Source : Russeurope, Jacques Sapir, 15-02-2016

Notre pays avait approuvé, de très peu, lors du référendum du 20 septembre 1992 sur le traité sur l’Union européenne, dit aussi Traité de Maastricht, le principe de la monnaie unique. Cette dernière est entrée en service d’abord en 1999 (pour ce qui est des transactions bancaires), puis en janvier 2002, pour ce qui est de l’Euro fiduciaire. Cela fait donc aujourd’hui plus de 17 ans que nous vivons sous le régime de l’Euro, dont 14 années très concrètement. En fait, il faut même remonter au début des années 1990 car la volonté de « qualifier » la France pour la monnaie unique a pesé lourdement sur la politique économique et ce bien avant le 1er janvier 1999.

Il est temps aujourd’hui d’en tirer le bilan. Le discours en faveur de l’Euro prétend se fonder sur des bases scientifiques. Regardons donc ce qu’il en est. Mais, le discours officiel sur l’Euro prétend que ce dernier aurait amélioré la situation globale de la France. Vérifions donc aussi cette affirmation. Et surtout, posons nous la question des conséquences politiques de l’introduction de l’Euro sur la société française.

La « bonne nouvelle » des économistes et l’imposture

Des économistes avaient préparé, dans leurs travaux, la venue de la monnaie unique. Ils sont nombreux mais nous ne présenterons ici que les trois principales contributions, celles de Robert Mundell, de R. McKinnon et de Peter Kennen. Ces économistes, tels les trois rois mages des évangiles, sont donc venus porter la « bonne nouvelle », et leurs travaux ont eu une influence considérable sur les autres économistes, non pas tant en les convaincant de la nécessité d’une monnaie unique mais en les persuadant que la flexibilité du taux de change était désormais superflue. Pourtant, des travaux récents montrent le contraire. Il faut, alors revenir sur ces travaux théoriques pour tenter de discerner le vrai du faux.

La théorie des zones monétaires optimales (ou ZMO) fut énoncée par l’économiste Robert Mundell en 1961[1]. Deux ans plus tard, c’est R. McKinnon qui apporta sa pierre à l’édifice théorique des ZMO[2]. Dans son papier, il explique que plus l’ouverture d’une économie sur l’extérieur est importante et plus l’importance du taux de change s’en trouve réduite. En conséquence l’intérêt d’un ajustement par le taux de change est faible. Quant à Peter Kennen[3], il montrait que si l’économie d’un pays était diversifiée, cette diversification réduisait l’ampleur de ce que les économistes appellent des « chocs exogènes », et permettait à ce pays d’être lié à d’autres par un taux de change fixe. De ces travaux, on pouvait donc déduire qu’un pays a intérêt à se lier à d’autres par une monnaie unique sous réserve que le capital et le travail soient parfaitement flexibles (ce que montre Mundell), qu’il soit très ouvert sur le commerce international (McKinnon) et que son économie soit largement diversifiée (Kennen). De plus, les mouvements monétaires extrêmement importants qui s’étaient produits de 1975 à 1990 n’avaient pas induits de changements spectaculaires dans les balances commerciales. Certains économistes en avaient alors déduit que la sensibilité des exportations (et des importations) au prix de ces produits était en réalité faible dans l’économie moderne. S’était alors développée l’idée que le commerce international se jouait essentiellement sur la qualité des produits. Le fait qu’un économiste ait formulé cette hypothèse dans les années 1950[4] était alors perçu comme la vérification théorique d’un fait validé empiriquement.

D’autres économistes sont venus démontrer, du moins le croit-on, que des pays tireraient des avantages économiques importants d’une monnaie unique. Cette dernière était censée donner naissance à une augmentation très forte des flux commerciaux entre les pays de la zone monétaire ainsi constituée et donc faire croître la production. A l’origine on trouve des travaux tant théoriques qu’empiriques d’Andrew K. Rose[5]. Ces travaux, fondés sur un modèle de gravité[6], devaient donner naissance à ce que l’on a appelé « l’effet Rose » ainsi qu’à une littérature extrêmement favorable aux Unions Monétaires. Ces travaux décrivaient les monnaies nationales comme des « obstacles » au commerce international[7]. L’intégration monétaire devait provoquer une meilleure corrélation du cycle des affaires entre les pays[8], et l’intégration monétaire devait conduire à une accumulation des connaissances conduisant à une forte augmentation de la production et des échanges potentiels[9]. L’Union monétaire européenne, ce que l’on appelle l’UEM, allait créer – si ces travaux étaient validés par la réalité – les conditions de réussite de la « Zone Monétaire Optimale »[10], dans un mouvement qui semblait devoir être endogène[11]. D’où les déclarations de divers hommes politiques, aujourd’hui fameuses, affirmant que l’Euro allait conduire, de par sa seule existence, à une forte croissance pour les pays membres. Jacques Delors et Romano Prodi ont ainsi affirmé que l’Euro allait favoriser la croissance européenne de 1% à 1,5% par an et ce pour plusieurs années[12]. On sait aujourd’hui ce qu’il faut en penser…

Fausse et vraie science

Seulement, il y avait un hic. Ces travaux étaient fondés sur des visions fausses des processus économiques. D’autres recherches, basées sur des bases de données plus complètes, aboutissaient alors à une forte réduction de l’ampleur des effets positifs de l’Union Monétaire[13]. Les travaux initiaux de Rose et consorts furent ainsi fortement critiqués, en particulier sur la méthode économétrique utilisée[14], qui ne semblent pas être adaptés à l’analyse d’une zone à plusieurs pays. Une critique plus fondamentale fut que ces modèles ne prenaient pas en compte la persistance du commerce international[15] qui s’explique par différents phénomènes, dont les asymétries d’information. Enfin, ces modèles négligent l’existence de facteurs endogènes au développement du commerce, facteurs qui ne sont pas affectés par l’existence – ou la non-existence – d’une Union Monétaire.

Ces différents éléments ont ainsi conduit à une remise en cause fondamentale des résultats de A.K. Rose. Capitalisant sur près de vingt ans de recherches sur le commerce international et les modèles dit « de gravité »[16], Harry Kelejian (avec G. Tavlas et P. Petroulas) ont repris les diverses estimations des effets d’une union monétaire sur le commerce international des pays membres[17]. Les résultats sont dévastateurs. L’impact de l’Union Economique et Monétaire sur le commerce des pays membres est estimée à une croissance de 4,7% à 6,3% du total, soit très loin des estimations les plus pessimistes des travaux antérieurs qui plaçaient ces effets à un minimum de 20%, et ceci sans même évoquer les travaux initiaux de Rose qui les situaient entre 200% et 300%. En dix ans, on a donc assisté à une réduction tout d’abord de 10 à 1 (de 200% à 20%[18]) réduction qui est survenue rapidement, puis à une nouvelle réduction ramenant la taille de ces effets de 20% à une moyenne de 5% (un facteur de 4 à 1)[19]. Les effets de persistance du commerce international ont été largement sous-estimés, et inversement les effets positifs d’une union monétaire tout aussi largement surestimés, et ce à l’évidence pour des raisons politiques. On ne peut manquer de remarquer que les annonces les plus extravagantes sur les effets positifs de l’Union Économique et Monétaire (avec des chiffres d’accroissement du commerce intra-zone de l’ordre de 200%) ont été faites au moment même de l’introduction de l’Euro. Le mensonge était effectivement très gros… Ces annonces ont clairement servi de justification aux politiques et aux politiciens de l’époque.

Les mêmes arguments servent cependant aujourd’hui à accréditer l’idée qu’une dissolution de l’Euro serait une catastrophe, car on utilise toujours à des fins de propagande, les mêmes chiffres mais cette fois de manière inversée pour « prédire » un effondrement du commerce international des pays concernés et donc une chute du PIB dans le cas d’une sortie de l’Euro. Or, si l’effet sur le commerce international créé par une zone monétaire est faible, il faut en déduire qu’inversement l’effet des prix (ce que l’on appelle la « compétitivité coût ») est nettement plus important que ce qu’en dit le discours dominant[20]. Ceci redonne toute son importance aux dévaluations pour restaurer la compétitivité de certains pays.

L’impact de dépréciation ou d’appréciation du taux de change sur les flux commerciaux et les balances commerciales était connu. La rapidité du « rebond » de la Russie en 1999 et 2000 en particulier, à la suite d’une dévaluation massive, était l’un des principaux arguments allant dans le sens d’un effet positif d’une dépréciation de la monnaie. Les économistes du FMI ont réalisé une étude assez systématique sur une cinquantaine de pays et ont retenu 58 « cas » de dépréciations[21]. Ils ne trouvent aucun signe de la fameuse « déconnexion » tant citée entre les flux du commerce international et les taux de change, bien au contraire. L’étude montre qu’en standardisant les résultats, on obtient en moyenne pour une dépréciation du taux de change de 10% un gain de 1,5% du PIB pour le solde de la balance commerciale. L’internationalisation des « chaînes de valeur » a bien un effet modérateur sur ces gains[22]. Mais, le développement de ces chaînes de valeur est très progressif dans le temps et ne peut venir contrarier les effets positifs d’une forte dépréciation du taux de change[23].

On constate ainsi que l’Euro fut vendu aux populations (et aux électeurs) sur la base de mensonges répétés, mensonges qui ont été enrobés dans un discours se donnant pour scientifique, mais qui ne l’était nullement. A chaque fois que l’on examine en profondeur un argument dit « scientifique » avancé pour défendre l’Euro on constate que soit les bases théoriques sont inexistantes, soit les résultats ont été obtenus par des manipulations des bases de données, soit qu’une comparaison avec la réalité détruit le dit argument, et parfois on assiste à ces trois effets réunis ! Ceci soulève un double problème de méthode. D’une part, on comprend bien qu’il y a eu manipulation, non pas tant des économistes concernés que des politiques qui se sont servis de leurs travaux. Ici, on voit que construit de cette manière, sur ce qu’il faut bien appeler un mensonge, l’Euro ne pouvait avoir de bases démocratiques. D’autre part, ceci implique une nécessaire méfiance envers des travaux économiques, mais qui ne doit pas tourner à la défiance. Qu’une monnaie unique ait des avantages potentiels pour les pays y participant est une évidence. Mais, ces avantages d’une part ne se concrétisent que si certaines conditions sont réunies et d’autre part ne sont pas nécessairement supérieurs aux désavantages, tout aussi évidents, qu’entraîne l’adoption de cette monnaie unique. Ce qui est frappant est que les économistes en faveur de l’Euro ont raisonné comme si les conditions permettant la matérialisation de ces avantages étaient nécessairement réunies et comme si les avantages potentiels de l’euro devaient toujours l’emporter sur les désavantages. C’est là que se situe la responsabilité de ces économistes.

Le coût économique de l’Euro pour la France

L’Euro a joué un mauvais tour à l’économie française. D’une part, liant la parité de sa monnaie à celle des autres pays européens, il l’a défavorisée (par rapport à l’Allemagne ou au Pays-Bas) alors même qu’il avantageait l’Allemagne qui, sans l’Euro, aurait eu à affronter une forte hausse de son taux de change. C’est ce qui explique largement le fort excédent commercial de ce pays. Mais, de plus, l’Euro s’appréciant par rapport au Dollar étatsuniens à partir de 2002, il a fait subir à l’économie française un fort choc de compétitivité vis-à-vis des pays extérieurs à la zone Euro. En France, les gouvernements successifs ont cependant choisi de maintenir une politique budgétaire fortement expansionniste pour compenser l’impact de l’Euro sur la croissance. Ceci a permis à la France de ne pas trop souffrir de la mise en place de l’Euro mais avec pour conséquence un envol de la dette publique. Et pourtant, en dépit de cela, l’économie française a néanmoins souffert.

La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) qui était en moyenne supérieures à 2,5% à la fin des années 1990 baisse autour de 2% dans les années qui suivent l’entrée en vigueur de l’Euro puis, même en tenant compte de l’effet de la crise de 2008-2010, tombe vers 1%. Il est clair que l’Euro a placé l’économie française dans un contexte de très faible croissance. Or, la France, qui maintient des gains de productivité importants et qui se trouve dans une situation démographique plus expansive que ses voisins, à besoin d’un taux de croissance d’environ 1,4% pour créer des emplois.

Graphique 1

(La courbe rouge indique une moyenne mobile sur trois ans)

Source: INSEE

Si nous prenons maintenant la production de l’industrie, on constate que les efforts pour amener la France dans les critères de la Monnaie Unique ont coûté une dépression importante. Le niveau de janvier 1990 ne fut retrouvé qu’à l’été 1997. La croissance de la production industrielle de 1997 à l’été 2001 fut modérée, et largement due à des exonérations de prestations sociales accordées par le gouvernement. Ces exonérations passent de 6,3% du montant total en 1998 à 9% en 2002. Elles ne cesseront d’augmenter par la suite, preuve que la France connaît bien un problème de compétitivité, pour atteindre à la veille de la crise financière plus de 10% et près de 24 milliards d’euros. Or, la production industrielle n’évolue plus de 2002 à 2007. De fait, en juillet 2008, à la veille du déclenchement de la crise des « subprimes »[24], l’indice de la production industrielle n’a progressé que de 3 points (de 111,5 à 114,5) par rapport à 2001. Fortement affectée par la crise financière de 2008-2010, elle s’effondre de fin 2008 à l’été 2009 et n’a toujours pas retrouvé son niveau de 1990 à la fin de 2015.

Graphique 2

Evolution de la production industrielle et manufacturière depuis 1990

Source: INSEE

Nous avons là l’une des explications du chômage de masse qui sévit dans notre pays. Non seulement la faible croissance de l’économie et la stagnation de l’industrie entraînent un chômage important qui, si l’on calcule la somme des catégories « A », « B » et « D » de la DARES s’établit à 4,5 millions de personnes (et non pas aux seuls 3,5 millions de la catégorie « A », catégorie largement utilisée dans la presse), mais nous avons aussi l’une des explications des déficits budgétaires récurrents que notre pays connaît.

Graphique 3

Source: DARES

Les exemptions de cotisations, mais aussi les recettes manquantes du fait de la stagnation de la production, et la nécessité de constamment stimuler une économie qui sans cela sombrerait dans la récession, expliquent pourquoi les dépenses sont constamment supérieures aux recettes. Cette situation se justifie quand des événements extérieurs viennent perturber l’économie, ce qui fut le cas de la crise de 2008-2010. Mais, de 1999 à 2007, rien ne le justifiait. Rien, si ce n’est l’effet dépressif qu’exerçait l’Euro sur l’économie française. Les gouvernements successifs de cette période ont cherché à masquer l’impact récessif exercé par la monnaie unique par une stimulation budgétaire permanente. Nous en payons le prix en termes de dette publique aujourd’hui.

Cependant, un autre aspect de l’Euro se révèle si l’on y regarde bien. Le salaire moyen a continué d’augmenter en France. Mais, une moyenne n’a pas grand sens dès que la répartition des salaires est très inégale. Le salaire médian, c’est à dire le salaire qui correspond à ce que gagnent 50% des salariés, est resté stable depuis le début des années 2000. Cela signifie que la majorité des salariés ont vu leurs salaires stagner depuis près de 15 années, alors que les salaires d’une minorité, entre 10% et 15% de la population, ont eux fortement augmenté. Ces salaires correspondent aux professions liées à la financiarisation de la société, que ce soit directement (salaires et revenus des professions de la finance) ou indirectement (salaires des services liés à cette haute finance). On se rend compte, alors, que l’Euro n’a pas seulement exercé un effet récessif sur l’économie française ; il l’a aussi déformé. Cette déformation porte un nom : la financiarisation. Bien entendu, les tendances au développement de la financiarisation sont antérieures à l’Euro. Mais celui-ci a donné un coup d’accélérateur décisif à cette transformation. Il a établi la prééminence des banques (et des banquiers) dans la société française ; il a mis les logiques de la production au service de cette finance et de ces financiers. On comprend alors pourquoi tout ce beau monde des banques et des institutions financières se retrouve pour communier dans l’adoration de ce nouveau veau d’Or. Derrière les figures religieuses il y a des intérêts réels et concrets.

Le coût social de l’Euro

Dans les 17 ans qui nous séparent de l’introduction de l’Euro nous avons vu se développer la logique d’une économie où des sommes toujours plus importantes sont accaparées par un petit nombre d’individus au détriment des conditions d’existence du plus grand nombre. L’Euro pousse l’économie réelle à réduire sans cesse ses coûts. C’est l’Euro qui conduit les agriculteurs au suicide, en les forçant à travailler à pertes. C’est l’Euro qui organise l’abandon des campagnes et des territoires dits « périphériques ».

Mais un autre problème apparaît. Pour soit disant « sauver l’Euro », on met en œuvre des politiques qui ne font qu’aggraver les problèmes. Depuis le printemps 2011, sous l’effet des politiques d’austérité mises en œuvres par François Fillon, la courbe du chômage ne cesse d’augmenter. Ces politiques d’austérité, il faut le souligner, ont été décidées dans le cadre de la zone Euroet avec pour objectif le maintien de la France dans la zone Euro. Ce n’est pas par hasard si François Fillon a décidé de ces politiques, mais bien contraint et forcé par l’existence de la zone Euro. Cette dernière provoque alors un accroissement direct de 700 000 demandeurs d’emplois. Les effets de ces politiques se font sentir environ un an après l’élection de François Hollande. Mais, ce dernier ne revient nullement sur les mesures décidées par François Fillon. Il fait d’ailleurs voter, en septembre 2012, ce que l’on appelle le traité « Merkozy » (ou Merkel-Sarkozy) qui avait été négocié dans l’hiver 2011-2012. Cette continuité de la politique économique, mais cette fois sous un gouvernement se disant « de gauche », a provoqué une nouvelle hausse de 400 000 demandeurs d’emplois. Directement, c’est bien 1,1 millions de personnes qui se sont retrouvées dans les catégories « A », « B » et « D » du fait l’attachement fanatique de nos dirigeants à l’Euro. En réalité, on peut penser qu’une large part de l’accroissement de 2008 à 2010 aurait pu être évité, voire rapidement effacé, si la France n’avait pas fait partie de la zone Euro et si elle avait pu largement déprécier sa monnaie tant par rapport au Dollar que par rapport à ses partenaires commerciaux et en particulier l’Allemagne. La progression régulière du chiffre des demandeurs d’emplois constitue donc une pente néfaste sur laquelle la France est engagée depuis quatre années et demie. Cette progression est le fruit amer du consensus de fait qui existe entre la politique du centre-droit et celle de la « gauche », un consensus dont les effets sont aujourd’hui dramatiques sur les individus[25].

Ont voit ici surgir des problèmes immenses. L’inégalité croissante de la société met en cause indirectement la démocratie et ceci que la concentration d’une pouvoir monétaire et financier immense entre les mains de quelques uns, alors que le plus grand nombre en est exclu, leur donne la possibilité de truquer et de fausser le procès démocratique. Ce dernier repose sur l’hypothèse que la voix d’un banquier et celle d’un prolétaire, qu’il soit ouvrier, petit employé vivant dans les périphéries abandonnées de la société française, agriculteurs, voire fonctionnaire, pèsent du même poids. Mais le banquier peut rameuter des journalistes, des publicistes, des artistes qu’il entretient et qui ne vivent que des prébendes qu’il distribue, pour élaborer et diffuser une histoire qui semble lui donner raison. Et l’on voit, ici, que l’accumulation de la richesse entre les mains de quelques-uns met l’idée de démocratie en crise.

L’Euro et la crise politique

Mais, il faut ici aller plus loin et se poser la question de la compatibilité directe de l’Euro avec un système démocratique. L’Euro a imposé à la France de céder sa souveraineté monétaire à une institution non élue, la Banque Centrale Européenne. En fait, ce processus avait déjà commencé dans la période antérieur (de 1993 à 1999) avec l’établissement d’un statut d’indépendance de la Banque Centrale. Il faut cependant souligner que ce statut ne faisait sens qu’en raison de la mise en place à venir de l’Euro. De ce point de vue, il est clair que l’indépendance des Banques Centrales n’a pu se concrétiser dans un certain nombre de pays qu’en raison de l’engagement de ces pays dans le processus de mise en place de l’Euro. Mais, ce qu’implique ce premier abandon de souveraineté est encore plus important que cet abandon lui-même. Une fois que vous avez laissé à d’autres le choix de la politique monétaire, vous devez admettre que ces « autres » vont déterminer par leurs actions les règles budgétaires que vous devrez suivre.

En effet, une fois privé de sa liberté de faire varier les paramètres de la politique monétaire, le gouvernement perd l’un des principaux instruments de politique économique. Mais, il perd aussi en partie le contrôle de ses ressources fiscales, car les ressources fiscales sont étroitement liées au niveau d’activité économique ainsi qu’au taux d’inflation. En effet, les ressources fiscales sont des grandeurs nominales (et non des grandeurs réelles). Plus élevé est le taux d’inflation et plus grandes seront les ressources fiscales. Notons, enfin, qu’une partie du déficit public constitue bien une « dette » similaire à celle des agents privés qui empruntent pour pouvoir commencer une activité productive. Se pose alors la question de son rachat, en tout ou partie par la Banque Centrale. Mais, dans les règles de l’Union Economique et Monétaire, ceci est interdit. Ne pouvant donc plus ajuster la politique monétaire aux besoins de l’économie, le gouvernement découvre qu’il doit se plier à des règles strictes dans le domaine budgétaire et fiscal. Si un pouvoir extérieur fixe désormais la politique monétaire, il faudra à terme que le même pouvoir fixe les règles budgétaires et fiscales. C’est ce que le TSCG, ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qui fut adopté en septembre 2012, a, de fait, institutionnalisé. Si le processus budgétaire échappe au contrôle du gouvernement il en va de même pour le processus fiscal. Or, le fondement de TOUTE démocratie réside dans le fait que la représentation du peuple, le Parlement, doit avoir – et lui seul – le dernier mot en matière de budget et d’impôt. Nous sommes donc revenus à un état de la situation d’avant 1789. Le lien entre le citoyen et le contribuable a été rompu.

Ceci aggrave la crise de la démocratie dans notre pays, une crise dont l’Euro est par ses conséquences tout comme son existence largement responsable. Elle se manifeste d’abord par une abstention importante lors des différents scrutins. Mais, elle se manifeste aussi par un repli vers différentes communautés et la montée de ce que l’on appelle le « communautarisme ». Les français, se sentant désormais de moins en moins citoyens, et ce d’autant plus que l’on a de cesse de galvauder ce mot dans des emplois qui sont autant de contre-sens, tendent à se replier sur ce qui semble leur offrir un semblant de protection : communautés religieuses, communautés d’origines…Mais, ce faisant ils se précipitent vers la guerre civile. Et c’est peut-être là la critique la plus radicale que l’on peut faire à l’Euro : celle de déchirer de manière décisive le tissu social et de dresser, à terme, les français les uns contre les autres. Ceci doit nous rappeler qu’il n’est dans la logique d’une monnaie d’autre avenir que celui décrit par Hobbes : la guerre de tous contre tous.

Si l’on prend donc en compte tous les aspects tant économiques, sociaux, fiscaux, mais aussi politiques, il est alors clair que l’Euro a eu, depuis maintenant près de 17 ans, un rôle extrêmement négatif. Retirant aux gouvernements le moyen d’agir, il accrédite l’idée de leur impuissance. De cela, nous n’avons visiblement pas fini de payer le prix.

 

Notes

[1] Mundell R., (1961), « A theory of optimum currency areas », in TheAmerican Economic Review, vol. 51, n°5,‎ 1961, pp. 657-665.

[2] McKinnon R.I., (1963), « Optimum Currency Area » in The American Economic Review, Vol. 53, No. 4 (Sep., 1963), pp. 717-725

[3] Kenen, P.B. (1969). “The Theory of Optimum Currency Areas: An Eclectic View, ” in Mundell R.A. et A.K. Swoboda (edits) Monetary Problems of the International Economy, Chicago, Ill., Chicago University Press.

[4] Machlup, F, “Elasticity Pessimism in International Trade.” In Economia Internazionale. Vol. 3, (Février 1950), pp. 118-141.

[5] Rose, A.K. (2000), « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy Vol. 30pp.7-45 et Rose, Andrew K., (2001), “Currency unions and trade: the effect is large,” Economic Policy Vol. 33, 449-461.

[6] Anderson, J., (1979), “The theoretical foundation for the gravity equation,”

American Economic Review Vol. 69, n°1/1979 106-116. Deardorff, A., (1998), “Determinants of bilateral trade: does gravity work in a neoclassical world?,” in J. Frankel (ed.), The regionalization of the world economy, University of Chicago Press, Chicago.

[7] Rose, A.K., Wincoop, E. van (2001), « National money as a barrier to international trade: the real case for currency union », American Economic Review, Vol. 91, n°2/2001, pp. 386-390.

[8] Rose, A.K. (2008), « EMU, trade and business cycle synchronization », Paper presented at the ECB conference on The Euro of Ten: Lessons and Challenges, Frankfurt, Germany, 13 et 14 novembre

[9] De Grauwe, P. (2003), Economics of Monetary Union, New York: Oxford University Press. Frankel, J.A., Rose A.K. (2002), « An estimate of the effect of currency unions on trade and output », Quarterly Journal of Economics, Vol. 108, n°441, pp. 1009-25.

[10] On consultera à ce sujet le mémoire de Master 2 écrit par l’un de mes étudiants, Laurentjoye T., (2013), La théorie des zones monétaires optimales à l’épreuve de la crise de la zone euro, Formation « Économie des Institutions », EHESS, Paris, septembre 2013.

[11] Frankel, J.A., Rose A.K. (1998), « The endogeneity of the optimum currency area criteria », Economic Journal, Vol.108, 449, pp.1009-1025. De Grauwe, P., Mongelli, F.P. (2005), «Endogeneities of optimum currency areas. What brings countries sharing a single currency closer together? », Working Paper Series, 468, European Central Bank, Francfort.

[12] Sapir J. (2012), Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris.

[13] Bun, M., Klaasen, F. (2007), « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, Vol. 69: 473-496. Berger, H., Nitsch, V. (2008), « Zooming out: the trade effect of the euro in historical perspective », Journal of International money and finance, Vol. 27 (8): 1244-1260.

[14] Persson T. (2001), « Currency Unions and Trade : How Large is the Treatment Effect ? » in Economic Policy, n°33, pp. 435-448 ; Nitsch V. (2002), « Honey I Shrunk the Currency Union Effect on Trade », World Economy, Vol. 25, n° 4, pp. 457-474.

[15] Greenaway, D., Kneller, R. (2007), « Firm hetrogeneity, exporting and foreign direct investment », Economic Journal, 117, pp.134-161.

[16] Flam, H., Nordström, H. (2006), « Trade volume effects of the euro: aggregate and sector estimates », IIES Seminar Paper No. 746. Baldwin R. (2006) « The euro’s trade effects » ECB Working Papers, WP n°594, Francfort. Baldwin R. et al. (2008), « Study on the Impact of the Euro on Trade and Foreign Direct Investment », Economic Paper, European Commission, n° 321.

[17] Kelejian, H. & al. (2011), « In the neighbourhood : the trade effetcs of the euro in a spatial framework », Bank of Greece Working Papers, 136

[18] Du travail initial de A.K. Rose datant de 2000 mais réalisé en fait entre 1997 et 1999 « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy 30, op.cit., au travail de R. Glick et A.K. Rose, datant de 2002, « Does a Currency Union Affects Trade ? The Time Series Evidence », op. cit..

[19] Bun, M., Klaasen, F. (2007), « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, op.cit., vont même jusqu’à estimer l’effet « positif » de l’UEM à 3%, ce qui le met largement dans l’intervalle d’erreurs de ce genre d’estimations.

[20] C’est d’ailleurs le sens d’une note rédigée par P. Artus, « C’est la compétitivité-coût qui devient la variable essentielle », Flash-Économie, Natixis, n°596, 30 août 2013.

[21] Leigh, D, W Lian, M Poplawski-Ribeiro et V Tsyrennikov (2015), “Exchange rates and trade flows: disconnected?”, Chapitre 3 in World Economic Outlook, IMF, Octobre 2015.

[22] Ahmed, S, M Appendino, and M Ruta, “Depreciations without Exports? Global Value Chains and the Exchange Rate Elasticity of Exports,” World Bank Policy Research Working Paper7390, World Bank, Washington DC, 2015.

[23] Voir Johnson, R C, and G Noguera, “Fragmentation and Trade in Value Added over Four Decades.” NBER Working Paper n°18186, Harvard, NBER, 2012 et Duval, R, K Cheng, K. Hwa Oh, R. Saraf, and D. Seneviratne, “Trade Integration and Business Cycle Synchronization: A Reappraisal with Focus on Asia,” IMF Working Paper n° 14/52, International Monetary Fund, Washington DC, 2014.

[24] Sapir J., « D’une crise l’autre », note publiée sur la carnet RussEurope le samedi 16 janvier 2016, http://russeurope.hypotheses.org/4640

[25] Voir, sur l’impact du chômage sur le nombre des suicides, : Dr Carlos Nordt, PhD, Ingeborg Warnke, PhD, Prof Erich Seifritz, MD PD, Wolfram Kawohl, MD, « Modelling suicide and unemployment: a longitudinal analysis covering 63 countries, 2000–11 », in The Lancet PsichatryVolume 2, No. 3, pp. 239–245, Mars 2015.

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 15-02-2016

65 réponses à L’Euro contre la France, par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Chris Le 19 février 2016 à 17h40

L’euro tout comme l’Union Européenne et l’OTAN sont la création d’une Intelligence étrangère.
Le but était d’affaiblir suffisamment les pays naguère compétiteurs par des règles aux effets auto-immunes au bénéfice d’un seul : le fameux “fédérateur” de De Gaulle.
La partie de poker menteur était pourtant annoncée, mais nous y sommes allés… comme en 14.
Bref, une guerre impitoyable, sans morts apparents, puisque devenus zombies. Nous en sommes au point de financer et d’aller faire les guerres du Maitre en étant contents d’en découdre avec les ennemis désignés !!!

  1. EMERY Le 19 février 2016 à 16h39
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    Merci de cet éclairage très documenté, mais:
    1. en 2003, quand MM Chirac et de Villepin ont refusé de suivre les USA dans leur folie Irakienne, ces derniers auraient mise notre pays à genoux, pour très longtemps, si nous n’étions pas passés à l’Euro, monnaie communautaire, beaucoup plus difficile à attaquer.
    2. Rattraper ses déficits de qualité, et de compétitivité de produits par un ajustement des taux de change me semble une erreur fondamentale; sous prétexte qu’on produit des objets dévalorisés, on corrige par une monnaie dévalorisée… ce principe est intenable dans le long terme, absurde. A la base, la construction Européenne se fondait sur une convergence des économies, par une convergence des pratiques budgétaires, des politiques industrielles, de la gouvernance, .. que des technocrates repus de Bruxelles aient fait voler en éclat cette belle idée par leur incurie, incompétence, gabegie, irrespect des peuples, etc se trouve être un autre problème, indispensable à corriger.


    • Non Croyant Le 19 février 2016 à 19h07
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      Je suis d’accord avec vous, si nous sommes coincés dans un système très mal géré, nous pourrions avec le personnel politique que nous avons, être aussi mal gérés en toute autonomie… avec d’aussi mauvais résultats.


      • Dervan Le 19 février 2016 à 20h30
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        Sauf que regardez ce qui se passe avec. Les britanniques.on est en train de leur faire bien comprendre combien il serait coûteux de quitter même pas la zone euro mais l Union européenne. En gros entrez mais c’ est un sens unique, sortie non fléchée ou à vos risques et périls


    • philbrasov Le 19 février 2016 à 19h22
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      y a aussi un autre probleme dans l’analyse de Sapir..
      Bien sur AUJOURD’HUI il a raison sur le fait de sortir de la zone euro, eu egard aux piètres résultats de l’économie francaise
      On note quand même, dans les graphiques proposes, une hausse certaine de la production industrielle francaise entre les annees 97 et 2008… Soit les annees heureuses de l’Euro, avant la crise des subprimes.
      Le probleme est alors, faut-il une monnaie commune dans les periodes fastes et une monnaie nationale dans les périodes difficiles…
      Je répondrais :
      SEULE LA MONNAIE NATIONALE PEUT EN FONCTION DES ALÉAS MONDIAUX, REGULER L’ECONOMIE DE LA NATION…
      et par delà, le social et le chômage…
      Le carcan que nous impose la zone euro, ne permet pas de réguler notre économie face aux aléas mondiaux…


      • yann Le 19 février 2016 à 19h54
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        Ce que vous ne voyez pas car il n’y a pas le graphique c’est le creusement du déficit commercial concomitant à cette période de l’euro “heureux”. En fait dès la mise en place de l’euro les balances commerciales des différents pays membres ont commencé à diverger préparant la crise de l’endettement extérieure qui suivra. L’euro n’a pas fonctionné parce qu’il ne peut pas fonctionner, c’est comme un vélo avec des roues carrées. Il y a un vice conceptuel. A cela s’ajoute bien sûr les effets de la mondialisation qui elle aussi ne fonctionne pas et produit des disparités commerciales produisant des effondrements de nations entières.

        Les élites des années 70-80 ont voulu démonter l’organisation économique hérité de la guerre. Nous comprenons mieux aujourd’hui à quel point ces organisations, ces frontières et ces monnaies nationales étaient essentielles à la prospérité mondiale.


        • philbrasov Le 19 février 2016 à 20h07
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          ce que vous dites est juste, et ces débats entre nous sont très intéressants… surtout en ce moment…
          Moi je vois qu’une monnaie unique a des chances de réussir si et seulement si des équilibres certains entre pays, sont réels, non seulement en terme économiques, mais aussi en termes culturels, sociaux, et sociétaux….et sans doutes historiques…
          la monnaie unique de la mer du nord a la mediterranee, est une utopie.. a tous les points de vues cités plus haut.


        • Agent Smith Le 19 février 2016 à 21h53
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          Je dirais plutôt que “l’extension et l’intégration communautaires” ont été trop rapides. Et parfois avec l’obsession paranoïaque de soustraire de l’influence à l’URSS / Russie. D’un coté une “fédéralisation effective” rapide, de l’autre une extension galopante nuisant à la dynamique fédérative / mutualiste en y introduisant trop de disparité. L’Europe et l’euro sont certainement nécessaires face aux dynamiques en cours dans le monde et ce n’est pas le projet mais plutôt ses modalités qui me semblent parfois douteuses. Aujourd’hui, sans l’euro, le franc, notre dette et ses taux seraient probablement sujets à n’importe quelle humeur spéculative sans que nous ayons les moyens d’y faire concrètement face. Et il faut être réaliste, nous n’avons ou produisons rien que les autres ne peuvent trouver ailleurs.


          • yann Le 19 février 2016 à 23h14
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            Si nous avions notre propre monnaie pourquoi irions-nous donc nous endetter à l’étranger? Vous récitez le catéchisme libéral qui ne se pose pas de question sur la réalité économique actuelle. Si nous équilibrons nos comptes extérieurs, il n’y a aucune raison pour que notre monnaie soit fragile comme vous dites. Et d’ailleurs une monnaie fragile, cela ne veut rien dire. Une monnaie doit avoir le taux de change qui permet au pays de vivre à l’équilibre. Une monnaie surévaluée n’est pas meilleure qu’une monnaie sous-évaluée. Et si nous importons trop de choses, il faut réguler par des taxes et des quotas comme on l’a toujours fait avant que les lobbies libre-échangistes ne fassent croire qu’il s’agissait d’une mauvaise chose. La question de la monnaie est indubitablement liée à celle du commerce et du libre-échange. Il faut se questionner sur ce que nous a couté la fameuse mondialisation. Si l’on fait les comptes, la plupart des Français y ont perdu beaucoup plus qu’ils n’y ont gagné. Mais c’est la minorité gagnante qui impose ses dogmes à travers les thèses libérales bien inculquées à la population.


            • EMERY Le 20 février 2016 à 10h52
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              les entreprises qui créent la richesse en Europe sont celles qui ont su construire des structures opérant a l’échelle de l’union, que ce soit Pernod Ricard ou Airbus. beaucoup de celles qui sont restées dans leur “terreau” national crèvent à petit feu ou se font racheter à vil prix. une monnaie commune était une condition indispensable à cette convergence industrielle. Nous devons mettre en cause la superstructure politique incompétente, parasite de Bruxelles, qui pretend piloter l’ensemble, et encadrer les banques qui se croient dans un super casino.


            • Agent Smith Le 20 février 2016 à 19h43
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              Yann, ah… parce que les pays qui ont une monnaie nationale n’ont pas dette (public ou privée) détenue par l’étranger ?
              “si nous avions” “si nous” “si nous”… vous ne parlez qu’au conditionnel. Nous sommes incapables d’équilibrer notre balance commerciale, incapable d’équilibrer nos comptes courants, nos budgets etc… c’est ça la réalité et, je suis navré, le catéchisme c’est votre conditionnel.
              Comment affirmer qu’aujourd’hui nous maitriserions notre monnaie alors que des pays comme la Chine, la Russie (et bien d’autres) eux même subissent les marchés ? Par qu’on est français, le franc serait immunisé !? Regardez l’état du rouble, vous croyez que les russes ont choisi de faire dévisser leur monnaie !? Inversement avec les mouvements “fly to quality” qui renforcent le dollar en période de crise (renforcement subit).
              Et donc une balance commerciale excédentaire garantirait le statut et la stabilité d’une monnaie ???
              Pour la question des barrières douanières : si vous en imposez à vos partenaires il n’y a aucune raison pour qu’il ne vous en impose pas.
              Pour la mondialisation, oui, il y a d’autres pays autour de la France et eux aussi veulent se développer et s’enrichir, c’est pas un dogme mais la réalité. Enfin, dans quelle mesure la mondialisation est elle en rapport avec la question de la répartition des richesses internes de la France ?


    • Agent Smith Le 19 février 2016 à 20h48
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      Tout à fait , ce que serait le franc aujourd’hui, personne ne le sait, mais ce serait très probablement une monnaie fragile. Pour la question des ajustements par le change, ce texte illustre parfaitement soit “l’imposture” soit la naïveté de ses promoteurs, ceux-ci, ne citant jamais les conditions nécessaires à sa réussite éventuelle (rétablissement de la balance commerciale et une réallocation des revenus).C’est possible si l’économie en question est déjà tournée vers un marché d’export, avec un outil industriel et une très forte capacité à réallouer les ressources. Donc pas de rigidité structurelle (pas d’administratif, de norme, de droit du travail etc…) et le consentement de la population à “s’auto appauvrir” pour un temps donné. Hors la France est désormais une économie domestique à l’outil industriel anecdotique, fortement endettée, avec une balance commerciale fortement déficitaire, un budget déficitaire, un appareil public au cout faramineux, un système socio-économique très rigide. Sans parler des réactions de nos partenaires économiques et des créanciers… Faut pas rêver.
      Il est légitime de regretter une perte de souveraineté due à l’euro car c’est le cas, mais c’est une de ses propriétés : il a aussi été fait pour ça (fédéralisme / solidarité de fait). Mais parler ajustement éco via taux de change pour la France relève de la science fiction. Il y a de meilleures critiques à adresser à l’Europe.


      • raloul Le 20 février 2016 à 05h31
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        Bonjour!

        Vous parlez d’ “imposture”, mais n’allez-vous pas vous-même un peu vite en besogne dans votre énumération des tares supposées de la France?

        Il existe encore une industrie en France, certes malmenée, mais pas complètement morte, il ne faudrait pas exagérer. Ensuite, il y a d’autres mesures possibles pour rétablir le tissu industriel français, comme des mesures protectionnistes (ouh le vilain mot…)
        – que pratiquent avec succès de nombreux pays sur ce globe, mais je sais que ce sera bientôt interdit de le mentionner…- .
        Et vous écrivez “PAS d’administratif, PAS de normes, etc…” vous rendez-vous compte de ce que signifie un pays SANS AUCUNE administration, sans normes?; avez-vous déjà voyagé dans un tel pays (en Somalie par exemple)?
        Et oui, votre pays est endetté, c’est vrai, il y a un gros problème de gouvernance avec des élus qui votent des budgets déficitaires.
        Enfin, la “solidarité de fait” dont vous parlez est une chimère (pour rester poli), merci le cas grec…


        • Agent Smith Le 20 février 2016 à 19h48
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          Bonsoir ! Il ne s’agit pas nécessairement de “tares” (pour qu’il y ait des pays exportateurs, il faut des importateurs), je dis juste que la structure économique et sociale de la France contemporaine n’est pas compatible avec la réussite d’un programme d’ajustement économique basé sur le jeu des taux de change (dévaluation). La part de l’industrie dans le PIB français est de 12%, un des ratios les plus bas du monde. Les investissements étrangers en France ont chuté de 80% en 2014. Une dette équivalente à 98% du PIB en 2015 avec une tendance négative. 60 milliards de déficit commercial (merci au pétrole pas cher).
          Je ne dis pas qu’il ne faut pas réglementation, je dis que les nôtres ne sont pas favorables à la politique citée dans la mesure ou celle ci exige une capacité de réallocation des ressources nécessitant le moins de rigidité structurelle possible, ce qui n’est pas notre cas.
          Pour la Grèce, n’oubliez pas qu’elle perçoit depuis 1981 environ 4/5 milliards d’euros de fonds structurels UE (soit 150 milliards pour un PIB de 250 milliards, c’est comme si la France avait perçu 1300 Milliards en 35 ans !!!). Et je ne compte pas les plans d’aide, l’effacement d’une grosse partie de la dette ou le remboursement des intérêts sur dette (entre 100 et 150 milliards je dirai), et qui a payé ? Les contribuables européens. Pouvez vous me citer un seul pays qui ait bénéficié d’une telle solidarité ?


    • TLG Le 21 février 2016 à 09h54
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      En 1958, la France était dans un état tout aussi lamentable : engluée dans des guerres (coloniales), ruinée financièrement (le ministre des finances de l’époque allait régulièrement quémander des valises de Dollars aux US pour boucler les fins de mois), à bout de souffle politiquement (4ème République), au bord de la guerre civile (Comité de salut public d’Alger). Puis De Gaulle est revenu et a gouverné par ordonnance en pendant 9 mois durant lesquels les décisions nécessaires ont été prises afin de corriger toutes les graves erreurs de gouvernance de la période 1946-1957. En 1968, tout a été fichu par terre (chienlit, il est interdit d’interdire, sous les pavés : la plage!). Résultat : en 2016, revoici la France dans un état lamentable : engluée dans des guerres sous l’égide de l’OTAN, ruinée financièrement (Euro, dette abyssale), à bout de souffle politiquement (5ème république), au bord de la guerre civile (inégalités, chômage massif, communautarisme, tocades idéologiques).


    • sissa Le 23 février 2016 à 20h24
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      Comme d’habitude, lorsqu’une erreur devient flagrante, il se trouve toujours des gens pour dire que c’était une formidable idée mais qu’elle a été mal appliquée….


  2. amelie Le 19 février 2016 à 16h48
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    Le meilleur argument c’est de regarder ceux qui défendent le plus l’euro… des gens de confiance bien sûr.

    Pourquoi ne pas défendre l’expérience avec un pays ? Comme la grèce qui ne pèse plus lourd avec son économie au tapis et pour laquelle on pourra faire un geste humanitaire si jamais la sortie provoque la catastrophe annoncée. En plus la crainte de l’inflation massive du prix du pétrole et largement compensée par la chute des prix de l’énergie. La situation est idéale pour faire l’expérience.

    Le Grexit est l’occasion de faire l’expérience d’une refonte complète d’une économie sur des bases saines et peut ouvrir la voix a une europe fédérale mieux construite en s’associant avec le portugal et l’italie.


    • André83 Le 19 février 2016 à 17h00
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      Le fédéralisme…? Mouais…
      2 à 300 milliards d’euros de transfer sur 4 ou 5 ans… Les Allemands vont être ravis !
      J’ai une meilleure solution :
      -on quitte le Titanic et les autres se démerdent …!


    • Jusdorange Le 19 février 2016 à 20h40
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      Pourquoi ouvrir la voie à une Europe fédérale mieux construite ? Pourquoi pas des nations pleinement souveraines qui signeraient éventuellement des traités bilatéraux avec n’importe quelle nation du monde ?

      Pourquoi faut-il absolument faire la construction européenne ?

      Fondamentalement : c’est quoi le gain ? Même en imaginant que cette construction soit parfaite. On y gagne quoi qu’on ne pourrait avoir avec des nations indépendantes ?


      • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 18h33
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        L’euro est un choix politique réactionnaire et machiavélique contre les acquis sociaux.
        C’est Mundell lui même qui l’explique:

        ” L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé. Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaires et budgétaires keynésiennes, par les vilains petits élus, pour sortir une nation de la récession.”

        ” Les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que de dérèglement le droit du travail, privatiser les entreprises d’ Etat en masse, réduire les impôts et envoyer les Etats- providence en Europe aux égouts”.

        Tiens, ça ressemble aux projets en cours, quelle coïncidence !
        http://lalettrevolee.net/article-les-ravages-sociaux-de-l-euro-une-strategie-deliberee-109713727.html


      • Amelie Le 20 février 2016 à 23h12
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        Tout simplement pour avoir un poids, une histoire, une crédibilité dans un monde impitoyable de compétitions d’intérêt. Ça ne veux pas dire une construction qui réduit la souveraineté comme c’est le cas actuellement.


        • Jusdorange Le 21 février 2016 à 00h25
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          A Amélie,
          Bah en fait si.

          Au sein d’un empire, quand bien même il serait européen, la France s’efface. À moins d’en être le suzerain, ce qui ne serait pas le cas sur le continent européen pour l’instant tant les intérêts américains sont présents et ont des relais puissants : GB, Allemagne, Pologne, pays baltes, Portugal, Pays-Bas. Ça fait du monde tout de même et j’en oublie sans doute. On la fait avec qui cette Europe ?

          Les ensembles multinationaux ont des vassaux et des suzerains, pas des égaux. Si on est suzerain, alors oui on prends du poids, mais sur le dos des autres. Et si on ne l’est pas, alors on s’efface. On peut obtenir le titre de grand vassal, ce dont la GB et l’Allemagne semble se contenter. Je ne m’en contente pas pour la France, et je ne pense pas qu’on puisse l’obtenir ( on est des latins, pas des saxons ).

          Si vous avez un plan pour que la France domine l’Europe on vous écoute. Sinon, tout projet européen est un projet de vassalisation de mon pays. C’est non.


  3. Thoraise Le 19 février 2016 à 16h51
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    Quelle charge implacable!
    Bravo Jacques: j’attends avec intérêt scientifique et surtout anecdotique la réaction de la secte boccaresque de la section économique du P”C”F.
    Bernard Gilleron (alias Thoraise dans les blogs)


  4. Chris Le 19 février 2016 à 17h40
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    L’euro tout comme l’Union Européenne et l’OTAN sont la création d’une Intelligence étrangère.
    Le but était d’affaiblir suffisamment les pays naguère compétiteurs par des règles aux effets auto-immunes au bénéfice d’un seul : le fameux “fédérateur” de De Gaulle.
    La partie de poker menteur était pourtant annoncée, mais nous y sommes allés… comme en 14.
    Bref, une guerre impitoyable, sans morts apparents, puisque devenus zombies. Nous en sommes au point de financer et d’aller faire les guerres du Maitre en étant contents d’en découdre avec les ennemis désignés !!!


    • Dervan Le 19 février 2016 à 20h48
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      Bof non ,je crois que l’euro partait d’ une bonne idée attisée par le théorème de mundell sur les zmo mais au final comme toute idée qui devient. Aveugle a la réalité ,elle aboutit à une idéologie d autant plus féroce que certains ont des places à garder et Que peu se soucient des effets réels par manque de sens démocratique et de sens critique. bref on est gouverné par des tanches qui.nous prennent pour des ânes et il est vrai que dans l .ensemble les ânes pour l heure se conduisent comme de vraies tanches


  5. sergeat Le 19 février 2016 à 18h34
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    L’autologophage ancien maire de Tulle professeur d’économie à science-po et repenteur mondial devrait abandonner les théories de Milton Friedman et notre récent prix Nobel d’économie pour au moins regarder les propositions d’un Sapir ou Gaël Giraud.
    Les seuls points qui ont été positifs de l’Euro sont
    1) intérêt de notre dette abaissé (mais il aurait fallu arrêter l’augmentation de cette dette et commencer à la remboursée)
    2)Comme l’explique Emery nous aurions été attaqué par les US en 2003 sans l’euro,bien que Sapir démontre qu’en 1999 la Russie s’en est sortie (mais n’oublions pas qu’elle a beaucoup de matières premières).
    A cette dystopie(utopie qui va au cauchemar) droite/gauche il n’y a que le peuple qui la subit, les milliardaires vivent cette utopie et les valets(journalistes,économistes du système,politiques,artistes ….et leurs enfants…et maîtresses..)en reçoivent des grosses miettes.


  6. philbrasov Le 19 février 2016 à 18h49
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    clap clap clap.. brillantissime etc etc…
    SAUF QUE :
    Faudra que Jacques Sapir ( que j’admire au demeurent..) explique en 2 mn face aux cameras de TF1 ,( en gros le temps de parole dédie a l’économie dans une émission de GRANDE ECOUTE..) en quoi l’EURO est néfaste….
    Ça fait 20 ans que l’on nous raconte des mensonges ( dixit Sapir … et nous autres partisans de la monnaie nationale)
    Ces mensonges ont eu pour slogans
    les positifs : avec l’euro vous allez être plus riches, plus beaux , plus forts…. etc etc….
    les négatifs : sans l’euro, votre essence coûtera plus chère, votre épargne sera laminée et votre retraite oublié…
    OU est le slogan qui fait mouche et dit en 2 mn … face aux europeistes du 20h.
    Tant que certains parties importants en terme de VOIX (voyez mon regard) n’en faisaient pas un cheval de bataille, cela ne gênait aucunement, le peuple français…
    Ah que c’est bon d’aller en Espagne et de ne plus échanger mon franc contre une pesetas…
    Vous imaginez je traverse l’Europe sans changer ma monnaie?
    et au moins je sais combien ça coûte… Mon franc c;est mon euro désormais…
    Alors j’attends ce slogan qui me fera définitivement changer d;avis sur l’Euro, afin que je l’explique a ma vieille mère.. et a mon enfant nourrie au lait d’erasmus.


    • Spectre Le 19 février 2016 à 19h18
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      1) Jacques Sapir ne passera jamais au 20h de TF1 ; au mieux, les hétérodoxes ont droit aux petites émissions en seconde partie de soirée…

      2) Les raisonnements non alignés sur la pensée dominante prennent précisément un peu plus de temps à exposer, puisqu’ils doivent déconstruire toutes les fausses évidences de l’orthodoxie. Après, s’il faut des slogans “choc” pour du prêt-à-penser, il n’y a qu’à inverser les termes : “l’euro c’est le chômage,” etc. Pas bien compliqué en soi.

      3) Mais le but, à la base, ce serait justement d’élever le niveau du débat public, prisonnier des automatismes pavloviens (euro = paix = Bien) et du terrorisme intellectuel (“mais pourquoi voulez-vous la guerre ?” “le FN dit la même chose donc vous êtes un méchant rouge-brun” …). C’est probablement un vœu pieux à l’heure de la politique-spectacle et des esprits BFMisés, mais bon !


    • Jusdorange Le 19 février 2016 à 21h05
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      Défi relevé !

      1) L’Euro c’est comme le foot, à la fin c’est l’Allemagne qui gagne (et les Américains font semblant de pas s’en mêler).

      2) C’est les Allemands qui décident pour les Français ?

      3) Il est où le plein-emploi ? Elle est où la croissance ?

      4) Si on ne dévalue pas la monnaie, on dévalue le peuple.

      5) L’Euro c’est une tartine de merde que tu bouffes parce qu’on t’a dit que c’était du chocolat.

      À chaque slogan son auditoire. Le 1) c’est pour le sourire (la parenthèse est optionnelle) ; le 2) c’est pour les patriotes ; le 3) c’est pour tous ; le 4) c’est pour tous, plus particulièrement pour les socialistes communistes etc… ; le 5) c’est pour les gosses, ce qu’on est tous.

      Mon préféré est le 4) . Il n’a pas de force persuasive si il reste isolé. Il est une entrée en matière efficace car le rythme est bon, et le sens mystérieux, entraînant nécessairement la question : “qu’entends – tu par là ?”. Et là tu fonces.


  7. Quintus Le 19 février 2016 à 19h19
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    L’euro en tant que monnaie commune est une bonne chose, l’euro en tant que monnaie unique est néfaste du fait de son fonctionnement hors de tout contrôle démocratique.

    L’émergence de monnaies complémentaires à l’euro est indispensable, d’autant plus qu’aucune monnaie n’est désormais garantie par une contrepartie matérielle. Chacune de ces monnaies peut être émise selon ses propres règles d’émission, d’évaluation et de change.

    Internet facilite grandement la tâche de création et d’administration d’une nouvelle monnaie.

    Il est aussi illusoire de chercher à sortir de l’euro que de chercher à conserver l’euro comme unique monnaie d’échange à l’intérieur de la zone euro.


    • caliban Le 19 février 2016 à 19h53
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      @Quintus

      Actuellement l’Euro est une monnaie commune et non pas une monnaie unique. La Banque de France existe encore … on ne sait pour combien de temps (un projet de fusion avec la Banque d’Allemagne est dans les cartons). “Monnaie unique” est dans ces circonstances un abus de langage, dont les institutions de l’UE sont coutumières (le plus évident est la confusion Europe et UE).

      Ce qui signifie que la sortie de l’Euro est encore réversible relativement rapidement.


      • SanKuKai Le 22 février 2016 à 14h26
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        Je ne veux pas m’avancer mais je pense que Quintus fait reference à la notion de monnaie commune défendue apr F. Lordon.
        cf. article de proposition de Mai 2013: http://blog.mondediplo.net/2013-05-25-Pour-une-monnaie-commune-sans-l-Allemagne-ou-avec

        Car aujourd’hui, même s’il y a toujours une Banque de France, les Euros Français ne diffèrent pas des Euros Allemands ou Grecs (mis à part le petit dessin sur les pieces et billets). Il n’y a aucun ajustement de change interne à la zone Euro.
        En gros, les Allemands et leurs exportations syphonnent les Euros des pays importateurs de l’UE.

        Dans la solution défendue par F.Lordon (et J. Sapir), les euros nationaux conservent une parité fixe par rapport à l’Euro utilisé à l’international, mais cette parité est (politiquement) adjustable car ces euros nationaux ne seraient convertibles qu’à la BCE qui fonctionnerait un peu comme un bureau de change [Lire l’article à partir du chapitre “Entre monnaie unique et SME rénové: le meilleur des deux mondes”].


  8. Julian Le 19 février 2016 à 19h21
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    Le hommes politiques qui ont “venu” le Traité de Maastricht, et donc l’Euro, (Mitterrand, Delors, Chirac, Giscard, Juppé, Balladur, Melenchon, Bayrou etc) ont commis une faute morale et politique de première importance .

    La question n’est pas de mettre en question la légitimité de l’offre européiste et fédéraliste.

    Mais lors de la campagne référendaire, a été commise une faute lourde. Celle de n’avoir pas, clairement, averti les français que l’adoption du Traité, et le passage ultérieur à la monnaie unique, constituaient un…total changement de régime.

    Combien de nos concitoyens, sincères, manipulés par des dirigeants politiques sans scrupules, (un certain Juppé sévit encore !) ont, en toute bonne foi cru…faire avancer l’idéal européen en votant oui au référendum de septembre 1992, sans pour autant imaginer le moins du monde attenter à l’intégrité de leurs institutions !

    Et ce changement de régime s’est joué à 1%.

    Nous n’avons pas fini de payer les conséquences de la crapulerie commise alors par notre caste dirigeante presque unanime. Jacques Sapir le démontre à longueur d’analyses…


  9. Asheloup Le 19 février 2016 à 20h23
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    Je pardonnais beaucoup de choses à Jacques Sapir, mais son récent soutient à Mélenchon quand celui-ci a trahi intégralement toute la gauche pour faire bande à part, ça m’est resté en travers de la gorge…

    Quelle conception de la démocratie ont-ils ? Une conception ou les chefs de parti sont tellement imbus de leur personne qu’ils peuvent se permettre de “déclarer leur candidature” sans qu’elle ne soit soutenue par personne, et surtout pas par les militants.

    J’espère sincèrement que Mélenchon fera un score minable lors des prochaines élections, cela montrera que la gauche radicale est un tant soit peu éveillée et qu’elle n’est pas encore prête à avaler toutes les couleuvres qu’on lui présente.


    • aleksandar Le 19 février 2016 à 20h54
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      L’election presidentielle c’est la rencontre d’un homme avec le peuple.
      Vouloir que ce soit les partis politiques, les soutiens, les politichiens etc qui decident de la candidature d’untel ou d’untel c’est remettre aux partis politiques les clés du pouvoir.
      Et vous vouliez qui comme candidat de gauche ? Pierre Laurent ?


      • Asheloup Le 19 février 2016 à 21h09
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        C’est précisément pour ce genre de raisonnements que les clés du pouvoir reviennent toujours aux mêmes trognes. Le PS fait des semblants de primaires, et à côté de ça ce sont toujours les cadres du parti qui prennent toutes les décisions au mépris des militants…

        Qui je veux comme candidat ? Aucun. Je vote pour un projet politique, et non pour un candidat. Un projet politique qui a été fait par des citoyens dans un principe démocratique, et non par un Être suprÊme revendiquant le savoir supérieur de la philosophie des lumières. Si aucun des candidats à la présidentielle n’est prêt à porter un projet qui a été soumis à la délibération collective, alors ils pourront aller se brosser tous autant qu’ils sont, puisque ce seront mes adversaires politiques.

        Mélenchon s’inscrit tellement dans l’ADN de la Ve République que ça me parait aberrant qu’il ait un jour pu proposer le passage à une VIe République elle même soumise à l’assemblée constituante…

        Et ça montre à quel point son projet de “mouvement pour la 6e république” était bidon…


    • Jusdorange Le 19 février 2016 à 21h28
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      À Asheloup,

      Ce ne sont pas les partis qui décident qui doit se présenter. Si Mélenchon fait un score minable, ce ne sera certainement pas parce que les Français ont décidé de prendre la défense des partis qu’ils abhorrent , y compris ceux de la “gauche radicale”.

      Par ailleurs, le Front de Gauche sans Mélenchon c’est à peu près rien médiatiquement et électoralement parlant. Et c’est déjà peu avec.

      Je ne suis pas dans la tête de Mélenchon, mais peut-être a-t-il enfin compris que les gauchistes culturels et postmodernes dont il s’entoure, sont plus des boulets qu’autre chose. Leur temps a passé. Ils ne sont rien sans lui, il peut tout devenir sans eux.

      Par ailleurs, la question c’est son programme. Il propose la sortie de l’UE ? Non ? Toujours pas ? Qu’on me réveille quand ça arrivera.


      • Jusdorange Le 20 février 2016 à 01h22
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        Je viens de regarder le site de jlm2017.

        Dans “projet” il élabore 7 points. Le quatrième est intéressant en ce qui concerne le sujet de l’article et semble réfuter mon commentaire précédent. Il y est écrit : “C’est pourquoi nous devons sortir des traités européens”. La phrase semble claire, et pourtant. Le fait qu’il ne dise pas clairement sortir de l’UE , mais seulement ” sortir des traités” n’est peut-être pas un détail. Mon intuition, et l’expérience récente, m’invite à penser que l’homme veut syrizer le peuple français. Mais peut-être suis-je parano. Je laisse donc cette pensée de côté. La phrase cité est un lien hypertexte. Je clique dessus.

        On tombe sur une page où l’internaute est invité à partager son avis afin d’aider à la constitution du programme. En bas de la page se trouvent les propositions déjà émises par des internautes. Bref, pour l’instant on n’a rien. Alors qu’un autre parti est plus clair sur la question, et ce depuis longtemps.


        • Jusdorange Le 20 février 2016 à 20h05
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          À Fifi,

          Le blog de Descartes a fait un article sur ce sujet. Il expose admirablement le problème posé par la méthode de participation internet à la constitution du programme. Il écrit : “Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est un véritable projet, c’est-à-dire, une vision de futur accompagnée des moyens pour la construire. Cela nécessite une cohérence ab initio, une véritable idéologie, que la simple compilation de propositions disparates ne peut apporter.”

          Je ne vois pas très bien ce que le terme idéologie vient faire ici, quand celui de cohérence me semble suffire. Mais la nécessité d’une cohérence initiale est le point le plus pertinent.

          Il faut construire l’opinion, et Mélenchon la subit ici. C’est sa base qui le pousse dans ces positions, qui restent ambiguës en plus de cela.


      • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 18h41
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        Ben si, le projet de Mélenchon est en ligne.
        http://www.jlm2017.fr/le_projet
        Et on peut lire qu’il faut sortir de Traités européens.
        Mais il ne dit pas comment on en sort?
        Quant à l’euro, je n’ai rien lu sur la question.


  10. DvD Le 19 février 2016 à 20h28
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    Depuis 1974, les dirigeants successifs de tous bords ont poursuivi six priorités mutuellement incompatibles :

    1) Augmenter les salaires, et en particulier les bas salaires correspondant à des emplois peu qualifiés, plus vite que la productivité du travail.

    2) Diminuer la durée du travail en baissant à la fois l’âge légal de la retraite et la durée hebdomadaire du travail, renchérissant ainsi encore davantage le coût du travail.

    3) Étendre le champ et les effectifs du secteur public, poussant ainsi les dépenses publiques et donc la fiscalité à des niveaux parmi les plus élevés du monde relativement au PIB.

    4) Engager le pays dans une monnaie unique avec d’autres pays européens, se privant ainsi d’un possible ajustement par le taux de change sans s’assurer de la convergence des politiques économiques et, en l’occurrence, en divergeant totalement de l’autre pilier de l’Euro – l’Allemagne – qui a suivi la politique exactement inverse de la France en allongeant la durée et en réduisant le coût du travail pour soigner sa compétitivité mondiale.


  11. DvD Le 19 février 2016 à 20h29
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    5) Engager le pays dans le libre-échange mondial, y compris avec des pays ayant des salaires 10 fois moins élevés, des charges salariales 2 fois moins élevées, des durées du travail 40% plus élevées, une fiscalité 50% moins élevée, sans s’assurer que les parités de change seraient bien fixées à des niveaux équilibrant les balances commerciales et donc les balances en emplois.

    6) Créer des emplois en France.

    Il est immédiatement visible que 1-2-3 sont incompatibles avec 4-5 et que cette incompatibilité ne peut se traduire que par la destruction d’emplois et l’envolée du chômage, c’est à dire l’échec de 6. Dans les faits, les dirigeants français ont choisi le chômage. On peut dire qu’ils ont réussi.


  12. natoistan Le 19 février 2016 à 23h36
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    Et les collabos contre la France

    Malika Sorel-Sutter: «Il faut traquer les Français de souche»

    http://lesobservateurs.ch/2013/12/13/malika-sorel-sutter-il-faut-traquer-les-francais-de-souche/


    • Philou Le 20 février 2016 à 09h28
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      Attention, dans votre titre, recopie du (mauvais) titre de l’article dont vous donnez le lien, on a l’impression que Malika Sorel-Sutter est pour cette traque, alors que c’est justement le contraire….


  13. natoistan Le 19 février 2016 à 23h50
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    Hollande en plein délire(dans tous les domaines)déclare de facto la guerre à la Russie en encourageant une invasion de la Turquie.Ces gens sont devenus fous.

    Syrie: Paris rejette la résolution russe

    La France a rejeté vendredi un projet de résolution russe sur la Syrie et a tenu Moscou pour responsable d’une “dangereuse escalade”, juste avant des consultations au Conseil de sécurité des Nations unies.

    A un journaliste qui lui demandait si le projet russe –qui dénonce les activités militaires de la Turquie– pouvait être adopté, l’ambassadeur français à l’ONU François Delattre a répondu: “en clair, non”.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/02/19/97001-20160219FILWWW00426-syrie-paris-rejette-la-resolution-russe.php

    Peut on destituer un président en France en cas de mise en danger grave de la population par des actions irresponsables?


  14. natoistan Le 19 février 2016 à 23h54
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    Comme la presse mainstream francophone ne risque pas d’en parler,je vous signale à tout hasard qu’on parle sérieusement d’armes nucléaires tactiques et de bonne source.

    http://russia-insider.com/en/politics/did-russia-just-threaten-turkey-nuclear-weapons/ri12936


  15. Macarel Le 20 février 2016 à 10h28
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    Sortir ou pas sortir de l’euro ?

    De toute façon ils feront ce que leur demanderont leurs maîtres américains.

    Toute l’intelligentsia de ce pays est composée d’anciens “american young leaders”.

    http://www.franceinter.fr/emission-lenquete-loncle-sam-un-ami-tres-influent


    • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 18h47
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      D’autant qu’il n’y a pas de clause de sortie à l’euro.
      C’est grâce au prophète Attali, qui a oeuvré à la rédaction du Traité de Maastricht pour qu’on puisse y entrer, mais pas en sortir. Un grand démocrate sans doute…


      • 1Direct Le 20 février 2016 à 19h54
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        Oui, il n’y a de sortie prèvu.
        En fait il n’est pas précisé comment sortir de l’Euro et de l’U.E.
        Ce qui n’est pas pareil car cela ne signifie pas qu’il est interdit de sortir.

        Tout ce qui n’est pas interdit, par définition, est autorisé.

        Reste à savoir comment, dans quelles conditions et sous quelles menaces?


        • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 21h47
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          Si, la sortie légale de l’ UE est prévue, celle de l’ OTAN aussi, mais pas celle de l’ euro.
          Ce qui est illégal, tous les traités internationaux doivent comporter une clause de sortie. Le Traité de Lisbonne a une clause de sortie, mais pas celui de Maastricht.


  16. Macarel Le 20 février 2016 à 11h19
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    La construction européenne a constitué une énorme erreur stratégique parce qu’elle cumule impuissance, inefficacité et irresponsabilité. Cet ensemble de plus en plus instable et aventuré est-il réformable ? En aucune façon. Seul un électrochoc électoral contraindra une classe politique aveuglée à retourner au réel.
    Voilà pour le constat.
    Ou en sommes-nous maintenant ? L’Allemagne décide, de plus en plus mal, de presque tout, les autres Etats -pour la plupart dirigés par des incompétents sans vraie légitimité populaire- suivent en rechignant mais les peuples ne veulent plus de l’Europe supranationale, ni de l’actuelle ni d’une autre. Ce qu’ils veulent c’est une démocratie participative décentralisée à l’échelle des nations.
    La montée des partis anti-européens est irrésistible au fur et à mesure de la submersion migratoire de l’Europe.

    L’article complet sur :

    http://www.forum-monetaire.com/


  17. BA Le 20 février 2016 à 15h07
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    Il ne faut pas confondre une construction démocratique et une construction anti-démocratique.

    Le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne se tiendra le jeudi 23 juin 2016, a annoncé samedi le Premier ministre David Cameron à l’issue d’un conseil des ministres, le qualifiant de « l’une des plus grandes décisions d’une génération. »

    Et en France ?

    Nous allons avoir un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne ?

    Ou alors, en France, il n’y aura plus jamais de référendum sur la construction européenne ?

    Et aux Pays-Bas ?

    Ils vont avoir un référendum sur l’appartenance des Pays-Bas à l’Union Européenne ?

    Ou alors, aux Pays-Bas, il n’y aura plus jamais de référendum sur la construction européenne ?

    Le suspens est insoutenable.

    Si la construction européenne était démocratique, il y aurait 28 référendums, dans les 28 pays membres de l’Union européenne, le jeudi 23 juin 2016.


  18. 1Direct Le 20 février 2016 à 16h54
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    A lire cet article de André-Jacques Holbecq http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/a-propos-de-l-euro-176751 qui fait le point et conforte cet article.


  19. 1Direct Le 20 février 2016 à 17h12
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    IMPORTANT!
    Suite à la pièce “Le BREXIT !” que l’on nous a jouée hier, M. Hollande a annoncé clairement qu’il désire et ira vers l’accélération de la “réalisation d’une fédération” d’un cercle restreint de “pays qui veulent aller plus vite”.
    AIE !!

    Quels pays, qui et comment sera gouverner cette Fédération?
    (Silence!. Dans ce cas nous n’avons pas besoin de Député et de Sénateur. Que d’économies!
    Les députés européens suffisent … à faire un semblant de démocratie
    )

    Quid de l’avis des peuples? Lui, comme ses congénères, s’en foutent.
    Cette vue et le sujet de l’U.E. fera t’il parti du débat des primaires ou surtout des élections présidentielles?
    (Non mais ça va pas la tête !!)

    Surtout qu’en parler ne changera rien puisque tous les postulants, tant au niveau des primaires que des élections proprement dites SONT D’ACCORD
    (Donc pourquoi en parler)

    Quel politicard dira haut et fort que la France n’est plus gouvernée par nos élus de tous niveaux mais par l’Europe et son chef, l’Allemagne !
    Donc j’en reviens à ce que je disais. Pourquoi avoir et payer un parlement?


    • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 19h02
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      Plus de fédéralisme, cela signifie encore moins de droits souverains pour les Etats, s’il en reste encore ? Le projet qui mijote, c’est d’enlever, comme le signale Jacques Sapir, aux Etats, le droit de lever les impôts et de répartir le budget.

      Depuis l’antiquité, c’est ce le budget qui caractérise et fonde la notion d’ Etat.

      – Fondation Schumann: “Pour un fédéralisme budgétaire”.
      http://www.robert-schuman.eu/fr/questions-d-europe/0178-pour-un-federalisme-budgetaire-dans-la-zone-euro

      La novlangue fait fureur: “plus d’intégration européenne”, traduction: “plus de désintégration des Etats Nations”. Il suffit de voir l’état de la Grèce sous tutelle de la Troïka, pour comprendre l’avenir radieux qui nous attend….


      • 1Direct Le 20 février 2016 à 19h46
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        Ça nous l’avions compris.
        Les politicards ne se rendent même pas compte, qu’à terme, ce peut être leurs postes qui va sauter puisqu’ils seront inutiles. Sauf celui des euro-députés … pour la façade.
        Il suffirait des euro-députés (faudrait-il encore qu’ils servent à quelque chose. Au moins que pour un semblant de démocratie) et d’un “préfet” de la région France. Un exécutant, sans pouvoir.

        Ah j’oubliais. Les élections d’un Super Président de la Fédération Europe élu soit par le suffrage direct de tout les ex-pays soit par suffrage indirect. C’est à dire les euro-députés élus. Un retour à la 4eme République version Europe.

        Bon j’exagère car nous pouvons leurs faire confiance pour créer/conserver un job fut-il fictif.
        Ben oui … Ils ne sont pas (que) con. Surtout lorsque c’est pour se servir.

        Évidemment tout ce que je viens d’écrire n’est que pure fiction. C’est impossible dans la vie réelle. 🙂


        • FifiBrind_acier Le 20 février 2016 à 21h51
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          Ne vous faites pas de soucis pour eux, Goldman Sachs leur trouvera bien un point de chute, en remerciements pour leurs bons et loyaux services…
          “http://www.dailymotion.com/video/xv622i_le-complot-de-goldman-sachs_fun


  20. Krystyna Hawrot Le 20 février 2016 à 21h39
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    Sortir des traités européens: chaise vide à la Commission Européenne et au conseil européen, députés européens rappelés en France , contrôle aux frontières, donc plus de Shengen, non versement de budget dans le budget européen, suspension de participation à tout autre centre de décisions… remise de taxes douanières s’il le faut… l’Union Européenne est juste un traité bilatérale, l’Union Européenne n’a aucune existence selon le droit internationale, elle n’est pas un sujet de droit international… Renégociation de traité bilatéraux avec chaque pays, dont les plus forts comme l’Allemagne. réintroduction d’une monnaie nationales, qui pourrait être électronique au début.
    Les menaces… tentative de coup d’état par les forces “gladio” contre le nouveau président de la République Française… on a intérêt à avoir des services secrets et une armée en alerte et compétents!


    • 1Direct Le 22 février 2016 à 16h55
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      Je pense qu’il faut agir d’abord par surprise et ensuite, éventuellement, suivant les objectifs désirés, négocier .
      Là il y a un rapport de force en faveur du pays sortant ou voulant négocier.
      Surtout avec le poids économique de la France … enfin pour l’instant.
      Car, à terme (pas si lointain que cela), le seul intérêt/rôle qu’il va rester à la France est celui de chien de garde. Une force militaire pour l’U.E.
      Jusqu’au jour prochain ou nous donnerons notre code de l’arme atomique.
      C’est prévu !!! (Réf. M. Hollande)

      Un bon gros toutou, servil volontaire, qui va garder la maison U.E. et faire le job à l’extérieur.


      • 1Direct Le 22 février 2016 à 19h26
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        La Grèce est un parfait exemple de ce qui se passerait avec votre mode opératoire.
        La Banque de France et les logiciels ne sont plus détenues/gérés par nos gouvernants.
        Il ne faudrait pas compter sur les banques systémiques françaises qui sont pro U.E.
        Fautes de monnaie, réelles ou pas, les retraits en espèces ne seraient plus possible ou limités.
        Possibilité de “hair cut” directement sur les comptes de dépôts et d’épargne comme à Malte.
        etc etc.
        Voilà ce qui pourrait se passer s’il n’y a pas “l’effet surprise”.
        Maintenant je ne sais pas comment réaliser cet effet de surprise.
        Ça dépasse mes compétences.


    • Furax Le 23 février 2016 à 21h18
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      Vous avez tort, Krystina. L’UE est bel et bien un sujet de droit international dans certains domaines.

      Certes, c’est un sujet par délégation, la délégation que lui ont donnée des traités entre ses Etats membres. Mais c’est bel et bien un sujet de droit. Qui négocie et signe le TAFTA ? L’UE et non pas ses 28 Etats membres. Qui ratifie le TAFTA ? Le conseil et le Parlement européen seulement et non pas les Parlements des Etats membres.


  21. DvD Le 21 février 2016 à 01h04
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    Il y a quelques années, Christian Gomez avait formulé la question ainsi : “l’Euro a-t-il tué la France ? La France va-t-elle tuer l’Euro ?”

    Pour faire court, ses réponses étaient en substance “en partie seulement, pour le reste la France s’est tuée toute seule” et “probablement”.

    Ci-joint le texte complet de sa conférence:
    https://osonsallais.files.wordpress.com/2013/05/confneuchatelv21.pdf


    • Furax Le 23 février 2016 à 21h48
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      Ajoutons que si la France sort de l’euro avant sinon d’avoir arrêté la spirale de sa dette publique, il y aura une flambée des taux d’intérêts sur le refinancement de sa dette publique. Or on refinance entre 170 et 200 milliards par an selon les années.

      Si nos taux d’intérêts sur les nouveaux emprunts doublent, comme en Italie voici quelques années, cela fait un surcoût de 5 milliards d’euros (2,5% de plus sur 200 milliards la 1ère année). Et vous rajoutez 5 milliards de surcoût charge de la dette la 2ème année, le surcoût atteint 10 milliards par an. Idem la 3ème année et le surcoût se voit porté à 15 milliards par an.

      On peut dénoncer les vices de conception de l’euro et son effet mortifère sur les économies d’à peu près tous les pays de la zone euro hormis l’Allemagne et les Pays-Bas. Mais ceux qui veulent défaire l’euro doivent le faire d’une manière qui évite un bain de sang économique et social. Le mieux serait que l’Allemagne et les Pays-Bas décident d’en sortir.


  22. Jourdon Le 13 mars 2016 à 16h59
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    “La théorie des zones monétaires optimales (ou ZMO) (…) Robert Mundell en 1961[1]. Deux ans plus tard (…) R. McKinnon (…) Peter Kennen[3] (…)”
    On nous parle tjs de ” la concurrence pure et parfaite ” , (…) celle-ci n’a existé dans les économies nationales européennes qu’au XIX S car nécessite existence de 5 conditions très restrictives 1) atomicité du marché ( que des PME de taille comparable pas de Firmes Multinationales ) ; 2) homogénéité du marché ( pas 36,000 facteurs , ni 36,000 produits différents ) (etc. ). Il semble la théorie des Zones Monétaires Optimales une théorie taillée pour le XX S et à revoir pour le XXI S . Cela ne veut pas dire qu’elle n’ait pas une valeur pédagogique… Théorie idéale d’un économiste du XX S en partant du principe: le produit homogène du XX S c’est le Grand Marché lui-même avec les relations qui lui sont liées ( historiques , contractuelles , en termes modèle social … ] la confiance face aux nouvelles réalités de l’économie: non pas le marché de concurrence pure et parfaite , mais: 1) les grands groupes multinationaux exerçant une concurrence à la fois de marché (certes) mais aussi hors marché (réseaux de la sub-politique, lobbying) , 2) évasion fiscale à tous les étages sous la houlette des FMN qui font passer les investissements vraiment stratégiques (R&D , etc … ] dans des comptes tout-à-fait spéciaux , 3) oligarchie aux niveau mondial, continental, national, incompatibles avec la règle de la concurrence libre et non faussée.


  23. Jourdon Le 14 mars 2016 à 16h30
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    J’apprécie la rigueur et la pertinence des travaux du Professeur Jacques SAPIR. Mon intérêt provient de ce que j’y perçois une recherche en arrière-plan des effets de substitution et / ou non substitution entre facteurs et / ou secteurs d’activité pour justifier d’une politique d’investissement. Ainsi, si un pays a basé son économie sur la production de biens non substituables il se sent moins concerné par les grandes explications macroéconomiques BUDGET & MONNAIE ! Je continue à défendre l’euro pour moi un investissement social sociétal et politique pour 50 ans: mais les biais ne manquent pas … Ainsi: “[…) ces modèles ne prenaient pas en compte la persistance du commerce international[15] qui s’explique par différents phénomènes, dont les asymétries d’information. Enfin, ces modèles négligent l’existence de facteurs endogènes au développement du commerce, facteurs qui ne sont pas affectés par l’existence – ou la non-existence – d’une Union Monétaire.” En effet, on a fondé pour des raisons de pédagogie la défense d’une monnaie sur des motifs au fond microéconomiques ( concurrence libre et non faussée ) alors que l’euro se justifie par un horizon commun à partir duquel les agents doivent faire efforts pour converger ( et non dans l’autre sens … ]. Le produit homogène est le grand marché lui-même … mais on nous a vendu un paquet global au nom d’une volonté bien que les textes ne soient pas fondés sur la macroéconomie ( décalage macro – micro ) mais sur le PPDC d’ordre juridique qui permet de négocier la suite… Seul le droit permet de négocier!!!!!


  24. Jourdon Le 15 mars 2016 à 15h03
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    Dans mes deux premiers commentaires, j’avais insisté sur le fait qu’on raisonne tjs comme si il n’y avait pas de décalage structurel du discours politique qui pour être rigoureusement construit comporte au moins trois dimensions : macroéconomique, microéconomique, juridique. Comment les agents doivent faire pour s’ajuster aux nouvelles règles et normes? Ne se situe-t-on par trop ds les représentations du siècle précédent?? Ou de plain pied avec la réalité présente??? On puise alors dans les forces vives du social… On nous a présenté les réalités comme économiques alors que la structure qui chapeaute les autres est la monnaie … ne repose pas sur les mécanismes d’échange mais sur ceux d’intégration sociale. “Les exemptions de cotisations, mais aussi les recettes manquantes du fait de la stagnation de la production, et la nécessité de constamment stimuler une économie qui sans cela sombrerait dans la récession, expliquent pourquoi les dépenses sont constamment supérieures aux recettes. (…) Nous en payons le prix en termes de dette publique aujourd’hui.” Les organisations et stratégies possibles mériteraient d’être discutées plus qu’elles ne le sont. SAPIR cherche des fils à retrouver du côté de la substituabilité des facteurs en amont ce qui est fondamental. Plus en aval, je m’essaie humblement au décryptage de la volonté d’intégrer dans le monastère de l’euro.


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