Source : Boursorama, 16-01-2016

Le Premier ministre italien Matteo Renzi le 13 janvier 2016 à Rome ( AFP/Archives / ANDREAS SOLARO )

Le torchon brûle entre le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et la Commission européenne autour de la flexibilité budgétaire et de la crise migratoire, sur fond de différends plus profond entre Rome et Berlin.

L’escarmouche, qui a eu lieu vendredi avec le président de la Commission Jean-Claude Juncker, a été sans précédent: “L’Italie mérite le respect” et “ne se laisse pas intimider”, a grondé le président du Conseil Matteo Renzi. Sur la chaîne Canale 5, M. Renzi, très remonté, a assuré que la flexibilité budgétaire qu’il juge nécessaire pour stimuler la croissance dans l’UE avait été acceptée “après que l’Italie l’a réclamée de manière très très insistante”.

“La flexibilité, c’est moi qui l’ai introduite, pas lui. J’ai beaucoup de respect pour le président du Conseil, mais il a tort d’offenser la Commission européenne”, avait lancé auparavant le président luxembourgeois de la Commission.

Demandant à Bruxelles mais aussi à Berlin, première puissance économique en Europe, une politique communautaire qui “pense plus à l’emploi et moins à l’austérité et aux règles de fer du budget”, M. Renzi entend se poser en représentant d’un Etat fort, troisième puissance de la zone euro, et non plus de celui d’un maillon faible de l’Europe des 28.

“J’ai l’honneur de diriger un grand pays qui donne beaucoup d’argent à Bruxelles (…) Si quelqu’un regrette l’époque où l’on pouvait dicter depuis Bruxelles sa ligne (de conduite) à Rome, télécommander Rome, ce temps n’est plus. Le temps où l’Italie devait faire ses devoirs à la maison est fini, nous avons accompli nos réformes et nous demandons à tous le respect. Le temps où l’Italie allait à Bruxelles le chapeau à la main n’a plus cours”, a ajouté M. Renzi.

–Sensation d’un axe Bruxelles-Berlin —

Selon les éditoriaux de la presse italienne, le mécontentement de M. Renzi s’explique par le sentiment d’une alliance entre Bruxelles et Berlin et s’adresse aussi et surtout à la chancelière Angela Merkel.

D’après le quotidien Il Messaggero, M. Renzi aurait déclaré à ses conseillers: “le temps est venu de tourner la page à Bruxelles. Nous sommes fatigués que ce soit toujours les mêmes qui y commandent, autrement dit Berlin“.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 15 janvier 2016 à Bruxelles ( AFP / EMMANUEL DUNAND )

Dans la loi de stabilité pour 2016, sous le chapitre “flexibilité”, l’Italie a obtenu l’équivalent de 0,4% du Produit intérieur brut (PIL) en contrepartie de ses réformes structurelles. Elle s’est vu aussi promettre 0,2% supplémentaires pour les “circonstances exceptionnelles” (l’urgence migratoire notamment). Mais la Commission temporise et a renvoyé sa décision en avril.

M. Renzi réagit à d’autres critiques qui se sont accumulées ces derniers mois: celles de la Commission –et de Berlin– sur la faillite des services d’immigration italiens à prendre efficacement les empreintes digitales des immigrés à leur débarquement en Italie, ce qui permet à beaucoup d’entre eux de partir vers l’Europe du Nord.

De même, le blocage par la chancelière allemande d’un projet de garantie européenne des dépôts en cas de faillite bancaire, avait fait sortir de ses gonds M. Renzi lors d’un sommet européen en décembre: “Faire croire que l’Allemagne est le donneur de sang de l’Europe, vu de l’extérieur, ce n’est pas la réalité”, avait-il lancé.

L’Italie freine du coup sur l’octroi de trois milliards d’euros d’aide européenne à la Turquie, demandée par Berlin, pour aider Ankara à accueillir sur son sol les migrants syriens qui, sinon, risquent de rejoindre l’Allemagne. Pour Rome, des sommes devraient d’abord être trouvées dans les budgets communautaires, avant de mettre à nouveau à contribution les Etats membres.

D’autres différents plombent les relations avec Berlin et Bruxelles, comme les mécanismes qui permettent d’assainir les créances des banques ou le projet Nord Stream 2 de gazoduc entre la Russie et l’Allemagne, critiqué par M. Renzi.

Dans un langage plus diplomatique que M. Renzi, le ministre de l’Economie, Pier Carlo Padoan, a expliqué vendredi que le gouvernement italien n’avait “aucunement l’intention d’offenser quiconque, et surtout pas la Commission”. Mais, a-t-il ajouté, “nous avons des droits équivalents aux autres pays et nous entendons être écoutés”.

Source : Boursorama, 16-01-2016

48 réponses à Matteo Renzi : le temps est venu de tourner la page à Bruxelles…

Commentaires recommandés

Crapaud Rouge Le 18 janvier 2016 à 01h00

L’UE tient désormais de l’équipe de foot. Désaccords avec l’entraîneur, discipline de plus en plus insupportable, et tout ça pour ne jamais gagner le moindre match.

  1. Crapaud Rouge Le 18 janvier 2016 à 01h00
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    L’UE tient désormais de l’équipe de foot. Désaccords avec l’entraîneur, discipline de plus en plus insupportable, et tout ça pour ne jamais gagner le moindre match.


    • kira Le 18 janvier 2016 à 10h45
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      Il serait tres instruisant de nous l’indiquer, a nous les Russes, a titre d’information, par exemple.


    • Téhèf Le 18 janvier 2016 à 18h28
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      L’UE a toujours été comme ça, rappelons-nous la chaise vide.

      C’est la foire d’empoigne pour ne pas dire les noms d’oiseaux qui volent derrière les portes capitonnées des hautes instances européennes, suffit de lire l’article sur le blog qui mentionne le mémoire de Tim Geithner.

      C’est ce qui arrive quand on force 28 pays aux intérêts nationaux divergents à fusionner.


  2. jonas Le 18 janvier 2016 à 01h02
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    Si en Espagne y’a de nouveau des élections et que Podemos gagne, Renzi pourrait s’en servir comme appoint pour changer les rapports de force, la grece, l’italie, le portugal, bientot l’espagne (surement meme si y’a de nouvelles élections) ça commence à faire du monde qui en marre que l’Allemagne décide de tout


    • Kiwixar Le 18 janvier 2016 à 03h48
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      Qui paie l’orchestre choisit la musique… 🙂


    • triari Le 18 janvier 2016 à 06h56
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      Sans oublier la Pologne et la Hongrie.


    • tocquelin Le 18 janvier 2016 à 07h56
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      c’est sur qu’avec Podemos en Espagne comme avec Tsipras en Grèce tout va changer Soyons sérieux comme Hollande et Valls en France ces gens ne sont que le faux nez (avec un vernis libertaire bavard) de l’atlantisme et du néo libéralisme européiste l’équivalent d’un Cohn BENDIT en France Ces gens la sont la pour stériliser toute alternative


      • Dominique de France Le 18 janvier 2016 à 09h37
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        C’est une suite, en effet, qui a commencé avec Cohn-Bendit (que la CIA avait jeté contre de Gaulle) , en passant par les jeunes serbes d’OTPOR, pour arriver à nos jeunes idiots utiles d’aujourd’hui qui croient à Syriza ou Podemos …


  3. Bobforrester Le 18 janvier 2016 à 02h48
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    L UE n a js eu pour vocation de constituer une identité forte (utopique) mais d affaiblir notamment la France “gaulienne” et révolutionnaire . Et de constituer un block armé anti russe.


    • triari Le 18 janvier 2016 à 07h00
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      armé ? La seule armée valable sur le sol européen, c’est l’armée américaine.

      Les français font de fantastiques supplétifs près à se sacrifier pour l’oncle sam en Afrique & au moyen-orient…quitte à subir quelques attentats sur son sol.

      Les auxiliaires ukrainiens ont prouvé qu’à part commettre quelques massacres, ils ne valaient pas grand chose.
      L’armée britannique vaut surtout pour le matériel qu’elle vend aux saoudiens et son soutien contre les méchants yemenites.

      L’Europe n’est ni plus ni moins que la seconde arrière cours des américains…un peu comme l’a été l’amérique du sud pendant la guerre froide.


  4. De passage Le 18 janvier 2016 à 03h56
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    Chypre, Grèce, Pologne, Italie …la fronde contre le IV Reich se généralise !
    Quant à Matteo Renzi, je lui suggère de bien lire la page avant de la tourner, pour ne pas oublier ce dont est capable l’UErss (cf. Chypre, Grèce).


  5. Chevrier Michèle Le 18 janvier 2016 à 06h51
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    il fallait se douter qu’un jour de sérieux problèmes viendrait ternir l’Union Européenne des 28, l’immigration imposée favorise les discordes, c’est le début de la fin.


  6. DUGUESCLIN Le 18 janvier 2016 à 07h20
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    Pendant ce temps la Russie observe avec désolation et compassion ce morceau de pseudo Europe qui se déchire, en attendant que l’amitié se renoue entre vrais européens.


  7. Jusdorange Le 18 janvier 2016 à 07h53
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    Renzi est face à une opinion publique italienne de plus en plus favorable à l’indépendance nationale. Sauf que Renzi ne propose ni de sortir de l’Euro, ni de l’UE. Tout ce qu’il fait ici c’est de dire “z’allez voir c’que vous allez voir, on se laissera pas faire”. (Impression de déjà-vu ?)

    Si vraiment il y en a encore pour voir dans ce type de propos autre chose qu’un homme qui brasse du vent ( tout le monde a bien conscience qu’il ne dit rien ici, il ne dit absolument rien sur ce qu’il compte faire ), je rappellerais simplement que Hollande avait dit ” z’allez voir c’que vous allez voir” ( vous vous souvenez du volet croissance pour le TSCG en 2012) , et que Tsipras donnait aussi l’impression qu’il était remonté, qu’il voulait en découdre avec Bruxelles.

    Mais voilà : aucun des deux ne voulait sortir ni de l’UE ni de l’Euro, donc ils finissent par abandonner leurs demandes qui sont incompatibles avec le maintien dans l’UE. Il en sera de même pour Renzi.

    Tant que vous ne proposez pas la sortie de l’UE, vos propos n’emportent aucune conséquence politique, ils sont sans intérêt.


    • Subotai Le 18 janvier 2016 à 08h26
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      Peut être. Mais le truc se déglingue un peu plus chaque jour.
      Et il viendra un moment ou un souffle, un rien, fera s’écrouler tout l’ensemble.
      Le bordel n’est pas fini, ni la rigolade 🙁


      • FifiBrind_acier Le 18 janvier 2016 à 08h47
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        Subotai,

        ” Le truc se déglingue un peu plus chaque jour ..”
        C’est la raison pour laquelle rien dans les Traités ne changera.
        C’est un système qui se bloque de plus en plus au fil du temps.

        Il faut l’unanimité des 28 pays pour changer les Traités:
        “un seul pays peut s’opposer à tout changement”.

        Plus la crise s’amplifie, à cause de l’austérité, du déficit démocratique, des coupes budgétaires, du chômage, des réfugiés, de l’austérité etc , plus il y a de divergences entre les pays, entre les pays et les Instances européennes, et moins il y aura l’unanimité.

        Pour le fun, voici ce que nous racontait la fée Hollande en pédalo, déjà en 2005, pour nous faire voter oui au referendum, quel fin stratège, le monde entier nous l’envie assurément !

        ” Il y aura plus de croissance, plus de prospérité, plus d’emplois.
        Les économies vont converger .
        Déjà le monde entier nous regarde et nous envie.
        Les USA n’ont qu’à bien se tenir, l’ Europe-puissance tiendra la dragée haute au monde entier …”

        link to facebook.com


        • noel Le 18 janvier 2016 à 11h51
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          Fallait comprendre en novlangue de manière définitive “il y n’aura plus (du tout) de croissance, plus (du tout) de prospérité, plus (du tout) d’emplois” et non + …. 🙂


          • Subotai Le 18 janvier 2016 à 23h25
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            Non, il était honnête et y croyait, comme beaucoup.
            Il y a juste qu’il n’avait pas compris que le Capitalisme et la Croissance infinie n’avait pas d’avenir…


        • dmermin Le 18 janvier 2016 à 21h41
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          Il ne se passe pas un mois sans que Sapir n’écrive sur le désastre de l’euro pour la France, le dernier est ici : link to russeurope.hypotheses.org Il faudra bien un jour qu’il ait raison. L’UE finira forcément par craquer, même si l’on ne peut rien changer aux Traités, parce que ce n’est qu’une “construction”, effectivement bien trop “rigide” pour durer. En tout cas, merci beaucoup pour votre excellent lien.


        • Subotai Le 18 janvier 2016 à 23h22
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          Mon Général disait que quand on n’est pas d’accord avec un traité, on peut se torcher avec. D’accord c’est du casus belli, mais bon c’est pas nouveau et tout le monde sait faire.
          Et dites vous qu’à un moment la balance avantage/inconvénient n’est pas nécessairement courber l’échine…


    • cording Le 18 janvier 2016 à 09h29
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      Il est sous pression d’une opinion publique désormais favorable au retour à la lire italienne et du Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo qui en a fait son argument principal ainsi que la Ligue du Nord.


    • Chris Le 18 janvier 2016 à 10h21
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      “Sauf que Renzi ne propose ni de sortir de l’Euro, ni de l’UE. Tout ce qu’il fait ici c’est de dire “z’allez voir c’que vous allez voir, on se laissera pas faire”. (Impression de déjà-vu ?)”
      Berlusconi, débarqué sans ménagement par Bruxelles en nov. 2011, de mon point de vue un coup d’état, (coup de chaud sur la Libye où les pétroliers italiens se sont faits éjectés par le trio US-UK-FR) envisage de réanimer Forza Italia (pour donner un coup de pouce à Renzi ?), sauf si une crise cardiaque opportune survient…
      Se rappeler que l’Italie est le pays dont l’économie souffre le plus des sanctions contre la Russie.


    • caliban Le 18 janvier 2016 à 14h49
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      La vive réaction de Renzi est peut-être à rapprocher des alarmes lancées depuis des mois par Jacques Sapir. Ce dernier ne cesse d’indiquer que le secteur bancaire italien est au bord du cataclysme et qu’il pourrait bien embarquer avec lui l’ensemble de la zone euro.

      L’Italie est bien plus pesante que la “petite” Grèce que l’Allemagne, la France et la BCE ont mises au pas.

      Encore une fois, la France aurait un rôle à jouer pour épauler l’Italie. Mais comme dans le cas de la Grèce, elle fera cavalier seule en essayant de quémander quelques roupies auprès de l’Allemagne.

      Jusqu’au jour où ce sera la France elle-même qui aura des difficultés telles qu’elle devra chercher des alliés. J’espère que les Grecs, les Italiens, les Espagnols, les Portugais se souviendront de notre lâcheté.


      • Richard K Le 19 janvier 2016 à 21h23
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        Bonsoir @caliban : Je me permets d’intervenir sur votre message car cela fait plusieurs fois que des amis à l’étranger me demandent “pourquoi les français acceptent-ils si facilement de s’identifier à leurs gouvernants?”. Ce qui est une bonne question au regard de votre fin de phrase : “… notre lâcheté.”
        J’ai remarqué souvent cette facile identification qui personnellement me dérange également. Pourquoi ne pas dire “la lâcheté de NOS dirigeants” ?
        Ceci permettra à ceux qui élisent ces crapules de revoir leur copie.
        Bien cordialement


  8. BA Le 18 janvier 2016 à 08h44
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    Et à la fin du match, c’est l’Allemagne qui gagne.

    (proverbe football)

    En Europe, l’Allemagne décide, les autres exécutent.

    Même l’européiste Matteo Renzi ne le supporte plus.

    Même lui !


    • Alain Le 18 janvier 2016 à 10h38
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      Il fait semblant de ne plus le supporter; comme tous les dirigeants européens il joue double jeu: agressif vis-à-vis de la commission dans le théâtre national, bon petit soldat dans les réunions européennes


  9. Jeanne L Le 18 janvier 2016 à 09h15
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    D’autant que “les réformes” en Italie (fonction publique après la liquidation du code du travail) se poursuivent et que chacun sait d’où elles sont téléguidées et qui les met en oeuvre, Renzi n’a certes pas pour objet d’ ” offenser la commission”.


  10. Le Rouméliote Le 18 janvier 2016 à 10h14
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    Matteo Renzi commence à se rendre compte du piège. Il va pouvoir adhérer au parti européen de Varoufakis, DIEM25 et on va le retrouver le 9 février prochain à la Volksbühne, Rosa-Luxemburgplatz, ex-Berlin-Est, à 20h30 pour le lancement du parti.
    Tsipras n’a pas voulu suivre son ministre de l’économie et il s’est fait mangé par les hauts-fonctionnaires de Bruxelles, malgré toute sa bonne volonté. Voici la traduction (du grec) du manifeste de Varoufakis, tiré du site in.gr du 8/01/2016 :
    ” La démocratisation de l’U.E. dans la décennie qui vient ou sa disparition, telle est la question posée par le manifeste préliminaire du mouvement de Yannis Varoufakis, euDorA-25 (l’Union Européenne doit être démocratisée ou abolie à l’horizon 2025).

    Ce texte rapporte qu’« un fantôme tourmente l’Europe, le fantôme de la démocratie. »

    « Une bureaucratie communautaire, une monnaie unique divisent aujourd’hui les peuples européens qui étaient autrefois unis sous des langues et des cultures différentes. Une confédération de dirigeants candides en économie et « d’experts » économiques incapables, engage l’Europe dans le discrédit et a provoqué [une rébellion] antieuropéenne dangereuse », note le manifeste.

    Le mouvement signale que la constance dans l’effort d’évacuer le politique de la monnaie et de la politique même, tue la démocratie.

    Il note également que la crise a amené l’accroissement de la xénophobie et de la peur face à l’autre.

    « Une idée simple, radicale est la force qui anime euDorA-25 : la démocratisation de l’Europe », affirme le manifeste.

    « Nous croyons que le temps presse pour l’Union européenne. Le changement doit commencer immédiatement et une nouvelle union démocratique devra être mise en vigueur d’ici 2025 » rapporte le texte.

    Le calendrier

    EuDorA-25 propose la démocratisation de l’Europe à différents stades (des changements à courts et longs termes) et pose un calendrier d’actions.

    Très rapidement et à très court terme (en une semaine) : transparence complète de la prise de décisions.

    • Le Conseil de l’U.E., Ecofin, les réunions de l’Eurogroupe et de la T.T.F. sont retransmis en direct en streaming.
    • Les procès-verbaux des réunions du Conseil de la Banque Centrale Européenne sont publiés en l’espace de quelques semaines après la mise en œuvre des discussions.
    • Tous les documents en rapport avec les négociations commerciales du Traité Transatlantique sont diffusés sur internet.

    À court terme (en l’espace de 12 mois) :

    Lutte contre la crise économique, à l’aide des institutions existantes dans le cadre des traités de l’U.E. en vigueur.

    EuDorA-25 signale que la crise de l’Europe se déploie simultanément dans quatre domaines : dette publique, banques, absence d’investissements et accroissement de la pauvreté. Le document insiste sur le fait que ces domaines ont été remis entre les mains des gouvernements nationaux qui n’ont plus l’autorité pour agir sur eux.

    Le mouvement euDorA-25 signifie qu’il présentera des propositions politiques détaillées pour européaniser ces domaines et redonner l’autorité aux assemblées démocratiques, nationales et régionales, et aux citoyens.

    À moyen terme (en deux ans) :

    Assemblée Constituante. EuDorA-25 constate que les peuples d’Europe ont le droit et le devoir de s’occuper du futur de l’Europe. Pour que cela se réalise, il faut que soit convoquée l’assemblée de leurs représentants. Le mouvement signale qu’il poussera à la création d’une Assemblée Constituante qui sera composée de représentants élus. L’Assemblée Constituante aura l’autorité pour décider d’une Constitution démocratique qui remplacera les traités européens existants.

    À long terme (d’ici 2025) : Institution effective des décisions de l’Assemblée Constituante.

    Les principes du mouvement :

    Dans le document, EuDorA-25 affirme les principes qui le régissent :

    • Aucun peuple européen ne peut être libre, alors que la démocratie d’un autre est violée.
    • Aucun peuple européen ne peut vivre dignement s’ils refusent la dignité à un autre.
    • Aucun peuple européen ne peut espérer la prospérité si un autre est poussé vers l’insolvabilité permanente et la récession économique.
    • La prospérité exige une croissance qui soit conforme au développement humain et à l’équilibre écologique.

    Le mouvement affirme que ses objectifs sont :

    • La démocratisation de l’Union européenne.
    • La fin des relations de pouvoir et leur transformation en relations normales.
    • La soumission de la bureaucratie de Bruxelles à la volonté d’un peuple européen souverain et
    • le retour du politique dans les règles qui régissent le marché unique.”


    • chris83 Le 18 janvier 2016 à 14h56
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      Vous parlez de 2025?… alors que la “guerre” est là, la discordance dans les pays européens actuellement est quasi totale, en aucun cas nous ne devons faire les “prédictions” à long terme, mais seulement à très court terme. Déjà que l’ensemble des pays procède à un référendum sur la crise immigrationiste serait un début. Si tous les migrants qui arrivent “débordent” de l’Allemagne (qui ne pourra pas ingérer le nombre monstrueux qui va arriver) où iront ces gens? Ils ne retourneront plus dans leur pays, ils s’installeront dans les pays limitrophes sans travail, sans famille, complètement déracinés et parallèlement dans leur pays d’origine ce sera la désolation car il n’y aura plus d’hommes jeunes pour faire vivre l’économie. Pourquoi voulez vous que l’Europe accepte les décisions de Mme Merkel? c’est une politique aberrante, injuste pour les travailleurs européens et pour la dette qui augmente dans tous les pays européens…L’UE qui devait être une “affaire formidable” est un “FLOP” terrible.


      • Astatruc Le 18 janvier 2016 à 19h50
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        L’UE ferait mieux de donner trois milliards aux réfugiés pour qu’ils puissent reconstruire chez eux.
        Tout le monde a l’air de penser que ça se fait comme ça de quitter son pays, ses us et coutumes, ses cimetières, ses souvenirs, sa terre natale.
        Imaginez-vous un instant à leur place, bon, sang.Y en a marre à la fin, ce sont des GENS, et ils préfèreraient sans doute rester chez eux, pour la plupart.
        Pourquoi donner trois milliards à la Turquie?qui est en partie responsable de ces éxilés?
        BCP de villages ont été entièrement détruits en Syrie, les reconstruire serait, ama, le meilleur service à rendre aux éxilés politiques et les pays qui on bombardé sans mandat de l’ONU devraient mettre la main à la poche, de plus, les moyens existent pour geler les avoirs de daesh et compagnie, là aussi, prendre l’argent pour la reconstruction, cet argent appartient en grande partie aux Syriens(pétrole, coton…)
        Il ne manque que de la volonté politique pour que les choses avancent mais cette volonté politique n’est malheureusement qu’à L’est.


    • FifiBrind_acier Le 18 janvier 2016 à 20h06
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      La Roumeliotte,
      Je sais, c’est difficile à admettre, mais ce sont les Traités qui décident.
      Il ne suffit pas que 2 ou 3 pays soient d’accord sur un projet de changement des Traités, il faut que les 28 pays soient d’accord sur le même texte.
      Ce qui n’arrivera jamais, les 28 ne sont d’accord sur rien.

      Junker l’a clairement rappelé pour la Grèce : ” Les élections ne changent pas les Traités”.
      Ce qui change les Traités, c’est l’unanimité.


      • Le Rouméliote Le 19 janvier 2016 à 09h12
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        C’est bien pour ça que Varoufakis lance un parti européen. Il le dit clairement en préambule : soit l’UE se réforme – donc il y a accord unanime pour la rendre démocratique – soit elle meurt ! Nous sommes exactement dans la même perspective que Gorbatchev en 1986 : soit la glasnost, la perestroïka et la démocratisation fonctionnent, soit l’URSS implose.
        Je soutiens Varoufakis, parce qu’il a compris que la construction européenne peut se sauver en réussissant démocratiquement là où Gorbatchev avait échoué, soit elle finit comme l’URSS… Avec les dégâts que l’on sait, mais en pire ! C’est un problème de physique élémentaire…


    • theuric Le 18 janvier 2016 à 22h47
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      Monsieur Varoufakis rêve, d’espoir peut-être mais il rêve.
      Il est impossible qu’un système politique tel que l’Union-européenne, triplement bloqué, institutionnellement, idéologiquement, politiquement et, cerise sur le gâteau, dominé par une puissance extérieur, les U.S.A., eux-mêmes déjà fortement déstabilisés, puisse être réformé, de l’intérieur comme de l’extérieur.
      De fait, le diagnostique est le bon, pour que survive l’Union-Européenne il faut la démocratiser, mais les freins institutionnels posés sur sa construction sont d’incroyables instruments inertiels, et les supprimer ne peut que détruire cette union, puisqu’elle s’est construite autour, peut-être même seulement pour que ces freins existent.
      Pour l’instant les gouvernements de la plupart des pays la composant élisent les représentants de leurs assemblées, de leur président, ceux-ci désignant leur gouvernement, tous plutôt obéissants, cela ne tient qu’aux forces destructrices potentielles de la gouvernance de l’U.E., du gouvernement allemand et de celui des étasuniens, même si des francs tireurs proches de ce dernier tentent d’amender une union inamendable et même plutôt en perdition.
      Quoi qu’il en soit, la situation désespérée de l’économie globalisée ne pourra, bientôt, que réduire à néant, et l’Union-Européenne, et l’euro, et l’O.T.A.N. lorsque ses immenses déséquilibres s’exprimeront de telles sortes que nous ne retrouveront plus, ensuite, le monde tel qu’il se vit aujourd’hui, ce que je crois les français auront tout à gagner.


      • Subotai Le 19 janvier 2016 à 00h59
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        Il propose au moins une alternative politique au chaos et/ou à la révolte


        • FifiBrind_acier Le 19 janvier 2016 à 09h09
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          Une alternative n’a d’intérêt que si elle est réalisable.


    • Richard K Le 19 janvier 2016 à 21h34
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      @ La Rouméliote : Avez-vous une idée de ce que signifie : “La fin des relations de pouvoir et leur transformation en relations normales”. Relations normales ? Quel sens cela a t-il dans un monde régit par les rapports de force?


  11. Eric83 Le 18 janvier 2016 à 11h22
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    Cette proposition aurait été attrayante et intéressante en 2005, après les NON aux référendums en France et aux Pays-Bas, pour proposer une autre Union Européenne.

    Cette année est prévu le référendum en GB et un autre bien moins médiatisé devrait se tenir en Autriche suite à une initiative citoyenne de 2015 sur la sortie de l’UE.

    De plus en plus de pays s’opposent de plus en plus ouvertement aux diktats de Bruxelles et de Berlin et la politique concernant l’accueil des migrants en Allemagne est en train de diviser le peuple allemand lui-même.

    A mon sens, il beaucoup trop tard et les divergences et différends au sein de l’UE sont devenus trop profonds pour tenter de “sauver” l’UE.

    Il vaudrait mieux une rupture à l’amiable concertée et négociée entre membres de l’UE pour sortir de l’UE et de l’Euro – pour la zone Euro – plutôt que des affrontements larvés et destructeurs.

    Il me semble que l’UE a engagé les peuples, malheureusement pour nous, sur la deuxième voie.


  12. Gier 13. Le 18 janvier 2016 à 12h46
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    Sur la chute de l’union européenne, à lire aussi “Haro sur Schengen” dans le dernier Monde Diplomatique.


  13. betsynette Le 18 janvier 2016 à 13h13
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    Est ce qu’il y aura un jour, un dirigeant d’un pays qui aura le courage de claquer la porte à cette europe qui devait protéger mais n’a fait que voler les peuples.


  14. Furax Le 18 janvier 2016 à 14h18
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    D’après les enquêtes d’opinion, une majorité absolue d’italiens n’a plus confiance en l’euro et une très courte majorité relative d’italiens souhaite sortir de l’euro.

    Et comme l’essentiel de la dette publique italienne est détenue par des agents économiques nationaux, le risque que le refinancement des dettes arrivant échéance soit renchéri pour cause de dépréciation de la lire réintroduite est beaucoup moins faible qu’en France.

    Et si un pays comme l’Italie sort de l’euro, l’euro, c’est finito !

    Quant à la manière dont dysfonctionne l’UE depuis le passage de 15 à 25 puis 27 puis 28 membres, cela se passe de commentaire.

    Le poids des micro-Etats comme le Luxembourg, les pays baltes et autres petits pays de la Mitteleuropa (ainsi que Malte d’ailleurs) a atteint un niveau délirant qui en fait les laquais de l’Allemagne.


    • Chevrier Michèle Le 20 janvier 2016 à 18h03
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      Attention ! voilà les Suisses soit-disant neutre qui s’y mette, sommet prochain à Davos, banques UBS, étonnant et inquiétant.


  15. Homère d'Allore Le 18 janvier 2016 à 17h17
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    Salendra en 1915…

    Badoglio en 1943…

    Renzi en 2016 ?


  16. LeFredLe Le 18 janvier 2016 à 21h01
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    45 minutes ? C’est le Fouquet’s à ce niveau!


  17. Homère d'Allore Le 18 janvier 2016 à 21h33
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    La journée fut très rude pour les banques italiennes.

    link to brunobertez.com

    On se rejoue le 15 septembre 2008, mais avec Schäuble dans le rôle de Paulson…


  18. HELLEBORA Le 19 janvier 2016 à 02h27
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    Ce week end, un “Sommet internationaliste pour un plan B en Europe” va se tenir à Paris. Diffusion des interventions en streaming sur le site du CADTM. Avec Bernard Cassen, Eric Toussaint, Zoé Konstantopoulou , Jacques Généreux, Fréderic Lordon, Paul Jorion etc etc
    Tables-rondes : Audit, moratoire, défaut : pour maîtriser les outils / Pour une restructuration collective des dettes souveraines / Pour un cadre multilatéral de suspension des dettes / Tables-rondes sur les échanges internationaux : maitriser le commerce international : Pour reconquérir une souveraineté économique / Pour de nouvelles politiques de coopération / Pour une justice climatique, sociale et commerciale
    link to cadtm.org


  19. thmos Le 19 janvier 2016 à 06h03
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    Si tout se passe bien çà finira mal pour Matteo. Hollande va lui montrer ce que pèse la solidarité socialiste européenne dans la reich de frau Merkel. Quand un Vespa 50 percute une Audi blindée …


    • Chevrier Michèle Le 20 janvier 2016 à 18h01
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      Une Audi blindée peut se détruire contre un arbre et la Vespa continuer sa route.


  20. Météo-du-monde.info Le 24 janvier 2016 à 12h29
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    Voilà, étant relativement bon germanophone, j’ai librement traduit pour mon Blog “Météo-du-monde.info” plusieurs articles de “Die Welt” ou “Der Spiegel” ou encore de blogs allemands, également une interview d’un des plus importants penseurs au monde de la mondialisation, Peter Sloterdisjk et cela donne un bon aperçu sur la manière dont les Allemands perçoivent les problèmes avec les réfugiés ainsi que leur place en Europe. D’une part, ils sont plus embarrassés par la situation que de potentiels néonazis, je dirais qu’ils sont redevenus patriotes et ne sont plus gênés par l’idée de défendre leur identité parce que les migrants sont perçus par une partie de la population comme des “islamo-nazis” -les Allemands défendent donc ainsi la démocratie- d’autre part, ils sont agacés par le fait que certains autres pays européens ne les aident pas. Cependant, le pragmatisme allemand est en train de prendre le dessus dans le sens où si l’on ne fait pas son travail on est licencié. Différentes voix s’élèvent en demandant à Merkel de résoudre rapidement le problème: elle a jusqu’à fin mars… Jean Henrion Météo-du-monde.info


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