Très intéressante interview – heureusement qu’il y a l’Humanité quand même…

Quelques commentaires de ma part en exergue.

Le 29 juillet, le Premier ministre grec s’exprimait longuement à l’antenne de Sto Kokkino. L’entretien, conduit par Kostas Arvanitis, le directeur de cette radio proche de Syriza, offre un éclairage inédit sur cinq mois d’une négociation aux allures de guerre d’usure avec les créanciers d’Athènes et les « partenaires » européens. Avec l’autorisation de nos confrères, nous en publions ici la retranscription intégrale.

Parlons de ces six mois de négociations. Quel bilan en tirez-vous ?

Alexis Tsipras. Il faudra en tirer les conclusions de façon objective, sans s’avilir ni s’auto-flageller car ce fut un semestre de grandes tensions et de fortes émotions. Nous avons vu remonter en surface des sentiments de joie, de fierté, de dynamisme, de détermination et de tristesse, tous les sentiments. Je crois qu’au bout du compte si nous essayons de regarder objectivement ce parcours, nous ne pouvons qu’être fiers, parce que nous avons mené ce combat. Et parce que les combats perdus d’avance ne sont que ceux que l’on ne livre pas.

Ouaip, mais les combats qu’on gagne, c’est quand même mieux…

Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de force difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si ces rapports de forces étaient déséquilibrés, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité. Cette évolution façonne un tout nouveau paysage en Europe. L’Europe n’est pas la même après le 12 juillet. Quand Jürgen Habermas lui-même affirme que l’Allemagne a détruit une stratégie de cinquante ans, une stratégie de l’imposition par la persuasion et non par la force, je pense que ce sont des mots qu’il nous faut écouter.

Euh, et il trouve que c’est positif ?

Vous-même, le gouvernement, Syriza étaient-ils prêts à affronter l’adversaire ? N’y êtes-vous pas allés avec de bonnes intentions, face à des institutions qui ne se sont pas comportées de façon très institutionnelle ?

Alexis Tsipras. Il n’y a pas eu de « bonnes intentions », de notre côté ou du leur. Il y a eu une négociation très dure. Pour la première fois. Et la différence avec le passé c’est que sur la table il y avait des stratégies très différentes, contradictoires. Il y avait d’un côté un gouvernement qui avait et continue à avoir la majorité du peuple grec à ses côtés, qui revendique une autre voie, une autre perspective et de l’autre côté les institutions, qui ne sont ni indépendantes ni neutres mais aux ordres d’un plan stratégique précis.

Eh oui, il est déniaisé le gars on dirait… Ce qu’il appelle les “instituions”, c’est en particulier le machin “Union Européenne”

Est-ce que Syriza s’est rangé à l’unisson derrière cette ligne de la négociation ou y avait-il d’autres opinions ? Avez-vous pris la négociation sur vous ? Les organes du parti connaissaient-ils les procédures ? Le parti était-il au courant de ce qui se passait ?

Alexis Tsipras. Le gouvernement fonctionne collectivement, avec le Conseil des Ministres, le conseil gouvernemental, qui tenait des réunions régulières afin que les ministres soient tenus au courant et qu’ils puissent définir le cours des négociations. Et en même temps nous avions créé, et ils existent toujours, des organes institutionnels comme le Groupe de négociation politique à laquelle de façon exceptionnelle assistaient tant le secrétaire du groupe parlementaire de Syriza que le secrétaire du comité central de Syriza, afin qu’ils soient absolument tenus au courant et qu’ils participent aux prises décisions. Le parti était lié aux organes gouvernementaux. Étroitement lié. Et bien sûr il y avait des réunions régulières du secrétariat politique de Syriza. C’est une autre question qu’il faut se poser. À quel point le parti participait de façon active à pour créer les conditions d’un soutien à l’effort gouvernemental dans la négociation ? C’est une question que l’on doit se poser.

Mais c’est vous le président de Syriza.

Alexis Tsipras. Effectivement mais je pense que le peuple grec a surpassé le parti et le gouvernement.

Cela s’est vu aussi lors du référendum.

Alexis Tsipras. Pas seulement. Certains regardaient se dérouler les négociations en grognant au moment même où la majorité du peuple grec voulait renforcer cet effort de la négociation. La négociation est une chose, la lutte quotidienne en est une autre. Les combats sociaux sont indispensables pour créer de nouveaux cadres, dépasser les cadres institutionnels en place, créer les structures et les infrastructures facilitant la confrontation avec l’ordre établi, tout en soutenant les populations qui souffrent des politiques actuelles.

Une grande partie de la population voit toujours d’un œil positif la trajectoire du gouvernement mais il y a aussi ceux qui se sont battus, dans la rue, dans les quartiers, qui se sentent contraints par les évolutions récentes. Qu’en est-il aujourd’hui du mandat populaire donné à Syriza ? Les memoranda n’ont pas été déchirés. L’accord est particulièrement dur. Vous-même, le gouvernement, le parti, avez posé la dette comme étant notre problème principal. Le sujet est enfin en discussion. Mais sur le reste, l’addition finale ?

Alexis Tsipras. Tout d’abord le mandat que nous avons reçu du peuple grec était de faire tout ce qui était possible afin de créer les conditions, même si cela nous coûte politiquement, pour que le peuple grec cesse d’être saigné.

“Mission accompl…” . Ah non…

Pour que s’arrête la catastrophe…

Alexis Tsipras. C’est le mandat que nous avons reçu, il nous a guidés dans la négociation…

Vous aviez dit que les memoranda seraient supprimés avec une seule loi.

Alexis Tsipras. Ne vous référez pas à l’un de mes discours de 2012. Avant les élections je n’ai pas dit que les memoranda pouvaient être supprimés avec une seule loi. Et personne ne disait cela. Nous n’avons jamais promis au peuple grec une ballade de santé. C’est pour cela que le peuple grec a conscience et connaissance des difficultés que nous avons rencontrées, auxquelles lui-même fait face, avec beaucoup de sang-froid. Laissons de côté ce cadre d’approche populiste « Vous avez-dit que vous déchireriez les memoranda ». Nous n’avons pas dit que nous déchirerions les memoranda avec une loi. Nous avons dit que nous mènerions le combat pour sortir de ce cadre étouffant dans lequel le pays a été conduit à cause de décisions politiques prises avant 2008 générant les déficits et les dettes, et après 2008, nous liant les mains.

“Mission accompl…” . Ah non…

Vous aviez bien dit que vous arrêteriez la catastrophe.

Alexis Tsipras. Je reviendrai sur la catastrophe. Mais nous n’avons pas promis au peuple grec que tout serait facile et que tout serait réglé en un jour. Nous avions un programme et nous avons demandé au peuple de nous soutenir afin de négocier dans des conditions difficiles pour pouvoir le réaliser. Nous avons négocié durement, dans des conditions d’asphyxie financières jamais vues auparavant. Pendant six mois nous avons négocié et en même temps réalisé une grande partie de notre programme électoral. Pendant six mois, avec l’angoisse constante de savoir si à la fin du mois nous pourrions payer les salaires et les retraites, faire face à nos obligations à l’intérieur du pays, envers ceux qui travaillent. C’était cela notre angoisse constante. Et dans ce cadre nous avons réussi à voter une loi sur la crise humanitaire. 200 millions, c’est ce qu’on a pu dégager. Des milliers de nos concitoyens, en ce moment, bénéficient de cette loi. Nous avons réussi à réparer de grandes injustices, comme celles faite aux femmes de ménage du ministère des finances, aux gardiens d’écoles, aux employés de la radiotélévision publique ERT, qui a rouvert. Nous avons voté de manière unilatérale, contre les institutions et la troïka, une loi instaurant la facilité de paiement en 100 fois, qui a permis à des centaines de contribuables, d’entrepreneurs, de s’acquitter de leurs dettes envers l’Etat, et de se débarrasser ainsi d’un poids. Nous avons voté une loi sur la citoyenneté, nous portons un projet de loi sur les prisons… Sans essayer d’enjoliver pour autant, n’assombrissons pas tout. Si quelqu’un a le sentiment que la lutte des classes est une évolution linéaire et se remporte en une élection et que ce n’est pas un combat constant, qu’on soit au gouvernement ou dans l’opposition, qu’il vienne nous l’expliquer et qu’il nous donne des exemples. Nous sommes devant l’expérience inédite d’un gouvernement de gauche radicale dans les conditions de cette Europe, de l’Europe néo-libérale, un peu comme un cheveu sur la soupe.

Non. Ce n’est pas “Cette Europe”. C’est : “L’Europe”. Il n’y en aura jamais une autre, elle remplit actuellement 100 % des objectifs qui lui ont été assignés dès l’origine. Il veut pas comprendre le bougre…

Mais nous avons aussi, à gauche, d’autres expériences de gouvernement et nous savons que gagner les élections ne signifie pas, du jour au lendemain, disposer des leviers du pouvoir. C’est un combat constant. Mener le combat au niveau gouvernemental ne suffit pas. Il faut le mener, aussi, sur le terrain social.

Pourquoi avez-vous avez pris cette décision de convoquer un référendum ? En quoi cela vous a-t-il aidé ? En quoi cela a-t-il aidé le gouvernement et le pays ?

Alexis Tsipras. Je n’avais pas d’autre choix.

Pourquoi vous n’aviez pas d’autre choix ?

Alexis Tsipras. Il faut garder en tête ce que j’avais avec le gouvernement grec entre les mains le 25 juin, quel accord on me proposait. Je dois admettre que c’était un choix à haut risque. La volonté du gouvernement grec n’était pas seulement contraire aux créditeurs, elle se heurtait au système financier international, au système politique et médiatique grec. Ils étaient tous contre nous. La probabilité que nous perdions le référendum était d’autant plus élevée que nos partenaires européens ont poussé cette logique jusqu’au bout en décidant de fermer les banques. Lorsque nous avons pris la décision du référendum ceci n’était pas en jeu, loin de là. C’était donc un choix à haut risque mais c’était pour nous la seule voie, puisqu’ils nous proposaient un accord avec des mesures très difficiles, un peu comme celles que nous avons dans l’accord actuel, voire légèrement pires, mais dans tous les cas des mesures difficiles et, à mon avis, inefficaces. En même temps ils n’offraient aucune possibilité de survie. Car pour ces mesures ils offraient 10,6 milliards sur cinq mois. La principale position de nos partenaires lors des Sommets et des réunions de l’Eurogroupe était que la Grèce devait compléter ses obligations et ses engagements, avec une cinquième évaluation du programme précédent, ce que [le précédent Premier ministre] Samaras avait laissé à moitié fait. Ces engagements sont en fait les mêmes engagements que nous avons maintenant, c’est la cinquième évaluation que nous complétons dans un programme plus étendu, ce sont exactement les mêmes mesures. Ils voulaient que la Grèce, donc, prenne, une fois ses engagements tenus, ce qui restait du programme précédent en termes de financements. C’est à dire à peu près 10 milliards d’euros – 7 existants et 3,6 du FMI – et 2 milliards d’augmentation des bons du Trésor grec que la BCE, juste après notre élection, a mis comme limite – extrêmement basse – pour ne laisser aucune marge de respiration pour l’économie grecque. Essentiellement ils nous donnaient à peu près 12,6 milliards pour cinq mois d’extension, durant lesquels nous devions être soumis à quatre « revues » successives. Nous aurions dû appliquer le programme en cinq mois, au lieu de trois ans désormais, et l’argent que nous aurions obtenu aurait été issu des restes du programme précédent, sans un euro en plus, parce que telle était l’exigence des Néerlandais, des Finlandais, des Allemands. Le problème politique principal des gouvernements du Nord était qu’ils ne voulaient absolument pas devoir aller devant leurs Parlements pour donner ne serait-ce qu’un euro d’argent « frais » à la Grèce, car ils s’étaient eux-mêmes enfermés dans un climat populiste selon lequel leurs peuples payaient pour ces paresseux de Grecs. Un climat qu’ils ont eux-mêmes fabriqué. Tout ceci est bien sûr faux, puisqu’ils paient les banques et les prêts des banques, pas les Grecs.

La droite grecque reprend ce discours…

Alexis Tsipras. Qu’a apporté la position forte tenue contre vents et marées par le peuple grec au référendum ? Elle a réussi à internationaliser le problème, à le faire sortir des frontières, à dévoiler le dur visage des partenaires et créditeurs. Elle a réussi à donner à l’opinion internationale l’image, non pas d’un peuple de fainéants, mais d’un peuple qui résiste et qui demande justice et perspective. Nous avons testé les limites de résistance de la zone euro. Nous avons fait bouger les rapports de forces. La France, l’Italie, les pays du Nord avaient tous des positions très différentes. Le résultat, bien sûr, est très difficile mais d’un autre côté la zone euro est arrivée aux limites de sa résistance et de sa cohésion. Le chemin de la zone euro et de l’Europe au lendemain de cet accord sera différent. Les six mois prochains seront critiques et les rapports de forces qui vont se construire durant cette période seront tout aussi cruciaux.

Mais oui, tout le monde va t’aider mon biquet… Hollande enfile déjà son casque pour venir t’aider…

En ce moment le destin et la stratégie de la zone euro sont remis en question. Il y a plusieurs versions. Ceux qui disaient « pas un euro d’argent frais » ont finalement décidé non pas seulement un euro mais 83 milliards. Donc de 13 milliards sur cinq mois on est passé à 83 milliards sur trois ans, en plus du point crucial qu’est l’engagement sur la dépréciation de la dette, à discuter en novembre. C’est un point-clé pour que la Grèce puisse, ou non, entrer dans une trajectoire de sortie de la crise. Il faut cesser avec les contes de Messieurs Samaras et Venizelos, qui prétendaient sortir des mémoranda. La réalité est que ce conte avait un loup, ce loup c’est la dette. Avec une dette à 180-200% du PIB, on ne peut pas retourner sur les marchés. On ne peut pas avoir une économie stable. Le seul chemin que nous pouvons suivre est celui de la dépréciation, de l’annulation, de l’allégement de la dette. La condition pour que le pays puisse retrouver une marge financière, c’est qu’il ne soit plus obligé de dégager des excédents budgétaires monstrueux, destinés au remboursement d’une dette impossible à rembourser.

Amusant, on dirait qu’il a bien compris qu’il n’est plus qu’un spectateur de la chute de son pays – vive l’Europe…

Le non au référendum était un non à la proposition de la troïka, donc un non à l’austérité…

Alexis Tsipras. Il y avait deux parties dans la question posée au référendum. Il y avait la partie A, qui concernait les mesures pré-requises, et la partie B, qui concernait le calendrier de financement. Si nous voulons être tout à fait honnêtes et ne pas enjoliver les choses, par rapport à la partie A, l’accord qui a suivi le référendum est similaire à ce que le peuple grec a rejeté. Avec des mesures en partie améliorées, en partie plus difficiles, par exemple ce qui a été rajouté au dernier moment sur le Fonds de remboursement de la dette pour les 30 prochaines années. Sur d’autres mesures c’est un accord amélioré, il n’y a plus de suppression de l’EKAS [prime de solidarité pour les petites retraites, NDLR], la proposition Junker parlait de supprimer l’EKAS, d’augmenter à 23% de la TVA sur l’électricité. En ce qui concerne la partie B par contre, et là nous devons être tout à fait honnêtes, c’est le jour et la nuit. Nous avions cinq mois, 10 milliards, cinq « revues ». Nous avons 83 milliards – c’est à dire une couverture totale des besoins financiers sur le moyen terme (2015-2018), dont 47 milliards pour les paiements externes, 4,5 milliards pour les arriérés du secteur publique et 20 milliards pour la recapitalisation des banques et, enfin, l’engagement crucial sur la question de la dette. Il y a donc un recul sur la partie A, de la part du gouvernement grec, mais sur la partie B il y a une amélioration : le référendum a joué son rôle. Le mercredi soir précédent le référendum, certains avaient créé les conditions d’un coup d’État dans le pays, en proclamant qu’il fallait envahir Maximou [le Matignon grec, NDLR], que le gouvernement emmenait le pays vers une terrible catastrophe économique, en parlant de files d’attente devant les banques. Je dois dire que le peuple grec a su garder son sang-froid, au point que les télévisions avaient du mal à trouver du monde pour se plaindre de la situation, ce sang-froid était incroyable. Ce soir-là je me suis adressé au peuple grec et j’ai dit la vérité. Je n’ai pas dit : « Je fais un référendum pour vous sortir de l’euro ». J’ai dit : « Je fais un référendum pour gagner une dynamique de négociation ». Le « non » au mauvais accord n’était pas un « non » à l’euro, un « oui » à la drachme. Appelons un chat un chat. On peut m’accuser d’avoir eu de mauvaises estimations, de mauvais calculs, des illusions, mais à chaque moment, à chaque avancée, et je pense personne d’autre ne l’avait fait auparavant, j’ai dit les choses clairement, j’ai informé deux fois le Parlement, c’était un processus ouvert, Il n’y avait pas dans cette négociation de cartes cachées, tout était ouvert. À chaque avancée j’informais le peuple grec, je disais les difficultés, mes intentions, ce que je préparais, même au moment crucial du référendum, j’ai dit précisément ce que je comptais faire, j’ai dit la vérité au peuple grec.

Avec dans vos mains, aux heures de la négociation, les 61,2% que vous a donné le peuple grec, quel aurait été l’accord qui vous aurait satisfait lors de votre retour de Bruxelles ?

Alexis Tsipras. Le référendum a été décidé le jour de l’ultimatum, le 25 juin, vendredi matin, lors d’une réunion que nous avons tenue à Bruxelles, avec, devant nous, la perspective d’une humiliation sans sortie possible. C’était, pour eux, à prendre ou à laisser. « The game is over », répétait le président du Conseil européen, Donald Tusk. Ils ne s’en cachaient pas, ils voulaient des changements politiques en Grèce. Nous n’avions pas d’autre choix, nous avons choisi la voie démocratique, nous avons donné la parole au peuple. Le soir même en rentrant d’Athènes, j’ai réuni le Conseil gouvernemental où nous avons pris la décision. J’ai interrompu la séance pour communiquer avec Angela Merkel et François Hollande. Je leur ai fait part de ma décision, le matin même je leur avais expliqué que ce qu’ils proposaient n’était pas une solution honnête. Ils m’ont demandé ce que j’allais conseiller au peuple grec et je leur ai répondu que je conseillerai le « non », pas dans le sens d’une confrontation, mais comme un choix de renforcement de la position de négociation grecque. Et je leur ai demandé de m’aider à mener à bien ce processus, calmement, de m’aider afin que soit accordé par l’Eurogroupe, qui devait se réunir 48 heures plus tard, une extension d’une semaine du programme afin que le référendum ait lieu dans des conditions de sécurité et non pas dans des conditions d’asphyxie, avec les banques fermées. Ils m’ont tous les deux assuré à ce moment-là, qu’ils feraient tout leur possible dans cette direction. Seule la chancelière m’a prévenu qu’elle s’exprimerait publiquement sur le référendum, en présentant son enjeu comme celui du maintien ou non dans l’euro. Je lui ai répondu que j’étais en absolu désaccord, que la question n’était pas euro ou drachme, mais qu’elle était libre de dire ce voulait. Là, la conversation s’est arrêtée. Cette promesse n’a pas été tenue.

Arrrrrr, quelle surprise… Pourtant il n’avait qu’à regarder ce qui était advenu à son prédécesseur qui avait voulu un référendum…

Quarante-huit heures plus tard l’Eurogroupe a pris une décision très différente. Cette décision a été prise au moment où le Parlement grec votait le référendum. La décision de l’Eurogroupe a mené en vingt-quatre heures à la décision de la BCE de ne pas augmenter le plafond ELA [mécanisme de liquidités d’urgence dont dépendent les banques grecques, NDLR] ce qui nous a obligés à instaurer un contrôle de capitaux pour éviter l’effondrement du système bancaire. La décision de fermer les banques, était, je le pense, une décision revancharde, contre le choix d’un gouvernement de s’en remettre au peuple.

Est-ce que le « non » au référendum reste, pour vous, une carte à jouer ?

Alexis Tsipras. Cela ne fait aucun doute. C’est une carte très importante. Le référendum a fait de la Grèce, de son peuple et de son choix démocratique le centre du monde. C’était un référendum contre vents et marées. Tous nos partenaires, nos créanciers et la classe dirigeante internationale affirmaient que la question était euro ou drachme. Mais la question formulée par le gouvernement grec souverain, c’était la question inscrite sur le bulletin de vote.

Vous attendiez-vous à ce résultat ?

Alexis Tsipras. J’avoue que jusqu’au mercredi [précédent le scrutin, NDLR] j’avais l’impression que ce serait un combat indécis. À partir du jeudi, j’ai commencé à réaliser que le « non » allait l’emporter et le vendredi j’en étais convaincu. Dans cette victoire, la promesse que j’ai faite au peuple grec de ne pas jouer à pile ou face la catastrophe humanitaire a pesé. Je ne jouais pas à pile ou face la survie du pays et des couches populaires. À Bruxelles, par la suite, sont tombés sur la table plusieurs scénarios terrifiants. Je savais durant les dix-sept heures où j’ai mené ce combat, seul, dans des conditions difficiles, que si je faisais ce que me dictait mon cœur – me lever, taper du poing et partir – le jour même, les succursales des banques grecques à l’étranger allaient s’effondrer, nous parlons là d’actifs valant 7 milliards d’euros, plus de 405 établissements, environ 40 000 emplois. En quarante-huit heures, les liquidités qui permettaient le retrait de 60 euros par jour se seraient asséchées et pire, la BCE aurait décidé d’une décote des collatéraux des banques grecques, voire auraient exigé des remboursements qui auraient conduit à l’effondrement de l’ensemble des banques. Il n’était pas donc pas question de décote, seulement. C’était bien la menace d’effondrement. Or un effondrement se serait traduit non pas par une décote des épargnes mais par leur disparition. Malgré tout j’ai mené ce combat en essayant de concilier logique et volonté – et je dois dire que moi-même et nos partenaires européens avons pris quelques coups durant ces dix-sept heures. Je savais que si je partais j’aurais probablement dû revenir, dans des conditions plus défavorables encore. J’étais devant un dilemme. L’opinion publique mondiale clamait « #ThisIsACoup », au point que c’est devenu cette nuit-là sur Twitter le premier hashtag au niveau mondial. D’un côté il y a avait la logique, de l’autre la sensibilité politique. Après réflexion, je reste convaincu que le choix le plus juste était de faire prévaloir la protection des couches populaires. Dans le cas contraire, de dures représailles auraient pu détruire le pays. J’ai fait un choix de responsabilité.

Vous ne croyez pas à cet accord et pourtant vous avez appelé les députés à le voter. Qu’avez-vous en tête ?

Alexis Tsipras. Je considère, et je l’ai dit au Parlement, que c’est une victoire à la Pyrrhus de nos partenaires européens et de nos créanciers, en même temps qu’une grande victoire morale pour la Grèce et son gouvernement de gauche.

Il est quand même sidérant le gars. Les Grecs crèvent, et il est heureux d’une victoire morale qui va les faire crever encore plus…

Mais bon, il prépare peut être un plan B, on verra

C’est un compromis douloureux, sur le terrain économique comme sur le plan politique. Vous savez, le compromis est un élément de la réalité politique et un élément de la tactique révolutionnaire. Lénine est le premier à parler de compromis dans son livre La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») et il y consacre plusieurs pages pour expliquer que les compromis font partie des tactiques révolutionnaires. Il prend dans un passage l’exemple d’un bandit pointant sur vous son arme en vous demandant soit votre argent, soit votre vie. Qu’est censé faire un révolutionnaire ? Lui donné sa vie ? Non, il doit lui donner l’argent, afin de revendiquer le droit de vivre et de continuer la lutte. Nous nous sommes retrouvés devant un dilemme coercitif. Ce chantage est cynisme : soit le compromis – dur et douloureux – soit la catastrophe économique – gérable pour l’Europe, pas au niveau politique, mais économiquement parlant – qui pour la Grèce et la gauche grecque aurait été insurmontable. Aujourd’hui les partis de l’opposition et les médias du système font un boucan impressionnant, allant jusqu’à demander des procédures pénales contre Yanis Varoufakis, pour savoir si oui ou non il avait un plan de crise. Imaginez ce qui se passerait dans ce pays s’il y avait eu une telle catastrophe économique. Nous sommes tout à fait conscients que nous menons un combat, en mettant en jeu notre tête, à un niveau politique. Mais nous menons ce combat en ayant à nos côtés la grande majorité du peuple grec. C’est ce qui nous donne de la force.

Toute cette procédure de négociation pour en arriver là… Cela en valait-il le coût, politiquement parlant ? Au point où nous en sommes, avec les banques fermées, les dommages causés à une économie grecque déjà affaiblie, cela en valait-il la peine ?

Alexis Tsipras. Je ne regrette pas un seul de ces moments, je ne regrette rien de tout ce qui s’est passé ces cinq mois. Cela en valait la peine, et concernant l’économie, les choses sont réversibles.

Ben voui, les boites qui ont crevé vont ressusciter – prévoir 3 jours quand même…

La Grèce est à la Une des journaux, en des termes positifs. Le drapeau grec flotte sur des manifestations à travers les capitales d’Europe. Des milliers de personnes en Irlande, en France, en Allemagne, ont manifesté leur solidarité avec le peuple grec. Cela en valait la peine, bien sûr.

Euh, comment te dire….

Mais la conclusion de ces négociations est considérée comme une défaite…

Alexis Tsipras. C’est considéré comme une défaite par certains esprits étroits qui pensent que la révolution aura lieu via l’invasion des Palais d’Hiver et qu’elle durera un instant.

Noooooooooooon, elle va arriver toute seule par UPS je pense, grâce à la bonté d’âme de Merkel et Hollande. Prévoir undélai quand même…

Et si l’on regarde les sondages en Espagne pour Podemos ?

Alexis Tsipras. Ceux de Podemos ont devant eux la possibilité de revendiquer une alternative. Ils ne l’auraient pas si le 12 juillet nous avions assisté à une énorme catastrophe économique.

Euhhh, pour faire pareil ? Vaut mieux voter Mainstream, ça fait moins mal à la fin quand mêmes, car ils tapent moins forts à l’eruogroupe…

Podemos a toutes les possibilités de gagner,

aaaaaahahahahahahah. Elle est bien bonne. 15 % des voix dans le dernier sondage… Ils se sont effondrés suite à l’expérience Syriza….

ils ont trois mois devant eux pour mener le combat et la bataille électorale en Espagne en novembre fait partie du changement qui arrive en Europe.

Il arrive… mais prévoir 2 ou 3 millénaires quand même…

Tout comme les changements et transformations qui auront lieu dans le reste de l’Europe. Mais revenons aux dommages causés à l’économie grecque. Ils sont réversibles, à condition que l’accord soit complété. Nous ne sommes pas tous seuls :

On dirait un discours de l’état major français en mai 1940, non ?

le projet de Grexit des cercles conservateurs extrémistes pour un Grexit est toujours sur la table.

Ah, ça, c’est sûr que vous allez finir par quitter l’euro…

Il y restera jusqu’à la décision de dépréciation de la dette grecque, une décision qui doit déterminer si le FMI participera ou non au programme. Je dis que la situation est réversible. S’il n’y avait pas eu de changement politique, le pays, de toute façon, serait contraint de dégager des excédents budgétaires primaires équivalents à 3,5% en 2015 et 4,5% à partir de 2016 et par la suite. Aujourd’hui, nous avons l’obligation, d’arriver en 2018 à un excédent de 3,5%. Aujourd’hui nous pouvons n’en dégager aucun, voire être en négatif, arriver à 1% demain, à 2,5% en 2017, en fonction de la situation économique. Qu’est-ce que cela signifie en pratique ? Cela veut dire que le changement politique et la négociation ont sauvé l’économie grecque de mesures qui lui auraient coûté plus de 15 milliards d’euros.

Mais l’économie réelle devra fait face à la hausse de la TVA… Nous n’avons plus notre mot à dire sur le niveau de taxation de tel ou tel produit. Ils font irruption tels des gangsters dans la gestion de nos affaires internes…

Alexis Tsipras. Il n’y a pas de doute là-dessus.

Les Grecs ont porté la gauche au pouvoir pour arrêter cela…

Alexis Tsipras. La gauche a fait tout ce qu’elle a pu et elle va continuer à se battre que cela s’arrête. Mais il faut que la gauche – et nous tous avec – se rende compte que nous devons nous battre dans un cadre très précis, en mesurant les alternatives qui s’offrent à nous. À ce stade en particulier les alternatives que nous avions devant nous étaient soit la faillite désordonnée soit le compromis difficile qui nous laisse la possibilité de survivre et de nous battre dans les années à venir pour « casser » cette étroite mise sous surveillance. Nous avons la possibilité de nous libérer de cette surveillance asphyxiante. Le peuple grec est comme le fugitif qui, parce qu’il a tenté de s’échapper de la prison de l’austérité, a été placé à l’isolement. Il mène un combat pour s’enfuir mais à la fin il est arrêté et jeté dans une cellule encore plus étouffante et plus étroite.

C’est incroyable quand même, un premier ministre qui parle ainsi de son pays. Il ne lui manque que de partir en exil à Shangaï…

Comment sortir de cette prison désormais ? Certains préconisent de se jeter dans les douves avec les crocodiles ou sur les grillages électriques. Non, ce n’est pas une façon de s’échapper : c’est une façon de se suicider. Aujourd’hui pour quitter cet isolement il faut susciter une immense vague de solidarité internationale pour aider le peuple grec à se libérer du joug de l’austérité. C’est seulement ainsi que nous nous libérerons.

Il est énorme ce type ! Mais oui, compter sur un immense élan de solidarité internationale, ça c’est du lourd. Moi, je vais dire à mon banquier que j’attends de gagner au loto…

Peut-on encore entrevoir une solution au sein de cette Union Européenne, dans le cadre de cette zone euro ? C’est un peu une alliance de loups…

Alexis Tsipras. Nous vivons dans le cadre d’une économie mondialisée. Regardez les pays voisins, en dehors de l’UE, de la zone euro : la Serbie, l’Albanie. Vous avez l’impression que là-bas il n’y a pas d’austérité ?

Un peu plus loin, il y a le Mali aussi…

Que les conditions de survie n’y sont pas difficiles ? Que ces pays ne sont pas contraints d’importer les produits de base ? Tout d’un coup, le pays deviendrait autonome et pourrait couvrir les besoins pour la survie de la population ? Nous ne pouvons pas faire ça du jour au lendemain. Nous sommes donc obligés de voir la réalité en face. Et de voir, dans le cadre de cette réalité, si la lutte des classes existe seulement au niveau des négociations ou aussi au sein du pays. Existe-il, pour un gouvernement de gauche, des possibilités d’ouvrir un espace, de créer des respirations de solidarité et de redistribution ? La différence entre une politique progressiste et une politique conservatrice, au sein de l’étroit cadre européen est-elle possible ?

Ami lecteur (trice), si vous répondez oui à cette question, ne prenez SURTOUT pas la route dans cet état !!!!

Nous devrons répondre collectivement à ces questions. Cet accord a été un choc pour le peuple et pour la gauche. Certains en concluent que dans ce contexte un gouvernement de gauche n’a pas de raison d’être. Je suis prêt à débattre de ce point de vue. Cela équivaut à dire au peuple grec : « Nous nous sommes trompés en disant que nous pouvions mettre fin à ce mémorandum, demandons au système politique déchu qui nous a mené jusqu’ici de gérer cela. Choisissez plutôt ce système qui toutes ces dernières années ne négociait pas mais complotait avec la troïka afin de vous imposer ces mesures. » Le peuple grec nous répondrait qu’il n’en veut pas, qu’il attend de nous que nous assumions nos responsabilités. Si nous devions renoncer parce que les conditions trop difficiles, comment cela se traduirait-il en pratique ? Nous ne nous présenterions pas aux prochaines élections pour ne pas courir le risque d’être élus, comme l’a fait le KKE en 1946. Voyons maintenant les choses différemment. Supposons que nous en arrivions à la conclusion théorique que nous autres les « sages » de la gauche, façonnions mieux les conditions objectives en étant dans l’opposition. Si nous avouons au peuple, les yeux dans les yeux, que nous ne pouvons pas gérer les choses, en étant au gouvernement, comment pourrait-il nous faire confiance pour le faire dans l’opposition ? Dans l’opposition, nous aurions dix fois moins de pouvoir. Si elle suit cette logique, la gauche en arrivera à clore volontairement une opportunité historique de mener le combat pour changer les choses – tant qu’elle le peut – depuis une position de responsabilités. Au fond, ce serait céder à la peur des responsabilités.

Ne sommes-nous pas dans une position surréaliste, avec des travailleurs appelés à se battre contre une politique que la gauche est supposée mettre en œuvre ? C’est une folie !

Alexis Tsipras. La grande différence, l’énorme différence, et c’est là où se concentre leurs attaques, à l’intérieur comme à l’extérieur du Parlement, c’est que nous, nous ne revendiquons pas la propriété de ce programme. Quand l’opinion publique européenne et mondiale a vu de quelle façon le gouvernement grec et moi-même avons été contraints à ce compromis, personne ne peut prétendre que la propriété de ce programme nous revient. Ici permettez-moi de répéter la citation de Jürgen Habermas qui a dit, je le cite mot à mot : « J’ai peur que le gouvernement allemand, y compris sa frange social-démocrate, ait dilapidé en l’espace d’une nuit tout le capital politique qu’une Allemagne meilleure avait accumulé depuis un demi-siècle ». Voici quelle défaite politique ont subi nos partenaires européens. Ici s’ouvre devant nous un espace, très important, de transformations en Europe. Doit-on l’abandonner, nous qui en sommes les protagonistes, nous qui avons suscité ces fissures ? Enfin, un gouvernement de gauche obligé de mettre en œuvre ce programme va rechercher en même temps les moyens d’en équilibrer les conséquences négatives, tout en restant dans les combats sociaux, parmi les travailleurs qui se battront.

Mais ils vous couperont l’herbe sous le pied ! Pourquoi vous laisseraient-ils compenser les effets de ces mesures ?

Alexis Tsipras. Vous pensez que la négociation s’est arrêtée le 12 juillet ? C’est un combat constant. Tant que nous façonnerons les conditions pour des rapports de force plus propices au niveau européen, ce combat penchera en notre faveur. Il ne faut pas abandonner le combat.

Ah mais si : quand tu as une armée de 500 personnes, et que tu as l’armée allemande qui te fonce dessus, tu abandonne le combat, sauve tes troupes, et prépare la résistance. Tu ne vas pas mener le combat de face… en l’espèce il faut sortir du cadre en quittant l’euro – ce qui est trèèèèès difficile pour un pays aussi faible que la Grèce

Il y déjà des rumeurs sur de nouvelles mesures, sur de nouveaux paquets de mesures.

Alexis Tsipras. J’ai bien peur que ces rumeurs ne naissent ici, avant de se propager à l’étranger pour ensuite revenir ici.

Cela fait partie du jeu. Mais vous les avez bien entendues vous aussi. Des rumeurs de prêt-pont.

Alexis Tsipras. Je connais le cadre de l’accord que nous avons signé le 12 juillet au Sommet de la zone euro. Ces obligations fondamentales, indépendamment du fait que nous soyons ou non d’accord avec elles, nous les mettrons en œuvre. Pas une de plus, pas une de moins.

Un auditeur nous dit : « J’ai trois enfants, ils sont au chômage, je travaille à temps partiel, je dois m’acquitter d’une taxe immobilière de 751€, je veux les soutenir mais je n’ai rien ! »

Alexis Tsipras. C’est la réalité de la société grecque aujourd’hui. Un rapport de l’Institut du travail de la Confédération syndicale des salariés du privé évalue à 4 sur 10 le nombre de personnes en situation de pauvreté. Nous devons affronter cette réalité que nous devons affronter. Si nous abandonnons le combat, ces 4 pauvres sur 10 vont-il cesser d’être pauvres? Le seul choix, c’est de rester, d’organiser un mouvement de solidarité et en même temps de nous battre pour des mesures qui contrebalancent les conséquences néfastes des obligations imposées par les recettes néolibérales de l’austérité. Dans le cadre d’un projet que nous allons devoir établir au plus vite, nous allons nous reconstituer pour contre attaquer. Ce projet sera un projet de gauche, il ne peut venir ni de la droite ni de la social-démocratie. Le projet de la droite et de la social-démocratie c’est de dire que s’il n’y avait pas de mémorandum, il faudrait l’inventer ! Nous, nous affirmons que le mémorandum est une mauvaise recette. Les alliances en face étaient trop fortes et nous avons été obligés de l’accepter. Mais nous livrons un combat pour en retourner les termes, pour nous en désengager petit à petit. J’entends dire que c’est le pire mémorandum de tous ceux que nous avons eus. C’est le plus douloureux parce qu’il arrive dans le cadre d’un compromis douloureux. Je suis d’accord là-dessus. Mais les deux précédents memoranda se sont traduits par 16% d’ajustement budgétaire sur quatre ans. Ils comportaient des licenciements collectifs – des licenciements de fonctionnaires, ici nous n’avons pas de licenciements de fonctionnaires, mais nous avons eu des réembauches de gens injustement traités. En même temps, nous avons la poursuite de l’austérité de manière directe avec l’augmentation de la TVA, dans la restauration par exemple, c’est une mesure qui ne va rien donner à notre avis et c’est un des grands problèmes, mais nous n’avons pas de baisse nominale des retraites et des salaires !

Mais nous avons des baisses indirectes !

Alexis Tsipras. Dites-moi donc où sont ces baisses ?

L’augmentation de la TVA se traduira par une perte de pouvoir d’achat.

Alexis Tsipras. Je l’ai dit ça, sur la TVA, je ne vais pas me répéter. Mais est-ce la même chose que d’avoir des baisses de salaires ou de retraite de 40% comme avec les deux précédents memoranda ? 40% de baisse nominale sur les retraites, est-ce la même chose que la TVA à 23% sur la restauration ? Cela justifie-t-il que l’on juge ce memorandum pire que les deux précédents ?

C’est une autre logique…

Alexis Tsipras. Non nous ne sommes pas dans des logiques différentes ! Nous sommes tous déçus, nous sommes tous amers, mais de là à se charger d’un poids supplémentaire, s’auto-fustiger, parce que la gauche s’est habituée à un discours de la faute ces quarante dernières années, et ne pas reconnaître que nous avons réussi quelque chose et que nous allons continuer…

Vous n’avez pas décrit l’accord qui vous aurait fait dire : « c’est un bon accord », après le référendum.

Alexis Tsipras. Oui. Après le référendum un bon accord aurait été celui qui nous aurait donné la possibilité d’assurer nos obligations budgétaires à moyen terme, celles que nous avons assurées désormais, en plus de l’engagement sur la dette. Mais avec un cadre de compromis honnête. D’accord, acceptons les règles de la zone euro, acceptons d’entrer dans une logique de budgets équilibrés et d’excédents budgétaires – mais modérés, pour qu’ils soient viables, ces excédents. Des excédents de 1 ou 2% pour éviter des mesures qui sont, de l’avis des meilleurs économistes de la planète, contre-productives. Par exemple je considère que l’augmentation de la TVA est une erreur. Parce que le pays a besoin d’une amélioration de l’encaissement des impôts et de la TVA. Cela implique de renforcer les mécanismes de contrôle, dans les îles où il y a actuellement énormément de fraude et d’évitement fiscal ; de convaincre les citoyens de prendre part en demandant des factures, pour améliorer l’encaissement. Si on augmente l’encaissement de 3%, on encaissera d’avantage que ce qui est prévu avec l’augmentation de 10% de la TVA dans la restauration. Je dis des choses logiques, il n’y a là rien d’incroyable. De même je considérerais comme logique de ne pas imposer une pression fiscale supplémentaire sur des secteurs touchés par la crise, comme l’agriculture. Là nous devons trouver des mesures qui compensent cette pression fiscale supplémentaire.

Mais qui sont vraiment les agriculteurs ? Ils ne sont pas tous les mêmes. La Grèce compte-elle 800.000 agriculteurs ? On ne peut pas caresser certaines catégories dans le sens du poil…

Alexis Tsipras. Certaines catégories sociales sont habituées à ne pas faire face à leurs obligations et à revendiquer sans critères de justice. Nous devons nous attaquer à tout cela. D’autre part, nous devons comprendre que ces changements ne peuvent pas intervenir dans un contexte de conflit social, mais seulement dans un contexte de cohésion sociale. Mais là vous m’offrez l’occasion de prendre position sur les nombreux choix qui peuvent se faire, dans une perspective progressiste, même dans le cadre d’un ajustement budgétaire difficile imposé de l’étranger. Prenons les exemples de la fraude fiscale, de la corruption. La gauche sera jugée sur sa capacité à les affronter Peut-on suivre un programme politique de gauche, une politique socialement juste sans contrôle de ceux qui fraudent depuis des années, envoient de l’argent à l’étranger, au vu et au su de tous, tout en restant hors d’atteinte ? Nous serons jugés là-dessus.

Qui peut arrêter ceux-là ? Est-ce si difficile, pour l’administration, de repérer les comptes depuis lesquels l’argent est transféré à l’étranger ?

Alexis Tsipras. Cela demande du temps et de la méthode. Je dois avouer que ces derniers six mois, notre attention a été accaparée par les confrontations liées à la négociation. Mais il n’y a pas que la négociation ! Si l’on considère que les étrangers sont responsables de tout ce qui ne marche pas dans le pays, on déroule le tapis rouge à la bourgeoisie et à l’oligarchie locale qui ont mené le pays à la catastrophe. Nous devons nous occuper de l’oligarchie intérieure, cela implique de réorienter notre projet, notre plan de bataille, de confrontation et de conflit, contre l’oligarchie qui a conduit le pays à la destruction et qui continue à contrôler des centres de pouvoir. Certains diront : mais là aussi vous allez vous retrouver avec la Troïka comme adversaire ! Oui. Mais alors chacun devra prendre ses responsabilités publiquement. C’est une chose que la Troïka dise : « Je ne veux pas que vous ayez des déficits » – même si on n’est pas d’accord avec sa politique – et c’en est une autre qu’elle dise : « Je ne veux pas que les riches de votre pays soient mis à contribution et je veux que les pauvres paient toute l’addition ». La Troïka prendra publiquement ses responsabilités, elle devra rendre des comptes devant l’opinion internationale parce qu’en ce moment tous nous regardent, l’Europe et le monde entier.

Ah oui, ça va les terroriser. Un peu comme quand il se sont assis sur le référendum de 2005…

Je suis allé au Parlement européen, il y avait une immense dichotomie : la moitié de notre côté et l’autre moitié avec ceux d’en face. Tout le monde regarde vers la Grèce ! Il faut donc que nous prenions des initiatives, dans le sens de grands changements, des réformes au contenu progressiste, qui vont changer le système politique, combattre la corruption, la fraude fiscale, les pratiques de l’oligarchie. Voilà les buts que doit se donner une politique progressiste et radicale pour notre pays.

Des combats n’ont pas été menés par le gouvernement de gauche. Par exemple, sur les mines d’or de Skouriès où les citoyens se sont dressés contre la compagnie Ellinikos Chrysos. Le gouvernement de droite a poursuivi et réprimé ces citoyens. La Compagnie Ellinikos Chrysos fonctionne encore.

Alexis Tsipras. À Skouriès ce que je sais c’est que l’entreprise se plaint, elle réclame une décision car elle n’a pas encore reçu d’autorisation pour continuer l’extraction et la séparation de l’or sur place. Ce combat continue. Pas seulement contre les grands intérêts. C’est aussi un combat qui se livre sur place contre des intérêts locaux. Il faut trouver un modus vivendi parce que de l’autre côté, ils avancent l’argument de l’emploi.

Mais nous sommes d’un côté, pas de l’autre !

Alexis Tsipras. Nous sommes un gouvernement, nous avons des responsabilités, nous ne pouvons pas mettre 5000 salariés au chômage. Il faut trouver une solution. Ce dossier était géré par Panayotis Lafazanis en tant que ministre [de l’Énergie et de la Reconstruction productive, qui a quitté le gouvernement le 18 juillet, NDLR]. Il est aujourd’hui repris par Panos Skourletis. Ce n’est pas encore réglé mais je suis certain que la solution prendra en compte à la fois la cohésion, la justice sociale et le bon droit du combat citoyen.

Quels citoyens ? Ceux qui se battent contre cet « investissement » ou ceux qui réclament du travail ?

Alexis Tsipras. La justice sociale implique que les gens qui travaillaient ne perdent pas leur emploi. Le droit du combat citoyen, c’est celui des gens qui se battent pour l’environnement et pour leurs vies. Je suis clair là-dessus.

Concernant les médias de masse, il y a depuis des années un environnement anarchique. Le gouvernement a pris des engagements, un projet de loi a été déposé. Cela se fait-il dans un esprit de revanche ? Les nouveaux acteurs qui vont surgir dans le paysage audiovisuel seront-ils plus honnêtes ? Le gouvernement favorisera-t-il ses amis, l’entourage des ministres ?

Alexis Tsipras. Je ne pense pas qu’il y ait de place pour un sentiment de revanche dans le projet de loi. Il exprime pour la première fois la volonté de mettre de l’ordre et d’imposer des règles dans ce secteur. Lorsque quelqu’un veut utiliser un bien public, il a le devoir de payer au secteur public le loyer équivalent à l’usage de ce bien public – et il a le devoir aussi de respecter certaines règles sur la manière de gérer ce bien public. Il ne s’agit pas seulement d’imprimer un journal et de le vendre à celui qui veut bien l’acheter. Il y a usage du domaine public, donc il faut respecter quelques règles ! Pour la première fois depuis l’entrée des investisseurs privés dans le secteur audiovisuel, il va y avoir une règlementation, le cadre va être réglementé. Tous ceux qui, jusqu’ici, ne respectent pas leurs engagements envers la loi seront obligés de les respecter… Les consultations qui vont suivre le projet de loi nous permettrons d’entendre les positions des uns et des autres.

Ces consultations seront-elles ouvertes à tous et sincères ?

Alexis Tsipras. Nous entendrons toutes les parties, journalistes, propriétaires de médias et nous sommes prêts à entendre tous les points de vue. Ce qui compte c’est que nous puissions dire au peuple grec – et s’il doit y avoir des améliorations, des modifications, nous sommes prêts à l’entendre, – que ce secteur va enfin être régulé et qu’il le sera dans la légalité. Aucun groupe de presse ne pourra plus dissimuler des pertes financières et en même temps bénéficier de facilités de la part du système bancaire privé en contrepartie d’un soutien à certains acteurs du système politique. Dans ce triangle de l’intrication, de la corruption, ce triangle du pêché, des entreprises de presse en déficit se voyaient accorder des prêts bancaires de manière scandaleuse tandis que des entreprises saines, dans les autres secteurs d’activité, ne pouvaient obtenir de prêts. Ce triangle scandaleux est terminé. L’information des citoyens est un bien public, elle doit être objective, se plier à des règles et le fonctionnement des entreprises de presse et des mass media doit se faire dans la transparence selon les règles applicables à toutes les entreprises du pays.

Des auditeurs nous interpellent sur les violences policières, puisque nous avons abordé le sujet des mines d’or de Skouriès. C’est un gouvernement de gauche qui réprime les manifestations. Il y a eu des membres cassés, parfois.

Alexis Tsipras. Je n’en doute pas, mais la différence, c’est qu’il n’y a aucune volonté politique de couvrir, de cacher ces faits. Au contraire. Il faut faire toute la lumière sur ces violences et mettre à la disposition de la justice ceux qui provoquent ces incidents, laisser la loi faire son travail. Le rôle du policier n’est pas de tabasser ou de dissoudre la légitimité d’une manifestation publique, comme nous l’avons vécu ces dernières années. Tout de même sur ce point il y a eu des changements importants.

Nous nous étions heureux du retrait des grilles autour du Parlement. Elles sont de retour aujourd’hui.

Alexis Tsipras. Quand ça ?

Je les ai revues.

Alexis Tsipras. Vous parlez des incidents qui ont eu lieu. Des cocktails Molotov ont explosé devant les gens il a failli y avoir des blessés graves. Quinze personnes de nationalités étrangères ont été arrêtées pour cette raison. Est-ce que quelqu’un a relevé ce fait ? Entendons-nous bien : où étaient les grandes foules, les grandes passions ? Juste ces quinze étrangers ! Que voulaient-ils ? Attention ! Il ne s’agissait pas de migrants. Je ne sais pas s’il s’agissait de provocateurs liés à des services secrets étrangers. Je l’ignore, ce point reste à éclaircir. Peut-être s’agissait-il de militants solidaires. Cela ne m’intéresse pas. Mais je suis désolé : pourquoi ne relevez-cous pas aussi ces faits-là ? Certaines actions, certains mouvements, je parle objectivement, fonctionnent de façon provocatrice. Que doit faire la police, dans une démocratie, lorsqu’une pluie de cocktails Molotov s’abat aux abords d’une manifestation, menaçant de bruler vifs des manifestants ? Doit-elle laisser faire, jusqu’à ce qu’il y ait mort d’homme ?

Pourquoi vous mettez vous en colère ?

Alexis Tsipras. Parce que je suis dans un environnement familier et que j’aime me mettre en colère en terrain connu [rires].

Venons-en aux questions relatives au parti. Comment avez-vous fait pour faire des problèmes internes à Syriza des problèmes de la Grèce ? Il n’y a que Syriza pour réussir un tour pareil.

Alexis Tsipras. [Rires] Non, il n’est pas question d’en faire un problème du pays. Le pays avance dans le cadre de la Constitution, selon laquelle les décisions sont prises par les représentants du peuple au Parlement grec. Le gouvernement, le Conseil des ministres assume une responsabilité collective et le cadre dans lequel les décisions sont prises est clairement défini. À partir de là, Syriza est le parti gouvernemental, il joue un rôle important sur la scène politique et se doit, en respectant sa propre « Constitution », c’est-à-dire ses statuts, dans un cadre démocratique, de prendre des décisions. Il y a un décalage lié à la « violente maturation » de Syriza, qui est passé très vite d’un parti à 4% à un parti dans lequel une grande majorité du peuple grec place ses espoirs et ses attentes. C’est un parti de 30 000, soutenu par 3 millions de citoyens. Malgré tout, les partis doivent fonctionner dans les cadres fixés par leurs statuts. Nous devons mener la discussion, pour savoir si Syriza doit s’ouvrir, être en phase avec les angoisses, les espoirs de sa base sociale. Nous ne l’avons pas fait plus tôt, c’est une faute de notre part. Ce débat est désormais ouvert et les 30 000 membres de Syriza devront prendre des décisions.

Si Syriza s’ouvre il devra changer. Aujourd’hui, Syriza est perçu comme un parti de la gauche radicale. Doit-il le rester, devenir un grand parti progressiste ou un parti social-démocrate ?

Alexis Tsipras. Cette pensée ne traverse l’esprit de personne à Syriza. Pourquoi la posez-vous donc ici ?

Parce que c’est une crainte qui s’exprime.

Alexis Tsipras. Une crainte ou un désir ?

J’imagine que beaucoup souhaitent voir Syriza devenir un parti social-démocrate.

Alexis Tsipras. La social-démocratie à deux expressions en Grèce [Le Pasok et le Mouvement des démocrates socialistes de Georges Papandréou, NDLR], trois en comptant Dimar [Parti pro-mémorandum issu d’une scission de Syriza, NDLR], peut-être plus si d’autres partis se créent. La social-démocratie se trouve dans une impasse stratégique, pourquoi Syriza voudrait-il s’engager dans cette impasse stratégique ? Personne au sein de Syriza ne souhaite cela. Nous ne devons pas nous cacher les problèmes mais y faire face avec honnêteté. Il y a deux ans, en juillet 2013, Syriza tenait son premier congrès. Notre principal but était de créer un parti uni, un parti du futur. Il faut reconnaître que Syriza n’est pas devenu un parti uni. L’effort pour transformer une coalition en parti unitaire était honnête mais nous ne sommes pas parvenus au résultat recherché.

La responsabilité est partagée par tous…

Alexis Tsipras. Bien sûr ! Je suis le premier à l’assumer.

Syriza compte de nombreuses tendances, malgré la décision de former un parti uni.

Alexis Tsipras. C’est une réalité. Où se situent les responsabilités ? C’est une discussion. Mais regardons la réalité, demandons-nous comment résoudre ce problème. Un cadre ou un membre du parti qui n’appartient à aucune des tendances constituées n’a pas les mêmes droits que les autres. Tel que je le comprends, cette personne est exclue du processus de décision. Elle n’est même pas tenue informée. C’est dans ce sens que nous devons voir et juger les choses, calmement, à froid, en camarades. Le Secrétariat politique n’est pas le seul centre de décision, il en existe beaucoup d’autres, ces centres s’entrecroisent. Voilà la réalité que nous devons affronter. Pour certains, cette réalité peut être le modèle de fonctionnement moderne d’un parti déterminé. Je peux accepter cela aussi. Mais alors, mettons-y des conditions et des règles. Mon opinion est que cela peut fonctionner, être positif dans le cadre d’un parti pluraliste dans l’opposition. Mais quand un parti exerce le pouvoir, ce modèle n’est pas limité aux affaires internes, il est transposé au Parlement, cela ne peut pas fonctionner. Un parti ne peut pas, quand il est au gouvernement et qu’il s’appuie sur une majorité de 161 sièges, dans le cadre d’un gouvernement de coalition, fonctionner avec des centres de pouvoir parallèles. Qu’il y est une réunion du groupe parlementaire et des réunions dans des hôtels pour que certains députés décident de leur position, cela ne peut pas fonctionner. Je ne dis pas que c’est bien ou mal. Je dis simplement que ça ne peut pas être efficace. On ne peut pas avoir une majorité gouvernementale à la carte. Un coup avec ceux-là, un coup avec les autres. Je ne suis pas partisan du centralisme démocratique, et vous le savez. Je ne peux accepter que le pluralisme pour un parti…

Là-dessus nous sommes en désaccord.

Alexis Tsipras. Oui, vous vous êtes de l’ancienne école, je le sais. Je ne suis pas pour le centralisme démocratique ni même pour la fermeture de nos réunions. Je suis pour la transparence, pour que tous les points de vue puissent s’exprimer, être pris en compte et que nos décisions soient prises de façon démocratique. Mais lorsqu’on prend la décision de gouverner un pays, il faut le gouverner. Ce n’est pas une question d’ordre moral, ni de conscience, c’est une question d’efficacité élémentaire. Si la décision collective d’un parti est de gouverner, il faut que les décisions collectives soient respectées et soutenues par tous les députés sinon, comme le disent les statuts du groupe parlementaire, les députés qui s’y opposent doivent rendre leur siège pour le laisser au suivant. Ce n’est pas possible autrement.

Avez-vous demandé à des députés de rendre leurs sièges ?

Alexis Tsipras. Non, je ne l’ai pas fait. Ce sont des questions qui relèvent du groupe parlementaire. Mais je ne veux pas sous-estimer le problème capital posé par un désaccord stratégique que je respecte. Lorsqu’un parti n’est pas uni mais pluriel, des limites se posent quand ce parti se trouve en situation de gouverner. On ne peut pas transposer son multi-centrisme au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire. Il y a des différences de stratégie, cela ne fait pas de doute. Je les respecte, je respecte l’opinion opposée, je ne fonctionne pas avec une culture du chef, une culture qui proclame que l’autre point de vue doit être noyé, c’est pour cela que je n’ai pas demandé, de sanctions, ce que prévoient les statuts du groupe parlementaire, concernant les votes négatifs. Ce que je demande c’est que nous allions vers un processus collectif où le parti prendra des décisions. Une fois qu’elles seront prises, que l’on s’entende, que l’on fonctionne et que l’on avance. On ne peut pas dire « Je vote contre les propositions du gouvernement mais je soutiens le gouvernement ». Pour moi c’est trop surréaliste. Comme je vous l’ai dit je respecte la différence d’opinion, je suis le premier à demander des procédures collectives. Mais je ne peux pas nier le fait que j’ai été surpris, même à titre personnel, de la position de certains camarades. Certains disent qu’il ne faut pas montrer ses sentiments en politique, je ne fais pas partie de ces gens-là, je considère que les sentiments font partie de la politique et que personne ne peut les cacher. Avec beaucoup de ces camarades nous menions des combats et nous étions à la même table avec la même angoisse il y a quelques jours. Avec l’angoisse commune que l’effondrement du système bancaire signerait notre destruction politique et morale face au mouvement populaire, aux travailleurs et à l’histoire de la gauche. Nous ressentions la même angoisse dans le combat, dans la recherche de solutions. Nous nous sommes battus pour le référendum et nous connaissions l’alternative posée devant nous. Ces mêmes personnes, après le rude combat que j’ai mené pendant dix-sept heures, avec cette alternative à ma disposition, ont considéré opportun de dire le lendemain : « Bien, maintenant que tu t’es assuré que les banques ne fermeront pas et que notre destruction ne viendra pas, nous te laissons la responsabilité de cet accord et nous gardons les lauriers de la pureté idéologique ». Je ne fais pas allusion à la position politique, je le répète, je respecte les différences de stratégie, l’avis selon lequel la gauche ne peut pas gouverner le pays sous de telles conditions. Cela, je le respecte. Je ne parle ni d’opinion ni de stratégie mais des limites de nos valeurs collectives, du cadre moral dans lequel se définit la solidarité au sein d’un parti, au sein d’un gouvernement et au sein d’un groupe parlementaire. Ceux qui, la veille, partageaient mon angoisse m’ont dit, le lendemain : « Je te soutiens, mais prends seul la responsabilité du compromis, moi je garde le droit de voter contre ». Je m’attendais à ce qu’ils me disent : « Nous avons une estimation différente de notre capacité à continuer mais les valeurs élémentaires de solidarité nous imposent de soutenir le gouvernement et le Premier ministre jusqu’à ce que soit possible l’accord – parce qu’il n’existe pas encore, de voter pour tout en soulignant notre désaccord, y compris durant le vote et ensuite de demander la redéfinition de la stratégie du parti et donc du gouvernement à travers une procédure de débat collectif comme le prévoient nos statuts ». Voilà ce qu’aurait dû être une position de solidarité. Je ne comprends pas cette posture, ou plutôt je comprends qu’elle est liée à des décisions prises il y a déjà longtemps. Des décisions de rupture. Des décisions qui peuvent conduire à l’implosion. Je suis le garant de l’unité de Syriza, en tant que président du parti et j’irai jusqu’au bout de mon effort pour garantir cette unité. Mais l’unité forcée, ça n’existe nulle part.

Rien n’indique que ces décisions étaient planifiées, les choses sont arrivées rapidement. Ceux qui, au Parlement, brandissaient le oui et ceux qui brandissaient le non partageaient la même douleur…

Alexis Tsipras. La vie nous dira si mes peurs sont fondées ou injustifiées. Mais voilà quelles étaient mes attentes à l’endroit de camarades avec qui nous avons fait tant de chemin, avec nos désaccords mais toujours ensemble dans les moments difficiles. J’ai dû gérer une réalité terrible, impitoyable. Si quelqu’un pense que Tsipras, en tant que Premier ministre, le 12 juillet, avait d’autres choix et qu’il a décidé de ne pas les suivre pour trahir ses principes et maintenir le pays dans l’asphyxie, qu’il l’explique publiquement, sans manipulations. Et qu’il nous dise quel était ce plan alternatif. Quel était donc ce plan que j’aurais choisi de ne pas suivre ? Posons ce débat en toute honnêteté. Pas en proférant des accusations d’apostasie. Discutons de la monnaie, de l’orientation européenne du pays ! Mais en des termes structurés, qui tiennent la route, pas seulement en théorie mais en pratique aussi. Dans le programme de Syriza, notre priorité absolue est d’empêcher la catastrophe humanitaire. Si notre plan théorique ne prend pas en compte cette priorité alors c’est un plan sans fondement. Je n’ai pas demandé au peuple grec de voter « non » pour aller à la drachme. Et pour autant que je sache, la majorité du peuple grec n’a pas compris la question du référendum en ces termes. Dire que ce grand « non » était un grand « oui » à la drachme, c’est manipuler la vérité. Manipulation que nous n’avons pas le droit de faire face à notre histoire, à nos combats, à notre dialogue démocratique entre égaux. Nous n’avons pas le droit d’essayer de régler nos différences dans un tel cadre.

Vous posez la question de vos rapports – non pas au niveau personnel, mais institutionnel, avec le Parlement et avec sa présidente, Zoé Konstantopoulou.

Alexis Tsipras. J’ai exprimé ma préoccupation, tant à elle en personne que publiquement. Nos relations sont des relations d’estime, il n’y a aucun doute là-dessus. À partir de là, les choix de chacune et de chacun, notamment lorsqu’on occupe des responsabilités institutionnelles, produisent des résultats. De facto. Se trouver face à quelqu’un qui vous dit : « Je te dénonce pour te protéger », c’est surréaliste. Je ne suis pas un enfant, j’ai d’autres façons de me protéger [Rires]. Maintenant, si cela induit un mauvais fonctionnement institutionnel nous en jugerons dans la prochaine période. Si la volonté est de jouer la guérilla pour finir par voter, épuisés, à six heures du matin, en dormant sur les bancs de la Vouli, afin de montrer que de cette façon, on résiste à la Troïka, que dire ? Ce sont des enfantillages.

Quelles est la position du président de la République face à la crise ?

Alexis Tsipras. Le président de la République, avec beaucoup d’angoisse, s’est positionné sur ces décisions difficiles et il respecte scrupuleusement le cadre institutionnel de ses prérogatives. Je me souviens que tout le monde lui était tombé dessus, lui demandant de ne pas accepter le référendum. Il a fait son devoir, comme le définissait la Constitution, mais au-delà du cadre constitutionnel, au-delà des clichés institutionnels et du protocole, je pense qu’il ressent une sincère angoisse pour le pays. Une angoisse qu’il me communique quotidiennement. Nous avons des opinions différentes mais c’est une collaboration exceptionnelle.

Faut-il aller à des élections législatives anticipées ?

Alexis Tsipras. J’aurais été le dernier à vouloir des élections, si nous avions une majorité parlementaire garantie, pour aller jusqu’à la fin du programme et à la sortie des memoranda, tout en menant le combat afin d’être jugés non pas sur des intentions, mais sur une politique de confrontation avec l’oligarchie, de respiration, de redistribution, de soutien aux plus faibles. Mais si nous n’avons pas la majorité parlementaire je serai obligé, nous serons obligés d’aller vers des élections. Cela tiendra en grande partie aux décisions prises au niveau du parti, étant données les dissensions exprimées au sein du comité central et du groupe parlementaire.

Quelle est votre proposition au niveau du Comité Central ?

Alexis Tsipras. Je pense que ma proposition est une proposition logique. Nous avons un parti, avec des membres, il faut leur faire confiance, entendre leurs réponses, de façon ordonnée, démocratique. Qu’il y ait une procédure structurée, pour un congrès extraordinaire, étant donné que ce sont des conditions d’urgences qui se profilent. Les procédures devraient être lancées juste après les vacances d’été, dès septembre il faut qu’il y ait un congrès, que soient élus des délégués appelés à trancher des désaccords stratégiques critiques, à définir la voie de la gauche à partir de maintenant, le nouveau plan stratégique, le nouveau programme. À partir de là, si des membres du Comité Central exigent que le parti se positionne immédiatement, avant la conclusion de l’accord… j’aurai une bombe entre les mains [rires]. Mais enfin si telle est l’exigence, la moindre des choses serait que ce débat crucial pour le futur de la gauche et pour le futur du pays ne soit pas simplement posé au niveau de la direction du parti. Que les adhérents s’expriment. Et comme en si peu de temps il n’existe pas d’autre moyen de leur demander leur avis que par un bulletin. Si telle est l’exigence, la démocratie étant toujours la solution, comme le peuple, le parti devrait voter et décider rapidement. Ce qui n’invalide pas pour autant la proposition d’un congrès extraordinaire par la suite, pour résoudre les problèmes de stratégie.

Une dernière question. Durant tout ce parcours, depuis cinq mois, quelle a été votre erreur ?

Alexis Tsipras. S’il n’y en avait qu’une je serais un homme heureux ! [Rires]

La plus grande?

Alexis Tsipras. Ce n’est que plus tard que quelqu’un pourra en juger. Disons que cette confrontation frontale avec les principaux pouvoirs en Europe, aurait dû avoir lieu plus tôt. Nous avons été emportés après le 20 février dans une négociation qui était une guerre d’usure. Je dois avouer cependant qu’il n’est pas facile de prendre la décision de dire : « Je ne paye pas, advienne que pourra. » C’est une décision très difficile. Cependant, rétrospectivement, il était certain que nous en arriverions là mais vous savez, l’espoir meurt en dernier. Il y avait toujours l’espoir que l’attachement aux principes démocratiques, que les manifestations des peuples nous offriraient une issue, un cadre pour une solution. Ça n’a pas été le cas.

C’est beau la naïveté quand même…

Cependant, je le répète, je me sens fier de ce semestre, du combat mené. Il y a eu bien sûr des erreurs. Je crois que malgré les difficultés nous n’en sommes pas arrivés au point où ces erreurs ont mené à une catastrophe irréversible. Tout est réversible. Je pense que nous avons devant nous une voie très accidentée faite de combats constants et de revendications, afin de réussir le mieux possible pour les intérêts du peuple. Tel est notre but.

Source : Kostas Arvanitis, retranscrit et traduit par Theodoros Koutsaftis, pour L’Humanité, le 31 juillet 2015.

Source : https://youtu.be/oDkcN3kb310

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Dans le cadre de ce que j’appelle le syndrome d’Athènes, je rappelle qu’on est encore bien loin d’avoir 50 % de Grecs souhaitant sortir de l’euro (36 % actuellement, lire ce papier de Sapir)

Et je répète, c’est très dur pour un pays faible de quitter une monnaie unique.

Pour comprendre, je vous cite ce mail reçu d’une Française en Grèce à propos de la sortie de l’euro, répondant au fait de savoir si l’euro était juste un symbole pour les Grecs :

Ce n’est pas un symbole. Chacun voit midi a sa porte: ceux qui ont encore qques économies a la banque (en Grèce) tremblent de voir leur argent transforme en drachmes dévaluées le jour même; ceux qui possèdent des sociétés (PME) ont leur capital en Euros a la banque en Grèce et tremblent pour la même raison; si nos revenus –salaires, retraites ou autres- sont en drachmes, tout achat d’un produit étranger deviendra inaccessible (par ex je vais en France 2 fois/an voir ma mère, comment acheter un billet d’avion si mes revenus sont en drachmes? Ce sera absolument inabordable); la plupart des produits consommés en Grèce sont importés, comment les payer avec une monnaie qui ne vaut plus rien? Énergie, aliments pour le bétail, pâte a papier, tout est importé… rien n’a été fait ces dernières décennies pour rendre le pays autonome dans un quelconque domaine (développement de énergie solaire ou éolienne par ex. On importe du pétrole pour en faire du courant électrique, normal: les armateurs transportent, raffinent, revendent…).
Ajoutez a cela qu’en cas de retour a une monnaie nationale, les Grecs qui ont mis des millions ou même seulement des centaines de milliers d’Euros dans des banques étrangères pourront acheter tout le pays, terrains, immobilier. Eux seraient les véritables gagnants. De même pour les autres Européens, les Allemands débarqueraient pour de bon, achetant en Euros le patrimoine immobilier grec… La colonisation serait totale.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

132 réponses à Alexis Tsipras : « Le peuple grec a tenté de s’échapper de la prison de l’austérité. Rattrapé, il a été placé à l’isolement »

Commentaires recommandés

Eric Le 07 août 2015 à 11h43

Oula ! je crois que vous vous méprenez sur Tsipras.
Moi perso, mon intérêt est à gauche, puisque je vis depuis une quinzaine d’année avec moins de 800 euros au total par mois.
Et je ne vois pas en Tsipras une figure héroïque, bien au contraire.
Déjà, être européiste et de gauche n’est tout simplement pas possible : le coeur du projet européen est l’ultralibéralisme. Le libéralisme, c’est enlever le pouvoir à l’état, se débarrasser d’un maximum de règlements (notamment ceux qui protègent les travailleurs). D’une manière générale, lorsqu’on enlève les règles, il ne reste plus que la loi du plus fort. On est donc en plein dans l’inégalité sociale poussée à son maximum.
Mais bon, même en admettant que Tsipras ne connaît pas le contenu des traités européens, les informations que donnent ce site suffisent pour suspecter que Tsipras est un carriériste pur, qui a endossé l’étiquette “de gauche” juste par goût (comme on préfère un costard de couleur bleue à un costard de couleur noire par exemple), et non pas militantisme authentique.
Quelques heures après le référendum, Varoufakis, dont le site les-crises a publié une traduction très intéressante d’une de ses interviews, raconte que lorsqu’il arrive le matin au boulot, il constate qu’il y règne une atmosphère de défaite électorale.
Tsipras est abattu.
En réalité, Tsipras espérait probablement une victoire du oui. Et il pouvait l’espérer, les grecs étant soumis à une propagande intense de la part des médias, et à un chantage de la part des dirigeants des autres pays européens ( “si vous votez non, alors vous sortirez de la zone euro”).
Lorsque le lendemain, mardi, donc deux jours après le référendum, Tsipras rejoint la réunion des dirigeants européens, il n’apporte aucun document écrit. Il savait déjà qu’il allait trahir dans les grandes largeurs le “non” du référendum, mais ne voulait pas afficher qu’il avait déjà préparé sa capitulation pendant le référendum lui-même.
Techniquement, il lui était difficile de venir avec sa capitulation dans les mains deux jours après le référendum, sans que tout le monde comprenne instantanément qu’il n’avait jamais eu l’intention de suivre la volonté populaire, en cas où elle vienne contrecarrer ses plans.
Car cet homme est tout sauf un héros populaire. Son ambition est de gouverner tranquillement, sans avoir à gérer les difficultés d’un Grexit. Ce genre de personnage a tout à gagner à laisser ses compatriotes crever sous le joug de l’UE : il ne portera dans ce cas de figure aucune responsabilité, seul l’Europe sera responsable.
Alors que dans le cas d’un Grexit, il prendrait la majeur partie des difficultés de cette sortie sous sa responsabilité et serait alors jugé par les grecs sur ses compétences réelles.
Ce n’est pas un bon plan pour un pantouflard !
Sans compter qu’en cas de Grexit, il se coupe la possibilité d’une carrière européiste – c’est très très lucratif – dont il rêve. (Lors des élections européennes de 2014, il a été candidat à la présidence de la Commission européenne du Parti de la gauche européenne).
Non, Tsipras ne mérite que le mépris des classes populaires. Je pense qu’il l’obtiendra d’ailleurs, si ce n’est déjà fait, au moins en Grèce.
Il avait toutes les cartes en main pour organiser le retour à la souveraineté de la Grèce et sortir ses compatriotes de la mâchoire de l’ultralibéralisme.
Juste après le référendum, il pouvait facilement retourner la situation : les européistes avaient déplacé l’enjeu du référendum sur la sortie de la zone euro, et Tsipras pouvait alors se servir directement du résultat du vote, assez massif en faveur du non, pour légitimer immédiatement un nouveau type de négociation avec les dirigeant européens: soit on arrive à un accord acceptable, soit on sort.
Au pire, si il avait eu un peu du cran, il refaisait quasiment dans la foulée un référendum pour demander cette fois-ci aux grecs de se positionner sur la sortie de l’Euro. Et en cas où les grecs eussent voulu rester dans l’UE, il démissionnait et garder son intégrité.
Je vais m’arrêter là, car sinon, je vais finir avec un torrent d’insultes les plus ordurières à son encontre ! 🙂

  1. Ash Le 07 août 2015 à 01h40
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    Mes commentaires sont sûrement naïfs, je ne m’y connais pas assez mais je me lance quand même.

    «tout achat d’un produit étranger deviendra inaccessible (par ex je vais en France 2 fois/an voir ma mère, comment acheter un billet d’avion si mes revenus sont en drachmes? Ce sera absolument inabordable); la plupart des produits consommés en Grèce sont importés, comment les payer avec une monnaie qui ne vaut plus rien? Énergie, aliments pour le bétail, pâte a papier, tout est importé…»

    Ça serait sûrement difficile en effet, mais ça serait une occasion de relancer l’économie du pays en relançant la production agricole locale dans un premier temps, et peut-être industrielle dans un deuxième temps? En plus, il est certainement possible de négocier des partenariats intéressants avec d’autres pays que ceux de l’UE… Bien sûr il faudrait aussi sortir de l’Union Européenne.

    «Ajoutez a cela qu’en cas de retour a une monnaie nationale, les Grecs qui ont mis des millions ou même seulement des centaines de milliers d’Euros dans des banques étrangères pourront acheter tout le pays, terrains, immobilier. »

    Il n’est pas possible d’avoir une politique de nationalisation qui empêche ce phénomène? Où alors des partenariats public/privé à durée déterminée… (toujours dans le cadre de la sortie de l’UE)

    «De même pour les autres Européens, les Allemands débarqueraient pour de bon, achetant en Euros le patrimoine immobilier grec…»

    Un contrôle des capitaux devrait être possible, si le pays redevient souverain.


    • Charles Le 07 août 2015 à 13h09
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      Tsipras n’a jamais négocié vraiment puisqu’il n’a jamais menacé les créanciers de quoi que ce soit. C’est la gauche marche mollo, bref réformiste.
      Evidemment qu’il y a une alternative à la capitulation, à commencer par le contrôle des banques et des secteurs stratégiques, suspension des paiements de la dette, controle du commerce extérieur et des capitaux. La gauche de Syriza l’avait annoncé depuis des années: sans agir, on se fait engloutir. Eric Toussaint l’a énoncé aussi souvent. La dernière fois il y a quelques jours dans cet entretien à un journal espagnol: http://wp.me/p5oNrG-cjW


    • Beaugrand Le 07 août 2015 à 18h55
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      Où l’on découvre que Tsipras s’est comporté non comme le Mélenchon mais comme le Hollande de Grèce : “mon adversaire c’est le monde de la finance” et “je vais renégocier…”. Sera-t-il finalement aussi traitre et soumis que son modèle français ?


      • FredeSud Le 07 août 2015 à 20h20
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        Bonsoir Beaugrand,
        Tsipras a, certes, commis bien des erreurs face à la Troïka, mais de là à le comparer à Hollande qui, lui, a sciemment menti aux électeurs de Gauche, il y a un fossé que je ne saurais franchir…
        Solidairement.


  2. Eleutheria Le 07 août 2015 à 03h06
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    Un tel niveau de dissonance cognitive, c’est quand même triste. J’espère pour les Grecs que Tsipras ne croit pas réellement qu’un sursaut d’humanité va pousser l’Eurogroupe a reconsidérer ses décisions, et qu’il prépare autre chose, mais j’en doute.


    • Citoyen Le 07 août 2015 à 05h00
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      Heureusement, ils sont appuyés par une grande partie de la presse anglo-saxonne USA+UK qui fait de bonnes campagnes en faveur de Syriza et martyrs associés.

      C’est gratuit et généreux de leur part.


      • Louis JULIA Le 07 août 2015 à 07h50
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        @ Citoyen : Bonjour. Auriez-vous des liens d’articles à produire concernant vos affirmations? Car je doute fortement de la générosité des USA et des anglo-saxons dans tout ce qui concerne l’Europe, ainsi que de la “gratuité” de leurs interventions…Nuland n’a-t-elle pas dit clairement “Fuck the UE”?


    • FEG Le 07 août 2015 à 08h38
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      Dans cet entretien accordé par Alexis Tsipras, au fil de ses réponses de plus en plus fuligineuses, comment ne pas songer au jugement du cardinal de Retz :

      « Il y a loin de la velléité à la volonté, de la volonté au choix des moyens, du choix des moyens à l’exécution. »


      • Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 19h24
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        Certes . La responsabilité incombe t elle entiérement à Tsipras , quand on sait que les Grecs ne veulent ni sortir de l’euro , ni de l’Europe . Alors faut les sauver , malgré eux , démocratiquement ? Sachant qu’alors vous offrez une vulnérabilité à l’ennemi qui va vous foutre colonels , Aube dorée , ou cahos , et au mieux vous égorgez comme un lapin .
        Faudrait peut étre aussi qu’en bas , on progresse plus , Non ?


        • Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 19h27
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          Méme chose pour Hollande en France , quel que soit le mal qu’on pense de lui , çà se rebiffe pas beaucoup , ou je me trompe ?


          • Léa Le 07 août 2015 à 19h56
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            Oh si quand même il a réussi à faire sortir les toubibs et les dentistes dans la rue.

            La manif pour tous.

            Vous oubliez les bonnets rouges, les éleveurs dernièrement, des abattoirs

            La guerre des taxis avec Ubber.

            J ‘en oublie certainement.


        • georges glise Le 08 août 2015 à 12h48
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          les grecs ne veulent sortir ni de l’europe, ni de l’euro. qu’en savez-vous. les sondages ne sont pas fiables, et le tort de tsipras, c’est de ne pas leur avoir posé la question. il aurait pu rajouter une question, lors du référendum, par exemple: si la trika reste intransigeante, devons-nous abandonner l’euro pour revenir à la drachme.


    • Alfred Le 08 août 2015 à 09h09
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      Dissonance cognitive c’est clair. J’aime bien sa manière d’expliquer que oui la Grèce a la gueule en sang et plus de dents mais que ses adversaires ont quand même mal à la main qui tenait la matraque et que c’est une victoire qui valait la peine… C’est Coluche ce mec.


  3. Eric Le 07 août 2015 à 03h16
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    Je trouve ce Tsipras très “chewing gum”. Il est mou, et à la fois collant : il va essayer de s’incruster apparemment. Pas du genre à rendre son tablier lorsque sa défaite est consommée et ses engagements presque tous passés à la trappe.
    Je suis presque surpris qu’il parle encore de l’EKAS, cette aide de 100 à 150 euros aux retraités les plus pauvres ( qui touchent moins de 300 euros de pension de retraite ). On dirait qu’il veut encore effectivement tenter de la sauvegarder face aux créanciers qui en exigent le démantèlement progressif (sympa quand même les mecs. Je me demande si ils feraient pareil avec leur propre grand-mère).
    Quant à cet email reçu d’une française actuellement en Grèce, je voudrais tout de même signaler qu’un état redevenu souverain peut faire beaucoup, beaucoup de choses.
    Par exemple interdire aux étrangers de racheter l’immobilier grec.
    Ce n’est pas possible actuellement pour un gouvernement européen de protéger quoi que ce soit dans son propre pays ( article 63 du Traité de l’Union Européenne, sur la liberté des mouvements de capitaux ), mais si la Grèce sort de l’UE, tout redevient possible.
    Et je voudrais signaler enfin que, selon Sapir, la Grèce importe 30% des produits qu’elle consomme. La situation n’est donc peut-être pas si mauvaise que le dit cette française.
    ( d’autant que les devises se mettraient à rentrer en Grèce grâce à un tourisme devenu deux fois moins cher pour les européens. La Grèce pourrait devenir le “camp de vacances de l’Europe” comme le dit je crois Nigel Farage).


    • Olposoch Le 07 août 2015 à 13h02
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      Tsipras est en fait le candidat idéal pour les oligarques de l’Ouest/BAO/NATO/colonial…etc…
      Il se fait élire sur un programme de gauche, y renonce, accepte l’inacceptable, trahit ses électeurs, atomise l’idée même qu’une alternative est possible, flingue Podemos et autres mouvements populaires revendicatifs…
      Restera l’extrême droite mais on a vu qu’ils ont la carte en UE.
      Donc si j’étais maître du monde occidental, la carte Tsipras est un atout, surtout qu’en prétendant se soucier du sort du peuple palestinien, d’un coup plus du tout, il vient de conduire des exercices militaires avec l’armée la plus humaine du monde… un vrai bijou d’obéissance.
      Vraiment Tsipras aura sa statue dans le panthéon du néolibéralisme néo-colonial occidental..


    • Vladimir K Le 07 août 2015 à 14h57
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      Effectivement, si la Grèce sort de l’UE, tout est possible :

      Blocus, sanctions économiques et humaines, coup d’état / chantage armé (la Grèce est membre de l’OTAN, ne l’oublions pas), voire même balkanisation du pays comme en Yougoslavie et en Ukraine.

      Avec des “si”, on peut faire beaucoup de choses, mais n’oublions pas qu’en face, la Grèce a des adversaires tout sauf rationnels.


    • Subotai Le 07 août 2015 à 19h00
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      M’enfin, je voudrais faire un aparté pour signaler une courte série vue sur ARTE et que vous invite fortement à voir : “Secret State” avec Gabriel Byrne. Et ensuite, plus jamais vous ne direz de mal des Gouvernants qui se font laminer par la Finance.

      http://www.imdb.com/title/tt1960029/?ref_=nv_sr_1

      C’est court, ça dure 3 heures en 4 épisodes, c’est anglais, concerne le 10 Downing Street.
      Et dire que ça date de 2012, c’est à dire bien avant que Tsipras, Varoufakis et tout le Gouvernement Grec passe au broyeur.


  4. Jusdorange Le 07 août 2015 à 03h34
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    Cours de stratégie euro progressiste :

    Etape 1 : convaincre tous vos concitoyens de la nécessité de changer l’Europe vers plus d’Europe sociale.

    Etape 2 : attendre que les copains progressistes dans tous les pays de l’UE réussissent à convaincre leurs concitoyens qu’il faut faire l’Europe sociale.

    Etape 3 : synchronisation des montres progressistes à l’échelle du continent pour que tous les peuples européens soient convaincus AU MEME MOMENT de la nécessité de faire l’Europe sociale.

    Etape 4 : faire l’Europe sociale.

    Etape 5 : Profit !


  5. Prague Le 07 août 2015 à 03h49
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    C est pitoyable!

    A. Tsipras me fait penser au 1er secretaire du parti communiste A. Dubchek qui a suscité, en 1968, un immense espoir chez les gens pendant les mois de Printemps de Prague, pour se totalement coucher et écraser devant Brejnev à Moscou – 3 jours apres l’invasion russe le 21 aout.

    Là aussi, quel gachis, la normalisation pure et dure, le desespoir des gens jusqu au novembre 1989.


    • atanguy Le 07 août 2015 à 07h50
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      “pour se totalement coucher et écraser devant Brejnev à Moscou”
      Et il aurait du faire quoi Dubček d’après vous devant les chars et l’armée russe?


    • achriline Le 07 août 2015 à 11h39
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      à Prague
      Question … que valait-il mieux ? se coucher et s’écraser ou finir comme l’Ukraine. Car nul doute, avec le recul, que l’empire était à l’oeuvre derrière ce printemps de Prague et certainement pas, comme ils le prétendent, pour amener la démocratie.
      En fait La Fayette aurait dû aider les indiens à écraser les Anglais et les colons, nous n’en serions pas là aujourd’hui ( rires )


    • Léa Le 07 août 2015 à 12h37
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      Je pense qu’il a voulu éviter d’ajouter un carnage à la défaite devant un tel rapport de force. A part un fou, je ne vois pas de responsable politique envoyer son peuple à la boucherie.

      Un char de près en ville, c’est très vulnérable, surtout ceux de cette époque, il y a plein d’essence, d’huile et c’est un dépôt de munitions ambulant : voir les photos des carcasses calcinées et décalottées de ceux de l’armée ukrainienne, mais il faut des spécialistes. J’ai un copain qui a appris ça pendant son service militaire.


    • zorba Le 08 août 2015 à 10h26
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      Heureusement que les gens ont espéré avant novembre 1989 (Patocka, etc.) et que nous avons été certains à le savoir dès les années 70, vous avez peut être attendu de voir le mur tomber à la télé.
      Les posts de ce site (est-ce la faute à l’été ?) sont frappés de nullité historique et de commentaires dignes de Bigard.
      Au moins chez Sapir y a pas ça et il vous répond personnellement


  6. Citoyen Le 07 août 2015 à 04h54
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    C’est pourtant ce que disait aussi Wolfgang Munchau, du Financial Times, ce journal de ‘gauche-radicale-sociale’ http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e38a452e-26f2-11e5-bd83-71cb60e8f08c.html
    Idem.
    Victimes…

    C’est comme l’article – encore! – de Varoufakis dans …. Opendemocracy – ce blog financé par les gauchistes-marxistes bien connus des Fondations Ford, Rockefeller, Atlantists, etc…
    https://www.opendemocracy.net/author/yanis-varoufakis
    https://en.wikipedia.org/wiki/OpenDemocracy

    Après la gauche de Hollande, heureusement on a la gauche Syriza.


  7. Léa Le 07 août 2015 à 05h31
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    J ‘ai peur que Tsipras n’ait pas une vue claire de la situation. J ‘ai en entendu un commentaire à la télé, s’il avait été dangereux pour l’ UE, ils l’auraient déjà fait sauter, comme l’autre.. Donc il le sait et c’est sans doute pour ça qu’il s’est montré conciliant, très attaché à l’ UE et à l’ Euro et bien disposé à payer ses dettes, alors qu’il a un rapport comme quoi c’est une dette odieuse.

    Syriza est majoritaire ( grâce à un allié ), mais si on regarde le résultat des sondages sur le site de Sapir : si Tsipras avait fait un référendum pour la sortie de l’ Euro, le NON l’emportait et on en serait au même point qu’aujourd’hui, mais sans Tsipras et Syrisa “out”. Pas de regrets à avoir donc !

    Si pendant sa campagne électorale il avait prêché pour la sortie de l’ €, Syriza ne serait pas majoritaire, ni au gouvernement..

    On ne peut pas mettre les contradictions des grecs : refus de l’austérité et rester dans l’ Euro , sur le dos de Tsipras.

    Je comprend les craintes des grecs, évoquées dans la lettre au bas de l’article ; et je me demande bien qu’on ait voté majoritairement NON au TCE, si les français dans l’isoloir n’auraient pas les mêmes craintes et ne voteraient pas NON à la sortie de l’ €, même l’ultra gauche est pour rester dans l’ UE ultra libérale . Le seul parti qui en parle et qui est un peu représentatif, plafonne à 25 30 %.

    L’Allemagne a aussi bien déconné avec sa menace de grexit, du bluff ! S’ils avaient viré la Grèce de l’ UE, de colère Obama aurait bombardé le Bundestag.

    Je ne comprend pas qu’ils laissent la Grèce dans cette situation, où ils finissent de s’enfoncer.. Les créanciers vont se payer sur la bête et ça finira comme s’ils étaient revenus à la drachme qu’ils redoutent, sauf qu’ils n’auront plus rien, un salaire de merde et qu’ils payeront les impôts à la place des sociétés étrangères qui auront acheté pour une bouchée de pain leurs biens publics, leurs iles, leurs mines d’or, leur pétrole, etc.. les plus doués partiront travailler ailleurs.

    Sortir de l’ Euro pour un pays seul face à la troïka c’est difficile, mais j’aime bien l’idée de l’ italien de créer des Fronts de Libération Nationale ( tiens revoilà le FLN 😉 ).

    Il faudrait d’abord , au vu de l’expérience de Varoufakis, faire la liste de toutes les vacheries que pourrait faire l’ UE et mettre en place les ripostes ; une organisation personnelle pour ne pas manquer de provisions et d’argent.

    La prochaine cible de Schauble, c’est la France : “la France doit être réformée de force !”

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/04/16/97002-20150416FILWWW00430-schuble-la-france-doit-etre-reforme-de-force.php

    J ‘adore ! Je vois déjà les slogans amicaux : les boches nous attaquent.

    Le couple franco allemand est mort. Ils n’ont qu’ à faire une Europe de l’ Est avec leurs amis de là bas qu’ils exploitent à donf. En plus ils vont faire leurs courses chez Aldi qui encaisse du cash. Albrecht 49 ème fortune mondiale 19 B$ en vendant de la merde à tout un pays de fauchés.


    • Jusdorange Le 07 août 2015 à 11h32
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      A Léa,

      Je vous cite :
      “si Tsipras avait fait un référendum pour la sortie de l’ Euro, le NON l’emportait et on en serait au même point qu’aujourd’hui, mais sans Tsipras et Syrisa “out”. Pas de regrets à avoir donc !”

      Un référendum sur la sortie de l’euro ( ou de l’UE ) serait précédé d’un long débat national sur la question. En 2005 les Français ont fini par dire non à la constit europ, alors que le camp du non était minoritaire au début.
      Un vrai débat sur la question européenne pourrait faire changer d’avis une partie suffisante de citoyens. En tout cas , en tant que partisan de la sortie de l’UE, je crois que c’est un pari que l’on doit prendre.

      Ceux qui, parmi les politiciens, sont favorables à une sortie de l’UE ou de l’Euro, mais qui choisissent la voie de la manoeuvre ( le taise, ont des plans secrets, attendent que l’opinion publique change ses positions) plutôt que la voie droite ( dire clairement la vérité, et provoquer le changement dans l’opinion publique ), ne font que renvoyer ce débat au lendemain. Ce ne sont pas nos alliés.


      • Léa Le 07 août 2015 à 13h44
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        Bien d’accord. Je me souviens de ces débats de 2005, dans un bistrot la patronne a sorti le TCE et on l’a épluché. C ‘est la première fois que je voyais des gens d’horizons très divers discuter d’un sujet aussi politique. A part un socialo qui nous a traités de peste brune, tout le monde y était opposé.

        Avec la Grèce, là j’ai perdu un copain, retraité lui aussi, je lui ai dit ce que je pensais de l’ UE et de l’ Euro, sans détour.

        Le problème avec le retour au franc , est que ça touche plus directement le porte monnaie, avec des risques pour l’épargne. Alors les gens sont moins bavards et plus individualistes.

        Pourtant l’ Euro vient de baisser de 25 %, sacrée dévaluation, mais personne râle, ils ne s’en sont même pas aperçus, mais sur ebay, les prix des produits US, chinois et anglais ont pris une sacrée claque..


    • Benoit Le 07 août 2015 à 12h09
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      “La prochaine cible de Schauble, c’est la France : “la France doit être réformée de force !” ”

      Boarf pour les réformes à passer de force, il y a le 49:3 qui marche bien


  8. atanguy Le 07 août 2015 à 05h42
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    Tiens bon camarade Tsipras!
    Le nouveau monde arrive et tu es de ceux qui le fera naître,quoi qu’en disent les petits bourgeois.


    • valles Le 07 août 2015 à 07h44
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      Sors de ce corps Méluche 😉


    • Eric Le 07 août 2015 à 11h43
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      Oula ! je crois que vous vous méprenez sur Tsipras.
      Moi perso, mon intérêt est à gauche, puisque je vis depuis une quinzaine d’année avec moins de 800 euros au total par mois.
      Et je ne vois pas en Tsipras une figure héroïque, bien au contraire.
      Déjà, être européiste et de gauche n’est tout simplement pas possible : le coeur du projet européen est l’ultralibéralisme. Le libéralisme, c’est enlever le pouvoir à l’état, se débarrasser d’un maximum de règlements (notamment ceux qui protègent les travailleurs). D’une manière générale, lorsqu’on enlève les règles, il ne reste plus que la loi du plus fort. On est donc en plein dans l’inégalité sociale poussée à son maximum.
      Mais bon, même en admettant que Tsipras ne connaît pas le contenu des traités européens, les informations que donnent ce site suffisent pour suspecter que Tsipras est un carriériste pur, qui a endossé l’étiquette “de gauche” juste par goût (comme on préfère un costard de couleur bleue à un costard de couleur noire par exemple), et non pas militantisme authentique.
      Quelques heures après le référendum, Varoufakis, dont le site les-crises a publié une traduction très intéressante d’une de ses interviews, raconte que lorsqu’il arrive le matin au boulot, il constate qu’il y règne une atmosphère de défaite électorale.
      Tsipras est abattu.
      En réalité, Tsipras espérait probablement une victoire du oui. Et il pouvait l’espérer, les grecs étant soumis à une propagande intense de la part des médias, et à un chantage de la part des dirigeants des autres pays européens ( “si vous votez non, alors vous sortirez de la zone euro”).
      Lorsque le lendemain, mardi, donc deux jours après le référendum, Tsipras rejoint la réunion des dirigeants européens, il n’apporte aucun document écrit. Il savait déjà qu’il allait trahir dans les grandes largeurs le “non” du référendum, mais ne voulait pas afficher qu’il avait déjà préparé sa capitulation pendant le référendum lui-même.
      Techniquement, il lui était difficile de venir avec sa capitulation dans les mains deux jours après le référendum, sans que tout le monde comprenne instantanément qu’il n’avait jamais eu l’intention de suivre la volonté populaire, en cas où elle vienne contrecarrer ses plans.
      Car cet homme est tout sauf un héros populaire. Son ambition est de gouverner tranquillement, sans avoir à gérer les difficultés d’un Grexit. Ce genre de personnage a tout à gagner à laisser ses compatriotes crever sous le joug de l’UE : il ne portera dans ce cas de figure aucune responsabilité, seul l’Europe sera responsable.
      Alors que dans le cas d’un Grexit, il prendrait la majeur partie des difficultés de cette sortie sous sa responsabilité et serait alors jugé par les grecs sur ses compétences réelles.
      Ce n’est pas un bon plan pour un pantouflard !
      Sans compter qu’en cas de Grexit, il se coupe la possibilité d’une carrière européiste – c’est très très lucratif – dont il rêve. (Lors des élections européennes de 2014, il a été candidat à la présidence de la Commission européenne du Parti de la gauche européenne).
      Non, Tsipras ne mérite que le mépris des classes populaires. Je pense qu’il l’obtiendra d’ailleurs, si ce n’est déjà fait, au moins en Grèce.
      Il avait toutes les cartes en main pour organiser le retour à la souveraineté de la Grèce et sortir ses compatriotes de la mâchoire de l’ultralibéralisme.
      Juste après le référendum, il pouvait facilement retourner la situation : les européistes avaient déplacé l’enjeu du référendum sur la sortie de la zone euro, et Tsipras pouvait alors se servir directement du résultat du vote, assez massif en faveur du non, pour légitimer immédiatement un nouveau type de négociation avec les dirigeant européens: soit on arrive à un accord acceptable, soit on sort.
      Au pire, si il avait eu un peu du cran, il refaisait quasiment dans la foulée un référendum pour demander cette fois-ci aux grecs de se positionner sur la sortie de l’Euro. Et en cas où les grecs eussent voulu rester dans l’UE, il démissionnait et garder son intégrité.
      Je vais m’arrêter là, car sinon, je vais finir avec un torrent d’insultes les plus ordurières à son encontre ! 🙂


      • Eric Le 07 août 2015 à 12h09
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        merci pour le compliment, mais c’est grâce aux informations de les-crises que j’ai pu comprendre le cas Tsipras.
        En ce qui concerne un coulage en règle de la Grèce au cas où elle sorte, je ne suis effectivement pas encore capable de mesurer l’exact pouvoir de malfaisance de l’UE, ou disons plus précisément que même si je n’ai plus aucune illusion vis à vis de l’UE, je ne suis pas capable d’anticiper au nom de quoi l’UE pourrait faire ce blocus.
        Les américains ont bloqué Cuba au nom de la lutte anti-communiste.
        Je n’arrive pas trop à voir comme l’UE va enrober le truc pour légitimer ce coup bas.


      • bnvdetui Le 07 août 2015 à 13h07
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        “Il avait toutes les cartes en main pour organiser le retour à la souveraineté de la Grèce et sortir ses compatriotes de la mâchoire de l’ultralibéralisme.”
        tout est dit , il avait acté pour le choix de la défaite


      • Fper Le 08 août 2015 à 09h50
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        Merci de votre commentaire, sans être aussi dure sur le personnage, je partage votre analyse. Je persévère à penser que enfermé dans un carcan idéologique d’europeiste de gauche il s’est avéré incapable de mesurer ses adversaires et d’organiser en conséquence la stratégie de sortie. Sans compter les pressions qu’il a du subir comme le souligne Olivier et le fait que les grecs eux même restaient accrochés à l’euro.
        Ce manque de lucidité et de surpassement de soi (que vous qualifiez de “paresse”) sont des “fautes” dont les effets seront dévastateurs.
        Schaulbe n’a pas renoncé à son objectif et la Grèce sera exclue dans un contexte encore plus dramatique.


      • Simon Le 10 août 2015 à 16h28
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        Je vois que Tsipras vous a déçu. En le jugeant ainsi, d’abord vous négliger l’existence d’une perspective grec, différent de la votre, et puis, et ce n’est pas rien, c’est facile d’être courageux loin du front. Et puis, gouverner étant un passe-temps collectif, on a beau dire que Tsipras et l’état grec sont incroyablement faibles : s’ils étaient forts, ils ne seraient pas là.

        Dans ces histoires de domination, le point où le puissant sur-joue sa position est souvent un point d’inflexion (observation qui déplait fortement aux révolutionnaires). On va bientôt fêter le centenaire de la répression sanglante de la (foireuse) insurrection de pâques à Dublin. La puissance coloniale, confortable jusqu’alors, n’étaient jamais retrouvé pied.


      • georges glise Le 13 août 2015 à 20h49
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        vous dites que les grecs ne veulent pas sortir de l’euro. qu’en savez-vous; avez-vous un seul sondage réellement fiable.


  9. Nosto Dramus Le 07 août 2015 à 06h12
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    <>

    Au syndrome d’Athènes, vous pouvez, cher Olivier, ajouter celui des Thermopyles. :o)


    • atanguy Le 07 août 2015 à 08h02
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      Bataille de Thermopyle: Emblèmes de la résistance grecque à l’envahisseur.


      • georges glise Le 08 août 2015 à 13h59
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        la bataille des thermopyles ( les portes de la chaleur ont vu l”affrontement entre les envahisseurs perses et la résistance grecque, emmenée par léonidas, général de sparte, les athéniens étaient derrière ; le léonidas d’aujourd’hui, c’est varoufakis, l’athénien derrière, c’est tsipras.


  10. Nosto Dramus Le 07 août 2015 à 06h14
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    “Ah mais si : quand tu as une armée de 500 personnes, et que tu as l’armée allemande qui te fonce dessus, tu abandonne le combat, sauve tes troupes, et prépare la résistance. Tu ne vas pas mener le combat de face… en l’espèce il faut sortir du cadre en quittant l’euro – ce qui est trèèèèès difficile pour un pays aussi faible que la Grèce”

    Au syndrome d’Athènes, vous pouvez, cher Olivier, ajouter celui des Thermopyles. : o )


  11. Yann LARGOEN Le 07 août 2015 à 08h00
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    Tsipras a raison de dire que son gouvernement a permi de montrer la vraie nature des politiques européennes. Sur le plan du rapport général des forces en Europe, il a sans doute marqué des points. Le problème, c’est qu’on ne l’attendais pas trop sur ce terrain là car il n’incarne pas seulement un courant politique d’opposition aux orientations européennes mais un gouvernement. C’est à dire une institution dont on attend qu’elle exploite le rapport de force par des initiatives permettant de le traduire concrètement aussi bien que symboliquement par des actes. Sur ce plan là, sans lui jeter la pierre, il est apparu très faible, comme s’il était resté dans une opposition impuissante après sa victoire électorale.


    • atanguy Le 07 août 2015 à 08h09
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      Question de rapport de forces – Les choses auraient pu être différentes si les autres peuples européens étaient sorti dans la rue pour supporter les Grecs. La fois prochaine…


      • madake Le 07 août 2015 à 09h22
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        @ atanguy
        “si les autres peuples européens étaient sorti dans la rue pour supporter les Grecs. La fois prochaine…”
        Le ton et l’orientation unie de la couverture médiatique décrivant les grecs comme des hédonistes profiteurs vivant aux crochets de l’UE, tranchent à la base toute velléité de solidarité populaire.
        Discutez en avec vos voisins!
        La perception qu’ils ont de la situation grecque et de ce qui les y a menés, est confuse et conforme au mainstream, Courant Principal Médiatique.
        L’épouvantail de la sortie de l’€urope et/ou de l’€uro – distinguo fictif, puisque l’on ne peut faire l’un sans l’autre, mais révélateur de la confusion ambiante – sévit tout autant:

        Retour au moyen âge, isolement économique, récession, dévaluation monétaire, attendent ceux qui voudront quitter l’Europe.

        Mais tout celà ne décrit-il pas fidèlement et précisément ce qui arrive aujourd’hui à la Grèce?
        Grèce qui reste bien dans l’€urope!
        A ceci près que la dévaluation est sociale, et la paupérisation des grecs une réalité, ça n’est plus une menace.


      • Macarel Le 07 août 2015 à 09h42
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        Tu parles Charles, c’est l’été, saison du bronze-cul sur les plages.
        Trois millions de Charlie dans les rues suite à l’attentat à CH, personne quand le peuple grec est braqué par l’Eurogroupe. Tout est dit, la solidarité internationale ? Aux calendes grecques, oui !
        Laissons l’internationalisme aux romantiques de la gauche “radicale”. Dans la réalité les internationalistes de gauche, qui ont combattu la réaction dans leurs pays respectifs, ont toujours été écrasés par l’internationale du capital ( qui elle, existe bel et bien).
        La Commune de Paris (qui était aussi un mouvement patriotique), Jaurès assassiné juste avant la boucherie de 1914, les Spartakistes massacrés par les forces de la réaction allemande, Allende bombardé dans son palais, etc… Franco, plutôt que le “Frente Popular”.
        Jamais, jamais, jamais, le capital, n’acceptera que des mouvements progressistes remettant en cause sa dominance, prennent le pouvoir où que ce soit. Ceci est la dure réalité.
        Les rapports de classes sont féroces dans le cadre capitaliste, seuls les naïfs peuvent croire le contraire. Tout particulièrement lorsque les contestataires remettent en question le droit de propriété des moyens de production.


      • Yann LARGOEN Le 07 août 2015 à 11h12
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        Pourquoi s’en tenir aux peuples européens ? Si les chinois, les russes et pourquoi pas les américains étaient descendus dans la rue, la victoire était encore plus certainement acquise ! C’est quand même fou cette façon de conditionner la réussite de la politique qu’on soutien à des conditions complètement loufoques. C’est juste pas sérieux et en plus sottement culpabilisateur pour les gens qui sont sincèrement solidaires des grecs. Si le sentiment europhobe a progressé grâce à Tsipras [on peut lui reconnaître ce mérite] c’est à chaque peuple d’en tirer parti dans chaque pays, sans attendre on ne sait quelle fédération de mouvements d’opposition à l’échelle de l’europe. On peut légitimement se demander si les gens qui préconisent des trucs pareils sont réellement désireux de la réussite de leur projet tellement c’est trop nul comme stratégie.


      • Merle Le 07 août 2015 à 12h12
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        Pourtant je pense qu’il a raison. On sait maintenant ce qu’est l’Union Européenne et ce qu’elle n’est pas. L’effondrement dans les sondages de Podemos que vous soulignez en est une preuve : l’européisme progressiste vient de se prendre un bon coup de cutter.

        Même si cela prend du temps, on ne peut pas envisager sereinement de quitter l’union européenne ou l’euro sans avoir éluder toutes les autres possibilités. Moi, français, je vois le cas de la Grèce comme une expérience. Il arrivera forcément un moment où nous, la France, serons dans leur situation (pour le coup, je pense qu’on peut miser sur un délai d’attente relativement faible, 3-4 ans ?).

        Dès lors, on saura que toute restructuration de la dette est impossible, que les pertes des banques sur cette restructuration ne seront pas facilitées par la BCE et que l’euro nous tuera rapidement (ou bien peut être miracle, la Grèce se relever ? Après tout, ils en chient grave, mais ils ont un excédent budgétaire). Dès lors, soit les partis de gauche s’alignent sur l’option de sortie de l’euro de manière beaucoup plus dure que Tsipras, soit nous voterons extrême droite en masse.

        Je serais donc très proche de l’avis de notre Lordon… Sauf que, pour le coup c’est une histoire de paille et de poutre dans l’œil. Croire que ce sera plus facile au niveau national qu’au niveau européen est probablement une erreur. Je tiens à signaler que la France a été un des premiers pays à accepter TAFTA sans aucune réserve, et que c’est grâce à l’Allemagne (moins stupide que nous? Ou simplement moins Young Leader ?) que l’on ne s’est pas lancé à corps perdu dans ce délire néolibéral. C’est aussi la France qui s’est alignée la plus vite sur Washington durant la guerre civile en Syrie. C’est aussi la France qui est la première à s’asseoir sur les directives européennes les plus censées (comme pour la traçabilité sur le mode d’abattage de la viande de nos assiettes).

        Je crois encore profondément à l’Union Européenne. Mais comme chaque pays, je vois une UE selon mon référentiel. Le peuple allemand voit une UE rigoriste et ouverte, le peuple français voit une UE sociale et plus protectionniste. Les pays de l’est comme la Pologne ou la Roumanie veulent une UE américaine. Etc …

        Il y a une divergence politique énorme au sein même des pays fondateurs mais tous s’entendent à peu près sur le modèle de la sociale-démocratie (à savoir le néolibéralisme avec des allocations chômage). Un tel consensus serait impossible avec autre chose que le néolibéralisme (à savoir pas de consensus du tout, vu que le néolibéralisme est par nature un système sans règle).

        Monsieur Berruyer, vous dites souvent que la dette est intenable et qu’elle va nous exploser à la tronche. Vous dites aussi que cela sera une traversée du désert de revenir à un niveau de dette stable quel que soit le choix effectué. Il y a donc 6 options que l’on peut mixer:

        1 – austérité budgétaire: fonctionne à l’échelle d’un pays, ne fonctionne pas à l’échelle d’une zone. Particulièrement injuste socialement.
        2 – restructuration de la dette: engendre directement des pertes énormes dans nos banques (vive les taux négatifs), banques qu’il faut donc recapitaliser derrière.
        3 – politique de planche à billet des actifs financiers: c’est le QE, je pense que personne ici est capable de me dire la conséquence de ce truc, hormis de faire baisser les taux d’intérêts et d’augmenter de ce fait la spéculation et les mauvais investissements. Et donc le risque financier…
        4 – politique de relance: allez, 8% de déficit public pour 2% de croissance ! GO GO GO ! (gogo, de toute façon, de la croissance il y en aura plus).
        5 – dévaluation monétaire: j’espère que vous n’avez pas mis d’argent de côté pour les études de vos gamins.
        6 – augmenter la population artificiellement pour augmenter ou stabiliser le PIB (taux de natalité/immigration). Je ne suis pas sûr qu’on va pouvoir encaisser politiquement comme l’Allemagne 1 million d’immigrés par an. De plus, le taux de fécondité des pays d’émigration chute comme le nôtre (sauf le mali, mais ça viendra). Eh oui, on ne rembourse pas une dette faite à 100 avec 50 personnes. Par conséquent la déflation démographique devient un gros problème. Chose absurde au Japon, ils en sont à faire des terre-pleins sur la mer pour construire, mais Shinzo Abe envisage l’option de faire venir des brésiliens pour compenser leur faiblesse démographique.

        On peut juger quel groupe d’options seraient les moins désastreux. Pour moi l’UE joue sur tous les tableaux sauf la relance (qui est la pire option). Elle applique l’austérité (1). Elle rachète la dette publique et privée via la BCE (2) et son QE (3). Elle dévalue l’euro (5) (on est d’accord qu’il a quand même perdu 30% le bousin depuis 2007). Elle applique des politiques pro-immigration (6).
        Pour moi, les meilleures options sont celles qui s’accordent le mieux avec la décroissance (1-2-3-5). On pollue trop, on est trop nombreux (vous habitez l’ile de france ?), on se repose trop sur le tertiaire et le financier. On ne peut pas grossir comme un bœuf quand on est une grenouille.
        Toutes choses relativisées, il y a donc deux questions :

        – Est-ce que l’UE est si loin du compte ?
        – Est-ce que la France ferait mieux politiquement sans l’UE ?

        Pour moi sortir ou rester dans l’UE ne changera rien. Je ne vois pas un pays en dehors de l’UE s’en sortir mieux que nous au niveau de la dette.


        • Alae Le 07 août 2015 à 14h21
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          “Pour moi sortir ou rester dans l’UE ne changera rien. Je ne vois pas un pays en dehors de l’UE s’en sortir mieux que nous au niveau de la dette.”

          Cela changerait déjà beaucoup de choses au niveau de nos libertés politiques intérieures. Nous aurions le droit de nationaliser, de gérer notre économie comme bon nous semble, d’appliquer autre chose que des dérégulations, des privatisations et des décisions néolibérales, et de (enfin) sortir de l’Otan et de la vassalisation envers les USA, entre autres avantages. Bref, ça nous rouvrirait la possibilité d’un vrai destin.

          Pendant ce temps, les BRICS avancent…


          • Gilles Le 07 août 2015 à 14h34
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            “Pour moi sortir ou rester dans l’UE ne changera rien. Je ne vois pas un pays en dehors de l’UE s’en sortir mieux que nous au niveau de la dette.”
            Le dénommé “Merle” devrait s’informer !!

            c’est ce genre de contre vérités qui dérangent. Fin 2014 l’endettement moyen était de:

            pour les pays de la zone euro: 82.14 %
            pour ceux hors zone: 52.69 %

            et pour les pays hors UE et hors zone, quelques exemples: Suisse: 45 %
            Turquie: 33 %
            Russie: 18 %
            Norvège: 32 %


          • Merle Le 07 août 2015 à 15h47
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            C’est vraiment, mais vraiment … de comparer le niveau d’endettement de la Turquie avec celui des pays intra zone euro. Dites moi, vous comptez aussi le Paraguay et la Namibie dans votre moyenne ?

            Je ne dis pas que l’on ne serait pas plus libre. On le serait assurément. Mais ça ne changerait rien à la politique menée en France. Vous comptez voir Hollande ou Juppé choisir un autre cap ?


            • Gilles Le 07 août 2015 à 16h04
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              1.jusqu’à nouvel ordre, la Turquie est en Europe contrairement au Paraguay et à la Namibie.


          • Vincent Le 07 août 2015 à 17h32
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            mouais, la Turquie est artificiellement en Europe via Intervision et le foot. Elle n’appartient ni géographiquement ni culturellement à Europe.
            Et son adhésion à la communauté européenne (à ne pas confondre avec l’Europe), elle est sans cesse retardée…


          • Merle Le 07 août 2015 à 23h15
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            La question n’est pas de savoir si la Turquie ou la Russie sont dans l’Europe. La question est de savoir si c’est pertinent de comparer le niveau d’endettement de la Turquie avec celui de la France. Ce ne sont clairement pas les mêmes économies ni le même stade de développement. Son PIB par habitant est juste 4 fois moins important !

            Je passe mon tour pour expliquer pourquoi la Norvège, la Suisse et la Russie ne sont en rien comparable économiquement avec notre pays. Si pour ne pas avoir de dettes il suffit d’avoir les champs de pétrole de la baltique, eh bien, il suffit d’exploiter aussi les nôtres … Sauf qu’on en a pas.


        • FEG Le 08 août 2015 à 08h28
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          Parmi l’exposé des 6 options à mixer, le point n°2 est exposé en ces termes :
          « 2 – restructuration de la dette : engendre directement des pertes énormes dans nos banques (vive les taux négatifs), banques qu’il faut donc recapitaliser derrière. »

          Puis, pour soutenir que l’UE agit sur ledit point n°2, il est avancé plus bas :
          « Elle (l’UE) rachète la dette publique et privée via la BCE (2) ».

          Quel est le rapport exact entre la « restructuration de la dette » et son « rachat par la BCE » ?

          Pourquoi s’affranchir de la question de la dette et de ses intérêts toujours laissés intacts (sous couvert d’une substitution de créancier, tel la BCE) et de celle des banques universelles ?

          Si un moratoire repoussant la dette aux calendes grecques ou un défaut partiel (voire total) font sauter certaines banques, pourquoi n’envisagez-vous pas la solution avancée par Frédéric Lordon (« ramassage à la pelle et au petit balai ») : rachat par les États pour l’euro symbolique (valeur résiduelle après faillite), séparation des activités de dépôt et d’affaires, remise en piste des banques commerciales / de dépôt sous forme mutualisée ou nationalisée ; quant aux activités spéculatives et de banques d’affaires … bon vent et à vos risques et périls ?

          Pourquoi également cette impasse sur l’apurement intracommunautaire des dettes publiques propres à chaque État membre de l’UE, détenues par des banques privées ressortissantes des États de ladite UE et croisées entre elles ? A combien s’élèveraient alors les soldes nets respectifs pour chaque État, après compensation ?

          Certes, ce dernier traitement brutal retirerait aux banques privées universelles l’assiette de leurs rentes exponentielles détenues sur les États, avec risque de faillite (cf. plus haut) ; mais quand nécessité fait loi, les États étant surendettés et les taux ne pouvant descendre plus bas…


    • Charles Michael Le 07 août 2015 à 08h57
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      Yann LARGOEN,

      Je doute un peu de la réalité de cette notion de “rapport de force”, ou plutot du recour répété à ce concept qui tourne à l’incantation.
      Manifestement une des faiblesse de l’équipe Syriza (et ça transparait bien dans cette interview de Tsipras) était la croyance dans une chose appelée Europe qu’on pense à l’UE ou aux mouvements de gauche type Polemos et/ou FdG.

      Sur le plan intérieur grec il s’agissait d’une lutte nationale pour retrouver Sa souveraineté. Il est bien naïf de se reposer, même en partie sur une solidarité internationale et l’UE de la compétitivité est bien là pour le démontrer.

      Sur le “rapport de force” qui aurait bougé (autre formule usagée) il est intéréssant de les passer en revue coté dissidences et contestations:
      – le FdG est entre fracturation et remise en question de sa stratégie, on ne sait ce qui va en sortir et encore moins quand ?
      – une certaine droite gauliste se sent raffermie et une gauche Chevénementiste, bien que prudement, aussi.
      Tout ça ne fait pas de bien gros bataillons
      – le peu convaincant, mais électoralement dominant dans ce camp, Front National, m’a semblé à la suite de l’échec de Syriza avoir baissé d’un ton; il est vrai que les problèmes Papa-Fifille peuvent inciter au retour aux fondamentaux xénophobes.

      Le vraiment moche dans cette défaite, est la victoire de l’eurogroup, qui a terrorisé notre président (bon, c’était pas mission impossible ) réafirmé la domination germanique et relancé le débat pseudo fédéraliste, ultime chimère pour les enragés et croyants mollassons.


    • Vallois Le 07 août 2015 à 22h30
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      Je m’éloigne un peu mais effectivement je suis surpris que Tsipras nous dépeint ce qu’est la méthode Monnet. Voir que parmi ceux-là, certains sont aussi capables de fantasmer sur l’empire Carolingien, le Saint Empire Romain Germanique et l’Empire Napoléonien avec le Prix Charlemagne et l’Union Paneuropéenne. Les symbôles choisis sont loin d’être innocents, ils portent les valeurs comme, l’aigle et le SPQR des Romains.

      http://www.karlspreis.de/fr/le-prix-charlemagne/origine

      “L’initiateur, M. Dr. Kurt Pfeiffer, tira habilement parti de la fête de Noël imminente et de l’Année sainte proclamée par le pape pour proposer un « prix à décerner chaque année, récompensant la contribution la plus précieuse pour l’entente en Europe de l’Ouest ».”

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_paneurop%C3%A9enne_internationale

      “En 1972 a eu lieu la frappe des trois pièces commémorant le cinquantenaire de l’Union Paneuropéenne. Trois pièces en argent représentant Napoléon Bonaparte, Carolus Quintus et Carolus Magnus respectivement d’une valeur faciale de 5, 2 et 1 ÉCU.”


  12. FifiBrind_acier Le 07 août 2015 à 08h04
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    L’illusion de Tsipras, je crois, c’est de penser que les citoyens européens vont se mobiliser massivement pour sauver la construction européenne, et l’euro, qu’on leur a imposés, et qui les a ruinés…, pour en faire autre chose, comme l’espèrent tous ceux qui veulent refonder l’ Europe.

    La plupart des Traités avant Maastritch n’ont fait l’objet d’aucune consultation.
    Les quelques referendum qui ont eu lieu portaient sur des questions techniques, l’élargissement à d’autres pays, la Constitution européenne, la création de l’euro, de l’ UE et l’entrée dans l’ OTAN etc . Avec propagande uniquement pour le oui.

    Mais jamais personne n’a demandé aux citoyens européens s’ils étaient d’accord sur le principe même de la construction européenne. On leur a promis monts et merveilles. Et quand ils ne sont pas d’accord, on fait comme s’ils l’étaient.

    Le seul mérite des négociations avec la Grèce, c’est d’avoir mis à nu la réalité politique des dirigeants européens et de ses Institutions. C’est l’idée même de la construction européenne qui s’est dévoilée dans toute sa cruauté, pas de quoi faire rêver grand monde désormais.

    L’euro scepticisme gagne du terrain, et pas seulement à l’extrême-droite, comme essayent de le faire croire la Gauche. La sortie de l’euro est maintenant à l’ordre du jour des débats, enfin!! Reste à faire la pédagogie des liens entre la monnaie, le chômage, la dette illégitime et l’austérité; quand on lit Pierre Laurent, ce n’est pas acquis…
    Sapir et Berruyer vont avoir du pain sur la planche…

    Mais comme on ne peut sortir légalement de l’euro qu’en sortant de l’ UE, les débats vont forcément aborder la question de la souveraineté politique, et pas seulement monétaire, débats jusqu’ici interdits.

    La réponse politique des Institutions européennes et des dirigeants, au lieu de se préoccuper de l’intérêt général de leurs pays, comme le souhaitent les citoyens, d’imposer encore plus de Fédéralisme, est peut-être la goutte d’eau de trop, qui fera déborder le vase….


    • Macarel Le 07 août 2015 à 09h00
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      Le discours de Philippe Séguin contre l’Europe fédérale. (1992)

      https://www.youtube.com/watch?v=_oN-DxnGPZQ

      Séguin, avait démonté le “redoutable engrenage irréversible” mis en place par ce Traité.

      Aussi le discours de Mendez-France en 1957

      http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article526

      De grands hommes d’Etats qui étaient très lucides, trop pour leurs contemporains, qui se sont laissés enfumer par les arnaqueurs de l’européisme et de l’atlantisme.


      • Macarel Le 07 août 2015 à 09h05
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        Européistes qui ont pour ligne de conduite d’éviter tout débat démocratique, et d’avancer sous couvert de la technique, technique qui bien évidemment est trop compliquée pour être débattue sur la place publique.


        • Vallois Le 07 août 2015 à 22h32
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          La méthode Monnet :
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monnet

          À une époque plus récente, sa méthode est quelquefois remise en cause par certains hommes politiques, comme Dominique Strauss-Kahn, qui affirmait dans un rapport remis à Romano Prodi en mars 2004 :

          « Aujourd’hui la méthode Monnet est arrivée à épuisement. Le déséquilibre qu’elle a généré — des compétences politiques de plus en plus importantes confiées à une institution de nature technique — provoque une crise institutionnelle profonde : l’Union européenne est malade de son déficit démocratique. »

          Et voici ce qu’il disait de De Gaulle :

          « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec lui ; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés ; qu’il est un ennemi de la construction européenne, qu’en conséquence il doit être détruit (sic) dans l’intérêt des Français. »


      • Macarel Le 07 août 2015 à 11h31
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        La France s’est faite en plus de mille ans, au cours d’une histoire tumultueuse et souvent violente. L’unification des régions de ce qui est devenu la France, ne s’est pas faite sans usage de la force armée.
        Il en va de même de la plupart des nations. Y compris la nation américaine, qui a d’abord exercé sa violence sur les autochtones amérindiens, les esclaves noirs, puis s’est unifiée lors de la guerre de sécession, et ne perdure que parce qu’elle est toujours en guerre contre un ennemi extérieur réel ou fantasmé.
        Comment, pourrait-il en aller autrement pour le projet fédéraliste européen, il ne pourra aboutir sans violence. Ce qui s’est passé avec la Grèce ne constitue que les prémisses de ce qui attend les autres nations dominées par l’Allemagne et ses vassaux, dont la France.
        C’est cela l’échec fondamental du projet européen, il devait faire l’unité du continent sans violence, or il est de plus en plus évident que les partisans de l’unification, ne reculeront pas devant la violence pour arriver à leurs fins. Ignorer les enseignements de l’histoire, c’est s’exposer à de graves déconvenues, et c’est bien ce qui nous arrive aujourd’hui.


        • Subotai Le 07 août 2015 à 19h18
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          Bonjour Olivier, j’ai vraiment l’impression en lisant les commentaires de suivre des discussions byzantine sur le sexe des anges.
          Sortir de l’Euro, pas sortir de l’Euro, faire ci, faire ça, ou autre chose.
          Pendant ce temps la planète change, violemment, les peuples d’ailleurs bougent, en masse, nos Gouvernants tentent de remettre sur pied le Saint Empire Romain Germanique, désespérément.
          C’est pourtant facile de “sortir” de l’Euro, il suffit de l’utiliser de moins en moins. C’est que qu’une partie de plus en plus grande de nos concitoyens, mais pas seulement, se mettent à faire tranquillement et sans tapage, en se mettant au partage et à l’échange de pair à pair…
          Get out of the groove.


        • Macarel Le 07 août 2015 à 19h43
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          D’ailleurs j’ai oublié pour les States, la guerre d’indépendance contre les anglais… Il y a eu aussi la guerre contre le Mexique, et l’annexion des Etats du sud-ouest des USA.
          D’ailleurs quitte à se faire par le fer et par le feu, la Fédération Européenne devrait commencer par livrer sa guerre d’indépendance contre les Etats-Unis.
          Le TAFTA, c’est un motif de guerre, bien plus important que les taxes de l’Empire britannique sur les importations de thé dans les colonies américaines de la côte est. A quand notre “Boston tea party” ?
          Faudrait déjà qu’on trouve notre Georges Washington, nos Jefferson, John Adams, j’ai beau chercher dans l’UE, il n’y en a pas, il n’y a que des gens couchés devant le nouvel Empire. Et comme disait P. Séguin dans son discours de 1992 : “c’est debout que l’on écrit l’histoire.”
          Aujourd’hui l’histoire s’écrit ailleurs que dans l’UE. Mais il reste des hommes qui ont choisi d’être debout en Europe, Poutine est sans doute le plus célèbre, et c’est sans doute pour cela que l’Empire le hait. L’Empire est tellement habitué à avoir en face de lui des créatures viles et rampantes.


          • bardamus Le 07 août 2015 à 21h05
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            Bemol sur Poutine !

            Poutine est un mondialiste aussi, il est un des leurs.

            Ils ne s’entendent pas sur le partage du gateau tout simplement depuis que les anglo-saxons n’ont pas respecté la fin du Pacte de Varsovie en allant s’installer aux frontières de l’Ukraine.

            Il voulait contrer les atlantistes en proposant l’unification d’un bloc entre Lisbonne et Vladivostock (proposition en 2011 et janvier 2014) d’où la réaction furieuse et la guerre en Ukraine (déclenchée par les cow-boys et leur caniche l’UE).

            Ne pas voir en Poutine un anti mondialiste respectueux de la souveraineté de chaque peuple, il est pour le fédéralisme et la supra nationalité.


          • Macarel Le 07 août 2015 à 22h02
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            Poutine, est un des leurs ? Pas tout à fait, sinon il ne serait pas diabolisé comme il est en occident.


          • Subotai Le 07 août 2015 à 23h46
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            Pour Bardamus.
            Revoir la géographie de la Russie (superficie, démographie, ressources, etc…)
            On n’est pas mondialiste (comprendre impérialiste) quand on est loin d’avoir rempli son propre territoire…


        • AL60 Le 08 août 2015 à 00h38
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          Sans crise économique la pilule passerait toute seule comme ça été le cas jusqu’à présent.
          Maintenant avec la crise tout dépendra du seuil de tolérance à la souffrance que les peuples seront capables d’atteindre avant de réagir.
          Quand on voit l’exemple du peuple grecque on se dit qu’on est encore bien loin d’atteindre ce seuil où les peuples vont réagir, d’autant que pour l’instant la plupart ne sont même pas conscients.
          Le renard n’est pas prêt de se manger la patte pour se libérer car les machoires du piège ne se sont pas encore assez refermées et il ne craint pas pour sa vie.


      • Julian Le 07 août 2015 à 13h19
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        Mendès-France et Séguin. Leurs angoisses étaient semblables. Celles de véritables hommes d’État qui pensent le futur.

        Les deux discours dont vous donnez le lien sont essentiels pour tout comprendre.

        A la lecture de l’interview de Tsipras, je m’interroge vraiment : a-t-il seulement lu le Traité de Rome ?

        Le Traité préfigure ce qui deviendra la dictature absolue des marchés avec l’Acte Unique, Maastricht et Lisbonne. L’engrenage y est amorcé.


        • atanguy Le 08 août 2015 à 03h39
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          Bonne question: Connaissez vous l’article 123 du traite de Lisbonne(suite de Maastricht etc…)? Des lors vous aurez compris l’origine de la dette des états et tout devient clair pour vous. Entre autre vous saurez que la Grèce en fait a déjà payé deux fois sa dette et que la France devrait n’avoir plus de dette du tout si ce fameux article n’était pas appliqué.


    • Macarel Le 07 août 2015 à 09h12
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      Le Front de gauche à la peine face au tabou de la sortie de l’euro

      http://www.marianne.net/front-gauche-peine-face-au-tabou-sortie-euro-100235766.html


    • Macarel Le 07 août 2015 à 09h19
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      Démondialiser et coopérer

      Aurélien Bernier

      http://abernier.vefblog.net/32.html#Faire_ouvertement_front_au_projet_europeeneuropeen

      Les difficultés actuelles et celles qui s’annoncent sont très largement dues à la myopie de la gauche radicale sur la véritable nature de l’Union européenne. Pendant dix ans, entre le Non français du 29 mai 2005 et aujourd’hui, elle n’a cessé de prétendre, en dépit du bon sens, que les institutions communautaires étaient réformables. L’Union européenne pouvait bien imposer le traité de Lisbonne, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), martyriser et humilier les pays du Sud, négocier avec les États-Unis le Grand marché transatlantique… les Syriza, les Front de gauche et les Podemos n’en démordaient pas : la négociation avec Bruxelles, Francfort et Berlin permettrait de « changer l’Europe ». Et de faire de l’euro un outil au service des peuples… Le plus tragique est de ne pas avoir perçu que ce discours, même s’il est plus virulent dans sa forme, n’est qu’une réplique de la propagande sociale-démocrate : demain, l’Europe sociale ! Les promesses trahies de François Mitterrand, de Lionel Jospin puis de François Hollande suffisaient à disqualifier totalement cette stratégie. Mais la gauche radicale s’entêtait. Jusqu’à la séquence grecque de 2015 qui fait définitivement voler en éclat l’illusion de la « réforme de l’intérieur ».


  13. Macarel Le 07 août 2015 à 08h42
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    Le projet européen est atlantiste, ordo-libéral, et fédéraliste/anti-nations (sauf pour la nation allemande) depuis le début.

    En clair une Europe sous le contrôle de Washington et de Wall street, de Francfort, Berlin et Karlsruhe, et bien entendu au service de la finance internationale et des multinationales.

    L’euro ayant été conçu pour forcer le fédéralisme (sous la domination allemande) et l’abandon des souveraineté nationales (sauf la souveraineté allemande).

    Français, espagnols, grecs, portugais, vous allez devenir des germanoricains ou des euroricains, c’est pareil, à coups de pieds dans le cul. Le TAFTA, va être la cerise sur le gâteau de ce processus lancé par les banquiers il y a plus de 50 ans.

    Adieu, démocratie, souveraineté, protection sociale, bienvenue dans le Jurassic Parc du capitalisme financier ultra-libéral le plus agressif ayant existé depuis bien longtemps.
    La route de la servitude (Hayek), est devenue une autoroute, dans dans le monde néo-libéral d’aujourd’hui.

    Tant que la gauche dite radicale, n’aura pas compris cela, elle ne pourra que décevoir ceux qui pensaient qu’elle pourrait être une alternative aux partis du système.
    Sans sortie du cadre, à commencer sur le plan intellectuel, pas de salut. Rester dans le cadre du système c’est l’esclavage, toujours plus d’esclavage.


    • Macarel Le 07 août 2015 à 08h47
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      Tant que la gauche dite radicale, n’aura pas compris cela, elle ne pourra que décevoir ceux qui pensaient qu’elle pourrait être une alternative aux partis du système.

      Ce qui alimentera le vote populiste de droite et d’extrême-droite, en France en 2017, ça va être un test intéressant à ce sujet.

      Plus que jamais la maxime de 1984 est vraie :

      “La liberté c’est l’esclavage”

      La liberté du renard dans le poulailler, c’est l’esclavage des poules.


  14. 21 janvier 1793 Le 07 août 2015 à 08h59
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    Quand Jürgen Habermas lui-même affirme que l’Allemagne a détruit une stratégie de cinquante ans, une stratégie de l’imposition par la persuasion et non par la force, je pense que ce sont des mots qu’il nous faut écouter.

    -> oui c’est positif, car le débat change d’ampleur. Maintenant, de très larges couches des populations européennes, et du peuple grec, ont pris conscience de la nature de l’UE et de l’euro. Le débat sur l’euro peut avancer (ou plutôt s’enclencher) grâce à cette nuisance démontrée. Il y aura toujours les ayatollahs qui menaceront de l’éclatement de l’UE, de la guerre, de la famine et de misère sexuelle pendant 7 générations, mais le débat sera plus large et sur de nouvelles bases. D’où un possible soutien populaire large.


  15. reneegate Le 07 août 2015 à 09h12
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    Cette gauche n’est pas radicale, voilà le seul problème. Tsipras n’envisage aucune politique sans les marchés (il le dit clairement), sans l’Europe et bientôt sans l’OTAN. Son cadre de pensée est le même que celui d’Hollande, de Merkel. En ce sens Varouflakis est bien différent et les Eurocrates l’ont bien senti aussi. Tsipras peut rester il est largement accepté par les maîtres.
    Varouflakis ne remportera jamais aucune élection, les maîtres y veillent. Une véritable gauche radicale envisagera désormais de prendre le pouvoir avec le peuple sans élection. Et le contrat sera moins de fric (à gauche justement) mais plus de temps à partager et le nécessaire pour vivre à tout le monde, moins de délinquance, …. et ce n’est pas avec les “marchés” (plus connus sous le nom de grand capital) que l’on peut réaliser cela. résumé = Rupture sinon rien.


  16. Alain Le 07 août 2015 à 09h32
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    C’est ballot quand même: il est arrivé à pousser l’eurogroupe aux limites de sa cohésion mais le résultat est un accord encore plus mauvais que celui obtenu par ses prédécesseurs. On ose imaginer si il avait été moins loin …. On se console comme on peut


  17. Jean-Paul B. Le 07 août 2015 à 09h41
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    Bonjour,
    en fait Tsipras c’est Hollande!
    Dommage.


  18. olivier imbert Le 07 août 2015 à 09h56
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    l’isolement au sein des dirigeants actuels de l’europe mais des coopérations assez sérieuses avec les rusees et le venezuela et cuba sont déjà parties. …et lorsque la banque d’investissement des brics sera il pourra toujours s’orienter ou s’isoler pour ne pas être contaminé par l’union Otan- UE qui est à la fois économique et militaire.


  19. Gwynpaine Le 07 août 2015 à 10h01
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    M. Berruyer vos piques à l’égard de M. Tsipras me semblent mal appropriées..il ne me semble pas que ce soit sur ce ton que ce dirigeant a mérité d’être critiqué..

    Cet interview que je vous remercie d’avoir repris est particulièrement remarquable..
    Là où l’Eurogroup n’en voulait absolument pas cherchant à imposer sa “gouvernance par les nombres” M. Tsipras a réussi à force d’obstination et d’intelligence 6 mois durant à faire valoir la nécessité d’aborder le problème de la dette comme une question politique au niveau européen.

    Souvenons-nous par comparaison de la précipitation couchée-rampante avec laquelle “notre” président fraichement élu et aussitôt reniant ses engagements, s’en est allé signer, le pacte pacte budgétaire européen (TSCG)..et bien sûr sans le moins du monde en rendre compte devant l’opinion publique..

    Et si nous sommes consternés qu’il ait finalement accepté ce mémorendum de l’Eurogroup qui revient à céder “et la bourse et la vie..” de son peuple..je ne crois pas qu’il y ait de celà matière à plaisanter ..
    Car sa défaite est ici avant tout la marque de notre honte, “nous” les peuples de l’Eurogroup..


    • bnvdetui Le 07 août 2015 à 12h40
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      constatons pragmatiquement , quelles que soient nos opinions , qu’alexis tsipras , est le fruit mûr
      de la propagande euro-atlantiste ressassée depuis 40 ans , par tous les partis politiques , merdias etc… en fait il me renvoit à ces forains de cirque , qui dresse l’éléphant , dés son plus jeune age,
      en l’attachant à un piquet planté ds le sol; ainsi à l’âge adulte il a le reflexe de rester attacher au piquet , malgrés son poids et sa force, le lavage de cerveau a été trés éfficace.
      cela signifie aussi pour nous, que pour nous libérer de l’emprise euro-anglo-saxonne , nous allons devoir nous passer des politiques.


  20. RosettaPhilae Le 07 août 2015 à 10h57
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    Je comprends la petite tape amicale de Junker. Tsipras est un bon garçon qui apprendra vite. Le moment n’est pas loin où Tsipras dira à son peuple : “Peuple Grec, je suis là pour alléger vos souffrances” comme Pétain qui avait fait don de sa personne ou Hollande qui propose un allongement des prêts aux agriculteurs. Je sens que Tsipras n’est plus très loin de devenir un Européiste disciple de Laval.


  21. reneegate Le 07 août 2015 à 11h16
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    Il suffit de voir le show du 20h notamment au sujet de l’inauguration d’une partie du canal de suez pour enterrer une seconde fois Goebbels. Cela montre bien à qui il faut s’attaquer, il va nous falloir des durs dans notre camp. Et même si j’adhère à l’esprit du commentaire, quel avenir pour un pays et son peuple que de servir les touristes du monde entier (qui pourront d’ailleurs remonter plus vite le canal de suez)!
    Le tourisme c’est le grand projet des libéraux, apprendre à bouger partout et très vite pour ensuite travailler de la même façon dans un marché du travail enfin ouvert!
    J’ai l’impression qu’un travail de désintox est vital pour la suite et pour rester radical. Et cela ne veut pas dire de se comporter comme une brute, de ne pas respecter l’autre, de ne pas échanger, mais d’être fier de porter ce que l’on croit bon et juste et de bien mesurer ses adversaires.


  22. Ignotus Le 07 août 2015 à 11h29
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    Je ne sais pour vous, mais moi, je suis particulièrement agacé par l’emploi du mot Europe à la place d’UE.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Europe
    “L’Europe est un continent ou une partie des supercontinents de l’Eurasie et de l’Afro-Eurasie.”
    On parle bien de géographie.
    En revanche l’UE
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne
    “L’Union européenne (UE) est une association politico-économique”
    On parle de politico-économie.
    D’après mes lectures, il semble que cet amalgamme soit voulu par les européistes.

    Je serais donc très heureux que sur ce site chacun comprenne la difference et emploie le mot adéquat en particulier les plus impliqués(ées), les plus épistoliers(ières).

    Un grand merci.


  23. Olposoch Le 07 août 2015 à 11h43
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    On peut comprendre la démarche de Varoufakis et Tsipras pendant 5 mois de négo…
    Mais là ou ils ont merdé, c’est le référendum…
    D’après ce qu’on sait de l’attitude de nos “partenaires allemands”, il ont été très clairs dès le début, il n’y aurait pas de négociation, ils ont toujours voulu la capitulation et l’humiliation, pour l’exemple.
    Donc faire un référendum… pourquoi mentir aux grecs en leurs servant encore l’utopie de la démocratie comme valeur ou rapport de force… en Europe…
    La seule question en fait aurait dû être:
    Rester dans l’Euro et accepter le mémorandum et le pillage du pays, ou bien tenter le coup en dehors de la cage, i.e. quitter la zone Euro en restant dans l’UE… pas de bonne solution, juste un choix.
    Le peuple grec n’a pas été consulté (lui non plus) lors de son intégration dans l’Euro, il aurait pu se prononcer mais devant l’insistance de Tsipras pour ne pas lier la question de l’appartenace à l’Euro, donc à ses maîtres, le référendum, qui aurait été une vraie menace en cas de volonté de sortie a en fait conforté les euro-führers dans leur position, et donc ils ont pu durcir leurs exigences…
    Imaginons Tsipras de retour à la table de négociation avec un mandat du peuple pour quitter la zone € et annulation de la dette… l’eurogroupe serait devenu l’ “urogroupe”…
    La Grèce avait le choix de couler toute seule, ou de couler en préparant l’avenir…


  24. Benoit Le 07 août 2015 à 12h06
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    Ce que je ne comprends pas trop dans le point de vue général de ce site, c’est que la panacée serait la sortie de l’euro… Mais quid de pressions extérieures que l’UE peut imposer (genre sanctions économiques à la russie, ou autres solutions un peu plus musclées), qui pourrait avoir un effet complètement désastreux sur l’économie d’un petit pays comme la Grèce ? Vos scénarios sous entendent un “après euro” où les différents pays auraient une attitude normale vis à vis du pays sortant.

    Pourtant, vu la politique mise en place vis à vis de la Grèce dans un contexte de “négociations”, on s’attend plutôt à une politique de sanction pour bien montrer aux autres européens qu’il ne fallait surtout pas sortir de l’euro… Et vu les résultats aux sondages de Podemos, cela semble être une stratégie qui marche ! Les gens ont peur et restent sur les partis “classiques” qui imposeront à leur tour des mesures d’austérité…Etc.

    Il ne semble pas trop y avoir d’issue pour un pays qui serait sans allié, et il me semble que c’est le gros problème de Tsipras : il est complètement seul


    • RosettaPhilae Le 07 août 2015 à 14h27
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      maintenant il est seul.


    • Geneviève B 30 Le 07 août 2015 à 15h28
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      Bonjour,
      Super ce site.

      Je suis d’accord avec vous Benoit.
      Le choix pour Tsipras était :
      – 1) soit signer l’accord
      – 2) soit la catastrophe économique (peut être momentanée certes mais il faut la vivre surtout pour les classes populaires), car les faucons en face ne seraient pas restés neutres face à un Grexit, avec en prime une possibilité du retour des colonels.
      Alors, il faut oser appuyer sur le bouton nucléaire! Car dans ce cas, on n’est plus dans la vision intellectuelle mais dans la responsabilité politique et le concret.
      Et puis s’il avait choisi l’option 2) et si les conséquences avaient enfoncé encore plus les grecs (d’accord, ils sont déjà pas mal asphyxiés) et ramené les colonels, nous aurions dit peut être : “il n’a pas montré beaucoup de stratégie, de tactique, il aurait du affiner ses atouts (gagner du temps pour avoir une préparation musclée de la sortie de l’euro et le soutien de puissances hors UE).

      Moi aussi, je suis déçue du résultat car je suis pour la sortie de l’euro et de cette dictature et je ne crois pas à une Europe sociale, changée de l’intérieur et tout le bla bla, mais je reste “volontairement optimiste” et seul l’avenir nous dira s’il a eu raison.


    • Crapaud Rouge Le 07 août 2015 à 15h32
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      Mais quid de pressions extérieures que l’UE peut imposer” : ces pressions-là peuvent se contourner, à l’instar de la Russie se tournant vers la Chine, alors que les pressions intérieures sont extrêmement fortes, incontournables, sans espoir et humiliantes. Le gouvernement grec n’a plus aucune liberté, il en est réduit à exécuter des ordres.


    • Léa Le 07 août 2015 à 15h46
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      “Mais quid de pressions extérieures que l’UE peut imposer”

      Sauf que l’ UE aura explosé et ce sera de nouveau chacun pour soi.

      On va devoir payer pour les grecs, quelques banques risquent de chanceler, ( S&P vient de déclasser l’ UE ) et les traders n’attendent que ça pour attaquer l’ Euro..

      Ca coutera encore plus cher de sauver l’ Euro ou un autre pays en difficulté, comme l’ Italie ou l’ Espagne. Ce sera sauve qui peut !

      C ‘est bien joli les sanctions, mais la Grèce se retournera vers la Russie, ne manquera de rien et on ne vendra plus rien à la Grèce. On a vu ce que ça donne les sanctions avec la Russie.


      • atanguy Le 08 août 2015 à 05h42
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        “On va devoir payer pour les grecs”
        Alors la Léa vous montrez que vous n’avez rien compris et que vous reprenez le buzz des médias mal intentionnés, Si je vous dis que la Grèce a payé déjà deux fois sa dette rien qu’en remboursant les intérêts – Le croyez vous? Et pourtant c’est vrai!
        Faites moi plaisir et surtout pour votre compréhension du système financier: Regardez ce petit film: https://www.youtube.com/watch?v=rBRn7Qit-KI


    • Charles Michael Le 07 août 2015 à 16h58
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      C’est aussi mon point de vue, et c’est celui de quelqu’un ayant vécu en Grèce, y séjournant souvent et longtemps.

      Je le répéte je ne porte pas de jugement sur Tsipras, j’aurai préféré une sortie et le grexit “proposé” par Shaüble était objectivement une opportunité.

      Mais Tsipras et Syriza ont toujours été seuls.

      Ses soi-disants soutiens ont juste cherché à instrumentaliser Syriza pour cacher leurs incertitudes et hésitations. En bref ils auraient aimé que la Grèce prenne les risques, ouvre la voie vers la sortie, pour commencer à discutailler d’une nouvelle plate-forme de réflexion pour changer le rapport de force, etc..

      Ils me répugnent un peu les commentaires “courageux” de ceux qui n’ont absolument rien fait concrétement pour soutenir Tsipras, ne font toujours rien pour aider les organisations sociales aux démunis en Grèce, laissent les Grecs se débrouiller avec le flux de réfugiés (baptisés migrants dans notre novlangue) et basiquement ont de la gueule mais pas de tripes.

      Tsipras a failli, oui, l’insulter, le qualifier de traître, battir des complots, c’est justifier sa propre soumission à Bruxelles son acceptation de l’UE, ses futures renoncements.

      N’est-ce pas Monsieur Laurent du PCF ?


    • FifiBrind_acier Le 08 août 2015 à 07h31
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      En dehors de la zone euro, le reste de la planète fonctionne avec des monnaies souveraines.

      La sortie de l’euro permet de dévaluer sa monnaie pour l’ajuster à la compétitivité de son économie.

      La sortie des Traités permet de retrouver l’ensemble des droits régaliens:
      gérer ses frontières, faire ses lois, sa Justice, ses politiques budgétaires, sa politique diplomatique et militaire, élaborer des politiques intérieures nationales, emprunter à sa banque centrale à taux 0%, signer des accords de coopération, sortir de l’ OTAN, éviter TAFTA, nationaliser, élaborer des politiques sociales etc

      Exactement tout ce que la Grèce n’a pas le droit de faire, puisque les Traités depuis le Traité de Rome, n’ont eu comme objet que de dépouiller les Etats de leurs compétences pour les donner à des Instances non élues.


    • georges glise Le 08 août 2015 à 14h17
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      il vaut mieux êtres eul que mal accompagné. en 1940 churchill et de gaulle étaient seuls, et ils ont gagné.


  25. samuel Le 07 août 2015 à 12h23
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    ” Il y avait toujours l’espoir que l’attachement aux principes démocratiques, que les manifestations des peuples nous offriraient une issue, un cadre pour une solution. Ça n’a pas été le cas.”

    Depuis l’avénement des principes démocratiques, les moyens modernes n’ont jamais autant permis aux puissants de se remplir la panse, ou d’influencer plus médiatiquement l’esprit du grand nombre jusqu’à la corde, ce sont les crises qui perdurent. Si seulement l’histoire était bien enseignée sans aucun parti pri, les “modernes” ou les premiers défenseurs de la libre pensée ne pourraient pas toujours s’approprier le bien pour eux, car juste après la révolution française les petites gens avaient déjà moins le droit de se réunir et de glaner contre les premiers intérêts des grands groupes. Finalement ce n’est guère étonnant que des gens comme Tsipras ne puissent plus changer les choses, de nos jours ou la pression individualiste sur chacun n’est jamais devenu aussi grande, mais l’essentiel c’est que les grosses fortunes de l’Amérique ou d’ailleurs, puissent toujours maintenir le même statu quo de mentalité. Après on s’étonne de voir à travers plus de grands acteurs comme Depardieu de voir plus de misérables et de prostitution dans les sociétés, après tout n’est ce pas les seules valeurs du fric et de l’estomac qui mènent tout droit
    le monde à la chose. C’est étrange plus les gens réclament de la démocratie, et plus les choses s’aggravent dans le monde, de quoi serions-nous encore le moins conscient dans la misère ?


    • jducac Le 07 août 2015 à 14h03
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      @ Samuel Le 07 août 2015 à 12h23
      « C’est étrange plus les gens réclament de la démocratie, et plus les choses s’aggravent dans le monde, de quoi serions-nous encore le moins conscient dans la misère ? »

      La démocratie c’est très important et très précieux, mais ça n’est pas suffisant. Il faut aussi « avoir conscience » que c’est la physique qui pilote la marche du monde. La marge de manœuvre des êtres vivants est totalement contrainte par l’évolution physique de notre biosphère.

      Tous les êtres humains, n’ont pas atteint le même niveau de compréhension et de conscience des problèmes de fond qui se posent à nous aujourd’hui. A partir d’analyses stratégiques, les plus éclairés se sont fait une ou plusieurs idées de ce qu’il conviendrait de faire pour donner de meilleures chances à leur communauté de survivre en maitrisant les éléments essentiels à la vie (l’espace, l’eau, l’énergie et autres ressources primaires y compris les capacités d’organisation rationnelles).
      La démocratie seule ne suffit pas à dégager les solutions les plus rationnelles lorsque les votants, mais aussi les candidats aux postes de responsabilités, font preuve d’inconscience, ce qui semble être encore le cas de beaucoup de personnes.


      • samuel Le 07 août 2015 à 20h12
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        ” La démocratie seule ne suffit pas à dégager les solutions les plus rationnelles lorsque les votants, mais aussi les candidats aux postes de responsabilités, font preuve d’inconscience, ce qui semble être encore le cas de beaucoup de personnes.”

        En effet, les seuls principes démocratiques ne semblent plus empêcher le cours des événements, c’est malheureux car les grands de ce monde ont souvent fait les grandes écoles. Et puis comme on a toujours dit aux hommes qu’il n’y a rien de mieux que la démocratie, comment donc l’humanité pourrait-elle plus médiatiquement se méprendre. La démocratie n’est-ce pas la première chose enseignée dans le premier mécontement populaire, mais dans la réalité que voyons-nous ? Mais en réclamant toujours plus de démocratie à l’image ou en Ukraine, les hommes finiront bien par moins subir la tyrannie des seules lois de la physique ou des puissants. C’est comme le désir de voir toujours plus de démocratie en Ukraine, qui empêche Bhl de pouvoir mieux accepter la chose. Et puis s’il n’y avait plus la démocratie que deviendraient la plupart de nos élites ?


        • Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 21h01
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          En rapport avec mon post qui suit , qu’entends t on par démocratie ? Nous avons paradoxalement plus de choix en consommation , en opinions , en comportements et moins , sur le travail , la production , etc …La production est beaucoup plus concentrée et centralisée , et la hiérarchie plus rigoureuse et méme mécanisée ( informatique) , alors que c’est la démocratie de base .
          Un exemple : au 19e s , la production était bien plus décentralisée , les petits producteurs nombreux , les banques avaient des limites avec la monnaie , pour la simple raison que les gens pouvait transformer leurs billets en or s’ils perdaient confiance . L’or avait un pouvoir libératoire . Ce n’est plus le cas . Les gens ont perdu le controle sur la monnaie , bien commun fondamental . Perte démocratique .
          Mais , nous et encore moins les Grecs , ne nous posons plus ce genre de questions .


      • Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 20h47
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        Vous évoquez là deux questions fondamentales , qui ont un rapport étroit , mais pas éclairci déjà en physique , sciences naturelles serait mieux , et en matiére humaine encore moins .
        D’abord une remarque préalable , je crois que ce n’est pas tellement l’évolution physique de la biosphére , pais plutot l’évolution de notre rapport à elle qui est en jeu .
        Il y a deux maniéres de définir l’entropie , donc la néguentropie ( si on change le signe ) le rapport chaleur/Température , et je vais dire celui des rapports de degré de liberté , ou du nombre possibles d ‘états micro /états macro , on d’information ( c’est 2e formule est la plus difficile à interpréter physiquement . ) dommage parce que c’est celui qui permettrait de mieux définir , liberté et démocratie . Donc il y a déjà ‘physiquement’ un pb .
        Pour ce qui est de la Gréce , je pense qu’ils sont trés loin de çà , plutot préoccupés d’atteindre le niveau société de consommation , alors que nous notre pb est comment en sortir .


  26. Fool Prophet Le 07 août 2015 à 13h35
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    Je suis assez écoeuré par le tombereau d’insultes déversé ici sur Tsipras.

    J’ai été moi-même très déçu par son attitude et sa capitulation face à l’Europe néo-libérale… Quelle belle chose que cette Europe, elle mériterait le prix Nobel !

    Mais qu’attendions-nous de la Grèce de Tsipras. Voilà quelqu’un qui débarque à la tête d’un pays “violé” par tous ces “magnifiques” édificateurs de paix et de croissance européenne.

    Il doit déjà composer avec cet “héritage” qui n’est que chaînes à ses pieds.
    Avec l’étiquette collée par nos médias aussi bien de droite que “prétendus de gauche” de gauche radicale…. Et hop pestiféré !

    Et nous les peuples ?
    Entre ceux qui veulent faire payer ces “fainéasses de grecs” ! et ceux qui attendraient de ces mêmes grecs que face aux chars de l’UERSS il soient capables des miracles dont nous n’osons même pas envisager l’éventualité chez nous dopés aux produits de la croissance et autres i-phones, voiture toutes options, résidence secondaire…

    Et ouai, les Grecs auraient dû a eux tout seuls renverser la table pour que nous puissions éventuellement en toucher les subsides… et si ça ne marche pas, c’est eux qui paient… Comme cela se passe en ce moment.

    Il a bien raison d’évoquer la solidarité internationale comme élément essentiel de la Révolution Grecque à venir.
    Et si comme les commentaires assez cyniques d’Olivier le laisent supposer, cette solidarité n’existe pas… Que voulez-vous que les Grecs seuls puissent réaliser ?

    Moi aussi, j’ai été et je reste un déçu de Tsipras… Mais peut-être tout simplement parce que j’espérais en lui un Jésus marchant sur le torrent des politiques contraignantes et répressives de cette Europe à laquelle nous aspirions tous il y a encore 20 ou 30 ans.

    Responsabilité partagée donc…

    Les Grecs ont eu au moins le courage de voter Syriza, et de voter OXY au référendum avec les conséquences subies aujourd’hui…
    Nous ne sommes pas au dixième de cette résolution.


    • Louis Robert Le 08 août 2015 à 05h39
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      Bravo, FP. Partageant entièrement votre agacement, votre point de vue et vos idées, je ne saurais être davantage d’accord avec vous. Il est vraiment trop facile de déverser tout le contenu du tombereau sur Tsipras et Syriza.

      Si la Grèce en est là, c’est d’abord parce que l’UE et l’Europe sont dans un tel état de dérive et de décrépitude, à la fois autoritaires et anti-démocratiques, parce que la “solidarité” européenne n’est qu’un vain mot devant la rapacité et le pillage érigés en système, aussi parce que la gauche européenne ayant trahi plusieurs fois plutôt qu’une, elle a depuis longtemps cessé d’exister.

      Ce qui me dégoûte, c’est de constater que l’on continue d’exiger de la Grèce, de son peuple et de ses représentants, un héroïsme et une victoire décisive dont nos peuples et nos représentants sont totalement incapables, comme nous le sommes nous-mêmes du reste. Plutôt que de jouer les matamores en bombant le torse avec une si belle arrogance, réévaluons-nous et notre conduite citoyenne sans plus tarder: nous ne sommes pas du tout les héros lucides, vainqueurs et triomphants que nous croyons être, loin de là! Le reste du monde, qui en est la grande majorité, le sait infailliblement, du reste, et avoue volontiers que, le plus souvent, notre conduite ne l’impressionne guère.


    • RosettaPhilae Le 08 août 2015 à 07h18
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      Le rôle d’un chef d’Etat qui organise un référendum est de se rendre compte de la nature de l’UE. Voyant qu’il n’y avait rien à négocier hors austérité, c’était son devoir de sortir de l’Euro et de l’UE. La Grèce existait avant l’UE et existera après. En cas de Grexit, ils seraient rentrés dans un tunnel, sans doute, mais un tunnel où on voit la lumière au bout, ce qui est vital pour un peuple qui doit se battre. Actuellement il y a bien un tunnel, mais pas de lumière au bout, c’est ça la différence.


    • FifiBrind_acier Le 08 août 2015 à 07h40
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      Tsipras n’a pas menti, dès le départ, il disait qu’il ne voulait pas sortir de l’ UE, ni de l’euro.
      http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/article-alexis-tsipras-rassure-le-journal-allemand-bourgeois-die-zeit-la-fin-de-l-euro-ce-serait-la-fin-113370252.html

      Ce sont ses soutiens qui ont voulu entendre autre chose, en particulier qu’arrivant au pouvoir, il était possible de changer l’ Europe de l’intérieur: une belle illusion!

      Là où Tsipras a menti, c’est en faisant croire qu’il était possible de faire cesser l’austérité en restant dans la construction européenne:
      http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/article-le-responsable-de-syriza-alexis-tsipras-rassure-investisseurs-et-marches-financiers-a-la-television-105579552.html

      Mais cette illusion, vous avez été nombreux à nous la servir depuis toutes ces années…
      C’est le leitmotiv des 6 Partis qui appartiennent à la Gauche européenne.
      http://www.communcommune.com/article-iveme-congres-du-parti-de-la-gauche-europeenne-pge-refonder-l-europe-la-grande-illusion-ref-121627341.html


    • zorba Le 08 août 2015 à 08h51
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      Comme vous. En désaccord profond avec la stratégie (ou la tactique) de Tsipras, je trouve lamentable ces tombereaux d’injure à son égard.
      Comme disait Spinoza : “ne pas détester, ne pas se moquer mais comprendre” et on ne foutra pas les européistes dehors tant qu’on ne comprendra pas, la compréhension est révolutionnaire, la caricature et l’injure réactionnaires.
      On peut effectivement penser que Tsipras n’a rien compris, mais alors sa résistance de six mois n’était que de l’entêtement borné ? Il ne me semble pas avoir lu avant le 12 juillet ce genre d’analyse.


  27. François Le 07 août 2015 à 14h07
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    Petit calcul mathématique :

    “Ceux qui disaient « pas un euro d’argent frais » ont finalement décidé non pas seulement un euro mais 83 milliards. Donc de 13 milliards sur cinq mois on est passé à 83 milliards sur trois ans”

    Donc si on suit M. Tsipras, il a géré puisqu’il a obtenu 83 milliards sur 3 ans, contre 13 milliards sur 5 mois précédemment.
    Néanmoins, si on calcule le prorata on a :
    5 mois, qui sont donc : 5*100 / 12 = 41.66 % d’un an
    Or 41.66 % x 2,4 = 100 %
    Donc pour obtenir une année complète (au prorata) on doit multiplié les 13 milliards par 2,4, on obtient alors : 13 * 2.4 = 31.2 milliards pour un an.
    Enfin, pour obtenir le total, on multiplie par 3 pour obtenir le prorata sur 3 ans.
    On a donc : 32.2 * 3 = 93.6 milliards sur 3 ans, au prorata des 13 milliards sur 5 mois.
    Or 83 < 93.6 ;
    Bravo pour votre accord Monsieur Tsipras.


    • Gilles Le 07 août 2015 à 14h22
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      une simple regle de tois, ce n’est pas plus simple ?: (13/5)*36=93.6


    • atanguy Le 08 août 2015 à 06h28
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      Un simple oubli dans votre arithmétique: La Grèce ne reçoit pas cette argent. C’est un simple virement comptable versé aux banques pour payer les précédent emprunts avec leurs intérêts.
      Voyez cette présentation d’Eric Toussaint au parlement Grec sur les précédents payements pour “aider la Grèce”
      https://www.youtube.com/watch?v=x_Y3CUZUIN4
      La Grèce a déjà payé deux fois ses emprunts rien qu’en remboursant les intérêts de ses emprunts!


  28. Patrick Luder Le 07 août 2015 à 14h08
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    Alexis est : soit un vendu dès le départ , soit un menteur …
    ou alors il cache très bien son jeu,
    et prendra tout le monde de court.
    (on peut rêver non? ;o)


  29. Crapaud Rouge Le 07 août 2015 à 15h25
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    La Grèce ressemble désormais (ou va ressembler) aux plus pauvres pays d’Afrique, avec leur élite plein aux as et leur population vivotant dans la dèche. C’est trop tard pour elle. Tsipras restera dans l’Histoire comme celui qui a raté le coche.


  30. thmos Le 07 août 2015 à 15h31
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    Il propose à “son peuple” de faire la grève de la faim pour protester contre la famine imposée. Quel courage ! Varoufakis face à Merkel, c’est Montebourg face à Von Manstein ( Hervé Morin a bien vu le D day … ) on sait qui va gagner mais c’est les vacances, on est français on aime les histoires, pas l’Histoire. Vas-y Varouf ! Lol de La Baule.


  31. thmos Le 07 août 2015 à 15h42
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    Shauble fera bientôt moins le Docteur Folamour de la “rigueur” bruxelloise quand les 7% de croissance bidon aujourd’hui annoncés par le PC chinois vont s’écrouler et que les allemands vont se garder leurs haut-de-gamme par millions de BMW et machine outils d’export…. “Wait and Sea” comme disait un ami danseur de Sirtaki à temps partiel récemment suicidé.


  32. Austen Le 07 août 2015 à 16h00
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    Ce qu’il y a de mieux dans cet interview, ce sont les commentaires qui nous distraient de la paranoïa et de la suffisance de Tsipras en stratège mondial de l’économie en vue de la Révolution que tout un chacun est censé attendre.


    • zorba Le 08 août 2015 à 08h44
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      Oui c’est comme quand on est supporter du psg et que le gardien de l’om dégage, ce qu’on préfère c’est entendre “oh hisse, enc…!”. Votre dernière phrase “attendre la révolution” ? Savez-vous que la révolution ne sera pas télévisée.
      En désaccord avec Tsipras, il est intéressant et pas facile de comprendre comment six mois de résistance ont été balayés par dix sept heures de “négociation” (car Tsipras et les grecs ont bien résisté six mois non ?)


  33. theuric Le 07 août 2015 à 16h36
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    J’ai arrêté de lire, il est désespérant de contempler les réactions d’un homme brisé tentant de se justifier.
    @Thmos a raison, nous allons bien rire quand les gouvernements germanique et étasunien s’effondreront sous le poids de leurs délires, il n’est pas que la France pour rêver…
    Mais leur pays y pâtiront, comme partout dans le monde.
    Surtout, nous rirons bien quand tous ces fortunés de richesses virtuelles comprendront qu’elles ne sont que le vide de la chimère.
    Il n’est pas que les français pour rêver.
    Moi, ce qui m’amuse dans cette histoire, si tant est que nous puissions nous en amuser, c’est que ce soit les pays d’Europe du Sud qui, lors de ce cataclysme financier, s’en tireront le mieux.
    Quand tout est parterre mais que se libère la possibilité d’action et les forces vives, alors il devient possible de reconstruire, ce qui ne sera pas le cas de ceux qui nous gouvernent en ingurgitant nos richesse pour tenter de survivre, tout en tentant de nous détruire: U.S.A., U.E.€. et Germanie, ainsi que tous ceux qui s’y blottissent, dans l’espoir d’échapper à leur sort.


  34. Léa Le 07 août 2015 à 18h35
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    Pour ne pas faire porter tous les torts à Tsipras : sur médiapart

    «Tsipras était découragé»: le récit de Varoufakis après la victoire du non au référendum du 5 juillet

    06 août 2015 | Par La rédaction de Mediapart

    « Alexis Tsipras était soumis à une pression des figures importantes du gouvernement pour transformer le non en oui, pour capituler. » L’ancien ministre des finances raconte les circonstances dramatiques de sa rupture avec le premier ministre grec, au soir de la victoire du non lors du référendum du 5 juillet.


  35. Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 18h44
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    Il y a une question qui me taraude , à laquelle je n’ai pas de réponse . Je n’ai pas étudié le cas , mais qui il me semble vaut d’étre posée .
    On a un battage sur Martin Armstrong qui prévoit un krach obligataire ( mondial , çà va sans dire ) mais impliquant d’abord ( dans l’ordre temporel ) l’Europe et au sein de celle ci la Gréce .
    Va de soi que ce serait une crise majeure , ce coup là c’est le Titanic , nauvrage sans secours ou cannots de sauvetage suffisants dans eau glacée de la solitude .
    Par ailleurs j’ai un indicateur , par intéret personnel , qui m’indique et qui est sans rapport qu’en octobre 2015 , va se passer quelque chose de méga en lien avec les banques et la monnaie .
    Je prends donc çà au sérieux .
    La question qui me taraude est çà fait quoi pour la Gréce que ses débiteurs fassent banqueroute ?? Peut étre serait ce favorable , pour elle ?


    • atanguy Le 08 août 2015 à 06h33
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      Favorable pour la Grèce et pour l’Europe oui!


    • Gilles Le 08 août 2015 à 10h49
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      et c’est quoi, votre indicateur ?


  36. Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 18h50
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    J’ai écrit débiteurs à la place de créanciers . Je suis de gauche contrariée , dés fois je me mélange , je demande pardon comme Tsipras .


  37. FredeSud Le 07 août 2015 à 20h06
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    Bonsoir,
    Le site du CADTM contient un grand nombre de textes sur la situation grecque actuelle. Tous sont disponibles à l’adresse suivante : http://cadtm.org/Grece
    Solidairement.


  38. tchoo Le 07 août 2015 à 21h20
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    Tsipras est soi un animal politique de la pire espèce, capable de vouloir faire prendre des poissons rouges pour des baleines, soit un naïf invétéré
    ces explications répétées dans la presse sont toujours les mêmes, au nom du réalisme et il sombre dans la pseudo gauche du PS qui croit pouvoir administrer l’austérité et ainsi en atténuer les effets.
    Bref incapable de remettre en cause le système, incapable de penser autrement
    il a fourvoyé tous ses concitoyens, et semble aujourd’hui s’accrocher au pouvoir sous l’argument “sans moi le déluge”
    le réveil est brutal
    espérons qu’il ne devienne pas sanglant


  39. ponsov Le 07 août 2015 à 23h19
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    Tsipras et Varoufakis sont entrés en politique, ils ont obtenus un mandat populaire, beaucoup pensent qu’ils se sont fait menacés voire physiquement, mais comme on dit chacun son métier, les hommes politiques qui ont marqués l’histoire en bien ou en mal ont toujours été menacés, Mao,De Gaulle, Chavez, Staline,etc…même un maire subit souvent des menaces, alors depuis leur capitulation ils ne font qu’essayer de justifier un accord non-viable en disant une chose et son contraire dans la même phrase ils pleurnichent alors qu’ils devraient démissionner et pourquoi pas négocier une place à la commission européenne, ils pourraient nous donner des leçons comme ça.


  40. Thibauldt Le 07 août 2015 à 23h48
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    Excellent de publier cette interview de Tsipras. On avait entendu Varoufakis uniquement jusque là. Mais même si certains peuvent être déçus par Tsipras, les inserts ne sont juste pas à niveau. Tsipras naïf ? Sérieusement ? C’est très exactement comme le “Tsipras traître” qu’a dénoncé Kouvélakis ici même. Ce n’est pas un point de critique sérieux. On devrait critiquer la stratégie ici, relever des incohérences, souligner les vérités ou contre-vérités, pas critiquer l’homme ou sa naiveté. C’est une stratégie de parti et de gouvernement, pas celle d’un homme seul.
    Croit-on cinq minutes que la Grèce pourrait l’emporter dans son bras de fer contre ses créanciers ? La Grèce est en recherche d’alliés et a tout fait pour populariser son combat. Et les cyniques n’en croiront peut être pas un mot, mais les grecs (gouvernement et population) ont vraiment fait avancer les choses dans les têtes.
    Faut-il vraiment dans les défaites renforcer l’idée que rien n’est possible ? C’est vraiment très pauvre politiquement.
    Par ailleurs, le prochain combat semble être entre une plus grande intégration de l’Europe (transferts de l’Allemagne vers le Sud contre une austérité renforcée) et un refus de l’austérité. Cela me semble un sujet digne d’intérêt. La vision de Schauble n’est pas que l’austérité mais aussi l’intégration de l’Europe. Il y a un accord franco-allemand là-dessus. Détailler cette vision, la critiquer, la mettre en perspective me semble valoir la peine.


    • AL60 Le 08 août 2015 à 01h24
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      Oui c’est vrai, maintenant tout le monde a connaissance qu’il y a un problème, mais avant qu’on ne mette en application la solution il va falloir un sacré accélérateur/catalyseur pour faire turbiner les esprits quand on voit que bien des “illustres” hommes et femmes avaient prédit tout cela il y a bien longtemps.
      Peut être une accélération de la crise par un cygne noir?


    • FifiBrind_acier Le 08 août 2015 à 07h57
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      Tsipras n’a fait que mettre en musique les illusions réformistes des 6 Partis politiques qui constituent de Parti de la Gauche européenne.


  41. atanguy Le 08 août 2015 à 06h54
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    A lire toutes ces critiques contre Tsipras,on dirait qu’il est le seul a décider. Derrière lui il y a un parti,des hommes et des femmes qui l’ont élu a son poste. Un gouvernement,un parlement et le peuple grec. Chacun peut avoir son opinion sur la politique menée mais jusqu’à présent rien ne montre que c’est la politique d’un seul homme ou d’un seul parti. La plupart des commentateurs me semblent marqués par une personnalisation du pouvoir, bien réelle dans la constitution française et la presse aux ordres, mais qui, heureusement, ne s’applique pas a tous les pays – dont la Grèce.


  42. georges glise Le 08 août 2015 à 12h33
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    même s’il n’a pas trahi formellement, tsipras s’est fait le complice de la troika, et contribue ainsi à l’isolement de son peuple. tsipras a voulu rester dans l’euro quel que soit le prix à payer, au lieu de suivre le plan b d’un grexit volontaire préparé par l’équipe de varoufakis. ce n’est plus tsipras qui gouverne à athènes, c’est la troika.pauvre peuple grec, qui s’est choisi un premier ministre archi-nul.


  43. Homère d'Allore Le 08 août 2015 à 13h45
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    Ayant soutenu Tsipras jusqu’au 12 juillet, je suis encore sous le choc de sa capitulation.
    Je reconnais volontiers m’être trompé. Et que les intervenants proches de l’UPR avaient raison.

    Toutefois, j’imagine que les enchères sont montées très haut dans les derniers jours qui ont précédé la capitulation. Et que nous ne saurons que dans quelques décennies la nature des pressions subies.
    Le voyage de Tsipras à Moscou me paraît être le moment où les positions se sont durcies avant que tout s’effondre.
    Le soutien russe demandait il une sortie de l’OTAN ? Et les USA ont-ils fait comprendre à Tsipras qu’ils fomenteraient alors une guerre civile ? Tout est possible…

    Tsipras a dit de Varoufakis qu’il était un très bon économiste mais un mauvais politique. C’est donc que les pressions furent politiques. Et le pistolet braqué dont parle Tsipras dans l’interwiew n’est peut-être pas qu’une hyperbole.


  44. georges glise Le 08 août 2015 à 14h50
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    au fond, la grèce face à schauble-merkel est dans la même situation que la tchécoslovaquie face à hitler en 1938, avec hollande dans le rôle de daladier. l’accord de bruxelles du 13 juillet ressemble à s’y méprendre à l’accord de munich, où le chancelier dollfuss fut obligé d’accéder aux exigences d’hitler, alors que la france et le royaume-uni s’étaient engagés à protéger la tchécoslovaquie. pour les peuples d’europe, la troika et l’allemagne, qui représentent les financiers et les fonds de pension sont un ennemi plus redoutable qu’hitler, qui n’avait derrière lui que le capitalisme allemand et un peuple fanatisé assoiffé de revanchemunich 1938: dollfuss et daladier, bruxelles 13/07/2015: tsipras et hollande.


    • Lionel Gilles Le 08 août 2015 à 17h11
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      Dolfuss ?
      Ce n était pas plutôt Edvard Benes, second président de la première République tchécoslovaque ?


  45. Maria Le 08 août 2015 à 19h01
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