Encore un “bel article” à charge de Libération…

Un vrai concentré “d’intelligence journalistique”

Amitiés à Frédéric, indispensable

Source : Libération, Philippe Douroux, 29-02-2016,

Lordon

Le philosophe et économiste souverainiste Frédéric Lordon pratique le coup de poing idéologique et prône un «soulèvement» contre les tenants du système. De quelle nature ? Nous n’aurons pas la réponse, puisqu’il refuse tout débat, sauf quand l’exposition médiatique lui semble suffisante.

S’engueuler tout de suite, sans attendre, avant que l’envie d’écouter l’autre ne vous prenne. A quoi bon écouter, à quoi bon discuter quand on sait que l’on a raison. Frédéric Lordon a raison et il pratique, très logiquement, le coup de poing idéologique, une forme de close-combat intellectuel dont le but est de rendre l’adversaire incapable de répliquer. Professeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), polémiste vivifiant, il a le physique de son discours : sec, solide et musclé. Il aurait fait merveille dans les services d’ordre qui encadraient les 1er Mai de l’extrême gauche. Mais il est né trop tard, le 15 janvier 1962, pendant que se discutaient les accords d’Evian.

Pourquoi s’intéresser à Frédéric Lordon ? Parce qu’il représente, sans doute, la quintessence extrême, le plus petit échantillon de cette manière un peu rude et parfois violente de mener le débat. Emmanuel Todd a adopté une posture similaire : on assène les arguments qui deviennent indiscutables. Résultat : on est pour ou contre. Pas de lieu commun pour un débat.

Qui est Frédéric Lordon ? Disons-le tout de suite, il refuse de participer à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un portrait. Il refuse, en outre, de répondre aux questions, aux invitations, aux sollicitations de Libération. Le journal de Jean-Paul Sartre a trahi la cause du peuple, alors on ne parlera pas au «chantre de la modernité néolibérale».Publiquement, il explique que Libération, c’est «le caniveau»responsable d’avoir donné la parole aux économistes et d’avoir introduit, dans le débat public, Patrick Artus, Daniel Cohen, Olivier Blanchard ou Thomas Piketty et d’autres qu’il traite de «crapules»devant un parterre acquis à sa cause. Ils sont 200, peut-être plus, réunis pour un forum économique à Aix-en-Provence.

Ce refus de s’adresser à un journaliste de Libération, par ailleurs complice et responsable des turpitudes du journal pour avoir été chef du service Economie, sous l’autorité de Serge July, oblige à repartir de zéro, c’est-à-dire de son curriculum vitæ. Sur le site des Economistes atterrés, le curriculum vitæ se réduit à sa plus simple expression : «DR», pour directeur de recherches, et «CNRS», pour la case employeur. Pas grand-chose de plus sur Internet. Il faut donc extraire le curriculum vitæ déposé auprès du CNRS pour suivre son parcours, qui commence avec un diplôme d’ingénieur civil de l’Ecole des ponts et chaussées, promotion 1985. Peut-être l’envie de manier le manche de pioche vient-elle de cette époque.

Ensuite, on le retrouve sur les bancs de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC), pour un troisième cycle, à l’Institut supérieur des affaires (ISA). Nul n’est parfait. Un DEA et une thèse de doctorat soutenue à l’EHESS, en mars 1993, l’installent comme économiste et un rattachement à la section 35 du CNRS, en 2012, l’autorise à se présenter comme philosophe. Frédéric Lordon est donc économiste, philosophe mariant les deux disciplines avec intelligence dans, entre autres, son Essai d’anthropologie économique spinoziste (1).

Mauvais procès

Après, il faut écouter ce que dit Frédéric Lordon et reconnaître qu’il fait du bien à l’heure finissante du ni droite ni gauche, du «tout le monde a un peu raison». On peut lire la page courrier des lecteurs du Figaro ou lire Lordon pour retrouver son sens de l’orientation. Les uns et les autres fournissent des points d’appui pour s’extraire des sables mouvants.

Si la lecture de ses ouvrages rebute à force d’être difficile d’accès, il se débrouille parfaitement dans les médias. Et si Frédéric Lordon ne parle pas à Libération (2), ça ne l’empêche pas de débattre sur France 2 dans Ce soir (ou jamais !), l’émission de Frédéric Taddeï, avec Thomas Piketty, alors chroniqueur à Libé, et d’accepter l’invitation de Nicolas Demorand, ancien directeur de la rédaction du journal honni, pour répondre aux questions des auditeurs pour Le téléphone sonne, sur France Inter.

Que dit Frédéric Lordon ? Qu’il faut déconstruire une Europe qui n’a plus rien de démocratique, que l’austérité tue le malade, que l’euro est mort et qu’il faut revenir au franc, à la drachme ou à la peseta, et que la France doit retrouver sa souveraineté. Dit comme ça, caricaturalement, on peut se dire qu’il s’agit de propos de tribune sans grand intérêt, proches du Front national. Ce serait un mauvais procès. Il argumente et pose le problème. «L’Europe est-elle démocratique ?» lui demande Nicolas Demorand, sur l’antenne de France Inter. «La réponse est non, nous ne sommes pas en démocratie. […] Le caractère non démocratique de la construction européenne est inscrit dans ses traités. Les traités sont l’équivalent d’un texte constitutionnel qui devrait régir l’organisation du débat politique par des représentants interposés, sans présager du résultat de cette délibération parlementaire. Or, précisément, les traités européens préjugent de ce que doit être la politique monétaire, de la politique budgétaire et ils sont irréversibles […] alors que ces dispositions devraient tomber dans le périmètre de délibérations parlementaires.» Voilà posé ce que beaucoup appellent un «déficit de démocratie». Comment en sortir ? La réponse de Frédéric Lordon tombe comme un couperet : «Les chances de réformes sont nulles.» Là, on approche de la zone dangereuse, Frédéric Lordon devient punk : «No Future». Avec cette posture, on en vient logiquement à n’avoir que des ennemis, et on assiste à un émiettement consciencieux et quasi systématique de la gauche de la gauche.

Frédéric Lordon ne s’arrête pas là. Le Monde en général, Edwy Plenel et Laurent Mauduit, cofondateurs de Mediapart sont dans le même bateau des traîtres. En d’autres temps, on parlait des «sociaux traîtres.» A l’été 2012, alors que Frédéric Lordon vient de débattre avec courtoisie au côté de Laurent Mauduit, il sort les couteaux dans un forum du Monde diplo. Pour qualifier l’ancien journaliste de Libération et du Monde, il évoque l’acteur principal «de la conversion de la gauche, je veux dire de la fausse gauche, de la gauche de droite, je veux dire de la fraction modérée de la droite au social-libéralisme».Et contre ceux qui ont retourné leur veste, il prévient : «J’ai mauvais caractère, je ne pratique par le pardon des péchés et, en plus, j’ai des archives bien tenues.» Bref, pour ceux qui n’auraient pas compris, il revendique «la colère» comme mode d’expression.

«Unanimité médiatique»

L’analyse de Thomas Piketty, déçu par un Parti socialiste qui a oublié de réaliser la réforme fiscale capable de lutter contre l’approfondissement des inégalités, fait-elle avancer le débat ? Frédéric Lordon y va à la hache. Il reconnaît l’ampleur du travail mené par l’économiste, mais rejette l’ensemble avec un argument étrange. Tout le monde salue le Capital au XXIe siècle ; il est donc suspect. Dans le Monde diplomatique, en avril 2015, Frédéric Lordon se lance dans une critique sans nuances. Dès les premières lignes, il évoque une «tromperie inséparablement intellectuelle et politique, dont le plus sûr indice est donné, en creux, par une unanimité médiatique sans précédent». Il poursuit : «Il faudrait vraiment que le monde ait changé de base pour que Libération, l’Obs, le Monde, l’Expansion et aussi le New York Times, le Washington Post, etc. communient à ce degré de pâmoison.» Voilà l’ennemi : le reste du monde.

Il ne reste donc, en définitive, que le Monde diplo, qui héberge son blog, la Pompe à phynance, avec lequel il mène un compagnonnage un peu distant, ou les Economistes atterrés avec lesquels il cultive le dedans dehors. On pourrait appeler ça le syndrome de Spinoza. Baruch Spinoza que Frédéric Lordon a longuement fréquenté et préfère finir seul, enfermé avec sa bibliothèque, exclu par la communauté juive d’Amsterdam, plutôt que de renoncer à ses idées. Personne ne donnera tort à Spinoza, mais sa solitude ne fonde pas sa raison.

Violence symbolique

De toute manière, à quoi bon débattre, encore faudrait-il que l’échange d’idées lui-même ait un sens. Il n’en a pas : «L’incrustation institutionnelle est tellement profonde que l’on n’arrivera pas à s’en débarrasser avant une décennie.» Il évoque un «soulèvement». Il faut «leur faire peur», répète-t-il sans donner plus de contenu à cette intention. Au XIXe siècle, on parlait du nihilisme. Dans les années 70, en France, en Allemagne ou en Italie, cela s’appelait le terrorisme, ou la lutte armée. Frédéric Lordon s’arrête à la violence symbolique portée par des mots dont il ne dit pas qu’ils dépassent sa pensée. On s’interrogera plus tard sur la responsabilité de l’intellectuel si des petites mains passent à l’acte en reprenant les mots d’Aragon dans Front rouge : «Descendez les flics / Camarades / Descendez les flics[…]. Feu sur Léon Blum […]. Feu sur les ours savants de la social-démocratie.» Le poète admirateur de Staline écrivait cela au début des années 30, peu de temps avant que Moscou ne valide la stratégie d’union avec la SFIO au sein du Front populaire.

Quand il dit, publiquement, «il faut leur mettre les jetons» aux gens de la finance, quand il prône «le soulèvement», lui-même semble un peu embarrassé.

Un jour qu’il entre au cinéma, il se retrouve avec Baudouin Prot, alors patron de la BNP, il songe bien à en venir aux poings, se propose de lui raser le crâne, comme il le raconte lui-même dans un colloque organisé par le Monde diplomatique, mais, finalement, il va s’installer dans la salle. Il était visiblement très en colère ce soir-là.

(1) L’Intérêt souverain. Essai d’anthropologie économique spinoziste, coll. Armillaire, aux éditions La Découverte, 250 pp., 2006, réédition Poche, augmentée d’une préface inédite, 2011.

(2) Nous avons eu un échange de mails avec Frédéric Lordon qui se termine par une injonction : «Ce dont il ne saurait être question également, c’est que la moindre partie de notre présent échange perde son caractère strictement privé.» Un off épistolaire en quelque sorte qui place son interlocuteur dans une position intenable.

Philippe Douroux

Source : Libération, Philippe Douroux, 29-02-2016,

71 réponses à Frédéric Lordon, l’intransigeant colérique, par Philippe Douroux

Commentaires recommandés

kasper Le 15 mars 2016 à 03h42

Un bel exercice d’equilibriste faux cul: et vas y que je te lache une phrase sympa, et vas y que je suis plus ou moins d’accord avec toi sur le déficit démocratique, on pourra pas dire que j’essaye pas.

Et la, BAM! je balance mes bonnes grosses vacheries, que tu vaux pas mieux que le courrier des lecteurs du figaro, ou j’omets de dire pourquoi tu penses que les traités européens sont inamovibles, ce qui fais passer une position argumentée et tout a fait vérifiée jusqu’a présent pour un dogme gauchiste.

Completement a charge, mais en se donnant les airs de la bienveillance. Y a pas a dire, collabo c’est un métier.

  1. Spectre Le 15 mars 2016 à 01h49
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    Bravo et merci à Frédéric Lordon pour l’ensemble de son oeuvre, la lucidité de ses analyses et la clarté de son engagement, sans aucune concession pour les carences béantes de l’européisme — de quelque bord que ce soit. À ce stade, être traîné dans la boue par les journaleux minables de la presse de droiche est plus qu’un honneur, c’est un certificat de vérité.

    « Ils sont unanimes dans leur haine contre moi — et je me réjouis de cette haine. » — Franklin D. Roosevelt, 1936


    • Charles Le 16 mars 2016 à 01h10
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      Dans cette vidéo, en une minute et demie, Lordon a dit l’essentiel: http://wp.me/p5oNrG-kXv


  2. Laurent Le 15 mars 2016 à 03h25
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    Qu’attendre d’autre de Libération? Frédéric Lordon est, selon moi, l’un des maillons indispensables de la chaîne d’évènements et de pensée qui nous permettra de résister, dans un premier temps, et de vaincre dans un second. Car je l’affirme, il faudra vaincre une résistance féroce que les journalistes “à gage” de Libération n’osent plus, depuis fort longtemps, froisser.


    • Papagateau Le 15 mars 2016 à 04h34
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      Libération, quel propriétaire ?
      Un multi-milliardaire.
      Ce n’est pas neutre, comme dirait Lordon.


  3. kasper Le 15 mars 2016 à 03h42
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    Un bel exercice d’equilibriste faux cul: et vas y que je te lache une phrase sympa, et vas y que je suis plus ou moins d’accord avec toi sur le déficit démocratique, on pourra pas dire que j’essaye pas.

    Et la, BAM! je balance mes bonnes grosses vacheries, que tu vaux pas mieux que le courrier des lecteurs du figaro, ou j’omets de dire pourquoi tu penses que les traités européens sont inamovibles, ce qui fais passer une position argumentée et tout a fait vérifiée jusqu’a présent pour un dogme gauchiste.

    Completement a charge, mais en se donnant les airs de la bienveillance. Y a pas a dire, collabo c’est un métier.


  4. Suzanne Le 15 mars 2016 à 03h58
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    Soutien total et remerciements à Frédéric Lordon, pour toute l’énergie qu’il consacre à la défense de la démocratie. Un des phares de notre époque.


  5. cgrotex Le 15 mars 2016 à 04h41
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    Combien de bobos achètent encore ce torchon !? Beaucoup trop d’honneurs pour ce “journal” d’ayatollah européens …


    • Laurent Le 15 mars 2016 à 22h14
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      “A l’inverse, “Libération”, malgré une nouvelle formule adoptée le 1er juin, demeure en net recul.

      Le journal, racheté par Patrick Drahi, après un rebond de 15% au premier trimestre, (105.000 exemplaires par jour en moyenne), tiré par les ventes exceptionnelles qui ont suivi l’attentat contre Charlie Hebdo, est retombé à 86.000 exemplaires au 2e trimestre puis 80.000 au 3ème avec une chute des ventes en kiosque en septembre à 22.000 exemplaires. Ses ventes numériques plafonnent sous les 9.000 exemplaires, moins qu’il y a un an.”

      Source LaCroix.com, le 8/11/2015


  6. pascalcs Le 15 mars 2016 à 06h06
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    Le “soulèvement” contre les tenants du système, il se mesure assez bien dans la campagne des primaires US avec le phénomène Trump. Même si l’on peut fort justement se poser la question de ce qui anime réellement Trump, lui qui a fait partie et a bénéficié assez largement du “système”.
    En tous cas, il est clair, aux réactions que cela suscite, que l’establishement (les tenants du système), “ont les jetons”.
    Y a-t-il un Trump en France ou en Europe pour faire les peuples se soulever face au système? Je ne le sais. Ce genre de soulèvement est souvent la résultante d’une situation devenue intolérable comme elle l’est devenue pour des dizaines de millions d’américains dans ce pays qu’ils ne reconnaissent plus tant il est corrompu par les élites et leurs savants montages au détriment de la classe moyenne transformée en serfs un peu plus chaque jour.


  7. EchoGmt7 Le 15 mars 2016 à 06h16
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    Libération, maintenant entièrement livré aux flics de la pensée unique, devrait prochainement se rebaptiser Collaboration ou Soumission.

    Si si..c’est tellement mieux décomplexé.


  8. Homère d'Allore Le 15 mars 2016 à 07h05
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    Il y a des qualificatifs pour décrire ce journaliste.

    Le problème, c’est qu’ils ne vont pas passer la modération…


    • christian gedeon Le 16 mars 2016 à 10h34
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      C’est vrai… du côté de chez moi on aurait dit que c’est une taffiole (sans connotation homophobe),un degun(un personne) et autres qualificatifs sympathiques. Ou un “voix de son maître”…tiens ,celle là me paraît bien adaptée. Ce n’est pas que j’approuve tout ce que dit Lordon, qui me fait parfois un peu peur avec son côté trotskyste,mais il fait partie des cibles prioritaires de la milice ultralibérale…milice,j’ai dit milice!?


  9. Alain Le 15 mars 2016 à 07h45
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    Petit extrait:
    “Il poursuit : «Il faudrait vraiment que le monde ait changé de base pour que Libération, l’Obs, le Monde, l’Expansion et aussi le New York Times, le Washington Post, etc. communient à ce degré de pâmoison.» Voilà l’ennemi : le reste du monde.”
    Bref le reste du monde est uniquement composé de ces journaux neutres. Un constat tout à fait objectif ce journaleux qui considère que la pensée du reste du monde, la vraie, la bonne, la seule est contenue dans ces….(chacun saura y mettre le qualificatif adéquat).


  10. bourdeaux Le 15 mars 2016 à 08h08
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    Ramener Lordon au niveau d’un “courrier des lecteurs”, il fallait quand même oser !…


  11. Tapia Le 15 mars 2016 à 08h08
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    Le plus choquant pour moi est qu’il soit traité de terroriste dans cet article.

    Evidemment qu’il y a un rapport de force entre les riches et les pauvres ( ‘There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.’ Warren Buffet).

    Le peuple n’aura rien tant que le rapport de force ne basculera pas.
    Il faut espérer que ce basculement ne se fera pas de façon trop violente ou arbitraire. Plus on attend, plus ça sera violent.

    De toute façon pour de nombreux possèdants, payer plus d’impôts ou être obligé de louer son appartement c’est déjà vécu comme de la violence….


  12. P. Peterovich Le 15 mars 2016 à 08h55
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    J’aime beaucoup ce papier, qui dit beaucoup sur le fonctionnement de la presse moderne. Deux éléments retiennent l’attention.

    Le premier élément, c’est la frustration manifeste face au refus de Lordon de se couler dans le moule du débat déconflictualisé médiatique. Pourtant, c’est logique : Lordon est, avant tout, une grosse tête, un scientifique. Or, le discours scientifique est nécessairement complexe et, même vulgarisé, il ne tient pas dans les pages d’un quotidien. Lordon s’en est déjà expliqué à plusieurs reprises. Il n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas : un type comme Jancovici, par exemple, se plaint depuis longtemps du fait que les discussions scientifiques sont ravalées par la presse quotidienne au rang de conflit d’idées.

    Le second, qui est lié au premier, est que le journaliste est parfaitement incapable d’argumenter sur le fond. Il nous livre au portrait au vitriol de l’homme, mais ne dit rien de son discours.

    Au final, j’en reviens toujours à la même conclusion. La presse quotidienne est en sursis : elle ne subsiste que par la force des habitudes d’une génération qui n’a pas connu l’internet. Quand son lectorat périra (ou finira, dément, en maison de repos et de soin), elle mourra.


    • jpcd Le 15 mars 2016 à 15h01
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      Il s’agit en fait d’un journalisme de “méta-données”: le sujet a étudié ici et là, il a travaillé pour x et pour y, il a rencontré untel et un untel, il s’est engueulé avec x et pas avec y, etc. Ses défenseurs diront que si le sujet refuse la rencontre, il faut bien se rabattre sur les meta-données. Mais les lecteurs de cette presse savent que c’est toujours comme ça, que le sujet se mette “à table” ou pas: le “fond” du sujet n’est que rarement abordé si ce n’est sous la forme d’un ou deux slogans.

      Il est donc assez naturel que ce type d’enquête sur les meta-données du sujet finisse par ressembler à un rapport de police, à un dossier de la stasi… il suffit que le sujet ne sourie pas assez sur la photo.


    • Renaud 2 Le 15 mars 2016 à 16h19
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      Pas forcément. Si la presse tient, c’est surtout grâce à ses subventions. L’important n’est pas de faire de l’argent mais de conditionner les esprits. C’est aussi ça le miracle de notre société : le peuple en vient à aimer sa servitude (pour paraphraser les mots d’Huxley), mais en plus il paye pour ça !


  13. reneegate Le 15 mars 2016 à 09h29
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    Ils n’ont même pas envisagé, que le discours de Lordon est avant tout un déplacement de point de vue. Lordon dénonce une réalité (qui n’a rien de réel) qui est justement imposée à tous par le biais de ces journalistes qui adoptent le point de vue qui sied aux puissants.
    A t on jamais lu un article de libération consacré à démolir un universitaire libéral? Comme Lordon le dit seule la droite à la permission de continuer dans une voie qui n’a d’ailleurs jamais fait ses preuves.
    Mais en quelque sorte ces 2 posts (Lordon puis anti Lordon) fait bien apparaitre 2 visions bien différentes. L’une propose, explique, l’autre jette l’opprobre sur un individu. De laquelle pouvons nous nous passer à votre avis?


  14. thmos Le 15 mars 2016 à 09h57
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    Des banquiers, des traders, des pros de la finance disent qu’il faut mettre en prison les responsables des banques ! ( voir dernière vid de la chaine utube thinkerview ) que Lordon s’encanaille à oser “il faut leur mettre les jetons ” ce n’est pas vraiment un appel au meutre …Dans les années 70 Nixon a mis 500 responsables de banque au trou… A quand un billet sur l’histoire judiciaire des banquiers sur leur relativement récente et scandaleuse impunité


  15. Theo Van Creyers Le 15 mars 2016 à 10h23
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    Lordon,Duroux et commentaires (tous brillants !) tournent autour de l’essentiel : l’abjection suprême qu’est le pouvoir de l’argent.
    On ne veut pas prendre leur pognon,mais la charge de la preuve(onus) leur incombe. La classe imposable,moyenne toujours, doit POSER les questions et ils doivent REPONDRE .
    Si leur Presstituée répond à côté(Duroux) alors oui: Feu à volonté !


  16. SanKuKai Le 15 mars 2016 à 11h19
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    F. Lordon a quand décrit précisément la crise de 2008 au moins 1 an avant qu’elle se produise quand les chiens de garde disaient que tout allait bien.
    Il a anticipé la capitulation de la Grèce quand tout le monde y croyait encore.
    La première phrase de l’article est donc assez savoureuse: et oui, les faits lui donnent raison et c’est peut être là le vrai problème pour la propagande de Libération.

    J’attends la réponse de F. Lordon avec impatience 🙂


    • Laurent Le 15 mars 2016 à 22h19
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      J’espère pour ma part qu’il ne répondra pas! Il a tellement mieux à faire, et plus important…


  17. LS Le 15 mars 2016 à 11h23
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    Argumentations à charge, c’est sur.
    On pourrait remplacer “Frédéric Lordon” par “Jean Tyrole” dans le texte et ne changer que les lieux d’intervention. Jean Tyrole en tient une couche de ce point de vue.
    Article à charge donc et double discours en plus.
    Néanmoins, je ne trouve pas que cet article soit complètement faux quant à la radicalité de F.Lordon.
    Depuis quand la radicalité est-elle condamnable par principe ?


  18. chesnel Le 15 mars 2016 à 11h41
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    Ce qui est et restera le crime abjecte de Frédérique Lordon c’est qu’il démontre que l’économie est politique que cette économie qu’on nous impose est un dogme politique et pas en de fait ou un en-soi irréfutable, les choses sont comme ça c’est la réalité que l’on décrit. Et ça il ne peuvent pas le digérer sinon il faudrait reconnaitre que cette économie qu’on nous impose est le résultat d’un rapport de force que le 1% est en train de gagner ou qu’il a déja gagné et pourtant il suffirait de rentrer dans le rapport de force.
    Et ces propos là sont intolérables pour les journaleux propagandistes à la solde du 1%.


  19. christian gedeon Le 15 mars 2016 à 11h47
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    Bof…et rebof. Lui comme les autres,ne vont jamais au fond des choses.C’est et çà reste du baratin.Il ne remet pas en cause l’internationalisation forcée des échanges,mais veut juste en aplanir les modalités. Il ne remet pas en cause “le libre échange” et la “libre concurrence”,mais veut juste in fine,les amender…il s’inscrit dans l’internationalisme économique quoi qu’il en dise! ET donc,il a tout faux. L’économie d’un pays a un but et un seul,c’est le rendre indépendant.,les écahges doivent rester marginaux,et sans effet sur l’économie et les équilibres généraux du pays. C’est çà,le Gaullisme. Tant qu’on sortira de cet axiome,on se plantera,Lordon,comme les autres..


    • AbusiveDuck Le 15 mars 2016 à 12h27
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      Sans vouloir caricaturer votre propos, je me demande vraiment si vous pensez qu’on devrait se passer de téléphones portables, de bananes, de kiwis et de whiskys écossais. Moi je ne pense pas. 😉


      • tachyon Le 15 mars 2016 à 17h03
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        Les mobiles pourraient être fabriqués en France. Ce ne serait évidemment pas des Iphones et certains (beaucoup) s’en offusqueraient…
        Les bananes viennent de France (outre-mer).
        Les kiwis poussent en France(76 000 tonnes en 2009). Aberration : Il y a quelque temps une entreprise française (Sud-ouest ?) se vantait d’exporter sa production en Chine… pendant que, évidemment, des kiwis néozélandais faisaient le trajet en sens inverse….
        Quant au whisky les ingrédients pour le fabriquer se trouvent en France (orge,…) et distiller est une bonne spécialité française…. Bien sûr, comme pour les mobiles, gros tollé….


        • AbusiveDuck Le 15 mars 2016 à 21h12
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          Oui d’accord, ne vous inquiétez pas j’avais pensé aussi à ça… je disais ça plutôt pour détendre l’atmosphère. En fait, vous serez toujours bloqué à un moment. Par exemple, pour faire des téléphones il faut différent types de terres rares, et en France, c’est niet ! Je suis d’accord avec cette idée d’indépendance économique qu’il faut développer autant que possible (et de mon point de vue, il faut aussi augmenter la qualité et relocaliser) mais croire qu’on peut produire la même chose en se passant – totalement – du commerce internationnal c’est une illusion. Bon courage pour le téléphone 100% français, on a tout simplement pas les ressources nescessaires. Désolé mais il faut rester lucide.

          J’ai un peu l’impression de défoncer des portes ouvertes là ! 😀


        • Wilmotte Karim Le 15 mars 2016 à 21h44
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          @tachyon
          Votre De Gaulle avait déjà entamé l’intégration européenne.
          Parce que les modes de production actuels nécessitent des productions sur des échelles au moins continentale.

          Le marché français n’est plus suffisant. La montée en puissance des USA après la guerre civile ne date pas d’hier: (de mémoire) quand en 40, Renault fait 4% des bénéfices de GM, vous pensez sérieusement que Renault a la moindre chance de ne pas être submergé à moyen terme?

          Et cela ne s’est pas arrangé depuis!


          • christian gedeon Le 17 mars 2016 à 14h49
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            “Votre De Gaulle “? Mais De Gaulle est aux Français ,en général,et a toujours été opposé à “l’intégration européenne ” et pour une collaboration entre les Nations.(vous ne vous souvenez pas du cabri?)De Gaulle nous a indiqué la voie pour l’avenir,et je reste confiant dans la prospective d’une prise de conscience mondiale de la justesse de sa vision,qui ne s’applique pas qu’à la France,mais au monde.Les leviers de commande de l’économie vitale doivent rester aux mains de l’Etat,et donc du Peuple. C’est la base essentielle du gaullisme. la Nation doit rester aux commandes,et la Nation seule!


      • christian gedeon Le 16 mars 2016 à 10h45
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        Justement pas,et c’est ce que je suis entrain de dire… les importations doivent se limiter à ce que nous ne pouvons pas produire,ce qui redonnerait son sens au mot échange. Vendre aux gens ce qu’ils peuvent produire( je pense à l’Afrique notamment soumise à un quasi blocus alimentaire),et acheter aux gens ce que nus pouvons produire(au hasard,pour la France le soja qui peut être substitué,ou les produits sidérurgiques),est un non sens absolu…je hais absolument le libre échangisme (mdr!) ,qui est l’arnaque la plus absolue qu’on ait trouvée pour soumettre les peuples,en enlevant aux pays la possibilité d’être autosuffisant a minima pour l’essentiel de leurs besoins. C’est diabolique. Mes réticences sur Lordon viennent du fait qu’il continue à s’inscrire dans un internationalisme,qui quel que soit le cas de figure,a déjà fait les preuves de sa nocivité et de sa violence. Vous n’avez pas caricaturé,je vous rassure….votre remarque est justifiée.


      • clauzip12 Le 16 mars 2016 à 22h54
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        Tiens voila une info productive à ranger avec tous ceux qui,des lors que l’on veut changer qqn chose des habitudes vous renvoie à la bougie!
        Dans qqs années les changements seront majeurs.
        Toute l’économie de l’énergie va être révolutionnée.
        La production industrielle de la technique FUSION FROIDE va bouleverser principalement les énergies fossiles.
        Des industriels sont sur le coup!
        Philosophiquement il ressortira ,au détriment des puissants que rien n’est définitif pour tous et que le bouleversements sont toujours possibles.
        Pour ce qui est possible et prévisible,les humains, qui sont en cours de traitement comme du bétail, en auront assez et prendront la direction de leur vie.
        Les 1% ne peuvent continuer longtemps à nous imposer des règles non mais antidémocratiques.
        Le monde change,seul les financiers puissants qui voient leur modele nous embourber ne peuvent comprendre que la prochaine crisefinanciere qui devrait être violente pourra être la fin de leur totalitarisme!
        Je soutiens Frédéric Lordon.


  20. adrien Le 15 mars 2016 à 12h10
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    La presse se meurt, tout le monde en convient, elle ne survit que grâce aux subventions publiques et au financement “désintéressé” de quelques généreux milliardaires. Avec ce papier de Douroux dans Libé, nous avons un exemple du discrédit journalistique. Critiquer et argumenter, c’est une chose, mais commettre des attaques ad hominem en est une autre.
    Depuis la révolution conservatrice https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_conservatrice_(sens_moderne), les postes clefs sont occupés dans les médias, surtout publics, par les promoteurs du Grand Marché et de la “libre” concurrence. Hors de la pensée unique, point de salut. Sinon, c’est réduction ad hitlérum ou accusation de complotisme !
    http://lucky.blog.lemonde.fr/2016/03/01/lexceptionnelle-lecon-de-journalisme-de-philippe-douroux-dans-liberation-ce-matin-1er-mars-a-propos-de-frederic-lordon-ou-comment-assassiner-moralement-un-intellectuel-anti-capitaliste/


  21. Marcel Le 15 mars 2016 à 12h27
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    Bravo et merci à Frédéric Lordon pour ses arguments pertinents et son style flamboyant, 2 choses qui doivent rester en dehors de la gorge de tous ceux à qui la situation actuelle convient. Parmi eux, bien sur, les journalistes lèche-bottes. On en trouve beaucoup à Libération (mais pas que)


  22. Gribouille Le 15 mars 2016 à 13h27
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    En parlant du travail des journalistes, je trouve qu’en ce moment, celui de Marie Viennot sur France Culture est remarquable. Je vous engage à écouter ses chroniques sur la loi travail en particulier.
    http://www.franceculture.fr/personne-marie-viennot.html-0


    • Charles Le 16 mars 2016 à 01h00
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      Merci pour l’info, que je relaie. Sur ce sujet brûlant, des ressources à diffuser:

      Direct spécial Kel Khomri- Préavis – Grèves – Mobilisations syndicales
      http://wp.me/p5oNrG-kSi

      Direct spécial Kel Khomri – Mobilisations des jeunes –
      http://wp.me/p5oNrG-kYu


  23. wen Le 15 mars 2016 à 13h45
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    Ce n’est pas Lordon que craint le pouvoir, mais un Piquemal ou un de Villiers ! Ce qui est triste avec la gauche, c’est que c’est toujours un bourgeois qui doit se faire le champion de la cause prolétarienne, y compris pour l’extrême gauche ; là est la source de toutes les trahisons, et c’est chose très bien expliquée par Bourdieu, ainsi que par Lénine du reste ! où ça grogne en ce moment contre ce régime abject, c’est dans les rangs de l’armée : là on n’est plus dans le verbeux style tafiole en colère, non là ça sent le sang pour de bon, et c’est pourquoi le pouvoir tremble. Aucun pouvoir financier ne peut tenir face à un général déterminé !!!


    • Furax Le 15 mars 2016 à 13h53
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      Bourdieu ?

      Quand on constate aujourd’hui le désastre produit par ses sectateurs, je pense que c’est une référence qui n’est pas des plus heureuses.

      Ceci pour dire que si je partage en large partie les analyses économiques de Frédéric Lordon, je ne partage pas du tout son obsession introspective sur le thème “c’est quoi d’être de gauche, vraiment de gauche ?”

      Introspection vaine parce qu’il y a une foultitude de sensibilités de gauche, de droite, du centre, du haut, du bas, de devant et de derrière. Je récuse ce procès en fausse gauche et en fausse politique de gauche faite par certains militants de gauche à d’autres personnes se réclamant par ailleurs de la gauche. Le terme est utilisé dans le champ de l’invective politico-religieuse, pas de la description objective. Il n’y a pas une opinion politique divine transcendante et plus légitime que d’autres. Surtout qu’avec la contrainte extérieure qui a atteint un degré plus fort que jamais dans l’Histoire de l’humanité, le socialisme dans un seul pays cela n’est plus possible.

      Quant aux généraux, ce n’est pas la politique économique française et européenne qui commence à les faire ruer dans les brancards.


    • Spectre Le 15 mars 2016 à 14h11
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      C’est ça votre perspective face à la crise mondiale du capitalisme ? Un coup d’État militaire et/ou un agité qui voit des mosquées partout ?!


      • Furax Le 15 mars 2016 à 15h44
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        Qui parle de coup d’état militaire ? Ils font savoir leurs inquiétudes et leur mécontentement face au fait que le pays part à vau-l’eau. Comme vous ou moi avec des points de vue différents.

        Je ne vois pas ce que vient faire dans la discussion un agité des mosquées. Lequel ? Il y en a tant en France, en Allemagne, en Suisse ou aux USA.

        Quant à la crise finale, il faudrait que vous élargissiez le champ de réflexion au delà du capitalisme qui n’est qu’un mode d’allocation des ressources et de production parmi d’autres. La crise de l’endettement, la crise de la répartition de la valeur ajoutée, la crise des mutations technologiques et des déstructurations qu’elles entraînent, la crise démographique, … etc, n’ont pas grand chose de spécifiquement capitaliste.

        Considérez plutôt le fait qu’on vit dans un monde fini. Non seulement fini mais même condamné. La seule question c’est de déterminer à quelle vitesse on va brûler la chandelle. Et même si par miracle on parvenait à établir un modèle d’activité durable et que l’atmosphère ne se désagrégeait jamais, on finira cramé ou gelé selon que le soleil passera ou non par l’étape nova-supernova.


        • Spectre Le 15 mars 2016 à 16h22
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          Je répondais à wen, navré s’il y a eu confusion.


        • step Le 15 mars 2016 à 19h23
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          Si on finit parce que notre soleil a fini, c’est qu’on a atteint une sagesse certaine. Je ne suis pas sûr que les pentes actuelles se comptent en milliards d’années.


    • Alae Le 15 mars 2016 à 15h37
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      “Ce qui est triste avec la gauche, c’est que c’est toujours un bourgeois qui doit se faire le champion de la cause prolétarienne, y compris pour l’extrême gauche ; là est la source de toutes les trahisons”

      En gros, toutes les révolutions réussies ont été emmenées par des bourgeois, par exemple, au hasard, Karl Marx et Lénine. Che Guevara était toubib, les parents de Fidel Castro possédaient une plantation prospère de canne à sucre, etc.
      Les trahisons potentielles n’ont rien à voir avec le milieu d’origine du gars, dont il explique tout au plus le niveau de culture politique (il faut des livres et du temps, atouts dont ne disposent généralement pas les classes laborieuses, pour définir une ligne idéologique et se donner les moyens de la mettre en œuvre), mais avec son degré de sincérité.
      Il faut dire qu’on n’a probablement jamais vu une accumulation de faux derches, dans la gauche occidentale, aussi ahurissante qu’aujourd’hui. A l’exception de quelques rares noms comme Lordon, Michéa,Todd ou Sapir, reste-t-il un seul gars intègre dans ses rangs ?


  24. Azza Le 15 mars 2016 à 14h08
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    Moi je trouve que cet article est un bel hommage.

    Qualifier Lordon de punk ? Je suis sur que ca lui fera sincerement plaisir !

    Quand on connait les punks qui ont tenu la mairie de Reykjavik de 2010 a 2014, ca donne plutot envie.


  25. Grim Le 15 mars 2016 à 14h51
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    Le journaliste semble assez malheureux que Lordon ne soit pas venu chez lui, encore faudrait t-il éviter les attaques ad hominem et les caricatures.

    Frédéric Lordon tranche dans le vif et malgré son langage soutenu arrive à être assez pédagogue et je pense que c’est aussi ça qui le rend populaire.

    Je ne vois pas en quoi il est impossible de débattre avec lui, il a juste des idées et il les défend point.

    Au moins, on ne l’a pas repeint en affreux fasciste à cause de sa conception sur l’Euro et sur l’UE, on va dire que c’est un progrès.


    • reneegate Le 15 mars 2016 à 15h01
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      ou plus précisément que Lordon a donc gagné cette bataille qu’il menait il y a quelques mois.


    • pong Le 16 mars 2016 à 14h38
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      D’accord avec vous. Je suis même, pour ma part, presque agréablement surpris de la mansuétude de ce papier de Libération. Qu’on s’entende bien, je n’ai que mépris pour ce journal dont on sait parfaitement ce qu’il défend. Mais précisément, je m’attendais à bien plus de mauvaise fois, de hargne voire de fiel.

      Je suis limite déçu. Les chiens de garde, c’est plus ce que c’était.


  26. Imagine Le 15 mars 2016 à 15h09
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    J’adore la phrase de Douroux à propos de Spinoza : “sa solitude ne fonde pas sa raison.” on sent quelqu’un qui s’y connait en solitude et en raison… Que n’a-t-il écrit : sa raison fonde sa solitude.


  27. Imagine Le 15 mars 2016 à 15h13
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    Douroux, c’est comme les flics : les questions c’est moi qui les pose! Douroux agent de la compagnie drahienne de sécurité.


  28. Gizon-Dumétier Le 15 mars 2016 à 15h47
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    En toute simplicité, merci à Frédéric Lordon, merci au Monde Diplo que mon mari et moi lisons chaque moi -ah! Que c’est vivifiant l’intelligence écrite dans ce magnifique journal où les Artistes côtoient les Auteurs !- merci à Olivier et à tous les contributeurs, merci aux commentateurs des Crises qui nous montrent que nous ne sommes pas seuls… À preuve que Le Monde Diplo voit ses ventes -et que dire de ses lectures !- augmenter, tout au contraire de Libé ( adieu Libé depuis longtemps perdu… de vue !). Très sincèrement, Nadine Gizon-Dumétier, prof des écoles en milieu rural.


  29. USAMA ANDCO Le 15 mars 2016 à 16h24
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    Comme souvent dans ces articles imbéciles, publiés dans des journaux complètement à la ramasse, le plus intéressant est dans les commentaires: 1/29 va dans le sens de Douroux. Etonnant ! Non ?


  30. Ailleret Le 15 mars 2016 à 18h15
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    « Le journal de Jean-Paul Sartre a trahi la cause du peuple » (Philippe Douroux).
    Tu l’as dit, bouffi.


  31. --gilles-- Le 15 mars 2016 à 20h51
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    Non seulement Frédéric LORDON explique, dans des articles, la nocivité de l’actionnariat et de l’euro, le libre-échange des traités et ses conséquences de concurrence entre les salariés de différents pays et plaide pour le protectionnisme, mais il parle aux ouvriers et aux salariés. Exemple :
    La manifestation contre la loi EL-KHOMERI à Amiens le 12 mars 2016 :

    http://www.dailymotion.com/video/x3xzf5m

    Tant qu’il parlait dans des colloques poussiéreux et ronronnants, cela pouvait aller, mais s’attaquer frontalement aux actionnaires devant des salariés ! Impardonnable !

    Alors Philippe Douroux se déchaîne : « Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance, et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! »


    • Gizon-Dumétier Le 15 mars 2016 à 21h36
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      Un intellectuel devant les salariés ! ah mince alors ! comme Bourdieu en 95, les médias et les socialos l’ont traîné dans la boue, mais il en fallait plus que ça pour l’abattre… D’autres l’avaient fait avant lui, et toujours il y en aura, avec bonheur !!! Et il avait raison, quand il disait que la Gauche aurait du mal à se remettre des bourdes de Jospin, mais ne jamais désespérer, faire infuser davantage… Revoir les films de Pierre Carles !


  32. JT Le 15 mars 2016 à 21h15
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    Lordon est également loin de faire l’unanimité sur le blog de Jorion où un intervenant commente un article très critique à son égard :

    http://www.pauljorion.com/blog/2016/02/13/corcuff-contre-lordon-so-what-par-cedric-chevalier/

    Il faut dire que Corcuff est un anarchiste, donc le discours de Lordon sur l’état passe mal… Et puis sur le blog de Jorion, la star incontestée est Piketty que l’on appelle à se présenter à la prochaine présidentielle. A ce titre et après avoir lu l’article publié par Olivier sur l’imposture Sanders, je me dis que le terme d’imposteur collerait parfaitement à Piketty… Son idée de mutualisation des dettes montre en effet que la seule chose qu’il souhaite, c’est de remettre le système en marche ; le changement de cadre ne l’intéresse absolument pas.


    • Laurent Le 15 mars 2016 à 22h31
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      Avec 912 signatures, la pétition sur Change.org pour une candidature de Piketty ne ressemble pas encore à un raz-de-marée… Tout à fait d’accord avec vous sur le dernier point, Piketty n’envisage pas de bousculer le cadre, alors que Lordon se place d’emblée à l’extérieur.


  33. arthur Le 15 mars 2016 à 23h27
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    soutien total à Frédéric Lordon, qui ose s’élever contre l’euro-oligarchie! Libération, rappelons soutient la junte fasciste de Kiev!


  34. Pierrot Le 16 mars 2016 à 04h05
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    On sourit lorsqu’on lit cette presse dépendante des milliardaires et de la publicité.

    “Libération”, un peu la petite danseuse de Charles Foster Kane, le héros de Citizen Kane (Orson Welles) :

    “Vous fournissez les poèmes en prose; Je fournirai la guerre”

    Liberation, propriété de Bruno Ledoux qui détient aussi l’Express, l’Expansion, l’Étudiant et Le Nouvel Economiste ! (50% des parts )….

    Pendant que Patrick Drahi en détient 50 % aussi – propriétaire entre autre de Next Limited Partnership4, immatriculée à Guernesey (! ) , SFR-Numericable, Virgin Mobile, de l’opérateur israélien Hot, mais aussi Portugal Telecom, Orange Dominicana et l’américain Suddenlink…

    Tout un poème !


  35. Pierrot Le 16 mars 2016 à 04h08
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    Lordon Méchant ?

    Vous êtes sûr que la haine et la saloperie humaine, on ne la trouve pas plutôt dans le chic XVI° arrondissement de Paris ? Libération devrait le savoir, puisque c’est lui qui vient de publier l’article suivant :

    Article : ” Insultes, vociférations… des habitants du XVIe déchaînés contre un centre pour SDF ” http://www.liberation.fr/france/2016/03/15/insultes-vociferations-des-habitants-du-xvie-dechaines-contre-un-centre-pour-sdf_1439624


  36. Pierrot Le 16 mars 2016 à 04h09
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    Et puis franchement, Philippe Douroux qui a écrit l’article, il ne s’informe pas sur ce qu’il se passe dans sa chère Europe ? Philipe Douroux ne lit pas le blog de Panagiotis Grigoriou ? Voilà un anthropologue grec qui ne touche pas des millions,lui, ni des milliardaires et ni de l’ Etat …
    Allo Phillippe Douroux ? Pourquoi ne parlez-vous pas du lynchage du peuple grec par le gouvernement non élu de l’Europe qui nous tue à petit feu ? un gouvernement non élu et appelé The Big Commission ….

    Greek Crisis : La fin des Tsiprosaures ? http://www.greekcrisis.fr/2016/02/Fr0496.html#deb


  37. remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h49
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    Passons sur le physique manifestement brutal de Lordon, en penchons nous sur sa biographie. Et là, le journaliste à libération va nous en apprendre de belles, car en effet si Frédéric Lordon a refusé de répondre à ses questions, c’est certainement qu’il a un passé inavouable à dissimuler.

    [quote]”Ce refus de s’adresser à un journaliste de Libération, par ailleurs complice et responsable des turpitudes du journal pour avoir été chef du service Economie, sous l’autorité de Serge July, oblige à repartir de zéro, c’est-à-dire de son curriculum vitæ. Sur le site des Economistes atterrés, le curriculum vitæ se réduit à sa plus simple expression : «DR», pour directeur de recherches, et «CNRS», pour la case employeur.”[/quote]

    Attendez, stop. Des [i]curriculum vitæ[/i] sur le site des économistes atterrés ? Est ce que les économistes atterrés seraient une annexe du Pôle emploi visant à reclasser des économistes au chômage en vue de leur trouver un honnête travail de traders à la Société Générale ?


    • remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h51
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      Regardons y de plus près : Sur le site des économiques atterrés il y a un [url=http://www.atterres.org/qui-sommes-nous]”Qui sommes nous”[/url] où sont déclinés le nom et l’emploi actuel de chacun de ses membres. Il ne s’agit en aucune façon de curriculum vitæ, pour Frédéric Lordon comme pour qui que ce soit d’autre, mais ce petit subterfuge doit servir à convaincre son auteur que ce qui va suivre a un caractère inédit et occulte.

      [quote]Pas grand-chose de plus sur Internet. Il faut donc extraire le curriculum vitæ déposé auprès du CNRS pour suivre son parcours, qui commence avec un diplôme d’ingénieur civil de l’Ecole des ponts et chaussées, promotion 1985. Peut-être l’envie de manier le manche de pioche vient-elle de cette époque.”[/quote]

      Attendez, pas si vite. [b]”Pas grand chose de plus sur internet”[/b]. Vraiment ? Mais, ami journaliste de Libération, as tu pensé simplement à consulter la fiche wikipedia de Frédéric Lordon ? Non jamais, car en tant que journaliste tu ne saurais avoir recours à de telles facilités. C’est pourquoi tu prétends être allé explorer les archives du CNRS, où tu aurais déniché quelque incunable poussiéreux dissimulant… les mêmes infos que celles figurant sur la fiche wikipedia de Lordon.


    • remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h52
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      [quote]”Sur le site des Economistes atterrés, le curriculum vitæ se réduit à sa plus simple expression : «DR», pour directeur de recherches, et «CNRS», pour la case employeur. Pas grand-chose de plus sur Internet. Il faut donc extraire le curriculum vitæ déposé auprès du CNRS pour suivre son parcours, qui commence avec un diplôme d’ingénieur civil de l’Ecole des ponts et chaussées, promotion 1985. Peut-être l’envie de manier le manche de pioche vient-elle de cette époque.”[/quote]

      Attendez, pas si vite. [b]”Pas grand chose de plus sur internet”[/b]. Vraiment ? Mais, ami journaliste de Libération, as tu pensé simplement à consulter [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Lordon]la fiche wikipedia de Frédéric Lordon[/url] ? Non jamais, car en tant que journaliste tu ne saurais avoir recours à de telles facilités. C’est pourquoi tu prétends être allé explorer les archives du CNRS, où tu aurais déniché quelque incunable poussiéreux dissimulant… les mêmes infos que celles figurant sur la fiche wikipedia de Lordon.


  38. remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h55
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    Rappelons que le commentaire en question avait pris la forme d’un article de plus de deux pages dans le monde diplomatique, publié plusieurs mois après la publication dudit bouquin (c’est à dire que Lordon a pris le temps de lire pour en parler) et qu’il fut suivi d’un débat d’une heure et demie avec Piketty himself sur le plateau de Taddeï.
    Or qu’est ce que le journaliste de Libération a retenu de tout ça ? Simplement une pique d’ouverture adressée, moins au livre de Piketty lui même, qu’au collège unanime des journalistes qui l’ont encensé sans avoir pris la peine de le lire.
    Mais c’est évidemment le vrai fil rouge de l’article, l’enjeu ne porte pas sur les critiques de Lordon envers Piketty mais sur quolibets que Lordon peut adresser au passage à Libération et cie. Piketty, au moins, c’est un garçon bien élevé et respectueux de l’influence de Libération.


  39. remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h56
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    Alors, bien sûr, Lordon est aussi connu comme un imprécateur, et notre ami journaliste aura simplement cru lui rendre la monnaie se sa pièce. Mais même sous cet angle trivial, la comparaison est accablante pour Libération. En effet, même quand Lordon s’amuse à mettre en boite Jean Quatremer (sur son blog notez le, et pas dans les colonnes de quelque revue un peu sérieuse) il est capable très vite de dépasser la figure contingente du personnage pour embrasser “[url=http://blog.mondediplo.net/2015-07-07-Le-crepuscule-d-une-epoque]le crépuscule d’une époque[/url]”.

    Quand Libération prétend s’essayer au même exercice, comme il l’annonce en préambule (“[i]il représente, sans doute, la quintessence extrême, le plus petit échantillon de cette manière un peu rude et parfois violente de mener le débat”[/i] – sic), le journal ne dépasse jamais le caractère purement personnel et supposément psychologique de son sujet. Et s’il s’éloigne de la caricature, c’est seulement pour verser, en fin d’article, dans les allégations diffamatoires.


  40. remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h58
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    Mais, finalement, tout ceci était annoncé dès le chapô du papier :

    [quote]Le philosophe et économiste souverainiste Frédéric Lordon pratique le [b]coup de poing[/b] idéologique et prône un [b]«soulèvement»[/b] contre les tenants du système. De quelle nature ? Nous n’aurons pas la réponse, puisqu’[b]il refuse tout débat, sauf quand l’exposition médiatique lui semble suffisante[/b].[/quote]

    “Coup de poing” = Lordon la brute

    “soulèvement” avec des guillemets = un mot isolé sans que jamais on ne nous dise d’où provient cette “citation”.

    “Refuse le débat” = dans les colonnes de libération, ce grand journal qui prétend pourtant porter les idées de toute la gauche

    “Sauf quand l’exposition médiatique lui semble suffisante” = Et ici c’est encore le plus humiliant. Car au stade où en est rendu Libération, effectivement, l’exposition médiatique prodiguée par les colonnes du journal n’est plus suffisante pour qu’un Frédéric Lordon s’abaisse à écrire dedans.


  41. remi dubalais Le 16 mars 2016 à 12h58
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    Ce sont ces tous derniers mots qui résument le cœur du problème : Nous sommes au fond de plus en plus nombreux, à gauche, à penser que les conditions de possibilité d’un changement, à gauche donc, suppose préalablement de court-circuiter les médiateurs institutionnels qui ne fonctionnent en fait que comme des inhibiteurs.
    Les premiers à faire les frais de cette prise de conscience sont les journaux comme Libé ou l’Obs, dont le lectorat s’est évaporé, et qui ne se maintiennent que par le truchement de mécènes financiers, lesquels n’ont intérêt à maintenir ces inhibiteurs intellectuels pour autant qu’ils conservent un semblant d’influence.

    Donc du point de vue de ces journaux là en effet, la violence symbolique est bien une violence tout court : il en va, tout simplement, de leur survie.


  42. pinaute Le 16 mars 2016 à 14h21
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    Facile de contester l’attitude de Lordon surtout quand on est impuissant à démonter son argumentation. Douroux se complaît donc à faire ce qui est le plus facile, attaquer le messager.


  43. RGT Le 16 mars 2016 à 20h24
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    J’avoue na pas avoir réussi à lire jusqu’au bout cette logorrhée “bien pensante” de parfait chien de garde.

    Décidément, depuis que L’aberration a été racheté par Rotschild, ils ont tourné casaque et ne veulent pas déplaire à leurs nouveaux maîtres…

    Ce qui me sidère, c’est qu’il y ait encore des afficionados de ce papier que je n’oserais même pas utiliser à des fins “annexes” de peur de souiller irrémédiablement toute matière qui entrerait en contact avec cette “oeuvre inspirée”.

    Venant de si bas, les invectives ne doivent pas beaucoup éclabousser Frédéric Lordon.
    Comme on disait dans ma jeunesse : Ça vient de si bas que ça passe sous les semelles des godasses!!!”.

    Pauvre Philippe, ça doit vraiment être “Dorouleux” de se prostituer ainsi pour boucler ses fins de mois.

    Toutes mes condoléances à la famille de ce grand auteur, elle en a bien besoin et j’espère qu’il sortira un jour de son coma néolibéral pour renaître un jour à la vie.


  44. belliard Le 06 avril 2016 à 09h56
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    Bonjour , de La Martinique
    Relire Aimé Césaire et lire Frédéric Lordon : du pur bonheur !


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