“Non la Grèce ne souffre pas d’un manque de liquidités, elle est tout simplement insolvable” répète Yanis Varoufakis. Ce dont son pays a besoin? “C’est d’arrêter ce système qui perpétue et reproduit les dysfonctionnements.” Interview.

L’épicentre de la crise économique européenne se trouve dans une petite rue délabrée à l’arrière de la rue Ermou, la principale artère commerçante d’Athènes. Deux chiens dorment sur le pavé brûlant. Guidé par des gardiens au sixième étage, je me retrouve dans une salle d’attente dont la climatisation est en panne. Une heure s’écoule. Des employés sortent bruyamment d’une salle de réunion, relax, en jeans et T-shirts. Mais je m’étais préparée à devoir attendre; je suis déjà franchement surprise que le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, ait accepté de me rencontrer.

Notre interview devait avoir lieu à Paris, dans le luxueux Hôtel du Collectionneur Arc de Triomphe. Mais j’ai reçu un message de l’attaché de presse du gouvernement Syriza: “URGENT-URGENT. TRIP TO PARIS CANCELLED DUE TO VERY SERIOUS DEVELOPMENTS IN NEGOTIATIONS”. Varoufakis reste sur place. Son premier ministre Alexis Tsipras, part pour Bruxelles. La situation est, pour dire le moins, changeante.

Deux jours après notre rencontre, la Grèce devra honorer son premier remboursement de juin au Fonds Monétaire International – 310 millions d’euros – qui sera suivi par deux autres échéances, pour un total de près de 1,3 milliard d’euros plus tard dans le mois. La Grèce devra gratter les fonds de tiroirs pour trouver l’argent. Les hôpitaux, les universités et les pouvoirs locaux ont cédé leurs réserves, et le gouvernement a reporté le paiement de ses fournisseurs. Après cinq ans d’austérité, l’économie grecque a reculé de 25% et vient de retomber en récession. Un quart de sa population (et 60% des jeunes) est au chômage.

La Grèce a-t-elle les moyens de rembourser? Et est-elle prête à le faire? “Ah, c’est un sujet beaucoup trop ennuyeux”, commente Varoufakis, refusant d’en dire davantage (Ce n’est pas étonnant: le lendemain, la Grèce annoncera qu’elle souhaite combiner ses quatre remboursements en un seul, et le régler ensemble à la fin du mois de juin, un acte de provocation assez rare pour être souligné).

Ce dont la Grèce a besoin – et qu’elle attend furieusement – ce sont des outils lui permettant de creuser un trou pour reboucher un autre. En d’autres mots, un nouveau prêt de 7,2 milliards d’euros de ceux que l’on appelle la troïka: le FMI, la Banque Centrale Européenne et la Commission Européenne. Mais cette demande a été mise au frigo en attendant que la Grèce accepte de répondre aux demandes de la troïka en matière de privatisations, de coupes dans les pensions et de modifications de la loi sur le travail, destinées à faciliter les licenciements. En d’autres mots, plus d’austérité, ce qui est exactement ce que le gouvernement radical Syriza combat avec force, et qui lui a valu sa victoire éclatante aux élections de janvier.

Les discussions, qui se sont déroulées à Riga, Berlin, Paris et Bruxelles, se sont transformées en un jeu dangereux. Qui sera le premier à reculer? La Grèce, qui risque le défaut de paiement, une sortie de l’euro et une récession économique profonde? Ou les Eurocrates, qui mettent en garde contre un “Grexit” qui déstabiliserait l’union monétaire, et qui risquent de voir la Grèce rejoindre le camp de la Russie?

«Tous ceux qui se montrent enthousiastes envers le pouvoir politique devraient en être écartés.»

Lorsque l’attaché de presse apparaît, il secoue la tête. “La situation est terrible.” Mais l’intellectuel qui est convaincu qu’un pays brisé de 11 millions d’habitants peut gagner contre l’Allemagne, et que l’économie radicale peut mettre en échec le néo-libéralisme, n’a pas l’air effrayé. Yanis Varoufakis se lève pour me saluer, les yeux pétillants.

Il parle très ouvertement, s’arrêtant toutes les dix minutes pour prendre un appel téléphonique. Pour le dernier – “Hi Larry!” – c’est Larry Summers, le professeur de l’Université de Harvard, et secrétaire d’État du gouvernement Clinton, il mènera la conversation dans sa salle de bains privée. A 54 ans, Varoufakis ne semble pas tourmenté par le fait qu’il porte le destin de son pays sur ses épaules. Lorsqu’il me raconte ses journées de 16 heures – il est passé hier soir à 20 heures pour voir Alexis Tsipras et ne l’a quitté qu’à minuit, et “ces quatre derniers mois lui ont paru un siècle” – il a l’air simplement enthousiaste. Je soupçonne que l’universitaire qui se cache en lui s’amuse de toute cette matière étonnamment primaire. Compte-t-il écrire un livre? “Bien sûr! Haha!”

Et bien entendu, il fait partie des politiciens les moins blasés. Lorsque je lui demande si le jeune chargé de cours qu’il était à l’Université d’Essex – où sa célèbre phrase “Subvert the dominant paradigm” (Opposez-vous au paradigme dominant) s’est retrouvée imprimée sur des T-shirts par ses étudiants – avait imaginé qu’il deviendrait un jour ministre des finances, Varoufakis répond en riant: “Je n’aurais même pas pu l’imaginer l’an dernier!” En effet, il travaillait au Texas au moment où Syriza l’a placé sur les listes électorales. Il n’était pas membre du parti, et il ne l’est toujours pas. Aux élections de janvier, il a malgré tout obtenu le plus grand nombre de voix parmi les candidats soutenus par Syriza.

“Qui porte les plus beaux costumes d’Armani ? Les mafiosi.”

Malgré ses nombreux livres, Varoufakis se décrit lui-même comme un “économiste accidentel”, et se présente aujourd’hui comme étant un “politicien réticent”. C’est sa grande force. Lorsqu’il était professeur, il ne comprenait pas pourquoi tout le monde voulait être chef de département. “C’est une corvée. Pourquoi vouloir ce poste, à moins que vous ne soyez pas un bon universitaire.” Il estime que les collègues devraient se rassembler autour du meilleur candidat et assumer cette charge à tour de rôle. “De la même façon, je crois dans les politiciens réticents. Tous ceux qui se montrent enthousiastes envers le pouvoir politique devraient en être écartés.

Pendant la première réunion du gouvernement Syriza, me raconte-t-il, le nouveau premier ministre a dit “Les amis, n’oubliez pas: nous ne sommes pas ici pour nous occuper de la décoration de nos bureaux”. Varoufakis regarde son bureau – avec sa peinture moderne faite de taches de couleur, ses yuccas anémiques, une étagère remplie de livres d’économie, et sans aucun effet personnel – et donne une tape sur son sofa couleur magenta en disant: “Je ne suis pas attaché à ce bureau, à ce canapé. Je veux dire par là que si je le perds demain, je m’en fous. C’est fondamental. Si vous commencez à penser que si vous perdez votre poste de ministre – Les sondages sont mauvais: oh mon dieu; Le Wall Street Journal ne dit pas des choses positives à mon sujet, peut-être que je vais être viré – si vous commencez à vous en faire pour ce genre de chose, vous perdez très vite votre punch.”

Le refus de Varoufakis de faire des compromis, ses idées et ses paroles flamboyantes ont des conséquences diverses. Son visage de renard, ses cheveux rasés, son air sexy, la veste en cuir qu’il portait durant ses premières rencontres avec les leaders européens, et sa moto avec laquelle il roule tout le temps, lui donnent un air de star du rock au milieu des costumes gris.

“Ils vont essayer de t’avoir, de semer la zizanie entre nous, parce que tu es incontournable. S’ils réussissent à t’abattre, ils m’auront, moi aussi.” ALEXIS TSIPRAS À VAROUFAKIS

“Ma moto est en bas”, dit-il. “Je suis venu avec elle ce matin. J’ai acheté ma première moto en 1978, à Colchester, et j’ai toujours eu une moto depuis lors.” Il a demandé que l’on vende la BMW ministérielle blindée de 350.000 euros et utilise une Toyota vieille de six ans pour se rendre à l’aéroport. “Et j’ai toujours eu des vestes en cuir”, ajoute-t-il, même si, avec la chaleur de juin, il porte un jeans et une chemise mauve, déboutonnée. “Alors je ne vois pas pourquoi je devrais changer uniquement parce que je suis devenu ministre des finances. C’est très simple en ce qui me concerne: qui porte les plus beaux costumes d’Armani? Les mafiosi. Est-ce que cela les rend respectables?”

Mais son franc-parler et les rumeurs sur ses colères après le sommet de Riga, lui ont valu l’étiquette de gaspilleur de temps poids léger et d’obstacle à tout accord. Certains ont dit que Tsipras l’aurait mis sur la touche et qu’il serait bientôt mis dehors. Varoufakis a répondu sur Twitter en citant Roosevelt:

FDR, 1936: “They are unanimous in their hate for me; and I welcome their hatred.” A quotation close to my heart (& reality) these days

Ce fut son message à la presse responsable de cette “propagande noire” et ce n’est pas un hasard s’il a choisi FDR (Franklin Delano Roosevelt, ndlr), vu qu’il se considère aussi comme l’auteur d’un New Deal.

 © EPA

C’est le job du ministre des finances d’être un paratonnerre contre les critiques, de jouer le rôle du mauvais flic. Tsipras l’avait mis en garde: “Il m’a dit: ‘Écoute, ils vont essayer de t’avoir, de semer la zizanie entre nous, parce que tu es incontournable. S’ils réussissent à t’abattre, ils m’auront, moi aussi’ “. Il n’a pas été mis de côté durant les discussions, explique-t-il. Il n’est pas allé à Bruxelles parce que son homologue, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, n’était pas là.

Ce qui est rafraîchissant, c’est que Varoufakis n’a suivi aucune formation aux médias, et ne pratique pas la langue de bois. Il écrit un blog fait de candeur et d’éloquence. Quand je lui dit qu’il n’a pas encore appris les codes des politiciens, il me répond avec emphase: “Le jour où je les aurai appris, je démissionnerai. En d’autres mots, quand je commencerai à mentir, et que je n’appellerai plus un chat un chat, je cesserai d’être utile. Je ne pense pas que le monde – et certainement pas la Grèce – ait besoin d’un autre politicien qui donne une fausse représentation de la réalité. Je ne suis pas franc. Je dis simplement la vérité.”

Il a provoqué un certain émoi en déclarant à propos de son élection: “Je suis le ministre des finances d’un État en faillite”. Mais cela, dit-il, est un simple fait. La Grèce ne souffre pas d’un manque de liquidités, elle est tout simplement insolvable. Et aucun prêt ne pourra résoudre le problème. “C’est comme si un de vos amis, incapable de rembourser son prêt hypothécaire, demandait une nouvelle carte de crédit et déclarait que le problème est résolu.” Varoufakis tient ce discours depuis la crise de 2010. Il a dénoncé les fonds de sauvetage, les “kleptocrates qui siphonnaient les fonds” et l’injustice du peuple grec souffrant de l’intransigeance des banquiers avec une telle virulence qu’il a reçu des menaces de mort. Ce dont nous avons besoin, dit-il, ce ne sont pas uniquement d’investissements mais d’ouverture d’esprit. Il cite le fameux “speech of hope”, du secrétaire d’État américain James Byrnes, adressé à l’Allemagne en 1946, comme prélude au Plan Marshall. Ce fut la “déclaration de paix” de l’Amérique à son ennemi vaincu. Qui reconnaissait que l’Allemagne avait le droit, si elle travaillait dur, de retrouver la prospérité. Le “speech of hope” grec, dit-il, devrait venir d’Angela Merkel.

Lorsqu’il négocie, il n’oublie pas les Grecs qui symbolisent, selon lui, le mal dont souffre son pays. Il a rencontré quelques jeunes entrepreneurs qui se battent pour faire décoller leur entreprise, mais qui sont freinés par le système fiscal. Il pense à un homme – fin de la quarantaine – qui est venu pour faire la traduction lorsqu’il a accordé une interview à un journal espagnol. Un ancien professeur de langues avec une famille, et qui vit aujourd’hui dans la rue. “Il m’a dit ‘Je vous soutiens, mais vous ne pouvez rien faire pour moi. Je suis parti, fini. Faites quelque-chose pour ceux qui sont au bord du précipice et qui ne sont pas encore tombés’.”

 © AFP

Un soir, alors qu’il prenait un verre avec sa femme, l’artiste Danae Stratou, dans le quartier chic d’Athènes, Kolonaki, il a vu “une vieille dame très belle, âgée de 80 ans ou plus, assise sur un banc dans le parc. Elle vient d’une famille bourgeoise, vivait dans un appartement, mais elle s’est retrouvée sans logement. Elle passe la nuit là-bas, et les gens qui la connaissent s’occupent d’elle.”

Et ensuite, il y a ses anciens étudiants de l’Université d’Athènes. Avant la crise, ils faisaient la file devant son bureau pour avoir des références pour un diplôme de master. Depuis 2010, ils viennent pour des références pour partir travailler à l’étranger. Il a lui-même rejoint le mouvement de fuite des cerveaux, lorsqu’il est parti en 2012 pour aller travailler aux États-Unis, consterné par la diminution de son département et la baisse de son salaire, qui signifiait qu’il ne pouvait plus payer pour sa fille, Xenia, qui vit depuis 2005 avec son ex-femme, Margarite Poulos, professeur d’université à Sydney.

JEUNE EN POLITIQUE, MAIS

Même s’il est relativement nouveau en politique, Varoufakis a grandi pendant une époque hautement politisée. Son père, Giorgos, qui a réussi, à force de travail, à devenir le président de la plus importante société sidérurgique de Grèce, a combattu aux côtés des communistes durant la guerre civile. Sa mère, biochimiste, fut une féministe militante. Son père a été brièvement arrêté par la junte militaire qui occupait le pouvoir en Grèce à la fin des années ‘60 et le début des années ’70. Un de ses oncles a passé plusieurs années en prison. “Je me souviens que la police secrète est venue frapper à la porte” raconte Varoufakis. La nuit, la famille se réunissait en secret pour écouter la radio BBC World Service, interdite.

Il quitte la Grèce à l’âge de 17 ans pour aller étudier en Angleterre. Il y restera dix ans. Il admet qu’il a eu du mal à expliquer à ses amis anglais l’horreur que représentait la vie sous une dictature. Il se sent à l’aise en Grande Bretagne et cite les Monty Pythons dans ses discours aux Allemands (probablement perplexes). Il est malgré tout déconcerté par la volonté du Royaume Uni de quitter l’Union Européenne. “Je pense que les Anglais sont un peu paranoïaques. Ils cherchent un bouc émissaire.”

Il sait certainement ce que pensent les populations de l’Europe du nord qui, même si elles s’émeuvent du sort du peuple grec, estiment que le pays est entièrement responsable de ses problèmes. L’évasion fiscale grecque a toujours été endémique, ses politiciens corrompus, l’âge de la pension trop bas, son secteur public pléthorique, ce qui a durci les cœurs. “Beaucoup de gros mensonges trouvent leur origine dans des myriades de vérités”, réagit Varoufakis. “L’immunité fiscale des puissants, la corruption, l’oligarchie inefficace… oui, beaucoup de dysfonctionnements. C’est vrai depuis 1827, au moment de la naissance de l’État grec moderne.” Mais, estime-t-il, l’État grec vit selon ses moyens en ce qui concerne les pensions et les salaires; il est tout simplement criblé de dettes. Et les problèmes actuels de la Grèce sont entièrement dus à son entrée dans la zone euro.” La crise que nous subissons depuis sept ans ne se serait tout simplement pas produite. En 2008, nous aurions eu une petite secousse, comme la Bulgarie, et aujourd’hui, nous connaîtrions depuis trois ou quatre ans une croissance rapide.”

Syriza rejoint la troïka sur la nécessité de réformer le système fiscal. Mais des milliards de capitaux ont déjà été retirés des banques grecques pour être mis de côté ou envoyés à l’étranger. Les riches ne vont-ils pas partir? “Laissez-les partir”, répond Varoufakis avec un geste dédaigneux. “Ils sont de toute façon déjà partis – ils ont leur argent à Londres ou aux Iles Cayman. Nous nous passerons d’eux. Ce dont nous avons besoin, c’est d’arrêter ce système qui perpétue et reproduit les dysfonctionnements.”

Mais que répond-il à ceux qui disent que la Grèce a menti sur sa dette pour correspondre aux critères d’entrée dans l’euro? “Pouvez-vous vraiment croire que les Européens soient aussi naïfs?” s’écrie-t-il. “Que nous leur avons menti et que c’était tout? Dire que les gouvernements grecs de cette époque ont réussi à mentir et à passer à travers est tout simplement hypocrite.” La Grèce, dit-il, n’aurait “absolument pas” dû entrer dans l’euro, mais vu que sa crise est entièrement causée par cette entrée, c’est à l’Europe de trouver une solution.

Après des mois de négociations, ne trouve-t-il pas que les positions de l’Allemagne et de la Grèce sont irréconciliables? “Je suis un optimiste”, poursuit-il. Ce qui l’a le plus déçu à propos des négociations – après des années passées dans le monde académique – c’est leur superficialité et le manque de rigueur dans le débat. Pendant 10 minutes, chacun “des bureaucrates non élus parlent du point de vue de leur institution, et ensuite nous passons des heures pour trouver un accord sur un communiqué de presse.”

 © REUTERS

Wolfgang Schäuble est celui qui s’oppose le plus ouvertement à la Grèce, insistant sur le besoin de mesures d’austérité, mais Varoufakis dit qu’il le préfère à d’autres, peut-être plus hypocrites.

“J’aime bien le rencontrer parce que lui aussi, il appelle un chat un chat. Alors quand nous discutons, c’est très civilisé et très respectueux. Nous ne sommes pas d’accord, mais je sais que je peux croire ce qu’il dit.”

VAROUFAKIS AU SUJET DE SCHAUBLE

Dans le tourbillon spéculatif sur les intentions de Syriza, il existe une théorie qui dit que Varoufakis – qui a publié plusieurs livres sur la théorie du jeu – travaille en secret à un Plan B: la sortie de la Grèce de la zone euro. Mais il nie farouchement. “Je n’ai pas un mandat pour rendre plus pauvres encore un million ou deux de Grecs supplémentaires – pour faire une expérience sociale – alors que nous avons déjà quatre millions de citoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté, juste pour voir à quelle vitesse nous nous remonterons la pente plus tard.” Il faudrait un an à la Grèce pour créer une toute nouvelle monnaie. “Imaginez que la Grande Bretagne annonce un an à l’avance qu’elle compte dévaluer la livre. Destruction. Complète. Tout le monde vendrait et tous les capitaux quitteraient le pays. Il ne resterait rien, le pays retournerait à l’âge paléolithique. Alors je ne suis pas prêt à faire l’expérience d’une sortie de l’euro. Je pense que nous devons plutôt régler le problème de l’euro. ”

Syriza a beaucoup utilisé ses “limites à ne pas franchir” dans les négociations. Mais Varoufakis a-t-il ses propres limites? “Simplement, cela m’est égal d’être ou non un politicien, et certainement d’être ministre. Ce que je veux dire, je ne vais pas mettre en jeu mon intégrité pour conserver ce poste.” Il partira, dit-il s’il est incapable de libérer la Grèce de son cycle infernal et éternel d’austérité et de remboursements.

Mais il prévient: si la Grèce se retrouve en défaut de paiement et quitte l’euro, si le pays plonge, le gouvernement Syriza ne sera pas remplacé par les anciens partis centristes – sortis du jeu – mais par le mouvement Aube Dorée, le parti grec néo-nazi. “C’est un pays qui s’est battu avec acharnement contre les nazis. Les trois pays européens avec le plus fort pourcentage de pertes contre les Nazis sont la Russie, la Yougoslavie et la Grèce. L’émergence d’un mouvement indigène nazi en Grèce est un affront à notre histoire.” Mais la combinaison d’une implosion économique et d’une humiliation nationale – “Comme vous le dites, les Européens, le monde, voient les Grecs comme une bande irrécupérable de coquins, de vauriens, de tricheurs, et de paresseux, n’est-ce pas?” – pourrait le porter au pouvoir.

 © Paris Match_BaptiseGiroudon

Et où irait Varoufakis? “Je retournerais à l’université”, dit-il en haussant les épaules. Il regrette de ne plus avoir le temps de lire et de ne plus pouvoir marcher dans la rue sans être accaparé et arrêté par des citoyens qui lui racontent leurs histoires. (Il porte un enregistreur d’activité Fitbit et me dit qu’il meurt d’envie d’aller à la gym: “c’est la meilleure façon de se vider la tête”). Lui et la belle Danae continuent à manger à l’extérieur à Athènes, sans sécurité, même après l’incident d’avril où des anarchistes l’ont bloqué et menacé. Même si, ces jours-ci, ils ont un peu de temps pour profiter de leur petit bateau ou d’autres plaisirs de la vie. Après une séance photos pour Paris Match – qu’il regrette aujourd’hui – on l’a critiqué pour oser manger du poisson sur sa terrasse pendant une crise. “Je ne suis pas catholique, je ne crois pas au purgatoire ni à l’auto-flagellation. Les gens me disent: ‘Nous vous avons vu boire du vin’. Où est le problème?”

Le téléphone se remet à sonner. A Bruxelles, Berlin et Washington, les banquiers et bureaucrates sont curieux de savoir comment traiter avec ce politicien réticent qui continue à s’opposer au paradigme dominant, parce que lui et son pays estiment qu’ils ont tout à perdre.

 © EPA

Source : L’Echo, le 20 juin 2015.

30 réponses à « Quand je commencerai à mentir, je cesserai d’être utile », interview avec Yanis Varoufakis

Commentaires recommandés

GUIBERT DE FONTAINE Le 25 juin 2015 à 01h42

Je suis plein d’admiration devant ce genre d’homme pur.
Je reverai d’avoir le même en France !

  1. GUIBERT DE FONTAINE Le 25 juin 2015 à 01h42
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    Je suis plein d’admiration devant ce genre d’homme pur.
    Je reverai d’avoir le même en France !


    • passant Le 25 juin 2015 à 21h43
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      ne le dîtes pas trop fort il vous le reprocherait (à raison 😉 )
      On pourra noter que les anarchistes grecs (mouvement anarchiste le plus développé d’europe, avec espagne et italie), n’a pas profité de sa ”non protection” pour le tuer ou le faire exploser, sûrement pour lui rappeler que si il y a un temps politique, c’est la vrai vie qui compte (c’est pas le premier élu grec à subir des pressions et précédemment ce n’était pas le mouvement anarchiste. Un député c’était pris une rouste parcequ’il avait voté l’austérité en 2011 ou dans ces eaux là).

      Perso non plus j’aime pas les élu-es (pas plus lui qu’un-e autre), mais avec des gens comme ça, la situation sociale serait apaisé à mon sens (mais il y aurait toujours des luttes).


    • ThomBilabong Le 26 juin 2015 à 10h50
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  2. Kiwixar Le 25 juin 2015 à 02h29
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    Plein de points positifs et intéressants dans cet article (merci pour ce travail colossal et tous ces articles de qualité) :
    – un dirigeant-clé providentiel qui n’est pas un politicien professionnel, venu du monde universitaire : exactement ce qu’il faut pour la France (Sapir)
    – “il faudrait (faut) 1 an pour préparer une nouvelle monnaie pour la Grèce” : donc elle sera prête en janvier 2016… ? D’ici là, gagner du temps… passer la saison touristique de l’été… préparer la population grecque… négocier de rester dans l’UE tout en sortant de l’euro…
    – dire la vérité (“insolvabilité, faillite”) : on ne peut pas résoudre les problèmes tant qu’on ne les explicite pas (déni), ça ne fait qu’endormir la population et transférer tous les efforts nécessaires sur la génération suivante (notre grande spécialité)

    Si François XVI me paraît faire preuve d’une immense lâcheté en laissant l’Allemagne prendre l’entière responsabilité d’un processus qui concerne quasiment autant les deux pays (i.e. les banques françaises aussi), l’Allemagne me semble beaucoup plus fragile qu’il ne semble, en particulier avec les problèmes de la Deutsche Bank. Sinon, l’Allemagne aurait peut-être intérêt à faire coïncider sa sortie de l’euro (via le démantèlement de l’euro) avec le pic pétrolier, afin que la montée du deutsche-mark compense la montée des prix du pétrole, et cette date pourrait arriver rapidement, sauf en cas d’aggravation de la crise économique mondiale (baisse de la demande) :
    “2015 l’année du pic pétrolier?” (en anglais)
    http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/2015-Could-Be-The-Year-Of-Peak-Oil.html


    • FifiBrind_acier Le 25 juin 2015 à 06h49
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      Kiwixar,
      Je crois que vous avez mal lu: il rend l’euro & l’ UE responsables, mais n’envisage aucunement d’en sortir, bonjour la cohérence. ” L’Europe n’a qu’à trouver la solution”, il suffit de voir les solutions qu’elle impose aux Grecs depuis des années, pour avoir une idée des solutions européennes….

      Il tient exactement les mêmes discours que les euro- atlantistes, “si la Grèce sortait, ce serait un cataclysme!” . Mais, comme eux, il se garde bien de le démontrer.

      Il existe un remède à la fuite des capitaux, c’est le contrôle des mouvements de capitaux, mais il s’en fout. De toute façon, il fallait prendre la décision le soir de l’élection, maintenant l’argent est parti.

      Dire que le système fiscal est “un frein aux entreprises”, est grotesque.
      Les 2/3 des Grecs, salariés et fonctionnaires payent leurs impôts, car ils sont prélevés à la source. Ceux qui y échappent sont justement les autres, les entreprises, les professions libérales, les artisans, les commerçants, les restaurateurs, les hôteliers, l’ Eglise orthodoxe et les armateurs.
      Merci de nous expliquer ce que le Gouvernement a fait depuis 5 mois pour y remédier?
      La collecte des impôts ne relève pas de la Troïka, mais bien des Gouvernements.
      Il attend quoi pour s’en occuper?

      Merci pour ce texte qui répond à certaines questions que je me posais.
      Pour l’instant, je le considère comme totalement incompétent sur le plan économique.
      Et d’une indigence crasse sur le plan politique, c’est un adolescent poussé à graine qui joue aux jeux vidéos avec la vie de 11 millions de personnes. Consternant.

      Croire qu’il suffit de se balader en tee shirt, blouson de cuir et moto pour en faire un homme politique responsable et conséquent, c’est prendre la forme pour le fond, no comment.


      • Homère d'Allore Le 25 juin 2015 à 08h50
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        “La collecte des impôts ne dépend pas de la Troîka mais bien des gouvernements, il attend quoi pour s’en occuper ?”

        Fifibrindacier, ne pensez-vous pas qu’il faille d’abord combattre l’Hydre de Lerne ( le FMI), le Lion de Nemée ( la BCE) et faire fuir les oiseaux du Lac de Stymphale ( les économies des grecs qui ont anticipé le défaut Target 2) avant de s’occuper de nettoyer les Écuries d’Augias ?


      • Olivier Le 25 juin 2015 à 09h40
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        Après ça dépend de ce qu’il entend en voulant rester dans l’Europe : il l’a déjà dit, pour lui l’Euro et l’UE sont viables mais autrement. Il ne demande pas mois qu’une monnaie commune – et non unique – un fédéralisme et des transferts sous-entendu par une solidarité budgétaire ; ce qui n’a rien d’anormal lorsque l’on cherche à assembler des pays différents entre eux.

        La fuite des capitaux : c’est un transfert de dettes vers les système de l’UE ; ça participe volontairement ou non a donner plus de poids à la Grèce dans ses négociations. Et surtout, comme l’on dit plusieurs économistes, ce sont des anticipations des agents aux Grexit : comme le contrôle n’a pas eu lieu, je crois sincèrement donc que Tsipras et Varoufakis anticipe la sortie de la Grèce de l’euro.


      • Léa Le 25 juin 2015 à 10h50
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        “La collecte des impôts ne relève pas de la Troïka, mais bien des Gouvernements.
        Il attend quoi pour s’en occuper? ”

        Il resterait une centaine de fonctionnaires aux impôts en Grèce. Avec les baisses de salaires beaucoup sont partis, soit dans le privé pour les mieux “armés”, soit refuge à la campagne pour les moins bien lotis qui ne pouvaient plus payer leur loyer.


      • PierreH Le 25 juin 2015 à 12h13
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        Comme je vois ce truc des prélèvements à la source revenir souvent et qu’ayant travaillé en Grèce, je les ai payés moi-meme et j’ai vu comment ca fonctionnait, je me permets une petite explication: étaient prélevés 20% de mon salaire à la source chaque mois, à la suite de quoi j’ai fait ma déclaration d’impots sur le revenu, donnant lieu au calcul exact de ce que je devais à l’état.
        Au final, on fait la différence de ce que j’ai déjà payé et de ce que je devrais payer et on voit si c’est positif ou négatif. Et si c’est négatif, l’état grec vous rembourse, je vous signale… Il suffit de gruger certains revenus hors salaires ou autre manoeuvre “presque” permise par la loi pour pouvoir récupérer plus d’argent que vous ne devriez, ca m’a été proposé par des grecs sur place. Et pour info, j’ai du créer ma micro-entreprise pour toucher mon salaire de l’université (je passe sur le pourquoi du comment), j’étais donc considéré comme entrepreneur et j’avais quand meme une retenue à la source.

        Et puisque j’anticipe une levée de boucliers du genre “vous propagez une vision honteuse de grecs tricheurs et blablabla”, je précise que d’une part je parle de ce que j’ai vu et expérimenté, pas de ce qu’il me ferait plaisir d’imaginer, d’autre part ca ne suffit pas à exonérer les autres membres de l’UE de leur gestion de la situation grecque en général, qui me semble un peu hallucinante. Ceci dit, idéaliser les grecs parce qu’ils sont maltraités par la Troika, ca ne me tente pas des masses, il me semble que la situation n’est pas simple en Grèce, leur rapport à l’état non plus et ils n’ont pas qu’un unique problème, à savoir la Troika. Mais comme je n’aime pas trop les donneurs de lecons, je préfèrerais qu’on les laissent s’en charger eux-memes et qu’on comprenne que quand on a mal preté, à un moment il faut s’asseoir sur son capital et aller de l’avant.


      • Léa Le 26 juin 2015 à 00h43
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        “Croire qu’il suffit de se balader en tee shirt, blouson de cuir et moto pour en faire un homme politique responsable et conséquent, c’est prendre la forme pour le fond, no comment.”

        Déjà, pour le fond :

        Il ne va pas voir des matches de foot en Falcon.

        Il ne cumule pas de notes de taxi de 40 000 € pour l’année.

        Il se déplace sans garde du corps

        Il a revendu la voiture blindée attribuée au Ministre des Finances. Il n’a pas de chauffeur.


  3. DUGUESCLIN Le 25 juin 2015 à 06h16
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    Deux grands pays d’Europe résistent et pas des moindres.
    La Grèce par son héritage de l’antiquité, celui des racines européennes historiques, avec son nouveau Chef d’Etat et la Russie, grande puissance, dont le Chef d’Etat est soutenu par 89% de sa population, annonçant le réveil de l’âme russe.
    Ces deux grands chefs agissent pour leurs peuples envers lesquels ils se sentent responsables.
    Dans le reste de l’Europe les prémices d’un éclaircissement s’annoncent. La Hongrie, l’Autriche, la Slovaquie. Des prises de conscience, en Italie, en France, en Espagne, en Allemagne, que les médias du système dominant de l’empire soumis à la haute finance dépravée, voudraient passer sous silence, mais dont on commence à entendre les murmures.
    Malgré les innombrables barrages, les mensonges, la calomnie, la propagande, des voix commencent à se faire entendre.
    La Grèce et la Russie nous ouvrent la voie, nous attendons, nous aussi, un Chef d’Etat digne de ce nom.
    Le crépuscule de l’européisme annonce l’aube des peuples d’Europe.


  4. Georges Clounaud Le 25 juin 2015 à 07h32
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    Je serais vraiment curieux de savoir ce que pense réellement Varoufakis de ce cher “Larry” Summers. Ce triste sire fut secrétaire du Trésor des Etats-Unis (l’équivalent du ministre des finances chez nous) sous Clinton (de 1999 à 2001). A ce titre, il a été l’initiateur de l’abrogation de la Class-Steagall Act, appelée également Banking Act de 1933, la loi qui avait instaurée la séparation entre les banques de dépôt et les banques d’affaire. Il est donc un des principaux instigateurs de la financiarisation de l’économie et donc in fine de la crise de 2008. Tant tout bon épisode de Lucky Luke, un tel olibrius aurait fini sur un rail avec du goudron et des plumes mais dans la grande et flamboyante démocratie américaine il est toujours considéré comme un grand économiste qui a manqué de peu le poste de président de la Réserve fédérale en 2014…


    • jp Le 25 juin 2015 à 15h40
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      oui, ce même larry a dit
      « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable.”
      comment peut-on rester ami avec ce genre de barbare ?


      • Jay SWD Le 25 juin 2015 à 19h10
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        Quelle horreur…..Pourriez-vous nous trouver le lien,où cette ordure à vomit ces insanités??
        Il y a urgence à diffuser ces saloperies le plus largement possible,et,just for fun,mettre ça sous le nez de nos écolos dévoyés,les Thénardier(PlacéDuflot) et Hulot..


        • l'a rit, Summers Le 25 juin 2015 à 20h23
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          Les « insanités » proviennent d’un memorandum du 12 décembre 1991, écrit en fait par Lant Pritchett, alors jeune économiste travaillant sous la direction de Summers, et signé par Summers, to stimulate internal debate

          Après la fuite dans le Jornal do Brasil le 2 février 1992, Pritchett a déclaré que le memo avait été trafiqué, combining the heading and the sentences on pollution and toxic waste, shorn of their context and the intended irony. ”In my mind it was a deliberate fraud and forgery to discredit Larry and the World Bank,” Pritchett says.

          voir = https://en.wikipedia.org/wiki/Summers_memo =

          et = http://harvardmagazine.com/2001/05/toxic-memo.html =


        • jp Le 25 juin 2015 à 22h20
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          pour commenter ici j’ai repris la citation sur la fiche wikipedia en français de “ce cher Larry” mais j’ai gardé en mémoire l’info que j’avais lue dans un livre ou journal sur l’écologie et dont je ne me souviens pas.

          Pour le contexte de ce discours, c’est là
          https://en.wikipedia.org/wiki/Summers_memo

          Bon il a tout de même été obligé de démissionner suite à ces propos et d’autres du même tonneau suprémacistes/racistes.


  5. Patrick Luder Le 25 juin 2015 à 07h47
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    Youpiii c’est la fête ! … prendre tout ce qu’il y a à prendre sans se poser de questions, profiter de toutes les aberrations du système, yaka se servir, ce serait bête de ne pas en profiter, non ?
    De toute façon ce n’est que de l’argent virtuel ;o)


  6. Georges Clounaud Le 25 juin 2015 à 07h57
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    On le sait, Varoufakis est un adepte de la théorie des jeux. Selon cette théorie tout bon joueur doit anticiper les actions des autres participants. Il doit par conséquent également cacher son propre jeu et induire les autres en erreur. Illustration par l’exemple : Dans l’excellent article qui nous est présenté il affirme en parlant des riches qu’ « ils sont de toute façon déjà partis – ils ont leur argent à Londres ou aux Iles Cayman. Nous nous passerons d’eux ». Pas plus tard qu’hier dans l’émission Rundschau de la chaine de télévision suisse SRF, il a déclaré que « la Grèce recherche les fonds cachés par les ressortissants à l’étranger ». Cherchez l’erreur ! Il est joueur ce Yanis !

    http://www.rts.ch/info/monde/6893708-athenes-est-en-quete-des-fonds-grecs-caches-en-suisse.html

    Soit dit en passant il a pu curieusement constater que l’administration grecque à moins de pouvoir que l’administration américaine pour obtenir des informations auprès des autorités helvétiques…


  7. Bece Le 25 juin 2015 à 09h41
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    J’ai lu et recommandé avec passion autour de moi “le minotaure planétaire”. Je reste néanmoins très gênée par l’attitude de YV sur l’euro qui me semble ambiguë: “la Grèce n’aurait pas dû entrer dans l’euro” dit-il, mais il n’envisage sa sortie qu’avec beaucoup de réticences :”il faudrait un an pour mettre en place une nouvelle monnaie”? (Voir des analyses antérieures de Jacques Sapir sur les différentes possibilités)


  8. Alae Le 25 juin 2015 à 12h10
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    A Bece, “Je reste néanmoins très gênée par l’attitude de YV sur l’euro qui me semble ambiguë: “la Grèce n’aurait pas dû entrer dans l’euro” dit-il, mais il n’envisage sa sortie qu’avec beaucoup de réticences.”

    Dans l’interview, Varoufakis répond à cette objection. “Imaginez que la Grande Bretagne annonce un an à l’avance qu’elle compte dévaluer la livre. Destruction. Complète. Tout le monde vendrait et tous les capitaux quitteraient le pays. Il ne resterait rien, le pays retournerait à l’âge paléolithique.”
    Traduction : même si Varoufakis songeait à sortir de l’euro, à revenir à la drachme puis à la dévaluer, il se garderait bien de le clamer tout haut.


    • Bece Le 25 juin 2015 à 15h16
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      Mais il me semble que c’est déjà, en partie ce qui s’est passé en raison de la pression catastrophiste unanime dans les médias . Le “retour à l’âge néolithique” s’apparente trop à l’image du “chaos” imposée justement par les médias servilement alignés, c’est pour le moins gênant, ne trouvez-vous pas? Ne vous trompez pas, je souhaite avoir tort…


  9. pinaute Le 25 juin 2015 à 15h33
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    L’état de son pays requiert qu’il porte des jeans. Il serait mal venu en costume trois pièces. Ça passe mieux devant ses électeurs. Pour le reste on voit déjà qu’il a abdiqué ses revendications et qu’il cédera ce qui reste encore sur la table. Ne conseille-t-il pas Tsipras ?


  10. georges glise Le 25 juin 2015 à 17h03
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    les propos toniques et le langage de vérité de monsieur varoufakis nous changent de “mon ennemi c’est la finance” d’un incertain hollande, qui avec ses amis valls, sapin, macron, fait exactement l’inverse de ce qu’il avait promis. chirac était “supermenteur pour les guignols; “supermenteur doit être une maladie politique corrézienne.


  11. mollo Le 25 juin 2015 à 17h21
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    Je ne sais pas, si comme moi, les autres lecteurs assidus de ce blog, pensent que finalement le projet “retour au néolitique” ce ne serait pas un projet de vie intéressant ?


  12. bruno Le 25 juin 2015 à 18h18
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    moi…je le trouve quand même incohérent Varoufakis.
    si il pense que l’UE et l’Euro sont mal ficelés et bien il faut en sortir,car s’il pense qu’ils vont les rendre plus attrayant et bien il se gourre.
    non seulement c’est voulu mais le pire dans tout çà c’est qu’ils sont dans un système “idéologique” qui ne marchera jamais…mais ils persistent,c’est normal c’est aussi leur gagne pain.
    non seulement nous finançons nos politiciens mais en plus il faut financer ces technocrates européens.
    que Varoufakis et les siens,retournent à leur monnaie et souveraineté…


    • PasGlopPasGlop Le 25 juin 2015 à 21h48
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      Je suis assez d’accord avec ce point de vue.
      Il ne souhaite pas sortir de l’Euro mais dit que les problèmes de la Grèce viennent de l’Euro …
      Revenir au Drachme prendrait un an et entrainerait une fuite des capitaux … qui a déja eu lieu de toutes façons !
      Le pays est géré comme un crédit revolving. On emprunte pour payer les intérêts du précédent emprunt et “bis repetita”.
      Ça peut durer longtemps car les créanciers n’y perdent pas d’argent, bien au contraire.
      Sans que cela soit de son ressort comment expliquer que la Grèce (qui dit entretenir d’excellentes relations avec la Russie) n’ait pas voté CONTRE la poursuite des sanctions économiques de l’Eureich envers la même Russie ?
      Faut pas rêver ! Ce n’est pas la Grèce qui changera les “traités européens” (nous on le pourrait ! car on a un poids différent, mais bon !)
      Le seul levier est le fait la crainte “politique” que suscite un éventuel “Grexit”.
      Alors plus cela passe et plus je me dis que s’il y a “Grexit” ce sera du fait des allemands, mais certainement pas des Grecs.
      Je trouve aussi navrant d’attendre qu’on attende qu’un pays de 11 millions d’habitants fasse le boulot à notre place.
      Qu’attendons nous pour voter tous blanc ou nul pour ôter la légitimité de nos hommes politiques vendus à la finance ?
      L’exemple à suivre c’est celui de l’Islande (certains banquiers sont en prison !) mais elle n’a jamais fait partie de l’Europe et encore moins de l’Euro … et elle n’en veut surtout pas !


      • Doumeche D. Le 09 juillet 2015 à 02h10
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        Voyons tu rêves. On ne le pourrait pas parce que les directions politiques de nos partis principaux sont noyautés et ne sélectionnent que des lobotomisés du bocal, inféodés à l’Allemagne par le biais de son masque européen.

        Il faudrait un coup d’état pour que cela se produise, mais on a pas vu cela depuis 1958 et la situation était très particulière.


  13. Christophe Le 25 juin 2015 à 18h36
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    EXCELLENT article, félicitations de nous présenter à la fois un article traitant, même succinctement, à la fois du fond et de l’homme.

    Il est déjà rarissime d’avoir des nouvelles au lieu de la propagande prête-à-porter ne servant uniquement que de véhicule publicitaire, monnaie courante sur les sites des média de masse, alors pouvoir lire ça en Français, en plus, quel régal!

    Merci et continuez, je reviendrai 🙂


  14. Krystyna Hawrot Le 25 juin 2015 à 18h56
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    Même si l’homme est courageux et assume sa tâche, je le trouve un brin cynique: il n’a pas envie d’endosser la responsabilité de sortir de l’Euro et de suspendre le paiement de la dette suite aux preuve de la Commission d’audit que la dette est odieuse et illégitime.
    Il va juste assumer son mandat de tenir jusqu’au bout la contradiction de Syriza: aider Tsipras à négocier avec l”Allemagne sans sortir de l’Euro.
    Quand ca va foirer, ma foi, il retournera à l’Université! (australienne bien sur)

    Mais 11 millions de Grecs vont rester sur place eux…


  15. Doumeche D. Le 09 juillet 2015 à 02h04
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    Ce que nous dit Varoufakis, c’est que s’il y a un plan pour sortir de l’euro, comme pour une dévaluation de la livre, il ne sera pas annoncé à l’avance. Il ne dit pas qu’il n’y a pas de plan pour en sortir, c’est sans doute pour cela qu’il prend l’exemple britannique qui a l’avantage de
    1/ montrer que le pays s’en sort très bien sans euro
    2/ indiquer qu’il va dévaluer et retrouver sa compétivité

    Enfin pour citer Charles Gave, il vaut mieux la fin de l’horreur qu’une horreur sans fin.

    Il faut reconnaitre à cet homme une intelligence et une maitrise de double langage. J’aimerais faire un poker avec lui.


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