Source : euromind, le 16/09/2016

Peter Turchin

Le grand projet d’intégration européenne est un échec. Les signes de dysfonctionnement abondent : de la débâcle de la dette grecque à la crise de l’immigration et maintenant le “Brexit”. La tendance à la désintégration au niveau européen se reflète dans les États constituants : pensez aux envies d’indépendance des Écossais et des Catalans, ou à l’incapacité de la Belgique à former un gouvernement national depuis des années. Dans un renversement spectaculaire de la tendance d’Après-guerre, les Européens ont apparemment perdu leur capacité à coopérer au travers des différentes entités nationales et entre les différents groupes ethniques.

Pour mettre cet échec en perspective, amener les gens à coopérer dans de très grands groupes comme l’UE est difficile. La science qui tente de comprendre comment les humains peuvent être en mesure de former d’énormes sociétés coopératives comptant des dizaines ou des centaines de millions de membres en est encore à ses balbutiements. Les sociologues ne disposent pas vraiment d’expériences impliquant des centaines de millions de personnes. Néanmoins, beaucoup de progrès ont été accomplis en adoptant une approche scientifique pour l’analyse des données historiques. [Voir Turchin, Peter. 2016. Ultrasociety: How 10,000 Years of War Made Humans the Greatest Cooperators on Earth (Comment 10 000 ans de guerre ont fait des Hommes les plus grands coopérateurs sur Terre), Chaplin, CT: Beresta Books.]

Ce que nous avons appris nous montre que la capacité des gens à former de grands groupes coopératifs est conditionnée par l’Histoire lointaine – des événements qui ont eu lieu des centaines et parfois des milliers d’années auparavant. Les analyses historiques ont identifié un facteur particulièrement important : l’influence durable du passé et des empires maintenant disparus depuis longtemps. Pourquoi ?

Une coopération réussie exige que les gens partagent des valeurs, des institutions et une identité sociale. Les valeurs nous disent pourquoi nous voulons coopérer : quel bien public voulons-nous produire collectivement ? Les normes et les institutions nous disent comment organiser cette coopération. L’identité partagée aide les gens à œuvrer ensemble pour surmonter les obstacles à la coopération (comme la tentation de profiter des efforts des autres). A titre d’exemple, le premier principe de la gestion de l’action coopérative, identifié par le politologue et prix Nobel Elinor Ostrom, était de définir des limites claires pour les groupes. Des valeurs, institutions et identités incompatibles condamnent souvent tout effort de coopération avant même qu’il puisse se développer.

L’expérience historique de la vie dans un même État se traduit souvent par la diffusion de valeurs, d’institutions et d’identités communes au sein de groupes initialement disparates. Des éléments de culture changent progressivement, y compris ceux qui influent sur la coopération, mais souvent persistent encore longtemps après la désintégration de l’empire.

Nous pouvons utiliser les données de la World Values Survey (WVS) pour visualiser ces « fantômes des empires passés ». Depuis 1981, la WVS a recueilli des données sur les croyances des gens dans de nombreux pays. Les chercheurs ont découvert qu’une grande partie des variantes entre les populations des différents pays peuvent être définies en seulement deux dimensions : (1) les valeurs traditionnelles par rapport à des valeurs laïques et rationnelles, et (2) les valeurs de survie par rapport aux valeurs d’expression personnelle. Lorsque les valeurs de chaque pays de l’échantillon sont représentées dans un espace à deux dimensions définies par ces deux axes, nous obtenons ce qu’on appelle la carte culturelle Inglehart-Welzel. J’ai pris les données du WVS pour les pays européens de la dernière (sixième) enquête et mis la légende en fonction de l’histoire partagée au sein des anciens États : les empires carolingien, des Habsbourg, ottoman, britannique et russe. « Nordique » se réfère aux empires danois et suédois (attendu que le Danemark à certaines périodes de l’histoire incluait la Norvège, l’Islande et une partie de la Suède, tandis que la Suède incluait la Finlande).

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Comme le montre la figure, les pays modernes, qui partagent le même passé et le même empire disparu depuis longtemps, sont groupés très étroitement. Il y a peu de chevauchements. Et quand il y en a, cela peut refléter l’influence d’empires encore plus anciens. Par exemple, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et les Balkans étaient tous au cœur de l’Empire romain.

Le groupe des pays qui faisaient partie de l’Empire carolingien (qui a atteint son apogée en 800 sous Charlemagne) est d’un intérêt particulier. Il est remarquable que le groupe initial de six États européens qui ont signé en 1957 le traité instituant la Communauté Economique Européenne, précurseur de l’Union européenne (France, Allemagne, Italie et Benelux), étaient également au cœur de l’empire de Charlemagne.

Ce n’est pas une coïncidence. L’empire carolingien était la forme embryonnaire de ce que nous appelons aujourd’hui la civilisation occidentale, à savoir la majeure partie de la chrétienté latine, cette partie de l’Europe médiévale qui était catholique, plutôt qu’orthodoxe ou non-chrétienne, composée des États qui ont succédé aux Carolingiens (par exemple, la France et l’Empire allemand, aussi appelé « saint Empire romain »). Plus tard, à ce noyau, on a ajouté des régions qui ont été conquises par des non-chrétiens (par exemple, la plus grande partie de l’Espagne, la Prusse) ou des terres anciennement carolingiennes converties (par exemple, le Danemark et la Pologne). Bien que jamais unis politiquement après l’éclatement de l’Empire carolingien, les habitants de la chrétienté latine savaient qu’ils partageaient un certain sens supranational. Ils étaient unis par leur foi commune, dirigée par le pape à Rome, par une culture partagée et par le langage commun de la littérature, de la liturgie, et de la diplomatie internationale latine. Comme l’historien Robert Bartlett nous le dit dans The Making of Europe: Conquest, Colonization and Cultural Change, 950-1350, les étrangers étaient également conscients de cette identité supranationale, et désignaient les chrétiens latins sous le nom de “Francs” (“Faranga” en arabe, “Fraggoi” en grec). Le ménestrel Ambroise a écrit à propos de la première Croisade : « Quand la Syrie a été reprise dans une autre guerre et Antioche assiégée, l’une de ces grandes guerres et ces combats contre les Turcs et les mécréants, dont beaucoup d’entre eux ont été abattus, il n’y avait pas de conspirations ou de querelles, personne ne demandait qui était Normand ou Français, qui était Poitevin ou Breton, qui était du Maine ou de Bourgogne, qui était Flamand ou Anglais… tous ont été appelés « Francs », qu’ils fussent bruns ou blonds ou roux ou blancs. » La chrétienté latine a été le précurseur direct de la civilisation occidentale, et même le schisme religieux de la Réforme, malgré le sang versé, s’est avéré n’être qu’une querelle de famille. Il n’a pas détruit l’identité globale dont les racines remontent aux Carolingiens, et qui a servi de base pour le projet d’unification européenne actuelle. [Pour en savoir plus sur cette histoire, voir Turchin, Peter. 2006. War and Peace and War: The Life Cycles of Imperial Nations. NY: Pi Press.]

Rétrospectivement, cependant, l’expansion bien trop rapide de l’UE à partir du groupe de base des six pour arriver à 28 membres a clairement contribué à son dysfonctionnement. Premièrement parce qu’il est plus facile à six personnes (ou six chefs d’État) de se mettre d’accord sur une façon de procéder, que de le faire à vingt-huit. Deuxièmement, et tout aussi important, l’expansion au-delà du noyau carolingien (les cercles rouge dans la figure) a réuni des gens (et des politiciens) de diverses cultures, détenant des valeurs différentes, et prenant des chemins incompatibles avec la coopération. Ceci peut être vu dans la façon dont les cercles représentant les 22 pays supplémentaires sont largement dispersés dans la figure. Un tel décalage dans les normes et les institutions a créé des obstacles supplémentaires à une action collective efficace.

L’intégration européenne serait-elle mieux servie par une approche « modulaire » plus progressive ? Par exemple, les pays nordiques ont déjà leur propre « noyau d’intégration », le Conseil nordique. Le groupe Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) en est un autre. Peut-être l’UE fonctionnerait-elle mieux comme ensemble imbriqué de ces groupes, plutôt qu’en étant un seul vaste groupe qui repose sur des arrangements informels entre les États les plus puissants ?

Dans un article récemment publié dans la revue scientifique internationale Nature, [Turchin, Peter. 2016. Mine the past for Patterns. Nature 535: 488-489.] je demandais davantage de recherches pour étudier ces pistes, de manière empirique et systématique, en utilisant de nombreuses bases de données historiques qui analysent méticuleusement le dossier historique (par exemple, voir Seshat: Global History Databank). Voici quelques-unes des questions que nous pourrions poser : quels arrangements et quelles institutions politiques administratives ont aidé la coopération dans les grands empires (qui ont souvent commencé comme des confédérations), tels que Rome, ou la Confédération Maratha, aux États-Unis ? Que pouvons-nous apprendre du sort de l’Empire des Habsbourg, que nous considérons comme une tentative antérieure (qui a échoué) d’« Union européenne », mis en place par une série de mariages entre dynasties ? Est-ce qu’une construction graduelle et progressive aurait pour résultat une union plus durable ? Avec quel type de hiérarchie les unités politiques fonctionnent-elles le mieux : l’horizontale avec un seul niveau, ou l’imbriquée, à plusieurs niveaux ? Quelle est l’importance du sentiment d’identité pour préserver l’unité de grands groupes humains ?

C’est une tendance marquée chez les décideurs politiques de considérer les crises économiques et politiques actuelles comme si elles étaient totalement sans précédent, ce qui les conduit à répéter les vieilles erreurs. Mais alors que nous choisissons d’ignorer les leçons de l’Histoire, l’Histoire, elle, ne nous ignore pas.

Source : euromind, le 16/09/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

31 réponses à Racines historiques profondes des valeurs, des institutions et de l’identité européennes, par Peter Turchin

Commentaires recommandés

bobob Le 29 octobre 2016 à 02h43

Il n’est peut-être pas nécessaire de remonter si loin pour comprendre ce qui se passe en Europe. Le prisme national explique, pour moi, beaucoup.

A six, la France était la puissance dominante. Géographiquement, elle était d’ailleurs au centre.
La construction politique de l’Europe se faisait alors sur des bases égalitaires.

Ensuite, l’histoire de cette construction est celle de l’affaiblissement de la France par rapport à l’Allemagne. (c’est pas pour rien que Pompidou décide de faire entrer la Grande-Bretagne : augmenter les contrepoids à l’Allemagne). Sauf qu’une fois la réunification de celle-ci faite, et plus encore celle-ci “payée”, sa position devient hégémonique.
Les bases deviennent alors inégalitaires. Au profit bien sûr du “centre”, que l’élargissement a mis géographiquement en Allemagne…

Le couple franco-allemand est un mythe. La lutte pour “tenir” l’Allemagne est finie. Cette “union européenne” est dorénavant le faux nez d’un nouveau Reich.
La Grande-Bretagne en a pris acte et s’est dégagé de là.
La France semble, elle, tenter de devenir le bras armé des USA à l’intérieur de l’UE pour peser un minimum.
D’où la panique d’un changement de politique des USA s’ils décidaient de se “désintéresser” de l’UE avec une politique du genre “pour le business ok, pour le reste démerdez-vous”.

  1. Logic Le 29 octobre 2016 à 01h20
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    Oui mais non. Idée interéssante mais partielle. On reste au niveau formel sans considération du contenu. Si l’UE ne fonctionne pas c’est parce qu’elle ne concerne que l’économie et qu’elle soumet la volonté démocratique des peuples aux puissances financières comme on le voit avec les Ceta, Tafta, Tisa.

    L’histoire a sans doute son importance mais la culture en a tout autant voir davantage. Or celle-ci n’est pas du tout prise en considération, sinon la Grèce, pour son héritage philosophique universelle, serait au coeur de l’Europe et non sous ses bottes.


    • RGT Le 29 octobre 2016 à 16h40
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      la Grèce, pour son héritage philosophique universelle

      On n’a même pas la certitude que les habitants actuels de la Grèce soient les descendants de ceux qui ont eu de si grands penseurs.

      Il y a eu de nombreuses invasions entre temps, et l’héritage grec a été sauvé par… les arabes !!!

      Arabes qui à l’époque étaient à la pointe de la science et de la philosophie.

      Ce n’étaient pas les arabes d’Arabie, bien sûr, c’étaient les arabes d’Irak et de Syrie…

      Sans compter les perses qui connaissaient aussi à l’époque une civilisation resplendissante alors que l’Europe sombrait dans l’obscurantisme (la religion n’étant à l’époque qu’un moyen politique d’asservir les peuples).

      Quand on voit ce que les arabes se prennent actuellement sur la gueule, on ne peut que penser qu’ils ont connu une descente encore pire que les grecs !!!

      Finalement, les occidentaux sont largement pires que les hordes de barbares qui déferlaient sur le “monde” de l’époque.
      Les barbares n’exterminaient pas les peuples conquis aussi méthodiquement que les occidentaux et surtout leur influence a été passagère.
      Espérons seulement que l’influence occidentale dure moins longtemps, mais c’est assez mal parti.

      Ils préféreront tout péter plutôt que d’arrêter.


      • Emm73 Le 30 octobre 2016 à 01h13
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        “On n’a même pas la certitude que les habitants actuels de la Grèce soient les descendants de ceux qui ont eu de si grands penseurs.”

        Sur l’héritage arabe … Non qu’il soit insignifiant. Mais c’est oublier l’acteur principal.

        Pendant plus de 7 siècles, l’empire improprement appelé romain d’orient a été la grande puissance de la méditerranée orientale. On devrait plutôt parler d’empire grecque en l’occurrence. La langue de l’élite politique, économique, culturelle, et ecclésiastique était le grec. C’est en son sein que l’on a conservé et même enrichit l’héritage de la Grèce antique.

        Par ailleurs quant à la transmission de cet héritage en Europe de l’ouest. Une des causes de l’émergence de la renaissance en Italie et pas ailleurs, est l’existence de très longue date de relations politiques et commerciales (pas toujours apaisées) entre l’Italie et l’empire de Constantinople.

        C’est un des travers de l’historiographie française de minimiser systématiquement le rôle centrale qu’a eu l’empire byzantin dans la transmission de la culture grecque antique à l’Europe de l’ouest.

        Dans l’autre sens, c’est également vrai, l’empire byzantin à beaucoup commercer, échanger avec le monde arabe naissant. La encore les relations non pas toujours été apaisées…


    • Anne Jordan Le 31 octobre 2016 à 18h52
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      A remarquer , à propos du Ceta , la position libérale (? ) de la Hongrie :
      “En Hongrie, le parti Fidesz du premier ministre, Viktor Orban, a longtemps entretenu le flou sur sa position. Il affiche désormais son soutien au texte, le gouvernement estimant finalement que l’accord bénéficiera aux entreprises hongroises.”
      (Le Monde )
      quelle étrange époque où l’on trouve décidément des oxymores à tous les coins de rue !
      un ” conservateur ultra libéral ” ?
      toute info à ce sujet ( Orban et le Ceta )est la bienvenue !


  2. Crapaud Rouge Le 29 octobre 2016 à 01h30
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    Intéressant mais discutable. Le classement est tellement “global” qu’il se prête à toutes les interprétations. J’en veux pour preuve cette erreur d’estimation : “même le schisme religieux de la Réforme, malgré le sang versé, s’est avéré n’être qu’une querelle de famille” : c’est totalement faux ! S’il est vrai que les catholiques ont finalement adopté le point de vue économique (plus efficace) des protestants, les deux religions n’en restent pas moins radicalement différentes. Il n’y a quasiment aucun rapport entre la “mentalité” des catholiques et celle des protestants : les premiers sont “grégaires”, (autour du pape), les seconds sont “sectaires” selon leurs interprétations de la Bible.


    • Anne Jordan Le 31 octobre 2016 à 18h57
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      vraiment ? @crapaud rouge ?
      avez vous vécu en Allemagne – du sud – où les 2 religions cohabitent allègrement ? ( ou en Alsace)

      votre jugement est bien dogmatique !
      j’ai connu bien des protestants grégaires , et je parle de luthériens ou de calvinistes , pas d’évangélistes à la mode U.S ) et bien des catholiques sectaires !


  3. Babouw Le 29 octobre 2016 à 01h40
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    Article très intéressant d’autant qu’au delà du traitement autour de l’UE qui n’est pas viable pour des raisons que nous connaissont largement, il soulève à juste titre la notion civiliationnelle du fonctionnement des groupes.
    Il serait intéressant de pousser ces raisonnement à la mondialisation et l’uniformisation des cultures que l’on peut observer depuis maintenant un certain temps avec les USA. Bien sûr l’instauration de ce genre de fonctionnements demanderaient une remise à zéro du système, on reste donc dans de l’utopie.

    Ayant un ami chinois, je reste impressionné par la difference de mentalité et de normes sociales et je trouves une certaine beauté à cette pluralité culturelle qui est vraiment enrichissante à titre personnel.


    • LBSSO Le 29 octobre 2016 à 08h38
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      Merci ,merci,Babouw d avoir souligné:
      “je trouve une certaine beauté à cette pluralité culturelle qui est vraiment enrichissante à titre personnel”.
      Il est essentiel pour dialoguer de se connaître.Le piège ,surtout dans un environnement de plus en plus soumis à la rapidité et à la conflictualité ,est de tomber dans des STEREOTYPES culturels.Ils empêchent toute mise en mouvement et rapprochement .
      Les mêmes personnes qui nous expliquent que l ‘on peut s entendre avec son voisin musulman (ce que je pense profondément) en dépit du flux continu d’infos et de manipulations( qui nous incitent à l’inverse), nous démontre qu’il est impossible de cohabiter avec des allemands par ex.Contradiction mue par l’idéologie (au sens péjoratif) et les stéréotypes.

      De mémoire,excusez moi si il y a une erreur : “la meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe”. J Prévert


      • patrick Le 29 octobre 2016 à 15h44
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        il y a une différence entre s’entendre avec son voisin de palier et s’entendre entre deux populations fonctionnant de façon totalement différentes.
        Entre voisins, on échange mais chacun reste chez soi et on s’impose rarement des valeurs ou un mode de vie.
        Entre populations , les conflits sont inévitables.


  4. bobob Le 29 octobre 2016 à 02h43
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    Il n’est peut-être pas nécessaire de remonter si loin pour comprendre ce qui se passe en Europe. Le prisme national explique, pour moi, beaucoup.

    A six, la France était la puissance dominante. Géographiquement, elle était d’ailleurs au centre.
    La construction politique de l’Europe se faisait alors sur des bases égalitaires.

    Ensuite, l’histoire de cette construction est celle de l’affaiblissement de la France par rapport à l’Allemagne. (c’est pas pour rien que Pompidou décide de faire entrer la Grande-Bretagne : augmenter les contrepoids à l’Allemagne). Sauf qu’une fois la réunification de celle-ci faite, et plus encore celle-ci “payée”, sa position devient hégémonique.
    Les bases deviennent alors inégalitaires. Au profit bien sûr du “centre”, que l’élargissement a mis géographiquement en Allemagne…

    Le couple franco-allemand est un mythe. La lutte pour “tenir” l’Allemagne est finie. Cette “union européenne” est dorénavant le faux nez d’un nouveau Reich.
    La Grande-Bretagne en a pris acte et s’est dégagé de là.
    La France semble, elle, tenter de devenir le bras armé des USA à l’intérieur de l’UE pour peser un minimum.
    D’où la panique d’un changement de politique des USA s’ils décidaient de se “désintéresser” de l’UE avec une politique du genre “pour le business ok, pour le reste démerdez-vous”.


    • Thoraval Le 29 octobre 2016 à 06h03
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      Euh, la France n’a jamais été la “puissance dominante” dans la construction de l’Europe, in fine, ce sont les USA. Plus précisément, le Comité des Forges, après la guerre de 70, suivi par des industriels et banquiers français, après 14-18, qui ont reconnu la supériorité allemande, la volonté du nazisme dans les années 30, puis celle américaine à partir des années 40, finalisée par le plan Marshall qui deviendra plan Monnet.
      L’UE est une émanation surtout américaine avec l’Allemagne en sous-main.


  5. bluetonga Le 29 octobre 2016 à 04h36
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    Perspective intéressante, et à mon avis incontournable, même si on peut pinailler sur les “valeurs” des “ethnies”. Vivant à la frontière des latins et germaniques, il me paraît clair que les premiers sont beaucoup plus enclins à fonctionner de manière individuelle ou familiale, et n’observer les règles qu’à des échelles sociales restreintes , tandis que les seconds s’identifient davantage à la communauté et suivent une discipline ad hoc. Cet adhésion au groupe se double d’une nécessaire croyance en ses vertus, qui explique à mes yeux une mentalité teintée de suprémacisme. Par ailleurs, et pour broder sur l’intervention de crapaud rouge, ce qui à mon avis distingue les catholiques des protestants, c’est que les premiers se conduisent avec le “Père” en enfants aimés, qui peuvent faire des bêtises et être pardonnés simplement en s’excusant (la confession) alors que chez les seconds chacun est comptable de ses erreurs et plaire au “Père” implique de rester sage. D’où une attitude un plus conformiste et un goût pour les arguties.


    • Homère d'Allore Le 29 octobre 2016 à 11h10
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      Bien plus que l’identité ou les racines chrétiennes (qui existent), les points soulevés par Emmanuel Todd dans son livre “L’invention de l’Europe” me paraissent bien plus fondamentaux.

      Les différences concernant le mode d’héritage (égalitaire en France, droit d’ainesse en Allemagne, au libre choix des parents en Grande Bretagne) et l’âge moyen du départ du fils du foyer familial (d’ailleurs perturbé par la crise actuelle) sont des facteurs discriminants bien plus marquants.

      Ces données ethnologiques sont, selon Todd, la cause du triomphe de la réforme protestante dans certains pays, de la contre-réforme catholique dans d”autres, de la présence ou non de mouvements révolutionnaires et de bien d’autres choses encore.

      Comme toute explication se voulant totale, elle a aussi ses faiblesses mais bien moins que ces infographies à deux balles faisant mine de découvrir des influences carolingiennes…


      • LBSSO Le 29 octobre 2016 à 12h25
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        Bonjour Homère d’Allore,
        vous écrivez: “mais bien moins que ces infographies à deux balles faisant mine de découvrir des influences carolingiennes”
        alors cet article de Turchin est pour vous 🙂

        Anthropologist Peter Turchin explains how the seeds of Brexit unrest were planted during the Carolingian Empire
        http://www.salon.com/2016/06/29/a_cultural_evolutionary_explanation_for_the_not_so_surprising_brexit_outcome/

        Le sens donné à l article de Turchin publié dans les crises est dévoyé malheureusement.

        Vous noterez que dans celui que je vous communique il écrit:
        “”Ce qui permet à des millions de personnes de vivre ensemble c’ est la coopération, et donc ce que nous savons , d’ après des études d’ histoire, est que la coopération varie suivant des hauts et bas de cycles. Donc maintenant tous les indicateurs que nous avons, nous aux États-Unis, et ainsi si vous regardez l’Union européenne, nous sommes dans un bas cycle de coopération, et la coopération se délite. ”

        Les différences culturelles si elles sont mal gérées mènent à un bas de cycle mais rien ne dit qu’en suivant d’autres Politiques une coopération est possible.
        Le biologiste qu’est Turchin sait que ,le lichen, l alliance du champignon et de l algue était un pionnier de la vie sur Terre.


        • Homère d'Allore Le 29 octobre 2016 à 13h18
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          Bonjour LBSSO,

          Heureusement que la “coopération” est possible !

          On se doit, en effet de promouvoir une coopération entre les différents pays européens, un peu comme du temps de la constitution d’Airbus. Mais nous sommes d’accord que ce type de coopération serait aujourd’hui interdite au nom de la “concurrence libre et non faussée”.

          Quant aux influences historiques, elles sont bien sûr indéniables mais on peut souvent leur faire dire tout et son contraire selon l’époque à laquelle on se réfère (Empire romain incluant ce qui deviendra l’Angleterre mais pas l’Ecosse; Empire carolingien sans l’Angleterre; Schisme du Filioque; Guerre de Cent ans, Empire Habsbourg, Napoléon imposant le système métrique à l’Europe sauf à l’Angleterre et la Russie…)

          En revanche, sur la longue durée, les données ethnologiques ont tendance à être plus stables.
          Personnellement, je ne suis pas trop preneur de problématiques “biologiques” à propos des sciences sociales. L’être humain est un animal social qui se doit de coopérer avec ses semblables pour vivre, c’est indéniable mais le type de coopération n’est lui-même nullement déterminé par la biologie mais par des structures démographiques, économiques et ethnologiques comme le type de famille.


          • LBSSO Le 29 octobre 2016 à 17h26
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            L’ échec est inscrit dans “des gènes ethno-historico-culturels”. Ce n’est pas la thèse de Turchin.

            – Turchin établit un Modèle Prédictif expliquant qu’il existe pour une société des cycles bas (conflits) en alternance avec des hauts de cycles (coopération).
            Si il prévoit un bas de cycle pour l’Europe pour les raisons qu il analyse, ceci n’est pas le résultat d’un déterminisme,n’était pas inscrit dans le marbre comme voudraient le faire croire certains commentaires ou une lecture un peu trop rapide de ses travaux.
            -Si Bruxelles échoue à ses yeux,c’est en raisons d’erreurs ( volontaires ou non selon les opinions)
            Turchin lui même l’écrit sur son blog:

            “je soutenais mentionner qu’ une cause importante pour le dysfonctionnement européen était le choix fait par les élites européennes d’ étendre l’union trop vite trop loin”.
            Les déterminants historiques conduisent à des bas de cycle si ils sont (volontairement ou non) mal pris en compte surtout dans des situations complexes (Europe).

            http://peterturchin.com/2016/07/visualizing-values-mismatch-in-the-european-union/

            Les commentaires que je peux lire parfois sont une déviation de sa pensée.H d’A ce n’est pas à vous que j’apprendrais qu’il ne s’agit guère d’une nouveauté.


            • Homère d'Allore Le 29 octobre 2016 à 18h45
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              Les conflits et la coopération à l’intérieur d’une société humaine , j’ai quand-même l’impression que ça dépend fortement de facteurs autres que des “cycles”.

              Si l’on prend, par exemple, les sociétés basées sur ce que Wittfogel appelait “le despotisme asiatique”, elles sont toutes d”une stabilité extraordinaire, n’étant menacées que par des invasions extérieures ou des cataclysmes.
              En effet, à l’état de nature, ces sociétés sont bâties sur une “dictature hydraulique”, le Nil, le Tigre et l’Euphrate, l’Indus ou le Houang-Ho ainsi que les lacs du Mexique ne sont exploitables que par un mode de production extrêmement hiérarchisé où un roi tout-puissant aidé d’une administration tatillonne et d’un calendrier précis défini par un clergé non moins puissant décide du moment des semailles, de la récolte, du stockage de cette dernière et de sa distribution.
              Contrairement à d’autres modes de production, celui-ci est extrêmement stable et ne fut détruit que par la société esclavagiste gréco-romaine pour L’Égypte et la Perse, la féodalité grosse du capitalisme pour l’Empire Aztèque, le capitalisme himself pour l’Inde et la Chine malgré quelques interruptions tragiques dues aux invasions mongoles.

              On a peine à trouver des cycles dans ces sociétés. En revanche, le capitalisme, lui est cyclique. Mais ce n’est en rien naturel.


  6. Jourdon Le 29 octobre 2016 à 06h06
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    Note au traducteur:
    Elinor OSTROM était une femme: ce n’est donc pas “le politologue” mais “la politologue”…
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Elinor_Ostrom
    Je suis d’accord pour mentionner l’importance de la tentative des HABSBOURG.
    Pourquoi ne pas avoir mentionné directement l’Empire romain, pourquoi tant de détours?


  7. LBSSO Le 29 octobre 2016 à 07h48
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    Danger !

    -en résumé si l ‘Europe échoue c’est en raison de nos diversités culturelles et historiques qui nous ont façonnées.
    Or, la culture est comme un iceberg.Elle est constituée d’une partie apparente visible aisément et d une seconde ,plus importante et compréhensible sur la longue durée car inconsciente.Les personnes qui ont la chance de voyager le savent.
    Mais l’iceberg,malgré sa masse est en mouvement.
    Malgré la qualité de ces articles je tiens, modestement, à mettre en garde.
    Certes quand l on vient d’horizons culturels différents il est plus difficile de s’entendre mais avec des techniques ( bien connues des spécialistes du management culturel par ex),des Projets,l’Education,des Politiques, …
    J invite OB et les lecteurs de ce blog à se référer à ce spécialiste mondial.Il analyse les spécificités de chaque pays en fonction du rapport au pouvoir,à l individualisme,au masculin/féminin,au risque et à la tolérance.Pour vivre ensemble il faut commencer par se connaître.Le projet de Bruxelles est autre :il s’agit de mettre tout et tous en compétition.

    https://www.geert-hofstede.com/canada.html


  8. PHansen Le 29 octobre 2016 à 08h04
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    Small is beautifull , « Chaque fois que quelque chose va mal, quelque chose est trop gros », il en va ainsi de tout les empires qui systématiquement finissent mal ,
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Leopold_Kohr

    L’UE , quatrième Reich forcé de recréer le Saint Empire Romain-germanique qui était le but du troisième , on fait payé au Grec orthodoxe son insoumission comme au Russe.


  9. Duracuir Le 29 octobre 2016 à 08h43
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    Todd ,n’a absolument pas la même lecture quant aux “valeurs” de référence d’un groupe humain. Il dit, par exemple, qu’en terme de fonctionnement de base quant à la cellule familiale, aucun peuple européen n’est plus éloigné de la France que… l’Allemagne.
    Comme quoi, les grilles de lectures peuvent être une aide mais en aucun cas des lois fondatrices de quoi que ce soit.


  10. pantocrator Le 29 octobre 2016 à 09h53
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    Comme inconsciemment , l’esprit juge une courbe qui part de gauche à droite logique et surtout doit ” être ascendante ” , imaginons le résultat en inversant abscisse et coordonnée ..


  11. Raoul Le 29 octobre 2016 à 10h18
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    Il est un peu tôt pour parler de l’échec du projet de l’Union européenne. Certes, si ce projet consistait à réaliser une intégration autour de valeurs communes, culturelles, sociales, etc., on pourrait effectivement parler d’échec, mais tel n’a jamais été le projet. In fine, le projet était la destruction des états-nations perçus, entre autres, comme des obstacles à la création d’une grande zone de libre-échange déréglementée.

    Considérer, comme il est dit au début de ce texte, les revendications indépendantistes comme des obstacles à l’intégration est une absurdité car les indépendantistes sont, justement, de fervents défenseurs de l’Union européenne dont ils savent qu’elle affaiblit les nations. Le rêve des écossais ou des catalans, c’est de ne plus appartenir au Royaume-Uni ou à l’Espagne, mais à une Europe des régions.

    Après une telle incompréhension des buts de l’Union européenne, tout le reste me semble donc sans grand intérêt.


  12. LS Le 29 octobre 2016 à 11h09
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    Ces grilles de lectures culturelles sont intéressantes et, je le crois, avec un fond de vérité. Mais se focaliser sur un seul de ces aspects (en gros la structure des états et plus particulièrement des grands empire européen) me paraît très réducteur.
    En fait on retrouve ici la croyance réductionniste que la structure politique détermine seul les peuples et leurs comportements anthropologique.
    La Grille de E. Todd sur les formes familiales, qui met en distance éloignée France/Allemagne sur un axe et Angleterre/Russie sur l’autre, est tout aussi valable. France/Allemagne ayant malheureusement une frontière commune.
    Je ne rejette pas ces différentes lectures, je pense juste qu’elles se superposent et forment, nation par nation, une synthèse complexe et différentiée, réfractaire à toute causalité simple. Je suis d’accord, par contre, que les différences ainsi obtenues rendent impossible la constitution d’un ensemble politique intégré, du moins pas sans violence.


  13. christian gedeon Le 29 octobre 2016 à 15h40
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    Toujours compliqué ce genre d’analyse. “L’Europe ” est issue de quatre mille ans d’histoire commencée avec “les Grecs”,poursuivie avec les Romains,puis les gallo- romains…les hispano romains,les illyro-romains…et autres romanisés de la partie occidentale de l’empire romain… le christianisme est un greffon judeo-chrétien qui a pris très fort,en se romanisant.Mais la fracture subsiste ,sans conteste,entre la partie nordique de l’Europe,germanique pour l’essentiel,et la partie ex romaine pour faire simple de cette même Europe.la frontière entre protestantisme et catholicisme n’est pas ,loin s’en faut,qu’une frontière religieuse.(je simplifie beaucoup,mais bon!).Il n’est que de voir les églises catholiques remplies de saints ,de tableaux et de statues,d’une part,et les temples protestants dépouillés.Qu’on y pense…


  14. bradest Le 29 octobre 2016 à 16h45
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    Le problème de cette “analyse”, c’est qu’elle se base sur des données qui évoluent fortement dans le temps.
    Allez voir le site du WVS (http://www.worldvaluessurvey.org/WVSContents.jsp et cliquez sur la carte), vous verrez que sur la carte de 2008, la république Tchèque, la Slovénie et même la Croatie étaient plus près de la France que l’Allemagne. Sur celle de 96, la Grèce est très près et les Pays-Bas très éloignés. Ils proposent même une animation de ces évolutions.

    Dans ces conditions, utiliser la carte de 2016 pour expliquer les fondements de l’Union Européenne n’a pas de sens.


    • Frédéric Le 30 octobre 2016 à 18h52
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      Je continue sur ce thème pour parler des axes de cette analyse. L’axe vertical a un pôle positif (le haut) assez bien défini, et désigne comme valeur la rationalité que je suppose cartésienne car le fait de mettre le “laïc” et le “rationnel” ensemble ne me semble concerner que l’Europe. A l’opposé, le pôle négatif regroupe tout ce qui est traditionnel, y compris en Europe (donc on passe au positif seulement si on devient cartésien). Comment se pourrait-il dans ce cas que ne soient tous les pays européens en haut de l’axe (et les plus en haut sont les protestants) dans la classification mondiale, puisque l’axe vertical cache un définition de l’Europe. Il y a donc ici une sorte de tautologie.

      Quant à l’axe horizontal, il pèche, selon moi, d’un indéfinition importante: Opposer les valeurs de survie aux valeurs individuelles signifie que les valeurs individuelles n’incluent pas la survie. Il devrait être plus clair pour définir cet axe de dire que le pôle négatif (la gauche) est la valeur minimale de l’individu, et la droite sa valeur maximale. Si on considère le biais causé par la dépendance des valeurs individualistes au rationalisme, il est normal d’avoir à la fois les pays “cartésiens” en haut et à droite du plan des deux axes. Il est donc attendu que la cartographie obtenue sur le plan mondial par le plan de ces axes corresponde à la géographie de Mercator. Encore une tautologie.


  15. Perret Le 29 octobre 2016 à 17h53
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    Article intéressant mais visiblement écrit très vite : la confédération Maratha dont il est question dans l’avant dernier paragraphe n’a jamais concerné les Etats-Unis mais l’Angleterre lors de la colonisation de l’Inde, à la fin du XVIII et au début du XIXe siècle. Aucun rapport avec le sujet, c’est de l’érudition à deux balles.
    C’est le genre de travail qui se fait en agglomérant des données disparates et qui fonctionne toujours du moment qu’on a décidé d’avance de la conclusion.


  16. Opps' Le 29 octobre 2016 à 19h17
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    Part 01 – L’instant et le temps

    Lorsque qu’une pièce jetée en l’air retombe chaque face , pile ou face , a une chance sur deux.
    Qui contestera cela ?
    Vous savez aussi que sur le long terme d’une série , il y aura -si le hasard est bien présent- autant de pile que de face . Qui contestera cela ?

    Pourtant si vous avez fait une série où la pièce est tombée 146 fois sur pile -statistiquement cela pourrait arriver- , vous avez l’intuition qu’ la 147ième , il y a pourtant plus d’une chance sur deux que cela soit face.

    Les deux déterminismes se conjuguent dans une logique difficile à penser et pourtant , il faut les deux!

    Penser la société ou un de ses segments uniquement synchroniquement , c’est à dire comprendre la logique des rouages actuels , et la façon dont cela tourne -plus ou moins bien- et donc “expliquer, c’est bien.
    Penser l’actuel au travers de ses dimensions et de ses déterminations historiques , et donc là aussi l’ “expliquer” en lui donnant du sens , et même un “sens”, c’est aussi très bien.

    L’un et l’autre sont indispensables, même si articuler l’un et l’autre et les pondérer suivant la spécificité des choses et des périodes , est un travail de titan !


  17. Opps' Le 29 octobre 2016 à 19h40
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    Part 02 – L’instant et le temps

    Faut-il faire un lien entre l’espace carolingien de l’an 800 et l’Europe ?
    Peut-être pas directement , mais certaines comparaisons peuvent colorer utilement des raisonnements trop synchroniques, en nous rappelant que chaque communauté a une tendance à vouloir persévérer en transmettant des “valeurs” et une “culture”.

    Ceci dit les choses évoluent et le “nouveau” arrive toujours bien sûr , mais ces surdéterminations qui se sont rajoutées , transformant les choses , ont souvent été elles-mêmes “filtrées” , “maturées”, ré-interprétées” , “digérées” par un travail des populations sur elles-mêmes. Bref sauf rupture fatale dans la chaine humaine – c’est arrivé- , on observe souvent une espèce de résilience tenace.

    Nous entrons probablement dans une ère nouvelle ou les changements vont plus vite et peut-être cette logique sera-t-elle mise en défaut … ? à moins qu’au contraire la quête d’un sens ne pousse les populations à s’arcbouter sur les pires vestiges du passé … ?


  18. Lonic Le 30 octobre 2016 à 08h12
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    Idée excéllente.
    Elle me permet de m’en faire une représentation.

    En France les Villes ont accepté d’avoir un niveau d’organisation territoriale les départements, les régions (avez une culture similaire). tous les états européens ont ce fonctionnement.
    Il serais donc judicieux de proposer une structuration intermédiaire á l’EU respectueuse des valeurs et de la culture.


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