Source : Reuters – The Great Debate, le 26/01/2016

Des conteneurs maritimes entassés dans un port de Qingdao, province de Shandong, le 10 décembre 2013. REUTERS/China Daily

La récente menace par la Chine d’imposer des sanctions aux entreprises américaines du secteur de la défense vendant des armes à Taïwan ne devrait pas prendre les officiels ou les dirigeants de sociétés américains par surprise : cela fait des années que Washington applique ce genre de sanctions. Que les concurrents des É-U se mettent à copier leurs tactiques n’était qu’une question de temps.

Indépendamment du fait que la Chine mette sa menace à exécution, Washington a besoin de se préparer à une nouvelle norme dans laquelle les États-Unis doivent autant se défendre contre des sanctions qu’en imposer.

La Chine s’inspire directement du manuel des sanctions que Washington a développé contre l’Iran. Entre 2010 et 2015, les États-Unis ont effectivement donné le choix à diverses entreprises : s’ils pratiquaient un commerce interdit avec l’Iran, comme l’achat de pétrole, on leur couperait toute possibilité d’activité commerciale sur le sol américain. Forcés de choisir entre l’accès au plus important système financier au monde et un marché iranien plus de trente fois moindre, la plupart des entreprises se sont rangées du côté de Washington et ont évité Téhéran.

Les menaces chinoises imitent cette approche – tentant de forcer les sociétés américaines à choisir entre les ventes d’armes à Taïwan et l’accès à une économie chinoise presque vingt fois plus importante. Bien que les entreprises américaines ne vendent actuellement aucun équipement militaire à la Chine, de nombreux contractants de la défense des É-U vendent des avions de transport de passagers, des pièces d’aviation et d’autres équipements civils en Chine et pourraient voir leur capacité à continuer ces ventes interrompue par Pékin.

Des conteneurs maritimes sur un navire au port de Rizhao, province de Shandong, le 6 décembre 2015. REUTERS/Stringer

Pour Pékin, il s’agit d’un changement de position officielle. La Chine a longtemps argué que seules les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies étaient légitimes. Cependant, Pékin ne s’est pas strictement tenu à cette politique. En 2012, par exemple, il a unilatéralement limité les importations de fruits et de légumes depuis les Philippines en rétorsion, dans le cadre d’une dispute sur des revendications en mer de Chine du Sud.

Mais les menaces publiques de la Chine au sujet de Taïwan marquent une escalade majeure de sa volonté apparente de déployer ses propres sanctions contre les sociétés américaines engagées dans les affaires commerciales, en particulier des affaires explicitement autorisées par l’administration Obama et soutenues publiquement par de nombreux membres du Congrès.

Les décideurs politiques chinois comprennent que leurs difficultés économiques et financières grandissantes rendent leurs menaces de sanctions d’autant plus crédibles. La Chine constitue un marché décisif pour les produits américains, des voitures aux microprocesseurs, et les entreprises comme Wal-Mart, Apple, MasterCard et Starbucks sont parmi les entreprises américaines de pointe qui génèrent au moins dix pour cent de leur chiffre d’affaires en Chine, selon des données rassemblées l’an dernier par Factset Research.

D’autres pays, comme la Russie, ont aussi commencé à évaluer les domaines dans lesquels ils ont un poids économique qu’ils peuvent utiliser contre Washington et ses alliés.

Il y a plusieurs étapes pratiques que les États-Unis devraient effectuer pour répondre aux menaces chinoises ou pour être prêts lorsque d’autres pays menaceront de sanctions.

Un travailleur marche dans la zone des conteneurs du port de Shanghai, 10 avril 2012. REUTERS/Aly Song

Premièrement, les responsables américains doivent commencer à planifier systématiquement leur défense contre les sanctions. Bien que Washington ait de puissants mécanismes d’analyse pour développer de nouvelles sanctions contre des cibles étrangères, il ne fait pas grand-chose pour analyser la vulnérabilité des É-U aux sanctions. Il faut changer cela. Et vite. Le Département du Trésor devrait, pour commencer, mettre en place un comité de planification de défense contre les sanctions pour étudier la vulnérabilité américaine aux sanctions et émettre des rapports.

Deuxièmement, Washington doit faire savoir clairement à Pékin que le gouvernement américain soutiendra les entreprises américaines menacées de sanctions. Les principaux responsables américains devraient insister sur le fait que Washington considère la menace chinoise comme inacceptable et que les États-Unis encourageront les entreprises américaines à participer à l’accord avec Taïwan malgré les menaces.

Si la Chine poursuit sur sa lancée et impose des sanctions, Washington devra envisager des mécanismes pour protester contre les actions de la Chine et chercher des recours économiques pour les entreprises américaines affectées.

Troisièmement, les entreprises devraient faire plus pour identifier les risques de sanctions et durcir leurs défenses contre leurs vulnérabilités potentielles. Les entreprises américaines sont déjà engagées dans des analyses sophistiquées pour s’assurer que des évènements lointains tels que tremblements de terre et autres catastrophes naturelles ne déstabilisent pas le marché mondial. Les entreprises devraient employer des analyses de risque similaires et des stratégies d’amortissement pour les sanctions potentielles de la part de gouvernements étrangers.

Quatrièmement, les États-Unis doivent investir beaucoup plus d’énergie et de capital diplomatique pour construire des normes mondiales définissant quand des sanctions devraient et ne devraient pas être utilisées. Il y a actuellement quelques normes de ce type – même parmi de proches alliés des É-U comme l’Union Européenne.

Si Washington ne pousse pas à la mise en place de telles normes, la Chine et d’autres gouvernements le feront probablement. Le développement de normes autour de l’utilisation de sanctions ne préviendra pas en soi leur utilisation abusive par la Chine et d’autres gouvernements. Mais de même que les normes mondiales aident à limiter l’utilisation abusive de la force militaire par les gouvernements étrangers, des normes sur l’utilisation de la force économique aideront Washington à combattre des abus.

Les sanctions et d’autres outils économiques joueront probablement un rôle central dans la politique étrangère américaine dans les années à venir. La menace chinoise met en évidence le besoin de reconnaître les vulnérabilités propres des États-Unis, contre lesquelles Washington devrait prendre des mesures.

Source : Reuters – The Great Debate, le 26/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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31 réponses à La Chine menace les compagnies américaines de sanctions : est-ce l’avenir ? Par Peter Harrell

Commentaires recommandés

Spectre Le 13 février 2016 à 02h42

Les zélateurs de l’ « exceptionnalisme américain » dans toute leur splendeur : nous, nous avons le droit de pratiquer les sanctions unilatérales, le terrorisme économique et même le terrorisme tout court, selon notre bon plaisir ; vous, vous avez le droit de fermer votre gueule et de subir. Et surtout pas de riposte !

Quand Thatcher a passé l’arme à gauche, des manifestations de liesse ont eu lieu et l’on a sabré le champagne à la “mort de la sorcière”. Quand l’Empire s’effondrera, il faudra livrer le champagne par millions de caisses à travers le monde entier !

  1. Spectre Le 13 février 2016 à 02h42
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    Les zélateurs de l’ « exceptionnalisme américain » dans toute leur splendeur : nous, nous avons le droit de pratiquer les sanctions unilatérales, le terrorisme économique et même le terrorisme tout court, selon notre bon plaisir ; vous, vous avez le droit de fermer votre gueule et de subir. Et surtout pas de riposte !

    Quand Thatcher a passé l’arme à gauche, des manifestations de liesse ont eu lieu et l’on a sabré le champagne à la “mort de la sorcière”. Quand l’Empire s’effondrera, il faudra livrer le champagne par millions de caisses à travers le monde entier !


    • vincent Le 13 février 2016 à 03h26
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      Ils sont patient les Chinois, toujours prêt au dialogue pour résoudre les conflits. C’est dans leur culture.

      Mais aujourd’hui c’en est assez, sorti de la colonisation, suffisamment provoquée dans ses affaires internes (tibet taiwan) *, sans parler des actions d’espionnages sur son territoire via des ONG, ou des pseudos “dissidents”, ils n’ont plus le choix, c’est soit agir soit se laisser dévorer par ce monstre que sont les USA.

      Il est temps que les autres pays du monde montrent aux USA que l’exploitation de la planète pour leur profit propre c’est fini.

      C’est triste car la Chine n’est pas du genre à manger à tout les râtelier, être obliger d’adopter la posture américaine pour sa propre défense est une mauvaise évolution. J’espère simplement que cela va s’inscrire dans une dynamique mondiale avec d’autres pays, et que les chinois garderons cette diplomatie qui les ont caractérisés.


    • Crapaud Rouge Le 13 février 2016 à 07h52
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      Quand l’Empire s’effondrera, il faudra livrer le champagne par millions de caisses à travers le monde entier !” : quand l’Empire (US) s’effondrera, celui “du Milieu” prendra le relais, et rien ne dit que ce sera mieux. Cf. : “En 2012, par exemple, [Pékin] a unilatéralement limité les importations de fruits et de légumes depuis les Philippines en rétorsion, dans le cadre d’une dispute sur des revendications en mer de Chine du Sud.


      • Pepin Lecourt Le 13 février 2016 à 09h34
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        A la différence que la Chine durant toute sa très longue Histoire ne s’est jamais distinguée par une politique d’agressions et de conquête à la différence des USA qui n’ont jamais cessé depuis leurs origines à pratiquer une politique d’agression et de conquête sur toute la planète; Tout leur système économique repose sur la guerre et l’impérialisme.

        L’historien US Howard Zinn a calculé que depuis leur origine les USA ne sont restés que deux ans sans faire la guerre à un tiers.


        • Spamaboite Le 13 février 2016 à 10h01
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          Mhh Tibet, xinzhiang, Afrique, et une histoire impériale basée sur la conquête des territoires à l époque des grands royaumes asiatique me font dire que votre vision de la Chine n’est peut être pas si correcte.
          D un autre point de vue je ne vois pas pourquoi les chinois arretetaient de s étendre…


          • vincent Le 13 février 2016 à 12h23
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            Tout simplement parce que la période de conquête de la “Chine” s’inscrit dans une période historique qui va de l’antiquité jusqu’au 13 ème siècle; Le Xing Jiang et le Tibet sont dans la girons de la Chine depuis cette époque là; Si on regarde la france et ses possessions outre mer on pourrait dire pareil, pourtant aujourd’hui personne ne remet en cause ces conquête, et la france n’envahit plus même si elle fait la guerre.

            Culturellement les chinois se considèrent comme le centre du monde et estiment qu’ils n’ont pas besoin d’aller ailleurs. Aujourd’hui ils commercent avec l’Afrique et défendent leurs intérêts on les traites d’envahisseur, je trouve cela grave et injuste, parce que y a un 1 siècle, c’est pas elle qui pillait l’Afrique avec des prétentions civilisationnelles. Après cela ne veut pas dire qu’au niveau de leur zone d’influence, leur région, ils sont super tendre. Mais je ne crois pas qu’ils aient envie de se mettre le monde à dos comme les USA.

            Tout les pays se sont constitué sur des conquête à un moment de leur histoire, et oui la Chine c’est gros, mais c’est pareil pour l’Inde ou la Russie; Dingue que l’on conteste autant les territoires de ce pays qui lui sont propre dans sa globalité depuis 6 siècles.


            • maclag Le 13 février 2016 à 15h03
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              C’est une plaisanterie? La Chine entretient des relations très rugueuses avec ses voisins. Si on l’écoute sans discuter, plus personne ne pourra se baigner sur une plage d’Asie du sud-est sans un visa valide pour la Chine!
              Ce n’est pas parce que les É.U ont des comportements inappropriés que ses adversaires sont forcément dan leur droit!


            • TuYolPol Le 13 février 2016 à 19h54
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              Retrouve-t’on en Chine la tentation messianique ? L’extermination dans l’ADN ? Le culte de la violence ? Le puritanisme ? L’immaturité arrogante ?


            • maclag Le 13 février 2016 à 21h26
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              On retrouve l’appel à la haine contre les peuples (promues par la propagande gouvernementale au moindre différend politique), un fort esprit de revanche contre le monde entier, la conviction absolue d’avoir vocation à dominer l’Asie de l’est. La propagande encourage le peuple à penser qu’il n’existe d’autres culture que la culture chinoise. Le reste de l’Asie de l’est ne sont que de pâles copies sans légitimité.
              Ça promet pour l’humilité…
              Les appels à la violence existent implicitement. On trouve facilement des appels à la guerre contre tout pays d’Asie de l’est qui aurait l’outrecuidance de s’opposer à la Chine. On rappelle à qui veut l’entendre que presque tous ont été des pays vassaux de l’Empire du Milieu.
              Bref, n’attendez pas de la Chine qu’elle se comportera mieux que les ÉU dès qu’elle en aura l’occasion. En fait, ça pourrait même être pire!


            • Nicolas Le 14 février 2016 à 01h13
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              @Maclag

              Il n’y a pas d’entretien rugueuse entre la Chine et ses voisins, ça c’est ce que la presse va-en-guerre le souhaite. Les médias américains et australiens ont été abreuvés d’histoires qui prétendent que la Chine veut militariser les îles Paracels et Spratleys, y compris des articles alarmistes sur le déploiement de missiles offensifs en mer de Chine du Sud. Cependant, des rapports de renseignement de la CIA préparés dès 1974 décrivaient déjà les installations militaires chinoises sur les îles en Chine du Sud.

              Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et le Japon ont utilisé des auxiliaires supplétifs comme les Philippines, la Malaisie, l’Indonésie, Taiwan et l’ancienne République du Vietnam (Sud Vietnam) pour fortifier leurs possessions insulaires dans la mer de Chine méridionale. Bien que les deux membres du G7 n’aient pas fait valoir leurs revendications, ils ne les ont pas non plus retirées. Le Président Obama, dans son pivot vers l’Asie, semble croire qu’une augmentation de la présence militaire terrestre, navale, et aérienne des États-Unis en Asie orientale et du Sud-Est devrait passer inaperçue par les puissances régionales comme la Chine. La consolidation de la marine et de l’infrastructure modeste de la Chine sur les Paracels et Spratleys sont une réponse directe aux mouvements agressifs américains dans la région.


    • pinaute Le 13 février 2016 à 15h50
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      Mais faut pas oublier que les zélateurs détiennent leur pouvoir de sanctionner directement de Dieu. Qui peut en dire autant?


  2. sg Le 13 février 2016 à 02h56
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    «Cela signifiera que la Chine a été conduite, sinon “forcée”, à abandonner sa politique classique de respect des principes de la vie internationale par le comportement des USA.»

    Ce passage me fout la chair de poule. Si un pays tel que la Chine, qui respectait les lois internationales, est poussée à en déroger sur le sujet des sanctions, qu’est-ce qu’il risque de se passer pour les lois concernant les actes plus graves tels que la déclaration de guerre et l’invasion d’autres pays souverains?

    Et je ne parle pas spécifiquement de la Chine ici, mais du respect par tous les pays des décisions et des règles des chartes internationales et surtout des Nations Unies: si les lois ne sont plus respectées, où cela peut-il bien nous mener? Certainement pas vers une meilleure civilisation j’en ai peur…


    • Astatruc Le 13 février 2016 à 08h27
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      Soyez rassuré, la Chine fait partie des BRICS et a signé un traité dont la première condition est la non-Ingérence.
      Il nous faut prendre garde à ne pas être encore les jouets de la peur instaurée par les usa, l’ue, par médias interposés pour contrer tout changement de paradigme.


    • vincent Le 13 février 2016 à 12h27
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      Oui et j’ajouterais que je vois mal la Chine se lancer dans telles politiques, ils ne vont pas s’ingérer dans les affaires demains par contre ils veulent mettre un terme à l’influence néfaste des USA et ils ont bien raison. Cela permettra aux autres pays de respirer.


    • thmos Le 13 février 2016 à 15h39
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      mais c’est déjà le cas, nous n’avons pas respecté les “lois internationales” concernant l’intervention en Libye, l’ ONU a reconnu le gazage de soldats iraniens en 1983 sans intervenir, les USA ne respectent aucune instances dès lors qu’ils veulent guerroyer et coloniser … Faire croire que de louables organisations sont encore effectives participe à cette barbarie à visage onusien.


  3. vincent Le 13 février 2016 à 03h24
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    Ils sont patient les Chinois, toujours prêt au dialogue pour résoudre les conflits. C’est dans leur culture.

    Mais aujourd’hui c’en est assez, sorti de la colonisation, suffisamment provoquée dans ses affaires internes (tibet taiwan) *, sans parler des actions d’espionnages sur son territoire via des ONG, ou des pseudos “dissidents”, ils n’ont plus le choix, c’est soit agir soit se laisser dévorer par ce monstre que sont les USA.

    Il est temps que les autres pays du monde montrent aux USA que l’exploitation de la planète pour leur profit propre c’est fini.

    C’est triste aussi, car après nous avoir noyé avec le péril Jaune on se rend compte que la Chine n’est pas du genre à manger à tout les râtelier, être obliger d’adopter la posture américaine pour sa propre défense est une mauvaise évolution. Mais quand les mauvaises foi sont telles, il n y a plus à tergiverser, il faut faire ce que l’on est pas accoutumé à faire. J’espère simplement que cela va s’inscrire dans une dynamique mondiale avec d’autres pays, et que les chinois garderons cette diplomatie qui les ont caractérisés.


  4. Louis Robert Le 13 février 2016 à 03h50
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    Il y a moins d’un an, au Harvard Kennedy School, le doyen Mahbubani demandait à son auditoire ce qui se passerait lorsque la Chine deviendrait le numéro un mondial.

    http://johnmenadue.com/blog/?p=3643

    Plus tôt, dans “When China Rules The World”, Martin Jacques annonçait déjà que première économie mondiale, la Chine deviendrait, dans très peu d’années, deux fois plus considérable que celle des États-Unis.

    Or non seulement l’Empire n’est pas prêt à s’adapter à cette nouvelle réalité mais, dans sa suffisance narcissique extrême, il n’a même pas encore considéré sérieusement l’inévitabilité du nouvel ordre mondial caractérisant le “Siècle de l’Asie”. Aveugle, dépendant, vulnérable, ayant négligé de mettre en place des normes de conduite civilisée en politique internationale, il ne peut plus que subir, en retour, les traitements odieux et destructeurs qu’il inflige depuis au moins un siècle au reste du monde. Pour lui donc, très douloureux se révélera le moment de vérité qui vient. À donner le mauvais exemple…


  5. atanguy Le 13 février 2016 à 05h52
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    Ce n’est pas ce que la Chine achète aux E.U c’est ce que la Chine fabrique pour eux. La recherche du profit maximum en faisant fabriquer tout ce que les ouvriers américains faisaient dans leur pays a réduit le capitalisme américain a dépendre de la Chine pour des produits essentiels a son économie tout en détruisant le tissu industriel de leur pays. Il est bien tard pour les dirigeants US de s’en rendre compte. Mais, pas de soucis, si vous habitez en Europe vous avez le même problème…


  6. Justinos Le 13 février 2016 à 08h52
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    Question : est-ce que la Chine, l’Empire du Milieu, s’est manifestée comme structurellement “impérialiste” dans son Histoire ? Aspira-t-elle à conquérir le monde ? S’est-elle pensée comme nation messianique ? A-t-elle fait de son droit et de ses intérêts la norme pour le monde. Je crois que non (sans être un spécialiste).
    Si les réponses à ces questions sont négatives, je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter d’un… “péril jaune” en somme – qui paraît structurer encore certains imaginaires… -, lequel serait pire encore que la réalité que nous subissons avec l’arrogant, naïf, stupide, mais fort efficient impérialisme américain.
    A écouter aussi l’analyse de Tony Andreani (cf. Youtube : “le modèle chinois”) sur la nature problématique du communisme chinois, car n’oublions pas que ce pays se réclame du communisme, et d’un communisme du tiers-monde.


  7. Sumbawa Le 13 février 2016 à 09h31
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    La Chine ne se réclame plus du communisme depuis 1993.
    Donc dès que vous voyez un texte où il y a écrit “Chine” et “Communisme”, vous pouvez le jeter à la poubelle.


    • Nerouev Le 13 février 2016 à 09h57
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      C’est un peu cinglant et réducteur à moins qu vous ne parliez de “régime” à la façon américaine. Car il y a un communisme à la chinoise, comme un communisme à la russe et bien d’autres.


      • Spamaboite Le 13 février 2016 à 10h08
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        Tu parles de ce communisme empreint des méthodes et pratiques du capitalisme comme la mise en compétition d absolument toutes les ressources disponibles dans le territoire contrôlé?
        Rien de cinglant, ni de réducteur dans son message. Il eu fallut simplement rappelé le pragmatisme chinois qui ne s embarrasse plus d idéologie depuis qu’ ils ont connu un certain nombre de défaite (guerre de l opium, fin de l empire, Mao, bientôt, deng xiao ping ?).


        • Chris Le 13 février 2016 à 11h51
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          Exactement. Les Chinois se foutent des étiquettes et conduisent leurs affaires et pays en ménageant leurs intérêts propres. Les Français qui n’en finissent pas de gloser sur les étiquetages politiques obsolètes feraient bien de s’en inspirer pour défendre leurs intérêts au sein de l’Union Européenne.
          Un article d’UPR a particulièrement attiré mon attention :
          http://www.upr.fr/actualite/scandale-cache-financement-par-la-france-des-rabais-europeens-verses-aux-pays-les-plus-riches
          Ainsi, la contribution de la France au budget de l’UE, hors ressources propres traditionnelles (RPT), devrait s’élever à environ 153,3 milliards d’euros pour l’ensemble de la période 2014-2020 soit 21,9 milliards d’euros en moyenne par an. Elle va donc avoir à supporter une augmentation d’environ 25,9 milliards d’euros par rapport à la précédente programmation pluriannuelle portant sur 2007-2013, soit + 3,7 milliards d’euros en moyenne par an.
          Que foutait donc Moscovici ? Occupé à batifoler ?


  8. Gilles Le 13 février 2016 à 09h56
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    Il ne faudrait pas confondre des sanctions économiques qui seraient des mesures de rétorsion relevant de la réciprocité, et protection vitale d’un pays en ce qui concerne les logiciels et les moyens de paiement . L’UE serait bien inspirée de suivre cette démarche.


  9. sergeat Le 13 février 2016 à 11h10
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    Cette menace chinoise me réjouit,cela prouve que le monde unipolaire se fracture.Le gendarme des”démocraties”et sa judiciarisation des lois US sur le monde,pourrait être attaqué.Des petits pays comme Cuba n’aurait plus à subir des embargos assassins,des médicaments pourraient être vendus à la Syrie sans punitions financières,……un autre gouvernement français pourrait refuser les amendes US de VEOLIA,SNCF,ALSTOM,BNP ….Pour le Mistral il aurait pu être vendu à la Russie (dans le futur on ne pourra plus car les turbines Alstom du navire ne sont plus françaises).


  10. Eructite Le 13 février 2016 à 11h55
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    C’est de bonne guerre. Et en plus c’est aussi illégal que les sanctions commerciales américaines. Le monde multipolaire s’annonce mouvementé…
    Pour rappel, c’est la Chine qui détient la plus grande part de la dette américaine. Si les américains continuent à se la jouer super-puissance et n’écoutent pas les revendications de la Chine, ils vont droit dans le mur.
    La question qui s’impose est : Est-ce bon pour la France et l’Europe ou non ?
    Vu notre système de gouvernance pro-atlantiste, j’aurai tendance à dire que c’est très mauvais. On peux peut être espérer un réveil de l’Europe vis à vis de son maître et une prise de distance sur un certain nombre de points suite à cette menace… Enfin l’espoir fait vivre.


  11. christian gedeon Le 13 février 2016 à 12h36
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    La Chine a bien assez à faire avec ses problèmes intérieurs qui vont en croissant. Ou devrais dire “les” Chine…à l’intérieur même de l’empire les tensions entre régions sont palpables et la masse effrayante des migrants intérieurs ne présage rien de bon. la Chine est un empire comme un autre,en définitive… à part que l’histoire de la Chine montre,à l’envi,qu’elle a toujours été soumise à des forces centripètes entre ses différentes régions et ses différentes ethnies…pour la suite des évènements,je conseille de regarder de très près du côté de l’ex Mandchourie d’une part et du côté de la région de Canton,de l’autre…


  12. Lysbeth Lévy Le 13 février 2016 à 14h22
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    La Chine comme la Russie, ou le Vénézuela, la liste est longue, est attaqué de l’intérieure par des ONG et des bandes armées au Xing Xhiang, au Tibet qui prétendent demander l’indépendance, il serait temps que Pékin agisse fort.http://numidia-liberum.blogspot.fr/2014/10/usa-pseudo-revolutions-apres-les-pays.html

    Le pire ce sont les campagnes de diffamation/mensonges faites dans nos médias qui font passer la Chine pour un pays agressif, regressif, alors qu’elle ne fait que se défendre le plus souvent face a ces nouvelles formes “d’agitations” marque de fabrique américaine. Elle en a les moyens, et faire comme la Russie bannir les ONG pro-occidentales du pays serait la bonne solution.


  13. thmos Le 13 février 2016 à 15h32
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    Ce qui explique mieux l’hystérique agressivité des français vis à vis de l’Iran – Peur de l’inconnu exacerbée par cette passion pour la soumission … Cette France qui aime être occupée, et qui laisse la Société Genérale condamnée à payer 7 Md $ pour avoir commercé en dollars, alors que les usa avait instauré leur monnaie en tant que devise internationale …


  14. Silk Le 13 février 2016 à 17h32
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    justement : si vous connaissez le sujet, vous savez que ces mesures sont justifiées par la présence de backdoor et de logiciel espion dans les OS et matériel réseau de Cisco.


  15. bruno Le 13 février 2016 à 17h54
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    ce que prônent les chinois et bien ça fait des années que je me le dis.
    jouer avec les mêmes armes que les américains…tu veux me sanctionner ??? ok,pas de problème…et bien moi aussi je vais te sanctionner”.
    et ainsi de suite et les russes font de même avec l’UE.
    un rendu pour un vomi,dirait Coluche et c’est exactement ce qu’il faut faire.


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