par Frédéric Lordon, 9 octobre 2015

Source : Le Monde diplomatique

« Le Salaire de la peur », de George Clouzot
1954

Si l’on avait le goût de l’ironie, on dirait que le lamento décliniste ne se relèvera pas d’un coup pareil, d’une infirmation aussi catégorique ! Coup d’arrêt au déclin ! Mais l’ironie n’enlève pas la part de vérité, fut-elle ténue : un pays où les hommes du capital finissent en liquette est un pays qui a cessé de décliner, un pays qui commence à se relever. Car, dans la tyrannie du capital comme en toute tyrannie, le premier geste du relèvement, c’est de sortir de la peur.

Le salaire de la peur

Le capitalisme néolibéral règne à la peur. Il a été assez bête, demandant toujours davantage, pour ne plus se contenter de régner à l’anesthésie sucrée de la consommation. La consommation et la sécurité sociale étaient les deux piliers de sa viabilité politique. Le voilà qui s’acharne à détruire le second – mais Marx ne se moquait-il pas déjà « des intérêts bornés et malpropres » de la bourgeoisie, incapable d’arbitrer entre profits financiers immédiats et bénéfices politiques de long terme, acharnée à ne rien céder même quand ce qu’il y a à céder gage la viabilité de longue période de son règne ?

Sans doute, en comparaison, l’ankylose par le gavage marchand continue-t-elle de recevoir les plus grands soins. Tout est fait d’ailleurs pour convaincre l’individu qu’en lui, seul le consommateur compte, et que c’est pour lui qu’on commerce avec le Bangladesh, qu’on ouvre les magasins le dimanche et… que « les plans sociaux augmentent la compétitivité pour faire baisser les prix ». « Oubliez le salarié qui est en vous » est l’injonction subliminale mais constamment répétée, pour que cette identité secondaire de producteur disparaisse du paysage.

Comme on sait, le refoulé a pour propre de faire retour, et les identités sociales déniées de revenir. Dans le plus mauvais cas privativement, et ce sont des individus séparés-atomisés, qui chacun par devers eux se souviennent que le Bangladesh est aussi le lieu de destination de la délocalisation qui a fait leur plan social, ou que la consommation « libérée » des autres fait leur astreinte du dimanche à eux. Dans le meilleur des cas collectivement. Car c’est collectivement, d’une part qu’on sort de la peur, et d’autre part qu’on a quelque chance de faire paraître sur la scène publique qu’il y a des producteurs, contre tout le travail idéologique qui s’efforce de les faire oublier pour que rien ne vienne troubler la félicité des consommateurs.

L’accès à la consommation élargie aura sans doute été l’opérateur passionnel le plus efficace de la stabilisation politique du capitalisme. Mais, sauvé des eaux au sortir de la séquence Grande Dépression-Guerre mondiale, le capitalisme n’a pas manqué de se réarmer dans le désir de la reconquête, et d’entreprendre de revenir sur tout ce qu’il avait dû lâcher pendant les décennies fordiennes… et à quoi il avait dû son salut. Néolibéralisme est le nom de la reconquista, le nom du capitalisme sûr de sa force et décidé à obtenir rien moins que tout. Le capital entend désormais se donner libre cours. Toute avancée sociale est un frein à ôter, toute résistance salariale un obstacle à détruire. Dans une conférence mémorable (1) et qui mériterait bien quelques tours de JT, Alexandre de Juniac observe que, la notion d’« enfant » ayant historiquement varié, l’interdiction de leur mise au travail est une question qui mériterait elle-même d’être remise au travail. Et de faire part, puisqu’il disserte sur la relativité de la notion d’« acquis sociaux », des réflexions de son collègue de Qatar Airways qui le plaint beaucoup d’avoir eu à essuyer une grève : « M. de Juniac, chez nous on les aurait tous envoyés en prison ».

Si donc la mobilisation productive doit se faire sous le coup de la terreur, ainsi sera-t-il. En réalité le capitalisme néolibéral n’a pas à forcer son talent, car la terreur est le fond inaltérable du capitalisme tout court. Seul le recouvrement de la stabilisation macroéconomique (relative…) et de ce qui reste de protection sociale empêche de voir le roc ultime sur lequel le capital a assis son pouvoir : la prise d’otage de la vie nue. Réalité pourtant massive dont les salariés font la douloureuse expérience lorsque l’employeur, dont ils dépendent en tout et pour tout, décide qu’ils sont surnuméraires. En tout et pour tout en effet, puisque le salaire, condition de la vie matérielle dans ses nécessités les plus basales, est, par-là, la condition de la vie tout court, le prérequis à tout ce qui peut s’y construire. Et qu’en être privé c’est frôler l’anéantissement social – parfois y tomber carrément.

Comme de juste, la menace qui fait tout le pouvoir du capital et de ses hommes, menace du renvoi des individus ordinaires au néant, cette menace n’a pas même besoin d’être proférée pour être opératoire. Quoi qu’en aient les recouvrements combinés de la logomachie managériale, de l’idéologie économiciste et de la propagande médiatique, le fond de chantage qui, en dernière analyse, donne toute sa force au rapport d’enrôlement salarial est, sinon constamment présent à l’esprit de tous, du moins prêt à resurgir au moindre conflit, même le plus local, le plus « interpersonnel », où se fait connaître dans toute son évidence la différence hiérarchique du supérieur et du subordonné – et où l’on voit lequel « tient » l’autre et par quoi : un simple geste de la tête qui lui montre la porte.

Il faut donc, en particulier, toute l’ignominie du discours de la théorie économique orthodoxe pour oser soutenir que salariés et employeurs, adéquatement rebaptisés sous les étiquettes neutralisantes d’« offreurs » et de « demandeurs » de travail – car, au fait oui, si dans la vraie vie ce sont les salariés qui « demandent un emploi », dans le monde enchanté de la théorie ils « offrent du travail » ; autant dire qu’ils sont quasiment en position de force… –, il faut donc toute la force de défiguration du discours de la théorie économique pour nous présenter l’inégalité fondamentale de la subordination salariale comme une relation parfaitement équitable entre co-contractants symétriques et égaux en droit.

De part et d’autre du revolver

La réalité du salariat c’est le chantage, et la réalité du chantage c’est qu’il y a une inégalité entre celui qui chante et celui qui fait chanter – on ne se porte pas identiquement à l’une ou l’autre extrémité du revolver. Même les salariés les plus favorisés, c’est-à-dire les plus portés à vivre leur enrôlement sur le mode enchanté de la coopération constructive, et à trouver scandaleusement outrancier qu’on en parle dans des termes aussi péjoratifs, même ces salariés sont toujours à temps de faire l’expérience du voile déchiré, et de l’os à nouveau découvert. Car c’est bien sûr à l’épreuve, non pas des temps ordinaires, mais du différend que se montrent les vrais rapports de pouvoir. Et que se posent à nouveau des questions – les questions élémentaires de la relation salariale – comme : jusqu’où puis-je porter la contestation devant mon supérieur, avec quel ton puis-je lui parler, quelle latitude réelle ai-je de refuser ce qu’on (il) m’impose de faire et que je ne veux pas faire et, pour finir : ce différend s’accomplit-il vraiment dans les mêmes conditions que celui que je pourrais avoir avec quelqu’un dont je ne dépendrais pas et dont je n’aurais rien à craindre – en situation d’égalité. L’individu qui plie n’en a-t-il pas toujours sourdement conscience du seul fait de se dire que « dans d’autres conditions, ça ne se passerait pas comme ça » ? La dépendance vitale et, subséquemment, la peur, voilà la vérité ultime du salariat telle qu’elle se dévoile inévitablement, non pas quand tout va bien, mais à l’épreuve du différend, dont le mode de résolution ultime a un nom : l’obéissance.

Et cependant l’époque se gargarise d’« égalité démocratique » quoiqu’elle laisse prospérer en son sein toute une organisation collective de la vie matérielle dont l’ultime ressort est la peur. Pourquoi, en dernière analyse, le capital règne-t-il sur les individus ordinaires ? Parce qu’il a les moyens de leur faire courber la tête. Le socioéconomiste Albert Hirschmann a résumé d’une trilogie frappante, mais peut-être insuffisante, les attitudes possibles de l’individu en situation institutionnelle : loyaltyvoiceexit.  Loyalty comme son nom l’indique ; voice quand on choisit de l’ouvrir – mais jusqu’où, quand l’institution est l’entreprise capitaliste ? – ; exit quand on ne se sent plus le choix que de prendre le large – mais à quel coût quand « le large » signifie l’abandon du salaire qui fait vivre ?

En vérité il faudrait augmenter la trilogie d’une quatrième figure qu’on pourrait baptiser guilt.  Guilt, c’est le mouvement de retournement contre soi par lequel le salarié introjecte la violence institutionnelle-capitaliste qui lui est faite en se mettant en cause lui-même. Guilt connait deux modalités. Therapy (2) – le salarié se pense comme insuffisant et entreprend de se soigner : se vivant comme mal adapté, il se rend à l’idée que ce n’est pas l’environnement odieux auquel il est sommé de s’adapter qui doit être changé, mais lui-même, et qu’il lui appartient de faire le chemin de l’adaptation – terrible fatalité de l’émiettement individualiste du salariat puisqu’il est bien certain que, seul, nul moyen n’existe de changer l’« environnement », et que nulle idée politique d’un tel changement ne peut naître : il ne reste plus que soi à mettre en cause. Et la vérole du coaching prospère sur ce désespérant terrain.

Therapy donc, et puis suicide. Soit le fin fond de la violence introjectée. Tragique retournement par lequel les individus, privés des ressources collectives de lutter contre l’ennemi du capital, se font, par défaut, les ennemis d’eux-mêmes, et, dit-on, « se tuent », quand en vérité c’est bien autre chose qui les a tués. Quand le discours managérial ne fait pas du suicide une « mode », à l’image de l’excellent président de France Télécom qui voyait la défenestration comme une tendance, le discours médiatique, spécialisé dans l’inconséquence et la déploration sans suite, se contente de chialer un peu, de faire une manchette qui dit que c’est bien triste, puis de ne rien mettre en cause de sérieux, de n’avoir aucune suite dans les idées, et de passer aussi vite que possible à autre chose. Après quoi la violence d’une chemise en lambeaux lui semble intolérable.

Les responsables structuraux

Sans doute la conscience immédiate se cabre-t-elle spontanément à la seule image générique d’une violence faite à un homme par d’autres hommes. Mais précisément, elle ne se cabre que parce que cette image est la seule, et qu’elle n’est pas mise en regard d’autres images, d’ailleurs la plupart du temps manquantes : l’image des derniers instants d’un suicidé au moment de se jeter, l’image des nuits blanches d’angoisse quand on pressent que « ça va tomber », l’image des visages dévastés à l’annonce du licenciement, l’image des vies en miettes, des familles explosées par les tensions matérielles, de la chute dans la rue. Or rien ne justifie le monopole de la dernière image – celle du DRH. Et pourtant, ce monopole n’étant pas contesté, l’image monopolistique est presque sûre de l’emporter sur l’évocation de tous les désastres de la vie salariale qui, faute de figurations, restent à l’état d’idées abstraites – certaines d’avoir le dessous face à la vivacité d’une image concrète. Et comme le système médiatique s’y entend pour faire le tri des images, adéquatement à son point de vue, pour nous en montrer en boucle certaines et jamais les autres, c’est à l’imagination qu’il revient, comme d’ailleurs son nom l’indique, de nous figurer par images mentales les choses absentes, et dont l’absence (organisée) est bien faite pour envoyer le jugement réflexe dans une direction et pas dans l’autre. Dans son incontestable vérité apparente, l’image isolée du DRH est une troncature, et par conséquent un mensonge.

La presse unanime

Sans doute, à froid et à distance des situations, la pensée renâcle-t-elle, elle aussi, à l’imputation personnelle d’effets qui devraient être mis au compte d’une structure impersonnelle – car, analytiquement parlant, c’est toute la structure des rapports sociaux du capitalisme qui est à l’œuvre dans la « situation Air France », bien au-delà d’un DRH qui passe par là au mauvais moment. Mais c’est que, si l’on n’y prend garde, « l’analyse » a vite fait de tourner à l’asile des dominants, et l’impersonnalité des structures au dégagement de toutes les contributions personnelles : « le système s’impose par sa force propre et personne n’y peut rien ». Le terme de l’analyse c’est toujours l’abstraction du « système », bien faite pour saper la question de la révolte qui est toujours concrète : car comment se révolter concrètement contre une abstraction ? En réalité, l’explosion colérique se moque bien de ces subtilités : elle prend ce qui lui tombe sous la main – le mobilier de la sous-préfecture ou la limouille du DRH.

La vue structurale des choses cependant n’est pas entièrement condamnée à l’impossibilité des mises en cause individuelles. Qui peuvent être de trois sortes. Car si l’on veut se donner la peine d’y regarder de plus près, des individus particuliers, on en distinguera bien quelques-uns. Il y a ceux qui ont fait les structures, ceux qui les font tourner, enfin ceux qui les célèbrent et, les célébrant, s’efforcent de barrer toute tentative de les changer.

Il y a d’abord en effet que les structures ne tombent pas du ciel : elles ont été faites de main d’homme – en tout cas de certains hommes. Qui a fait la libéralisation financière depuis le milieu des années 1980 ? Qui a poussé les feux de toutes les déréglementations européennes ? Qui a signé les traités commerciaux internationaux ? Qui usine le TTIP ? Qui envisage de faire sauter les protections du droit du travail ? En résumé, qui a installé les structures de la violence néolibérale ? Qui a mis en place les cadres institutionnels libérant de toute retenue la valorisation du capital et lui ouvrant des latitudes stratégiques, c’est-à-dire des possibilités de brutaliser, sans précédent : chantage à la compétitivité, menace de la délocalisation, démantèlement des formes institutionnalisées de la résistance salariale – contre-pouvoirs syndicaux, règles du licenciement, organisation de la négociation sociale, etc. ? Voilà bien des questions précises auxquelles on peut tout à fait donner des réponses précises, c’est-à-dire des noms – spécialement en ce moment.

Il y a ensuite que, ces structures en place, elles n’œuvrent pas toutes seules : les rapports qu’elles déterminent sont effectués – par des individus concrets. En partie dépassés par les structures dont ils sont les opérateurs, parfois secrètement réticents à ce qu’elles leur font faire, parfois collaborateurs zélés de leur effectuation. Aussi ceux qui ajoutent leur touche particulière odieuse à l’effectuation de rapports odieux sont-ils sans doute spécialement (auto-)désignés à l’imputation personnelle des effets de structure impersonnels… Les salariés ne s’y trompent pas d’ailleurs qui savent le plus souvent distinguer le malgré-lui modérateur du vrai salaud.

Les artisans de l’impasse – les vrais fauteurs de violence

Il y a enfin, en apparence les plus distants mais peut-être les pires, les célébrants de la structure, les conservateurs symboliques de l’état des choses. Eloignés du théâtre des opérations à un point qui semble rendre absurde leur mise en cause, il faut pourtant les remettre en première ligne de la responsabilité. Accompagnant depuis des décennies toutes les transformations, présentées comme « inéluctables », d’où le capital a tiré une emprise sans précédent sur la société, ils ont interdit que cette emprise soit reconnue, et nommée, pour ce qu’elle est : une forme de tyrannie ; ils ont systématiquement empêché que s’en élabore dans la société une contestation institutionnalisée, c’est-à-dire une mise en forme symbolique et politique des tensions que ce capitalisme ne pouvait manquer de faire naître, et sont par-là les vrais agents de la fermeture.

Tautologiquement, des colères qui ne se trouvent plus aucune solution de symbolisation, n’ont plus accès qu’à des expressions désymbolisées : l’explosion de rage. Mais à qui doit-on ces impasses dont ceux qui s’y trouvent coincés n’ont plus que la ressource de faire péter un mur pour en sortir ? À qui sinon à ceux qui ont aménagé l’impasse même, bétonné le débat, répété l’inéluctable état des choses, pédagogisé sa nécessité, ridiculisé, disqualifié et finalement fait barrage à toute idée critique, donc empêché toute formation d’une perspective politique alternative qui aurait fait réceptacle ?

De ce point de vue, et quelque désaccord qu’on ait avec lui, on pourra tenir pour exemplaire le traitement ignoble, notamment iconographique, réservé à Jean-Luc Mélenchon dans Libération, et d’ailleurs dans toute la presse de droite complexée qui le vomit à un point inimaginable, précisément parce qu’il est le seul acteur significatif du champ politique à y faire entendre le point de vue de l’oppression salariale, et rendre au moins concevable qu’une ligne politique soit tirée à partir de là (quant à sa réalité, c’est une autre affaire, et on jugera(it) sur pièce). S’il y a quelque chose comme des « responsables structuraux » de la violence, les gate-keepers médiatiques en font assurément partie. Avec au surplus cette ironie amère que ceux qui ont fermé tous les degrés de liberté du système, ne laissant plus ouverte que l’alternative de la chape ou de l’explosion, sont ceux-là mêmes qui viennent faire la leçon outragée quand « ça explose ».

Forcément cette presse de gauche de droite, puisque c’est par définition à la presse de gauche que revenait de créer les espaces organisés de la critique et par là les conditions de possibilité de la symbolisation politique, cette presse-là, passée à droite et démissionnaire de sa fonction historique, tombe au dernier degré de l’embarras quand il lui faut faire face à de telles éruptions de colère. On voit d’ici la balance de précision où a été pesé l’éditorial de Libération, qui s’efforce de tenir ensemble la condamnation des « inadmissibles violences » et la compassion pour les salariés restructurés, qui va même jusqu’à parler de « la violence des plans sociaux » (3) mais pour soigneusement éviter, dans le parfait équilibre des violences symétriques, de prendre le moindre parti net, essence du joffrinisme qui a pour seule ligne directrice le louvoiement, la conciliation apparente des inconciliables – mais le parti pris réel, car il y en quand même bien un, quoique inavouable quand on s’accroche ainsi à son étiquette de « gauche » alors qu’on est finalement aussi à droite, le parti pris foncier pour l’ordre social présent, jugé bon dans sa globalité, sans doute perfectible de ci de là, mais grâce au ciel le rosanvallonisme ou le pikettisme sont là pour nous fournir les rustines.

Voilà donc ce que jamais on ne lira nettement dans Libération ni dans aucun de ses semblables : que cette image des deux hauts cadres en liquette est un symptôme de plus, après beaucoup d’autres restés ignorés, d’un monde à changer d’extrême urgence. Que, faute de toute solution politique d’un tel changement, solution que des organes comme Libération se sont appliqués à empêcher d’advenir, cette image est au total porteuse d’espoir : car c’est l’image du corps social qui, par ses propres moyens, commence à sortir de son tréfonds d’impuissance, qui n’a plus peur de la tyrannie du capital. On ne lira pas non plus dans Libération que les détails de la situation n’ont pas grande importance, ni le salaire des pilotes ni l’état financier d’Air France, car, dans l’époque qui est la nôtre, l’important est le salariat qui relève la tête, quelle qu’en soit la fraction, l’exemple ainsi donné aux autres, et que ceci est un bon signe. On n’y lira pas enfin que Manuel Valls est le méta-voyou, celui qui non seulement prend le parti des voyous, mais traite de voyous les victimes des voyous.

Le parti du capital

Au vrai c’est toute la droite générale, celle qui va du PS à l’UMP, organes médiatiques inclus, qui, dans un spasme réflexe a refait son unité, comme toujours quand un événement à fort pouvoir de classement la soumet de nouveau à l’épreuve – référendums européens, conflits sociaux durcis, etc. Bien sûr, dans la droite générale, il y a la composante honteuse, qui préférera s’abstenir de paraître. A côté des habituels L’OpinionLe FigaroLes EchosLe Parisien, dont les unes sont toutes plus gratinées les unes que les autres, la presse de droite complexée fait courageusement la sienne sur un écrivain suédois disparu – abstention qui a malheureusement tout le poids d’un parti. Le parti pris d’un certain parti, qui est ce parti informel de l’ordre social capitaliste, parti agglomérant bien sûr des partis politiques au sens classique du terme, on a dit lesquels, mais également tous ceux qui concourent activement à sa reproduction symbolique, économistes, éditorialistes, faux intellectuels, à commencer par ceux qu’on pourrait appeler les objecteurs cosmétiques, spécialistes de la critique secondaire, passionnés de l’inessentiel, stratèges de l’évitement (4) , en tout cas tous bien occupés à fermer le champ du pensable, pour donner comme impensable que les choses soient fondamentalement autres qu’elles ne sont.

C’est qu’en effet, de ceux qui installent les structures à ceux qui les font tourner en passant par ceux qui les déclarent nécessaires (quand ils ne les disent pas admirables), tout ça fait du monde ! Un parti de fait. Le parti du capital. Car on peut bien appeler « parti du capital » l’ensemble de ceux qui approfondissent le règne du capital, qui s’abstiennent de lui opposer la moindre critique sérieuse, et qui barrent résolument la route à ceux qui auraient le projet de le faire. Le parti du capital va donc bien au-delà des seuls capitalistes, mais se scandalise uniement lorsque des têtes se relèvent.

Pour ce grand parti informel, nul doute que les images d’Air France n’ont rien que de glaçant. C’est qu’elles lui tendent le miroir de son devenir possible : en parti de la liquette, grand rassemblement des candidats à la guenille car, avéré l’inexistence des solutions institutionnelles d’endiguement à froid du capital et de son emprise totalitaire sur la société, la probabilité des solutions à chaud va croissant chaque jour. À ce stade d’ailleurs, ça n’est même plus une question de préférence ou de jugement : c’est une question entièrement positive. Quoi qu’on en pense, la tyrannie, la maltraitance que rien n’arrête, finissent toujours, privées de régulation externe et incapables de contenir leur propre tendance interne à l’abus, par franchir un de ces seuils invisibles où la peur des maltraités se retourne en fureur. Il ne faudra pas venir chialer ce jour-là qu’il y a du verre brisé et « d’inadmissibles violences » comme dirait l’éditorialiste de Libération. Car quand le couvercle de la cocotte ne peut plus que sauter, il saute ! Et les vrais coupables sont ceux qui ont installé la gazinière, monté le feu, et célébré la nouvelle cuisine.

Dernière station avant l’autoroute

Battue par trois décennies de néolibéralisme, la société en arrive à un point à la fois de souffrance et d’impossibilité où la question de la violence en politique va devoir se poser à nouveaux frais, question tabouisée par excellence et pourtant rendue inévitable au point de faillite de tous les médiateurs symboliques où nous sommes. Les galéjades habermassiennes de « l’agir communicationnel » paraissant maintenant pour ce qu’elles sont – une illusion de démocratie discursive recouvrant les rapports de force réels, la surdité arrogante des dominants et l’imposition sans appel de leur ordre (on ne s’étonnera pas qu’elles soient régulièrement célébrées dans Le Monde) –, le compte des solutions de transformation sociale réelle est vite fait. Comme s’il s’efforçait inconsciemment de rejoindre son concept, le parti de la liquette, fermant toute autre possibilité, crée la situation de l’épreuve de force. Il finira bien par l’avoir.

Epreuve de force et épreuve de vérité. Car la presse tombe le masque quand l’ordre de la domination capitaliste est réellement pris à partie, fut-ce très localement, et qu’il l’est de la seule manière que les dominés aient à leur disposition, puisque abandonnés de tous, sans le moindre espoir que leur parole soit portée ni dans le cénacle des institutions politiques ni dans l’opinion publique par un canal médiatique mentalement et financièrement inféodé, privés donc de tous les recours de la lutte symbolique, ils n’ont plus que leur bras pour exprimer leur colère.

On ne dira jamais assez combien c’est la réduction au dénuement symbolique qui jette les individus dans l’action physique – désymbolisée. Pas plus qu’on ne rappellera jamais assez que des hommes ou des femmes, qui n’ont somme toute que le désir de vivre paisiblement et de jouir d’une stabilité matérielle minimale, qui n’ont en réalité aucune préférence pour la lutte et encore moins pour la violence, car ils n’aspirent qu’à la tranquillité, ces hommes et ces femmes, donc, ne sortent de leurs gonds que parce que quelque chose, ou quelqu’un, les en a fait sortir.

C’est peut-être une économie générale de l’offense qui commence à se manifester ici, dans laquelle il n’y aura pas à payer que l’état objectif de la violence sociale capitaliste, mais également, petit supplément qui fait parfois les grandes révolutions, cette inimitable touche d’arrogance ajoutée par les dominants aux structures de leur domination. Et c’est vrai que le parti du capital, futur parti de la liquette, n’en aura pas manqué. Depuis les rires gras de l’assistance patronale de Royaumont entendant de Juniac briser quelques « tabous » de son cru, comme le travail des enfants ou l’emprisonnement des grévistes, jusque, dans un autre genre, aux selfies rigolards venant couronner des années de consciencieux efforts pour expliquer aux peuples européens dévastés par l’austérité qu’ils l’avaient bien cherchée (5) .

Quand la loi a démissionné, les dominants ne connaissent qu’une force de rappel susceptible de les reconduire à un peu de décence : la peur – encore elle. C’est bien celle que leur inspirait le bloc soviétique qui les a tenus à carreaux pendant les décennies fordiennes. À des individus que le sens de l’histoire n’étouffe pas, la chute du Mur et l’effacement du mouvement communiste n’ont rien signifié d’autre qu’« open bar ». Dans cette pensée dostoïevskienne du pauvre, ou plus exactement du nouveau riche, « si le communisme est mort, alors tout est permis ». L’instance externe de la peur effondrée, et l’instance interne de la contention – le pouvoir politique – passée avec armes et bagages du côté des forces qu’elle avait à contenir, la peur ne retrouvera plus d’autre origine que diffuse et immanente : elle viendra du bas – du bas qui se soulève.

Les dévots qui se sont engagés corps et âme dans la défense d’un ordre ignoble et forment sans le savoir l’avant-garde de la guenille, sont encore trop bêtes pour comprendre que leur faire peur en mots – ou bien en tartes à la crème – est la dernière solution pour leur éviter de connaître plus sérieusement la peur – dont ils ne doivent pas douter qu’elle viendra, aussi vrai qu’une cocotte sans soupape finit par exploser. Aussi s’empresseront-ils d’incriminer les « apologètes de la violence » sans même comprendre que signaler l’arrivée au point de violence, le moment où, du fond de l’impasse, elle va se manifester, est le plus sûr moyen, en fait le seul, de forcer la réouverture de perspectives politiques, et par là d’écarter l’advenue de la violence.

Frédéric Lordon

 

105 réponses à Le parti de la liquette par Frédéric Lordon

Commentaires recommandés

achriline Le 02 novembre 2015 à 12h19

@atanguy
N’idéalisez pas trop 1968 ! Ce n’est pas le mécontentement des Français qui l’a déclenché.
68 a été vraisemblablement la 1ère révolution colorée, les étudiants, Cohn Bendit en tête, ont été utilisés pour se débarrasser de De Gaulle qui contrariait l’empire. A l’époque, lors d’une interview (je n’arrive pas à retrouver la vidéo d’archive de l’INA), Cohn Bendit a reconnu avoir été contacté par les américains mais il a répondu par une pirouette quand le journaliste lui a demandé s’il avait accepté. En répondant : “à votre avis”, il n’affirme ni ne nie les faits mais avec le recul, son parcours et la similitude entre mai 68 et les différentes révolutions colorées plus récentes il n’est pas impossible que l’on découvre un jour que la CIA le rémunérait (cf les soi-disant pères de l’europe Schuman et Monnet).
Après le rapatriement de l’or (il est formellement interdit de remettre en cause la suprématie du dollar – http://www.les-crises.fr/de-gaulle-smi-1/ ) et la reconnaissance de la Chine, le “vive le Québec libre” en 1967 fut certainement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Après les multiples tentatives d’élimination, c’est une méthode un peu moins violente qui a atteint le but.

  1. Patrick Luder Le 02 novembre 2015 à 05h18
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    On dirait un billet datant des années 1960 … avec un concept politique complètement dépassé fait de classes populaires et de partis déjà obsolètes. La réforme sociale du futur est a chercher dans les petites sociétés dites “participatives” (à défaut d’un terme plus adapté) ou tous les citoyens sont appelés à participer au développement et à la gestion responsable de la société. Par exemple ici => http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/aux-origines-du-mouvement/une-gouvernance-novatrice


    • atanguy Le 02 novembre 2015 à 06h09
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      Dans les années 60 il y a eu 1968 – C’est bien ce qu’il nous faut mais cette fois il faudra aller jusqu’au bout!
      Ça ne t’empêchera pas de cultiver tes choux ou autres herbes,au contraire!


      • achriline Le 02 novembre 2015 à 12h19
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        @atanguy
        N’idéalisez pas trop 1968 ! Ce n’est pas le mécontentement des Français qui l’a déclenché.
        68 a été vraisemblablement la 1ère révolution colorée, les étudiants, Cohn Bendit en tête, ont été utilisés pour se débarrasser de De Gaulle qui contrariait l’empire. A l’époque, lors d’une interview (je n’arrive pas à retrouver la vidéo d’archive de l’INA), Cohn Bendit a reconnu avoir été contacté par les américains mais il a répondu par une pirouette quand le journaliste lui a demandé s’il avait accepté. En répondant : “à votre avis”, il n’affirme ni ne nie les faits mais avec le recul, son parcours et la similitude entre mai 68 et les différentes révolutions colorées plus récentes il n’est pas impossible que l’on découvre un jour que la CIA le rémunérait (cf les soi-disant pères de l’europe Schuman et Monnet).
        Après le rapatriement de l’or (il est formellement interdit de remettre en cause la suprématie du dollar – http://www.les-crises.fr/de-gaulle-smi-1/ ) et la reconnaissance de la Chine, le “vive le Québec libre” en 1967 fut certainement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
        Après les multiples tentatives d’élimination, c’est une méthode un peu moins violente qui a atteint le but.


        • Alkali Le 02 novembre 2015 à 16h43
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          @Achriline
          Tout à fait d’accord avec votre post!
          68= chasser de toute urgence DeGaulle du pouvoir pour le remplacer par un US compatible comme Pompidou, alors n°2 de la banque Lazard.
          Mission réussie et nous subissons, depuis, le long déclin d’une France que le Général avait su maintenir au sommet de la diplomatie.
          Le monde nous aimait alors… aujourd’hui il nous déteste presque autant que les USA.


        • atanguy Le 02 novembre 2015 à 18h07
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          Cohn Bendit un agent US?
          Peut-être, mais ce que je peux t’assurer c’est que quand les travailleurs se sont mis en gréve – Le vrai Mai 68 – c’est pas lui ou un autre “agent” qui l’a décidé. En fait c’est les dirigeants du PCF,encore sous la direction de Moscou – Les futurs oligarques – qui on freiné la révolte jusqu’à ce que la gréve s’arrête avec en échange de larges gains sociaux a l’époque.


          • LEMOINE Le 02 novembre 2015 à 19h06
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            Je ne pense pas que la CGT ait eu tort de signer les accords de Grenelle et les dirigeants du PCF d’approuver cette prudence. Ils avaient les uns comme les autres une juste vision du rapport de force. Ils ont compris que s’ils ne signaient pas avant les élections, après il n’y aurait plus rien à signer puisque la droite sortait largement vainqueur.

            Il faut quand même se rappeler que les élections de juin ont permis la chambre des députés la plus à droite jamais vue. La situation n’était par conséquent “révolutionnaire” que pour les têtes folles. Ainsi s’explique d’ailleurs que de Gaulle n’ait rien fait pour apaiser la situation, mais qu’il ait joué sa partition pour créer un climat “révolutionnaire”. On comprend aussi l’attitude des médias qui ont présenté les “événements” de façon à en multiplier les effets.

            Il faut aussi savoir qu’une bonne partie de la jeunesse n’a en rien participé réellement aux événements. Beaucoup de lycées ont été non pas en grève mais en lock out (le mien entre autres). Enfin la grève des transports a cloué beaucoup de jeunes au pied de leur immeuble (abreuvés par les radios de reportages exaltés sur ce qui se passait)


            • atanguy Le 02 novembre 2015 à 21h06
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              Les accords de Grenelle ça a permis a De Gaulle de reprendre la main et aux bureaucrates du PC et de la CGT de conserver leur pouvoir sur les classes laborieuses. Le rapport de force dépend toujours de la situation,par exemple: Le même français moyen était pétainiste en 1940 et gaulliste en 44/45.


            • Wilmotte Karim Le 09 novembre 2015 à 21h51
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              @atanguy
              Quand un gouvernement français (qui en plus est un peu versé en histoire) laisse la place aux révolutionnaires, préparez-vous à la guerre civile (et au mur des fédérés).


          • achriline Le 03 novembre 2015 à 02h00
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            @atanguy
            “Peut-être, mais ce que je peux t’assurer c’est que quand les travailleurs se sont mis en gréve – Le vrai Mai 68 – c’est pas lui ou un autre “agent” qui l’a décidé”
            Non, je ne sais pas ce que vous entendez par “vrai mai 68” mais les “travailleurs” ont été entrainés par les syndicats qui, dépassés par la tournure que prenait le mouvement étudiant, ont pris le “train en marche” et ont cherché à profiter de ce mouvement. Ils ont bien joué dans la mesure où le gouvernement a accepté de leur donner des avantages substantiels afin de les désolidariser du mouvement étudiant et ainsi à étouffer la révolte.
            Le mouvement ouvrier a juste profité de l’opportunité et il ne faut pas exclure la possibilité que l’URSS ait pu conseiller à la CGT de signer les accords de Grenelle de façon à contrarier les plans américains, guerre froide oblige. Faute d’avoir un gouvernement communiste De Gaulle était un moindre mal pour l’URSS.


        • atanguy Le 03 novembre 2015 à 05h09
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          @achriline
          J’idéalise rien,il y avait 10 millions de grévistes dans la gréve générale. C’est ça Mai 68,ce n’était pas la révolte colorée des étudiants comme tu dis,mais peut-être tu ne le sais pas, moi j’y étais…


          • LEMOINE Le 03 novembre 2015 à 09h58
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            Réponse tardive à Atanguy : Je ferais remarquer que lorsque je dis que le rapport de force exigeait la signature rapide des accords de Grenelle, je m’appuie non sur ce que me dit mon petit doigt mais sur des faits : à savoir le résultat des élections de juin. Je pourrais ajouter que la plus grande manifestation de mai 68 n’a pas eu lieu au quartier Latin mais sur les Champs-Elysées.

            Ce n’est ni la CGT ni le PCF qui ont viré de bord mais les gauchistes. Tout ce petit monde s’est retrouvé au stade Charlety pour un grand meeting unitaire avec la Social Démocratie. Virage à 180 degrés donc qui en dit long sur la réalité de cette “révolution”.

            La suite : la lente évolution de la CFDT a confirmé tout cela. Une autre partie des gauchistes a rejoint (ou était déjà) à FO

            Donc les Etats-Unis n’avaient rien à demander ni à organiser. Il suffisait de bien regarder


        • Sami Le 03 novembre 2015 à 18h45
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          Pourtant, De Gaulle ne parlera jamais, ni de près ni de loin, d’un quelconque “complot” contre lui. Il était tout de même suffisamment futé pour avoir ne serait-ce que pressenti quelque chose ?… Maintenant, peut-être a-t-il préféré se murer dans un silence héroïque plutôt que d’étaler sur la place publique, ses gravissimes divergences avec les USA, par souci … d’intérêts de classe, comme on dit ?………
          Sans oublier qu’il a introduit dans le poulailler, des hommes tels que Pompidou ou Giscard, et dans le genre pro-Américain, pro-finance mondialiste, il est difficile de faire mieux… ou pire !
          Etrange démarche.


        • Vivouille Le 04 novembre 2015 à 17h03
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          Pour approfondir voici 2 textes qui vont dans votre sens @achriline

          Mai 68 sous l’angle usa contre DeGaulle :
          http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497

          Cohn Bendit et le libéralisme (ultra) :
          http://mai68.org/spip/spip.php?article364


      • Serge Le 02 novembre 2015 à 13h53
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        @atanguy Jusqu’au bout de quoi ?
        Du désir narcissique ,du jouir sans entrave et de la déconstruction tout azimut ? Mais nous y sommes presque !
        “Mai choichante ouite ,ouais c’est coule ” !…


        • atanguy Le 02 novembre 2015 à 19h46
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          Jusqu’au bout de l’élimination de la bourgeoisie,du capitalisme financier,des injustices sociales,de la propriété privée,de la société de consommation,des guerres de religions,des guerres ethniques,de l’épuisement des ressources terrestres…


          • Serge Le 02 novembre 2015 à 22h59
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            Mon commentaire au second degré n’est pas passé .Je le trouvais drôle pourtant …Mais c’est comme ça …Je ne vois pas ce qui vous a choqué dans cette petite caricature ,et il n’est pas plus hors-sujet que d’autres ici.Contrairement à vous,j’ai vécu cette période ,alors je peux en parler un peu . Un abîme de perplexité !


          • Vincent Le 03 novembre 2015 à 14h26
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            Comme si la révolte étudiante de 68 était un phénomène qui visait tout cela… C’est avant tout un mouvement libertaire. Qu’il ai été accompagné pour en faire autre chose (tentative de grand soir, renversement de de Gaulle, ou autre) c’est possible, mais avant tout le slogan c’est l’injonction de jouir sans entrave.
            C’est la proclamation de vouloir rester irresponsable, de s’affranchir de tout ordre, un rêve de médiocre adolescent bourgeois.
            Des idées ils en avaient plein la tête, dont celle de “structures” abattre, celle là même que nous ressort Lordon. Un beau ramassis d’utopies individualistes.


    • AlainCo (@alain_co) Le 02 novembre 2015 à 09h42
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      ce billet, montre la déconnexion des réalité de ce qui reste de noe élite, et désole Olivier, là vosu vous faites enfumer.

      Le néolibéralisme est un terme poubelle qui le plus souvent décrit une capitalisme de corruption, genre la liberté pour moi pas pour mes concurents, ou je garde les gains et je fait payer les partes par les contribuables.
      on est bien d’accord pour vomir ce système.

      le concept marxiste de prolétariat, de bourgeois, et même l’implicite du capitaliste à gros ventre et chapeau haut de forme, de la gorsse usine, du col bleu, est lié à un modèle de capitalisme industriel paternaliste, néo-aristocratique, qui est en symbiose avec un état obèse qui le protège en échange des impots. C’est ce capitalisme étatisé, que les fachistes demandaient, comme mélanchon of Lepen, et comme une bonne partie du pays.

      Le problème c’est que ce n’est qu’un modèle qui a émergé de la forme temporaire de technologie qui sous tent la révolution industrielle, taylorienne, ferroviaire, minière…
      un énorme besoin de capital, de hiérarchie.
      l’école de julles ferry a été faite , pour éduquer une masse prolétarienne au point de pouvoir gérer un travail répétitif mais complexe en fait. Cela donne des masse alphabétisé, mais castrées, incapable d’ntreprendre, de se rebéler, mais capable de voter pour des représentats politique, syndicaux, chargés de représenter leurs intérêts, et ce dans une logique assez libéral (les syndicats sont une invention vrai-libérale, comme les mutuelles).

      le niveau de formation et d’individualisme, la complexité des métiers, les changement permanents, font que ce modèle est en train de mourir.

      Il faut changer d’école, une école qui intègre la masse d’information accessible, qui forme des gens différents, motivés, entreprenants, parfois étranges, des découvreurs de cygnes noirs, des aventuriers.
      il faut changer de capitalisme pour un capitalisme des petites gens comme dans les pays du tiers monde, comme le décrit très bien hernando De Soto…
      il faut effectivement dégonfler la bulle financière qui fait croire à piketty, au grand dam de De Soto, que les riches s’enrichissent, alors qu’il se gavent de vent.

      La meilleur protection sociale pc’est de laisser la liberté, la vréelle liberté, de travailler comme on veut, si on veut, quand on en a besoin, que l’on soit riche ou pauvre, doué ou pas, jeune ou vieux.
      un retraité à petite retraite pourrait garder des gamins si les lois ne le lui interdisait pas (profession régulées, chares sociales qui doublent le prix), et un chomeur pourait cuire, vendre ou livrer des pizza

      évidemment le Francais moyen imagine que ca va tuer le boulot des livreurs et pizaillolo professionels, mais en fait ca va faire exploser le marché, et de toute façon une baisse de prix finit par pousser à acheter autre chose, ou pire à investir…

      sauf si fiscalement on pousse les gens a acheter de l’immobilier au lieu d’investir dans des machines outils.


      • LEMOINE Le 02 novembre 2015 à 13h14
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        “le concept marxiste de prolétariat, de bourgeois, et même l’implicite du capitaliste à gros ventre et chapeau haut de forme, de la grosse usine, du col bleu, est lié à un modèle de capitalisme industriel paternaliste, néo-aristocratique”,

        !!! Tout cela est asséné avec l’assurance satisfaite qui caractérise l’ignorance !

        Le concept de prolétariat est comme il est dit un concept c’est-à-dire que c’est une notion élaborée dans le cadre d’une analyse et d’une réflexion rationnelle. Comme tout concept il fonctionne dans le cadre rationnel, d’une construction intellectuelle qui peut rendre compte de sa logique.Ce n’est en rien une image, et il ne renvoie à aucune image mais à une analyse.

        Il fonctionne comme tout concept marxiste en couple antagonique : prolétariat/bourgeoise. Il ne peut se comprendre que dans le cadre d’un système conceptuel. Il est lié aux concepts de rapports sociaux, de mode de production. Il permet de comprendre une logique (une évolution dont on peut rendre compte rationnellement).

        Petite lecture recommandée : http://lemoine001.com/2015/05/07/proletariat-et-lumpenproletariat/


        • Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 23h04
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          Non , non , l’antagonisme , c’est pas prolétariat/bourgeoisie , méme socialement , c’est prolétariat/capitalistes , tout autre chose .


          • Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 23h10
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            C’est comme l’esclavage faut pas se réduire aux images , du besogneux qui fonctionne à coup de fouets , y a des esclaves , ministres de l’Empire , célébres .
            Affranchi par la suite ou auparavant , mais gardant la marque du fer rouge .


        • olivier69 Le 03 novembre 2015 à 01h08
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          Par exemple, que connaissez-vous de la philosophie sociale d’un Godin (un modèle de paternalisme) ? Puisque vous dites : “Tout cela est asséné avec l’assurance satisfaite qui caractérise l’ignorance !” ?
          Etant ignorant, contrairement à vous (juge de l’ignorance), pourriez-vous m’expliquer, comment vous dissociez par exemple, l’analyse de l’image ? (en terme de signification, de définition et de compréhension)

          Est-ce que le concept est une notion intrinsèque et/ou pseudo-divine (technocratique par définition par exemple) ? Une notion sonore, gustative, auditive,… ? Parce que perceptible….A quels types d’analyse ou d’expertise peut-on faire appel pour comprendre la réflexion ? Sans au moins un de mes sens, je ne peux pas penser, parce que modestement, je ne suis qu’un humain….Pas d’idée sans un sens !

          Voyez-vous, je pense que la pensée (la conceptualisation par exemple) est plutôt justement une image mais à la différence près, qu’ elle sublime celle-ci. Vous donnez donc une importance à l’expertise par le dogme qui empêche tous les développements analytiques postérieurs (le “c’est comme cela”). Vous affirmez que certains détiennent aux détriment d’autres, la vérité des analyses et la raison, alors ? C’est un choix… Que je ne considère pas comme responsable mais plutôt enfantin (comme un caprice intellectualisé et/ou matérialisé).

          Donc pour être plus précis, je n’opposerai pas le concept à l’image par exemple. Mais je l’associerai……Enfin, merci de nous confirmer que le manichéisme anglo-saxon a influencé Marx (Ce pôvre Karl ! croyez-vous qu’il aurait apprécier le prix de 5 euros pour visiter sa tombe ? ). Je suis presque sûr que vous n’aimez aucun compromis….


      • Alain au bar Le 02 novembre 2015 à 14h01
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        Un prolétaire est celui qui ne dispose de rien d’autre que de sa force de travail pour subvenir à ses besoins a contrario du bourgeois.

        Quelque chose à redire à cette définition ?


        • LEMOINE Le 02 novembre 2015 à 15h26
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          Robinson Crusoe ne disposait de rien d’autre que sa force de travail (au moins jusqu’à l’arrivée de vendredi). Il n’était pas pour autant un prolétaire. Juste un homme seul face à la nature.

          Le prolétaire dispose de sa force de travail mais ne se réduit pas à cela. Il est tout autant que le bourgeois une personne humaine capable de créer, d’imaginer, d’inventer. Il est réduit par sa situation à sa force de travail. Ou plutôt le rapport capitaliste voudrait le réduire à sa force de travail.

          Le prolétaire n’est prolétaire que dans le cadre du mode de production capitaliste. Comme le bourgeois n’est bourgeois que dans ce cadre. Le prolétariat ne peut pas se penser (comme concept marxiste) hors du cadre du mode de production capitaliste.

          Enfin, pour définir il faut dire à quel genre appartient la chose définie et quelle place elle occupe dans ce genre. Le prolétariat est un des pôles du rapport social de production dans la société capitaliste (l’autre pôle étant la bourgeoise) (ceci est le genre). Il se distingue de l’autre pôle en ce que l’un dispose des moyens de production tandis que l’autre en est privé (place occupée).

          L’esclave aussi est réduit à sa force de travail. Mais il n’en dispose pas. Il ne dispose pas de sa personne.


          • LEMOINE Le 02 novembre 2015 à 15h30
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            Juste encore une précision : on entend dire souvent que les réfugiés sont l’image même du prolétariat moderne.

            Je pense que ce n’est pas vraiment exact. Les déplacés n’entrent pas dans les rapport de production de leur pays de départ et n’ont pas encore de place dans les rapports de production du pays où ils arrivent. Ils ont à s’y faire une place comme prolétaires puis dans une classe (ouvriers, employés etc.)


          • Alain au bar Le 04 novembre 2015 à 12h33
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            Cher Lemoine, vous êtes sans aucun doute plus savant que moi mais tout le monde aura compris que ma définition était contextuelle au mode de production capitaliste. Vous en connaissez un autre à l’oeuvre en Occident ?


        • Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 23h51
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          Oui , je connais , des bourgeois , pareons qui travaillent plus dur et plus longtemps que leurs salariés , avec plus de soucis , et des revenus , à peine supérieur .
          Prenons l’exemple de la retraite . Le salaraié c’est par répartition , en trés gros pour faire comparaison , il touche 2000 en salaire direct , 1000 en retraite .
          Pour qu’un bourgeois touche 1000 en retraite , combien lui faut il épargner ? en placements surs et garantits , mettons à 5% . Faites le calcul et vous serez saisi de stupeur . Je parle méme pas des taux des obligations d’état à zéro , pour rester raisonable , mais on verrait là l’ampleur du pb financier actuel .


      • atanguy Le 02 novembre 2015 à 19h53
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        Tout ça mon cher Alain ne viendra qu’avec une société ou la propriété privée sera éliminée et ou nous aurons accès a de nouvelles sources d’énergie non polluantes et décentralisées.


    • LEMOINE Le 02 novembre 2015 à 10h29
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      S’il y a bien un concept qui rappelle les années 60, c’est bien celui de participation. C’est ce que de Gaulle a sorti de son sac à malices quand il a senti que son pouvoir était menacé.

      La participation nous l’avons aux bénéfices. Le rêve c’est des salariés qui ont tellement intériorisé leur condition subalterne qu’ils acceptent de participer à leur propre exploitation, qui acceptent de réduire leurs salaires et d’augmenter leur temps de travail sans même discuter les politiques qui les mettent en concurrence avec ceux du tiers monde. Le rêve est réalisé par ces jeunes qui s’investissent dans des “starts up” et travaillent comme des damnés dans l’espoir chimérique d’être un jour très riches. Ils ont des compétences qui valent pour un moment, qui ne vaudront plus rien demain parce que le monde va si vite et que leur culture et si limitée qu’ils seront bientôt des “has been”. Ils cultivent leur “réseau” pour rebondir après chaque avanie mais ils ne voient pas que leur “réseau” est à la mesure d’une société dans laquelle toute solidarité est absente, c’est la conjonction de quelques égoïsmes qui pensent s’en sortir grâce à quelques “avantages” ou “privilèges” (mots aujourd’hui à la mode et dont on se vante sans vergogne et dont use la publicité pour appâter ses victimes). Pour eux le “partage” c’est juste un synonyme de la débrouillage, l’art de faire avec la pénurie.

      Il faut être totalement aveugle pour ne pas voir que l’idée de “classe moyenne” ne correspond à rien. Le niveau du salaire médian suffit pour le voir. Il existe bel et bien des classes populaires, une classe productive et une classe exploiteuse, la première étant très nombreuse, la seconde faible en nombre et forte de sa capacité à diviser l’autre. La première étant très bien organisée, la seconde ayant renoncé à son organisation (à ses syndicats et partis politiques). Mais aussi la première conduisant le monde à la ruine et la seconde porteuse de progrès.


      • theuric Le 02 novembre 2015 à 19h39
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        C’est ce que vous décrivez qui disparaît sous nos yeux.
        C’est cette société qui, il y a quelque chose comme un siècle et demi, voire deux, s’est progressivement mise en place, a atteint son apogée vers les années soixante-dix, puis, depuis, a lentement décliné jusqu’à aujourd’hui, arrivée aux portes de sa disparition.
        Quand à votre vision de la classe-moyenne, je n’y souscris en rien.
        Au-delà des niveaux salariaux et de contrôle des ouvriers, les classes-moyennes sont, dorénavant, celles qui détiennent le savoir.
        Si nous considérons, bien sûr, les métiers de connaissances, de leur passations et de recherches comme étant de la classe-moyenne, ce qui, si nous y réfléchissons, est très large.
        Un pouvoir n’est que relatif à une époque puisque s’appuyant sur la puissance du moment, guerrière ou religieuse hier, monétaire aujourd’hui, celle-là même qui, comme je l’ai dit, disparaît.
        Dès lors ne reste plus que la-dite classe-moyenne.


      • atanguy Le 02 novembre 2015 à 20h02
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        D’accord avec ton analyse mais a la fin on aura compris que la “première” c’est en fait la “troisième” dans ta description:
        “Il existe bel et bien des classes populaires, une classe productive et une classe exploiteuse, la première étant très nombreuse…
        La première étant très bien organisée, la seconde ayant renoncé à son organisation (à ses syndicats et partis politiques). Mais aussi la première conduisant le monde à la ruine et la seconde porteuse de progrès.


      • olivier69 Le 02 novembre 2015 à 23h18
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        Bonjour lemoine,

        La participation aux bénéfices permet des revenus complémentaires aux salariés mais aussi une motivation en terme d’investissement personnel au sein des entreprises (un partage de propriété). Vous voulez insinuez que de Gaulle a crée “la participation malsaine aux bénéfices” ? Allez plutôt regarder historiquement du côté de Keynes…..Cette mesure n’a rien de française. Pour moi, vous êtes donc encore dans les polémiques ou plutôt la politique politicienne (un moyen de vous opposer à de Gaulle mais sans réelle argumentation précise. Seulement un jugement sous forme de dénonciation…).

        Je tiens à vous signaler qu’on sent la peur de l’avenir, à travers votre approche méprisante des technologies mais surtout des jeunes (notez que ce n’est pas la première fois que je vous le dis, c’est récurrent chez vous, le mépris de “ces jeunes”). A la lecture de votre post, le vocabulaire est sans équivoque. On se demande qui est “has been” (par ailleurs, terme des années 80) ? Par exemple, vous voulez nous dire que les communistes ou l’extrême gauche n’ont jamais eu de “réseau” ? Ou que les leurs sont plus nobles dans la cause ?

        A votre âge, et dans le cadre de vos dénonciations, pourquoi vous ne condamnez pas plutôt la politique monétaire du crédit et l’inflation des actifs financiers qui repose sur l’avenir de vos enfants ? Est-ce une peur du problème de financement présent des retraités sur le compte des jeunes générations (l’esclavagisme par la dette) ? Un peu comme après moi, le déluge… Maintenant que vous avez jouis des conditions de la classe moyenne (open bar), elle peut donc disparaître dans les esprits pour financer les papy boomeur ? D’ailleurs, votre conclusion en dit long… Vous parlez d’abord de 3 classes, mais vous évitez d’analyser une d’entre elles ? Celle qui finance, bien entendu…

        Par conséquent, je pourrais dire en modifiant légèrement une de vos phrases :
        Le rêve des retraités individualistes, c’est des enfants qui ont tellement intériorisé leur condition subalterne qu’ils acceptent de participer à leur propre exploitation “par le report du crédit”, qui acceptent de réduire leurs salaires (il me semble que la désindexation du salaire sur les prix est spécifiquement l’oeuvre de votre génération, non ? ) et d’augmenter leur temps de travail sans même discuter les politiques qui les mettent en concurrence avec ceux du tiers monde (de mémoire, vous vous vantiez d’avoir fait des études bancaires, donc une surprise ?). Etes-vous devenu soudainement contre l’internationalisme ? Pour quelqu’un qui s’affiche comme un communiste, avouez que c’est un retournement de veste très intéressant.

        ps : Oeil pour oeil, dent pour dent, alors ? je suis certain que vous apprécierez….Si vous aimez l’esprit critique, vous tiendrez sans doute compte de mon post (le fond et non la forme). A moins que…. 🙂


      • Sébastien Le 03 novembre 2015 à 06h18
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        Je lis vos messages de qualité avec un grand intérêt et plaisir intellectuel. Merci beaucoup.


    • SEBLEB Le 02 novembre 2015 à 10h31
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      Je ne suis hélas pas sur du tout que le concept de lutte des classes soit si archaïque que cela. D’ailleurs, au contraire, j’interprète la dialectique des 1% comme le signe d’une résurgence de cette thématique.
      Par ailleurs, a mon avis, la société participative ne peux que partiellement nous affranchir du modèle actuel : En effet elle ne saurait suppléer a tout ce qui fait le cadre social.
      Je pense par exemple a tout ce qui concerne les infrastructures au sens large, a commencer par la santé et l’éducation. J’ai du mal a croire que le modèle participatif puisse mettre en place des structures d’enseignement supérieur, construire des hôpitaux a la pointe, ou des TGV.


      • SEBLEB Le 02 novembre 2015 à 10h45
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        Dit autrement, les AMAP et les SEL c’est très bien mais ne peux marcher qu’au niveau local. Il y a des projets dont l’entreprise nécessite une masse critique qui implique de sortir de l’échelle locale.


    • DidierF Le 02 novembre 2015 à 11h10
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      Monsieur Luder,

      Votre critique du texte de F Lordon est celle du passéisme. C’est très fort à gauche et équivaut à un péché mortel dans l’église catholique. Je vous vois donc à gauche. Cette gauche fantasmée par ses tenants comme étant libertaire. Je le pense car vous parlez de petites sociétés participatives. Rien de tout cela n’est certain.
      Mais votre déclaration selon laquelle c’est la solution amène le problème de savoir comment ces petites sociétés participatives vont s’articuler entre elles. Là, je pense que le parti du capital que dénonc F Lordon se porte volontaire pour assumer cette lourde tâche à nos dépends et à ceux de vos sociétés.
      Vous écrivez “On dirait un billet datant des années 1960 … avec un concept politique complètement dépassé fait de classes populaires et de partis déjà obsolètes.” Vous affirmez sans expliquer pourquoi c’est dépassé et obsolète et encore mieux pourquoi ce serait un billet des années 60. Il y a encore plus : Pourquoi un texte des années 60 serait dépassé s’il touche une réalité actuelle ?
      Je comprends que vous rejetez totalement F Lordon, vous le méprisez. C’est votre droit et je le regrette. Vous le rejetez sans preuves, seulement avec un sentiment très fort de mépris qui correspond au complexe d’Orphée de Michéa. Cela vous interdit de regarder en arrière, de regarder comment nous en sommes arrivés là. Cela vous interdit une compréhension de ce monde. Cela vous interdit de vous demander si parfois “on” vous aurait menti et manipulé.
      Je pense que nous le sommes. Cette condamnation d’une personne sur la base seule d’un sentiment est un avertisseur de manipulation. C’est la victime qui, involontairement, crie très fort avoir été manipulée.
      Je rejette votre mépris comme étant malvenu. Je vous invite à vous demander si quelque chose pourrait vous avoir été imposé. Et je vous souhaite une bonne journée


      • Patrick Luder Le 02 novembre 2015 à 13h45
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        Je pense simplement que le relèvement des défis à venir passera par dessus la lutte des classes et des partis politiques. Rapporter nos maux actuels a ces simples concepts et tout de même un peu léger.

        Sinon vous vous trompez au moins sur deux points, je ne suis pas de gauche et je ne rejette pas l’ensemble des pensées de Frédéric Lordon …


  2. Astatruc Le 02 novembre 2015 à 07h00
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    Il me semble qu’un nouvel outil est apparu qui pourrait totalement changer le rapport de subordination dont parle Lordon, c’est le revenu de base.

    J’imagine un entretien d’embauche où le recruteur serait obligé de vanter les aspects positifs de son entreprise, il lui faudrait attirer le salarié et tout faire pour le garder, j’imagine que les boîtes où séviraient des “petits chefs” mettraient la clé sous la porte.
    🙂

    Evidemment, cela changerai totalement les rapports entre salariés et dirigeants.

    Le Capital y perdrait son latin.
    (ses menaces)
    🙂

    Un tout nouveau paradigme.

    Un vrai danger pour l’ultra-libéralisme qui semble avoir pour objectif de tirer les salaires le plus possible à la baisse.

    http://revenudebase.info/

    http://geopolis.francetvinfo.fr/la-finlande-prete-a-experimenter-la-fin-du-travail-71493


    • AlainCo (@alain_co) Le 02 novembre 2015 à 09h46
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      tout a fait, ca peux sauver le vrai capitalisme.
      le revenu de base, a été testé, et pousse à l’investissement dans les micro-business, l’éducation.

      l’avantage c’est que comme c’est inconditionel, ca ne décourage pas, ni ne puni, le succès.

      c’est l’outisl libéral par excelence, associé à un marché du trail plus libre.
      envoyer chier son crétin de patron ne sera plus la ruine, mais n’importe quel boulot même minable, peut exister et rapportera un peu.
      les improductifs, consommeront moins, ou travailleront plus, mais ce sera leur décision, et ils ne mourront pas de faim, dormiront au chaud, et pourront se soigner.


      • Wilmotte Karim Le 02 novembre 2015 à 12h51
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        to@AlainCo
        “et pourront se soigner.”

        Même, ils pourront avoir des soins de première ligne.
        Mais ils n’ont pas intérêt à avoir un cancer.


    • Wilmotte Karim Le 02 novembre 2015 à 10h51
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      Le revenus de base, c’est la mort de la sécurité sociale a très court terme, la fin des luttes sociales collectives et le renvoi vers la seule responsabilité individuelle.
      Ce serait une victoire grandiose pour le capital.


      • Cyri Le 02 novembre 2015 à 20h34
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        Il faut arrêter de répéter ce que “le monsieur a dit à la télé” sans comprendre de quoi on parle ! A moins que ce soit en référence à une doctrine bien particulière du revenu de base, ces affirmations sont fausses. Renseigne toi par exemple sur le “salaire à vie” de Bernard Friot, ou sur la monnaie pleine. Il n’y a pas que des libertariens qui le défendent. Et je trouve que leurs doctrine tiennent la route.


        • Wilmotte Karim Le 03 novembre 2015 à 00h29
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          “Il faut arrêter de répéter ce que “le monsieur a dit à la télé””
          A mon avis, vous m’avez mal lu.
          Bien à vous,


      • SanKuKai Le 03 novembre 2015 à 11h31
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        Il est tout à fait normal d’être réfractaire au changement mais pourriez vous argumenter?
        Car,

        1- Il ne vous aura pas échappé que la Sécurité Sociale est déjà en cours d’assassinat progressif par tous les élus au pouvoir. Et les électeurs/salariés n’ont pas d’autre choix que de choisir des élus qui veulent la détruire. Quand Ils auront fini leur sale besogne, on aura ni pouvoir (individual ou collectif), ni Sécurité sociale.

        2- Dans les nombreuses méthodes possibles pour en mettre en place le revenue de base (création monétaire, via la TVA, par l’impot, etc.) il ne s’agit bien souvent que de forcer un changement de répartition du capital. En quoi le capital est-il gagnant?

        3- Aujourd’hui, comme l’explique très bien cet article, un salarié seul n’a aucun pouvoir. Regroupé en syndicat, il n’en a pas beaucoup plus car ceux qui le représentent n’ont pas de pouvoir non plus, ou sont là pour faire passer en douceur le message “du capital” comme dirait Lordon.
        Or, qu’est ce qui dans le revenu de base empêche les salariés de se regrouper?
        Un salarié seul aurait en effet un pouvoir individuel et une responsabilité accrues. Le pouvoir de dire non.
        Imaginez donc le pouvoir d’un regroupement de seulement quelques salariés voulant juste defendre leurs droits.


        • Wilmotte Karim Le 04 novembre 2015 à 19h58
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          1- Vous mesurez la différence entre la sécurité sociale et un revenu de base minable?
          La sécurité sociale, ce n’est pas seulement les retraites et chômage. C’est aussi la santé! Comment allez-vous financer cela avec un revenu de base?

          Alors oui, la sécurité sociale est attaquée. Mais la saborder ne va pas régler le problème… Il n’est d’ailleurs pas évident qu’ils gagnent. Vous voulez vous en sortir? Préparez-vous à vous battre.

          Et si vous pouvez obtenir un “bon” revenu de base, pourquoi ne pourriez-vous pas étendre les droits actuels?

          Quand à dire qu’on n’aura aucun pouvoir… on a déjà connu une période sans pouvoir (syndicats interdits, suffrage censitaire, livret ouvrier, etc), et nous sommes là.

          2- Voir 3 et 1

          3-
          La lutte paye! Mais effectivement, tout est fait pour que vous croyez le contraire.
          Parce que si vous vous rendez compte que la lutte paye… les liquettes vont voler!

          Ainsi, une grève de 4 semaines de plus de 20 000 facteurs allemands, contre la volonté du syndicat, leur a permis d’obtenir une grande victoire: http://www.bonnes-nouvelles.be/site/actualites-victoire_pour_les_travailleurs_de_la_deustche_post_-305-999-305-2003-fr.html

          Pourquoi ne pas se regrouper avec un revenu de base? Mais parce qu’il “suffit” de partir pardi! C’est bien toute la philosophie, non? “Libérer” les salariés en leur permettant de dire non… en s’en allant.

          Cela détruira la culture des luttes (l’un des gros problèmes actuels est l’arrivée de génération de personne dont les parents n’avaient aucune culture de lutte ouvrière). Et les délégitimeras: pas content? Pas une raison pour bloquer l’entrée (piquet), tu n’as qu’a allez voir ailleurs. Après tout, tu as un revenu de base qui te permettra de survivre.


    • Jean Le 02 novembre 2015 à 17h28
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      Bonjour,

      le revenu de base n’a que des avantages, il est à tester urgemment.
      La société sera créatrice et non plus asservie. Changer de travail, de parcourt sera possible sans risquer la faim.
      Les travaux épuisants, sales seront mieux payés.
      Ceux qui voudront plus pourront travailler plus et gagner plus. Selon son besoin.
      Fini la prostitution forcée.

      Le seul problème sera les profiteurs qui ne manqueront pas d’augmenter un loyer, une denrée sous prétexte que c’est payé par le revenu de base.

      A+


      • Amstellodamois Le 02 novembre 2015 à 21h32
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        Autre problème : le revenu de base instauré dans un pays, comment celui-ci fera-t-il pour contenir aux frontières les flux de migrants voulant aussi en bénéficier?


      • Wilmotte Karim Le 04 novembre 2015 à 20h03
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        Le Monde Diplomatique citait la Bolsa Familia et ses effets.
        Dans les campagnes, en donnant un revenu à des paysans sans aucun autre revenu, cela a permis aux travailleurs de refuser les pires conditions.

        Dans les villes (où les travailleurs avaient déjà certaines capacités de négociation et de replis), les employeurs ont répondu aux travailleurs que leur augmentation n’avait pas lieu d’être, puisqu’ils percevaient ce revenu.

        Un revenu de base, c’est une subvention aux salaires et conditions médiocres. Cela évitera le pire.

        Les attaques contre la sécurité sociale durent depuis 1947. Elle est toujours là.
        Une attaque détournée sera la solution face à les forteresses de nos droits.


    • K Le 02 novembre 2015 à 19h50
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      Il me semble que le le revenu de base existe déjà, c’est le RSA. La question est donc quantitative : à quel niveau faut-il fixer le RSA.
      La seule chose qui distingue le revenu de base classique du RSA (du point de vue du bénéficiaire), c’est le coté stigmatisant du second.


      • Amstellodamois Le 02 novembre 2015 à 21h35
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        Non, il n’existe pas encore.

        Le revenu de base serait inconditionnel, ce qui n’est pas le cas du RSA, justement, ni des diverses allocations actuelles. Les chômeurs qui se font radier de Paul Emploi sous les prétextes les plus futiles en savent quelque chose.


    • atanguy Le 02 novembre 2015 à 20h07
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      Ne pas oublier de supprimer la propriété privée et ça pourrait marcher…


  3. Bruno Le 02 novembre 2015 à 07h37
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    Y’a qu’a jeter un oeil sur les derniers scores du FN pour comprendre ou s’exprime la colere.


  4. Laurent Le 02 novembre 2015 à 07h52
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    Il y à plus puissant, plus radical et plus durable; le salaire à vie.
    http://www.reseau-salariat.info


  5. couci couça Le 02 novembre 2015 à 08h36
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    Qui peut penser ou répliquer , à la suite de ce texte très clair de F. Lordon , que la solution serait “un revenu de base ou un salaire à vie” , alors même que l’auteur développe la toute puissance et la tyrannie du capitalisme contemporain .
    On peut avancer certes des solutions mais ici nous sommes dans la pure utopie agitée parfois par les libéraux en guise de leurre supplémentaire pour endormir toute révolte .
    Car avec un état ruiné qui peut croire que celui-ci pourrait mettre en place ce type de solution .
    Pour l’instant les libéraux préconise surtout le retour à la “charité” comme dans l’ancien régime .
    Encore faut il rappeler que cette charité se faisait sous condition et de façon minimaliste .
    Bref je préconise personnellement une analyse réaliste de la situation , voisine de celle de F. Lordon, à laquelle nous sommes majoritairement confrontés et à en tirer les conséquences plutôt que de botter en touche avec des chimères .


    • Wilmotte Karim Le 02 novembre 2015 à 10h54
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      Le salaire à vie (et non le revenu de base), c’est la fin du capitalisme.
      De là à dire que c’est la solution, il y a de la marge.

      Lordon et Friot sont d’ailleurs loin d’être des adversaires farouches : https://www.youtube.com/watch?v=E6-x5lJD8K4


      • K Le 02 novembre 2015 à 20h04
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        Sincèrement, je ne vois pas quelle est la différence entre le revenu de base (à vie) et le salaire à vie.
        J’ai entendu Bernard Friot s’insurger contre le revenu de base et encenser le salaire à vie, donc il doit bien y avoir des différences entre les 2 mais lesquelles ?


        • Randy Le 02 novembre 2015 à 21h27
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          Le Revenu de Base est compatible avec le capitalisme.

          Le salaire à vie oblige à l’abolition de la propriété lucrative, donc le capitalisme,
          “Nous n’avons besoin ni d’actionnaire, ni d’employeurs pour produire”.


          • K Le 02 novembre 2015 à 21h33
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            En quoi le salaire à vie abolirait la propriété lucrative ?


            • maria ren Le 04 novembre 2015 à 21h41
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              Je me pose la même question…


    • SanKuKai Le 03 novembre 2015 à 11h50
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      “L’utopie est la vérité de demain.” – Victor Hugo

      Un film à voir le soir en famille, pour mieux comprendre (et/ou critiquer) le RdB:
      https://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0


  6. fed Le 02 novembre 2015 à 09h33
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    C’est bien pour cela que la destruction des états d’Irak de Libye etc permets d’envoyer des réfugies en masse pour obtenir une guerre civile afin de baisser au maximum le niveau social du continent européen afin de maximiser les profitS ultérieurs


  7. scipio Le 02 novembre 2015 à 09h39
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    F Lordon rappel ici une vérité, le capitalisme actuel marche à la peur.
    Il en tire une conclusion historique qui peut se résumer ainsi: le capitalisme, avant la chute de l’URSS, tenait avant par un consensus les profits contre la paix sociale celle ci garantie par un pouvoir d’achat minimal (la consommation libre et débridée) et des droits sociaux.
    L’URSS morte le capitalisme est devenu de fait débridé et la peur s’installe chez les salariés. Ce que ne précise pas, ici, dans cet article, Lordon c’est que le travail est devenu, progressivement, une notion centrale de la vie moderne.
    Pas de travail, pas de salaire, pas de vie sociale, bref vous êtes hors jeu.
    Ce que suggère Lordon est tentant: que la peur change de camps! Enfin!
    Si ce n’était pas Lordon qui écrivait ceci on pourrait penser à un retour à un consensus mou style salaire à vie, etc… ou la situation d’avant 1991…
    Mais c’est Lordon qui parle et il faut lire complétement les choses: que la peur change de camps et dépassons le capitalisme!
    Le capitalisme et les capitalistes hors de l’histoire!


    • Emmanuel Le 02 novembre 2015 à 19h00
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      La peur est-elle en train de changer de camp ? Après l’affaire d’Air France je n’y crois pas une seconde. Comme l’écrivit Aristote, une hirondelle ne fait pas le printemps.
      Quand bien même j’aurais tort, sous quelle forme politique assez puissante pour être efficace une telle évolution du rapport de force pourrait-elle se concrétiser ? Où trouvez-vous une possibilité d’inscrire ce renversement dans de nouvelles lois et des accords internationaux qui corrigeraient l’emprise croissante du capitalisme depuis trente ans ?


    • atanguy Le 02 novembre 2015 à 20h18
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      “Pas de travail, pas de salaire, pas de vie sociale, bref vous êtes hors jeu.”
      En plus,le travail disparaît grâce a l’automatisation et ce progrès ne se fait qu’au profit des exploiteurs.


  8. Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 09h55
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    Excellente métaphore de la part de Lordon . Mais a là suite du développement on pourrait penser que c’est le salariat qui est en liquette . Je crois que non , c’est le capital , et puisque que Marx est cité , je voudrais rappeler le sens de la métamorphose de l’argent en capital ( au sens étroit de capital productif , donc à salariés) dans le Kapital .
    Avant cette métamorphose , il y a eu la crise de la monnaie , par création d’actifs fictifs , la marchandisation parquant le pas . Il y a crise parce que non formulé pais implicite la reproduction du travail diminue en rapport . C’est celà à mon avis la base de la terreur : la menace qui pése sur l’existence du travail ( au delà du salariat) . Celà ne peut durer que tant que ce travail se reproduit malgré tout à hauteur précédente , au delà , non .
    Au delà l’argent doit , élargir la marchandisation et la métamorphoser en vente de la force de travail . C’est là qu’on rejoint la métaphore , c’est l’ interprétation du film qui est la bonne , c’est le travail qui surmonte d’abord la peur et prend le volant suite à la débandade de l’argent .
    Parce qu’il a un atout maitre , du temps libre et rien à perdre …


  9. Furax Le 02 novembre 2015 à 10h27
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    Il y a des lunettes idéologiques de tout bord. L’erreur de cette focale, c’est de croire que c’est le libéralisme, ultra ou modéré, qui est la cause de la pression à la baisse des salaires. La même erreur qui conduit à croire que l’antilibéralisme pourrait durablement stopper (voire inverser) le mouvement.

    La réalité, sur laquelle on ne peut agir avec des “ismes”, c’est :
    – que la poursuite du progrès technique tend à diminuer le besoin de travail humain en le confiant toujours davantage à des machines (matérielles ou logicielles),
    – que la diffusion du progrès technique sur toute la planète (ce qu’on appelle la globalisation mais qui est le fait qu’une part toujours plus importante de la population mondiale sait désormais fournir les produits et services qui avaient avant une forte valeur ajoutée du fait de leur rareté),
    – que la croissance de la population mondiale ne cesse d’accroitre cet écart.

    Ultra-Libéral, communiste façon Corée du nord, et quel que soit le point intermédiaire entre ces deux extrèmes auquel on se situe, cette réalité est là.

    Souhaite-t-on figer les choses et empêcher la concurrence ? Alors au final on tendra vers l’autarcie. Avec des phénomènes de décrochage ici et là qui conduiront à des situations où au final le couvercle qu’on aura essayé de maintenir sur la marmite finira par sauter. C’est comme en météorologie. Quand on a des différences de pression et de température, l’air circule.

    C’est physique.


    • Alfred Le 02 novembre 2015 à 21h05
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      L’air circule c’est physique si vous voulez. Pour le reste rien de nouveau. Ce que vous décrivez s’est déjà produit de multiples fois (mondialisation des échanges etc…) a des échelles diverses dans la très longue histoire. Et dans cette très longue histoire certains empires et certaines peuples se sont renforcés en utilisant une forme de protectionnisme sans que le couvercle de la marmite leur tombe sur la tête du fait de courants d’air…
      Les deregulateurs et ouvreurs de marché par la guerre du jour présent sont toujours les protectionnistes du jour passé (le temps de devenir assez fort).


    • Toony Le 03 novembre 2015 à 09h46
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      Pour élargir la réflexion, lire ‘nouvelle grille’ de Henri Laborit.
      Excellent livre qui recadre la lutte des classes, les fonctionnements économiques ou politiques dans un contexte basé
      … sur la biologie.


  10. Lysbethe Lévy Le 02 novembre 2015 à 11h18
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    Et pourtant cela démontre qu’il y a toujours le Capital et le Travail a travers cette affaire de la liquette ou chemise, ceux qui veulent prétendre que le marxisme n’est plus de mise en seront pour leurs frais : il y a bien deux classes aux intérêts toujours plus divergeant. Au final seule la violence paie, mais tous ensemble, pas seulement deux ou trois lampistes.

    Car ils vont le payer cher ce petit bout de violence, la chemise étant le symbole d’une violence qu’on ne saurait tolérer sauf du côté des puissants ou du Capital les travailleurs eux sont priés de s’exprimer pacifiquement.

    ALors que la violences des riches provoque pauvreté, précarité, suicides, la seule fois ou ils osent user de la force ils doivent payer le prix en étant engeôlés après avoir été jugés.

    Voilà la preuve qu’il y a bien une lutte des classes que certains voudraient voir disparu derrière ces concepts fumeux de “salaire a vie” forme de RSA déjà en vogue, ou de modèle pseudo-alternatif de Mr Rabhi un protégé du “capitalisme vert” avec ces “légumes pour riches”

    La princesse Polignac ne tarie pas d’éloges et la presse mainstream est toujours a son service : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/pierre-rabhi-le-semeur-d-idees_1235631.html.

    Rabhi un homme “pauvre” mais riche d’idées ? Comme si les paysans ne connaissaient pas la terre ou leur travail de l’agriculture ? Un homme se prétendant porteur d’un modèle est en fait propriétaire d’une entreprise :http://www.agriculture-environnement.fr/actualites,12/l-aristocrate-ecolo-et-le-paysan-bio,754.html

    Pour certains cela finit par des amitiés avec des sectes comme l’anthroposophie et le clan rabhi soutenu par des fonds privés, ne peux exister que par eux et non par ces idées révolutionnaires (??)

    https://www.veritesteiner.wordpress.com/2014/03/13/pierre-rabhi-la-biodynamie-et-lanthroposophie/

    Mais qui finance Colibris ? Et quels sont les dessous réels de son rêve pour les uns petite entreprise chez les autres ? La sphère green se perds un peu dans le commerce et la finance non éthique :http://www.rue89.com/planete89/2011/06/24/les-salaries-du-wwf-demandent-la-tete-de-leur-patron-210658

    Je crois que tout est fait de nos jours pour dériver le débât de la réelle lutte de classe au profit de choix individuels peu crédible pour la masse mais profitable pour une minorité toujours “protégée”.

    Je ne veux pas blesser les gens mais ne pas vouloir voir la réalité en face au profit d’une sorte de doux rêve avec des “côtés sectaires” qui profitent de s’engouffrer dans la brêche, je crois bien faire en vous en parlant car le côté obscur de la famille Rabhi est moins mise en avant dans les médias mainstream mais pourquoi le feraient ils au fond ??. .


    • Furax Le 04 novembre 2015 à 00h36
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      La lutte des classes, réelle avec ce phénomène mondial appelé “la sécession des riches”, est anecdotique. Même sans le décrochage entre d’une part la masse et d’autre part les très riches et très qualifiés/très bien positionnés, ce qui est décisif c’est la divergence croissante entre d’une part une productivité potentiellement illimitée (un tas de métiers peut être remplacé par des automates ou des logiciels) et d’autre part des besoins humains, une planète et des ressources naturelles caractérisés par leur finitude.


  11. Frédérique Le 02 novembre 2015 à 11h40
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    Il n’y a pas plus de presse de gauche passée à droite aujourd’hui, que de presse de droite passée à gauche hier (74% des journalistes ont voté Hollande).
    Il y a une presse au service de ses propriétaires (tous millionnaires), survivant grâce aux subventions payées par le contribuable et destinée à laver le cerveau de ce dernier avec la propagande de l’AFP.
    Tout comme il n’y a que des syndicats, des associations, des partis politiques nourris à l’argent public qui ne peuvent rien faire d’autres que de marcher dans le système ou de disparaître.
    Tout comme nous subissons un système politique composé d’élus qui ne pourraient pas l’être sans l’appui de la presse, des partis politiques, des associations, des syndicats…
    La boucle est bouclée, le serpent se mord la queue, cessons de parler de droite et de gauche alors que nous sommes prisonniers d’un cercle infernal, bien huilé et alimenté par la corruption de ses acteurs et de + en + par l’argent du contribuable.
    Les Mélenchon et le FN ne servent plus que de dernier refuge aux contestataires qui croient encore à la démocratie.
    C’est un énième épisode de cette très vieille lutte des classes indissociable de l’être humain qui finira une fois de plus au mieux en révoltes au pire en guerre.
    Mais nous n’en sommes pas encore là, ce qui a fait dire au milliardaire américain Warren Buffett, il y a quelques années,
    “qu’il existait bel et bien une guerre des classes mais c’est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c’est nous qui gagnons”.
    L’ignorant n’a dû étudier l’histoire que des 100 dernières années.


  12. Charles Le 02 novembre 2015 à 11h54
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    Lordon a raison. Pour s’en convaincre un peu plus, il suffit de lire dans la lettre (gratuite) du site Anti-K.org le recensement journalier des luttes et grèves en France, et le bilan qui en est fait tous les mois.
    Le lire ici pour le mois de septembre :
    Source : http://www.anti-k.org/2015/10/03/56


  13. lon Le 02 novembre 2015 à 12h39
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    Je suis toujours admiratif du style de Lordon , qui dans son cas reflète la clarté du fonds . Cela dit au delà de la précision du constat je ne vois pas trop où sont les solutions . Ce que dénonce Lordon est vieux comme l’humanité , voir la Rome antique. l’esclavage, etc.. Il y a eu la tentative communiste pour en sortir, et aussi une tentative ” libérale ” qu’on oublie souvent, c’est les Etats-Unis d’Amérique jusqu’à la guerre de Sécession . L’Angleterre a résolu ses conflits sociaux et le verrouillage de sa structure géographico-sociétale suite aux ” enclosures” en exportant ses mécontents, ses rêveurs et ses pauvres aux Amériques . Là la disponibilité de l’espace et des ressources ont fait penser à des générations d’émigrants qu’ils pourraient sortir de la servitude ancestrale , acquérir de la terre ( without land a man is nothing ) et vivre une situation d’égalité donnant-donnant si chère à l’utopie libérale . Jusqu’à la guerre de Sécession, plus de 80 % de la population active était ” indépendante ” à la mode libérale , artisans, petits chefs d’entreprise , ouvriers qualifiés qui se ” louaient “, commerçants . Après 1865-66 et la défaire du sud, le mouvement de concentration du capital de la côte est a tout submergé . Quelque part les Etats-Unis sont encore infantilement fixés sur cet ” âge d’or ” , tout en ayant une approche très réaliste et dure de la réalité sociale . En France par contre le lavage de cerveau néo-libéral a eu comme effet de présenter les entrepreneurs comme des quasi-philanthropes , venant ” offrir ” du travail aux masses désespérées , et comme le souligne très justement Lordon si le salarié n’est pas à la hauteur du “don” qu’on lui fait, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ( je ne sais pas où Lordon va pêcher son interprétation de donneur et preneur de travail , en Allemagne par exemple on dit Arbeitgeber ( donneur de travail, les employeurs ) et Arbeitnehmer ( preneur de travail , les salariés ) . J’ai été témoin un jour de la réflexion d’un DRH qui s’étonnait du manque de “reconnaissance” des employés …Voilà où on en est . Là où un américain voit un rapport de force et ne s’en émeut pas, on a en France une classe socialo petite bourgeoise convertie aux bienfaits du libéralisme et comme tous les convertis de fraîche date elle en rajoute sur le chapitre moralité et posture justificatrice . Cette posture est particulièrement exécrable quand elle vient des milieux ” académiques ” et de la presse dite ” de gauche ” En passant d’ailleurs Libé n’est pas un journal de gauche, tout au plus de centre-droit, et a viré sa cutie gauchiste bien avant 1981, fin des années 70 il était clair qu’on y avait renoncé aux ” solutions collectives ” pour se reconcentrer sur les ” solutions individuelles” .


  14. gregoire Le 02 novembre 2015 à 13h25
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    C’est très verbeux comme littérature …. Je préfère à Mr Landon des explications d’économistes, il y en a, qui démontent la folie de la financiarisation à outrance et des incohérences de notre système qui n’est plus capitaliste depuis un bout de temps.


    • Wilmotte Karim Le 03 novembre 2015 à 00h35
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      Pas certain que ce que vous nommez capitalisme corresponde à la définition d’un Lordon.


  15. Ras Le 02 novembre 2015 à 13h33
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    il esr rare de trouver dans ce texte une phrase qui ne fait pas mois de 4 lignes. C’est lourd, très lourd, et ça en devient illisible !! Difficile de se concentrer sur le fond dès lors que la forme devient aussi obscure !! Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, sauf chez Lordon 😀


    • lon Le 02 novembre 2015 à 16h23
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      La prose Lordon demande un peu d’attention, de constance , et de dépasser les réflexes de lecture pré-digérée. Après on se rend compte que malgré les apparences, il n’y a pas un mot de trop et que la longueur des phrases n’empêche ni la clarté , ni , cerise sur le gâteau, un humour certain.


  16. Serge Le 02 novembre 2015 à 13h38
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    En même temps je ne comprends pas .Le capitalisme a toujours besoin pour survivre ,d’avoir de nombreux consommateurs .Sinon,à quoi çà leur sert de produire en masse ,même à bas coût ,s’ils ne peuvent vendre cette production ,faute de quidams suffisamment rémunérés pour la leur acheter?
    Sur quoi vont-ils faire du profit ?
    J’ai dû louper un film …C’est vrais que j’ai lu superficiellement .


    • Frédérique Le 02 novembre 2015 à 16h35
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      Il y a longtemps que le processus m’intrigue.
      Paupériser les pays occidentaux en tirant les salaires par le bas va leur faire perdre la clientèle.

      Espèrent ils que des pays comme l’Inde et la Chine prennent le relais puisqu’ils ont pris les emplois?
      Espèrent ils mettre les populations européennes au même niveau que celles de l’Inde et de la Chine pour gagner sur le nombre ce qu’ils ne gagneront plus sur le niveau de vie?
      Ou bien tout simplement, s’en mettent ils plein les poches dans l’immédiateté sans aucune vision de l’avenir?
      Personnellement, je penche pour la troisième solution.

      Confucius a dit “Un seul homme, le prince, par son avarice et sa cupidité, suffira pour causer le désordre au sein d’une nation.”
      Aujourd’hui, c’est à l’échelle de la planète, que les princes, par leur cupidité, sèment la famine, la guerre et les déplacements de populations.


    • olivier69 Le 02 novembre 2015 à 19h14
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      Bonjour Serge,
      le mot capitalisme sans qualificatif ne veut rien dire. Il existe des formes différentes (attention, les amalgames n’aident pas à la compréhension). Il peut donc être d’état et/ou privé sous forme productif et/ou marchand. Mais, il est financier avant tout (sa définition et excessivement sa finalisation en fonction de sa forme).

      Si l’objectif, c’est la richesse temporelle, alors la compensation pour moins de consommation (chère aux décroissants) s’effectue par la création d’actifs financiers (report dans le temps des déséquilibres) et par la distribution de gains de productivité (la propriété des technologies et oligopoles) à se répartir pour un environnement spécifique (ratio entre les limites des ressources à une époque contre la gestion des innovations de cette même époque). La rentabilité est garantie par l’assurance publique du transfert de dettes face aux rendements des actifs (vive les payeurs en dernier ressort). La pérennité des actifs répartis socialement en proportion, distribue la solvabilité . Un phénomène qui s’observe également par la hiérarchisation des créanciers (qui contrôle la monnaie, contrôle la loi).

      Le capitalisme moderne, dans sa version aboutie, tend à substituer les gains (de la demande) par le biais de la temporalité du capital (principe keynésien). Car, même si la consommation baisse, la demande de crédit reste élevé (mode de financement imposé et canalisé par la mauvaise répartition des gains de productivité dans le temps) comme l’assurance de survie des actifs (institutionnalisés mais surtout “institutionnalisables” à l’avenir). Les profits s’effectuent, aujourd’hui, par le pilotage du crédit et des produits financiers (gestion du risque) mais également des progrès technologiques (la rentabilité par la propriété future des brevets et la jouissance des techniques à terme).

      On note que la valorisation boursière ne représente plus la valeur des entreprises. Les gains se font alors par les dividendes sans fondement avec la réalité économique. C’est le consentement d’une distribution clientéliste du capital dans le temps . Nous ne sommes plus dans un modèle libéral depuis que la faillite ne concerne plus qu’une partie de la population (celle qui ne bénéficie pas du droit pour se défendre). C’est le néo-keynesianisme qui alimente les parieurs V.I.P, forme hybride de communisme et d’aristocratie (résultat de la technocratie).

      En fonction “des capitalismes”, la variable d’ajustement afin de survivre (en tant que modèle), est souvent la population. C’est le cas lorsqu’il est d’état ou de castes, c’est à dire une techno-structure…. Donc, la demande qui se détermine par la consommation (l’investissement est contrôlé, il n’est plus le résultat d’une demande mais bien, actuellement, d’une offre) n’a jamais été la condition de survie du modèle (juste un ajustement). C’est alors, un capitalisme de répartition qui s’oppose à l’égalité des chances normalement offerte par le libéralisme. Maintenant, le mot “néo” permet toutes les dérives sémantiques et idéologiques face aux entraves que le libéralisme imposait au début de sa conception. Il empêchait une répartition structurellement inégalitaire (les ententes) par des purges notamment lors des surproductions par exemple (conjoncturelles).


    • atanguy Le 02 novembre 2015 à 20h49
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      Ça aussi m’a intrigué,mais il y a une chose que nous ne comprenons pas: Le capitaliste n’a qu’une idée: Faire du profit le plus vite possible,il n’a cure du lendemain. Le temps n’a pas la même valeur pour l’exploiteur et l’exploité. Le summum c’est les paris haute fréquence sur les valeurs de la bourse.
      C’est bien expliqué dans cette vidéo de Melanchon,malheureusement pas très connue:
      https://www.youtube.com/watch?v=JPnd1y1IBE8


    • Sébastien Le 03 novembre 2015 à 06h29
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      Vous essayez de raisonner dans le cadre d’une pensée irrationnelle. Le Capitalisme ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné. Nous vivons uniquement dans le maniement de concepts d’intellos.
      Enlevez “pétrole” de l’équation, et vous aurez compris que les gens qui nous dirigent ne comprennent pas plus que le quidam le monde sur lequel ils sont assis.
      Evidemment sans pétrole, plus de société de consommation. Il faut donc passer à la société de décroissance tout en faisant mine de la dénoncer.
      Vous ne pouvez comprendre le discours dominant si vous n’avez pas constamment en tête la question du double discours permanent. L’exercice ne va pas de soi il est vrai.


      • Wilmotte Karim Le 04 novembre 2015 à 20h04
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        Le capitalisme préexistait au pétrole (et à l’exploitation massive des hydrocarbures fossiles).


  17. Stéphane Le 02 novembre 2015 à 14h03
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    Avec les moyens actuels de contrôle des masses et la différence énorme entre les moyens de luttes armées des opprimées face aux forces de l’Ordre dans nos pays, le grand soir n’est pas pour demain. Autant jusqu’au 20ieme siècle un groupe de 200 grévistes ou paysans, avec des barres à mine ça pouvait faire peur au pouvoir, autant aujourd’hui comment voulez vous que les masses se révoltent ?
    1000 CRS aux ordres peuvent arrêter n’importe quelle émeute. Et ensuite les moyens de contrôle et fichage feront arrêter tous les meneurs avec certitude. La seule solution c’est de sortir en masse du système. Pas de travail salarié, pas de compte en banque, pas de consommation par les circuits marchands. Mais avant qu’on soit nombreux à faire sécession…


    • Furax Le 02 novembre 2015 à 18h09
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      Si vous parvenez à convaincre de nombreuses personnes de se détacher de leur confort matériel, vous pourrez sortir du grand jeu.

      Mais soyons lucides. 65 millions de français ne pèsent rien sur 7 milliards d’humains. D’autres prendront avec gourmandise la place que nous leur aurons généreusement laissée. Un destin à la tibétaine ou à la kayapo, c’est quelque chose qu’il ne faut pas considérer à la légère.

      Comme on dit : “qui va à la chasse perd sa place.”

      Il me semble que vous restez bloqué sur la dialectique de l’employeur et du salarié. Au final, même s’il peut prendre des figures horripilantes ou parasitaires, la valeur ajoutée de l’employeur est réelle, de la même manière que celle du chef est réelle en ce qu’il permet de fédérer des énergies disparates vers un objectif mutuellement profitable.

      Si vous voulez interdire tout risque d’inégalité et de prédation, alors vous êtes conduit à supprimer toute incitation à l’initiative individuelle parce que l’être humain est fait ainsi qu’il recherche sa satisfaction personnelle (pas uniquement mais aussi et fortement, et en général plus la sienne que celle des autres).

      Toute tentative de nier cette réalité non seulement anthropologique mais même biologique est condamnée à échouer ou à prendre la forme d’un totalitarisme lui-même voué à l’échec ou à détruire l’humanité (reprogrammer génétiquement les êtres humains pour annihiler en eux la part d’individualisme utilitaro-hédoniste).


      • atanguy Le 03 novembre 2015 à 01h35
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        “Si vous parvenez à convaincre de nombreuses personnes de se détacher de leur confort matériel”
        La réalité Furax est qu’ il n’y a pas besoin de convaincre personne – Ça vient tout seul,regarde autour de toi combien sont sans travail donc sans argent donc sans “confort matériel”.
        La situation pour la majorité,les 99% se dégrade alors que les 1% se goinfre.


  18. Arnould Le 02 novembre 2015 à 14h11
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    Des noms, oui, des noms avec chef d’accusation associé, afin de ne pas chercher trop longtemps lorsque la Terreur sera relancée (et pas contre les aristocrates, cette fois…).


  19. exdar Le 02 novembre 2015 à 15h45
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    Il ne faut plus courber l’échine de manière pitoyable, il faut commencer a porter des coups et arrêter les bavardages inutiles. Le temps passé à geindre sur les forums,avec des analyses parfois justes,mais toujours dominé par la peur ,ne livrera personne de sa condition d’esclave salarial.


    • Frédérique Le 02 novembre 2015 à 21h05
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      Mais l’immense majorité des Français n’est absolument pas en “condition d’esclave salarial”.
      Les salariés sont encore protégés par le code du travail, l’inspection et les prud’hommes y veillent, il y a un salaire minimum garanti, les soins remboursés, l’éducation gratuite, les aides, les allocations… Et ceux qui sont considérés comme des pauvres, sont ceux qui ont des revenus de moins de 1000€/mois.
      Bien sûr, ça se dégrade et le chômage augmente avec la précarité qu’il entraine, mais vous ne ferez pas la révolution avec 10% de chômeurs qui ont encore un toit, une assiette pleine, la sécurité et les aides sociales… et près de 70% d’électeurs, toutes tendances confondues qui reconduisent les mêmes polichinelles à la tête des institutions du pays à chaque élection.
      Faut être sérieux!


      • exdar Le 02 novembre 2015 à 21h37
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        J’en suis conscient, mais a ce rythme de dégradation les conditions seront bientôt réunies.De plus le code du travail est déjà sur la sellette et les différentes protections sociales ne devraient pas y couper.Je vis en Espagne depuis quelques années et les conditions de vie ont nettement empiré pour une partie importante de la population.Ce qui a provoqué l’émergence d’un vaste mouvement populaire qui a aussitôt été canalisé par de nouveaux partis, promus par l’appareil médiatique.La Grèce me semble le point de départ de toute une nouvelle politique sociale européenne qui se met en place aussi en Espagne et au Portugal. Si cette politique est acceptée au final, les conditions sociales vont de dégrader partout en Europe. Pour moi le salariat est une forme d’esclavage volontaire auquel on se soumet ,n’ayant pour la plupart pas le choix . Mais c’est juste une opinion parmi tant d’autres.


        • Sébastien Le 03 novembre 2015 à 06h37
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          Nous n’avons jamais eu autant le luxe de nous révolter. Confort, richesses, niveau intellectuel, réseaux sociaux et de communication, et pourtant, ce sont ces mêmes moyens qui anesthésient ces velléités.
          On peut se demander aussi pourquoi se révolter quand on tout en réalité? D’où vient cette nature d’insatisfaction?
          On pourrait parler de facteurs un peu moins matérialistes.
          Est-ce que les paysans de l’an mille en haillons et sabots, avec pour seule arme une fourche se seraient plus ou moins révoltés s’ils avaient eu des chaussures de marche Quechua et des pastilles contre la mal de gorge?


          • exdar Le 03 novembre 2015 à 09h53
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            C’est l’habitude des “privilèges” qui nous rend plus sensible a leur perte.Cependant considérer, se vêtir, se chausser ou se nourrir correctement comme des privilèges démontre que la propagande fait son effet.
            Je ne crois pas au grand soir et la violence, porter des coups a une organisation sociale qui décline, c’est s’organiser autrement tout ou essayer d’y réfléchir sans la peur que l’on nous distille chaque jour dans les mass-merdia.


            • Frédérique Le 03 novembre 2015 à 14h48
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              @exdar
              Nous ne pouvons pas nous organiser pour changer quoi que ce soit dans la société, car pendant les 50 dernières années où nous sommes assoupis le ventre plein devant la télé, la tête remplie de bons sentiments “droit-de-l’hommistes”, les gros bonnets de la finance et des multinationales ont placé leurs pions dans toutes les structures de la société économique, politique, médiatique, syndicaliste, associative… et nous ont privé de leaders, de défenseurs, leur permettant maintenant de s’attaquer légalement à nos droits les plus élémentaires.
              Tout ce qu’on peut lire dans les commentaires, ce sont des propos qui reflètent cet état de chose, qui proposent d’autres solutions pour une vie meilleure, qui appellent à la mobilisation pour y parvenir… mais pour commencer à faire autre chose, il faut sortir de la situation actuelle et personne n’a trouvé la porte de sortie.
              Seul un écroulement économique mettant des millions de personnes en situation de n’avoir plus ce que vous appeler des privilèges ” se vêtir, se chausser ou se nourrir correctement” fera éclater les murs de notre prison et ça peut prendre encore des années.


  20. Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 20h26
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    Le dit libéralisme a un pb et non des moindre . Au départ , il y a confusion entre libéralisme , économique , politique , social et culturel . Le premier induisant les autres . L’argument clé pour les économistes , c’est ce s’adresser à l’état pour lui dire : laisse faire et tu gagnera plus . Pour l’Angleterre çà a marché , aucun doute . Toutefois deux hic , c’est une Angleterre qui domine déjà et ruine l’Inde et commence à ruiner le continent . Ricardo ‘démontre’ de manière ultra dépouillée , que c’est faute de libéralisme chez les autres ( Angleterre /Portugal , vin et coton ) .
    Il ne tiens compte ni des monnaies de part et d’autre , ni de la différence mobilité du travail , mobilité du capital , ni du chômage et de sa répartition . Bref , incomplet .
    Tous est libre dans cet univers , sauf le travail , et çà s’accommode fort bien de l’esclavage .
    Je parle pas des femmes à cette époque c’est pas un sujet , d’autant qu’elle a un role éminent dans la reproduction du travail .
    Donc dés le départ la notion de liberté est un peu courte .
    Alors maintenant on a les libertariens qui essaient de combler les carences , mais comment , en donnant un prix à chaque chose et en supposant un état réduit à portion économique congrue , au marché , corruption en tous genres , avec quand même un état policier omniprésent pour défendre la propriété et le droit contre les violences . C’est çà : la liberté ? J’ai un gros doute .
    A l’opposé , la liberté du travail ne serait elle pas , d’améliorer sa qualité , la manière de vivre , la culture en un mot . De réduire ses efforts à la conception , mieux à la créativité , tous celà dans un corps sain et content de son être , un environnement sain , toutes choses très couteuses , à la réflexion . Riche en emplois nobles , médecins , professeurs , artistes , sportifs , etc …
    Ben çà c’est une liberté insupportable , pour le dit libéralisme , non , ou je me trompe .


  21. Charlie Bermude Le 02 novembre 2015 à 21h17
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    Y a pire que ultralibéral , y a autonome . Autonome , c’est garder sa liquette et prendre le Volant .
    Lordon , je ne sais pas ce qu’il pense du bitcoin , j’ai rien contre le souverainisme , au contraire , mais çà ne me suffit , c’est encore comme le dit libéralisme du politique .
    Le bitcoin là , il s’envole . Il vient de casser une résistance comme on dit en spéculation , là faudrait dire en anticipation . Parce que ce sont des prolétaires d’un genre particulier , les geek qui ont inventé çà , maniére de prendre le volant en quelque sorte .
    La résistance en question , elle envoie aux oubliettes , le passé où cette ‘monnaie’ , est une curiosité discutable . Désormais , dans la guerre des monnaies , dont celle qui vous sert à faire les courses , où vous en étes , ou vous perdez la chemise ….


  22. theuric Le 02 novembre 2015 à 22h09
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    Le point capital, ce qui est le cas, est de ne pas prendre en compte les immenses déséquilibres de l’économique-monde, déséquilibres ne cessant de s’accroitre et, ce, en accélération constante, voire exponentielle.

    Il me semble évident que de tels déséquilibres ne peuvent que conduire, à terme, à l’effondrement de tout le système.

    La désindustrialisation mondiale actuelle ainsi que le début de dégonflement des bulles immobilières, en Chine et en France notamment, peuvent être considéré comme en étant les prémisses, ou même les débuts de ce processus.

    Le problème devant lequel nous sommes est le même que celui que rencontra les révolutionnaires en 1789: nous ne sommes pas prêts.

    Parce qu’il ne s’agit pas de la énième crise qui nous arrive dessus mais bien d’une catastrophe qui aura pour particularité de remettre à zéro tout ce système économique globalisé, monnaies, bourses, crédits, idéologies du XX° siècle et tout le toutim.

    Mais un fol aveuglement empêche de percevoir cette évidence d’un terme logiquement court.

    Le reste n’a plus pour moi qu’une seule importance: comprendre, au plus proche, quand surviendra ce cataclysme, étant entendu qu’il ne peut qu’être impossible d’en pronostiquer exactement l’avènement, mais qu’il est possible d’en percevoir les signes, une disparition des marchandises présentées sur les étals des grands-magasins suivit de leur fermeture, comme aux U.S.A., sont de ceux-là.

    Aujourd’hui ce sont les petits magasins de centre-ville qui font faillite.

    Un autre de ces signes serait le ralentissement du commerce international, aérien et maritime, de ma position je ne peux pas en savoir quoi que ce soit mais je ne serais pas du tout surpris de son ralentissement continuel.

    Ceux doutant de cela et qui sont en position pour percevoir le flux commercial, aérien ou maritime, n’ont qu’à comparer sur un an, voire à partir de 2008.


    • Furax Le 03 novembre 2015 à 08h03
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      Sur quels chiffres vous fondez-vous pour parler d’une désindustrialisation mondiale ?

      Tout prouve le contraire. Simplement il y a des pays qui déclinent et d’autres qui émergent.


  23. Libor Le 02 novembre 2015 à 23h21
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    Tant de mots pour dire si peu de choses. Oui la mondialisation a dégradé et va dégrader encore la position des salariés si l’on y fait rien. Mais que propose Lordon ? Voter Mélenchon ? Bof cette baudruche solitaire n’a aucune vision globale et elle va se dégonfler bien plus vite que Siryza. Marx ? Ca ne commence pas à dater un peu et ça n’aurait pas engendré des transitions bien sanglantes ou pas grand monde ne s’est retrouvé au final, pas même les prolétaires sensés mener la “dictature” ?

    Les gens comme Lordon, Mélenchon ou la soit disant aile “dissidente” du PS devraient se mettre sérieusement au travail pour proposer une alternative crédible. La théorie libérale est hyper-simple a comprendre, c’est la loi du laisser faire (oh la belle main invisible qui va résoudre tous les problèmes), c’est ce qui en partie fait sa force auprès de nos politiques paresseux. Pour la contrer il va falloir proposer un système alternatif cohérent qui permette de sortir des contraintes actuelles sans générer des effets pires encore.

    Continuer à se lamenter et à raconter les misères que fait le capitalisme à coup de textes à la Zola ne sert à rien. Alors mettez-vous vite au boulot les gars !


    • Wilmotte Karim Le 03 novembre 2015 à 18h57
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      “Marx ? Ca ne commence pas à dater un peu et ça n’aurait pas engendré des transitions bien sanglantes ou pas grand monde ne s’est retrouvé au final, pas même les prolétaires sensés mener la “dictature” ? ”

      1- Le libéralisme est encore plus daté.
      2- Non, la sécurité sociale n’a pas engendré de “transition bien sanglante”.


  24. Sébastien Le 03 novembre 2015 à 06h49
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    Concernant l’article, j’ai plus que l’impression de radoter, mais vu que Lordon radote…
    Bien que sa prose ne soit pas des plus agréable, son inspiration analytique en première partie est très “adhésive”. On sent qu’il a lu et réfléchi.
    Hélas, patatras en seconde mi-temps, où son analyse politique franco-française binaire et ringarde au raz des pâquerettes gâche tout.
    On est en 2015, si Lordon n’est pas capable d’aller plus loin ou jusqu’au bout de son raisonnement, alors que des tas de gens ont depuis bien longtemps compris les tenants et les aboutissants de la société actuelle (les premiers dès les débuts du Capitalisme moderne au tournant du XXème Siècle, jusqu’aux soubresauts de mais 68 et de la crise convergente du pétro-Dollar- à méditer), alors il est grand temps, certains disent trop tard mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, de passer à autre chose.
    Que Monsieur Lordon nous fasse une synthèse puis un programme (même en gestation pour autrui…) au lieu de nous donner les bouts de gras de sa pensée qui trainent sur le bord de l’assiette.
    A ce titre, la simple lecture des commentaires-discussions ici présents m’est souvent bien plus intéressante que l’article source. Ils auront au moins cette utilité.


  25. cording Le 03 novembre 2015 à 11h35
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    Une bien longue, trop longue rhétorique gauchiste de Frédéric Lordon signe son impuissance politique. Il devrait apprendre à faire court pour être plus convaincant. Faire un stage au P”S” pour apprendre l’esprit de synthèse (priez pour nous) !


  26. Aspietoyendefrance Le 03 novembre 2015 à 19h03
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    London dit des choses très vite et comme beaucoup de commentateurs disent: les alternatives existent mais personne n’a encore trouver de solutions pour abattre le mur du système actuel?”

    Alors en revue:

    -Organiser une pénurie de pétrole massive qui obligerait mr et mme tout le monde à changer toutes ses habitudes y compris l’habitat

    -Organiser un krach boursier ou une faillite massive des banques

    -Déclencher un conflit à grande échelle qui serait si cuisant que les assiégés décideraient d’envahir le sol européen et américain( ce qui veux dire qu’européens et américains perdent la guerre qu’ils mènent actuellement et que ca représente une condition insupportable aux dits peuples pour qu’ils changent de système)

    -Saboter la machine à consommer en perturbant les émissions médiatiques ( via des systèmes de brouillage IEM ect fabriqués clandestinement) et la publicité

    -Destruction de tous les acquis sociaux, de la sécurité sociale

    -Continuer de sacrifier la relève, tous les dix ans comme on le fait depuis le 1er choc pétrolier

    Pour changer de société je vais être franc: il faut sacrifier la société de consommation. Rendre ce système invivable pour une majorité, oppresif au plus grand nombre.

    Quand la fameuse société de consommation s’effondrera, le système politique aussi n’aura plus de raisons d’être.


    • Frédérique Le 03 novembre 2015 à 20h19
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      C’est bien ce que j’écrivais plus haut, vous donnez des idées mais pas les moyens de les mettre en pratique.
      La société s’effondrera, c’est je pense inéluctable, car on est en train d’en voir les limites.
      Mais on ne peut rien faire individuellement, ni pour éviter la casse, ni pour l’accélérer, pas plus que collectivement, car les 30 dernières années ont été employées à diviser la population par catégorie, race, sexe, religion, âge, profession, opinion politique… tout y est passé.
      La grande réconciliation nécessaire ne se fera que lorsque ceux qui n’auront plus rien seront les plus nombreux.


  27. openmind Le 04 novembre 2015 à 18h29
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    En novembre 1967, De Gaulle a aussi dit avec une lucidité et honnêteté intellectuelle une chose que personne n’oserait répéter aujourd’hui face caméra….c’était juste avant mai 1968….comme Ianoukovitch lorsqu’il rejette l’UE en novembre 2013….février 2014 badaboum….coïncidences? Informez vous!!!

    https://youtu.be/qDLPJrSewjI

    Soutien total à achrilline.

    Fraternellement: openmind


  28. Didier F Le 06 novembre 2015 à 15h59
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    Monsieur Ludder,

    J’accepte m’être trompé sur vous. Votre rejet du passéisme et votre mépris du texte de F Lordon m’ont fait faire ces deux erreurs.

    Ma lecture de ce texte diffère totalement de la votre. J’en retiens comme idée principale la dénonciation de la violence insupportable de la finance mondialisée, le rejet total de cet unanimisme dans la condamnation des actes des employés d’Air France et l’avertissement que ces actes en annoncent beaucoup d’autres du même genre.

    La violence des financiers est totale. Ils ont le pouvoir absolu et s’en servent. Les humains en face commencent à ne plus pouvoir supporter cela. La presse, le gouvernement, l’école, les économistes, les éditorialistes etc… expliquent que cette situation est très bien et qu’elle est la seule possible. Je pense être assez dans le juste en disant que tous ces gens considèrent que si ça ne marche pas (et c’est le cas), c’est parce qu’on ne l’a pas appliquée assez fort. En faisant des efforts supplémentaires tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Foutaise ! La violence des financiers ne peut pas être filmée. Elle est donc acceptable. Le discours “on n’est pas allé assez loin” leur donne le droit de taper encore plus fort. Des gens meurent aujourd’hui en Europe de cette violence. Ces morts sont des suicides, de l’alcoolisme, des maladies cardiaques et psychiques. Des vies sont brisées. Des gens ne sont plus que des déchets au bord de la route. Se révolter contre cette violence est jugée intolérable. Vous ne la voyez pas. Vous ne voyez pas la colère et le désespoir qui vont avec. Vous regardez de très haut celui qui vous dit “Attention !”. Vous le mettez dans une case de la lutte des classes.

    Nous ne sommes pas d’accord.


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