Les Crises Les Crises
16.novembre.201116.11.2011 // par Olivier Berruyer

Intervention média : BFM , Les Experts, n°7 – 15 novembre

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Nicolas Doze m’a de nouveau invité à son émission Les Experts ce mardi 15 novembre à 9h00, sur BFM Business (la radio filmée, pas BFM TV).

Finalement, Alain Madelin n’est pas venu, mais il a été avantageusement remplacé par Jean-Marc Daniel…

J’ai pour ma part trouvé cette émission intéressante, car elle portait vraiment sur le fond, en particulier sur la monétisation par la BCE (je développe ce sujet dans le billet suivant). À vous de vous faire votre opinion…


Pour information, c’est le premier débat qui a suscité des mails aussi hostiles (rares), celui-ci décrochant le pompon :

Désolé de vous le dire, vous n’avez aucune profondeur culturelle sur le sujet que vous prétendez traiter en public. […]

En tout état de cause, ce n’est pas parce qu’on vous a appris à calculer la valeur de marché d’une obligation ou la valeur actuelle d’un portefeuille ou d’une mesure économique nouvelle que vous maîtrisez le sujet. […] votre raisonnement, qui est pauvre et sans consistance […]

Encore beaucoup de travail devant vous … avant d’arriver à la cheville de vos vis-à-vis. En absence de ce travail à faire vous même, vous êtes simplement inconsistant et ridicule. Bon courage

la plupart heureusement plus humanistes (merci à vous) :

Vous aviez l’air tellement désabusé par tous ces doux rêveurs qui sont prêts à nous sacrifier avec leur planche à billets.

Comme d’habitude vous avez été excellent de clairvoyance et de précision dans vos propos.


Amusant, ce matin Nicolas Doze m’a dit en plaisantant que j’étais le « Frank Schäffler » français, en référence à une interview parue ce jour dans la Tribune, de ce député libéral allemand. Voici l’interview :

FRANK SCHÄFFLER, DÉPUTÉ FDP (COALITION DE LA CHANCELIÈRE MERKEL)
« Trichet est le fossoyeur de l’euro »

Vous appelez, dans un référendum au sein de votre parti, le FDP, au rejet du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui, en 2013, doit devenir le fonds de sauvetage de la zone euro…

En effet. Je ne crois pas, de toute façon, que le MES puisse être ratifié d’ici à fin 2012 dans les 27 pays de l’Union européenne, car la crise de la zone euro va s’accentuer.

Cela ne signifiera-t-il pas une victoire à la Pyrrhus, car le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pourrait continuer, lui, à exister ?

Le FESF doit cesser d’exister à la mi-2013 et nous sommes contre sa prolongation. Un fonds de sauvetage permanent, qui revient à empiler de nouvelles dettes sur les anciennes, ne fonctionne pas : on le voit en Grèce, au Portugal…

Quelle est la solution ?

Pour s’en sortir, il faut s’en tenir au droit et à l’économie de marché, en particulier aux règles de la zone euro, et que quelqu’un les fasse appliquer, notamment la clause de non-renflouement (« no bail out ») d’un État qui, actuellement, n’est pas respectée. Il faut mettre fin à cette violation permanente du droit, sinon chacun fait ce qu’il veut en Europe et cela détruit l’Europe au bout du compte. L’économie de marché signifie que celui – la banque, l’investisseur -qui a pris des risques, comme acquérir des emprunts grecs, doit en supporter les conséquences. Dans le cas contraire, les fonds de sauvetage seront toujours plus grands et les banques pourront continuer à profiter de liquidités à taux préférentiels de la BCE pour les prêter à un taux plus élevé. Ce n’est plus de l’économie de marché mais du socialisme, le socialisme de l’argent.

Pour la Grèce, que faut-il faire ?

Il faut une restructuration profonde de la dette grecque assortie de sa sortie de la zone euro afin que la Grèce puisse dévaluer sa monnaie et faire des réformes. Ainsi, la Grèce serait immédiatement compétitive, ce qu’elle ne peut être dans la zone euro.

Comment jugez-vous le rôle de la BCE dans la crise de la dette ?

La BCE est en train de monétiser les dettes des États membres. Monsieur Trichet est le fossoyeur de l’euro car il a ouvert les vannes en mai 2010 en assouplissant les règles de garantie pour les banques grecques : aujourd’hui, ce ne sont que des établissements « zombies » sous perfusion de l’argent de la BCE. Il a aussi introduit l’achat d’emprunts d’État qui ne devait être que provisoire. Ma grande crainte est que monsieur Draghi démultiplie ces achats.

Faut-il changer les règles de la BCE ?

Absolument. Il faut, par exemple, revoir la répartition des voix au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE : le dilemme allemand est que nous, la première économie d’Europe, avons autant de voix que Malte ou Chypre.

Êtes-vous pour réintroduire le mark ?

Je veux que nous restions dans l’euro mais que ses règles soient respectées et même durcies.


Et bien oui, je suis parfaitement d’accord avec chacun de ces mots, très justes à mon sens. En revanche, je refuse la qualification de « pur libéral », car je suis à l’opposé du monsieur sur d’autres points non abordés : je suis pour une hausse des impôts pour préserver notre modèle social et nos services publics (à réformer néanmoins), pour une dé-privatisation des banques, pour une régulation très forte du secteur financier, pour une forte diminution des inégalités, etc.

Comme quoi, tout n’est pas si simple, et qu’il ne faut pas trop vouloir lasser les gens… Surtout avec des grilles d’analyse du siècle dernier… 🙂


Comme c’est mardi, c’est Olivier Delamarche – amusant, on ne s’est pas coordonnés, et on a dit presque la même chose…


N’hésitez pas à réagir en direct par mail sur cette émission via ce lien – Nicolas Doze consulte bien les mails en direct, et est très demandeur 😉 :

http://www.bfmbusiness.com/programmes-replay/emission/les-experts

(cliquez sur Contacter l’émission sous le logo)

À suivre…

42 réactions et commentaires

  • Le Blog d’Olivier Berruyer sur les crises actuelles | OkeaNews | Scoop.it // 13.11.2011 à 16h00

    […] Le Blog d'Olivier Berruyer sur les crises actuelles […]

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  • hema // 13.11.2011 à 17h52

    Madelin Berruyer: round 2

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  • RonRon // 13.11.2011 à 20h15

    Va falloir que tu imagines une autre solution que : « on ne rembourse pas ».

    Les questions, c’est plutôt :
    – comment on monétise,
    – comment la BCE va remplacer les banques qui ne voulant pas se recapitaliser, se débarrasse des dettes d’état pour réduire leurs bilans.

    Et petites remarques de ma part  : c’est pas si mal que le BCE reprenne les dettes d’état plutôt que de prêter aux banques à 1.25 et que les banques re prête aux états à 2-3.

    Reste le problème des dérives … bah, on devrait bien trouver un moyen d’imposer les grecs fortunés.

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  • RonRon // 14.11.2011 à 09h05

    Je ne comprend pas pourquoi la monétisation est impossible ?

    La monétisation a déjà eu lieu : lorsque les banques ont emprunté à la BCE pour prêter aux états avec un effet de levier énorme, c’était  déjà de la monétisation non ?

    Les USA et l’UK ne font ils pas ça depuis quelques années déjà avec une inflation minime ?

    Ce que je crois avoir compris :
    – Cette masse de monnaie énorme crée ces dernières années ne crée pas de l’inflation car elle n’est pas dépensé par ses détenteurs,
    – les détenteurs ne dépensent pas car il s’agit de personne riche qui ne vont pas augmenter leurs trains de vie déjà très très elevé, donc ils accumulent,
    – on est revenu à la monarchie, ou des lignés possèdent des masse de monnaie considérable dont les seules intérêts, suffisent non seulement à leur assurer un train de vie illégitime mais également alimente une augmentation encore plus importante de cette masse. Il faut donc en permanence monétiser pour alimenter la masse monétaire de ces goinfres.

    Conclusion : on est dans la merde et il ne faudra pas s’étonner que dans les années à venir les brigades rouges ou action direct reprennent du service.

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    • step // 14.11.2011 à 09h48

      la monétisation marche tant qu’il y a des gogos pour stocker du papier toilette. La masse critique de gogos risque de ne plus être atteinte, ce qui portera préjudice à ceux qui ont imprimé.
      Il faut quand même différencier aussi les US de la france: On a un moins gros flingue que. Hors dans notre monde merveilleux, la confiance en un emprunteur est aussi proportionnelle, à la longueur de son flingue, pas forcément à l’orthodoxie de sa politique monétaire.

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      • RonRon // 14.11.2011 à 10h17

        Avec un rapport de 1.37, le papier toilette US est moins bien coté que le papier toilette EU.

        Ce papier toilette est assez miraculeux car il me permet d’acheter une quantité incroyable de bien et service dont je serais incapable de produire le début du commencement.

        Je t’échange volontiers une valise de ton papier toilette contre la même quantité de papier couché 160gr de qualité extra. Contact moi.

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    • 1Direct // 16.11.2011 à 13h56

      IL ne faut pas se faire d’illusion. Comme d’habitude il y a au moins plusieurs histoires et la vérité.
      Les histoires (les berceuses?) que l’on raconte aux français et aux européens, une histoire différente par pays, et la vérité.

      Dans la même veine, il y a les règles, les officielles, celles que l’on affiche aux populations comme rempart à tout changement qui n’irait pas dans leur sens. De l’autre il y a ce que les officielles font véritablement de ces règles et de leurs respects.
      Les règles, les lois, sont devenues comme les promesses elles n’engagent que ceux qui y croient … encore.
      La BCE rachète les dettes … c’est interdit.
      La BCE intervient dans le (re)financement des états … c’est interdit.
      A court ou  moyen terme la BCE fera tourner la planche à billet, sous une forme ou une autre, c’est juste une question de temps … c’est interdit.
      La BCE donne quasi gratuitement de l’argent aux banques pour qu’elles achètent des obligations et fassent des prêts aux états à un taux permettant de faire une large culbute de leurs marges … ce n’est (peut être) pas interdit mais est-ce logique, normal est-ce correct.

      Et pour les peuples, la démocratie?
      « La ferme et marche ! »

      Je vais oser une métaphore (trés) limite mais représente, à mon avis, ce qu’est devenu L’U.E. :
       » L’U.E. c’est comme demander aux gardiens d’Auschwitz de vous libérer. Au minimum de vous traiter en suivant la convention de Genève, avec humanité ».
      Je sais, j’abuse mais vue les derniers modes opératoires et événements …
       

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  • step // 14.11.2011 à 09h44

    allez cette fois-ci, par dessus la 3eme corde !

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  • RonRon // 14.11.2011 à 09h50

    Dans la série l’ère des héritiers :

    Qui connait la numéro un mondiale du tennis féminin ?
    C’est Caroline Wozniacki, à 21 ans elle a déjà gagné 11 762 427 $

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Wozniacki
    A quoi correspond cette somme ?

    à raison de 20 000 $ par mois (qui dépense autant ?) , il lui faudra 588 mois pour en venir à bout soit 49 ans.

    Elle n’a que 21 ans,  gageons qu’une fille travailleuse comme elle saura développer sa fortune et nous faire deux beaux enfants avec un héritier encore plus fortuné qu’elle.

    Et deux de plus qui ne produiront rien ou si peux mais qui consommeront beaucoup au détriment de vos enfants qui seront bien heureux de se donner à fond pour obtenir quelques miettes de cette fortune.

    Pas besoin d’aller chercher Betancourt, les héritiers sont partout, tiens Anne Sinclair … et les futurs héritiers seront encore plus nombreux.

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  • RonRon // 14.11.2011 à 10h08

    Betancourt ? ah non ça c’est Ingrid. Notre Liliane, c’est Bettencourt, faudrait pas confondre les illuminés par le grand age aux illuminés dû à un kidnapping.

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  • RonRon // 14.11.2011 à 11h29

    Marrant, après m’être enflammé tout seul, je tombe là dessus :

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/12/combattre-la-societe-des-rentiers_1602915_3232.html 

    et le captcha code de ce commentaire est AK44 (un AK45 aurait été mieux venu). 

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    • step // 14.11.2011 à 12h23

      surtout il aurait été bien plus pratique ! Un prototype, surement.

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  • william // 15.11.2011 à 19h01

    Bonjour à tous,
    Je m’appelle William et j’ai écouté avec attention la discussion sur BFM Business. Sans à priori économique mais avec des idées économiques que je mets de côté ; il me semble évident que la discussion n’a d’intérêt qu’à la condition où une ou plusieurs solutions sont proposées.
    Pour l’instant le débat manque sur ce point. Je retiens d’ailleurs la phrase de Nicolas Doze, répétées souvent dans les autres interventions : « mais si on ne fait pas cela, … alors que fait-on, on laisse la situation s’aggraver ? »
    Il est évident qu’il faut répondre avec précision à cette question, tant pour ses effets macro-économiques, micro-économiques comme sociaux. Il y a peut-être des vérités à échanger ? 
    Merci de m’accorder le droit à l’erreur mais puisque je vois qu’il y a des intervenants de qualité sur ce forum, je laisse ces derniers apporter des élèments de réponse qui pourront servir à tous et j’ai hâte de les lire.
    Cette question me paraît importante. Très cordialement.

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  • Marcus // 15.11.2011 à 19h06

    EXCELLENT Olivier, je viens d’écouter l’émission Les Experts de ce matin : « contre le communisme et l’assistanat des riches », génial, ne pas rejoindre le « gang des faux-monnayeurs », très bon aussi.
    Bonne soirée !
    Marc

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  • yoananda // 16.11.2011 à 01h13

    la monétisation ne ramènera pas la croissance, car elle ne ramènera pas plus de pétrole dans les raffineries européenes, ni de modernisera les états … au contraire même puisqu’elle valide l’aléa moral en réduisant les « sactions » du marché.
    la monétisation (qui n’est pas de la planche à billet, mais du QE, qui est de la création temporaire d’argent) n’effacera pas une partie de la dette non plus. Ce serait une solution à une crise de liquidité et non pas de solvabilité.
    la question est-donc, comment la monétisation va-t-elle répartir l’effort collectif ?
    réponse : y a qu’a regarder aux USA. L’argent monétisé ne circule pas, il s’en va faire monter les prix des matières premières.
    J’avoue que je ne comprends même pas qu’on se pose ce genre de questions alors que les USA et UK ont quand même bien montrés que ça ne menait a rien !!!
    Après si c’est pour relancer l’inflation pour réduire d’autant la dette (manière douce de faire défaut) … pourquoi pas mais il y a plusieurs objections :

    avec l’ouverture des marchés des capitaux on ne maitrise plus l’inflation importée ou interne.
    il est hors de question (politiquement parlant) d’augmenter les salaires pour éviter un effet de second tours et emballer l’hyperinflation (ce qui conduirait a dévaluer l’Euro et donc, a faire une espèce de défaut partiel) … du coup, la charge sera supportée par les plus faibles, économiquement parlant, augmentant les inégalités.

    C’est une situation insoluble dans le système actuel. J’avoue que je ne comprends pas trop pourquoi les gens s’acharnent a chercher une solution alors que la seule qui vaille est de changer de système.
    La seule question à se poser c’est : on change de système avant ou après la catastrophe ?
    La réponse est simple : historiquement, ca se produit toujours « après »… car il faut un choc pour que les mentalités soient marquées au fer rouge pour qu’elles se résolvent a prendre le risque d’essayer quelque chose de radicalement nouveau. D’ailleurs les réactions de tous ceux qui cherchent encore des solutions dans le cadre actuel le prouvent bien… on ira dans le mur. Et puis c’est tout !
    Conclusion ? attachez vos ceintures.

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    • Chazam // 16.11.2011 à 12h54

      Merci beaucoup pour votre commentaire, que je trouve éclairant.
      Pourquoi les gens s’acharnent à chercher une solution ? A travers la monétisation vous voulez dire ?
      Je dirais que c’est par déni. Ou parce que ça fait 20 ans minimum qu’ils pensent de cette façon (on s’endette pour « relancer la croissance ») et qu’ils sont absolument incapables de voir les choses d’une autre angle de vue (l’habitude leur a fixé des œillères inamovibles). Ou encore dans l’espoir qu’un miracle se produise et qu’ils n’auront pas à gérer « la merde » qui s’annonce. :/
      Ou encore parce que réformer réellement les choses (et pas juste faire des additions et des soustractions d’impôts et dépenses, ce que n’importe qui est capable de faire) demande à la fois du courage et du talent…

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  • HP // 16.11.2011 à 01h21

    Les commentaires désagréables sont d’un auditeur qui trouve que vous ne confortez pas ses certitudes, ça l’agace et il cherche à vous déstabiliser. Un seul, envoyant plusieurs sms de suite, il s’est trahi en utilisant un mot inusuel.

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  • Joanna // 16.11.2011 à 07h40

    J’ai été un peu frustrée hier de ne pas vous voir opposé à un politique, que ce soit Madelin ou un autre, car ça aurait été un peu plus percutant donc plus intéressant selon moi.
    Les mails hostiles … mais c’est très bien, sans doute le signe que vous dérangez, donc pour moi c’est bon signe, en outre être pertinent et jeune à la fois il doit y en avoir plus d’un que ça agace …
    A part ça je suis continue d’être épatée par le professionnalisme de Nicolas Doze, il faudrait plus de journalistes comme lui sur nos chaînes …

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  • Daniel // 16.11.2011 à 08h01

    En fait, le problème c’est que la plupart des gens pensent que la monétisation ne sera pas douloureuse.
    Soit ils pensent que cela ne créera pas ou peu d’inflation, en citant le cas de la grande bretagne, mais oublient que « pas encore » n’est pas la même chose que « pas ». Le QE a beau être « stérilisé », a partir du moment ou ce que la bce finance ainsi ne sera jamais remboursé, ça sera bien de la création monétaire « de fait » et donc à un moment ça aura un impact.
    Soit ils pensent que l’inflation forte ce n’est pas si grave, en donnant l’exemple des 30 glorieuses ou l’inflation forte était globalement supportable. Mais ils négligent alors que la situation n’est pas comparable, car a cette époque le plein emploi permettait aux salariés d’obtenir des augmentations de salaire. Je souhaite beaucoup plus de courage aux salariés pour les obtenir les prochaines années. Et je ne parle pas des retraités, qui n’auront rien, le système de retraite étant déjà dans les choux (ce qui n’était pas le cas non plus dans les années 70).
    De plus, tout est question d’échelle aussi, or la monétisation peut vite représenter des sommes folles par rapport à la masse monétaire courante, comme vous l’expliquez dans le billet du jour (mais je crois que vous exagérez en comparant à M1, je pense que M3 est plus proche de la réalité pour mesurer l’impact inflationniste possible). Et donc le risque de tomber dans l’hyper inflation est devenu beaucoup trop important pour le prendre.
    Mais d’un autre coté je crois que vous négligez l’impact du défaut massif. Cela est absorbable tant qu’il concerne un seul pays, et de taille moyenne. Mais la, ce sont les plus grosses économies mondiales qui seraient emportées par la chute des dominos (usa compris, mais chine et allemagne compris aussi par l’effet chute de leurs exportations).  On assisterait à un blocage total de la finance jusqu’à ce que le tri ait été effectué, donc à un blocage total de l’économie, pendant 2 ans.
    Il n’y a donc bien aucune solution « dans le cadre du système actuel ». La seule chose sur laquelle on peut discuter, c’est combien de temps cela va prendre avant la catastrophe. Et surtout, discuter de ce qu’on va mettre en place comme système aprés.
     

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  • JPS1827 // 16.11.2011 à 08h28

    En tout cas cette émission était très intéressante et constituait pour moi une bonne « révision » des notions acquises depuis que je lis votre blog. Vos interlocuteurs n’étaient d’ailleurs pas si loin de vous qu’on pourrait le croire sur les symptômes et le diagnostic, seul leur idée du traitement est différente dans la mesure où ils pensent qu’il y a encore quelque chose à sauver du système, mais je les ai trouvé intéressants.

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  • fraanel // 16.11.2011 à 08h50

    Je ne comprend pas .
    Vous dites que la monétisation de la dette c’est rembourser les gens en billet de Monopoly.
    Cependant fondamentalement le crédit tel qu’il est constitué actuellement, c’est rien de plus que payer avec des billets de Monopoly…
    Sauf qu’ayant des intérret apposé, et se détruisant à sont remboursement. Cela reviens finalement à créer un phénomène de captation de l’économie réelle vers les milieu financier, ou là l’activité monétaire n’est plus productive.

    Donc le problème monétaire est finalement la faille centrale de notre systéme.
    Admet on que les état ne s’endette plus, il subsistera toujours la dette des particuliers et des entreprises qui seront nécéssaire pour la survit du systéme économique. Qui recréra à terme la même sanction explosif d’un sur endettement systémique. (à l’image de l’espagne, à l’image de 1929)
    Il faut imaginé un systéme, certe extrêment régulé, mais ou cette création monétaire ne passe pas forcément par de l’endettement.

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  • Vincent // 16.11.2011 à 08h56

    Les commentaires acerbes sont les symptômes de la popularité grandissante de ce blog (ou du moins de vos apparitions sur BFM) et j’en serais heureux à votre place. C’est une étape inévitable, alors autant le prendre du bon coté 🙂

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  • RAT // 16.11.2011 à 09h23

    Je pense que lorsqu’on vit un moment historique très peu de personnes s’en rendent compte, or, c’est un tournant de l’Histoire qui est devant nous et qui ressemblera à ce que fut 1789 et 1917. C’est tout un système qui va s’écrouler et tous les discours des « experts » ne sont que des parlottes telles que la noblesse d’avant un certain 14 juillet pouvait avoir.
    Mais sans aller aussi loin que les 2 dates citées ci-dessus, il faut simplement se rappeler de la disparition de l’URSS et de la Yougoslavie. L’ue suivra l’un ou l’autre de ces modèles, c’est inéluctable, et, c’est pour bientôt.

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  • step // 16.11.2011 à 10h11

    vous n’avez aucune profondeur culturelle sur le sujet que vous prétendez traiter en public

    Réponse simple (style delamarche) :  » la culture n’a rien à voir avec des problèmes de comptabilité ». C’est ça réponse en général quand on commence à lui causer de l’impact psychologique de telle ou telle nomination.
    Pour ce qui est de la pauvreté, je pense que la finance crève, et que sa « complexité » n’est qu’un écran de fumée. Mais il est évident que ceux qui ont outrageusement profité de la fausse richesse des années 70-2000, se sentent mal à l’aise vis à vis des conséquences basiques de cette situation sur leur future richesse. Autour de moi j’ai plusieurs comportements:
    1) Le déni (majoritaire en particulier pour les 50+) : Bah on fera jamais défaut, « ils » vont inventer quelque chose. Le mythe du père noël, comme quoi y a qui y crois à fond.
    2) L’individualiste. Oui il va y avoir une crise (c’est déjà un début) mais ça ne me concernera pas MOI. En gros dans toutes les lois, il y aura une exception nominative le concernant.
    3) Le syndicaliste. Bah si ils viennent m’emmerder on va manifester et ils vont plier comme d’hab. Bref la personne ne fait pas la différence entre un politique et un banquier.
    4) Le pigeon du dimanche: Oui mais y a attali qui a dit que si on faisait du fédéralisme cela règlerait le problème de la dette car les taux d’intérêts pourraient pas monter. Et si attali le dit… hein ca évite de réfléchir, il suffit de répéter.
    5) Le débarqué de pluton : mais tu te rend compte qu’on est en déficit depuis 30 ans ? mais tu te rend compte que les multinationales elles payent pas d’impot, mais tu te rend compte que les gens riches ils mettent leurs sous dans des paradis fiscaux. C’est bien garçon, tu viens de toucher le sol, mais ne te fais pas trop violence quand même, après la cryogénie faut reprendre doucement…
    Bref ne t’étonnes pas, on est très minoritaires donc tu auras des réactions comme ça.

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  • Pascom // 16.11.2011 à 10h58

    J’ai bien apprécié le rappel que ce sont les banques qui créent la monnaie par le crédit. Mais j’aimerais aussi que vous m’éclairiez sur ce point: les banques créent le principal (en tout cas c’est ce qu’a fait ma banque pour mon crédit immobilier), et elles ne créent pas les intérêts correspondants. Et donc, je comprends que le seul moyen de rembourser les intérêts c’est d' »extorquer » une part du prêt de quelqu’un d’autre, qui lui devra faire pareil, avec, au bout du compte, des défauts chez les plus faibles.
    Est-ce bien comme ça qu’il faut comprendre ?
    Si oui c’est quand même tout à fait monstrueux !

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    • fraanel // 16.11.2011 à 12h12

      Non c’est plus cynique que ça.
      En fait la masse monétaire est régulée par le crédit. Or celle-ci se détruit au fur et à mesure des remboursements. Ce qui fait qu’a terme il faut créer du crédit pour d’une compenser la destruction, de deux compenser les intérêts, et de trois pour accroître la masse monétaire.(model de croissance)
      Ceci afin que l’économie réelle reste suffisamment liquide pour soutenir les échanges.
      Au finale on peu percevoir dans les intérêt un phénomène de transfère de richesse de l’économie réelle vers les sphère financière. Laissant à terme l’économie réel dans un état de carence avancé.
      Bref l’outil monétaire telle qui est aujourd’hui est l’une des failles clefs.
      Mais paradoxalement la monétisation via la banque centrale dans l’état actuelle des choses ne chargerait rien.
      Ceci s’explique entre autre par le fait que ces politiques monétaires se retrouve pour leurs intégralités captées par les milieux financiers. Laissant du coup l’économie réel dans le même état qu’avant l’application de celle ci.
      C’est pour ça d’ailleurs que malgré de fortes émissions de dettes, notre système à très peu connu d’inflation. Car la majorité de cette masse n’est pas dans l’économie réelle.
      Afin c’est ma vision des choses.

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  • 1Direct // 16.11.2011 à 14h18

    J’ai « attrapé » une remarque hier soir lors de l’émission « Ce soir ou jamais ».

    Jacques Sapir dit:
    « Les marchés financiers n’utilisent que 5% de leurs capacités à financer l’économie réelle. Les 95% restant ne sont que spéculations »

    Les 95% restant ne sont que jeux de casinos, paris et cavaleries financières « entre soi » pour se faire des bénéfices sur le dos des gogos et/ou fictivement.
     
    Alors poussons le raisonnement (absurde?) jusqu’au bout.
    Si nous supprimons ces 95% cela ne devrait avoir aucune incidence sur l’économie réelle. Les seuls perdants seraient les joueurs, les parieurs-spéculateurs.
     
    Comme ce sont en grande parti ces derniers qui détiennent les dettes des états … qui a dit plus de dette?
     
    Bon, comme d’habitude le béotien que je suis simplifie, caricature … quoi que …  y aurait il un fond de vérité?

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  • François78 // 16.11.2011 à 17h16

    Juste pour signaler un problème dans le raisonnement de Jean Marc Daniel sur la « bonne dette » dans des projets. Que fait t’il de la mauvaise dette accumulée et perdue pour l’avenir ?

    D’autre part, concernant la monétisation par la BCE, est ce que c’est obligatoirement tout ou rien ? la BCE ou une autre mécanisme (par exemple de complément de garantie – j’insiste sur complément) ne pourrait t’il pas financer un différentiel (de taux, à la marge) permettant de maintenir les taux à un niveau raisonnable, sachant que le principal au minimum reste dû ?  Ceci permettrait de rouler la dette sans l’alourdir systématiquement, (à charge pour les états de ne pas aggraver le principal).

    Est ce qu’un mécanisme d’aide ponctuel (1) sur l’immobilier américain, s’il n’avait pas été empêché par idéologie, aurait pu contenir la crise des subprimes ?

    Nota 1 : maintenir les gens chez eux et leur faire payer ce qu’ils pouvaient, en admettant des restructurations personnalisées des dettes.   

     

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    • RonRon // 16.11.2011 à 20h59

      Oua mais c’est du communisme ça. Non, ils ont préféré mettre les gens dans la mouise pour les punir de ne rien comprendre à la finance et par contre sauver les professionnels de la finance, entre Gentleman faut bien se serrer les coudes.

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  • Jeano // 16.11.2011 à 21h27

    Olivier, vous savez très bien que le FDG ne veut pas juste monétiser la dette. Le projet est de récupérer notre souveraineté pour pouvoir AGIR BORDEL !!! Agir avec l’aide des services public, le privée suit le secteur public et cela depuis toujours.
    Le moteur d’un pays c’est son service public !!
    Arrêter de vous tromper d’ennemis  !!!  Ça suffit maintenant !!!

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  • Christian // 17.11.2011 à 11h39

    Bonjour Olivier, 
     
    J’ai découvert votre site il y a quelques jours. Je suis un ouvrier qui s’intéresse à la politique depuis un an environ et à l’économie depuis quelques mois. 
     
    Je pourrais me sentir insulté par votre dernière remarque car j’ai rejoint les rangs de ce parti auquel vous accolez le même qualificatif que les medias/kapos. 
     
    Je l’ai fait parce qu’à mon échelle je n’ai aucun autre moyen de m’opposer à cette idéologie proprement écœurante du néo-libéralisme. J’ai entendu des discours basés sur la raison qui dominaient le vacarme du dogme véhiculé par la messe quotidienne du JT. Pour l’instant je ne peux que me féliciter de ma décision.
     
    Entre les mondialistes de droite et les mondialistes de gauche, le choix était tout fait pour moi. Je ne vous en veux pas, vous êtes encore jeune et j’ai l’espoir que vous terminerez d’apprendre à penser par vous même. 
     
    Cela dit, et pour recentrer le sujet, en ce qui concerne du sujet de ce billet, à savoir la monétisation de la dette, le prêteur en dernier recours, tout ça, je vois la chose de la façon suivante:
     
    Un système multi-polaire (que l’on opposera monde globalisé) oppose plusieurs formes de fonctionnement dont certains peuvent êtres de simples variantes quand d’autres sont complètement opposés, on pensera tout de suite au capitalisme et au communisme. 
     
    Alain de Benoit l’a fort bien expliqué (je n’ai lu qu’un condensé de l’un de ses écrits, sur un autre site), le communisme ne pouvait aboutir dans un monde multi-polaire. Si on décrête que le travail est une valeur réelle, celle ci est détruite par la variation des prix du produit du travail du fait de la concurrence. C’est aussi bête que ça. A-DB a, à mon sens, zappé une chose essentielle mais je ne vais pas développer ce point. 
     
    Là le problème est le même quelque part. Vous avez un système multi polaire. Avec même pleins de pôles 🙂
    Dans plusieurs vous avez des payeurs en derniers recours, en europe vous n’en avez pas. 
    Autrement dit des systèmes prédateurs contre un qui pour des raisons diverses et surtout historique (Allemagne), pourrait avoir un comportement moral (par effet de bord car ill n’y a rien de moral en économie). 
    On pourrait faire le même parralèle avec le protectionnisme décrié par les Européiste alors que l’Europe n’est qu’un ilot dans un monde de nations, d’états isolés ou fédérés pratiquant le protectionnisme à qui mieux mieux.
     
    Les chinois ont fait une transition assez réussie vers l’économie de marché, il en va de même pour l’europe, si elle veut continuer elle n’a pas d’autre choix que d’adopter le comportement des autres prédateurs. 
    Et c’est ce qu’elle va faire car derrière l’europe, il y a surtout des gens qui tentent d’asseoir leur position dominante. Des gens qui sont les ennemis des peuples, l’oligarchie.
    Cela ne date pas d’hier, et je vois ici des commentaires issus de reflexions étayées laborieusement par la compréhension progressive individuelle du fonctionnement du monde, alors que l’on sait depuis tout temps que l’usure est amorale et a été l’objet de ce même combat qui perdure aujourd’hui, ce depuis des temps reculés. 
    Actuellement le camp des usuriers marque des points, l’économie réelle (vous savez, les gens qui travaillent pour gagner leur vie en s’imaginant que leur travail a de la valeur) perd pied. 
     
    J’ajouterai aussi qu’on parle de la toute puissance du dollars qui lui donne bien des atouts (intérêts faible même lors de la dégradation de sa note), moi je vois avant tout la puissance d’un empire destructeur, sur le déclin, certes, mais tout puissant et incroyablement stratège. Les vainqueurs imposent leur langue et leur mode de vie au vaincus. 
    Nous débattons d’un système que l’on nous a imposé, et l’on nous a imposé une copie imparfaite de celui ci pour mieux nous dominer. (L’europe). 
     
    Je n’ai à titre personnel aucune haine contre ces gens tout puissant de la finance même si mon vécu professionnel est un combat quotidien pour une sorte de survie sans beaucoup d’espoir de m’extraire de ma condition pas très enviable. Je veux juste les voirs tomber.
    J’ai l’absolu conviction qu’ils tomberont. Ils n’ont sur nous même que le pouvoir que nous leur donnons, tant que nous le voulons bien. En vérité, ils sont à notre merci.

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  • Christian // 18.11.2011 à 08h35

    Le respect ?
     
    Mon père a commencé sa carrière après la guerre. Il y avait du travail et il pouvait choisir. 
    Il gagnait bien sa vie, ma mère pouvait rester à la maison pour nous élever. Mes parents ont achetés une maison. Avant on était dans une petite cité ouvrière. Il n’y avait pas l’eau chaude mais tout le monde soignait l’intérieur comme l’éxtérieur. Les gens se saluaient, vivaient en bon voisinage. Ceux qui avaient des maisons pouvaient laisser la cléf accrochée au volet lorsqu’ils partaient. Le facteur distribuait en argent liquide les pensions. J’ai l’impression de parler d’une autre planète.
     
    Moi j’ai commencé il y a 25 ans environ, je n’ai trouvé du travail qu’en Allemagne, dans une usine. C’était bien, j’étais respécté, on me foutait une paix royale tant que mon travail était fait. Je n’ai que de bons souvenvirs. On m’a expliqué à mon arrivée qu’il était normal de se mettre en arrêt maladie une semaine ou deux par ans parce que le travail était vraiment très dur. On m’a toujours donné du Monsieur, le taf était très physique mais je débordais d’énergie, je pouvais lire parfois un livre par jour tant je prenais de l’avance dans ma tâche. Mon salaire était vraiment très bon, 13,5 mois par an plus des avantages en nature. Puis l’usine a fermé. Elles ont toutes fermés celles ou je suis allé ensuite, quand je ne lavais pas des voitures ou des vitres. Survie, précarité, incertitude du lendemain des décennies durant. 
     
    Je philosophais beaucoup à cette époque, je réfléchissais aux vertues du stackanovisme. Je me voyais comme un infime rouage utile contribuant au fonctionnement de la société. Toute notre vie nous voulons croire, nous, animal social, que la société ou une simple entreprise est un cocon maternel. Comme ces japonais pris en charge tout au long de leur vie par leurs patrons. J’ai mis très longtemps à prendre conscience de cela. 
    S’il y a jamais eu des hommes libre sur cette terre, il faut chercher dans le passé, du coté de Sparte.
     
    Ma femme travaille depuis 10 ans dans la même société. A l’étranger aussi car il n’y a plus de travail chez nous. Son salaire n’a jamais bougé d’un iota bien qu’elle seconde un responsable de service. 
    Elle a demandé une augmentation l’année dernière. On lui a répondu « NON », sans explication, mais en lui disant textuellement que c’était comme ça et que si ça ne plaisait pas la porte était grande ouverte. Facile quand les CV s’accumulent sur le bureau des responsables du personnel.. Elle peut être remplacée dans l’heure. Alors il ne reste plus qu’à faire profil bas.
    Cette société a un CA énorme et fait des bénéfices formidables distribués à une poignée d’actionnaires. 
    Depuis quelque temps le mot d’ordre est l’économie. L’hiver s’installe et le chauffage n’est toujours pas allumé. Les directeurs ont des salaires avec beaucoup de zero, des berlines de fonction haut de gamme, carte essence etc…
    Je travaillais dans la même société et on m’a dit la même chose. Un jour je les ai pris au mot et je suis parti.
     
    Je suis informaticien autodidacte depuis quelques années. J’ai créé une startup qui grandit et si on était à l’époque de la bulle Internet, je l’aurais sans doute vendue quelques millions d’euros (et la mienne les vaut largement par contre). J’ai travailé trois ans jours et nuit pour la développer ( minimum syndical de vie sociale et je me suis tué les yeux devant mes écrans, sortir les poubelles ressemblait pour moi à une expédition sur une autre planète) et j’espère pouvoir dire à ma femme dans quelques mois qu’elle pourra elle aussi claquer la porte aux nez de ces gens. Ca rapporte déjà de bons revenus même une fois payé les charges fiscales. Nous allons enfin pouvoir acheter une maison, nous avons déjà le terrain et il est payé. Je ne veux pas de PTZ, je ne veut pas de l’aumone après avoir payé la dîme et la gabelle. J’espère juste que les taux fixes ne vont pas exploser début 2012 (j’ai tout le temps un oeil sur l’OAT10 et je béni l’autre crapule dont le nom m’échappe et qui vient de baisser les taux directeurs). 
     
    Je peux vous montrer des vidéos d’archives de L’INA montrant Mr Bouygues se ventant de faire venir de la main d’oeuvre de Turquie pour quelques centaines de francs, et aussi celle de cet ouvrier qui explique qu’on lui dit que son salaire va baisser et que s’il n’est pas content la porte est grande ouverte… C’était l’époque ou l’ouvrier commencait à être trop puissant, on y a mis bon ordre.
     
     
    C’est l’un des pans du problèmes. Il y en a d’autres. 
    Vive la loi Pompidou/Giscard/Rotshild. Elle a permis de rendre le problème visible. Sans elle le transfert de richesse du public vers le privé aurait pu passer inaperçu encore longtemps. 
     
    La globalisation consiste aussi en l’interdépendance des pays complètement enchevêtrés aussi bien économiquement (on le voit bien avec la minuscule Grèce qui fait presque tomber cet édifice absurde), qu’au niveau de la production agricole par exemple. Regardez les pays d’amérique du Sud qui font de la quasi monoculture et qui sont à la merci des fantaisies climatiques ou des cours des marchés contrôlés par Goldman. 
    Moi j’ai entendu dans une émission une politicienne qui expliquait qu’il fallait que chaque région produise au maximum ce dont elle avait besoin, qu’elle se fournisse au plus près possible auprès des régions voisines pour ce qui lui manquait et qui était indispensable. J’ai entendu la raison malgré la cacophonie du journaliste qui était censé l’interroger mais qui lui coupait la parole sans arrêt avec une agressivité formidable. Ce jour là j’ai pris une carte. 
     
    Si vous avez une certaine honnêteté intellectuelle et que vous parcourez un blog bien connu de la dite fashosphère entièrement consacré à l’économie, vous ne pouvez nier qu’il y a nombre d’articles traitant de la pollution, des ogm, pesticides, de problèmes réels engendrés par la globalisation. 
    Orwell se trompait. On ne force pas les gens à compter trois en leur montrant 1+1. Non, les gens délèguent leur libre arbitre à ceux qui prétendent détenir le savoir. C’est vrai pour les religions et pour la science. Comme ces « experts » de BFM. Vous Olivier, avec votre libre arbitre, vous défendez un paradigme même encore confus pour vous mais que votre honnêteté intellectuelle vous fait ressentir vrai contre des gens qui défendent un paradigme institué. C’est tout ce que j’ai vu dans ce débat.
    Orwell se trompait disais je. Pour comprendre un système il faut disposer du maximum d’éléments. Sinon vous ne comptez qu’un ensemble incomplet et un seul facteur manquant fausse le résultat de l’addition. 
    L’esprit humain fonctionne ainsi, seul l’autiste refuse de voir un ensemble incomplet. Il voit, lui, quand il est complet et sait de ce fait le nombre d’élément qui compose un tout, sans avoir à compter. Il voit le tout ou voit le chaos qui lui est insupportable. 
    Un certain nombre d’individus doivent avoir de façon naturelle et embryonnaire cette faculté des autistes et savent discerner une réalité malgré les éléments innombrables qui sont la cacophonie du dogme ou paradygme imposé par la messe médiatique. Ma vie entière ressemble à celle d’un autiste se cognant la tête dans les murs. Malheureux de voir ce monde saccagé, s’éloignant de ses semblables. Maintenant je me suis réconcilé avec la vie, avec les autres. La dictature a un visage, les coupables du saccages sont identifiés. Tout prend sens. Quoi de plus impossible à combattre qu’une tyranie insidieuse et impossible à didentifier  comme celle qui masque son visage derrière les artifices des stratèges de la globalisation ?
     
    Cette cacophonie à laquelle je reviens tout le temps, elle n’était qu’un son diffus autrefois, son qui a pris de plus en plus d’ampleur et maintenant on en distingue les effrayants accords.
    Je l’entend clairement maintenant en écoutant certains économistes, ces politiciens inféodés à Washington aussi, ces syndicalistes haineux. On le reconnait entre tous, oui, sans conteste, ce que l’on entend est le bruit des bottes. Europe, globalisation, transfert de richesse, shadow economie, substitution de population, dictature de la pensée.. Tout cela est si bien orchestré.
     
     
    Je ne sais pas si la solution est la politique. Je pense qu’elle est aussi dans un modèle économique différent (et j’en ai imaginé un dont j’ai la certitude qu’il peut fonctionner) et que la politique est un moyen de la mettre en place. 
    Il faut cependant changer de paradigme et ce n’est pas aisé car on nous on en imposé d’autres, artificiellement, depuis des années. Il y a d’énormes forces à combattre. 
    Si cette politicienne échoue ce sera dramatique car il ne restera plus qu’une seule opportunité mais qui passera par bien des horreurs pour arrêter l’horreur actuelle. 
    Il ne nous restera qu’à terminer le cycle de l’Anacyclose de Polybe par sa phase terrible, l’ochlocratie. http://fr.wikipedia.org/wiki/Anacyclose
    Nous avons une fenêtre étroite pour briser ce cycle infernal. Je veux y croire. 
     
    D’autres aussi savent qu’il y a une fenêtre:
     
    « La présente fenêtre d’opportunité, durant laquelle un ordre mondial pacifique et interdépendant peut-être construit, ne sera pas ouverte pour très longtemps. Nous sommes à l’orée d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est une crise majeure appropriée, et les nations accepteront le Nouvel Ordre Mondial. »
     David Rockefeller, 23 septembre 1994.
     
     
    Robert Heinlein dit souvent dans ses ouvrages qu’on ne devrait choisir pour présider à la destiné des gens qu’un homme qu’il faudrait contraindre à cette fonction parce qu’il n’en voudrait pour rien au monde. 
     
    Pardon pour la citation inexacte, la substance en est conservée: la seule richesse des peuples est la nation. Qui d’autre peut instituer avec force les fonctions régaliennes qui sont justes et font l’égalité comme la liberté ? Un état, voir quelques monarque despote éclairé ? On en a connu quelques uns. Soit leur oeuvre ne leur survécut pas (Phillipe le Bel), soit l’écho du bruit de leur tête tombant dans un panier résonne encore. 
     
    Les nations sont détruites, l’europe est une forme informe de supra nation. Elle ignore tout des fonctions régaliennes. Elle est conçue pour fonctionner mal, Ainsi elle sert l’Empire de l’oligarchie, ainsi elle permet d’imposer plus d’elle même, une dictature plus factuelle. On ne peut être contre les nations sans être contre l’Europe. L’Europe synthétise tout ce que l’on peut imaginer de pire dans une nation quand les fonctions régaliennes ne sont pas sa raison d’être. Voila une adition fort simple et qui contient tous les éléments de l’ensemble.
     
    Je ne sais pas encore si nous réussirons à avoir une maison finalement. Et ce n’est pas important au fond. Mon sort ne m’a jamais vraiment importé. J’étais spectateur et je le suis toujours. Mais maintenant je veux bien être acteur s’il y a une chance que la chute de l’histoire coincide avec celle de l’oligarchie. 
     
    Pour vous maudire, un chinois vous souhaitera de vivre une époque intéressante. La notre est passionnante. Vraiment. 

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    • Fabrice // 18.11.2011 à 10h05

      Une époque passionnante, j’aurais préféré de manière plus positive mais je m’étais toujours demandé en écoutant mes grands parents sur leur prime jeunesse sous la première guerre, et sous la seconde ainsi que l’évolution qu’ils avaient connu, comment j’aurais agis à leur place en mieux ou en pire ?

      Cette question pensais je resterais irrésolu, je me trompais mais au moins grâce à ce site et d’autres je me refuse à dire « je ne savais pas » qui est pour moi la pire lâcheté.

      Mais à mon avis nous allons vite savoir ce que notre génération vaut.

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  • Marcus // 18.11.2011 à 09h18

    Oui, Christian, respect.
     
    La citation de Rockefeller je la partage complètement !!!
    Nous en sommes là hélas…
    Il nous faut tenir, le malin finit toujours par tomber lorsqu’il croit avoir atteint le sommet de la pyramide.
     
    Amicalement.
    Marc

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  • Christian // 18.11.2011 à 09h43

    Marcus, 

    Si Machiavel a raison alors vous avez raison aussi.
    On a vu comment la Grece et l’Italie sont tombés sous la coupe des banquiers.

    “Le contraire arrive avec les royaumes gouvernés comme la France; car c’est avec facilité qu’on y peut entrer, en gagnant quelque baron du royaume, car toujours on trouve des mécontents et des gens qui souhaitent des changements : ces gens-là, pour les raisons qu’on a dites, peuvent t’ouvrir le chemin de ce pays et te faciliter la victoire. Et celle-ci, ensuite, lorsque tu cherches à te maintenir, entraîne après elle d’infinies difficultés tant avec ceux qui t’ont aidé qu’avec ceux que tu as soumis; et il ne suffit pas d’éteindre la lignée du prince, car il reste ces seigneurs, qui se mettent à la tête de nouveaux changements; et ne pouvant ni contenter ni exterminer, tu perds ce pays à la première occasion qui survient.”
     
    Le prince, Machiavel, Chapitre IV 

    Amicalement,

    Christian 

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  • Didier // 18.11.2011 à 18h02

    Vous allez en recevoir de plus en plus des messages méchants (comme celui que vous avez indiquer au début) vu que vous dites la vérité qui n’arrange pas certains……
    Merci Olivier pour tous vos articles très intéressants , on est pas mal a ne rater aucun billet même si on laisse pas de messages.
    Merci bcp 🙂
     

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