Source : La Tribune, Romaric Godin, 09/11/2015

Alexis Tsipras tente de résister aux créanciers (Crédits : ALKIS KONSTANTINIDIS)

L’Eurogroupe de ce lundi 9 novembre doit refuser la libération d’une tranche de 2 milliards d’euros à Athènes, plaçant Alexis Tsipras dans une position délicate.

Alexis Tsipras va devoir prouver sa capacité de résistance à la volonté des créanciers. Alors qu’en moins de deux semaines, le premier ministre grec a fait voter deux lois « omnibus » contenant de nombreuses réformes, alors qu’il a accepté de faire voter une loi sur les banques ôtant à l’Etat grec tout moyen de contrôle sur ses dernières, l’Eurogroupe (réunion des ministres des Finances de la zone euro) de ce soir devrait refuser le déblocage de la tranche de 2 milliards d’euros du programme « d’aide. »

Faciliter les expulsions pour mieux renflouer les banques

Pourquoi ? Parce que le gouvernement grec refuse d’accéder à la demande des experts du « quartet » (la troïka formée de la Commission européenne, de la BCE et du FMI augmentée du MES) qui veulent faciliter les expulsions de la résidence principale.

Jusqu’ici, les Grecs qui ne parvenaient plus à payer leurs traites immobilières étaient protégés lorsque la valeur estimée du bien était inférieure à 250.000 euros. Les créanciers voudraient abaisser ce seuil pour que les banques puissent récupérer une partie des prêts et « réalisent leurs pertes. » Ainsi, le renflouement des établissements bancaires sera plus aisé et moins coûteux pour le contribuable européen.

L’ennui, c’est que ces expulsions risquent de provoquer des situations sociales dramatiques. De nombreux Grecs profitaient de cette tolérance pour continuer à disposer d’un logement, malgré le chômage ou des baisses drastiques de salaires. Les expulser signifierait les pousser à la pauvreté et au déclassement dans un pays où les perspectives d’emplois sont quasiment nulles. Le gouvernement d’Alexis Tsipras refuse donc, depuis deux semaines, de se soumettre à cette exigence qui est devenue une condition pour débloquer la tranche de 2 milliards d’euros.

Augmenter le volume de saisies pour dettes envers l’Etat (impôts…)

L’autre point de discordance réside dans le système d’étalement des paiements dus au Trésor grec. Selon Athènes, le montant de ces créances s’élève à 72 milliards d’euros.

En mars, pour apurer cette créance au mieux et sans peser sur l’activité, le gouvernement Tsipras avait mis en place un étalement en 100 mensualités des dettes envers l’Etat. Une décision qui avait permis de voir les remboursements s’améliorer rapidement.

Mais, là aussi, cette mesure n’est pas du goût des créanciers qui estiment que l’Etat devrait faire valoir ses créances avec plus de vigueur, notamment avec des saisies. Sauf que de telles pratiques ne manqueraient pas d’aggraver les faillites et la situation conjoncturelle de l’économie grecque.

Démontrer que le gouvernement ne peut pas défendre les Grecs

Malgré la signature du troisième mémorandum et la bonne volonté affichée -et largement prouvée- de l’exécutif grec qui s’est fait réélire sur le respect de ses engagements, les créanciers ne cessent de mettre à l’épreuve le gouvernement d’Alexis Tsipras.

L’objectif politique qui a déterminé toute la stratégie des créanciers entre janvier et juillet, et qui visait à « neutraliser » le gouvernement grec, semble toujours d’actualité. Tout se passe en effet comme si, en réclamant des mesures socialement violentes, ils cherchaient réellement à réduire à rien non seulement la capacité d’action de ce gouvernement, mais aussi ce qu’il lui restait d’engagement électoral.

Car, lors de l’élection du 20 septembre, Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, avait cherché à convaincre les électeurs qu’il était capable de défendre les intérêts des Grecs contre les exigences des créanciers. Il est, à présent, mis en demeure de le prouver.

Logique politique ? ou financière à court terme…?

Le pourra-t-il ? Rien n’est moins sûr. Le ministre grec de l’Economie, Georges Stathakis, assure que l’Eurogroupe de ce lundi 9 novembre au soir permettra de « trouver un accord politique. » On se croirait revenu aux plus belles heures de la « négociation » du printemps, lorsque, devant les portes closes de l’Eurogroupe, Alexis Tsipras s’en allait chercher à Berlin un « accord politique » avec Angela Merkel.

Mais le temps est-il encore aux « accords politiques » alors que le mémorandum, lui, prévoit que le gouvernement grec doit accepter toute mesure jugée nécessaire et que l’Eurogroupe a toujours refusé la logique du compromis, autrement dit, la logique politique, en restant à sa propre logique financière à court terme. Laquelle, évidemment, plaide en faveur des mesures du « quartet. »

Ce soir, on mesurera le poids du soutien de la France à Athènes

Le gouvernement grec est donc pris au piège. Ses moyens de pression sur les créanciers sont faibles. Certes, il semble pouvoir s’appuyer sur la France dont le gouvernement soutient une ligne modérée qui consiste à s’en tenir aux seules mesures du mémorandum. Michel Sapin, le ministre français des Finances, lui aussi, a défendu l’idée d’un accord dès ce lundi.

« La Grèce a fait des efforts considérables et c’est un peu étrange de lui demander toujours plus », a indiqué le locataire de Bercy, qui a dit « comprendre » la résistance grecque.

Cette position française semble ne pas s’imposer à l’Eurogroupe, ce qui permet de mesurer l’influence de Paris dans cette instance. En réalité, l’Allemagne qui a régulièrement fait savoir depuis quelques semaines qu’elle était prête à davantage de souplesse si la Grèce gardait sur son sol plus de migrants, ne semble pas vouloir bouger.

Pour le moment, aucun signe concret de bienveillance de la part de Berlin n’a été signalé. Bien au contraire. Wolfgang Schäuble, avant la réunion de l’Eurogroupe, s’est inquiété de la lenteur des mesures grecques, notamment la formation du fonds de privatisation. Et de conclure qu’il “n’y a que peu de chance qu’on parvienne ce soir à un accord.”

Et Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, de prévenir qu’il fallait réaliser les mesures “bancaires” pour ne pas mettre en péril la recapitalisation des banques. Avant lui aussi d’exclure toute libération des 2 milliards d’euros ce lundi.

Marges de manœuvre réduites

Si l’alliance franco-hellénique ne permet pas de réduire les exigences ds créanciers dans les semaines à venir, le gouvernement grec n’aura guère de moyens de pression concrets. Si les créanciers maintiennent leur position, Alexis Tsipras devra choisir entre la soumission et la faillite. Il choisira sans doute la première. La Grèce doit en effet payer 1,2 milliard d’euros au FMI avant la fin décembre. Surtout, le programme accepte un déficit avant service de la dette de 0,5 % du PIB cette année, soit environ 900 millions d’euros.

Concrètement, ceci signifie que, si les 2 milliards d’euros ne sont pas versés, la Grèce devra renoncer à payer le FMI et sans doute faire des économies supplémentaires.

Compte tenu de la situation encore très fragile de l’économie hellénique, le gouvernement grec ne peut guère espérer engager une vraie résistance contre la volonté des créanciers, sauf à aggraver encore l’incertitude des agents économiques. Bref, la résistance grecque ne pourra guère durer.

Le choix du 13 juillet dans sa dure matérialité

Alexis Tsipras découvre donc concrètement le prix de son choix du 13 juillet. Il dépend de la bonne volonté des créanciers.

Si l’Eurogroupe entend les arguments de Michel Sapin, il peut obtenir gain de cause et sans doute, dans ce cas, l’Allemagne, cherchant à tout prix à freiner le flot des réfugiés, aura poussé à plus de flexibilité.

Mais les arguments propres à Alexis Tsipras et à la Grèce n’auront pas été entendus en tant que tels. La situation grecque joue désormais un rôle mineur dans les décisions des créanciers qui sont plus occupés à choisir sur la priorité de leurs propres intérêts. Sans compter que les créanciers tentent aussi d’arriver en position de force dans le cadre des négociations sur la dette. Un Tsipras trop discipliné serait bien trop en position de force. Il s’agit de poursuivre le “storytelling” de la Grèce rétive aux réformes pour ne pas accorder à Athènes ce qu’elle veut dans la renégociation de la dette.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 09/11/2015

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Et en effet, cela n’a pas été versé !

L’Eurogroupe donne une semaine à la Grèce pour réformer (sic)

Les responsables de la zone euro ont refusé de débourser une tranche d’aide de 2 milliards d’euros à la Grèce, estimant qu’elle avait pris du retard par rapport à ses engagements en matière de réformes.

Nouvelle passe d’arme entre les Européens et la Grèce. Lundi 9 novembre, les pays de la zone euro ont indiqué qu’ils ne verseront pas d’argent pour recapitaliser les banques grecques, tant que les réformes attendues n’auront pas été mises en œuvre.

« Nous avons demandé à « l’Euro Working Group » (l’instance réunissant les directeurs du Trésor de la zone euro)de se retrouver au plus tard la semaine prochaine pour faire le point sur la mise en place de mesures » en Grèce, a expliqué Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe.

La Grèce doit encore passer par des étapes difficiles pour surmonter sa situation financière compliquée. Elle attend le déblocage rapide d’une tranche d’aide de 2 milliards d’euros.

FACILITER LES SAISIES IMMOBILIÈRES

La principale réforme attendue porte sur les saisies immobilières, un sujet politiquement difficile pour la coalition gouvernementale d’Alexis Tsipras, dominée par le parti de la gauche radicale Syriza.

Les créanciers réclament des mesures pour faciliter les saisies immobilières, mais Athènes veut maintenir certaines dispositions permettant de protéger la majorité des ménages endettés. Les discussions portent concrètement sur la valeur plafond en dessous de laquelle une résidence principale ne pourra pas être saisie, et sur les revenus des ménages concernés.

LES BANQUES GRECQUES ONT BESOIN DE 14,4 MILLIARDS D’EUROS

Outre un accord sur le premier volet de mesures demandé, Athènes devra également mettre en place dès cette semaine des réformes concernant son secteur financier, condition sine qua non pour entamer le processus de recapitalisation des banques grecques, dont la situation financière s’est fortement dégradée avec la crise et la fuite des capitaux.

La zone euro a mis de côté une enveloppe de 10 milliards d’euros pour les banques grecques, dans le cadre du plan d’aide de 86 milliards décidé cet été, mais compte également sur l’intervention d’investisseurs privés.

Selon un bilan réalisé par la Banque centrale européenne, les quatre principales banques privées grecques (Alpha Bank, Eurobank, NBG et Piraeus Bank) ont besoin d’au plus 14,4 milliards d’euros.

En plus de ces étapes, le gouvernement grec devra également adopter d’ici à la fin de l’année un deuxième train de réformes.

L’autre grande échéance pour Athènes sera la conclusion d’une première évaluation de son programme de réformes, effectuée par ses créanciers (UE et FMI) et espérée avant fin 2015. Une fois cette étape franchie, les discussions sur une restructuration de la colossale dette grecque pourront débuter.

Alain Guillemoles, La Croix (avec AFP)

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33 réponses à Grèce : Alexis Tsipras déjà dos au mur, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

stef1304 Le 11 novembre 2015 à 03h27

Vous avez 5 choix pour décrire le comportement de la commission européenne vis à vis du peuple grec.
1 – Une bande de salopard
2 – Une bande d’irresponsable…
3 – Les deux.
4 – Vous vous abstenez de dire le fond de votre pensée pour que votre intervention ne soit pas censurée.
5 – Autre : merci de décrire.
A vous d’indiquez votre choix 😉

  1. Albert Le 11 novembre 2015 à 01h23
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    à vouloir amadouer les fascistes de l’euro-groupe, Tsipras s’accule.
    bravo à lui, il a désespéré l’europe des “gauches radicales” et de leurs soutiens.
    on se prend à espérer une chute rapide à défaut d’un sursaut dont il semble incapable.
    dictature des chiffres et des fous qui en face ne raisonnent plus en hommes, se foutent de tout, et en premier lieu de la population qu’ils vont martyriser.
    ils le savent, ils le veulent, et Tsipras semble en redemander ..
    Humm, allez, fais moi mal !


    • triari Le 11 novembre 2015 à 05h16
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      Vous n’y êtes pas, tout le monde sait très bien que l’UE et l’euro sont des projets boiteux et mortifères, si, nous, on le sait, vous pensez bien que les pontes le savent encore mieux que nous, y compris à l’eurogroupe. Seulement, déclencher un mécanisme qui pourrait provoquer la chute successive des économies mondiales fait peur. Les allemands ne veulent pas en être responsable, ni les européistes ou les français. On veut que les grecs demandent d’eux-mêmes la sortie de l’UE et de l’euro (ce qui provoquera la réaction en chaîne), ma théorie c’est que quelque part, tout ça, c’est fait pour pousser à bout les grecs pour que ce soient eux qui se jettent les premiers à l’eau et en assument les conséquences à la place des autres. C’est tout.
      Sinon pourquoi martyriser les grecs quand les français sont bien moins disciplinés budgétairement parlant et qui ont à leur tête une clique de dirigeants tout aussi soumis? Si on fait subir tout ça aux grecs c’est bien que l’on attende quelque chose d’eux.


      • Crapaud Rouge Le 11 novembre 2015 à 08h42
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        On veut que les grecs demandent d’eux-mêmes la sortie de l’UE et de l’euro” : c’est plutôt vous qui voulez trouver du sens à cette histoire absurde !


      • languedoc30 Le 11 novembre 2015 à 11h02
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        Pauvre pays. Devant ce marasme dont il est le responsable, c’est lui qui avait le sort de la Grèce dans ses mains au mois de juillet, je me demande si Tsipras regrette sa lâcheté, ses mauvais choix, son incompétence, d’autant plus que ce qui était possible alors, sortie de l’euro, restructuration de la dette, ne l’est plus aujourd’hui compte tenu de l’état du pays.


        • Andrae Le 11 novembre 2015 à 18h31
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          Remarque annexe: Tsipras se lamente sur les migrants/refugiés, qui viennent par les mers. Il ne mentionne pas qu’il y a un mur, sur terre, construit par la Grèce, entre la Turquie et la Grèce. Ce qui oblige les ‘migrants’ à prendre le large sur l’eau.

          images google:

          http://tinyurl.com/ogzz6lz


          • Maxence Le 12 novembre 2015 à 15h52
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            Tsipras envisage d’enlever le mur sur l’Evro à la frontière Turque, il l’. Là, ça va aller beaucoup plus vite et par millions


      • Inox Le 12 novembre 2015 à 14h37
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        “c’est fait pour pousser à bout les grecs pour que ce soient eux qui se jettent les premiers à l’eau et en assument les conséquences à la place des autres. C’est tout.”

        Je ne pense pas non plus. Franchement, il faudrait être extrêmement naïf pour croire à l’unique responsabilité de la Grèce si celle ci déclenche un éventuel éclatement de la zone euro en sortant.

        Je pense plutôt que nous sommes confrontés à une machine financière, froide, complètement dénouée d’altruisme, prête à sacrifier une population pour sauver des intérêts, ni plus ni moins.

        Pour ma part, le fond du problème c’est ça: http://www.lesechos.fr/20/01/2014/lesechos.fr/0203254362337_quand-1—de-la-population-detient-50—des-richesses-mondiales.htm
        Avec tout ce que cela implique.

        Tant que ce problème ne sera pas résolu, rien ne fonctionnera.


  2. stef1304 Le 11 novembre 2015 à 03h27
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    Vous avez 5 choix pour décrire le comportement de la commission européenne vis à vis du peuple grec.
    1 – Une bande de salopard
    2 – Une bande d’irresponsable…
    3 – Les deux.
    4 – Vous vous abstenez de dire le fond de votre pensée pour que votre intervention ne soit pas censurée.
    5 – Autre : merci de décrire.
    A vous d’indiquez votre choix 😉


    • stef1304 Le 11 novembre 2015 à 03h30
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      Bref, pour Tsipras, on dirait qu’il a d’abord reculé… et que maintenant, il va “sauter”. Je suis curieux de voir comment, maintenant qu’il s’est mis pied et poing lié dans les mains de la commission européenne.


  3. triari Le 11 novembre 2015 à 05h09
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    (En réalité, l’Allemagne qui a régulièrement fait savoir depuis quelques semaines qu’elle était prête à davantage de souplesse si la Grèce gardait sur son sol plus de migrants, ne semble pas vouloir bouger.)

    Ha ! Ça me fait bien rire de voir les allemands supplier les grecs pour les migrants. Le gouvernement tchèque a dit récemment que les quotas de migrants installés dans les pays de l’est ne servent à rien : ces migrants ne restent pas dans les zones prévues pour eux car ils veulent aller vers les pays les plus riches (Allemagne, Suède, Danemark) et se foutent comme d’une guigne des pays des Balkans ou de la Grèce trop pauvres pour eux, pas assez intéressants et comme il est hors de question de les enfermer ou de limiter leur liberté de circulation (merci Schengen) : ils se dirigeront forcément ailleurs que là où l’UE aimerait les installer. Les grecs ont l’eurogroupe, les allemands, eux, ont les migrants. Chacun sa croix.


    • Crapaud Rouge Le 11 novembre 2015 à 08h41
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      Les grecs ont l’eurogroupe, les allemands, eux, ont les migrants. Chacun sa croix.” : bien vu, même si la croix des Allemands n’est pour eux qu’un mauvais moment à passer, le temps de “digérer” les nouveaux venus, alors que celle des Grecs est une destruction dont le pays ne se remettra jamais.


      • triari Le 11 novembre 2015 à 14h22
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        Croyez-vous ça ? Je serai un ouvrier allemand, voir une nuée de travailleur à bas-coût s’installer près de chez moi, ça ne me rendrait pas jouasse (d’autant que les patrons allemands, que l’on dit d’habitude pourtant si disciplinés, sont en général assez peu regardant sur les normes salariales qu’ils appliquent à leurs ouvriers étrangers…la rigueur c’est toujours bon pour les autres, jamais pour soit-même).


  4. Alain Le 11 novembre 2015 à 07h45
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    A-t-on jamais vu des créanciers aussi stupides: dans un pays en faillite il n’y a aucune contrepartie solvable pour racheter les actifs saisis, les banques vont donc se retrouver, comme les banques américaines, avec un parc immobilier invendable à entretenir ! Dans ce cas de figure, pour éviter de tout perdre, le mieux est d’allonger les délais de remboursement et de réduire les taux d’intérêts


    • Alain C Le 11 novembre 2015 à 11h47
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      Non : supprimer purement et simplement une dette inique, illégale et insoutenable


  5. Eric83 Le 11 novembre 2015 à 08h26
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    C’est à se demander si les gouvernements de l’UE ne veulent pas volontairement créer le chaos au sein même de l’UE. Si tel n’est pas leur dessein, alors que cherchent-ils ?

    La Grèce est le point principal d’entrée dans l’UE des réfugiés. Que se passera-t-il si le gouvernement Grec n’a plus les moyens ou ne veut plus – compte tenu du nœud coulant autour de sa gorge – “filtrer” les réfugiés et les laisse passer pour qu’ils se rendent là où ils le souhaitent.

    Si A. Tsipras accepte les saisies immobilières, nombre de Grecs vont se retrouver sans logement dans leur pays alors que des logements vont être trouvés pour les réfugiés ???

    C’est principalement lorsque les personnes n’ont plus rien à perdre que se déchaine la violence et la Grèce pourrait bien entrer dans cette spirale si nos fous-furieux de gouvernants ne cessent pas leur dictature destructrice sur le peuple grec.


    • Philippe, le belge Le 11 novembre 2015 à 11h12
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      “C’est à se demander si les gouvernements de l’UE ne veulent pas volontairement créer le chaos au sein même de l’UE.”

      Vous y êtes presque! Pensez juste de qui les gouvernements européens font le jeu…


  6. Crapaud Rouge Le 11 novembre 2015 à 08h36
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    La conclusion de Romain Garic est plus que pertinente, mais, au point où on en est, qu’est-ce que ça peut faire que Tsipras soit “discipliné” ou pas, la Grèce “rétive” ou pas, les réfugiés en Grèce ou ailleurs ? Quoiqu’on puisse dire, la Grèce est condamnée à toujours plus de pauvreté face à des financiers toujours plus requins. Elle est dans une “logique” de fond qui semble ne pas pouvoir changer. Donc pas de changement, rien que des péripéties.


    • languedoc30 Le 11 novembre 2015 à 14h10
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      Il leur reste une chose, la révolte, mais en sont-ils encore capables?


      • Maxence Le 12 novembre 2015 à 15h49
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        Ca vient de commencer aujourd’hui à Athènes..du moins, on l’espère !


  7. Laurent Le 11 novembre 2015 à 10h11
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    On peut continuer à craindre des mouvements sociaux très importants, qui seraient mieux contrôlés (pour l’Eurogroupe) par un régime autoritaire type Aube Dorée. Lesquels feraient parfaitement l’affaire des créanciers…

    A quand l’installation d’hôpitaux de campagne afin de prélever un rein à chaque grec et à chaque migrant???


    • Papy Le 11 novembre 2015 à 10h38
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      De qui vous moquez-vous ?
      Aube Dorée sont les seuls à ne pas avoir fricoter avec l’eurogroupe et à être passer par la case prison…
      Oui l’europe n’aime pas les nationalismes car cela ne sert pas leurs intérêts !
      Pourquoi ? Parce que la clé de voûte du nationalisme, c’est la frontière et donc le droit de douane avec toutes ses conséquences sur le pouvoir des multinationales.
      Quand au “régime autoritaire type Aube Dorée”, vous êtes dans le procès d’intentions car pour l’instant ils n’ont pas eu le moindre accès au pouvoir et ne sont pas prêt d’en avoir !


      • Micmac Le 11 novembre 2015 à 12h05
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        Aube Dorée, c’est pas juste des nationalistes, c’est carrément des nazis. Passés par la case prison, effectivement, pour meurtres de personnes un peu trop bronzées à leur goût. C’est OK pour vous?

        En plus, il est tout à fait possible que l’UE s’accommode très bien de ces gens. L’UE accepte très bien les nazis en Ukraine.


        • Wilmotte Karim Le 11 novembre 2015 à 23h05
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          “pour meurtres de personnes un peu trop bronzées”
          D’abord, pour meurtre d’un Grec n’ayant pas leur opinion.


        • Maxence Le 12 novembre 2015 à 16h07
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          Exactement ce que raconte la presse aux ordres, du copié collé.Vous en connaissez beaucoup personnellement des électeurs de l’Aube Dorée, pour en parler comme ça ??? En outre les dirigeants sont en prison depuis si longtemps qu’il ne vont pas tarder à être libérés, faute de vrais motifs. Le dirigeant principal est ,certes sulfureux, mais beaucoup de militants sont là pour essayer de se défendre contre l’abandon de la Grèce telle qu’ils la voient. Plus nationalistes que nazis. C’est le seul recours pour eux, les autres partis ont tous touché au pouvoir même la pseudo extrême droite alliée de Tsipras,ANEL !!Quant aux “bronzès” en question ils les ont juste chassés du centre d’Athènes à la grande joie des habitants lassés des vols et des trafics des pakistanais et des algériens,qui depuis, d’ailleurs sont revenus. Ils faut s’intéresser aux reportages faits sur place plutôt que lire le Monde.


        • Lulu Bâille Le 12 novembre 2015 à 21h37
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          De toute façon, pour l’instant, c’est 10 millions de Grecs qui subissent le diktat fasciste d’une rare cruauté économique de l’Eurogroupe. Entre la peste et le choléra…


  8. Hououji Fuu Le 11 novembre 2015 à 10h42
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    Il me semble que les mouvements de l’Eurogroupe – donc de Wolfgang Schauble – sont à analyser dans un contexte bien plus grand que celui de la seule Grèce :

    – Wolfgang Schauble vient de déclarer la guerre à Angela Merkel sur le sujet des réfugiés, en soutenant la droite de la CDU qui exige que l’on cesse l’accueil qui est fait et que l’on reconduise les candidats à l’asile là où ils sont entrés en Europe. Le rapport de force est visiblement en sa faveur : l’Allemagne a annoncé hier qu’elle recommençait à appliquer les règles de Dublin. Angela Merkel est donc en difficulté forte à l’intérieur de son parti, peut-être forcée de chercher à nouveau l’appui du SPD contre les siens sur ce sujet – extrêmement risqué. La ligne dure de Schauble, et son projet mortifère pour l’Europe des peuples, a donc les mains beaucoup plus libres qu’on ne le pense.

    – La gauche portugaise vient de faire tomber le gouvernement minoritaire de droite. Normalement, on devrait assister à l’avènement d’un gouvernement de gauche où une réconciliation historique pourrait amener un vrai espoir pour l’Europe : socialistes, communistes et bloc de gauche – soutenus par les écolos – ont apparemment trouvé un vrai accord de fond pour gouverner pendant toute la législature. Cette situation est une catastrophe pour les pontifs des institutions européennes, une grave menace pour Schauble et tous les néo-libéraux, sans compter les espagnols du PPE, qui pourraient devoir affronter un Podemos requinqué par la perspective portugaise. Si ce mouvement était le précurseur d’un rééquilibrage politique sur la scène européenne, tout le programme de Schauble serait mis en danger. Il est donc urgent de démontrer que tout gouvernement au programme alternatif à la Ligne du Politbureau (ce n’est pas de moi, mais de Yanis Varoufakis) qu’est l’Eurogroupe, sera écrasé et soumis à une reddition pathétique, suivie d’humiliations sans fin.

    Si l’on tient compte de ces situations, et que l’on ajoute que Yanis Varoufakis parcourt l’Europe de long en large et de large en long pour préparer le mouvement pan-européen qui, il l’espère, pourra ramener les citoyens au centre et ramener de la démocratie en Europe, on comprend le jusqu’au-boutisme de l’Eurogroupe. Il n’y aura pas de quartier.

    Tsipras ne peut que tenir sa ligne, ou alors il donne aux nazis d’Aube Dorée un cadeau exceptionnel : expulsion des grecs les plus fragilisés de leur maison à l’entrée de l’hiver, pendant que l’on trouve des places pour loger 50.000 réfugiés. Je vois déjà les journaux grecs, TOUS aux mains des oligarques, lancer leur campagne de destruction. Je vois déjà Aube Dorée rassembler les foules dans les rues d’Athènes…


  9. Homère d'Allore Le 11 novembre 2015 à 11h20
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    Une analyse intéressante publiée par l’ex MPEP sur le nouveau “plan B”.

    http://www.m-pep.org/La-mascarade-du-plan-B-de-Melenchon-Konstantopoulou-Lafontaine-Varoufakis


    • Hououji Fuu Le 11 novembre 2015 à 11h47
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      Hm. Outre le contenu assez flou et plein de “ça ne peut être que X qui a écrit/dit ceci” ou de considérations d’appréciation personnelles, ce genre de pamphlet rempli de théories et scénarios “légers” me fait à chaque fois soupirer de fatigue.

      Le repli sur soi – donc, la “révolution” sur un plan strictement national – est une chimère. Une chimère entretenue par toute une nébuleuse de petits partis et groupuscules d’extrême-gauche (qui n’ont jamais exercé le pouvoir et en sont totalement incapables – et d’ailleurs ne le veulent pas), certes, mais cela reste une chimère. Tout comme l’insistance plus que naïve de LAE sur un retour à la drachme et un repli sur soi via éloignement de l’Europe comme solution à tous les maux l’était, et le verdict des urnes l’a bien montré.

      Faut-il rappeler que le repli sur soi va à l’opposé des fondements de ce qu’on appelle le socialisme (non, pas le social-libéralisme ou la social-démocratie), à savoir l’internationalisme ?

      Allez, bon vent.


  10. Macarel Le 11 novembre 2015 à 11h42
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    L’économie a pris le pouvoir, et a tué la politique c’est tout.

    Dans ce cadre là, voter ne sert plus à rien.


  11. Leterrible Le 11 novembre 2015 à 13h58
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    (W:)
    La diplomatie de la canonnière ou l’expression « politique de la canonnière » rappelle encore à quel point la canonnière était symbole de la projection de puissance jusqu’au début du XXe siècle. La « politique de la canonnière » consistait à tirer depuis la mer au canon sur les côtes des États qui ne payaient pas leurs dettes financières.
    À la suite du refus en 1902 du Venezuela de payer ses dettes à l’Allemagne et au Royaume-Uni, ces pays menaçaient d’utiliser la force. Luis María Drago, juriste et homme politique argentin déclara qu’il n’était pas possible de faire usage de la force pour recouvrer des dettes tant que l’on n’est pas passé par un arbitrage pacifique. Cette doctrine, connu comme la doctrine Drago a servi de base à la seconde convention de La Haye de 1907.
    Cette diplomatie offensive est à rapprocher de la Doctrine du Big Stick (doctrine du gros bâton en français), qui sous l’administration de Theodore Roosevelt, visait à protéger les intérêts américains à l’étranger par la menace de l’usage de la force”

    Rien de nouveau , donc ,….sauf qu’on utilise l’arme de l’assèchement de liquidités(technique du “garrot” financier..) en notre nom à tous et à chacun en particulier..
    Nul doute qu’au passage , “certains” prélèvent leur “dîme” par la “privatisation” des meilleurs actifs de ce pays…prédation tout à fait légalisée..!.


  12. Greco Le 11 novembre 2015 à 16h16
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    Bonjour,
    Je respecte énormément les analyses de R.Godin sur la Grèce. Il est de rares journalistes de savoir de ce qui parle. Son analyse est très bonne, il focalise sur les personnes, les tactiques, mais il manque la société, les réactions, les intérêts de groupes sociaux ; l’histoire n’est pas seulement les 5-10 personnes qui gouvernent.
    Alors je vais essayer de donner quelques informations, sur la situation actuelle ici.
    -D’abord je voulais être clair : Tsipras n’est pas un bon stratège : il a gagné les élections de 25/1, trop facile, n’importe quel candidat de Syriza pouvait gagner avec l’espoir de cette période. Deuxièmement, le referendum a été gagné par Varoufakis. Tsipras avait déclaré que quel que soit le résultat, il ne démissionnera pas : si c’est oui ou non, il restait p.m. Varoufakis avait déclaré clair et net que si le oui gagnait, il démissionnait. Grosso modo, il a mis son poids politique et il a risqué. Les troisièmes élections –même si Tsipras a gagné- n’étaient pas une victoire : perdre 300.000 votes dans 6 mois, c’est un exploit…..Mais c’est vrai, il a viré l’aile gauche (Lafazanis, Kostantopoulou, Unité Populaire )du parlement.
    -Calendrier de luttes : après une semaine ou il a eu 4 bombes….des incidents violents mais mineurs, demain c’est la grève générale. S’il a plus des 10.000 personnes, on va parler d’une révolte : les manifs en Grèce sont violents, on dit « ca me fatigue de marcher 3 heures si ca chauffe pas ». En plus il faut compter la manif séparé de KKE. Vendrendi il a 4 différents manifs et 5 grèves dans de différents secteurs. A partir de samedi 14/11 débutent les 3 jours de commémoration de la révolte des étudiants de l’école Polytechnique le 1973 qui a été réprimé dans le sang par les chars des colonels le 17/11 : comme chaque année il va avoir une grande manif de l’école polytechnique jusqu’à l’ambassade américaine. Rares sont les fois ou cette manif était pacifique….Le lendemain, 18/11, débutent les agriculteurs, manif à Athènes et après, dans les semaines suivantes blocages des autoroutes. Je ne sais pas ou peut aller leur mouvement mais étant donné que la troïka détruit totalement le secteur agricole –qui est très important en Grèce- ca peut chauffer grave : p.e. un petit barrage en Crète, un face à face des agriculteurs et des policiers une semaine avant, a fallu tourner au drame : les agriculteurs étaient armés avec des Kalachnikov …..et si en Crète les armes circulent trop, les petits agriculteurs (nord ouest de la Grèce, Péloponnèse, etc) ont tous des carabines ….mais pas d’argent pour payer les nouveaux impôts .La prochaine date à haute risque est le 6/12, la commémoration de l’assassinat par la police de Alexis le2008 qui a déclenché un mois d’émeutes et chaque année, le 6/12 est une jour chaotique par les incidents.
    Je trouve que la faute de Godin est de ne pas prendre en compte la société grecque et la culture violente dans ses protestations.
    P.S. : la blague du jour : Syriza appel à la grève et à la manif demain…..
    P.S : la situation en Syrie, la proximité de ce conflit avec la Grèce, la base Américaine en Crète –il y a aussi la base de l’Otan-, les tests de l’armé Grec avec des S-300 dont nous disposons et des Patriots, montrent que la géopolitique n’est pas du tout prise en compte dans les analyses .Le fait que la Grèce a laissé survoler son espace aérien par des avions Russes pour la Syrie ( http://sputniknews.com/middleeast/20150912/1026917231.html) n’est pas sans rapport avec la ultra-modernisation des avions de coopération navale P-3B Orion par Lockheed Martin pour un cout de 500millions de dollars ( financé par une association inconnue « les amis de l’armé », probablement des armateurs greco américains).
    Pour les Allemands qui veulent faire les iles Grecques des camps de concentrations des refugiés –qui ont invités à venir en Allemagne- ça me fait rigoler : hier ont passé par la Grèce en destination de l’Allemagne, , Autriche, pays Scandinaves, environ 5.000 personnes, avant-hier 9.000 ….
    Chère Angela, quand on invite du monde chez soi, on est obligé de les garder…


    • Lulu Bâille Le 12 novembre 2015 à 21h54
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      Merci beaucoup Greco pour toutes ces nouvelles. Difficile d’avoir un réel aperçu en France, même en cherchant bien. Vos informations sur le quotidien et les événements à venir en Grèce sont très précieuses !
      Toutes ces manifestations semblent annoncer un début de guerre civile. N’oublions pas non plus que la Grèce a passé un accord historique avec l’armée israélienne en juillet dernier. Cela ne présage absolument rien de bon.
      La Grèce est totalement sacrifiée. Quand il n’y a plus aucun espoir, le peuple se radicalise et prend les armes. En face, le pays, ruiné, a pourtant le budget pour une armée, voire pour des mercenaires.
      Je ne vois pas comment l’Union Européenne peut encore tenir au-delà de 2016 ou 2017 dans ces conditions-là.


  13. Maria Le 12 novembre 2015 à 10h06
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    L’eurogroupe joue comme sur du velours avec le lapin de 3 jours qu’est Tsipras . En plus les grecs ont été assez débiles pour confirmer sa légitimité . C’est vraiment pas le moment de se gêner pour la racaille financière .


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