Suite du billet sur le protocole de Kyoto. L’index général de la série de billets sur le réchauffement climatique est disponible ici

Négativisme : attitude consistant à nier systématiquement l’existence ou la vérité de quelque chose” [ATILF]

Résultats de la campagne de désinformation

Cette campagne d’enfumage a trouvé un écho favorable auprès de nombreux citoyens qui préfèrent ne pas admettre une menace aussi dangereuse que celle du changement climatique.

Ainsi, les résultats de la manipulation ont été au delà de toutes les espérances. Observons les résultats de quelques sondages américains sur ce sujet.

Tout d’abord analysons l’écart de vision entre la population et les scientifiques (NB. : le sondage porte sur 2 500 scientifiques, ne travaillant pas forcément sur le climat) :

Sondage climat USA

On note un écart important sur l’origine du réchauffement : seule la moitié des américains pensent qu’il est causé par l’Homme, contre 84 % des scientifiques.

Par ailleurs, une autre enquête montre que seuls 56 % des américains pensent que les scientifiques soutiennent majoritairement que le réchauffement est causé par l’Homme – alors 84 % des scientifiques le soutiennent… Bref, 44 % des américains nient cette réalité…

Sondage climat USA

De même, il est inquiétant que seuls 47 % des américains aient conscience de la gravité contre 70 % des scientifiques. Toutefois, 73 % des américains pensent que le problème est grave, ce qui est encourageant pour la suite.
Sondage climat USA

On voit que le négativisme a fortement progressé à partir de 2008 – l’intoxication tourne à plein.
Sondage climat USA

Il en est de même pour la gravité du problème – même si la crise économique peut jouer un rôle temporaire de “masquage”, ses conséquences étant plus immédiates.

Notons que le même phénomène a concerné la France :

Rappelez-vous : “sans un soutien de l’opinion publique, peu d’efforts seront consacrés à une croisade contre les cigarettes” – et encore moins au climat…

Beaucoup plus instructif : l’influence de l’affiliation politique. Alors que le réchauffement climatique ne devrait pas être une question partisane, le parti Républicain s’est mis du côté des opposants à l’intervention de l’État, soutenu par le lobby pétrolier et charbonnier. L’opposition excessive des élus républicains a fini par donner l’idée qu’il s’agissait d’une question partisane – ce qui est évidemment faux. Et comme de nombreux sympathisants tendent à suivre leurs leaders, le doute s’est répandu de façon partisane :
Sondage climat USA

Ainsi 58 % des Républicains sont des négateurs, contre “seulement” 30 % des Démocrates. Rappelons que seuls 14 % des scientifiques le sont.

Ce négativisme partisan a de plus fortement évolué avec le temps :

Sondage climat USA

25 % des Républicains ont ainsi changé d’opinion entre 2006 et 2009, contre 15 % des Démocrates.

Pire encore ; en 2008, un sondage a demandé à un échantillon de diplômés universitaires si les activités humaines étaient responsables du réchauffement :

Sondage climat USA

Incroyablement, si 75 % des diplômés du supérieur Démocrates ont bien répondu oui,  seulement 19 % des diplômés du supérieur Républicains l’ont fait – en réponse à une question scientifique !

La machine à décérébrer fonctionne décidément à plein outre-Atlantique…

Ces résultats interpelant, je me permets de vous soumettre 3 derniers graphiques, qui éclaireront ce résultat, même s’ils sont plus hors sujet…

D’abord, le positionnement politique des scientifiques :

Sondage USA Scientifiques

Ils sont ainsi très peu conservateurs (rappelons qu’aux États-Unis, les électeurs ont plutôt le choix entre de la droite très dure et du centre-droit…). Cela a une influence sur le second thème très clivant au niveau scientifique : l’évolution de l’Homme, et la sélection naturelle Darwinienne (que les américains opposent au créationnisme, à savoir que l’Homme a été créé par Dieu).
Sondage USA Scientifiques

Si 87 % des scientifiques américains pensent que l’Homme a évolué naturellement, ils ne sont suivis que par 32 % de la population – le reste y voyant la main de Dieu… En fait, le critère qui explique la différence est principalement celui de la religion. Et sur ce thème, les écarts sont énormes :
Sondage USA Scientifiques

Ainsi, seule 4 % de la population américaine est athée, contre 41 % des scientifiques…

Pour finir ce petit détour sur la population américaine, je vous communique un des derniers sondages américains sur les préférences envers les partis, très instructif :

Sondage USA

Où il apparaît en 2011 que souvent :

  • le républicain est : un blanc, un riche, un homme, un senior, moyennement instruit ;
  • le démocrate est : un noir ou un latino, un pauvre, une femme, un jeune, peu ou très instruit,

 

Au final, on comprend mieux le terrain sur lequel peut prospérer le bourrage de crâne sur le climat. Ainsi, au moment de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto, a été lancée aux États-Unis une pétition s’dressant à des personnes diplômées en science (pas spécialement des climatologues, donc). 30 000 diplômés ont signé ce document entre 1999 et 2001 :

Pétition Oregon

“Nous exhortons le gouvernement des États-Unis à rejeter l’accord de Kyoto de décembre 1997 sur le réchauffement global, ainsi que tout autre accord similaire. Les limites proposées pour les émissions de gaz à effet de serre vont nuire à l’environnement, entraver l’avance de la science et de la technologie, et porter atteinte à la santé et au bien-être de l’Humanité.

Il n’existe pas de preuve scientifique convaincante que les émissions par l’homme, de dioxyde de carbone, de méthane ou d’autres gaz à effet de serre causent ou causeront dans un futur prévisible, un réchauffement catastrophique de l’atmosphère de la Terre et un bouleversement du climat de la Terre. En outre, il existe des éléments de preuve substantiels qu’une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère entraîne beaucoup d’effets bénéfiques pour la végétation et la faune de la Terre.”

NB. Cette partie sur les États-Unis de ce billet doit beaucoup aux livres d’Al Gore.

Enjeux

“Ce qui rend cette malhonnêteté intolérable, c’est que l’enjeu est d’une importance capitale” [Al Gore, Une vérité qui dérange]

Réfléchissons. Pourquoi tous ces débats au fond ? Bien sûr, quelques scientifiques intellectuellement honnêtes peuvent douter un peu – cela devrait même obligatoire. Mais nous ne sommes pas ici dans une simple controverse scientifique. Nous ne sommes pas en train de nous demander s’il existe une calotte polaire de méthane solidifié sur un des Satellite de Saturne.

Non, nous sommes en train de nous demander si, comme le simple bon sens nous l’indique, nous ne serions pas en train de ravager irrémédiablement notre Planète. Et la communauté scientifique nous répond : “Oui à 90 %”.

Et tout le débat est bel et bien : “Face à cette réalité, voulons-nous changer nos modes de vie ?”. Toute la question est là. Voulons-nous être un peu plus frugaux, faire quelques efforts pour essayer de conserver une planète vivable pour ses 7 milliards d’habitants ? Préférons-nous une gestion prudente des ressources ou tout consommer le plus vite possible ? Préservation de la Nature ou de nos Rolex ? Voilà la vraie question derrière l’enfumage…

À ce stade, je ne peux pour ma part que penser au pari de Pascal :

  • si nous écoutons la communauté scientifique : si elle a raison, nous aurons simplement une vie plus équilibrée, avec certes des efforts (mais on n’a rien sans rien dans la vie) mais sans souffrances, sinon et bien nous aurons simplement perdu l’occasion de continuer à nous goinfrer comme avant ;
  • si nous écoutons les quelques négativistes : s’ils ont raison, nous maintiendrons notre mode de consommation à outrance (ce qui est confortable), sinon nous détruirons l’environnement.

Une simple gestion prudente des risques pousserait ainsi à écouter les scientifiques… 😉

Mais pour cela, il faudrait sortir d’une des plaies de l’Humanité : ce que j’appelle le PIG ou Principe d’Imprudence Généralisé.

Beaucoup dénoncent entre les lignes le principe de précaution, mais il est assez rarement appliqué.

Par exemple, dans la série “la prudence, c’est pour les imbéciles – vive le progrès et l’innovation”, plus incroyable encore que le tabac a été le ramdam autour de la découverte de la radioactivité à ses débuts. Souvenez-vous (et cliquez pour agrandir) :

Découverte Radioactivité bénéfique

Le dentifrice radioactif…

Découverte Radioactivité bénéfique

La poudre radioactive à absorber…

Découverte Radioactivité bénéfique

Les sous-vêtements radioactifs…

Découverte Radioactivité bénéfique

La laine radioactive pour les layettes d’enfant…

 

Découverte Radioactivité bénéfique

Découverte Radioactivité bénéfique

L’ancêtre du Viagra : le suppositoire radioactif pour les hommes…

 

Découverte Radioactivité bénéfique

Et comment ne pas finir par les préservatifs radioactifs… ?

 

Va-t-on sérieusement agir de la même façon, ou allons-nous collectivement apprendre à tirer des leçons de nos erreurs passées ?

Finalement, dans ce contexte, et comme les décisions à prendre par les politiques sont extrêmement difficiles, on comprend dès lors l’acharnement à semer le douter pour les empêcher. Nous avons vu dans ce billet les risques énormes que cela fait courir sur le devenir du Protocole de Kyoto.

Partant de là, et bien que tout chercheur voulant démontrer le contraire doit pouvoir le faire (et il le peut), il est de notre devoir de ne pas alimenter de faux doutes sur ce phénomène. Car c’est bien notre avenir qui est en jeu. Si la communauté scientifique change d’avis un jour, cela sera une bonne nouvelle, mais ce n’est actuellement pas le cas…

90 % des scientifiques sont d’accord ; il n’y a donc pas de raison que des idées fausses s’arrogent 50 % voire 75 % de l’espace médiatique/internetique et sèment le trouble. Comme nous l’avons vu dans cette série de billets, si cela s’était produit en 1986, le trou d’ozone serait aujourd’hui immense, et la vie deviendrait risquée dans bon nombre d’endroits sur la planète. Mais heureusement, les fabricants de CFC avaient un lobbying bien moins efficace que celui des pétroliers…

Et tous ces tristes sires qui préfèrent publier des livres « bidons » plutôt que des articles dans Nature ne visent finalement qu’à se faire une publicité indue facile, voire essaient de maintenir le statu quo d’un mode de vie agréable mais malheureusement non durable, qui hypothèque l’avenir de nos enfants.

Ceci étant, il existe aussi une autre solution – que je vous recommande vivement de découvrir ici si vous ne la connaissez pas :

Le Mémorandum de Stockholm

Pour conclure, en mai 2011, une vingtaine de prix Nobel réunis courant mai à Stockholm ont signé un Mémorandum (A lire ici)

Mémorandum de Stockholm, 18 mai 2011

I. UN ÉTAT D’ESPRIT NOUVEAU POUR CONDUIRE UN CHANGEMENT MAJEUR

Le système terrestre est complexe. Il existe de nombreux aspects que nous ne comprenons pas encore. Cependant, nous sommes la première génération ayant conscience des nouveaux risques globaux auxquels fait face l’humanité. Nous sommes confrontés aux preuves indiquant que les progrès réalisés en tant qu’espèce dominante s’accompagnent d’un prix à payer très élevé.

Des modes de production, de consommation et une croissance démographique non soutenables compromettent la capacité de la planète à soutenir l’activité humaine. Dans le même temps, les inégalités, au sein des sociétés et entre elles, demeurent élevées, laissant sur le bas-côté des milliards d’humains dont les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits et qui sont extrêmement vulnérables face aux changements environnementaux mondiaux.

Cette situation nous préoccupe profondément. En tant que membres du Symposium, nous appelons tous les dirigeants du XXIe siècle à assumer une responsabilité collective en tant que serviteurs de la planète. Ce qui signifie jeter les bases d’une civilisation mondiale durable et équitable, dans laquelle la communauté humaine dans son ensemble vivrait dans la sécurité et la prospérité.

Les connaissances scientifiques indiquent clairement que nous transgressons au niveau planétaire les limites qui ont maintenu la civilisation hors de danger durant les 10 000 dernières années. Les preuves s’accumulent, qui montrent que les pressions exercées par l’homme sur l’environnement commencent à outrepasser les capacités d’absorption de la Terre.

L’Humanité est désormais l’acteur le plus important du changement global qui entraine la planète dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène. Nous ne pouvons plus exclure la possibilité que nos actions collectives franchissent des seuils de basculement, avec le risque de provoquer des conséquences abruptes et irréversibles pour les communautés humaines et les systèmes écologiques.

Nous ne pouvons continuer sur notre voie actuelle. Le temps des atermoiements est terminé. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe du déni. Nous devons réagir de manière rationnelle, en s’appuyant sur des preuves scientifiques.

Notre situation ne peut être redressée que si nous ré-associons le développement humain avec la durabilité, en se défaisant de la fausse dichotomie qui les oppose.

Dans un monde interconnecté et limité, dans lequel nous sommes en relation symbiotique avec la planète, la durabilité environnementale est une condition préalable à l’éradication de la pauvreté, au développement économique et à la justice sociale.

Nous appelons à une transformation fondamentale et à l’innovation dans tous les domaines et à toutes les échelles, afin d’arrêter et d’inverser les changements environnementaux mondiaux, afin de progresser vers une prospérité équitable et durable pour les générations présentes et futures. […]

Mémorandum Stockholm 18 mai 2011

Lectures conseillées

Pour terminer, je vous proposer, si le sujet vous passionne, un peu de lecture :

Enfin, une vidéo de synthèse de la Fondation pour la Nature et l’Homme pour terminer

et une que je trouve magnifique, très poétique, en images de synthèse :

Ce billet clôt la longue série sur le réchauffement climatique. J’espère que vous aurez pris autant à la lire que moi à réaliser les recherches et à l’écrire…

À suivre pour les futures mises à jour, tout ceci ne fait que commencer, puissions-nous changer à temps nos comportements… 🙂


« Le monde se dirige vers un changement climatique irréversible. […] La porte se referme. Je suis très inquiet – si nous ne changeons pas de direction maintenant dans la manière dont nous utilisons l’énergie, nous allons nous retrouver au-delà de ce qui, d’après les scientifiques, est la [sécurité] minimale. Si nous n’avons pas d’accord international efficace d’ici à 2017, alors la porte [permettant de limiter le réchauffement à 2°C] sera fermée pour toujours. » [Fatih Birol, chef économiste de l’Agence internationale de l’énergie (AIE)]

« Il faut considérer qu’il n’existe rien de plus difficile à accomplir, rien dont le succès ne soit plus douteux, ni rien de plus dangereux à mener, que d’initier un nouvel ordre des choses. Car le réformateur a des ennemis parmi tous ceux qui profitent de l’ordre ancien, et seulement de tièdes défenseurs chez tous ceux qui pourraient profiter de l’ordre nouveau, cette tiédeur émergeant en partie de la crainte de leurs adversaires, qui ont les lois en leur faveur ; et en partie de l’incrédulité de l’humanité, qui ne croit réellement à rien de nouveau tant qu’elle n’en a pas vraiment fait l’expérience. » [Machiavel, Le Prince, Chapitre 6]

36 réponses à 1368 Climat (30) : Oui à la recherche scientifique, non au négativisme manipulatoire (2/2)

  1. mika Le 22 janvier 2012 à 02h06
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    Juste pour savoir : qu’appelez-vous “scientifiques américains” ? Est-ce qu’il s’agit d’universitaires, de chercheurs, d’enseignants, de journalistes ? et dans quels domaines ? Je pose la question car quelque chose me chiffonne dans l’un de vos graphiques : 87% des “scientifiques américains” pensent que l’homme a évolué par sélection naturelle; ça fait donc 13% qui pensent que l’homme n’a pas évolué par sélection naturelle, et on voit même que 10% pensent qu’il a évolué par la grâce de Dieu ou qu’il n’a pas évolué du tout… ça fait bizarre.


  2. Moi Le 22 janvier 2012 à 02h28
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    Triste sujet que le réchauffement climatique. Mais je suis mort de rire… Iradia, les sous-vêtements radio-actifs du docteur Bauray… Je me souviens aussi d’une affiche de la même époque vantant les bienfaits d’une boisson alcoolisée, le slogan était “un petit dernier pour la route”.
    Trop forts nos grands-parents. On comprend mieux 14-18, le nazisme et tout ça…
    Je ne doute pas non plus que nos petits-enfants penseront la même chose de nous (avec raison).


    • step Le 23 janvier 2012 à 10h57
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      Il y avait même une pub pour ricard qui ventait les bienfaits pour la vigilance des cheminots.


  3. Patrick-Louis Vincent Le 22 janvier 2012 à 08h07
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    En matière scientifique, le concensus n’existe pas. 1 seul scientifique peut avoir raison contre tous les autres.

    Il y a 30 ans, un grand chercheur français, Benveniste, a été mis au ban de la communauté scientifique pour avoir affirmé que l’eau avait une mémoire. Les travaus ont été repris par d’autres chercheurs, en particulier Japonais(Emoto), allant dans le même sens. L’on commence tout juste, en France, à réhabiliter la mémoire de Benveniste.

    Et des exemples de ce types, il y en a à foison. Oui, un homme peut avoir raison avant tout les autres.


    • JPS1827 Le 22 janvier 2012 à 09h37
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      @patrick-louis-vencent : Vous allez un peu vite. D’autres chercheurs se sont intéressés au problème de la mémoire de l’eau, question qui n’est peut-être pas fermée définitivement c’est vrai (je n’ai jamais hurlé avec la meute anti-Benveniste), mais dont l’importance pratique sur notre destin est sans commune mesure avec celle du climat pour le moment. Pour l’instant il ne sort aucune synthèse vulgarisable de ces travaux. En outre, je viens de voir qu’Emoto n’a pas été publié dans des revues à comité de lecture.


      • Patrick-Louis Vincent Le 22 janvier 2012 à 10h35
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        “Emoto n’a pas été publié dans des revues à comité de lecture.”

        Cela prouve quoi ? Simplement que ces revues n’ont pas voulu le publier.

        Je vous rappelle que le professeur Duisberg, jusqu’à ce qu’il nie la cause virale du sida, était régulièrement publié par ces revues, puis, plus rien. Le plus réputé rétrovirologue de son temps, devenait, du jour au lendemain, le moins fréquentable.


        • step Le 23 janvier 2012 à 12h46
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          la théorie du complot, c’est tellement plus sexy que de reconnaitre s’être fait enfumer…


    • Thomas Le 22 janvier 2012 à 09h59
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      Simplement pour une petite note au passage : plutôt que de citer Benveniste qui est très controversé, je vous conseille de citer Daniel Shechtman. Il a découvert en 1982 une structure cristalline qui violait les règles absolues des cristaux. Une grosse partie de la communauté scientifique lui a ri au nez, jusqu’à ce que finalement, on découvre qu’il avait raison, que tout s’expliquait correctement au prix d’un peu de maths. Pour la peine, les définitions des cristaux ont été revues, et il a reçu le prix Nobel de chimie en 2011 pour ses/ces travaux.
       
      Donc oui, on peut avoir raison avant les autres, et on peut être précurseur, et ça peut même finir par être contagieux.
       
      Mais c’était une remarque de pure forme.


    • Marcus Le 22 janvier 2012 à 20h40
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      Pour une fois je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Il y a eu effectivement une cabale contre Benveniste et c’était dommage car Benveniste était certainement honnête dans ce qu’il voulait démontrer. Maintenant son histoire de la mémoire de l’eau ne tient toujours pas scientifiquement. RAS.


      • step Le 23 janvier 2012 à 12h50
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        C’est le principe du premier qui a raison doit mourir. Ceci dit si il a raison, il mourra peut être mais ses idées gagneront. C’est souvent le cas dans l’histoire. Le cas individuel dans l’histoire est anecdotique dans l’avancée de la théorie. C’est une question de “protections” et de “relations” d’être reconnu de son vivant. Mais à part pour l’égo (la vie) de la personne concernée ce n’est pas macroscopiquement très très important pour la diffusion des idées (voir galilée);


  4. Freddi Le 22 janvier 2012 à 09h14
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    @ Patrick Louis Vincent

    Et quand bien même, vous auriez (très improbablement raison) que faites vous du Pari de Pascal que le Taulier a si bien adapté à la situation climatique ?


    • Patrick-Louis Vincent Le 22 janvier 2012 à 10h43
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      Le pari de Pascal s’applique uniquement à la croyance en l’existence de Dieu. L’on ne peut extrapoler son propos.


  5. Thomas Le 22 janvier 2012 à 09h39
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    Bonjour !
     
    Les publicités vantant les “accessoires” radioactifs prêtent à sourire, mais je pense qu’il faut se rappeler de deux points essentiels. Pour commencer, à cette époque, la science était encore synonyme de progrès. C’était certes très fanatique, mais je pense que tout le monde pensait sincèrement que toute découverte scientifique ne pouvait être que bonne. Ensuite, d’un point de vie scientifique, la découverte de la radioactivité a été un profond bouleversement conceptuel. C’était le début de la découverte de la structure du noyau, et de l’atome, et c’était des sujets de recherche de très haute technicité, dans un monde qui était globalement moins éduqué que nous le sommes maintenant (en termes de culture scientifique et de culture du risque). De là, le “commun des mortels” ayant entendu parler d’une énergie “sortie de rien” pouvait facilement croire qu’elle était miraculeuse. Rien que les scientifiques travaillant sur la question sans protection l’ont payé le prix fort. Si eux ne savaient pas, alors le peuple… Le cas ici est différent : les scientifiques savent, mais d’autres intérêts priment.

    Ce n’est au final pas si différent de tous ces accessoires “magnétiques” vendus partout, censés améliorer le bien être, l’arthrose, la circulation, ou que sais-je encore, même maintenant. Ou bien toutes les molécules magiques censées faire fondre les poignées d’amour, le régime Dukan, ou d’autres choses. Le vernis scientifique a toujours été un argument marketing très puissant, pour des gens habitués à ce que d’autres pensent à leur place.
    Par ailleurs, je crois me souvenir d’une polémique à propos du LHC qui créerait un trou noir susceptible d’engloutir la Terre. On attend toujours l’engloutissement, ça résoudrait sans doute le problème climatique.

    [Modéré – sans lien avec le sujet]
     
    Disons pour résumer que si on parvenait à mettre un peu de raison dans tout ça, amener les gens à un peu réfléchir par eux-mêmes, le monde serait sans doute bien meilleur. L’ennui, c’est que ça fait des gens qui achètent moins. D’où les beaux lavages de cerveaux que vous présentez ici.
     
    Soit dit en passant, tous ces raisonnements peuvent s’appliquer au système financiariste : destruction de l’humain en général aux fins de profit, et lavage de cerveau organisé pour faire croire que c’est le mieux à faire. Sauf qu’eux, ils ont trouvé un acronyme : TINA.


  6. HFD Le 22 janvier 2012 à 12h14
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    Ce qui me gêne, c’est  la polarisation actuelle sur les émissions de CO2, et la quasi absence de réflexion sur les aérosols. Vous savez, ces particules fines émises par le Diesel, ce carburant pour lequel le gouvernement français octroie des avantages fiscaux. Ce que l’on sait des aérosols, c’est que ça engendre un retard sur les précipitations, responsable d’alternance entre des périodes de sécheresse, et d’inondation (mis exclusivement sur le compte de l’augmentation du CO2). Ce que l’on sait des aérosols, c’est que lorsqu’ils se redéposent sur la terre, ils noircissent la neige, et augmentent donc sa vitesse de fonte (mise exclusivement sur le compte de l’augmentation du CO2) à température égale, et augmentent la température de l’eau ainsi noircie à rayonnement solaire égal. Ce que l’on sait des aérosols, c’est qu’en occultant le soleil, ils diminuent la photosynthèse et donc le piégeage du CO2 par la végétation. Ce que l’on sait des aérosols, c’est que ces particules fines en rentrant profondément dans les alvéoles pulmonaires sont responsable d’un accroissement des maladies pulmonaires. Tout ça pour dire que s’il ne faut pas négliger l’augmentation du CO2 atmosphérique, il serait autrement plus efficace de considérer la modification de l’atmosphère dans son ensemble et non s’intéresser exclusivement au CO2 en prenant ainsi le risque que le remède soit pire que le mal. Et pour les effets inconnus des aérosols, ils seraient peut-être utile de les étudier un peu plus, même si ce n’est pas du CO2.
     


    • AlexHanin Le 22 janvier 2012 à 14h57
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      Je ne vois pas ce qui vous permet de dire qu’on s’intéresse “excusivement” au CO2.


      • HFD Le 22 janvier 2012 à 15h34
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        Moi j’avais marqué exclusivement, et non excusivement. Peut-être le mot est-il excessif, mais si vous comparez le nombre d’articles traitant du CO2 au nombre d’articles traitant des problèmes liés aux aérosols, vous vous rendrez compte qu’il y a une assymetrie qui me semble dangereuse pour prendre des décisions, engageant notre avenir et celui de nos enfants, en toutes connaissances de causes.


        • Thomas Le 22 janvier 2012 à 15h38
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          Je me garderai bien de commenter la littérature scientifique, étant totalement étranger à la question, mais pour ce qui est de la communication médiatique, il est clair qu’elle parle surtout des problématiques de dioxyde de carbone.

          Une petite anecdote que je préfère considérer comme amusante que consternante. Quand j’ai demandé en devoir à mes prépas quels étaient les deux constituants majoritaires de l’atmosphère (réponse : le diazote et le dioxygène), 80% des étudiants m’ont cité le dioxyde de carbone. Une quantité assez significative m’a également cité l’ozone ou les oxydes de soufre (je suppose que cela provient de la communication estivale sur les pics d’ozone en ville). Amusant non ?


          • AlexHanin Le 22 janvier 2012 à 19h16
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            Et vous ne trouvez pas “étonnant” que lorsque l’on parle de l’origine de l’homme, on évoque toujours l’évolution, et très peu le créationnisme et le largage par des extraterrestres ?
             
            Si on parle bcp du CO2, c’est parce que des décennies de recherche (qui ont également porté sur le soleil et d’autres paramètres, évidemment) ont confirmé une hypothèse assez simple : libérer des quantités (littéralement) industrielles de gaz à effet de serre, ça réchauffe la planète. S’il devient presque impossible de dénicher un article ouvertement “sceptique” dans la littérature peer-reviewed mondiale, c’est parce qu’on est arrivé à ce qu’on peut appeler un “consensus”. Le reste relève du conspirationnisme le plus grossier.


          • Alain34 Le 22 janvier 2012 à 20h12
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            En prépa? ca fout plutot la trouille….
            @AlexHanin : Il parait qu’il y a un rapport sortit il y a peu qui conclu que les particules fines que l’on rejette dans l’atmosphère génèrent plus d’effet de serre que le CO2… Mais je l’ai pas encore trouvé… je cherche…
            Je pense qu’il faut plus prendre le CO2 comme n symbole de l’utilisation a outrance des énergies fossiles et de toutes les saloperies que l’on rejette en masse dans l’atmosphère que comme le principal responsable, seul coupable.


          • HFD Le 23 janvier 2012 à 00h18
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            @AlexHanin
            Je vous sens de très mauvaise foi lorsque vous parlez du créationnisme et des extraterrestres
            @Alain34
            J’imagine que le rapport auquel vous faites référence s’appuie sur le fait que les aérosols ayant un effet retardant sur les précipitations, ils augmentent la teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère qui comme chacun sait (ou devrait savoir) est un gaz qui génère plus d’effet serre que le CO2, à quantité égale. En revanche, quel est l’effet serre généré par l’excédent de vapeur d’eau, et est-il supérieur au refroidissement généré par ces mêmes aérosols qui occultent les rayonnements solaires, je n’en sais rien et si vous retrouvez l’article, cela m’intéresserait de le lire.
             


    • rictus Le 23 janvier 2012 à 01h23
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      Deux choses:
      – dans la littérature scientifique, les aérosols, le méthane, le dioxyde d’azote, les HFCs … sont bien plus présents que dans la littérature “médiatique”. Difficile de donner des chiffres mais a titre d’exemple, regardez le nombre de sessions qui y sont consacrées a la conférence EGU (“LA” grance conférence européenne en sciences de la terre et du climat): http://meetingorganizer.copernicus.org/EGU2012/sessionprogramme/AS
      – L’importance de tel ou tel composé sur le climat dépend de l’échelle de temps que l’on regarde. Les aérosols restent en moyenne un an dans l’atmosphère. Ils ont un fort impact sur le climat (mais assez complexe, certains entrainent un réchauffement, d’autres un reffroidissement), mais il suffit d’arrêter d’en émettre pour que le problème disparaisse: il n’y a pas d’accumulation. Au contraire le CO2 a une vie moyenne de 150 ans dans l’atmosphère: il s’accumule et même en arrêtant totalement d’en émettre, il faudra des centaines d’années pour résorber cette accumulation. C’est pour cela que le CO2 est le principal problème: les émissions d’aérosols en 2012 n’auront aucun impact sur le climat en 2020, par contre les émissions de CO2 en 2012 continueront de l’impacter pour quelques centaines d’années.


      • HFD Le 23 janvier 2012 à 08h03
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        @rictus
         
        Trois choses
         
        Je suis bien conscient que la durée de vie des aérosols dans l’atmosphère est  faible.
         
        Toutefois, l’augmentation des inondations va augmenter l’érosion des terres arables, qui une fois parties vont mettre des siècles à se reconstituer.
         
        Les aérosols qui auront pénétré dans les poumons y resteront et provoqueront des maladies pulmonaires, même si on n’en respire plus, et parfois des années plus tard.
         
        Les aérosols retombés sur terre et ayant noircis la neige vont accélérer la fonte des glaciers, même s’il n’y en a plus qui se dépose.
         
        Aussi, je ne suis pas sûr que la seule variable importante et dont il faut tenir compte soit la durée de vie dans l’atmosphère.
         
        Quant au nombre de parutions dans les journaux scientifiques largement supérieur au nombre de parution dans les journaux médiatiques, je suis d’accord, mais je ne suis pas sûr que ce soit le genre de journaux sur lesquels s’appuient les politiques qui gouvernent en fonctions des sondages : les journaux scientifiques ayant beaucoup moins d’impacts que les journaux médiatiques sur l’opinion publique.  
         


  7. AlexHanin Le 22 janvier 2012 à 15h00
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    @ Olivier : concernant l’écrasant consensus parmi les spécialistes (et non les scientifiques en général, qui peuvent ne rien connaître au climat), connais-tu les études/enquêtes de Doran, Anderegg et Oreskes ?


    • chris06 Le 23 janvier 2012 à 00h10
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      Anderegg, Prall, Harold, et Schneider (2010)
      Un article de 2010, publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States, a analysé les données de publication et de citation pour 1,372 chercheurs des sciences du climat et émis les deux conclusions suivantes:

      (i) 97–98% des chercheurs dont le sujet principal de publication est la science du climat supportent la thèse du réchauffement anthropique telle que décrite par le GIEC, et (ii) l’expertise climatique et la notoriété scientifique des chercheurs qui contestent cette thèse est nettement plus basse que celle de chercheurs qui la supportent


    • step Le 23 janvier 2012 à 13h00
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      on a un ex ministre de l’éducation dans ce cas, qui en plus se croit malin.


  8. Bernard Samson Le 22 janvier 2012 à 20h49
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    “Mais heureusement, les fabricants de CFC avaient un lobbying bien moins efficace que celui des pétroliers…”
    Je crois que l’explication est malheureusement plus mercantile : les CFC étaient complètement banalisés. Tout le monde pouvait en fabriquer. Les marges s’étaient effondrées. Avec l’interdiction programmée, les majors du secteur (Du Pont en particulier) ont repris la main : avec de nouveaux produits (souvent des mélanges de produits existants), de nouveaux procédés, des brevets, des remplacements de matériel, … et beaucoup de profit à prévoir de nouveau.


    • HFD Le 23 janvier 2012 à 00h23
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      Plus précisément, les CFC ont été interdits, lorsque les brevets sont tombés dans le domaine public, au bout de 50 ans.


      • step Le 23 janvier 2012 à 13h02
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        C’est vrai que quand il n’y a plus d’enjeu, nos politiques deviennent subitement très courageux.


  9. skipper50 Le 23 janvier 2012 à 19h23
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    Super la liberté d’expression : commentaire envoyé ce matin vers 11h00, toujours pas publié……..j’avais déjà remarqué cela la dernière fois Olivier, vous allez le publier dans la nuit, alors que le billet n’est plus d’actualité………………………!!!!!!!!???????
    Olivier, j’ai lu votre livre et pour 90% de vos analyses je suis d’accord, par contre votre censure sur votre blog, m’oblige à m’interroger : pour qui vous roulez ?
     
    Lorsqu’un commentaire ne va pas dans votre sens, il semble ne pas être publié…!!!???
     
    C’est dans l’air du temps….vous avez peut être raison………………………………………..


  10. skipper50 Le 24 janvier 2012 à 11h57
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    Censure et droit à l’information ??? pas assez intelligent pour comprendre………..
    Dans votre article, vous demandez aux lecteurs d’attendre la fin de la série en octobre avant de réagir trop fortement !!!!!!
    Nous sommes en janvier.
    Mon professeur de philo nous a appris que c’est dans la discussion, le dialogue et la confrontation d’idées que la pensée existe et avance.
    Mais je suis vieux (48 ans) cela n’est peut être plus d’actualité pour les jeunes générations ?
    vous êtes dans l’analyse statistiques, j’étais dans l’analyse prospective économique, je pense donc avoir comme vous un esprit d’analyse structurée, mais il semble que vous n’acceptez la contradiction, dommage.
    Je m’abstiendrai donc à présent  d’intervenir sur votre site, je viendrai quand même lire les articles afin d’essayer d’avoir une réponse à mon interrogation : pour qui roulez vous ????
    Le GIEC……peut être que l’avenir nous le dévoilera.
    Mes propos ne retirent en rien mes appréciations sur votre travail, dans la rédaction de votre livre, encore bravo pour le fond de votre livre et la forme originale et très agréable à la lecture.
    Bonne journée.


  11. José Le 30 janvier 2012 à 20h46
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    “Va-t-on sérieusement agir de la même façon, ou allons-nous collectivement apprendre à tirer des leçons de nos erreurs passées ?”Hegel a dit quelque chose comme “La seule leçon que nous ayons retenue de l’Histoire, c’est que nous ne retenons jamais les leçons de l’Histoire” 


  12. Claessens V Le 12 juin 2012 à 10h52
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    Bonjour,
    J’ai fortement apprécié vos billets. J’ai vu TOUTES les conférences de votre “pote” (dans le sens SYMPATHIQUE) Jancovici sur Internet.
    Et vous savez comment peut-on TOUT résumer ? “Quod Jupiter vult perdere, caecit” (Ceux que Jupiter veut perdre, il les aveugle). C’est valable depuis 2000 ans et ce sera toujours valable.
    Encore bravo et merci.


  13. theuric Le 17 octobre 2012 à 05h25
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    Bon, si nous partons du principe qui est le vôtre que le réchauffement climatique que nous avons vécu jusqu’à présent est d’origine anthropique alors le mieux est d’imaginer de nouveaux concepts pour produire de l’énergie.
    Soit dit en passant je doute fortement que cette augmentation de la température globale de l’atmosphère de notre planète n’ai que cette cause là, mais bon, charbon, pétrole et dans une moindre mesure gaz, la production d’énergie par la chimie pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.
    Écartons les éoliennes telles qu’elles sont aujourd’hui, mortifères pour les oiseaux et les chiroptères, notre écologie ne supportera pas un accroissement de leur implantation.
    Les panneaux photo-voltaïques ne font pas mieux, leur fabrication, gourmande en énergie, nécessite des centrales soit à combustible fossile, soit nucléaires, il faut donc voir si le rapport énergétique des dits panneaux compense la dépense en ces énergies.
    Personne ne connait l’effet des centrales marée-motrice sur la dynamique maritime, tout comme personne ne connait l’effet des éoliennes sur les dynamiques atmosphériques, étant entendu que toute énergie prise ici pour être transformée n’existe plus dans cet “ici”.
    La magie n’existe pas (aucun effet ne peut-être sa propre cause) sinon ce serait remettre en cause l’existence de l’entropie et donc de l’irréversibilité voire de l’existence du temps ( parce que dans ce cas la cause et l’effet seraient simultanés), en cela je suis en accord avec le bouddhisme.
    Tout usage d’énergie (toujours potentiel) crée de l’entropie, sous une forme ou sous une autre, physique ou chimique, notre souci principal vient que la science, dans son extrême jeunesse, a des difficultés à définir avec précision et justesse dans quelle mesure l’utilisation de l’une d’entre elles risque ou pas de générer des effets délétères, et lesquelles.
    Petit rappel de l’échelle du temps humain:
    -2 à 3 million d’années, apparition du genre Homo;
    -120 000 à 150 000 ans, apparition d’Homo Sapiens Sapiens;
    -55 000 à 70 000 ans, sortie de l’Afrique et début d’expansion d’Homo Sapiens Sapiens sur tous les continents;
    -10 000 à 15 000 ans, début du néolithique;
    -invention de l’écriture il y a 5 300 ans environ;
    -la philosophie a, quand à elle, 2 700 ans à peu près;
    -le XV°, peut-être le XIV° siècle sut accoucher de la science;
    -la génération spontanée fut oubliée qu’après les démonstrations de Pasteur (1822 / 1895);
    -la dérive des continents ou la tectonique des plaques ne fut approuvée par une majorité de géologues qu’en 1967, soit près de soixante ans après qu’ Alfred Wegener en eut apporté les premiers éléments, cette théorie reste toujours en discutions;
    -la climatologie date de cette période;
    -la première découverte d’exoplanète n’a que 22 ans;
    -de toutes dernières recherches montrent que nos neurones subissent toutes des remaniement chromosomiques.
    La certitude, voilà l’un de nos ennemis intimes, la certitude qui sut engloutir bien des empires, et seul le doute peut réussir à la convaincre de se modérer, un tant soit peu, si peu.


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