoudiens ont prétendu être l’oeuvre d’Assad, il est clair que les monstres turc, saoudien et qatari ont échappé à l’oncle Sam Frankenstein.

    Les USA leur laissent faire leur sale boulot mais ne veulent pas se laisser embringuer dans leurs projets de prise de pouvoir par des islamistes sunnites. Du moins une partie des USA suffisamment forte pour empêcher l’autre partie de passer à l’acte. Les USA sont paralysés par une opposition intérieure qui est principalement dans l’armée. De nombreux généraux s’opposent aux menées des néocons et utilisent le relais de la DIA pour torpiller les initiatives va-t-en-guerre.


    • Alae Le 15 février 2016 à 12h58
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      “Les USA leur laissent faire leur sale boulot mais ne veulent pas se laisser embringuer dans leurs projets de prise de pouvoir par des islamistes sunnites.”

      A ceux qui seraient tentés de délivrer des satisfecits prématurés aux USA, rappelons cette déclaration du ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, datée du 8 février dernier : “Le gouvernement des USA a été d’un très grand soutien et très positif sur la préparation d’envois de forces spéciales du royaume saoudien en Syrie”.
      http://russia-insider.com/en/politics/why-saudi-invasion-syria-would-be-disaster-epic-proportions/ri12851

      Et au lieu de calmer les choses, Kerry jette de l’huile sur le feu en ce moment même en continuant à réclamer le départ d’Assad.
      http://russia-insider.com/en/politics/syria-ceasefire-long-shot-here-why/ri12843


      • Furax Le 15 février 2016 à 13h50
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        C’est ce qu’on appelle une posture de négociation.

        Bien plus fondamental est le fait que les USA et la France ont condamné les bombardements turcs sur le Kurdistan syrien.

        Bien plus fondamental est le fait que Kerry ait envoyé bouler les représentants des rebelles “modérés” en leur disant qu’il était hors de question que les USA partent en guerre contre la Russie.

        Entendons nous bien. Je ne dis pas qu’il n’y a pas, dans l’Administration américaine, des ordures extrémistes qui seraient prêtes au pire. Je dis qu’il y a aussi dans ces cercles de pouvoir US des gens suffisamment forts pour empêcher les cinglés bellicistes d’aller au carton : l’armée américaine qui s’efforce de contrer avec succès ces cinglés.

        http://www.dedefensa.org/article/la-dia-et-le-premier-cercle-de-bho


    • FBH Le 16 février 2016 à 17h52
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      Effectivement, il serait intéressant de savoir pourquoi les USA ne sont pas mentionnés dans cet entretien. Il sont tout de même les premiers (2004) à avoir imposé des sanctions à la Syrie pour lesquelles Bachar el-Assad ne mentionne que l’embargo européen.

      Et les Américains ont eux-mêmes détaillé la collaboration de la CIA dans les programmes d’entrainement des rebelles.

      Concernant les attaques chimiques, je ne vois pas de différence de comportement entre les US et leurs amis turcs et saoudiens. Ces attaques sont toujours attribuées au pouvoir en place en Syrie et il me semble que la médiation russe suite, à cet événement, a contribué au recul américain plus que la sagesse légendaire de ses dirigeants.


  19. Fool Prophet Le 15 février 2016 à 18h22
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    Peut-être dans le sens d’une très hypothétique (mais néanmoins espérée) inflexion US, désormais même CNN se “laisse aller” à reconnaître que l’armée syrienne soutenue par l’aviation russe est en première ligne dans l’est syrien et notamment vers Raqqa.
    Le soutien aérien permet notamment d’anticiper les mouvements adverses, ce qui n’était pas sans doute le cas lors de la couverture aérienne de la coalition “anti-daesh”.

    http://edition.cnn.com/videos/world/2016/02/15/syria-frontline-fight-isis-pleitgen-pkg.cnn/video/playlists/crisis-in-syria/


  20. Lea_ Le 15 février 2016 à 20h36
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    “Journaliste : Monsieur le Président quels sentiments vous inspire la vue de dizaine de milliers de vos compatriotes affamés sur les routes qui tentent de rejoindre la Turquie pour échapper aux bombardements de vos alliés russes sur Alep, et aussi la vue d’enfants syriens qui sont noyés en tentant de traverser la mer pour rejoindre l’Europe ?”

    L’impartialité de l’intervieweur fait vraiment plaisir. Il lui juste manquait un tee short avec l’inscription “Je suis Aylan, Assad m’a tué”


  21. Kapimo Le 15 février 2016 à 21h12
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    Assad est clairement dans un discours de vérité sans langue de bois, quelles qu’aient pu être les atrocités commises pendant cette guerre civile. Je pense que l’histoire arabe lui réservera une grande place, de même que l’histoire réservera une grande place à Poutine.

    Ce qui ressort en creux, c’est que nos dirigeants français actuels sont d’immondes colonialistes, dont la totale innocence dans les récents attentats sur le sol français est pour le moins sujette à caution.
    Il ressort aussi que les dirigeants Saoudiens et Turques vont sortir complètement décrédibilisés et affaiblis de ce conflit.
    Et pour un futur vainqueur, Assad la joue très modeste.


  22. Yann Le 16 février 2016 à 10h08
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    La lecture des commentaires sous cet article me fait un peu peur. Tout ce que dit al Assad serait donc parfaitement vrai, il n’utiliserait aucune langue de bois et se défendrait parfaitement face à de méchants journalistes occidentaux aux questions vicieuses? Mais réveillez-vous un peu, ce n’est pas parce qu’on désapprouve ce que font et disent les US ou l’Arabie Saoudite qu’il faut gober sans esprit critique ce qu’affirme un des nombreux autres camps dans ce conflit! La propagande est de tous les côtés, elle n’est pas qu’occidentale ou sunnite.

    Tiens, un exemple comme un autre. Est-ce que le bombardement répété d’hôpitaux (assimilable à un crime de guerre) dans les zones rebelles est une des erreurs mentionnées par al Assad, ou bien est-ce une invention de MSF?


    • Furax Le 16 février 2016 à 10h20
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      Non, en effet. Mais néanmoins, il est très logique qu’Assad dise la vérité, bien plus que ne le font les autres parties.

      Assad est un paria. Les turcs, les saoudiens, les qataris, la nébuleuse djihadiste sunnite, une partie de l’administration américaine, veulent sa peau. Alors sa seule arme,comme il est dans la position du faible par rapport au fort, c’est de crier autant que possible la vérité contre les mensonges et manipulations adverses.

      Bien sûr, il ne va pas formellement reconnaître qu’il canarde des civils. Mais si vous lisez attentivement l’interview, vous constaterez qu’il ne nie pas les pertes civiles. Il dit que si cela arrive ce sont des dommages collatéraux et qu’il n’y a pas d’ordre de l’autorité politique visant à les commettre. Bien évidemment, il est plus qu’improbable que cette affirmation soit exacte. Mais néanmoins il le dit. Il a un discours qui colle quasi parfaitement à la réalité, même s’il en donne une interprétation et une tournure qui sont à son avantage.


      • Yann Le 16 février 2016 à 17h31
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        Je ne comprends pas vraiment votre réponse. Vous dites en gros qu’il tourne la vérité à sa sauce sans tout à fait mentir directement (définition de la langue de bois), mais que bon, comme la vérité est évidente (tellement évidente que personnellement j’ai beaucoup de mal à savoir qui est responsable de quoi dans cette guerre), il a quand même un discours de vérité.

        Enfin je ne cherche pas spécialement à entrer dans le débat. Mais j’avais envie dire quelque chose contre cette pauvreté d’esprit critique dans les commentaires dès qu’on ne parle plus des US et de leurs alliés.


        • Kapimo Le 17 février 2016 à 00h28
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          “cette pauvreté d’esprit critique”.
          Votre ambition de survoler les débats avec en permanence du recul est louable.
          Elle ne doit cependant pas vous empêcher de distinguer certaines vérités: le ni-ni permanent est plus un signe d’incompréhension, d’indifférence ou finalement de posture qu’une garantie de perception claire des choses.
          Mettre au même niveau la propagande folle occidentale basée sur des mensonges milles fois percés avec le discours cohérent et constant d’Assad basé sur des faits constatables, c’est ne rien percevoir.


        • Ananass Romanoff Le 17 février 2016 à 16h51
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          C’est exactement ce que je ressens sur ce genre de blogs que je fréquente car j’y apprends des choses que je n’apprends nulle part ailleurs mais où sur les forums 99% des participants sont du même avis. Le but est-il donc de débattre ou de diffuser un point de vue qui va toujours dans le même sens? Dans ce dernier cas, les forums n’ont pas beaucoup d’intérêt et risquent fort de se borner à une sorte de partouze intellectuelle!
          Certes, les bourrages de crânes des médias mainstream sont, je vous l’accorde, insupportables. Certes… mais dans contre-propagande, il y a propagande.


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