Source : OilPrice, le 20/03/2017

Le temps le dira, mais les cris de “victoire à Washington” du prince Mohammed ben Salmane, procureur de la couronne et Ministre de la Défense d’Arabie saoudite, semblent faux et peut-être même apocryphes. Il avait besoin de quelques signes de succès lorsqu’il est sorti de la Maison Blanche après la rencontre avec le président américain Donald Trump le 14 mars 2017 : l’Arabie saoudite est à court d’options et pousse ses alliés traditionnels — certains ne s’en réjouissant pas — à montrer leur solidarité, particulièrement concernant les guerres au Yémen, en Irak, en Syrie et en Libye. Et ce, en une période où les fortunes économiques du royaume sont fragiles et se détériorent, laissant présager des pressions politiques internes.

Le prince Mohammed semblait vouloir rallier au camp saoudien le président Trump — et parler au nom de tous les musulmans sur les bienfaits de l’administration Trump pour eux — mais il était en réalité soucieux d’exorciser l’apparente amitié florissante entre le président américain et le président égyptien Abdul Fatah al-Sissi, désormais ennemi juré du prince Mohammed. Il semble donc que l’animosité entre Egyptiens et Saoudiens se soit étendue à Washington alors qu’il est désormais devenu clair que la nouvelle administration américaine n’entendait pas automatiquement continuer la politique moyen-orientale de l’administration précédente.

Les enjeux sont d’envergure mondiale pour les États-Unis, mais si Washington devait choisir, il choisirait la géopolitique (Méditerranée-Suez-Mer rouge) et le poids culturel de l’Égypte.

La récente rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Égypte — ou plutôt, la querelle entre le vice-prince héritier Mohammed et le président égyptien al-Sissi — signifie que leurs gouvernements respectifs ont tenté de faire pencher les États-Unis de leur côté, mais sans que Washington ne laisse transparaître beaucoup de sa préférence. Il ne souhaite pas totalement s’aliéner l’Arabie saoudite à ce stade, ni son État voisin et compagnon wahhabite le Qatar, mais la position stratégique égyptienne ne peut pour autant être ignorée.

Ainsi le prince saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président Donald Trump le 14 mars 2017, et a affirmé que la rencontre était “un tournant historique” dans les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis. Mais des sources à la Maison-Blanche ont dit à la Défense et aux Affaires étrangères que ce n’était rien de tout cela, et que — comme le langage corporel du président Trump l’avait montré durant l’entrevue — il ne ressentait aucune alchimie avec le jeune représentant saoudien. Malgré cela, le prince a autorisé une déclaration post-rencontre disant que Donald Trump était un “véritable ami des musulmans qui servira le monde musulman de façon inimaginable,” et que la rencontre a été un “grand succès” et “un tournant historique dans les relations bilatérales des deux pays.”

Les déclarations officielles de la Maison-Blanche furent froides. L’équipe de Trump ne fut pas impressionnée par le vice-prince héritier. En comparaison, la première action du président Trump le 23 janvier 2017 (le premier jour de son mandat) fut d’appeler le président égyptien Al-Sissi, et des commentaires positifs en ressortirent des deux côtés. Le président al-Sissi avait rendu visite à M. Trump avant qu’il ne prenne ses fonctions, et le rencontrerait à nouveau lors une visite officielle du 1er au 4 avril 2017. De façon significative, les dirigeants saoudiens et égyptiens avaient tourné le dos à l’administration précédente du président Barack Obama, mais pour des raisons différentes. Aujourd’hui, l’administration Trump tente de déterminer quelle sera à l’avenir la stratégie américaine la plus avantageuse dans la région, et être entraîné par l’Arabie saoudite dans un large conflit avec le Yémen et la Syrie/Irak ne semble pas être perçu comme un plus.

Mais le prince Mohammed avait déjà engagé l’Arabie saoudite sur un chemin duquel il était difficile de s’écarter dignement. En conséquence, Riyad est en train de pousser ses anciens amis plus loin encore dans l’engagement à se battre dans ses guerres avec elle, ou pour elle. Le prince Mohammed continue de demander que le Pakistan entre dans le conflit avec le Yémen, malgré le fait que cela fut promu par Riyad comme une guerre contre la secte chiite de l’Islam (et dès lors contre l’Iran), alors que le Pakistan a une importante minorité chiite (plus de 20%). Entrer dans le conflit au Yémen pourrait, pour le Pakistan, possiblement le précipiter dans une guerre civile sur son territoire. Et pourtant, le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, qui a bénéficié de sa longue amitié avec l’Arabie saoudite, a désormais des difficultés à rejeter les demandes de Riyad.

Ainsi, pas seulement à Washington, mais dans d’autres corridors du pouvoir, les demandes de soutien de l’Arabie saoudite ne sont pas bien reçues, et sont perçues comme stridentes et désespérées. De plus en plus, Washington, en particulier, voit l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar comme un camp opposé dans la guerre contre l’État islamique, ainsi qu’au Yémen et en Libye. Le Yémen est déjà retourné, pratiquement, au moins à son identité précédente de deux États.

Le Pakistan également doit reconsidérer ses relations de longues dates avec l’Iran que l’Arabie saoudite a fait le serment de détruire.

En effet, il y a une émergence progressive, même à Washington, où, géopolitiquement, l’Iran serait plus importante que l’Arabie saoudite, malgré la réalité que les clercs iraniens — qui sont arrivés au pouvoir en 1979 à cause des étapes actives et délibérées des États-Unis sous le Président Jimmy Carter — se sont avérés être le principal obstacle à la restauration d’une position stratégique iranienne stable et la question des armes nucléaires iraniennes est politiquement (mais peut-être pas militairement) vexante pour les États-Unis.

Washington est maintenant en train de réexaminer à quel point le président américain Richard Nixon (1969-74) a su tenir en équilibre entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Mais, alors, il avait pu travailler avec le Shah d’Iran et le ministre des Affaires étrangères, Ardeshir Zahedi, d’une part, et le roi Faisal bin Abdad-al-Aziz al Sa’ud (1964-1975) de l’autre. Dans tout cela, la Russie et la République populaire de Chine, la Mer rouge, le Golfe persique et le Levant sont très impliqués, tout comme la Turquie.

Par Gregory Copley via Defense and Foreign Affairs Special Analysis

Source : OilPrice, le 20/03/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

33 réponses à Les relations E-U-Arabie saoudite sont-elles en train de tourner au vinaigre ? Par Gregory Copley

Commentaires recommandés

sibi Le 11 mai 2017 à 07h21

Mes amis: BHL à nouveau entarté ! Du bonheur au petit déjeuner !! :

https://www.youtube.com/watch?v=459zJmtoWZE

  1. L'aieuil Le 11 mai 2017 à 01h07
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    Avec l’autonomie relative en pétrole et gaz de Washington via les évolutions techniques il est parfaitement absurde de continuer à soutenir les Monarchies les plus abjectes de la planète, cause de tant de maux. Encore plus avec la réalisation de l’axe Irano-Syrien soutenu par Moscou et Pékin ainsi que le retour quasi-certain de l’Égypte au minimum au neutre (ils ont apprécié moyen le coup d’État islamiste défendu à corps et à cri par leurs amis et alliés occidentaux, la vitesse à laquelle ils diversifient leur park militaire, chasseur et navires français, missiles et hélicos russes, etc… est directement lié à une claire volonté de s’affranchir de toute influence américaine), car si longtemps on a cru que la sécurité d’Israël (LA grande obsession occidentale) résidait dans des concessions faites à la Ligue Arabe dirigée de facto par Riyad il est de plus en plus évident que c’est de moins en le cas.
    Et que demain c’est avec Téhéran (voire pire: Moscou) qu’il va falloir négocier le non-renvoi des croisés à la mer…
    D’où les gesticulations girouetesques (girouette/grotesque) américaine envers l’Iran.
    En plein changement de paradigme au Moyen-Orient y en qui sont pour la carotte soit essayer de dissocier Téhéran de l’axe Pékino-Moscovite (ce qui sera dur) et les autres le bâton et essayer de briser par la force et le chaos cette menace émergente (ce qui ne sera pas plus facile, vu que cela en est déjà largement la cause).


    • douarn Le 11 mai 2017 à 21h13
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      Pardonnez moi, mais ce que vous écrivez :

      autonomie relative en pétrole et gaz de Washington via les évolutions techniques

      me semble “osé”. Ainsi, selon bp-statistical-review-of-world-energy-2016-workbook, les USA produisent 12,7 millions de barils de pétrole par jour et en consomment 19,4 millions barils/jour. Certes la production de pétrole US a augmenté depuis 2005 mais grâce aux taux bas et en incluant dans les chiffres de production tous les liquides (biocarburants, condensats, CTL, …) qui pour être des hydrocarbures (sauf le bioéthanol) n’en sont pas pour autant du pétrole.

      Mais il est vrai que les USA sont autosuffisant en gaz et excédentaires en charbon.
      http://mazamascience.com/OilExport/


      • L'aieuil Le 12 mai 2017 à 00h49
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        Ils ne sont pas en autonomie totale, mais la dépendance à l’OPEP à quasiment disparu, il faut compter avec le Canada et le golfe du Mexique évidement.
        L’Amérique du Nord est encore importatrice de pétrole (et exportatrice de tout le reste… ce qui n’est pas rien en ayant le pays le plus développé et le plus gourmand en énergie par tête de pipe au milieu) mais peut se fournir en Amérique du Sud pour couvrir la différence, surtout après le “printemps de Caracas” (soit la révolution des jeunes et fringants démocrates Venezueliens avides de liberté qui est en chemin…).

        La stratégie de dumping, qui a largement échouée, de l’Arabie Saoudite (dont on a très peu parlé et qui a été la raison de la chute aussi basse des cours, qui devaient certes chuter mais pas aussi bas et qui sont d’ailleurs remontés depuis alors que l’économie mondiale a pas tellement repris) étaient déjà une prise de conscience des saoudiens face au risque de perdre leur influence sur les États Unis.
        Ils se sont réveillés trop tard, quand les puits sont creusés ça ne coûte pas grand chose de les maintenir, c’était au moment où les cours étaient haut et où les investissements pour augmenter la production ont commencé qu’il fallait le faire…
        Le retour à un cours beaucoup plus bas ne gèle que les projets de puits futurs.


  2. LEVACHER Le 11 mai 2017 à 02h15
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    Je pressent la fin des Saoud à terme inéluctable.

    Nous savons que pour l’explosion des trois tours de NewYork ils ne sont pas seuls responsables ou bien manipulés.

    Cette autorisation pour les familles des victimes d’attaquer le royaume des Saoud est plus qu’une perte diplomatique. Ce fut le signal mondial de début de la fin pour cette faible monarchie extrêmement riche.

    Le Quatar eu l’intelligence d’esquiver en prenant lien avec la Russie en un investissement pharaonique d’achat de 25% de GAZPROM.

    L’Arabie à la diffèrence de l’Iran n’a pas en propre les ressources humaines intellectuelles pour lancer des études pour organiser une force de dissuasion indépendante. Ils ont du devenir la cible secrète des USA et d’ISRAEL sans doute pour des raisons stratégiques autant que financières.

    Ils n’arrivent pas à se dépêtrer de l’inconséquence de leurs folies à l’égard entre autres du Yémen ?? par l’arrogance que confère les milliards de pétrodollars ils se sont mis à dos bien des pays.

    Ce qui m’a semblé extravagant fut les assassinats de très hautes personnalités iraniennes pendant leurs voyage à la Mecque.

    Cette action criminelle a été à travers le monde comme un geste au delà de la trahison, une rupture de confiance dans la foi par conséquent une perte irremplaçable d’une forme de fidélité est effondrée

    Ils sont portés de façon inconsidérée au firmament des institutions mondiales comme à l’ONU.

    Cela me fait penser à la manière par laquelle fut traité Kadhafi avant sa disgrâce il fut porté aux nues.

    Donc mauvais présages pour les Saoud en cours d’exécution.


    • Nicolas Le 11 mai 2017 à 07h53
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      Hein, non, le Qatar n’a pas 25% de Gazprom. Vous confondez peut-être avec les ~10% de Rasneft récemment acquis par le fond souverain du Qatar (19,5% vendus à Glencore et au fond souverain du Qatar).
      L’État russe a ~50,2% de Gazprom, ADR en a ~27%, le reste est partagé entre de nombreux actionnaires, dont E.ON serait apparemment le plus important (2,5%).


  3. Haricophile Le 11 mai 2017 à 02h40
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    C’est un détail dans un monde qui vit à très court terme, mais le réchauffement climatique pourrait rendre impropre à la vie cette région pétrolifère dans pas si longtemps à l’échelle générationnelle, si j’ai bien compris.


    • madake Le 11 mai 2017 à 17h19
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      Pas du tout, dans les scénarii les plus récents ça augmentera la température, mais l’air chaud stockant plus d’humidité, la pluviosité augmentera de 25 à 55%, ce qui pour cette zone est plutôt positif.
      Je recherche le lien où j’ai vu ça.
      En fait pour les pays du golfe, gros producteurs de pétrole, plus le réchauffement climatique est important, plus la pluviométrie augmente.
      Reste à savoir si la combinaison chaleur+pluies permet un équilibre et quel en sera le bilan?


      • madake Le 11 mai 2017 à 19h09
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        Voici la source.
        En fait vous avez ici en 8 mn les infos sur 3 scénarios de réchauffement
        un timelapse vous donne la température, le niveau moyen des océans, la pluviométrie sur ces possibles.
        voyez vers 5’50, et 7’10”
        regardez la péninsule arabique.


  4. zigf Le 11 mai 2017 à 06h38
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    Si les saoudiens viennent d’acheter de l’armement américain, le MGM-140 ATACMS, pour enterrer le projet Grom-2 en Ukraine financé par l’Arabie Saoudite, c’est que les relations entre ces deux pays terroristes ne vont pas si mal que ça.


  5. sibi Le 11 mai 2017 à 07h21
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    Mes amis: BHL à nouveau entarté ! Du bonheur au petit déjeuner !! :

    https://www.youtube.com/watch?v=459zJmtoWZE


    • christian gedeon Le 11 mai 2017 à 10h21
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      Ah oui,c’est fendard…le serbe a de la mémoire. Et l’affaire yougoslave est loin d’être finie.Cf le Monténegro,à suivre de près.


    • de passage Le 11 mai 2017 à 10h47
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      La meilleure nouvelle de ces derniers jours! Meme les serbes reprennent la tradition, vive l’Internationale des entartreurs !


    • Arcousan09 Le 11 mai 2017 à 14h10
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      Le faiseur d’opinion auto-proclamé, le mentor de Sarkozy pour la libye entarté c’est une joie …


  6. Raoul Le 11 mai 2017 à 09h56
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    Qu’il y ait une animosité entre l’Égypte et l’Arabie saoudite, certes, mais que cela conduise les États-Unis à rompre leurs relations avec l’Arabie saoudite, lâchant la proie pour l’ombre, me semble bien douteux.

    L’Arabie saoudite peut exploser, ce qui ne serait évidemment pas de l’intérêt des États-Unis qui n’ont pas besoin d’une instabilité qui profiterait directement à l’Iran. En fait, c’est bien ce dernier pays qui pourra freiner toute velléité de laisser tomber un allié devenu effectivement quelque peu encombrant, surtout qu’il s’est révélé militairement bien inefficace contre le Yémen. C’est un excellent bailleur de fonds, mais un piètre combattant.

    Quand on voit le soutien inconditionnel des États-Unis à l’Arabie saoudite, malgré leur possible implication dans les attentats du 11 septembre, on ne peut pas imaginer qu’ils laissent tomber l’Arabie saoudite. Et s’ils peuvent envier l’équilibre qu’avait su trouver Nixon entre l’Iran et l’Arabie saoudite, ils ne sauront pas le rétablir, sauf à provoquer un changement de « régime » en Iran, ce qu’ils ont déjà tenté… et qui a échoué.


    • Chris Le 11 mai 2017 à 13h07
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      Mes amis iraniens, classe moyenne, dispersés en Occident depuis la guerre Irak-Iran, me rapportent à chaque voyage combien l’humeur et les moeurs de la population, principalement les jeunes et ils sont nombreux !, évoluent à grande vitesse, contestent l’autorité des ayatollahs, travaillés par la propagande et mode de vie occidentale.
      Ils se plaignent amèrement des apparatchiks théocratiques qui investissent massivement dans les pays du Golf, Arabie Saoudite en tête. Ce à quoi je réponds que vu l’embargo total dont l’Iran fut l’objet -et pas encore complètement levé- ne leur restait que ces pays !
      Ils constatent que les productions alimentaires chinoises meilleur marché mais médiocres sont en passe de remplacer les productions locales plus chères, bientôt réservées aux seules élites friquées, que le peuple a de plus en plus de mal à boucler les fins de mois, chômage élevé, dégradation des services publics, etc…
      Bref, tous les maux de la globalisation au profit des 0,1%
      Mon sentiment est que l’engagement iranien dans la guerre syrienne est plutôt une aubaine pour le pouvoir en place. Mais qu’un printemps pourrait bien survenir une fois l’ennemi vaincu.


      • L'aieuil Le 11 mai 2017 à 18h48
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        Faut pas confondre la nomenclatura boboïsante iranienne avec le peuple… C’est un peu comme penser que les gens du XVIème arrondissement sont des français moyens et que donc toute la France est derrière Macron.
        L’Iran, comme la Turquie, a certes plein (des millions, ce sont des grands pays et des pays jeunes) de jeunes “contestataires” (en vrai rejetons cosmopolites de cadres, la comparaison avec les macronistes n’est pas innocente) qui rêvent d’occident, mais de là à croire qu’ils sont une proportion majoritaire de la population il y a un gouffre…
        Et c’est eux qui seront l’excuse demain aux frappes aérienne emplie de liberté et de démocratie qui sauveront l’Iran… en faisant des centaines de milliers de morts… (mais ces même jeunes n’en auront cure car eux auront les moyens financiers de quitter l’Iran, quelques pleurs et quelques reportage photos et ils auront même droit de poursuivre leur vie de bobo dans les capitales occidentales).
        La voie vers l’enfer est pavée de bonne intentions…


        • Chris Le 12 mai 2017 à 13h18
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          Les “bobos” dont je parle est la génération des nostalgiques du Shah, qui à l’époque avaient des pré-ados et ne voulaient surtout pas que ces derniers soient enrôlés à 12-13 ans dans dans la guerre Irak-Iran (1980-88, qui générera entre 500’000 et 1,200 million de victimes) et où Sadam Hussein fit largement usage de gaz toxiques généreusement fournis par les firmes occidentales avec l’autorisation de leur Gvt respectif.
          L’offensive irakienne échoua, vous connaissez la suite : Irak, Libye, Syrie, etc…
          L’objectif est de détruire le Moyen-Orient pour contrôler ses richesses et instaurer Israël comme garde-chiourne en étendant ses territoires.


  7. Haricophile Le 11 mai 2017 à 09h58
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    Par curiosité, en regardant la photo du lance missile sol-sol MGM-140 ATACMS : Je me posait la question de la part réelle de l’armement et la guerre dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollution_induite_par_les_munitions les émissions de particules et le réchauffement climatique. J’ai comme une idée que si on ne publie pas partout ces chiffres, c’est qu’ils ne doivent pas être publiables…
    Je ne vois pas bien pourquoi les marchands de mort et leur clients se préoccuperaient de ce genre de détails.


  8. christian gedeon Le 11 mai 2017 à 10h23
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    Oups,modéré…à cause de Stains? Et pourtant,elle tourne. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire,n’est ce pas?


  9. UltraLucide Le 11 mai 2017 à 10h59
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    Tout cela rentre parfaitement dans les objectifs globaux de remodelage du Moyen-Orient par l’Empire etatsunien.
    Le royaume saudien a pris trop d’autonomie et les accords du Quincy c’est déjà loin dans le passé.
    La mainmise des Saoud sur les lieux saints de l’Islam après la 1ère Guerre Mondiale, avec la bénédiction des britanniques, avait déjà suscité de graves remous au sein du monde musulman. De nombreux pays verraient d’un bon oeil un rétrécissement des prérogatives de ce royaume.
    Depuis une dizaine d’années, les USA se sont raccommodés avec les chiites. Et ils soutiennent fermement les Frères Musulmans, concurrent acharnés des Salafistes d’obédience saoudienne. Quand au soutien évident aux kurdes d’Irak, il n’a pas besoin de commentaires.
    Un bon exemple de ce que pourrait être leur plan secret à long terme est cette carte conjecturelle, certes, mais si logique quand on examine les tendances “en marche”..
    http://i.huffpost.com/gen/1424639/thumbs/o-NEWMIDDLEEAST-570.jpg?4


    • Chris Le 11 mai 2017 à 14h58
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      Parce que vous voyez une différence entre les Frères Musulmans et les Waahabites ?
      Frères ennemis, mais complices…


      • guillaume Le 12 mai 2017 à 04h38
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        en tout les cas, meme rigorisme théologique.


      • Ovuef2r Le 12 mai 2017 à 07h06
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        Les frérots veulent la fin de la monarchie saoudienne, trop corrompue à leurs yeux, quand les wahhabites s’en accommodent..les uns sont soutenus par le Qatar et la Turquie, les autres par le royaume qui porte le nom de la famille régnante. En Syrie ils se combattent durement entre eux !


      • UltraLucide Le 12 mai 2017 à 12h34
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        Les Frères Musulmans sont nés en Egypte à peu près à l’époque où les Seoud ont pris le pouvoir sur la totalité de l’Arabie.
        Les Seoud promeuvent à peu-près le même Islam, celui d’Al-Wahab, sauf que:
        1-Leur vision est centrée sur le royaume et la dynastie qui, contrôlant La Mecque, est le centre du monde des croyants d’Allah
        2-Leur levier est essentiellement de nature réligieuse et théologique, les Salafistes.

        Les Frères eux se voient comme une confrérie idéologique internationale sur le modèle des léninistes ou des fascistes. Une organisation qui est capable d’agir dans tous les pays, à la fois de façon publique et légale ou violente et clandestine. Les Frères actionnent de nombreux leviers, pas seulement religieux, mais aussi politiques, juridiques, financiers, culturels, et sortent ainsi du cadre strict religieux wahhabite, ce qui leur est reproché par les salafistes.

        Les deux ont le même but, imposer la Charia au monde.


        • UltraLucide Le 12 mai 2017 à 12h41
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          Pour les USA, les Frères offrent beaucoup plus d’opportunités de déstabilisations et manipulations dans le monde que la monarchie Saoudienne, auto-centrée et corrompue.


          • Chris Le 12 mai 2017 à 13h31
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            Plus d’opportunités ? C’est selon. Les deux factions travaillent les fruits de la désespérance des populations. L’un par son action socio-culturelle, l’autre par le militantisme auprès des têtes brûlées.
            Se rappeler que ces populations intrinsèquement claniques sont soumises depuis des siècles à des formes de gouvernement impérial que nous nommons “dictatures” et que la globalisation est en train de nous proposer dans une version plus soft mais qui ne demande qu’à se durcir pour garder la main…


  10. Bilbo Le 11 mai 2017 à 14h41
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    Le Moyen-Orient est devenu un terrain d’affrontement de puissances mondiales (USA vs Russie) et régionales (Arabie Saoudite vs Iran vs Turquie).
    A ce trio, l’Egypte (asiatique avec le Sinaï) aimerait se joindre pour jouer sa propre partition. Elle a une légitimité historique, un poids démographique (92 Mhab, contre 82 pour l’Iran, 70 pour la Turquie et 31 pour l’Arabie) et un positionnement religieux moins extrême que celui des Saoudiens. De plus elle a plus d’atouts à long terme qu’une Arabie Saoudite trop spécialisée et qui importe sa main d’œuvre.

    Bref le calcul est vite fait. Et ça m’étonnerait que Trump ait oublié les conséquences de la surproduction pétrolière des dernières années décrétée par l’Arabie Saoudite sur l’industrie pétrole/gaz de schiste américaine. N’oublions pas qui est le secrétaire d’Etat américain…


    • Lithan Le 11 mai 2017 à 17h06
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      Bien vu ! C’est le retour du Grand Jeu, tel qu’il se pratiquait au XIX ieme siècle entre l’Empire Britannique et l’Empire Russe pour le contrôle du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale.
      On pensait que la fin de la guerre froide allait précipiter le monde entier au XXI ieme siècle et, en réalité, c’est le retour aux conflits et stratégies du XIX ième que la première guerre mondiale puis la révolution russe ont gelés.


  11. Lysbeth Levy Le 11 mai 2017 à 18h39
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    Les Usa, dont peut-être Trump vont ils sacrifier le “Royaume des Ténèbres” saoudien dixit l’excellent René Naba ? Pourtant d’après le journal des forces armées Us c’est prévu dans le découpage du moyen-orient :
    http://armedforcesjournal.com/peters-blood-borders-map/ et les perdants et le gagnants du même auteur : http://brilliantmaps.com/new-middle-east/ Mr Peter parle lui de bordières de sang ou frontières de sang est ce que ça avoir avec le bain de sang dans lequel ce “pauvre” moyen-orient se débat depuis l’Irak en 1993 ? Trump semble avoir mis ces pas dans ces prédécesseurs (Bush fils et père, Obama et Clinton Hillary) va t’on vers de nouveaux conflits (hélas) ?


    • Chris Le 12 mai 2017 à 13h50
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      Sans aucun doute. Pour survivre, les USA doivent absolument désigner des ennemis, sinon ce pays fait de bric et de broc explose. La fuite en avant.
      America first again n’est qu’une tentative de colmater la fracture sociétale béante dévoilée par les récentes élections. Pour y parvenir, il faut piller et soumettre davantage, sauf que le système piégé par son propre outil globaliste. s’essouffle dans la finitude mondiale et l’action défensive d’acteurs récalcitrants,
      Restent les Martiens… ?! LOL


  12. Seraphim Le 12 mai 2017 à 04h49
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    Que les déclarations saoudiennes soient enthousiastes et prennent les devants, on le comprend vu ce qu’ils ont à se faire pardonner: un soutien inconditionnel et cash à Clinton. Les financements à millions de dollars à Podesta et sa clique, à l’anti-Poutine “Atlantic Council”, 10M $ au “William J. Clinton Presidential Center and Park” etc..
    Que les humeurs de la maison blanche restent froides, c’est déjà un gros progrès sur le glacial qu’elles auraient pu afficher! C’est même la preuve d’un réchauffement!
    Rien à voir avec une “restructuration des relations US au moyen-orient”!


  13. Ovuef2r Le 12 mai 2017 à 07h11
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    L’armement naval de l’Egypte ne s’explique que par la découverte de gaz au large des côtes. Cette découverte, avec celle du gaz israélien (et libanais), a de quoi faire “bouger quelques lignes”..


    • Bilbo Le 12 mai 2017 à 08h54
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      Le gaz n’est pas la seule justification. La protection du canal de Suez en est une autre. Élargi avant le canal de Panama, il a pris des parts de marché à ce dernier sur les trajets Chine-Europe. L’Égypte a besoin de se faire respecter. Or les tensions en Méditerranée sont énormes.

      Ce gaz en Méditerranée ne va effectivement pas simplifier les choses. Les champs de gaz revendiqués par Israël s’étendent vers Chypre (côté turc) mais aussi au large de la bande de Gaza. Ça rend encore plus hypothétique voire utopique la possibilité d’une réelle indépendance de la Palestine. Mais ceci est une autre histoire…


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