Source : Le Grand Soir, 11-03-2016

Entretien accordé par le Président syrien à la télévision allemande « ARD » [Texte intégral]

arton30057-74bfaJournaliste : Monsieur le Président, je vous remercie infiniment pour avoir accordé cette entrevue à la télévision allemande ARD.

Le Président al-Assad : Bienvenue à vous en Syrie

Question 1 : Hier, alors que nous filmions à la Mosquée des Omeyyades, nous nous sommes entretenus avec les gens sur le cessez-le feu. Un vendeur de Chawerma nous a dit « c’est peut-être un jour historique ». Ma question est, Monsieur le Président, êtes-vous d’accord que ce serait là un jour historique, et vivons-nous un moment particulier de l’histoire syrienne ?

Le Président Al-Assad : Disons plutôt que je l’espère, étant donné que nous avons accepté l’accord sur la « cessation des hostilités » la semaine dernière. Parlons plutôt d’une lueur d’espoir pour les Syriens et pour nous tous. Mais en général, un cessez-le-feu, une cessation des hostilités, ou n’importe quel accord de ce type est bilatéral. Il va donc être difficile de le maintenir et de le sauver, puisqu’il est multilatéral. Je veux dire par là que vous parlez d’une centaine de factions de terroristes et de nombre de pays qui les soutiennent. Autrement dit, vous parlez de deux camps ayant des objectifs contradictoires en ce qui concerne cet accord. C’est pourquoi, disons que nous allons faire notre travail pour qu’il fonctionne, quoique la bonne volonté ne soit pas suffisante.

Question 2 : Que faites-vous, vous et le gouvernement syrien, pour sauver ce cessez-le feu ?

Le Président Al-Assad : Dans les faits, il a commencé il y a moins de 48 heures et, comme vous êtes ici depuis quelques jours, je pense que vous savez que les terroristes l’ont violé dès la première heure. Quant à l’armée syrienne, nous nous sommes abstenus de riposter pour lui laisser une chance de se maintenir. Voilà ce que nous pouvons faire, mais finalement toute chose a ses limites et cela dépend de l’autre partie.

Question 3 : Pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour arriver à un accord ?

Le Président Al-Assad : Il n’a pas fallu si longtemps pour arriver à un accord. Il a fallu longtemps pour que les autres pays qui supervisent les terroristes, notamment les États-Unis, se mettent à travailler là-dessus. Ils ont commencé à en parler il y a seulement quelques mois ; alors que, dès le début, nous avions initié ce processus sur une base interne que nous avons désigné par « Réconciliation locale ». Un processus qui mène à la cessation des hostilités à partir du moment où vous accordez l’amnistie aux miliciens afin qu’ils rejoignent l’armée syrienne ou retournent à une vie civile normale. C’est un processus que nous avons lancé depuis quelques années et qui a réussi dans plusieurs régions. La seule différence est que cet accord de cessation des hostilités est plus global, bien qu’il ne soit pas total.

Question 4 : Il y a trois jours, nous étions à Daraya. Nous avons vu le bombardement intensif de cette ville. Je pense que l’un des problèmes de la Syrie est : « qui décide que ceux que vous frappez sont des terroristes de l’EIIL et du Front al-Nosra ou des rebelles ? ». Je pense que vous êtes le seul à en décider et que la paix est entre vos mains. Non ?

Le Président Al-Assad : Qu’entendez-vous par « la paix entre mes mains » ?

Question 5 : Votre décision de frapper ou de ne pas frapper. C’est vous qui définissez qui sont ces gens ?

Le Président Al-Assad : Vous avez raison. Lorsque vous avez un tel accord, vous devez vous poser deux questions : sur quelles cartes militaires devez-vous travailler et quels sont les critères ou les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu ? Or, comme je viens de le dire, la cessation des hostilités a été décrétée il y a 24H et, jusqu’à cet instant précis, nous ne disposons toujours pas de ces cartes. Par conséquent, disons que l’accord n’est pas encore arrivé à maturité. Lorsque ce sera le cas, vous pourrez dire que j’en assume la responsabilité en tant que partie prenante de la survie de cet accord.

Question 6 : maginez, Monsieur le Président, que je sois un rebelle et non un terroriste de l’EIIL ou du Front al-Nosra, un rebelle de l’armée syrienne libre [ASL]. Que devrais-je faire pour que vous m’acceptiez de nouveau comme civil syrien ? 

Le Président Al-Assad : Juste que vous déposiez vos armes et que vous n’ayez aucun autre agenda politique. Que vous décidiez de rejoindre le processus politique ou que vous vous en désintéressiez, n’a pas d’importance. Le plus important pour moi, d’un point de vue légal et constitutionnel, en me basant sur l’intérêt du peuple syrien et sur le principe valable pour tout État, est qu’en tant que citoyen vous n’êtes pas autorisé à user de vos armes pour nuire aux personnes et aux biens. C’est tout ce que nous demandons et rien d’autre. Comme je l’ai dit, nous leur offrons une amnistie totale. C’est déjà arrivé, certains ayant rejoint l’armée syrienne, d’autres s’étant intégrés dans la vie politique.

Question 7 : C’est donc une réelle amnistie que vous offrez à tous les rebelles ? 

Le Président Al-Assad : Nous l’avons fait, et cela a fonctionné.

Question 8 : Pourquoi le gouvernement syrien ne peut-il accepter l’existence de deux sortes de groupes [armés] : l’un correspondant aux terroristes, tels ceux de l’EIIL et du Front al-Nosra ; l’autre correspondant aux rebelles, disons, plus civils ? Pourquoi dites-vous toujours que vous combattez uniquement des terroristes ? 

Le Président Al-Assad : Dun point de vue légal, celui qui porte des armes contre les civils ou contre les propriétés privées ou publiques est un terroriste. Je crois qu’il en est de même pour mon pays et le vôtre. Vous n’acceptez pas qu’une soi-disant « opposition modérée » use de ses armes pour atteindre ses objectifs. Aucun pays ne l’accepterait. C’est l’un des aspects de votre question.

L’autre aspect est que nous ne disons pas que tout milicien est un extrémiste. Nous disons qu’actuellement la majorité des groupes armés qui contrôlent certaines régions sont essentiellement des groupes terroristes. L’autre partie, promue comme modérée, est marginale et sans importance. Elle n’a aucune influence sur le terrain et c’est pourquoi la plupart de ses bases rejoignent les extrémistes, non parce que ses éléments sont nécessairement des terroristes, mais par peur, pour l’argent ou le salaire. Donc, si nous disons que nous combattons des terroristes, c’est parce qu’aujourd’hui le vrai ennemi est constitué par des groupes terroristes, principalement Daesh, Al-Nosra, Ahrar al-Cham, et Jaïsh al-Islam.

Question 9 : N’avez-vous pas le sentiment qu’en réalité il y a quand même une différence entre ces deux groupes ? Ces terroristes viennent de l’étranger, d’Arabie Saoudite, de Tchétchénie et de partout dans le monde ; alors que les rebelles sont finalement des Syriens et viendra le moment où vous devrez discuter avec eux. Pourquoi ne pouvez-vous pas commencer dès aujourd’hui ?

Le Président Al-Assad : Nous l’avons fait. Nous l’avons déjà fait. C’est ce que j’ai signifié en évoquant les réconciliations locales. Dans ce cas, vous parlez avec les milices [armées] qui se battent sur le terrain, non avec l’opposition politique. Je suis donc d’accord avec vous sur ce point.

En revanche, lorsque vous parlez de deux sortes de groupes, les Syriens que vous désignez par « rebelles » et les autres, vous négligez qu’en réalité, ils travaillent ensemble. Vous n’avez pas, en Syrie, un groupe [terroriste] composé exclusivement d’étrangers. Vous avez des [terroristes] étrangers mélangés avec des Syriens partageant la même idéologie qui refuse quiconque ne leur ressemble pas et les mêmes espoirs, notamment celui de créer ce qu’ils appellent l’« État islamique » ou équivalent.

Question 10 : Monsieur le Président, vous avez accepté un processus de transition. Quelles sont les prochaines étapes ?

Le Président Al-Assad : C’est un processus qui doit aboutir à un gouvernement d’union nationale auquel se joindront ceux qui souhaiteront en faire partie. Ce gouvernement devra préparer la prochaine Constitution, laquelle sera suivie d’élections législatives qui définiront la forme de la prochaine ou de la nouvelle Syrie. Telles sont les principales étapes de la période de transition.

Question 11 : J’étais ici il y a quatre ans, au moment ou se sont déroulées les élections législatives de 2012. Comment pouvez-vous dire qu’il serait possible de tenir des élections pendant la guerre civile ?

Le Président Al-Assad : Tout d’abord, il n’y a pas de guerre civile. Une telle définition est fausse. Il y a guerre civile quand existent des lignes de démarcation sociales correspondant à des différences sectaires, ethniques, ou autres. Nous n’avons toujours pas cette sorte de lignes, vu le mélange manifeste dans les zones contrôlées par le gouvernement où coexistent toutes les couleurs du spectre social syrien. Vous ne pouvez donc pas parler de cette guerre comme d’une guerre civile. C’est vraiment les terroristes contre tout le reste.

Quant aux élections, il ne s’agit pas d’un passe-temps, de l’opinion du Président ou de l’humeur du gouvernement. Elles renvoient à la Constitution. Notre guerre est motivée par l’indépendance de notre pays, parce que d’autres pays, principalement en Occident veulent, avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, détruire notre pays et transformer la Syrie en État confessionnel comme au Liban et, peut-être, comme en Irak.

La Constitution est aujourd’hui le symbole de l’unité, de la souveraineté et de l’indépendance du pays. Nous devons la défendre. Or, la Constitution n’est pas une simple rédaction sur papier. C’est la manière dont vous la mettez en pratique, notamment en organisant des élections, lesquelles n’appartiennent pas de droit au gouvernement mais à chaque citoyen. C’est aux citoyens de décider s’ils en veulent ou pas. Et si vous interrogez les Syriens, tous souhaitent un nouveau Parlement.

Question 12 : Est-ce que la Constitution et donc la stabilité en Syrie valent plus que des centaines de milliers de vies ?

Le Président Al-Assad : Il n’y a pas de contradiction qui ferait que nous ayons à juger de l’importance de l’un de ces sujets par rapport à l’autre, car sans stabilité vous perdriez des milliers de vies, alors que la stabilité retrouvée vous permettrait de les sauver. Vous ne pouvez donc pas dire que ceci est plus important que cela, la stabilité et la Constitution étant très importantes pour épargner des vies.

Question 13 : L’écrasante majorité des pays et organisations du monde disent qu’il ne pourrait y avoir de solution à la question syrienne avec vous au pouvoir. Êtes-vous prêt à l’abandonner ?

Le Président Al-Assad : Pour ces pays et ces fonctionnaires ? Non, bien sûr que non, car ce n’est pas leur affaire. C’est pourquoi je ne leur ai jamais répondu. Cela fait cinq ans qu’ils le répètent et que nous n’avons accordé le moindre intérêt à ce qu’ils disent. C’est notre affaire. C’est l’affaire de la Syrie. Seuls les citoyens syriens ont le droit de dire qui ils veulent pour président. En tant qu’Allemand, vous n’accepteriez pas que moi ou n’importe qui d’autre vous dicte quel devrait être votre Chancelier ou votre système politique. Vous ne l’accepteriez pas, comme nous ne l’acceptons pas. Par conséquent, non, quoi qu’ils disent, mon destin politique est uniquement lié à la volonté du peuple syrien.

Question 14 : Plus généralement, si les conditions étaient telles que le peuple syrien le voulait, seriez-vous prêt à vous retirer ?

Le Président Al-Assad : Certainement et sans aucun doute. Je le ferais immédiatement sans aucune hésitation, car si vous voulez réussir en tant que fonctionnaire élu à un poste de Président, de Premier ministre ou de n’importe quelle autre fonction, vous avez besoin du soutien du peuple. Sans ce soutien, vous ne pouvez rien accomplir. Alors, que feriez-vous à votre poste ? La volonté du peuple et votre capacité à accomplir quelque chose sont donc liées l’une à l’autre.

Question 15 : Avez-vous déjà une idée sur le timing de cette étape ? Vous savez que plusieurs dates ont été évoquées. Une information issue du Bureau de De Mistura dit que la date la plus probable serait en 2018. 

Le Président Al-Assad : Non, non, ce n’est pas leur affaire. Cela ne fait partie d’aucun plan. Comme je l’ai dit, seuls les Syriens peuvent en décider.

Question 16 : Êtes-vous d’accord que ce que nous voyons en Syrie est une catastrophe humanitaire ?

Le Président Al-Assad : Bien sûr, sans aucun doute.

Question 17 : Alors, pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour que vous autorisiez le plein accès aux zones assiégées ?

Le Président Al-Assad : Non, ce n’est pas vrai. Nous n’avons pas mis si longtemps à en autoriser l’accès. En réalité, ce sont les médias occidentaux qui ont mis beaucoup de temps à reconnaître ce qui se passait sur le terrain. Je vais être très franc avec vous. Posons une question logique et réaliste à la fois : ces zones dont vous parlez, lesquelles seraient assiégées depuis des années par l’armée tout en continuant à la combattre jusqu’aujourd’hui et à lui envoyer bombes et tirs de mortiers ainsi que sur les villes voisines, comment aurions-nous pu les empêcher de recevoir aides et nourriture alors que nous n’avons pas pu les empêcher de recevoir des armes ? Est-ce logique ? Non, ça ne marche pas. Soit l’embargo est total, soit vous ne pouvez pas faire d’embargo. Et si nous n’avons pas fait d’embargo c’est pour plusieurs raisons. Mis à part l’aspect humanitaire, les valeurs auxquelles nous croyons et le sens des responsabilités de notre gouvernement à l’égard de tous les Syriens, imposer un embargo aurait précipité les civils habitant ces régions dans le giron des terroristes.

Une autre raison concrète est pourquoi assiégerions-nous ces villes, citées par vous et récemment par beaucoup d’autres médias, pendant que nous continuons à envoyer des vaccins et les salaires des fonctionnaires à des villes comme Raqqa, laquelle est sous contrôle de l’EIIL ? Comment pouvons-nous faire un embargo ici et ne pas faire un embargo là-bas ? Ce que vous dîtes est contradictoire et irréaliste.

Question 18 : Maintenant que vous avez la couverture du cessez-le-feu, vous est-il possible de garantir aux organisations de secours un accès permanent à ces zones assiégées ?

Le Président Al-Assad : Elles ont travaillé ici au cours de ces dernières années. Nous n’avons jamais dit non. Mais leur travail doit passer par le gouvernement. Elles ne peuvent pas faire comme si le gouvernement n’existait pas. Ceci dit, il est évident que la réalité sur le terrain peut parfois faire obstacle en zones de combats. D’autres fois, il arrive que des conflits surgissent entre ces organisations et les fonctionnaires de notre gouvernement. Mais du point de vue décision politique, nous ne posons aucun problème à l’arrivée des aides partout en Syrie, et nous les soutenons.

Question 19 : Vous avez parlé d’élections en avril prochain. Ne serait-ce pas consulter une fraction du peuple, puisque nombre de Syriens ont quitté le pays pour fuir le chaos ?

Le Président Al-Assad : Oui, mais pour autant la Syrie n’est pas vidée. La majorité des Syriens vit toujours en Syrie, non l’inverse. Ce fut le discours précédant les élections présidentielles, mais le monde a été surpris de voir un pourcentage élevé de réfugiés, à l’extérieur de la Syrie, participer à ces élections. Par conséquent, je crois que chaque Syrien aimerait un tel renouveau dans son pays, parce qu’il redonnera de l’espoir et que c’est naturel pour tout pays et toute culture.

Question 20 : Le gouvernement syrien apprécie-t-il le rôle de l’Allemagne pour son accueil d’un grand nombre de Syriens ?

Le Président Al-Assad : Disons que nous l’apprécions d’un point de vue humanitaire. Nous ne pouvons pas dire que ce n’est pas bien d’accepter des réfugiés ayant quitté leur pays en raison des difficultés qu’ils y rencontrent. Mais ne serait-il pas plus humain de les aider à rester dans leur pays ? Parce que si vous posiez cette question à l’un d’entre d’eux, il vous répondrait qu’il aimerait pouvoir y retourner. Ne serait-il pas moins coûteux d’adopter ou de mener des politiques plus sages et plus prudentes en ce qui concerne la crise syrienne, et de permettre à ces personnes de vivre dans leur pays, en travaillant contre le terrorisme, pour la stabilité de la Syrie, sans s’ingérer dans ses affaires ? Ce serait plus humain.

Question 21 : Y a-t-il un rôle précis attribué à l’Allemagne dans l’ensemble de la question syrienne, ou bien est-elle considérée au même titre que d’autres pays étrangers, tels les États-Unis et l’Arabie Saoudite ?

Le Président Al-Assad : Nous espérons que chaque pays puisse jouer son rôle, particulièrement les pays européens dont l’Allemagne, qui a la plus forte économie et qui est censée mener l’Union européenne non seulement économiquement mais aussi politiquement ; un rôle que nous n’avons toujours pas constaté en pratique, car ce rôle suppose la volonté et que la volonté suppose l’indépendance. La question est donc : combien de fonctionnaires européens sont-ils indépendants de la politique et des politiciens étatsuniens ? Jusqu’à présent, ce que nous avons vu est un copier-coller de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font. Par conséquent, je ne peux pas parler de rôle s’il n’y a pas d’indépendance.

Question 22 : Lors de mon dernier voyage en Syrie, je suis allé à Alep. Cette fois-ci, je me suis rendu à Homs. Ce sont des images incroyables, telles des images de l’Apocalypse. Je suppose qu’il n’y a pas de doute sur le fait que l’armée syrienne est en partie coupable de ce qui est arrivé ici. Ma question personnelle, Monsieur le Président, êtes-vous capable de dormir la nuit ?

Le Président Al-Assad : La question plus importante est : suis-je capable de travailler ? Peu importe que vous dormiez ou non. Pour les gens, ce qui importe est de savoir ce que le Président peut faire et de combien de terroristes nous pouvons nous débarrasser, à défaut de les convaincre de reprendre une vie normale. C’est ce que nous faisons tous les jours. Donc, si nous ne pouvons pas dormir, c’est parce que nous devons travailler. C’est précisément de cela qu’il s’agit.

Question 23 : L’ONG « Médecins Sans Frontières » a déclaré qu’en 2015, 94 hôpitaux ont été bombardés, avec le soutien de l’État. Comment est-ce possible ? Je veux dire, vous ne pouvez pas prétendre que, disons-le, ces crimes de guerre ont été commis seulement par la coalition américaine. La Russie et la Syrie ont leur part de responsabilité.

Le Président Al-Assad : Si nous avions voulu commettre ce genre d’actions, nous l’aurions fait depuis longtemps. Nous ne savons pas qui a commis le dernier bombardement [signalé par cette ONG]. Nous n’avons aucune raison de bombarder un hôpital. Quant à ce que vous décrivez comme un crime, c’est évidemment un crime. Mais cela dépend des critères sur lesquels vous vous basez pour user de ce terme. Si c’est sur nos critères à nous, c’est certainement un crime. En revanche, si vous vous basez sur les critères occidentaux, ce n’est plus le cas, pour la simple raison que l’Occident n’a toujours pas appliqué ce terme à sa guerre de 2003 en Irak, où plus d’un million et demi d’Irakiens ont été tués. L’occident ne parle pas non plus de crimes de guerre au Yémen, où les Saoudiens ont commis des atrocités. Il ne parle pas de crimes de guerre en Syrie, quand les groupes armés tuent des milliers d’innocents par des tirs de mortiers et des attentats de kamikazes. Franchement, cela dépend des critères et, selon nos critères, ce sont des actes criminels.

Question 24 : Pour être clair, la plupart des observateurs imputent le bombardement des écoles et des hôpitaux à l’armée syrienne et à la force aérienne russe, précisant qu’il s’agit d’une stratégie de guerre, non de dommages collatéraux. N’est-ce pas un fardeau sur vos épaules ?

Le Président Al-Assad : Une question simple que vous devriez vous poser devant un tel discours : quel serait notre intérêt à agir de la sorte ? Mettant de côté les valeurs et les principes, je vous réponds : non. Non, parce que c’est le gouvernement qui a construit ces installations et ces infrastructures et qu’il a besoin que la population soit de son côté. Pour cela, c’est plutôt lui qui offre les services de base. Une simple question : que gagnons-nous ? Rien. Nous perdons. Nous n’avons donc aucun intérêt à ce faire et c’est un non définitif. Non, nous n’avons pas bombardé cet hôpital, il nous appartient, nous savons que ce sont des médecins qui l’occupent et non des terroristes. Il en est de même pour l’hôpital de Raqqa où sévit l’EIIL et où, comme je vous l’ai déjà dit, nous expédions des vaccins à la population. Pourquoi attaquerions-nous l’hôpital de cette ville ? C’est contradictoire !

Question 25 : Il y a deux ans, au moment où l’armée syrienne était affaiblie et en défaite, nous avons vu le Hezbollah intervenir comme, par exemple, à Al-Qusayr près de la frontière libanaise. Vers la fin de l’année dernière et alors que vous étiez sur le point de perdre Alep, nous avons vu les Russes intervenir pour vous aider, ainsi que nombre de combattants et de conseillers venus d’Iran. Qu’attendent-ils de vous en retour ?

Le Président Al-Assad : Tout d’abord, concernant ce que vous qualifiez de « défaite », toute guerre est en réalité une somme de batailles, certaines que vous perdez, d’autres que vous gagnez. Nous étions donc en train de perdre en un endroit et de gagner en un autre, la situation ne pouvant se ramener à une victoire ou une défaite. Ce n’est pas une guerre facile. Nous nous battons contre des dizaines de pays qui soutiennent ces mercenaires terroristes. Nos alliés et amis, ayant rejoint cette guerre directement ou indirectement, ont une vision différente de la vôtre. Ils ne sont pas venus en Syrie pour aider le président syrien ou le gouvernement syrien. Ils sont venus parce qu’ils savent que lorsque le terrorisme s’installe dans une région, il ne reconnaît pas les frontières. La preuve en est l’EIIL : de Libye, à l’Irak, à la Syrie, il n’a plus de frontières. Ils savent que si le terrorisme finit par contrôler cette région, il débordera ailleurs et non seulement dans les pays voisins. Leur vision de la situation est donc très claire. Ils ne se contentent pas de nous défendre, mais se défendent aussi. Ils ne sont pas venus pour me demander quoi que ce soit. Tous nos amis respectent notre souveraineté sans rien nous demander en retour.

Question 26 : Monsieur le Président, pouvez-vous encore dire que la Syrie est un État souverain. Votre politique n’est-elle pas d’ores et déjà définie à Téhéran ou au Kremlin ?

Le Président Al-Assad : La souveraineté est un terme relatif. Avant la crise, Israël occupait déjà une partie de notre terre. Par conséquent, nous considérions que notre souveraineté ne serait pas totale tant que nous n’aurions pas libéré cette terre. Actuellement, nombre de terroristes traversent nos frontières et nombre d’avions américains et de ce que l’on désigne par « la Coalition » violent notre espace aérien. Donc, en effet, notre souveraineté est incomplète. En même temps, tant que vous avez une Constitution, que les institutions fonctionnent, que l’État fait son travail au service de la population même à un niveau minimal, et surtout tant que le peuple syrien n’est soumis à aucune puissance étrangère ; cela signifie que vous êtes toujours souverain, même si ce n’est pas au sens plein de ce terme.

Question 27 : Revenons cinq ans en arrière quand les soulèvements dans le monde arabe ont commencé, ainsi qu’à Daraa, ville située au sud de la Syrie à la frontière syro-jordanienne. Notre impression est que des jeunes ont été emprisonnés pour avoir inscrit des graffiti sur un mur et que les Forces de sécurité ont frappé très fort lorsque les parents ont manifesté pour les récupérer. Était-ce une bonne idée de réprimer si durement cette sorte de jeunes fous et de déclencher toute la guerre civile qui a suivi ?

Le Président Al-Assad : Pour commencer, toute cette histoire n’a pas existé. Elle n’a pas eu lieu. Ce ne fut que de la propagande. Je veux dire que nous avons entendu parler d’eux, mais que nous n’avons jamais vu ces jeunes prétendument emprisonnés à ce moment là. Ce récit est donc faux. Supposons qu’il soit vrai, ce qui n’est pas le cas, et comparons-le avec ce qui s’est passé aux États-Unis l’année dernière, quand tout le monde discutait et condamnait plusieurs meurtres de citoyens noirs américains par la police. Quelqu’un a-t-il demandé aux gens d’user de leurs mitrailleuses pour tuer, juste parce qu’un policier a commis une erreur ? Ce n’était pas justifiable. Par conséquent, même si les choses s’étaient passées comme vous le dites, ce qui n’a pas eu lieu, ce n’est pas une excuse qui vous permettrait de prendre votre mitrailleuse, de combattre le gouvernement et de tuer des civils et des innocents.

L’autre question : quelles contre-mesures adopteriez-vous face à des gens qui tuent dans vos rues et attaquent les propriétés ? Vous leur diriez : faites ce que bon vous semble, quoi que vous fassiez je reste ouvert, je ne vous répondrai pas ? Ce n’est pas possible. Nous avons une seule option, celle de les arrêter et de les empêcher de continuer à tuer. Face à des mitrailleuses, nous n’allons pas répondre par un lâcher de ballons. Nous devons utiliser nos armes. C’est notre seule option.

Question 28 : La guerre en Syrie déstabilise toute la région, les États voisins comme la Turquie, l’Irak, la Jordanie, le Liban. De plus, elle affecte déjà l’Europe. Ceci fait qu’une large partie du monde est touchée par la guerre syrienne. Que faites-vous pour arrêter ce cauchemar ?

Le Président Al-Assad : Ce cauchemar ne dépend pas uniquement de la Syrie. Depuis le début de la crise, nous avons adopté deux pistes de travail : établir le dialogue avec tout le monde, les pays, les factions et les miliciens, afin de rétablir la stabilité ; combattre les terroristes qui refusent de déposer leurs armes. Mais la question est : à quoi sont prêtes les parties adverses ? Car une part de la catastrophe, ou du cauchemar dont vous parlez, est due à l’embargo occidental qui affecte tous les citoyens syriens sans exception et non seulement aux terroristes qui tuent et détruisent. Qu’est-ce qu’elles sont prêtes à faire pour arrêter le cauchemar et soulager la douleur des Syriens ? Sont-elles prêtes à faire pression sur des pays comme la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, lesquels soutiennent les terroristes, afin de les obliger à arrêter le passage clandestin de terroristes, la contrebande de toutes sortes d’armes et la fourniture de toutes sortes de supports logistiques ? Telle est la question. Lorsque tous ces États se seront mis d’accord ou, disons-le, auront la volonté de faire leur devoir à ce sujet, je puis vous assurer que nous n’aurons pas de problème pour arrêter ce cauchemar en Syrie.

Question 29 : Ma dernière question, Monsieur le Président. Lorsque votre père Hafez est décédé en 2000, vous avez quitté Londres où vous exerciez votre métier d’ophtalmologiste, pour rentrer à Damas et accéder à vos fonctions. Ayant à l’esprit tout ce qui s’est passé ces cinq dernières années, le feriez-vous encore ? Reviendriez-vous à Damas, ou bien resteriez-vous à Londres ?

Le Président Al-Assad : En fait, dans cette région, la politique fait partie intégrante de la vie de chaque citoyen syrien étant donné les circonstances qui font qu’elle affecte son quotidien. Vous ne devenez donc pas un homme politique par goût, mais par nature. Il en est de même pour moi, d’autant plus que je suis issu d’une famille politique et que j’ai hérité de cette passion. Mais cette passion ne se réduit pas à un passe temps ou à un domaine qui vous plaît. Elle vous ramène à la façon dont vous pouvez servir votre pays. J’étais un médecin dans le secteur public. Je suis désormais un homme politique. Je suis donc passé d’un secteur public à un autre secteur public plus large. C’est toujours le même principe. Et, bien sûr, tant qu’il s’agit d’aider le peuple syrien vous devez être prêt à aider de plus en plus, à continuer encore et encore, jusqu’à ce que vous n’en soyez plus capable et que le peuple syrien ne veuille plus de vous à ce poste.

Journaliste : Je vous remercie beaucoup.

Le Président Al-Assad : Merci à vous

Docteur Bachar al-Assad, Président de la République arabe syrienne, 01/03/2016

Source : SANA [ Syrian Arab News Agency]

http://sana.sy/en/?p=70991

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

Source : Le Grand Soir, 11-03-2016

53 réponses à Bachar al-Assad : “Lorsque les États occidentaux auront la volonté de faire leur devoir, nous n’aurons plus de problème pour arrêter le cauchemar en Syrie”

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 26 mars 2016 à 04h05

Il était important pour les occidentalistes de vassaliser Bachar el Assad, ou de l’éliminer. La question est donc celle de la vassalisation. Chez les européistes la question est réglée. La politique de domination du monde n’est pas remise en cause, ni par la gauche ni par la droite.
Nous avons aussi nos dynasties. Nos (familles politiques) partis politiques sont en eux mêmes une forme de dynastie sans laquelle vous ne pouvez être élus.
Malgré cet aspect dynastique des Assad, il me semble que Bachar n’est pas moins respectueux de la démocratie que Erdogan, ou les Saoud. Invoquer l’aspect autoritaire d’un régime ne tient pas comme justification. La question n’est rien d’autre que celle de la vassalisation du monde.
Le président Bachar El Assad semble plus se soucier de la souveraineté de son peuple que ne le sont nos dirigeants vis à vis de nous. Et c’est aussi pour ça qu’on veut l’abattre.
La souveraineté des peuples n’est pas compatible avec la domination du monde.

  1. Ailleret Le 26 mars 2016 à 02h15
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    Un homme ferme, trop rigide pour certains, mais un chef d’État sérieux, ce Bachar al-Assad. On ne peut pas lui refuser cette qualité. Comme président de la Syrie, valait-il mieux un gros rigolo genre Hollande ou un petit excité genre Sarkozy ?


    • Laurent K Le 26 mars 2016 à 02h47
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      N’en faites pas un petit saint quand même !

      Même si nous avons maintenant beaucoup d’éléments impliquant les occidentaux dans le déclenchement de cette tragédie, une guerre civile ne se déclenche pas sans ferments. Ce n’est pas un soudain coup de tonnerre dans un ciel bleu.

      Si la Syrie avait été une démocratie et non un pays dirigé par une dynastie utilisant la répression, d’autres alternatives politiques auraient pu émerger. Cela n’excuse pas l’intervention de Clinton, et notamment le soutient initial de Daech par les USA mais la famille Assad a sa part de responsabilité aussi.


      • vincent Le 26 mars 2016 à 03h13
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        Probablement mais à savoir si la nature du régime syriens pouvait déterminer la révolte, rien n’est moins sur, ce n’est pas parce qu’un pays est démocratique qu’il ne tombe pas dans la révolution ou les excès, la solution est à chercher ailleurs. La démocratie ne résout ni les problème religieux ethnique, et n’empêche pas les ingérences extérieurs. Je pense qu’il faut laisser ces pays vivres à leur rythme et surtout développer les partenariat autour de relation culturels et universitaires, et les idées humaines feront leur chemin.

        Reste que dynastie ou pas, la Famille Assad n’a pas de grande différence avec nos dynastie politique à nous, car si le visage et le nom change, c’est bien la même famille qui tient le pouvoir.

        Quand aux crimes du dit président, j’attend de voir une enquête complète, et un bilan de sa direction du pays pour juger du bonhomme, mais je me garderais bien de le classer en tant que salaud de première, car même si son gouvernement pouvait être représsif, nos dirigeant à nous ne répondent pas de leur crime et on l’hypocrisie de défendre la démocratie en détruisant des peuples;


        • reneegate Le 26 mars 2016 à 13h13
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          @Laurent K : Je note tout de même qu’il n’a pas fait sciences po ou l’ena et içi en France c’est un point positif. C’est vraiment agaçant cette histoire de saint. Considérer quelqu’un de non responsable n’en fait pas un saint et là n’est pas la question.
          Si certains pays avaient décidé de dégommer Hollande (oui je sais on se demanderait vraiment pourquoi, mais imaginez..), les dernières manifs contre la loi Khonry et les violences policières auraient très bien pu être instrumentalisées et envenimées de la sorte (d’autant plus qu’il y a un terreau de 70% des français mécontents derrière).
          Alors restons laïc jusqu’au bout : arrêter, les saints et surtout les évangiles fumeuses.


        • Laurent K Le 26 mars 2016 à 16h16
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          Si, il y a une différence énorme entre les dynasties en France et celle des Al-Assad . Quelque soient les défaut des Gattaz et autres Bolloré, ils n’ont pas utilisé l’armée pour massacrer leurs opposants en France. Cela reste une différence fondamentale. Vous avez le droit de vous exprimer pour de vrai (même si c’est souvent sur le mode “Cause toujours tu m’intéresses”). Ne sous-estimez pas l’importance de ce droit et ses conséquences. La démocratie aide à résoudre les problèmes en évitant qu’ils soient planqués sous le tapis.

          Mon point reste le suivant: ce n’est pas parce que Bachar el Hassad est attaqué par des ordures qu’il faut le prendre pour un gentil.


          • Didier Le 26 mars 2016 à 16h30
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            Je doute qu’ils auraient hésité à le faire, si leurs opposants avaient eux-mêmes pris les armes.

            Ou peut-être même pas: pour rappel, quand les viticulteurs du sud de la France ont décidé… de la grève de l’impôt, c’est la troupe qu’on leur a envoyée (le fameux “17e”).

            Sans même parler des massacres de mineurs du Nord en 1948. Mineurs qui n’avaient pas pris les armes, eux non plus : ils exerçaient simplement leur droit de grève.

            Alors, les bienfaits pacifistes de la démocratie…


          • anne jordan Le 26 mars 2016 à 16h51
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            m’enfin , @LaurentK , !!!
            vous croyez vraiment que si … mettons quelques syndicalistes excités avaient tiré sur le siège du Medef , ou abattu Le Drian dans son bled , ou encore tué quelques flics en tirant sur un commissariat à la suite , euh , je sais pas , moi , d’une vidéo de violences policières , par exemple , le gouvernement n’aurait pas envoyé l’armée et ses forces spéciales ?
            Tout le monde sait que ce sont des postes de police et des casernes qui ont été attaquées en 1er , au moment du soi disant ” printemps ” syrien …

            Vous êtes comme ce journaliste allemand à qui Assad doit rappeler qu’user d’armes contre un état n’ est tout simplement pas admissible par un pouvoir quelqu’il soit !
            ( ahh , comme ce serait pratique si on pouvait dézinguer tous ceux à qui on attribue nos misères ! vous verriez le Thalys plein de combattants , tous les jours ! )


        • Berenice Le 27 mars 2016 à 01h23
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          Relation culturelles et universitaires, c est cela qui permettra l ouverture des esprits, et pas, comme on pratique habituellement , relations essentiellemnt economiques!


      • Spectre Le 26 mars 2016 à 03h14
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        Drôle de guerre civile, tout de même, où l’on se retrouve avec des dizaines de nationalités se battant sur le sol syrien ?…

        Si la Syrie avait été une démocratie : si ma tante en avait deux, ce serait mon oncle. Il faut partir du réel, et non prendre ses désirs pour des réalités ; c’est d’ailleurs le problème n°1 de la diplomatie des grandes puissances. La réalité, c’est qu’aucun État fonctionnel n’accepte la contestation de l’ordre sans répression. En France, on tâte vite de la matraque et du gaz quand on manifeste, alors dans des coins autrement plus chauds du globe, avec le contexte explosif du Proche-Orient et des ingérences étrangères avérées…


      • Sergueï Le 26 mars 2016 à 10h40
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        Oui mais manque de bol ,dès qu’une démocratie s’impose au m o et que les présidents élus font correctement leurs boulots ,entre autre faire profiter à son peuple les ressources naturelles ,il y a comme par hasard toujours des sois disant révolution avec comme d’habitude toujours les mêmes aux manettes. ….


      • bruno Le 26 mars 2016 à 11h08
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        ne vous inquiétez pas Laurent K…les syriens vivaient très bien entre eux et pratiquement en autarcie.
        c’est juste une minorité d’imbéciles qui se sont sentis pousser des ailes avec l’aide bien sûr de qui vous savez à l’ouest,qui ont voulu prendre le pouvoir.
        et pour gouverner la Syrie,il faut un “président” fort et autoritaire,pas un arriviste labellisé “démocratie/droits de l’homme” nappé à la sauce occidentale.
        personnellement j’ai bien plus de respect et de confiance envers un président comme Assad que Hollande.
        étonnant non ??
        Hollande est il réellement un président ??
        sur la feuille oui,mais concrètement,franchement ??
        non…


        • Soizic Le 26 mars 2016 à 22h47
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          Vous avez tout à fait raison Bruno. La Syrie était un pays où il faisait bon vivre avant que certains pays voisins où éloignés ne se mêlent de la mettre à sac. Les Syriens avaient peut-être certaines vertus rares de nos jours, qui n’arrangeaient pas les ambitions de leurs ennemis.
          Contrairement à la désinformation des médias occidentaux, le président Assad est réellement proche de son peuple et il a eu le courage de tenir bon depuis 5 ans, car il savait que si le gouvernement syrien avait cédé, ç’aurait été l’holocauste. Je ne vois pas Hollande en faire autant car il n’est là que par opportunisme Perpétuellement en “représentation”, il n’a jamais eu la dimension d’un chef d’état.


      • Soup Yhrdézolé Le 26 mars 2016 à 13h10
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        “Si la Syrie avait été une démocratie”

        La Syrie comme bcp de pays du M-O ont été dessinés et organisés par les Occidentaux pour leurs propres intérêts début XXè : contrôler les ressources et préserver leur propre puissance. La démocratie est incompatible avec ce but, car les peuples locaux ont leurs propres intérêts, indépendants de ceux des Occidentaux qui s’imposent.

        C’était des pays aux frontières floues et mobiles avec beaucoup de nomades. Nous les avons fixés de force, entre tribus ennemies, en détruisant leur mode de vie nomade, ou même les deux.

        Haines tribales et confessionnelles font qu’une dictature est le seul moyen d’empêcher la barbarie sanguinaire dans ces frontières artificielles. Regardez ce qu’est devenue la Libye “libérée” de la dictature.

        C’est nous Occidentaux qui avons fait le Moyen-Orient. Si on avait mis la démocratie, ça n’aurait pas été mieux : la démocratie imposée de l’extérieur ne fonctionne pas.


      • Tutu Le 26 mars 2016 à 14h33
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        Il ne s’agit pas d’une guerre civile ! Cela fait longtemps que l’occident essaye de déstabiliser la Syrie. Voyez les déclarations de Wesley Clark, les différentes guerres d’agression d’Israël, les accusations bidons d’assassinat du premier ministre libanais Hariri, etc.
        Il ne s’agit pas de “printemps arabes”, mais de plans prémédités de longue date pour des intérêts à peine cachés.
        http://democratisme.over-blog.com/


      • Sami Le 26 mars 2016 à 22h05
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        En 68, je me rappelle parfaitement de quelques chars stationnés sur le périph à Paris, de la rencontre De Gaule-Massu à baden Baden, l’armée en état d’alerte, des soldats en armes de guerre autour de mon lycée (Michelet Vanves) en 69, et, me semble-t-il (mais je me trompe peut-être, hein…), l’Algérie était, en 54, un département Français, et le FLN n’était pas spécialement plus bestial que les anti-Assad de tout poil (et combien de morts à provoqué cette … guerre, qui ne date pas des Croisades).

        http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/05/22/de-gaulle-rencontre-massu-a-baden-baden_1048083_1004868.html


      • amer Le 27 mars 2016 à 00h46
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        Personne n’est un saint parmi les dirigeants du monde, mais Bashir El-Assad défend son pays et son peuple contre un complot ourdi depuis l’étranger et n’importe quel pays même une “démocratie” aurait succombé dans le chaos…L’Allemagne nazie n’a’t’eĺle pas envahie des démocraties ?


      • Lag Le 28 mars 2016 à 18h53
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        Admettons qu’elle ne soit pas une démocratie .. Il s’agit d’un état souverain et c’est au peuple syrien de choisir son chef d’état .. Cette ingérence et atteinte à la souveraineté de l’état par l’Europe atlantistite est insupportable !!!


  2. Spectre Le 26 mars 2016 à 03h02
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    Amusant enchaînement entre la réponse 21, où Bachar al-Assad envoie un bon Scud à l’Union européenne à propos de sa vassalisation vis-à-vis des États-Unis, et la question 22 où le journaliste laisse aussitôt échapper le cri du cœur qu’on sent trop longtemps retenu : Vous ne méritez pas d’être sur la terre ! (© Fabius)

    L’UE se plaint donc d’une crise des réfugiés, par ailleurs sous-traitée à l’une des puissances régionales co-responsables du désastre, mais n’a toujours pas levé son embargo ? Y a pas à dire, on est vraiment dirigés par des génies.

    Heureusement, le quidam moyen n’aura pas l’occasion d’entendre les propos du président syrien dans les médias de bonne compagnie, où seuls les procureurs ont droit de cité. Souvenons-nous du précédent de l’année dernière (http://www.20minutes.fr/politique/1591803-20150421-colere-membres-ps-apres-interview-bachar-al-assad-france-2) suite à un entretien pourtant mené par un larbin notoire peu suspect d’hétérodoxie. C’était seulement trois mois après un concert unanime de brames langoureux où l’on chantait les bienfaits de la “liberté d’expression”. Croyants mais pas pratiquants ? Les “Charlie” veillent.


  3. vincent Le 26 mars 2016 à 03h43
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    : “Pour commencer, toute cette histoire n’a pas existé. Elle n’a pas eu lieu. Ce ne fut que de la propagande. Je veux dire que nous avons entendu parler d’eux, mais que nous n’avons jamais vu ces jeunes prétendument emprisonnés à ce moment là”

    Bon il a sa version des faits, dans un tribunal quand deux version s’opposent, celle qui peut prouver sa véracité l’emporte sur le jury. Il faudra tirer au claire cette affaire, bien que dans un documentaire honnête sur la syrie, des témoignages “semblent” corroborer l’existence de cette bavure. Nulle doute qu’il y eut des erreurs de la part des forces de polices, voir des fautes, sa remarque cependant est pertinente, les noirs aux USA ne se révoltent pas malgré les répressions qu’ils subissent.

    Il me semble claire dans son propos, et “sincèrement” soucieux de son pays? En tout cas c’est amusant qu’il fut ophtalmo avant, cela a doit faire drôle à ses anciens patients qui l’ont fréquenté. On dira ce que l’on voudra, mais pour ma part le passif civil à Londre de médecin de ce monsieur
    laisse penser que c’est pas un mauvais bougre, et est très loin de ce qu’a pu être un Saddam par exemple. Bon maintenant ce n’est qu’un avis sommaire.


    • silk Le 26 mars 2016 à 05h36
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      en effet. D’autant que d’autres sources, qui n’ont eu de cesse de dénoncer une intervention étrangère très rapidement, rapportent même des détails sur le séquencement.

      Mais de toute façon on en reviendra à 3 choses :
      1) aucun État ne peut tolérer une révolte armée.
      d’autant plus quand
      2) il’s’agit de la Syrie et les rebelles au tout debut sont des freres musulmans en grosse partie ou alors ils dirigeaient les manifestations (cf histoire de la confrérie au moyen Orient en général et la tentative de coup d’État ayant abouti à la répression de Hama)
      3) quand tous les pays autours fournissent des armes, des hommes, de l’argent afin de payer les soldats, de la logistique, des camps d’entraînement et des soins etc…
      Les pays autours mais aussi la France, la Grande-Bretagne, les USA et quelques autres ont immédiatement soutenu la création de l’ASL, ont reconnu un conseil bidon et ont tout préparer pour refaire le coup de la Libye.

      Dans ces conditions ça ne pouvait qu’être perçu pour ce que c’était : une tentative de changement de régime et ça ne s’est pas decidé en quelques jours suite à Deera.


  4. DUGUESCLIN Le 26 mars 2016 à 04h05
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    Il était important pour les occidentalistes de vassaliser Bachar el Assad, ou de l’éliminer. La question est donc celle de la vassalisation. Chez les européistes la question est réglée. La politique de domination du monde n’est pas remise en cause, ni par la gauche ni par la droite.
    Nous avons aussi nos dynasties. Nos (familles politiques) partis politiques sont en eux mêmes une forme de dynastie sans laquelle vous ne pouvez être élus.
    Malgré cet aspect dynastique des Assad, il me semble que Bachar n’est pas moins respectueux de la démocratie que Erdogan, ou les Saoud. Invoquer l’aspect autoritaire d’un régime ne tient pas comme justification. La question n’est rien d’autre que celle de la vassalisation du monde.
    Le président Bachar El Assad semble plus se soucier de la souveraineté de son peuple que ne le sont nos dirigeants vis à vis de nous. Et c’est aussi pour ça qu’on veut l’abattre.
    La souveraineté des peuples n’est pas compatible avec la domination du monde.


    • Annouchka Le 26 mars 2016 à 09h35
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      Oui mais “souveraineté” et “pouvoir donné aux citoyens” ne coïncident pas forcément.
      Un pouvoir monarchique ou oligarchique a intérêt à défendre sa souveraineté sur les terres qu’il contrôle – pour conforter sa position hégémonique.
      Et cela n’implique pas non plus qu’il exerce ce pouvoir de manière juste et au profit du bien-être des gouvernés.

      Cela dit, les partis de gouvernement en France représentent certainement une forme de pouvoir oligarchique qui cherche à s’exercer non pas à travers la souveraineté de la France mais à travers la position dominante de l’Occident dans le monde. Et vu que l’Occident n’est en définitive pas très structuré cela pourrait expliquer beaucoup de problèmes actuels.


  5. Nerouiev Le 26 mars 2016 à 04h53
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    Dans leur ensemble les questions sont plutôt accusatoires, je regrette qu’on n’ait pas posé la question sur la nécessité du départ de Assad par l’Occident, façon Ianoukovitch en Ukraine. Ces questions ne nous permettent pas d’avoir la moindre information sur les objectifs stratégiques de base pour l’Occident, la Turquie et les pays arabes sunnites.


  6. Julie Le 26 mars 2016 à 06h21
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    un journaliste (d’al-jazeera.. ça doit être usant de faire la girouette à ce point là) a réussi à demander à l’ambassadeur saoudien à l’onu pourquoi demander à la Syrie de faire ce qui n’est pas fait en Arabie Saoudite (des élections)
    hilarant!
    http://angryarab.blogspot.fr/2016/03/saudi-ambassador-at-un-explains-why-he.html


  7. Astatruc Le 26 mars 2016 à 08h06
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    Bonjour Julie, je vous mets + 20!!!
    excellent lien qui mériterait un billet de la part d’Olivier, je pense.
    🙂
    (ps:par contre, si quelqu’un voulait bien retranscrire l’entretien en français, ça serait super)


  8. xoldo Le 26 mars 2016 à 08h16
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    Le but final est de créer une bande gaza au sud de la Turquie non pas avec des palestiniens mais avec des Kurdes.
    Turquie : Etat de guerre permanent contre le terrorisme.
    Sud : Partition de la Syrie avec une autorité militaire type OTAN.
    Kurdes : Etat de siège permanent, comme sur la bande de Gaza.


    • anne jordan Le 26 mars 2016 à 17h00
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      vous avez sans doute raison ! hélas , et cela me permet de me projeter dans le passé et l’avenir :
      je me souviens du temps où Valls tenait des propos enflammés pour défendre les Palestiniens , et avec lui , nombre de ” beaux esprits ” de gôche ; il en sera de même pour les Kurdes , aujourd’hui défendus , la main sur le coeur par nombre de partis , collectifs et ONG , à la suite de Mme Mitterand , d’ailleurs ; dans 20 ans il n’y aura plus qu’une poignée de militants criminalisés par les institutions qui se contenteront d’un saupoudrage humanitaire ..


  9. philbrasov Le 26 mars 2016 à 08h47
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    ce que j’ai retenu cette semaine de la Syrie, dans les médias, c’est le changement radical de la sémantique habituelle, depuis que palmyre va être reprise…
    avant on parlait de l’armée du “régime”, ou l’armée de Bashar el Assad.
    Désormais, on commence a parler de “l’armée syrienne” délivrant Palmyre.
    Bon y a encore du boulot du cote du monde, qui a peur que Palmyre soit détruite (non pas par l’EI ) , mais par l’armée de Bashar..


    • Annouchka Le 26 mars 2016 à 09h06
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      C’est vrai, j’ai noté aussi l’emploi de l’expression sur “forces gouvernementales” pour qualifier l’armée de Bashar el Assad.


    • Asian Le 26 mars 2016 à 10h17
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      Je confirme, la tonalité envers les Russes a changé egalement. On parle du “soutien de l’aviation russe à l’armée syrienne pour libérer Palmyre”. Qu’est-ce qui a pu se passer entre temps? Je me demande si ce n’est pas grâce à la visite de J.Kerry à Moscou avec sa mallette secrète. J.Kerry a répondu à un journaliste que le contenu de la valise était un secret entre lui et V. Poutine. On ne peut que deviner….


      • anne jordan Le 26 mars 2016 à 17h07
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        ben , les amis , vous devez avoir d’autres sources que les miennes : sur Radio France , on ne s’est pas calmé , bien au contraire ,les mêmes “opposants historiques” , ceux dont Soeur Marie Myriam de la Croix dit qu’ils n’ont pas mis les pieds en Syrie depuis 40 ans , et devraient être disqualifiés à tout jamais !
        sans parler de la façon dont on parle de Poutine , même si les ” invités ” sont à présent nombreux à reconnaitre la justesse de la stratégie russe , à l’aune de la nullité européenne !
        Il faut dire que les invités sont
        des généraux
        des gens du renseignement
        des politologues
        et que quand les journalistes ont épuisé leur stocks de contempteurs ânonant , eh bien , ils ont recours à des gens qui connaissent un peu la musique !


  10. Koui Le 26 mars 2016 à 09h01
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    Lorsque des mercenaires payes, entraines et armes par les Obama, Hollande commettent des crimes, personne ne mets en cause ces présidents. Tout le monde s’accorde à juste titre pour ne pas les accuser d’avoir donner l’ordre de ce viol ou de ce massacre particulier. Quand c’est un méchant comme Bachar ou Gbagbo, tout le monde reconnaît leur responsabilité directe bien qu’il n’y ait aucune preuve, ou alors de fausses preuves grossières. Il faut admettre que la justice de ce genre de crime ne repose sur aucun critère universel. Bachar le sait et il ne peut donc pas reconnaître les crimes de son armée sans se mettre au rang de criminel en chef. Il n’a pas la possibilité de nommer une commission d’enquête militaire pour noyer le poisson comme savent si bien le faire l’ONU, la France ou les USA Dans l’ensemble son discours est très bien construit et réaliste. Ses mensonges et omissions sont limites au cas ou il ne peut pas dire la vérité. C’est très différent de nos dirigeants. Dans leur cas, il ne faut pas parler de mensonges mais plutôt de narration. Il s’agit pour eux de contextualiser le mythe du peuple soulevé contre un nouvel avatar d’Hitler. La lecture des mail d’Hillary montre que chez ces gens, le mensonge existe mais comme couche ajouté par dessus l’affabulation. Chaque couche de mensonge ajouté de l’épaisseur au mythe et l’éloigne un peu plus de la réalité objective.


    • silk Le 26 mars 2016 à 19h32
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      excellent expliquation sur la narrative syrienne.


  11. Annouchka Le 26 mars 2016 à 09h01
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    Malheureusement ce n’est pas nouveau…
    La nouveauté, c’est peut-être que les opinions publiques desdits pays occidentaux ont plus conscience qu’avant des souffrances des peuples victimes et ont moins tendance à les considérer comme un mal nécessaire (plus qu’avant, c’est à dire aux époques coloniales classiques).


  12. Chevrier Michèle Le 26 mars 2016 à 10h20
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    Je donne raison à Bachar Al Assad, le problème est que les occidentaux veulent son départ voir plus, ils ne feront rien d’autre que l’accabler.


  13. Naz Le 26 mars 2016 à 11h09
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    Devra-t-il toujours répéter la même chose pour que ça rentre enfin dans le crâne fermé des européens?
    Comparons cette entrevue avec celle donnée il y a des mois avec un journaliste portugais, puis un Français…?
    À quoi cela rime-t-il de ne jamais entendre ce qu’il dit?
    Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre, en attendant, le monde est à feu et à sang, c’est insensé!


  14. eole Le 26 mars 2016 à 11h15
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    Remarque du journaliste: “La guerre en Syrie déstabilise toute la région….” Oh méchante, méchante Syrie, et l’Occident et son chef les Etats-Unis, ils ont fait quoi depuis des dizaines d’années?


  15. adrien Le 26 mars 2016 à 11h19
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    Le président syrien fait preuve de beaucoup de calme et de patience pour répondre à 29 questions accusatoires, lui qui fait l’objet d’une chasse à l’homme depuis 4 ans. Quel président du camp occidental qui a même livré des armes à son opposition, accepterait ce genre d’itw en forme de tribunal ? Le “régime” de Hollande crédité de 17 % d’opinions favorables ?


  16. bluetonga Le 26 mars 2016 à 11h38
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    L’échange est globalement courtois et a le mérite de présenter au public allemand “le boucher” comme ce qu’il semble bien être, un homme intelligent et déterminé, et j’ajouterai, très maître de lui.

    Bachar El Assad a littéralement hérité d’un pays particulièrement complexe, à la croisée d’une tectonique géopolitique très instable, où gouverner d’une main ferme voire brutale relève autant de la tradition que de la nécessité. En tant qu’Européen, je ne suis pas certain que j’aurais aimé vivre en Syrie auparavant. Mais toute proportion gardée, les gens semblaient y vivre plutôt paisiblement et correctement. Qui a déstabilisé tout ça, et pourquoi, est bien connu, et seuls les aveugles et les sourds peuvent encore prétendre l’ignorer.

    Et c’est la carte que joue ce journaliste allemand, avec ses questions sournoises : la cécité et la surdité. Il n’empêche : l’Allemagne donne la parole au boucher, et il en devient moins sanglant. Le vent a tourné.


  17. Pierre Le 26 mars 2016 à 11h40
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    “L’Etat détient le monopole de la violence légitime” sur son territoire
    http://la-philosophie.com/letat-detient-le-monopole-de-la-violence-legitime-weber

    On peut discuter cette assertion, elle n’en constitue pas moins le paradigme de tous les états de la planète.


  18. JEAN DOREMIEUX Le 26 mars 2016 à 14h22
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    Bachar était tout d’abord ophtalmologiste à Londres, mais il parlait assez bien l’allemand pour faire un remplacement de huit mois chez quelqu’un qui m’était proche à KEHL. J’ai vécu avec lui. Il était très timide et peu causant. Il ne s’attendait pas à succéder à son père.


    • anne jordan Le 26 mars 2016 à 17h11
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      au modo : désolée , c’est perso ! s’il était possible de trans mettre ????
      Jean Dorémieux , étais tu en 1950 et suivantes élève à Decroly , à Saint Mandé ?
      si oui , nous étions dans la même classe !
      Annette


      • JEAN DOREMIEUX Le 26 mars 2016 à 23h50
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        En réponse à Anne JORDAN : Non j’étais au lycée de DOUAI de 1950 à 1958.


        • anne jordan Le 27 mars 2016 à 17h37
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          Bon , merci et Joyeuses Pâques !
          A tous !
          ” Christ est ressuscité ” comme on dit en Russie .. ( je suis agnostique)


  19. Louis Robert Le 26 mars 2016 à 19h02
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    Michel Collon: “Le problème n’est pas seulement de savoir si l’on peut arrêter ce type particulier de terrorisme… Le problème, c’est qu’en France et en Europe occidentale, il n’y a pas de véritable débat… Il n’y a pas de réelle politique pour savoir si nous – la France, la Belgique et d’autres –avons le droit de créer des murs dans des pays comme la Libye et la Syrie. Avons-nous le droit de décider de qui doit diriger ces pays ? Avons-nous le droit de soutenir le terrorisme pour obtenir un changement de régime ? On ne débat pas de cela en France, ni de la question d’Israël, ce qui fait que beaucoup de gens, des jeunes malheureusement, ne font plus confiance aux médias, pas plus qu’ils ne croient à la possibilité d’un débat et à la possibilité d’exprimer une voix démocratiquement dans ce débat…”

    http://www.michelcollon.info/Michel-Collon-Les-attentats-sont.html


  20. Ananass Romanoff Le 27 mars 2016 à 14h47
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    “Juste que vous déposiez vos armes et que vous n’ayez aucun autre agenda politique.”
    Magnifique.
    Sublime.
    Encore!


    • ns doute Le 28 mars 2016 à 14h56
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      On dirait du valls/el khomery et compagnie (à part qu’on remplace “déposer les armes” par “arrêter de vandaliser”) avec leurs CRS contre les gamins qui n’en veulent pas de leur “agenda politique” et économique… Je vois ici ou ailleurs, et à juste titre, la levée de boucliers. Mais qd c du Poutine ou du Assad, silence radio, tout le monde aux taquets…. Vous êtes entrés ds le moule exactement inverse mais donc exactement le même… de la pensée unique. Sous prétexte de renverser des dictateurs, ils soutiennent daech. Mais sous prétexte de renverser daech, vous soutenez des dictateurs. Il y a quelque chose qui cloche. Un autre blog sous-produit du vôtre a supprimé mes commentaires et bloqué en tant que commentateur de sa page Facebook parce qu’il sait que je sais. Qu’il y a quelque chose qui cloche chez vous. Ou alors vous ne le savez même pas, et c’est encore plus grave.
      Merci de ne pas censurer mes rares (et sans doute dernières) interventions.


  21. Pataqes Le 27 mars 2016 à 15h05
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    L’obsession du journaliste à dérouler les arguments spécieux typiques de la propagande américaine est juste incroyable. Ces gens ont le cerveau tellement lavé et formaté qu’ils ne peuvent même pas envisager une quelconque relativité de leur point de vue ou de remise en cause de leur certitude. On peut répliquer, comme le fait ici Hassad, à leur énoncé de la doxa Otaniste, par des arguments et des questions logiques et pertinentes, cela ne sert à rien. Ils ne pensent plus. Le prêt- à-penser à rongé le peu d’esprit critique qu’il restait dans le monde des médias. Ils n’ont à vrai dire plus rien de journalistes. Ce sont juste des agents conscients ou inconscients d’un agenda politique dicté depui Washington et Tel-Aviv.


    • lvzor Le 30 mars 2016 à 23h22
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      Expressément formés, recrutés et employés pour produire un certain discours et qui le produisent sans état d’âme… Dans ce milieu ça s’appelle du professionnalisme.


  22. Scrongneugneu Le 28 mars 2016 à 14h21
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    Je parcours les interview de cet homme depuis plusieurs années maintenant et je n’y trouve que des réponses claires et logiques de la part d’un homme qui doit lutter violemment contre des intérêts étrangers violents.

    Le tort de Bachar al-Assad est d’être le président d’un pays à la croisée des chemins de livraison des ressources énergétiques de l’Europe ( depuis l’Iran ou depuis l’ArabieSaoudite/Qatar…that is the question ).
    Que ce soit Bachar, ou Paulette, n’a aucune importance pour nos dirigeants ( US UE ) le président de la Syrie ( si il n’est pas favorable aux visions occidentales ) doit être éliminé.


  23. Krystyna Hawrot Le 28 mars 2016 à 20h45
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    Les questions des journalistes allemands me révulsent aussi, avec cette obsession de donner des “leçons de démocratie” à tout le monde. Depuis quand l’Allemagne a le droit de donner des leçons de démocratie à la planète entière??? Et financer 5 énormes fondations politiques à hauteur de plusieurs centaines de millions d’Euro par an pour “former des démocrates” dans des pays souverains? L’Allemagne dont le régime a été de toute pièces crée par les USA en 1945-49 comme arme contre l’Union Soviétique et le communisme? Ou le parti communiste a été interdit pendant 40 ans et les communistes avaient des Berufsverbote? (Interdictions de travailler…) Qui a “avalé” la RDA démocratisée après les manifestations de 1989 en moins d’un an et en a fait des régions vassales et liquidant les biens publics de ce pays par une institution corrompue la Treuhandanstalt? .


  24. Malta Le 29 mars 2016 à 19h14
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    J’ai écouté les guignols de l’info ce mardi 29 mars
    On y voit Hollande et Merkel , profil bas, qui remercient “du bout des lèvres” Bacher El ASSAD et Vladimir Poutine pour leurs interventions libéératrices en Syrie…
    Fini le bashing Assad et le bashing Poutine! à la télé
    Vraiment la politique étrangère française a bien été nulle ces dernières années que ce soit en Lybie, Afghanistan, Syrie, Ukraine.
    Merci les Américains, merci les Israéliens, merci les Turques, merci les Émirats et le Qatar pour vos bons conseils…


  25. Franck Le 30 mars 2016 à 07h58
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    Voici la vidéo originale en anglais.
    .
    https://www.youtube.com/watch?v=Y3rE_P1bFnQ


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