Source : The Guardian, le 13/01/2016

Comme le démontre l’enquête du Guardian, les espoirs de refondation du Parti Travailliste par son leader Corbyn ont fait remonter les adhésions, le soutien est très important et le parti penche beaucoup plus nettement vers la gauche
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Jeremy Corbyn entouré de ses partisans lors de son arrivée à la conférence d’automne du Parti Travailliste à Brighton où il a prononcé son discours inaugural. Photograph: Ben Pruchnie/Getty Images

Les espoirs de Jeremy Corbyn de refonder le Parti Travailliste ont été confortés par un sondage détaillé auprès des adhérents de base du parti, interrogés par le Guardian. En effet, il montre que le leader reçoit un important soutien, qu’un basculement décisif vers la gauche est à l’œuvre et que les querelles entre les membres du parlement sont source de mécontentement.

Le Guardian a interviewé des secrétaires du Parti Travailliste, des présidents et d’autres détenteurs de postes à responsabilité dans plus de 100 des 632 circonscriptions d’Angleterre, d’Écosse et du Pays de Galles. À travers le pays, presque toutes les circonscriptions que nous avons contactées rapportent un doublement, voire un triplement ou un quadruplement des adhésions, et une résurrection des branches qui avaient été moribondes pendant des années et proches de la fermeture.

Les hausses spectaculaires enregistrées dans les villes et villages universitaires reflètent l’augmentation de l’intérêt parmi les jeunes, avec Bath qui remonte de 300 à 1 322 membres (911 membres encartés, 120 sympathisants affiliés et 291 sympathisants enregistrés) et Colchester, de 200-250 à presque 1000. Aucune de ces deux villes ne sont des bastions traditionnels du Parti Travailliste.

Les résultats de l’enquête sont corroborés par les chiffres nationaux du Parti Travailliste, transmis au Guardian en contradiction avec la tradition du parti, qui veut qu’il les garde secrets. L’adhésion a bondi de 201 293 en mai de l’année dernière, le jour précédant les élections, à 388 407 le 10 janvier.

Les chiffres d’adhésions au parti sont l’objet de controverses, avec l’ex-ministre de cabinet Peter Mandelson, un opposant à Corbyn, déclarant le mois dernier lors d’une réunion du Parti Travailliste à la Chambre des Lords que “30 000 anciens membres ont quitté le parti, de vrais membres, des dizaines de milliers”.

Mais les chiffres récemment publiés contredisent ses déclarations, démontrant un total de 13 860 départs depuis les élections générales, quelques-uns d’entre eux ayant démissionné alors que d’autres sont partis dans le cadre normal de la rotation des arrivées et des départs. L’augmentation des membres continue, avec un peu moins de 1 000 nouveaux arrivants depuis la veille de Noël.

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Jeremy Corbyn entouré de ses sympathisants arrivant pour connaître les résultats de l’élection du chef du Parti Travailliste à Londres. Photograph: Justin Tallis/AFP/Getty Images

L’enquête du Guardian, publiée après des mois de conflit interne au sein du parti des Parlementaires du Parti Travailliste (PLP) depuis la victoire de Corbyn, offre une opportunité pour que les voix des membres de base du parti se fassent entendre.

L’étude montre que :
-L’augmentation du nombre de membres est irrégulière à travers le pays. Contrairement aux fortes augmentations à Londres et ailleurs en Angleterre et au Pays de Galles, celles-ci ont été plus faibles en Écosse, ce qui est de mauvais augure pour les espoirs du parti lors des élections au parlement d’Écosse en mai.

-Les adhérents, malgré leur mécontentement face aux divisions publiques au sein du PLP, disent qu’ils ne rejettent pas les membres du Parlement. Mais certains reconnaissent que les propositions de modification des circonscriptions en 2018 pourraient conduire à un rejet de fait.

-Les adhérents qui avaient quitté le Parti Travailliste principalement pour protester contre la guerre en Irak en 2003 et qui reviennent ont un impact immédiat, en partie parce qu’ils sont familiers des règles de fonctionnement.

-Les nouveaux membres et ceux qui reviennent ont tendance à être majoritairement à l’aile gauche du parti. Il y a peu de cas de tentatives d’infiltration par des groupes d’extrême-gauche.

Les chiffres des membres du Parti Travailliste ont pendant longtemps été très variables. On a compté jusqu’à 407 000 membres quand Tony Blair est devenu Premier ministre en 1997, mais juste après la baisse a commencé au rythme de la désillusion grandissante au sein de l’aile gauche, puis ce fut la désertion massive lors de la guerre en Irak. En 2010, on comptait 185 000 membres.

L’analyse des derniers chiffres du Parti Travailliste montre deux sursauts l’an dernier, le premier répondant partiellement aux résultats des élections et à l’entrée de Corbyn dans la campagne pour l’investiture du parti, et le second se produisant quand il est devenu leader du parti.

Entre le 7 mai et le 11 septembre, 116 753 personnes ont rejoint le parti et 5 393 l’ont quitté dont 4 066 qui ont annulé le prélèvement de leur cotisation sans donner de motif et 1 327 qui ont démissionné. Entre le 12 septembre, date à laquelle Corbyn est devenu le chef et la veille de Noël, 87 158 personnes ont rejoint le parti et 8 567 l’ont quitté, dont 4 692 qui ont annulé le prélèvement de leur cotisation et 3 875 qui ont démissionné. (Le nombre des entrants et des sortants ne correspond pas exactement au nombre d’adhérents car le parti accorde un délai de six mois avant de supprimer l’adhésion.)

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“Corbyn-mania” : un selfie de Corbyn avec l’un de ses supporters lors de son arrivée à la conférence du Parti Travailliste à Brighton. Photograph: Luke Macgregor/Reuters

Le sondage du Guardian montre bien cela. Les responsables du parti dans les circonscriptions ont constaté trois sursauts l’an passé : le premier lors de la victoire des conservateurs en mai, la seconde lorsque Corbyn s’est engagé dans la course à l’investiture et une dernière quand il a gagné.

Dans les circonscriptions, on attribue cela principalement à un “effet Corbyn”. Garry Parvin, le secrétaire de la circonscription de High Peak déclare une augmentation de ses membres de 100 à 463 personnes, dont 259 qui sont arrivées après les élections de mai et 30 après septembre. “En majorité, oui, ils sont des soutiens de Corbyn,” a-t-il dit.

Lorsqu’on lui a demandé s’il était plus important de reconstruire le parti pour qu’il reflète les valeurs de gauche que de gagner en 2020 l’élection générale, Parvin a dit : “Franchement, oui. Il y a beaucoup de gens motivés par des raisons idéologiques qui pensent que nous perdrons de toute façon, alors nous pouvons aussi bien perdre sur le principe.”

Analysant ce point, Joanne Hepworth, secrétaire de la circonscription de Pontefract et Castleford dans le Yorkshire ouest, a déclaré : “Nous avons eu 360 nouveaux membres depuis l’élection. Nous en avons maintenant 610. Entre le 7 mai et le 12 août, nous avons eu 144 nouveaux membres. Le reste s’est inscrit depuis lors, surtout pendant la campagne pour la tête du parti.”

Ce point de vue n’est pas partagé par tous. Brynmor Hollywell, secrétaire du parti de la circonscription de Caerphilly, pays de Galles du sud, a déclaré : “Un grand nombre d’entre nous sont dérangés par Corbyn. C’est une personne formidable mais pas un premier ministre potentiel.”
Néanmoins dans l’ensemble le soutien de Corbyn par la base suggère qu’il gagnera éventuellement cette bataille avec le PLP, ou dans le cas d’une autre tentative de renversement.

Certaines circonscriptions se sont plaintes qu’aucun des nouveaux membres ne se soient présentés aux réunions, ou bien une seule fois, mais d’autres ont déclaré que les nouveaux membres étaient déjà engagés activement, et dans certaines circonscriptions on rapporte des dissensions entre les anciens membres habitués aux discussions encadrées et les nouveaux membres recherchant plus de piquant et de passion dans la politique.

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Corbyn salue après son discours inaugural le 12 septembre. Photograph: Stefan Wermuth/Reuters

Christina Watkins, secrétaire de circonscription pour Southampton et Romsey, indique : “Nous avons vu le retour d’un grand nombre d’anciens membres qui pensent que les réunions et les débats locaux devraient être menés de la même manière que dans les années 70 et 80. Plutôt que de se retrouver au pub ou d’aller boire un verre chez l’un ou l’autre, ils veulent se rassembler dans une salle municipale et s’appeler l’un l’autre ‘camarade’ et ‘Monsieur le Président'”.

“A un moment donné, il y aura conflit entre ces gens âgés et les plus jeunes : ceux qui voient cela comme un retour aux anciennes pratiques politiques et ceux qui le considèrent comme une nouvelle manière de faire de la politique.”

La création à la fin de l’année dernière du groupe Momentum (Mouvement), qui est ouvert aux membres du Parti Travailliste comme à ceux qui ne le sont pas, ne vise pas, selon les organisateurs, à disqualifier les membres du Parlement anti-Corbyn ou Blairistes mais à encadrer l’enthousiasme des jeunes.

Diana Paige, vice-présidente de la circonscription de Bath, explique : “Ils sont en majorité des supporters de Corbyn, certain d’entre eux d’enthousiastes supporters, qui ont adhéré spécifiquement pour lui. Ils étaient très bien préparés à travailler et ont amené leur expertise. Ils ont activement pris part aux tâches, sans se contenter de discuter. Beaucoup d’entre eux étaient partis durant les années Blair et la guerre d’Irak. Ce ne sont pas des personnes d’extrême-gauche. Ils ne ressemblent en rien aux radicaux des années 70 et 80.”

Le sondage montre peu d’intérêt au niveau des circonscriptions pour le non-renouvellement des candidatures des parlementaires siégeant déjà. Cependant les membres du parti reconnaissent que si le gouvernement met en place son plan de redécoupage des circonscriptions en 2018, réduisant le nombre de sièges à l’assemblée à 600, il y aura de fait des parlementaires qui ne pourront pas se représenter.

Questionné sur la possibilité de ne pas laisser certains parlementaires être candidat à leur propre succession, Damian Corfield, secrétaire du parti pour la circonscription de Dudley North constate : “Les gens en ont discuté, mais ce n’est pas une préoccupation majeure à la section locale.”

Des sections locales du parti ont rapporté la volonté des adhérents de pouvoir se prononcer sur des problématiques majeures, comme le vote par la Chambre des Communes le mois dernier concernant les bombardements en Syrie.

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Supporters fêtant l’élection de Corbyn peu après l’annonce de sa victoire aux primaires du Parti Travailliste. Photograph: Andy Hall for the Observer

Steve Wilson, le responsable de campagne d’Angela Smith, membre du Parlement pour les législatures de Penistone et de Stocksbridge dans le Sud Yorkshire – qui a voté en faveur des frappes aériennes – a déclaré : “Nous avons reçu quelques 14 emails/appels d’autres membres du Parlement critiquant fermement le vote d’Angela”.

David Plowman, le secrétaire de la circonscription du Sud Suffolk, a déclaré que le cas syrien était représentatif de l’impact des nouveaux membres. “Nous avons tenu un débat en ligne et 90% étaient contre les frappes aériennes, pour 10% de voix favorables. Avant l’arrivée des nouveaux membres, le ratio aurait été de 60% contre 40%. Il n’aurait pas été aussi tranché. Le peuple était fermement opposé aux frappes,” a dit Plowman.

Reportage et documentation par Jonathan Bucks, Charlie Brinkhurst-Cuff and Oliver Milne

Source : The Guardian, le 13/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

31 réponses à Comment Jeremy Corbyn a refondu le Parti Travailliste

Commentaires recommandés

Spectre Le 25 février 2016 à 02h37

La conversion des grands partis de gauche au néolibéralisme restera dans les annales comme leur plus grande forfaiture. Cette orientation libérale fut appliquée avec d’autant plus de férocité que, zèle du nouveau converti oblige, il s’agissait de donner des gages de soumission aux 1%.

La campagne de F. Hollande illustre à merveille cette duplicité essentielle. Aux sans-dents, dont il faut bien aller pêcher les voix : “Mon ennemi, c’est la finance”. Aux maîtres du monde, c’est-à-dire ses véritables employeurs : “I’m not dangerous”. Tout est résumé dans la séquence. Et dire que des millions de pigeons y crurent !

Le hic, c’est que le mirage ne dure qu’un temps ; les reniements constants démolissent à grande vitesse le capital confiance historique de ces partis. En Espagne, le PSOE est en chute libre. En Grèce, le PASOK s’est complètement effondré. En France, loin du renouveau anglais, le P“S” en est encore à la phase suicidaire. Avec la loi dite “El Khomri,” la phase terminale est imminente ; le gouvernement de droite va bientôt réussir l’exploit de mettre dans la rue des millions de personnes… dont la plupart avaient voté pour Hollande !

  1. Spectre Le 25 février 2016 à 02h37
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    La conversion des grands partis de gauche au néolibéralisme restera dans les annales comme leur plus grande forfaiture. Cette orientation libérale fut appliquée avec d’autant plus de férocité que, zèle du nouveau converti oblige, il s’agissait de donner des gages de soumission aux 1%.

    La campagne de F. Hollande illustre à merveille cette duplicité essentielle. Aux sans-dents, dont il faut bien aller pêcher les voix : “Mon ennemi, c’est la finance”. Aux maîtres du monde, c’est-à-dire ses véritables employeurs : “I’m not dangerous”. Tout est résumé dans la séquence. Et dire que des millions de pigeons y crurent !

    Le hic, c’est que le mirage ne dure qu’un temps ; les reniements constants démolissent à grande vitesse le capital confiance historique de ces partis. En Espagne, le PSOE est en chute libre. En Grèce, le PASOK s’est complètement effondré. En France, loin du renouveau anglais, le P“S” en est encore à la phase suicidaire. Avec la loi dite “El Khomri,” la phase terminale est imminente ; le gouvernement de droite va bientôt réussir l’exploit de mettre dans la rue des millions de personnes… dont la plupart avaient voté pour Hollande !


  2. Louis Robert Le 25 février 2016 à 03h18
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    Devant ces images (je sais, ce ne sont qu’images…) d’une belle et vigoureuse jeunesse en marche, voyant réapparaître Martine Aubry défilant avec ses copains/copines, sombre et amère d’avoir joué le jeu pour de si médiocres résultats … comment ne pas voir le terrible, misérable coup de vieux qu’ont pris cette gauche-scooter-MEDEF … et tous les autres de tous bords?!


  3. Henri Tanson Le 25 février 2016 à 08h16
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    Tiens, je réalise qu’il y a des pays qui prennent en compte le nombre d’adhérents des partis politiques…
    En France, c’est loin d’être le cas…

    Si on s’intéresse à un parti qui vient de voir trois (!…) de ses membres rejoindre le gouvernement, on hallucine : un parti qui vient de se scinder en deux mouvements et qui ne comptait avant qu’environ 4.000 adhérents… Ridicule.
    Le PS a perdu un nombre très important de ses adhérents… Et LR…
    À la réflexion, les chiffres que l’on peut connaître à ce sujet, sont soumis à caution puisqu’ils ne sont pas contrôlables…

    Dommage que l’Etat ne donne pas de subventions en rapport avec l’assise des partis dans la population en prenant en compte ce nombre qui devrait être officiel; j’aimerais beaucoup…
    Et on aurait quelques surprises.
    Je dis ça…


  4. Gribouille Le 25 février 2016 à 08h23
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    Quand on considère le succès de la pétition contre la loi ELKhomery sur la prochaine réforme du marché du travail, on a un premier indice de la mobilisation contre l’ultra-libéralisme en France (presque 500 000 signatures ce matin).

    Au passage, l’avez-vous signée ?
    link to change.org


    • Krystyna Hawrot Le 25 février 2016 à 11h25
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      J’ai signé et je trouve que cette pétition est une très bonne chose! Même si je ne fais absolument pas confiance de la fondatrice, ex directrice de cabinet de M. Valls… pour avoir cotoyé Madame de Haas dans le mouvement féministe français et connaissant son ambition dévorante et démesurée.

      L’article sur Jérémy Corbyn me laisse sur la faim: il n’y a rien sur son programme. Est ce que son programme c’est du néolibéralisme ou y a t-il quelque chose de nouveau?

      En ce qui concerne la destruction des partis, depuis 20 ans qu’on y assiste – et en Europe de l’est l’effondrement des sociolibéraux post communistes coupables de l’implémentation du néolibéralisme est encore plus flagrante… – je me demande si cela ne fait pas partie de la stratégie de destructions des Etats? Plus de partis, plus de structures sociales sur laquelle s’appuyer… et le peuple peut être reconstituer en bandes, en communautés, en entités qui ne font plus nation…


      • Renaud 2 Le 25 février 2016 à 12h18
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        Merci pour ces informations sur madame de Haas.
        Oui, l’article ne dit rien sur le fond, comme la quasi totalité des articles mainstream. Est-ce encore une manière de canaliser le mécontentement, comme Syriza ? A voir si comme Tsipras il se rend dans les locaux du FMI avant son élection…
        Je suis également d’accord sur la destruction des Etats, voulue par une oligarchie apatride. Par ailleurs, cette dernière s’attache également à détruire les structures familiales et à déchirer le tissu associatif.


      • Charles Le 25 février 2016 à 12h32
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        Sur le programme, pas grand chose en français, mais ai trouvé des pistes à partir de son “shadow cabinet”: link to wp.me


      • Jusdorange Le 25 février 2016 à 12h32
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        Le plus important est de savoir ce que va être la position de Corbyn concernant le référendum sur le Brexit.

        Or sur ce point il a dit qu’il soutiendrait le maintien dans l’UE. Il veut une autre Europe apparemment. Si l’homme est un alter-européiste, on connait déjà son programme : syrizer les Britanniques.

        Le reste est littérature.


        • Azza Le 25 février 2016 à 17h38
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          Oui, enfin, a la nuance pres que le UK ne fait aps partie de l’Eurozone…

          Ca change beaucoup de choses.


          • Jusdorange Le 25 février 2016 à 19h50
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            À azza,

            Oui effectivement, mais le problème lié à la souveraineté nationale est toujours valable. Le problème ne se pose pas au même degré que pour les membres de l’Euro, mais il est de même nature.

            Par ailleurs, si Corbyn est de gauche, il va bien falloir qu’il se pose la question du libre-échange. L’article 63 du TFUE s’applique également aux membres de l’UE qui n’ont pas l’Euro il me semble. Et comme on ne peut changer les traités du fait de l’article 48 du TUE…. Je ne vois pas comment on peut être contre le libre-échange transfrontalier et vouloir le maintien dans l’UE.

            Toutefois, vu que les Britanniques ont le libre-échange transfrontalier pratiquement “dans le sang”, je me demande si une campagne qui insisterait sur ce point pourrait avoir du succès là-bas. D’ailleurs le parti UKIP a plutôt l’air de se plaindre de la sur-régulation de Bruxelles. Comme quoi les peuples restent des ” oeufs durs” avec lesquelles il est difficile de faire une omelette.


        • jubaka Le 26 février 2016 à 08h26
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          Je n’ai rien lu de particulier sur son programme mais si vos idées vont plutôt à l’extrême gauche, à mon avis, son programme ne vous plaira pas.

          Corbyn fait parti de la gauche de son parti mais son son parti est lui très ancré dans le libéralisme.

          Même s’il y a encore beaucoup de déception, on sent un peu partout un début de prise de conscience des méfaits du libéralisme et du capitalisme financier.

          A voir si cela va bouger à gauche en France, pour le moment c’est plutôt la contestation d’extrême droite qui a le vent en poupe…


        • norbert Le 26 février 2016 à 16h57
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          @Jusdorange, Juste quelques precisions sur Corbyn, il y a des chances qu’il votera pour le brexit car il a dit que ce que Cameron a reussi a negocier n’est plus ou moins que du vent tout simplement pour calmer ses deputes et le party UKIP, mais on voit ici, c’est vraiment une guerre entre les deputes conservateurs pour le oui et le non.
          Donc dans le labour party, Corbyn joue l’intelligent et veut que le peuple s’appercoit vraiment des differences qui vont devenir des problemes entre deputes d’un meme party.
          Dans le labour party, les choses importantes comme le brexit, les armes nucleaires (trident) se font sous la democracy c’est a dire que le PLP (parlementaires du labour party) auront a voter sur ces sujets et la majorite gagnera.
          Dans les annees 80, Corbyn etait contre la GB dans l’UE.


    • cgrotex Le 25 février 2016 à 13h57
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      Non et perso je ne signerais pas ce texte . Par contre , je veux bien signer un texte demandant la démission du gouvernement et la dissolution de l’assemblé national !


  5. Imagine Le 25 février 2016 à 08h44
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    Aux derniers sondages pour la présidentielle 2017 4 à 7 points séparent Mélenchon de Hollande. C’est peu. Et ça s’agite au PS. Valls candidat de la droite?


  6. patrickluder Le 25 février 2016 à 09h15
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    Un partis qui pourrait prendre de l’ampleur est un partis sans leader, un partis dont les membres auraient la possibilité d’amener des sujets, de les débattre et de prendre des décisions “applicables”, mais un tel partis n’est pas possible car un partis n’a aucun pouvoir, si ce n’est de parachuter un représentant dans un système conçu pour ne pas tenir compte de voix “discordantes” …


    • HELLEBORA Le 25 février 2016 à 19h38
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      @patrickluder
      Henry David Thoreau : « J’accepte de tout cœur la devise suivante : “le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins” et j’aimerais la voir suivie d’effet plus rapidement et plus systématiquement. Exécutée, elle se résume à ceci, que je crois aussi : “Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout” ; et quand les hommes y seront prêts, tel sera le genre de gouvernement qu’ils auront. » Personnellement, je doute que les hommes en soient jamais capables malheureusement…


  7. Alae Le 25 février 2016 à 10h03
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    Je me demande pourquoi ils sont si surpris. Les gens de gauche sont généralement de gauche, c’est pourquoi logiquement, ils vont dans des partis de gauche. En revanche, transformer le Labour en aile progressiste du capitalisme néolibéral et appeler ça de “la gauche”, c’était se fiche du monde. Il y a un degré d’orwellisme au delà duquel ça ne prend plus.

    Parti “socialiste” français, prends ça dans les dents !


  8. GUS Le 25 février 2016 à 10h43
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    Je me demande ce que vont donner les élections de 2017…
    Logiquement, la droite l’emporte : PS grillé, évolution globale de l’opinion à droite de toute façon.
    Mais le clivage droite/gauche n’épuise pas l’analyse…
    ON sait que la droite française est très diverse. Je suis amusé de voir qu’on est parfois à front renversé. Une partie du personnel politique de la droite trouve quand même que le gvt y va fort sur la sécurité et le social.
    J’ai entendu Gaino critiquer vertement le projet El Kohmri. J’ai assisté récemment à un colloque parlementaire sur le sécurité où le responsable des questions de justice chez les Républicains s’inquiétait pour les libertés publiques.


  9. norbert Le 25 février 2016 à 12h06
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    La raison que Jeremy Corbyn est tres populaire surtout avec la jeunesse britannique est qu’il n’a aucune association avec les elites de droite comme de gauche.
    Pendant tres longtemps et toujours il est partisans de la paix, il a combatut et toujours contre le racisme, les inegalites dans le monde.


    • Anas Le 25 février 2016 à 16h53
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      Les relations entre les hommes politiques et l’oligarchie sont souvent occultes et indirectes. Le manque de discrétion de la classe politique n’est qu’un révélateur de la puissance de l’oligarchie qui n’estime plus nécessaire de dissimuler les ficelles avec lesquelles elle fait danser ses pantins. Corbyn n’est pas là uniquement par popularité, ce serait trop beau.

      On devrait s’intéresser un peu plus aux pourvoyeurs de fond de sa campagne.


      • norbert Le 26 février 2016 à 13h08
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        @Anas, Jeremy Corbyn est finance par les syndicats qui eux sont finances par les membres et partisants du labour party dans le contraire du party conservateur qui est subventionne par les lobbies, les hedge funds, les oligarchs qui se domicillisent a l’etranger pour ne pas payer leurs impots, les repas organises par le party pour recevoir des donations auquels que les riches et super riches y vont car ils veulent negocier leurs interets en echange d’une donation.
        Le labour party est plus transparent sur ses donations que le party conservateur.


  10. norbert Le 25 février 2016 à 12h06
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    Il a ete elu par une majorite de membres du party surtout beaucoup ont payes 3 livres pour avoir la chance de voter (bien sur il y a des votes d’interets surtout par le party des conservateurs qui pensent voter pour Jeremy c’est bien car il ne sera jamais premier ministre).
    La majorite parlementaire du party des travailleurs est plus proche de la droite est donc contre les propositions que Jeremy propose car ce qu’il propose est que le peuple ait le droit d’etre entendu et respecte.


  11. norbert Le 25 février 2016 à 12h07
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    Il y a toujours beaucoup de partisants de Tony Blair dans ce gouvernement de Jeremy et donc il faut un peu de temps pour que Jeremy s’en debarasse.
    D’ailleur un aspirant pour l’election de mayor of London (George Galloway, sort un film debut avril sur la verite de la guerre d’Irak ou Tony Blair a manti au peuple britannique pour epauler les americains)
    Cette annee 2016 surtout le deuxieme semestre sera tres revelateur pour tout le monde et surtout de la politique qui change vraiment en Grande Bretagne.


  12. norbert Le 25 février 2016 à 14h37
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    @danièle, cette reponse par le premier ministre n’a eu que 30 secondes de pouvoir apres s’etre apercus ainsi que tous les deputes conservateurs que ce que Cameron a dit c’est comme marquer un superbe but contre son camp.
    La reponse par Jeremy Corbyn a fait reagir toute la chambre parce qu’ il veut sauver la NHS alors que Cameron et ses copains font tout pour la privatisee.
    3 prochaines dates de greve de 48heurs sont programmees par les jeunes docteurs pour rejeter les contrats que (c)Hunt veut imposer malgres un desacord biensupporte par le peuple.


  13. norbert Le 25 février 2016 à 16h46
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    @pinaute, Pas si sure, le mois prochain Osborne va parler du budget, la ca va faire mal tres mal au plus agees car il va tondre les fonds de pensions de 4 milliars de livres.
    Je ne crois pas que les plus agees vont continuer a sourire et supporter les neo conservateurs.


  14. Charlie Bermude Le 25 février 2016 à 21h27
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    çà me fait plaisir ces photos , on ressent une vraie sympathie qui circule . C’est pas des sourires composés pour les médias , ni de la gestuelle codifiée .


  15. norbert Le 26 février 2016 à 13h59
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    @danièle, Je rajouterai que Nye Bevan (gallois) avait dit que le party conservateur n’etait qu’une vermine.
    A l’epoque Nye n’avait aucune sympathie pour le party des conservateurs qui s’est transforme en neo-conservateurs


  16. norbert Le 26 février 2016 à 16h58
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    @
    Jusdorange

    Sa politique a beaucoup de points et resonne beaucoup dans les oreilles des gens surtout de la jeune generation car il veut arrete l’austerite, remettre des droits que les conservateurs ont abolis comme une taxe sur les chambres en plus (dans les maison louees par la municipalite, les gens qui possedent des chambres en trop par rapport du nombre de personnes dans l’habitation ils sont taxes) la plupart de ces personnes qui possedent une ou deux chambres extra sont souvent des personnes handicappees, des personnes au chomage, ou tout simplement qu’il y a un tres fort manque d’habitation surtout pour une personne cette attitude des conservateurs a indirectement amener a des suicides.
    Corbyn est contre la privatisation du NHS (service de sante publique)
    Corbyn veut renverser certaines infrastructures qui sont passees au privee comme les chemins de fer, la poste qui ont ete vendu pour une bouche de pain.
    Son programme est bien different du new labour de Toni Blair et de Gordon Brown.


  17. norbert Le 26 février 2016 à 17h00
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    @Jusdorange

    Il propose un programme bien different de Cameron et tres proche de la gauche des annees70-80.
    Il veut casser la separation des banques et quelle pretent aux petites et moyennes entreprises.
    Il veut emprunter pour developper dans l’immobilier a loyer modere.
    Il veut diminuer les inegalites dans les salaire.
    Il veut abondonner le nucleaire et redirectionner les milliards dans le developement des ecoles, hopitaux, routes pour creer des emplois et donc relancer l’economie par un salaire non pas minimum mais raisonnable du cout de la vie d’aujourd’hui.
    Je crois que j’ai assez mis ici pour vous donner une idee, mais je suis sure que dans l’avenir j’en rajouterais car le deuxieme semestre apportera beaucoup de changement en GB, avec les diverces elections qui se profilent.


  18. Silk Le 27 février 2016 à 00h02
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    Avec près de 190 000 adhésions en quelques mois, ça devrait laisser rêveur et faire baver tout nos partis politiques.
    Chez nous cela fait un moment qu’on ne parle plus du nombre d’adhérents .
    Une raison : ce nombre est tellement faible que cela démontrerait que les partis de gouvernement ne représentent rien en adhérents directs. Ils s’en sortent (très mal) grâce au sympathisants, les indécis, la non prise en compte de l’abstention et au spectacle des élections (qui comprend la promotion du vote pour faire barrage aux extrêmes).
    Finalement très peu de votes pour adhésion au projet présenté.

    Concernant la “facture” entre les générations, elle sera comblée naturellement.
    Mon expérience personnelle étant que les “vieux” sont enchantés de voir des “jeunes” arriver dans la vie politique et/ou syndicale mais sont aussi perturbés par une “impétuosité” et aussi parfois une certaine forme un peu brouillon (trop discuter sans arriver à formuler des propositions concrètes par exemple comme évoqué dans l’article).
    Mais les jeunes se rendent aussi rapidement compte de l’expérience de leurs aînés et ce qu’elle apporte en efficacité.
    Cela débouchant inevitablement sur des échanges experience-motivation bénéfique pour les deux générations s’enrichissant mutuellement.

    C’est ce qu’on appelle un renouveau et c’est ce qui fait peur à ceux qui sont en poste de pouvoir sans être d’accord sur le fond.
    Ceux qui sont d’accord sur le fond se feront un plaisir de transmettre leur expérience à une nouvelle génération.


  19. Renaud Le 27 février 2016 à 13h40
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    Nous vivons l’ “accomplissement” du projet historique de la — société Fabienne —.
    La société Fabienne est à l’origine du parti travailliste britannique désormais planétarisé. D’abord en se répandant dans le Commonwealth, puis, mondialisation aidant, à peu près partout dans le monde. D’innombrables institutions, mouvements politiques et économiques, universités “prestigieuses”, grandes écoles, fondations, etc., ne portent pas le nom de -société Fabienne- mais en sont des reproductions fidèles qui, par l’enseignement, en diffusent l’essence depuis des générations formant les cadres et dirigeants dans le monde ainsi à peu près tous formatés au même moule…
    Je rappelle brièvement ci-après l’ “essence” du projet fabien, car en France on a perdu la lucidité.
    Parmi les fondateurs, il y avait la fille de Karl Marx, Éléonore Marx.

    La “révolution” dans la rue risque toujours de dégénérer et d’échapper aux principaux ’intéressés’. Il faut donc prendre les devants et former des personnels capables de récupérer l’essentiel des réactions sociales —quelles qu’elles soient— .

    En pratique, il s’agit d’édifier le socialisme avec les moyens du capitalisme. Nous voyons que nous sommes en plein dans cette politique fabienne. Le centralisme capitalistique mondialisé et déterminant les activités humaines nous donne un exemple patent de – socialisme – formés par la – puissance capitaliste -.
    L’actualité parle d’elle-même.


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