Source : Nicolas Bonnal, 29.09.2016

1027974845

Depuis quand, et pourquoi, sommes-nous ainsi soumis aux américains ? Voyons un maître pour comprendre la situation.

Contrairement à ses disciples archéo-crétins ou néocons, Léon Trotsky est souvent irréprochable sur le terrain de l’analyse: voyez ce qu’il dit de Léon Blum dans son journal! Sur l’actuelle soumission de l’Europe, on peut lire ces lignes prononcées en juillet 1924:

« Le capital américain commande maintenant aux diplomates. Il se prépare à commander également aux banques et aux trusts européens, à toute la bourgeoisie européenne. C’est ce à quoi il tend. Il assignera aux financiers et aux industriels européens des secteurs déterminés du marché. Il réglera leur activité. En un mot, il veut réduire l’Europe capitaliste à la portion congrue… »

Trotsky confirme une balkanisation de l’Europe voulue par les USA :

« Déjà, dans les thèses pour le 3e congrès de l’I. C., nous écrivions que l’Europe est balkanisée. Cette balkanisation se poursuit maintenant. »

L’Europe n’est plus l’Europe depuis Versailles en 1919. Et contrairement au général De Gaulle qui pensait que la Russie trahissait sa race, Trotsky comprend que c’est l’Amérique des banquiers humanitaires qui trahira sa race :

« Dès qu’elle sera en guerre avec l’Angleterre, l’Amérique fera appel aux centaines de millions d’Hindous et les invitera à se soulever pour défendre leurs droits nationaux intangibles. Elle agira de même à l’égard de l’Égypte, de l’Irlande, etc. De même que, pour pressurer l’Europe, elle s’affuble maintenant du manteau du pacifisme, elle interviendra, lors de sa guerre avec l’Angleterre, comme la grande libératrice des peuples coloniaux. »

C’est la destruction des empires coloniaux expliquée par Roosevelt à de Gaulle pendant la guerre. Puis on produit les guerres du Vietnam, de Libye, de Syrie ou du Kosovo.Trotsky comprend aussi que chaque invocation religieuse à l’abaissement des tarifs douaniers sert un mot d’ordre plus obscur :

« L’histoire favorise le capital américain: pour chaque brigandage, elle lui sert un mot d’ordre d’émancipation. En Europe, les États-Unis demandent l’application de la politique des “portes ouvertes”… Mais, par suite des conditions spéciales où se trouvent les États-Unis, leur politique revêt une apparence de pacifisme, parfois même de facteur d’émancipation. »

John Hobson, socialiste britannique cité par Vladimir Lénine, indique lui en 1902 que le meilleur alibi de l’impérialisme est l’humanitarisme. Ah, les révolutions orange! Organiser un coup d’Etat au nom des ONG et des idées démocrates! Et mettre ensuite aux pas les opposants, et en prison les Lula! Bombarder par amour!

Trotsky affirme que le meilleur allié des Etasuniens dans cette infecte inféodation des Européens n’est jamais la droite, quelque couards et stupides que puissent être ses politiciens! Non, le meilleur allié du ploutocrate américain, c’est la gauche, c’est la social-démocratie. Et c’est Le Révolutionnaire du siècle passé qui l’écrit :

« Pendant ce temps, l’Amérique édifie son plan et se prépare à mettre tout le monde à la portion congrue… La social-démocratie est chargée de préparer cette nouvelle situation, c’est-à-dire d’aider politiquement le capital américain à rationner l’Europe. Que fait en ce moment la social-démocratie allemande et française, que font les socialistes de toute l’Europe ? Ils s’éduquent et s’efforcent d’éduquer les masses ouvrières dans la religion de l’américanisme; autrement dit, ils font de l’américanisme, du rôle du capital américain en Europe, une nouvelle religion politique. »

Nous sommes toujours en plein rationnement et en pleine religiosité étasunienne grâce à Goldman-Barroso et au PS. Et Trotsky ponctue, avec ce bel élan lucide qui faisait bouger des masses populaires depuis bien anesthésiées :

« En d’autres termes, la social-démocratie européenne devient actuellement l’agence politique du capital américain. Est-ce là un fait inattendu? Non, car la social-démocratie, qui était l’agence de la bourgeoisie, devait fatalement, dans sa dégénérescence politique, devenir l’agence de la bourgeoisie la plus forte, la plus puissante, de la bourgeoisie de toutes les bourgeoisies, c’est-à-dire de la bourgeoisie américaine. »

43% des milliardaires mondiaux sont américains en 2015. Avec 50% de la capitalisation mondiale (pour 14% du PNB!), Wall Street mène le bal à sa guise, aussi bien à Paris qu’à Berlin ou à Sao Paulo.

Enfin sur la culture de la dette, je trouve ces lignes amusantes :

« La politique européenne de l’Amérique est entièrement établie sur le principe de la dette. Allemagne, paye à la France; Italie, paye à l’Angleterre; France, paye à l’Angleterre; et tout le monde, payez-moi!Voilà ce que dit l’Amérique. Cette hiérarchie des dettes est une des bases du pacifisme américain. »

__________________________________

Bibliographie Léon Trotsky- Discours sur les perspectives de l’évolution mondiale (sur Marxists. Org) John Hobson — Imperialism, a study (sur Marxists.org)

Source : Nicolas Bonnal, 29.09.2016

Voir aussi :

---

46 réponses à Comment Trotsky explique la soumission européenne aux USA

Commentaires recommandés

Fritz Le 22 janvier 2017 à 01h08

Texte merveilleux d’actualité. A jeter à la face des sociaux-traîtres, comme ceux de la primaire des bouffons, ce dimanche. Cette gauche-là est l’idiote utile du capitalisme et de l’atlantisme.
Merci, Lev Davidovitch.

  1. Fritz Le 22 janvier 2017 à 01h08
    Afficher/Masquer

    Texte merveilleux d’actualité. A jeter à la face des sociaux-traîtres, comme ceux de la primaire des bouffons, ce dimanche. Cette gauche-là est l’idiote utile du capitalisme et de l’atlantisme.
    Merci, Lev Davidovitch.


    • BEOTIEN Le 24 janvier 2017 à 05h28
      Afficher/Masquer

      Texte qui serait en cohérence avec le réel si la balkanisation de l’Europe était constatable en lieu et place de tout ce que les USA ont fait pour constituer l’union EUROPÉENNE.


      • rouille Le 25 janvier 2017 à 23h18
        Afficher/Masquer

        Là où l’UE est balèze, c’est d’avoir perméabilisé les frontières pour la transhumance du capitalisme débridé mais elle a conservé les tamis en ce qui concerne les avantages sociaux et la défense du travailleur pour éviter la contamination des plus protégés vers les nations les plus démunies.

        Si tu possède un BTS en Belgique, tu ne peux même pas le faire valoir pour être exempté des matières générales afin de te présenter à un BEP en France. Le mécanisme de la reconnaissance des diplômes au niveau européen n’a même pas été entamé après toutes ces années de gabegie.

        Alors on s’aperçoit que la construction de l’UE n’était que l’enchaînement de toutes ces nations pour les rendre totalement vulnérables. Essayez donc mon cher Béotien de vous battre avec les mains attachées dans le dos.


  2. kesse Le 22 janvier 2017 à 01h08
    Afficher/Masquer

    Le constat est fait. On ne vit pas dans un monde de bisounours. Des classes dominantes s’affrontent pour maintenir et elargir leur pouvoir. Ces classes dominantes sont largement “mondialisees” dans le sens ou elles ont la capacite d’echapper aux entraves que represente pour elle les contextes nationaux.

    C’est tout l’espoir qu’il est possible de placer dans la presidence Trump … Bas les masques … destruction de l’oligarchie mediatique et promotion de l’entite nationale comme seul capable d’etre le lieu de defense des interets d’une population. Cela dans un contexte de bouleversements politiques en Europe. Forcement, les mecs sont pas contents et ca va ruer dans les brancards.


    • DOZIER Le 22 janvier 2017 à 22h48
      Afficher/Masquer

      “C’est tout l’espoir qu’il est possible de placer dans la presidence Trump … Bas les masques … destruction de l’oligarchie mediatique et promotion de l’entite nationale comme seul capable d’etre le lieu de defense des interets d’une population.”

      Je ne suis pas sûr que les américains trouve en Trump l’homme qui leur redonnera un emploi, vu les bouleversements technologiques qui s’annoncent (voir la politique d’Amazon en matière d’emploi). Mais comme pour se faire élire il faut prononcer le discours que les gens (sans emploi) on en envie d’entendre.

      Pourquoi continuer à faire fabriquer des voitures en Chine, si l’on peut les faire fabriquer dans des usines automatisées sur le territoire américain pour moins cher et en s’évitant les frais de transport.

      A Davos, le Président Xi s’est fendu d’un beau discours, en fustigeant le protectionnisme, ce qui traduit un certain degré d’affolement dans les hautes sphères à Pékin.

      Les Russes eux, ont du gaz et du pétrole à en revendre, il est nettement plus difficile de leur claquer la porte au nez.

      So, make América great again, and business first.


  3. theuric Le 22 janvier 2017 à 01h13
    Afficher/Masquer

    L’œuvre est toujours plus grande que celui qui la crée!
    Ce n’est parce que l’idéologie qu’avait pu défendre Trotsky n’est plus valide aujourd’hui que ses réflexions n’ont pas de valeur, d’ailleurs tout ce qu’il a pu décrire se révèle valide, même si il a fallu près d’un siècle pour que nous en devenions conscient.
    Faites attention, @Crinck, de tout anachronisme, une tendance brouillant facilement le regard politique et géopolitique que nous posons sur le monde.


  4. Jacky Soulié Le 22 janvier 2017 à 02h58
    Afficher/Masquer

    L’article est intéressant mais l’auteur me semble assez ambigu. Son parcours est trouble entre ses responsabilités au sein du GUD et sa contribution à plusieurs sites plus ou moins proches de l’extrême droite “intelligente”, la vraie, celle issue de la Nouvelle Droite, d’Acropole et du Club de l’Horloge (sans compter ses thèses sur “le pouvoir démiurgique du réseau informatique créateur de mondes virtuels – qu’il compare à celui du Grand Architecte de l’Univers –, une « technoglose » ouvrant sur une nouvelle voie initiatique” et autres gloubi-boulgas pseudo spirituels)…
    Le message est plus important que le messager, certes mais il y a des limites !

    Pour le moins, cela mériterait une présentation de l’auteur.
    Je publie donc le lien de sa fiche Wikipédia.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bonnal_(%C3%A9crivain)


    • FracoisG Le 22 janvier 2017 à 03h58
      Afficher/Masquer

      Vous faites la bonne démarche. Exactement ce qu’il faudrait faire pour tous les “spécialistes” payés par le système qui viennent sur nos médias défendre le système en place.
      Sans qu’on ne voit, en face, des contradicteurs non financés par le système. C’est beau la belle pensée unique du bien universel.


    • Alfred Le 22 janvier 2017 à 09h17
      Afficher/Masquer

      Il me semble que cette démarche a ses limites. Non seulement comme vous le dites le message est plus important que le messager mais surtout pour chacun:
      1) Si le parcours donne des pistes il ne présage en rien des allégeances présentes qui seules tordent et polluent le discours. Un ex coco ou ex facho ça ne veut rien dire. C’est présentement atlantiste europeiste ou l’inverse. Compter trop sur le passé c’est aussi s’exposer à des déceptions lorsque l.objet de votre fidélité change (comme ici).
      2) La logique, les connaissances globales et la maîtrise de la langue suffisent amplement à valider ou disqualifier un discours comme le montrent les commentaires ici.
      Donc à mon avis les premières questions sont plutôt : pense t il ce qu’il dit (dans de nombreux textes l’auteur ment)? Les faits sont ils vrais? Ensuite suis je d’accord ?
      Ce type fur il un ex gudard a l’air de penser ce qu’il écrit. La description de la soumission me paraît bien conforme à ce que je perçoit.


    • Lysbeth Levy Le 22 janvier 2017 à 09h24
      Afficher/Masquer

      Surtout si ça émane de l’amie de Caroline Fourest, méfiez vous de ce que Wikipédia écrit sur un supposé “méchant” ils ont vite fait de vous construire un CV ..Il a peut-être été au Gud dans sa jeunesse, mais nombreux sont les hommes politiques au pouvoir à l’avoir été sans que personne ne le relève. Famietta Venner fait dans l’essentialisation, l’amalgame et le mensonge. Pas étonnant surtout si les journalistes sont proche des médias russes. Tuer le messager non le message voilà la méthode.


    • Francois Marquet Le 22 janvier 2017 à 09h47
      Afficher/Masquer

      Oui, mais Trotky cité par Bonnal reste du Trotsky, même si on peut prendre le messager avec des pincettes.Et c’est souvent par des voix non consensuelles que certaines infos sortent ou certaines vérités son dites.Il faut vérifier les sources bien sûr mais par principe, et comme vous l’avez dit, le message prime sur le messager. Par exemple je préfère une vérité dite par Bachar El Assad qu’un mensonge de Laurent Fabius.


      • Crapaud Rouge Le 22 janvier 2017 à 10h33
        Afficher/Masquer

        “Oui, mais Trotky cité par Bonnal reste du Trotsky” : justement non, pas à mon avis. Je dirais plutôt que Trotsky cité par Bonnal ce n’est que du Bonnal. Dans ce texte comme en d’autres, (fréquemment publiés par De Defensa), Bonnal ne fait que picorer quelques citations sans livrer une véritable analyse, sans produire de raisonnement. Le titre annonce des “explications”, mais l’on ne trouve qu’un chapelet de conclusions. Et puis, Trotsky aurait-il utilisé (sans guillemets) la locution “trahir sa race” ? (Elle sort de nos banlieues, non ?) Finalement, l’on ne trouve dans ce texte que la dénonciation de la social-démocratie qui a fait le jeu du capitalisme américain sous couvert d’émancipation : alors, à bas l’émancipation ?


        • albert Le 22 janvier 2017 à 10h56
          Afficher/Masquer

          Merci pour votre commentaire.
          Pourquoi la forme agressive voire injurieuse (trahir sa race, social traite) est si souvent tolérée quand elle est au service de cette idéologie


        • silk Le 22 janvier 2017 à 11h14
          Afficher/Masquer

          En effet, cette expression “trahir[a] sa race” m’a fait relire le texte attentivement :
          En fait si on regarde attentivement il faut voir exactement où sont les citations afin séparer Trotsky et Lénine de la prose de l’auteur.
          Sommes toutes il y a peu de citations auxquelles il fait dire ce qu’il veut mais sans réelle analyse.


    • Fritz Le 22 janvier 2017 à 11h07
      Afficher/Masquer

      Prendre le messager avec des pincettes ? Nicolas Bonnal, combien de morts ?
      En raisonnant ainsi, c’est l’auteur qu’il faudrait prendre avec des pincettes…
      Rappelez-vous Kronstadt…

      Quant aux notices Wikipédia, certaines sont blindées par des militants de Conspiracy Watch !


      • silk Le 22 janvier 2017 à 11h29
        Afficher/Masquer

        Cette notice ne dit pas grand chose sur le sujet en question.
        Il semble en effet que Bonal ait été au GUD dans sa jeunesse. Le 2eme point est sa collaboration à bdVoltaire, site créé par Robert Ménard et clairement soutien du FN.
        Pour vérifier un tour sur le site en question :
        http://www.bvoltaire.fr/auteur/nicolasbonnal
        Ben si, il a même écrit de très nombreux articles en 2015 (parfois plusieurs par semaine) mais semble ne presque plus écrire depuis 2016 : 1 seul article en août (c’était ses bonnes résolutions de fin 2015 ?).
        Un de ses titre “la catastrophe italienne expliquée aux bons Français” ou ceux soutenant le FN ne laisse aucune place au doute sur son soutien à ce parti à cette époque.

        Est-ce que cela suffit à l’interdire ? Doit-on toujours s’arrêter au messager sans lire le message ?
        Sur le sujet de l’article publié, legrandsoir appliquerait le principe “article irréprochable, auteur inconnu (de la rédaction) avant publication = maintien de la publication”


        • Lysbeth Levy Le 22 janvier 2017 à 12h51
          Afficher/Masquer

          Je crois que c’est un peu facile car si ce Mr Bonnal est interdit partout a cause de ce qu’il dit de “vrai ” on se sert de son “passé” (ad hominem) pour le “bannir” des médias maintream, ensuite on fait semblant de déplorer qu’il pige là ou “on ne le juge pas” dans des “médias de droite extrême” ou même “d’extrême gauche, n’ayant plus vraiment le choix doit il rester “sans emploi” pour leur faire plaisir ?. Ne pas oublier que ceux qui ont osé dire la vérité quelque soient leur “passé” droite extrême ou “gauche extrême” ils sont traités de la même façon .René Balme a été trainé dans la boue et E. Chouard est quasiment un “pro-hitler” Melenchon est pro-dicateur, des élus sont insultés alors qu’ils dénoncent des crimes contre l’Humanité/ Il y en a assez de ces méthodes staliennnes doublées de maccarthysme..! Voyez vous le piège ??


        • Jacky Soulié Le 22 janvier 2017 à 15h37
          Afficher/Masquer

          Vous constaterez que dans mon message je n’ai pas parlé de l’interdire, juste de le présenter histoire de savoir “d’où il parle” et contextualiser l’article. C’est quand-même le B.A.BA de la pensée critique.


          • silk Le 23 janvier 2017 à 01h11
            Afficher/Masquer

            Oui, c’était la phrase :
            “Le message est plus important que le messager, certes mais il y a des limites !”
            Qui laissait entendre que pour vous la limite était atteinte avec ce messager.

            Pour tout dire je n’aime pas ce type d’auteur, et comme cet article était inintéressant et n’amenait strictement rien de plus au site les-crises, je pense qu’on aurait pu ce passer de donner à lire la prose de cet auteur.
            Mais la question se pose : doit-on l’interdire ?
            Nous sommes d’accord, surtout à la lecture du texte, la réponse est non.
            Vous dites que la moindre des choses aurait été de mettre une notice Wikipedia.
            Déjà je ne pense pas qu’Olivier (vu qu’on se sait pas si c’est un comité de publication ou juste Olivier seul qui décide de la publication) prenne le temps de vérifier pour chaque auteur la notice Wikipedia.
            De plus certaines notices sont biaisées et dénigrantes. Il faudrait donc faire des recherches à chaque fois. Mettre une notice c’est déjà faire une ATTENTION sur l’article.
            Le mieux est de ne pas publier dans ce cas. Mais dans le cas présent l’article, même inintéressant reste irréprochable.


  5. Renard Le 22 janvier 2017 à 05h52
    Afficher/Masquer

    Pour abonder dans le sens de l’analyse, j’aimerais évoquer les exposés de H.Guillemin qui nous expose à travers l’histoire de la France, les multiples trahisons des partis de la fausse gauche.

    Car il y a toujours eu une fausse gauche ! L’histoire est rempli de ces politiciens véreux faux humanistes et vrais hommes d’affaires. Depuis la révolution de 1789 et les membres de “la plaine”, situés entre les montagnards et les girondins, en passant par les républicains de 1871 puis par la SFIO, qui vota à l’unanimité les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, pour en arriver à Hollande, ils ont toujours existé.

    Il a toujours existé un décalage entre ce que le gouvernement fait et ce que le peuple croît qu’il fait. Décalage exploitable et exploité par le centre gauche pour impulser des réformes libérales en endormant les syndicats et les travailleurs, voir mitterand en 83 et Hollande aujourd’hui. Ce sont bien eux les meilleurs capitalistes.


    • Amsterdammer Le 22 janvier 2017 à 15h02
      Afficher/Masquer

      “puis par la SFIO, qui vota à l’unanimité les pleins pouvoirs à Pétain”

      Ça, c’est complètement faux.

      Sur les 80 députés qui ont voté contre les pleins pouvoirs, 36 étaient de la SFIO. Alors certes, 90 autres ont voté pour, mais de là à parler d’unanimité… En fait, le vote des Radicaux, lui, se rapprochait beaucoup plus d’une unanimité. Et ne parlons pas de la droite parlementaire de l’époque.

      De même, il est faux de dire que c’est la Chambre du Front Populaire qui a voté les pleins pouvoirs au Philou.

      – d’abord, 237 députés et sénateurs n’ont pas pris part au vote : (outre quelques morts au combat et autres empêchés par les combats) les élus communistes, et les parlementaires embarqués sur le Massilia : autrement dit, quasi-exclusivement des députés de gauche.

      – ensuite, c’était le vote commun de la Chambre et du Sénat, dans lequel dernier le Front Pop était très minoritaire. Pour mémoire, un seul sénateur avait embarqué sur le Massilia..


    • openmind Le 22 janvier 2017 à 16h53
      Afficher/Masquer

      Trotski, la vraie gauche révolutionnaire? Pourquoi avoir exterminé alors les vrais insurrectionnels anticapitalistes de Tembov?

      Si la réponse est non, pour qui roulait-il donc?

      Guillemin ou Marx aussi, explique bien que tous (Trotski inclus) sont des capitalistes car pour eux la remise en cause de l’Etat est impossible, et par essence, l’Etat est une émanation des sociétés capitalistes…pas d’Etat en Afrique, Amérique, avant que l’occidental avide par aliénation capitaliste n’y mette les pieds…


      • Jacky Soulié Le 22 janvier 2017 à 17h18
        Afficher/Masquer

        L’état n’est pas né avec le capitalisme, à moins de considérer que la Rome Antique, la Chine ou le Japon des empires dynastiques ainsi que la France de Louis XIV étaient des sociétés capitalistes.
        Il est convenu de considérer que le capitalisme est apparu avec la Révolution Industrielle mais l’état n’est pas né avec, il a juste changé de forme et d’organisation, plus adaptées au nouveau paradigme socio-économique.
        En ce qui concerne les sociétés d’Afrique ou d’Amérique, il s’agissait de sociétés tribales ou féodales qui ne sont pas capitalistes mais qui ne sont pas, non plus, le paradis rousseauiste que l’on fantasme trop souvent.


        • openmind Le 22 janvier 2017 à 18h00
          Afficher/Masquer

          SI vous écoutez F.Cousin, le capitalisme en mouvement est apparu au néolithique avec le début des sociétés d’échange contre les communautés de l’Etre. Donc oui, le capitalisme existait déjà et le Christ l’a bien identifié dans toute son horreur et sa lutte radical contre les pharisiens en chassant les marchands du temple en fait le seul révolutionnaire à mes yeux


          • Subotai Le 23 janvier 2017 à 03h00
            Afficher/Masquer

            Vous confondez société marchande et capitalisme.


  6. Horzabky Le 22 janvier 2017 à 06h42
    Afficher/Masquer

    Trotsky a écrit :
    “Dès qu’elle sera en guerre avec l’Angleterre, l’Amérique fera appel aux centaines de millions d’Hindous et les invitera à se soulever pour défendre leurs droits nationaux intangibles.”

    La Seconde Guerre Mondiale a eu, parmi diverses conséquences, l’indépendance de l’Inde (1948) et l’écroulement de l’empire colonial britannique.

    Cette guerre a aussi ruiné le Royaume-Uni, puisque avant d’intervenir en Europe les Américains ont d’abord attendu que l’or britannique ait été transféré dans leurs coffres en paiement d’armes etc.

    Encore aujourd’hui, il y a des bases militaires américaines au Royaume-Uni, et les Britanniques n’ont pas accès à ces bases.

    Si l’on regarde les effets de la Seconde Guerre Mondiale, c’est exactement comme si le Royaume-Uni avait été vaincu par les États-Unis et restait occupé jusqu’à ce jour, après avoir dû verser son or au vainqueur et démanteler son empire colonial.


    • LBSSO Le 22 janvier 2017 à 12h14
      Afficher/Masquer

      “c’est exactement comme si le Royaume-Uni avait été vaincu par les États-Unis”

      Trotsky ,1926,donc avant WW II .
      “En quoi consiste le changement qui s’est accompli dans la situation intérieure et extérieure de la Grande-Bretagne ?

      L’énorme supériorité économique des Etats-Unis s’est développée et manifestée pleinement, intégralement, pendant la guerre. La sortie des États-Unis de leur phase de provincialisme transocéanien remisa du coup la Grande-Bretagne au second plan.

      La collaboration de l’Amérique avec la Grande-Bretagne est la forme, pour l’instant pacifique, sous laquelle se continue la retraite de plus en plus profonde de l’Angleterre devant l’Amérique”

      https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalang/ouvlan04.htm


    • Briska Le 22 janvier 2017 à 22h55
      Afficher/Masquer

      C’est la thèse il me semble, des révisionnistes anglo-saxons qui interprètent les relations américaines avec le continent européen en conflit sous un autre angle. Ils soulignent d’avantage la volonté américaine de briser l’ancien rival thalassocratique.


  7. LBSSO Le 22 janvier 2017 à 08h53
    Afficher/Masquer

    M Bonnal , Trotsky a également écrit en 1917:

    ” Les Etats-Unis d’Europe, sans monarchie, sans armée permanente et sans diplomatie secrète, voilà la clause la plus importante du pro­gramme de paix prolétarien.”

    [Insuffisances des “Etats-Unis d’ Allemagne” ]
    “Si le militarisme allemand réussissait à unir, par la violence, la moitié de l’Europe, quel serait le slogan du prolétariat européen ? L’éclatement de l’union européenne ligotée et le retour des peuples à l’isolement national ? Le rétablissement de douanes “autonomes”, de monnaies “nationales”, d’un code social “national” ? Evidemment, non.”

    “Mais la révolution européenne victorieuse, quelles qu’aient été ses péripéties dans les diverses nations (…) ne peut donner le pouvoir qu’au seul prolétariat. Par conséquent, les Etats-Unis d’Europe représentent, avant tout, la seule forme imaginable de la dictature du prolétariat européen.

    https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/05/lt19170500.htm


  8. François Lacoste Le 22 janvier 2017 à 08h54
    Afficher/Masquer

    En prolongement; Trotsky, la SFIO, Blum et les autres…(1935)
    https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/10/3points.htm


  9. Duracuir Le 22 janvier 2017 à 09h27
    Afficher/Masquer

    Je m’attendais à avoir un texte visionnaire de Trotsky, au lieu de quoi je me retrouve à lire les élucubrations de Nicolas Bonnal(!!!!!) illustrées par des tranches de trotsky sans vrai rapport avec le propos.
    Donc l’honnêteté aurait consisté à titrer “Bonnal s’essaye à s’illustrer par Trotsky”.
    Parce que c’est de ça dont il s’agit. Et ce n’est pas une réussite.


  10. jules valles Le 22 janvier 2017 à 10h37
    Afficher/Masquer

    On juge les gens, non sur ce qu’ils disent, mais sur ce qu’ils font.
    Le merveilleux Trotsky pourrait-il m’expliquer les raisons émancipatoires du massacre de Kronstadt ?


  11. Duracuir Le 22 janvier 2017 à 10h52
    Afficher/Masquer

    Pas la peine d’aller chercher Trotsky.
    Les bons vieux radicaux de la IIIe république d’avant 14, et Clemenceau plus encore que les autres, lui qui les connaissaient très bien,riaient bien de la tartuferie yankee en se frisant le bord de la moustache.
    Ils trouvaient quand même gonflé que ces culs-bénis fassent la morale aux puissances européennes sur le droit des peuples à disposer d’eux même et de l’immoralité du colonialisme au moment même où ils massacraient leurs derniers natifs, étaient la dernière puissance moderne à avoir pratiqué l’esclavage et surtout mettaient eux même sous tutelle coloniale Cuba, Saint Domingue, Haïti, Porto Rico ou les Philippines(près de 1 million de morts) , intervenaient militairement au Mexique pour placer le gouvernement qui leur convenait, et mettaient en coupe réglée l’Amerique du sud après en avoir viré biznessmen européen.
    C’est tous les USA ça.


  12. triari Le 22 janvier 2017 à 12h04
    Afficher/Masquer

    Lui qui est mort au Mexique, donc quasiment dans les bras des USA : je me demande s’il est bien placé pour parler de la soumission des autres à l’Amérique.


    • Fritz Le 22 janvier 2017 à 12h47
      Afficher/Masquer

      Le texte date de 1924. Trotski vivait alors en URSS, si loin des États-Unis.
      (Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis).

      Ne confondons pas Trotski, quelques soient ses actes, avec les dérives des mouvements trotskistes, sans parler des sous-produits genre NPA.

      Et plutôt que de gloser sur la trouble personnalité de Nicolas Bonnal (Ciel ! Un confusionniste d’extrême droite ! Vite, un exorciste, appelons l’ami Rudy, ou encore dame Ornella), retenons ses citations de Lev Davidovitch. On peut même consulter le texte-source, le lien est donné ci-dessus.

      https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/europeameric/eur1.htm

      Deux idées s’imposent d’emblée :
      1) La domination du capital américain en Europe ne date pas d’après 1944, elle remonte à 1917.
      Philippe Grasset l’avait rappelé dans son livre, “Le monde malade de l’Amérique”.
      2) Cette domination américaine peut compter sur le soutien actif de la GNC (Gauche non communiste), et là encore, on n’a pas attendu les années 1944-1949.


  13. John V. Doe Le 22 janvier 2017 à 12h27
    Afficher/Masquer

    Il me semble noter l’adhésion de Nicolas Bonnal à la théorie du “grand remplacement” qu’il situe déjà en ’40: “La France se sent trahie : son patrimoine spirituel et culturel est nié ou profané ; sa population est remplacée” (!?) in https://fr.sputniknews.com/blogs/201701161029613003-France-USA-Allemagne/.

    Je noterais aussi ses nombreuses citations venant du mouvement Solidarité & Progrès, branche française de Lyndon LaRouche dans ses articles publiés sur Sputniknews https://fr.sputniknews.com/blogs/nicolas_bonnal/


    • Lysbeth Levy Le 22 janvier 2017 à 15h38
      Afficher/Masquer

      Ce n’est pas clairement dit, comme on l’entends des “tenants” (Zemmour, Finkie etc..) du “grand remplacement” qui devient de plus en plus populaire, mais vous oubliez les autres sources :
      “Revue Nouvelle solidarité — 28 juillet 2006, interview avec Annie Lacroix-Riz
      — Annie Lacroix-Riz, le Choix de la Défaite; de Munich à Vichy — Armand Colin
      — Bloch (Marc), l’Etrange défaite (uqac.ca)
      — De Gaulle, Mémoires, III, p. 81 (archive.org)
      Ce que vous dites sur Larouche est sans doute tiré de la “presse mainstream” qui le diabolise a cause des nombreuses informations “non alignées”. Pourquoi “Solidarité et Progrès” gène alors que j’ai vu des auteurs très différents citer des infos de Larouche qui a hélas rarement tort !


  14. Lydia Le 22 janvier 2017 à 19h44
    Afficher/Masquer

    Ou le fameux principe du:” Il faut que tout change pour que rien ne change “,avec pour dynamique de base,fais ce que je dis,Pas ce que je fais…


  15. Krystyna Hawrot Le 22 janvier 2017 à 21h22
    Afficher/Masquer

    En biographie vraiment historique de Trotski il y a celle de Pierre Broué, volumineuse, décrivant très bien l’Ukraine tsariste dont Trocki était l’enfant, Odessa le grand port ou il a commencé à militer.
    Vous pouvez lire Trotski par lui même dans son autobiographie fascinante “Ma vie”, édité en livre de poche dans les années 70… C’est vraiment super intéressant et bien plus proche de la réalité que les analyses post moderne de Soljenicyne.


    • Norbert Le 24 janvier 2017 à 21h44
      Afficher/Masquer

      La biographie d’Isaac Deutscher surpasse de très loin (selon moi) celle de Brouet .


  16. fanfan Le 23 janvier 2017 à 11h06
    Afficher/Masquer

    Les carnets de Nicolas Bonnal
    “Aventures de Trump dans les griffes du mandarin”   22/01/2017
    On a tous dit ouf. On évite au moins la guerre nihiliste des néocons et des harpies comme Hillary et Angela. On va peut-être vers une déconstruction de l’Europe post-nazie que l’on a construite depuis les années 80, et que mon ami John Laughland avait décrite sans sa Tainted Source http://www.dedefensa.org/article/aventures-de-trump-dans-les-griffes-du-mandarin


  17. christian gedeon Le 23 janvier 2017 à 11h17
    Afficher/Masquer

    OK,j’ai compris…rien contre Trotsky,sinon,la trappe…c’est la règle du jeu. Mais çà m’emmerde…parce que Trotsky était un mass murderer comme on dit…je le dis parceque je vais être modéré,juste pour le modérateur…l’esprit Pol Pot est toujours vivant,hein? probablement parce que vous n’avez jamais vu guerre et massacres…moi,si,oh combien.Bonne journée et bonne conscience trotskyste,donc!
    [Modération – Les commentaires sont censés traiter du sujet de l’article, relisez la charte. Le sujet de l’article n’est pas de savoir si Trotsky était un “mass murderer” (RIP la langue française, merci – je me permets ce petit excursus puisque votre commentaire m’est semble-t-il personnellement destiné, excursus qui n’engage que moi en tant que modérateur – et oui, vous avez raison, ça n’est pas non plus le sujet de l’article), ce qui est un tout autre débat, qui ne sera donc pas mis à l’honneur dans les commentaires, merci à tous.]


    • Christian gedeon Le 23 janvier 2017 à 18h50
      Afficher/Masquer

      Ok. Vous avez raison,en partie. Mais c est quand même bien de Trotsky et de sa “pensée qu’il s agit. Pour cette pensée elle meme,il est curieux de voir comment il évacue la responsabilité purement germanique dans tout ça . Parce que ce s ont bien les allemands qui remettront ça quelques années après,mettant l Europe a genoux,et permettant cette’ fois pour de bon l intrusion des US sur le sol européen,en masse et le création de cette chose qu est l UE. Bien à vous


  18. fanfan Le 23 janvier 2017 à 12h43
    Afficher/Masquer

    “D’après la confession de Boukharine, lors du procès public de 1938, un accord fut conclu entre l’opposition trotskiste et l’Allemagne nazie, dans lequel de grandes parties du territoire, comprenant l’Ukraine, seraient cédés à l’Allemagne nazie après le coup d’état contre-révolutionnaire. C’était le prix demandé par l’Allemagne nazie pour s’assurer son soutien au coup d’État. Boukharine fut informé de cet accord par Radek, après avoir reçu des directives de Trotski sur le sujet…” http://mariosousa.se/Lesmensongessurlunionsovietique.html


    • Jacky Soulié Le 23 janvier 2017 à 18h45
      Afficher/Masquer

      Les procès de Moscou ne sont pas restés dans l’histoire comme des modèles de justice impartiale et c’est un euphémisme…


    • Larousse Le 24 janvier 2017 à 19h35
      Afficher/Masquer

      Très intéressant ce lien, sur l’Histoire de l’URSS des années 30, mais je ne serai pas aussi affirmatif. Seulement vrai, c’est que j’ai entendu Nicolas Werth, une fois dans un colloque, affirmé lui-même qu’il avait été étonné en regardant nombre d’archives (provenant d’organes de la sécurité intérieure de ce pays) de la quantité non négligeable de faits consignés, précis et concrets de sabotages divers et malversations dans l’industrie, qu’il en déduisait une “résistance” de la société civile russe au système soviétique et aussi dans certaines régions une influence des “trotskystes” infiltrés ou présents dans le PCUS. Cela l’avait surpris et il ne pensait pas que l’on pouvait tout mettre sur le compte de la propagande stalinienne. Ces deux faits avaient bien été réels.
      Sur ce texte de Trotsky : d’accord avec Gedeon, il faudrait aussi mettre cela en lien avec ded études sur les Plans Dawes et Young pour le remboursement de la Dette d’après-guerre, les inepties de Clemenceau sur l’Allemagne – l’occupation violente de la Ruhr avec des répressions contre les ouvriers allemands…


Charte de modérations des commentaires