Retour de notre série…
I. Olivier Delamarche
Un grand classique : Olivier Delamarche sur BFM Business :
Grand moment quand le journaliste parle de la dette et du taux d’intérêt…
II. Point sur les Dons
Je remercie tous ceux qui ont réalisé des dons pour soutenir ce blog.
III. Le plafond de la dette américaine
Vous vous rappelez du psychodrame du relèvement du plafond de la dette américaine en aout 2011 ? In extremis, le Congrès américain a voté une hausse du plafond de 900 Md$.
Et bien Obama vient de demander une seconde hausse du plafond de la peccadille de 1 200 Md$ (10 % du PIB !) – qui lui sera accordée quasi-automatiquement au terme de la loi d’aout 2011.
Rappelons qu’on parle actuellement en Grèce d’une annulation de 60 Md€ sur 360 Md€ de dette – pour re-situer les ordres de grandeur…
IV. Tronche de dette
Article du Canard enchaîné du 11 janvier 2011
En voilà une belle idée pour planquer la dette ! Depuis 2008. le père la rigueur Sarko a mis le turbo sur les chantiers public-privé : des facs, des prisons ou des hôpitaux sont payés non par l’État mais par un poids lourd du BTP auquel l’État verse ensuite un loyer. “Une bombe à retardement” qui coûtera “60 milliards d’ici à 2020” estime Le Parisien (9/1). La palme du plus beau fiasco revient au nouvel hôpital Sud Francilien de Corbeil-Essonnes un monstre de 1000 lits et 20 blocs opératoires construit avec une rare dextérité par Eiffage. Comme “Le Canard” l’a déjà raconté (16/3), ce champion a trouvé le moyen de livrer un service de néonatologie sans biberonnerie, des meubles en agglo – véritables nids à microbes – dans un service de réanimation ou des plafonniers branlants au-dessus des tables d’opération. Un audit a relevé 8000 malfaçons ! Du coup, l’hôpital, livré depuis un an, n’a toujours pas vu l’ombre d’un patient. Mais l’ État paie déjà son énorme loyer : 40 millions par an! La chambre régionale des comptes a fait le calcul : sur trente ans, l’État versera 1,2 milliard de loyer à Eiffage. Alors que s’il l’avait payé lui même en empruntant à 4,5 %, l’hosto lui aurait coûté 757 millions.
Au zoo de Vincennes, note “Le Parisien”, le loyer atteint aussi des niveaux “himalayens” : le Muséum d’histoire naturelle allongera 12 millions pendant vingt-cinq ans, soit-là encore, à l’arrivée deux fois le coût du chantier… Quant au “Balardgone”, le Pentagone : à la française, il est évalué à “745 millions hors maintenance“. Mais l’État versera 3,5 milliards de loyer au veinard qui a remporté cette martingale, un certain groupe Bouygues.
Depuis quatre ans, la Cour des comptes en a des suées : un peu trop facile, quand les caisses sont vides, de refiler le bébé au privé. En février 2008. premier rapport au lance-flammes : le rabat-joie Philippe Séguin dézingue une “myopie coûteuse”. Mais Sarko oublie de chausser ses lunettes. Sept jours après l’alerte de la Cour, il annonce une belle loi de “stimulation des partenariats public-privé” (sic) pour muscler son plan de relance. Voilà la recette miracle déclinée à toutes les sauces. Pour un pont sur la Garonne, des éclairages publics, un collège dans le Loiret, la fac Paris-Diderot, le Grand Stade de Lille… La moitié des places de prison sont déjà construites – et gérées – par le secteur privé. Une “solution de facilité” avec “un fort risque budgétaire” à la clef, soupirait encore la Cour des comptes en octobre.
Et un plan en béton pour les champions du BTP : contrairement à un bête marché public classique, ces chantiers ne sont pas saucissonnés en plusieurs lots. À la trappe, les petites boîtes ! Les géants Bouygues, Eiffage ou Vinci se partagent en famille tout le gâteau…
I.B.
V. 14 choses que vous ne saviez pas sur les gens qui fabriquent votre iPhone ou votre iPad (pour 60 cents de l’heure)
Excellent article de Audrey Duperron sur Express.be, trouvé via le Blog à Lupus
et Discotonio

Les iPhone et les iPad ont transformé le monde de l’informatique et de la téléphonie mobile, faisant d’Apple l’une des entreprises les plus rentables au monde, et même, l’une des entreprises ayant le plus de valeur. Nous apprécions que ces appareils nous soient vendus à des prix accessibles, et les actionnaires d’Apple sont heureux des marges réalisées par l’entreprise, mais il ne faut pas se leurrer : ces prix et ces marges sont le résultat de pratiques en matière de conditions de travail qui sont illégales dans nos contrées. La radio américaine PRI a consacré une émission spéciale « This American Life » consacrée aux usines de montage des produits Apple. En voici les points saillants :
1) Les produits Apple sont produits pour l’essentiel dans la ville chinoise de Shenzhen. Il y a 30 ans, ce n’était qu’un village au bord d’une rivière. Aujourd’hui c’est une cité de 13 millions d’habitants, plus grande que New York.
2) L’usine de Foxconn, une des sociétés qui assemble les iPhones et les iPads, parmi d’autres produits électroniques, emploie 430.000 personnes à Shenzhen.
3) 20 cafétérias servent chacune 10.000 repas quotidiennement à l’usine Foxconn de Shenzhen.
4) L’animateur du programme, Mike Daisey, est parvenu à parler à une ouvrière de Foxconn, hors de l’usine. C’est une petite fille de 13 ans dont le rôle est de polir chaque jour le verre de milliers de nouveaux iPhones.
5) La fillette a expliqué que Foxconn ne vérifiait guère l’âge du personnel à l’embauche. Daisey a rencontré d’autres ouvriers âgés de 14, 13 et 12 ans, et il estime à 5% la proportion d’ouvriers qui n’auraient pas atteint l’âge minimum du travail légal. L’usine est avertie à l’avance lorsque des auditeurs viennent l’inspecter, et les ouvriers les plus jeunes sont remplacés par de plus âgés.
6) Daisey est convaincu qu’Apple, qui est obsédé par les détails, est parfaitement au courant, ou ne veut pas le savoir.
7) Daisey s’est rendu dans d’autres usines de Shenzhen et a découvert qu’à chaque étage des usines, on trouvait une grande pièce dans laquelle 20.000 à 30.000 ouvriers étaient entassés. Ces pièces sont silencieuses : il n’y a pas de machine, et il n’est pas permis de parler. Les coûts horaires sont si faibles qu’il n’est pas rentable de mécaniser quoi que ce soit.
8) Une heure de travail chinoise exclut la possibilité de faire une pause, d’aller aux toilettes, de passer un coup de fil ou de bavarder. La journée officielle est de 8 heures, mais il est courant de travailler des journées de 12 heures, qui peuvent être étendues à 14 voire 16 heures, en période de lancement de nouveaux produits. Tandis que Daisey se trouvait à Shenzhen, un ouvrier de Foxconn est décédé après avoir travaillé 34 heures d’affilée.
9) Les lignes d’assemblage peuvent seulement progresser à la cadence des ouvriers les plus lents. Tous les ouvriers sont donc surveillés par caméra. La plupart des ouvriers travaillent debout.
10) Les ouvriers vivent dans des dortoirs. Dans un des baraquements de 12 m sur 12 m, Daisey a compté 15 lits, empilés comme des tiroirs jusqu’au plafond.
11) Les syndicats sont interdits en Chine. Quiconque essayant de former un syndicat est jeté en prison. Lorsque l’un des ouvriers se plaint de quoi que ce soit, il est signalé sur une liste noire que les usines se passent entre elles et il ne parvient plus à retrouver du travail.
12) Daisey a interviewé un groupe qui a parlé de l’utilisation d’un produit nommé « Hexane » pour nettoyer les écrans d’iPhones. L’hexane s’évapore plus vite que les autres nettoyants, ce qui autorise une cadence de travail plus rapide, mais c’est un neuro-toxique. Les mains de l’ouvrier qui en a parlé tremblaient de façon incontrôlée.
13) Des ouvriers ne peuvent plus travailler parce que leurs mains ont été détruites à force de faire la même chose des centaines de milliers de fois pendant plusieurs années (canal carpien). Ces handicaps auraient pu être évités si les ouvriers avaient pu changer de poste de temps en temps.
14) Daisy a montré son iPad a un salarié qui en fabriquait les cadres chez Foxconn. Il n’en avait jamais vu, et il a estimé que c’était un appareil « magique » après avoir joué un peu avec.
Pourtant, aussi horribles que semblent ces conditions de travail, elles ont apporté une amélioration par rapport à l’exploitation des rizières. Les ouvriers de Foxconn sont payés 250 dollars par mois, alors qu’ils auraient été payés 50 dollars dans les rizières. En 2010, selon Reuters, ils ont obtenu une augmentation de salaire de 298 dollars par mois, soit 10 dollars de plus par jour. Pour les femmes, en particulier, le travail à l’usine est plus rémunérateur que les autres alternatives.
Bien entendu, ce n’est pas un hasard si Apple a délocalisé la production de ses produits en Chine. Si Apple les avait fait produire aux Etats Unis selon les normes de travail légales, il aurait fallu augmenter les prix de vente des iPhones et des iPads, et/ou réduire les marges, ce qui aurait probablement compromis la pérennité de l’entreprise.
« Dans le fond, les iPhones et les iPads coûtent ce qu’ils coûtent parce les normes de travail qui ont présidé lors de leur fabrication seraient illégales dans ce pays, parce que les gens de ce pays considèrent ces pratiques brutalement injustes. Ce n’est pas un jugement de valeur. C’est un fait. Aussi, la prochaine fois que vous vous saisirez de votre iPhone ou votre iPad, demandez-vous ce que vous pensez de cela », conclut Henry Blodget de Business Insider.

VI. La BCE
Alors cette semaine Mario Draghi, aidé des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, a repris son grand jeu de “Pourrissons le bilan de la Banque Centrale pour soulager des investisseurs privés” :
Bilan cette semaine des rachats par la BCE d’obligations publiques pourries : ça repart avec 3,7 Md€ (contre 1,2 Md€ la semaine passée).
Ainsi, le bilan hebdomadaire de la BCE montre que l’Eurosystème possède désormais 217 Md€ de créances douteuses d’États (soit désormais plus que les recettes annuelles nettes de l’État français…) – notre Banque Centrale se transforme ainsi, semaine après semaine, en bad bank, avec des effets de levier qui vont finir par être dignes de certaines banques privées…
J’indique désormais le total des “reprises de liquidités à blanc” de la BCE. Ces sommes correspondent aux sommes que la BCE retire du marché monétaire pour ne pas augmenter la masse monétaire. Suivez-bien, c’est tordant (mais seulement pour les banques…).
1°) Vous êtes une banque avec 100 d’obligations italiennes. Vous êtes mal – que diable êtes-vous allé faire dans cette galère ? Vous êtes inquiet…
2°) Comme vous n’allez quand même pas perdre d’argent, la BCE vous rachète vos obligations – Merci Mario !!!!
3°) On est passé d’une situation “Banque : 100 d’obligations pourries / BCE : 0, tout va bien ” à “Banque : 100 de liquidités, tout va bien / BCE : 100 d’obligations pourries”
4°) Si on s’arrête là, on voit bien que la BCE a créé de l’argent, et que celui-ci va aller alimenter l’inflation, ce qui est contraire aux statuts de la BCE :
Article 127 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne
1. L’objectif principal du Système européen de banques centrales, ci-après dénommé «SEBC», est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l’article 119.
5°) La BCE, pour neutraliser son intervention, EMPRUNTE (si, si) à la banque (si, si) l’argent qu’elle a créé – par le biais d’emprunt à terme rémunérés. Ce sont les “reprises de liquidités à blanc”
6°) Situation finale “Banque : créance de 100 sur la BCE, tout va bien / BCE : 100 d’obligations pourries + 100 de liquidités – intérêts versés à la banque”
Au final, il n’y pas de création monétaire, juste la BCE qui pourrit son bilan ET EN PLUS paye des intérêts pour cela…
A contrario, on enlève une belle épine du pied de la banque, et on la paye pour cela… Elle est pas belle la vie des banques ?
En fait, vu le niveau atteint, la BCE a de plus en plus de mal à récupérer toutes les liquidités nécessaires pour neutraliser ses achats… À suivre de près en 2012 !
Bien entendu, le détail des banques bénéficiaires, des titres rachetés, des intérêts versés, etc. sont secrets…
Ainsi :
NOUS DEVONS EXIGER, en tant que contribuables, de connaître :
- la composition par pays du stock et des achats de ces dettes publiques qui n’ont rien à faire dans le bilan d’une Banque Centrale, ainsi que les règles prévalant lors des achats pour choisir les vendeurs servis ;
- l’identité et la durée de détention des vendeurs d’obligations que la BCE a soulagés d’un grand souci, car :
- cela revient à subventionner à 100 % sur fonds publics des investisseurs privés, pour leur éviter toute perte ;
- il est impossible que contrôler qu’il n’y a pas abus de droit, et qu’il ne s’agit pas d’un financement quasi-direct des Etats, interdit par les traités…
Dernier point, en conclusion : voici le montant de l’argent que les banques ont déposé “au chaud” à la BCE :
Ainsi l’utilisation de la facilité de dépôt est en forte hausse à 493 Md€ (soit plus que la gigantesque opération de prêt de la fin décembre), contre 464 Md€ la semaine précédente.
Pour l’instant, les sommes empruntées par les banques n’ont pas (encore ?) rejoint l’économie réelle…
Tout va bien !
Tags: Miscellanées du mercredi
















Excellent !!!
Les conditions de travail en Chine on les connaît mais dit comme cela ça remet les choses en place.
Bonne journée.
Marc
Bonjour,
C’est tout de même un peu biaisé de pointer Apple de cette façon.
.
Quasiment tous les ordinateurs et téléphones de la planète, toutes marques confondues, sont fabriqués aujourd’hui par Foxconn. Donc le gros PC pour Noel de Mr Berruyer est également fabriqué par des enfants pour 3 franc six sous. Sinon les pc couteraient plus cher que les macs, un comble
Donc, tout à fait d’accord sur le constat, mais pas sur la mise en avant d’Apple, qui ne fait sans doute pas mieux, mais sûrement pas pire que les autres dans ce domaine.
Sans compter, tous nos vêtements, nos voitures, nos tv, ça fait 30 ans que le consommateur occidental est bien content de consommer le produits des ptits nenfants chinois.
Cordialement
Marc
mes excuses, le but n’était pas d’allumer Apple, mais plus les conditions en général en chine…
Merci Olivier pour tous ces éléments. Sur votre point IV (Tronche de Dette – les PPP), signalons qu’EUROSTAT porte une lourde responsabilité car ils ont accepté que la dette de loyer des personnes publiques (qui est en fait l’équivalent d’une dette de crédit-bail: ou on paie les loyers ou on rachète l’actif) ne soit pas consolidée dans la dette publique au sens des critères de Maastricht. Ils ont en quelque sorte fourni l’arme du crime, un peu comme GS avec la dette grecque.
Le risque caché : si la Grèce sort de l’euro, c’est l’Allemagne qui explose en premier !
Le débat fait rage chez les économistes allemands. La Bundesbank, qui possède 465 milliards d’euros de créances sur l’Eurosystème, est de plus en plus exposée à l’éclatement de la zone euro.
Lors de la création de l’euro, les pays ont gardé leur banque centrale, bien qu’ils entrassent dans une monnaie unique. La structure formée de toutes ces banques centrales et de la Banque centrale européenne (BCE) se nomme « l’Eurosystème ». Il s’agit d’une bizarrerie, normalement à une monnaie doit correspondre une seule banque centrale. Une étude d’Eric Dor de l’Iseg met en lumière les effets délétères de cette construction baroque.
Au lieu d’avoir une banque centrale qui centralise les transactions de l’ensemble des banques européennes, chaque banque est en liaison avec la banque centrale de son pays. La liquidité est fournie par les différentes banques centrales, et les banques commerciales déposent leurs réserves non pas à la BCE, mais dans leur banque centrale.
Ainsi, quand une entreprise grecque achète un produit allemand, une banque grecque transfère de l’argent à une banque allemande. Et la Bundesbank (la banque centrale allemande) se retrouve avec une créance d’autant sur la Banque centrale de Grèce. A cela se rajoute les fuites de capitaux : personne ne prête aux banques grecques qui doivent donc se tourner vers leur banque centrale, et en plus les déposants grecs vident leurs comptes pour les transférer à l’étranger.
On comprend ainsi que les banques centrales des pays exportateurs accumulent des créances de plus en plus importantes sur celles des pays importateurs : les prêts de la Bundesbank au reste de l’Eurosystème atteignent le chiffre record de 465 milliards d’euros (en octobre 2011) ! En contrepartie, les dettes des banques centrales des pays de la périphérie de la zone euro se sont envolées, pour atteindre 118 milliards d’euros pour l’Irlande, 108 milliards d’euros pour l’Espagne, 101 milliards d’euros pour la Grèce, 89 milliards d’euros pour l’Italie ou 57 milliards d’euros pour le Portugal.
Les risques pour l’Allemagne sont énormes. Au cas où la zone euro éclaterait, la Bundesbank subirait des pertes gigantesques sur ces créances, car les nouvelles monnaies (drachme, etc.) perdraient de la valeur par rapport à l’euro. Dans un tel scénario, la Bundesbank devrait être recapitalisée par l’État allemand, qui verrait sa propre dette publique s’envoler.
Et même sans rupture de la zone euro, la Bundesbank s’expose à des pertes potentielles. En effet, la Banque centrale de Grèce fournit de plus en plus de liquidité aux banques grecques, on l’a vu, mais en échange de quoi ? En échange d’actifs (le « collatéral »), mais il faut gratter les fonds de tiroir et ceux-ci sont de moins en moins bonne qualité (des bons du Trésor grecs par exemple…). A un moment il faudra bien enregistrer des pertes sur ces actifs dévalués, et ils seront à la charge de l’Eurosystème tout entier (dont la Bundesbank est « actionnaire » à hauteur de 30%, soit autant de pertes).
Cette information est stupéfiante. On aurait voulu mettre un mécanisme d’autodestruction au cœur même de l’euro qu’on ne s’y serait pas pris autrement.
On comprend les cris d’horreur de nos gouvernants lorsqu’est évoqué une sortie de la Grèce de la zone euro : cela provoquerait une implosion du cœur de la zone euro, le pays le plus vertueux, l’Allemagne, étant le plus touché ! On voit aussi qu’une faillite bancaire en Grèce impacterait instantanément toute la zone euro.
Il s’agit clairement d’un vice de construction de l’euro. Peut-on d’ailleurs encore parler de monnaie « unique » quand plusieurs banques centrales peuvent interagir et créer un risque systémique ?
Philippe Herlin.
http://www.atlantico.fr/decryp.....69086.html
Merci pour ce billet sur les conditions de travail en Chine, quand on le met en résonnance avec une information lue sur Le monde.fr à propos de 150 ouvriers de la même FoxConn qui menaçaient de sauter du toit de leur usine si on n’améliorait pas leurs conditions de travail on se dit que ceux qui ont tant vanté les délocalisations ne sont certainement pas ceux qui ont à en subir les conséquences ici ou en Chine.
Je relaie une information qui me parait importante :
« Un autre point en discussion concerne les quelque 45 milliards d’euros de dette grecque rachetés sur le marché secondaire, donc massivement aux banques, par la BCE. Il est probable, confie une source proche du dossier, que l’institution de Francfort apporte à son tour ces titres à l’accord d’échange pour éviter un défaut désordonné de la Grèce. » (Les Echos)
Un commentaire ?
C’est grave une paume de la BCE ? Cela revient-il à de la création monétaire ?
Olivier , je passe rapidement sur le blog et n’ai pas eu le temps de bien tout lire. Les donations 2011, c’est 588 milliards ou trillions d’euros ? … juste pour savoir si vous pourriez vous mettre en sauveur du monde et désolé si mes espérances étaient trop élevées
Bonjour,
Il semblerait que le FMI souhaite injecter 1000 milliards pour “sauver” l’Europe et éviter les défauts de l’Espagne et de l’Italie. Si c’est le cas, c’est évidemment une décision plus politique qu’économique dont le seul but me semble être de repousser la chute du système le plus tard possible afin de permettre à chacun de ne pas faire tomber ses banques.
Cette atmosphère est vraiment “puante”, on en est au stade où il ne faut surtout pas que le système tombe avant toutes les élections de 2012… Une fois que le président US aura été élu, on en saura plus des intentions des uns et des autres…
Bonjour et merci.
Une question: La BCE achète-t-elle vraiment les actifs douteux ou les prend-elle seulement en collatéral?
Une autre : D’une certaine manière, la BCE par son QE force les banques à montrer ce qu’il y a dans leur bilan. En cas de défaut, qu’il vienne des banques ou des états, la BCE pourrait-elle se trouver en position d’arbitrer et d’organiser celui-ci, le pire étant un défaut général non-arbitré?
Merci d’avance.
Q1 : elle les achète vraiment dans le cadre du programme mentionné par Olivier ci-dessus. Par contre elle ne les paye pas au par (100% de leur valeur faciale) mais à leur valeur de marché (donc avec décote). Même si la décote peut augmenter après l’achat par la BCE (la hausse des taux se poursuit).
Q2 : ce n’est pas la BCE mais l’EBA qui force les banques à révéler ce qui est dans leur bilan. Et ces données sont publiques, sur le site de l’EBA.
Tiens c’est marant, il y a un point social (le V) et plus de PLV ni de sapin… A croire que comme tous les ravis de la crêche libéral, ils buggent quand il sagit d’expliquer comment on peut concurrencer un esclave
PS: (pour ceux qui se posent la question) : Etre libéral et être un esclave ou ne pas être libéral et réfléchir à flinguer le dumping social importé… Bbiiiiiiiiiiippp core dump kernel crashed. Exception , illegal access to memory at address “dogme 1″
Pour ceux qui n’ont pas buggé, il y a la solution de bizbee sur l’extinction des dettes, il y a aussi la TVA sociale (la vrai). Une bonne grosse barrière douanière non pas sur l’origine géographique du pays mais sur la note du BNB (bonheur national brut), de l’indice de gini le plus bas des pays producteurs. Et si une boites veut développer un pays avec peu de droits sociaux et une grande pauvreté, il justifie et prouve qu’il applique dans l’entreprise bien plus que l’absence de droit pour les ouvriers.
Que d’a priori, que d’a priori Step, le “sapin” ne passe pas forcément sa journée devant son PC, le “sapin” en quelque sorte partage le labeur des simples, le travail de la terre, du bois, toutes les menus réparations à faire soi-même, … après plusieurs heures à porter du bois dans la forêt avec du dénivelé conséquent, cela permet de sentir dans son propre corps la valeur d’un euro, et d’apprécier les résultats de son propre travail, alors que pour beaucoup il suffit de tourner une manette pour avoir du chauffage par exemple, si l’on vit avec peu, il faut beaucoup faire soi-même. Et en même temps, une vie simple n’empêche pas des périodes de réflexion. Il peut arriver que le ”sapin” aille chercher l’eau au puit ou aille se laver dans une rivière de montagne avec de l’eau à 4°, il peut arriver que le ”sapin” déblaye la neige pendant une ou 2 heures pour pouvoir déplacer sa voiture, .. il se peut simplement que le “sapin” anticipe la vie de demain … bonne soirée step
il peut aussi arriver que step face un peu de provoc
Belle réponse, et vrai, il va nous falloir réapprendre un certain nombre de choses, ce n’est pas l’informaticien que je suis, coincé dans ma salle serveur qui va dire autre chose !
Bonne soirée
Que personne ne s’illusionne sur le grand soir à venir (ou, si l’on préfère, la grande déflagration)
Le mécanisme mis au point par la BCE (et tous les puissants de la planète) est enfantin :
la BCE, qui s’est appropriée le droit absolu d’émettre monnaie, va prêter des milliards d’euros (on devrait plutôt dire donner avec des taux négatifs à 3 ans) aux banques qui vont elles mêmes prêter aux états sur des périodes courtes non risquées à 4, 5, 6 ou 7 %, engranger des profits énormes qui leur permettront de reconstituer leurs forces de frappe voire acheter leur propres actions actuellement dépréciées dont les cours vont s’envoler leur permettant selon leurs besoins ou d’encaisser des plus values stratosphériques soit d’augmenter à bon compte leurs fonds propres
Parallèlement, les états vont s’engager sur une voie “raisonnable ” de rigueur avec l’oction de l’Allemagne : les taux longs repartiront à la baisse, les instances européennes définiront les contours d’ une aide collective financière non contraignante,( une campagne de communication consacrera la victoire du politique sur les horribles marchés financiers) la confiance se réinstallera, les bourses vont devenir euphoriques et , suprême pied de nez, les obligations allemandes n’étant plus attractives , les taux des émissions allemandes se tendront et se rapprocheront de ceux des pays “dégradés”
Le scénario est déjà écrit
On vit une époque décidément formidable
Mouais rien de nouveau… Mais mettre apple au même niveau que les autres c’est assez abusé vu que leurs produits coutent généralement plus cher, donc ils se font plus de marges que leurs concurrents pour des produit qui ont soit disant transformé le monde de l’informatique et de la téléphonie mobile.
C’est plutôt la connerie humaine qui a transformé l’entreprise apple…
Un article très intéressant du NY Times sur la force de frappe phénoménale des usines Chinoises pour la fabrication de l’iPhone.
Obama : what would it take to make iPhones in the United States?
Steve Jobs’s reply was unambiguous. “Those jobs aren’t coming back,” he said
How the U.S. Lost Out on iPhone Work
http://www.nytimes.com/2012/01.....wanted=all