Source : The Intercept_, le 27/01/2016

Le Président français Nicolas Sarkozy, à gauche, le chef du CNT libyen Mustafa Abdul-Jalil, au centre, et le Premier ministre britannique David Cameron, à droite, posant lors de leur visite à Benghazi, en Libye, le 15 septembre 2011. Photo: Philippe Wojazer/AP

Glenn Greenwald

Le 27 janvier 2016

Au lendemain des bombardements de l’OTAN sur la Libye, l’heure était à la jubilation. De la même manière que les partisans de la guerre d’Irak ont mis en avant la capture et la mort de Saddam Hussein comme preuve du succès de leur guerre, les partisans de la guerre en Libye se sont justifiés en mettant en avant la capture et la mort brutale de Mouammar Kadhafi. Les défenseurs de la guerre tels que Anne-Marie Slaughter et Nicholas Kristof écrivaient des éditoriaux glorifiant leur prescience et se moquant des opposants à la guerre, discrédités selon eux, et le New York Times a publié un article en première page déclarant : « La tactique américaine en Libye pourrait être un modèle pour d’autres opérations. » De l’avis général, Hillary Clinton, l’une des grands défenseurs et architectes de la campagne de bombardements, serait alors vue comme une visionnaire en matière de politique étrangère pour ce grand succès libyen : « Nous sommes venus, nous avons vu, il mourut, » se vanta une Clinton aux allures de sociopathe à propos du viol et du meurtre collectifs de Kadhafi en s’esclaffant lors de l’émission 60 Minutes.

Pourquoi les sceptiques sur la question libyenne avaient tort sur toute la ligne

Depuis, la Libye – c’était tellement prévisible – s’est à peu près complètement effondrée, se noyant depuis des années dans l’instabilité, l’anarchie, le règne des milices fragmentées, les conflits sectaires et l’extrémisme violent. L’exécution de Saddam Hussein ne pouvait pas justifier cette guerre et n’était pas non plus le signe d’une amélioration de la vie des Irakiens, et il en est de même pour le meurtre collectif de Kadhafi. Ainsi que je l’ai écrit le lendemain de la fuite de Kadhafi de Tripoli et alors que les fidèles du parti Démocrate célébraient leur victoire en dansant : « Je suis sincèrement abasourdi de l’empressement à regarder ce qui a eu lieu en Libye comme une sorte de grand triomphe, même si virtuellement aucune information nécessaire à cette évaluation ne soit encore connue, y compris combien de civils sont morts, combien de flots de sang y seront encore versés, quels seront les moyens nécessaires pour stabiliser ce pays, et, par-dessus tout, quel  type de régime remplacera Kadhafi ? […] Quand des pouvoirs étrangers utilisent la force militaire pour déposer un régime dictatorial qui a régné pendant des décennies, toutes sortes de chaos, de violence, d’instabilité et de souffrance – et une multitude de conséquences imprévisibles – sont inévitables. »

Mais la question la plus importante était de savoir quand (non pas si, mais quand) l’instabilité et l’extrémisme qui, de manière tout à fait prévisible, avaient suivi les bombardements de l’OTAN, seraient utilisés pour justifier une nouvelle guerre menée par les États-Unis – exactement comme cela s’est produit en Irak. En 2012, je posais la question de cette manière :

Combien de temps avant que l’on entende qu’une intervention militaire en Libye est (de nouveau) nécessaire, ce coup-ci pour reprendre la main sur les extrémistes anti-américains qui sont maintenant armés et renforcés par la première intervention ? Les interventions militaires américaines sont particulièrement utiles pour s’assurer que d’autres interventions américaines seront toujours nécessaires.

Nous avons maintenant la réponse, elle vient du New York Times :

Inquiets de la menace grandissante de l’ÉI en Libye, les États-Unis et leurs alliés y ont augmenté les vols de reconnaissance et la collecte de renseignements et se préparent pour d’éventuels frappes aériennes et raids de commandos, ont déclaré cette semaine de hauts décisionnaires politiques et des hauts représentants des services de renseignement. […] « On peut dire que nous envisageons des actions militaires contre l’ÉI en conjonction avec le processus politique » en Libye, [Commandant en chef de l’état-major interarmées, général Joseph] Dunford. « Le président a été formel : nous avons l’autorité pour utiliser la force militaire. »

Tout comme il n’y avait pas d’al-Qaïda ou d’ÉI pour attaquer l’Irak avant que les États-Unis bombardent son gouvernement, il n’y avait pas d’ÉI en Libye avant que l’OTAN la bombarde. Maintenant les États-Unis vont utiliser les conséquences de leurs propres bombardements pour justifier une toute nouvelle campagne de bombardements dans le même pays. La page de l’éditorial du New York Times, qui avait affiché son soutien aux bombardements initiaux de la Libye, qualifiait hier ce projet de nouvelle campagne de bombardements de “profondément inquiétant” donnant comme explication : “Une nouvelle intervention militaire en Libye impliquerait la progression conséquente d’une guerre qui pourrait aisément se propager à d’autres pays du continent.” En particulier, « cette escalade conséquente est actuellement en préparation sans aucun débat digne de ce nom devant le Congrès ni sur les mérites ni sur les risques d’une campagne militaire dont on attend qu’elle comprenne des frappes aériennes et des raids effectués par des troupes d’élite américaines » (le premier bombardement de la Libye a eu lieu non seulement sans l’approbation du Congrès mais a été ordonné par Obama après le rejet par le Congrès d’une telle autorisation).

 

Les États-Unis et leurs alliés évaluent l’opportunité d’une action militaire contre l’ÉI en Libye

Ce devait être le modèle suprême de l’intervention humanitaire. Cela n’aura rapporté que d’infimes bénéfices sur le plan humanitaire tout en causant une immense souffrance humaine parce que – comme d’habitude – ceux qui exécutaient la guerre “humanitaire” (et la plupart de ceux qui l’applaudissaient) n’étaient intéressés que par la prolifération des glorieux bombardements et tueries mais se moquaient pas mal du véritable humanitarisme (comme l’a démontré leur quasi totale indifférence aux conséquences de leurs bombardements). Il en ressort qu’un des rares gains du bombardement de la Libye par l’OTAN va bénéficier aux perpétuels gagnants au sein de l’axe public-privé constituant la machine du militarisme sans fin : et ce sera d’avoir fourni un prétexte pour une nouvelle guerre.

Source : The Intercept_, le 27/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

47 réponses à L’intervention des É-U en Libye a fait un tel carton qu’un nouvel épisode est en préparation par Glenn Greenwald

Commentaires recommandés

dupontg Le 09 février 2016 à 02h10

Vous oubliez les 2.750.000 tonnes de bombes larguées sur le Laos dans les années 65.
Un pays de 2.5 millions d’habitants..
Autant que la totalité des bombardements de la WW2 sur l’europe..
et les munitions non explosées qui continuent de faire des dégâts chaque jour……

et tout ça pour rien du tout.. puisque les nord vietnamiens prirent quand même le pouvoir en 75.
et en 73 kissinger ,partisan de ces bombardements,recevait le prix nobel de la paix..

voir aussi le Cambodge à peu prés le même traitement..

  1. Bertrand Le 09 février 2016 à 00h26
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    Les malheurs de la Libye ne semblent pas prêts de s’achever, malheureusement…
    Merci à l’équipe pour cette traduction.
    Jolie manipulation de France 2 qui se sert d’images russes pour illustrer la précision des frappes françaises en Syrie : link to gaideclin.blogspot.fr

    Top 10 de l’armement dans le Monde : link to gaideclin.blogspot.fr


    • Scytales Le 09 février 2016 à 08h38
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      Je viens de visionner le sujet de France 2 sur le site Internet de la chaîne et je constate que le commentateur ne dit à aucun moment que les images qui proviennent d’un système russe (les images où on voit des informations superposées en vert, dont des mentions écrites en alphabet cyrillique) illustrent des frappes françaises. La critique provenant du site “gaideclin” n’est donc pas justifiée.

      Je suis très critique vis-à-vis des journaux télévisés de France 2 mais il faut le faire pour de bonnes raisons. Ce qui est critiquable, dans ce sujet, se sont les deux infographies, celle sur le nombre de frappes et celle sur le nombre de victimes civiles, qui sont éminemment manipulatoires.


      • Bertrand Le 09 février 2016 à 10h56
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        Je suis désolé mais le problème est qu’il ne dit à aucun moment que ces images sur lesquelles il s’appuie pour parler de frappes de la coalition sont des images de l’armée russe, il induit donc le téléspectateur en erreur et on peut au moins parler de mensonge par omission.

        Puisqu’il utilise des images russes comme illustration visuelle de son propos alors qu’il parle des frappes françaises, pourquoi ne dit-il pas, tout simplement, qu’il le fait parce qu’il ne dispose d’aucune image semblable de frappes de la coalition ? Ce serait plus honnête et je n’aurais rien à redire.


        • Scytales Le 09 février 2016 à 13h12
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          Encore une fois, le commentateur ne parle pas de frappes françaises au moment où cette illustration visuelle est utilisée.

          Il parle, et vous le relevez dans votre premier paragraphe, de frappe de la “coalition”, ce qui est très vague (il y a au moins deux coalitions qui agissent dans le ciel syrien : celle regroupée autour des États-Unis d’Amérique et celle regroupée autour de la Russie).

          On peut effectivement critiquer cet exercice grand-guignolesque du monsieur qui parle devant un écran typique du journal télévisé de France 2, mais pour de bonnes raisons (dont l’imprécision, le manque de rigueur, la confusion, l’absence de plus-value, le caractère manipulatoire de cet exercice) et non pour des raisons inventées : il n’est à aucun moment affirmé dans ce document que les images provenant de l’armée russe sont des images provenant de l’armée française.


          • Bertrand Le 09 février 2016 à 14h51
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            Tout le monde comprend parfaitement qu’il s’agit pour le journaliste Etienne Leenhardt de la coalition dirigée par les USA dont les forces françaises font partie. Le nier nécessite une certaine dose de mauvaise foi.
            Non M. Scytales, je n’ai rien “inventé”, Leenhardt parle CLAIREMENT des frappes de la coalition dirigée par les états-unis en appuyant CLAIREMENT (par le geste) son propos sur des images fournies par le ministère de la Défense de la Fédération de Russie, ET NE LE MENTIONNE A AUCUN MOMENT.
            Ce sont les faits. Libre à vous de juger qu’ils ne sont pas critiquables, mais libre à d’autres d’en juger autrement.


          • Papagateau Le 09 février 2016 à 15h01
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            Si les pronoms sujets et compléments ne renvoient pas forcément à la phrase précédente , alors le sens des phrases doit s’établir entre la majuscule et le point final sans plus tenir compte du contexte. Dans ce cas 90% des phrases courantes perdent tout sens vérifiable car trop imprécises.

            Sinon, sur les chiffres des frappes incrustés à l’écran :
            – Pour la France, un chiffre trimestriel,
            – Pour les USA, un chiffre annuel,
            – Pour la Russie, un chiffre pour 3 jours.
            Peut-on faire pire comme présentation ?

            Sur la volonté de détruire les terroristes :
            – France: 3 / mois
            – USA : 180 / mois
            – Russie: 237 en 3 jours, JE multiplie par 10 pour avoir sur 30 jours, soit 2370 ! Ou si vous préférez 13 fois plus qu’une armée 10 fois mieux financée. Soit un facteur d’efficacité de 130 ! Mais silence, mais que du bruit : il ne faut pas que le téléspectateur comprenne.

            Enfin sur les morts civils causés par les USA : le verbe est au présent de l’indicatif, donc une impression de certitude qui naît dans le cerveau de l’auditeur avant que la phrase finisse par “selon les USA “.
            Les russes auront droit, eux, au subjonctif: faut-il se méfier des chiffres russes ? C’est le message en tout cas. Des menteurs ces russes.

            Par ailleurs, le chiffre russe selon qui ? Ce n’est pas dit : Pourquoi pas selon les USA ? Le chiffre étant défavorable aux russes, c’est très certainement selon les USA. Mais en ne le disant pas selon qui, et en mettant un subjonctif “l’expert” met la suspicion sur la bonne foi des russes. Du grand art.


          • Charles Le 10 février 2016 à 01h07
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            La manipulation est évidente. Personne, je dis que personne s’il ne visionne pas plusieurs fois la séquence ne voit les caractères cyrilliques qui ne sont du reste pas présents sur toutes les images. Première manipulation: les chiffres affichés qui sont un mensonge, car ce sont des chiffres bruts sans tenir compte de la durée de la période et qui visent à minimiser visuellement l’action de la Russie. Seconde manipulation: il n’est mentionné qu’une seule coalition. Et c’est bien une manipulation supplémentaire de ne pas indiquer clairement la source des images. Un journaliste présente ses sources. C’est une mensonge. Un mensonge par omission, mais un mensonge. Or tous ces mensonges sont très certainement délibérés et ils ne sont en tout cas pas anodins.


          • Silk Le 10 février 2016 à 02h26
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            réecoutez bien la minute du JT: le presentateur parle des frappes de la coalitions qui manquent de cibles (car ils évitent les civils et ne frappent que les centres de commandement). puis il tend la main vers les images pour illustrer son propos (il montre l’écran avec sa main, verifiez). et il rajoute : que les frappes sont aussi dirigées contre le porte monnaie, soit les camions citerne.
            Ces images sont censées illustrer des frappes de la coalition, l’interprétation n’est pas permise.


          • Georges Le 10 février 2016 à 21h48
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            @Scytales

            Tous ces manipulateurs font très attention de ne pas être pris la main dans le sac, c’est à dire que si vous leur dîtes qu’ils ont menti, ils doivent toujours avoir la porte de sortie pour pouvoir dire “vous avez mal compris”.

            Comme c’est très bien signalé par certains, c’est du grand art, c’est à dire que c’est vraiment calculé et bien calculé.

            En fait, ils ont intégré qu’il ne pouvait jamais être dit un mot positif sur la Russie, de peur de perdre un poste très bien rémunéré. Mieux, ils ont atteint ce poste car ils sont déjà comme ça, sans avoir besoin de l’apprendre.


    • anne jordan Le 09 février 2016 à 13h59
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      Merci , @bertrand , pour cette vidéo exceptionnelle !
      La GUERRE , c’est un état d’esprit , avant tout . Faisons honnêtement notre examen de conscience : comment est notre état d’esprit aujourd’hui , 9 février 2016 ?
      en ce qui concerne nos dirigeants – non élus par nous ! – que nous vouons quotidiennement aux gémonies ?
      à l’égard des ” terroristes ” ? des islamistes ?
      vis à vis des migrants , ou réfugiés ou envahisseurs comme vous voudrez les appeler ?
      et , enfin , comment voulons nous LUTTER contre les E.U. , source de tous nos maux depuis si longtemps?
      Si la guerre et le vocabulaire guerrier sont dans nos esprits , plusieurs fois par jour , il est facile pour les manipulateurs de tout acabit de nous habituer à la rhétorique , voire à l’action violente !
      Regardez Calais! pas besoin d’être légionnaire ou général en retraite ou même facho de base , les fusils – de chasse – sont de sortie…
      Quant aux ” détenteurs de la force publique ” où est le temps des gardiens de la paix , ou de Police secours ?
      link to liberation.fr
      A ce jour , c’est plutôt Police , au secours !


  2. vincent Le 09 février 2016 à 00h30
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    C’est vrai que le bilan est intéressant.

    Irak : destruction du pays implantation de terroriste
    Libye : destruction du pays implantation de terroriste
    Soudan : création d’une guerre civile
    Chili : coup d’état;
    Le moyen Orient depuis les années 50: destruction de pays, division du nationalisme arabe, financement de groupe terroriste, coup d’état.

    Ukraine Coup d’état.

    Y a t’il quelqu’un pour stopper cette folie?? Je me demande s’il n y a pas bientôt plus de mort causées par tout ceci que durant toute la seconde guerre mondiale.

    Aucun pays de l’occident n’a a subir de tels actions hostile et destructrice, même au cour des guerre passé, qu’est ce qui peut justifier un tel acharnement? On a de la chance d’avoir des pays dont l’intégrité n’est plus menacé, “faits aux autres ce que tu ne te ferais pas”, est cela la devise de l’occident??


    • dupontg Le 09 février 2016 à 02h10
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      Vous oubliez les 2.750.000 tonnes de bombes larguées sur le Laos dans les années 65.
      Un pays de 2.5 millions d’habitants..
      Autant que la totalité des bombardements de la WW2 sur l’europe..
      et les munitions non explosées qui continuent de faire des dégâts chaque jour……

      et tout ça pour rien du tout.. puisque les nord vietnamiens prirent quand même le pouvoir en 75.
      et en 73 kissinger ,partisan de ces bombardements,recevait le prix nobel de la paix..

      voir aussi le Cambodge à peu prés le même traitement..


      • raloul Le 09 février 2016 à 09h34
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        Bonjour!

        Oui, merci de rappeler ce génocide, le pire de la seconde moitié du 20ème siècle. La seule question légitime est: -quand allons-nous lancer des mandats d’arrêt contre ces criminels de guerre avérés?


      • J Le 09 février 2016 à 10h15
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        Sauf qu’au Vietnam, après avoir jeté l’éponge plus qu’été vaincus, les Ricains ont découvert qu’ils s’étaient réellement battus, pas que pour ça mais aussi pour la liberté d’un peuple (bien sûr, on a oublié les “boat people”, les migrants de l’époque, et aussi que le sud avait résisté plusieurs années après avoir été abandonné).


        • Bobforrester Le 09 février 2016 à 13h57
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          La “liberté d un peuple” lol
          Dirigé par un fantoche mis en place par les ricains . Pays transforme en bordel à GI.
          Comparez le vietnam ” communiste” lol mais néanmoins libèré de l imperialisme yankee aux philippines où je réside colonie “libre” américaine où des centaines de milliers de gosses naissent et crèvent fs la rue.
          À chacun sa “liberté” à chacun son camp [Modéré]


        • Garibaldi2 Le 09 février 2016 à 14h57
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          Pour la liberté d’un peuple ?! En massacrant au sud ! Car la guerre au sol, c’est bien au sud qu’ils l’ont menée, pas au nord (du 17ème parallèle), c’est au sud qu’ils ont déversé le maximum d’agent orange, et je ne parle pas des bombes à fragmentation, bombes à billes en plastique pour ne pas être détectables à la radioscopie, bombes à aiguilles, …


          • J Le 09 février 2016 à 15h44
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            Quelles qu’aient été les méthodes (soit dit en passant, l’agent orange n’avait pas pour but de tuer), il y avait un peuple au sud qui majoritairement ne voulait pas de l’emprise communiste et a prouvé après le retrait US qu’il était motivé dans ce combat seul contre le bloc communiste, puis pour le fuir. Le qualifier de “fantoche” n’est jamais que reprendre une certaine novlangue (c’est fou ce qu’on peut tourner toujours autour des mêmes notions).


            • vincent Le 09 février 2016 à 18h32
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              Dans tout les cas agent J, c’est aux peuples de décider d’eux même de la société qu’ils souhaitent, rien ne légitmaient l’action US au Vietnam et on peut dire que c’est du Fantoch comme l’actuel gouvernement Irakien, ce sont des peuples qui sont aux Odres des US, donc oui c’est fantoche. Même si certains ont cru à ce modèle; Les arabes aussi ont cru à la décolonisation voyez le résultat aujourd’hui


            • Silk Le 10 février 2016 à 02h23
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              d’une part c’est la réalité (fantoche).
              D’autre part “quelqu’aient été méthodes”
              Massacrer une population et asservir l’autre partie c’est des méthodes acceptable pour lutter contre le communisme ?
              faire la chasse en communiste au sud (le maccarthisme était aussi justifié à ce compte ?), et massacrer les combattants, les innocents, les femmes, les enfants et en plus leur descendants pour des générations, raser le pays, c’est justifié pour combattre le danger communiste ???
              Non mais vraiment ce qu’il faut pas lire.

              et sinon, question subsidiaire, daech qui pratique un forme de purification ethnique (certains peuvent se convertir ou partir).
              Une fois que les “méthodes, quelqu’elles soient” leur permettre d’atteindre des zones où tout ceux qui resteront les soutiendront et seront d’accord, cela légitimerait les massacres commis ?
              c


            • J Le 10 février 2016 à 10h12
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              Aurait-on gagné la Deuxième Guerre Mondiale sans bombardements tuant des innocents par millions ? J’ai de gros doutes…
              Cela dit, tout ce que je rappelle ici c’est que, même si ça ne justifie pas tout, c’était quand même, pas uniquement mais aussi, si déchirant ou scandaleux que ce soit pour les belles âmes simplistes, un combat pour la liberté d’un peuple, et que c’est ce peuple qui l’a prouvé.


    • Charles Michael Le 09 février 2016 à 03h49
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      Vincent,
      bien sur mais bilan provisoire

      vous oubliez la Syrie et ses 250.000 morts, bien l’intervention démocratique pour créer et envenimer une situation; tout ça rapelle l’incident de Manchourie (1936) comme prétexte à l’invasion japonaise.

      Après on s’étonne de la création de Daesh et multitudes de groupes djihadistes .

      trainée de déstabilisations en Afrique et pas que francophone voir Kenya, Nigeria, là c’est pas fini.


      • vincent Le 09 février 2016 à 13h49
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        Charles Michael

        Non je ne les oublies pas, j’ai même acheté un drapeau syrien pour m’en rappeler chaque jour.

        Ma liste n’est pas exhaustive mais je crois que si on fait un bilan de fond, il y a de quoi avoir le vertige, les USA sont le mal de notre siècle.


    • J Le 10 février 2016 à 09h59
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      Sancta simplicitas ! Parce que bien sûr sans eux ce serait l’harmonie et la paix générales, comme ça l’était avant eux, comme ça ne pourra pas ne pas l’être après eux. Je ne vais pas reprendre tous les points, mais par exemple sur le Chili, sans faire de manichéisme mais pour montrer que ce n’est pas si simple : link to daruc.pagesperso-orange.fr


  3. Spectre Le 09 février 2016 à 00h45
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    “Ce devait être le modèle suprême de l’intervention humanitaire.”

    Plutôt le modèle suprême, et dorénavant classique, du pillage néocolonial. Les mails de Clinton mentionnent les motivations suivantes pour Sarkozy :

    « Un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’ouest — le gouvernement voit notamment d’un mauvais œil le projet de Kadhafi d’introduire une nouvelle devise panafricaine pour supplanter le Franc CFA, basée sur le dinar or libyen et appuyée par des réserves secrètes d’or d’une valeur de 7 milliards de dollars ».


    • Vincent Le 09 février 2016 à 09h27
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      Oui, il faut tenir compte qu’il s’agit de raisons évoquées par un conseillé américain à Clinton.
      Si on traduit ça donne :
      “Pour récompenser notre caniche accueilli très récemment au sein de notre force armée étendue (l’OTAN), on doit promettre de belles croquettes : du pétrole, la promesse de plus d’influence en Afrique du Nord (c’est à dire qu’il doit comprendre que désormais nous suivons la même politique, du coup on ne lui fera pas à l’envers), lui montrer que la place de son armée dans le monde est désormais au sein de l’OTAN. S’il reste dubitatif, ses meilleurs conseillers (formés chez nous) lui expliqueront que le vilain Kadhafi veut lui voler ses amis avec son or.”


    • Ari Le 09 février 2016 à 16h13
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      On peut penser aussi comme intérêt à faire la guerre, la possibilité une fois le pays détruit de venir le reconstruire, bien entendu pas gratuitement mais par l’endettement.
      D’une pierre trois coups, 1. cela nous (les Otaniens) fait un chouillas de croissance, 2. nous assure l’esclavagisme du pays endetté et 3. ça calme les autres pays de toute envie de s’en sortir d’une autre façon que par ce libéralisme radical.


  4. theuric Le 09 février 2016 à 01h21
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    Bon, tout ceci n’est qu’une affaire de stratèges aux petits pieds, plutôt ridicule si nous ne prenions pas en compte le nombre de morts et surtout de souffrances que cela a créé.
    Comme quoi le ridicule tue, mais pas toujours ceux en faisant preuve.


  5. bluerider Le 09 février 2016 à 02h02
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    il serait temps de compter les victimes. 25000 selon AbdelJalil du CNT à qui Sarkozy sur le perron de l’Elysée aurait dit ” et encore, vous n’avez rien vu…”. 60 000 selon le Président syrien Bachar El Assad cité par l’agence nationale syrienne SANA, et 85 000 selon Ziad Takkiedine chez Ruquier en juin 2014, qui ajouta “c’est le chiffre qui circule dans les chancelleries”.
    .
    Un fétichiste taquin pourrait demander à Sarkozy en pleine tournée de réhabilitation littéraro-politique qu’il lui dédicace son livre par ces mots “pardon aux français et au monde pour l’assassinat de 85 000 libyens enfin délivrés de la tyrannie de Muammar Kadhafi la brute pétrolière et gazière.” Ou quelquechose comme ça, histoire de filmer en direct sa réaction pour tous ses amis internautes. Peut-être que le TPI pourrait alors se mobiliser sur la foi de cet aveu, car dans son livre il y en a beaucoup de peu d’importance, et aucun qui en ait vraiment.


  6. Nerouiev Le 09 février 2016 à 03h27
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    “Vous rendez-vous compte de tout ce vous avez fait ?”. On pourrait rajouter “et tout ce qu’il vous reste encore à faire”. Malheureusement nos Youg Leaders Français ont bien accroché notre pays à ces leaders là alors qu’on aurait pu jouer un vrai grand rôle digne de ce que nous étions. Au lieu de cela on s’appelle “les Républicains” et pourquoi pas bientôt en face “les Démocrates” car eux c’est aussi nous.
    Je me pose la question de comprendre pourquoi ? Sommes-nous totalement dépendants, à-t-on des menaces physiques, ou au contraire de grandes largesses ? Celui qui est mis en avant chez nous fait encore partie de la famille et je n’ai toujours pas vu d’amélioration, bien au contraire.


  7. Vassili Arkhipov Le 09 février 2016 à 04h21
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    la première photo est intéressante. On peut presque voir les fils de la marionnette dépasser des bras ballants du chef du CNT, uniquement animés par sarkozy et cameron…


  8. patrickluder Le 09 février 2016 à 07h39
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    Le décision d’une guerre (ou d’un bombardement) devrait être pris par le peuple (votation populaire), car c’est lui seul qui subit la guerre et ses conséquences !


    • J Le 09 février 2016 à 09h59
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      “Le décision d’une guerre (ou d’un bombardement) devrait être pris par le peuple”
      Ca s’appelle démocratie directe, on réagit à chaud et à l’émotion, sans continuité. Pour voir l’efficience d’un tel principe, même si ça date de deux millénaires et demi, on n’a qu’à lire l’histoire d’Athènes, en particulier celle de la Guerre du Pélopponèse (Thucydide et Xénophon).


      • SanKuKai Le 09 février 2016 à 11h07
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        Sur les 200 ans de leur démocratie, les Athéniens ont voté des erreurs qu’Ils ont fortement payé, mais il y a au moins 2 différences de taille avec aujourd’hui:
        1- La guerre était leur quotidien, les temps étaient bien plus belliqueux,
        2- Ceux qui votaient pour la guerre étaient aussi ceux qui y allaient.
        En gros ils payaient leur erreurs et récoltaient directement les profits de leurs victoires.

        Aujourd’hui, ceux qui votent la guerre ne s’y risquent pas et prennent les bénéfices dans tous les cas.

        Cela dit, il est vrai que la question des émotions dans le processus de décision reste posée. Quelles institutions ou controles pourraient rendre le processus de décision plus rationnel (et vertueux) qu’émotionnel?
        Mais je pense que le problème se pose beaucoup plus avec nos institutions actuelles qu’avec les institutions Athéniennes.
        Car aujourd’hui, les décisions sont prises sans aucun controle citoyen par 2 “personnes”:
        – un Président “omniscient” et sa majorité qui vote comme un seul homme (quand on lui demande son avis).


        • J Le 09 février 2016 à 11h17
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          Pas seulement des erreurs (jusqu’à décapiter les généraux qui leur avaient fait pratiquement gagner la guerre pour n’avoir pas pu accomplir les rites sur les morts à cause d’une tempête), des crimes de guerre y compris selon les normes éthiques du temps. C’est illusoire de penser que ce sera par principe plus moral.
          NB aujourd’hui ce sont des professionnels de la guerre, chez nous, qui font la guerre.


          • bluetonga Le 09 février 2016 à 15h42
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            “NB aujourd’hui ce sont des professionnels de la guerre, chez nous, qui font la guerre.”

            Et depuis plus ou moins un siècle, ce sont les civils qui font l’essentiel des pertes…

            Par ailleurs, il me semble que la qualité des décisions populaires dépend aussi de la presse populaire, des médias faiseuses d’opinions. Il est facile de tancer le peuple pour avoir réagi émotionnellement après l’avoir désinformé et excité contre un ennemi largement imaginaire.


  9. patrickluder Le 09 février 2016 à 07h41
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    Que les pays qui provoquent ces catastrophes humanitaires, accueillent et intègrent pleinement tous les réfugiés qui en résultent !


    • isary Le 09 février 2016 à 08h37
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      Contre toute attente,c’ est ce que Daniel Cohn Bendit a suggéré ce matin sur Europe 1!!

      Il souhaite que les paquebots de croisière soient réquisitionnés,qu ‘on y embarque les réfugiés et qu’ on les fasse débarquer aux USA et……… en Amérique du Sud(?)

      Il n’ a pas poussé le bouchon jusqu’ à suggérer le Groenland comme point de chute!!

      Que vient faire l’ Amérique du Sud dans tout cela?

      Ca doit être trop dur de mettre les USA tout seul….


  10. philbrasov Le 09 février 2016 à 08h08
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    me baladant hier sur youtube je vous fais part d’une perle de vidéo, ( sous titrée en français ) montrant un enregistrement d’une audition d’une commission du Sénat américain qui s’est tenue le 27 Octobre 2015 sur le thème de “La stratégie US en Syrie”, où Lindsey Graham, sénateur de la Caroline du Sud et Colonel de réserve dans l’Air Force, interroge principalement le Secrétaire à la Défense Ashton Carter et le général Joseph Dunford.

    Avec des fous furieux pareils aux USA , on est pas sorti de l’auberge….

    link to youtube.com


    • anne jordan Le 09 février 2016 à 14h14
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      @philbrasov , merci !
      avons nous ce type d’audition ( mise sur la sellette , plutôt ! ) dans notre bel hexagone ???


      • Garibaldi2 Le 09 février 2016 à 15h09
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        Le problème, c’est qu’aux US, ça n’a aucune conséquence et qu’il n’y a donc jamais d’inculpation, par exemple pour crime de guerre.


  11. J Le 09 février 2016 à 10h34
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    Il y a un principe de base, pratique, qu’il faudrait peut-être aussi rappeler : pour une guerre, dire honnêtement la vérité y compris sur ses plans et intentions, c’est un excellent moyen de la perdre.
    Machiavel n’est pas sans intérêt, et pas si immoral que ça, juste réaliste… link to bouquinsblog.blog4ever.com


    • patrickluder Le 09 février 2016 à 21h20
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      une guerre ne se gagne pas par les armes, mais par l’acceptation de changement d’un nouveau régime … si le seul but est la crainte de la violence rien n’avancera définitivement!


  12. Gabriel RABHI Le 09 février 2016 à 11h07
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    Glenn Greenwald est un excellent journaliste. Merci pour cette traduction Olivier.


  13. thmos Le 09 février 2016 à 11h25
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    Le sinsitre épisode est annoncé : Récoltons les éléments de la machine médiatique pour nous faire encore une fois constater l’inadmissible. Par exemple enregistrer les déclarations de tel ou tel “leader d’opinion” ( fréquence, supports, expressions…) pour au moins pouvoir un jour témoigner … Sans risquer trop de sévices pour incitation au pacifisme. Un boulot de “criseux”


  14. Garibaldi2 Le 09 février 2016 à 15h06
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    La guerre du Vietnam est la dernière que les US ont menée avec des soldats du contingent. Depuis ce ne sont plus que des engagés ou même des contractants, qui ont la garantie de l’immunité. Souvenez-vous de Michael Moore tendant son micro à des sénateurs et leur demandant s’ils ont un fils dans les troupes au sol en Irak !


  15. LAURENT Le 09 février 2016 à 18h13
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    Sait on combien de morts , civils et militaires, les bombardements de l’ OTAN ont causés en Libye ?
    Je souhaiterais que l’on m’indique des sources..


  16. Max Le 09 février 2016 à 18h34
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    Je viens de l’apprendre : link to news360x.fr


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