Annie Lacroix-Riz, ancienne élève de l’école normale supérieure (Sèvres), élève de Pierre Vilar, est agrégée d’histoire, docteur-ès-Lettres, et professeur d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot. (voir son site ici)

Elle est spécialiste des relations internationales dans la première moitié du XXe siècle. Ses travaux portent sur l’histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, sur la période de la Collaboration dans l’Europe occupée par les nazis, sur les relations entre le Vatican et le Reich ainsi que la stratégie des élites politiques et économiques françaises avant et après la Seconde Guerre mondiale. Elle est également connue pour son engagement communiste.

Ses principaux livres sont :

  • Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre Froide (1914-1955),
  • Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy
  • L’Histoire contemporaine sous influence
  • Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930
  • De Munich à Vichy : L’assassinat de la Troisième République (1938-1940)
  • L’intégration européenne de la France : La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis
  • Aux origines du carcan européen (1900–1960)

Elle traite ici du rôle de la Pologne dans la stratégie extérieure de la France :

26 réponses à Annie Lacroix-Riz : La Pologne dans la stratégie extérieure de la France (1938-1939)

Commentaires recommandés

Lysbethe Lévy Le 31 mai 2015 à 08h37

Justement je suis en train de lire son livre sur les liens entre le vatican, l’allemagne nazie et les Usa, Europe…Je ne suis qu’au début mais là je comprends le rôle de cet tête de pont des grands de ce monde occidental, car du début le Vatican joue un rôle au service des puissants. et mieux le fait que l’Allemagne en collaboration avec les surpuissances occidentales, voulait déjà se partager l’Europe de l’est en terme de “colonies” pour s’agrandir et s’enrichir contre la Russie quitte à lui tailler quelques croupions.territoriaux.

Je ne pensais pas non plus que le Vatican voyait la religion orthodoxe comme une ennemie ou rivale qu’il fallait abattre, les grandes puissances s’étaient partagées l’Afrique et voulait partager l’est européen de la même manière avec la vision d’une région à conquérir et civiliser..

.Au regard du traitement spécial (indigne et criminel) qu’ a subi cette immense région pendant le dernier conflit, je commence à comprendre les “doubles standards” et mesures inhumaines que l’occidentalisme fait vivre à cette partie de l’Europe.

Et de nos jours avec la violence qui est dû à des “sous-humains” ou “untermeschen” ! Une sorte de “far east” ou comme le disant un notable américain le texas européen ou le règne de l’arbitraire et du plus fort commande la destinée…Je recommande ce livre à tous pour comprendre ce qui se passe de nos jours : indispensable.aussi pour voir ces magouilles de boutiquiers politiciens, pour arriver à leurs fins.

Les élites sont prêtes à tout pour arriver a leurs fins et les guerres sont inévitables quand on voit de quelle façon ils maltraitent leurs peuples et les envoie à la boucherie comme des animaux de bât pour servir leurs intérêts…Bravo Mme Annie Lacroix-riz mais voilà aussi pourquoi elle est censurée…

  1. TienTien ! Le 31 mai 2015 à 07h21
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    Les parallèles historiques sont intrinsèquement dangereux et/ou aléatoires. Malgré tout, je me risque à voir dans l’ambiance russophobe (et poutinophobe) actuelle une sorte de répétition des erreurs du passé, voire une affligeante constance dans la politique étrangère française. Pour autant que cette dernière puisse encore s’exprimer sans l’aval de Washington !
    Je suis tellement atterré par la manière de traiter la Russie à travers d’illégales sanctions et d’innombrables provocations otanesques que, certains jours, je préfère carrément ignorer les dernières “infos” !


  2. sergeat Le 31 mai 2015 à 08h30
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    Personne n en parle :imaginez toutes ces populations chassées,changeant de maître,réfugiées,sans droit,……un seul exemple:tous les réfugies en France et travailleurs dans les mines en France originaires de Galicie (ouest de l Ukraine:Lvov,Oujgorod,Moukatchevo,… appartenant avant la guerre soit à la Pologne,soit à la Slovaquie…..) furent après la victoire de 45 EN FRANCE mis dans des camps (à ma connaissance même Drancy) et déportes principalement de Marseille vers Odessa pour être de nouveau déportés en camps car ayant vécus à l ouest ,beaucoup de survivants de ces familles mirent des dizaines d années pour retrouver leurs proches quand ils n avaient pas disparu .Ces drames sont oubliés par l histoire.


    • Pierre Le 01 juin 2015 à 12h58
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      Bonjour,
      le sort des citoyens des régions acquises par l’URSS en 1945 (Pologne orientale, Ukraine occidentale, ou Slovaquie orientale-Carpates…) est très difficile à apprécier. Variable sur beaucoup d’aspects : les déplacements forcés vers la Sibérie occidentale et le Kazakhstan étaient aussi en partie liés aux évacuations d’importantes usines de 1941 à 1943 de la Russie occidentale face à l’avancée de l’armée allemande. Le Kremlin y a vu aussi une opportunité pour le développement du grand orient soviétique, plus la zone “Oural” réserve stratégique, alors qu’il fallait tout reconstruire à l’Ouest (avec des problèmes de logements… Personnellement, j’ai rencontré un jour un vieil officier d’origine ruthène -son père avait été officier tchécoslovaque et naturellement il fut intégré lors de son service militaire comme officier (fils d’officier) sachant aussi l’allemand, il ne fut jamais inquiété (même sa famille avant son service militaire). Le passé d’officier tchécoslovaque de son père ne fut pas un obstabcle (d’ailleurs rappelez vous Benès était en bon termes avec Moscou, enfin c’était un Ruthène -or cette minorité fut toujours soutenue par Moscou et le patriarcat de Moscou ! Et il se maria avec une russo-ukrainienne de Moscou. Bien sûr c’est un cas… mais j’ai appris à peu près le même genre d’histoires : d’un ancien prisonnier de guerre soviétique en France, qui revint tout à fait normalement dans la région de la Volga et ne fut nullement inquiété (tout avait été vérifié dans le camp de Beauregard) . Il ne faut pas oublier qu’il y avait quand même à l’Ouest en 1945 des “anciens” de l’Armée Vlassov et quelques débris égarés de “collabos ukrainiens…”


    • Ratchadamri Le 01 juin 2015 à 14h55
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      Votre exemple des travailleurs originaires de Galicie tous déportés vers Odessa laisse quelques questions : pourquoi et suite à quoi ont-ils été déportés (et est-ce que « déporter » et le bon mot)? Pourquoi des Galiciens en particulier ? De quelle manière ils se sont retrouvés à travailler dans les mines en France (en groupe si je comprends bien) ? En 1945 il y avait bien question de rapatriement des citoyens soviétiques qui ont été emmenés de force en Allemagne (et aussi en France peut être) pour travailler dans les « camps de travail ». Est-ce que ces personnes ont été considérées comme citoyens soviétiques, dans quel cas il serait normal que l’URSS demande leur retour ? Avez-vous des sources ?
      Je vais vous donner un autre exemple de maltraitance de population déplacée dont personne ne parle, et on comprend bien pourquoi.
      Après la révolution de 1917 et la sortie de la Russie de la Première guerre mondiale plusieurs dizaines de milliers de soldats russes sont restés bloqués en France, en Allemagne et un peu partout en Europe. Les états européens n’ont pas pu se mettre d’accord sur leur sort, et il était hors de question de les laisser repartir chez eux pour ne pas renforcer l’Armée rouge. Ces gens ont été désarmés et maintenus dans des camps militaires, pour petit à petit être déplacés et trimbalés jusqu’au parfois les colonies françaises pour ne jamais revenir, placés dans des villages à accomplir des basses besognes (sans être payés), utilisés dans les constructions et travaux publics. Pourtant la grande majorité parmi eux n’avait qu’une seule envie : retourner en Russie auprès de leurs familles. Je voudrais souligner qu’il s’agissait d’une armée alliée qui a combattu pour la France sur le territoire français, et pas des prisonniers de guerre. On n’en entend jamais parler, zéro remerciement, zéro excuse.
      De l’autre côté, dans les années 20 (c’est à dire trop tard pour pouvoir revenir de l’étranger sans danger ni soupçon) une partie de l’armée Blanche (au départ il y avait 150000 personnes) qui stationnait en Turquie après l’évacuation par la mer Noire était rapatriée en Russie sous la pression de la France et de l’Angleterre. On leur a dit qu’un accord avait été trouvé avec le gouvernement bolchevik et qu’il n’y avait rien à craindre. Tous sans exception ont été fusillés à l’arrivée (plusieurs milliers de personnes).
      Et voici une référence au livre qui en parle :
      http://www.librairie-sciencespo.fr/russie—europe-centrale/russie/livre/les-russes-blancs/alexandre-jevakoff/9782847347692.html


  3. Lysbethe Lévy Le 31 mai 2015 à 08h37
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    Justement je suis en train de lire son livre sur les liens entre le vatican, l’allemagne nazie et les Usa, Europe…Je ne suis qu’au début mais là je comprends le rôle de cet tête de pont des grands de ce monde occidental, car du début le Vatican joue un rôle au service des puissants. et mieux le fait que l’Allemagne en collaboration avec les surpuissances occidentales, voulait déjà se partager l’Europe de l’est en terme de “colonies” pour s’agrandir et s’enrichir contre la Russie quitte à lui tailler quelques croupions.territoriaux.

    Je ne pensais pas non plus que le Vatican voyait la religion orthodoxe comme une ennemie ou rivale qu’il fallait abattre, les grandes puissances s’étaient partagées l’Afrique et voulait partager l’est européen de la même manière avec la vision d’une région à conquérir et civiliser..

    .Au regard du traitement spécial (indigne et criminel) qu’ a subi cette immense région pendant le dernier conflit, je commence à comprendre les “doubles standards” et mesures inhumaines que l’occidentalisme fait vivre à cette partie de l’Europe.

    Et de nos jours avec la violence qui est dû à des “sous-humains” ou “untermeschen” ! Une sorte de “far east” ou comme le disant un notable américain le texas européen ou le règne de l’arbitraire et du plus fort commande la destinée…Je recommande ce livre à tous pour comprendre ce qui se passe de nos jours : indispensable.aussi pour voir ces magouilles de boutiquiers politiciens, pour arriver à leurs fins.

    Les élites sont prêtes à tout pour arriver a leurs fins et les guerres sont inévitables quand on voit de quelle façon ils maltraitent leurs peuples et les envoie à la boucherie comme des animaux de bât pour servir leurs intérêts…Bravo Mme Annie Lacroix-riz mais voilà aussi pourquoi elle est censurée…


  4. médiacrate Le 31 mai 2015 à 11h35
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    Évidemment quand on se sert que des archives diplomatiques ,policières et médiatiques de l’époque on ne peut être objectif ,pour vous mettre un doigt dans l’air pour vérifier la direction du vent et vérifier le consensus de nos politique et média et beaucoup plus objectif que le travail absolument
    gigantesque d’Annie Lacroix Ruiz , toujours dénigrée par des historiens consensuel qui la plupart du
    temps n’ont pas fait le quart de son travail .


  5. Nerouiev Le 31 mai 2015 à 12h12
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    Quand je vois que les choses deviennent trop complexes et imbriquées pour comprendre et y voir clair, alors je me projette dans le futur pour voir le problème résolu. La Russie ne peut pas disparaître, l’Europe est un assemblage instable sans aucune interaction positive entre les états et ne peut donc durer. La volonté de profit des USA sur le dos des autres génère un antidote plus loyal. Le remue ménage créé au Moyen Orient, faute de raison constructive, sera victime de l’entropie et se brisera comme de la vaisselle non protégée. Donc, pour moi, ce qui ne va pas vers ce résultat est à côté de la plaque.


    • theuirc Le 31 mai 2015 à 13h49
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      Au Moyen-Orient, il y a trois acteurs régionaux principaux, l’Iran, la Turquie et l’Arabie-Séoudite/qatar, les autres pays de la région, dont Israël, en étant les acteurs secondaires, bien que d’importance.
      Les U.S.A., la Russie, la France et, peut-être, discrètement la Chine, en étant les acteurs extérieurs.
      En effet, Nerouiev, la complexité du jeu en cours ne peut pas ne pas avoir des répercutions majeures sur la stabilité de nations déjà fragilisées et n’ayant d’existence, pour certains, que par le bon vouloir anglo-français passé.
      D’autant plus que la présence de carburants et d’une essence religieuse centrale et originelle de tous les monothéismes y conduisent à une amplification infinie des tensions et conflits dans cette région.
      Tout comme l’était les Balkans dès la sortie du XIX° siècle, le Proche-Orient, en tant que frontière/verrou entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, est en proie à des ruptures géostratégiques majeures.
      Il n’est que de fait que les États-Unis-d’Amérique sont les premiers, voire les uniques responsables de ce désastre passé, présent et, surtout, futur, ceci en prenant, bien sûr, en compte les divers supplétifs, pas seulement qu’européens, qui en furent les petites mains consentantes.


      • Chris Le 31 mai 2015 à 17h43
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        J’ai lu quelque part, que le chaos orchestré au Moyen-Orient par les USA/OTAN avec leurs supplétifs, Turquie, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar contre l’Iran, Irak, Afghanistan, Syrie, Liban, Yémen… était en fait pour donner le lead à Israël. J’avoue que cette théorie m’a séduite par sa cohérence historique.
        Si l’Iran plie pour lever l’embargo, je ne donne pas cher de sa peau. Elle est condamnée à rester isolée si le verrou syrien saute. De mon point de vue, elle perd son temps avec les négociations actuelles, sauf si elle envisage de se soumettre à l’Arabie où elle n’a rien à gagner… Plutôt s’associer étroitement avec le pendant militaire de l’OSC.
        Les mercenaires EI/Deach/ISIS/Al Nusra, etc… mollement bombardés par la coalition d’opérette que les médias aux ordres nous vendent sont extrêmement utiles, alors qu’il est notoire qu’il y a plus de largages d’armement à ces mercenaires que de bombardements contre eux.


  6. RGT Le 31 mai 2015 à 13h01
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    Ce que je constate en lisant cet article est sutout la haine viscétale des polonais à l’égard des russes, qu’ils oient “blancs” ou rouges”.

    Cette haine ne date pas d’hier car la Pologne a de tous temps essayé d’asservir la Russie depuis le XVè siècle et à chaque tentative elle s’est pris une claque monumentale.

    Leurs dirigeants ne s’en cachaient même pas : Ils préféraient de loin être asservis aux allemands que de collaborer avec les russes, simplement parce qu’ils étaient russes, si ce n’est pas du racisme j’aimerais bien savoir ce que c’est.

    Aujourd’hui encore les polonais sont de loin les plus acharnés à combattre les Russes. Ils sont suivis de peu par les pays baltes et par la Suède qui ont eux aussi tenté de soumettre les Russes mais qui à chaque fois se sont cassés les dents.

    Les allemands ont aussi tenté de soumettre les russes (les chevailiers teutoniques) et se sont aussi pris une bralée au XIIIè siécle, ce qui les a calmés.

    Et il faut aussi préciser que toutes ces opérations militaires étaient toutes couvertes par l’église catholique qui voulait “convertir” les orthodoxes à la “Seule Vraie Foi Chrétienne”, c’est à dire celle de Rome.

    Avec de tels alliés omnubilés par leur haine ancestrale, il est certain que les français allaient se prendre une branlée monumentale et plus le temps passe plus je suis convaincu que la défaite française était déjà programmée depuis longtemps par ses élites avec le soutien actif de tous ses “alliés” qui voyaient dans le nazisme un bon moyen de soumettre les peuples et d’asseoir leur pouvoir.

    Aujourd’hui, la Wermacht a été remplacée par l’OTAN et la France est à nouveau prisonnière d’alliances faussées qui ne servent que l’intérêt de certains oligarques transnationaux qui règnent en maîtres absolus sur les nations occidentales et qui louchent avidement sur les richesses naturelles de la Russie.
    C’est bien la cause principale de leur haine : La jalousie, l’envie et le désir de s’approprier le bien d’autrui en le volant par la violence.

    Ils se comportent d’une manière largement pire que tous les “loubards de banlieue” car leurs agressions font à chaque fois des millions de morts, surtout des civils innocents, des femmes, des enfants et des vieillards qui ne demandaient qu’une seule chose : Qu’on les laisse tranquiles.

    Les russes, quant à eux, se contentent seulement de vouloir rester peinards chez eux et de vivre comme ils le souhaitent en respectant leur culture et leurs coutumes.

    On ne pourrait pas leur foutre la paix une fois pour toutes ?
    Après huit siècles d’agressions infructueuses les “civilisés” ne pensent-ils pas qu’il serait temps de se calmer ?

    Avec nos “dirigeants éclairés” la russophobie n’est pas prête de s’éteindre, surtout s’ils sont conseillés par des polonais hystériques et pusillanimes.


    • Wilmotte Karim Le 31 mai 2015 à 14h26
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      “la France est à nouveau prisonnière d’alliances faussées qui ne servent que l’intérêt de certains oligarques transnationaux ”

      Il s’agit d’oligarque NATIONAUX qui défendent, avec leurs alliés internationaux, leurs intérêts : la classe capitaliste des pays “occidentaux”a des intérêts bien compris qu’elle défendra (jusqu’au dernier occidental ou non-occidental vivant, si nécessaire).

      C’est d’ailleurs une des politique menées contre la Russie : “forcer” les oligarques russes à revoir leurs intérêts en faisant monter au maximum le prix du maintient de la structure de gouvernement actuelle en Russie (et symbolisée par Poutine).

      Le MEDEF ne défend pas l’Otan, il défend AVEC l’OTAN, les intérêts de la grande bourgeoisie française. Le Comité des forges ne défendait pas Hitler, il défendait AVEC Hitler l’écrasement du Front Populaire et des résistances populaires à sa domination. Quitte à accepter de céder quelques intérêts à la grande bourgeoisie allemande.

      D’où l’intérêt (strictement tactique) de briser la mondialisation des bourgeois pour pouvoir affronter directement les bourgeoisies nationales au niveau national, réduisant sa capacité à faire jouer ses alliés internationaux. Et ensuite, relancer (l’Alliance Bolivarienne par exemple) l’internationalisme des peuples victorieux.

      Mais cela nécessite (sinon, ce sont d’autres forces qui défendent juste un autre point de vue des intérêts de la grande bourgeoisie) de bien comprendre que ce n’est pas l’Otan qui nous domine mais nos grands bourgeois, lesquelles s’appuient sur l’Otan, l’UE, l’OMC, le TAFTA (etc etc etc).

      Et si la Russie s’oppose aux USA et à l’Allemagne et leurs alliés, ce n’est pas parce qu’elle représente son peuple mais parce qu’elle défend SES grands bourgeois nationaux. Et que ceux-ci ont dû accepter un nouveau compromis après l’effondrement de 1998. Compromis qui est effectivement plus avantageux pour le peuple russe et pour la “Nation” russe. Ceci étant, nous avons aussi connu un compromis “avantageux” entre 1945 et 1973-1983. On a vu ce qu’il en était de se croire arrivé et d’en avoir fini avec le “capitalisme sauvage”.


    • Krystyna Hawrot Le 01 juin 2015 à 16h52
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      Cher ami, tous les Polonais ne sont pas de votre avis et n’ont pas vécu le PRL “Pologne Populaire” comme un “joug” mais au contraire comme une formidable ascension sociale. Il ne faut pas raconter trop de clichés eux lecteurs français.
      Il y a eu les paysans qui ont eu la terre, les enfants de paysans qui ont l’éducation gratuite et on formé la classe moyenne des villes dès 1960, les ouvriers qui ont eu l’éducation, les logements et la culture, ils ont aussi voulu a liberté et l’autogestion en créant Solidarnosc en 1980. Solidarnosc est un enfant du système PRL, tout le monde le sait en Pologne. Et la nostalgie chez ceux qui “n’ont pas réussi la transformation” est aussi forte qu’en Russie ou dans les pays de l’ex Yougoslavie.

      Apres que la propagande lave les cerveaux des gens depuis 25 ans, faites comme les Polonais, ne croyez pas la propagande.

      20% des Polonais ont voté au premier tour Kukiz, un candidat certes conservateurs, mais qui a promis d’arrêter la folie de la marche guerrière contre la Russie. Et au deuxième tour Duda lui a emboitté le pas en promettant également d’arrêter le soutien fou que Komorowski donnait aux bandéristes de Kiev. Et chose surprenante, Duda a tenu parole pur l’instant en refusant de rencontrer Porochenko s’invitant tout seul à Varsovie pour le match de foot Dniepropietrovsk-Séville qui devait se tenir là.

      Duda lui a faussé compagnie en s’envolant à Bruxelles et Porochenko a “embrassé la poignée de porte” comme on dit chez nous.

      J’ai l’impression que le peuple polonais se réveille 5 minutes avant la catastrophe mais là il s’est bien réveillé!


      • Vu de Varsovie Le 02 juin 2015 à 09h52
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        La régime communiste en Pologne n’était peut-être pas un joug, comme le décrivait à l’époque la propagande occidentale (déjà !). Sur place, on disait en effet que la Pologne était le « baraquement le plus joyeux du camp socialiste ». Combien savent aussi qu’un des plus grands festivals de rock en Europe dans les années 80 avait lieu en Pologne (Jarocin). Cela, on n’en parlait pas beaucoup en Europe. Il n’empêche que lorsque j’étais venu pour la première fois en occident (1985), le contraste était saissisant. C’était un autre monde qui témoignait surtout du retard civilisationnel du bloc communiste à l’époque.


        • Carabistouille Le 02 juin 2015 à 10h44
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          Ou de la déliquescence civilisationnelle de l’occident. Je ne sais pas une grande partouze de consommation visant à transformer chaque citoyen en goret craintif et pleurnichard est vraiment une avance… 🙂


      • Fred Le 06 juin 2015 à 13h20
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        Je ne me suis fait écho des quelques polonais que je cotois à l’heure actuelle (habitants proche de l’enclave de Kaliningrad), dont le ressenti est la crainte de poutine, et de ses armes puisqu’il y avait récemment près d’un article par jour sur la menace russe dans la presse écrite…
        Mes premiers voyages en Pologne remontent à la fin des années 80, dans la région de Cracovie et de Nowy Sacz, je ne cotoyais alors que des catholiques appartenant majoritairement à Solidarnosc et leur ressenti sur le communisme était pour le moins antipathique. Il faut dire que certains avaient passé près d’un an “hébergés” par le gouvernement communiste après 1981. Lorsqu’ils ont rejoint l’OTAN ils étaient tous très heureux (moi, pas, il faut dire que j’étais militaire à l’époque et j’aurais de loin préféré qu’ils rejoignent l’Union européenne et que l’on construise une Europe de la défense en dehors de la tutelle américaine), mais il semble que le lâchage par la France en 1939 ait été encore présent à leur esprit.
        Les personnes que je cotois aujourd’hui m’ont quand même avoué qu’à l’époque tout leur semblait mieux que les russes.
        Mais ils ont constaté que leurs soldats sont plus en guerre qu’à l’époque communiste (Afghanistan, Irak…) et commencent donc à déchanter
        Je n’ai pas la prétention de connaître toutes les sensibilités de la population polonaise, qui doivent être aussi variées que chez nous, et je suis content, comme vous le faites remarquer, qu’elle se réveille avant la catastrophe.
        Depuis un an ils m’ont souvent fait remarquer qu’ils ne voulaient pas s’associer avec le gouvernement “pro occidental” de Kiev compte tenu des séquelles de la deuxième guerre mondiale.
        Je connais également un vieil homme ayant participé au soulèvement de Varsovie et je sais qu’il ne porte les russes dans son coeur, pas plus que les allemands d’ailleurs…
        Je ne connais pas de polonais nostalgiques de la période communiste si ce n’est pour la plus forte solidarité qui existait alors par rapport à l’individualisme grandissant depuis les années 1990.


  7. BEYER Michel Le 31 mai 2015 à 14h04
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    Tous les travaux de Mme A.Lacroix-Riz sont basés sur des archives. C’est tout le contraire d’un travail bâclé et c’est ce qui fait mal.


    • social21ème Le 01 juin 2015 à 13h34
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      J’ajouterai que justement ses détracteurs les plus violents ce font un malin plaisir à ne cité que ses sources médiatiques, policières, etc., mais relativise éhontément les sources lorsqu’elles proviennent des acteurs eux-mêmes, comme “avis personnel”, “hors contexte”, “sous le coup de l’émotion”. Enfin à leur yeux nous l’aurons compris, peu importe le travail que peut faire Annie Lacroix-Riz, celui-ci restera celui d’un petit scribouillard du PCF…
      Et ce sont les mêmes qui parlent de parti pris ! Il n’y a qu’à voir sur sa page Wikipédia d’une et dans la rubrique discussion plus particulièrement, c’est croustillant de voir la soit disant impartialité et neutralité de cette “encyclopédie” électronique et de certain de ces vieux briscards réactionnaire refaisant l’histoire à l’aune d’une vision arrangeante pour certains.


  8. georges glise Le 31 mai 2015 à 16h26
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    avec l’ukraine, l’otan, emmenée par washington, est en train de jouer le même jeu vis-à-vis de la russie. devons-nous mourir pour kiev.


  9. arthur78 Le 31 mai 2015 à 16h30
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    pour ceux que ça intéresse, on trouve sur Gallica, la revue de presse polonaise réalisé par le Ministère des Affaires étrangères entre 1916 et 1939

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32732723j/date.r=Bulletin+p%C3%A9riodique+de+la+presse+polonaise.langFR


  10. Arrivabene Le 31 mai 2015 à 19h21
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    Bonsoir, en tant qu’historien ayant écrit une maîtrise sur la politique étrangère de Laval face à l’Allemagne nazie d’octobre 1934 à janvier 1936, je me dois de réagir à quelques outrances dont fait preuve cette femme dans cette publication au ton au demeurant assez vif :
    Pierre Laval a sincèrement essayé de négocier le Pacte Oriental de manière à prévenir les prétentions de Varsovie à l’encontre de l’URSS, fort légitimes au vu de leur longue histoire commune, remplie de partages de la Pologne, que l’auteur semble oublier délibérément. Mais effectivement, ce chef d’œuvre de galimatias, très dure à lire et à interpréter, resta lettre morte, autant en raison des oppositions formelles de Varsovie que de l’obstination de Laval à inscrire ce pacte dans le cadre juridique de la SDN afin de satisfaire la Grande-Bretagne, qu’il ne voulait absolument pas lâcher par une politique agressive comme celle de Pierre Bartoux, son prédécesseur, et telle qu’elle avait été ressentie à Londres. Devant ménager la chèvre et le chou, il mécontenta tout le monde : l’URSS, qui avait signé mais attendait en vain une délégation militaire française pour mettre au point des plans d’état-major dès 1935, la Pologne, que même les avis positifs de la Petite Entente ne ramenèrent pas à la raison ; l’Allemagne, outrée officiellement mais secrètement ravie de ce pacte inapplicable ; la Grande-Bretagne prenant ses distances à la vitesse de la lumière ; l’armée française, très hostile à l’URSS car très à droite.
    Mais quelle autre politique aurait-il du suivre dans le cadre de la IIIème république parlementaire ? Rompre avec la SDN, la G-B et la Pologne pour contenter une URSS à peine admise au sénacle de Genève ? Certes, la puissance militaire soviétique n’était réellement admise qu’à Berlin, qui s’en servait à des fins de propagande anti-kommintern, et Laval s’exagérait grandement le soutien anglais, car il donnait accès au soutien économique américain ; mais toute autre politique aurait signifié sa censure immédiate par des parlementaires qui certes souhaitaient une politique plus dure vis à vis de l’Allemagne, mais pas au point de se retrouver seuls alliés à l’URSS contre elle. La mort de Barthou à Marseille soulagea finalement bien du monde … dont Laval.
    Mais celui-ci ne faisait pas d’illusions sur l’Allemagne, qu’il chercha à contraindre à négocier par une politique d’encerclement par un réseau de pays dont l’Italie devait être le fer de lance. L’invasion de l’Ethiopie ruina son rêve européen. Sa réticence à mettre en place le blocus pétrolier de la SDN à son encontre en dit long sur les chimères qu’il poursuivait. Mais je le répète, à moins d’une rupture politique nette, Laval avait les mains liées et rechignait par nature aux ruptures, lui qui adorait négocier le “bout de gras”, en bon auvergnat qu’il était.
    L’accabler pour sa politique de l’époque est difficile, même si elle fut bien sûr critiquable, comme le reste de la politique française jusqu’en 1939. Néanmoins, l’auteure adopte un ton clairement partisan, sans jamais aborder la duplicité de la politique soviétique, que nul n’ignorait à l’époque (et que seule la Tchécoslovaquie trouvait secondaire). Berlin avait beau jeu d’appuyer là-dessus, Litvinov, ministre des affaires étrangères soviétiques, ayant un passé chargé de ce point de vue. Staline l’écarta d’ailleurs plus tard pour le remplacer par Molotov, dont les anciennes activités révolutionnaires, étaient moins soupçonnables car plus anodines (presse et propagande).
    Pour finir, dans ce jeu de quille, la France louvoya, ne prit jamais de parti clair, sauf quand il fut trop tard, et ne fut pas aidée par les alliés inconsistants (G-B), obtus (Pologne), de “futurs” alliés peu fiables (URSS) ou alliés négligeables (Roumanie, Yougoslavie). La seule qui ne soit restée fidèle, la Tchécoslovaquie, avec une armée nombreuse, moderne, et bien entraînée, couverte par une ligne Maginot bis face à l’Allemagne ; la France de Daladier l’a lâché comme celle du Front populaire avait lâché la république espagnole, sous des prétextes pacifistes bien commodes. Tous coupable : Hitler eut la partie assez aisée, finalement …


    • Carabistouille Le 31 mai 2015 à 20h33
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      Pour un historien, vous semblez mal informé.
      Blum n’a jamais invoqué un quelconque pacifisme dans le lâchage de la république espagnole. Pire, la trahison de la république espagnole. Car celle-ci nous avait commandé et payé des armes lourdes. Des armes qui auraient probablement pu faire la différence. Blum a effectivement décidé de trahir la parole de la France, mais il n’a jamais invoqué quelque argument pacifique que ce soit. Il a été très clair. C’est le gouvernement britannique qui a exigé cet embargo. C’est que nos amis anglais préféraient Franco à des “gauchistes”. Les Anglais ont menacé de rompre l’alliance en cas de livraison.


    • Wilmotte Karim Le 31 mai 2015 à 20h58
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      “me dois de réagir à quelques outrances dont fait preuve cette femme dans cette publication ”

      Et donc, en science (ce qu’est l’histoire), on ne critique pas parce qu’on est “historien ayant écrit une maîtrise sur la politique étrangère de Laval face à l’Allemagne nazie d’octobre 1934 à janvier 1936” (argument d’autorité) mais en démontant ce qui est publié.

      Que vous ayez écrit une thèse, fort bien. Gageons que l’état des connaissances a pu un peu évoluer depuis (ouverture des archives, certains documents retrouvés). Et que madame Lacroix-Riz s’appuie sur les archives (en ce compris celle de l’ambassade de France à Moscou).

      Il ne vous reste plus qu’à lire ses livres et publication et faire un travail d’historien : critiquer méthodiquement les arguments, vérifier les sources, etc.

      (n’ayant pas les compétences, j’attend depuis des années une critique exhaustive et précise des travaux de Lacroix-Riz. Mais jusqu’à présent, cela semble trop demander)


    • Wilmotte Karim Le 31 mai 2015 à 21h02
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      “Litvinov, ministre des affaires étrangères soviétiques, ayant un passé chargé de ce point de vue. Staline l’écarta d’ailleurs plus tard pour le remplacer par Molotov”

      N’est-il pas surtout remplacé par ce qu’il incarnait la recherche de la sécurité collective en Europe face à l’Allemagne nazie et que sa politique tombait devant un constat d’échec?


    • social21ème Le 01 juin 2015 à 15h39
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      Parlons peu…
      1- Au retour de Laval d’Urss, qu’a fait le parti communiste Français ?! (N’est-ce pas plutôt cela que Laval voulait)
      2- pour étayer la première question que c’était-il passé à la suite de l’accord de Staline pour que le Parti communiste Allemand aide le national-socialisme à faire tomber la bourgeoisie Allemande, ce qu’ils croyaient, grossière erreur…
      3- qui étaient l’influence politique qui demanda Laval comme ministre des affaires étrangères à la suite de Barthou ?

      A la lumière de ces 3 questions importantes, cela peut orienter quelque peu les jugements…


      • Arrivabene Le 01 juin 2015 à 17h55
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        Réponse à Carabistouille :
        1) Effectivement, l’alignement sur le pacifisme anglais de Blum pour ne pas provoquer de rupture, c’était effectivement le prétexte officiel de la trahison, je suis d’accord, de la république espagnole. Mais tout cela n’est qu’un prétexte : Blum adhérait à un pacifisme bêlant parce qu’il connaissait l’état alarmant de l’armée française, dont le budget avait été sacrifié sur l’autel de l’austérité budgétaire suite à la crise économique qui avait fini par atteindre la France en 1932.Il venait à peine de multiplier son budget par 2 et la production ne suivait pas (usines de B1-bis et d’avions surtout) au point qu’il commanda des chasseurs américains P-40 et songea même à commander les futurs B-17. Donc Blum se servit du prétexte pacifique car c’était celui qui ne révélait aucun secret militaire et passait le mieux dans une opinion publique anesthésiée par la 1ère guerre mondiale.
        2) Pour en rajouter sur la duplicité soviétique, la république espagnole en fut aussi victime dès 1937, car l’URSS obtint le transfert de ses réserves d’or (500 tonnes estimées) en paiement des “armes” livrées, fort peu nombreuses au demeurant … et loin d’être toutes très modernes …
        Réponse à Karim Wilmotte :
        1) Effectivement, Mme Lacroix-Ruiz développe des thèses très détaillées, étayées, qui mériteraient amplement un traitement plus précis. Mais voilà, je n’ai plus le temps professionnellement de m’y consacrer, n’étant plus étudiant ni chercheur désormais. A d’autres de le faire, et j’espère qu’ils le feront. Toutefois, je méfie déjà de ses interprétations des sources. A titre d’unique exemple, affirmer que François Poncet, ambassadeur de France en Allemagne, et très fin connaisseur de ce pays, était la créature du comité des Forges, c’est allez un peu vite en besogne. Certes, ce comité d’influence intervint pour sa nomination, mais il arrive souvent que la créature échappe au créateur. Pour avoir lu des dizaines de rapports de sa main, je peux affirmer sans risque de me faire dédire qu’il était loin d’avoir les même idées sur l’hitlérisme que ce fameux comité. Il ne cessa d’assommer Laval, de rapports très détaillés sur les dangers du nazisme, au point que Laval se méfia de lui et passa par des canaux diplomatiques officieux peu clairs car non documentés et non présents dans aucune archives, lui même ayant détruit en grande partie ses archives personnelles avant de partir pour Sigmaringen en août 1944 avec sa fille.
        2) Litvinov était la créature de Staline : comme tous les responsables soviétiques d’alors. Il n’a jamais cherché autre chose que ce que son maître lui disait. Et Staline, en 1935, s’étant rendu compte des conséquences désastreuses de sa politique allemande : refus de l’union des gauches qui a ouvert la porte au nazisme ; voulait désormais encercler une Allemagne dont il ne partageait plus la vision de Lénine, à savoir qu’elle serait le coeur de la révolution prolétarienne européenne. Déçu par les louvoiements de Laval, il autorisa l’union de la gauche en France, ce qui donna le Front populaire en mars 1936 ; et provoqua chez Laval une haine sourde contre le parlementarisme, lui qui dit le 10 juillet 1940 : “Cette Chambre m’a vomit, maintenant c’est moi qui vais la vomir”. Pour Staline, la sécurité collective n’a jamais été un but : durant les négociations de 1935 sur le Pacte Oriental, il a toujours orienté les conversations vers une répétition de l’alliance franco-russe d’avant 1914, voulant des garanties automatiques d’interventions armées ; ce que Laval ne fut jamais disposé à lui accorder, pour les raisons expliquées dans mon 1er post.
        Réponse à Social 21ème :
        1) Il faut revoir avec délectation la réaction de M. Thorez lors de la constitution du Front populaire en France sur ordre de Staline, et qui abandonna toute idée de nationalisation et de collectivisation pour sceller une alliance électoral avec le Parti radical. Quand on sait ce que cela a du lui coûter idéologiquement … j’espère qu’il n’a pas eu la gorge trop sèche après avoir avalé une telle couleuvre.
        2) Pour votre 2ème question, Staline a fait l’erreur de croire, comme la droite allemande, qu’Hitler était un trublion sans importance autre qu’un feu de paille dans le jeu politique allemand. Il ne le prenait pas au sérieux ; d’où son refus désastreux d’union des gauches allemandes. Pour Staline, l’ennemi, c’était les sociaux-traîtres, ou sociaux-démocrates.
        3) Quant Barthou fut assassiné avec le roi de Yougoslavie à Marseille en octobre 1934, Laval était ministre des colonies. Pourquoi lui à ce poste alors qu’il existait d’autres candidats aussi qualifiés, tels que Herriot, Piétri ou Tardieu ? Gaston Doumergue, président du conseil à cette date, le choisit car il était ouvertement favorable à un rapprochement franco-italien, ce qui apaisait Mussolini fortement soupçonné d’avoir commandité l’attentat des oustachis croates à Marseille. Et puis Laval était un allié politique personnel puisqu’il l’avait soutenu après la méchante affaire du 6 février 1934 et lui avait permis de devenir président du conseil : renvoi d’ascenseur, donc. Et puis Doumergue était effrayé par Barthou : Laval semblait être plus conciliant, moins agressif. Laval fit basculer la décision grâce à ses amis de la grande presse parisienne, qui déclenchèrent une campagne d’opinion qui culmina avec ce sondage proprement hallucinant du Petit Journal : “Si la France avait besoin d’un dictateur, qui désigneriez-vous ?” 1er choix : Pétain. 2ème choix : Laval. Tout était déjà écrit, dirons certains …


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