Sapir et la chute du dollar

La radio La Voix de la Russie retranscrit, le 19 juin 2014, une interview de l’économiste français Jacques Sapir. Le thème de cet entretien est la question de l’évolution de la position de monnaie de réserve du dollar à la lumière des initiatives russes en développement, telles qu’elles ont été déclenchées par la crise ukrainienne.

La Voix de la Russie. «La Russie et la Chine entendent se débarrasser du dollar dans leurs transactions gazières. Est-ce un projet viable d’après vous ?»

Jacques Sapir. «Il est très clair que l’initiative que comptent prendre les gouvernements russe et chinois est quelque chose de potentiellement très important ! En effet, le dollar joue 3 rôles dans l’économie internationale, à savoir : unité de compte, car beaucoup de prix sont calculés en dollars (en particulier, dans les matières premières et pas que pour le gaz et le pétrole)… C’est aussi vrai pour le blé et différentes céréales… C’est aussi une monnaie de transactions c’est-à-dire la monnaie dans laquelle se font les règlements de ces transactions internationales… Et il est également une monnaie de réserve. Ce que voudrait changer justement cet accord entre les gouvernements russe et chinois, c’est l’usage du dollar comme monnaie de certaines transactions portant en particulier sur le gaz et le pétrole. On peut penser que cela se fera mais ça impose évidemment que le rouble soit reconnu en Chine (ce qui est déjà le cas) et que le yuan soit reconnu en Russie ce qui n’est le cas, en fait, que depuis la fin de l’année dernière où il y a eu les première cotations du yuan sur la bourse de Moscou.

»D’une manière plus large, cette démarche correspond en fait à un souci assez constant de toute une série de pays – et là ça va beaucoup plus loin que la Russie et la Chine… Ca concerne les pays du Golfe Arabo-Persique et ceux de l’Amérique Latine, producteurs des matières premières ; ces pays veulent sortir de la zone dollar pour ce qui concerne la monnaie des transactions. Et ajoutons à cela encore un point. La plainte déposée par le gouvernement américain contre la banque française BNP-Paribas… Une plainte fondée sur le fait que des opérations contraires à la loi américaine ont été faites par cette banque alors que les succursales de cette banque n’étaient pas sises aux Etats-Unis, mais parce que l’on utilisait le dollar et parce que la chambre de compensation de dollar était aux Etats-Unis, le gouvernement américain considère que des lois américaines ont été violées.

»C’est une question juridique extrêmement complexe, mais on voit bien que ce précédent, au sens juridique du terme, ne peut qu’inquiéter toute une série de pays qui font leurs transactions en dollars et ne peut que les inciter à basculer vers d’autres monnaies de transaction.»

La Voix de la Russie. «Existe-t-il une vraie chance de créer une monnaie de réserve hormis le dollar ?»

Jacques Sapir. «C’est un très vieux problème ! Il faut se souvenir que le rôle de dollar comme monnaie de réserve avait été attaqué par le général de Gaulle en 1965-66. Et régulièrement, à chaque nouvelle crise monétaire internationale on reparle de ce problème. D’un côté, il est clair que le système actuel fondé sur un usage non pas exclusif mais très largement dominant du dollar comme monnaie de réserve n’est pas satisfaisant. Et d’ailleurs on le voit dans la structure des réserves de change des différentes banques centrales. On voit par exemple, qu’en plus du dollar il y a l’euro mais aussi maintenant beaucoup de nouvelles monnaies : par exemple, le dollar canadien, le dollar australien et celui de Singapour, etc. Donc il existe évidemment un besoin de diversification au minimum et peut-être plus un besoin de changer le système.

»A partir de là on voit très bien dans quelle alternative nous sommes. Pour opérer un changement complet du système monétaire international, il faudrait que la situation politique soit mûre pour une conférence internationale sur le modèle de la conférence de Bretton Woods qui s’est tenue en 1944. On peut penser qu’aujourd’hui les temps ne sont pas encore mûrs c’est-à-dire que les Etats-Unis qui bénéficient d’une certaine manière de la situation actuelle feront tout pour maintenir cette situation ou dans tous les cas pour freiner un mouvement vers le changement.

»Et donc l’autre branche de l’alternative c’est que l’on voit se développer des monnaies qui, au niveau régional, prennent de plus en plus le rôle de monnaie de réserve régionale. Je pense que c’est l’ambition de la Chine de voir la monnaie chinoise, le yuan, devenir d’ici quelques années, une monnaie de réserve au niveau de la zone Asie-Pacifique peut-être en combinaison avec le dollar australien, voire la monnaie de Singapour. On sait qu’il y a aussi le projet de constituer le rouble en monnaie de réserve pour la zone de la CEI… Et donc on va voir très probablement émerger une multiplicité de monnaies qui vont progressivement éroder la position du dollar comme monnaie de réserve internationale.»

Dans un “commentaire” rajouté en fin d’interview, Sapir précise son point de vue, ou plutôt l’élargit en le portant au niveau de la politique et des relations internationales. Il écrit notamment : «Ainsi donc le bouleversement dans le monde de la haute finance préparé de longue date par les financiers chinois et russes va torpiller la capacité américaine de projeter ses forces armées à l’étranger. Et comme on vit à l’époque de la Bourse mondiale, on ne donnerait pas cher pour la devise d’un Etat dont l’économie souffre des carences de stagnation (à ne citer que Detroit) et qui ne peut plus faire peur. Bref les Etats-Unis n’auront plus les moyens de rançonner le monde et de porter la guerre en Ukraine, en Irak, en Afghanistan et au Proche-Orient. A partir de ce moment-là l’histoire reprendra son cours naturel mais sans Washington qui sera relégué au rang des puissances régionales.»

… Il est vrai que l’on se trouve devant une situation qui devrait finalement apparaître comme paradoxale. Il ne fait aucun doute que les événements sont désormais en route pour une réduction qui s’avérera radicale du rôle du dollar, qui se fera dans la pression des crises politiques, des frustrations, des manœuvres, etc., autour de points de tension qui recèlent les plus grands risques d’explosions et de conflits. La chronologie et l’histoire très récente des trois derniers mois montrent évidemment que c’est un événement politique, – et nullement financier ou monétaire, voire économique, – qui a précipité ce qui doit devenir, sans aucun doute, la crise du dollar avec la perte de son statut privilégié de monnaie de réserve répandant son diktat impératif dans les relations internationales. Sans la crise ukrainienne, en effet, de telles manœuvres et une telle résolution politique (chez les Russes essentiellement) n’auraient sans doute pas été possibles. Il a fallu un événement déstabilisant, avec la menace de pressions encore plus déstabilisantes, sinon déstructurantes (la menace des sanctions), pour conduire sinon forcer le pouvoir russe à lancer sa conversion ouvrant la voie à une dynamique de réduction sinon de dissolution de la position privilégiée du dollar.

(Nous écrivons “pour conduire sinon forcer…“, parce que nous pensons qu’en l’absence d’une crise d’une telle intensité que l’ukrainienne, la Russie n’aurait pas choisi la voie qu’elle a choisie, de crainte de paraître trop dans une posture de confrontation avec ses “partenaires” du bloc BAO, des USA. Le système de l’américanisme, dans son aveuglement habituel, ne mesurera jamais la position de sûreté qu’il a perdue en poussant la Russie à la confrontation, notamment depuis la réélection de Poutine et, ouvertement, depuis le début de la crise ukrainienne. Le système de l’américanisme n’a jamais compris durant toutes ces années, qu’il avait, avec Poutine, un centriste ouvert à une coopération équilibrée, dont l’ambition n’était nullement de défier le Système, voire de chercher à le frapper. Mais on ne peut attendre le moindre éclair de finesse dans le jugement d’un système, celui de l’américanisme, dont on peut dire sans crainte d’être démenti que «la seule chose qu’il attend de la Russie, c’est que la Russie n’existe plus» [phrase fameuse de Leonid Chebarchine, ancien chef des SR russes].)

Il nous semble par conséquent que l’épisode montre bien l’orientation décisive qu’ont pris les événements depuis la grande rupture de l’automne 2008. Il avait été alors question de la mise en cause du dollar, d’une façon assez tranchée (voir le 27 mars 2009) et pourtant sans le moindre résultat, sans la moindre réaction du côté US, sans aucun suivi du côté des accusateurs (les Chinois, mais aussi d’autres pays de même tendance, comme le Brésil de Lula). L’épisode avait finalement montré que la question du dollar, comme toutes les questions concernant la structuration financière et économique du monde sous l’influence du bloc BAO/des USA, c’est-à-dire du Système, étaient dans l’ordre du politique et nullement dans les catégories apparemment impliquées (finance, économie, etc.), et encore dans l’ordre du politique lorsque les situations principielles et ontologiques sont en jeu, – comme dans le cas de la Russie aujourd’hui. L’épisode montre la puissance de la structure existante, autour du dollar et des autres arrangements dans d’autres domaines, structure qui renvoie au Système et qui présente la particularité d’impliquer les intérêts et la situation de ceux-là même qui pourraient s’y opposer, dans une position à la fois de victime et de complice, et cela expliquant que les tentatives pour desserrer l’étau en restant dans les domaines concernés ont jusqu’ici échoué ou même n’ont pas été sérieusement envisagées. La situation est différente, presque renversée, si l’on passe aux domaines fondamentaux. Il fallait un événement de rupture fondamentale, de l’ordre du politique le plus haut, et c’est ce qui s’est imposé avec la crise ukrainienne.

Dans cette logique, nous différons de l’analyse de Sapir pour les suites. Si le statut du dollar doit effectivement être réduit dans une sorte de dissolution diffusée par l’élargissement du rôle d’autres devises, cette opération ne se fera pas “en douceur”, loin de là et même au contraire. Les USA n’accepteront jamais d’être dépossédés de leur statut de puissance hégémonique et dominatrice, – ils le manifestent déjà en affirmant leur “exceptionnalité” au moment où ce qu’il leur reste d’exceptionnel est l’accumulation de fautes et d’erreurs réduisant à une très grande vitesse les restes de leur position qui fut effectivement exceptionnelle dans le domaine arbitraire de leur hégémonie. C’est de ce point de vue qu’il est logique d’attendre des réactions furieuses et absolument irrationnelles de leur part, et c’est en cela que la crise ukrainienne est extrêmement dangereuse et elle-même exceptionnelle ; elle ménage l’alternative qu’on a déjà vue (voir notamment le 3 mars 2014), entre la fonction de cause opérationnelle d’un conflit au plus haut niveau (spectre du nucléaire) et celle de détonateur de la phase finale de l’effondrement du Système. Il s’agit toujours de la même tendance américaniste, suivant l’équation du Système surpuissance-autodestruction, cette tendance conduisant effectivement aux deux termes de l’alternative entre la domination hégémonique et l’emportement irrémédiablement suicidaire. (Toujours la fameuse citation de Lincoln de 1838, encore rappelée le 21 mars 2014, qu’il faut toujours garder en mémoire parce qu’elle montre que le futur président, s’il était un grand politique, était d’abord un fin psychologue des événements à venir : «A quel moment, donc, faut-il s’attendre à voir surgir le danger [pour l’Amérique]? Je réponds que, s’il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-mêmes. […] Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant.»)

Mis en ligne le 21 juin 2014

En complément sur le dollar, je vous propose aussi ce billet du même site : Pour une “coalition anti-dollar”, traitant de la vision du conseiller spécial pour l’économie de Vladimir Poutine, Sergei Glaziev

 

Notes sur la folie-Système à marche forcée

28 juin 2014 – Par quoi commencer ? Par le commencement de la séquence, c’est-à-dire ce que certains jugent être “le recul de Poutine“, ce que d’autres jugent être “la manœuvre de Poutine”. Quoi qu’il en soit, il importe de ne pas prendre ce cas avec légèreté, pas plus que les autres que nous traiterons dans ces Notes d’analyse, – la “politique insinuante” de l’UE, la politique de rupture des USA.

… Il s’agit d’une dynamique générale où l’Ukraine, le détonateur de la chose, a une place importante mais qui se relativise à mesure. Elle ne rapetisse pas, non, c’est le reste, le fondamental, qui grandit avec elle en son centre, – mais centre-moteur, centre-dynamique, certainement une source d’inspiration qu’on qualifierait bien entendu de maléfique.

La dynamique de ce qui est désormais un des grands axes géographiques et psychologiques de la crise générale (orientation est-ouest, champ d’application de l’aire transatlantique à l’espace eurasiatique) échappe complètement au seul aspect ukrainien. Elle appartient à la crise générale d’effondrement du Système désormais en place et en développement opérationnel. (Quelle que soit son issue, à cette crise, guerre au plus haut niveau ou enchaînement des crises constituant l’effondrement).

(Ajoutons en complément que le “deuxième axe” de cet énorme phénomène de déstabilisation de ce qui forme l’essence des relations internationale se trouver bien entendu en Irak et alentour, sous la forme non pas d’une géographie linéaire mais d’une géographie tourbillonnante. Nous retenons cette formule de DEBKAFiles, par ailleurs utilisée dans notre Bloc-Notes du 27 juin 2014 : «The Iraqi battle arena is becom[ing] a veritable Babel of war. So far, six countries are involved in varying degrees: the US, Iraq, Iran, Syria, Jordan and Saudi Arabia.»)

Les psychologies et leur résistance

En avant pour Poutine… Nous allons nous attarder à sa pseudo “reculade”, que nous qualifierions plutôt de “manœuvre tactique désespérée”, – car aujourd’hui, toutes les “manœuvres tactiques” semblent désespérées tant la dynamique que nous devons qualifier de métahistorique est en route. Observons tout de même qu’en notant cela, nous tendons vers une des interprétations parmi celles que nous allons offrir, de l’acte symbolique (le 24 juin) de Poutine demandant et obtenant de la Douma qu’elle lui retire l’autorisation d’employer les forces armées dans la crise ukrainienne. C’est un geste qui n’est que symbolique, – Poutine reste chef des armées et donc avec le pouvoir de les utiliser si la situation l’y conduit ; mais “acte symbolique” marquant dans une situation où le système de la communication domine tout.

… Effectivement, le président russe a été l’objet de toutes les attentions, de toutes les interrogations, voire de toutes les suspicions, lorsqu’il a fait sa demande à la Douma. Entretemps, des “négociations”, – guillemets autorisés, – ont commencé entre représentants assez indirects de Kiev et représentants des révoltés du Donbass, alors qu’un “cessez-le-feu”, – guillemets fortement recommandés, – était établi jusqu’au 27 juin. (Il a été reconduit pour 72 heures, a annoncé le président-chocolat le 27 juin 2014.)

Nous allons passer rapidement en revue quelques évaluations de commentateurs que nous connaissons, pour établir combien les interprétations diffèrent. C’est une marque de la confusion dans l’évaluation qu’on peut faire de la situation. Cette confusion se retrouve partout et trouble certains esprits, quand elle en durcit d’autres. La résistance des psychologies diffère notablement selon les psychologies, selon leur résistance aux pressions du Système…

Sous l’influence du Système

D’abord, et plutôt pour l’illustration accessoire de la façon dont les psychologies peuvent varier, montrer une fermeté exemplaire de type antiSystème et soudain s’affaiblir jusqu’à céder aux narrative-Système, voici MK Bhadrakumar. Son évaluation de l’attitude de Poutine, du 24 juin 2014, est indigne de ce qu’il a écrit auparavant sur le sujet. Le chroniqueur est victime dans ce cas d’une fascination qu’il éprouve épisodiquement pour la pseudo-puissance des USA.

Dans son analyse, il souscrit essentiellement à la narrative-Système (US), malgré quelques réserves émises plus loin. Cela revient à dire que Poutine a cédé, à reculé, devant une interprétation-Système qui fait la part belle et fascinée à la soi-disant puissance US d’un Obama faisant sa grosse voix. Du coup, pour lui (Bhadrakumar), la narrative cousue de grossier fil blanc semble dire le vrai.

«Succinctly put, Russia has begun ‘de-escalating’. This follows what appears to have been a tough phone conversation US president Barack Obama had with Putin on Monday where he apparently threatened that the West will impose the so-called ’scalpel sanctions’ on Russia — focused on Russia’s energy and arms industry — unless the Kremlin took a series of measures without further delay such as abiding by the ceasefire ordered by Kiev and halting the flow of weapons across the border into Ukraine.

»In a special briefing on Friday, US state department had disclosed details of the flow of weapons, including tanks, from Russia across the border into Ukraine and hinted that the ’scalpel sanctions’ were imminent. Moscow has apparently understood that a defining moment is reaching…»

Cette façon d’accepter pour argent comptant un briefing du département d’État, cette officine devenue louche à force d’élever le mensonge en pratique quasi-ontologique et qui professe que la Russie a envahi l’Ukraine russophone, détonne de façon remarquable, par exemple, avec ce commentaire du même MK Bhadrakumar, le 1er mars 2014 : «The western politicians all the way down from US President Barack Obama are being hypocritical in calling on Russia to be ‘restrained.’ Some self-restraint on their part through the recent months could well have avoided the meltdown in Ukraine that has begun. The cracks are audible, like ice cracking, as the ethnic mosaic does not seem to able to hold together anymore. […] In sum, the West’s fifth column in western Ukraine has created an illegitimate, unconstitutional power structure in Kiev manned by people who can be trusted as ‘pro-western’ and, more importantly, viscerally ‘anti-Russian’.»

La surprise de la démarche de Poutine

Bien entendu, la démarche de Poutine trouve d’autres commentaires qu’une simple capitulation devant une Amérique imposant sa volonté. Car cette démarche, si l’on s’y attache un instant, apparaît comme mystérieuse et complexe et certains avouent, dans un premier jet, leur stupéfaction initiale (The Saker, le 24 juin 2014, avant de faire un long développement où il envisage différentes hypothèses : «When I heard this morning that Putin had asked the Federation Council to repeal the resolution on the use of Russian armed forces on the territory of Ukraine I was frankly baffled. Truly, I had not expected such a move…»)

La commentatrice française Karine Bechet-Golovko, juriste installée en Russie et qui édite un site sur la situation russe (Russiepolitic), émet plusieurs hypothèses qui nous restituent aussi bien les interprétations manœuvrières que certaines déceptions des partisans du président russe. (Le 25 juin 2014).

«Et la Russie affirme clairement ne pas vouloir intervenir. Certains d’affirmer l’existence d’un plan caché de V. Poutine, de rappeler sa grande dextérité diplomatique et géopolitique. C’est vrai et espérons. Mais au-delà de l’espoir, plusieurs questions inquiètent. Sans oublier que sur place, ils n’ont pas l’air d’être trop au courant de ce soutien …

»Prenons les choses sous un autre angle. Je sais, on m’a déjà dit que ces choses ne sont pas liées. Et l’on me l’a tellement répété, que j’en ai des doutes. Donc imaginons une autre version, plus cynique, soit, mais qui a aussi le droit d’exister. Dans cette version, la Russie ne fait pas le pari de la paix, elle fait le choix de la tranquillité et du développement économique. Elle en a par ailleurs aussi le droit. La Russie n’est pas obligée non plus d’endosser le rôle du preux chevalier sans peur et sans reproche. Seulement, oui, c’est moins joli, moins romantique, mais cela correspond pas mal à certaines élites en place. Et au calendrier en cours …»

Le “cessez-le-feu en chocolat” et les diverses “réalités”

Quoi qu’il en soit de ce “cessez-le-feu en chocolat”, on sait parfaitement qu’il n’a pas fait pour autant cesser le feu. La faute en a été aussitôt attribué, du côté du bloc BAO, aux insupportables “terroristes”-parlant-russe de la partie russophone du pays. Rien de surprenant dans ces prolongements, sinon l’installation d’une situation d’une double “réalité”, comme la décrit la même Karine Bechet-Golovko : «Et nous avons l’impression que deux réalités parallèles se mettent en place, se font concurrence. D’un côté la réalité diplomatique, celle d’un cessez-le-feu et de la rencontre de bonnes volontés, d’un autre côté la réalité crue du quotidien dans laquelle les gens continuent à se battre, à être blessés et à mourir. Comme si la volonté politique, avec le soutien médiatique, devait permettre de faire triompher une réalité sur une autre. Bref, une guerre post-moderne, sans armée régulière, avec des opérations coups de poings sans insignes et la caméra sur l’épaule…»

Cette situation n’est pas nouvelle tant le jeu des différentes “réalités” est devenu courant dans notre époque, mais jamais elle n’a paru si polarisée, si frappante entre ses deux extrêmes, qu’avec la crise ukrainienne. Le déni de la situation opérationnelle et humanitaire dans le Donbass par le bloc BAO, notamment dans l’activité de ce bloc au sein du système de la communication par le biais de la presse-Système, est d’une telle puissance qu’il nourrit les surprises les plus fortes, les tensions souterraines les plus grandes, les explosions les plus inattendues, lorsque la réalité de la situation parvient à se faire entendre. Cela implique que la crise est là pour durer, pour croître et se multiplier dans ses effets, ce dont on se doutait ; le terrain de la communication ne sera certainement pas le moins sollicité, il constituera même le principal champ de la bataille… «I have to agree with several Russian analysts who have recently warned that we are in this conflict for the long run and that it would be the height of irresponsibility to assume that now it’s all over and all is well. For one thing, the Banderastani part of the Ukraine is guaranteed to explode before the end of the year (Russia will shield Novorussia from this explosion by direct aid and economic ties). Finally, the information war will now only heat up even if the purely military aspects might become less central.» (The Saker, dans le texte déjà cité.)

Parole d’oligarque

Pour achever de mesurer l’extrême complication du désordre ukrainien, – il y a des désordre plus “désordonnés” que d’autres, et l’ukrainien est l’un de ceux-là, sans doute le plus “performant”, – on citera cet extrait d’un texte d’Alexander Donetsky, sur Strategic-Culture.org, le 26 juin 2014. Il indique combien la fragmentation du pays que la crise a mise à jour et à nu touche également les forces dites “de Kiev”, notamment avec la présence des oligarques constitués en autant de seigneurs féodaux, ou de “seigneurs de guerre”, – on choisira l’image qui convient. La crise ukrainienne montre plus qu’aucune autre les connexions directes de la politique, de l’idéologie, de la guerre secrète, des extrémismes affichés, avec les fortunes incertaines des oligarques “profiteurs de crise”, le crime organisé, les pouvoirs parallèles..

Ici, le cas de l’oligarque Kolomoisky qui a sa fortune, sa banque, son armée, sa politique, ses projets (c’est lui qui voudrait verrouiller la frontière russo-ukrainienne d’un ouvrage composé d’une clôture électrifiée, de champs de mines, etc.) … On mesure les limites du pouvoir du président-“roi du chocolat” dans cette situation, de ce fait devenue encore plus typiquement postmoderne. «However, some of the government troops had no intention of obeying the ceasefire order. When the suspension of hostilities was announced during Poroshenko’s trip to the Donetsk region, the governor of the Dnepropetrovsk region, the oligarch Igor Kolomoisky, openly told the president that he “will never obey and his army will finish off these separatists anyway”. It was Kolomoisky who financed the creation and arming of several battalions of mercenaries (using funds from his bank, Privat) who distinguished themselves with the cruelty of their slaughter of the civilian population in many cities in the Donbass: Mariupol; Krasny Luch; Slovyansk; Schastye; and Stanitsa Luganskaya … This all goes to show that in reality Poroshenko not only has no control of the Kiev-based Maidan movement that is unwilling to either fight or release the buildings they captured six months ago, but he also has no firm grip on either the troops that were mobilized with so much effort or the regions that still profess outward loyalty to him.»

“… Se préparer à la guerre”

Finalement, pour en revenir à Poutine et quitter la seule crise ukrainienne pour passer à la big picture qui s’est constituée autour de cette crise, on retiendra également une dernière interprétation de son attitude. Elle est de Paul Craig Roberts, le 24 juin 2014, et elle se présente comme une approbation complète de les décisions du président russe de rechercher une issue diplomatique au travers des négociations ukrainiennes et de demander le retrait de l’autorisation d’intervenir militairement de la Douma.

C’est un point d’autant plus intéressant que PCR, en une autre occurrence, au début mai, avait critiqué implicitement la position attentiste et arrangeante de Poutine … (Le 2 mai 2014 : «Will Putin sit there with his hopes awaiting the West’s good will to work out a solution while Washington attempts to engineer his fall? The time is approaching when Russia will either have to act to terminate the crisis or accept an ongoing crisis and distraction in its backyard.… […] Yet, the Russian government spokesman again expressed the hope of the Russian government that European governments and Washington will put a stop to the military strikes and pressure the Kiev government to accommodate the protesters in a way that keeps Ukraine together and restores friendly relations with Russia. This is a false hope…»)

Cette fois, PCR soutient la position de Poutine. Voit-il plus d’espoir qu’au début mai ? Au contraire, son point de vue s’est largement assombri. Sa thèse est alors que Poutine doit tenter de trouver une entente, notamment et essentiellement avec des pays européens qui finiraient par comprendre le danger de la situation (la France et l’Allemagne sont citées). Si Poutine ne réussit pas, si les Européens cités restent fermés à une telle initiative, alors ce sera la guerre, juge Paul Craig Roberts… Cela justifie sa position : il n’y a plus rien à perdre, il faut tout tenter pour détacher des Européens des USA, dont la course est celle de la guerre, tout faire pour éviter cette guerre qui risquerait grandement et évidemment d’être nucléaire. Ainsi PCR voit-il la démarche de Poutine.

«Putin knows that the UK is a complete vassal puppet state, that Cameron is just as bought-and-paid-for as Blair before him. Putin’s hope for diplomacy over force rests on Germany and France. Both countries face Europe’s budget and employment woes, and both countries have significant economic relations with Russia. German business interests are a counterweight to the weak Merkel government’s subservience to Washington. Washington has stupidly angered the French by trying to steal $10 billion from France’s largest bank. This theft, if successful, will destroy France’s largest bank and deliver France to Wall Street.

»If desire for national sovereignty still exists in the German or French governments, one or both could give the middle finger to Washington and publicly declare that they are unwilling for their country to be drawn into conflict with Russia for the sake of Washington’s Empire and the financial hegemony of American banks.

»Putin is betting on this outcome. If his bet is a bad one and Europe fails not only Russia but itself and the rest of the world by accommodating Washington’s drive for world hegemony, Russia and China will have to submit to Washington’s hegemony or be prepared for war.»

D’un “choix de civilisation” (l’UE)…

Avec ce commentaire de Paul Craig Roberts, nous sortons du seul cadre de la crise ukrainienne pour embrasser tout son environnement, sa puissance fondamentale, son poids énorme de “crise haute ultime”. C’est là, dans un mouvement centripète caractéristique, à partir de la crise ukrainienne et hors d’elle, que sont nés et se développent les foyers qui font de la crise ukrainienne cette “crise haute ultime”.

Hier, l’UE a signé un accord d’association avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie (voir Itar-TASS, le 27 juin 2014). C’est le même accord que Ianoukovitch avait refusé de signer en novembre 2013, ce qui avait fourni le détonateur de la crise ukrainienne. Cet accord fait entrer les signataires dans l’orbite de l’UE, avec un pied dans l’OTAN par le seul fait des dispositions de sécurité glissées dans l’accord sans qu’aucune des bureaucraties concernées (celles de l’UE) n’en mesure les effets, – car, précisément, ces accords, rédigés par des spécialistes de l’économie, imbriquent mécaniquement des dispositions standard dont l’effet véritable pourrait s’avérer explosif. C’est ainsi que les détonateurs de crise, ou de relance de crise, se créent subrepticement, sans réelle volonté planifiée contrairement à l’analyse générale, mais par un mécanisme de système, ou disons plus justement “du Système”… Cela, pour le côté européen, où l’on engage à des choix dont nul ne mesure les effets.

Du côté russe, par contre, on comprend parfaitement la vérité de la situation. Avertis de ces accords d’association il y a quelques jours par des délégués de l’UE dépêchés expressément, dans un esprit de conciliation qui est véritablement et ingénument dans le chef de cette démarche de l’UE, le vice-ministre des affaires étrangères de Russie a laissé tomber : «C’est un choix de civilisation.» Il voulait dire par là qu’au-delà des termes économiques et de libre-échange, c’est bien une conception du monde, et une conception absolument mensongère du monde, que les trois pays rejoignent. Ce faisant, ils se trouvent placés en confrontation avec la Russie, quelles que soient leurs intentions à cet égard. Nous insistons beaucoup sur cet aspect d’automatisme, car effectivement la “puissance” de l’UE est fondée sur une vision totalement amputée du monde et, dans certains domaines essentiels et pérennes comme la sécurité et la souveraineté qui en découle, elle est totalement aveugle et semble raisonner selon les croyances les plus naïves … C’est de cette façon que les choses se passent, et nullement selon des conceptions et une vision intellectuelles élaborées.

… A un autre “choix de civilisation” (les BRICS)

En échange de l’avis qu’ils ont reçu de l’UE concernant les accords d’association, les Russes ont parlé à leurs interlocuteurs de la prochaine réunion des BRICS en juillet. Cette réunion apparaît d’une extrême importance, selon les Russes, et un travail intense est en cours à cet égard. Les BRICS travaillent sur deux accords fondamentaux, celui, déjà connu, d’une banque d’investissement, et celui, nouveau d’un pool de monnaies de réserve pour leurs échanges. Ce dernier point est une étape fondamentale dans la concrétisation de la dynamique de “dé-dollarisation” dont nous avons déjà beaucoup parlé (voir le 14 mai 2014 et le 19 juin 2014).

La chose a été présentée avec modestie aux délégués de l’UE, – lesquels ont l’habitude de traiter avec le plus parfait mépris les initiatives russes, et en général non-bloc BAO, de cette sorte. Les Russes ont présenté ce projet comme étant le produit d’une situation qui les a forcés à y venir. Ce n’est pas à notre sens une précaution oratoire tactique mais bien une réalité … Cette attitude correspond à ce que nous écrivions le 21 juin 2014, avec pour la compréhension du texte l’extension du “système de l’américanisme” à l’ensemble du bloc BAO :

«Nous écrivons “pour conduire sinon forcer…”, parce que nous pensons qu’en l’absence d’une crise d’une telle intensité que l’ukrainienne, la Russie n’aurait pas choisi la voie qu’elle a choisie, de crainte de paraître trop dans une posture de confrontation avec ses “partenaires” du bloc BAO, des USA. Le système de l’américanisme, dans son aveuglement habituel, ne mesurera jamais la position de sûreté qu’il a perdue en poussant la Russie à la confrontation, notamment depuis la réélection de Poutine et, ouvertement, depuis le début de la crise ukrainienne. Le système de l’américanisme n’a jamais compris durant toutes ces années, qu’il avait, avec Poutine, un centriste ouvert à une coopération équilibrée, dont l’ambition n’était nullement de défier le Système, voire de chercher à le frapper. Mais on ne peut attendre le moindre éclair de finesse dans le jugement d’un système, celui de l’américanisme, dont on peut dire sans crainte d’être démenti que “la seule chose qu’il attend de la Russie, c’est que la Russie n’existe plus” (phrase fameuse de Leonid Chebarchine, ancien chef des SR russes).»

Le suprématisme du bloc BAO

Ce que distinguent les milieux européens qui nous ont informés sur ces divers contacts avec les Russes, c’est une situation complètement bloquée d’antagonisme contre les Russes, de la part de l’UE et des USA, mais d’une façon différente. Il serait à notre sens simpliste de voir dans la situation ce qu’on dénonce habituellement comme une allégeance aveugle mais explicitement coordonnée de l’entité européenne aux USA. Il y a bien deux positions distinctes, mais caractérisées toutes les deux par une sorte de “suprématisme” commun ; on sait que ce trait psychologique constitue à nos yeux la véritable “valeur” invertie du bloc BAO, supplantant et surpassant complètement le racisme, auquel il ressemble dans ses aspects les plus vils mais dont il diffère fondamentalement, quasiment par une essence différente, par l’affirmation de la nécessité de l’abaissement, sinon de l’anéantissement de l’autre.

Il faut bien se persuader que ce sentiment joue un rôle considérable dans les politiques de ces entités bureaucratiques (l’UE comme on la voit, la bureaucratie américaniste en mode de surpuissance en l’absence d’un pouvoir politique centralisateur et disposant de l’autorité d’une légitimité, – Obama n’a plus rien de tout cela). Nous rappellerons ce que nous écrivions à ce propos le 4 juin 2014 , et à propos de l’exceptionnalisme qui est le miroir conceptuel, ou de communication, de ce suprématisme, et qui touche aussi bien l’UE que les USA ; c’est bien là la force principale qui mène le bloc BAO dans cette affaire comme dans tant d’autres, – le mépris suprématiste inconscient et réflexif pour les Russes, qui est de même nature que celui éprouvé, dans une autre occurrence, pour les Iraniens. (Cela pourrait expliquer ce fait que les directions politiques du bloc BAO ne se formalisent pas vraiment quand le Premier ministre ukrainien désigne les Ukrainiens russophones de l’Est du pays de “sous-hommes”, selon un vocabulaire générique bien connu) :

«Ainsi parlons-nous d’exceptionnalisme, et encore plus de suprématisme, en observant que l’UE, et donc les pays européens, ont endossé cette dialectique prédatrice caractérisant aujourd’hui l’Occident dans son entier, sous l’habit du bloc BAO en mode de surpuissance-autodestruction. On pourrait dire que le suprématisme est au racisme, dans l’échelle des délits éventuels, ce que l’assassinat prémédité systématique est à un homicide involontaire accidentel, pour ce qui est de l’intensité et de l’orientation de la psychologie gouvernant l’attitude qui en résulte. L’exceptionnalisme-suprématisme a complètement envahi l’UE, à visage découvert, véritablement comme une doctrine active de fonctionnement, dans tous les cas depuis le coup de force de novembre 2013 (négociations avec l’Ukraine). Ce qui était sur le moment le simple résultat d’une mécanique bureaucratique est devenue une sorte de doctrine activiste, fondée sur l’affirmation d’une sorte de supériorité morale, psychologique et technologique comme un équivalent postmoderniste à la supériorité raciale et ethnique des suprématismes des XIXème-XXème siècles. Il s’agit du plus récent avatar de l’extension du concept d’“occidentalisation” (que nous nommons plutôt “anglosaxonisation”) identifié par le philosophe de l’histoire et historien des civilisations Arnold Toynbee après 1945, qui s’est très fortement sophistiqué au niveau de la de la communication et de la perception que ceux qui l’éprouvent en ont, jusqu’à changer de nature pour devenir l’actuel et postmoderne exceptionnalisme-suprématisme…»

Différences fraternelles ou fratricides

En effet, ce suprématisme n’a plus rien de spécifiquement anglo-saxon. Il est devenu la marque d’un esprit-Système, fondé sur l’arsenal dialectique qu’on connaît bien au travers de diverses narrative, – de l’excellence en matière de “gouvernance” à la démocratie triomphante, à l’hyperlibéralisme et au marché libre, au droitdel’hommisme, au multiculturalisme et autres vertus sociétales allant jusqu’au “mariage pour tous” & Cie… A partir de ce tronc commun, l’UE et les USA diffèrent dans leurs démarches, ce qui les distingue dans leurs russophobies respectives. Les deux démarches vont dans le même sens mais sont beaucoup moins liées qu’on ne le croit ; elles ont certes souvent la vertu d’être complémentaires, de s’entendre sur des thèmes tels que les sanctions et autres moyens de coercition n’impliquant pas une attaque directe ; néanmoins, elles peuvent différer en cas de montée de la tension, comme ce pourrait être le cas face à la Russie.

• L’UE pousse les matières économiques et sociétales, l’intégration par succion, par dissolution des vertus pérennes. L’UE dissout plus qu’elle ne déstructure ceux qu’elle veut absorber, elle dilue la substance de l’autre dans sa propre substance bureaucratique, régulatrice et moralisante ; elle intervient sans aucun souci des principes de souveraineté lorsqu’il s’agit du domaine sacro-saint de l’économie, en référence à la doctrine sacré de l’hyperlibéralisme, mais prétend agir hors du camp politique et de sécurité, et hors de toute polémique trop marquée. Ainsi exerce-t-elle ses pressions sur la Russie d’une façon indirecte.

• Dans le cas ukrainien et face à la Russie, les bureaucraties-Système des USA avec leur incitatifs de la communication se sont durcies avec la crise ukrainienne et retrouvent totalement leurs réflexes de la Guerre froide sans le frein d’une diplomatie solide et prudente comme ce fut le cas durant la période. (Voir le 20 mars 2014.) Du coup, les techniques de l’“agression douce” ne sont plus l’essentiel de leur arsenal comme ce fut le cas contre Poutine, à partir de 2012 et jusqu’à la crise ukrainienne. Désormais, les USA agitent des menaces qui sont proches de l’ordre du militaire et certains de leurs relais de communication (un sénateur McCain, par exemple) ne se cachent plus de suivre la fameuse doctrine du regime change, avec tous les moyens du bord. Ils agissent seuls en ce sens, selon une ligne différente de l’UE et sans coordination avec elle, ce qui pourrait devenir un motif de désaccord dans des circonstances extrêmes.

… C’est en effet le fond du problème, déjà abordé à diverses reprises, et encore très récemment (voir le 26 juin 2014) ; c’est évidemment le fond du problème pour les Russes et pour Poutine… Il s’agit de savoir si, dans ce cadre général, et notamment en fonction de la ligne suivie par l’UE qui pourrait différer de celle des USA, des résistances ne peuvent pas s’affirmer chez certains des membres les plus importants de l’UE. Dans ce cas, on sait que les Russes se sont découverts des alliés inattendus, membres de plein droit du Système, puisqu’il s’agit du corporate power, très hostiles à cet affrontement avec la Russie à cause de ce qui peut être perdu en matière de business pour le bloc BAO. Les patronats allemands, français et italiens, mais également des groupes du patronat US sont opposés à la politique actuelle et le disent publiquement.

L’enjeu suprême

Le champ ne cesse de s’ouvrir plus largement pour un affrontement direct du bloc BAO avec la Russie, avec la perception clairement affirmée que cette bataille constitue un enjeu suprême pour la “victoire” du Système. (Le Système, qui est pourtant omniprésent, ne cesse de rechercher des actes de “victoire” supplémentaires, donnant ainsi libre cours à sa surpuissance qui est aussi proche de l’autodestruction que le Capitole de la roche tarpéienne.) Cette interprétation n’est pas ouvertement développée du côté du bloc BAO parce que cet ensemble vit dans le déni de l’aspect agressivement déstructurant de sa politique, mais elle est de plus en plus implicitement admise. Du côté russe, même à des niveaux officiels proches du pouvoir, et très largement dans des milieux politiques responsables, voire dans la population elle-même, cette même interprétation est dite ouvertement et largement acceptée. Il est aujourd’hui acquis que les perspectives les plus catastrophiques sont envisagées, comme celle qu’agite Paul Craig Roberts. Il y a quelque jours encore, le 24 juin 2014, un article (de Eric Zuess, sur le Washington’s blog) évoquait les préparatifs, sous la forme d’exercices intensifs des structures militaires russes, à la possibilité d’une attaque nucléaire US (voir le 9 juin 2014).

Il s’agit d’une évolution psychologique très rapide depuis que la crise ukrainienne a pris le cours qu’on lui connaît (voir le 3 mars 2014), et qui dépasse très largement la crise ukrainienne bien entendu. Du côté russe, nombre d’acteurs extérieurs prennent conscience de cet enjeu. Ils en seront encore plus instruits lors du prochain sommet des BRICS, où cet aspect fondamental de la crise sera évidemment évoqué. Cette situation d’extrême tension évolue sur le fond de la possibilité d’une issue catastrophique. Nous évoquions déjà cette situation de la psychologie, et, au-delà, de l’esprit, dans le texte cité du 3 mars 2014. Sa conclusion est toujours valable, parce qu’elle évoque cette issue catastrophique, non sous la forme de la fatalité d’un conflit mais sous la forme d’un dilemme entre cette possibilité de conflit et le destin du Système, qui est dans un état de tension maximale, avec sa tendance à basculer de sa dynamique de surpuissance à sa dynamique d’autodestruction en suscitant sa propre crise d’effondrement.

«Pour le conformisme de l’historiographie-Système, la Grande Guerre est “sortie de rien”, sorte d’accident monstrueux et incompréhensible. Notre thèse est exactement le contraire, comme l’on voit dans la présentation de ‘La Grâce de l’Histoire’ (“Dans ce premier tome, on analyse la séquence historique identifiée comme la dynamique conduisant à la crise actuelle, à partir de la rupture de la fin du XVIIIe siècle avec ses trois événements fondamentaux : la Révolution américaniste (guerre d’Indépendance des USA), la Révolution française et la révolution du choix de la thermodynamique engendrant le développement industriel et technologique. Dans la dynamique de cette séquence historique, la Grande Guerre de 1914-1918 occupe une place centrale, à la fois pivot de la dynamique en question, à la fois ‘réplique sismique en amont’ annonçant notre grande crise du début du XXIe siècle…”). On comprend que ce qui nous rapproche de 1914, ce n’est pas nécessairement l’événement (la guerre) mais l’esprit d’un temps perdu dans une ivresse aveuglante et qui se trouve soudain confronté aux réalités catastrophiques de lui-même. La crise ukrainienne, et la réalisation que les pressions du Système (du bloc BAO, son factotum) peuvent conduire à l’extrême catastrophique des affaires du monde, peuvent aussi bien, grâce au ‘formidable choc psychologique’ dont nous parlons et à l’immense crainte qu’il recèle, déclencher une autre dynamique d’une puissance inouïe. Notre hypothèse à cet égard, rencontrant l’idée de la formidable puissance symbolique du centenaire de la Grande Guerre (voir le 2 janvier 2014), est que cette dynamique est celle de l’effondrement du Système dont rien, absolument rien ne réclame qu’il se fasse dans l’apocalypse nucléaire, parce qu’alors elle pourrait bien être, cette dynamique, le fruit de la panique psychologique totale naissant de la perspective soudain apparue que le risque de la guerre nucléaire existe plus que jamais…»

Lire aussi : Notes sur la métamorphose furieuse des cloportes

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

89 réponses à [Reprise] La Folie-Système à marche forcée

  1. Pikpuss Le 29 juin 2014 à 04h05
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    Partager le pouvoir reste la chose la plus difficile à réaliser… Si les élites acceptent de renoncer au dollar c’est pour augmenter encore davantage leur pouvoir : soit elles prennent le contrôle d’une monnaie qui remplacerait à la fois l’Euro et le Dollar soit elles pérenisent le pouvoir actuel du dollar même au prix d’une guerre qui pourrait devenir mondiale. On ne fait que répéter les choix de 14 et de 39, toujours au prix du sang des autres… Ce qui est sûr c’est que tout comme elles ont tout fait pour éliminer des rivaux économiques et militaires en manipulant les peuples vers la guerre, elles n’accepteront jamais de perdre ne serait-ce qu’une once du pouvoir qu’elles ont conquis siècle après siècle au prix d’alliances qui leur ont toujours profité exclusivement. Ce qui explique qu’elles peuvent s’allier selon les circonstances du moment et de l’endroit avec des nazis ou des intégristes religieux : seul compte le résultat final : le pouvoir mondial entre les mains d’une caste religieuse comme le dit Jacques Attali, de gré ou de force. Pauvre humanité si elle ne se réveille pas.


    • Kiwixar Le 29 juin 2014 à 10h39
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      Il n’y a pas dans l’Histoire de Pouvoir qui ait renoncé au pouvoir de son plein gré.
      La liberté se prend, elle ne se donne pas.


  2. Charles Michael Le 29 juin 2014 à 06h41
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    Bonjour Olivier Berruyer et merci de souligner la complémentarité entre votre excellent travail ici (les crises) et celui de Philippe Grasset (dedefensa).
    La guerre de tranchée que vous menez (que nous menons?) contre la représentation officielle et ce qu’il faut bien appeler son discours orwellien, peut être considéré comme une action directe de préservation de la paix, oui; mais aussi surtout de la santé mentale.
    Philippe Grasset (et Yves Mollard la Bruyère) apporte une vision conceptuelle globale soulignant les mythes structurant du BAO et il me semble que l’inclusion de la psychologie, de l’anthropologie et de l’ethnologgie structuraliste font partie de leur grille d’appréciation de cette même santé mentale.

    L’ukraine est bien La Crise déterminante.

    A ce jour et dans l’atmosphère sportive régnante; j’entre-aperçois deux résultats:
    – un vainqueur la Chine
    – un perdant l’Union Européenne

    j’espère que les USA pour se départager de la Russie n’en viendront pas aux tirs au but.


    • NeverMore Le 29 juin 2014 à 08h43
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      “j’espère que les USA pour se départager de la Russie n’en viendront pas aux tirs au but.”

      Eh bien je recommande cet article de Dedefensa (encore !) : notes sur le “danger présent”

      http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_le_danger_pr_sent__09_06_2014.html

      Surtout à partir du paragraphe “Où l’on reparle de domination nucléaire”, jusqu’à la fin (et l’article intégral mérite d’être lu)


    • arnold99 Le 29 juin 2014 à 08h51
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      Quitte à introduire des sciences, au vu du comportement des USA, j’introduirais volontiers sinon la génétique au moins la sociologie compte tenu des groupes sociaux d’origine européenne qui ont peuplés le territoire américain. En effet, les minorités sociales dont la vieille Europe s’est débarrassée est devenue une majorité sociale. Si cette émigration n’était pas forcée, elle était appelée et séduisait par l’appât du gain.Nous vérifions chaque jour les conséquences induites par ce transfert de population à savoir vénalité et duplicité. Heureusement, il existe des Américains qui font honneur aux valeurs universelles et qui bien que peu audibles nous permettent d’espérer.

      D’autre part, je suis convaincu que l’âme slave fait quelle n’est si européenne, ni asiatique mais a ses propres caractéristiques qui incluent la maitrise du temps et la facilité à élaborer des stratégies flexibles. Ces deux caractéristiques visiblement manquent cruellement au bloc occidentales.

      J’apprécie votre remise de médailles mais je me permets de vous suggérer une remise de “césars” sachant que le partage du monde ne se fera pas par la géographie mais par l’économie.

      Meilleur espoir du contrôle de l’énergie à moyen et long terme : Russie
      Meilleur espoir de la production industrielle : Chine
      Meilleur espoir des techniques d’information avec mention pour la propagande : USA.

      Vous voudrez bien comprendre que les financiers préfèrent et préfèreront toujours les actifs “solides” et vous laisse deviner la suite des évènements.


      • Charles Michael Le 29 juin 2014 à 09h22
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        “le partage du monde ne se fera pas par la géographie mais par l’économie.”

        permettez-moi un léger désaccord sur ce point:
        – la géographie, dans sa fonction de propriété (ou appropriation) d’un territoire est la principale et ultime source des richesses, le cas du charbon en Angleterre en est le plus parfait exemple
        – mais c’est aussi un phénomène structurant démographique et aussi (surtout) culturel: la “conquête de l’Ouest” et éradication des peuples premiers comme opposée à l” âme russe” de populations sédentarisées dans une immensité multi-ethnique.

        Ceci rejoint tout à fait et ne fait que renforcer votre conclusion d’ailleurs.


      • Kiwixar Le 29 juin 2014 à 10h42
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        Dans ses discours récents Poutine souligne que la Russie n’est ni européenne ni asiatique (mais russe).


        • Le diable Le 29 juin 2014 à 15h52
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          Bonjour,

          ayant vécu en Russie et ayant par ailleurs longuement médité sur l’histoire de ce pays,
          je ne puis qu’abonder dans le sens de cet aphorisme poutinien,
          que je trouve simple, direct et limpide.

          Le diable.


        • arnold99 Le 29 juin 2014 à 17h21
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          Si je me suis permis de parler de l’âme slave, c’est que je la connais un peu étant marié avec une Russe (d’origine tchouvache) vivant en Crimée et mère de notre petit garçon.

          Le petit complément que je tiens à faire, c’est que l’on parle de l’âme slave démontrant d’abord et surtout que ce peuple a une âme et malgré les vicissitudes de l’histoire, ce peuple à conservé cette âme. Puissions-nous en faire autant en France.


          • samuel Le 29 juin 2014 à 22h00
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            C’est un problème de l’universalisme, accepter sa singularité.
            Il suffit de faire prolo chez les protestants pour ce rendre compte à quel point notre modèle social semble injuste (le soin cela ce mérite et un prolo ne le mérite pas, sinon où va le monde?), il suffit de lire Todd pour comprendre que ce que l’on nomme racisme est bien plus nuancé qu’une vrai ségrégation (je ne dis pas que ce potentiel n’existe pas, mais il y a aussi un coté enfant en primaire grande section, comme “pourquoi la madame elle est grosse?” qui devient “pourquoi le monsieur il est noir?).
            On a une âme, mais par faute de ne pas tester notre singularité avec nos voisins et par faute d’accepter quel existe (cf universalisme) elle ne la sent pas.
            Et parce que cette singularité semble dangereuse à nos voisins, elle risque de n’être que honte (alors qu’il y a pas de quoi).
            Pour symboliser notre singularité, le plus simple c’est la technique, les ricains n’ont plus de navette, mais on finance toujours majoritairement Ariane, on est l’un des deux pays à faire des porte avions a catapulte, L’accélérateur de particule de Genève est à 80% en France, le VLT frime moins qu’un Hubble mais cela reste classe, enfin c’est juste la partie visible, la logique démocratique des petites communes, le petit potentiel anarchique qu’on retrouve partout, même chez les forces de l’ordre, tout cela (et bien d’autres choses) qui font que la singularité Française vaudrai la peine d’être défendu.


        • samuel Le 29 juin 2014 à 23h10
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          Bon il faut quand même rappeler que Poutine est un homme (donc faible par moment). Je n’ai pas du tout aimer ce qu’il a fait en Tchétchénie, il a fait passer des résistants pour des terroristes (dont les familles payaient les cadavres pour pouvoir les inhumés à l’armé Russe, qui il faut aussi le rappeler n’était pas payé).
          Au final le résultat fût un attentat à Moscou (pour un conflit qui date de Catherine2, je passe la complexité de la régence).
          Pour ma part, c’est le fort qui détermine la ligne entre résistant et terroriste, il a depuis fait des actes de forces démontrant une ligne plus résistante, mais il n’a pas encore accepter ces erreurs (et on a un parallèle: “je vous ai compris”).


          • samuel Le 30 juin 2014 à 00h25
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            A l’inverse, il faut laisser aux states leurs forces (le soft-power) qui nous laissent pleins de films apocalyptiques (dont divergente) et beaucoup d’émancipés intéressants.
            Le problème c’est le pouvoir (dont la monnaie n’est que l’objet, les japonais ont leurs “appleseed” (un manga qu’on classerai de série b, mais dont les sages préfèrent l’inhumain à l’humain, sauf pour le happyend) car même la rationalité est dangereuse, elle n’est qu’une singularité partielle au “pouvoir” (dont Attali est un objet consternant, à la fois très sensible et en même temps très rationnel, c’est même triste pour ça gueule d’être sensible à ce point aux pouvoirs).


          • Le diable Le 02 juillet 2014 à 20h49
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            Bonsoir Samuel,

            En ce qui concerne la Tchétchénie, j’avais posté en mars 2005 sur un site comparable à les-crises (j’avais écrit ça en HTML à l’époque, maintenant c’est dépassé, désolé je fais du copier-coller comme je peux ) :

            “TENTACULES TCHETCHENES

            La rébellion tchétchène est une dure épine dans le pied de Moscou parce qu’elle dépasse le simple phénomène de remous dans une province juridique de la Fédération de Russie. L’importance historique des Tchétchènes déborde largement les frontières de la petite république. La mafia tchétchène est à elle seule une puissance politique capable de défier Moscou et d’attirer de nombreux soutiens intéressés.

            MAFIA.

            Les petits ruisseaux font les grande rivières, et la rébellion tchétchène ne néglige aucun soutien financier, si humble soit-il.

            En Tchétchénie même, les hommes de Chamil Bassaïev, le chef suprême du terrorisme tchétchène qui a revendiqué le carnage de Beslan, font payer un tribut aux petits vendeurs des rues et des marchés, aux voleurs d’essence, aux voleurs de voitures et aux preneurs d’otages. Le FSB évalue à entre 5 et 7 millions de dollars le montant annuel des ponctions à l’intérieur de la république.

            Dans les républiques voisines du Caucase du nord comme l’Ingouchie, le Daghestan, la Géorgie et l’Azerbaïdjan (voir carte ci-dessous), trois cent-cinquante organisations rassemblent des dons pour la Tchétchénie.

            [désolé, la carte a volé entre-temps…]

            Selon l’ex-ministre de l’intérieur russe Boris Grizlov, la mafia tchétchène a noyauté les infrastructures de production pétrolière du sud de la fédération, et une partie des revenus pétroliers de la région finance la rébellion et les terroristes tchétchènes.

            Début 2004, le ministère de l’Intérieur et le FSB ont ordonné la cessation d’activité de la Trastkredit Bank, plus connue sous le nom de TKB, en saisissant le prétexte qu’elle avait blanchi en deux mois 20 millions de dollars en provenance de différentes mafias du Caucase. De fait, la TKB finançait la Tchétchénie. Parallèlement, les “toits” de la mafia tchétchène versent de l’argent à la rébellion, pas sur leurs propres fonds cependant : les sommes proviennent de collectes auprès de la diaspora tchétchène.

            El-QAIDA ET BEREZOVSKI.

            Mais c’est de l’extérieur de la Russie que provient la plus grande partie des soutiens.

            Des donations de particuliers et d’organisations affluent de quarante pays, au premier plan desquels le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Indonésie et la Grande-Bretagne. L’argent est centralisé en Turquie, puis transféré en Tchétchénie.

            Le multimilliardaire russe Boris Berezovski (voir photo ci-dessous), ennemi personnel de Vladimir Poutine, a financé la Tchétchénie à des dates inconnues. L’ex-vice premier-ministre de Maskhadov, Tourpal Ali Atgeriev, arrêté en 2000, a révélé avoir assisté personnellement au versement de 2 millions de dollars par Boris Berezovski aux Tchétchènes.

            [même commentaire]

            L’organisation islamiste el-Kharamein, fondée pendant la première guerre d’Afghanistan, finance actuellement les Tchétchènes, via sa branche installée à Bakou, en Azerbaïdjan, république où existe par ailleurs un fonds de soutien à la Tchétchénie.

            En 2000 a eu lieu à Mazar-i-charif, en Afghanistan, une rencontre entre Oussama ben Laden et des représentants d’Aslan Maskhadov, rencontre qui a débouché sur la signature d’un accord de financement de la rébellion tchétchène par el-Qaïda. Cet accord allait rapporter 60 millions de dollars entre 2000 et 2004.

            Encore plus loin, en Australie, un Tchétchène du nom de Tsabalov récolte des fonds.

            POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS.

            Il existe également un système de primes. En août 2002, trois mafiosi tchétchènes ont abattu un hélicoptère Mi-26 au-dessus de Khankala, tuant trente militaires russes. Ils ont touché 50.000 dollars chacun d’un pays arabe, hélas non-identifié.

            Après l’attentat tchétchène du 5 juillet 2003 lors du festival rock de Touchino, au cours duquel dix-huit jeunes Moscovites ont été tués et soixante autres blessés, la famille de l’une des deux femmes-kamikazes a touché 70.000 dollars. On ignore la provenance de la somme.

            En septembre 2004, le grand quotidien russe Komsomolskaia Pravda, a estimé que la rébellion tchétchène recevait annuellement une centaine de millions de dollars. La source de l’information est probablement le FSB qui, pour sa part, indique le même montant.”

            Voilà, ça date de l’époque…

            Bonne lecture.

            Cordialement,

            le diable.


  3. pascale Le 29 juin 2014 à 07h28
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    L’alternative “chute du dollar v. guerre nucléaire” fait quand même l’impasse sur l’hypothèse “renversement de Poutine et mise au pas de la Russie” . Apparemment le système américain est prêt à mettre le paquet (10 miards USD/an) pour la privilégier..

    http://www.wikistrike.com/2014/06/les-usa-s-appretent-a-renverser-poutine.html

    La violence des moyens de propagande anti-Poutine se voit dans les medias, les prises de position en apparence absurdes sur la crise ukrainenne.. et jusque dans les commentaires sur le match Algérie v. Russie.

    Tous les chefs d’Etat qui se sont attaqués au dollar ont été renversés, à commencer par de Gaulle.


    • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 11h10
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      Je mettrais un petit bémol à vos remarques judicieuses. Poutine ne s’est pas attaqué au dollar, ce n’est que la réponse obligée de celui qui s’est fait mettre à la porte. Il a voulu jouer le monde multipolaire, mais on le lui refuse. Je ne suis pas convaincu que la technique habituelle consistant à évincer un chef d’Etat pour le remplacer par un pion américain puisse marcher en Russie en ce sens que si la Russie a remonté si vite la pente depuis 1991, ce n’est pas que le résultat de la volonté d’un seul homme mais plutôt qu’il a été le catalyseur de cette prise de conscience qui est maintenant bien ancrée dans la population.
      La Russie est encerclée par les forces de frappe nucléaires américaines mais actuellement ce n’est pas suffisant pour lui imposer sa force. La réplique restera encore tout aussi puissante et dangereuse pour tout un tas de pays amis des USA, voire même les USA.
      Rien ne pourra se passer tant que les 6 gugus sont dans l’espace.


      • pascale Le 29 juin 2014 à 19h43
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        Que Poutine n’ait pas choisi le combat qu’on le force à mener ne change rien, hélas bien au contraire.
        Mais puissiez vous dire vrai. Amen . J’ai honte de l’injustice que nos dirigeants font à la Russie, ce pays dont le peuple a tant souffert. La vision de Baroso et Van Rompoy grimaçants encadrant la canaille Porochenko est comme une paire de gifles.
        Je me souviens de ces pages magnifiques dans “Roman avec cocaïne” d’Aguéev, quand le jeune russe humilié décide de devenir le meilleur élève de la classe , sur “l’immense patience du peuple russe, force contre laquelle on ne peut rien” … je n’ai pas le livre à portée de main et ne me souviens pas bien des mots exacts mais j’encourage chacun à découvrir ce roman superbe….


        • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 20h20
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          Merci pour cette info, je vais commander ce livre en français chez Amazon, j’ai vu aussi qu’il existait en ebook en russe chez ЛитРес.


    • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 11h46
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      L’Europe peut faire le pari de laisser les USA se charger de cet approvisionnement pour l’avenir, qu’il soit en gaz de schistes ou naturel et pétrole, mais avec le risque de ne récupérer que les restes de son maître. Dans ce cas s’en sera fini de son identité Européenne. Elle peut aussi jouer le pari des alliances avec d’autres puissances dont la Russie et pourra avoir une identité appréciable dans un monde multipolaire et plus pacifique pour la planète.


      • Charles Michael Le 29 juin 2014 à 14h43
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        cette histoire d’exportation des USA vers l’Europe est du pur pipo

        les USA consomment 18 millions de barils par jour et ne produise que 10 millions en comptant biofuels, tight Oil, progrès en raffinages et donc continuent à importer 8 millions de barils par jour.
        idem pour le gaz, signalons au passage que le gaz s’exporte soit par gazoducs, soit par méthanier (là il faut créer les usines près des ports, la flotte de méthaniers, les terminaux à l’arrivée = milliards de $ + cinq ans) et le prix sera nettement plus cher.
        Mais c’est un peu une discusion académique: les USA sont des nets importateurs de gaz: 11 % de leurs besoins.
        Et cerise sur le pipo, le Peak de production du gaz et petrole de schiste aura lieu entre 2016 et 2018, le déclin s’amorcera vers 2020 (à moins que la bulle spéculative façon Ponzi n’explose avant).


        • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 20h38
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          Oui c’est du pipo le gaz de schistes. Mais l’Europe pourrait laisser le soin aux américains de piller toute l’énergie de la planète, y compris celle de la Russie et du Kazakhstan, en se contentant de les encourager, les applaudir et les flatter en espérant récupérer les restes. Mais les stocks s’épuisent comme vous dites ; il vaudrait mieux que les américains se gavent moins et cherchent plus efficacement avec les autres une énergie de substitution plus éternelle. Aller vers un tel programme comme celui de l’espace en bonne entente avec la Russie et l’Europe. Malheureusement je ne vois aucune personne raisonnablement motivée ni aux USA ni en Europe, ailleurs certainement.


          • odjo Le 30 juin 2014 à 02h15
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            Vu sur RT technologie show mais facile a trouver ailleurs le projet ITER
            soit fusion nucleaire avec participants russe ‘americains .francais,asiatque (le site experimental est construit en ce moment en france) .a suivre . l’idee initial de ce system est russe .


            • odjo Le 30 juin 2014 à 03h13
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              je parle ici de fusion nucleaire pour une energie” future” pacifique et pas militaire .
              projet initie au temps Gorbachev Reagan mid 1980


    • chris06 Le 29 juin 2014 à 13h48
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      Quelques remarques:

      1. de Gaulle avait effectivement menacé de réclamer l’or de la banque de France gardé en réserve à la Fed mais c’est Pompidou qui l’a fait. On remarquera aussi que ce n’est pas la France qui fut la première à le faire, mais l’Allemagne sous Willy Brandt. Ni Pompidou ni Brandt furent pour autant renversé et l’hégémonie du dollar continua, bien que sous une autre forme que celle de Bretton Woods.

      2. la seule monnaie qui ait pu, un tant soit peu, concurrencer le dollar comme monnaie de réserve mondiale , est l’euro entre 2000 et 2010: la part des réserves mondiales en euros passant de 18% à 28% tandis que celle du dollar passait de 72% à 62%. Puis il y eu la crise de l’euro qui renversa cette tendance mais on notera que là aussi, il ne fut nécessaire de renverser personne.

      3. depuis, la part du dollar est restéee stable (aux alentours de 62%), celle de l’euro a diminué (pour se stabiliser aux alentours de 24% depuis que Draghi a annoncé son programme OMT) notamment au profit du yen et des petites monnaies de réserve (dollar canadien, australien, etc…), les parts des monnaies des BRICs restant epsilonesques.

      Ce status quo va t’il se maintenir? L’avenir est toujours incertain, mais cela dépendra certainement beaucoup plus de ce que fera la Chine avec son Yuan. (va t’elle continuer longtemps à maintenir le contrôle des capitaux sur la convertibilité de sa monnaie?) que d’un hypothétique renversement de Poutine.


  4. perceval78 Le 29 juin 2014 à 09h05
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    Les chinois étant premiers détenteurs de bons du trésor Américain, ils sont forcément perdant à un moment donné.

    http://www.treasury.gov/ticdata/Publish/mfh.txt


    • Charles Michael Le 29 juin 2014 à 14h48
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      Bonjour,

      dans la revue de presse d’aujourd’hui, deux articles parlent de minerais et/ou d’or.

      la Chine achète massivement de l’or et pas pour le revendre, juste pour le stocker; ce qui trouble un peu le marché mais pas trop gràce aux manipulations des cours.
      je soupçonne fortement l’Inde d’en faire autant.


    • arnold99 Le 29 juin 2014 à 17h13
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      Ce sont les USA qui bloquent le cours de l’or car ils ont besoin d’un cours faible.
      C’est tout bénéfice pour les Chinois car tôt ou tard les cours remonterons.
      Bloquer le cours de l’or permet d’obliger les détenteur de liquidités d’aller chercher des performances sur les capitalisations boursières car les emprunts d’états (autre possibilité) ont un taux très faible voir zéro. Donc les fonds de pensions s’ils veulent être en mesure de payer les retraités doivent faire de la perf en bourse. Petit bémol, cela alimente une bulle spéculative, ce qui explique les scénarios catastrophe sur l’économie américaine et de facto mondiale. D’autre part, relever les taux des emprunts d’état serait suicidaire vu le montant de la dette et du volume d’intérêts à verser et surtout cela empêcherait de faire tourner la planche à billet.
      Enfin je pense que les Chinois ont passé un deal achat de bon du trésor ET or. Demandez pourquoi les Allemands n’ont pu récupérer leur or car….il a été refondu a Singapour et transféré à Pékin


      • moderato si cantabile Le 29 juin 2014 à 20h44
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        “C’est tout bénéfice pour les Chinois car tôt ou tard les cours remonterons.” – mais oui, pour la Russie aussi, car les russes en ont une des plus grandes réserves, dans leur sous-sol.


  5. NeverMore Le 29 juin 2014 à 09h06
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    De mon point de vue, il est évident que Moscou ne peut pas intervenir sans être rendu responsable du passé proche de l’Ukraine, de son présent et de son futur. En dehors de toute intervention, elle est déjà accusée et Washington est prêt à bondir sur toute occasion, (même artificielle).

    Les provinces de l’Est sont suffisamment peuplées et armées (avec les prises, les défections et de l’aide) pour gagner l’autonomie qu’elles visent. Le temps aidant, elles pourront se structurer et s’organiser, mais c’est à elles de faire le boulot. On ne peut pas demander à des Russes de se battre à la place des autres, même si beaucoup le souhaiteraient – vous battriez vous pour l’indépendande de la Bavière ?.

    En conclusion Moscou ne peut pas intervenir directement, mais doit fournir de l’aide le plus discrètement possible, de toutes les facons, on l’accuse déjà de le faire, entre autres maux (ce ne serait pas idiot de remettre en parfait état toutes les armes déjà sur place, y compris les vieux chars).


  6. perceval78 Le 29 juin 2014 à 09h13
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    La part de la finance dans le pib dans les pays developpés. On voit clairement que la perfide Albion n’a pas intérêt à ce que le système se casse la gueule.

    http://www.economist.com/multimedia?bclid=0&bctid=3637703546001


  7. h dreyfus Le 29 juin 2014 à 10h17
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    Il est à l’évidence un mythe du Système que peu remettent en cause ici et qui constitue pourtant l’une des plus belles réussites du Système : l’existence de la bombe nucléaire !

    http://www.cluesforum.info/viewtopic.php?f=28&t=452


  8. DOZIER Le 29 juin 2014 à 10h23
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    @ Pascale
    L’alternative “chute du dollar v. guerre nucléaire” fait quand même l’impasse sur l’hypothèse “renversement de Poutine et mise au pas de la Russie” . Apparemment le système américain est prêt à mettre le paquet (10 milliards USD/an) pour la privilégier..

    Oui, mais dorénavant, l’adversaire à “mettre au pas” sait ce qui l’attend…

    L’Ukraine est dans l’absolu, un coup de maître mais en même temps le coup de trop (trop voyant et surtout beaucoup trop tôt)


  9. Olposoch Le 29 juin 2014 à 10h26
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    Si le lien n’a pas déjà été donné ici…
    Brillant démontage de la propagande de la BBC dénonçant la propagande russe…

    http://veragraziadei.wordpress.com/2014/06/25/the-cunning-demons-of-russian-propaganda-or-what-the-bbc-forgot-to-warn-us-about/


    • NeverMore Le 29 juin 2014 à 13h27
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      Chacun sa Caroline Fourest ou sa Marie Mendras.

      Ca porte un nom lorsque c’est machiné en pleine connaissance de cause, ce nom est “Traîtrise”.

      Poutine (comme à sa façon Philippe Grasset) est très charitable en suggérant un problème hormonal, qu’on ne peut néanmoins pas tout à fait exclure.


    • NeverMore Le 29 juin 2014 à 13h41
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      En plus d’Hillary Clinton, ou pourrait se poser des questions au sujet de Samantha Powers, Susan Rice, Victoria Nuland (celle qui veut nous “Fucker”), Wendy Sherman …

      http://www.dedefensa.org/article-l_cole_hillary_clinton_du_f_minisme_au_syst_me_13_02_2014.html


      • Spipou Le 29 juin 2014 à 20h36
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        Oui, mais McCain ? Les hommes aussi peuvent avoir des problèmes hormonaux…


    • tepavac Le 30 juin 2014 à 01h23
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      désolé! ,j’ai été plié de rire. mais bien vu! à lire de toute urgence et comme quoi les allements et maintenant les anglais sont en avance sur nos péquins de service


  10. Feugnet Le 29 juin 2014 à 10h27
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    Excellent rapprochement avec dedefensa . Ce que je retiens effectivement est que tout s’accélere . Deviennent cruciaux les rapports de temps entre les 3 données stratégiques majeures ( 4 si l’on compte la communication) : les armes (donc en définitive l’attitude des militaires ) , le gaz et le pétrole , la monnaie .
    La monnaie vient en dernier , la dédollarsisation prend du temps sauf autre événement majeur qui contraindrait les Chinois à se défausser du $ massivement .
    Les armes : synchronisation des terrains d’affrontement , l’Irak avec le surgissement de l’Eill , mais aussi montée de l’extreme-orient ( ouverture d’une plateforme pétroliére en mer de Chine méridionale , visite d’un ministre Chinois à Taiwan , de Maliki à Shangai ) .
    Sur ces trois terrains course au gaz .
    A court terme : gaz et charbon en Ukraine : l’hiver est dur , -10 à -15 en janvier . approvisionnement pour l’hiver , non seulement en Ukraine mais en Europe , le gaz de shiste Américain , ne suit pas . En ce moment , à mon avis c’est là dessus que çà se joue et ensuite plus grave sur la monnaie . Si c’est deux points n’étaient pas bien résolus en faveur des US alors les militaires vont nous les calmer les Folamours .


  11. Kiwixar Le 29 juin 2014 à 11h03
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    A propos de la Russie et du gaz, ça me fait penser à une partie de poker : pour le moment Poutine ne peut pas utiliser la menace de coupure du gaz car cela avantagerait énormément le gaz US, en le rendant rentable et en justifiant les investissements en liquéfaction pour approvisionner l’Europe.

    Par contre dans 2-3 ans, la marée se sera retirée (effondrement de la production US et du ponzi du gaz) et on verra qui n’a pas son maillot de bain (pour employer l’expression de Warren Buffet).

    Là, la Russie pourra cesser de faire monter les enchères et “demander à voir”.
    Les clampins avec leur paire de 8 pourront se rhabiller : Poutine pourra indiquer qu’il ne livrera du gaz qu’à des pays non-Otan ou pas hostiles, et observer tranquillement les poules affolées chercher leurs ergots. La coalition révèlera sa faiblesse de coalition, et le pragmatisme (et les besoins énergétiques) reprendra ses droits, vu qu’il n’est pas possible de se laisser aller avec la Russie à nos inclinaisons coloniales de piller les ressources gratuitement.


    • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 11h32
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      N’étant pas habile et connaisseur en politique pure, j’ai plutôt tendance à tout ramener au vrai moteur de l’économie, c’est à dire à l’énergie. A condition de posséder ou de pouvoir acheter cette énergie, chacun ensuite l’utilise pour son développement selon ses principes, néolibéral par exemples pour les USA ce qui leur permet de mettre la main sur une grande partie de la planète. Je voyais un peu la crise ukrainienne comme la guerre des gaz ; une façon d’imposer le gaz de schistes, lui ôter ses préjugés négatifs (environnement), aux pays voulant continuer leur croissance ou du moins maintenir leur PIB. L’Europe souffre d’un manque d’énergie eu égard à son PIB et doit choisir entre gaz naturel et gaz de schistes. L’Ukraine devient alors un terrain expérimental pro gaz de schistes au nez et à la barbe de la Russie qui par son gaz naturel, et autre, possède tous les atouts pour une grande croissance, de quoi rendre jaloux de nombreux pays. Mais qui peut assurer de façon durable cette énergie à l’Europe ?


      • Charles Michael Le 29 juin 2014 à 14h59
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        Vous avez tout a fait raison de mettre les énergies au coeur de l’économie.
        personellement je pense que c’est même l’essence (sans jeu de mot) de la révolution industrielle.
        je vois que le sujet vous interesse, un site en français très bien fait, complet et très bon niveau:

        http://www.OilMan.fr aussi sur leMonde (oui, je sais pas une référence) mais c’est un blog indépendant.


        • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 20h55
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          Je suis convaincu que c’est la base la plus importante. Le site que vous proposez est effectivement très intéressant. Il y a également les conférences de Jean-Marc Jancovici qui sont très enrichissantes. Il suffit de taper Jancovici sur Youtube et de les écouter au hasard.
          Il commence par dire que tout, absolument tout, ce que nous possédons est fait avec de l’énergie. Y compris bien sûr le capital investi qui se dégrade et qu’il faut renouveler, histoire d’en remettre une couche sur la vétusté des ponts aux USA (et ailleurs).


        • tepavac Le 30 juin 2014 à 01h36
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          charles michael, l’énergie est l’essence même de la vie, c’est un potentiel d’action.


      • Le diable Le 29 juin 2014 à 18h30
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        Bonjour Nérouiev,

        La guerre d’Ukraine est-elle une guerre du gaz ?
        Cette guerre ne peut être réduite à l’une seule de ses composantes -l’énergie par exemple.

        Néanmoins, aventurons-nous sur cette piste et donc parlons du PNAC.
        Le PNAC est le “Project for a New American Century”, inauguré en 1997 par les néo-cons.
        Il place l’objet “énergie” au centre de ses critères de décision et d’action.
        Dans les faits, les guerres d’Irak et d’Afghanistan ont prouvé que ce critère
        est pertinent pour faire la lumière sur les “coups de sang” de Washington.
        Anecdotiquement, signalons qu’à chaque fois apparaît un premier rôle
        qui incarne l’idée globale du scénario : Halliburton en Irak, Unocal en Afghanistan.

        En ce qui concerne maintenant la guerre d’Ukraine,
        le parti pris analytique de l’énergie reste valable.

        Si nous prenons la liberté de le retenir, alors permettez-moi le distinguo
        qui fait l’objet de ce post.
        Le voici : les USA ne cherchent pas à s’emparer des SOURCES d’hydrocarbures,
        mais à placer les FLUX d’hydrocarbures sous leur contrôle, ce qui n’est pas la même chose.
        Pour faire une métaphore – comme le font les économistes
        – c’est un peu comme un baron Haussmann qui, au XIXe siècle,
        constaterait qu’il ne peut contrôler les mouvements révolutionnaires parisiens,
        par nature peu prévisibles. Il aurait alors l’idée de contrôler
        ces mouvements potentiels en imposant à la capitale française un système de boulevards
        aisément contrôlables militairement.

        Qu’est-ce que donne cette idée, appliquée à l’Ukraine ? Ce “pays” est situé :
        – à l’est de l’UE (énorme consommateur d’hydrocarbures)
        – au sud de la Russie (très gros producteur)
        – à l’ouest de l’Asie centrale (très gros producteur).
        L’Ukraine, vue depuis un satellite, est donc l’archétype du “hub autoroutier” d’hydrocarbures.
        C’est ce “hub” que Washington veut placer sous son contrôle (entre autres objectifs).

        Le gros gisement de gaz de schiste “Iouzovski” (Donetsk & Kharkov)
        n’est qu’un “détail tactique” de cette stratégie.
        Le gisement pourrait certes tomber entre les mains de Burisma Holdings
        si la politique d’anéantissement/conquête des USA sur place devait réussir.
        Pour rappel, Burisma Holdings joue le rôle de “Halliburton/Unocal”
        dans l’acte ukrainien de la tragédie “PNAC”. Il s’agit d’une société U.S.
        spécialisée dans le gaz ukrainien et proche de la Maison blanche – un euphémisme.

        Néanmoins, même si ce gisement devait devenir la seule ruine restant debout
        après l’anéantissement des fédéralistes,
        il resterait une sorte de “pièce de monnaie ramassée par terre”
        sur la route d’une victoire étatsunienne dans l’arène des flux énergétiques.

        Dans la lecture de la guerre d’Ukraine, le paramètre énergétique est viable,
        même s’il n’est pas le seul à l’être ;
        à condition, cependant, de l’entendre en termes de flux, et non de sources.

        Cordialement,

        Le diable.


        • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 21h10
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          Bonjour Le Diable
          Mais je partage votre analyse qui consiste à dominer les flux qui transitent par l’Ukraine. Couper le flux du Naturel est une façon d’obliger à tester le gaz de schistes et “faire envie” de s’y lancer ailleurs sur Terre (et sous contrôle américain) sans souci de polluer. C’est aussi une raison de s’opposer au South stream qu’ils ne dominent pas. Quant à maîtriser le Naturel de l’Union Eurasiatique, ils vont tomber sur un os car ces flux s’orientent vers la Chine et l’Inde (partie de BRICS) et ils n’y ont pas accès.


        • Charles Michael Le 29 juin 2014 à 23h00
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          Bien sur il s’agit du controle des flux et le Peak est en fait un problème d’abord de limites des flux, limite du cout accepatable par les économies et limite physique des volumes.
          de nombreux spécialistes considérent que l’augmentation des prix de 2005 à 2008, suite au Peak mondial de production vers 2004/2006, donc des flux, des conventionels est la cause principale de la crise financière.

          mais comme vous le signalez dans le cas de la crise Ukraine (mère de toute les crises et aboutissement suicidaire) le gaz ou pétrole n’est pas vraiment la cause première ou seconde.

          il s’agit d’une dynamique monopolistique hors controle, hors réflexion, tout à fait primitive, du niveau affligeant de supporters avinés du club local.


  12. ANNA Le 29 juin 2014 à 12h35
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    Les USA :
    syndrome du Vietnam
    syndrome de l’Irak
    syndrome de l’Afghanistan
    syndrome de Libye
    syndrome de la Syrie
    ré-syndrome de Libye
    ré-syndrome de l’Irak
    ré-syndrome de l’Afghanistan
    syndrome de l’Ukraine
    ré-syndrome de l’Ukraine

    La Russie :
    syndrome de la Tchetchenie
    syndrome de la Syrie
    syndrome de la Crimée
    syndrome de l’Ukraine

    La France :
    syndrome de toutou des USA
    syndrome du caniche des USA
    syndrome du roquet des USA
    syndrome BNP Paribas
    syndrome de l’Areva
    syndrome du Traité transatlantique
    ré-syndrome du toutou-caniche
    ré-syndrome du caniche-toutou
    ré-syndrome du Traité transatlantique
    syndrome du DUMPING social, merci l’Ukraine
    syndrome de la faillite
    ré-syndrome de la faillite
    syndrome de la faillite de toutou
    syndrome de la faillite du caniche
    syndrome de la faillite du roquet
    syndrome de “tout va très bien, Mme la Marquise”
    syndrome “Bonjour Marine”


  13. Janna Le 29 juin 2014 à 12h40
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    http://f6.s.qip.ru/KhHNqW0J.jpg

    Juste pour rire . L’intégration de l’Ukraine dans l’Europe.


  14. Daniel Le 29 juin 2014 à 12h51
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    Le dessin de presse résume de façon didactique (et simple) l’actuelle “reconstruction” de l’Ukraine “manu americana”.

    Comme d’hab, ce genre de dessin on ne voit jamais signé par un de nos caricaturistes français – et il y en a tellement ! question d’auto-censure ou par crainte d’être renvoyé par leurs patrons de groupes de presse atlantistes ?

    Mohammed Kargar est Iranien.

    On attend avec grand intérêt ce qui va se passer au Brésil en juillet, lors du sommet du BRICS, et sa déclaration finale.


  15. Theoltd Le 29 juin 2014 à 13h44
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    Selon moi, tout est fait pour plonger la Russie dans la crise, ou tout au moins ralentir son développement, afin d’agrandir le gap entre consommation intérieure en PP et exportations. Moins elle consommera, plus elle exportera. Contrairement aux autres pays, si l’on se place point de vue BAO, le seul intérêt de la Russie est de livrer un maximum de matières premières a bas cout, et non de se développer. Ceux qui rappellent sans cesse que la Russie est un pays pauvre (PIB par habitant 4 fois inférieur a La France) ignorent ou oublient que tout a été fait dans l’histoire de la Russie, pour lui taper sur la tete a chaque fois qu’elle se relevait. Revolution d’Octobre, Guerre froide, Crise de 98, et maintenant Ukraine, en sont des exemples frappants. Cette pauvreté n’est pas le fait de Poutine, mais du notre, ou plutôt de l’Amérique.

    Le But des sanctions est donc ici clairement visible.
    Mais peut être cette fois ci, la Russie sortira t elle victorieuse de cette confrontation: Le Peak des énergies lui garanti un prix elevé pour ses matières premières, et des alliances stratégiques fortes.
    Pour finir, elle a beaucoup de soldats, ce que l’Europe n’a plus, a moins de lui envoyer nos éclopés tirés des maisons de retraite ou nos jeunes des banlieues. Ce qui permettrait de régler plusieurs problèmes a la fois 🙂
    Et en cas de bombardements, comme le dit Vineyard Saker, ce n’est pas pareil si Smolensk se prend une Bombe, ou si Neuilly ou Deauville en reçoit une. Les effets ne seront pas les memes.


  16. moderato si cantabile Le 29 juin 2014 à 13h48
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    Juste comme ça, pour rire un peu.
    Il n’y avait pas que les GI’s et les soldats français qui sont allés en Afgahanistan pour libérer les femmes afghanes de leur voile. Il y en eu surtout beaucoup de soldats des pays Otanisés, de force plus que de gré.
    Et parmi ses soldats, des roumains…les pauvres, même pas des soldats, plutôt des mercenaires qui sont allés pour une poignée de $ et souvent sans même d’instructions militaire (en plus il s’est constitué une mafia de l’enrôlement, c’est dire que les volontaires devaient d’abord payer un peu, pour se faire enrôler).
    Hé bien, comme c’est campagne électorale pour les présidentielles en Roumanie, le PM, Victor Ponta a voulu se faire un peu de pub….il est allé à Kandahar avec son staff (2 oligarques-politiques) pour encourager…le retrait des troupes.
    Sauf que…les afghans ont envoyé quelques roquettes sur la base roumaine…juste comme ça, pour leurs souhaiter bon départ !
    Panique nationale : c’est dire que les Roumains sont morts de rire et qu’ils disent aussi que c’était mieux si leur PM était mort tout court.

    http://adevarul.ro/news/politica/militarii-romani-retrag-afganistan-ponta-prezent-eveniment-1_53afc61b0d133766a8fcbf26/index.html


    • moderato si cantabile Le 29 juin 2014 à 14h23
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      j’ai oublié de vous montrer à quoi ça ressemble les “petits soldats” roumains….point d’obésité et plutôt sportifs. C’est la danse (réservé qu’aux garçons) la plus populaire de Roumanie. Chaque village, chaque région en a sa variante, tant dans les pas de danse que dans les costumes, mais l’essentiel en est commun. Cette danse (les petits chevaux) est aussi la plus ancienne, remontant à de rites païens des cycles de la vie.

      https://www.youtube.com/watch?v=sImsZJ7cX0o


      • moderato si cantabile Le 29 juin 2014 à 15h27
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        ce que j’ai aussi oublié de vous dire c’est que j’aime ce pays, le pays de ma naissance, même si la première chose que j’y ai apprise, c’était que je n’avais pas les mêmes droits que les “autres”. Moi j’étais né sous un nom allemand, d’autres étaient juifs, d’autres étaient hongrois, d’autres turcs, russes, ou grecs. C’est peut être pour ça que j’aime ce pays, car j’y ai côtoyé tout plein d'”autres”, qu’on n’avait aucun problème les uns avec les autres, que c’est là que j’ai compris que la propagande de l’Etat (fusse t’il communiste ou capitaliste) n’avait rien à voir avec la vie des gens, avec la solidarité de ces gens. Face à l’adversité “économique” il n’y a que le voisinage et la solidarité des “esclaves” qui puisse aider à la survie.
        Ben…oui ça existait dans les pays dits “communistes”, ça existait aussi dans la France Gaullienne, ça ne peut pas exister dans l’OTAN.
        C’est pour ça aussi que je pense que Poutine ce n’est rien d’autre qu’un De Gaulle russe…dans lequel ont y met beaucoup (tous) des espoirs…tous les gaulliens de partout. La liberté, ça veut aussi dire : s’il faut mourir, autant qu’on meure debout et non pas à genoux.
        C’est pour ça aussi que je comprends ce qu’il arrive aux ukrainiens…de toute langue, ethnie et origine.


        • pascale Le 29 juin 2014 à 19h57
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          Merci, c’est superbe, de la joie pure!


        • Nérouiev Le 29 juin 2014 à 21h25
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          “Ben…oui ça existait dans les pays dits “communistes”, ça existait aussi dans la France Gaullienne, ça ne peut pas exister dans l’OTAN.”
          Merci pour ces propos chaleureux. Je reprends avec vous “ça ne peut pas exister dans l’OTAN”, donc que l’OTAN n’existe plus et tout ira mieux.


        • Chris Le 30 juin 2014 à 01h28
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          Merci pour votre témoignage chaleureux. En effet, Poutine est un De Gaulle russe. Je le soupçonne de s’appuyer sur une vaste culture historique tout come lui.


      • Perekop Le 29 juin 2014 à 17h14
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        Merci de nous montrer ça, Moderato si Ballabile ! Quelle bouffée de jeunesse et de fraîcheur… et dire que tout ça risque de finir chez McDo, quelle pitié.
        J’ai le même sentiment quand je vois les danses des provinces serbes. Quel gâchis.


  17. Daniel Le 29 juin 2014 à 15h18
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    Un économiste américain – dont je ne me souviens malheureusement pas le nom – avait fait partie de son étonnement du fait des pays du monde utiliser le billet vert américain pour leurs transactions commerciales entre eux et pas forcément en celles avec les Etats-Unis.
    Un tel étonnement en venant de la part d’un économiste américain devient encore plus étonnant !

    La Russie et la Chine ont annoncé leurs intentions de ne plus utiliser le dollar US comme monnaie dans leurs échanges commerciaux, paraît-il.

    Si cela s’étend aux autres pays du BRICS alors nous aurons une zone commerciale (et pas n’importe laquelle) où le dollar US sera aux abonnés absents. Si telle pratique devient une tendance suivie par les autres pays du monde, alors cela pourrait signifier la fin du dollar US en tant que monnaie commerciale. Et avec les conséquences que tout cela aurait pour l’économie américaine.

    Désastreuses, seraient-elles ?


  18. Photonik Le 29 juin 2014 à 15h44
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    Il y aurait eu une manifestation aujourd’hui sur Maidan pour réclamer la fin du cessez le feu (oui vous avez bien lu, ils demandent la reprise des combats).

    https://twitter.com/gullivercragg/status/483183350958809088

    Parmi les leaders il y a Semyon Semyonchenko, le chef du bataillon Donbas qui fait parti de la garde nationale pour combattre les rebelles de l’est. Il aurait donné 2 jours à Porochenko pour reprendre les combats et agir “efficacement”.
    Reste à voir ce qu’il fera si ses exigences ne sont pas tenues…

    Une vidéo ou ce serait lui qui parle lors du rassemblement à Maidan: https://www.youtube.com/watch?v=yqrvv-5ux9A

    Si quelqu’un peut traduire ce qu’il dit cela serait bien.

    Une interview de Semyon Semyonchenko: http://maidantranslations.com/2014/06/08/donbas-battalion-commander-now-separatists-will-take-as-much-as-we-allow-them-to-take-video/

    On voit qu’il y a une forte haine entre les 2 camps, chacun accusant l’autre d’être des fascistes pratiquant la torture et les meurtres.
    Sa description de comment tout cela a dégénéré est intéressante. Pour lui ce sont des groupes locaux et les autorités locales qui ont commencé, donc sans intervention extérieure. Par la suite la situation a empiré et les autorités ont perdu le contrôle. Des groupes étrangers, notamment venant de Russie, ont afflué et fait dégénérer tout hors de contrôle. Il dit lui même que cela n’est pas nécessairement une intervention venant du gouvernement russe, mais des groupes indépendants (“I think that maybe it’s not the Russian state, but immigrants from Russia, specific clans so to speak.”).
    Par contre il a un discours anti fasciste plus qu’anti russe (il dit être russe, ce qui peut être une explication). Mais semble fermer totalement les yeux sur le coté fasciste et même nazi de ses alliés.
    Il menace déjà de prendre son indépendance si le gouvernement ne va pas assez dans son sens (“I clearly explained to all of them: that if they engage in bureaucracy again and keep us on the bases without giving us the freedom to act, then we will simply finish training and go back into the woods.”).
    Il semble donc clair que le gouvernement ne contrôle plus grand chose. On a laissé des groupes extrémistes prendre le pouvoir, laissé la situation dégénérer et maintenant le gouvernement, les politiques, n’ont plus la main.
    C’était la crainte qu’on pouvait avoir en faisant entrer les extrémistes dans le gouvernement. On a dit qu’il y aurait des élections et qu’ensuite ceux qui seraient élus prendraient la place. Mais svoboda ou pravy sektor allaient ils accepter de rentrer chez eux tranquillement? Maintenant qu’ils ont des postes clés, du pouvoir et la possibilité de mettre en œuvre leur idéologie ils vont s’y accrocher.
    Il en est de même pour le camp d’en face. Le chaos actuel a attiré tout un tas d’extrémistes en tout genre. Des gens assoiffés de sang ou des ultra nationalistes russes qui sont bridés par Poutine et voient là l’occasion prendre du pouvoir.

    Et que se passera t-il si un jour un de ces groupes décident de libérer la Crimée et franchit la frontière pour s’attaquer à l’armée russe? Celle ci sera obligée de répliquer. Que feront nos dirigeants pris au piège de leur propagande de l’agression russe contre la Crimée?

    L’histoire va t-elle encore bégayer à exactement 100 ans d’intervalle? Nous avons ouvert la boite de Pandore. Il ne nous reste plus qu’à attendre de voir ce qui va en sortir…


  19. perceval78 Le 29 juin 2014 à 16h36
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    C’est vrai que par moment on est saisi d’un intense découragement car que peut on faire contre la FOLIE.
    Car c’est bien de FOLIE dont il s’agit …


  20. Julien Le 29 juin 2014 à 18h24
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    Perso je regarde Wall street = au plus haut de tous les temps
    La croissance américaine subit son plus grand revers en cinq ans
    Endettement des Etats Unis impossible a rembourser et qui s’emballe.
    L’USD est une monnaie de singe. basé que sur des promesses intenables.

    Au prochain Krach le château de carte s’effondre car impossible de le sauver.

    La crise des subprimes c’est pas une crise, c’est juste la démonstration qu’on vit à crédit ( donc sur des promesses ) , et ces promesses on ne peut pas les tenir.

    La dette mondiale cumulée s’élève à 100.000 milliards de dollars, le PIB mondiale est de 73,000 milliards de dollars.

    Une classe moyenne mondiale de 5 milliards d’individus en 2030, donc consommateur de matières premières….

    Bref je soupçonne que certains malades néocons se disent qu’une petite guerre mondiale cela pourrait règler pas mal de soucis…Et vu qu’on paye pas les soldats avec du vent , il vaut mieux le faire avant l’effondrement total ?


    • chris06 Le 29 juin 2014 à 19h40
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      comme scenario pour le prochain quart de siècle une cascade de guerres civiles dans des dizaines de pays me semble hautement plus probable qu’une nouvelle guerre mondiale.

      Syrie, Ukraine, Iraq… cela pourrait être le début d’une très longue série, les habitants des pays qui ne connaitront pas cela auront bien de la chance. Pour le moment aucun pays “développé” (ceux qui émettent les monnaies de réserve) n’est touché mais d’ici quelques années?

      A moins que la rupture avec la mondialisation capitaliste sous domination américaine se fasse de manière moins chaotique, tout du moins dans nos pays “développés”: la nouvelle expression favorite des économistes pour décrire cela “la stagnation séculaire”.


      • Julien Le 29 juin 2014 à 20h33
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        Quand j’ai entendu parler Fabius sur EIIL qui disait qu’ils jouaient au football avec des têtes humaines ( alors qu’il s’agit des talibans pakistanais lors d’une video de decembre 2013 )

        Quand j’ai entendu le parti socialiste s’étonner de la claque aux élections , car c’était bien les seuls…

        La j’ai compris que les personnes qui nous dirigent sont des sociopathes et qu’en voulant jouer les cowboys ca peut partir très vite en cacahuète.

        Avant internet , il y avait le temps de réflexion.. Aujourd’hui ca n’existe plus. C est le plus grand danger ( surtout quand on vérifie pas ou on veut pas vérifier les informations )


    • Chris Le 30 juin 2014 à 01h34
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      Vous oubliez de mentionner les 710’000 milliards US$ uniquement en produits dérivés à fin 2013… Une bombe.


  21. aspitoyendefrance Le 29 juin 2014 à 18h26
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    Les décideurs du moment en europe sont des vassaux américains.Et la dernière chose qu’ils se soucient c’est de notre destin.

    Le gaz de chiste est une fausse alternative au pétrole et même si les ingénieurs et techniciens nous disent d’attendre l’amélioration technique , les externalités négatives en matière de pollution de l’eau et des sols sont trop importantes.Bon ces gens s’en carrent de ces considérations ils veulent de l’argent,l’humain s’en fichent.


    • Kiwixar Le 29 juin 2014 à 22h03
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      Le gaz de schiste a une autre fonction : détruire les nappes phréatiques afin de garder les populations connectées aux tuyaux d’eau de l’Etat.
      Parce que sinon, puits (j’en ai un), panneaux solaires (bientôt) et permaculture : on n’a plus besoin de cet Etat sangsue qui n’est même pas capable d’assurer sa première fonction (assurer notre sécurité)…
      Tittytainment : il faut que les manants restent pendus aux mamelles de l’Etat, sans se rendre compte du poids des chaînes.


  22. ANNA Le 29 juin 2014 à 19h04
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    Le jeune recrue pour l’armée ukrainienne de Pravi Sector :

    http://savepic.net/5880364.jpg


  23. DUGUESGLIN Le 29 juin 2014 à 20h55
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    L’homme fort de Washington, (le maître de la Maison Blanche) et l’homme fort de la France, (le maître de l’Elysée), ont demandé au Président de la Russie de faire pression sur la population de Novorossia, pour déposer les armes et se soumettre au gouvernement (temporaire) de Kiev et de reconnaître que Pravy Sektor (néonazi) est un parti humain dépourvu de toutes malveillances simplement un peu plus à droite que les autres. L’allergie aux doryphores est humaine et ne peut être condamnée.

    A défaut pour le Président Poutine d’user de tout son pouvoir pour obliger le peuple de Novorossia à se rendre, la Russie subira des nouvelles sanctions.
    Cette présentation des faits change un peu des sempiternelles rengaines des médias (bien formatés).

    Post Scriptum: Afin de satisfaire aux injonctions de Washington il ne reste plus qu’au Président russe d’envoyer l’armée pour remettre au pas cette population rebelle qui n’a pas compris que son bien est dans la soumission à Kiev. L’occupation du Donbass serait une bonne leçon pour les rebelles, et ramènerait la paix pour la plus grande satisfaction de l’UE et des USA. Les juntes kiéviennes pourraient se retirer et n’auraient plus qu’à laisser faire la Russie.
    Mais je fais peut-être une erreur d’interprétation concernant les injonctions du maître de la Maison Blanche.


  24. la russe Le 29 juin 2014 à 21h15
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    http://www.vineyardsaker.fr/2014/06/28/blague-obama-est-en-phase-terminale-et-avant-de-mourir-choisir-de-se-faire-cryogeniser/
    Obama est en phase terminale, et avant de mourir choisit de se faire cryogéniser. On le congèle.

    Dix ans après, on trouve le remède à la maladie dont il était atteint. On le décongèle donc, et le revoici en vie.

    Il quitte l’hôpital de Washington et commence par s’arrêter dans un bar. Tout le monde y semble heureux et souriant, mangeant, buvant, se réjouissant. Obama s’assied au bar, commande une bière et se tourne vers le type assis à côté de lui.

    « Alors, mon ami, comment cela se passe-t-il dans le monde ? Je me suis absenté un moment… »

    L’homme se tourne vers lui et sourit : « Tout baigne. Les Etats-Unis ont une économie en plein boom, l’Union Européenne est devenue grandiose, aucun problème, économiquement c’est le pied. »

    Obama sourit : « Je savais bien que j’avais raison. La vie est un champ de roses ! »

    Le type sourit. « Oui, la vie est un champ de roses. Plus de guerres, la Chine travaille comme jamais, le Japon est en pleine forme, la Russie est tranquille, la paix règne sur le monde entier. »

    « Oh, comme je savais que j’avais raison ! Nous avons gagné ! Tout se passe comme je l’avais prévu. Barman! Une autre bière pour moi et pour mon ami. C’est combien, la bière? »

    Le barman le regarde : « 1 rouble et 30 kopecks. »


  25. Beatrix Le 29 juin 2014 à 21h27
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    @ Le diable

    Je pense exactement la même chose que vous. Les USA sont prêts à remplacer ladite OPEP et devenir une OPEP mondiale où ils verraient d’un bon œil la disparition économique et politique de la Russie pour lui ravir son rôle fédérateur dans l’acheminement des hydrocarbures.

    Il est sans doute vrai que les USA concevait ses guerres d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie et d’autres pays pour le pillage de leur sous-sol mais avec le temps et l’expérience qu’ont fourni ces guerres, l’économisme les a fait évoluer. Ils préfèrent, aujourd’hui, devenir les patrons de toutes ces autoroutes du pétrole et du gaz en récupérant les investissements étrangers et les pipelines, quasiment gratuitement, en échange d’un changement de régime qu’ils provoqueraient – faire miroiter le changement de régime comme un eldorado accessible aux peuples est devenu un classique qui apporte du résultat, car, il faut constater que les USA ont toujours misé sur le trouble chronique et durable et pas du tout sur l’installation d’un état stable de droit jouissant d’une souveraineté populaire ou institutionnelle.

    Ils entrevoient un renforcement extraordinaire de leur suprémacisme que le monde entier dépendra d’eux pour être desservis soit comme clients- consommateurs, soit comme fournisseurs-producteurs. Dès lors, ils seraient libres de faire les prix différenciés aux différents pays et de pratiquer systématiquement des sanctions par la privation de cette énergie primaire à ceux qui résistent à leurs intérêts exclusifs. A l’exacte image des pénuries de denrées alimentaires organisées, pratiquées par leurs intermédiaires autochtones.

    J’en suis convaincue. Ils recherchent la clé imprenable de la puissance absolue.
    L’Union Européenne est un des moyens qu’ils utilisent momentanément pour y parvenir. Une fois parvenus, les Européens seront traités et jetés comme il se doit, vu leur mentalité politique précaire: des munitions utilisables une seule fois. Des mouchoirs de papier déchirables aux premières tensions.

    En observant ce qui se passe actuellement autour de la crise Ukrainienne, nous pouvons établir une hiérarchie dans les gouvernements de service dans cette démarche.
    La Pologne est certainement la plus proche et la plus fiable pour Washington, bien que l’Allemagne fut, au début de Maïdan, acteur majeur, puis devenu principal partenaire des US: un leadership européen remplaçable par les ex-républiques Soviétiques, beaucoup plus inconditionnelles et plus dévots à l’impérialisme américain et plus déterminées à détruire la Russie.

    Tout s’est joué, depuis l’Irak, en marge des institutions internationales.
    A ce constat, une question persiste, malgré moult suppositions positives: Poutine semble vouloir ramener tous les membres de l’ONU devant la tribune mondiale et autour d’une table. Il sait pourtant qu’il joue une carte délaissé depuis longtemps par le BAO et les Émirats.

    Poutine recherche-t-il une démonstration à la face du monde? Laquelle?
    Le BAO et les pays Arabes semblent se passer allègrement de ces institutions.
    Quelle chance de succès pour Poutine dans cette opération?

    L’autre question concerne les pays d’Europe absorbés ou influencés par l’Union.
    Quel rôle et quel destin se veut cette Union Européenne?
    Quelle alternative et quelles possibilités pour les pays qui ne renoncent pas à leur indépendance et à leur politique étrangère?


    • Le diable Le 02 juillet 2014 à 22h03
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      Bonsoir Béatrix,

      “Les USA sont prêts à […] devenir une OPEP mondiale […] dans l’acheminement des hydrocarbures. […] Les USA […] préfèrent, aujourd’hui, devenir les patrons de toutes ces autoroutes du pétrole […]”

      J’ai eu vers 12:00, ce jour 2 juillet 2014, un info orale selon laquelle Burisma aurait pour objectif de prendre le contrôle des infrastructures de distribution gazière d’Ukraine. Je suis convaincu (mais c’est pour l’heure encore subjectif) que Burisma accorde plus d’importance à ces gazoducs qu’au gisement Iouzovski lui-même (par exemple ; il en existe un autre analogue mais moindre en Galicie).

      “J’en suis convaincue. Ils recherchent la clé imprenable de la puissance absolue.”

      J’ai posté sur les-crises un embryon de débat à ce sujet (je ne suis pas sûr de mon coup
      – et je ne retrouve pas non plus l’URL…)

      “Tout s’est joué, depuis l’Irak, en marge des institutions internationales.”

      Ces “institutions internationales” (ONU, FMI, Banque mondiale, OTAN) ne sont pas internationales. Elles ont été mises en place à partir de 1944 par les USA.
      A ce sujet, l’excellent (je pèse mes mots) magazine français “Guerres & Histoire” a signalé la publication d’un livre : “The Battle of Bretton Woods : […] the Making of a New World Order” (auteur : un dénommé Benn Steil, un Etatsunien qui croule sous les prix de toutes sortes et que je ne connais pas -encore). Une piste ?

      [Bandeau publicitaire : “Guerres & Histoire” est dirigé par Jean Lopez, auteur – entre autres – d’un pavé sur BAGRATION (l’opération, pas le général). L’ouvrage a été commenté par l’économiste français Jacques Sapir, et ce commentaire a été publié ici-même par O. Berruyer].

      “Quelle alternative et quelles possibilités pour les pays qui ne renoncent pas à leur indépendance et à leur politique étrangère?”

      Une tribu gaul[l]oise, menée par un certain François Asselineau, propose ses propres réponses (à étudier ?) :

      http://www.upr.fr/

      Cordialement,

      le diable.


  26. la russe Le 29 juin 2014 à 21h54
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    http://www.vineyardsaker.fr/2014/06/28/vous-avez-aime-vous-adorerez/:VOUS AVEZ AIMÉ… VOUS ADOREREZ. De quoi s’agit-il ? Précisons-le. Vous avez aimé le Traité de Libre Echange transatlantique (TTIP), actuellement négocié dans un quasi secret par la Commission européenne et Washington. Vous adorerez le futur TISA pour Trade in services agreement soit en français ACS, pour accord sur le commerce des services….


  27. Nanker Le 29 juin 2014 à 22h26
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    “Le jeune recrue pour l’armée ukrainienne de Pravi Sector”

    Ces jeunes gens ont défilé aujourd’hui dans Kiev en exigeant l’instauration à l’Est de la loi martiale (autrement dit de disposer d’un permis de commettre des massacres de masse?).

    Prière de ne pas rire, ces patriotes trouvent Porochenko trop mou et lui promettent le même sort qu’à Ianokovitch qu’il venait à faiblir contre les pro-Russes…
    C’est le syndrome Frankenstein? La créature monstrueuse (les petits fachos) qui échappe à son créateur (Poro la CIA et Nuland)?

    Obama va encore dire qu’il n’était pas au courant?


    • Surya Le 29 juin 2014 à 23h54
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      Il n’y aura pas de nouveau Maidan, Porochenko était (et est toujours ?) un agent américain (cf cables wikileaks)


      • Le diable Le 02 juillet 2014 à 21h05
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        Bonsoir Surya,

        “Porochenko était (et est toujours ?) un agent américain (cf cables wikileaks)”

        A quels “câbles wikileaks” faites-vous allusion ?

        Les fuites concernant le détail des liens directs Washington-Ukraine sont rares.
        Le 7 mars 2014, j’ai eu une info orale selon laquelle, dans les 72 heures précédentes,
        Dmitro Iaroch, leader de Praviy Sektor, et l’ambassadeur des USA à Kiev,
        Geoffrey R. Pyatt, étaient en contact constant, même la nuit (avec dans la boucle un troisième individu important dont j’ai perdu la trace – à l’époque je découvrais la tragédie sans rien y comprendre).

        Avez-vous repéré quelques-unes des “minutes” des contacts Kiev-Washington ?

        Merci.

        Bien cordialement,

        le diable.


  28. Nanker Le 29 juin 2014 à 22h41
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    Correction : « le même sort qu’à Ianokovitch s’il venait à faiblir contre les pro-Russes… »

    Sinon ce soir sur Arte lorsqu’on a montré des images de la mobilisation tout était propre et net. On a entrevu les fameux trois doigts sur un drapeau bleu/jaune (un oubli du monteur?) mais sinon tout était parfait…
    Merci Arte!


  29. jacqueline Le 30 juin 2014 à 00h30
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    Une autre experte : Nathalie Pasternak d’ EELV :

    Deuxième vidéo de cette page ” Arret sur Image ”

    http://gaideclin.blogspot.fr/2014/06/ukraine-journee-du-27062014-vlad-le.html


  30. Nanker Le 30 juin 2014 à 09h10
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    “Nathalie Pasternak”

    Je viens de l’entendre sur RFI!
    Hier elle était à St. Nazaire pour protester contre l’arrivée dans cette ville de 400 marins russes qui viennent se familiariser au maniement des navires promis à Poutine.

    Et elle a quasiment intimé à la France de renoncer à vendre ces bateaux aux horribles Russes… On vit une époque formidable! 🙁


    • Le diable Le 02 juillet 2014 à 22h50
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      Bonsoir Nanker,

      Nathalie Pasternak ? Inconnue au bataillon.

      Blitz-recherche : je trouve :

      https://www.facebook.com/events/252056868304388/

      Ca dit : “Vitali Klitschko ? Viktor Ianoukovytch ? Si ces noms ne te disent rien ou si tu veux en savoir davantage sur les manifestations en Ukraine, alors viens assister à la conférence de Nathalie Pasternak, du Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne de France, ce mercredi (29 janvier) à 20 heures en amphi Monge. C’est une occasion rare de comprendre la situation géopolitique de ce pays grand comme la France, frontière entre l’Europe et la Russie !”

      No comment.

      Bon, quel est le lien entre Mme N. Pasternak et le “Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne de France” ?

      Trouvé ça :

      http://www.lcp.fr/emissions/parlement-air-l-info/vod/157302-nathalie-pasternak-presidente-du-comite-representatif-de-la-communaute-ukrainienne-en-france

      Ca dit :

      “NATHALIE PASTERNAK, PRÉSIDENTE DU COMITÉ REPRÉSENTATIF DE LA COMMUNAUTÉ UKRAINIENNE EN FRANCE.”

      On commence à y comprendre vaguement quelque chose.

      Maintenant, pour trouver le site du “Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne de France”, pas moyen.

      J’ai pas le temps de chercher dans Google “+comité machin +financement”.
      Dommage… Car comme d’hab en politique, la grande question est : d’où vient l’argent ?

      Cordialement,

      le diable


  31. Patrick Luder Le 30 juin 2014 à 09h39
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    Ouaip, pas facile de se détacher du $$$ …Trop d’enjeux sont en jeux !

    Le monde ne se lancera dans un nouveau système monétaire que lorsque les nouveaux avantages “masqueront” tous les anciens défauts, mais ce nouveau système monétaire à venir nous réservera d’autres grandes surprises => ce sera l’avènement du contrôle total de la machine sur l’humain …


    • Nérouiev Le 30 juin 2014 à 11h59
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      Je pense plutôt l’inverse.


    • Zasttava Le 30 juin 2014 à 12h47
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      A ce propos je vous recommande la lecture de ce billet (en anglais) :
      http://www.internationalman.com/articles/checkers-versus-chess

      Extrait traduit par moi :

      “Lorsque la Russie a annoncé que Gazprom, le plus gros fournisseur de gaz au monde, n’accepterait plus les paiements en dollar de ses clients, l’Occident a été ébranlé par la nouvelle.

      Alors, ceci présage-t-il de la fin du pétrodollar ? Pas encore.
      Mais cela ajoute une épine dans le pied du pétrodollar, et même une sacrée épine. Cela annonce davantage au monde que si les américains continuent leur comportement de petite frappe de cour d’école, les russes et les chinois, eux, sont prêts. Ils sont bien plus puissants que ce que les Etats-Unis ne les perçoivent, et de ce qu’on peut voir, ils maitrisent le jeu bien mieux.
      (…)
      Les Etats-Unis sont en guerre contre la Chine et la Russie. C’est une guerre non déclarée, une guerre monétaire et non une guerre militaire. Bien sûr, il y a de réelles diversions militaires en Ukraine et au Moyen-Orient, mais la vraie guerre est un combat monétaire.
      Si on observe les réponses asiatiques aux attaques américaines, et qu’on les évalue objectivement, on s’aperçoit qu’ils ne cherchent pas à tuer les américains. Lors de chaque affrontement, les asiatiques, tels d’habiles toreros, évitent la charge du taureau et lui donne un coup d’épée, le blessant à chacune de ses charges.

      Cela indiquerait que les Russes et les Chinois, à l’instar du torero, épuise le taureau et continue de le provoquer jusqu’à ce qu’il n’ait plus assez de sang pour continuer le combat.
      (…)
      Je pense que les Etats-Unis seront épargnés par leur vainqueurs. Ils resteront dans les affaires comme un simple pays au service de l’Orient en tant que débouchés pour leur produits. (…)”


      • Le diable Le 30 juin 2014 à 14h03
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        Bonjour Zasttava,

        “[…]la Russie a annoncé que Gazprom […] n’accepterait plus les paiements en dollar […]”

        Diantre, personne ne me l’avait dit, et ça date déjà de début juin !
        Décidément, il faut tout faire soi-même…

        J’ai tellement eu de mal à y croire que je suis allé vérifier.
        Eh bien oui, c’est confirmé. Je ne mets pas les URLs, il n’y a que ça.

        Toutes ces URLs répètent que “90 % des clients de Gazprom” ont accepté
        de bypasser le dollar”. Qui sont ces clients ? Les voici :

        http://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/ventes-gazprom-2011_zoom.png

        En gros, hors CEI, c’est nous, les Européens.

        Sur ce coup, je n’ai pas entendu Obama dire :
        “Poutine ne va pas dans le sens de l’Histoire”.

        Il y a des “échec au roi” qui s’encaissent sans desserrer les dents.

        Cordialement et en vous remerciant,

        le diable.


  32. Chris Le 30 juin 2014 à 13h55
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    Pour un éclairage supplémentaire, un article du 10 septembre 2012 “Notes sur l’“opérationnalité du Mal” et la Russie (dde.crisis)”
    http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_l_op_rationnalit_du_mal_et_la_russie_ddecrisis_10_09_2012.html


  33. Osperato Le 30 juin 2014 à 19h08
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    Il y a un autre article qui traîne sur la toile concernant les plans russes pour déboulonner le $ (avec l’aide des BRICS).
    Et des extraits d’un rapport de Glaziev (2013), tournant dans la stratégie financière de Poutine.

    Les politiques “accomodantes” des banques centrales – FED, BCE, Bank of England, Bank of Japan – seraient le noeud du problème. Car elles sont en réalité des refinancements deguisées des banques privées de ces pays (essorées par la crise de 2008 et la Bourse-Casino). Au détriment des citoyens lambdas et des pays & intérêts privés ailleurs dans le monde.
    D’où la sortie du Système Dollar comme seule issue “effective”.

    http://www.nakedcapitalism.com/2013/05/russias-plan-for-the-brics-to-dismantle-the-dollar-system.html
    http://voiceofrussia.com//2013_01_18/The-world-is-in-a-state-of-financial-war-Russian-presidential-advisor/

    (quelques extraits)
    So far, only China has been active in challenging the dollar supremacy. The internationalization of the yuan is an official priority of Chinese leaders. Currency swap agreements with major trade partners like Brazil, France, or Australia are small but important steps in the Chinese strategy. Changing the world financial system is not an easy task and certainly a very challenging undertaking for China. Now, it seems that Beijing has found an ally in the Kremlin. And there appears to be a consensus between the BRICS countries: the urgent necessity to dismantle the dollar system.
    .
    It is worth noting that the place of this issue in the list of the BRICS’ priorities speaks volumes about its importance.
    .
    Glaziev accuses both the US and EU of “legalized aggression” through unbridled monetary emission. “As a key point of their anti-crisis policy, they are refinancing their banks using negative real interest rates” and meanwhile “1.5 trillion dollars, 1.2 trillion euros and comparable amounts of yen and pounds are used to finance debt pyramids and acquire real assets across the world”. Western banks are accused of blocking their debtors in “debt traps”, with the ultimate goal of “obtaining political control” and “seizing the real assets” of the debtors.
    .
    Glaziev considers that such a policy is actually a form of legalized aggression and that the world is in a state of financial war. And that Russia “cannot win this war” without some major changes in its own economic strategy.


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