Papier fondamental de Nafeez Ahmed, publié en mars dernier.

Rappelons que Nafeez Ahmed, est un politologue britannique et journaliste d’investigation, qui travaille avec la BBC et le Guardian. Il est le directeur de l’Institute for Policy Research and Development de Brighton, et enseigne à l’université du Sussex. Il a été nominé en 2003 pour le prix Napoli, équivalent du Goncourt français.

Source : Nafeez Ahmed, pour Middle East Eye, le 27 mars 2015.

L’« État islamique » est un symptôme brutal de l’aggravation d’une crise de civilisation fondée sur la dépendance aux combustibles fossiles, qui porte atteinte à l’hégémonie occidentale et met à mal le pouvoir des États dans le monde musulman

Le débat sur les origines de l’État islamique a largement oscillé entre deux points de vue extrêmes. Certains accusent l’Occident : l’État islamique n’est rien de plus qu’une réaction prévisible à l’occupation de l’Irak, un autre contrecoup de la politique étrangère occidentale. D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’État islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.

Alors que ce débat banal se poursuit d’un ton monotone, la plus grosse évidence que personne ne veut voir concerne les infrastructures matérielles. Tout le monde peut nourrir des pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes. Mais elles restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure.

Ainsi, pour comprendre comment l’idéologie qui anime l’État islamique a réussi à rassembler les ressources matérielles nécessaires pour conquérir un espace plus grand que le Royaume-Uni, nous devons inspecter de plus près son contexte matériel.

Suivez l’argent

Les fondements de l’idéologie d’al-Qaïda sont nés dans les années 1970. Abdallah Azzam, mentor palestinien d’Oussama ben Laden, a alors formulé une nouvelle théorie justifiant la poursuite d’une guerre continue et de faible intensité par des cellules moudjahidines déployées en faveur d’un État panislamiste. Les doctrines islamistes violentes d’Abdallah Azzam ont été popularisées dans le contexte de l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.

Comme on le sait, les réseaux moudjahidines afghans ont été formés et financés sous la supervision de la CIA, du MI6 et du Pentagone. Les États du Golfe ont apporté des sommes d’argent considérables, tandis que l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a assuré la liaison sur le terrain avec les réseaux militants coordonnés par Azzam, ben Laden et les autres.

L’administration Reagan a par exemple fourni 2 milliards de dollars aux moudjahidines afghans, complétés par un apport de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite.

En Afghanistan, l’USAID a investi des millions de dollars pour fournir aux écoliers « des manuels remplis d’images violentes et d’enseignements islamiques militants », d’après le Washington Post. La théologie justifiant le djihad violent était entrecoupée de « dessins de fusils, de balles, de soldats et de mines ». Les manuels vantaient même les récompenses divines offertes aux enfants qui « arracheraient les yeux de l’ennemi soviétique et lui couperaient les jambes ».

Selon la croyance populaire, cette configuration désastreuse d’une collaboration entre l’Occident et le monde musulman dans le financement des extrémistes islamistes aurait pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Comme je l’ai expliqué lors d’un témoignage au Congrès un an après la sortie du rapport de la Commission du 11 septembre, cette croyance populaire est erronée.

Le chantage de la protection

Un rapport classifié des services de renseignement américains, révélé par le journaliste Gerald Posner, a confirmé que les États-Unis étaient pleinement conscients du fait qu’un accord secret avait été conclu en avril 1991 entre l’Arabie saoudite et ben Laden, alors en résidence surveillée. Selon cet accord, ben Laden était autorisé à quitter le royaume avec ses financements et partisans et à continuer de recevoir un soutien financier de la famille royale saoudienne à la seule condition qu’il s’abstienne de cibler et de déstabiliser le royaume d’Arabie saoudite lui-même.

Loin d’être des observateurs distants de cet accord secret, les États-Unis et la Grande-Bretagne y ont participé activement.

L’approvisionnement massif de pétrole en provenance d’Arabie saoudite est au fondement de la santé et de la croissance de l’économie mondiale. Nous ne pouvions nous permettre d’être déstabilisés, et nous avons donc dû accepter ce compromis : pour protéger le royaume, il fallait le laisser financer ben Laden hors de ses frontières.

Comme l’historien britannique Mark Curtis le décrit minutieusement dans son livre sensationnel, Secret Affairs: Britain’s Collusion with Radical Islam, les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni ont continué de soutenir secrètement des réseaux affiliés à al-Qaïda en Asie centrale et dans les Balkans après la guerre froide, et ce pour les mêmes raisons que précédemment, à savoir la lutte contre l’influence russe, et désormais chinoise, afin d’étendre l’hégémonie américaine sur l’économie capitaliste mondiale. L’Arabie saoudite, première plate-forme pétrolière du monde, est restée l’intermédiaire de cette stratégie anglo-américaine irréfléchie.

En Bosnie

Curtis relate qu’un an après l’attentat du World Trade Center de 1993, Oussama ben Laden a ouvert un bureau dans le quartier de Wembley, à Londres, sous le nom d’« Advice and Reformation Committee », depuis lequel il a coordonné des activités extrémistes dans le monde entier.

Vers la même époque, le Pentagone a acheminé par avion des milliers de moudjahidines d’al-Qaïda de l’Asie centrale vers la Bosnie, violant ainsi l’embargo sur les armes imposé par l’ONU, selon des fichiers des services de renseignement néerlandais. Ces combattants étaient accompagnés par les forces spéciales américaines. Le « cheikh aveugle » qui a été condamné pour l’attentat du World Trade Center était profondément impliqué dans le recrutement et l’envoi de combattants d’al-Qaïda en Bosnie.

En Afghanistan

A partir de 1994 environ et jusqu’au 11 septembre, les services de renseignement militaire américains ainsi que la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont secrètement fourni des armes et des fonds aux talibans, qui abritaient al-Qaïda.

En 1997, Amnesty International a déploré l’existence de « liens politiques étroits » entre la milice talibane en place, qui venait de conquérir Kaboul, et les États-Unis. Le groupe de défense des droits de l’homme a fait référence à des comptes-rendus crédibles « sur les madrasas (écoles religieuses) fréquentées par les talibans au Pakistan », indiquant que « ces liens peuvent avoir été établis au commencement même du mouvement taliban ».

Amnesty a rapporté que ces comptes-rendus provenaient de Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan ; cette dernière, aujourd’hui décédée, avait « affirmé que les madrasas avaient été mises en place par la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Arabie saoudite et le Pakistan au cours du djihad, la résistance islamique contre l’occupation de l’Afghanistan par les Soviétiques ». Sous la tutelle américaine, l’Arabie saoudite continuait de financer ces madrasas.

Les manuels rédigés par le gouvernement américain afin d’endoctriner les enfants afghans avec l’idéologie du djihad violent pendant la guerre froide furent alors approuvés par les talibans. Ils furent intégrés au programme de base du système scolaire afghan et largement utilisés dans les madrasas militantes pakistanaises financées par l’Arabie saoudite et l’ISI pakistanaise avec le soutien des États-Unis.

Les administrations Clinton et Bush espéraient se servir des talibans pour établir un régime fantoche dans le pays, à la manière de leur bienfaiteur saoudien. L’espoir vain et manifestement infondé était qu’un gouvernement taliban assure la stabilité nécessaire pour installer un pipeline trans-afghan (TAPI) acheminant le gaz d’Asie centrale vers l’Asie du Sud, tout en longeant la Russie, la Chine et l’Iran.

Ces espoirs ont été anéantis trois mois avant le 11 septembre, lorsque les talibans ont rejeté les propositions américaines. Le projet TAPI a ensuite été bloqué en raison du contrôle intransigeant de Kandahar et Quetta par les talibans ; toutefois, ce projet est désormais en cours de finalisation sous la direction de l’administration Obama.

Au Kosovo

Mark Curtis indique que l’OTAN a continué de parrainer les réseaux affiliés à al-Qaïda au Kosovo à la fin des années 1990, lorsque les forces spéciales américaines et britanniques ont approvisionné en armes et formé les rebelles de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), parmi lesquels figuraient des recrues moudjahidines. Ces effectifs comptaient une cellule rebelle dirigée par Mohammed al-Zaouahiri, frère du bras droit de ben Laden, Ayman al-Zaouahiri, qui est désormais le leader d’al-Qaïda.

Dans la même période, Oussama ben Laden et Ayman al-Zaouahiri ont coordonné les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie depuis le bureau de ben Laden à Londres.

Il y avait toutefois quelques bonnes nouvelles : les interventions de l’OTAN dans les Balkans, conjuguées à la désintégration de la Yougoslavie socialiste, ont ouvert la voie à l’intégration de la région dans l’Europe occidentale, à la privatisation des marchés locaux et à l’établissement de nouveaux régimes en faveur du projet de pipeline trans-Balkans, destiné à transporter le pétrole et le gaz d’Asie centrale vers l’Occident.

Une réorientation de la politique au Moyen-Orient

Même après les attentats du 11 septembre 2001 et du 7 juillet 2005, la dépendance des Américains et des Britanniques aux combustibles fossiles bon marché pour soutenir l’expansion capitaliste mondiale les a poussés à approfondir cette alliance avec les extrémistes.

Vers le milieu de la dernière décennie, les services de renseignement militaire anglo-américains ont commencé à superviser les financements apportés par les États du Golfe, menés une fois de plus par l’Arabie saoudite, aux réseaux extrémistes islamistes à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale pour contrer l’influence chiite iranienne dans la région. Parmi les bénéficiaires de cette entreprise figuraient des groupes militants et extrémistes affiliés à al-Qaïda de l’Irak au Liban en passant par la Syrie, soit un véritable arc du terrorisme islamiste.

Une fois de plus, les militants islamistes furent involontairement entretenus en tant qu’agents de l’hégémonie américaine face aux rivaux géopolitiques émergeants.

Comme Seymour Hersh l’a révélé dans le New Yorker en 2007, cette « réorientation » de la politique consistait à affaiblir non seulement l’Iran, mais aussi la Syrie, où les largesses des États-Unis et de l’Arabie saoudite ont contribué à soutenir les Frères musulmans syriens, entre autres groupes d’opposition. Evidemment, l’Iran et la Syrie étaient étroitement alignés avec la Russie et la Chine.

En Libye

En 2011, l’intervention militaire de l’OTAN pour renverser le régime de Kadhafi a emboîté le pas au soutien important apporté à des mercenaires libyens, qui étaient en fait des membres de la branche officielle d’al-Qaïda en Libye. La France se serait vu proposer le contrôle de 35 % des ressources pétrolières de la Libye en échange de son soutien aux insurgés.

Après l’intervention, les géants pétroliers européens, britanniques et américains étaient « parfaitement prêts à tirer profit » des « opportunités commerciales », d’après David Anderson, professeur à l’université d’Oxford. Les contrats juteux signés avec les membres de l’OTAN ont pu « libérer l’Europe occidentale de l’emprise des producteurs russes qui pratiquent des prix élevés et dominent actuellement leur approvisionnement en gaz ».

Des rapports secrets établis par les services de renseignement ont montré que les rebelles soutenus par l’OTAN entretenaient des liens étroits avec al-Qaïda. La CIA s’est également servie des militants islamistes en Libye pour acheminer des armes lourdes aux rebelles du pays.

Un rapport de 2009 des services de renseignement canadiens décrit le bastion rebelle de l’est de la Libye comme un « épicentre de l’extrémisme islamiste », à partir duquel « les cellules extrémistes » ont agi dans la région. Selon David Pugliese, dont les propos sont repris dans l’Ottawa Citizen, c’est cette même région qui était « défendue par une coalition de l’OTAN dirigée par le Canada ». D’après David Pugliese, le rapport des services de renseignement a confirmé que « plusieurs groupes d’insurgés islamistes » étaient basés dans l’est de la Libye et que beaucoup de ces groupes ont également « exhorté leurs partisans à combattre en Irak ». Les pilotes canadiens plaisantaient même en privé, se disant qu’ils faisaient partie de l’armée de l’air d’al-Qaïda « dans la mesure où leurs missions de bombardement ont contribué à ouvrir la voie aux rebelles alignés avec le groupe terroriste ».

Selon Pugliese, les spécialistes des services de renseignement canadiens ont envoyé un rapport prémonitoire à l’attention des officiers supérieurs de l’OTAN en date du 15 mars 2011, quelques jours seulement avant le début de l’intervention. « Il est de plus en plus possible que la situation en Libye se transforme en une guerre tribale/civile à long terme, était-il écrit. Cela est particulièrement probable si les forces d’opposition reçoivent une assistance militaire de la part d’armées étrangères. »

Comme nous le savons, l’intervention a quand même eu lieu.

En Syrie

Au cours des cinq dernières années au moins, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont tous apporté un soutien financier et militaire considérable à des réseaux militants islamistes liés à al-Qaïda qui ont engendré l’« État islamique » que nous connaissons aujourd’hui. Ce soutien a été apporté dans le cadre d’une campagne anti-Assad de plus en plus intense dirigée par les États-Unis.

La concurrence pour dominer les tracés potentiels des pipelines régionaux passant par la Syrie et contrôler les ressources inexploitées en combustibles fossiles en Syrie et en Méditerranée orientale (au détriment de la Russie et de la Chine) a fortement contribué à motiver cette stratégie.

Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, a révélé qu’en 2009 les responsables du ministère britannique des Affaires étrangères lui avaient indiqué que les forces britanniques étaient déjà actives en Syrie pour tenter de fomenter la rébellion.

L’opération qui se poursuit actuellement a été étroitement contrôlée dans le cadre d’un programme secret toujours en cours, coordonné conjointement par les services de renseignement militaire américains, britanniques, français et israéliens. Des rapports publics confirment qu’à la fin de l’année 2014, le soutien apporté par les États-Unis aux combattants luttant contre Assad s’élevait, à lui seul, à environ 2 milliards de dollars.

Ce soutien aux extrémistes islamistes est communément considéré comme une erreur, et les faits parlent d’eux-mêmes. D’après des évaluations classifiées de la CIA, les services de renseignement américains savaient que le soutien apporté aux rebelles anti-Assad dirigé par les États-Unis à travers ses alliés au Moyen-Orient a toujours fini entre les mains des extrémistes les plus virulents. Toutefois, il a continué.

L’année précédant le lancement de la campagne de l’État islamique pour conquérir l’intérieur de l’Irak, les responsables du Pentagone étaient également conscients que la grande majorité des rebelles « modérés » de l’Armée syrienne libre (ASL) étaient en fait des militants islamistes. Ainsi que l’ont reconnu les responsables, il était de plus en plus impossible d’établir une frontière fixe entre les rebelles dits « modérés » et les extrémistes liés à al-Qaïda ou à l’État islamique en raison de la fluidité des interactions existant entre ces deux composantes.

De plus en plus, les combattants frustrés de l’ASL ont rejoint les rangs des militants islamistes en Syrie, non pas pour des raisons idéologiques mais simplement en raison de leur plus grande puissance militaire. Jusqu’à présent, la quasi-totalité des groupes rebelles « modérés » formés et récemment armés par les États-Unis sont en cours de dissolution et de défection, et leurs membres n’en finissent plus de passer du côté d’al-Qaïda et de l’État islamique dans la lutte contre Assad.

En Turquie

Grâce à un nouvel accord avec la Turquie, les États-Unis coordonnent actuellement l’approvisionnement continu en aide militaire aux rebelles « modérés » pour combattre l’État islamique. Pourtant, ce n’est un secret pour personne que pendant toute cette période, la Turquie a directement parrainé al-Qaïda et l’État islamique dans le cadre d’une manœuvre géopolitique destinée à écraser les groupes d’opposition kurdes et à faire tomber Assad.

On a fait grand cas des efforts « relâchés » de la Turquie pour empêcher la traversée de son territoire par les combattants étrangers souhaitant rejoindre l’État islamique en Syrie. Ankara a récemment répondu en annonçant avoir arrêté plusieurs milliers d’entre eux.

Ces affirmations sont imaginaires : la Turquie a délibérément abrité et acheminé le soutien apporté à l’État islamique et à al-Qaïda en Syrie.

L’été dernier, le journaliste turc Denis Kahraman a interviewé un combattant de l’État islamique recevant un traitement médical en Turquie ; ce dernier lui a dit : « La Turquie nous a ouvert la voie. Si la Turquie n’avait pas fait preuve d’autant de compréhension à notre égard, l’État islamique n’en serait pas là où il en est actuellement. Elle [La Turquie] a manifesté de l’affection à notre égard. Un grand nombre de nos moudjahidines [djihadistes] ont reçu un traitement médical en Turquie. »

Plus tôt cette année, des documents officiels de l’armée turque (le Commandement général de la gendarmerie) divulgués en ligne et authentifiés ont révélé que les services de renseignement turcs (MIT) avaient été surpris par des officiers militaires à Adana alors qu’ils étaient en train de transporter par camions des missiles, mortiers et munitions anti-aériennes « à destination de l’organisation terroriste al-Qaïda » en Syrie.

Les rebelles « modérés » de l’ASL sont impliqués dans le réseau de soutien turco-islamiste parrainé par le MIT. L’un d’eux a expliqué au Telegraph qu’il « gère désormais des refuges en Turquie hébergeant des combattants étrangers qui cherchent à rejoindre le Front al-Nosra et [l’État islamique] ».

Des responsables politiques ont cherché à attirer l’attention sur ce sujet, en vain. L’année dernière, Claudia Roth, vice-présidente du parlement allemand, a fait part de sa consternation face au fait que l’OTAN autorise la Turquie à abriter un camp de l’État islamique à Istanbul, à faciliter les transferts d’armes à destination de militants islamistes à travers ses frontières, et à soutenir tacitement les ventes de pétrole de l’État islamique. Rien ne s’est passé.

La coalition menée par les États-Unis contre l’État islamique finance l’État islamique

Les États-Unis et la Grande-Bretagne ne sont pas seulement restés étrangement silencieux face à la complicité de leur partenaire de coalition qui parraine l’ennemi. Au contraire, ils ont renforcé leur partenariat avec la Turquie et coopèrent âprement avec ce même État-mécène de l’État islamique pour former les rebelles « modérés » afin de lutter contre l’État islamique.

Ce n’est pas uniquement la Turquie qui est en cause. L’année dernière, le vice-président américain Joe Biden a indiqué lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Turquie, entre autres, fournissaient « des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes » aux « éléments djihadistes extrémistes du Front al-Nosra et d’al-Qaïda » dans le cadre d’une « guerre par procuration entre sunnites et chiites ». Biden a ajouté qu’il était impossible, à tous égards, d’identifier les rebelles « modérés » en Syrie.

Rien n’indique que ce financement s’est épuisé. Pas plus tard qu’en septembre 2014, alors même que les États-Unis ont commencé à coordonner les frappes aériennes contre l’État islamique, les responsables du Pentagone ont révélé qu’ils savaient que leurs propres alliés de la coalition finançaient toujours l’État islamique.

Ce même mois, le général Martin Dempsey, chef d’État-major des armées des États-Unis, a été interrogé par le sénateur Lindsay Graham lors d’une audience du Comité des forces armées du Sénat. Quand ce dernier lui a demandé s’il connaissait « un allié majeur arabe qui embrasse l’idéologie de [l’État islamique] », l’intéressé a répondu : « Je connais des alliés arabes majeurs qui les financent. »

Malgré cela, le gouvernement américain n’a pas seulement refusé de sanctionner les alliés en question, mais les a récompensés en les incluant dans la coalition qui est censée combattre cette même entité extrémiste qu’ils financent. Pire encore, ces mêmes alliés continuent de se voir accorder une grande marge de manœuvre dans la sélection des combattants appelés à être formés.

Des membres clés de notre coalition contre l’État islamique bombardent l’État islamique par la voie aérienne tout en parrainant le groupe en coulisses au vu et au su du Pentagone.

L’arc des États musulmans défaillants

En Irak et en Syrie, où l’État islamique est né, l’état de dévastation dans lequel la société se trouve suite à une situation de conflit prolongé ne peut être sous-estimé. L’invasion militaire et l’occupation de l’Irak par l’Occident, avec leur lot de torture et de violence aveugle, ont joué un rôle indéniable pour ouvrir la voie à l’émergence d’une politique réactionnaire extrême. Avant l’intervention occidentale, al-Qaïda était totalement absent du pays. En Syrie, la guerre brutale menée par Assad contre son propre peuple continue de justifier la présence de l’État islamique et d’attirer des combattants étrangers.

L’apport continu aux réseaux islamistes extrémistes d’importantes sommes d’argent et de ressources matérielles à hauteur de centaines de milliards de dollars (que personne n’a encore été en mesure de quantifier dans leur totalité), coordonné par cette même interconnexion entre gouvernements occidentaux et musulmans, a eu un impact profondément déstabilisant au cours du dernier demi-siècle. L’État islamique est l’aboutissement post-moderne surréaliste de cette histoire sordide.

La coalition occidentale contre l’État islamique dans le monde musulman se compose de régimes répressifs dont les politiques nationales ont creusé les inégalités, écrasé les dissensions légitimes, torturé des activistes politiques pacifiques et attisé des rancunes profondes. Ce sont ces mêmes alliés qui ont financé l’État islamique, et qui continuent de le faire, au vu et au su des services de renseignement occidentaux.

Ce, malgré l’escalade de crises convergentes qui sévissent dans la région depuis une décennie. Le professeur Bernard Haykel, de l’université de Princeton, s’est exprimé à ce sujet : « Je vois l’État islamique comme un symptôme d’un ensemble structurel de problèmes beaucoup plus profonds dans le monde arabe sunnite… [C’est] lié à la politique. A l’éducation et notamment au manque d’éducation. A l’autoritarisme. A l’intervention étrangère. Au fléau du pétrole… Je pense que même si l’État islamique venait à disparaître, les causes sous-jacentes qui sont à l’origine de l’État islamique ne disparaîtraient pas. Et ces causes devraient être abordées par des politiques, des réformes et des changements menés sur plusieurs décennies non seulement par l’Occident, mais aussi par les sociétés arabes. »

Pourtant, comme nous l’avons vu avec le Printemps arabe, ces problèmes structurels ont été exacerbés par une véritable tempête de crises politiques, économiques, énergétiques et environnementales interdépendantes, toutes couvées par l’aggravation de la crise du capitalisme mondial.

Dans une région en proie à des sécheresses prolongées, à une défaillance de l’agriculture, à une chute des revenus pétroliers due au pic pétrolier local, à la corruption et à une mauvaise gestion économique aggravées par l’austérité néolibérale, et ainsi de suite, les États locaux ont commencé à s’effondrer. De l’Irak à la Syrie, de l’Egypte au Yémen, c’est cette même interconnexion entre des crises climatiques, énergétiques et économiques qui défait les gouvernements en place.

L’aliénation en Occident

Bien que l’Occident soit beaucoup plus résistant à ces crises mondiales interconnectées, les inégalités persistantes aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe de l’Ouest, qui ont un effet disproportionné sur les minorités ethniques, les femmes et les enfants, s’aggravent.

En Grande-Bretagne, près de 70 % des musulmans issus d’ethnies d’Asie du Sud et près de deux tiers de leurs enfants vivent dans la pauvreté. Un peu moins de 30 % des jeunes musulmans britanniques âgés de 16 à 24 ans sont sans emploi. Selon Minority Rights Group International, la situation des musulmans britanniques en termes d’« accès à l’éducation, à l’emploi et au logement » s’est détériorée au cours des dernières années au lieu de s’être améliorée. Cette dégradation a été accompagnée d’une « augmentation inquiétante de l’hostilité ouverte » exprimée par les communautés non-musulmanes et d’une propension croissante des services de police et de sécurité à cibler de manière disproportionnée les musulmans en vertu de l’autorité qui leur est conférée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les reportages constamment négatifs diffusés par les médias sur les musulmans, auxquels s’ajoutent les frustrations légitimes provoquées par une politique étrangère agressive et trompeuse dans le monde musulman, créent chez les musulmans britanniques un sentiment d’exclusion sociale associé à leur identité.

C’est l’ensemble de ces facteurs qui a un effet destructeur sur la formation de l’identité, et non chacun de ces facteurs pris séparément. Observés seuls, la pauvreté, la discrimination, les reportages négatifs sur les musulmans, et ainsi de suite, ne permettent pas nécessairement de rendre une personne vulnérable à la radicalisation. Toutefois, conjointement, ces facteurs peuvent forger un attachement à une identité marquée par l’aliénation, la frustration et l’échec.

La persistance de ces problèmes et leur interaction peuvent contribuer à la façon dont les musulmans de Grande-Bretagne issus de divers horizons commencent à se voir en tant que tout. Dans certains cas, cela peut générer un sentiment ancré de séparation, d’aliénation et de désillusion par rapport à la société en général. L’effet de cette identité d’exclusion sur un individu dépendra de l’environnement spécifique, des expériences et des choix de l’individu en question.

Les crises sociales prolongées peuvent jeter les bases du développement d’idéologies destructrices et xénophobes. Ces crises ébranlent les mœurs traditionnelles de certitude et de stabilité enracinées dans les notions établies d’identité et d’appartenance.

Alors que les musulmans vulnérables pourraient se tourner vers la culture des gangs ou, pire, vers l’extrémisme islamiste, les non-musulmans vulnérables pourraient adopter leur propre identité d’exclusion liée à des groupes extrémistes comme la Ligue de défense anglaise, ou d’autres réseaux d’extrême-droite.

Chez les groupes d’élites plus puissants, le sentiment de crise peut enflammer les idéologies néoconservatrices militaristes qui épurent les structures du pouvoir en place, justifient le statu quo, défendent le système déficient qui soutient leur pouvoir, et diabolisent les mouvements progressistes et ceux des minorités.

Dans ce maelström, l’injection de milliards de dollars au sein de réseaux extrémistes islamistes ayant un penchant pour la violence au Moyen-Orient donne du pouvoir à des groupes qui, auparavant, ne disposaient pas de soutiens locaux.

Alors que plusieurs crises convergent et s’intensifient tout en compromettant la stabilité de l’État et en attisant de plus grandes frustrations, cet apport massif de ressources dont bénéficient les idéologues islamistes est susceptible d’attirer dans le vortex de l’extrémisme xénophobe les individus en colère, aliénés et vulnérables. Ce processus se conclue par la création de monstres.

Une déshumanisation

Tandis que ces facteurs ont élevé à un niveau critique cette vulnérabilité régionale, le rôle joué par les États-Unis et la Grande-Bretagne après le 11 septembre 2001 dans la coordination du financement secret fourni par les États du Golfe aux militants islamistes extrémistes à travers la région a jeté de l’huile sur le feu.

Les liens dont disposent ces réseaux islamistes en Occident signifient que les services de renseignement nationaux ont périodiquement fermé les yeux sur leurs disciples et infiltrés dans leur propre pays, ce qui a permis à ces derniers de croître, recruter et envoyer les candidats au djihad à l’étranger.

C’est pourquoi la composante occidentale de l’État islamique, bien que beaucoup plus petite que le contingent de combattants qui rallient le groupe depuis les pays voisins, reste largement imperméable à tout débat théologique significatif. Ils ne sont pas mus par la théologie, mais par l’insécurité d’une identité et d’un psychisme fracturés.

C’est ici, dans les méthodes de recrutement minutieusement calibrées de l’État islamique et des réseaux qui soutiennent l’organisation en Occident, que nous pouvons voir que le processus d’endoctrinement psychologique s’est affiné à travers les années grâce aux formations menées sous la tutelle des services de renseignement occidentaux. Ces services de renseignement ont en effet toujours été intimement impliqués dans l’élaboration d’outils violents d’endoctrinement islamiste.

Dans la plupart des cas, le recrutement de l’État islamique se fait en exposant les individus à des vidéos de propagande soigneusement élaborées, développées au moyen de méthodes de production avancées, et dont les plus efficaces sont remplies d’images réelles de massacres perpétrés par la puissance de feu occidentale contre les civils irakiens, afghans et palestiniens, ou par Assad contre les civils syriens.

L’exposition constante à ces scènes horribles d’atrocités perpétrées par l’Occident et la Syrie peut souvent avoir un effet similaire à ce qui pourrait arriver si ces scènes avaient été vécues directement, à savoir une forme de traumatisme psychologique qui peut même entraîner un stress post-traumatique.

Ces techniques de propagande sectaire contribuent à attiser des émotions accablantes de choc et de colère, qui à leur tour servent à anéantir la raison et à déshumaniser l’« Autre ». Le processus de déshumanisation est concrétisé à l’aide d’une théologie islamiste pervertie. Ce qui importe, ce n’est pas l’authenticité de cette théologie, mais sa simplicité. Cette théologie peut faire des merveilles sur un psychisme traumatisé par des visions de morts massives et dont la capacité à raisonner est immobilisée par la rage.

C’est pourquoi le recours à une littéralité poussée à l’extrême et à une décontextualisation complète est une caractéristique si commune aux enseignements islamistes extrémistes : en effet, pour un individu crédule ayant une faible connaissance de l’érudition islamique, à première vue tout cela semble vrai sur le plan littéral.

Basées sur des décennies d’interprétation erronée et sélective des textes islamiques par les idéologues militants, les sources sont soigneusement extraites et triées sur le volet pour justifier le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« État ».

Etant donné que la fonction principale de l’introduction du raisonnement théologique islamiste extrême est de légitimer la violence et de sanctionner la guerre, celui-ci est conjugué à des vidéos de propagande qui promettent ce dont la recrue vulnérable semble manquer, à savoir la gloire, la fraternité, l’honneur et la promesse du salut éternel, peu importent les crimes ou délits pouvant avoir été commis par le passé.

Si vous ajoutez à cela la promesse du pouvoir (le pouvoir sur leurs ennemis, le pouvoir sur les institutions occidentales censées avoir éliminé leurs frères et sœurs musulmans, le pouvoir sur les femmes), ainsi qu’un habit religieux et des revendications de piété suffisamment convaincants, alors les sirènes de l’État islamique peuvent devenir irrésistibles.

Cela signifie que l’idéologie de l’État islamique n’est pas le facteur déterminant de son éclosion, de son existence et de son expansion, bien qu’il soit important de la comprendre et de la réfuter. L’idéologie est simplement l’opium du peuple dont il se nourrit et nourrit ses potentiels disciples.

En fin de compte, l’État islamique est un cancer du capitalisme industriel moderne en plein effondrement, un sous-produit fatal de notre dépendance inébranlable à l’or noir, un symptôme parasitaire de l’escalade des crises de civilisation qui secouent à la fois le monde musulman et le monde occidental. Tant que l’on ne s’attaque pas aux racines de ces crises, l’État islamique et ses semblables ne sont pas prêts de disparaître.

 

51 réponses à L’Etat islamique, cancer du capitalisme moderne, par Nafeez Ahmed

Commentaires recommandés

Inox Le 15 novembre 2015 à 15h13

“Certains accusent l’Occident: l’État islamique n’est rien de plus qu’une réaction prévisible à l’occupation de l’Irak, un autre contrecoup de la politique étrangère occidentale. D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’État islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.”

Et d’autres pensent que c’est un gros mélange des deux. Ce qui est mon cas. Le fanatisme ultra-libéral rencontre le fanatisme religieux. Pour éradiquer l’un, il va falloir éradiquer l’autre.

Très bon article et excellente conclusion.

  1. Inox Le 15 novembre 2015 à 15h13
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    “Certains accusent l’Occident: l’État islamique n’est rien de plus qu’une réaction prévisible à l’occupation de l’Irak, un autre contrecoup de la politique étrangère occidentale. D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’État islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.”

    Et d’autres pensent que c’est un gros mélange des deux. Ce qui est mon cas. Le fanatisme ultra-libéral rencontre le fanatisme religieux. Pour éradiquer l’un, il va falloir éradiquer l’autre.

    Très bon article et excellente conclusion.


    • Vanklaus Le 16 novembre 2015 à 15h14
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      ” D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’État islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.”

      j’aimerai bien croire que monsieur Nafeez Ahmed ne s’approprie pas cette analyse mais qu’il l’attribue a un des deux camps mais cette description est trop affirmée et détaillée pour n’être qu’une contre thèse dans le préambule de son analyse.
      les valeurs et croyances médiévales pré-islamiques n’existaient qu’en Arabie donc on ne peut pas les mettre sur le dos d’autres peuples ou sur ” un monde musulman ” dans une période post-islamique, c’est aussi bête que de dire : les francophones ont tous les valeurs des gaulois .
      selon la logique de cet auteur, si ces terroristes puisent leur barbarie dans des croyances et des valeurs médiévales arriérées pré-islamique on ne peut pas les qualifier de terroristes islamistes , mais de terroristes médiévaux .
      les actes de ces terroristes prouvent bien qu’ils ne puisent pas dans les valeurs islamique, la barbarie médiévale arriérée est aux antipodes des valeurs religieuses et humaines .
      c’est a se demander comment cet auteur connaisseur de l’origine historique et culturelle du ” mal ” peut perde le fil de son évolution jusqu’à sa forme contemporaine qui est le wahhabisme et ne pas nommer son identité actuelle dans son texte .


  2. Ced Le 15 novembre 2015 à 15h31
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    “Des membres clés de notre coalition contre l’État islamique bombardent l’État islamique par la voie aérienne tout en parrainant le groupe en coulisses au vu et au su du Pentagone”.

    Ça veut dire qu’on ne bombarde pas sérieusement ! Et que ceci explique cela…
    L’EI est un mythe et nous sommes dupés.
    Mitterand parlait d'”une guerre sans mort…apparemment”, il se trompait.


  3. Charlie Bermude Le 15 novembre 2015 à 16h39
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    Article intéressant , pénétrant . J’eu préfére le titre inverse : le capitalisme islamique cancer de l’état moderne . Là il me semble que c’est dans le bon ordre .


    • Sanya Le 16 novembre 2015 à 13h19
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      Pour nos oligarques, capitalistes, idéologues néolibéraux, pilleurs de la planète, assujetisseurs des peuples, “l’islam est la solution”. Idéologie de la manipulation, de la peur et de la soumission.

      Ils n’ont rien à craindre de cette idéologie, ils s’y retrouvent. On comprend qu’ils financent les madrasas. C’est plus efficace et dans leur optique que le démocratisme et le droitsdel’hommisme même dévoyés. Enfin le but est le même. Pauvres gueux que nous sommes de nous ranger derrière l’un ou l’autre de leur “isme”.


  4. Papagateau Le 15 novembre 2015 à 17h13
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    Pour ce qui est du traitement médiatique du massacre du Bataclan, je verrais bien une rétrospective de comparaison avec les massacres de Beslan (Ossétie du nord) https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_de_Beslan et du théâtre de Moscou https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_du_th%C3%A9%C3%A2tre_de_Moscou
    Je prévois que l’on trouvera des phrases qui invoqueront l’incompétence de la police et l’inhumanité des politiques.
    Dans l’article de wikipedia sur le théâtre : “La presse occidentale se montre fort critique du procédé de libération des otages.” (du gaz) ainsi qu’a Beslan (sans gaz).
    Ah oui, un détail intéressant sur wiki : à Beslan, les preneurs d’hotages n’étaient pas tchétchènes, suivez mon regard.


    • Chris Le 16 novembre 2015 à 11h39
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      Je ne comprends pas. Pourquoi dites-vous que les terroristes de Beslan et théâtre de Moscou n’étaient pas Tchéchènes ?
      Alors qu’ils l’étaient.


      • Papagateau Le 17 novembre 2015 à 04h08
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        Je n’ai pas dit qu’ils n’étaient pas tchétchènes au théâtre de Moscou. C’est vous qui me le faite dire. Je trouve ça indélicat.
        Par contre , wikipedia dit qu’ils ne comprenaient (majoritairement) pas le tchétchène à Beslan.


  5. Benoît Le 15 novembre 2015 à 17h57
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    Bien que les gouvernements occidentaux ont une responsabilité énorme concernant l’existence de ce groupe armé, je crois qu’il faut faire attention quant à l’idée que les attentats ne sont qu’un backlash : « nous vous faisons ce que vous nous faites en Syrie ». Pourquoi? Parce que les combattants de l’EI en Syrie ne viennent pas, pour une grande majorité, de Syrie ; parce qu’en Syrie et en Irak, ces combattants commettent de très nombreuses exactions contre les populations locales ; parce qu’ils ont envahis le pays, ne sont pas légitimes en Syrie et ne parlent pas au nom du peuple syrien.


    • Vanklaus Le 16 novembre 2015 à 19h14
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      beaucoup de questions se posent au sujet des revendications de ces attentats , pourquoi cette organisation terroriste attaque la veille d’un sommet au risque de créer une nouvelle coalition , pourquoi frapper la France alors que c’est le pays le moins actif ( dans l’antiterrorisme XD) , pourquoi risquer d’ouvrir un nouveau front avec la France n’ont ils pas assez a faire avec les russes et l’armée syrienne , esque la direction centrale de ce groupe terroriste ( tant bien quelle existe ) n’est telle pas suicidaire a l’image des kamikazes quelle a envoyé . a part le blabla politique , que peut apporter la France de plus que les russes ou les autres et esque cela peut être décisif sans la coordination avec les autorités syriennes et russes . et si le gouvernement français est sincère dans sa lutte antiterroriste pourquoi s’entêter a chercher l’impasse politique avec bashar et poutine en le déclarant fraichement au parlement pas plus tard qu’aujourd’hui .
      https://www.youtube.com/watch?v=IMIyrecXPsw


  6. groucho Le 15 novembre 2015 à 17h57
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    Effectivement un papier fondamental. Et de haut niveau !

    Ils ne sont pas mus par la théologie, mais par l’insécurité d’une identité et d’un psychisme fracturés.
    […]
    le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« État ».

    A comparer avec les motivations des Kurdes (PKK) : http://www.dailymotion.com/video/x3dos9d_migrants-et-chaos-la-terre-d-alyan-kurdi_news


  7. Jaime Horta Le 15 novembre 2015 à 18h24
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    L’Islam n’a pas attendu l’Etat Islamique et le capitalisme moderne pour que se produisent les phénomènes de fondamentalisme extrémistes qui ont toujours existé dans l’histoire de cette civilisation. Maintenant on peut toujours analyser touts les contours de cette géométrie à travers le prisme contemporain dans le contexte mondialisé et hyper médiatisé, mais cela ne change rien intrinsèquement à la nature humaine dont l’égo pour exister doit impérativement établir des relations de domination et de soumission, d’ailleurs I’Islam veut dire “soumission”, tout un programme…


  8. Maheo katherine Le 15 novembre 2015 à 18h41
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    que c’est bien vu !! on est loin des méchants et des gentils comme nos gouvernants se plaisent à le dire !


  9. Astrolabe Le 15 novembre 2015 à 18h57
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    Excellent article “de fond”. Qui montre hélas qu’inverser la tendance est une entreprise quasiment désespérée. Pour ces décennies de destruction de ces pays et de ces sociétés, il faudra des décennies de “reconstruction”.
    A la lecture de ce papier, on comprend aussi un peu mieux pourquoi certains pays seraient “punis” par les terroristes (à creuser !) (La Russie par exemple et la France maintenant) et d’autres non alors qu’ils “semblent” bombarder tout autant.


  10. Jaime Horta Le 15 novembre 2015 à 19h18
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    Je retiens seulement ce qu’a dit Poutine très récemment “… en définitive on se demande qui manipule qui…”


  11. Macarel Le 15 novembre 2015 à 19h26
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    Comment voulez-vous que nous soyons crédibles, Obama chef du monde libre, reprend notre devise républicaine “Liberté, Egalité, Fraternité”, en disant que ce ne sont pas seulement les valeurs du peuple français.
    Comment, le chef du pays qui est le leader de la mondialisation néo-libérale, peut-il se réclamer de ces valeurs ? Quand la réalité de cette mondialisation, c’est : la liberté du renard dans le “libre poulailler”, quand l’un des effets de cette mondialisation est l’explosion des inégalités, et que ce pays, comme la plupart des pays anglo-saxons, sont les champions du communautarisme. Quid de la fraternité ?
    Pour être complet, nous devons reconnaître qu’avec l’imposition du modèle néo-libéral à la société française, “nos” valeurs sont aussi de moins en moins respectées dans leur patrie même.


  12. Alae Le 15 novembre 2015 à 19h45
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    Excellent CrossTalk sur RT, enregistré deux jours avant les attentats de Paris. A partir de 21:20, “le wahabisme est reflété dans la politique néocon de Washington DC. Ce sont des jumeaux, des frères siamois collés par la hanche, et ils ont besoin l’un de l’autre pour exister, parce que seul le chaos leur permet d’exister sous leur forme actuelle. C’est parfaitement commode pour les deux côtés.”
    https://www.youtube.com/watch?v=rI9dWu5qIwQ&feature=share


  13. Alae Le 15 novembre 2015 à 19h46
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    Pour ajouter à cet excellent article, un très bon CrossTalk sur RT, enregistré juste avant les attentats de Paris. A partir de 21:20, “le wahhabisme est reflété dans la politique néocon de Washington DC. Ce sont des jumeaux, des frères siamois collés par la hanche, et ils ont besoin l’un de l’autre pour exister, parce que seul le chaos leur permet d’exister sous leur forme actuelle. C’est parfaitement commode pour les deux côtés.”
    https://www.youtube.com/watch?v=rI9dWu5qIwQ&feature=share
    En anglais, pardon.


  14. Georges Clounaud Le 15 novembre 2015 à 19h50
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    Autre rapide calcul économique.
    Celui du complexe militaro-industriel américain.
    1 : je détruis l’Irak, j’ai besoin d’armes = $
    2 : je reconstruis l’armée irakienne, j’ai besoin d’armes = $
    3 : c’est ballot, l’EI emprunte sans les rendre les armes de l’armée irakienne, on va donc en avoir besoin de nouvelles pour bombarder les méchants terroristes = $
    4 : pas de chance, on n’arrête pas de bombarder les méchants terroristes mais sans succès, il va falloir encore plus d’armes = $….

    Pour l’instant, on en est à $+$+$+$ et l’addition semble loin d’être terminée…
    Et en plus ce n’est que pour le moyen-orient : il en faut également de nouvelles en Europe pour prévenir l’attaque des sauvages russes = $ + en Asie contre les sournois chinois = $

    Quelle connerie la guerre mais qu’est-ce ça rapporte (enfin à un happy few…)


    • LBSSO Le 16 novembre 2015 à 07h57
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      Les économistes qui se demandent comment cette masse de liquidités considérable créée par les QE va “redescendre” vers l’économie réelle vont bientôt avoir la réponse.
      Encore plus de guerres….


    • Tassin Le 16 novembre 2015 à 10h01
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      Et la classe moyenne est contente car elle peut continuer à rouler en voiture pour pas cher et ne trouve donc pas grand chose à redire.


  15. theuric Le 15 novembre 2015 à 19h57
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    Je commence à comprendre l’état émotionnel de Monsieur Hollande samedi au soir.
    Monsieur Cameron doit également être dans tous ses états.
    Bien, j’ai fais erreur quand à leur position respectives, ainsi, cet attentat de samedi fleure bon la trahison des U.S.A., ou pour le moins, celle des états du golfe.
    Ceci juste avant la réunion des chefs d’état et de gouvernement au sujet du climat, point fort pour notre Président de la République à un mois des élections régionales.
    Je ne sais pas quoi, mais je crois que des événements pour le moins particuliers vont se passer dans les prochains mois.
    On ne joue pas aux allumettes avec des pyromanes.


  16. Vladimir K Le 15 novembre 2015 à 20h20
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    En réaction au paragraphe sur l’aliénation de l’Occident : ce qui se passe actuellement, notamment les drapeaux français qui fleurissent massivement en est une parfaite illustration.

    Des libanais qui se font tuer ? Normal, ils sont libanais, ils ont l’habitude… un avion russe qui tombe ? Ce sont des russes, ils sont méchants les russes. Un avion malaysien disparait ? C’est où la Malaisie déjà ? Un avion malaysien est abattu avec pleins de hollandais et d’australiens* dedans, c’est une tragédie.

    En clair, nous en sommes encore à une situation où il y a les gentils blancs – minoritaires – et le reste du monde : des noirs, des méchants, des tueurs, des violeurs, bref des animaux… non des insectes (parce que c’est mignon des animaux)

    J’imagine que ce n’est pas avec cette mentalité que nous allons supprimer le terrorisme.

    Aller, pour se faire plaisir…

    https://www.youtube.com/watch?v=2P_LkrvuJ2w

    Nelson, si tu nous entends…


    • Vladimir K Le 15 novembre 2015 à 20h46
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      * l’astérisque, c’est pour saluer l’extraordinaire élégance de certaines familles de victimes australiennes de MH-17 qui avaient une pensée émue pour les civils qui se faisaient bombarder dans le Donbass.


    • anne jordan Le 15 novembre 2015 à 23h48
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      pour aller dans le sens du post de @vladimir K , ( et dans celui du texte d’O.B , écrit à chaud , la nuit de l’attentat , voici ce qu’écrit ROOTS ACTION TEAM ( un site américain alternatif que je vous recommande )

      Thank you for saying: We are all France. Why aren’t we all Lebanon or Syria or Iraq?

      il y a , partout dans le monde des humains qui refusent de céder aux injonctions de leurs gouvernants , sans pour autant manquer de compassion .


      • Vladimir K Le 16 novembre 2015 à 03h32
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        Il faut en effet absolument lutter contre cet apartheid de la compassion.


  17. Lolo Le 15 novembre 2015 à 21h37
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    Quand on voit nos médias occidentaux qui accusent la Russie et ses médias d’être des As de la propagande et de berner l’opinion de sa population sur le conflit ukrainien, il suffit de voir le JT de TF1 ce dimanche soir pour constater que ceux qui les critiquent ici n’ont strictement rien à leur envier!

    Il y avait un petit reportage qui présentait l’état islamique. C’était ahurissant!

    Voilà comment TF1 à présenté la chose:

    À la question de savoir qui lutte contre l’Etat islamique?

    Dans les airs: principalement la coalition menée par les États-Unis et à laquelle la France participe! AUCUN MOT sur l’intervention des russes qui pourtant sont ceux qui effectuent le plus de sorties et sont les plus actifs depuis quelques temps.

    Ensuite le reportage enchaîne et parle des troupes au sol: rebelotte, TF1 ne parle que des Kurdes qui sont ceux qui infligent le plus de pertes à l’EI et qui font reculer l’état islamique… RIEN sur les forces gouvernementales syriennes soutenues par les troupes iraniennes qui ont elles aussi récupéré plusieurs lieux stratégiques ces derniers temps qui étaient tenus par l’EI.

    En fait ce reportage n’a a aucun moment parlé du rôle de la Russie et des forces gouvernementales syriennes! La seule fois où ils ont parlé de Bachar et de ses troupes, c’était pour dire qu’ils ne se sont jamais réellement opposés à l’état islamique et qu’ils les ont laissé prospérer. Le fait que l’État islamique ai pu prendre une telle ampleur en Syrie est donc de leur responsabilité!

    Bref un bon formatage des esprits! Cela faisait longtemps que je n’avais plus regardé un JT à la télévision. Ce reportage de quelques minutes a suffit pour m’en rappeler les raisons…


    • Nico 13 Le 15 novembre 2015 à 22h27
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      Faut pas s’attendre que nos médias soient objectifs.
      Ils ne le seront jamais vu qu’ils sont soient financés par l’Etat ou soient financés par des grands groupes.
      Et en plus de ça, les journalistes ont de belles niches fiscales.
      On ne mords pas la main de celui qui vous nourrit comme on dit…

      Pour revenir à l’article, bien sûr que les sociétés occidentales ont une part de responsabilité dans la création de l’EI.
      On ne peut pas cautionner ce que ces types font, je crois que tout le monde est d’accord là-dessus, mais peut-être que si on ne contrôlait pas leurs ressources depuis toujours, on n’en serait pas arrivée là.

      Qui pouvait sincèrement croire que les habitants du Moyen Orient allaient rester tranquilles alors qu’on leur vole leurs ressources et que nous, en Occident, on a une vie bien confortable ?
      On sait très bien que notre mode de société est condamnée à plus ou moins long terme (les ressources ne sont pas éternelles) et nos dirigeants continuent dans cette voie là.

      Les attentats, c’est lin d’être fini.
      On en est qu’au début.
      Quand on sait, par exemple, que la population au Nigéria devrait atteindre les 400 millions en 2050 et que l’islam est bien présent dans ce pays…
      Le pire est à venir…


    • José Le 15 novembre 2015 à 22h29
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      De nombreux spectateurs du cirque JT sont conscients du formatage. Le problème, c’est qu’ils croient qu’être conscients du formatage les en préserve. C’est comme si je me complaisais à regarder un fast and furious en me persuadant que le fait de savoir que c’est US, donc profondément débile (cf mon redneck de beau-frère), me rend plus intelligent.


      • Michelle Le 16 novembre 2015 à 09h30
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        Excellent remarque psychologique. Il ne suffit pas de constater que tel groupe, telle personne dit des bêtises…..ce que d’ailleurs tout le monde fait dans les commentaires des journaux en ligne.
        Il est impératif à mon humble avis de citoyenne de ne pas écouter ces groupes, de ne pas suivre ce qu’ils font mais bel et bien de partir, de VOIR ailleurs et de TRAVAILLER ensemble à un autre monde où justement le psychisme de certains ne soient pas “fracturés”
        L’évolution est certes très longue, c’est inévitable mais réalisable tout de même.

        Au moment du “printemps arabe”, justement, j’étais moins optimiste que les autres et j’avais toujours peur des contrecoups et du chaos qui s’ensuivrait. J’aurais tant préféré me tromper!!


  18. argos Le 15 novembre 2015 à 23h05
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    @Macarel,

    C’est la liberté pour le 1%, les 99% n’ont pas encore gravit l’échelle de la lumière.

    Donc juste des esclaves, des sous-hommes.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Statue_de_la_Libert%C3%A9


  19. Macarel Le 15 novembre 2015 à 23h18
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    Villepin : « Faire croire que nous sommes en guerre est un piège »

    http://www.politis.fr/Villepin-Faire-croire-que-nous,33021.html


    • Vanklaus Le 16 novembre 2015 à 03h47
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      oui ça serai fâcheux d’être en guerre contre ses clients qataris . ca deviens flagrant les doubles standard des politiciens qui font une chose dans le pays et le contraire a l’étranger .

      « Je ne veux pas faire le jeu de l’ennemi »
      « Quelle est la conséquence de cette idée ? La première, c’est de déresponsabiliser les combattants terroristes qui se disent : ’Nous frappons, nous sommes des guerriers’.
      mais dans ce cas pourquoi donner une légitimité et des responsabilités en récompense a des actions guerrières de groupes ” modérés ” contre l’état syrien .


    • Michelle Le 16 novembre 2015 à 09h36
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      merci Macarel. je suis contente de lire les déclarations saines de cet homme de “DROITE” mais de bon sens.
      C’est tous ensemble comme le dit si bien Sapir que nous devons lutter contre l’euro et le règne de l’argent, du pétrole et des ARMES.


    • Julie Le 16 novembre 2015 à 10h48
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      Il parle en tant que conseiller du Qatar sur ce coup-là, ça vous étonne?


  20. Macarel Le 15 novembre 2015 à 23h21
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    Orwell – 1984 :

    Principe de la double pensée, la guerre au service de l’oligarchie contre le peuple

    https://www.youtube.com/watch?v=YnLetJHSxKw&feature=youtu.be


  21. sylvain Le 15 novembre 2015 à 23h50
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    Un hélicoptère US escorte un convoi de Daesh ! (vidéo)

    https://www.youtube.com/watch?v=KFFb5E22TvE


    • Jean Sérien Le 16 novembre 2015 à 13h36
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      Je suis admiratif de votre capacité à identifier, sur une vidéo basse définition, le lieu où se déroule cette scène et les forces en présence. Libre à vous d’y croire (dur comme fer, visiblement) en tout cas, je trouve étonnant autant de légèreté de la part de quelqu’un qui fait la démarche de venir sur un site de “réinformation”: vous fuyez la propagande d’un camp pour aller vous vautrer dans celle du camp d’en face.


  22. belamicci Le 16 novembre 2015 à 00h05
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    excellent rapport exhaustif pour ainsi dire de M Nafeez Ahmed qui nous a donné un éclairage judicieux et objectif relatifs aux enjeux qui se jouent dans cette partie du monde .Afghanistan puis Irak et aintenant Syrie.Ce qui nous permet de mieux cerner encore les tenants et aboutissants de cette guerre sans fin entre l’Occident et le monde musulman d’ un côté, la partie visible de l’iceberg et de l’autre des liaisons secrètes voire dangereuses qui se sont tissées depuis l’invasion de l’Afghanistan par l’ex Union soviétique mais aussi avec des Etats du Golfe,Arabie saoudite,Qatar,Emirats arabes-Unis ,la Turquie et la Jordanie soutiens du terrorisme connus pour les uns et pour d’autres en raison d’intérêts communs conjoncturels ,l’exemple de la Turquie avec l’EI.
    Les autres membres de la coalition les pays occidentaux notamment France et Grande Bretagne conduits par les Etats-Unis avec l’appui de leurs services secrets notamment la CIA ont tous oeuvré à la déstabilisation de la Syrie en s’appuyant eux aussi sur différents groupes rebelles dits “représentants modérés “de l’opposition qui se sont avérés liés soit à El Qaida soit Daech.Ces groupes terroristes qui n’avaient rien de modérés ont été armés ,formés et financés également par cette partie occidentale de la coalition qu’elle déclare combattre !Je n’ai hélas pas le temps de détailler mon point de vue je vais le résumer directement .Qui ne connaît pas les fourberies et la folie des dirigeants américains ? Ils ont pour une histoire d’énergie et d’autre ressources ,pour assurer leur survie et leur business entrainé une coalition de 60 pays pour légitimer leurs actions illégales,immorales ,injustes et inhumaines mettant au défit le droit international chaque jour piétiné par des Etats qui se sont décrédibilisés et pointés du doigt par les peuples de la planète qui observentt et qui jugent.Les Etats-Unis pour arriver à leurs fins sont capables d’abandonner leurs propres alliés.Toutes les preuves peuvent être données depuis De Gaulle qu’ils ont toujours été à l’origine des crises européennes et qu’ils sont les premiers fossoyeurs de l’Europe .Dans leur sombre projet de domination de la planète tout n’est question que d’intérêts politique,économique,géostratégique et même religieux .(diviser les différents courants pour les affaiblir tous).
    Cette “arme ,cette stratégie” US tôt ou tard se retournera contre eux par ceux là mêmes qu’ils ont aidés par calcul machiavélique (aller jusqu’à fournir des livres à des enfants en Afghanistan faisant l’apologie du djihad est un double crime :_pour l’apologie destinée de surcrôit à des enfants).
    “Les Américains sont passés de la barbarie à la décadence sans jamais connaitre de civilisation”_Albert Einstein
    “je lance un appel à tous les peuples du monde y compris le peuple américain afin de combattre les dirigeants des Etas-Unis,ennemis du genre humain”_Ernesto Che Guevara


  23. Kim Le 16 novembre 2015 à 00h40
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    Je viens de découvrir le site et cet article, je l’applaudis des deux mains. Aujourd’hui plus que jamais, je comprends et je commence à saisir les enjeux. Longue vie à ce site!


  24. chris Le 16 novembre 2015 à 07h00
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    ” En Syrie, la guerre brutale menée par Assad contre son propre peuple ”
    C’est le seul point de l’article qui ne me parait pas juste, Assad ne lutte pas contre son propre peuple mais contre une horde de fanatiques étrangers venus faire le djihad en Syrie.


  25. Owen Le 16 novembre 2015 à 10h50
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    J’ai un peu de peine avec ce genre d’article.
    Il confirme bien que les foyers terroristes ont été chauffés selon les intérêts géostratégiques de certains Etats, comme l’argumente ce texte. Mais est-ce la cause ultime?

    Que je sache, les terroristes eux-mêmes ne sont pas d’idéologie végétarienne, bouddhiste, libérale ou communiste, ou malthusianiste. Ces terroristes sont porteurs d’une idéologie d’inspiration coranique.
    Ils ne sont pas chrétiens non plus. Le Moyen Age et les Croisades, ce n’est pas 2015, ou la recherche des causes de la gangrène terroriste ne sera jamais possible, mais toujours indéfinie.
    Dire que le terrorisme métallique (bombarder des pays jusqu’à détruire des Etats), est le fait des pays de tradition chrétienne (USA, Grande Bretagne, France…), et vaut bien celui individuel, avec le ceinture de bombes et le couteau pour égorger, est recevable, mais pas suffisant. L’Arabie Saoudite et le Qatar ne sont pas chrétiens, Israël non plus.

    Le terrorisme est une pince à deux mâchoires: celle des états malsains (impérialistes, colonialistes, exceptionnalistes, etc…) articulée à celle d’une idéologie morbide inspirée du Coran (wahhabisme, salafisme…).

    J’ai l’impression que nos cerveaux sont incapables de rassembler deux causes d’origines différentes pour expliquer un phénomène. Toujours ce besoin d’une vison binaire, manichéenne qui nie la corrélation des causes.


    • TuYolPol Le 16 novembre 2015 à 11h02
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      Faites attention surtout à ceci : ” Les pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure. ”
      Ce qu’il dit est précisément que les addictions des sociétés (il y en a toujours eu) sont instrumentalisées dans les modèles capitalistes pour faire des profits sur ces addictions (c’est le sens fondamental de la société de consommation) et entraînent comme toute chose morbide (personne ne peut prétendre qu’une addiction est saine) des conséquences à l’échelle de leur emprise (la globalisation donne l’échelle maximum à l’emprise du modèle capitaliste).


      • Owen Le 16 novembre 2015 à 15h27
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        Bonjour TuYolPol,

        Les coups tordus et les opérations sous faux drapeaux américains ne datent pas du 9/11/2001. Ils existaient déjà pendant la guerre froide. De même que la Russie soviétique en menaient tout autant, eu Europe Centrale et en Afrique. Mais on n’avait pas internet, pour être en prise directe. Il fallait acheter certains journaux, comme le Monde Diplo: les échos de ces opérations étaient donc beaucoup plus assourdies auprès du grand public.
        Le terrorisme ne date d’hier, non plus, mais il restait “limité” (si on enjambe les morts et blessés d’alors) à la défense des peuples (focos revolutionnaires, OLP, ETA, FLNC, Fellagas, etc…).
        Le terrorisme Jihadiste, lui, n’a pas de frontières: il fait métastase dans les pays détruits, en Inde ou dans nos banlieues. Il n’a pas un projet politique pour la libération d’un peuple circonscrit sur un territoire. Il a un projet religieux de soumission à une divinité, avec des lois qui ne sont pas décidées entre humains, mais d’essence divine (charia, le pur et l’impur, territoires Dar al-khufr qui deviennent Dar al-ilsam, etc…).

        Les coups tordus sont-ils pire aujourd’hui qu’à l’époque de la guerre froide? Possible, pas sur, à voir. La Russie n’a plus la même agressivité que les USA. Les USA ont pris de la puissance avec la vassalisation de l’Europe Occidentale, mais ils perdent en même temps l’Amérique du Sud, qui s’en laisse de moins en moins compter. Et les ignominies françaises ne sont pas neuves, avec les massacres à Madagascar dont tout le monde se foutait, les “événements” d’Algérie, les basses oeuvres de Foccart, ou Denard.
        Les évolutions technologiques permettent des opérations plus fines avec les moyens de communications, donc d’espionnage décuplés, ou plus redoutables, avec les drones et peut-être les avions détournées à distances. En même temps, les révolutions colorées marche de moins en moins bien: l’Ukraine n’est pas encore gagnée à L’EurAmérique.

        Par contre, les nouvelles bombes idéologiques utilisées, autrefois nationalistes et maintenant religieuses, sont autrement plus explosives et à retentissements autrement plus étendus.
        Qui manipule qui ? On peut renverser le raisonnement: n’est-ce pas le Daesh qui manipule les Etats aux intérêts différents, en obtenant des financements d’Arabie Saoudite, du Qatar, des appuis logistiques d’Israël, de Turquie, de la France et de la CIA, des ressources humaines des banlieues de tous les pays du Nord ?


        • TuYolPol Le 16 novembre 2015 à 19h48
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          Bonjour Owen
          À mon avis, il faut essayer s’en tenir à la compréhension de ce qui “fait système” et à ce qu’il y a de décisif dans cette configuration. Le merdier actuel fait effectivement participer des dérivés d’idéologies anciennes, des moyens technologiques nouveaux, des acteurs déjà connus et d’autres auparavant invisibles. De tout temps, l’argent est le nerf de la guerre. Sans moyens matériels, aucune propagande (en particulier une propagande morbide, contre nature) ne peut avoir cet impact. L’impact des idées morbides, meurtrières, est alimenté par un autre carburant que leur simple nature ou leur calibrage vis à vis d’un terrain culturel et religieux, qui n’en est qu’un composant. Il y a un acte de fabrication et un acte de stimulation, un travail énorme, puissant, coûteux.
          C’est cette perversion qu’il faut interroger.
          Quand bien même EI utiliserait les moyens de manipulation à sa disposition (le terrorisme en est d’ailleurs un), c’est soit une créature qui échappe au contrôle de ses maîtres, soit une créature utile à ses maîtres, mais une créature.


        • fouineur Le 18 novembre 2015 à 22h53
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          Désolé, mais le Monde Diplomatique opère lui aussi la censure concernant les opérations sous faux drapeau, dont le principe était pourtant déjà bien identifié par Machiavel dans Le Prince (1513), et certainement vieux comme le monde.


    • Owen Le 17 novembre 2015 à 03h31
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      Le débat m’intéresse et j’ose encore une réponse, mais elle sera la dernière car le blog d’O. Berruyer ne semble pas un forum d’échange non plus. Je ne cherche pas non plus à avoir le dernier mot, vous pouvez me contredire :-).

      L’impression que j’ai est que toute une contre-information (nécessaire, c’est là maintenant que je vais), présente toujours le terrorisme d’aujourd’hui essentiellement comme un job selon les intérêts de certains Etats cyniques.
      Les terroristes jouent en effet un rôle de mercenaires, mais cela n’explique pas tout. Le talibans n’ont pas disparus, ni rangé les kalachnikov, quand l’URSS s’est effondrée.

      Poutine a raison, selon, moi, de comparer les Jihadistes aux Nazis. Ils sont au moins aussi violents.
      Le nerf de la guerre nazie avait ses banquiers et industriels: Rothschild, IG Farben, Ford, General Motors, Standard Oil… et des soutiens notoires, comme Edouard VIII, Roi de Grande Bretagne.
      Si Hitler avait gagné la Guerre, il aurait alors installé son IIIème Reich et sa puissance l’aurait affranchi de ses soutiers créateurs.

      L’Allemagne d’aujourd’hui, ce n’est pas le nazisme, l’histoire témoigne heureusement de capacités de résilience. Mais il a fallu au moins une guerre mondiale et le procès de Nuremberg pour cela.

      L’Arabie Saoudite et le Qatar sont à l’évidence des pays nourriciers du terrorisme mondial (en idéologie et en moyens). Ce n’est peut-être pas à l’ordre du jour d’aller détruire ces pays, ça va aller comme ça. Mais leur vendre des armes est un acte évident d’intelligence, de collaboration avec le terrorisme. La France, si elle veut tenir son rang (pays des Droits de l’Homme) tiendrait sa dignité à dénoncer ces pays (opprobre, embargo, résolutions de l’ONU, changement de maillots pour les clubs de foot…).

      L’examen de ce qui est tolérable, ou non, de la religion musulmane pour notre pays est encore à faire. Ce que commence à découvrir, mais un peu trop tard pour lui, Chamberl… Hollande avec son discours du 16 nov au Congrès. Pour mémoire, Chamberlain est resté célèbre avec sa phrase “Hitler is not a gentleman” qui a conclu la fin de son mandat de 1er Ministre du Royaume Uni.

      Et pour rappel, avec mes propos, je ne dénonce pas simplement le libre usage du Coran par les musulmans pour régenter le pays où ils vivent, en tout cas en France (par exemple faire un nouveau Concordat).
      J’ai aussi pour opinion que la France est un Etat terroriste qui place son peuple du mauvais côté, avec les USA et l’Arabie Saoudite, depuis son engagement en Afghanistan et surtout la Libye, ainsi que des velléités contre l’Etat Syrien, le refus du droit du peuple en Crimée de se prononcer, etc…).

      Pour le moins, il faut savoir ce qu’on vote et rien n’oblige à leur donner nos voix.


  26. TuYolPol Le 16 novembre 2015 à 10h52
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    C’est l’article le plus fort de ces derniers jours, voire semaines, sur le sujet.

    ” Tout le monde peut nourrir des pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes. Mais elles restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure. ”

    Voilà un axiome.

    Il reste à montrer à quel point le capitalisme s’est montré le terrain de maladies de plus en plus graves, à la façon magistrale de Nafeez Ahmed. L’approche par la métaphore pathologique est extrêmement éloquente.


    • Crapaud Rouge Le 16 novembre 2015 à 18h05
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      C’est le même phénomène avec les groupuscules néonazis qui restent des groupuscules jusqu’à ce que quelqu’un finance leur expansion.


  27. René Fabri Le 16 novembre 2015 à 15h07
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    La manipulation, des esprits des enfants par des livres scolaires plein de mensonges, est grave. A partir de mauvaises informations, on est conduit à faire de mauvaises actions. De plus, les rêves se construisent dans l’enfance, et ces rêves nous guident pour le restant de notre vie. Si les petits Afghans, Irakiens, Bosniaques, Kosovar, Maliens, Ukrainiens croient qu’ils leur faut une revanche, certains d’entre eux passeront à l’acte en atteignant l’âge adulte par des destructions terribles et insensées.


  28. nico Le 09 décembre 2015 à 12h59
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    J’ai repris les propos de cette artticle et J’ai fait un petit film sur une histoire rapide de l’utilisation du fondamentalisme a des fins géopolitique et la naissance de DAECH.

    http://www.dailymotion.com/video/x3hgey9_histoire-rapide-du-terrorisme_school

    Jaimerais que ce film (malgré son amateurisme) soit vu par de nombreuses personnes pour que l’on puisse être suffisamment nombreux à être informés et pour espérer un changement à venir dans les relations internationales et un abandon de néocolonialisme.

    Si vous pouvez utiliser vos réseaux pour faire circuler la vidéo d’une manière ou d’une autre.

    Salutations


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