Ténébreuse affaire, qui donne lieu à de multiples interprétations. Je vous renvoie aux pages Wikipedia française et anglaise, pour que vous ayez les différents points de vue.

Source : Miriam Pensack The Intercept, 06-06-2017

Photo : Bettmann Archive/Getty Images

Photo du haut : Une victime de l’attaque israélienne sur le navire de communication américain USS Liberty est transportée par hélicoptère à bord du porte-avions USS América quelque part en Méditerranée orientale le 9 juin 1967.

Le 8 Juin 1967, une torpille israélienne déchirait le flanc d’un navire de la marine américain non armé, le USS Liberty, à environ une douzaine de milles marins (une vingtaine de km) de la côte du Sinaï. Le navire, dont l’équipage était sous le commandement de la NSA, interceptait les communications au plus fort de la guerre des Six-Jours lorsqu’il s’est trouvé pris dans une attaque israélienne directe, aérienne et navale.

Le souffle de l’explosion de la torpille a fait voler l’homme d’équipage Ernie Gallo à travers la salle de recherche radio où il travaillait. Gallo, technicien des communications à bord du Liberty, s’est retrouvé, lui et ses camarades de l’équipage, au milieu d’une attaque qui allait faire 34 morts américains et 171 blessés.

Cette semaine marque le 50ème anniversaire de l’attaque contre l’USS Liberty, et bien qu’elle figure parmi les pires attaques de l’histoire contre un navire de guerre américain non-combattant, la tragédie est restée enveloppée de secret. La question de savoir si et quand les forces israéliennes ont pris conscience qu’elles tuaient des Américains s’est révélée un sujet particulièrement épineux, revenant régulièrement dans le débat public qui a fermenté au cours du dernier demi-siècle. La procédure d’enquête de la Cour d’enquête de la Marine menée après l’affaire s’est tenue à huis clos, et les survivants qui étaient à bord ont reçu un ordre de se taire leur interdisant de parler de ce qu’ils avaient vécu ce jour-là.

Maintenant, un demi-siècle plus tard, The Intercept publie deux documents classifiés provenant des fichiers divulgués par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, liés à l’attaque et à ses conséquences. Ils révèlent une implication jusqu’alors inconnue du quartier général des communications du gouvernement, de l’agence de renseignement sur les transmissions du Royaume Uni ; des communications internes à la NSA semblant confirmer le compte-rendu de l’incident par un analyste du renseignement des transmissions, qui le décrivait comme un accident ; ainsi qu’un système de transcription en hébreu spécifique à la NSA, encore en usage aussi récemment qu’en 2006.

Le premier document, un guide de classification de la NSA inédit jusqu’ici, détaille les éléments de l’affaire que l’agence considérait encore comme secrets en 2006. Le second document répertorie une série de divulgations non autorisées de renseignements des transmissions qui « ont eu un effet néfaste sur notre capacité à produire des renseignements contre les cibles terroristes et d’autres objectifs d’intérêt national ». Étonnamment, les informations concernant l’attaque du Liberty relèvent de cette catégorie très secrète.

Bien qu’aucun document ne révèle d’informations concluantes sur les causes de l’attaque, les deux soulignent qu’au moment de leur publication – environ quatre décennies après l’affaire – la NSA était déterminée à garder classifiés même des détails apparemment mineurs de celle-ci. L’agence a refusé de commenter cet article.

Le guide de classification, daté du 8 novembre 2006, indique une implication jusqu’alors inconnue du GCHQ dans la collecte de renseignements par le navire. Les détails de cette implication restent classifiés et on ne sait donc pas clairement si la participation était matérielle et se faisait à bord du navire ou si elle consistait en des moyens d’une autre nature. Le GCHQ a refusé de commenter.

Le guide révèle également le système de transcription de l’hébreu classifié propre à la NSA, dont l’existence souligne que l’agence a historiquement considéré Israël comme une cible d’espionnage, même quand le pays se montrait un partenaire clé pour la collecte de transmissions. Cette tension inhérente aux relations entre les États-Unis et Israël était également manifeste sur le Liberty, où les traducteurs de l’hébreu embarqués à bord du navire étaient désignés comme des linguistes « arabes spéciaux », selon le journaliste James Bamford, afin de dissimuler leur surveillance des communications israéliennes.

Des avions israéliens et des torpilleurs attaquent le navire de recherche de la marine américaine, l’USS Liberty, en Méditerranée près de la péninsule du Sinaï le 8 juin 1967. Photo: Bettmann Archive-Getty Image

La guerre des Six-Jours entre Israël et ses voisins, la Jordanie, la Syrie et l’Égypte, était un conflit où les États-Unis avaient choisi de ne pas s’impliquer, malgré les demandes d’assistance militaire d’Israël. L’Égypte et la Syrie étaient des alliés des Soviétiques, en désaccord avec un Israël aligné sur les États-Unis. Le conflit local aurait pu facilement se transformer en un conflit direct entre les superpuissances, ce que ni les États-Unis ni l’URSS ne voulaient. Les pays directement impliqués ont donc été laissés se débrouiller entre eux, dans ce qui s’est conclu par une victoire militaire et territoriale écrasante d’Israël – une victoire qui a doublé en moins d’une semaine la taille de ce jeune pays.

Bien que les États-Unis aient refusé d’intervenir en faveur de leur allié, ils ont néanmoins écouté les communications militaires israéliennes pendant la guerre. C’est là, selon Bamford, que se trouve le point de friction : au cours de sa conquête territoriale remarquable et de sa victoire militaire, Israël aurait commis un crime de guerre en abattant des prisonniers de guerre égyptiens dans la ville d’El-Arish au nord du Sinaï. Bamford a soutenu dans son livre de 2001, « Body of Secrets » (« Une foule de secrets » NdT), que la proximité de l’USS Liberty avec le Sinaï et sa capacité à intercepter les motivations et les activités d’Israël pendant la guerre des Six-Jours pourraient avoir provoqué l’attaque d’Israël contre le navire. D’autres experts de la sécurité nationale, dont Steve Aftergood de la Fédération des scientifiques américains (FAS), ont toutefois contesté l’analyse de Bamford. Selon Aftergood, qui dirige le projet FAS sur les secrets du gouvernement, le meurtre de prisonniers de guerre égyptiens n’a jamais eu lieu. « Il n’y a pas de preuve vérifiable qu’un tel massacre ait jamais eu lieu, et la description faite par Bamford des événements d’El-Arish ne tient pas », a écrit Aftergood en 2001 suite à la publication de « Body of Secrets ».

En fin de compte, les enquêtes des États-Unis et d’Israël ont jugé que l’attaque du Liberty était un accident résultant de la confusion, par Israël, du navire espion américain avec un cargo égyptien. Cependant, Bamford considère cette conclusion comme une tentative pour étouffer l’affaire, citant l’ordre de se taire donné aux survivants, et le fait que le directeur adjoint de la NSA de l’époque, Louis Tordella, ait qualifié l’enquête préliminaire des Forces de défense israéliennes sur l’attaque, de « magnifique blanchiment ». Pourtant, d’autres sources affirment que toute idée de dissimulation est de la paranoïa pure et simple. Selon un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, l’attaque du Liberty était « un tragique accident … qui a été réglé entre les parties impliquées il y a des années, » et « comme pour beaucoup de ces sujets, il y a autour des théories du complot, mais elles ne tiennent jamais la route ».

L’histoire du USS Liberty a effectivement alimenté des théories du complot, et Bamford n’est pas le seul à affirmer qu’il y a eu dissimulation. L’Association des anciens combattants du Liberty, une organisation composée de survivants de l’attaque de 1967, demande une enquête solide et transparente sur l’affaire depuis des décennies, en vain.

Dans une déclaration à The Intercept, Ernie Gallo, actuellement président de l’Association des anciens combattants du Liberty, a dit: « Nous savons maintenant que la Cour d’enquête de la Marine était simplement pour la forme, car les officiers ont été invités à conclure que le Liberty avait fait son travail et que l’attaque avait été accidentelle ». Bamford fait également référence à l’ampleur et à la longueur de l’attaque comme preuve de son caractère délibéré : le navire a été touché à plusieurs reprises, d’abord par des avions qui ont jeté des bombes de 500 kilos et du napalm, puis par des torpilleurs. Les forces israéliennes ont également bloqué les antennes et les canaux de communication du Liberty, ont neutralisé les quatre mitrailleuses de calibre 50 du bord et auraient tiré sur des radeaux de sauvetage et des membres d’équipage alors qu’ils tentaient d’évacuer le navire. « C’était une attaque en plein jour », a déclaré Bamford. « Il battait un grand pavillon américain. Il y avait marqué USS Liberty à l’arrière… Je veux dire, qu’est ce que vous voulez de plus ? »

L’affaire et ses conséquences ont entraîné des séquelles psychologiques importantes chez les survivants, dont beaucoup ont été diagnostiqués comme souffrant du syndrome de stress post-traumatique. Un survivant, membre de l’Association des anciens combattants du Liberty, James Ennes, a eu un impact au fémur lors de l’attaque et a ensuite reçu l’ordre de ne jamais en parler. Ernie Gallo a vu un autre équipier mourir dans ses bras. Ceci, des décennies avant que les survivants ne commencent à parler de leur expérience, ce qui leur a valu parfois d’être critiqués comme antisémites ou calomniateurs d’Israël.

Tous les anciens combattants impliqués ne croient pas toutefois à une dissimulation. L’ancien Premier maître Marvin Nowicki, principal analyste en hébreu à bord d’un avion d’espionnage US-EC-121 de la marine américaine qui interceptait les communications des avions israéliens alors qu’ils attaquaient le Liberty, croit que l’attaque était un accident. Il a déclaré dans une lettre au Wall Street Journal en 2001 que, bien qu’il ait entendu et enregistré les pilotes et capitaines israéliens parlant du drapeau américain battant sur le pont du Liberty, ces remarques n’ont été faites qu’après l’attaque et non avant. C’est lorsque les équipages des torpilleurs et des avions se sont rapprochés du Liberty, selon les souvenirs de Nowicki, qu’ils ont pu reconnaître le drapeau américain, et en parler.

« La dernière fois que j’en ai parlé en public, j’ai reçu la visite d’agents du NCIS »

À l’insu de Nowicki à l’époque, sa lettre à l’éditeur a suscité l’inquiétude de la NSA qu’il n’ait révélé des informations classifiées sur le Liberty. Le deuxième document de Snowden, daté de 2002, fait référence à plusieurs révélations dans sa lettre « concernant les sources et méthodes de la NSA ou la capacité de la NSA à exploiter avec succès une cible étrangère ». Bien que le document ne précise pas quels détails dans l’article de Nowicki constituent de telles révélations, il fait référence à des éléments liés à l’enquête. Nowicki, dans une déclaration qui soulevait apparemment l’inquiétude à la fois de la NSA et du Service d’enquête criminelle navale, a qualifié l’accident « d’erreur grossière ». « Comment puis-je le prouver ? », a-t-il écrit. « Je ne peux pas, à moins que les transcriptions/les enregistrements ne soient retrouvés et publiés. Je les ai vus pour la dernière fois dans le tiroir d’un bureau à la NSA à la fin des années 1970, avant de quitter le service ». Après plusieurs tentatives infructueuses pour joindre Nowicki par téléphone et par courrier électronique, il a finalement répondu par la poste à une demande de commentaire écrite. Il a retourné à The Intercept la lettre originale sur laquelle il avait griffonné à la hâte : « Je ne peux pas répondre à votre demande. La dernière fois que j’en ai parlé en public, j’ai reçu la visite d’agents du NCIS ». (Le NCIS a déclaré qu’il n’avait pas de dossiers liés à l’affirmation de Nowicki.)

Même 50 ans après l’attaque et dans un climat géopolitique radicalement différent de celui de la guerre des Six-Jours, seules des informations extrêmement limitées sont disponibles sur l’attaque et les enquêtes qui l’ont suivie. Les enquêtes des médias et des survivants ont donné des résultats très limités, malgré des efforts considérables ; ABC’s Nightline a réalisé des interviews des survivants des décennies après l’attaque, qui n’ont jamais été diffusées. Et alors que James Bamford présume que c’est parce que les parties intéressées ne voulaient pas diffuser d’informations désagréables à propos d’Israël sur une télévision américaine mainstream, le présentateur de Nightline à l’époque, Ted Koppel, a une opinion différente : « Au risque d’ajouter au parfum de « dissimulation » qui entoure toute discussion sur l’histoire de l’USS Liberty, mon seul souvenir est que si nous n’avons rien fait, c’est parce que nous n’avions rien trouvé de nouveau ni de substantiel ». Personne d’autre, apparemment, n’a rien trouvé non plus.

Source : Miriam Pensack The Intercept, 06-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

27 réponses à Cinquante ans après, la NSA conserve le secret sur les détails de l’attaque du USS Liberty par Israël, par Miriam Pensack

  1. Caliban Le 16 juillet 2017 à 07h49
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    Je n’avais aucun souvenir de cette histoire. 1 navire coulé et 34 morts, et c’est passé sous les radars d’Hollywood ? Le Pentagone a probablement refusé le financement à Oliver Stone 🙂

    Le sujet est difficile à traiter :
    • les complotistes et les comploteurs jouent frénétiquement à cache-cache depuis 2001
    • il s’agit d’Israël, pays au sujet duquel on a le droit de dire que du bien

    Suffirait de déclassifier (intégralement) pour siffler la fin de la récrée, mais à part les victimes, qui s’intéresse réellement à la vérité ?


  2. calal Le 16 juillet 2017 à 08h25
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    Je ne peux pas répondre à votre demande. La dernière fois que j’en ai parlé en public, j’ai reçu la visite d’agents du NCIS ». (Le NCIS a déclaré qu’il n’avait pas de dossiers liés à l’affirmation de Nowicki.)

    marrant,apres avoir regarde la tele,je pensais que les gens du ncis etaient sympas:c’etait zyva et dinozzo qui sont venus voir le temoin?


  3. J Le 16 juillet 2017 à 09h08
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    Bon, c’est ténébreux, c’est horrible, mais au départ on ne sait pas, personne ne suppose, un scénario comme suit. Les Israéliens font savoir à un moment aux autorités US, en substance : “Votre rafiot, il nous emmerde alors que nous nous battons pour notre survie. Alors vous l’emmenez plus loin ou ça va mal aller”. Les Ricains se disent : “Jamais ils n’oseront…”. Ils osent. Ca change quand même un peu le jugement global, non ?

    Et soit dit en passant, je veux bien qu’on soit contre Israël, mais prétendre qu’il serait interdit d’en dire autre chose que du bien, c’est fort de café.


    • Fritz Le 16 juillet 2017 à 11h48
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      “Pour notre survie” ? Le 8 juin 1967, l’aviation égyptienne était détruite depuis trois jours. Et quelques années plus tard, les dirigeants militaires israéliens (Moshe Dayan, Yitzhak Rabin, Haïm Bar-Lev) ont dit qu’Israël n’était pas en danger de mort en 1967, quelle que fût la rhétorique incendiaire des dirigeants arabes.


      • J Le 16 juillet 2017 à 16h24
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        Ce n’était pas écrit d’avance, la surprise a joué, c’était un coup de poker quelque part. On ne savait pas a priori que les mirages étaient à ce point supérieurs aux migs. On ne savait pas que les tanks T64, qui sur le papiers écrasaient les antiquités israéliennes d’alors, n’étaient pas vraiment au point, que leur tir était imprécis (canon lisse pour augmenter la vitesse, mais…) et que leurs chenilles supportaient mal le sable. Quant aux déclarations des dirigeants israéliens, on les croit sur parole quand elles essaient de rassurer rétrospectivement ? C’est quand même aussi leur jeu.


        • Fritz Le 17 juillet 2017 à 11h54
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          En effet, ce n’était pas écrit d’avance. Les pertes israéliennes ont d’ailleurs été substantielles, malgré la victoire éclatante d’Israël : 679 soldats morts au combat, 394 chars détruits, une cinquantaine d’aéronefs détruits.


  4. Lysbeth Levy Le 16 juillet 2017 à 09h10
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    Et bien bravo, enfin cette histoire va pouvoir être connue en France. Oui les israeliens sont capables des pires coups fourrés et celui ci en est un, dont les Usa toujours hypocrites, ne se vanterons pas d’avoir tout fait pour le cacher. Pire ils tentent encore de masquer les faits, mais la vérité finie toujours par gagner. Si on savait tout ce que se permettent les services secrets, les états on ne leur ferait plus confiance du tout, par contre les familles de victimes elles n’ont pas oublié et elles attendent encore que l’état américain veuille bien faire “un geste”. N’attendons pas d’avoir “la vérité” sur le fameux “jour fatale” cité par Caliban, quand on voit le blocage actuel sur tout ce qui concerne cette triste affaire qui remonte déjà a loin. A quand la vérité sur Arte même à une heure tardive d’écoute ?.


  5. Alberto Le 16 juillet 2017 à 09h23
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    Plusieurs interprétations de cette attaque sous faux drapeau sont évoquées dans le film « Le jour où Israël attaqua les États-Unis »

    https://www.youtube.com/watch?v=5VEJRPx0yHM


    • fanfan Le 16 juillet 2017 à 22h30
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      … “Les enregistrements audio obtenus par Betfield permettent finalement de montrer que les survivants de l’attaque contre le USS Liberty avaient raison depuis le début. Ces derniers ont toujours affirmé que l’intention d’Israël était de couler le bateau en tuant tout le monde à bord, de façon à pouvoir faire porter le chapeau à l’Égypte pour cette tragédie. Dans quel but ? Pour convaincre le Président Lyndon Johnson (et avec lui, le peuple américain) qu’il fallait déclarer la guerre à l’Égypte.”


    • fanfan Le 17 juillet 2017 à 00h15
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      Un journaliste du Jérusalem Post, Arieh O’Sullivan, avait été autorisé à écouter les enregistrements et avait publié (06/06/2004) une transcription des conversations entre les militaires israéliens qui dirigeaient l’attaque contre l’USS Liberty. Quatorze minutes après le début de l’attaque, la transcription de O’Sullivan se termine par “Kislev, quel pays ?”, (réponse) : “Apparemment, l’Amérique.” L’attaque s’est poursuivie pendant plus d’une heure et demie.
      Exclusive: “Liberty attack tapes revealed”, Jerusalem Post Online, ARIEH O’SULLIVAN
      http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1148399/posts?page=33


    • fanfan Le 17 juillet 2017 à 00h27
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      John Crewdson, un auteur et journaliste américain récompensé du Prix Pulitzer a publié en 2007 ce que l’ancien analyste de la CIA, Ray McGovern, avait qualifié de “compte-rendu le plus détaillé et le plus précis sur l’attaque israélienne” dans le Chicago Tribune et le Baltimore Sun. L’année suivante, Crewdson fut licencié par le Chicago Tribune.
      “New revelations in attack on American spy ship” : http://www.baltimoresun.com/news/chi-liberty_tuesoct02-story.html#page=1


  6. amideg Le 16 juillet 2017 à 11h07
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    La péninsule du Sinaï est en Mer Rouge, non en Méditerranée, il me semble…


    • Manuel Le 16 juillet 2017 à 16h33
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      “Le Sinaï est une péninsule égyptienne d’environ 60 000 km2, à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée (au nord) et la mer Rouge (au sud). ”
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sinaï


  7. Fritz Le 16 juillet 2017 à 11h33
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    L’historien Pierre Razoux a consacré plusieurs pages de son livre (La Guerre des Six Jours, Economica, 2003) à l’affaire du Liberty. Sur cette attaque délibérée des Israéliens contre un navire d’écoute américain, il avance plusieurs hypothèses, dont celle de Peter Hounam, qui serait rangée par Miriam Pensack au nombre des “théories du complot”.

    En résumant : plusieurs indices sérieux ont amené Hounam à la conclusion que cette attaque était prévue et même acceptée par les plus hautes autorités américaines, pour imputer aux Égyptiens la destruction du Liberty, si proche du Sinaï. L’objectif étant de justifier une offensive de l’USAF pour “décapiter” le régime pro-soviétique du colonel Nasser. La survie du Liberty et l’avertissement très ferme de Kossyguine aurait fait avorter cette “opération Cyanure” qui menait à la Troisième Guerre mondiale.


  8. bluetonga Le 16 juillet 2017 à 12h01
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    Le colonel Pat Lang, ex-béret vert, ex-officier de renseignements US, anime un blog à titre de hobby où il analyse avec talent et quelques complices la situation géopolitique mondiale. Il revient sur cet épisode, cite le dialogue suivant (rapporté par le journal israélien Haaretz) :

    Pilote israélien au centre de contrôle : “C’est un bateau américain. Est-ce que vous voulez toujours que nous l’attaquions?”
    Centre de contrôle : “Oui, suivez les ordres”.
    Pilote israélien : “Mais Monsieur, c’est un bateau américain. Je peux voir le drapeau!”
    Centre de contrôle : “Ne vous occupez pas de ça. Frappez-le”.

    http://turcopolier.typepad.com/sic_semper_tyrannis/2017/07/httpwwwhaaretzcomus-news1800584.html

    http://www.haaretz.com/us-news/1.800584

    Lang confirme l’authenticité de l’échange, qu’il avait eu l’occasion de découvrir comme élève à l’école de renseignement militaire.

    De quelle étrange texture sont donc faites les relations entre Washington et Tel Aviv pour qu’une telle chose puisse arriver sans conséquence aucune pour Israël?


    • calal Le 16 juillet 2017 à 15h24
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      faut pas etre naif non plus: a chaque moment de l’histoire des soldats ont ete sacrifies pour une raison x ou y…quand cela arrange un etat,il fera une guerre “parce que certains de ses ressortissants sont morts”. et quand cela ne l’arrange pas, il s’assoiera sur ces morts.ce fait divers prouve bien qu’ israel et les us sont des etats comme les autres…


  9. Garibaldi2 Le 16 juillet 2017 à 12h53
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    Tiens l’affaire du Liberty refait surface. Il faut la replacer dans son contexte de la ”guerre des 6 jours”.
    Je me souviens qu’à l’époque a été diffusée à la radio (RMC) une discussion entre Nasser et le roi Hussein de Jordanie se mettant d’accord pour attaquer simultanément Israël. Discussion soi-disant interceptée par les services de renseignement israéliens. Bien entendu c’était un fake.

    Même s’il jouait les gros bras, Nasser n’avait pas l’intention d’attaquer Israël, son aviation n’était pas en état d’alerte, et la meilleur preuve en est que l’aviation israélienne a cloué au sol l’aviation égyptienne en bombardant ses bases aériennes. Les USA avaient fourni les photo aériennes des bases aux israéliens qui, à l’époque, n’avaient pas la technologie pour se les procurer par eux-mêmes.

    A noter que le Liberty se trouvait dans les eaux internationales, comme d’ailleurs la flottille pour Gaza.

    Les USA avaient donc dépêché sur zone un navire d’interception des communications radio pour observer la situation. Il ne vous échappera pas que quand on lance une guerre éclair, on ne distrait pas de son dispositif des avions pour aller dégommer un cargo qui n’a aucune importance militaire. Mais les Israéliens prétendrons qu’ils l’ont confondu avec un navire de guerre. Un navire de guerre sans canons (le Liberty n’avait que 4 mitrailleuses lourdes), c’est rare ! Et un navire de guerre qui ne réplique pas quand on lui balance des bombes de 500 kilo, c’est encore plus rare !


    • pastèque Le 16 juillet 2017 à 22h54
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      les états arabes se sont réunis dans un hotel au maroc en 1966 pour coordonner leurs tactiques militaires en cas de guerre contre israel.
      le mossad a placé des micros dans l’hotel juste avant, sur information du maroc.

      donc israel connaissait les plans d’attaque des états arabes, surtout la Syrie et l’égypte.

      1967 est une guerre *préventive* (sic) d’israel.

      voilà pour les faits.

      je vous laisse chercher les sources sur l’Internet.

      si vous préférez croire que c’est un fake, bien vous en fasse.


      • Garibaldi2 Le 17 juillet 2017 à 00h34
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        Je crois que vous ne m’avez pas bien lu. J’ai écrit qu’à l’époque (1967) une soi-disant communication téléphonique entre Nasser et Hussein de Jordanie avait été diffusée sur Radio Monte-Carlo. J’ai entendu cette émission comme des milliers d’autres auditeurs. C’était bien un fake pour justifier une attaque préventive.

        D’autre part, quand on a un plan d’attaque pour une attaque immédiate, on ne laisse pas ses avions de combat bien rangés sur les tarmacs en attendant qu’ils se fassent écraser par l’aviation adverse. Plus de 50 % des avions de combats égyptiens (l’aviation n’était pas en état d’alerte) ont été mis h-s lors de la 1ère attaque de l’aviation israélienne.


        • pastèque Le 17 juillet 2017 à 00h47
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          je crois que vous ne m’avez pas lu, tout court.

          ce n’est pas écrit : plan d’attaque immédiate,

          c’est écrit: réunion des leaders (ou des responsables militaires) arabes au maroc pour coordonner leurs tactiques militaires dans le cas d’une guerre avec israel.

          anyway, l’armée israélienne a attaqué sans déclaration de guerre et sans casus belli plus ou moins fondé.
          [modéré]


  10. DocteurGroDois Le 16 juillet 2017 à 13h34
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    A priori l’USS Liberty a été un dommage collatéral de la guerre froide, pas de la fourberie supposée d’Israël.

    L’attaque contre l’USS Liberty est survenue au pire de la guerre des six jours entre Israël et l’Égypte, qui elle même est survenue au pire de la guerre froide entre les US et l’URSS.

    Ma thèse favorite est que cette attaque était un false flag arrangé par Lyndon Johnson pour faire accuser l’Égypte et permettre aux US d’entrer dans le conflit. Or, l’URSS était très concrètement déterminée à soutenir l’Égypte: le gros de la flotte de la mer Noire était deja en Méditerranée avec des troupes embarquées prêtes à attaquer Israël.

    Donc une intervention Américaine directe aurait mené a une escalade incontrôlable.

    La crise a été résolue au téléphone en quelques heures. Les US ont balayé le Liberty sous le tapis et ont renoncé à intervenir contre l’Égypte, l’URSS a renoncé à envahir Israël, la guerre de six jours n’aura duré que six jours, et la fin du monde n’a pas eu lieu.


  11. tchoo Le 16 juillet 2017 à 19h30
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    en tout état de cause il y a crevettes sous rocher, car si cet épisode alimente de soi disantes théorie du complot, déclassifier les documents permettrait d’enlever tout doute
    si ce n’est fait c’est qu’il y a encore quelque chose qui dérange à cacher au public


  12. Paul Le 17 juillet 2017 à 07h01
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    C’est pas Al-Jazeera qui avait sorti une bande-annonce d’un documentaire à charge contre Israël sur cette affaire qui devrait sortir ces prochains mois ?


  13. Lysbeth Levy Le 17 juillet 2017 à 07h49
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    Tiens ? Le temps est maussade aujourd’hui …https://www.usslibertyveterans.org/ ils n’ont jamais eu d’excuses ou plus d’explications mais les anciens, familles veillent .


  14. Lysbeth Levy Le 17 juillet 2017 à 08h20
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    Et si on demandait leur avis a des américains qui veulent stopper le flux d’argent qui maintient Israel en vie ? Sans les milliards de $ Us Israel ne pourrait tenir et devrait faire la paix définitivement avec sa population native, les Palestiniens et ses voisins arabes : http://ifamericaknew.org/us_ints/ussliberty.html Ils réclament la fin du financement sans fin pris dans les poches des citoyens us ruinés par la crise ET la guerre au moyen-orient et franchement ils ont raison.La fin aussi du pouvoir de l’AIPAC qui peux faire renvoyer des députés ou élus quand ils veulent : http://ifamericaknew.org/us_ints/lobby.html Israel et ces agents ont tous les droits même celui d”espionner pour leur propre compte ..Jonathan Pollard par exemple et dénonce les néoconservateurs qui bossent autant pour Israel que pour leur pays : http://ifamericaknew.org/us_ints/neocons.html Vouloir la paix n’est pas un crime quand on sait qu’Israel veut s’attaquer à l’Iran par pays interposé : les Usa …


  15. Nanker Le 17 juillet 2017 à 10h31
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    Extrait du livre « Tous les espions sont des princes – la véritable histoire des services secrets israéliens » (1990) :

    « Les survivants et les familles des victimes pensent que les Israéliens ont agi en parfaite connaissance de cause [lorsqu’ils ont attaqué le “Liberty”], afin de supprimer la surveillance électronique de la NSA au moment où leurs troupes devaient passer du front égyptien au front syrien. » (p.188)

    Où est la vérité? RDV dans 50 ans… ou cent?


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