Grand repli stratégique mondial devant le « hard landing » imminent

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Notre équipe a choisi de placer l’année 2016 sous le signe du « grand repli stratégique », un repli qui va affecter tous les niveaux d’organisation sociale, en commençant bien sûr par les niveaux nationaux, mais pas uniquement.

Ce repli ne signifiera pas encore en 2016 la fin de la mobilité mondiale, des échanges internationaux ou d’internet, et le monde restera encore cette année un village global, mais les murs vont se monter, les régulations s’imposer, les flux se contrôler, les armées se renforcer, les marchés se fragmenter… tout ceci sur une base non plus internationale, puisque l’échec en matière de réforme de gouvernance mondiale est patent, mais sur la base des seules entités politiques disponibles sur le marché : États-nations, groupes religieux et ethniques, certaines organisations supra-nationales, niveau local.

Fin de la grande orgie globale ; tout le monde rentre chez soi… avec une bonne gueule de bois.

Et les portes béantes vont peu à peu se refermer sur une nouvelle configuration globale en cours de stabilisation. L’année 2015 a connu de très grands changements dans les alliances stratégiques. Le camp occidental s’est fragmenté, certains morceaux se sont même séparés. Mais la confiance n’est pas encore au rendez-vous avec les nouveaux alliés.

Le meilleur exemple de cela nous est fourni par ce très grand changement d’équilibre des alliances au Moyen-Orient. Pour le « camp occidental », et Israël en particulier, l’ennemi n’est plus l’Iran mais l’Arabie saoudite. Mais la prise de conscience de cette réalité a pris trop de temps : l’Arabie saoudite et le wahhabisme militant sont lâchés alors que la confiance n’est toujours pas stabilisée vis-à-vis de l’Iran. Dans ces circonstances, la meilleure solution est le repli.

L’Europe est dans une situation analogue. Ses déboires avec la Russie l’ont coupée de son flanc oriental et même si des efforts sont faits actuellement pour renouer avec le grand voisin, les dégâts en matière de confiance sont faits. Sur son flanc sud-sud-est, le partenaire potentiel qu’aurait dû être la Turquie si on avait travaillé à autre chose avec elle qu’à son intégration à l’UE, est désormais lancé sur des pistes de divergence radicale avec l’Europe. Quant à l’Allié par excellence, les États-Unis, il n’y a plus grand monde en Europe pour faire un bilan positif de la relation transatlantique ces dernières années. Les gigantesques flux migratoires dont l’Europe est devenue la cible en conséquence des erreurs stratégiques majeures dans lesquelles l’Allié nous a entraînés, sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase et l’UE est désormais lancée dans un vaste plan de renforcement interne. Repli.

Le Japon également a bien compris qu’il ne pouvait plus compter sur la puissance déclinante des États-Unis pour le protéger. Et c’est n’est bien évidemment pas auprès de la Chine qu’il va réclamer protection. La Chine est certainement un acteur régional incontournable mais le passé houleux entre ces deux puissances et l’incertitude pesant à moyen-terme sur les velléités hégémoniques chinoises obligent le Japon à reprendre la main sur son propre système de défense.

Ce repli stratégique, qui s’accompagne d’une explosion des dépenses militaires de bien mauvais augure, aurait pu être évité si les grands acteurs occidentaux avaient joué le seul rôle intelligent qui leur était imparti : « facilitateur de transition ». Le G20 a constitué de ce point de vue une bonne tentative, initiative européenne rappelons-le. Mais les efforts furent trop petits et surtout trop contrecarrés par unestablishment américain incapable de comprendre les évolutions mondiales et d’y contribuer positivement.

Certes il y a eu cette grande année 2015 de Barack Obama qui a permis de laisser se faire la réintégration de l’Iran (et de Cuba) dans le jeu international. Mais tout cela arrive trop tard, trop peu, trop contrarié par les tensions croissantes et l’inquiétude grandissante.

Les conditions ne sont plus réunies pour que le monde multipolaire se réunisse autour des mêmes tables pour affronter ensemble les grands enjeux collectifs mondiaux. La confiance a disparu. Même entre nouveaux alliés : par exemple, il est bien peu probable que la Sublime Porte et la Mecque soit devenues en une nuit les meilleurs amis du monde de manière profonde et durable. Les tentatives d’alliances contre nature de ce type ne sont pas vouées à passer l’année 2016. Et elles vont inévitablement s’accompagner d’un processus de repli de part et d’autre.

En ce qui concerne l’Arabie saoudite, là encore, ce pays aura fort à faire en matière de stabilisation sociale interne, sans compter qu’il va être de plus en plus obligé de se désolidariser des monstres, tels que Daesh, que ses pathologies sociales ont engendrés.

Les BRICS également seront concentrés sur eux-mêmes cette année. Le Brésil n’est là pour personne d’autre que pour ses problèmes de luttes politiques intestines, d’économie défaillante, de monnaie déclinante, et d’hypersensibilité sociale. Autant dire que sa contribution aux efforts transnationaux de type BRICS, MERCOSUR, OAS, etc., ne seront pas significatifs cette année.

La Chine l’a dit et répété : sa priorité n’est plus sa balance commerciale, mais le développement de son marché intérieur, de ses infrastructures, de son système social, etc. Ses points de croissance ne sont donc plus destinés à nourrir la croissance mondiale. Dans le même mouvement, elle s’occupe de ses frontières et de la protection de son territoire en investissant dans la modernisation de son système de défense nationale. Et ce n’est pas ce qui est arrivé à la Russie en 2014 qui va la dissuader d’avancer dans cette direction.

L’Inde est encore pour le moment dans la pure logique d’ouverture. Mais nous anticipons qu’en 2016, elle va devoir elle aussi faire montre de plus de réserve. Sa présidence BRICS va en faire la cible de tout un tas de manipulations de part et d’autre. Les tentatives de Modi d’équilibrer ses relations extérieures entre États-Unis, Europe, Chine, Russie, Japon, Pakistan… risquent de se terminer comme celles d’Erdogan en 2011. Le premier ministre indien est notamment en train de se faire piéger dans  son rapprochement avec le Japon, nourri de trains à grande vitesse mais aussi de relents anti-chinois, un écueil qu’il avait pourtant clairement identifié en début de mandat comme à éviter. Il est donc probable que l’Inde mène une présidence BRICS très faible en 2016 (ne parvenant pas à exploiter le potentiel intégrateur que nous avions identifié il y a quelques mois), et qu’elle se mette elle aussi à se concentrer en priorité sur son organisation sociale, son projet d’innovation technologique et son budget militaire. Repli.

Revenons un moment sur l’Europe. C’est probablement la seule région au monde qui va se replier sur autre chose que sur son seul niveau national. La réactivation des outils de la souveraineté nationale est en train de se faire de concert entre niveau national et niveau européen. Nous parlons dans les up and down de ce numéro de la zone Schengen dont nous estimons que, loin de s’affaiblir, elle est en train de se renforcer… à la demande des États membres. De même pour le projet d’armée européenne, la mise en réseau des agences nationales de renseignement, etc. Le transfert des outils de la souveraineté (gestion des frontières, armées, renseignement…) vers le niveau européen, en accord avec et sur la base des États membres, est bel et bien en cours et restera la tendance en 2016. Renforcement concomitant des niveaux nationaux et européen.

Il est affligeant, du point de vue de LEAP, que la phase d’intégration politique du continent se mette en place dans un mouvement de repli et non en une aspiration démocratique. C’est ce qui nous a fait anticiper au dernier numéro que l’Europe allait  entrer dans une nouvelle époque sombre de son histoire. Toutes les conditions sont très visiblement réunies.

Seul internet et la très grande transformation des structures sociales qu’il induit, permettent d’espérer que l’Europe (et le monde) puisse ressortir plus vite d’une phase d’enfermement qui semble impossible à long terme au xxie siècle. Mais le ferment de chaos social que voient les establishments dans cet outil nous fait craindre que la « révolution internet » se transforme en « terreur internet » au cours de l’année 2016 : non plus un outil de liberté et d’ouverture au monde pour les citoyens, mais l’instrument au service de la surveillance et de la propagande par les « rameneurs d’ordre ».

Le thème du grand repli stratégique se retrouve en filigrane dans le reste de ce numéro, et en particulier dans le panorama annuel des « ups and downs » de l’année…

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27 réponses à [GEAB] 2016 – Alerte dollar, crise financière, pétrole, banques…

Commentaires recommandés

Anne Le 06 février 2016 à 10h52

Et dire que pendant ce temps là, tous ces “responsables” européens 🙁 négocient dans la plus grande opacité et le plus flagrant déni de démocratie, le traité Union Européenne /USA, autrement dit le “Grand Marché Transatlantique” ou TAFTA, ou TISA, qui mettra chacun de nos pays endettés à la merci de la voracité de multinationales spécialistes de l’évasion fiscale, broyeuses d’emplois et de vies, ce qui risque de détruire tout ce que nous avons comme patrimoine national en le mettant à la merci des créanciers prédateurs et autres fonds vautours.

Il faudrait dire “Aux Armes Citoyens ” !
Alerte aux prédateurs !
ce serait le boulot des médias et des hommes politiques de sonner le clairon pour la mobilisation…pour empêcher la ratification de la fin de l’existence de nos états, tels qu’ils étaient historiquement, en tant que cadre de notre liberté commune et de nos droits communs de citoyens de ces états,

Au lieu de cela, la majorité des médias et des politiciens observent un silence synonyme de complicité envers des menées contraires aux intérêts des français… et plus encore qu’aux intérêts puisque cela signifie la fin de notre liberté.

  1. pucciarelli Le 06 février 2016 à 06h36
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    Le GEAB est (était?) un grand défenseur de l’Euro, qui n’est pas évoqué ici. Ses experts continuent à voir dans l’UE un système susceptible d’adaptation, ce qui reste à prouver. Mais n’étant pas russophobe, il doit être te nu pour un torchon complotiste de plus par nos bien pensants. Il n’empêche que quelques réalités commencent à poindre. Par exemple, le travail de M. Moreira sur l’Ukraine, qui n’aurait peut-être pas été possible il y a quelques mois, plus d’autres signes indiquant que certains journalistes et patrons de presse ont commencé à négocier un virage opportuniste, mais bienvenu. Ne faisons pas la fine bouche sans nourrir d’illusions excessives. Tout changement dans le bon sens, celui du respect d’une information honnête, doit nous réjouir. Notre situation est donc très grave: la vérité redevient peu à peu nécessaire!


    • Charles Michael Le 06 février 2016 à 07h47
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      Il y a une nette évolution du GEAB, au moins dans la partie accessible ici.

      Effectivement sur l’UE et cet optimisme, relatif tout de même, les exemples de solidarité et collaboration au niveau des gouvernements est plutot contredit par la montée des désillusions.
      La vérité serait nécessaire mais elle reste impossible, les ténors, politiques et media, nationaux se sont trop engagés dans les mensonges.

      Les réalités, plutot que la vérité, sont en train de s’imposer et les recours à notre barbarie passée mais surement pas effacée, comme en témoigne nos guerres et intrusions, ressurgit de la Scandinavie à l’Allemagne, pendant que les ex-européens de l’Est s’émancipent de la bien pensance nouvelle.
      Tout ceci ne présage rien de bon.

      Ci-dessous un texte lucidement alarmiste récapitule nos “petits” manquements à la lucidité (en anglais):
      Get Ready… For The Pogrom!

      link to zerohedge.com
      Submitted by Raul Ilargi Meijer via The Automatic Earth blog,


  2. Pampita Le 06 février 2016 à 08h38
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    Le camp autoproclamé du Bien est même en mode panique depuis quelques jours : link to chroniquesdugrandjeu.com


  3. Olposoch Le 06 février 2016 à 08h49
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    La signature cette semaine du TPP (non évoqué) n’invalide-t-elle pas l’ensemble de cette analyse?

    Relire les prédiction passées du GEAB, par exemple celle-ci:
    link to leap2020.eu
    Et comparer avec ce qu’il s’est réellement passé…


  4. cording Le 06 février 2016 à 09h19
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    Le LEAP est en totale contradiction sur Schengen et l’UE qui se renforcent en se réduisant au niveau national. Ils sont incapables de reconnaître le retour aux souverainetés nationales qui sont à la source de la démocratie dans chaque pays. Schengen et l’UE sont moribonds comme l’UE..RSS il y a 30 ans.


  5. J Le 06 février 2016 à 09h23
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    Il me semble qu’on oublie une donnée dans cet intéressant article. Le monde musulman sunnite se réveille et reprend vigueur sous nos yeux après 2-3 siècles de léthargie consécutive à des débâcles militaires (en très gros depuis l’échec du siège de Vienne en 1683). Donc l’idée de djihad, de conquête au nom d’Allah, reprend aussi vigueur, même si la forme et le leadership sont loin d’en être stabilisés.


    • mohamed Le 06 février 2016 à 12h22
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      1) Le monde musulman sunnite ca ne veux rien dire
      2) les arabes du golf ne peuvent pas lever un sourcil sans l’autorisation de leur protecteur qui est le tien les US
      3) on leur vend pour des milliards d’armement c’est dire comment on a peur d’eux
      link to globalresearch.ca


  6. BA Le 06 février 2016 à 10h37
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    Dans leur prochain numéro, les analystes du GEAB nous parleront sûrement de l’Union Européenne et du Royaume-Uni. Sûrement …

    Dans le sondage du vendredi 5 février 2016, les partisans de la sortie de l’Union Européenne explosent leur record !

    Pour rester dans l’Union Européenne : 36 % des personnes interrogées.

    Pour sortir de l’Union Européenne : 45 % des personnes interrogées.

    Ne veut pas voter : 2 % des personnes interrogées.

    Ne sait pas : 18 % des personnes interrogées.

    Ensuite, l’institut de sondage pose la même question en excluant ceux qui ne savent pas et ceux qui ne veulent pas voter. Résultat :

    Pour rester dans l’Union Européenne : 44 % des personnes interrogées.

    Pour sortir de l’Union Européenne : 56 % des personnes interrogées.

    C’est la page 3 :

    link to d25d2506sfb94s.cloudfront.net


  7. Anne Le 06 février 2016 à 10h52
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    Et dire que pendant ce temps là, tous ces “responsables” européens 🙁 négocient dans la plus grande opacité et le plus flagrant déni de démocratie, le traité Union Européenne /USA, autrement dit le “Grand Marché Transatlantique” ou TAFTA, ou TISA, qui mettra chacun de nos pays endettés à la merci de la voracité de multinationales spécialistes de l’évasion fiscale, broyeuses d’emplois et de vies, ce qui risque de détruire tout ce que nous avons comme patrimoine national en le mettant à la merci des créanciers prédateurs et autres fonds vautours.

    Il faudrait dire “Aux Armes Citoyens ” !
    Alerte aux prédateurs !
    ce serait le boulot des médias et des hommes politiques de sonner le clairon pour la mobilisation…pour empêcher la ratification de la fin de l’existence de nos états, tels qu’ils étaient historiquement, en tant que cadre de notre liberté commune et de nos droits communs de citoyens de ces états,

    Au lieu de cela, la majorité des médias et des politiciens observent un silence synonyme de complicité envers des menées contraires aux intérêts des français… et plus encore qu’aux intérêts puisque cela signifie la fin de notre liberté.


    • Leterrible Le 06 février 2016 à 19h21
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      @ Anne (06.02 à 10:52)
      Commentaire, à mon avis , parfait. Merci.
      Reste plus qu’à mettre en exergue le cas pratique de la Grèce où , non contents de “liquider par appartements” les richesses (= derniers actifs) nationales ( à quels types de “sociétés” ?? , d’ailleurs) , sorte d’ex-“politique de la canonnière” modernisée , NOUS allons forcer ce pays partenaire à mettre en place sur son territoire de gigantesques camps de concentration,pardon, de triage de réfugiés , parfois migrants , qui ne veulent en aucun cas y rester et encore moins s’y installer..
      Clair…que cette politique? à courte vue menée en notre nom vise à …renforcer l’économie grecque et à favoriser le retour glorieux d’une croissance-mirage qui rendrait sans nul doute.. leur dette souveraine ..”soutenable” !… Brave citoyen européen “épargnant-contribuable et depuis peu garant en dernier ressort” réjouis-toi , “on” pense à toi , ton avenir est assuré.


    • madake Le 07 février 2016 à 18h11
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      NON, NON! Attention aux confusions,
      il ne faut pas confondre le TAFTA/TTIP avec le TISA.

      Le TAFTA porte sur les obstacles non tarifaires, et va supprimer les règlements et les normes

      link to fr.wikipedia.org

      Le TISA c’est le Trade in Services Agreement, un ACCORD DISTINCT du TAFTA/TTIP,
      qui lui est un autre accord. Il veut aller plus loin que l’Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS) et lever tous les obstacles qui empêchent les entreprises d’un pays de fournir leurs services dans un autre pays.

      link to fr.wikipedia.org

      Le TISA porte sur les services uniquement, mais avec quels effets!
      c’est lui qui permettra de privatiser sans recours, tout ce qu’il ne vaut mieux pas privatiser, notamment la distribution d’énergie (gaz, pétrole, nucléaire…), les établissements pénitentiaires, l’alimentation (restauration scolaire et collective, contrôles sanitaires et vétérinaires..) les transports, l’enseignement et l’éducation (concurrence des universités et écoles, enseignement à distance..), les soins aux personnes, la santé, les services hospitaliers, hospices, dispensaires…
      (la suite plus bas…)


    • madake Le 07 février 2016 à 18h13
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      (suite…)
      MAIS, ils sont complémentaires et se renforcement mutuellement.
      L’existence de l’un justifie l’autre, et force le consentement, c’est indispensable à verrouiller les états dans le libéralisme. Ils ont été dissociés stratégiquement et permettent aux apôtres de l’un de rassurer les populations en leur disant, que non, le TAFTA ne forcera pas à nourrir vos enfants à la cantine, avec tu porc à la ractopamine.
      C’est peut être vrai.

      Mais le TAFTA + le TISA, ne vous laisserons pas le choix.

      Il est révélateur que vous les confondiez, car ils ont été lancés simultanément, avec le même culte du secret. Le TISA parlez en autour de vous, car pour l’avoir fait de nombreuses fois, personne ne connait, on vous regarde avec des yeux vides d’incompréhension.
      Personne n’en soupçonne les conséquences, et la synergie avec le TAFTA.
      Globalement, et c’est bien le terme adéquat, il s’agit de permettre une croissance des activités multinationales, à des entreprises qui le font déjà. Adieu le local et le régional…


  8. Jules Vallés Le 06 février 2016 à 11h00
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    Et comme d’habitude l’avenir du monde des humains se résume à des considérations de dominations économiques, militaires, géo-stratégique, voire financière ou culturelle….
    mais rien sur les problèmes écologiques, d’exploitation inconsidérée (et le mot est faible) de toutes les ressources naturelles, qu’elles soient végétales, animales, minérales… et sur l’empoisonnement de l’eau de la terre et de l’air
    Et bien sur on n’aborde pas le problème démographique, trop clivant
    Le petit bout de la lorgnette comme d’hab!


  9. Louis Robert Le 06 février 2016 à 13h04
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    Craignant de se retrouver bouche bée pour la nième fois, emportés par la Vague, nos éternels “optimistes” nous préparent, de plus en plus fébrilement, et à toujours pire.

    Nous n’avons encore rien vu. — C’est pour très bientôt.

    Ghalib: “Il faut un coeur d’acier pour assister à ces scènes d’aujourd’hui”.


  10. Louis Robert Le 06 février 2016 à 13h27
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    Second regard…

    1. Il est hilarant d’observer cet exercice de novlangue où l’on s’emploie à désigner la débandade et la déroute actuelles comme un “Grand repli STRATÉGIQUE”!…

    2. J’aime bien aussi comment ce doigt européen pointe sévèrement vers la lune: “Ce repli stratégique, qui s’accompagne d’une explosion des dépenses militaires de bien mauvais augure, aurait pu être évité si les grands acteurs occidentaux avaient joué le seul rôle intelligent qui leur était imparti : « facilitateur de transition ». Le G20 a constitué de ce point de vue une bonne tentative, initiative européenne rappelons-le. Mais les efforts furent trop petits et surtout trop contrecarrés par unestablishment américain incapable de comprendre les évolutions mondiales et d’y contribuer positivement.”


  11. Furax Le 06 février 2016 à 16h44
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    Oui. J’avais mis initialement un message disant qu’il fallait avoir un sacré problème de perception ou d’interpretation pour affirmer que l’Europe etait en train de renforcer son integration.

    Et pourtant il a disparu.


    • Subotai Le 06 février 2016 à 19h50
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      “”… l’Europe etait en train de renforcer son integration.””
      ********************
      C’est ce qu’ils font, au niveau des instances dirigeantes européennes.

      Que se soit contesté sur certains points, au niveau de certains États, ne garantit pas le résultat, mais le fait est là, que justement dans la crainte de l’éclatement “politique”, l’intégration fonctionnelle s’accélère.


    • Agent Smith Le 07 février 2016 à 15h56
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      Salut Furax
      je vous avais fait une réponse il y a 15 jours sur NVB, il a été censuré car je citais South Park (j’ai citer aussi wikileaks – c’est peut être interdit), l’épisode cité il y a 2 jours sur ce site (c’est assez cocasse je trouve). Hier j’ai posté sur cet article, commentaire censuré…
      merci de m’expliquer laquelle de ces prédictions du GEAB s’est réalisée ?
      Explosion du cours de l’or et des MP / Dislocation des USA (prévue pour il y a 3 ans) / crise des munibonds (soit disant supérieure aux subprimes) / Crise des prêts étudiants / sécession des états américains / effondrement du dollar.
      Celui qui suit le Geab depuis 5 ou 6 ans sait que ce “truc” n’a aucune crédibilité… il suffit de lire et de comparer avec la réalité


  12. Charlie Bermude Le 06 février 2016 à 16h57
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    Geab , l’enfonceur de portes ouvertes . Tout le monde a compris . Dans tout le monde j’exclus évidemment la grosse masse qui suit l’escalator en montée et en descente avec ses sacs plastiques bourrés d’indispensables . Je parle de ceux qui comptent , ce qui n’inclut pas ceux qui décident et qui sont autorisés non plus , mais les autres qui décident autrement , par eux mémes et pour eux mémes .
    Alors l’Internet , dernier refuge nous serait , substitué , par la toute-puissance du systéme . J’ai un doute là , le systéme vient justement de se faire évincer de son défi : le bitcoin , insignifiant coté quantitatif , celà va de soi , mais qualitatif ? Comme il se doit , du coup , il sombre vers les abysses infinis . ( j’ai repéré quand méme une diagonale à la Deleuze qui me rassure tout à fait) .
    Mais reprenons le Geab , donc , il nous reste l’Europe , mais , la bonne , hein ! Qui va ressurgir comme le phoenix , la preuve dans son numéro auquel je n’ai toujours pas pris d’abonnement ,
    pas par pingrerie , par manque de conviction .
    Faudrait me les donner gratis les arguments , comme internet encore actuellement .


  13. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h02
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    C’est très pénible de critiquer un article lorsque chaque phrase, quand elle n’est pas une généralité sans intérêt, est critiquable. Je viens cependant d’en faire l’effort, mais la critique ne rentre pas dans le format limité désormais imposé, même en raccourcissant aux maximum les citations. Je vais la scinder en commentaires plus petits.


  14. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h09
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    Critique 1 : “Le meilleur exemple de cela nous est fourni par ce très grand changement d’équilibre des alliances au Moyen-Orient. Pour le « camp occidental », et Israël en particulier, l’ennemi n’est plus l’Iran mais l’Arabie saoudite.” pour le « camp occidental », l’Iran est redevenu “fréquentable”, mais Israël et l’Arabie Saoudite ont leur propre point de vue, non ? Et les problèmes que l’Arabie Saoudite peut poser au camp occidental ne suffisent pas pour en faire un ennemi.


  15. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h14
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    Critique 2 : “Les conditions ne sont plus réunies pour que le monde multipolaire (…). La confiance a disparu.” : les “conditions” n’ont jamais été réunies, et la notion de “monde multipolaire” n’a été qu’effleurée par Chirac et Poutine : autant dire qu’elle n’a jamais existé. Quant à “la confiance”, de manière générale, elle n’est jamais apparu. Il faudrait préciser de quelle confiance il s’agit, (entre quels partenaires ? à propos de quoi ?), pour pouvoir affirmer qu’elle a disparu.


  16. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h18
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    Critique 3 : “l’Arabie saoudite, (…) va être de plus en plus obligé de se désolidariser des monstres, tels que Daesh” : l’on ne voit pas du tout ce qui “obligerait” l’Arabie Saoudite à se “désolidariser des monstres” autrement qu’en paroles, ce qu’elle fait depuis longtemps.


  17. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h23
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    Critique 4 : “C’est probablement [l’Europe] la seule région au monde qui va se replier sur autre chose que sur son seul niveau national. La réactivation des outils de la souveraineté nationale est en train de se faire de concert entre niveau national et niveau européen.” : l’accord Shegen part en compote et ils appellent ça “réactivation” “de concert” de la “souveraineté nationale” ?

    Un peu plus loin, c’est le contraire : “Le transfert des outils de la souveraineté (…) vers le niveau européen, (…), est bel et bien en cours et restera la tendance en 2016.” : oui, évidemment, l’Europe ne va pas se défaire en un an.


  18. Crapaud Rouge Le 06 février 2016 à 17h34
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    Dernière critique : “Seul internet et la très grande transformation des structures sociales qu’il induit, permettent d’espérer que l’Europe (…) puisse ressortir plus vite d’une phase d’enfermement (…).” : on pige pas du tout le lien de cause à effet. (Surtout que la “phase d’enfermement” est à peine commencée.)

    Il n’y a guère que la phrase décrivant le “repli” qui tienne la route. (“Ce repli ne signifiera pas encore en 2016 la fin de la mobilité mondiale, (…) mais les murs vont se monter, les régulations s’imposer,…“)


  19. lon Le 06 février 2016 à 18h37
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    Ah…GEAB…

    Florilège :

    Pour le « camp occidental », et Israël en particulier, l’ennemi n’est plus l’Iran mais l’Arabie saoudite ( sérieux ? )

    le partenaire potentiel qu’aurait dû être la Turquie si on avait travaillé à autre chose avec elle qu’à son intégration à l’UE, ( ah bon , on a travaillé à son intégration ? )

    les États-Unis, il n’y a plus grand monde en Europe pour faire un bilan positif de la relation transatlantique ces dernières années.( faut dire ça à la Commission Européenne et à la grande finance )

    En ce qui concerne l’Arabie saoudite, là encore, ce pays aura fort à faire en matière de stabilisation sociale interne, sans compter qu’il va être de plus en plus obligé de se désolidariser des monstres, tels que Daesh, que ses pathologies sociales ont engendrés.( ah bon , c’est ” les pathologies sociales saoudiennes” qui ont engendré Daesh ? )

    Seul internet et la très grande transformation des structures sociales qu’il induit ( ….pffff…)

    Qui prend encore ces gens au sérieux ?


  20. theuric Le 06 février 2016 à 21h24
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    Le L.E.A.P. s’éloigne de la réalité, enferré dans son dogme, même si celle-ci ne peut que le contraindre de temps en temps.
    Quid donc de la désindustrialisation mondiale en cours, de la paralysie institutionnalisée, pour dire le moins, de toutes les instances gouvernementales de l’Union-Européenne forçant les pays au retour à leur souveraineté, de son aspect anti-démocratique intimement lié à ses faiblesses, de son lien originel d’avec l’empire U.S. qui la fait s’enfoncer au même rythme que son maître, des désaccords géostratégiques abyssaux entre ses différents états, d’une Chine au bord de sa faillite en accompagnement de celle des U.S.A., de l’importance stratégique de la Méditerranée, entre autres…?
    Certains points sont bien vus, comme la fermeture frontalière, l’impossibilité de la Turquie et de l’Arabie-Séoudite de s’entendre ou l’explosion évidente et depuis longtemps prévisible du réarmement mondial, il manque, là encore, d’une réflexion sur le réarmement des pays de l’U.E..


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