Je partage avec vous aujourd’hui la vision du “GlobalEurope Anticipation Bulletin”, qui est pour moi de loin une des meilleures sources d’information sur la Crise.

GEAB N°63 est disponible! Crise systémique globale - Les cinq orages dévastateurs de l'été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial
Dans son numéro de Janvier 2012, LEAP/E2020 a placé l’année en cours sous le signe du basculement géopolitique mondial. Le premier trimestre 2012 a largement commencé à établir qu’une époque était en effet en train de se terminer avec notamment : les décisions de la Russie et de la Chine de bloquer toute tentative occidentale d’ingérence en Syrie (1) ; la volonté affirmée des mêmes, associées à l’Inde (2) en particulier, d’ignorer ou de contourner l’embargo pétrolier décidé par les Etats-Unis et l’UE (3) à l’encontre de l’Iran ; les tensions croissantes dans les relations entre les Etats-Unis et Israël (4) ; l’accélération de la politique de diversification hors du Dollar US conduite par la Chine (5) et les BRICS (mais également le Japon et l’Euroland (6)) ; les prémisses du changement de stratégie politique de l’Euroland à l’occasion de la campagne électorale française (7) ; et l’intensification des actes et discours alimentant la montée en puissance de guerres commerciales trans-blocs (8). En Mars 2012, on est loin de Mars 2011 et du « bousculement » de l’ONU par le trio USA/UK/France pour attaquer la Libye. Mars 2011, c’était encore le monde unipolaire d’après 1989. Mars 2012, c’est déjà le monde multipolaire de l’après crise hésitant entre confrontations et partenariats.

 

Evolution des réserves de change chinoises et de leur part en titres US (2002-2011) (en millier de milliards USD) (en vert : total ; en saumon : titres US ; courbe rouge : évolution en % de part des titres US dans le total) - Sources : Banque populaire de Chine / Trésor US / Wall Street Journal / DollarCollapse, 03/2012

Evolution des réserves de change chinoises et de leur part en titres US (2002-2011) (en millier de milliards USD) (en vert : total ; en saumon : titres US ; courbe rouge : évolution en % de part des titres US dans le total) – Sources : Banque populaire de Chine / Trésor US / Wall Street Journal / DollarCollapse, 03/2012
Ainsi, comme anticipé par LEAP/E2020, le traitement de la « crise grecque » (9) a rapidement fait disparaître la soi-disant « crise de l’Euro » des unes des médias et des inquiétudes des opérateurs. L’hystérie collective entretenue à ce sujet au cours du second semestre 2011 par les médias anglo-saxons et les Eurosceptiques aura fait long feu : l’Euroland s’impose de plus en plus comme une structure pérenne (10), l’Euro est à nouveau en vogue sur les marchés et pour les banques centrales des pays émergents (11), le duo Eurogroupe/BCE a fonctionné efficacement et les investisseurs privés auront dû accepter une décote allant jusqu’à 70% de leurs avoirs grecs, confirmant ainsi l’anticipation de LEAP/E2020 de 2010 qui parlait alors d’une décote de 50% quand personne ou presque n’imaginait la chose possible sans une « catastrophe » signifiant la fin de l’Euro (12). In fine, les marchés se plient toujours à la loi du plus fort … et à la peur de perdre plus, quoiqu’en disent les théologiens de l’ultra-libéralisme. C’est une leçon que les dirigeants politiques vont précieusement garder en mémoire car il y a d’autres décotes à venir, aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Nous y revenons dans ce GEAB N°63.

 

Encours de la dette publique détenue par la banque centrale (2002-2012) - Etats-Unis (en violet), Royaume-Uni (en gris), Euroland (en pointillés violets), Japon (en pointillés gris) - Sources : Datastream / banques centrales / Natixis, 02/2012

Encours de la dette publique détenue par la banque centrale (2002-2012) – Etats-Unis (en violet), Royaume-Uni (en gris), Euroland (en pointillés violets), Japon (en pointillés gris) – Sources : Datastream / banques centrales / Natixis, 02/2012

Parallèlement, et cela contribue à expliquer la douce euphorie qui alimente les marchés et nombre d’acteurs économiques et financiers ces derniers mois, pour cause d’année électorale et par nécessité de faire à tout prix bonne figure face à une zone Euro qui ne s’effondre pas (13), les médias financiers américains nous refont le coup des « green shoots » du début 2010 et de la « reprise » (14) du début 2011 afin de peindre une Amérique en « sortie de crise ». Pourtant les Etats-Unis de ce début 2012 ressemblent bien à un décor déprimant peint parEdward Hopper (15) et non pas à un chromo 60s rutilant à la Andy Warhol. Comme en 2010 et 2011, le printemps va d’ailleurs être le moment du retour au monde réel.

Dans ce contexte d’autant plus dangereux que tous les acteurs sont bercés d’une dangereuse illusion de « retour à la normale », en particulier du « redémarrage du moteur économique US » (16), LEAP/E2020 estime nécessaire d’alerter ses lecteurs sur le fait que l’été 2012 va voir cette illusion voler en éclat. En effet, nous anticipons que l’été 2012 verra la concrétisation de cinq chocs dévastateurs qui sont au cœur du processus de basculement géopolitique mondial en cours. Les nuages noirs qui s’amoncellent depuis le début de la crise en matière économique et financière sont maintenant rejoints par les sombres nuées des affrontements géopolitiques.

Ce sont donc, selon LEAP/E2020, cinq orages dévastateurs qui vont marquer l’été 2012 et accélérer ainsi le processus de basculement géopolitique mondial :

. rechute des USA dans la récession sur fond de stagnation européenne et de ralentissement des BRICS
. impasse pour les banques centrales et remontée des taux
. tempête sur les marchés des devises et des dettes publiques occidentales
. Iran, la guerre « de trop »
. nouveau krach des marchés et des institutions financières.

Dans ce GEAB N°63, notre équipe analyse donc en détail ces cinq chocs de l’été 2012.

Parallèlement, en partenariat avec les Editions Anticipolis, nous publions un nouvel extrait du livre de Sylvain Périfel et Philippe Schneider, « 2015 – La grande chute de l’immobilier occidental », à l’occasion de la mise en vente de sa version française. Il traite des perspectives du marché immobilier résidentiel américain.

Enfin, nous présentons nos recommandations mensuelles ciblées dans ce numéro sur l’or, les devises, les actifs financiers, les bourses et les matières premières.


Notes :
(1) Un article de CameroonVoice, publié le 06/03/2012, offre un tour d’horizon intéressant de cette situation de blocage qu’il nous paraît utile d’analyser sous l’angle géopolitique autant que sons l’angle humanitaire qui a tendance à camoufler nombre de paramètres derrière les « évidences de la cause juste ». Souvenons-nous de l’attaque sur la Libye et des conséquences désastreuses qu’elle entraîne aujourd’hui pour de nombreux Libyens et pour toute la région ; dernière en date : la déstabilisation de toute une partie de l’Afrique sub-saharienne, comme le Mali par exemple. A ce sujet, on peut lire la très intéressante analyse de Bernard Lugan dans Le Monde du 12/03/2012.
(2) Et au Japon qui fait profil bas mais n’a pas l’intention d’arrêter de s’approvisionner en pétrole iranien. La Chine et l’Inde de leurs côtés accroissent leurs livraisons de pétrole iranien et s’engouffrent dans le vide laissé par les Occidentaux. Les Indiens utilisent même désormais l’Iran comme une porte vers le pétrole d’Asie centrale. Sources : Asahi Shimbun, 29/02/2012 ; Times of India, 13/03/2012 ; IndianPunchline, 18/02/2012
(3) Attendons de voir ce que sera la volonté de l’UE en la matière dans la seconde moitié de 2012. Avec la fin de la tutelle US sur la politique étrangère française suite au changement de président français, de nombreux aspects de la politique internationale de l’Europe vont changer.
(4) Nombreux sont les responsables israéliens et américains qui se demandent dans quel état vont être les relations entre les deux pays à l’issue de cette quasi-confrontation sans précédent sur la question d’une éventuelle attaque de l’Iran. Pour certains, on s’approche du moment de « ras-le-bol » d’Israël de la part des Etats-Unis, comme l’analyse l’article de Gideon Levy dans Haaretz du 04/03/2012.

(5) Derniers exemples en date : l’accord des BRICS pour organiser entre eux des échanges en devises nationales, et particulièrement en Yuan du fait de la volonté de Pékin d’internationaliser sa devise ; et la décision du Japon d’acheter des bons du Trésor chinois en accord avec Pékin. Pékin agit ainsi à l’opposé du Japon « dominant » des années 1980 qui n’avait jamais osé pousser à l’internationalisation du Yen. Cet aspect suffit à réduire à néant toutes les comparaisons entre l’ascension avortée du Japon et la situation de la Chine aujourd’hui. Tokyo était sous contrôle de Washington ; Pékin ne l’est pas. Sources : FT, 07/03/2012 ; JapanToday, 13/03/2012

(6) Les banques de l’Euroland se dégagent de leurs activités de prêts en USD. Source : JournalduNet, 23/02/2012

(7) A savoir la fin du social-libéralisme qui avait pris la place de la social-démocratie européenne au cours de ces deux dernières décennies ; et le retour de l’ « économie sociale de marché » au cœur du modèle rhénan, modèle historique européen continental. De la Slovaquie du nouveau premier ministre Fico à la France du futur président Hollande (ceci n’est pas un choix politique mais le résultat de nos anticipations publiées dès Novembre 2010 dans le GEAB N°49) en passant par l’Italie de Mario Monti et une Allemagne où conservateurs et sociaux-démocrates doivent désormais faire le chemin européen ensemble puisqu’il le faut pour obtenir la majorité nécessaire à la ratification des nouveaux traités européens, on voit se dessiner les contours de la future stratégie économique et sociale de l’Euroland : fiscalité progressive renforcée, solidarité sociale, efficacité économique, mise sous contrôle du secteur financier, vigilance douanière, … en résumé : éloignement à grande vitesse du modèle anglo-saxon à la mode depuis 20 ans parmi les élites du continent européen.

(8) Derniers épisodes en date : l’attaque devant l’OMC de la politique commerciale chinoise concernant les « terres rares » par les Etats-Unis, appuyés par l’UE et le Japon ; les nouveaux rebondissements des accusations réciproques USA/UE toujours devant l’OMC concernant les subventions à Boeing et Airbus ; la « guerre monétaire » déclenchée par le Brésil contre les Etats-Unis et l’Europe. Sources : CNNMoney, 12/03/2012 ; Bloomberg, 13/03/2012 ; Mish’s GETA, 03/03/2012

(9) D’ailleurs, impensable pour beaucoup il y a seulement trois mois, l’agence de notation vient de remonter la note de la Grèce. Source : Le Monde, 13/03/2012

(10) Les questions de démocratisation de ces structures se posent comme nous l’avons souligné. Mais ces structures (MES, BCE, …) sont désormais établies. Aux acteurs et forces politiques des deux prochaines années d’entamer leur mise sous contrôle par les citoyens plutôt que de passer leur temps à regretter un temps merveilleux … où les citoyens n’avaient même pas la moindre idée de comment leur pays gérait sa dette. Et ce n’est pas en attaquant les technocrates qui ont fait le « sale boulot » au milieu de la tempête que les politiques trouveront le chemin de la légitimation démocratique des institutions de l’Euroland, mais en proposant de nouveaux mécanismes et des processus d’implication des peuples dans les décisions. A ce propos, il est utile de savoir qu’au Parlement européen, le groupe PPE (où siègent notamment les partis de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel) tente de tuer dans l’œuf une proposition trans-partisane de création de 25 sièges du Parlement européen qui seraient élus sur des listes transnationales avec l’UE comme circonscription unique. Selon LEAP/E2020, cette proposition est un petit pas sur le seul chemin qui peut conduire à un contrôle citoyen des décisions européennes. Il est regrettable que des chantres de la nécessité de rapprocher l’Europe des peuples soient en fait complices du blocage d’une première tentative sérieuse dans cette direction. Source : European Voice, 11/03/2012

(11) Même le Financial Times, pourtant l’un des acteurs-clés de l’hystérie anti-Euro, doit désormais reconnaître que les marchés émergents (acteurs publics et privés) ont retrouvé leur appétit pour la devise européenne. Source : Financial Times, 26/02/2012

(12) Nous insistons sur ces points car il ne faut pas oublier trop vite les discours dominants de 2010 et 2011 qui ont incité les investisseurs à acheter de la dette grecque car c’était une « affaire en or » ! Souvent les mêmes « experts » ont aussi pronostiqué une parité €/$ entraînant nombre d’opérateurs à vendre leurs Euros pour acheter du Dollar dans cette même logique. Résultat : ces « experts », qui peuplent les unes des médias et les émissions financières, ont fait perdre beaucoup d’argent aux uns et aux autres. Pour savoir anticiper l’avenir, il faut aussi entretenir sa mémoire !

(13) N’oublions pas que sans l’hystérie collective entretenue autour de la « crise de l’Euro », dès la fin 2011, les Etats-Unis auraient été incapables de financer leurs énormes déficits. Wall Street et la City ont dû peindre une Europe au bord du gouffre pour pouvoir maintenir le flux d’achats de leurs titres. Maintenant que cette propagande ne fonctionne plus, il est donc vital d’essayer d’embellir la situation US faute de tarir la source extérieure du financement de l’économie américaine. Voir GEAB N°58 à 61.

(14) Pour mémoire, mi-2010, le FMI se préoccupait de ne pas « handicaper la reprise ». Et en Janvier 2011, les experts se demandaient comment bénéficier de la « reprise » démontrée par les fameux « indicateurs clés » ! Sources : FMI, 07/07/2010 ; CreditInfocenter, 27/01/2011

(15) Notre équipe tient à préciser que nous apprécions le talent de Hopper et qu’il n’est cité ici que parce qu’il est le peintre par excellence de la classe moyenne de l’ « âge d’or » des Etats-Unis, qu’il a pourtant en général montrée dans une atmosphère très dépressive. Nous ne pouvons qu’imaginer ce que serait l’ambiance de ses tableaux aujourd’hui avec une classe moyenne en perdition dans un « âge de fer » pour le pays.

(16) Nous rappelons que c’est le crédo fondamental sur lequel repose tout le système économique et financier global. Et en trois ans de crise, pour la première fois depuis 1945, ce moteur ne fonctionne plus. Alors il faut prétendre le plus longtemps possible, en espérant un miracle. A l’été 2012, les orages porteront bien des éclairs mais il n’y aura pas de foudre miraculeuse ; bien au contraire.

Jeudi 15 Mars 2012

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Abonnement : pour ceux qui en ont les moyens, en particulier en entreprise, je ne peux que vous recommander l’abonnement à cette excellente revue de prospective sur la Crise, qui avait annoncé dès 2006 la crise actuelle.

Je rappelle que LEAP ne reçoit aucune subvention ni publique, ni privée, ni européenne, ni nationale et que ses ressources proviennent uniquement des abonnements au GEAB.

33 réponses à GEAB N°63 : Les cinq orages dévastateurs de l’été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial

  1. zarnoz Le 21 mars 2012 à 06h26
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    superbe site d’anticipation de la crise, l’un des seuls qui existe en Europe…bravo à vous et à eux pour votre persévérance dans l’explication de ce tsunami économique et les explications oisives de nos politiques


  2. chris06 Le 21 mars 2012 à 09h09
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    @olivier,

    entre “l’euro-catastophisme” d’un Farage dans votre billet précédent et “l’euro-structure pérenne” d’un LEAP de ce billet vous pourriez pas trouver des analyses un petit peu moins biaisées?

    Du coup je me demande bien laquelle des deux vous parait la moins biaisée? 

    Remarquez, je vous donne raison sur un point, prédire l’avenir de l’euro c’est un peu comme prédire celui du chat de Schrödinger… c’est sûr qu’en superposant les deux états, mort et vivant, on est sûr de pas se tromper!


    • step Le 21 mars 2012 à 13h17
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      une autre manière de répondre à cette question (et je pense que c’est la tournure du GEAB) qui est aussi un peu la mienne. L’europe deviendra ce que l’on fera d’elle. Si elle se démocratise, elle se renforcera, si elle se crispe comme actuellement elle implosera.


  3. chris06 Le 21 mars 2012 à 09h17
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    Du coup, je ne peux résister à partager cette video qui m’a fait bien rire ce matin…

    L’IPAD du grand père
    link to biertijd.com 

    Juste histoire de détendre l’atmosphère… 


  4. christ Le 21 mars 2012 à 09h52
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    “l’Euroland s’impose de plus en plus comme une structure pérenne”.
     
    En effet c’est à mourir de rire… Mais surtout ça décrédibilise totalement ces gens. Au départ, ils étaient intéressants, avec un ton neuf. Mais leur hystérie pro Euro devient réellement… gênante.
    Comment peuvent ils se regarder dans le miroir le matin, et ne pas se dire : “j’en aligne un bon paquet des sornettes” ?
    C’est un grand mystère.


    • step Le 21 mars 2012 à 13h20
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      moins que d’autres, ceci dit sur ce point, je suis d’accord avec vous. A part leur eurolatrerie, je ne pense pas que ce soit les experts qui doivent raser le plus les murs. Apres pour nous, européens, c’est génant.


    • Goldfinger Le 21 mars 2012 à 19h03
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      Ceci dit, rien ne vous empêche (sauf si vous n’avez pas acheté le livre ‘Crise mondiale – En route pour le monde d’après: La France, l’Europe et le monde dans la décennie 2010-2020′, par Franck Biancheri  :-) ) de donner votre avis sur le forum lié link to forum-anticipolis.eu
      et si cela ne fonctionnait pas il reste le formulaire de contact sur link to leap2020.eu  ;-)


  5. Patrick-Louis Vincent Le 21 mars 2012 à 10h00
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    “Avec la fin de la tutelle US sur la politique étrangère française suite au changement de président français, de nombreux aspects de la politique internationale de l’Europe vont changer.”

    LEAP ne peut cacher sa préférence pour François Hollande. Mais il n’est pas encore élu. Quand bien même il le serait, je ne vois quel changement de politique étrangère l’on pourrait en attendre. Hollande est pro-OTAN, pro Américain et pro-sioniste. Il mènera exactement la même politique que Nicolas Sarkozy ; seul le style, donc l’emballage, différera.


  6. Patrick-Louis Vincent Le 21 mars 2012 à 10h11
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    Concernant la guerre en Iran. Il ne devrait rien se passer avant la fin de l’année. Barak Obama a demandé à Netanyaou d’attendre jusque là pour laisser des chances à la négociation et aux effets des esures d’embargo.

    La guerre est moins certaine qu’il y a 3 mois. Pourquoi ? parce que les Chinois, et surtout les Russes, ont mis leur veto à la guerre programmée par les US en Syrie. Les Russes ont clairement fait savoir que la Syrie, alliée de l’Iran et du Liban, était une chasse gardée. Pas question pour les Russes de laisser les EU les priver de l’accès à la Méditerranée par le Liban. Les EU savent donc qu’ils ne pourront pas compter sur une résolution de l’ONU pour poursuivre leurs guerres hégémoniques, financées par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

    Cela change singulièrement la donne. Les BRICS apparaissent, de plus en plus, comme des alliés objectifs de l’Iran. Les US savent, désormais, qu’une guerre en Iran ne serait pas une simple guerre régionale, mais qu’elle pourrait tourner en guerre mondiale.    


  7. orgent Le 21 mars 2012 à 11h00
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    N’oublions pas qui se cache derrière cette publication, et surtout leur position idéologique vis à vis de l’Europe:
    link to fr.wikipedia.org
    link to fr.wikipedia.org
    link to fr.wikipedia.org

    Cela dit, hormis cet optimisme béat vis à vis de l’Euroland, on peut partager leur constatation géopolitique des points 1 à 6.   


    • Casquette Le 21 mars 2012 à 12h39
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      Je n’avais jamais fait le rapprochement entre les fonctions de Franck Biancheri et les 2 institutions , pourtant il suffisait de cliquer les liens !Merci en tout cas,j’avais déjà cessé de lire leurs publications à cause de certaines incohérences qui laissaient présager certains biais idéologiques.
      Qui furent confirmées par ce billet de RST qui a participé à une de leur conférence :
      link to ecodemystificateur.blog.free.fr
       
       


  8. PaLuder Le 21 mars 2012 à 15h56
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    Bonjour à tous, juste un petit mot pour relever que ce n’est pas que la finance qui dirige le monde … le monde de la finance à certes une forte influence, mais ce sont les économie et les crises qui ont le plus grand mot, influencés par les décisions politiques, la limite des matières premières, les grands événements et les informations mondiales … les médias ont une très grande influence, il peuvent s’ils le veulent, calmer les tensions ou les attise sur un point particulier. Je pense que les médias n’ont pas une éthique assez poussée, il serait bien que les reportages soient mieux assurés, plus réfléchis sur les influences dégagées …


  9. Un_passant Le 21 mars 2012 à 16h03
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    On peut reprocher le biais europhile du LEAP, mais, pour ce qui est de la crise, il reste qu’ils font partie des rares a avoir anticipé la crise et… question biais idéologique, ça n’est pas pire que ces journaux français dont l’analyse économique se réduit trop souvent à paraphraser les journaux anglosaxons ce qui fait qu’il ont perdu tout crédit à mes yeux.

    Et ce n’est pas un Charles Gave, par exemple, qui me semblera plus crédible que le LEAP, je dirais même que c’est le contraire; à l’opposé du LEAP, il ne cite AUCUNE source alors que celles du LEAP sont étonnamment variées (il peuvent citer aussi bien des journaux français, allemands, chinois, arabes qu’américains ce qui prouve la diversité de leurs sources. Ils sont rare ceux à qui l’on peut accorder un crédit similaire).

    Maintenant leur anticipation favorable à Hollande (mais si je pense aussi que c’est ce qu’il va se passer) ou leur optimisme concernant l’UE me mets mal à l’aise car justement comme ils le font remarquer le regroupements des partis de droite européen fait tout pour contrecarrer un projet permettant des votes trans-européens et un plus grand pouvoir et une plus grande légitimité pour le parlement européen. En gros la droite soutient l’idée de rendre maintenir les citoyens captifs de la Commission à Bruxelles, ce qui est tout sauf démocratique.


  10. DAN Le 21 mars 2012 à 18h04
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    Personnellement Mr Berruyer vous êtes super , hier j’annonçait que nous allions assister à des bouleversement dans les mois à venir …..aujourd’hui vous présentez le programme de changement géo-politique , programme tout à fait sérieux Mes compliments


  11. GUS Le 21 mars 2012 à 21h55
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    en l’occurrence c’est plus de l’eurolâtrie que de l’europhilie, et c’est bien là le prob. Tout le monde a sa sensibilité et ses préférences, même notre ami Olivier, cela n’empêche pas l’analyse rationnelle des faits.
    Dans le cas de LEAP, on est quand même plus dans le champ de la propagande, voire du délire mystique. [Modéré]


  12. pimo Le 21 mars 2012 à 22h32
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    Ce qu’on peut reprocher au LEAP, c’est avant tout de ne pas prendre en compte la situation et le devenir des peuples dans leur soutien au projet européiste.

    Dire depuis longtemps – et avec raison – que la crise de l’Euro a été allumée par les anglo-saxons et que le chemin de croix de la Grèce n’est dû qu’à l’incapacité des Européens à se mettre d’accord pour venir à l’aide d’un pays membre d’importance mineure (3% des encours de dettes de l’Union si ma mémoire est bonne) ne suffit pas pour justifier la poursuite – je dirais l’accélération – du processus d’intégration de l’Euroland, quand on voit le prix à payer pour les peuples concernés.

    A aucun moment, il n’est question des coupes sociales systématiques, entreprises soit brutalement comme en Grèce, en Italie ou en Espagne, soit par touches successives comme en France, avec la bénédiction des Institutions Européennes et de ses avatars eurolandais. 
    A aucun moment il n’est question des choix politiques poursuivis par ces mêmes institutions lancées dans une course à un libéralisme de plus en plus affirmé, avec les dégâts que l’on sait économiques, sociaux et environnementaux que l’on sait.

    Tout au plus le LEAP pointe-t-il le défaut de démocratie entourant cette évolution, mais qui auquel les années 2011-2013 sont en train de remédier, avec le renouvellement (ou la confirmation) en cours et par les urnes des partis au pouvoir dans l’Euroland – renouvellement sensé adouber les dirigeants poursuivant le processus d’intégration.

    Cela, c’est bien sûr nier la réalité d’une organisation politico-médiatique qui n’a aujourd’hui que l’apparence de la démocratie : on le voit bien en France où les 2 partis dominants en course pour les Présidentielles poursuivent en fait le même programme politique, sans que la population en ait réellement conscience… Il serait plus juste de dire que le peuple ressent intuitivement cette collusion, ce que l’on retrouve dans les intentions de vote des Français qui se situent plutôt dans le rejet d’un candidat que l’adhésion franche… Faites un sondage autour de vous pour le constater !

    Le LEAP nous promet une Europe – et aujourd’hui un Euroland – moteur du monde du XXIème, à l’égal des Etats-Unis ou de la Chine… Un beau projet ! Un must !
    Mais quels sacrifices les peules vont-ils devoir consentir pour y parvenir ? Nous n’avons encore rien vu des réductions drastiques qui vont être décidées dans les budgets sociaux ouest-européens dès que la crise en cours entrera dans une nouvelle phase d’accélération ; et c’est pour bientôt !
    Faut-il en passer par là pour obtenir le Saint Graal Européen ?  
      
     


  13. Patrick-Louis Vincent Le 22 mars 2012 à 10h46
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    L’Europe unie n’est pas un but en soi. Le projet participe d’un autre projet, beaucoup plus vaste, qui est une gouvernance mondiale. Pour cela les mondialistes procèdent par étapes. Ils ont, dans leurs cartons, le projet de découper le monde en zones de poids économique ou démographique à peu près comparables : un pôle en Amérique du Nord avec les US, le Canada et le Mexique (ALENA), un pôle asiatique (EURASIA), un pôle en Amérique du Sud, un pôle en Europe (UE), un pôle panarabe (les coups d’état en Egypte, en Lybie et celui, manqué, en Syrie, vont dans ce sens).

    Ces différents pôles doivent commencer par devenir des zones de libre-échange, avec circulation des capitaux et des hommes à l’intérieur des frontières périphériques à la zone, puis adopter une monnaie commune ou unique (l’euro en Europe, l’Améro en Amérique du Nord, le Sucre en Amérique latine…)Les noms peuvent changer mais le projet est bien celui-là.

    La démocratie n’est pas un but pour ces élites mondialistes, mais un instrument. Ces pôles peuvent être créés dans un cadre démocratique, mais si ce n’est pas possible, alors on passe outre. Papademos et Monti font des réformes en dehors de toute démocratie ; les dictateurs, devenus inutiles pour le projet, sont renversés (mais toujours au nom des droits de l’homme et de la démocratie). Des régimes plus accomodants sont mis en place.

    Les élites mondialistes profitent de la crise économique et financière pour pousser plus avant leurs pions. Les coups d’état en Afrique sont venus en pleine crise mondiale. En Europe, c’est le MES qui est imposé aux peuples qui n’ont pas leur mot à dire. En France le débat est complètement absent des présidentielles. Le vote au parlement du MES s’est fait en catimini et n’a été relaté par la presse que pendant 48h.

    La construction de l’Europe se fait à marche forcée.     


    • Patrick Luder Le 22 mars 2012 à 11h09
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      @Patrick-Louis Vincent

      Vous oubliez un peu vite qu’il y a encore beaucoup de pays ou les décisions sont prises par le peuple … une telle mondialisation n’aura pas lieux, il reste bien assez de personnes sensées et responsables !  


      • Patrick-Louis Vincent Le 22 mars 2012 à 11h56
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        Le pire n’est jamais certain ! Mais le dessein de l’élite mondialiste avance inexorablement. Ne trouvez-vous pas que la démocratie recule un peu partout ? En Europe, je l’ai dit, mais même aussi aux EU avec le Patriot Act I de Bush et II d’Obama. Même en France, où le pouvoir des préfets prend de plus en plus le pas sur celui des élus.

        Je ne suis pas aussi optimiste que vous. Des personnes sensées et responsables, dîtes vous ! Oui, mais ont-elles le pouvoir ? Qui décide vraiment ? Quel gouvernement démocratiquement élu en Europe peut, aujourd’hui, s’opposer à la Troîka ?

        Regardez la Hongrie. Le premier ministre Orban a été démocratiquement élu. Sa politique est contestée par le FMI (il ne veut pas de banque centrale indépendante). De ce fait, il est au ban de l’UE, encerclé par la Commission de Bruxelles et par le Conseil de l’Europe. Je ne partage pas du tout l’orientation prise par ce gouvernement. Mais je constate, que ce gouvernement, démocratiquement élu, ne pourra pas mettre en place ce pour quoi il a été élu. Il cèdera pour ne pas avoir les vivres coupées.


        • Patrick Luder Le 22 mars 2012 à 13h20
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          La nature et la vie sont faits de cycles
          si un système, quel qu’il soit,
          est détruit ou tombe en ruine,
          il sera remplacé par un autre.
          Tout n’est que’une question de temps,
          Ne soyez pas pressé, votre tour et le mien arrivera aussi :-)


          • Patrick-Louis Vincent Le 22 mars 2012 à 14h16
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            C’est exactement cela ! Il faut surveiller les cycles. Economiquement, nous sommes manisfestement dans l’hiver Kondratief. Cela implique récession, rectification des excès du printemps et de l’été, augmentation du chômage. Le plan politique ne peut que suivre. Fini de réver ; retour à la rigueur et à l’austérité. l’expansion mondiale se rétracte (peut être un retour aux frontières), le politique prend le pas sur la finance.

            L’on peut imaginer beaucoup de scénarios, mais ce qui est sûr, c’est que la croissance, c’est fini pour pas mal d’années. Il faut donc inventer de nouveaux modèles économiques et de nouveaux paradigmes politiques. Les promesses électorales du “toujours plus” n’auront bientôt plus cours. La politique va devenir, elle aussi, plus austère. Je trouve que la figure de Mario Monti, grave, exprime assez bien la façon dont nous serons dirigés dans les années futures. Celle de Van Rompuy n’est pas mal non plus, dans le genre austère ! deux experts à défaut d’être deux sages, adoubés par l’élite mondialiste.
            Nous avançons vers la post démocratie 


      • chris06 Le 22 mars 2012 à 13h43
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        @Patrick,

        mais quels sont donc ces nombreux pays qui sont, selon vous, des modèles de démocraties?

        Ah oui, je sais, vous allez me dire la Suisse, ou l’Islande peut être?

        La Suisse, qui peut se permettre de donner l’illusion à son peuple d’être un modèle de démocratie en se comportant comme un véritable parasite qui suce la richesse produite par les pays du monde entier. Bel exemple à suivre, nous devrions tous faire de même , c’est sûr que cela améliorerait les conditions de la démocratie en Europe.

        L’Islande, pays de 300 000 habitants qui s’est comporté jusqu’à récemment, lui aussi comme un véritable parasite de la finance mondialisée. Ceci étant dit, je vous accorderait bien que gouverner un pays d’une manière démocratique est plus facile quand il a 300 000 habitants que quelques dizaines voir centaines de millions. Mais alors, que faire, diviser le monde en 25 000 nations de 300 000 habitants?

        Bon allez, il est vrai qu’il y a bien deux ou trois nations (principalement scandinaves) sur lesquelles on pourrait bien prendre exemple. Mais je pense qu’il y a aussi une question de culture , de mentalités et de climat et qu’il ne sera pas aussi facile que vous ne semblez le croire de transformer tous les peuples de la terre en des exemplaires danois ou suédois… 


        • Patrick-Louis Vincent Le 22 mars 2012 à 14h34
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          Diviser pour mieux régner. C’est pas d’aujourd’hui, mais c’est toujours d’actualité. Pour qu’une gouvernance mondiale puisse fonctionner, il faut fractionner les grands ensembles nationaux en un grand nombre de régions administrées dans un ensemble de niveau continental.

          Voyez la tendance. En Europe, nous avons connu la séparation (à l’amiable) de la Tchéquie et de la Slovaquie et le dépeçage (par la force) de l’ex Yougoslavie(Serbie, Croatie, Slovénie, ^Bosnie-Herzégovine, Montenegro et bientôt Kosovo et Voïvoïdine). De nombreux mouvements irrédentistes sont encouragés par l’UE et conduiront à l’indépendance (ou une large autonomie) de l’Ecosse, la Flandre, l’Italie du Nord, la Catalogne, le Pays Basque, l’Andalousie, L’Allemagne ne pose pas problème car déjà découpée en Länder avec des pouvoirs importants. 

          Toutes ces provinces, une fois devenues indépendantes, serviront d’exemple pour s’attaquer au gros morceau : la France. Notre pays, contrairement aux autres pays européens, est très centralisé, et fait encore trop souvent la forte tête. Alors, l’on fera naître des mouvements séparatistes un peu partout. Ce ne sera pas trop difficile en Corse ou aux Antilles ; l’on pourrait bien relancer des mouvements irrédentistes en Bretagne, en Alsace, au Pays Basque, en Occitent. Mais d’autres mouvements séparatistes pourraient être encouragés. Des enclaves musulmanes pourraient bien demander aussi leur autonomie, en Seine St Denis par exemple. Tout sera fait pour réduire la France en plusieurs provinces plus faciles à gérer par l’administration politique de Bruxelles.

          Bien sûr, tout cela se fera au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes et au nom des droits de l’homme et de la démocratie. 
             


        • Patrick Luder Le 22 mars 2012 à 19h42
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          Il est déjà évident que la mondialisation du commerce, de l’industrie ou de la finance, apporte plus de problèmes qu’elle en résous. Je pense simplement, au contraire du post PLV 10H46 qu’une gouvernance mondiale ne pourra pas être mise en place … de plus en plus de voies s’élèvent pour prôner une économie responsable et une vie plus humble. Pensez-vous réellement que les pays d’Europe soient prêts à se soumettre à un ultra-gouvernement ?


          • Patrick-Louis Vincent Le 23 mars 2012 à 07h14
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            “Pensez-vous réellement que les pays d’Europe soient prêts à se soumettre à un ultra-gouvernement ?”

            C’est bien ce qu’ils font déjà, non ? Et avec le MES et la modification du traité européen, ce sera pire. 


          • Patrick Luder Le 23 mars 2012 à 08h06
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            Ma réflexion personnelle est …

            Actuellement on va peut-être encore un peu dans ce sens,
            mais il devra y avoir de nouvelles réflexions,
            soit dans un hypothétique effondrement financier,
            sinon dans une plus que probable crise énergétique majeure.


  14. BrunoL Le 26 mars 2012 à 09h17
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    Le LEAP est effectivement proEurop, voir même plus mais je trouve que ça fait vraiment du BIEN !

    Dans la cacophonie ambiante et le déluge permanent de critique contre l’€urope, entendre un autre son de cloche un peu plus optimiste est réellement un soulagement.

    Si on en croit les média “spécialistes” (anglo-sax pour la plupart) l’euro serait mort tout les 3 mois depuis 2 ans … LEAP n’a donc pas forcément tord d’y croire.

    LEAP est européen, croit en l’europe et le dit avec arguments à l’appuis, ou est le mal ?
    Et si ça peut être auto-réalisateur je préfère ça à ce que l’europe se retrouve au moyen-âge.


    • Patrick-Louis Vincent Le 26 mars 2012 à 10h26
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      “je préfère ça à ce que l’europe se retrouve au moyen-âge.”

      Ah, le Moyen-Age ! les chevaliers, les tournois, l’armour courtois, les troubadours, la musique polyphonique, la route vers Compostelle, la construction des cathedrales, les arts libéraux.

      Excuse-moi, mais le Moyen-Age ne manque pas d’allures. L’apogée du Moyen-Age, c’est le XIème, XIIème siècle, jusqu’au milieu du XIIIème siècle. Ce fut aussi l’apogée de la civilisation chrétienne.

      Si le Moyen-Age est une période féconde en matière de métaphysique (les débats sont souvent très animés à la Sorbone), c’est aussi une période de grande vitalité de la population. L’on aime les fêtes de village, qui sont nombreuses, ou la nourriture est abondante, où le vin coule à flot, où la sexualité s’exprime librement dans les granges. La liberté individuelle y est très grande. Pas de papiers d’identité, bien sûr, pas de surveillance du citoyen. L’on est Jean, fils du charpentier. C’est suffisant. L’on voyage énormément, le plus souvent à pied. L’hôspitalité est la règle naturelle. L’on reçoit, pour une nuit, le gite et le couvert. Personne ne demande l’identité de celui que l’on reçoit.

      Et bien, quand l’on voit le monde dans le quel nous vivons, où la folie des hommes se répand, semant la peur chez les uns, la dépression chez les autres, ou les auberges sont remplacées par des guichets de banques, l’on peut se dire que le Moyen-Age est infiniment moins barbare et plus humain que notre époque.


  15. chris06 Le 26 mars 2012 à 12h04
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    “Si le Moyen-Age est une période féconde en matière de métaphysique (les débats sont souvent très animés à la Sorbone)”

    vous avez une idée du pourcentage de la population qui savait lire et écrire ou qui pouvait s’intéresser aux débats “très animés” à la Sorbonne.

    Si vous ou moi étions nés au moyen age, il y a de grandes chances qu’on aurait passé notre temps comme serfs d’un nobliau quelconque à cultiver les champs pour essayer de nous nourrir, la probabilité de mourir d’une mort violente ou d’une maladie quelconque ou d’une rage de dent était cent fois supérieure à aujourd’hui, mais bon c’est sûr, qu’est ce que ça devait être bien, le moyen âge.
    Et bien moi, je vous le dit le plus simplement du monde, je n’ai aucune envie d’y retourner, ni pour moi, mes amis, ma famille et les générations qui me suivront sur cette terre! 

    “le Moyen-Age est infiniment moins barbare et plus humain que notre époque”
    que vous dites, installé confortablement sur une chaise devant votre ordinateur… c’est sûr que c’est infiniment moins agréable que labourer un champ pendant douze heures! 


  16. Patrick-Louis Vincent Le 26 mars 2012 à 16h30
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    “vous avez une idée du pourcentage de la population qui savait lire et écrire ou qui pouvait s’intéresser aux débats “très animés” à la Sorbonne”

    Ce n’est pas la quantité d’hommes sachant lire et écrire qui comptait, mais la qualité du discours.

    Aujourd’hui encore, combien des 80% d’une classe d’âge, ayant le bac, sont capables de suivre de tels discours? et combien s’y intéresseraient ?

    J’ai fait ma remarque, non pour dire que c’était mieux au Moyen-Age, mais pour que l’on cesse de croire que le progrès est constant. Nous vivons une époque extrèmement difficile. Certes, il n’y a plus de servage, mais la condition de certains salariés ne vaut guère mieux. Sinon, pourquoi y aurait-il autant de dépressifs et de suicides ?

    Si l’on veut avoir une petite idée de ce que les gens vivaient à une époque donnée, l’on peut écouter la musique de cette époque et regarder les peintures. Ecouter la musique polyphonique et les chants grégoriens, regarder les tableaux de Bruegel l’Ancien ou de Giotto. L’on peut aussi s’imprégner de la profondeur méditative de l’art roman.

    Il y a beaucoup d’idées fausses sur le Moyen-Age. Le servage remplaça l’esclavage. Le serf était lié à une terre qu’il ne pouvait vendre, mais il était libre de la cultiver et de vendre la récolte après avoir payé la taille au maître (10% de la récolte ; beaucoup moins que les impôts d’aujourd’hui). Le servage disparut progressivement à partir de l’an 1000 et fut aboli sous Louis X Le Hutin.

    Le serf ne travaillait donc pas 12 jours par jour pour un seigneur. Il travaillait, au rythme des saisons, des semailles et des récoltes, soit du printemps à l’automne. Son travail était physique (l’on serait bien incapable aujourd’hui d’en faire autant), mais beaucoup moins dur en hiver. Le climat d’ailleurs au XIème siècle était très doux, très chaud en été avec des hivers peu rigoureux. Les récoltes étaient abondantes. Rien à voir avec le 18ème siècle, aux hivers glacés et aux récoltes insuffisantes qui engendraient des famines.

    Pour autant, je n’idéalise pas cette époque. L’hygiène était absente. L’on ne connaissait pas la brosse à dents, et il n’y avait pas l’eau courante (bonjour les odeurs!). Loin de moi aussi l’idée de minimiser la souffrance physique des malades et des blessés. C’est une évidence, mais qu’il faut relativiser car les hommes étaient plus résistants à l’effort et à la souffrance.

    Le Moyen-Age n’est pas le monde barbare que l’on veut trop souvent nous décrire (les films sur cette époque sont à vomir). Les conditions de vie étaient rudes, certes, mais la vie spirituelle était intense. François d’Assise en est une figure emblématique, véritable écologiste avant l’heure, dont Renan dira “sa vie est une perpétuelle ivresse d’amour divin”.

    C’était cela aussi le Moyen-Age.  


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