Charlie Hebdo : une récente caricature jugée « répugnante »

Source : Ici Radio Canada, Tima Kurdi, 14-01-2016

Caricature controversée du dessinateur Riss de Charlie Hebdo. Photo : Charlie Hebdo

La tante du petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque en septembre a qualifié l’une des dernières caricatures du journal satirique Charlie Hebdo de « répugnante ». Le dessin suggère que si le petit Alan avait grandi, il serait devenu un agresseur sexuel comme ceux de Cologne, en Allemagne, durant la nuit de la Saint-Sylvestre.

« Je souhaite que les gens respectent la douleur de notre famille », commente Tima Kurdi, depuis son domicile de Port-Coquitlam en Colombie-Britannique. « C’est une perte énorme pour nous. Nous ne sommes plus les mêmes depuis cette tragédie. On essaie d’oublier et d’avancer, mais nous avons toujours aussi mal. »

La famille Kurdi est devenue tristement célèbre lorsque la photo du corps sans vie du petit Alan a fait le tour du monde il y a quelques mois. L’enfant de trois ans est mort avec son frère de cinq ans, Ghalib, et leur mère, Rehanna, lors d’une traversée entre la Turquie et la Grèce. L’affaire a eu une résonnance particulière au pays lorsqu’il a été révélé que le père d’Alan, Abdullah, avait participé au voyage après que la demande de réfugié de son frère Mohammed eut été refusée par les autorités canadiennes.

« C’est leur droit »

Tima Kurdi estime que la caricature du dessinateur Riss est « injuste ». Elle fait référence à la vague d’agressions sexuelles survenues en Allemagne, et particulièrement à Cologne, la nuit du 31 décembre. Plus de 600 plaintes ont été déposées dont une grande partie concerne des réfugiés.

« J’espère que [les dessinateurs de Charlie Hebdo] ne recommenceront pas, mais tout le monde a le droit d’avoir son opinion. Ils aiment exprimer leurs sentiments, ils l’ont déjà fait avant », ajoute-t-elle, conseillant tout simplement d’ignorer ce dessin.

Or, sur la Toile, et particulièrement sur Twitter, beaucoup d’internautes sont outrés. Le mot dièse #JeNeSuisPasCharlie a notamment émergé rapidement et se propage depuis quelques heures.

Ce n’est pas la première fois que Charlie Hebdo crée la polémique avec une référence à la famille Kurdi. L’année dernière, l’une des couvertures du journal signé Riss avait présenté la silhouette bien reconnaissable du petit Aylan, échoué sur la plage. Derrière lui, un panneau publicitaire McDonald’s « Deux menus enfants pour le prix d’un » et une légende : « si près du but ».

Source : Ici Radio Canada, Tima Kurdi, 14-01-2016

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Balle analyse de Daniel Schneidermann

Dessin de Charlie Hebdo : lettre à Riss, aux bons soins d’Internet

Source : Rue89Daniel Schneidermann, 14/01/2016

Hé, Riss  ! Je peux te parler deux minutes  ? On ne se connaît pas, je n’ai pas ton 06, et même pas celui de tes chargés de com’, mais je suis Charlie, alors je me permets de te tutoyer, et de t’envoyer une lettre aux bons soins d’Internet.

Mercredi après-midi, les « rézosociaux » comme on dit, vibrants d’indignation comme d’habitude, ont colporté jusqu’à moi ce dessin, apparemment extrait du dernier Charlie Hebdo, mis en vente le matin même.

On tape sur tout ce qui bouge

Ce dessin ne m’a pas particulièrement ému. Ni fait rire. Il m’a seulement rappelé l’esprit Hara-Kiri, l’esprit de la période Choron-Cavanna-Reiser : on tape sur tout ce qui bouge indifféremment, les flics ET les manifestants, les militaires ET les antimilitaristes, les cons, les fonctionnaires, les fachos, les profs, alors pourquoi pas aussi les migrants, sans trop faire l’effort de se demander si on parle des migrants eux-mêmes, ou des migrants tels que les fachos les désignent, tout est bon dans le crayon, tout ce qui vient sous le crayon.

Oui mais voilà, dans l’équipe, ils ne l’ont pas pris comme ça. Les jeunes membres de l’équipe d’@si (quasi-pléonasme), ceux qui n’ont qu’une connaissance livresque de la grande période Choron-Cavanna-Reiser-on-tape-sur-tout-ce-qui-bouge, tu sais quoi  ? Ils y ont carrément vu un dessin raciste.

Il faut dire que oui, c’est une question de génération. Quelle est leur image de Charlie Hebdo  ? Un ovni éditorial au sujet duquel le débat principal est de savoir s’ils sont islamophobes ou pas. Un journal dont nous avons méticuleusement épluché le contenu, pour y déceler des traces (ou non) d’islamophobie. Et dans la période récente, un journal marqué par le passage de Val et Fourest, moines-soldats de l’islamophobie française, même si, je sais, je sais, ils n’y sont plus depuis un bout de temps.

Vu de ce point de vue-là, rien ne distingue ton dessin, Riss, d’un dessin qui pourrait être publié dans Minute ou Valeurs actuelles. Rien. Pour bien le distinguer d’un dessin de Minute ou Valeurs actuelles, il faudrait avoir une vue d’ensemble de la page, ou du numéro entier, dans lequel il a été publié.

Dieu, Hollande, les flics, Johnny…

Je ne vais pas reproduire tous les dessins de ce numéro. Au-dessus du crobard fatal, un autre croque Valls et Taubira. Au-dessous, un autre se moque des dessinateurs eux-mêmes. Tout aussi férocement, au fil du numéro, sont croqués Bowie, la trilogie imams-curés-rabbins, Dieu, Hollande, les flics, Johnny, Depardieu, le Dakar, Sarkozy, Juppé, Trump, un curé pédophile, etc. Je n’en tire aucune conclusion. Mais c’est un des facteurs qui servent à caractériser le « lieu d’énonciation » du message, lequel est important pour qui veut se faire son propre jugement sur le dessin.

Le problème, c’est que ce dessin, soigneusement propagé par ceux-là même qui veulent le dénoncer, va atteindre des publics qui n’auront jamais accès au numéro entier de Charlie Hebdo. Et pas davantage à cette lettre que je t’envoie avec mes pauvres armes, des mots, moi qui dessine comme une casserole.

C’est un gros problème. On en avait parlé à Luz, de ce risque terrible de malentendu, centuplé par les rézosociaux, quand il était venu nous parlerde son si beau livre, « Catharsis » (et qu’il était resté perplexe face à un de tes dessins, mêlant esclaves sexuelles de Boko Haram et allocations familiales).

INITIALEMENT PUBLIÉ SUR ARRETSURIMAGES.NET
 Source : Rue89Daniel Schneidermann, 14/01/2016

22 réponses à Charlie Hebdo : une récente caricature jugée « répugnante » + analyse de Daniel Schneidermann

Commentaires recommandés

Louis Robert Le 19 janvier 2016 à 04h44

Un tel degré d’insensibilité et de déshumanisation ne me fait ni rire, ni sourire.

Je n’y vois du reste aucun rapport avec quelque “liberté d’expression” que ce soit.

Ainsi qu’affirmait le père d’Albert Camus: “un homme, ça s’empêche”.

Je ne suis donc pas Charlie; je ne l’ai jamais été et, c’est certain, jamais je ne le serai.

  1. DUGUESCLIN Le 19 janvier 2016 à 03h02
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    Le petit Charlie, lui, il a grandi et on sait ce qu’il est devenu.


    • Vénus Le 19 janvier 2016 à 09h52
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      J’ai un petit voisin qui s’appelle Charlie, un garçon adorable. Je compatis à ses parents car beaucoup en France et dans le monde vont bientôt détester ce nom. Les Russes passent déjà à l’attaque:
      link to lecourrierderussie.com


  2. groucho Le 19 janvier 2016 à 03h22
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    Je ne suis vraiment pas sûr que Reiser ou Choron auraient apprécié…


  3. JaySWD Le 19 janvier 2016 à 03h48
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    Schneidermann soulève la question cruciale de ce qui fait rire selon où on se trouve sur la planète avec le background inhérent…
    et bien voyons ailleurs de quoi on rit.
    Il est a noter qu’ici,la question des agressions sexuelles de masse en Allemagne n’ont guère été traitées par les comiques,sans doute par rapport aux Totems Antiracisme et Féminisme qui se télescopaient là,tel que brillamment évoqué dans un billet ici il y a peu.

    Et bien je vous emmène faire un tour en Roumanie!!
    Où manifestement l’humour est nettement moins surveillé/cadré/bordé(si j’osais…..VallSSisé??) qu’ici.
    Ce qui suit a été réalisé par des comiques sévissant le samedi soir dans l’équivalent de la soirée Ruquier ici,ça s’appelle “Serviciul Rôman de Comédi”,pas besoin de traduire!

    et donc,ils ont évoqué la Nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne,de quoi faire hurler les Belles Ames d’ici,mais perso j’ai bien ri! ! :

    link to youtube.com

    La totale! ! “On reste autour d’une gare puisque on en avait gagné une en Syrie,mais les Russes ont tout pété,il ne reste qu’un trou d’où jailli du pétrole!!”..”Vous avez trouvé du pétrole??!!”…Non non,c’est le pipeline qui passait en dessous qui crache!!”

    Bref,en moins de deux minutes,tout est dit,des réfugiés qui s’étaient approprié des biens d’Etat,donc un peu loin de pauvres hères fuyant les combats+l’allusion directe au passage des tubes en Syrie,à l’origine du chaos en cours….le genre de faits à ne diffuser ici que sous le manteau,sous peine d’ètre un infame conspirationniste Assado-Poutinien!!

    Si l’humour pratiqué donne l’état de la Démocratie,les Roumains semblent nettement plus libres que nous!!


  4. Louis Robert Le 19 janvier 2016 à 04h44
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    Un tel degré d’insensibilité et de déshumanisation ne me fait ni rire, ni sourire.

    Je n’y vois du reste aucun rapport avec quelque “liberté d’expression” que ce soit.

    Ainsi qu’affirmait le père d’Albert Camus: “un homme, ça s’empêche”.

    Je ne suis donc pas Charlie; je ne l’ai jamais été et, c’est certain, jamais je ne le serai.


  5. Grégory Le 19 janvier 2016 à 06h48
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    Le problème de Charlie pour moi ce n’est pas les dessins horribles qu’il se permet, ce sont ceux qu’il ne se permet pas. Le gant du “bête et méchant” tout azimut est dur à tenir. Tant qu’on est pas équitablement une ordure avec tout le monde, on passe pour insupportable.

    Et au passage, b-a-ba de l’humour, toujours commencer par tirer sur soi même. Mon conseil, le faire sur une couv attendu (ah, trop tard.)

    Après s’ils arrivaient à délivrer la promesse de Choron, bêtise et méchanceté aveugle donc équitable, on ne serait toujours pas forcé d’apprécier mais la démarche, au moins, serait défendable.


  6. moi Le 19 janvier 2016 à 07h24
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    Autrement dit Riss devrait penser à tous les gens sans humour qui ne vont pas comprendre ces dessins et qui ne liront jamais Charlie-Hebdo. Pourquoi ?


    • Charles Le 19 janvier 2016 à 10h02
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      Parce que le monde a changé avec l’avènement d’internet. Ce qui restait confidentiel, partagé par un petit groupe de 5000 personnes, peut désormais en atteindre des centaines de millions. C’est un fait à prendre en considération.

      L’année dernière, un jeune homme a pris un an ferme (il me semble) parce qu’il a jeté un chaton contre un mur. Le problème dans cette affaire n’est pas tant le geste, mais son exhibition et son exhibition revendiquée et destinée à trouver le public le plus large possible. Ce qui aurait pu se régler “en famille” avec le maire n’est plus possible, justement pour prévenir un emballement déclenché par la publicité du geste (défis de plus en plus violents). La loi s’abat de toute sa force pour tuer dans l’œuf l’apparition de velléitaires en quête de gloire. Et la publicité faite autour de la sentence a pour but de les avertir de ce qu’ils risquent. (Mais bon… je ne ne suis pas du tout sûr que cette hypothèse soit la bonne et qu’elle corresponde aux décisions des juges.)


  7. Georges Clounaud Le 19 janvier 2016 à 07h28
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    Je reproduis les propos de de Siddhartha Deb écrivain et journaliste indien tels qu’il ont été mentionnés dans Courrier International n°1314 du 7 janvier dernier :
    « C’est justement cette culture commune qui nous fait défaut aujourd’hui. Entre Swift (1) et ses lecteurs, entre Swift et ses sujets d’étude, s’interposeraient aujourd’hui les sables mouvants de la mondialisation – le choc du capital transnational et de la main-d’œuvre immigrée, la rapidité des réseaux sociaux, la primauté de l’image et l’éclatement des groupes sociaux en microcommunautés. La satire, appliquée à la truelle dans un tel environnement, ne réussit qu’à réaffirmer des attitudes et des préjugés, et à prêcher uniquement à des convaincus. Sans principe autre que de vouloir repousser à tout prix les limites de la liberté d’expression – et en l’absence d’empathie et de compréhension à l’égard de la diversité du monde dans lequel nous vivons –, la satire ne pourra susciter que l’indignation. L’indignation étant l’une des choses les mieux partagées au monde. »

    (1) Le pamphlet de Jonathan Swift publié en 1729 Modeste Proposition, considéré comme ce qui se fait de mieux dans la tradition de la satire occidentale, décrit avec force détails comment les enfants des pauvres catholiques pourraient constituer un mets de choix pour les grands propriétaires protestants [ce qui leur éviterait d’être une charge pour leurs parents et leur pays et les rendrait utiles]


    • Alae Le 19 janvier 2016 à 10h25
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      Merci, Georges Clounaud

      Je mets un extrait de la suite du même article dans sa version originale du New York Times. Après Siddhartha Deb, l’intervenant suivant, James Parker, journaliste, avait ceci à dire.

      “La satire, après tout, est au fond de la morale : elle détruit des illusions, elle met des iniquités à nu. Elle attaque votre échafaudage mental ou elle magnifie un faible jusqu’à la taille de l’Étoile de la mort, pour que tout le monde la voie. Le dieu de la satire est… à la base, Dieu : le point de référence transcendant, l’horizon de la justice d’au-delà de ce monde dont la lumière crue tue le mensonge. Il s’ensuit que la satire, pour faire son travail moral, doit être elle-même plus ou moins morale. Et la loi est celle-ci : Grosso modo, si elle frappe vers le haut, vers l’extérieur ou vers l’intérieur, c’est de la satire, si elle frappe vers le bas, c’est du harcèlement.”
      link to nytimes.com


  8. Alain Le 19 janvier 2016 à 07h32
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    Les humoristes devraient faire attention au bon goût et spécialement vis-à-vis des victimes et de leurs familles. Je me souviens aussi de moqueries des guignols de l’info après l’un ou l’autre accident ou attentat qui devaient aussi blesser les familles des victimes. La liberté d’expression n’autorise pas la goujaterie se doit le respect d’autrui.

    Plus particulièrement pour Charlie, on leur passe toujours tout sous prétexte de protéger l’impertinence mais ce sont des racistes et des gens sans empathie pour autrui (ce qui ne justifie en rien le droit de les assassiner). Leur dernière une accusant Dieu des tueries est d’une bêtise à faire pleurer, surtout qu’en tant qu’athée il est stupide de remplacer les crais coupables – les hommes – par quelque chose dont ils ne croient pas en l’existence, c’est disculper les assassins. Ce n’est pas le genre d’ami que je fréquenterais


  9. HP Le 19 janvier 2016 à 07h36
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    Une autre façon de lire cette caricature : “nous nous appitoyons à la vue de ce gamin noyé, mais depuis Cologne nous suspectons tous les migrants masculins d’être des violeurs potentiels”. Un peu brutal, mais pas plus que la réalité.

    C”est comme fêter à Noël la naissance de l’enfant Jesus, mis au monde dans une grange car Marie et Joseph avaient trouvé partout porte close, au moment où nous fermons les nôtres aux petits Alan et à leurs parents.

    Nous naimons pas être confrontés à nos contradictions.


  10. Georges Clounaud Le 19 janvier 2016 à 07h50
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    Sur le sujet également, l’ouvrage de Denis Robert “connaissez-vous Charlie ?” est particulièrement éclairant et nous rappelle qu’avant tout Charlie est l’œuvre de Cavanna et Choron. Très bon bouquin qui montre bien le changement d’époque depuis la création du journal.
    Les deux créateurs se sont fait dépouillés par Val aidé par son fidèle avocat Richard Malka. Val s’est enrichi joyeusement et a trouvé en Charlie et en son combat pour la liberté d’expression un tremplin qui l’a conduit à la tête de France Inter.
    Choron est mort dans la misère et Cavanna a du avaler toutes les couleuvres jusqu’à la fin de sa vie pour bénéficier des maigres subside octroyés par sa majesté Val alias Spinoza 4 fromages (surnom octroyé par certains membres lucides de la rédaction à l’époque).
    Tout comme la plupart des contre-culture, l’esprit Charlie originel a été récupéré, avalé, déformé, normalisé, consommé et finalement jeté à la poubelle par la culture consumériste dominante.


    • Astatruc Le 19 janvier 2016 à 08h16
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      link to youtube.com

      Charlie Hebdo sans filtre par Denis Robert


  11. Patrick Luder Le 19 janvier 2016 à 07h55
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    Mettre tout le monde dans le même panier,
    dénigrer une ethnie ou une appartenance sans distinction des individus,
    c’est par là que commence les pires génocides …


  12. TuYolPol Le 19 janvier 2016 à 08h08
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    Philippe Val avait déjà tué Charlie. Je ne suis pas Charlie car il a été Val.
    La dramatique célébrité mondiale de 2015 est incompatible avec Charlie.
    Charlie nous fait rire jaune ou noir, et nous permet de tester la liberté intérieure et extérieure, ce qu’on s’autorise et ce qu’on ne nous interdit pas. Mais pas de tester la liberté des autres et de faire les malins ; pas de frimer avec notre soi-disant liberté de se foutre de leur gueule. Charlie n’est pas sortable, tout simplement, et n’a pas à faire semblant de délivrer des messages hors de son périmètre.


  13. Henri Tanson Le 19 janvier 2016 à 08h22
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    Quand des donneurs de leçons donnent des leçons à d’autres donneurs de leçons, ça donne…. rien.
    Schneiderman se place du côté de la bien-pensance irréprochable… 🙂
    Et Charlie nous fait croire qu’il ne prend jamais parti… 🙂
    Et pourtant….


  14. Blackisto Le 19 janvier 2016 à 09h17
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    Et bien moi il me fait rire ce dessin. C’est ça Charlie. C’est de l’humour gras et souvent volontairement de très mauvais goût et inavouable.

    Si on aime, on lit. Si on aime pas on lit pas. On dirait que des millions de “JeSuisCharlie” viennent de découvrir que l’humour de ce journal n’est pas le leur.


    • Astatruc Le 19 janvier 2016 à 09h43
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      ce qui serait bien, c’est que ce torchon ne soit pas visible dans les kiosques, pour protéger nos enfants qui eux sont victimes du fait que ce torchon soit exposé à la vue de tous.
      Choisir de ne pas le lire, ok, mais faire en sorte que cette horreur soit soustraite aux regard des enfants, c’est nécessaire.


      • le_chtis Le 19 janvier 2016 à 10h41
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        Je suis d’accord avec vous, ce dessin est de mauvais goût, assez “hardcore” et à évidement des sous-entendus “racistes” mais il me fait malgré tout plutôt rire. Le problème n’est pas qu’ils fassent ce dessin mais qu’il soit mis au vue de gens qui ne souhaiteraient pas y être confronter, et en re-twittant le dessin avec un commentaire négatif, c’est ce que font les internautes, alors passer le chemin et laissez-le aux gens que cela peut amuser, mais le diffuser pas (c’est quand même simple, non?!)
        Ce qui m’avait le plus choquer avec la première édition post janvier 2015, n’était pas le dessin en lui-même (même s’il était assez mauvais) mais le fait qu’il soit exposé partout sur les kiosques à journaux (et autres) en 2mx1m, soit à la vue de tout le monde et donc de ceux que cela aurait pu choquer!
        Je pense que l’on peut faire de l’humour trash mais nous ne sommes pas obliger de l’imposer à la vue de tous!
        Et sur l’article de Schneidermann (dont les chroniques sont souvent assez bonnes mais quand on doit en faire une par jour, on fini par en faire de moins bonnes): “Pour bien le distinguer d’un dessin de Minute ou Valeurs actuelles, il faudrait avoir une vue d’ensemble de la page, ou du numéro entier, dans lequel il a été publié. […] Le problème, c’est que ce dessin, soigneusement propagé par ceux-là même qui veulent le dénoncer, va atteindre des publics qui n’auront jamais accès au numéro entier de Charlie Hebdo.”. Et alors, auto-censure parce que les “idiots-sociaux” ne savent pas mettre le contexte?! … mais c’est l’essence de Twitter de ne pas mettre le contexte,… ça être difficile de faire de l’information avec cette logique!


  15. tig Le 19 janvier 2016 à 09h28
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    La bobosphère (qui meme parfois ignore qu’elle est bobo) rattrapée par son paradoxe Valsien.

    “Rire de tout tout tout, liberté d’expression, democrâssie, nôvâleûûûr, oui,oui,oui. Sauf…”

    Daniel avoue d’ailleurs son biais idéologique dès les premières lignes. La liste de ceux dont on peut se moquer dans ces sphères bobos est implicitement définie et partagée :
    Le militaire abruti, validé.
    Le prêtre pédophile, validé.
    Johnny idole du beauf français, validé.
    Le con, le prof, le musulman, le fonctionnaire fainéant, validé.
    Le migrant délinquant: Recherche. Recherche. N’existe pas. La page que vous demandez n’existe pas (Cologne?). Il doit s’agir d’un fantasme de la fachosphere. (we are sthlm – festival Stockholm?) Et de racisme.

    La caricature même de cette idée saugrenue et impalpable pour le bobo parisien qu’est le migrant agresseur devient un crime raciste à ses yeux. Ce serait s’aventurer trop loin sur un terrain ô combien interdit.

    Le 9-15 de Daniel sonne tristement à mes oreilles comme un appel à moitié convaincu, celui d’un chantre de la liberté d’expression à la bafouer:

    “Vite, amis Orwelliens, haro sur ces caricatures de “migrants tels que désignés par les fachos”, cela ne correspond à aucune réalité. La réalité bien concrète et réelle que nous souhaitons perpétuer dans notre saint-Charlie-Hebdo, c’est celle des cibles faciles et habituelles. Dessinez le monde que nous voulons, pas celui là. ”

    La question qui s’impose est alors pourquoi cet appel du talentueux DS au terrrrrrible mais implacable “deux poids, deux mesures”?
    Petite pensée à Daniel qui assume comme il le peut ce rôle.


  16. Diégo Le 19 janvier 2016 à 10h14
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    Ainsi, la préoccupation première des jeunes de @asi, quand ils voient un dessin de Riss, c’est d’y trouver des traces d’islamophobie ? Et D.S. les y encourage :
    Je cite : “le débat principal est de savoir s’ils sont islamophobes ou pas. Un journal dont nous avons méticuleusement épluché le contenu, pour y déceler des traces (ou non) d’islamophobie. Et dans la période récente, un journal marqué par le passage de Val et Fourest, moines-soldats de l’islamophobie française, ”

    De l’art de passer de la lecture d’un dessin que personne n’est obligé de trouver drôle ni même de regarder à la stigmatisation d’une saine réaction (je suis Charlie) face à l’obscurantisme religieux.
    Islamophobie = crainte maladive, irraisonnée de l’islam(isme)
    Si je comprend bien, ce n’est pas l’obscurantisme religieux qu’il faut combattre mais ceux qui le combattent.


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