Article du New York Times avec une information à mon sens fondamentale pour comprendre la non réaction du gouvernement aux alertes.

Pour ma part, je pense que c’est la principale…

Vous remplacez Irak par Russie, chez eux par chez nous, et vous voyez dans nos médias ces personnes aveugles aux vrais problèmes, obnubilées par leur délire…11

Source : The New York Times, le 10/09/2012

Par Kurt Eichenwald, le 10 septembre 2012

Cela a peut-être été le plus fameux briefing présidentiel de l’histoire.

Le 6 août 2001, le président George W. Bush a reçu un rapport secret sur des menaces d’Oussama ben Laden et de son réseau terroriste, al-Qaïda. “Le briefing présidentiel quotidien” de ce matin-là – le document top-secret préparé par les services de renseignement américains – faisait figurer le titre désormais tristement célèbre : « Ben Laden déterminé à frapper aux États-Unis”. Quelques semaines plus tard, le 11 septembre, al-Qaïda accomplissait cet objectif.

Le 10 avril 2004, la Maison-Blanche de Bush a déclassifié ce rapport quotidien – et seulement celui-là – en réponse aux pressions de la Commission sur le 11-Septembre, qui enquêtait sur les événements qui ont conduit à l’attaque. L’administration a minoré l’importance du document, en disant que, malgré le titre à couper le souffle, il n’était qu’une évaluation de l’histoire d’al-Qaïda, pas un avertissement d’une attaque imminente. Alors que certains critiques ont considéré cette affirmation absurde, une lecture attentive du mémo a montré que l’argument avait une certaine validité.

C’est-à-dire, à moins qu’il ne soit lu en parallèle avec les mémos quotidiens précédant le 6 août, ceux que l’administration Bush n’a pas voulu déclassifier. Bien que ces documents ne soient pas encore publics, j’ai lu des extraits de beaucoup d’entre eux, ainsi que d’autres dossiers récemment déclassifiés, et j’arrive à une inévitable conclusion : la réaction de l’administration à ce dont M. Bush a été informé dans les semaines précédant ce triste mémo reflète significativement une plus grande négligence que ce qui a été divulgué. En d’autres termes, le document du 6 août, considérant l’ensemble de la controverse qu’il a provoquée, est loin d’être aussi choquant que les mémos qui l’ont précédé.

Les avertissements directs à M. Bush de la possibilité d’une attaque d’al-Qaïda ont commencé au printemps 2001. Le 1er mai, la CIA a communiqué à la Maison-Blanche un rapport annonçant qu’« un groupe actuellement aux États-Unis » prévoyait une opération terroriste. Quelques semaines plus tard, le 22 juin, le briefing quotidien annonçait que les frappes d’al-Qaïda pourraient être « imminentes », bien que les renseignements aient suggéré que le délai était flexible.

Mais certains dans l’administration ont considéré la mise en garde comme exagérée. Un responsable du renseignement et un membre de l’administration Bush interviewés m’ont tous les deux dit que les dirigeants néoconservateurs qui avaient récemment pris le pouvoir au Pentagone ont averti la Maison-Blanche que la CIA avait été dupée ; selon cette théorie, Ben Laden faisait simplement semblant de planifier une attaque pour détourner l’attention de l’administration américaine de Saddam Hussein, que les néoconservateurs considéraient comme une plus grande menace. Les responsables du renseignement, c’est-à-dire ces sources, ont protesté en indiquant que l’idée de Ben Laden, un fondamentaliste islamique, conspirant avec M. Hussein, un laïc irakien, était ridicule, mais les soupçons des néoconservateurs ont néanmoins été retenus.

En réponse, la CIA a préparé une analyse montrant que tout plaidait en faveur de la reconnaissance par la Maison-Blanche de la réalité du danger présenté par Ben Laden.

Javier Jaén Benavides

Javier Jaén Benavides

« Les États-Unis ne sont pas la cible d’une campagne de désinformation par Oussama ben Laden, » ainsi était libellé le mémo quotidien du 29 juin, en utilisant la transcription gouvernementale du prénom de Ben Laden. S’étalant sur plus d’une page, le document cite une grande partie des preuves, y compris une interview de ce mois-là avec un journaliste du Moyen-Orient où les adjoints de Ben Laden ont averti d’une attaque à venir, ainsi que les pressions concurrentielles que le chef terroriste subissait, étant donné le nombre d’islamistes en cours de recrutement pour la région russe séparatiste de Tchétchénie.

Et la CIA a répété les avertissements dans les mémos qui ont suivi. Les agents secrets connectés à Ben Laden, dont un l’a rapporté le 29 juin, s’attendaient à ce que les attaques prévues à court terme aient des « conséquences dramatiques », dont de nombreuses victimes. Le 1er juillet, le mémo informait que l’opération avait été retardée, mais qu’elle “se produira bientôt.” Certains des mémos ont encore rappelé à M. Bush que le moment de l’attaque était incertain, et que, malgré tout retard perçu, l’agression planifiée était sur les rails.

Cependant, la Maison-Blanche n’a pris aucune mesure. Les responsables du Centre antiterroriste de la CIA en étaient fous de rage. Le 9 juillet, lors d’une réunion du groupe de lutte contre le terrorisme, un responsable a suggéré que le personnel soit transféré, de sorte que quelqu’un d’autre soit responsable quand l’attaque aurait lieu, m’ont déclaré deux personnes présentes ce jour-là. La suggestion a été rejetée, ont-ils ajouté, parce qu’il n’y aurait pas de temps pour former quelqu’un d’autre.

Ce même jour en Tchétchénie, selon les renseignements auxquels j’ai eu accès, Ibn al-Khattab, un extrémiste connu pour sa brutalité et ses liens avec al-Qaïda, a dit à ses disciples qu’il y aurait bientôt de très grandes nouvelles. Un responsable du renseignement m’a dit que cette information avait été relayée dans les 48 heures à la Maison-Blanche, fournissant plus de données à l’appui des avertissements de la CIA. Pourtant, l’alarme n’a toujours pas sonné.

Le 24 juillet, M. Bush a été informé que l’attaque était toujours en cours de préparation, mais qu’elle avait été reportée, peut-être de quelques mois. Mais un responsable du renseignement m’a dit que le président ne considérait pas les briefings sur d’éventuelles attaques comme suffisants, et avait demandé une analyse plus large sur al-Qaïda, ses aspirations et son histoire. En réponse, la CIA se mit au travail pour le briefing du 6 août.

Au lendemain du 11 Septembre, les responsables de l’administration Bush ont tenté de détourner les critiques du fait qu’ils avaient ignoré les avertissements de la CIA en disant qu’on ne leur avait pas dit quand et où l’attaque se produirait. C’est vrai, dans une certaine mesure, mais cela passe à côté de l’essentiel. Tout au long de cet été, des événements auraient pu révéler les plans, si le gouvernement avait été en état d’alerte. En effet, alors même que le mémo du 6 août était en cours de préparation, Mohamed al-Kahtani, un saoudien soupçonné de s’être vu confier un rôle dans les attaques du 11-Septembre, a été arrêté à l’aéroport d’Orlando, en Floride, par un agent des douanes suspicieux et renvoyé à l’étranger le 4 août. Deux semaines plus tard, un autre conspirateur, Zacarias Moussaoui, a été arrêté sur des accusations d’immigration dans le Minnesota, après avoir éveillé des soupçons dans une école de vol. Mais on n’a pas fait le lien, et Washington n’a pas réagi.

L’attaque du 11 Septembre aurait-elle pu être interrompue, l’équipe de Bush a-t-elle réagi avec l’urgence nécessaire aux avertissements contenus dans tous ces mémos quotidiens ? Nous ne le saurons jamais. Et c’est peut-être la réalité la plus insoutenable de toutes.

Source : The New York Times, le 10/09/2012

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

31 réponses à [2002] La surdité avant la tempête [New York Times]

Commentaires recommandés

UltraLucide Le 12 mai 2016 à 09h12

George Bush II dit le benêt était un homme de paille incompétent. Certes. Cela n’explique pas tout. Il y avait pas mal de monde derrière lui.
D’abord son mentor Karl Rove, tout droit venu du lobby des neo-cons.
Ensuite l’éxécutif. Seconde ligne. Cheney, Rumsfeld, Condoleeza Rice ou Colin Powell n’étaient ni incompétents ni aveugles. C’est une interprétation extrêmement simpliste et biaisée de ces évènements complexes. Pas décideurs des évènements, certes, car trop visibles. Mais éxécutants zélés, profiteurs de guerre, sympathisants, plutôt.
Ensuite troisième ligne, les responsables des grands corps d’état. Wolfowitz était un faucon déclaré, ami des neo-cons. Tenet et la CIA, ils ont fait leur boulot. Le FBI, ils ont aussi tiré la sonnette d’alarme et fait leur boulot.
Non, le syndrome “tous des cons”, je ne suis pas preneur.
Car, quatrième ligne, il existe derrière le bi-partisme officiel des USA de grands groupes de pression parfaitement organisés et qui constituent quand ils se liguent pour un objectif donné un véritable gouvernement bis. Les banques, le lobby militaro-industriel par exemple.
Si vous ne connaissez pas la teneur du discours d’adieu du président Eisenhower à propos de la menace qu’il percevait dans le lobby militaro-industriel, renseignez-vous.

  1. caliban Le 12 mai 2016 à 00h28
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    Merci pour cet article.

    Eclairant en effet sur la bêtise crasse de dirigeants confortablement lovés dans leurs certitudes / doctrines. Et parmi elles on pourrait ajouter que les Services secrets étrangers ont également tiré la même sonnette d’alarme que celle agitée frénétiquement par la CIA …

    Et je repense à ce visage de benêt de G. W. Bush dans cette classe d’école lorsqu’il apprend la nouvelle des attentats. Ses neurones doivent se connecter dans un bref moment de lucidité, peut-être même de sourde culpabilité. Avant que la nature du fier texan ne reprenne le dessus et qu’il n’entreprenne de redessiner, assisté la même bande de faucons, le monde selon leurs frontières millénaristes du Bien et du Mal.


    • Olivier Berruyer Le 12 mai 2016 à 08h33
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      “Ses neurones doivent se connecter dans un bref moment de lucidité, peut-être même de sourde culpabilité. ”

      J’y ai pensé aussi. On comprend mieux avec tout le contexte. Il était en train de comprendre à quel point il avait tout foiré, et se demander comment tout planquer pour ne pas finir sur la chaise électrique… 🙂


      • Nasir Le 12 mai 2016 à 13h16
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        Culpabilité ? Je ne suis pas certain que ce mot ait le moindre sens pour ces gens, du moins appliqué à eux mêmes. Quant à risquer de finir sur la chaise, Bush sait que sa famille a trempé dans pas mal de sales histoires au fil du temps et n’a jamais été inquiétée, ce qui est encore vrai jusqu’à aujourd’hui.

        A la lumière de ce qu’on a pu lire sur ce blog ces dernières semaines, l’autre explications de ce calme apparent de Bush dans la salle de classe pourrait donc être : “Chic, ça y est Dick et Donald vont être contents, 6 mois quand même qu’ils ne me lâchaient pas avec leur prétexte d’action !”


  2. Feubeuh Le 12 mai 2016 à 01h47
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    S’il y en a qui ont bien completement foiré c’est la CIA et en particulier Georges TENET

    http://www.historycommons.org/timeline.jsp?timeline=complete_911_timeline&warning_signs:_specific_cases=foreignIntelligence


    • caliban Le 12 mai 2016 à 02h06
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      D’après cet article la CIA – comme tous les services secrets occidentaux à l’époque – a fait son boulot. Ils ont même été très précis (date, retard, …).

      Visiblement c’est
      • à l’étage supérieur, décisionnel, qu’il y a eu une faillite
      • ainsi qu’au FBI / la police intérieure qui n’a pas fait le lien avec les personnes arrêtées et qui auraient pu être légitimement être suspectées

      De mon point de vue, cela confirme moins l’incompétence des fonctionnaires tel que G. Tenet (qui par ailleurs est une “crapule”, c’est lui qui a remis la pipette onusienne à C. Powell) qu’un dysfonctionnement “structurel” de l’Etat américain. Chacun semble agir indépendamment l’un de l’autre, poursuivre ses propres intérêts. Et lorsqu’ils s’accordent, par exemple quand la Maison Blanche et la CIA désignent Saddam Hussein comme coupable, c’est encore pire.

      On a beau nous marteler qu’il s’agit d’une démocratie, de la plus grande qui soit, j’ai du mal à comprendre comment fonctionne l’équilibre des pouvoirs. Peut-être après tout qu’il n’y a pas d’équilibre recherché, simplement leur concurrence que la divine providence viendra équilibrer ?


      • Feubeuh Le 12 mai 2016 à 14h38
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        La CIA précis ? la bonne blague…
        Le briefing du 6 Aout se termine ainsi : La CIA et le FBI enquêtent sur un appel reçu par notre ambassade dans les Emirats Arabes Unis en mai disant qu’un groupe ou des partisans de ben Laden se trouvent aux Etats-Unis et préparent des attentats à l’explosif.
        alors que depuis 6 mois plusieurs services de renseignements étranger leur ont donné les noms de futurs kamikazes (au moins 5) et leur ont indiqué que des avions seraient détournés…

        Quand bien même, et je précise n’être vraiment pas un fana de Junior, ce n’est pas a Bush d’ordonné la surveillance, encore moins l’arrestation de personne, c’est au FBI de faire ce job avec les informations de la division renseignement de la CIA. Et rappelons quand même que les 4 avions ont été détourné a l’aide de couteaux suisses. Que fallait il faire ? Le 6 Août fermer le transport aérien ? C’est absurde.


  3. tchoo Le 12 mai 2016 à 06h09
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    J’ai toujours du mal à croire à la bêtise crasse de ces dirigeants
    Je crois plutôt au calcul politique sur ce qu’ils pourraient tirer d’un tel évènement, dont par contre, ils n’ont pas voulu mesurer toute l’ampleur qu’il pourrait prendre.
    Il est clair en tout cas, que cette bande à commis plus qu’une faute


    • Olivier Berruyer Le 12 mai 2016 à 08h25
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      “J’ai toujours du mal à croire à la bêtise crasse de ces dirigeants”

      Je trouve toujours rigolo d’avoir du mal à croire qu’ils sont très bêtes (alors que les exemples abondent tous les jours – on a presque les mêmes chez nous ou dans les médias), mais de ne pas avoir de problème à croire que ce sont des psychopathes prêts à nous faire tuer…

      Enfin bon… Moi j’en croise plein d’aussi bêtes, donc cela ne me pose aucun problème de le croire…


      • Etienne Le 12 mai 2016 à 10h15
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        Cher Olivier,

        je suis moi aussi un fervent adepte du rasoir d’Hanlon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rasoir_d%27Hanlon

        Cependant, dans cet article, une chose me trouble : dès le printemps 2001, les néocons associent al-Qaida et l’Irak, ce que la CIA souligne comme étant irrationnel. Tu as d’ailleurs souligné à juste titre le passage. Si l’Irak était identifié comme cible dès l’arrivée de l’équipe au pouvoir, la thèse du laisser-faire pour trouver un prétexte à la guerre se trouve revigorée, non ?


        • Olivier Berruyer Le 12 mai 2016 à 20h29
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          Non.

          Par ailleurs, des “prétextes”, ils en inventent 10 par jour s’il veulent, pas la peine de tuer 3000 de leurs concitoyens…


  4. Alain Le 12 mai 2016 à 06h35
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    Pourtant si, l’article dit bien que les néocons estimaient que c’était Saddam Hussein (l’Irak) le danger principal et non Al-Qaïda, aujourd’hui c’est pareil, quelque soit les éléments indiquant une menace ce n’est aussi qu’une diversion pour se détourner de la Russie vue comme la véritable menace


  5. Loxosceles Le 12 mai 2016 à 06h50
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    Est-il permis de dire que ne voir ici que de l’incompétence et rien que de l’incompétence est un choix d’interprétation ?

    Les faits exposés ici sont les mêmes que dans la 6e vidéo, et ne prouvent rien en soi. Nous ne saurons, en effet, jamais les raisons qui ont poussé ces gens à ne pas agir. Nous ne savons pas ce qui s’est déroulé dans leurs têtes, avec quelles autres informations ils ont pu mettre en balance les révélations des services secrets. Et même sans parler de “complot”, il ne me semble pas absurde d’envisager des calculs possibles. Les politiciens sont de grands habitués des calculs, notamment électoraux (rappelons-nous l’histoire suspecte des machines de vote en rapport avec G.W. Bush). Ces gens ne sont pas des agneaux blancs cérébralement inertes qui attendent passivement que les choses se passent, comme on aime à les dépeindre parfois. Ils ont, eux aussi, des intérêts et des stratégies, fussent-elles bancales.


    • Olivier Berruyer Le 12 mai 2016 à 08h22
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      “Les faits exposés ici sont les mêmes que dans la 6e vidéo, et ne prouvent rien en soi.”

      Non, et il n’y aura jamais de “preuve définitive” de pourquoi ils n’ont pas agi, c’est ainsi…


  6. Louis JULIA Le 12 mai 2016 à 07h01
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    Une phrase a retenu particulièrement mon attention, et je compte bien m’en resservir : “…ainsi que les pressions concurrentielles que le chef terroriste subissait, étant donné le nombre d’islamistes en cours de recrutement pour la région russe séparatiste de Tchétchénie.”
    Très utile pour clouer le bec à certains trolls pour qui la Russie a agressé la Tchétchénie.


  7. Crapaud Rouge Le 12 mai 2016 à 07h39
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    Le problème, avec “l’état profond”, c’est que c’est tout le monde et personne. On n’est pas plus avancé.


  8. Crapaud Rouge Le 12 mai 2016 à 07h43
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    Il faudrait aussi savoir comment la “duperie” a été présentée, et par qui, afin qu’on sache pourquoi l’équipe de Bush a cru que c’était du bluff au lieu de prendre les mémos au sérieux.


  9. Dids Le 12 mai 2016 à 08h54
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    L ‘inaction politiquement choisie avec l’objectif intéressé d’une attaque de l’Irak est une option très crédible : voir le changement brusque de discours vis à vis de l’Irak durant l’été 2001 selon la responsable en charge des négociations à l’époque… Elle ne comprenait alors pas la nouvelle position de la Maison Blanche ! L’incompétence crasse ne peut malheureusement pas effacer cette intention délibérée d’utiliser les attentats en préparation pour agresser l’Irak.


    • UltraLucide Le 12 mai 2016 à 09h12
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      George Bush II dit le benêt était un homme de paille incompétent. Certes. Cela n’explique pas tout. Il y avait pas mal de monde derrière lui.
      D’abord son mentor Karl Rove, tout droit venu du lobby des neo-cons.
      Ensuite l’éxécutif. Seconde ligne. Cheney, Rumsfeld, Condoleeza Rice ou Colin Powell n’étaient ni incompétents ni aveugles. C’est une interprétation extrêmement simpliste et biaisée de ces évènements complexes. Pas décideurs des évènements, certes, car trop visibles. Mais éxécutants zélés, profiteurs de guerre, sympathisants, plutôt.
      Ensuite troisième ligne, les responsables des grands corps d’état. Wolfowitz était un faucon déclaré, ami des neo-cons. Tenet et la CIA, ils ont fait leur boulot. Le FBI, ils ont aussi tiré la sonnette d’alarme et fait leur boulot.
      Non, le syndrome “tous des cons”, je ne suis pas preneur.
      Car, quatrième ligne, il existe derrière le bi-partisme officiel des USA de grands groupes de pression parfaitement organisés et qui constituent quand ils se liguent pour un objectif donné un véritable gouvernement bis. Les banques, le lobby militaro-industriel par exemple.
      Si vous ne connaissez pas la teneur du discours d’adieu du président Eisenhower à propos de la menace qu’il percevait dans le lobby militaro-industriel, renseignez-vous.


      • sissa Le 14 mai 2016 à 17h54
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        Il ne s’agit pas tant de connerie que d’aveuglement idéologique.
        Cela me fait penser à la théorie de la dissonance cognitive: lorsque des donnés sont contraires à nos convictions, nous préférons souvent les réinterpréter plutôt que changer notre vision du monde, Il semble que le phénomène soit renforcé par l’effet de groupe, ce qui parfaitement le cas dans le cadre de mouvement comme les néoconservateurs


  10. christian gedeon Le 12 mai 2016 à 10h53
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    Le mieux serait d’arrêter de tourner en rond… les guerres d’Irak ont rapporté des sommes astronomiques,inévaluables, aux acteurs meneurs de de ces opérations,et continuent de leur en rapporter des dizaines de milliards. Point de détail,où sont passées les “trésors ” de guerre et les comptes à l’étranger de Saddam,de sa famille de ses proches,comme de Khaddafi etc. Gageons qu’ils n’ont pas été perdus pour tout le monde…Autre point dont on ne parle presque jamais,mais qui me paraît essentiel pour le futur,c’est la “légalisation ” des armées privées et des organismes de substitution aux états,qui est passé comme une lettre à la poste. Les implications financières de ces actes de piraterie sont tellement gigantesques que nul ne peut en prendre la vraie mesure. Pas plus qu’on ne prend la mesure du changement de paradigme(expression très à la mode) en matière de privatisation des guerres et des administrations des pays subjugués. Ce qui est arrivé là bas,peut arriver ici,qu’on se le dise.


    • Furax Le 12 mai 2016 à 11h22
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      En effet, une des erreurs souvent commises, c’est de ne regarder la situation que globalement ou qu’a posteriori.

      Globalement ça a été un désastre donc les gens qui étaient aux responsabilités et qui sont assez cons ont laissé se produire les événements parce qu’ils étaient cons et incompétents.

      A posteriori ça a côûté horriblement cher donc cela n’a pas été fait pour le profit mais parce qu’ils étaient cons.

      Erreur de la généralisation ou de l’anachronisme.

      Certes : globalement la guerre d’Irak a été une lourde perte sèche pour les USA. Cela a été ce que les financiers appellent de la destruction de valeur. Mais il y a néanmoins une petite minorité pour qui ça a été le jackpot.

      Et il y a des gens qui, au terme d’un calcul rationnel, estiment que leur intérêt est de mener une stratégie du chaos.


      • caliban Le 12 mai 2016 à 12h33
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        @Furax

        C’est ce qu’on enseigne à Harvard et j’imagine dans toutes les écoles de commerce : “là où il y a de l’anarchie, il y a du profit”. Dans les Madrasa wahabbites, ils ont juste remplacé (quoique ?), profit par Allah.


  11. Eric83 Le 12 mai 2016 à 11h50
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    Merci pour tous ces articles et vidéos qui permettent de compléter le grand puzzle pour la compréhension des attentats du 9/11.
    Sauf erreur de ma part, il me semble qu’il y a un grand absent dans toutes ces informations concernant les services de renseignements des US : la NSA.
    Ce service n’avait peut-être pas tous les pouvoirs qu’elle a obtenus après le 9/11 mais elle avait sans doute nombre d’informations sur ce qui se tramait.
    Certaines questions se posent donc, par exemple : Pourquoi ce service n’est-il pas mentionné par tous les protagonistes que nous avons entendu ? Qui en était le directeur en 2000-2001 – puisque Clarke dit que la CIA avait des informations depuis plus d’un an – et à qui reportait-il ?…


    • Feubeuh Le 12 mai 2016 à 17h02
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      cf William Binney Thinthread, Trailblazer.

      et pour finir par Stellar wind et le “scandale” Edward Snowden.
      Bref money is money et quoi que les US fassent, c’est mal.


  12. Téhèf Le 12 mai 2016 à 12h35
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    Cela expliquerait beaucoup de choses.

    Je me souviens avoir lu des quantités de notes des administrations Clinton et Bush obsédées par Saddam, qui trépignaient d’impatience pour le dégager avant les attentats.

    Bush Jr. était entouré de neoconservateurs qui noyautent le DoD. Leur aveuglement idéologique est finalement assez semblable à la détermination de nos dirigeants à dégager Bachar, avec comme pour conséquence le développement du terrorisme djihadiste qui prend la France pour cible à son tour.


  13. lim75 Le 12 mai 2016 à 14h50
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    Tout cela est bel et bon, et je ne veux pas défendre l’administration Bush, mais jusqu’ici je n’ai lu aucun texte indiquant que la CIA ou l’administration Bush ait eu accès à des documents les avertissant du protocole ou du lieu exact de l’attaque, à savoir l’utilisation d’avions civils. Du coup je ne vois vraiment pas comment toutes ces alertes auraient pu se transformer en mesures opérationnelles.

    C’est un peu comme pour les attentats du 13 novembre dernier. Les mois précédents, les journaux faisaient état d’alertes concernant des attaques de grande ampleur sur le territoire français, mais apparemment il n’y avait aucune indication précise sur le lieu ou le mode opératoire de ces attaques.


  14. clauzip12 Le 12 mai 2016 à 14h53
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    J’opte pour la théorie du choc!
    L’administration Buch était persuadée d’un attentat futur;
    Les plans d’invasion de l’Irak étaient prêts.L’étincelle qui justifierait le déclenchement de la guerre était prévue mais pas son ampleur.
    Contre toute évidence l’Irak fut accablé de tous les maux;relations avec al kaida,armes de destruction massives,dictateur…
    L’opération de manipulation de l’opinion fut une réussite.
    L’autre réussite réside dans les dividendes(par milliards) dont ont a bénéficié le lobby militaro-industriel.Le vice président a été directeur général d’une industrie d’armement et en détient des parts importantes..La grande nouveauté a été la privatisation de la guerre.
    Des milices privées ont remplacé progressivement l’armée avec des bavures “criminelles”.
    Cette armée de l”ombre” serait toujours en Irak
    N.Sarkosy avait déposé un projet de loi visant à créer ce type de milice en France.
    Le projet fut recalé totalement au conseil constitutionnel consulté pour avis.
    La guerre en Irak fut une opération d’investissement des lobys.
    Les milliers de millards ont activé l’industrie et permis l’implantation d’une base militaire importante au coeur du moyen orient.Le bilan humain est depres de 2 millions de morts et ce n’est pas fini.
    La guerre en Syrie et Daech ne sont que les conséquences programmées .
    Actuellement des points de tension se font jour un peu partout dans le monde,l’OTAN et son commandement sont partie prenante “au nom de la liberté”…et de la démocratie.


  15. Schuss Le 12 mai 2016 à 15h34
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    Bonsoir,
    Il y a des personnes qui oeuvrent pour la paix et inversement il existe des “fous” qui pour assouvir leur besoin de pouvoir et de controle font du mal aux autres a travers les “dommages collateraux” de leur strategie de conquete du pouvoir. Le premier objectif n’est pas de tuer des gens mais d’acquerir “un sentiment” de toute puissance qui les rend “vivants”. Les catastrophes qui s’en suivent sont la consequence de leurs actes incenses pour atteindre leur objectif de controle sur le monde. Cette verite est inherente a la construction psychique de ce genre d’individu. C’est pourquoi ils ne se remettent jamais en cause et ne comprennent pas leur responsabilite. Ils n’ont dans la tete que leurs calculs pour aboutir… Helas pour nous ce genre d’individus constitue une grosse frange du personnel politique. Heureusement pour nous ils ne sont pas tous atteint du meme degre de “folie”. Certains sont seulement des pantins, des hommes de paille(ttes) qui glosent sous les projecteurs tandis que d’autres devraient etre arretes et enfermes pour la bonne sauvegarde de l’humanité…


  16. Gilles bernadou Le 12 mai 2016 à 15h47
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    L incompetence, c est tres pratique dans le cas ou on se fait pince… On voit ca dans les entreprises aussi
    Tu fais qqchose qui merite la prison, mais si tu te fais choper, tu plaides l incompetence, car on n a jamais mis en prison pour de l incompetence, mais pour de la trahison ou de la malhonnêtete oui… Alors, on laisse qq evidences le long du chemin pour rendre la chose credible… C est pas bien complique
    Ils en avaient trop besoin de cette attaque, tout etait pret, il ne manquait plus que ca arrive… Meme Tom Clancy l avait ecrit dans son roman avant que ca arrive… Incroyable non?


  17. gelmad Le 12 mai 2016 à 22h01
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    Faut pas compliquer les choses inutilement ni fantasmer sur des sigles – CIA, FBI, NSA…..- toutes ces agences sont composées “d’agents” humains avec leurs qualités et défauts. Leurs ambitions parfois personnelles de réussir une “belle affaire”….
    Le 11 Sept, c’est tout bête; ils avaient toutes les pièces du puzzle et ils n’ont pas su les assembler faute de bonnes coordinations entre les différents services et parfois au sein du même service ! Car évidemment les pièces du puzzle étaient éparpillées parmi les différents services de rgts US.

    Si un jour vous avez l’occasion de rencontrer ou connaître des “gens” travaillant dans le renseignement, vous verrez ils n’ont rien de plus que vous et moi sauf que c’est leur métier et comme dans votre propre métier vous trouverez des talents divers et variés voire pas de talents du tout !

    Après l’histoire de l’Irak………….mais c’est une autre histoire ! la Stratégie du choc ( de N. Klein) peut parfaitement s’appliquer


    • Loxosceles Le 13 mai 2016 à 02h56
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      Il est vrai qu’il n’y a pas de sot métier, mais seulement de sottes gens. Par exemple, n’importe qui peut tout à fait être plombier du watergate. Plus sérieusement, ce dont il est question n’est pas les employés lambda des services de renseignement (parmi lesquels on trouve des gens comme Sibel Edmonds, lanceuse d’alerte qui dénonce des dysfonctionnements au sein de la CIA concernant les attentats), mais les collusions, la corruption et les conflits d’intérêt parmi les gens hauts placés de ces institutions, ainsi que dans l’entourage du gouvernement.

      Ces gens ne sont pas des Robert Dupont dont le principal centre d’intérêt est le tiercé ou questions pour un champion. Ces gens-là ont une organisation psychologique et une histoire personnelle bien particulières, qui les ont conduit à tout sacrifier pour accéder à ces postes de pouvoir et de responsabilité. Et s’il est vrai que l’incompétence tend à s’accumuler au plus haut niveau, comme les métaux lourds dans les organismes, d’autres choses s’y accumulent : la soif de pouvoir, la corruption, un certain égocentrisme (la mégalomanie, c’est à dire la tendance à se donner beaucoup d’importance, est reconnue comme très fréquente dans le milieu politique), etc. Ne pas tenir compte de cela accrédite en effet la thèse de l’imbécilité congénitale, qui est, comme certains l’ont dit, beaucoup trop simpliste. C’est un facteur parmi d’autres.


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