Source : Le Soir, Manuela Cadelli, 03-03-2016

La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats en Belgique.

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Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.

Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : «  There is no alternative  ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.

De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

 Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?

Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des Etats italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).

Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.

Source : Le Soir, Manuela Cadelli, 03-03-2016

 

Manuela Cadelli : Austérité, néo-libéralisme et hiérarchie: des magistrats en souffrance

Source : Legal World, Manuela Cadelli, 16-04-2015

Carte blanche: Manuela Cadelli

image002(29)Le syndicat de magistrats français USM a rendu public récemment un Livre blanc qui fait le dramatique bilan de la souffrance des magistrats au sein des palais de justice et lance l’alerte à ce niveau. Je vois dans la catastrophe que dénoncent les magistrats français le résultat de trois facteurs également à l’oeuvre en Belgique:

1. Les déviances d’un néo-libéralisme triomphant appliqué au secteur de la justice – qui est chez nous un des trois pouvoirs constitués et qui dénature la fonction de juger.

 Antoine Garapon indique à cet égard: «Le tournant de ces dernières années a consisté à faire de la performance, objectivement mesurée, la seule politique en matière de justice », (Recherche Droit et Justice, mai 2011, p. 2) et «La question n’est pas de savoir si la justice a bien jugé mais si elle a effectivement évacué les flux d’affaires qui lui étaient soumis (…). L’acte de justice devient un produit dans cette immense entreprise de services à laquelle est désormais assimilé l’Etat (…)».

 Ces objectifs deviennent la priorité, voire l’obsession de toute l’institution. Au-delà d’un discours technocratique, l’on se situe bien dans le cadre d’une redéfinition de l’institution dont le terme même devient synonyme de lourdeur et de sclérose: «Toute garantie a vite fait de paraître comme une externalité négative, tout scepticisme de la part des professionnels comme du corporatisme, toute préoccupation déontologique comme un obstacle à la concurrence» (A. Garapon, La raison du moindre Etat, Paris, Odile Jacob, 2010, p. 73 et 74).

 La justice est désormais régie par des normes économiques qui forment en réalité un contre-droit.

 Ce livre blanc vient après que 700 magistrats hollandais aient signé en décembre 2012, une pétition qui dénonce les dérives du management appliqué sans nuance depuis 2002 au pouvoir judiciaire et la dénaturation complète de leur office (la loi LOLF française qui instaure le néo-management dans les structures judiciaires françaises est de 2001; la pétition des magistrats hollandais peut être consultée sur http://juridischdagblad.nl/content/view/12123/80/).

 Il doit évidemment être mis en lien avec l’alerte que le pouvoir judiciaire belge a solennellement lancée le 20 mars 2015 pour dénoncer le désastre sur son office des effets conjugués du néolibéralisme et de l’austérité.

 2. L’austérité aveugle qui frappe les secteurs publics sans considération pour les intérêts collectifs qu’ils poursuiventvient aggraver les effets du néo-libéralisme.

Et les lois de gestion ou de «management» qui sont appliquées en France, aux Pays-Bas (depuis plus de 10 ans) et désormais en Belgique (si la Cour constitutionnelle n’annule pas la loi du 18 février 2014) aggravent encore cette situation en permettant à l’Exécutif de conditionner l’octroi de budgets objectivement insuffisants, et encore drastiquement réduits à l’avenir, à des objectifs et résultats exclusivement chiffrés, qu’il définira sans aucun contrôle du parlement. Il est clair que faute des moyens nécessaires, les «résultats» de la justice seront toujours considérés comme insuffisants. La pression sur les entités judiciaires est donc automatique et énorme.

 3. Les structures judiciaires continuent de fonctionner sous l’empire archaïque d’un système purement hiérarchique. Il est temps d’y inscrire la possibilité d’un fonctionnement concerté et d’y inclure des contre-pouvoirs. Il est impérieux que l’esprit d’équipe s’y substitue à l’esprit de corps et que soient mis en place les outils d’une intelligence collective, seule à même de relever les défis de l’époque.

 Actuellement, faute de tout recours à l’encontre des mesures et décisions prises à leur endroit, les magistrats sont livrés au pouvoir objectivement absolu de leur chef. Tant la vie quotidienne que la gestion des projets de multiples organisations judiciaires relèvent ainsi du bon vouloir de leurs responsables et les magistrats dépendent de leur chef de corps en tout point de leur vie professionnelle: attribution de leurs tâches, des locaux et du matériel, octroi et répartition des congés, évaluation lors des postulations, remplacement des collègues, gestion de leur dossier professionnel et maîtrise du lancement d’une procédure disciplinaire (désormais en outre, affectation dans divers endroits du ressort ou de l’arrondissement).

 Aucune procédure de concertation n’est prévue légalement qui permettrait à la base de s’exprimer par des propositions, interpellations ou critiques. Aucun réel contre-pouvoir n’est institué et souvent l’assemblée générale est un lieu de pur entérinement. Il n’est pas rare de relever des exemples de carence de gestion, d’intimidation, de mesures absurdes, de représailles ou de complaisances injustifiées. Aussi, le découragement ou le sentiment d’injustice marquent-t-ils ici et là les propos de certains magistrats lambda.

 Pourtant, l’importance politique et la hauteur des missions du judiciaire – pouvoir constitué qui participe et contribue à l’équilibre des institutions – justifient que tous ceux qui les accomplissent soient associés au processus organisationnel des juridictions. A tout le moins justifie-t-elle qu’ils y soient représentés, et qu’ils puissent actionner des mécanismes de contrôle et de contre-pouvoir durant le mandat des responsables accrédités.

 L’évaluation de la qualité et de la légitimité des décisions de justice doit ainsi avoir égard à l’organisation même de l’institution et des structures qui la composent et, en réalité, à leur mode de gouvernance. L’idée se réfère au pari qui doit être fait de la maturité, de l’intelligence et de la créativité des membres d’une institution, a fortiori s’il s’agit de magistrats!

 4. Dans un contexte de pression néolibérale et d’austérité, la hiérarchie judiciaire se trouve en réalité renforcée.

Je prétends que les effets sur la motivation et la qualité du travail des juges en sont désastreux, mais aussi que le fonctionnement démocratique et le respect de l’Etat de droit en est compromis (car les juges doivent être tout à fait sereins et respectés au sein de leur structure pour contrarier librement les autres pouvoirs et faire respecter les principes démocratiques). C’est là la leçon que nous enseigne le cri de détresse lancé par les magistrats français.

Manuela Cadelli est Juge au tribunal de première instance de Namur et Présidente de l’Association syndicale des magistrats.

Source : Legal World, Manuela Cadelli, 16-04-2015

 

Selon la présidente de l’Association syndicale des magistrats belges…

Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement !

Source : Pierre Verhas, 08-03-2016

Pierre VERHAS

arton30038-67586Dans Le Soir du jeudi 3 mars 2016, Madame Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats en Belgique, a fait paraître une tribune intitulée « le néolibéralisme est un fascisme ! ». Madame Cadelli est en effet connue pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. L’année dernière, par exemple, elle a dénoncé avec vigueur la politisation du Conseil supérieur de la Justice, alors qu’il a été créé pour éviter cette fameuse politisation. Aujourd’hui, elle s’attaque au néolibéralisme bien présent dans le gouvernement de Charles Michel.

Ses propos, on s’y attendait, ont provoqué une levée de boucliers chez les tenants du libéralisme pur et dur en Belgique francophone. Henri Miller, Louis Michel, Corentin de Salle y sont allés de leurs dénonciations indignées ! Oser les traiter de fascistes, eux, les libéraux purs et durs, tenants d’une pensée inaliénable issue des Lumières ! Horresco referens ! Louis Michel est allé jusqu’à dire : « Je ne voudrais pas être jugé par cette magistrate ! » Tiens ! Ce serait instructif de voir cela, s’il échait…

Outre le titre « provocateur », qu’écrit donc Madame Cadelli ? Elle commence par distinguer clairement libéralisme, doctrine « déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales. » et le néolibéralisme qui est « cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme. »

Elle définit ensuite le fascisme comme étant « l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. » Le néolibéralisme est donc un fascisme « car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. »

Manuela Cadelli passe ensuite en revue les différentes mesures néolibérales imposées par la finance.

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Tout d’abord, l’austérité est désormais « une valeur supérieure qui remplace le politique. » Elle s’inscrit même dans les Constitutions des Etats et « ridiculise » les services publics. L’austérité a des graves conséquences sur la base philosophique de notre vie socialie, car elle génère en outre un « nihilisme » qui « a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. » Même la pensée économique en est ébranlée. Autrefois, le travail était un élément de la demande, aujourd’hui il n’est plus qu’une « simple variable d’ajustement. »

La novlangue orwellienne

La magistrate dénonce ensuite l’évolution orwellienne de notre société. Elle énumère une série de mots dont la définition académique est transformée « … comme dans le roman de George Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale. »

Un autre aspect est le « culte de l’évaluation ». On applique le darwinisme social qui invite à tout le temps faire des performances et estime que « faiblir c’est faillir ». C’est aussi un totalitarisme de la pensée : « tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative » (le célèbre TINA). Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité. »

L’efficacité est la maîtresse absolue. L’évaluation permanente détruit la confiance et les relations sociales. « La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable. »

Comme magistrate, Madame Cadelli se penche sur la Justice en Belgique qui, d’après elle, est la dernière de tous les Etats de l’Atlantique à l’Oural !

Le néolibéralisme engendre des normes qui concurrencent les lois votées au Parlement. « La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles. »

D’autre part, les restrictions budgétaires, la Justice n’est plus ce contre pouvoir prévu par la Constitution. « En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique. »

Et elle constate : « Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches. »

Ensuite, l’auteure dénonce une classe dominante bien décrite par Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIe siècle. Cette classe ne se soucie ni d’éthique, ni de l’intérêt général. Elle s’impose par sa brutalité.

Enfin, Manuela Cadelli dénonce « l’idéal sécuritaire » issu du terrorisme : « Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité. »

Après ces terribles constats, il reste cependant un espoir comme cela s’est passé à plusieurs reprises tout au long de l’histoire : reprenant Machiavel, la juge écrit « plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (…). Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités. »

Le salut est donc dans l’engagement. Mais, sans doute est-ce quelque peu optimiste étant donné que l’engagement ne peut se concevoir uniquement de manière individuelle sans qu’il y ait une organisation pour les coordonner.

La riposte

Bien entendu, ce langage n’a pas du tout été apprécié par les libéraux au pouvoir en Belgique et même en France. Epinglons la réplique de Corentin de Salle parue dans Le Soir du 4 mars. Il est directeur scientifique du Centre Gol, le bureau d’études du MR (Mouvement Réformateur, le parti libéral francophone belge avec à sa tête Charles Michel, l’actuel Premier ministre, allié aux nationalistes flamands de la NV-A). Corentin de Salle, universitaire né en 1972, appuyé à ses débuts par Hervé Hasquin, a fondé l’institut Hayek, il est directeur de l’institut Atlantis qui prône les idées néoconservatrices – tout un programme ! Il est un grand admirateur de Friedrich von Hayek, l’économiste ultralibéral de la période de la guerre auteur de la « Route de la servitude » – en quelque sorte le manifeste de l’ultralibéralisme – où il dénonçait avec force le socialisme et le keynésianisme tout en prônant une société où l’Etat serait réduit à sa plus simple expression au plus grand profit des entreprises privées. De Salle a été chroniqueur au quotidien catholique La Libre Belgique qui s’est séparée de lui suite à une tribune aux relents xénophobes.

Dans sa réplique à la tribune de Madame Cadelli, de Salle commence par s’indigner de ses propos qu’il considère comme insultants. Pensez : assimiler la pensée dominante au fascisme ! Quel sacrilège !

Ensuite, le sophisme : le néolibéralisme n’existe pas. Dès lors, s’il n’existe pas, il ne peut être fasciste. « Certes, Manuela Cadelli prend grand soin de distinguer le « libéralisme » du « néolibéralisme ». C’est là une stratégie oratoire classique. Comme personne ne peut contester l’apport considérable de la tradition libérale à notre société, les détracteurs du libéralisme ont inventé ce concept factice de « néolibéralisme ». En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » M. de Salle devrait pourtant savoir que les politologues distinguent bien le libéralisme politique issu des lumières, considéré comme à gauche jusqu’à la deuxième guerre mondiale, du libéralisme économique qui est devenu le néolibéralisme.

La réalité du néolibéralisme

Ensuite, c’est du délire : « Il est vrai qu’au siècle passé, peu avant la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs penseurs libéraux ou socio-démocrates (Jacques Rueff, Maurice Allais, John Maynard Keynes, etc.), principalement de gauche, se sont revendiqués comme étant « néolibéraux ». Mais, pris au sens qu’on lui donne la plupart du temps, le terme « néolibéralisme » est une mystification intellectuelle : c’est une théorie inventée de toutes pièces par des intellectuels antilibéraux et qui est présentée comme un catalogue de dogmes et d’articles de foi de la communauté libérale dans le but de discréditer le libéralisme. »… Jacques Rueff, John Maynard Keynes et Maurice Allais de gauche ! Non, libéraux reconnaissant le rôle régulateur de l’Etat. Mais c’est déjà trop pour le directeur scientifique du Centre Jean Gol !

Alors, rafraichissons la mémoire de ce cher Corentin. Il affirme qu’il n’y a aucun auteur qui se réclame du néolibéralisme. Encore un sophisme. C’est vrai et faux à la fois. L’expression « néolibéralisme » apparaît dans les années 1930. En réalité, il s’agissait d’une mode. Tout était « néo » : il y avait le « néo marxisme », le « néo socialisme », le « néo saintsimonisme », etc. Il s’agissait, à l’époque, on était en pleine crise économico-financière et le fascisme commençait à s’imposer, de refonder les anciennes doctrines du XIXe siècle et de les adapter aux critères de l’époque.

Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, le libéralisme, à l’époque, était remis en question suite à la crise de 1929. Il fallait dépasser les vieux modèles de l’individualisme économique et opter pour une économie plus collective. Keynes n’était pas loin ! Il se développe également un « planisme néolibéral » en réponse au planisme socialiste du Belge Henri de Man. Aussi, on peut dire que Corentin de Salle avait raison en écrivant que John Maynard Keynes était néolibéral (mais ne s’en revendiquait pas). Oui, mais dans le sens du « néolibéralisme » de l’époque qui tentait de répondre à la critique radicale faite au libéralisme suite à la crise.

Aussi, le cher Corentin trompe son monde. Le néolibéralisme des années 1930 n’a rien à voir avec le néolibéralisme contemporain qui comprend la nouvelle économie, ou économie de l’offre qui sévit actuellement comme pensée dominante.

Aussi, cette pensée dominante, selon le directeur de l’institut Atlantis, ne peut s’appeler « néolibérale ». Aussi conclut-il, péremptoire : « En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » Il est bien le seul à le dire !

Les sophismes de Corentin

Il y a une autre tromperie de notre grand universitaire libéral. Il accuse ! « …les intellectuels antilibéraux en sont venus à considérer de bonne foi que les amalgames, simplismes, mensonges et calomnies de leurs prédécesseurs sur le libéralisme constituaient réellement le corpus du libéralisme. Beaucoup pensent sincèrement que cette idéologie repoussoir a réellement été construite par des penseurs libéraux au cours du dernier siècle. Ces derniers sont qualifiés de « néolibéraux ». Qu’est-ce que cela signifie ? Rien. »

Nouvelle malhonnêteté intellectuelle : tous les politologues distinguent la pensée libérale politique de la pensée économique qui est celle du néolibéralisme, à savoir cette pensée dont les principaux fondateurs sont Friedrich von Hayek, Ludwig Von Mises et Milton Friedman. Et on a appelé cela « néolibéralisme » pour le distinguer du libéralisme politique. Mais de Salle persiste. Il écrit plus loin : « il [l’ultralibéralisme] véhicule l’idée que, certes, dans le domaine des idées politiques, le libéralisme a apporté une contribution qui n’est pas dénuée de valeur (les libertés fondamentales, la première génération des droits de l’homme, plusieurs principes démocratiques, etc.) mais que, sous peine de se contredire et de s’annihiler, il doit être absolument tempéré, canalisé, contrebalancé, régulé, etc. par des considérations sociales, humanistes, etc. »

Un exemple tragique : le néolibéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme politique qui est un des piliers de la démocratie. En effet, en 1973 au Chili, les néolibéraux américains de l’école de Chicago dirigée par Milton Friedman ont participé au renversement du président élu Salvador Allende et à l’installation de la sanglante dictature du général Pinochet. Et il existe d’autres exemples aussi tragiques dans différentes parties du monde. Mais, pour de Salle, les adversaires du néolibéralisme confondent libéralisme et néolibéralisme.

En réalité, c’est Corentin de Salle qui considère que libéralisme et néolibéralisme sont une seule et même pensée. Tout cela pour fustiger Madame Cadelli : « Manuela Cadelli s’attaque en réalité, quoi qu’elle en pense, au « libéralisme ». Le libéralisme est-il un fascisme ? Je n’ai guère coutume de citer cet individu de noire mémoire mais je pense que Benito Mussolini, le premier grand théoricien du fascisme, a dit une chose significative : « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique ». » Donc, en considérant que le néolibéralisme est un fascisme, Manuela Cadelli attaque en réalité le libéralisme !

Alors, si on suit bien le raisonnement du directeur scientifique du Centre Jean Gol, les libéraux sont complices du coup d’Etat de Pinochet. Cela n’a évidemment aucun sens. Le plus inquiétant est que le MR qui se « droitise » de plus en plus, ait confié son « think tank » à ce personnage.

Et Corentin de Salle insiste et c’est l’aveu : « Une économie est libérale, nous dit Milton Friedman, quand l’Etat prélève environ 30 % des richesses produite. Au-delà, elle devient socio-démocrate. Nous sommes aujourd’hui à 60 % de prélèvements ! Depuis plusieurs années, les divers gouvernements en Belgique votent des budgets en déficit. Les gouvernements s’endettent. En 2014, à l’issue du gouvernement Di Rupo, l’endettement représentait plus de 106 % du PIB. En Allemagne et aux Pays-Bas, ce taux oscille autour de 70 % seulement. Mais le réel n’entame en rien les convictions idéologiques des antilibéraux qui mobilisent constamment toute une rhétorique religieuse (l’« orthodoxie budgétaire », le « respect inconditionnel des sacro saints principes néolibéraux », le « dogmatisme de la rigueur ») visant à ridiculiser ceux qui appellent simplement non pas à diminuer l’endettement, non pas à diminuer l’accroissement de l’endettement mais tout simplement à freiner la vitesse de l’accroissement de l’endettement. Les Français sont généralement les plus imaginatifs pour fustiger ces principes « intangibles » d’équilibre budgétaire. Tellement « intangibles » que la France n’a pas voté un budget en équilibre depuis… 1975. »

Donc, Friedman est un économiste libéral et l’Etat ne devrait relever que 30 % des richesses produites. Autrement dit, plus de sécurité sociale, plus de services publics ; seules l’armée et la police – et encore – resteront sous le giron de l’Etat. Quant à la démonstration archiconnue sur la dette, on peut opposer le sous-investissement public qui pose le problème de l’avenir d’activités essentielles comme l’enseignement, la culture, la recherche scientifique et surtout la structure de la dette publique qui génère le surendettement public et qui est au seul avantage des banques ! Et le contradicteur de Madame Cadelli termine en démontrant l’efficacité de la politique actuelle du gouvernement belge.

Notons que, curieusement, il ne parle pas de l’état lamentable dans lequel se trouve la Justice dénoncé par Manuela Cadelli. Enfin ! Cela fait partie de la réduction des dépenses… Pour Corentin de Salle, « Le libéralisme n’est pas un fascisme. Le libéralisme est un humanisme. » Personne ne dit le contraire, mais le néolibéralisme, lui, est un fascisme. Oui, certainement !

Source :  Pierre Verhas, 08-03-2016

85 réponses à Le néolibéralisme est un fascisme, par Manuela Cadelli

Commentaires recommandés

EchoGMT7 Le 31 mars 2016 à 06h51

Le néo-libéralisme n’est qu’une idéologie, voire une utopie dont s’est emparée une mafia qui l’a érigé en système global pour en faire un instrument de domination mondiale à finalité fasciste.

C’est lorsque le néo-libéralisme s’appuie sur un stade de développement mondial qu’il s’affirme comme irréversible et dévoile sa nature fasciste en interdisant toute voie alternative. Les TINA, “too big to fail” et autres décrets d’austérité générale sont des arguments parfaitement totalitaires.

  1. natoistan Le 31 mars 2016 à 04h58
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    A mourir de rire..ou de lire,la réponse du larbin de service du MR(équivalent Belge de l’ex UMP).

    Le néolibéralisme, un fascisme? «Madame Cadelli, le néolibéralisme n’existe pas»

    Corentin de Salle, Directeur scientifique du Centre Jean Gol, répond à la carte blanche de la présidente de l’Association syndicale des magistrats.

    http://www.lesoir.be/1139900/article/debats/cartes-blanches/2016-03-03/neoliberalisme-un-fascisme-madame-cadelli-neoliberalisme-n-existe-pas


    • Sylwenskaja Géraldine Le 31 mars 2016 à 06h46
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      Face à l’argumentaire développé par Manuela Cadelli votre commentaire m’apparaît un peu léger il manque vraiment de consistance et d’arguments il ne fait qu’un pâle echo à la rhétorique néo libérale. Ce que les gens vivent au quotidien, et l’actualité tendent à illustrer pleinement l’analyse de Madame Cadelli.


    • Daniel Le 31 mars 2016 à 08h38
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      Elle a du courage cette femme, respect.
      La description de la situation colle bien avec la réalité : on a un fascisme financier qui dicte ses lois au politique, qui devient de plus en plus un fascisme politique (loi sécuritaire, diminution du social et de l’Etat, le tout au profit des intérêts privés).
      Comme elle le souligne, la “caste au dessus du lot” peut très bien être appelée oligarchie si on regarde la structure du pouvoir et même “oligarchie financière” puisqu’elle se base sur ce domaine en particulier.
      J’apprécie son chapitre final “Le salut dans l’engagement” qui au lieu de proposer un dogme pour combattre les forces du fascisme financier laisse la porte ouverte à toutes les initiatives et à tous les regroupements au delà des frontières des partis ou associations.
      pour moi, cette base commune pourrait être les points suivants :
      -museler les financiers en coupant les banques en 2,
      -faire le ménage des dettes
      -rendre l’émission de Crédit à chaque pays,
      et là on a une bonne base de départ !


  2. EchoGMT7 Le 31 mars 2016 à 06h51
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    Le néo-libéralisme n’est qu’une idéologie, voire une utopie dont s’est emparée une mafia qui l’a érigé en système global pour en faire un instrument de domination mondiale à finalité fasciste.

    C’est lorsque le néo-libéralisme s’appuie sur un stade de développement mondial qu’il s’affirme comme irréversible et dévoile sa nature fasciste en interdisant toute voie alternative. Les TINA, “too big to fail” et autres décrets d’austérité générale sont des arguments parfaitement totalitaires.


    • noDJ Le 31 mars 2016 à 15h52
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      Le néo-libéralisme ou nouveau libéralisme n’est pas une simple mise à jour mais une trahison du libéralisme, à la privatisation des profits vient s’ajouter la socialisation des pertes. Ce déséquilibre est le fait d’une oligarchie financière qui corrompt les décisions politiques pour toujours davantage d’avantages. Les moyens et les fins sont totalitaires, ou fascistes, une oligarchie de plus en plus réduite tend à écraser tous les autres, s’accaparant richesse et biens publiques.
      TAFTA en est un bon exemple, qui se négocie hors tout processus de transparence et de démocratie, pour le seul profit des transnationales. Comment justifier autrement l’aberration de tribunaux privés pour attaquer les états.


      • patrick Le 31 mars 2016 à 18h51
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        je suis entièrement d’accord.
        je me défini moi-même comme libéral ( canal historique 🙂 ) , et l’emploi du mot néolibéral pour définir une situation dans laquelle il y a une collusion totale entre la finance et les gouvernements est une hérésie. C’est juste le point final de la social-démocratie , ce n’est en aucun cas du libéralisme.
        En ce qui concerne la terrible austérité que nous subissons tous , il faut quand même noter que les dépenses publiques n’ont jamais été à un niveau aussi élevé, si les missions régaliennes ne sont pas assurées ce n’est pas à cause d’une quelconque austérité mais d’un gaspillage éhonté des deniers publics par les gouvernements au profit des copains et de leur clientèle électorale (voir les rapports la cour des comptes )


        • Nico 13 Le 31 mars 2016 à 21h29
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          Mais de toute façon, même en pratiquant le libéralisme que tu prones, je ne pense pas que la situation sera différente.
          Nous sommes entrés dans une phase de faible croissance et avec les nouvelles techno,
          on a de moins en moins besoin de l’homme pour produire.
          Même les services seront touchés (taxis vs voitures autonomes, construction vs imprimantes 3D et il y a même des projets de restaurants sans cuisto ni serveurs).
          Donc le plein emploi, faut oublier tout simplement (et pour moi, il n’a jamais existé d’ailleurs, mais c’est un autre sujet).
          Si c’est pour développer a outrance les temps partiels comme en Allemagne et se retrouver avec des millions de gens qui ne peuvent et/ou veulent s’en contenter.

          http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/allemagne-les-moteurs-de-la-baisse-du-chomage-561003.html

          Et dans le cas présent, ce pays a, en plus, l’avantage d’avoir une population vieillissante et un faible taux de natalité (donc beaucoup moins de jeunes qui arrivent sur le marche du travail chaque année).
          Ou alors, on fait comme les USA : on sort des millions de gens des stats et malgré le faible taux d’emploi, on te fait croire qu’il y a le plein emploi.

          Après, ceci dit, peut être qu’on verra cette situation chez les retraités de notre pays :
          http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/au-japon-les-retraites-font-tout-pour-finir-en-prison-7782601590
          Alors quand je vois ça, je me dis, autant que ce système s’écroule complètement.


          • patrick Le 31 mars 2016 à 22h48
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            le libéralisme ( canal historique ) c’est avant tout le respect des libertés fondamentales de l’être humain et de sa propriété privée, en gros :
            – je suis libre de penser et de dire ce que je veux
            – je suis libre de me déplacer et m’établir où je veux.
            – je suis libre de disposer de mes biens ( si j’ai un terrain , je peux construire ma maison dessus sans que l’état puisse m’en empêcher et sans que l’état m’en expulse au nom d’un quelconque intérêt général ou pour construire un aéroport.
            – je suis libre d’entreprendre

            tout ça dans les limites des libertés des autres et de leur sécurité.

            ce n’est en aucune façon lié au PIB , ou au fait qu’il y ait ou non du travail.


            • Nico 13 Le 31 mars 2016 à 23h07
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              Mais tout ce que tu m’as cité, est-ce que ça améliorera la situation ?
              Parce que le PIB et le travail, il n’y a que ça qui compte dans notre société.
              En dehors de ce schéma, point de salut.

              Puisque tu parles de liberté, que penses tu de l’idée du revenu de base et après a chacun de compléter son revenu comme il le souhaite ?


  3. patrickluder Le 31 mars 2016 à 07h37
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    Le néolibéralisme n’est-il pas simplement un mouvement qui tente de se dégager d’un magma de lois, normes et autres textes d’applications toujours plus touffus et incompréhensible ?

    Un simple code de bonne conduite serait nettement plus simple et surtout plus efficace, ceux qui se mettent en infraction n’en ont rien à faire de toutes ces lois, souvent ils n’ont simplement plus de repères dans une société à la dérive …


    • Dommage Le 31 mars 2016 à 09h46
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      Si les lois sont inefficaces, ce n’est pas un simple code de bonne conduite qui risque de l’être plus.


    • Pong Le 31 mars 2016 à 12h44
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      @patrickluder

      Vous, vous devez avoir encadré la charte de responsabilité du Medef sur la rémunération des patrons au dessus de votre cheminée (surtout pas de loi qu’ils disaient au Medef, il faut res-pon-sa-bi-li-ser – tu m’étonnes).

      On peut comprendre. Ca a tellement bien marché.


    • Wilmotte Karim Le 31 mars 2016 à 16h53
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      Au contraire, le Néolibéralisme UTILISE l’État afin de faire des lois pour construire les marchés (singulièrement dans sa version Ordo-libéraliste allemande). Le Néolibéralisme produit de règlement comme aucun autre régime (cfr UE).
      C’est la reconnaissance de l’échec du Libéralisme et de ses incohérences.

      Le Marché n’est pas naturel, l’Etat va donc construire les conditions du marché. C’est toujours ce qui s’est produit (au niveau des grands marchés nationaux, puis multinationaux, et maintenant “globaux”). Le Néolibéralisme apporte un systématisme dans la mise en marché de l’humanité. L’UE est l’exemple type.

      Du libéralisme, il ne reste qu’un discours. Il est utilisé exclusivement comme arme idéologique… mais il n’est absolument PAS question de l’appliquer UN instant. Et on ne revient pas en arrière, le libéralisme ne reviendra plus jamais. A moins que ce ne soit le cas sous forme de farce tragique… avec justement le Néolibéralisme.


      • patrick Le 31 mars 2016 à 18h53
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        il n’y a plus de libéralisme en France depuis des décennies ( et dans le monde également ) , ce n’est donc pas un échec du libéralisme , juste une dérive normale de la sociale-démocratie qui est au pouvoir depuis tout ce temps.


        • Wilmotte Karim Le 31 mars 2016 à 19h28
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          Il n’y a effectivement plus de Libéralisme en France et ailleurs depuis de décennies.
          Grosso modo, il est mort (comme courant politique et idéologique “autonome” au sein du capitalisme) entre 1929 et 1945.

          Parce qu’il a renforcé les contradictions du capitalisme, sur lesquels ont reposés les deux très grandes crises (1873-1896; 1929-1941 et les deux guerres mondiales).
          De la même manière que le Néolibéralisme est en train de renforcer les contradictions du système, ce qui implique la mort à terme de ce courant de pensée.

          Donc, vous avez raison, le libéralisme étant mort et inappliqué depuis 1945, il n’a pas pu échoué après. Mais c’est parce que sa mort avait été consommée.

          Quand à la sociale-démocratie (que qui prétend en être, de façon parfaitement orwellienne), elle met en place la loi Khomri (et avant cela, la loi Macron). Soit la mise en place d’un système JURIDIQUE via la LOI pour ORGANISER la domination capitaliste (en la renforçant). On est pile poile dans le Néolibéralisme.


  4. J Le 31 mars 2016 à 08h36
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    Le principe du fascisme, le vrai, selon son inventeur Benito Mussolini, est : “Qui n’est pas avec nous est contre nous”. Ca permet à Mme Cadelli de faire un titre accrocheur et diabolisant, mais à mon sens pas très juste. Dénoncer le néo (ou ultra) libéralisme, bien d’accord, mais pourquoi ne pas parler par exemple de “cancérisation des leviers économiques”. Ce serait aussi vigoureux et à mon sens plus juste. Le fascisme ou le totalitarisme, c’est plutôt une cancérisation de l’état même si, dans les deux cas, il y a une idéologie pernicieuse à la base, sur le principe d’un “toujours plus” simpliste (comme si, parce qu’un verre d’eau fait du bien, dix litres d’eau d’un seul coup…).


    • williamoff Le 31 mars 2016 à 17h28
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      @J : Pensez-vous que le “socialisme” des nazis avaient vraiment quelque chose à voir avec sa définition marxiste ?

      Ainsi l’auteure du texte nous explique l’importance que revêt l’usage d’une novlangue, qui sème la confusion et brouille la perception du réel. Le libéralisme des néolibéraux n’est rien d’autre que le darwinisme. La loi de la jungle dans toutes sa violence.
      Ne serais-ce que pour ce brouillage de la réalité, et la violence consubstantiel au néolibéralisme, nous sommes déjà au cœur de ce qui fonde une idéologie de type fasciste.

      Or si votre remarque est assez classique et compréhensible car n’y a de “fascisme que le fascisme et Mussolini est son Duce” , le Fascisme étant un phénomène historique circonscrit dans le temps (1920-1944) et l’espace (l’Italie), il n’en est pas moins vrai que le terme caractérise également des organisations sociaux-politiques ailleurs dans le monde et dans le temps, et que même si l’auteur aurait plutôt pu écrire que le néo-libéralisme est une idéologie de type fasciste et non pas utiliser par facilité de langage simplement l’expression Fasciste, cela n’enlève cependant rien à la pertinence de son argumentation.


    • patrick Le 31 mars 2016 à 18h55
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      autre définition du fascisme par le même Mussolini :” tout pour l’état, tout par l’état , rien contre l’état” … on s’y dirige tout droit ( et c’est exactement l’opposé du libéralisme )


    • lvzor Le 02 avril 2016 à 13h37
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      “Le principe du fascisme, le vrai, selon son inventeur Benito Mussolini, est : “Qui n’est pas avec nous est contre nous” ”

      Exactement le principe de base du charlisme, non?


  5. Annouchka Le 31 mars 2016 à 08h55
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    Guerre des mots et des “noms d’oiseau”…
    On s’y perd. Le mot fascisme dans cette controverse est utilisé pour sa puissance réthorique – comme toujours. Et c’est dommage.
    La definition qui en est donnée (asservissement de l’état à une idéologie) n’est pas exacte. Surtout, le fascisme est, historiquement, anti-libéral. C’était certes une réaction contre le communisme, mais ses tenants vennaient souvent de la gauche socialiste et marxiste (Mussolini, Doriot, Deat, etc.) et n’avaient absolument rien de libéral dans la politique qu’ils proposaient (corporatisme, dirigisme, totalitarisme…)

    En revanche, on pourrait trouver des points communs entre l’ultra-libéralisme de Friedman ou Hayek et le nazisme, qui, lui, d’ailleurs, vient de l’extrême-droite et ne s’est superficiellement associé au socialisme que pour trouver un écho auprès des masses. Comme l’ultra-libéralisme, le nazisme prône le culte de la réussite et la soumission à une prétendue loi naturelle (tres semblable au “There is no alternative” de Thatcher)


    • vlois Le 31 mars 2016 à 10h17
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      En echo à ce que vous dîtes sur le nazisme, certains membres actifs ont été assez rapidement aux plus hautes fonctions après guerre et serait-ce un hasard si parmi les pères fondateurs de l’Europe quelques uns ont sans doute reconduits une partie de la doctrine politique et économique qu’ils avaient échoués à imposer militairement ? Hypothèses ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein


      • patrick Le 31 mars 2016 à 18h56
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        l’UE ne serait donc que le IVéme Reich ? on avait bien des doutes … 🙂


  6. Alecton Le 31 mars 2016 à 08h58
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    Le Néo-libéralisme est très largement confondu, et c’est encore le cas ici avec le capitalisme de connivence.
    Où est le libéralisme quand politiciens et patrons de banques (Socgen, dexia, BNP, Fortis, Caisses d’epargnes…) sortent des mêmes écoles, couchent ensembles et fricotent allègrement avec les médias ? La réponse est simple et rejoint un commentaire ci-dessus : il n’y en a pas.
    Le libéralisme (avec ou sans néo) consiste à renvoyer l’Etat à ses missions régaliennes (police, justice, armée) et à laisser le privé gérer le reste, avec les individus, dans le respect des lois existantes.
    Aujourd’hui nous ne sommes pas dans cette situation, l’Etat (qu’il soit belge ou Français) contrôle plus de 50% du PIB, s’arroge le droit de s’immiscer dans nos vies du berceau au cercueil, et refuse d’appliquer la loi quand elle concerne ses amis (voir les sanctions au secteurbBancaire qui devraient pleuvoir lorsque l’on lit les chroniques de Monsieur Chevalliez).

    Madame Cadelli fait de l’idéologie en accusant sont chien d’avoir la rage, pour ne pas voir que les errements qu’elle reproche au camp d’en face sont ceux dont le sien est atteint.


    • Tassin Le 31 mars 2016 à 14h13
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      Le néolibéralisme se définit par l’utilisation de la puissance de l’Etat pour imposer des règles de marché partout. C’est effectivement différent du libéralisme, mais je ne vois pas en quoi ça se distingue dans le fond du libéralisme originel, qui entend également appliquer les règles du marché dans tous les secteurs.
      Impressionnant les trésors d’imagination dont font preuve les libéraux pour tenter de noyer le poisson.


      • patrick Le 31 mars 2016 à 19h01
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        l’état n’impose pas des règles de marché , il en est bien incapable et en tout cas les membres du gouvernement et les hauts fonctionnaires qui dirigent tout ça sont totalement incompétents pour comprendre les règles du marché.
        Les règles du marché imposent au contraire que l’état ne fasse rien ( en général , c’est ce qu’il fait de mieux )


        • Wilmotte Karim Le 31 mars 2016 à 19h36
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          Vous avez un exemple de marché moderne et un minimum stable (au moins au sens de son organisation) non institué par la loi et des institutions (au final, tout institution dépend de la loi)?


          • patrick Le 31 mars 2016 à 20h33
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            oui , par provocation je pourrais citer le marché de la drogue.
            l’état n’y intervient pas ( ou quasiment pas ) sauf pour des actions relativement marginales.
            il n’y a pas de normes , ni de réglementation
            il n’y a pas d’interdiction de travailler le dimanche ni d’inspection du travail.
            les producteurs fixent leurs propres normes et n’ont pas de limitation de production

            résultat : des produits abondants , dont la qualité s’est constamment améliorée avec le temps et des prix qui ont chuté.
            des quartiers complets qui en vivent alors qu’ils crèvent de chômage.

            le meilleur moyen de détruire le marché de la drogue serait certainement de le nationaliser.

            on peut faire la même démonstration avec tous les produits prohibés ( armes .. )


            • Wilmotte Karim Le 31 mars 2016 à 20h47
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              Mais ce n’est pas un marché exploitable par une entreprise capitaliste (à moins de considérer que la conquête d’un marché doit se faire par les armes).

              Et ces marchés “parasitent” l’organisation des marchés “légaux” (moyens de communications, télécommunication, etc).

              Par ailleurs, il ne s’agit certainement pas de marché concurrentiel. Etc.

              Ce ne sont en définitive pas des marchés modernes et un minimum organiquement stable.
              (je salue la tentative!)


          • Non Croyant Le 31 mars 2016 à 21h04
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            marché moderne et un minimum stable (au moins au sens de son organisation) non institué par la loi et des institutions : les narco traficants


            • patrick Le 31 mars 2016 à 22h51
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              oui , je n’ai pas d’autres exemples , les états ayant vérolé à peu près tous les autres marchés.
              c’est bien pour cela que rien ne marche


  7. bourdeaux Le 31 mars 2016 à 09h10
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    “libéralisme = fascisme”, ce type d’approximation langagière est fatiguant à la longue…Et surtout contre-productif, car à vouloir établir à toute force une équivalence entre néo-libéralisme et fascisme, équivalence que l’histoire repousse, les manuela cadelli de ce monde attachent à leur cause le boulet du ridicule. Les vilénies du libéralisme-dragster (ces véhicules qui partent très vite mais finissent par exploser) sont suffisamment identifiables sans qu’il soit nécessaires de les grimer en chemises brunes.


  8. raloul Le 31 mars 2016 à 09h19
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    Bonjour!

    Attention J avec les définitions réductrices quant au “principe du fascisme”… n’oubliez pas:
    « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse » (Matthieu 12:30)
    Ou alors version Bush:
    “Either you are with us, or you are with the terrorists.”
    Ou Hillary Clinton:
    Every nation has to either be with us, or against us.

    Alors, tous fachos? 🙂

    Je pense que nous sommes dans une corporatocratie, où ce qui reste d’institutions étatiques fonctionelles est mis à profit des multinationales, instrumentalisé ou alors vidé de sa substance lorsque contraire au big bizness.
    Enfin, je ne vois pas le néolibéralisme comme du libéralisme toutes vannes ouvertes, mais comme une idéologie nouvelle qui est à bien des égards en parfaite opposition avec le libéralisme “classique”.


    • vlois Le 31 mars 2016 à 10h31
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      C’est sans nul doute la poursuite d’une politique qui a profité effectivement de régime politique comme le nazisme pour asseoir une politique corporatocrate en Europe (IG Farben…) et même avant avec les barons voleurs aux US. Comme l’entente entre mafias et partage des territoires, plus besoin de guerre pour l’instant.

      Et sans vient de là doute la confusion avec les régimes totalitaires et belliqueux abusivement réduit au fascisme.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/IG_Farben

      “Durant la guerre, IG Farben soutient le gouvernement nazi qui veut l’associer dès 1940 à l’Ordre économique nouveau, en lui permettant de bénéficier d’une main d’œuvre peu chère (début 1941, IG employait 12 360 étrangers, dont 2 162 prisonniers de guerre 6) et d’un « bloc économique allant de Bordeaux à Sofia »7, et tout en poursuivant une stratégie de cartel visant à dominer le marché mondial de la chimie des colorants de l’après-guerre”


      • Pong Le 31 mars 2016 à 13h05
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        Lordon dit en substance : le capitalisme n’a aucune limite à droite, aussi loin qu’on aille à droite.


    • J Le 31 mars 2016 à 11h30
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      Jésus a dit exactement l’inverse à une autre occasion (Luc 9:50). Je maintiens que choisir un qualificatif diabolisant plutôt que rigoureux n’est pas bon. C’est même un réflexe fascisant quelque part. Le néolibéralisme produit assez d’horreurs pour qu’on lui en cherche d’autres.

      Bush ne parlait pas au nom du néolibéralisme mais de la lutte contre le djihadisme. Clinton, j’avoue que j’ai renoncé à comprendre (en l’occurrence, je ne connais pas le contexte de cette déclaration).


  9. gracques Le 31 mars 2016 à 09h51
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    Le ‘neoliberalisme est un totalitairisme’ est plutôt un totalitarisme , même il ne peut être assimilé au Nazisme ou Communisme a la Pol POT .
    Néanmoins la pensée neoliberale pseudo rationnelle fait de la ‘science economique ‘ l’alpha et l’oméga de tout jugement .Le seul critère pris en compte étant l’efficacité mesurable par des indicateurs quantitatifs.. c’est Huxley et le ‘meilleur des mondes’ , une utopie unidimensionnelle .

    Mais si au moins cela etait efficace dans ses objectifs à savoir l’efficacité économique , nous pourrions être taxes de passéistes, un peu comme ces hommes du XVIII siècle qui au XIX naissant ne pouvait assister à la fin des ordres anciens sans crier à la catastrophe et à la décadence.

    Mais en fait le neoliberalisme est une idéologie qui sert simplement à conserver et amplifier la domination des propriétaires des moyens de production.. pour cela elle s’appuie comme le communisme s’appuyait sur Marx , sur un corpus de théorèmes économiques gavés de mathématiques , mais dont les axiomes sont absurdes (lisez les critiques de Sapir à ce sujet).
    Le veritable danger est que cette idéologie prétend decrire le monde humain , alors qu’elle fossilise toute pensée venant d’un autre horizon de la pensée rationnelle (autre courant économique, histoire, sociologie etc…) .
    C’est en cela qu’elle est totalitaire , elle prétend tout régenter (cf les exemples de Mme Cadelli) au nom d’une pseudo rationalité et renvoie toute critique à l’absurdité de croyances .


    • Annouchka Le 31 mars 2016 à 12h02
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      Oui, le terme totalitarisme est un peu mieux adapté à notre situation que le terme fascisme.
      A noter egalement: le terme “ordo libéralisme” est plus approprié à notre situation européenne que le terme neo libéralisme qui décrit plutot la situation aux USA.

      Il serait intéressant de descripter les racines idéologiques de l’ordo-libéralisme. Certains disent qu’il a des racines dans là doctrines économique nazie. Je n’ai rien trouvé qui confirme vraiment cela, mais c’est peut-être délibérément caché pour ne pas envenimer les polémiques sur l’Europe.
      En tout cas, les “pères fondateurs” (allemands) de l’ordo-liberalisme etaient clairement élitistes et méfiants vis à vis de la démocratie (ils etaient pour l’ordre justement, et contre le laisser-faire du libéralisme anglo-saxon)


  10. Kropotkine Le 31 mars 2016 à 11h03
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    “Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser.”

    Françoise Giroud


  11. christian gedeon Le 31 mars 2016 à 11h24
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    Je n’aime pas le mot fascisme appliqué à l’ultraneoconisme…le mot totalitarisme me paraît bien plus adéquat,et puisqu’il s’agit de belges,je dirais même plus,le mot absolutiste.Le neo libéralisme est comme la taxifolia colerpa,cette algue qui décime les fonds marins de méditerrannée. Opportuniste,sans pitié et s’adaptant à tous les biotopes.le neolibéralisme s’adapte à tout…A l’Arabie comme à la Chine,et veut tout dévorer.Ce n’était pas le but du fascisme,au sens politique. Recourir à de vieilles notions pour expliquer le neolibéralisme n’a pas de sens. Pour le moment le neolibéralisme est un sida contre lequel n’existe aucune trithérapie. Qu’on se le dise. Et sa force est de laisser croire qu’il peut être analysé en fonction de vieilles lunes,faciles à contrer.


  12. Etiocle Le 31 mars 2016 à 12h24
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    Difficile de juger une idéologie à moins de se placer d’un point de vue non idéologique. Existe-t-il ? Vaste débat.
    Toutefois, si l’on considère que le libéralisme (néo- y compris) part d’un principe ou idée simple qu’il développe logiquement – l’individu souverain -, il prend nécessairement le chemin du totalitarisme en ce qu’il fractionne le corps social et les liens qui le constituent en individus isolés (“esseulés” disait H. Arendt), une masse indifférenciée, incapable d’afficher son existence comme peuple,ou nation, et de s’organiser sous forme d’un État par exemple.
    Le libéralisme, pour autant, n’exclut pas le fascisme bien que celui-ci se construise à partir d’un autre principe : l’élu, l’élite, la race. Dès lors, libéralisme et fascisme sont alors idéologiquement compatibles mais pas “nécessairement”.
    Source : “Libéralisme et totalitarisme”, J.M. da Silva


    • patrick Le 31 mars 2016 à 19h10
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      pas d’accord
      Le fascisme met l’état au centre de tout ( tout pour l’état, tout par l’état … )
      Le libéralisme place l’individu au centre , l’état étant présent sous une forme limitée pour prendre en charge la “violence” ( police, sécurité, justice ..) à la place des citoyens.
      Seuls les extrèmes ( libertariens, anarcap ) rejettent totalement la notion d’état.

      Il y a donc incompatibilité totale entre les deux


  13. Pong Le 31 mars 2016 à 12h33
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    Oui, le libéralisme est un fascisme, ou au moins un totalitarisme. Mais l’auteur dit :
    “Le libéralisme […] a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.”

    Cette affirmation véhicule l’idée que le néo-libéralisme est la perversion morbide d’un système originel vertueux. Il est permis de penser autrement. Le libéralisme économique n’a été mis en oeuvre en occident qu’à travers le capitalisme. Or le capitalisme n’est pas la seule option d’institution du principe de subsidiarité “autant d’État que nécessaire, aussi peu d’État que possible” si cher aux libéraux. On peut même soutenir que ce n’est pas le meilleur. Les approches anarchistes (exemple les récommunes de Lordon) sont des candidats intéressants.

    La vérité est que le capitalisme embarque un agenda caché, bien plus déterminant que les principes libéraux qu’il est censé incarner : la défense des possédants. Il n’a pas attendu le néo-libéralisme pour ça. Le néo-libéralisme n’est que l’aboutissement logique, l’hubris d’un système qui en portait déjà toutes les tares. Dès ses premiers avatars, il aura été monstrueux, de l’esclavage à l’extermination des indiens en passant par la commune.


    • Annouchka Le 31 mars 2016 à 12h37
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      Votre commentaire est intéressant mais je ne vois pas bien ce que la a à voir là-dedans


      • Pong Le 31 mars 2016 à 13h46
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        J’ai hésité à le poster pour cette raison. Mais je me suis finalement dit que ce n’était pas HS du tout. La raison en est qu’il me semble que l’idée véhiculée par l’article est fausse. A savoir que les problèmes posés par le néo-libéralisme ne sont pas nouveaux et pas propres au néo-libéralisme mais au capitalisme lui-même (c’est à dire au libéralisme dans le sens commun). Dit autrement, le problème est plus profond que ne le laisse entendre l’auteur. Ca me parait important.


        • groucho Le 31 mars 2016 à 15h00
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          Ben oui… Mais c’est tout le problème : comment sortir des analyses “classiques” et plus encore, puisque les tentatives existent, comment les diffuser ?
          Simple petite piste et lecture édifiante : http://www.palim-psao.fr/article-le-double-marx-par-robert-kurz-120538666.html (Modération: le lien ne fonctionne pas)

          On peut toujours se demander s’il s’agit de fascisme, de totalitarisme, d’ordo libéralisme ou que sais-je encore. Mais ce faisant on passe à côté de questions beaucoup plus profondes : que sont réellement les catégories fondamentales du capitalisme, celles qui nous paraissent aller de soi, alors qu’elles sont purement historiques : le « travail », la marchandise, l’argent, le marché, l’État…
          Et quelles sont les conséquences de cette manière d’appréhender le monde ?
          On les voit : la situation actuelle…


    • christian gedeon Le 31 mars 2016 à 12h42
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      Lol…l’esclavage existait bien avant et dès la nuit des temps,et chaque peuple conquérant a massacré “ses “indiens,en quelque sorte…depuis la nuit des temps. Et effectivement le neoconisme est la négation du capitalisme “des origines”…et qu’est ce que la commune vient faire là dedans?


      • Annouchka Le 31 mars 2016 à 14h20
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        Non, on ne peut pas mettre tous les massacres et toutes les formes d’exploitation sur le même plan.
        L’idée que le libéralisme est intrinsèquement liée au capitalisme est juste à mon avis. Il suffit pour s’en convaincre de lire des auteurs comme Locke ou meme Edmund Burke.
        Le problème du massacre des indiens d’Amérique, c’est précisément qu’il a été perpétré au nom des droits naturels et de la liberté des individus (au nom des droits de l’homme). C’est quand même tres pervers… Et précisément, la notion de droits naturels est le fondement philosophique du libéralisme.


        • Pong Le 31 mars 2016 à 14h36
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          @Annouchka

          Je n’avais pas vu votre réponse, j’aurais pu me passer de la mienne.
          Mais je m’aperçois que mon premier message n’était en effet pas très clair. Je suis passé sans l’expliciter du libéralisme au capitalisme. C’est juste que les deux sont historiquement indissociables. On aura donc eu historiquement :
          1) Libéralisme économique (et son unique mise en oeuvre pratique qu’est le capitalisme)
          2) Le néo(ou ultra)libéralisme.

          Mon idée est que le 1er n’était pas le système vertueux que présente succinctement l’auteur mais déjà une machine à broyer de l’humain. Ce qu’il est devenu n’est donc qu’un prolongement naturel. A mon sens, ce n’est pas un détail.

          Mais je crois que vous aviez déjà bien compris mon propos.


          • Lysbeth Lévy Le 31 mars 2016 à 17h54
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            Moi je suis assez d’accord avec vous, on en revient toujours a la même chose, le capitalisme quelques soient les oripeaux dont il se vêt (le fascisme en étant une forme extrême) est la cause de tous nos maux : http://www.slate.fr/story/97761/esclavagisme-racisme-massacres-autre-visage-liberalisme ou http://www.humanite.fr/tribunes/domenico-losurdo-le-liberalisme-ennemi-le-plus-ach-547299

            Quelque soit la “formule” qui accompagne le “capitalisme” (ultra-libéralisme, libéralisme, social démocratie ) , il reste le même et induit tous les maux dont nous souffrons pour qu’une petite minorité puisse garder le pouvoir entre ces mains au détriment du plus grand nombre.

            Les années passent et repassent mais le problème revient toujours à abattre ce régime par tous les moyens ! On nous parle de la “crise” depuis 40 ans alors que le régime de crise est inhérent, intrinsèque au Capitalisme (libéralisme, ultra-libéralisme, fascisme, etc)

            Et cela durera tant que l’on laissera la minorité agissante mener sa politique à l’échelle planétaire désormais comme elle le veux tout en faisant croire qu’elle agit pour le bien du plus grand nombre!


      • Pong Le 31 mars 2016 à 14h26
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        @christian gedeon

        >”l’esclavage existait bien avant et dès la nuit des temps,et chaque peuple conquérant a massacré “ses “indiens,en quelque sorte…depuis la nuit des temps”

        Oui mais :
        1) Jamais en prétendant apporter la lumière et la démocratie
        2) Jamais dans ces proportions (90% de la population amérindienne a peri et pas que de maladies, 13 millions de victimes pour la traite atlantique, soit autant en 3 siècles que les arabes en 13)
        3) Malgré ça, je n’ai jamais prétendu que c’était mieux avant. Je conteste simplement l’idée du caractère vertueux du libéralisme originel.

        >”Et effectivement le neoconisme est la négation du capitalisme “des origines””

        Comment ça “effectivement” ? J’ai dit exactement le contraire. J’aime beaucoup les “lol” des gens qui n’ont rien compris à ce qu’ils lisent.

        >”qu’est ce que la commune vient faire là dedans”.

        Les massacres de la commune, c’est le capitalisme défait du cache-sexe philosophique qu’est le libéralisme (économique ou pas) qu’il arbore depuis la révolution française.
        Quand les bobards ne suffisent plus à défendre les biens des possédants, on sort les fusils, c’est aussi simple que ça. C’était vrai hier avec le libéralisme quand on le poussait dans ses retranchements, c’est vrai aujourd’hui avec le néo-(ou l’ultra comme vous voulez)libéralisme.
        Rien de nouveau donc, c’était tout le sens de mon premier message. Qui vous a manifestement totalement échappé.


  14. Giloux Le 31 mars 2016 à 12h42
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    Quand Milton Friedman rencontrait Pinochet (je prends cet exemple parce que la photo de cet individu illustre l’article), ce n’était pas pour prendre le thé.
    Pour la constitution européenne, les services publics doivent disparaître. La justice n’est pas un service public mais une institution. Seulement, si un gouvernement de mauvaise foi la présente comme un service public, ça passe et ça casse.


  15. LS Le 31 mars 2016 à 13h14
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    Mme Cadelli, nous sommes tous des fascistes, vous compris !
    Lorsque j’ai lu le titre, j’ai failli passer à l’article suivant, tellement j’en ai marre de ces manipulations rhétoriques. Puis je me suis dis : OK, c’est un retour à l’envoyeur, c’est à dire à la communication (manipulation) bien pensante, soit, lisons.
    Je n’ai pas grand chose à redire sur ses propos, mais je pense qu’elle se trompe de cible.
    Il vaudrait mieux l’appeler néo scientisme que néolibérale, qui est incompatible avec l’existence d’une technocratie.
    Le Néolibéralisme est une théorie politique avant d’être une théorie économique, d’ailleurs académiquement hétérodoxe. Il faut faire référence à F. Hayek qui postule l’impuissance de la raison scientifique à être capable de gérer de manière centralisée et rationnelle ne serait-ce qu’une entreprise sans parler d’une économie. La critique (que je partage), dans le texte, du management par les indicateurs est emblématique à cet égard.


  16. Owen Le 31 mars 2016 à 13h58
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    D’accord avec les commentaires.

    Recourir au qualificatif “fasciste” pour expliquer un phénomène contemporain, c’est tomber dans un équivalent du point Godwin.
    Le terme “néolibéralisme” est déjà lui même une précaution de langage pour éviter celui “capitalisme”, concept qui a été colonisé par la pensée marxiste.

    La pensée simplificatrice, (“c’est bien, c’est pas bien”) a la faiblesse d’être paresseuse et le danger d’être totalisante. La pensée relative permet d’intégrer les phénomènes présents utiles à l’équilibre général. Ainsi est est-il d’une plante, comme souligne christian gedeon, du feu, qui permet de faire la cuisine comme il peut brûler la maison, comme il en est de l’argent, d’une banque ou du capitalisme.
    La notion de tolérance est d’ailleurs un faux humanisme: elle sert de béquille pour à la pensée simplificatrice.

    Le meilleurs paradigme que je connaisse est l’optimum de Pareto: “Un état de la société dans lequel on ne peut pas améliorer le bien-être d’un individu sans détériorer celui d’un autre.”
    Ce paradigme complète au niveau méta-organique l’article 4 de la DDH&C de 1789: “La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui”.

    La confusion est d’appliquer la notion de croissance, qui est utile individuellement, à l’échelle collective (le biotope) qui, elle, n’est possible qu’avec la notion d’équilibre.


  17. bluetonga Le 31 mars 2016 à 14h59
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    Le fondement des mouches me semble quelque peu malmené au fil de la lecture des commentaires, chacun y allant de sa définition du fascisme et du (néo)libéralisme. Pour quitter les sphères éthérées mais trompeuses des concepts à géométrie variable, tentons une simplification de la thèse de madame Cadelli :

    Le tout-au-privé mène à la dictature des big corporations (faute de mieux).

    Je ne fait personnellement aucunement confiance à d’obscurs conseils d’administration de gigantesques et tentaculaires transnationales pour planifier le bonheur de l’humanité en général et de mes proches en particulier. Ceux qui chouinent sur interventionnisme de l’état et tiennent le principe de solidarité comme une faiblesse coupable feraient mieux de payer cash leurs prochaines notes de frais d’hôpital, ou de réfléchir à ce qu’il advient du prix de l’énergie, des soins ou des transports, ou à la qualité de la nourriture, lorsqu’on les confie au secteur privé. Le néo-libéralisme existe : c’est un cancer.


    • patrick Le 31 mars 2016 à 19h33
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      l’interventionnisme de l’état conduit en général à des catastrophes , même si elles sont longues à venir , en France on a ce qu’il faut comme exemples.
      Prenons le prix de l’énergie gérée par notre état préféré et sa filiale EDF : la catastrophe commence à pointer le bout de son nez. L’état a mis en place et dirigé toute l’énergie en France pendant des décennies , a misé à façon sur l’énergie nucléaire tout en maintenant artificiellement bas le prix de l’énergie.
      Le français moyen a payé un prix très faible le kw/h consommé sans s’apercevoir qu’il finançait EDF et le nucléaire par ses impôts , et maintenant on va lui présenter la note du démantèlement des centrales… ça va coûter très cher d’avoir une électricité pas cher.
      La prochaine catastrophe en vue étant la fameuse transition énergétique aussi dirigée par l’état.


      • Non Croyant Le 31 mars 2016 à 21h22
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        L’état ou le secteur privé, n’est pas une différence pertinente dans ce cas.
        Toute organisation suffisamment grande et puissante (état ou société trans nationale), va sans contre pouvoir, abuser de sa position contre l’intérêt général éventuellement sans aucune inhibition ni aucune limite.
        Ce que je lis dans le texte de Mme Cadelli c’est que le projet néo libéral est de détruire systématiquement tous les contre pouvoirs légitimes susceptibles de s’opposer a lui.
        A ce titre, je suis d’accord avec elle, c’est un projet de destruction de la société et de tout ce qui doit protéger l’intérêt général.


      • bluetonga Le 31 mars 2016 à 22h22
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        Je ne connais pas l’histoire du nucléaire en France, mais en Belgique, il a été investi par l’Etat jusqu’au moment de sa possible rentabilité, moment choisi pour le revendre à EDF qui n’aura donc pas eu à investir. Peut-être un cadeau empoisonné, d’ailleurs, puisque les centrales nucléaires belges seraient fissurées et demanderaient des coût de rénovation que notre chère entreprise ne sera pas pressée d’endosser.

        Sinon quid des transports? Quid des barrages en France? Des autoroutes. L’état, c’est nous. Notre sécurité, notre éducation, notre santé. Le privé. Réduire les coûts, “optimiser” les services en sacrifiant les non-rentables. Tout ça au nom d’une idéologie darwinienne du meilleur qui gagne. Non, tout faux. Les asticots sont les grands vainqueurs de cette compétition imbécile.


        • patrick Le 31 mars 2016 à 22h57
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          les transports gérés par l’état sont en piteux état.
          la SNCF rend un service approximatif ( quand il est rendu ), est en quasi-faillite avec des infrastructures dépassées, tout ça pour un coût énorme pour le citoyen et un endettement record.
          Ma dernière expérience avec Geodis ( transport routier de la SNCF ) n’a pas été plus concluante , leur approche du client est à peu près cell.e de la SNCF, c’est tout dire.

          Je suis un grand utilisateur des autoroutes ( concessions privées ) , ça se passe plutôt bien.

          La santé : un médecin n’a pas besoin d’un ministre pour faire correctement son travail , et la cour des comptes hurle régulièrement au scandale chaque fois qu’elle met le nez dans les comptes de la sécu et des hôpitaux.


          • bluetonga Le 01 avril 2016 à 00h20
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            Certains traitements pharmaceutiques varient dans un ratio de un à vingt selon qu’on les achète en Inde, en Europe ou aux USA. Ce sont les mêmes molécules produite par les mêmes firmes qui optimisent leurs profits, contre l’intérêt des malades. Dans le lien, un américain venant se faire faire une prothèse de hanche en Belgique où elle sera 4 fois moins chères, régulation du gouvernement oblige:
            http://www.nytimes.com/2013/08/04/health/for-medical-tourists-simple-math.html?pagewanted=all&_r=0
            Un bel exemple de réussite de privatisation des transports en commun : le rail anglais. Vous aimez vos autoroutes? Parfait. Jusqu’au monopole ou l’entente cordiale entre opérateurs privés, comme cela a été le cas dans la grande distribution ou lors du scandale du libor. Vous retrouverez les joies du rail. C’est Non-Croyant qui a raison. S’il n’y a pas de contre-pouvoir, il y a abus. Le néo-libéralisme idéal, c’est la libre concurrence. Dans la pratique, c’est la quête du monopole et l’exploitation sans remords du travailleur/consommateur.


            • patrick Le 01 avril 2016 à 08h36
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              le rail anglais .. un bon exemple de privatisation mal foutue mais plutôt réussie
              lorsque l’état anglais a privatisé le rail , ça faisait plusieurs décennies qu’il n’avait rien investi dedans , le réseau et tout le matériel était dans un état lamentable,le personnel était totalement démotivé.
              Donc : gestion par l’état , nulle.
              La privatisation a été faite à l’arrache , en découpant l’entreprise sans vraie cohérence , et les opérateurs privés se sont retrouvés avec des montagnes d’investissements à faire.
              J’ai utilisé plusieurs fois les chemins de fers anglais ces dernières années , sans problème.


            • bluetonga Le 01 avril 2016 à 11h43
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              Et le F35 américain, Patrick, vous l’avez déjà piloté? Vous en êtes satisfait? Le résultat du libéralisme sauvage, de l’optimisation des coûts à tout prix. Vous mettrez toujours une pièce sur le trou, en disant : ce n’est pas le vrai libéralisme. Si, ça l’est : faire du profit, n’importe comment, sans entrave. Par contre, je peux vous dire que dans tous vous exemples, ça n’est pas le vrai gouvernement. L’étymologie du mot ministre vient du latin, minister, ou serviteur – pas prévaricateur.


            • patrick Le 01 avril 2016 à 22h26
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              le F35 est l’exemple même de l’étatisme et pas du libéralisme.
              – un truc mal fichu issu des méandres de ce qui se fait de pire en terme d’administration
              – un truc issu du complexe militaro-industriel , l’aboutissement du capitalisme de connivence et de la dérive de l’état

              et en plus l’état américain a mouillé plusieurs états vassaux dans ce bastringue…. de l’état, encore de l’état, toujours de l’état.


            • bluetonga Le 01 avril 2016 à 23h15
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              Y a pas, faut oser. Encore un coup de ces bolcheviques paperassiers de Washington. Ils ont commandé un avion impossible à ces pauvres avionneurs qui ont essayé de leur faire entendre raison, mais qui le doigt sur la couture du pantalon, n’ont eu d’autre choix que d’obtempérer… Désolé, Patrick, mais là, ça devient de la Foi. Je vous laisse à soulever les montagnes.


        • Lysbeth Lévy Le 02 avril 2016 à 12h42
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          C’est du “reaganisme”, du “thatchérisme”, car tout est venu de là, l’idée de tout privatiser, rationaliser, de compétition, réduction d’effectif, mise en jachère, on laisse volontairement périr les entreprises nationales, faites pour servir le service publique et non le privé.

          Après quand tout est abîmé, laisser à l’abandon, avec des accidents, on décrète qu’il faut privatiser soit disant pour mieux rentabiliser, mieux faire. ET non ça marche pas comme ça le prétexte du le publique marche pas bien il faut le privatiser je l’ai connu a la SNCF et maintenant dans les hôpitaux qui font finir par devenir comme aux Usa, Uk sous Thatcher et Reagan.

          Oui c’est du darwinisme sociale, remis “à la mode”, par les financiers, les décideurs politiques à leurs ordres et le patronat trop content de gagner encore plus d’argent (actionnaires) en appliquant la loi de la jungle à l’échelle humaine. l’inhumanité de la cour des miracles SDF en grand nombre, des millions de gens dépendent de “bon alimentaires” comme pendant la guerre.


  18. Eric83 Le 31 mars 2016 à 15h01
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    Merci pour ces articles concernant la dénonciation courageuse par Manuela Cadelli de la dérive totalitaire du néolibéralisme.
    Pour ma part, j’ignorais que la Justice en Belgique et en Hollande était encore plus dévastée qu’en France.
    Il est malheureusement très clair que le Droit et la Justice sont des freins au néolibéralisme.

    Une preuve en est la volonté des néolibéraux d’imposer les tribunaux d’arbitrages aux cours de Justice des Etats et la volonté donner le droit à des entreprises d’attaquer des Etats si elles jugent des réglementations trop contraignantes à leurs business.

    Ce n’est pas non plus par “hasard” que NS voulait supprimer les juges d’instruction.


  19. social21eme Le 31 mars 2016 à 15h18
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    ça fait des années pour ma part que j’ai compris que le fascime liberal s’auto demontrait dans l”eludement total du sort des plus faibles composant nos sociétés, “qu’ils crevent !”
    Ces paroles sont une evidence en logique humaine, dire le contraire est faire preuve d’un sophisme criminel !


  20. bluerider Le 31 mars 2016 à 16h35
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    ne pas oublier l’excellent article de Guillaume De Rouville, avocat de son état et détenteur d’un blog fort documenté dans la même veine ; L’ATLANTISME EST UN TOTALITARISME
    .
    http://lidiotduvillage.org/2012/10/10/latlantisme-est-un-totalitarisme/
    .


    • Michel Ickx Le 31 mars 2016 à 18h04
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      Excellent article en effet Bluerider.

      Après la confusion des mots, des idées et des perceptions on revient aux faits et à leurs conséquences.

      Seule la tentative hégémonique peut expliquer le désarroi actuel.

      Ce n’est pas avec les mots et les perceptions du passé que nous pouvons décrire l’indicible de l’ordre nouveau. Il nous faudra donc une nouvelle définition qui englobe tout ce qui a été dit de cette situation, et elle-même. Le théorème de Gödel en somme?


  21. Charlie Bermude Le 31 mars 2016 à 18h36
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    A mon avis , il y a une distinction nette à faire entre libéralisme , tout court , classique ,et néo libéralisme . Par libéralisme , j’entends les fondateurs de l’économie politique : A Smith , Ricardo , etc jusqu’à Stuart Mill . Leur base , est bonne , quoique , incompléte , je la résume façon K Marx , qui à mon avis , à le premier et fortement montrer leurs limites : le pouvoir réel , appartient à qui posséde les moyens de production , par propriété , il faut comprendre , pas nécessairement propriété formelle ( en droit ) mais réelle : possession conviendrait mieux . Formellement les actionnaires sont “propriétaires” , en réalité , non , ou pas forcément , à l’opposé en cas de “nationalisation” , formellement ‘c’est la nation , la société , en réalité , non , ou pas forcémment etc …
    Le néolibéralisme apparait , prépare , une période , trés précise , de l’histoire de nos sociétés occidentales , celle de la course à la concentration/centralisation de la propriété : konzerns , trusts , zaibatsus , etc …, avec intervention d’un état subordonné , et de la presse , etc : on a basculé , reste toutefois , une différence , quand méme , entre fascime et néolibéralisme , selon la polarité politique/état versus économies/firmes , mais sur le fond , différenciation sociale/libertés , oui , c’est kif/kif .


  22. xc Le 31 mars 2016 à 19h00
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    Quand quelque chose n’est pas bien, on dit que c’est “néolibéral” ou du “fascisme”. Comme on a déjà épuisé un mot avec “néolibéral”, tout ce qu’on peut en dire que c’est du “fascisme”. Cela permet de remplir quelques pages à peu de frais.
    Les lecteurs intéressés pourront utilement consulter le site “Contrepoints” (qui n’est pas spécialement ma tasse de thé, mais il faut bien se documenter), où le “capitalisme de connivence” est régulièrement fustigé pour le distinguer du vrai libéralisme.


  23. Francois Le 31 mars 2016 à 19h03
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    Ploutocratie libérale tel est le régime sous lequel nous sommes gouvernés. Fascisme, il faudrait un peu plus de décorations tyrano-idéologiques, et ce blog montre que nous ne sommes pas sous régime fasciste.

    Les mots ont un sens.


  24. Nicolas Le 31 mars 2016 à 20h03
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    Cette femme est une lumière dans la nuit néolibérale. Il est important de nommer un chat, un chat. Le néolibéralisme est un fascisme, assurément.

    Les SS distillaient la même camelote idéologique.Eux aussi s’imaginaient en ” Winners ” et il était dans leur esprit tout à fait normal et de bon ton, d’exterminer les personnes dites ” faibles ” ou vues comme “Loosers”.

    Il est temps de parfaitement comprendre les mécanismes financiers qui permettent à une poignée d’individus enrichis par le travail d’autrui, de mettre en péril toute l’Humanité entière.

    Les ” Winners ” n’en sont pas, ce ne sont que des escrocs qui profitent de la crédulité de la plupart des humains et qui profitent surtout des algorithmes pour s’enrichir et faire passer leur hyper-oisiveté pour du génie. De purs escrocs dont il va falloir légalement se débarrasser une bonne fois pour toute, si nous voulons demain survivre.


  25. Ирина Le 31 mars 2016 à 20h57
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    « Je pretends que le neoliberalisme est un fascisme car l’economie a proprement assujetti les gouvernements des pays democratiques, mais aussi chaque parcelle de notre reflexion. L’Etat est maintenant au service de l’economie et de la finance qui le traitent en subordonne et lui commandent jusqu’a la mise en peril du bien commun. »


  26. P. Peterovich Le 31 mars 2016 à 21h28
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    Le problème de la critique formulée par Madame Cadelli, c’est que l’on se demande, compte tenu du contexte, politique belge, si elle exprime un souci réel du bien commun ou si, sous des dehors apparemment universels, elle traduit le bel entrain corporatiste de la magistrature qui n’accepte pas de devoir rendre des comptes sur l’utilisation des moyens publics dans un contexte d’austérité.

    Or, ce dernier combat est tout sauf légitime, dans un pays où la magistrature est marquée par une culture de l’inefficacité, de l’irresponsabilité et du gaspillage de moyens publics.


  27. DvD Le 31 mars 2016 à 21h31
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    “L’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion”.

    C’est une blague, sans doute.

    Depuis des décennies qu’on attend en vain que les dirigeants des démocraties occidentales formulent le début du commencement d’un diagnostic convainquant à l’envolée du sous-emploi et de la dette. Rien. Pas l’once d’un diagnostic un tant soit peu en accord avec les faits observés. Donc pas de solutions, bien sûr. Rien que la crise qui n’en finit plus de finir, les candidats qui continuent de se présenter sans diagnostic ni solution (et pourquoi pas, faut pas se gêner), les slogans creux mais sonores qui continuent de fuser, les gouvernements qui continuent d’échouer et d’étaler leur impuissance.

    Vous croyez pas qu’on s’en serait aperçu si l’économie avait assujetti chaque parcelle de notre réflexion ? Vous croyez pas qu’on aurait un peu progressé dans notre compréhension du pourquoi et du comment de la situation économique et sociale délétère qui perdure ? En fait, il est actuellement plus approprié de parler du néant de la réflexion économique et de l’esprit d’abandon et de capitulation qui anime les responsables en matière économique et sociale.


    • PatrickC Le 31 mars 2016 à 22h37
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      “l’esprit d’abandon et de capitulation”… à quoi ? si ce n’est à une doctrine économique, justement.


      • patrick Le 31 mars 2016 à 23h05
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        A leur propres intérêts et à leur volonté de rester au pouvoir.
        Si ils admettent qu’ils sont à l’origine des problèmes en ayant confisqué tous les moyens d’agir ,et que la situation est bloquée parce que pour maintenir le système en vie ils ont fait les grossir les états et les dettes jusqu’à l’asphyxie, alors ils perdent tout.
        Donc ils vous ont inventé un chiffon rouge , “le néolibéralisme” responsable de tous les maux, et ça marche.
        Plus vous croyez vous opposer à un système libéral ( qui n’existe pas ) , plus vous réclamez de l’état , encore plus d’état … encore plus de “régulation” …. ils ont gagné.

        à noter : c’est un peu la même stratégie avec le terrorisme 🙂


        • PatrickC Le 01 avril 2016 à 03h09
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          Une doctrine n’étant par destination rien d’autre que le support d’une volonté de pouvoir, l’essentiel est bien, en effet, de savoir au profit de qui elle est propagée.

          Et je ne connais aucune doctrine qui ait jamais ” confisqué tous les moyens d’agir”.

          A part par extinction de l’espèce, peut-être ?


  28. Chriseus Le 01 avril 2016 à 00h13
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    De toute façon le libéralisme est une belle philosophie, une bonne base pour penser la société, donc socialement. Mais parfaitement et totalement inapplicable au niveau économique sans violence.


  29. bob Le 01 avril 2016 à 09h40
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    voici un article trés interressant :
    http://2ccr.unblog.fr/2013/12/02/le-neo-liberalisme-cest-quoi/


  30. Eric Le 01 avril 2016 à 09h50
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    Ne pas oublier que le neoliberalisme n’est qu’un des outils idéologiques, un des bras armé de l’idéologie principale sur-determinante de nos cheres petites zélites : le mondialisme.

    A ce propos, réflexion intéressante (ou quand l’histoire bégaye)

    Le mondialisme est-il pire que le colonialisme?
    http://puissantsetmiserables.fr/2016/02/18/analyse-le-mondialisme-est-il-pire-que-le-colonialisme/
    Le racialisme ethnique hier. Le racialisme économique aujourd’hui. Deux idéologies au service du même objectif : la légitimation des rapports de domination.

    Ca date pas d’hier cette histoire…


  31. Ioannatos Photis Le 01 avril 2016 à 13h52
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    Magnifique et courageuse diatribe ..Décortiquer les mécanismes néolibéraux démontrer l’iniquité du système et l’assujettissement des états qui détricotent, sans état d’âme,froidement ,systématiquement et quel que soit leur idéologie, les droits des citoyens si difficilement acquis ..
    Il ne s’agit pas ,contrairement à ce que je lis, d’une utopie,mais d’une dystopie c.à.d. la domination de la part d’une caste ou d’un dirigent de tout un pays d’ un peuple ou de toute la planète , en démontrant (par des moyens que je vous laisse deviner) la nécessité absolue d’obéir et se soumettre à une seule et unique idéologie..pour le bonheur de tout le monde.. ! Cela pourrait se résumer à : “je t’ai tué pour ton bien”..! Drôle de dialectique..mais qui s’étonne actuellement de lire à longueur de journée les tonnes d’imbécillités que débitent politiques et financiers ? Avec le plus grand sérieux en plus..Il faut sans arrêt filtrer l’information, être vigilent et dénoncer tout restriction de nos libertés..mais pour cela il faut du courage ..bien, entendu..je vous le souhaite..autrement nous arriverons à devenir des citoyens de 3ème ordre ,pire des esclaves “heureux” d’un système absurde..Lisez donc ce livre qui s’appelle “Un bonheur insoutenable” de Ira Levin ..Vous comprendrez beaucoup de choses..


  32. thmos Le 02 avril 2016 à 09h24
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    Un manque d’autorité ( fascisme?) de l’état -éventuellement bien veillant à l’égard de la nation/population qu’il sert par des rapports de force – ce dont souffre tous les peuples de tous les pays soumis à ce” néolibéralisme” ou “capitalisme barjot” ou ce “courtermisme suicidaire”… Un régime “fasciste” pourrait dissuader les prédateurs apatrides que constituent les trans nationales – Le terme “fascisme” est compris différemment en Italie qui a vécu une vingtaine d’années cette expérience sociale et politique. A chaque problème ou excès une réponse autoritaire ( pour les banques notamment) conviendrait… de quelle nature serait-elle alors, forcément fasciste parce qu’arbitraire voire hors la loi internationale ( du business et taillée par l’empire américain) ? Pourquoi la gauche fut elle séduite par le fascisme ? Les ultra libéraux orthodoxes ont toujours le mot “fascisme” à la bouche pour “défendre le droit et la concurrence” …


  33. Macarel Le 03 avril 2016 à 10h25
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    Le néolibéralisme est à l’utopie libérale classique, ce que le socialisme scientifique fut à l’utopie communiste.
    Les rêves émancipateurs sont toujours dévoyés par des classes agissantes ivres de pouvoir qui captent tout le pouvoir pour elles.
    Relire “Ferme des animaux” de G.Orwell.
    Si le peuple s’endort, il se réveille esclave de ceux qui prétendaient le libérer !
    La démocratie ne survit que si elle est le soucis permanent de chaque citoyen, et si les citoyens s’impliquent au quotidien dans les affaires de la cité. Bien entendu tous les efforts des castes dominantes, consistent à éviter cela : abrutir les masses par les médias du même nom, remplir les supermarchés de chose inutiles dont les mérites sont vantés par une publicité envahissante, rendre la vie quotidienne suffisamment fatigante (métro, boulot, dodo), pour que le peuple soit apathique. C’était le “Panem et circenses” des romains, avec en plus l’aliénation à un système technologique, qui accélère tout dans le but de créer du profit pour la minorité qui tire les ficelles.


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