Source : Slobodan Despot, 08-09-2014

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

skitch

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

*

L’Occident ressort la même guignolerie haineuse à chaque crise, depuis Ivan le Terrible à « Putler »-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crimée, le pauvre et tragique Nicolas II, et même l’URSS où tout succès était dit « soviétique » et tout échec dénigré comme « russe ».

Des nations serviles qui accordent aux Américains un crédit illimité de forfaiture et de brigandage « parce-qu’ils-nous-ont-libérés-en-45 » n’ont pas un mot, pas une pensée de gratitude pour la nation qui a le plus contribué à vaincre l’hydre national-socialiste… et qui en a payé le prix le plus lourd. Ses élus sont traités en importuns, son président caricaturé avec une haine obsessionnelle, la liberté de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d’affaires est suspendue au bon vouloir d’obscures commissions européennes dont les peuples qu’elles prétendent représenter ne connaissent pas le nom d’un seul membre, ni pourquoi il y siège plutôt qu’un autre larbin des multinationales.

Mais tout ceci n’est encore rien. C’est dans l’ordre des choses. L’Occident et la Russie ne font que jouer les prolongations, à l’infini, du conflit Rome-Byzance en l’étendant aux continents voisins voire à l’espace interplanétaire. La vraie guerre des civilisations, la seule, est là. Barbare comme le sac de Constantinople, apocalyptique comme sa chute, ancienne et sournoise comme les schismes théologiques masquant de perfides prises de pouvoir. Tapie dans les replis du temps, mais prête à bondir et à mordre comme un piège à loups. C’est le seul piège, du reste, que l’empire occidental n’ait pas posé tout seul et qu’il ne puisse donc désamorcer. (Étant entendu que la menace islamique n’est que le produit des manœuvres coloniales anglo-saxonnes, de la cupidité pétrolière et de l’action de services d’État occupés à cultiver des épouvantails pour effrayer leurs propres sujets, puis à les abattre pour les convaincre de leur propre puissance et de leur nécessité.)

La menace russe, elle, est d’une autre nature. Voici une civilisation quasi-jumelle, ancrée sur ses terres, consciente d’elle-même et totalement ouverte aux trois océans, à l’Arctique comme à l’Himalaya, aux forêts de Finlande comme aux steppes de Mongolie. Voici des souverains qui — depuis la bataille de Kazan remportée par ce même Ivan qui nous sert de Père Fouettard — portent le titre de Khans tatars en même temps que d’Empereurs chrétiens siégeant dans l’ultime Rome, la troisième, Moscou, qui fleurit au moment où Byzance gémissait sous l’Ottoman et le pape sous la verge de ses mignons. Voici une terre aux horizons infinis, mais dont les contours sont gravés dans l’histoire du monde, inviolables bien que diffus. Voici des gens, enfin, et surtout, aussi divers qu’on peut l’imaginer, mêlant au sein d’un même peuple le poil blond des Vikings aux yeux obliques et aux peaux tannées de l’Asie. Ils n’ont pas attendu le coup de départ du métissage obligé, les Russes, ils l’ont dans leur sang, si bien assimilé qu’ils n’y pensent plus. Les obsédés de la race au crâne rasé qu’on exhibe sur les chaînes anglo-saxonnes ont la même fonction que les coucous suisses : des articles pour touristes.

*

Cela ressemble tellement à l’Europe. Et c’en est tellement loin ! Tellement loin que les infatigables arpenteurs des mers — génois, anglais, néerlandais, espagnols —, qui connaissent l’odeur de la fève de tonka et la variété des bois de Sumatra, ne savent rien de la composition d’un borchtch. Ni même de la manière dont on prononce le nom de cette soupe. Ce n’est pas qu’ils ne pourraient pas l’apprendre. C’est qu’ils n’en ont pas envie. Pas plus qu’ils ne veulent connaître, vraiment, l’esprit, les coutumes et la mentalité des immigrants exotiques qu’ils accueillent désormais par millions et qu’ils laissent s’agglutiner en ghettos parce qu’ils ne savent comment leur parler.

J’ai dû, moi, petit Serbe, apprendre deux langues et deux alphabets pour entamer ma vie d’immigré. J’en ai appris d’autres pour mieux connaître le monde où je vis. Je m’étonne sincèrement de voir que mes compatriotes suisses ne savent pas, pour la plupart, les deux autres grandes langues de leur pays. Comment connaître autrui si vous ne savez rien de la langue qu’il parle ? C’est le minimum de la courtoisie. Et cette courtoisie, désormais, se réduit de plus en plus à des rudiments d’anglais d’aéroport.

De même font les Russes, dont l’éducation intègre la culture ouest-européenne en sus de la leur propre. Où voit-on la réciproque, à l’ouest du Dniepr ? Depuis Pierre le Grand, ils se considéraient européens à part entière. Les artistes de la Renaissance et les penseurs des Lumières sont les leurs. Leontiev, le père Serge Boulgakov, Répine, Bounine, Prokofiev et Chestov sont-ils pour autant les nôtres? Non, bien entendu. Parler français fut deux siècles durant la règle dans les bonnes maisons — et le reste encore parfois. Ils se sont intensément crus européens, mais l’Europe s’est acharnée à leur dissiper cette illusion. Quand les jeunes Russes vous chantent Brassens par cœur, vous leur répondez en évoquant « Tolstoïevsky ». L’Europe de Lisbonne à Vladivostok n’aura été réelle qu’à l’Est. A l’Ouest, elle ne fut jamais que la projection livresque de quelques visionnaires.

L’Europe de Lisbonne à Vladivostok ! Imagine-t-on la puissance, la continuité, le rayonnement, les ressources d’un tel ensemble ? Non. On préfère definitely se mirer dans l’Atlantique. Un monde vieillissant et ses propres outlaws mal dégrossis s’étreignant désespérément par-dessus la mer vide et refusant de voir dans le monde extérieur autre chose qu’un miroir ou un butin. Leur derniers échanges chaleureux avec la Russie remontent à Gorbatchev. Normal : le cocu zélé avait entrepris de démonter son empire sans autre contrepartie qu’une paire de santiags au ranch de Reagan. Vingt ans plus tard, les soudards de l’OTAN occupaient toutes les terres, de Vienne à Lviv, qu’ils avaient juré de ne jamais toucher ! Au plus fort de la Gorbymania, Alexandre Zinoviev lançait son axiome que tous les Russes devraient apprendre au berceau : « Ils n’aimeront le tsar que tant qu’il détruira la Russie ! »

*

« Ah, vous les Slaves ! » — ouïs-je souvent dire — « Quel don pour les langues ! » Je me suis longtemps rengorgé, prenant le compliment pour argent comptant. Puis, ayant voyagé, j’ai fini par comprendre. Ce n’est pas « nous les Slaves » qui avons de l’aisance pour les langues : c’est vous, les « Européens » qui n’en avez pas. Qui n’en avez pas besoin, estimant depuis des siècles que votre packagelinguistique (anglais, français, allemand, espagnol) gouverne le monde. Pourquoi s’escrimer à parler bantou ? Votre langue, étendard de votre civilisation, vous suffit amplement, puisqu’au-delà de votre civilisation, c’est le limes (comme au temps de César), et qu’au-delà du limes, mon Dieu… Ce sont les terres des Scythes, des Sarmates, des Marcheurs Blancs, bref de la barbarie. Voire, carrément, le bord du monde où les navires dévalent dans l’abîme infini.

Voilà pourquoi le russe, pour vous, c’est du chinois. Et le chinois de l’arabe, et l’arabe de l’ennemi. Vous n’avez plus même, dans votre nombrilisme, les outils cognitifs pour saisir ce que les autres — qui soudain commencent à compter — pensent et disent, réellement, de vous. Ah ! Frémiriez-vous, si vous pigiez l’arabe des prédicateurs de banlieue ! Ah ! Railleriez-vous si vous entraviez des miettes de ce que les serveurs chinois du XIIIe dégoisent sur vous. Ah ! Ririez-vous s’il vous était donné de saisir la finesse de l’humour noir des Russes, plutôt que de vous persuader à chacun de leurs haussements de sourcil que leurs chenilles sont au bord de votre gazon.

Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. Même vos vaudevilles présidentiels sont désormais commentés avec des mines de fesse-mathieu. Vous êtes graves comme des chats qui caquent dans votre quiétude de couvre-feu, alors qu’eux, là-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur métro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d’obus.

Tout ceci n’est rien, disais-je, parlant du malentendu historique qui nous oppose. La partie grave, elle arrive maintenant. Vous ne leur en voulez pas pour trois bouts d’Ukraine dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Vous leur en voulez d’être ce qu’ils sont, et de ne pas en démordre ! Vous leur en voulez de leur respect de la tradition, de la famille, des icônes et de l’héroïsme — bref, de toutes les valeurs qu’on vous a dressés à vomir. Vous leur en voulez de ne pas organiser pour l’amour de l’Autre la haine du Soi. Vous les enviez d’avoir résolu le dilemme qui vous mine et qui vous transforme en hypocrites congénitaux : Jusqu’à quand défendrons-nous des couleurs qui ne sont pas les nôtres ?

Vous leur en voulez de tout ce que vous avez manqué d’être !

Ce qui impressionne le plus, c’est la quantité d’ignorance et de bêtise qu’il vous faut déployer désormais pour entretenir votre guignolerie du ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation. Car tout la dément : et les excellentes relations de la Russie avec les nations qui comptent et se tiennent debout (BRICS), et le dynamisme réel de ce peuple, et l’habileté de ses stratèges, et la culture générale du premier Russe venu, par opposition à l’inculture spécialisée du « chercheur » universitaire parisien qui prétend nous expliquer son obscurantisme et son arriération. C’est que ce ramassis de brutes croit encore à l’instruction et au savoir quand l’école européenne produit de l’ignorance socialisée ; croit encore en ses institutions quand celles de l’UE prêtent à rire ; croit encore en son destin quand les vieilles nations d’Europe confient le leur au cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street.

Du coup, la propagande a tout envahi, jusqu’à l’air qu’on respire. Le gouvernement d’Obama prend des sanctions contre le régime de Poutine : tout est dit ! D’un côté, Guantanamo, les assassinats par drones aux quatre coins du monde, la suspension des droits élémentaires et le permis de tuer sans procès ses propres citoyens — et, surtout, vingt-cinq ans de guerres coloniales calamiteuses, sales et ratées qui ont fait du Moyen-Orient, de la Bosnie à Kandahar, un enfer sur terre. De l’autre, une puissance qui essaie pas à pas de faire le ménage à ses propres frontières, celles justement dont on s’était engagé à ne jamais s’approcher. Votre gouvernement contre leur régime

Savez-vous de quoi vous vous privez en vous coupant ainsi, deux fois par siècle, de la Russie ? Du refuge ultime des vos dissidents, en premier lieu du témoin capital Snowden. Des sources d’une part considérable de votre science, de votre art, de votre musique, et même, ces jours-ci, du dernier transporteur capable d’emmener vos gens dans l’espace. Mais qu’importe, puisque vous avez soumis votre science, votre art, votre musique et votre quête spatiale à la loi suicidaire du rendement et de la spéculation. Et qu’être traqués et épiés à chaque pas, comme Snowden vous l’a prouvé, ne vous dérange au fond pas plus que ça. A quoi bon implanter une puce GPS à des chiens déjà solidement tenus en laisse ? Quant à la dissidence… Elle n’est bonne que pour saper la Russie. Tout est bon pour saper la Russie. Y compris les nazis enragés de Kiev que vous soutenez sans gêne et n’hésitez pas à houspiller contre leurs propres concitoyens. Quelle que soit l’issue, cela fera toujours quelques milliers de Slaves en moins…

Que vous a-t-il donc fait, ce pays, pour que vous en arriviez à pousser contre lui les forces les plus sanguinaires enfantées par la malice humaine : les nazis et les djihadistes ? Comment pouvez-vous songer à contourner un peuple étendu sur onze fuseaux horaires ? En l’exterminant ou en le réduisant en esclavage ? (Il est vrai que « toutes les options sont sur la table », comme on dit à l’OTAN.) Destituer de l’extérieur un chef d’État plus populaire que tous vos polichinelles réunis ? Êtes-vous déments ? Ou la Terre est-elle trop petite, à vos yeux, pour que l’« Occident » puisse y cohabiter avec un État russe ?

C’est peut-être cela, tout compte fait. La Russie est l’avant-poste, aujourd’hui, d’un monde nouveau, de la première décolonisation véritable. Celle des idées, des échanges, des monnaies, des mentalités. A moins que vous, atlantistes et eurocrates, ne parveniez à entraîner la nappe dans votre chute en provoquant une guerre atomique, le banquet de demain sera multipolaire. Vous n’y aurez que la place qui vous revient. Ce sera une première dans votre histoire : mieux vaut vous y préparer.

Source : Slobodan Despot, 08-09-2014

40 réponses à Le syndrome Tolstoïevsky, par Slobodan Despot

Commentaires recommandés

Ailleret Le 17 mars 2016 à 01h20

Un autre Serbe, ou plus exactement un Monténégrin : Stanko Cerovic, avait décrit de façon saisissante le vide de l’homme occidental. C’était en 1999, juste après la guerre du Kosovo, dans un livre intitulé “Dans les griffes des humanistes”. La Russie semblait alors condamnée.

Aujourd’hui la Russie se fait à nouveau respecter, et elle est devenue une alternative qui nous énerve car elle tend à l’Occident le miroir de son vide intellectuel et spirituel. Mais rien n’est perdu : les leçons de l’Histoire finiront par porter, et à l’Ouest, les dissidents seront légion.

Professeur en collège, je suis frappé par l’intérêt des élèves lorsque je parle des Slaves du Moyen Age, de l’alphabet cyrillique, ou de la Russie pendant les guerres napoléoniennes et mondiales. Rien pourtant ne les prédispose à manifester cet intérêt, qui me paraît prometteur.

  1. Ailleret Le 17 mars 2016 à 01h20
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    Un autre Serbe, ou plus exactement un Monténégrin : Stanko Cerovic, avait décrit de façon saisissante le vide de l’homme occidental. C’était en 1999, juste après la guerre du Kosovo, dans un livre intitulé “Dans les griffes des humanistes”. La Russie semblait alors condamnée.

    Aujourd’hui la Russie se fait à nouveau respecter, et elle est devenue une alternative qui nous énerve car elle tend à l’Occident le miroir de son vide intellectuel et spirituel. Mais rien n’est perdu : les leçons de l’Histoire finiront par porter, et à l’Ouest, les dissidents seront légion.

    Professeur en collège, je suis frappé par l’intérêt des élèves lorsque je parle des Slaves du Moyen Age, de l’alphabet cyrillique, ou de la Russie pendant les guerres napoléoniennes et mondiales. Rien pourtant ne les prédispose à manifester cet intérêt, qui me paraît prometteur.


    • jean paul Le 18 mars 2016 à 20h22
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      C’est le neveu de Djilas celui qui s’était opposé à Tito Je n’arrive pas à trouver ce livre ”Dans les griffes des humanistes”.. Le suivant ”Après la fin de l’histoire” m’avait impressionné.


  2. Dominique de France Le 17 mars 2016 à 01h32
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    Quel beau texte ! Et vrai, bien qu’exalté et plein d’âme.
    Merci Slobodan Despot et … Zivela Srbija !


    • Matt Le 17 mars 2016 à 22h32
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      “Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis”, Ce texte s’éloigne trop de l’esprit de cette citation.

      Il n’est pas beau, ce texte. Il est parfois juste, y compris dans sa colere. Il est souvent approximatif et outrancier … mais il est flatteur pour nous. Oui, je suis globalement d’accord avec certains des messages de ce texte (et non pas son ton suffisant), cela fait de moi quelqu’un de spécial et mes pensées sont accreditées par un texte enlevés. Et alors, je n’ai pas tant besoin que l’on me cire les pompes. Et vous?

      Je suis presque sure que slobodan despot a le pouvoir de convaincre, de changer des opinions … il ne l’utilise pas, il harangue la petite foule des sympathisants. Le texte n’est pas tres beau, ceci n’est pas tres beau.


  3. Pampita Le 17 mars 2016 à 04h32
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    Analyse excellentissime ! Le premier paragraphe devrait être lu à tous nos plumitifs ignorants.

    Mais, une fois n’est pas coutume, le retrait partiel de Syrie décidé par Poutine a été salué par toute la presse du système comme une nouvelle victoire russe : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/03/la-decision-parfaite.html
    Cette unanimité est suffisamment rare pour être signalée.


  4. bluetonga Le 17 mars 2016 à 06h04
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    Beau texte amer et enflammé, slave en un mot. Mais ce n’est pas vrai que nous ne vous aimons pas. Nous sommes simplement des peuples de bourgeois repus, ivres de leur confort, alourdis, appesantis d’avoir trop mangé, trop consommé, et dans notre torpeur, nous avons laissé tous nos opportunistes et tous nos affairistes s’emparer du pouvoir, à coup de mollesse et de belles promesses. Nous tardons à nous éveiller parce que les plus alourdis, les plus hébétés parmi nous sont les journalistes, qui acceptent de ne pas réfléchir et de trahir faits et concitoyens pour quelques miettes de ce confort et de ce lustre qu’ils ont mission de nous faire admirer. Mais le respect ne s’achète pas, l’amour et l’amitié ne se commandent pas. Avec la faim, vient la frustration, et avec la frustration vient la colère. Cette colère gonfle sourdement. Elle n’a pas encore de mouvement, de direction, mais comme le lait, elle débordera d’un coup. Et ce jour là, alors nous serons tous eurasiens.


    • bluetonga Le 17 mars 2016 à 18h57
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      Dans la foulée de ce texte (mais je n’avais pas le temps ce matin), un billet de Gilbert Doctorow sur Russia Insider :
      http://russia-insider.com/en/politics/eu-adopts-five-guiding-principles-destroying-relations-russia/ri13388

      “L’UE adopte cinq guidelines absurdes pour traiter avec la Russie”. En résumé, pour que l’Europe consente à éclairer la Russie de ses lumières et à traiter avec elle amicalement, elle doit rendre la Crimée, abandonner les républiques du Donbass à leur sort, accepter de vendre leur gaz au rabais aux Européens (se soumettre aux directives de la Commission), mettre un terme à leur “propagande” via leurs media et les remplacer par les informations objectives occidentales, et bien sûr, autoriser les NGOs en Russie qui sapent l’autorité de l’Etat et sont financées par les occidentaux.
      Si Doctorow n’était pas ce commentateur très mesuré, un des meilleurs contributeurs de Russia Insider, je penserais que c’est une blague. Sont-ils vraiment cons à ce point, ou veulent-ils la guerre?


  5. DUGUESCLIN Le 17 mars 2016 à 07h20
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    Belle présentation de ce grand pays d’Europe qui représente ce que nous sommes encore un peu et qu’une pseudo nouvelle civilisation voudrait faire disparaître à jamais.
    La Russie a pu renaître de son totalitarisme, peut-être pourrons-nous aussi renaître du nôtre.
    Elle nous ouvre la voie, ce qui provoque le déchaînement de ceux qui espèrent encore dominer le monde et asservir la planète.


  6. DUGUESCLIN Le 17 mars 2016 à 07h51
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    Les peuples de Russie ont été “congelés” par le régime soviétique mais leur âme a été sauvegardée. Après la décongélation les âmes revivent.
    Mais chez nous, européens d’occident, c’est l’âme elle-même que l’on veut détruire. Fabriquer des êtres humains sans âme, zombifiés et exploitables à merci pour donner le pouvoir aux maîtres du monde, ceux de la haute finance apatride, voilà ce à quoi nous sommes destinés. Le totalitarisme sous couvert de “valeurs républicaines”, tel que l’état d’urgence qui confond pouvoir exécutif et judiciaire avec le cortège des sournoiseries, aussi bien dans le domaine de l’éducation que de la culture, sans oublier le code du travail et l’information propagandiste qui participent à notre conditionnement. Mais, nous, retrouverons-nous ou re-découvrirons-nous notre âme?


    • groucho Le 17 mars 2016 à 11h24
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      Les peuples de Russie ont été “congelés” par le régime soviétique

      Vous croyez vraiment ?

      Quand Slobodan Despot écrit ceci : “Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes,…”, il parle aussi de la période soviétique (le “régime”, comme vous dites).
      Les bouquins de physique les meilleurs, Landau (prix Nobel) et Lifchitz entre autres, ou de maths, comme Arnold, ont été publiés dans les années 1960 !


      • Lysbeth Lévy Le 17 mars 2016 à 12h06
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        Il me semble bien que contrairement à l’Amérique “grande nation” de liberté, démocratie (mode ironique) ayant naturellement “le plus de droits” dans le monde, et bien la Russie ou Urss n’a jamais “génocidé” les différents peuples que vous nommez .

        A part les tatars que Staline a fait déporté au Kazakstan pour les punir d’avoir accepté les allemands, tous ces peuples les plus anciens pour certains, sont au contraire magnifié, au point que Poutine est fier de dire que son peuple est multiculturel et multi-ethnique !

        Les peuples se sont mélés les uns aux autres au point que les mariages dits “métis” chez nous, là-bas ne choquent pas..J”ajoute que la propagande occidentale envers l’Urss et Staline ou autres personnalités “communistes”, a été grandement exagéré. .
        IL ne faut pas oublier les leçons de Chomsky, et la technique de projection sur “l’autre” “l’ennemi” de ces propres défauts !


      • DUGUESCLIN Le 17 mars 2016 à 14h27
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        Rien n’a disparu, après la “décongélation” les peuples russes ont retrouvé leurs cultures. Ils n’ont pas été culturellement détruits comme on voudrait le faire chez nous.


  7. Nerouiev Le 17 mars 2016 à 07h55
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    J’ai repris le premier paragraphe en calligraphie, fait encadrer et accroché au mur du salon avec les autres photos et tableaux. Je le fais lire à ceux qui viennent me vendre de l’énergie, de la restauration, des placements, des assurances, etc. C’est ma propagande à moi contre un monde qui plonge dans le culte du mensonge soutenu par la publicité et l’ensemble des médias. Après on discute d’homme à homme, c’est plus clair.


  8. Jacques Cubaynes Le 17 mars 2016 à 08h44
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    Quelques outrances sans doute, mais tant de vérités….l’ amitié franco-russe fut pourtant une vérité (qui a d’ailleurs coûté cher aux épargnants français), et nous sommes nombreux à apprécier Tchékhov ou Dostoïevski, à respecter les icônes où à ressentir la profondeur des respons pendant les offices à Saint Serge… Merci de ce message, en souhaitant qu’au delà des turpitudes de nos dirigeants actuels, d’autres sauront nous redonner confiance en nous -mêmes, en notre Histoire, et reprendre avec la Russie un dialogue fructueux…..


  9. Homère d'Allore Le 17 mars 2016 à 08h45
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    Slobodan Despot fait aussi un bon travail d’éditeur (Xenia). À noter l’excellent “Comment le djihad est arrivé en Occident” de Jürgen Elsasser.

    Sur ce même thème, il faut aussi lire l’enquête de Pierre Péan sur le “Kosovo, une guerre juste pour un état mafieux” où il est, entre autres, abordé l’affaire de la Maison Jaune, de triste mémoire.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/guerre-kosovo-trafics-organes-organises-armee-liberation-pierre-pean-740989.html


    • Lysbeth Lévy Le 17 mars 2016 à 10h04
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      Oui Homère d’Allore, j’ai lu le livre de Péan et celui de Carla Del Ponte, qui a dans les deux cas Rwanda et Kosovo ou ex-Yougoslavie, dit la vérité et cela lui (Carla Del Ponte),a valu d’être envoyée à perpète les oies ! Donc oui la Maison Jaune existe bien et même il y en a plusieurs. Oui l’Eufor et donc Kouchner ont caché et couvert la triste affaire de traffic d’organes, mais aussi le traffic de drogue, de traite d’humains et toutes affaires mafieuses. Haçim Taçi n’est pas du tout jugé même si mis en cause et les deux autres responsables de la guerre eux sont morts libres dans leur lit.(IbrahimRugova, .Alija Izetbegovic).http://www.atlantico.fr/decryptage/guerre-kosovo-trafics-organes-organises-armee-liberation-pierre-pean-740989.html
      IL y a de quoi mettre en colère, bien sur, là aussi des mensonges ont couvert ce crime de guerre contre une nation indépendante en accusant faussement les serbes des crimes commis finalement par les Kosovars ou albanais, réislamisés à la wahabbisation version saoudienne.


  10. Tonnelle Le 17 mars 2016 à 09h34
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    Psychanalyse historique du russophobe occidental/ Raisons d’un effroi haineux camouflé par du dédain:
    -refus de l’universalité du catholicisme
    -imperméabilité au protestantisme(crime encore plus abominable)
    -réduction à rien de chaque ridicule hubris ouest-européen: “Suédois, Français de Napoléon, Allemands”
    -jalousie pour la construction concentrique et cohérent du plus grand empire de l’histoire
    -jalousie d’avoir réduit à rien, en un seul siècle, l’invincible ennemi turc.
    -souvenir du non-remboursement de l’emprunt “patriotique” de 1905. Comme dit Hugo, “pas toucher à la pièce de 100 sous d’un bourgeois”.
    – Terreur du rouge à couteau dans la bouche
    -jalousie, même à gauche, par la capacité à réaliser la révolution prolétarienne dans l’occident a été incapable.
    -Jalousie d’avoir pris en branlée en 4 semaine face aux Allemands quand les Russes ont vaincu.
    -Jalousie hargneuse de n’avoir mis hors de combat que 25000 allemands en 40 quand les Russes en ont exterminé 700 000 avant même les premières gelées de 1941.
    -Jalousie d’avoir su fabriquer, et en telle quantité, des armes de si hautes tenues.
    -Haine à cause d’aide à la décolonisation
    -haine à cause du refus de céder au mondialisme et au “modernisme” sociétal occidental
    -Jalousie et haine d’avoir su résister à l’empire anglo-saxon là où toutes les “élites” de toutes les nations historiques se sont couchées.

    Liste non exhaustive.

    En Angleterre un dicton dit ” on n’est jamais aussi virulent que contre les gens qu’on a lésés.”


  11. Bobforrester Le 17 mars 2016 à 10h09
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    On se demande à qui s adresse cette brillante diatribe dont ce slavophile est coutumier avec son nationalisme exacerbé qui soit dit en passant n a rien compris au problème posé par l immigration en France . Je le renvoie à la déclaration de Marchais contre Bouygues de 83.
    Je lui rappelle que quand il portait encore des culottes courtes les communistes français lançaient le mot d ordre :”pas touche à l union soviétique”! Une grande partie des Français a toujours connu les mérites de ces peuples amis.
    Ils ne se sentent pas concernès par ces salves de mépris .


    • olivier69 Le 17 mars 2016 à 12h55
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      Merci pour votre intervention, elle justifie les dires de l’auteur. Au passage chez vous, le “on” remplace le “vous” comme le “l” remplace le “une”. C’est la première démarche pour stigmatiser et faire des amalgames. Bravo, pour pouvoir faire des autres un ennemi, il faut déjà le définir. Symptomatique…

      Le monde anglo-saxon est donc blanc ou noir (pour ou contre) contrairement à ce qu’il prétend être (ouvert). Cette volonté de créer une dualité signifie (pour moi) une faiblesse d’esprit et un comportement de prédateurs, propres aux anglo-saxons (to be or not). L’autre existe que par allégeance (la royauté a ses principes). L’ouverture, la tolérance dans la forme qu’ils mettent constamment en avant comme une pub mal réalisée, un masque sournois (liberté d’expression vs propagande), tronque naturellement le fond de leurs pensées. La vie devient une lutte au lieu d’être un présent…

      Le “ou” impose un choix (une contrainte) contrairement au “et” qui suggère un partage. Malheureusement, combien d’années leurs faudra t il encore pour comprendre que le “et” peut remplacer le “ou” chez l’homme contrairement probablement à l’animal. La vie anglo-saxonne se réalise donc dans une jungle et l’anglo-saxon combat l’autre pour sa survie. Belle entreprise….

      ps : Ou devrais-je dire “noble” entreprise ? Puisque le ton s’y prête….


  12. Eckoles Le 17 mars 2016 à 10h45
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    Pour ceux qui le souhaitent, il y a aujourd’hui 2 séances (14h30 et 20h) d’un film documentaire sur la Russie au cinéma voltaire à Ferney Voltaire (01210) Pas loin de Genève.
    http://www.cinema-voltaire.net/affiche.php
    Russie Eternelle – De Moscou à Saint Péterbourg
    Réalisé par: Michel Drachoussoff
    ça va me faire du bien de revoir de belles images de Moscou sur de la musique classique Russe.


  13. sadsam Le 17 mars 2016 à 11h45
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    Merci Olivier pour ce très bel article.

    Pour ceux qui aiment la musique russe, une interprétation de “L’alouette” de Glinka par une jeune pianiste américaine d’origine iranienne, Tara Kamangar.
    https://www.youtube.com/watch?v=v7Xvg44Se5c

    La biographie de Glinka confirme tout ce que dit Slobodan Despot dans son article.


  14. theuric Le 17 mars 2016 à 12h14
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    Cette haine occidentale pour la Russie, si tant est que c’en soit une, est plus l’expression d’une angoisse, celle due à la mutation des sociétés humaines qui avance à grands pas, celle que les russes découvrent avant nous, dont ils sont, pour nous, les représentants symboliques.
    De plus, l’effondrement idéologique qu’ils connurent bien avant nous, dont nous pouvons contempler les multiples égarements en France, sera, ici, résolu comme là-bas, par un retour d’un sacré culturel passé, catholicisme français contre orthodoxie russe, de celui, aussi, du politique, patriotique, nationaliste, républicain, bonapartiste, démocratique, enfin.
    Qu’il nous est donc ardu de nous extraire de cet obscurantisme béat, noir résultat de cette tendance mortifère de nos héros étasuniens du nivellement par le bas, soit de vouloir plaire au plus grand monde pour pouvoir lui vendre tout et n’importe quoi, pour pouvoir lui libérer du temps de cerveau disponible, obscurantisme qui, n’allez pas croire le contraire, en a pourrit jusqu’au plus petit recoin de notre intelligentsia et élites nationales politiques et économique.


    • Lysbeth Lévy Le 17 mars 2016 à 12h40
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      A theuric, il faut bien se rendre compte que la propagande occidentale avec l’aide d’Hollywood a démonisé ce pays, la Russie de religion orthodoxe, de plus ayant mené pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une “tentative de libération” de l’homme par une théorie dite “communiste” bien qu’elle a aie dévoyée.
      70 ans de méchante propagande, exagérations, mensonges, malgré l’ouverture des archives et les découvertes que l’Urss n’a jamais voulu la guerre et que c’est bien l’Occident et sa politique agressive qui est le plus dangereux pour “ces amis”…Oui les Usa, l’Europe sont nos ennemis réels et non la Russie qu’elle soit communiste ou simplement capitaliste bon teint.

      Mais dites vous que 70 ans de propagande pèse plus lourd que l’on croit encore de nos jours. les Usa, Europe n’ont fait que “recycler” le bon “anti-soviétisme” des années de l’Urss ! Même sur les crises ont le lit/pense/répète encore à “notre insu” C’est presque inné.


      • theuric Le 17 mars 2016 à 14h06
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        Vous remarquerez que la différence du dynamisme culturel entre ce qui fut le bloc de l’est et le bloc de l’ouest fut que sévissait, chez le premier, un nivellement culturel par le haut, soit par le pouvoir, ceci pour en contrôler ce qui se produisait, et, chez le second, un nivellement par le bas, soit ce qui était et est toujours créé pour plaire au plus grand nombre dans un seul esprit de vente, bien que par le passé de réels œuvres paraissaient.
        Le premier a gelé les sociétés, le second les a égaré.
        Je ne pose pas de jugement de valeur, ne sachant pas comment réagirons les sociétés occidentales quand le système néolibéral, ce dernier rejeton décatie de la pensée bourgeoise d’antan, aura disparue.


    • theuric Le 17 mars 2016 à 12h43
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      Alors oui, j’ai bu de ce petit lait fait de lire enfin ce que je pense de cette incongruité européenne et française composée de méli-mélo absurdes de mots déblatéré n’importe comment, à l’emporte pièce, ne renvoyant plus à aucune idée sauf à celle la plus plate et la plus vide de sens.
      Composée aussi d’organisations flasques, comme l’Union-Européenne ou de l’O.T.A.N. qui se tarissent mollement autant de leurs et nôtres trahisons que de leurs et nôtres désinvoltures, encensées non plus pour ce qu’elles sont mais pour ce qu’elles se rêveraient d’être, peut-être, un jour…, organisations politiques roulant des muscles qu’elles n’ont plus, si tant est qu’elles les aient jamais eus en un quelconque moment.
      Alors, cet onanisme viscérale en un pauvre orgasme jubilatoire qu’est de vouloir à toute fin injustement décrier la Russie, les russes, Monsieur Poutine, n’est que le reflet projectif grimaçant de nos propres manquements, nos propres vilénies, nos propres misères, turpitudes et absurdités, et même leur encensement inconditionnel n’en serait que l’un des signes manifestes.


      • Ananass Romanoff Le 17 mars 2016 à 12h59
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        “et même leur encensement inconditionnel”…
        … de toutes sortes et de quiconque et de quelque “camp” que ce soit ??


        • theuric Le 17 mars 2016 à 13h25
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          Oui, en politique, ni l’Éden, ni les héros n’existent.
          Je sais la tentation de remplacer les U.S.A par la Russie, il est ardu de se débarrasser d’un maître et devenir maître de soi-même.
          Surtout lorsque au-dessus de nos têtes tant de dangers s’accumulent, inconnus parce que ce n’est pas à l’une des sempiternelles crises devant quoi nous sommes, mais bien à un bouleversement majeur, à une mutation inouïe des sociétés des hommes.
          Et cela ne sera pas une petite promenade au bord d’une eau calme et sereine…
          Tous nous les pressentons, de ces dangers, vous le savez même si, peut-être, vous ne voulez pas vous l’avouer, nous le ressentons tous, à nous de le comprendre.


          • Ananass Romanoff Le 17 mars 2016 à 14h00
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            Alors là, ne vous inquiétez pas, je n’ai aucun problème à m’avouer quoi que ce soit, surtout ds le domaine politico-économico-métaphysico-etc, et alors pour ce qui est de ressentir les dangers, idem.
            Je commente (rarement) qd je n’ai pas grand chose à faire à part traîner sur l’ordi et, plus sérieusement, pcq je n’aime pas la pensée unique, de quelque “camp” que ce soit.
            Au plaisir de vous lire.


      • theuric Le 17 mars 2016 à 13h08
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        Alors aujourd’hui il n’est plus de croire à n’importe quoi parce que ça fait bien, ça fait nouveau, ça fait original, mais bien d’entrer dans la volonté suprême de penser par soi-même, en apprenant à savoir ce que l’on ressent et ce que l’on comprend et d’éviter de nous laisser égarer par des idées ineptes, ineptes parce que incohérentes et illogiques.
        Mais surtout de vouloir ce que nos anciens avaient si bien compris, soit que la raison et l’esprit de progrès sont les deux phares pouvant nous guider vers les eaux tumultueuses de la liberté de pensée par nous-mêmes.
        Certes, nos anciens avaient également proférés moult incongruités et ignominies mais eux étaient dans cette dynamique humanisante de vouloir comprendre autant le monde que soi.
        C’est cela que nous devons reconquérir, une nouvelle renaissance, en redécouvrant et critiquant les savoirs anciens et en requestionnant ce qui nous semble présentement si évident, ceci en n’oubliant pas les interrogations que ces évidences ne cessent de provoquer, parce que ce sera là que ne pourra que se dévoiler la réalité.


  15. Michel Ickx Le 17 mars 2016 à 13h47
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    J’ai tellement aimé ce texte dont j’ai pris connaissance grâce à Jean-Pierre Simon que je l’ai fait circuer dans mon entourage.

    En apprenant un peu de Russe, j’avais découvert que le mot “réalité” ,qui dans notre langue vient du latin “res” c’est à dire la chose, l’objet tangible et statique,, provient dans la langue ruse de la racine “action” c’est à dire mouvement, un concept dynamique

    Quant un slave pense, n’est-il pas plus proche de la perception d’un univers dynamique fait d’ondes et de vibrations plutôt que de matière, et qui correspond aux découvertes de la science.et, soit dit en passant, plus habile sur l’échiquier qu’un atlantiste plongé dans les reality show?

    Cela mériteune réflexion.


  16. christian gedeon Le 17 mars 2016 à 14h26
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    J’adore cet article,partial,partisan,convaincu,emporté,bouillonnant,émouvant,chaleureux et tout comptes faits amical et plein d’un cri d’amour pour cet occident qui se renie.Oh,la Russie n’est pas exempte de défauts et son histoire n’est pas exempte d’horreurs et de massacres. Mais elle toujours DANS l’histoire.NOUS,hélas,mille fois hélas,nous n’aurons plus bientôt ni défauts,ni qualités,ni emportements,ni colères…parce que nous sommes en train de sortir de l’Histoire,chaque jour un peu plus,malgré de magnifiques accomplissements.Nous sommes lobotomisés,par petites touches,chaque jour un peu plus visibles. Debout et aux armes citoyens,formez vos bataillons…marchons,marchons…pourtant,c’est toujours notre hymne national…mais soyons optimiste. On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on cryait trop vieux,pas?


  17. Asian Le 17 mars 2016 à 14h29
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    Pour moi c’est un double plaisir de lire cet article, car Russe d’origine ☺. Que dire? Merci Olivier, merci Slobodan, merci à tous ceux qui aiment Tolstoïevsky 😀. Heureusement en France j’ai rencontré davantage de gens ouverts et curieux que de racistes et russophobes. C’est aussi à chacun de nous de montrer l’image de nos pays respectifs car les relations humaines se construisent non pas au sommet de l’État mais essentiellement dans le peuple. J’ai lu hier sur RT que François Hollande a assisté au festival du cinéma russe à Paris, cela m’a fait plaisir pour une fois. Je suis persuadée que la salle était pleine, les Français sont tout aussi curieux et passionnés d’art que les Russes. Lorsque le ballet russe fait sa tournée aux USA, les billets disparaissent en quelques semaines. Si chacun se cultive et s’ouvre sur d’autres cultures, nous pourrons mieux résister à la propagande médiatique.


  18. Asian Le 17 mars 2016 à 16h28
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    Pour moi Dostoïevsky c’est avant tout “Crime et châtiment”, tout simplement impressionnant…. rien à voir avec les romans contemporains que ce soit en Russie ou en France.


  19. Marc Le 17 mars 2016 à 17h51
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    Commentaire à Some.
    Vous semblez ne faire aucune différence entre le général et le particulier. En général, autour de nous, sonnent des discours fréquemment antirusse et anti Poutine. Sans chercher à leur donner raison ou tort, c’est un fait. L’auteur se distingue de cette attitude exclusive. Son discours est donc original et très particulier. Il inspire ceux qui par leur expérience humaine ont vécu de l’intérieur les échanges avec les populations slaves.
    Je pourrais aussi critiquer votre texte et reprendre votre commentaire à la lettre.
    “quand on s’attaque à leur nation…” L’auteur est serbe, vit en Suisse. Il évoque les divergences et les faits qui opposent principalement l’Occident et la Russie, plus largement le monde slave. La Russie n’est pas sa nation.
    “comportement d’arriéré, ou plutôt de gamin de 8 ans”. C’est un jugement assez chargé et très catégorique. Rien ne permet de mesurer de manière convaincante le caractère arriéré de quiconque, ni de l’associer à une catégorie d’âge.
    “changer le décor pour que rien ne change vraiment”. Aphorisme semblable à celui qui assimile tout à rien et rien à tout, puisque toute chose serait égale à toute autre.
    “mi chemin entre des vérités franchement énoncées, et d’autres franchement omises” C’est donner raison à l’auteur: ceux qui se satisfont de leur ignorance et expriment qu’ils connaissent tout au travers de leur certitude, en réalité, ont une volonté de ne rien apprendre (volonté de “ne rien savoir” en “excès”) plus grande que la volonté de comprendre qui est en défaut (“manque de volonté de comprendre”).


  20. Charlie Bermude Le 17 mars 2016 à 17h52
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    Je suis Français , 100% pour cent , et depuis autant de générations qu’on puisse remonter dans l’arbre généalogique , et patriote , la Marseillaise , çà me dresse le poil , au dessus des oreilles .
    Eh bien , je souscris à chaque phrase de ce texte . Et pourtant , moi je les connais bien les Russes et autres , les Serbes , non , connait pas . Je vis à l’Est , en “exil” , comme Depardieu , pas en Russie . J’ai pu constater quand méme que les Slaves ont quelques défaults , non supportables pour un Français . Ce qu’ignore , ou oublie , l’auteur de ce texte , c’est que ce ne sont pas des patriotes , tout juste des “Français” qui parlent en notre nom et nous représentent : Sarkhozy , Valls , et méme Hollande , le monde médiatique y a qu’a faire le tour des stars de ce monde , on gratte un peu , c’est pas Français pure souche . On est représentés par des usurpateurs , et puis c’est pas vraiment nouveau . Alors , ce que vous pourriez , effectivement nous reprocher , c’est de laisser des usurpateurs , nous représenter . Mais si vous grattez un peu la surface pour les Russes aussi c’est pareil ( sauf en ce moment ) et çà m’étonnerait pas pour les Serbes .


  21. Charlie Bermude Le 17 mars 2016 à 18h04
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    J’ajouterai , qu’il ne faut pas surestimer , les médias et la politique , leur capacités à orienter le Monde , si c’était le cas , on seraient tous sujets des Pharaons . La vraie vie est ailleurs , elle creuse ses galleries et parfois surgit à la surface , bien creusé ,vieille Taupe , ( K Marx ) .


  22. Sviéta31 Le 17 mars 2016 à 20h10
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    Bolchoié spassibo (merci beaucoup) pour ce texte. Dans le même esprit, je recommande vivement le livre de Guy Mettan:”Russie-Occident, une guerre de 1.000 ans: la russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne”. Ed. des Syrtes, mai 2015.
    Sans oublier, pour ceux qui ne l’auraient pas vu, le texte du journaliste Dmitri Sokolov-Mitrich “La Russie qu’ils ont perdue”, traduit par Dedefensa et repris par Olivier le 04/12/2014.
    J’ai également traduit un court texte d’un autre journaliste, sur le même sujet “Cesserons-nous d’être “mauvais” une fois disparus?” (ils s’agit toujours de cette Russie indésirable…)mais je ne sais pas comment faire pour le mettre dans le commentaire ou l’envoyer. Pourriez-vous m’expliquer?


  23. Marianne Le 17 mars 2016 à 20h34
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    Dites, les gens, je veux bien les commentaires intellos, mais n’y a-t-il pas plus urgent ?

    “Mais vous ne riez pas. Vous ne riez plus jamais. Même vos vaudevilles présidentiels sont désormais commentés avec des mines de fesse-mathieu. Vous êtes graves comme des chats qui caquent dans votre quiétude de couvre-feu, alors qu’eux, là-bas, rient, pleurent et festoient dans leurs appartements miniatures, leur métro somptueux, sur leur banquise, dans leurs isbas et jusque sous les pluies d’obus.”

    Oh combien vrai.
    Confis dans la peur nous sommes. Honte à nous !

    Les jeunes contre la loitravail – en un seul mot s’il vous plait – nous montre la voie. (Je faisais cours ce matin, quand quelques élèves de ma classe allaient manifester…Stagiaire sous la pression monstrueuse de la survie, irais-je manifester le 31 ?)
    Sus ! Engagement ! il serait temps pour nous tous d’assumer nos positions intellectuelles dans leurs conséquences de chair et de sang. Et je ne présume pas de vos positions…


    • theuric Le 17 mars 2016 à 23h58
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      Je ne ris ni ne pleure mais observe.
      Maintenant que la tragicomédie commence, que les folies portant leurs lourds fruits de trahison nourrissent les passions, viennent les temps où la marque des sursauts paraissent.
      Les vilénies que l’U.E. fit porter en fardeau sur la Grèce ne fut que cette amorce qui alluma la mèche des dérèglements du monde, demain la France en sera le détonateur.
      Je ne le sais pas, je le sens, le hume, ainsi la médaille offerte à un nabab pétrolier ne fut que le tremplin d’un printemps agité, médaille tissant de cette erreur une toile indélébile sur des lois contraires autant aux us qu’aux coutumes d’un peuple s’étant donné d’emblème le beau minois de votre homonymie.
      Gardez-vous, Madame, l’époque est propice aux traverses, soyez d’un pas prudent et portez sur vos enfants l’œil discret qui ménage les fortunes, de celles de la vies plutôt que de l’argent.
      Tous, soyez attentifs de ces temps agités, comprenez-en bien la source, elle seule saura vous guider hors des pentes abruptes des milles écueils.
      La saison sera riche et complexe, sauvage aussi, soyez prudent…!


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