Source : Sheldon Wolin, The Nation, le 26/02/2012

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

La guerre d’Irak a tellement accaparé l’attention du public que le changement de régime en train de s’accomplir chez nous est resté dans l’ombre. On a peut-être envahi l’Irak pour y apporter la démocratie et renverser un régime totalitaire, mais, ce faisant, notre propre système est peut-être en train de se rapprocher de ce dernier et de contribuer à affaiblir le premier. Le changement s’est fait connaître par la soudaine popularité de deux expressions politiques autrefois très rarement appliquées au système politique américain. « Empire » et « superpuissance » suggèrent tous les deux qu’un nouveau système de pouvoir, intense et s’étendant au loin, a pris naissance et que les anciens termes ont été supplantés. « Empire » et « superpuissance » symbolisent précisément la projection de la puissance américaine à l’étranger, mais, pour cette raison, ces deux termes en obscurcissent les conséquences domestiques.

Imaginez comme cela paraîtrait étrange de devoir parler de “la Constitution de l’Empire américain” ou de “démocratie de superpuissance”. Des termes qui sonnent faux parce que “Constitution” signifie limitations imposées au pouvoir, tandis que “démocratie” s’applique à la participation active des citoyens à leur gouvernement et à l’attention que le gouvernement porte à ses citoyens. Les mots “empire” et “superpuissance” quant à eux sont synonymes de dépassement des limites et de réduction de la citoyenneté à une importance minuscule.

Le pouvoir croissant de l’état et celui, déclinant, des institutions censées le contrôler était en gestation depuis quelque temps. Le système des partis en donne un exemple notoire. Les Républicains se sont imposés comme le phénomène unique dans l’Histoire des États-Unis d’un parti ardemment dogmatique, fanatique, impitoyable, antidémocratique et se targuant d’incarner la quasi-majorité. A mesure que les Républicains se sont faits de plus en plus intolérants idéologiquement parlant, les Démocrates ont abandonné le terrain de la gauche et leur base électorale réformiste pour se jeter dans le centrisme et faire discrètement connaître la fin de l’idéologie par une note en bas de page. En cessant de constituer un véritable parti d’opposition, les Démocrates ont aplani le terrain pour l’accès au pouvoir d’un parti plus qu’impatient de l’utiliser pour promouvoir l’empire à l’étranger et le pouvoir du milieu des affaires chez nous. Gardons à l’esprit qu’un parti impitoyable, guidé par une idéologie et possédant une base électorale massive fut un élément-clé dans tout ce que le vingtième siècle a pu connaître de partis aspirant au pouvoir absolu.

Les institutions représentatives ne représentent plus les électeurs. Au contraire, elles ont été court-circuitées, progressivement perverties par un système institutionnalisé de corruption qui les rend réceptives aux exigences de groupes d’intérêt puissants composés de sociétés multinationales et des Américains les plus riches. Les institutions judiciaires, quant à elles, lorsqu’elles ne fonctionnent pas encore totalement comme le bras armé des puissances privées, sont en permanence à genoux devant les exigences de la sécurité nationale. Les élections sont devenues des non-évènements largement subventionnés, attirant au mieux une petite moitié du corps électoral, dont l’information sur les affaires nationales et mondiales est soigneusement filtrée par les médias appartenant aux firmes privées. Les citoyens sont plongés dans un état de nervosité permanente par le discours médiatique sur la criminalité galopante et les réseaux terroristes, par les menaces à peine voilées du ministre de la justice, et par leur propre peur du chômage. Le point essentiel n’est pas seulement l’expansion du pouvoir du gouvernement, mais également l’inévitable discrédit jeté sur les limitations constitutionnelles et les processus institutionnels, discrédit qui décourage le corps des citoyens et les laisse dans un état d’apathie politique.

Il ne fait aucun doute que d’aucuns rejetteront ces commentaires, les qualifiant d’alarmistes, mais je voudrais pousser plus loin et nommer le système politique qui émerge sous nos yeux de “totalitarisme inversé”. Par “inversé”, j’entends que si le système actuel et ses exécutants partagent avec le nazisme la même aspiration au pouvoir illimité et à l’expansionnisme agressif, leurs méthodes et leurs actes sont en miroir les uns des autres. Ainsi, dans la République de Weimar, avant que les nazis ne parviennent au pouvoir, les rues étaient sous la domination de bandes de voyous aux orientations politiques totalitaires, et ce qui pouvait subsister de démocratie était cantonné au gouvernement. Aux États-Unis, c’est dans les rues que la démocratie est la plus vivace – tandis que le véritable danger réside dans un gouvernement de moins en moins bridé.

Autre exemple de l’inversion : sous le régime nazi, il ne faisait aucun doute que le monde des affaires était sous la coupe du régime. Aux États-Unis, au contraire, il est devenu évident au fil des dernières décennies que le pouvoir des grandes firmes est devenu si dominant dans la classe politique, et plus particulièrement au sein du parti Républicain, et si dominant dans l’influence qu’il exerce sur le politique, que l’on peut évoquer une inversion des rôles, un contraire exact de ce qu’ils étaient chez les nazis. Dans le même temps, c’est le pouvoir des entreprises, en tant que représentatif du capitalisme et de son pouvoir sans cesse en expansion grâce à l’intégration de la science et de la technologie dans sa structure même, qui produit cette poussée totalitaire qui, sous les nazis, était alimentée par des notions idéologiques telles que le Lebensraum.

On rétorquera qu’il n’y a pas d’équivalent chez nous de ce que le régime nazi a pu instaurer en termes de torture, de camps de concentration et autres outils de terreur. Il nous faudrait toutefois nous rappeler que, pour l’essentiel, la terreur nazie ne s’appliquait pas à la population de façon générale ; il s’agissait plutôt d’instaurer un climat de terreur sourde – des rumeurs de torture – propre à faciliter la gestion et la manipulation des masses. Pour le dire carrément, il s’agissait pour les nazis d’avoir une société mobilisée, enthousiaste dans son soutien à un état sans fin de guerre, d’expansion et de sacrifices pour la nation.

Tandis que le totalitarisme nazi travaillait à doter les masses d’un sens du pouvoir et d’une force collectifs, Kraft durch Freude (“la Force par la Joie”), le totalitarisme inversé met en avant un sentiment de faiblesse, d’une inutilité collective. Alors que les nazis désiraient une société mobilisée en permanence, qui ne se contenterait pas de s’abstenir de toute plainte, mais voterait “oui” avec enthousiasme lors des plébiscites récurrents, le totalitarisme inversé veut une société politiquement démobilisée, qui ne voterait quasiment plus du tout. Rappelez-vous les mots du président juste après les horribles évènements du 11 septembre : “unissez-vous, consommez, et prenez l’avion”, dit-il aux citoyens angoissés. Ayant assimilé le terrorisme à une “guerre”, il s’est dispensé de faire ce que des chefs d’États démocratiques ont coutume de faire en temps de guerre : mobiliser la population, la prévenir des sacrifices qui l’attendent, et appeler tous les citoyens à se joindre à “l’effort de guerre”.

Au contraire, le totalitarisme inversé a ses propres moyens d’instaurer un climat de peur générale ; non seulement par des “alertes” soudaines, et des annonces récurrentes à propos de cellules terroristes découvertes, de l’arrestation de personnages de l’ombre, ou bien par le traitement extrêmement musclé, et largement diffusé, des étrangers, ou de l’île du Diable que constitue la base de Guantanamo Bay, ou bien encore de la fascination vis-à-vis des méthodes d’interrogatoire qui emploient la torture ou s’en approchent, mais également et surtout par une atmosphère de peur, encouragée par une économie corporative faite de nivelage, de retrait ou de réduction sans pitié des prestations sociales ou médicales ; un système corporatif qui, sans relâche, menace de privatiser la Sécurité Sociale et les modestes aides médicales existantes, plus particulièrement pour les pauvres. Avec de tels moyens pour instaurer l’incertitude et la dépendance, il en devient presque superflu pour le totalitarisme inversé d’user d’un système judiciaire hyper-punitif, s’appuyant sur la peine de mort et constamment en défaveur des plus pauvres.

Ainsi les éléments se mettent en place : un corps législatif affaibli, un système judiciaire à la fois docile et répressif, un système de partis dans lequel l’un d’eux, qu’il soit majoritaire ou dans l’opposition, se met en quatre pour reconduire le système existant de façon à favoriser perpétuellement la classe dirigeante des riches, des hommes de réseaux et des corporations, et à laisser les plus pauvres des citoyens dans un sentiment d’impuissance et de désespérance politique, et, dans le même temps, de laisser les classes moyennes osciller entre la peur du chômage et le miroitement de revenus fantastiques une fois que l’économie se sera rétablie. Ce schéma directeur est appuyé par des médias toujours plus flagorneurs et toujours plus concentrés ; par l’imbrication des universités avec leurs partenaires privés ; par une machine de propagande institutionnalisée dans des think tanks subventionnés en abondance et par des fondations conservatrices ; par la collaboration toujours plus étroite entre la police locale et les agences de renseignement destinées à identifier les terroristes, les étrangers suspects et les dissidents internes.

Ce qui est en jeu, alors, n’est rien de moins que la transformation d’une société raisonnablement libre en une variante des régimes extrémistes du siècle dernier. Dans de telles circonstances, les élections nationales de 2004 constituent une crise au sens premier du terme, un tournant. La question est : dans quel sens ?

Source : Sheldon Wolin, The Nation, le 26/02/2012

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

19 réponses à Le totalitarisme inversé, par Sheldon Wolin

Commentaires recommandés

Gilles Le 09 février 2016 à 07h20

Je suis impressionné par ce texte écrit pour définir le système politique-médiatique-économique américain, qui semble épouser parfaitement jusqu’aux moindres détails notre système Français avec peut-être un décalage de quelques années.
Si un sursaut démocratique n’intervient pas rapidement, alors, inévitablement nous atteindrons ce stade que Wolin appelle « totalitarisme inversé ».
Malheureusement, ce soulèvement démocratique, ne viendra que si un évènement majeur d’une ampleur considérable réveille notre conscience collective.
En sommes-nous réduits à espérer une révolution (une révolte n’y suffirait pas) ?
Peut-être cette catastrophe économique si souvent annoncée, mais toujours « retardée » par le pouvoir de ces multinationales représentantes du « capitalisme et de son pouvoir sans cesse en expansion grâce à l’intégration de la science et de la technologie »

Inutile d’espérer que l’initiative pour ce changement vienne des politiques : ils sont au mieux les vecteurs ou au pire, les complices de ce système.

  1. Notin Bernard Le 09 février 2016 à 06h55
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    Si l’on met en perspective la montée en puissance des banquiers et hommes d’affaires en général, il est plutôt clair que la criminalité en col blanc de Wall Street est à l’origine des conflits européens depuis 1917 : Infamie du Lusitania ; financement des criminels bolchéviques par la banque Kuhn, Loeb, Schiff ; commission des réparations (diktat de Versailles et négociations par le clan Warburg notamment).

    Aujourd’hui, les USA et le processus de globalisation ne sont pas un totalitarisme inversé. C’est le totalitarisme des trafiquants, le seul et unique totalitarisme qui traite les humains comme des objets. C’est l’inhumanité comme l’a expliqué avec tant de finesse feu Robert Jaulin dans “L’univers des totalitarismes” (Loris Talmart, 1995)


  2. Gilles Le 09 février 2016 à 07h20
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    Je suis impressionné par ce texte écrit pour définir le système politique-médiatique-économique américain, qui semble épouser parfaitement jusqu’aux moindres détails notre système Français avec peut-être un décalage de quelques années.
    Si un sursaut démocratique n’intervient pas rapidement, alors, inévitablement nous atteindrons ce stade que Wolin appelle « totalitarisme inversé ».
    Malheureusement, ce soulèvement démocratique, ne viendra que si un évènement majeur d’une ampleur considérable réveille notre conscience collective.
    En sommes-nous réduits à espérer une révolution (une révolte n’y suffirait pas) ?
    Peut-être cette catastrophe économique si souvent annoncée, mais toujours « retardée » par le pouvoir de ces multinationales représentantes du « capitalisme et de son pouvoir sans cesse en expansion grâce à l’intégration de la science et de la technologie »

    Inutile d’espérer que l’initiative pour ce changement vienne des politiques : ils sont au mieux les vecteurs ou au pire, les complices de ce système.


  3. patrickluder Le 09 février 2016 à 08h13
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    Euh … juste une question … Sheldon Wolin ne confond-t’il pas maladies et symptômes? Toutes ces dérégulations et ces crises ne proviennent-t’elles pas du déséquilibres d’un modèle économique devenu obsolète? Comment concilier du travail pour tous et équité sociales quand la majeure partie de la production se fait toute seule avec des besoins en main d’oeuvre de plus en plus réduit? Nos gouvernements ne sont-ils pas plutôt dépassés (submergés) que totalitaires? Le désengagement politique citoyen n’est-t’il pas le fait d’une artificialisation des relations humaines plutôt que d’une volonté politique? Certes les pouvoirs sont toujours plus concentrés mais ils deviennent aussi toujours plus impuissants dans le marasme du monde globalisé. Nos sociétés mourantes se doivent de réfléchir à de nouveaux modes de vie => espérions que l’intelligence collective prendra enfin le dessus sur la cupidité égoïste …


    • Gilles Le 09 février 2016 à 09h21
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      C’est ce que dénonce Wolin: Bien sur que le désengagement politique citoyen vient d’une volonté politique, encouragée par les pouvoirs économiques car, justement, on ne peut plus les dissocier. Les intérêts des uns sont devenus les intérêts des autres.
      Et quand une voix politique devient dissonante, on l’ostracise en la qualifiant d’extrême, ou de populiste. On ose même des rapprochements: par ex on accuse Mélenchon de vouloir la même politique que MLP et ça marche !!! plus personne n’écoute les propositions sortant du chemin tracé, grâce aux médias: elles deviennent toutes subversives ou caricaturées.
      Et toutes les occasions d’amplifier le système sont bonnes à prendre. La théorie du choc développée par Naomi Klein !


    • benoi31 Le 09 février 2016 à 10h29
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      Plutôt d’accord avec votre commentaire.

      Le terme “totalitaire” me parait un terme excessif pour décrire notre société actuelle et ses dérives. Le totalitarisme désigne quand même le pouvoir suprême de l’état, alors que là il appartient à une minorité d’individus. “Ploutocratie”, “Manipulation des masses”, “oligarchie” à la limite me paraissent mieux convenir.

      Employer des termes comme cela semble une volonté de choquer, pas forcément pertinente, ni respectueuse des victimes du totalitarisme.
      (surtout quand (comme moi) on vient de regarder un documentaire sur la seconde guerre mondiale – apocalypse, principalement composé d’images d’archives, très impressionnant par ailleurs)


      • Anouchka Le 09 février 2016 à 13h25
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        Oui mais précisément : les images d’archive d’horreur auxquelles vous faites allusion concernent une situation de guerre.
        Or, avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, le nazisme n’était pas vraiment tres meurtrier (en ce qui concerne la Russie bolchevique, c’est un peu différent, mais d’une manière générale, on peut dire que les morts dans ce cas là sont le résultat d’une situation de guerre civile larvée depuis la prise de pouvoir en 1917 – donc aussi un contexte de guerre).

        Dans les travaux de Wollin, le terme de totalitarisme est envisagé comme forme de gouvernement -qui s’oppose à la démocratie.
        Nous, nous savons que le totalitarisme peut mener a la guerre, et notamment à la guerre civile, d’où notre effroi lorsque nous entendons ce terme. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un concept politique, d’une forme de gouvernement qui a l’apparence de la démocratie mais qui en realite est profondément contraire à la démocratie.


        • TZYACK Le 09 février 2016 à 21h19
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          La Démocratie a toujours été en équilibre précaire entre l’Anarchie et la Dictature


          • dupontg Le 10 février 2016 à 07h44
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            je n’ai jamais connu de démocratie en action…..
            uniquement de la démocratie représentative ,ce qui est très différent voire même incompatible comme le disait l’abbé Sieyes…
            De plus quand les élus ne tiennent même pas leurs promesses ,et passent leur temps à “adapter ” la constitution,on peut considérer qu’il s’agit d’une dictature élective plutôt qu’autre chose.


          • Tanguy Le 10 février 2016 à 17h08
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            L’Anarchie me semble le seul système démocratique. Ou je pourrais dire : si nous étions dans un système comme décrit par les anarchistes, nous serions en démocratie.

            Ne confondez vous pas anarchie et anomie (Pour être bref : -anomie : chaos où règne la loi du plus fort, -anarchie : système basé sur l’adhérence de tous et la non-coercition) .


      • Louis Robert Le 09 février 2016 à 16h56
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        @benoi31

        Je crois au contraire que “totalitaire” et “totalitarisme” conviennent parfaitement.

        “Le totalitarisme” désigne un mode d’exercice du pouvoir souverain qui peut être (et fut le plus souvent) le fait d'”une (infime) minorité d’individus”, voire d’un seul… aidé(s) bien sûr de millions d’autres à eux/lui asservis, volontairement ou non, preuve matérielle s’il en fallait de la nature du pouvoir par là exercé.

        Asservissent encore aujourd’hui les idéologies — le capitalisme impérial en est une — tout autant et même davantage que les chaînes.


      • Sylvain chesnel Le 11 février 2016 à 07h59
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        Je pense que si ce que nous vivons ne vous paraît pas totalitaire c est que vous etes européen
        Pour l irakien le lybien le congolais toute l Amérique du sud le vietnamien etc etc tout ça doit parraitre tres totalitaire
        La proposition c est du génocide contre des dollards si ça c est pas totalitaire je sais pas ce qu il vous faut.


  4. christian gedeon Le 09 février 2016 à 13h08
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    pas d’accord…je veux dire pas d’accord avec l’analyse en miroir. Cette analyse ne prend pas en compte la nature de l’ultralibéralisme… l’ultralibéralisme est autre chose que la capitalisme,autre chose que le nazisme ou le fascisme ou le communisme politique tel que nous l’avons connu…l’ultralibéralisme est protéiforme,adaptable à tous les régimes, mutant en permanence.Ceux qui s’obstinent à vouloir l’analyser en termes de capitalisme ou de fascisme ou de nazisme ou et ou,se plantent complètement. C’est un monstre sui generis. ce monstre se fout des régimes économiques ou politiques en place comme de sa première effraction…Il EST,tout simplement et constitue sa propre justification. On pourrait écrire des pages et des tomes entiers sur ce qu’il est… arrêtons donc de la “comparer”. Il n’ y a rien à quoi comparer cette terrible perversion…rien. Et encore est il balbutiant. Seul le réveil des peuples pourra le terrasser,et on n’y est pas,n’est ce pas?


  5. Louis Robert Le 09 février 2016 à 16h30
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    Lisant et relisant ce texte de Wolin, je suis très impressionné, une fois encore:

    1. par sa lucidité et son courage à analyser, dans le détail, la société à laquelle il appartient,
    2. par son habileté à structurer son analyse à seule fin que l’honnête homme comprenne,
    3. par son courage à appeler les choses par leur nom: l’Empire est “Empire”,
    4. par la finesse des multiples liens qu’il établit entre les phénomènes,
    5. par les innombrables exemples concrets, pertinents, essentiels même appuyant son propos,
    6. par la profondeur et la subtilité de son diagnostic visionnaire,
    7. par l’ampleur et la justesse de la vision du monde qui en résulte.

    J’ose l’affirmer: je ne crois pas qu’il se trouve en France quelqu’un qui ait effectué pareil travail d’intérêt national et international si pressant. Or la France a l’urgent besoin que l’un des siens l’accomplisse enfin, au bénéfice de “tous les Français”. [Modéré]


  6. Xuan Le 09 février 2016 à 16h38
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    L’auteur écrit : “sous le régime nazi, il ne faisait aucun doute que le monde des affaires était sous la coupe du régime”. Mais Hitler ne serait jamais parvenu au pouvoir sans l’appui du monde des affaires.
    Désignant le dirigisme étatique des pays fascistes, le “Totalitarisme” n’est que la forme institutionnalisée de la domination des monopoles sur l’ensemble des entreprises.
    Mais cette domination existe déjà sous la forme libérale. Les manifestations de paysans en témoignent, ainsi que les rapports entre sous traitants et donneurs d’ordre.

    S’il existe une différence entre le nazisme et nos sociétés, c’est qu’il constituait une dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires du capitalisme et du capitalisme financier en particulier.
    Que ce soit aux USA ou en Europe, il n’y a pas de dictature terroriste ouverte. Mais des éléments de fascisation sont en cours, en France, en Pologne ou en Ukraine


    • christian gedeon Le 15 février 2016 à 19h28
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      On peut savoir ce que la Pologne vient faire là dedans? par quel irrationnel process intellectuel accusez le gouvernement polonais être en voie de fascisation,en le comparant de surcroît aux dingues ukrainiens (de Parvi Sektor,je présume?). Qu ‘est ce qui vous défrise dans l’actuel gouvernement polonais? Qu’il entende mettre fin au régne sans partage de l’argent et des neo boboscons de Varsovie? Qu’il entende mettre fin aux “accords fiscaux “(Ah le Luxembourg polonais!) entre les multinationales et la Pologne qui permettaient à ces dernières de “sortir ” tous leurs bénéfices quasiment en exonération d’impôts? Qu’il entende mettre fin au bradage des riches terres agricoles polonaises au profit des complexes agro alimentaires? renseignez vous donc un peu avant de traiter le gouvernement polonais de nazis ou de fasciste!


  7. pipo Le 09 février 2016 à 16h39
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    Ils sont passés de la violence physique à la violence morale (perversion du sens).
    Le psychopathe s’est transformé en Pervers narcissique par obligation, il veut continuer à imposer SA loi. (Qu’il croit celle du plus fort).
    Dans sa tête:
    Il ne complote pas, il gère
    il ne domine pas, il contrôle
    Il ne se sent pas supérieur, il l’est
    Il ne vous veux pas de mal, c’est vous qui lui êtes hostile.
    Il a juste un sentiment grandiose de lui-même et donc aucune empathie pour les autres.
    Ce manque d’empathie il l’ont vécu dans leur enfance, il ne font que l’appliquer inconsciemment aux autres .
    Le mensonge, la trahison, la manipulation, la triche, l’hypocrisie etc…, c’est pour se défendre de ceux qu’ils leur veulent du mal, c’est à dire ceux qui résistent à leur emprise, VOUS.
    Ils ne s’intéresse pas à votre bien être, il tentent de se prouver à eux-mêmes et aux autres qu’ils dominent bien.
    Laissez les faire et vous vous retrouverez dans un régime fasciste, résistez et vous aurez la guerre.


    • pipo Le 10 février 2016 à 01h12
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      Je pense aussi que “la compassion et l’entraide, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussité évolutive de notre espèce. »
      Mais le fait est que certain personnage n’ont pas cette compassion, pour comprendre leur comportement il faut comprendre leur vision du monde, des autres.
      il faut comprendre ce que les psy appellent le “Moi grandiose” des psychopathes et surtout d’où il provient. Ce ne sont pas des monstres assoiffés de sang ou de haine, ils ont vécu un traumatisme dans leur enfance par manque d’amour d’un parent ou des deux, il se sont construit une vision grandiose d’eux-mêmes qui est inversement proportionnel au regard qu’ils ont sur les autres. Ils peuvent donc se permettre sans scrupule toute sorte de manipulation perverse. Pour eux c’est juste la preuve de leur capacité à dominer les autres (les naïfs).
      Pour mieux les comprendre je vous conseil les articles de Philippe Vergne:
      link to perversionnarcissiqueetpsychopathie.wordpress.com


  8. vesso Le 09 février 2016 à 22h13
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    Je suis bien d’accord avec ce que suggère Gilles: la fin de cette infamie ne peut venir que de l’extérieur. Mais quel est cet extérieur à l’heure de l’infamie mondialisée ? Une (trés grosse) éruption solaire qui met à bas la totalité de notre électronique, nous ramenant 150 ans en arrière ? LA grosse météorite ? Une invasion E.T? Jésus et ses armées d’anges, qui sait ? Quand il n’y à plus d’espoir, reste l’espérance: rien n’est éternel en ce monde, les dinosaures l’ont appris à leur dépends. Quand aux peuples endormis, ils n’auront même pas mal quand on rendra obligatoire le marquage électronique des humains…


  9. Franck Le 10 février 2016 à 08h58
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    Le totalitarisme inversé, basé sur des mensonges, la manipulation, la tromperie. Un totalitarisme puissant qui arriverait à vaincre la vérité avec des mensonges ?
    .
    Cela n’a jamais marché. Ils peuvent remporter des batailles, c’est un fait certain. Mais à la fin, ils ne peuvent que perdre la guerre, résistance et résilience oblige, et ils ne le savent que trop bien. Alors pourquoi le font ils ? La vérité se cache soit à l’opposé du doigt pointé, soit dans les non dits


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