ATHÈNES – L’économiste en chef du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard, a récemment soulevé une question à la fois simple et importante : « Quelle doit-être la mesure des ajustements auxquels il incombe à la Grèce de procéder, et quels doivent-être les efforts fournis par ses créanciers publics ? » Une interrogation qui soulève deux questions supplémentaires : quels ont d’ores et déjà été les ajustements effectués par la Grèce ? Et ses créanciers lui ont-ils à ce jour concédé quoi que ce soit ?

En mai 2010, le gouvernement grec a consenti à un ajustement budgétaire s’élevant à 16 % de son PIB sur la période 2010 à 2013. La Grèce est ainsi parvenue à passer d’un déficit budgétaire primaire (exclusion faite des paiements d’intérêts sur la dette) de plus de 10 % du PIB à un solde primaire l’an dernier – soit la plus importante inversion observée en Europe depuis la crise.
Le FMI avait initialement prévu que le PIB réel de la Grèce (ajusté à l’inflation) subirait une contraction d’environ 5 % sur la période 2010-2011, qu’il se stabiliserait en 2012, et qu’il se remettrait ensuite à augmenter. En réalité, ce PIB réel a chuté de 25 %, et n’a jamais pu remonter la pente. De plus, dans la mesure où le PIB nominal a diminué à partir de 2014, et continue de décliner, le ratio dette/PIB, qui était censé se stabiliser il y a trois ans, continue d’augmenter.

Blanchard relève qu’en 2012 la Grèce avait accepté de « générer un excédent primaire suffisant pour limiter son endettement, » et de mettre en œuvre « un certain nombre de réformes permettant une plus forte croissance ». Ces soi-disant réformes ont fait intervenir une baisse importante des dépenses publiques, plusieurs réductions du salaire minimum, un certain nombre de privatisations au rabais, la fin des négociations collectives, ainsi que de sévères réductions des retraites. Autant de mesures que la Grèce a bel et bien honorées, ce qui n’a pas empêché la dépression de persister.

Le FMI et les autres créanciers de la Grèce ont choisi de croire en l’hypothèse selon laquelle l’importante contraction budgétaire n’engendrerait qu’un effet temporaire sur l’activité économique, l’emploi, et les impôts, et que les coupes effectuées sur les salaires, les retraites et les emplois publics auraient quant à elles un effet magique sur la croissance. Cette hypothèse s’est révélée fausse. En effet, l’ajustement effectué par la Grèce après 2010 a abouti à une véritable catastrophe économique – mettant en lumière les prévisions les plus erronées qu’ai jamais formulées le FMI.

Ainsi s’attendrait-on désormais à ce que Blanchard cesse de prolonger ce fiasco. En effet, une fois rompu le lien entre « réforme » et croissance – comme c’est le cas en Grèce – l’argumentation de l’économiste en chef s’effondre. En l’absence de perspective de croissance, le fait pour les créanciers d’exiger au final un excédent primaire de 3,5 % du PIB revient en réalité à favoriser une contraction encore plus importante, débutant par une nouvelle crise grave cette année.

Or, plutôt que d’admettre cette réalité et de s’y adapter en conséquence, Blanchard choisit de s’attaquer encore davantage aux retraites, en déclarant :
« Pourquoi insister sur les retraites ? Avec les salaires, elles représentent environ 75 % des dépenses primaires ; les 25 % restants ont d’ores et déjà été réduits à leur plus simple expression. Les retraites constituent plus de 16 % du PIB, et les transferts du budget vers le système des retraites sont proches de 10 % du PIB. Nous estimons qu’il faut réduire les dépenses de retraites de 1 % du PIB (sur 16 %), et qu’il est possible de le faire tout en protégeant les retraités les plus démunis. »

Notons cette première admission accablante : à l’exception des retraites et des salaires, les dépenses auraient d’ores et déjà été « réduites à leur plus simple expression ». Souvenons-nous également : l’effet de cette approche sur la croissance s’est révélé négatif. Ainsi, négligeant des éléments de preuve pourtant évidents, le FMI entend désormais cibler le dernier secteur restant, celui des retraites, qui a d’ores et déjà subi des réductions considérables – bien souvent plus de 40 %. Ces nouvelles coupes aujourd’hui envisagées viendraient frapper durement les plus démunis.

Si le paiement des retraites représente aujourd’hui 16 % du PIB grec, c’est précisément parce que l’économie de la Grèce se trouve contractée de 25 % par rapport à 2009. Si n’avaient pas eu lieu cinq années d’austérité désastreuse, le PIB grec serait peut-être supérieur de 33 % à ce qu’il est aujourd’hui, et les retraites ne représenteraient que 12 % du PIB, au lieu des 16 % actuels. L’équation est pour le moins simple.

Blanchard appelle le gouvernement de la Grèce à proposer des « mesures véritablement crédibles ». Mais le FMI ne devrait-il pas en faire de même ? Pour diminuer les retraites d’un point de pourcentage du PIB, une croissance économique nominale de seulement 4 % par an, pendant deux ans, se révélerait suffisante – sans coupes supplémentaires. Pourquoi ne pas entreprendre des « mesures crédibles » afin d’atteindre cet objectif ?

Ceci nous amène à la question de la dette grecque. Comme chacun le sait au FMI, l’existence d’un surendettement constitue un important passif non capitalisé qui revient à dire aux investisseurs : entrez à vos risques et périls. À tout moment, vos investissements, vos bénéfices et votre travail acharné peuvent se retrouver taxés et dérobés afin de nourrir le cadavre de prêteurs passés. Le surendettement constitue un véritable barrage à la croissance. C’est la raison pour laquelle toutes les crises de la dette se terminent tôt ou tard en restructuration ou en défaut de paiement.

Blanchard est un pionnier de l’économie de la dette publique. L’économiste en chef sait pertinemment que la dette grecque n’a jamais été tenable à quelque période au cours des cinq dernières années, pas plus qu’elle ne l’est aujourd’hui. C’est là un point sur lequel sont d’accord la Grèce et le FMI.

Il se trouve que la Grèce formule en réalité une proposition crédible concernant sa dette. Tout d’abord, laissez le Mécanisme européen de stabilisation (MES) effectuer un prêt de 27 milliards €, sur des échéances étendues, afin de retirer les obligations grecques que la Banque centrale européenne a bêtement acquises en 2010. Deuxièmement, consacrez les rendements de ces obligations au paiement du FMI. Enfin, faites participer la Grèce au programme d’assouplissement quantitatif de la BCE, ce qui permettrait au pays de faire son retour sur les marchés.

La Grèce est prête à accepter des conditions justes dans le cadre d’un prêt du MES. Elle ne demande pas un centime de financement public supplémentaire en faveur de l’État grec. Elle promet de toujours vivre dans la limite de ses moyens, ainsi que de se fonder sur ses épargnes intérieures et sur des investissements extérieurs pour promouvoir sa croissance – des exigences bien en-dessous de ce que n’importe quel autre grand pays, au contrôle de sa propre monnaie, entreprendrait face à un désastre comparable.

Blanchard insiste aujourd’hui sur la nécessité de « faire des choix difficiles de part et d’autre ». Une nécessité incontestable. Pour autant, les Grecs ont d’ores et déjà procédé à des choix difficiles. C’est désormais au FMI d’agir, en commençant par admettre combien les politiques imposées pendant cinq ans ont généré une véritable catastrophe. Du côté des autres créanciers, ce choix pénible doit consister à admettre qu’il est nécessaire de restructurer les dettes grecques – comme le sait pertinemment le FMI. Car la proposition d’octroi de nouveaux prêts en direction de politiques défaillantes – actuelle proposition conjointe des créanciers – ne représente pour eux aucun véritable effort d’ajustement.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Source : James K. Galbraith, pour le Projet Syndicate, le 16 juin 2015.

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Le FMI humilie la Grèce, répète qu’il continuera de financer l’Ukraine même si celle-ci fait défaut

La semaine dernière, nous avons vu, effarés, à quel point le FMI, l’organisation politique la plus subventionnée par le contribuable US, peut courber l’échine : alors que ses négociateurs ont quitté théâtralement le cadre des négociations entre la Grèce et ses « créanciers », Christine Lagarde, ambassadrice itinérante pour Hermès, a déclaré le lendemain que le FMI « pourrait accorder des prêts à l’Ukraine, même s’il s’avérait que l’Ukraine ne pourrait honorer sa dette. »

Autrement dit, alors que la Grèce se démène pour éviter le défaut de paiement au FMI d’une dette contractée simplement pour que les banques allemandes conservent leur solvabilité et refourguent des milliards en prêts non performants aux fonds d’investissement US et en exposition à la Grèce, ce qui a conduit à l’effondrement du niveau de vie de toute une nation (peu d’années avant qu’un plan de rétablissement de l’Islande n’ait lieu, plan de sauvetage dont la Grèce pourrait d’ores et déjà jouir si elle n’avait fait défaut en 2010, comme nous avions alors dit qu’elle devrait), et alors que le « criminel » FMI fait tout son possible pour soumettre toute une nation, et à défaut la laisser sombrer, le FMI a annoncé aux amis de Soros à Kiev qu’il importait peu qu’ils ne remboursent pas les créanciers privés de l’Ukraine (en fait, s’il vous plaît, faites défaut puisque la Russie en fait partie), le FMI laisserait ouvert le robinet à crédits.

Avec la permission du contribuable US évidemment.

Avance-rapide d’une semaine, alors que la Grèce fait un pas supplémentaire vers une catastrophe financière majeure, le FMI arrive et dit à l’Ukraine – qui a déjà fait passer une loi lui permettant d’imposer à tout moment un moratoire sur la dette – de ne pas s’inquiéter et que même en cas de défaut de paiement, elle disposera de fonds illimités. Reuters :

La directrice du FMI a déclaré vendredi : « Les efforts de l’Ukraine pour obtenir un accord sur la restructuration de la dette avec ses créanciers permettront au Fonds Monétaire International de maintenir son soutien au pays, même si les négociations échouent. »

« Je … salue les efforts répétés du gouvernement pour parvenir à un accord avec tous les créanciers », a déclaré la directrice générale du FMI Christine Lagarde. « C’est important parce que cela veut dire que le Fonds pourra maintenir son soutien à l’Ukraine à travers sa politique de prêts aux pays ayant des arriérés, même dans le cas où un accord avec les créanciers dans le cadre du programme ne pourrait être obtenu dans un délai raisonnable. »

Nous nous abstiendrons de commenter cette dernière grande hypocrisie du FMI et nous nous demandons si la Grèce préfèrerait être dans la situation de Kiev qui a vendu, liquidé et « perdu » de toute façon tout son or à la demande de dirigeants « occidentaux », ou si, comme l’Ukraine, Athènes est prête à se séparer de ses 4 milliards en or juste pour apaiser la Troïka de la même façon qu’elle vend la totalité des 112,5 tonnes d’or de sa banque centrale à des acheteurs inconnus. Une transaction qui accorderait à la Grèce trois à six mois de plus pour jouer à cache-cache et quelques sourires parcimonieux de la part de Christine Lagarde.

Source : Zero Hedge, le 19 juin 2015.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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16 réponses à Au tour du FMI d’effectuer des « choix difficiles » en faveur de la Grèce, par James Galbraith

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 24 juin 2015 à 03h00

C’est aux Grecs d’effectuer des choix difficiles en faveur de la Grèce. Il ne faut pas s’attendre à de l’altruisme de la part du FMI ou de la BCE. La méthode de ces organisations de l’Internationale Financière est de fournir de la dope gratuite initialement (en corrompant souvent les politiciens au pouvoir), pour ensuite avoir des serfs dépendants qui se saigneront et vendront les bijoux de famille pour continuer à en recevoir.

L’abolition de l’esclavage financier est un enjeu moral (et économique) du XXIe siècle comme l’abolition de l’esclavage était un enjeu moral (et économique) du XIXe siècle. Les Yankees sont devenus favorables à l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis quand ils se sont aperçus que les immigrants arrivant à New York étaient moins chers (pas d’investissement en capital ni en maintenance) que les esclaves venus d’Afrique.

  1. sg Le 24 juin 2015 à 01h25
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    Les présidents et le gouvernement français a, tout autant que les allemands, été mis sur écoute par la NSA:

    http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN0P32DV20150623?sp=true

    On y apprend que le Grexit était déjà envisagé par le gouvernement Hollande depuis 2012:

    «”Le 18 mai, Hollande demande au Premier ministre Ayrault d’organiser une réunion à l’Elysée pour la semaine suivante. Hollande, Ayrault et les ‘ministres appropriés’ participeront et une attention particulière sera portée aux conséquences pour l’économie française en général et les banques françaises en particulier”, dit la note datée du 22 mai 2012, qui fait état de réunions secrètes à Paris, approuvées par François Hollande, pour étudier, déjà, les conséquences d’une potentielle sortie de la Grèce de la zone euro.

    Le même mémo souligne que François Hollande tient au secret de la réunion de peur, selon un commentaire, d'”aggraver la crise”, et se montre généralement très inquiet de l’avenir de la Grèce sur laquelle, est-il écrit, il estime que la chancelière allemande Angela Merkel a “abandonné”.»


  2. Caliban Le 24 juin 2015 à 02h54
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    Je ne m’explique toujours pas l’aveuglement du FMI (et de l’UE) concernant la Grèce.

    Je ne suis pas économiste (Dieu m’en garde j’allais dire !!), mais quand une solution ne fonctionne pas et pire – aggrave le mal qu’elle prétend guérir – on en change.

    C’est le B-A-BA. De l’expérience on tire des leçons, c’est peut-être ce que notre “monde occidental” a sans doute apporté de plus remarquable, la science positive. Et ce n’est pas tout récent : la Renaissance grâce à l’expérimentation scientifique nous a permis de sortir des dogmes religieux et des superstitions.

    Serions nous entrés avec la pensée néo-libéral, le Dieu finance et la suprématie de la pseudo science économique sur les autres formes de savoir, dans une nouvelle ère obscurantiste ?

    Ce qui me paraît le plus inquiétant c’est qu’une telle négation du réel repousse aux calendes grecques la résolution d’un problème qui nous concerne tous : le dérèglement climatique.

    Le rapport avec la Grèce ? La démocratie est la seule voie pacifique pour forcer les dirigeants à protéger le bien commun, et en premier lieu notre environnement. Or que font nos dirigeants, autoproclamés économistes de première classe ? Ils piétinent la démocratie, la cadenasse, l’enferme dans leurs dogmes économiques, la mettent en équation.

    Non seulement le FMI & Co augmentent la dette de la Grèce mais ils augmentent également la dette des générations futures. Enfin c’est mon point de vue 😉


    • gilles Le 24 juin 2015 à 09h50
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      Ce que vous ecrivez là est exactement ce que développe un économiste sérieux (sérieux parcequ’il fait partie des rares économistes qui ont prévu la crise de 2008):

      steve keen dans son livre “l’imposture économique” ou il explique que l’économie “néo classique” qui domine dans le monde occidental ne peut que mener à des catastrophes successives.
      son argument principal étant que même quand les faits sont avérés, ils sont, ou cachés ou tronqués si ils ne vont pas dans le sens des hypothèses (certitudes)énnoncées pour résoudre un problème: tout le contraire de ce qu’on attend d’une science.


    • Renaud 2 Le 24 juin 2015 à 13h31
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      Il ne faut pas chercher la rationalité scientifique dans la finance, qui n’est qu’un moyen géopolitique de contrôle. La propagande médiatique nous pousse à penser que économie et politique sont décorrélées, alors que la dette est un formidable instrument de pouvoir. Même dans les sciences dures, un article a été relayé récemment dans la revue de presse, dans lequel l’auteur affirme qu’environ la moitié des publications scientifiques sont fausses. Les chercheurs, comme les autres, dépendent de ceux qui les nourrissent financièrement. Il est assez aisé de falsifier des résultats pour qu’ils collent à la thèse avancée en amont.


    • BEYER Michel Le 24 juin 2015 à 16h49
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      Il n’y a pas aveuglement. Vous dîtes que vous n’êtes pas économiste. Moi non plus. Mais vous cherchez avec raison des solutions.
      Mais la seule solution que cherche la “troïka” ( si, si elle existe toujours) est la mise au pas du peuple grec. La “troïka” ne fait pas de l’économie, elle fait de la politique. Imaginez la contagion si les propositions contre l’austérité du gvt grec étaient retenues.


  3. Kiwixar Le 24 juin 2015 à 03h00
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    C’est aux Grecs d’effectuer des choix difficiles en faveur de la Grèce. Il ne faut pas s’attendre à de l’altruisme de la part du FMI ou de la BCE. La méthode de ces organisations de l’Internationale Financière est de fournir de la dope gratuite initialement (en corrompant souvent les politiciens au pouvoir), pour ensuite avoir des serfs dépendants qui se saigneront et vendront les bijoux de famille pour continuer à en recevoir.

    L’abolition de l’esclavage financier est un enjeu moral (et économique) du XXIe siècle comme l’abolition de l’esclavage était un enjeu moral (et économique) du XIXe siècle. Les Yankees sont devenus favorables à l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis quand ils se sont aperçus que les immigrants arrivant à New York étaient moins chers (pas d’investissement en capital ni en maintenance) que les esclaves venus d’Afrique.


  4. Boublik Le 24 juin 2015 à 05h17
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    Je croyais qu’une fois que l’Ukraine déclarerait être en défaut, plus aucune institution financière ne pourrait lui prêter d’argent et la crise se terminerait enfin…


    • V_Parlier Le 24 juin 2015 à 17h41
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      Je croyais aussi. Mais ils ne reculent devant rien pour accomplir le plan US, au mépris de tous les dangers. Ils couvrent, ils financent, le black-out mainstream est total. Et après les exécutants politiques pleurnichent quand ils découvrent un secret de polichinelle: leurs maîtres les espionnent, oh c’est trop terrible !


  5. FifiBrind_acier Le 24 juin 2015 à 06h47
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    Raphaël Corréa, Président de l’ Équateur, de passage à Bruxelles a commenté la crise grecque.
    “Les conditions imposées à la Grèce n’ont jamais visé à surmonter la crise, mais à liquider la dette”

    http://fr.euronews.com/2015/06/17/rafael-correa-les-conditions-imposees-a-la-grece-n-ont-jamais-vise-a-surmonter/

    La croissance de l’économie de son pays est en moyenne de 4 % par an. Interrogé sur les choix économiques il a répondu:

    “La clé du succès consiste à protéger la production et l’emploi national, à augmenter la production et à créer de l’ emploi. Nous n’avons pas cédé aux sirènes “du sauve qui peut”, du marché libre et de la loi de la jungle, nous avons adopté des politiques qui privilégient notre production et nos emplois.

    Et aussi un investissement public important qui attire à son tour l’investissement privé, des infrastructures pour l’énergie et l’éducation.

    Nous faisons très attention au profil de l’endettement (…), Après 1976, les banquiers proposaient des pots de vin pour des crédits pour acheter des armes, d’où l’énorme dette latino américaine.
    Nous ne nous endettons que pour des projets productifs et hautement rentables”.

    L’Équateur a donc fait exactement le contraire de tout ce que proposent le FMI et la Banque mondiale, le contraire de tout ce que les pays européens font, et ça marche.

    Comme disait Poutine : ” Le Nouvel Ordre Mondial conçu par Washington n’a pas d’avenir.
    Ce qui compte, c’est le principe consacré de la souveraineté des Etats, le non alignement (sur les USA), la non confrontation et la non ingérence dans les affaires des autres Nations”.


    • MAURICE Le 24 juin 2015 à 09h09
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      Tout le malheur des peuples est toujours venu de la “prétendue” classe dirigeante…
      Qui, depuis la nuit des temps, n’a agit qu’en fonction de son propre intérêt, POINT.
      Tout le reste n’est que billevesées…
      Qu’on le veuille ou non, la prétendue lutte des classes à toujours fait rage, au moins en occident, pour le plus grand malheur des populations qui sont maintenues asservies grâce à un produit leurre qui les inonde sans relâche et qui se nomme “démocratie”.
      Mais, hélas, il n’y a RIEN qui fonctionne selon ces principes qui seraient satisfaisants à minima, si ils étaient effectivement appliqués; c’est à dire que ce devrait être les populations concernées qui devraient être seules à décider de ce qu’elles souhaitent, POINT.
      Pour tenter d’appliquer une telle solution, seul un état souverain permet de l’envisager.
      Tant que la France restera une petite colonie lointaine sous la coupe du maître USA, rien d’autre que d’obéir à leur dictat ne sera possible, jamais!
      Ha, mais si, j’oubliais, il sera bientôt possible de bouffer du bœuf aux hormones, du poulet chloré et autres joyeusetés gastronomiques vraiment “made in USA”
      Que c’est beau le progrès outre atlantique…
      Perso, je ne changerai jamais d’avis: US GO HOME !
      Car en France on ne devrait utiliser que la langue française héritée de nos ancêtres et de l’histoire.
      .


  6. Alain Le 24 juin 2015 à 07h09
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    Sous la houlette allemande, l’Europe a fait entrer le FMI dans le jeu ce qui est catastrophique en termes d’image (la riche Europe a besoin de l’argent de moins nantis) et proprement amoral. La première décision à prendre serait que l’Europe rachète les créances grecques du FMI et rappelle au FMI ses règles qu’elle a bafoué en faveur de la Grèce mais encore plus en faveur de l’Ukraine (mais cela arrange ces vassaux des USA dans le cas ukrainien)


    • Phil Defair Le 24 juin 2015 à 23h56
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      Outre l’intégration du FMI dans une affaire européenne, l’amoralité a été commise via le rachat de la dette grecque par le duo UE/FMI. Cela garantit les banques créancières, une fois de plus, que leurs pertes seront couvertes par le denier public. On me dira ce qu’on voudra, mais dans la notion d’intérêt financier, il y a celle du risque consenti par le créancier. Y compris celui du défaut.

      Reprendre la dette d’un pays membre n’a de sens que si ceci est accompagné d’une réelle démarche constructive de soutien au pays concerné. Ou alors d’autres intérêts non connus sont en jeu…
      Des trucs du genre Grexit et défaut grec n’engendreront pas de réel défaut, puisque c’est l’UE et le FMI qui sont de fait devenus les créanciers de la Grèce, en lieu et place des banques. Ni vu ni connu, je t’embrouille, on nous rejoue la crise de 2008 où le contribuable absorbera ce qui aurait dû devenir des pertes privées. Ainsi, un très probable défaut grec ne sera en rien déclencheur de quoi que ce soit.

      C’est pas que je leur veuille du mal, aux banques. Mais je me languis tout de même qu’un jour on leur mette le nez dans leur caca, histoire probablement de déclencher l’impensable, mais qu’on puisse repartir sur de nouvelles bases et reconstruire une nouvelle société pour nos enfants.

      Jusqu’au prochain excès de gourmandise…


  7. catherine Balogh Le 24 juin 2015 à 13h11
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    ah, ah, ah, je lis”les pauvres perdront leurs économies”, mais, mais, si les pauvres ont des économies, ils sont pas pauvres.
    Pour “ces gens-là”, l’incapacité à accepter qu’il existe des gens qui n’aient plus rien du tout, est pathologique.


  8. michel roissy Le 24 juin 2015 à 14h01
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    les nouvelles propositions grecques auraient de nouveau été refusées ?

    http://francais.rt.com/international/3582-tripras-creanciers-grecs-acceptent-pas

    c’est presque une bonne nouvelle, l’Europe persiste et signe dans sa volonté mortifère de faire plier la Grèce. Elle sera de toute façon responsables de l’issue, quelle qu’elle soit… ça ne m’arrange pas pour mes maigres économies de retraité mais je donne néanmoins raison à Tsipras de ne pas céder à ces maîtres chanteurs.

    Quant aux zécoutes zUS, ça vaudrait bien un nouveau billet pour ne pas mélanger les réactions


    • TienTien ! Le 24 juin 2015 à 17h58
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      Quant aux zécoutes US, ça vaudrait bien un nouveau billet…’

      Pourquoi faire ? Juste pour hypocritement faire mine de découvrir une réalité que tout le monde devrait avoir intégrée depuis belle lurette ? J’adore les réactions “outragées” de ces messieurs dames qui déclarent “exiger des explications” de leur seigneur et maître trônant a Washington.
      Bref, vous aurez compris que je hais tout particulièrement l’hypocrisie…


      • michel roissy Le 24 juin 2015 à 20h31
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        cher Monsieur, étant un fidèle de ce site (et d’autres), connaissant depuis au moins 20 ans le fameux programme “échelon” mis en place notamment en GB, je ne fais pas partie des “naïfs” qui découvrent…

        alors, vous êtes sans doute une pointure qui sait tout avant tout le monde, mais j’estime avoir le droit de m’exprimer sans cette ironie douteuse et de suggérer un billet sur ce sujet sur lequel d’autres personnes pourront débattre… si cela ne gène pas trop votre grandeur omnisciente


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