Article EXCEPTIONNEL de 2012 de Viktor, sur les médias, hautement recommandé.

En fait, je le remercie, il m’a évité de l’écrire 🙂  C’est assez impressionnant, car j’avais justement plusieurs des images qu’il emploie en tête, comme quoi…

Comme vous le savez, je partage pleinement son “Le combat des médias n’est pas un combat annexe : il est devenu le combat.” C’est pour moi le principal sujet à traiter, car sans lui, il est parfaitement inutile d’espérer agir sur d’autres sujets – politiques économiques, sociales, européenne, étrangère, OTAN, euro… -, tout ceci ne peut pas se traiter sans une information libre et pluraliste. Tout simplement car il ne peut pas y avoir de Démocratie sans information (et éducation) de qualité.

D’où l’importance de ce billet majeur.

“Souvent, les gens ne veulent pas voir, entendre, ou parler de la vérité parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions soient détruites.” [Friedrich Nietzsche]

“Apprends à penser par toi-même, sinon d’autres le feront à ta place.” [Jean-Pierre Petit]

Source : Viktor , 04/07/2012

Viktor

«  La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » David Bohm, 1977

Préambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que «  les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak – et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents – elle se voit simplement «  remerciée » et l’affaire est classée dans le casier «  déontologie ». Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une «  liberté » qu’elle se garde bien de définir avec précision.

Pourtant, l’idée que «  l’information est devenue un produit de consommation comme un autre » n’est pas nouvelle. Mais ce serait alors le seul produit de consommation pour lequel il n’existe aucune date de péremption, aucun suivi ni traçabilité imposés par des textes, aucune association de consommateurs représentative ni aucune réglementation sur la qualité ou sur les normes.

Comment ont-ils réussi à nous faire admettre pour notre esprit ce que nous n’accepterions jamais pour notre corps ?

État des lieux : vite fait = mal fait

Un jour, j’ai reçu un coup de fil d’une journaliste de France-Info, une certaine Sophie Parmentier, «  grand reporter » est-il précisé sur le site de la radio, qui voulait m’interviewer sur un sujet précis concernant Cuba. Je me suis rapidement aperçu qu’elle ne connaissait pas le sujet et qu’elle cherchait à obtenir des réponses «  attendues ». Lorsque je lui ai demandé depuis quand elle était sur le sujet et proposé quelques sources à consulter et de me rappeler plus tard, elle m’a répondu qu’elle avait commencé à étudier son sujet à 9h00 et qu’elle devait le rendre à 16h00. En clair : elle n’avait pas le temps.

Faisons une expérience. Prenez au hasard un parterre d’inconnus. Examinez-les à tour de rôle et essayez d’énoncer une vérité sur chacun d’entre eux. A part de décrire quelques éléments physiques apparents, vous n’irez pas loin. Pour faire mieux, il faudrait poser des questions, éventuellement recouper des informations, etc. Bref, il vous faudra un élément essentiel à la recherche de la vérité : le temps. A présent, recommencez et, cette fois-ci, énoncez un mensonge. Facile : untel a marché sur la lune, un autre a traversé le Pacifique à la nage.

Cette simple, évidente et incontournable contrainte du temps, contrainte physique, mécanique, induit le truisme suivant : «  La vérité exige du temps alors que le mensonge s’accommode parfaitement avec la vitesse. »

Demandez à un garagiste de faire la révision de votre voiture en une heure. Maintenant demandez-lui de la faire en 5 minutes. Demandez à un médecin de vous ausculter en une demi-heure. Maintenant demandez-lui de le faire en 2 minutes. Par quelle magie les journalistes échapperaient-ils à la dégradation générale et inéluctable du résultat de leur travail induite par la réduction du facteur «  temps » ?

Obnubilés par la technologie qui permet la circulation quasi-instantanée de « données », on en oublie d’analyser le délai, pourtant essentiel, entre un fait et la transmission quasi-instantanée de données présentées comme des informations. Et plus ce délai est court, plus l’écart entre l’information et la réalité risque d’être – et même sera – grand. C’est mécanique, c’est physique, c’est incontournable. L’absence du facteur temps dans un métier où la vitesse est de plus en plus un «  critère » conduit inéluctablement à une dégradation continue de la qualité de l’information. Ceci est vrai même dans le cas de ce que nous appellerons un bon journaliste.

Ce qui nous permet de compléter le truisme : «  La vérité exige du temps alors que le mensonge s’accommode parfaitement avec la vitesse. Il s’ensuit que plus l’information va vite et plus elle est fausse. » Le contraire n’étant pas forcément vrai.

Ce phénomène de dégradation s’amplifie avec la complexité du sujet. En effet, annoncer qu’un train a eu une panne à tel endroit à telle heure peut se faire avec une certaine fiabilité. Après tout, la quantité d’information à traiter est limitée. Pour annoncer les résultats d’un matche de foot, c’est encore plus simple. Ici, la vitesse de traitement n’a qu’un effet mineur sur la vérité. A l’inverse, dans le cas d’un événement complexe (comme la Syrie par exemple), la vitesse de traitement produit inévitablement une dégradation de la qualité de l’information. Puisqu’il faut aller vite, et parce que l’événement est complexe, le résultat est prévisible : ce n’est pas la vitesse de traitement qui sera ralentie, mais l’événement qui sera simplifié pour pouvoir être traité dans les délais impartis. Et parce que la vitesse de traitement est relativement constante, tous les événements se verront donc compressés jusqu’à un niveau de «  compatibilité » avec les formats de transmission. Plus un sujet est complexe et plus la dégradation du significatif sera forte. A vitesse constante, la dégradation de la qualité de l’information est donc proportionnelle à la complexité du sujet traité.

Enjeu, complexité et vitesse : le trio perdant

Nous avons vu que le vitesse de traitement était relativement constante. Relativement, parce qu’il lui arrive de s’accélérer encore plus, notamment dans le cas d’événements exceptionnellement spectaculaires. Alors que la vitesse habituelle ne permet pratiquement aucun recul, aucune analyse sérieuse, il s’avère que dans les cas d’événements exceptionnels, la notion même de recul, de réserves, disparaît, pour céder la place à une débauche de «  savoir-faire » de pure forme.

Or, dans le cas du train en panne, l’enjeu politique est faible pour ne pas dire inexistant. Après tout, ça arrive. Dans le cas de la Syrie, pour garder cet exemple, l’enjeu politique est extrêmement élevé.

Si l’enjeu politique d’un événement est faible, la volonté de le manipuler sera faible. A l’inverse, plus un événement présentera un enjeu politique et plus une manipulation par les parties intéressées (notion plus large que les « parties concernées ») sera tentée – et plus la prudence et la réserve des grands médias devraient être de rigueur. C’est pourtant le contraire qui se produit.

Ainsi, la probabilité d’une manipulation d’un événement est directement proportionnelle à l’importance des enjeux politiques qui l’entourent alors que dans le même temps, la prudence des médias est inversement proportionnelle aux enjeux politiques. Leur prudence est donc – paradoxalement – inversement proportionnelle à la probabilité de manipulation. Conclusion : plus le risque de manipulation est grand, moins les médias jouent leur rôle. Moins les médias jouent leur rôle, plus la manipulation sera facilitée et par conséquence tentée, augmentant ainsi sa probabilité de manière exponentielle jusqu’à devenir «  quasi certaine ».

Notons au passage que l’attitude standard d’un «  consommateur de l’information » est de considérer que plus un événement est couvert par les médias, plus les risques de manipulation sont faibles et mieux nous sommes informés. Erreur classique et aux conséquences tragiques, ne serait-ce que parce que la multiplicité des médias n’a aucun rapport avec la multiplicité des sources et des opinions.

En résumé :

  • Le niveau de couverture médiatique d’un événement ne garantit aucunement la fiabilité des informations.
  • La mal-information (la partie «  involontaire ») est proportionnelle à la complexité d’un événement multipliée par sa vitesse de traitement. Plus un événement est complexe et plus son traitement est rapide, plus nous serons mal informés.
  • La manipulation (la partie «  volontaire ») est proportionnelle aux enjeux politiques multipliés par l’absence de réserve des médias. Plus les enjeux politiques d’un événement sont grands, moins les médias feront leur travail, et plus nous serons désinformés.
  • Lorsqu’un événement présente à la fois une complexité et un enjeu, la probabilité que nous soyons à la fois mal informés et désinformés est quasi certaine. Nos chances de connaître la vérité s’inversent donc et deviennent quasi nulles.

Ramené en une seule phrase : Plus un événement est complexe et présente un enjeu politique, moins nous sommes réellement informés – et ce, quel que soit son niveau de couverture médiatique.

La Mal-information

A l’instar de la malbouffe qui désigne à la fois les productions d’une industrie agroalimentaire et nos propres habitudes alimentaires, la mal-information désigne à la fois les produits de l’industrie de l’information et aussi nos propres habitudes de consommation.

Ce n’est pas le hamburger consommé de temps à autre qui nous bouche les artères pas plus que le sandwich occasionnel avalé à la hâte au coin d’une table de bistrot qui nous déglingue… C’est le train-train quotidien, ce petit morceau de sucre après l’autre, ce fruit chargé de pesticides ou signé Monsanto, le lent empoisonnement via nos assiettes et/ou nos propres habitudes qui se conjuguent pour nous tirer inexorablement vers le mal-être.

De même, ce n’est pas le film américain consommé de temps à autre qui nous bouche les neurones, ce n’est pas une désinformation occasionnelle avalée au coin d’une table du salon qui déglingue notre capacité d’analyse… C’est le train-train quotidien, ce petit mensonge après l’autre, cette information chargée de contre-vérités ou signée TF1, le lent empoisonnement via nos média et/ou nos propres habitudes qui se conjuguent pour nous tirer inexorablement vers le mal-savoir.

Et comme la malbouffe, la mal-information est le résultat de conditions imposées par les forces économiques mais aussi le résultat de nos propres habitudes de consommation.

La confusion entre «  ingurgiter des informations » et s’informer.

«  Moi, ça va, je passe beaucoup de temps à m’informer ». Souvent entendue, cette phrase ne fait qu’exprimer la même confusion qu’entre manger et se nourrir. Dire «  je suis informé parce que je m’informe » équivaut à dire «  je me nourris parce que je mange ». Et si cette dernière expression vous paraît cohérente, relisez la en rajoutant à la fin «  …parce que je mange des cailloux ». Absurde, n’est-ce pas ?

La confusion entre, d’une part, le temps passé à ingurgiter des informations et, d’autre part, le temps consacré à la recherche de l’information est très répandue. L’action brute (comme rester planté toute la journée devant une chaîne d’information en continue ou même l’Internet) remplace, et généralement annule, l’objectif recherché.

La mal-information est la lente et permanente distillation de «  Amadinejad a dit qu’il voulait rayer Israël de la carte », de «  Chavez, populiste – et antisémite », de «  Kadhafi a fait bombarder sa population », de «  l’OTAN est une ONG humanitaire », ainsi que toutes les variations de «  il n’y a pas d’alternative ».

Le «  sédentarisme culturel »

La mal-information est à la fois le résultat d’une information «  institutionnelle » médiocre et de notre propre passivité – par manque de temps, de moyens ou de savoir-faire, peu importe. Mais pour produire un résultat optimum, la mal-information doit se conjuguer avec un autre élément indispensable : le sédentarisme culturel.

Un des aspects les plus agaçants lorsqu’il m’arrive de débattre avec des connaissances, c’est leur évidente et totale incapacité à projeter leur pensée (ou imagination). On peut pourtant ne pas apprécier les Taliban et considérer que les enfants afghans n’ont pas à être massacrés par des cowboys surarmés. On peut ne pas apprécier feu-Kadhafi et penser, ne serait-ce que penser, que le bombardement d’un pays ne fait pas avancer la cause de la «  démocratie ». On devrait pouvoir conceptualiser que la vision de l’occident vue de l’extérieur n’est peut-être pas la même que celle de l’intérieur.

Le sédentarisme culturel annihile la capacité de se «  projeter dans l’autre », d’avoir un authentique recul sur soi et son environnement, d’éprouver une empathie réelle pour quelqu’un qui ne fait pas partie de son environnement immédiat. Par contre, le sédentarisme culturel renforce la capacité d’asséner des formules toutes faites comme des vérités premières et prétendument universelles. Après tout, comme disait l’autre, «  Rien n’est plus dangereux qu’une idée lorsqu’on n’en a qu’une ».

Se forger une vision du monde et de l’histoire à partir de son canapé et devant la télévision (ou Internet…), ou en lisant toujours le même journal, est une opération intellectuellement risquée. Le sédentarisme culturel induit une vision où son auteur se perçoit au «  centre » de quelque chose et par conséquence le reste du monde et des peuples se voient relégués vers une «  périphérie ».

Demandez à n’importe qui comment s’appelle le président des Etats-Unis et vous obtiendrez probablement plus de 99% de bonnes réponses. Demandez qui est le président de la Chine et si vous obtenez plus de 1% de bonnes réponses (et je suis optimiste), je vous offre le champagne. Combien de noms de villes connaissez-vous en Chine à part les deux que tout le monde connaît ? Il ne s’agit pas ici d’un problème de mal-information stricto sensu car vous pourriez le savoir, si vous vouliez le savoir. Mais d’un autre côté, d’où nous vient cette absence de curiosité, cette absence de «  sentiment d’ignorance » ? Le sédentarisme culturel est donc à la fois le produit de la mal-information et son moteur.

Notons au passage qu’être cultivé – au sens «  accumulation de savoir » – n’empêche nullement le sédentarisme culturel. Le passage par la machine à formater du système éducatif – notamment le système éducatif occidental, totalement orienté centre/périphérie – est souvent l’un des meilleurs moyens d’y sombrer. Je ne suis pas le premier – Chomsky l’a bien expliqué et nombreux sommes-nous à l’avoir constaté – à dire que ce sont généralement les catégories les plus «  éduquées » de la population en Occident qui sont les meilleurs piliers du système. Probablement parce que leur éducation a fortement produit une vision «  centrée » du monde et que leur attitude peut se résumer à ceci : «  Pourquoi diable chercher à savoir (ou comprendre) puisque je sais (ou comprend) déjà ? ».

Tous ceux qui ont déjà essayé d’expliquer quelque chose – n’importe quoi – à un enseignant, un journaliste, un diplômé d’une grande école ou un lecteur assidu du Monde savent de quoi je parle.

Obésité intellectuelle.

A l’instar de la malbouffe qui, associée au sédentarisme physique, produit l’obésité physique, on peut prolonger le parallèle et énoncer un nouveau truisme : «  La mal-information associée au sédentarisme culturel produit l’obésité intellectuelle. ».

L’obésité intellectuelle, c’est l’incapacité à suivre une explication de plus de trois phrases ou à lire un long article en entier. C’est l’incapacité à suivre un raisonnement de plus d’un niveau – essoufflé dès les premières marches. C’est lire toujours le même journal. C’est regarder en boucle les chaînes dites d’information. C’est consulter toujours les mêmes sites sur Internet. C’est s’enfoncer dans l’univers ouaté de ses certitudes. C’est ne plus réagir au, et même accepter, le concept infâme de «  guerre humanitaire ». C’est ne plus réagir, ni même réfléchir, aux guerres menées en notre nom. Et enfin, l’obésité intellectuelle est la propension à ne vouloir lire que ce que l’on a (déjà ) envie d’entendre et son corollaire : éviter l’effort de mettre ses certitudes à l’épreuve en les confrontant à des avis divergents.

Journalistes : complices et acteurs, ou victimes ?

Un jour, je discutais avec un journaliste de TF1 qui devait se rendre à Cuba. Nous avons discuté un peu du pays et je ne sais plus exactement comment j’en suis arrivé à reprocher «  le manque de sérieux des journalistes ». Il s’en est défendu, évidemment, en rétorquant que lui ferait son travail en (devinez…) «  toute objectivité ». Je lui ai dit que non. Il m’a dit que si. Non. Si.

«  Faisons une expérience » que je lui dis. «  Imaginez, vous êtes à La Havane, micro à la main, la caméra tourne. Vous commencez votre reportage par la phrase «  à La Havane, le régime communiste de Castro a déclaré… », etc. Votre reportage passera à la télé ? » Il me répond «  oui, bien sûr ». J’ai continué : «  Et maintenant, imaginez, vous êtes devant la Maison Blanche, micro à la main, la caméra tourne. Vous commencez votre reportage par la phrase «  à Washington, le régime capitaliste d’Obama a déclaré… », etc. Et là , votre reportage, il passera à la télé ? ». Il a admis que non, mais il a aussitôt rajouté «  Mais c’est pas pareil  ».

Et parce qu’il n’y pas de meilleur porte-parole d’un mensonge que celui qui y croit, énonçons le truisme suivant : «  Les journalistes sont à la fois les premières victimes et les principaux vecteurs de la malinformation ».

Car aussi étonnant que cela puisse paraître, la plupart des journalistes croient aux conneries qu’ils racontent. Comment s’en étonner puisqu’ils sont les premiers producteurs et consommateurs de la mal-information, l’expression-même du sédentarisme culturel et donc logiquement les plus gros obèses intellectuels ?

La tâche ardue de l’auto-diagnostic.

«  Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été troms. » [Mark Twain]

Annoncer que la terre est ronde ou qu’elle tourne autour du soleil a failli mener plus d’un au bûcher. Aujourd’hui, ces anciennes croyances nous font sourire. Lesquelles de nos croyances modernes feront sourire les générations futures ?

Si le résultat de la malbouffe est relativement simple à mesurer, celui de la malinformation présente un véritable casse-tête. Dans le premier cas, une balance et un diagnostic suffisent. Dans le deuxième, le seul outil à notre disposition est notre propre intellect, celui qui est justement la victime et la cible de la malinformation… Ce qui reviendrait à tenter de mesurer la précision d’un outil en ayant recours à l’outil même que l’on veut mesurer. Opération compliquée, mais réalisable.

Donc, comment savoir que l’on est victime de la mal-information ? Comment savoir que l’on ne sait pas ? Mieux encore : comment arriver à admettre qu’on s’est – ou qu’on a été – trompé ? Ce qui est certain, c’est que le réveil peut se révéler une expérience douloureuse car la victime de la mal-information est comme le cocu du village : le dernier à le savoir et le dernier à l’admettre. Mais le fait d’avoir constaté de visu une ou plusieurs manipulations médiatiques facilite le réveil – et provoque aussi une certaine habitude de «  réserve » lorsque les médias aboient à l’unisson.

Choses vues qu’il est impossible de -voir

En 1982 j’ai décidé de me rendre au Nicaragua qui avait connu trois ans auparavant une révolution. En juillet 1979, le Front de Sandiniste de Libération Nationale avait renversé la dictature de Somoza. Entre 1979 et 1982, la presse est passée (comme toujours) d’une attitude de «  sympathie compréhensive » envers ces «  poètes révolutionnaires, marxistes et chrétiens » à une franche hostilité. De la guerre menée par l’armée mercenaire des Etats-Unis, il était rarement question. En 1982, le magazine français l’Express publiait un article qualifiant le pouvoir en place de «  dictature marxiste-léniniste ». Brrr… De quoi annuler son voyage et demander le remboursement du billet. Toujours est-il qu’en arrivant à Managua, la capitale, ma première surprise fut de recevoir à la sortie de l’aéroport (de la capitale donc) un tract de… l’opposition. Ma deuxième surprise fut d’apercevoir tout le long de la route qui menait au centre-ville une série de panneaux publicitaires vantant les partis de … l’opposition. Ma troisième surprise fut de tenter d’acheter des journaux et de ne pouvoir trouver que La Prensa, un journal de… l’opposition. Ma quatrième surprise fut d’allumer la radio de ma chambre d’hôtel et de n’entendre que des voix de… l’opposition. Il m’aura fallu en tout et pour tout quatre heures environ pour m’apercevoir que la presse de chez moi me décrivait un pays où le ciel était vert et l’herbe bleue alors que c’était exactement le contraire. Alors, soit le journaliste de l’Express n’avait jamais mis les pieds au Nicaragua, soit il s’y est rendu mais n’est pas descendu de l’avion. Ou soit il est descendu de l’avion mais n’est pas sorti de l’aéroport. Et s’il est effectivement sorti de l’aéroport, alors il mentait.

(ceux qui connaissent déjà cette histoire peuvent sauter ce qui suit)

En février 1990, je suis retourné au Nicaragua pour suivre la campagne de l’élection présidentielle (car oui, il y avait des élections) qui opposait Daniel Ortega (FSLN au pouvoir) à Violeta Chamorro, candidate de la UNO, une coalition de 14 partis d’opposition créée ex-nihilo sous les auspices des Etats-Unis et où se côtoyaient à la fois l’extrême-droite et l’extrême-gauche (version trotskisme local). J’ai constaté que les journalistes «  envoyés spéciaux » avaient un rayon d’action d’environ 300m autour de l’Hôtel Intercontinental, c’est-à -dire la distance des dernières boutiques de souvenirs qui entouraient le bâtiment. J’ai croisé une équipe de FR3 Guadeloupe qui était venue en reportage et qui ne savait pas que le pays était en guerre depuis 11 ans. J’ai fait connaissance avec le correspondant «  Amérique centrale » de la chaîne états-unienne CBS qui m’a expliqué que l’invasion du Panama par l’armée américaine qui s’était produite quelques mois auparavant «  n’avait pas fait beaucoup de victimes » (Comment le savait-il ? Eh bien, il s’y était rendu quelques semaines plus tard et « Les gens dans la rue avaient l’air normaux » (sic). J’ai constaté comment leurs articles avaient comme «  sources » («  sûres », «  bien informées », «  ayant requis l’anonymat », etc.) un chauffeur de taxi, le barman de l’hôtel ou un obscur «  chargé de presse » d’une ambassade occidentale.

J’ai assisté aussi au dernier meeting de la candidate pro-US qui se tenait sur la Plaza de la Revolucion (ou Plaza de la Republica, selon votre humeur). La Place de la Révolution est située sur la Primera Avenida et elle a une forme presque carrée. Après vérification via Google Maps (la mémoire peut se révéler défaillante), cette place a des dimensions d’environ 70×80 mètres. Arrondissons à 100×100 et disons qu’elle a donc une superficie de 10.000m2. Retenez bien ce chiffre et notez que la place est par ailleurs en partie occupée par la vieille cathédrale (abîmée et désaffectée depuis un tremblement de terre à la fin des années 70).

Arrivés sur place, nous avons été bousculés et traités de «  hijos de putas sandinistas », probablement parce que j’avais eu la mauvaise idée – un geste involontaire – de suspendre mon appareil photo à une bride aux couleurs rouge et noir, les couleurs du Front Sandiniste. Toujours est-il que nous avons préféré nous éloigner et nous poser à l’ombre en attendant l’arrivée de la candidate, comptant sur une certaine retenue de la part de la foule une fois les médias présents.

Alors que nous étions encore en train de profiter de l’ombre, un haut-parleur a soudain annoncé que le meeting allait finalement se tenir dans le parc Carlos Fonseca (un grand terrain vague à l’époque), qui se trouvait juste en face de nous, de l’autre côté de l’avenue, et invitait donc la foule à s’y rendre. Une fois dans le parc, et au bout de quelques minutes, la foule a été invitée à retourner sur la place de la Révolution. Sur le moment, nous nous sommes demandés « que pasa ? ». La candidate est finalement arrivée et pendant son discours, je me suis mêlé à la foule qui n’avait d’yeux que pour elle et ne faisait plus attention à moi et à mes couleurs. Je suis monté en haut de la cathédrale et j’ai pris des photos de la foule présente au moment du discours. La place était loin d’être pleine. Mon estimation à l’époque me disait qu’il y avait environ 5000 personnes. La population totale du Nicaragua à l’époque était d’environ 4 millions, dont un million dans la capitale.

Le lendemain, dans le quotidien de l’opposition, La Prensa, un titre barrait la une en annonçant «  100.000 personnes au meeting de Violeta Chamorro ». En appui, le titre était accompagné de trois photos où l’on voyait des gens sur la place de la Révolution, des gens sur l’avenue et des gens dans le parc en face, le tout destiné évidemment à faire croire que la place de la Révolution avait littéralement «  débordé » à travers l’avenue et jusqu’au parc. Evidemment, nous avons bien rigolé en voyant cette manipulation maladroite, au vu et au su de tous, notamment de la presse internationale qui était présente. Nous avons par contre moins rigolé en constatant que Le Monde annonçait le même chiffre. Et c’est ainsi que j’ai assisté à une manipulation en bonne et due forme – et plutôt artisanale. Une manipulation à laquelle le Monde (et toute la presse en fait), a participé apparemment sans le moindre état d’âme.

Auparavant, Le Monde avait déjà lancé, via son «  spécialiste de l’Amérique latine » de l’époque, Bertrand de la Grange, une campagne sur – retenez votre souffle – «  Le génocide des indiens Miskitos » par le gouvernement sandiniste, sous la forme d’un article occupant pas moins de quatre pages entières du quotidien.

Et enfin, ce fut le Figaro Magazine qui enfonça le clou en publiant une photo d’un tas de «  cadavres d’indiens Miskitos » qu’on faisait brûler et qui avait été supposément massacrés par les sandinistes. La supercherie du magazine fut révélée un peu par hasard lorsque l’auteur reconnut sa photo et porta plainte pour violation du droit d’auteur. En réalité, la photo avait été prise après le tremblement de terre susmentionné. Sur la photo originale, on voyait à l’arrière-plan des gens portant des brassards de la Croix-Rouge. Sur la photo publiée, ces derniers avaient disparu grâce à des retouches photos effectuées par le Figaro Magazine.

C’est pourtant ce magazine-là et cette photo-là qui furent brandis aux Nations-Unies par la représentante des Etats-Unis, Jeanne Kirkpatrick, comme «  preuve » des «  crimes commis » par le gouvernement sandiniste . Et toute ressemblance avec une scène similaire devant les mêmes Nations Unies peu avant l’invasion de l’Irak n’est probablement pas fortuite. Il y a des méthodes éprouvées et tellement simples qu’il faudrait être fou pour ne pas les réutiliser.

Le Figaro Magazine fut condamné à 3500 frs d’amende et le Nicaragua à une «  guerre de libération » sanglante menée par une armée de mercenaires – les «  combattants de la liberté », selon Ronald Reagan. Et nous, nous fûmes condamnés à la désinformation, la propagande et à l’ignorance, du moins pour la grande majorité d’entre nous.

Reste que Bertrand de la Grange a pris sa retraite et le Figaro Magazine a survécu à l’amende. Restent aussi les innombrables croix bleues plantées le long des routes au Nicaragua pour marquer l’emplacement des camarades tombés. Restent encore et toujours la sempiternelle arrogance, incompétence et malhonnêteté de la profession.

La morale de cette histoire : ce n’est pas une sympathie a priori (et très hypothétique) envers le gouvernement syrien – par exemple – qui provoque le doute sur les événements décrits là -bas par les grands médias, mais l’expérience vécue (et un certain entraînement par la suite) qui permet de reconnaître les signes de la malinformation en général et de la désinformation en particulier.

C’est donc fort de ces expériences-là , et de bien d’autres – réelles et concrètes, pas virtuelles – et cet air de «  déjà vu » que nous évitons de crier au loup lorsque les médias chassent en meute.

Nous sommes tous des Truman Burbank

Dans le film «  The Truman Show », le jeune Truman Burbank mène une vie tranquille et pépère dans un environnement cliché du «  rêve américain ». Seulement voilà  : à son insu, Truman est le personnage d’une méga émission de télé-réalité. Depuis sa naissance, ses faits et gestes sont relayés par des caméras astucieusement cachées un peu partout ; sa femme, ses collègues de travail, ses voisins sont des acteurs ; les passants de simples figurants et son environnement un gigantesque décor intérieur de cinéma où il fait presque toujours beau et le ciel n’est qu’un très haut plafond peint. Tout est faux et Truman ne le sait pas.

Mais un jour (attention, spoiler  : ) un projecteur se décroche du faux ciel et tombe à ses pieds. Panique à la régie et sur le plateau. Truman commence à «  remarquer des choses » et à «  se poser des questions ». Il décide pour la première fois de sa vie de partir – où ça ? N’importe où, donnez-moi un billet pour une destination quelconque. Mais il y a «  toujours un problème », le vol est annulé, les pilotes en grève, et puis pourquoi veut-il partir alors qu’on est «  si bien chez soi ? ». Truman ne l’entend pas de cette oreille et s’empare d’une embarcation pour traverser ce qu’il croit être la mer et finit par s’écraser contre le faux horizon qui n’est qu’un mur de studio. Le tout avec des larmes et des violons parce qu’on est à Hollywood, malgré tout. Et à un degré ou un autre, nous sommes tous des Truman Burbank.

Indicateurs de la malinformation : les ruptures narratives et les comportements atypiques.

Toute la profession vous le dira : il faut parler des trains qui déraillent et pas des trains qui arrivent à l’heure et sans encombre. C’est pratiquement leur raison d’être, leur définition résumée de l’information. Il y a d’autres exemples, tout aussi «  incontournables » : l’équité dans le temps de parole lors des débats, la neutralité du journaliste, etc. (et bla bla bla). Autant de leitmotivs répétés en boucle dans toutes les rédactions et dans toutes leurs réponses aux lecteurs en colère. La profession serait donc guidée par des «  lois du métier », des «  comportements types » qui s’appliqueraient «  en toutes circonstances » et en dehors de toute considération personnelle, partisane ou idéologique. Admettons.

Mais tout mensonge finit à la longue par se heurter au mur de la vérité. Pour maintenir le cours du mensonge, il faut donc effectuer un détour, une entorse aux «  lois du métier » susmentionnés car si elles étaient réellement appliquées, elles finiraient par révéler la supercherie, forcément. Et nous avons vu qu’un mensonge est plus facile à énoncer qu’une vérité. Il se trouve aussi qu’il est plus facile de détecter un mensonge que de trouver la vérité.

Prenons l’exemple des astrophysiciens qui ne peuvent pas voir les trous noirs dans l’univers mais détectent leur présence par le comportement «  inhabituel » des corps célestes environnants. Les «  trous noirs » de la mal-information sont généralement invisibles – à moins d’être soi-même bien informé sur le sujet traité – mais sont néanmoins signalés par un comportement «  anormal » du corps médiatique. Et ces anomalies sont comme les ennuis et les trous noirs : plus on en cherche et plus on en trouve.

J’ai assez empiriquement classé ces «  anomalies » en deux catégories : les comportements atypiques et les ruptures narratives.

Comportements atypiques :

Les comportements atypiques désignent les violations des «  lois du métier » par le métier lui-même. Violations qui ne s’expliqueraient pas sans une volonté, consciente ou non, de manoeuvrer pour éviter le fameux mur des réalités. Les comportements atypiques se détectent en se posant une question relativement simple : «  Si j’étais réellement un journaliste mû par la volonté d’informer, à la recherche des trains qui déraillent et de l’exceptionnel, guidé par mon seul souci d’objectivité et ma déontologie, comment procéderais-je ? ». A chaque fois, je suis sidéré par l’écart entre les professions de foi et certaines réalités.

Voici quelques exemples de comportements atypiques :

  • Si vous faites référence à une source d’information telle que la radio/télévision iranienne, ou syrienne (en fait n’importe quelle source située en périphérie), la réaction systématique est de mettre en doute la fiabilité ou l’objectivité de la source. Une mise en doute qui sera accompagnée par une «  explication » de qui est derrière la source en question – mise en doute et questionnement qui ne sont jamais formulés lorsqu’il s’agit d’un média dominant. Alors, voici en guise de petite illustration une question simple à tous les lecteurs : comment s’appelle le rédacteur en chef du journal télévisé de la première chaîne française ?
  • Si on vous mentionnait le procès le plus long de toute l’histoire des Etats-Unis, un procès qui a mobilisé un casting digne d’un blockbuster hollywoodien (des amiraux, des généraux, des dignitaires, accompagné de motions adoptées par des Assemblées nationales de plusieurs pays, des interventions de chefs d’état, des ténors du barreau US, et même des prix Nobel…), on serait en droit de penser qu’il aurait fait ad minima l’objet de nombreux articles et commentaires «  par simple curiosité ». Ce fut exactement le contraire. Le procès est celui des cinq cubains condamnés aux Etats-Unis à d’absurdes peines (double peine de prison à vie «  plus » 15 ans….) pour avoir combattu le terrorisme. Absurde et révoltant. Le comportement atypique ici consiste à éviter une information «  à sensation » alors que la tendance naturelle des médias est de se tourner vers le sensationnel. Le fait qu’ils ne suivent plus leur comportement habituel signale la présence d’un trou noir informationnel.
  • Qui a déjà entendu parler un représentant de la résistance Irakienne ? Les médias ont pris totalement fait et cause pour les envahisseurs, jetant par-dessus bord le moindre semblant de l’objectivité dont ils se gaussent. Le comportement atypique ici est simplement la violation flagrante et ouverte de leur soi-disant «  neutralité de journaliste ».
  • Si l’on vous disait que le président des Etats-Unis en exercice à l’époque avait fait un discours sur la nécessité de combattre sans pitié le terrorisme, et que sur le podium des personnalités invités se trouvait un personnage justement condamné par la justice US pour actes de terrorisme, on serait en droit de penser que les médias relèveraient l’étrange contradiction. Mais pas un mot. Le président en question était George W. Bush et le terroriste s’appelait Aquino.
  • Le plus grand attentat de l’histoire a été moins enquêté que les frasques de DSK. Le comportement atypique ici est de traiter en mode «  mineur » un événement «  majeur » et inversement.
  • Très récemment, le magazine Le Point a admis (avoué) dans un article laconique qu’Amadinejad n’avait effectivement jamais dit qu’il voulait «  rayer Israël de la carte ». Après des années de matraquage et de citations hasardeuses, on aurait pu s’attendre à un examen de conscience ou une remise en cause style «  Faux charnier de Timisoara ». Que nenni. Le magazine, après des années de désinformation continue, prétend avec tranquillité et aplomb nous «  informer » (de ce que nous savions déjà en réalité).
  • Le centre de torture US de Guantanamo. Ici, l’horreur de la situation est traitée avec une décontraction inouïe, en totale contradiction avec les supposés attachements aux droits de l’homme. Est-il réellement nécessaire de s’étendre ? Ah… si ce centre avait été Russe, Chinois, Iranien ou Cubain…

Ruptures narratives :

Les ruptures narratives sont des contradictions, des absurdités, des changements brutaux de ligne sans explication… Comme un navire qui changerait subtilement de cap en faisant semblant de suivre la même route. Les ruptures narratives sont plutôt difficiles à détecter lorsqu’on est «  accroché aux infos », avec l’esprit sans cesse bombardé par de nouvelles informations qui chassent les précédentes – et dont la plupart sont totalement inutiles à notre compréhension, ou totalement incompréhensibles, ce qui revient presque au même.

Sans surprise, c’est lorsqu’on se désintoxique des médias, en prenant une sérieuse distance que les ruptures narratives deviennent cruellement évidentes. Eteignez la télévision pendant un mois ou deux puis revenez-y, vous comprendrez…

Voici quelques exemples de ruptures narratives :

  • Où est passé le fameux trou dans la couche d’ozone ? Vous savez, celui qui annonçait la fin du monde. Disparu, résorbé ou finalement on s’en fiche ?
  • Après un an d’informations sur le printemps de jasmin en Tunisie, les médias nous ont appris la victoire d’un parti dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. C’est vous dire si leurs analyses avaient du sens. Le consommateur inattentif pensera simplement qu’il en avait entendu parler mais ne s’en souvenait plus. La rupture narrative ici consiste à ne pas feindre la surprise et de mentionner le parti vainqueur des élections comme si de rien n’était…
  • Les Taliban en Afghanistan, à l’époque de l’occupation soviétique, étaient décrits comme des combattants de la liberté (décidément un terme très en vogue). Les mêmes sont désormais présentés comme des abominations. Une rupture narrative des plus classiques.
  • Lors de l’annonce en 2008 à Cuba du «  licenciement » de «  centaines de milliers de travailleurs » du secteur public, les médias ont trompeté la «  fin d’un modèle ». Deux ans plus tard, on attend toujours les images de foules en guenilles abandonnées à leur sort et errant dans les rues de La Havane.

Les ruptures narratives et les comportements atypiques partagent les caractéristiques suivantes, ce qui permet aussi de les reconnaître :

  • Ils font l’objet d’un non-dit, même lorsqu’ils sont évidents. C’est pour cela qu’on ne les confondra pas avec «  un changement de version » ou un démenti qui sera toujours intégré (récupéré) dans la narrative standard (par exemple lorsqu’ils disent : «  Nous nous sommes trompés, nous le reconnaissons, vous pouvez donc encore nous faire confiance »). Les véritables ruptures narratives et comportements atypiques ne sont jamais annoncés.
  • Ils ne sont jamais reconnus comme tels. Si vous en pointez un du doigt, ils préféreront hausser les épaules ou faire semblant de ne pas comprendre. D’ailleurs, souvent ils ne comprennent pas. Au mieux, vous aurez comme réponse un « Ah, mais, c’est pas pareil ». Les véritables ruptures narratives et comportements atypiques ne sont jamais reconnus
  • Ils sont partagés par l’ensemble de la profession, révélant ainsi des affinités idéologiques profondes.
  • Ils sont indispensables pour préserver la construction narrative qui, sans eux, s’effondrerait.

Médias alternatifs et Internet : une histoire d’amour ou de haine ?

L’assimilation entre Internet et média alternatif est courante. Probablement parce qu’effectivement, pour de simples raisons de moyens matériels, la plupart des médias alternatifs se trouvent sur Internet. Mais cette assimilation est trompeuse et confond le fond et la forme. Il existe des médias réellement alternatifs sur papier (Fakir, Le Sarkophage) comme il existe des médias dominants sur Internet (Rue89.com, par exemple).

Alors à quoi reconnaît-on un «  média alternatif » ? Le premier signe de reconnaissance d’un média authentiquement alternatif est sa capacité à déceler et dénoncer les comportements atypiques et les ruptures narratives dominants, pour tenter de rétablir une courbe de raisonnement ininterrompue et cohérente. Le deuxième est un rapport à l’information qui, contrairement à la propagande véhiculée par les «  grands » médias, est quasi-sacré. Un troisième pourrait être le refus du «  deux poids deux mesures ».

Et l’internet dans tout ça ?

Panacée pour les uns, malédiction pour les autres. Oui, je sais, le printemps arabe, Facebook, Twitter et bla bla et bla. Je n’en crois pas un mot.

Dans l’exemple de l’Egype, je me suis demandé combien de gens avaient Facebook, Twitter et bla bla bla. Les chiffres trouvés sur des services spécialisés sont de l’ordre de grandeur suivants : 20 000 comptes Twitter et 1 million de comptes Facebook. Et «  comptes » ne veut pas dire «  utilisateurs actifs ». Et «  utilisateurs actifs » ne veut pas dire «  opposants ». Et «  opposants » ne veut pas dire «  militants actifs ». Alors, que reste-t-il pour un pays de plus de 80 millions d’habitants ? Pas grand chose en réalité, sinon un autre fantasme de geek et une nouvelle légende urbaine.

Lors d’une interview, Julian Assange, fondateur de Wikileaks, avait abordé ce thème. Il avait expliqué comment les mots d’ordre de la révolution égyptienne avaient été consignés dans un livret qui circulait sous le manteau via le réseau des clubs de football. En première et dernière page de ce manuel, on pouvait lire l’avertissement de ne pas utiliser Facebook ou Twitter, trop facilement infiltrables et manipulables. J’ai observé des nuits entières le déroulement des événements place Tahrir. J’ai été très attentif à certains détails. Comment, par exemple, les groupes qui défendaient la place et les immeubles environnants réussissaient à se protéger des infiltrations et provocations. Tout simplement parce qu’ils se connaissaient entre eux. Ou parce qu’untel connaissait untel qui connaissait untel. Pas vraiment un système à toute épreuve, j’en conviens, mais on en reparlera le jour où votre vie dépendra de la confiance accordée à un pseudo rencontré sur Facebook. Et, dernière puce à l’oreille : l’hommage appuyé d’un personnage aussi grotesque que Hillary Clinton à Facebook, Twitter et bla bla bla et leurs «  cyber-révolutions ». Lorsque quelqu’un comme Hillary Clinton m’indique un chemin à suivre, j’ai tendance à faire demi-tour.

Si l’Internet avait réellement l’importance que d’aucuns semblent lui accorder, il me paraît évident que George Bush, Tony Blair et même Obama seraient en prison, que Guantanamo serait fermé, que Gaza serait libéré, que Sarkozy serait en fuite, que les banques seraient nationalisées, que le Parti Socialiste français serait redevenu un groupuscule. Car les camarades semblent avoir oublié un détail : si l’Internet nous aura bien servi, figurez-vous que l’ennemi s’en sert aussi bien, sinon mieux. Où est le progrès ? Je veux dire, concrètement ?

Il me semble que l’Internet n’a de sens que pour ceux qui ont déjà une expérience en dehors de celui-ci, c’est-à -dire dans les cas où l’Internet n’est qu’un outil complémentaire, un facilitateur, et non une source en elle-même. La cacophonie ambiante, la multiplicité des blogs, du chacun pour soi et chacun son site, la diffusion d’une chose et son contraire, la multiplication des faux-nez, de pseudos-ci et des pseudos-ça, les trolls dans les forums (genre «  J’ai vécu 10 ans en Syrie, et je peux vous dire que… » Signé : Blanche Neige), les lectures en diagonale, l’impatience devant un article trop long, le click trop facile et le butinage incessant… Le zapping à l’état pur.

Le fait est que la grande majorité de la population continue de «  s’informer » via les médias dominants, y compris dans leurs versions internet où l’on retrouve les mêmes «  ennemis de l’information », tout sourires et pas gênés plus que ça par notre présence.

On me rétorque souvent «  sans Internet… ». Oui, mais sans Internet, nous aurions peut-être, et même probablement, mené d’autres combats, d’autres réflexions sur les médias. Nous aurions présenté d’autres exigences au lieu de déserter le champ de bataille et nous retrancher dans le virtuel.

Et je me demande même si, à force de trop de « révélations », parfois contradictoires, l’Internet n’aurait pas eu un effet démobilisateur, provoquant un sentiment de tâche insurmontable, une attitude de « à quoi bon ? ».

Médias alternatifs et Internet : forces et faiblesses

Tous les responsables de médias alternatifs vous le diront : les journalistes sont grosso modo des ignares, à quelques exceptions près. Lorsqu’on a soi-même subi la contrainte du temps qu’il a fallu pour connaître véritablement un sujet et qui leur fait justement défaut (alors même qu’ils sont censés intervenir sur tout et n’importe quoi, sautant du coq à l’âne), comment s’en étonner ? Mais à les voir et les entendre, ils savent tout sur tout et finissent même par le croire.

Les médias alternatifs ont un sacré avantage sur eux : 1) Ils ont le temps. Le temps de choisir leurs sujets, de les étudier en profondeur, 2) Ils n’ont pas de comptes à rendre, pas de pressions à subir, pas de conformisme à suivre…

Ces avantages sont contrebalancés par l’absence de moyens. Et cette absence de moyens pose le problème des sources de l’information. En effet, nombre de médias alternatifs se cantonnent à «  décortiquer » les informations véhiculées par les grands médias, à analyser leurs comportements atypiques et pointer du doigt les ruptures narratives. Un travail utile mais qui a ses limites car ils se retrouvent, malgré toute leur bonne volonté, à travailler sur un produit qui a déjà fait l’objet d’un filtrage par les grands médias. On peut toujours analyser le contenu d’une bouteille d’eau, il est plus difficile de remonter à la source, là où l’eau jaillit…

«  Oui, mais sur place, il y aura un autre média alternatif qui… » Voire. Car comment savoir si ce média alternatif est plus fiable qu’un article de Libération ? Le coup de la fausse blogueuse syrienne et des faux-nez «  anars et antifas » des réseaux Indymedia sont là pour nous rappeler tous les jours la fragilité de tout ce réseau «  alternatif » informel et infiltrable à souhait…

La liberté de la presse (de faire ce que bon lui semble) contre notre droit d’être informés

«  Seule la vérité est révolutionnaire »

Notre comportement vis-à -vis de l’information est déterminé par notre rapport à celle-ci. Pour certains, peut-être la majorité, ce rapport se résume à considérer l’information comme un «  supermarché de faits » où l’on viendrait puiser des certitudes, ce qui en retour rétrécit le champ de réflexion. Petit à petit, le nombre «  d’articles prélevés » diminue pour ne plus se résumer qu’à l’indispensable kit de survie. D’autres ont un rapport boulimique. L’un comme l’autre participent à la malinformation. Mais s’entendre dire qu’il faut réviser notre rapport à l’information, c’est comme s’entendre dire qu’il faudrait faire de la gym : on y pense, on se le promet, et les mois et les années passent tandis que dans les périphéries de notre perception, les dangers et les dégâts s’accumulent.

Personnellement, je ne reconnais aucun droit à aucun journaliste de «  filtrer » l’information, et l’argument qui consiste à rétorquer «  Allez consulter d’autres sources » ne me convient nullement. D’abord parce que les sources en question, si elles se multiplient dans la forme, se raréfient sur le fond. Ensuite parce que c’est faire peu de cas de mon «  Droit à l’information ». Ce droit, je le revendique, je l’exige. Et aucun média ne saurait me convaincre qu’il faut faire avec ce que l’on a, pas plus qu’un boucher indélicat ne me convaincra qu’il me suffit de changer de boutique. De quel droit ? Et comment se sont-ils arrangés pour nous faire nous résigner à cet état de choses ?

Quelle est la gravité de la situation ?

Je vois partout et tous les jours des formes d’indécence s’étaler, des charlatanismes s’exprimer, des horreurs se banaliser.

Je vois des tas de magazines «  sérieux » publier régulièrement une rubrique qui annonce votre avenir selon votre date de naissance. Je connais des ministres condamnés pour propos racistes. Je vis dans un pays qui voue un culte à Napoléon Bonaparte. Je vois les journalistes se montrer révérencieux envers George Bush et Tony Blair. J’entends des gens «  cultivés » et «  intelligents » prôner des «  guerres humanitaires » – et je me demande ce qu’ils penseraient d’un nouveau concept de mon invention, celui de «  torture thérapeutique »…

Voir couler plus d’encre sur une femme portant un voile que sur une bombe larguée sur elle au nom de la société succinctement décrite plus haut me donne envie de vomir.

L’absurdité de la situation et la pauvreté de notre perception sont telles que des lois sur les médias récemment adoptées en Amérique latine (toujours une longueur d’avance sur nous) visant à élargirles espaces de liberté, à donner de la substance à la liberté d’expression, sont fréquemment qualifiées ici – y compris par des militants de gauche – de lois «  liberticides ». Est-il possible d’être plus «  à côté de la plaque » que ça ?

Le combat des médias n’est pas un combat annexe : il est devenu le combat. Certains l’ont bien compris et n’hésitent pas à acheter un journal qui perd des millions d’euros par an. Se pose-t-on assez souvent la question de savoir pourquoi un capitaliste investirait des millions d’euros dans une affaire qui perd de l’argent alors que dans le même temps il n’hésitera pas à fermer une usine qui en gagne, mais pas assez ? Par amour de la démocratie et du pluralisme de la presse, peut-être ?

L’information est une forme d’éducation, elle forge notre vision du monde. Mais accepterions-nous que nos enfants à l’école soient éduqués par des enseignants sortis d’on ne sait où, formés dans des «  écoles de journalisme » privées et indépendantes de toute tutelle, même mineure, indéboulonnables quel que soit leur degré d’incompétence ?

Est-il normal d’exiger le non-cumul des mandats d’un élu (qui, après tout, est élu) tout en acceptant sans broncher l’ubiquité des journalistes ? Est-il normal de limiter le nombre de réélections d’un élu (qui, après tout, est élu) tout en acceptant sans broncher de voir les mêmes têtes partout sur toutes les chaînes et radios pendant vingt ans et plus ? Est-il normal que le premier abruti venu muni d’une carte de presse puisse qualifier Chavez de dictateur dans un journal distribué gratuitement à des dizaines de milliers d’exemplaires ou sur un site Internet pseudo-alternatif ?

N’y aurait-il point de nom pour désigner un système où un pouvoir avant tout économique et commercial et non-élu supplanterait celui des représentants du peuple ?

Forts du leurre que constitue une certaine facilité sur Internet, nous avons de facto abandonné avec armes et bagages le champ de bataille des médias. Champ à partir duquel l’adversaire nous bombarde en toute… liberté.

Alors, si combat pour le pouvoir il doit y avoir, autant viser le véritable pouvoir. Car ce ne sera qu’à partir de ce moment-là , et de ce moment-là seulement, que nous pourrons dire que nous avons enfin tourné la page.

Viktor
“J’aurais pu faire plus court, c’est vrai”

Source :  Viktor , 04-07-2012

111 réponses à [Recommandé] Médias et Information : il est temps de tourner la page, par Viktor

  1. paracon Le 07 décembre 2015 à 02h58
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    Du même auteur et sur le même sujet (“Média et information : il est temps de tourner la page”) une conférence de mai 2015 :
    https://www.youtube.com/watch?v=ek9ByPElwgY

    “Au sens étymologique, l’information est ce qui donne une forme à l’esprit. Elle vient du verbe latin informare, qui signifie « donner forme à » ou « se former une idée de ».” (wikipedia)
    Dans le meilleur des mondes possibles, l’information est donc une pierre apportée à l’édifice de sa propre construction ou découverte de soi. Dans le pire des mondes possibles ce ne sera que conditionnement à une idée dominante qui nous assujettis. L’esprit n’est donc plus formé (par informations successives) mais au contraire désagréger, on pourrait alors créer le néologisme de “ex-formation”, si l’information “donne forme à l’esprit”, l’ex-formation lui retire cette forme ou “déforme l’esprit”. La désinformation et la mal-information ne sont que des expressions de cette pseudo-information, ou “exformation”.

    Ce n’est pas seulement une question d’idéologie, une tentative de rallier à sa propre cause (en l’occurrence néo-libérale) le maximum de gens, pour avoir un maximum de pouvoir, mais de manière plus sérieuse, de tuer, sinon d’endormir, toute intelligence. Car un esprit “déformé” par la volonté d’autrui ou qui ne pense pas par soi-même, n’est plus. On a alors affaire à des sortes de zombi, mort (à une pensée propre et universelle) mais encore bougeant (véhiculant les opinions communes qu’on lui inculque).

    Platon distinguait le savoir de la simple opinion, le premier est stable et résulte d’un raisonnement (logiquement valide et comportant des prémisses vérifiées) le second est instable et peut facilement se changer en son contraire, ayant été mis dans l’esprit sans la moindre argumentation ou avec une simple apparence.

    Informer c’est donc réfléchir au préalable pour susciter la réflexion chez son lecteur en donnant matière par des informations. Exformer ce n’est plus que colporter des opinions disparates pour susciter ou maintenir un état de non-pensée, propre à la manipulation.
    Il semble donc y avoir de moins en moins d’informations au profit de l’exformations, pour le grand remplacement de l’homme par le zombi !


    • Frédéric Le 07 décembre 2015 à 23h33
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      “l’information est donc une pierre apportée à l’édifice de sa propre construction ou découverte de soi”.
      Tout-à-fait d’accord. Il faut être déjà “formé”, ou “formaté” pour qu’un élément nouveau puisse constituer une in-formation, comme l’enzyme reconnaît la molécule qu’elle doit transporter, parcequ’elles ont en commun une surface emboîtante. C’est pour ça que les infos de la télé doivent entrer dans une loge déjà préparée. Il n’est donc pas de l’intérêt des informeurs de trop désagréger les auditeurs. Mais trop de mensonges c’est difficile à coller ensemble, et le résultat final c’est ou bien la schizophrénie des classes “éduquées”, ou bien l’autisme des classes dégoutées. N’est-ce pas ce qui se passe?


  2. Micmac Le 07 décembre 2015 à 03h59
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    Je ne suis pas juriste, mais il me semble que dans certains de cas de désinformations volontaires (dont certains décrits par l’article), l’article de loi concernant la diffusion de fausses nouvelles s’applique :

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006419726&cidTexte=LEGITEXT000006070722

    Est-il possible, pour des particuliers, ou des associations, de porter plainte en invoquant cet article de loi?

    Autre chose, dans le même registre. Simone Weil, la philosophe, avait parlé de la désinformation. Je n’arrive pas à retrouver la citation, mais je sais qu’elle a été écrite à la fin des années 30. En substance, ça dit que la désinformation, volontaire ou non, est un crime abominable, qui devrait être très lourdement condamné. C’est tromper la confiance du public, alors que celui-ci n’a souvent pas le temps de vérifier la véracité de ce qu’on lui raconte. Je me souviens que la citation original est argumentée, précise et féroce, si quelqu’un pouvait la retrouver…


    • Gwen Le 07 décembre 2015 à 21h52
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      “Croire l’Histoire officielle, c’est croire les criminels sur parole” – Simone Weil


  3. Philippe Le 07 décembre 2015 à 04h16
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    Agir sur les blocages.
    Si quelqu’un aurait trouvé la recette, ça ferait un bout de temps que le monde vivrait sans guerre et serait un peu plus égalitaire.

    Peut être une réponse coté marketing, il a réussi à transformé un bonne partie de la population mondiale en esclave consommateur c’est un outil efficace. J’ai souvent la courbe d’innovation en tête face à des blocages.

    Everett M. Rogers est largement connu comme l’inventeur de la théorie de la «diffusion de l’innovation»
    L’innovation c’est souvent un produit on pourrait éventuellement employer une même stratégie pour les idées.
    Un lien avec quelques explications: https://strategies4innovation.wordpress.com/2009/02/15/la-diffusion-dune-innovation/
    On remplace produit par idée, profil de consommateur par profil de population, ect…

    Subir la doxa via l’information.
    Depuis 1989 sans télé ça aide, il restait les discussions au bistrot, les journaux et les collèges.
    Maintenant il y a plus de 7000km pour aller dans un bistrot et acheter sont journal, ça aide beaucoup plus que l’absence de télé.
    Déjà ne plus subir l’information c’est le pied.
    Je vais chercher l’information ou plutôt je prends le pouls. Je commence par les actualités US, ensuite le reste du continent américain, j’ai un regard plus détaché, c’est mon continent de résidence mais j’ai un regard plus sociologique. Quand je passe à l’Europe et la France je garde ce regard sociologique.
    C’est souvent les actualités françaises que je trouve les plus bizarres, j’ai encore des contacts en France, j’évite d’aborder les sujets d’actualités.

    J’ai changé plusieurs fois de culture, on voit plus facilement les blocages des autres ce qui fait qu’on remarques les siens.

    Un bon moyen pour débloquer, casser les télés et expatrier les français, pas sûr que tout le monde soit d’accord.

    Très bon article qui fait réfléchir.


    • Charles Le 07 décembre 2015 à 12h00
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      Un autre exemple, énorme, de domination par la classe capitaliste: le traitement scandaleux de la crise financière, décortiqué par un grand lucide, Frédéric Lordon: http://wp.me/p5oNrG-dyr


  4. LBSSO Le 07 décembre 2015 à 05h17
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    Manipuler l’information, fabriquer l’évènement, façonner un air du temps, ont pour objectif d’influencer nos comportements.
    “Vous avez dit influencer ?”

    La vérité se cache souvent dans l’étymologie et l’histoire des mots: “influencer”.

    -” Emprunté. au latin. médiéval .influentia « action attribuée aux Astres sur la destinée des hommes », 1241 ds Latham, lui-même dér. de influere, v. influer.

    – “sorte d’écoulement, de flux censé provenir des Astres et agir sur les hommes et les choses » la devine inflüence” Epître S. Jerôme, 1552 .

    Les “Stars” de nos media d’info , ne sont elles pas les ” Astres” d’autrefois ?

    ps:vous aurez noté:
    -“Star” mot anglais, un autre hasard de la destinée sans doute…
    -“Info” mot troqué pour aller plus vite à l’essentiel ….


  5. Xavier Le 07 décembre 2015 à 06h25
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    La troisième guerre mondiale se déroule depuis longtemps, faut-il se réjouir pour notre santé mentale qu’en Occident, elle ne prenne que la modalité “guerre de l’information” ?…

    Plus que rendre certains sites infréquentables socialement, le pouvoir veut nous interdire de regarder le monde tel qu’il est réellement et s’emploie à nous fournir par les chaînes de désinformation des alibis nous confortant dans une logique expansionniste. Finies les croisades, tabous les colonisations, nous allons (les ONG subventionnées, c’est dire si le “N” est utile…) aider les peuples qui souffrent…


  6. Owen Le 07 décembre 2015 à 06h45
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    Il y a peut-être aussi un vieil atavisme encore inscrit dans notre cerveau reptilien: le principe d’autorité qui l’emporte sur le principe de réalité.

    On a beau cumuler des images et vidéos disponibles à nos yeux, les interminables convois de camions-citernes qui franchissent la frontière de la Syrie à la Turquie sans même s’arrêter, il suffit que Washington nie qu’il y ait contrebande, ou qu’elle concède tout juste que “ce n’est pas significatif”, pour que ce discours soit la norme dans les médias et sans doute dans la tête de la plupart des Français.

    Circonstance aggravante, la caverne platonicienne, si elle est une parabole intéressante, est aussi un énorme piège dans notre éducation scolaire de la pensée.
    “Ne croyez pas vos yeux”, “Méfiez-vous de vos sens”.

    Les populations rurales sont habituées à utiliser leurs sens et d’y associer leurs mains: ce sont encore des Homo Faber.
    Mais les populations citadines que sont devenues celles de notre pays sont habituées à des mondes artificiels: nos réalités quotidiennes sont créées avec des touches ou des bips au bout des doigts.
    Mondes préconstruits et non plus résistance du réel qui mobilise l’usage et nos sens pour exercer notre sagacité.


  7. Xavier Le 07 décembre 2015 à 06h57
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    Pour comprendre d’où viennent ces blocages il suffit de comprendre à quoi il servent.
    Simplement à rester dominant dans la société ou sous la “protection” d’un dominant.
    Tant que le productivisme sera notre mode de vie, rien ne changera, nous serons en compétition et le plus fort (aujourd’hui grâce à l’information) gagnera.

    La fuite individuelle est la seule façon de s’en sortir en espérant que la somme de ces fuites affaiblisse suffisamment le système et qu’elle s’accompagne d’une réflexion sur les déterminismes biologiques qui génèrent ces mécanismes sociaux !

    Tout cela serait très simple si nos cerveaux n’étaient pas soumis à une surenchère informative ayant pour objectif de canaliser nos émotions par une stimulation permanente du MFB (faisceau de la récompense Medial Forebrain Bundle).

    Ensuite, l’habituation nous pousse à toujours plus afin de conserver cette expérience gratifiante, bien aidée au niveau d’organisation qui nous contrôle (à savoir, tout niveau d’organisation est contrôlé par le niveau supérieur !) par le crédit qui nous enchaîne et rend la tentative de fuite très peu probable.

    Bon, je fais une fois de plus du sous-Laborit, mais si l’on éduquait, même simplement, nos enfants à la biologie, la systématique, la thermodynamique et aux théories de l’information, il est à parier que beaucoup de choses changeraient rapidement…


    • Georges Le 07 décembre 2015 à 20h41
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      @Xavier

      Je ne pense pas que d’ajouter des matières à l’enseignement changera quelque chose. Ca ne fera que déplacer le problème.

      Ce ne sont pas “nos” enfants, mais “des” enfants. Ils sont des individus à part entière, même tout petit. Et chacun a sa propre réalité et son univers.
      Les enfants ont le droit d’avoir un avis sur leur environnement.

      Je ne pense pas que ça soit “le quoi” qui soit important mais plutôt le “comment”.

      Il me semble, que ce qui est important de faire, c’est ce que proposent des pédagogies alternatives, certaines qui ont presque cent ans. Que l’élève puisse s’exprimer, qu’il apprenne à s’exprimer devant les autres, et que cette expression soit efficiente, c’est à dire que s’il arrive à convaincre les autres, que l’avis soit suivi d’actes. Et il apprend à écouter, et à contredire ou à montrer une autre façon de voir.

      Sinon on reste dans le schéma “voilà ce qu’il faut savoir avant de pouvoir parler” et si on vous a mis ce schéma en tête, vous allez le garder toute votre vie, vous serez le dominant pour une catégorie de personnes pour compenser le fait d’être un dominé (inconscient ?) dans d’autres situations.

      Et ce schéma “voilà ce qu’il faut savoir avant de pouvoir parler” pourrait peut être expliquer la facilité de la manipulation. Référence à une autorité car incapacité à proposer quelque chose de personnel de peur d’être rejeté.


      • Alabama Le 08 décembre 2015 à 17h55
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        Les enfants ont le droit d’avoir un avis sur leur environnement… Non seulement personne les prive de tel droit mais aussi il aura son avis quoi qu’il soit! Seulement leur avis se forme à partir des informations qu’ils reçoivent…. Et cette information précisément vienne non pas de la recherche ( cela ” peut” mais pas sur intervenir vers l’adolescence) mais des données qui leur sont apportées 1) l’école – pour l’histoire et l’actualité 2) Medias- pour l’actualité Or comme les deux vont de paire et l’enseignant est obligée de suivre une ligne culturelle ( et politique: car il a pas le droit de dire par exemple : USA pays démocratique impérialiste (” il est impossible que la démocratie soit violente a l’extérieure”)) Quel AVIS peuvent ils se forger sur leurs environnement ? Supposant même que le doute s’empare de l’enfant ado…. Il n’aura pas le droit de l’exprimer en classe car vite il se heurtera aux blâmes et mauvaises notes… Non seulement il n’aura plus possibilité d’argumenter pour convaincre, mais on ne l’écoutera plus.


  8. bluetonga Le 07 décembre 2015 à 07h43
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    “N’y aurait-il point de nom pour désigner un système où un pouvoir avant tout économique et commercial et non-élu supplanterait celui des représentants du peuple ?”

    Emporocratie?

    Le pouvoir des marchands (et comme il s’agirait des marchands au long-court, le pouvoir des multinationales).

    Superbe texte, un des meilleurs que j’ai lu sur les crises. Structuré, didactique, pénétrant, intuitif. Magnifiques métaphores que l’obésité intellectuelle par sédentarité et les trous noirs de l’information, décelables par les comportements anormaux de la presse.

    On pourrait ajouter qu’aux failles de l’information des MSM viennent se surajouter les mythes assenés par l’industrie du cinéma et du divertissement. A preuve, par exemple, le traitement des faits historiques par un futur blockbuster tel que “Bridge of Spies”, comparant le sort parallèle de deux espions, soviétique (Abel) et américain (Powers, pilote de U-2), et tordant joyeusement le cou aux faits historiques pour les faire correspondre à la narrative en cours : la démocratie américaine vs. la dictature soviétique. Dans la réalité, Abel a été traité moins humainement et moins légalement que Powers, ce qui bien évidemment ne transparaîtra pas dans le film qui affichera tout le contraire.

    http://russia-insider.com/en/culture/another-hollywood-propaganda-blockbuster-bridge-lies/ri11670


    • Alain C Le 07 décembre 2015 à 12h29
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      “N’y aurait-il point de nom pour désigner un système où un pouvoir avant tout économique et commercial et non-élu supplanterait celui des représentants du peuple ?”

      Union Européenne


  9. Alfred Le 07 décembre 2015 à 07h50
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    Illustration qui pourrait paraître hors sujet mais qui n l’est pas:
    L’aviation us vient de bombarder une base de l’armée syrienne à deir ez or qui combat l’ei en ce lieu (puisque encerclée et attaquée par lui) pour “combattre l’ei” (ou le soutenir?).
    Le parlement irakien vient de voter une résolution demandant à l’armée turque de quitter son territoire et de quitter la base qu’elle s’est construite en territoire kurde irakien (les turcs sont sensés être ennemis des kurdes mais pas irakiens de barzani qui protègent la base, seulement des kurdes syriens).
    Vous n’en entendrez pas parler car cela modifierait votre “perception”…


    • Crapaud Rouge Le 07 décembre 2015 à 12h50
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      L’aviation us vient de bombarder une base de l’armée syrienne à deir ez or” : vous êtes sûr ? En faisant ça, elle attaque directement les Russes. C’est énorme.


      • ig Le 07 décembre 2015 à 13h20
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        C’est ce qu’annonce la Syrie, et qui est aussitôt démenti par la coalition.
        Pas de commentaire de la part des russes pour l’instant.


        • languedoc30 Le 07 décembre 2015 à 16h48
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          En effet, la coalition occidentale rejette toute culpabilité, affirmant que ses frappes ont eu lieu 55 kms plus loin. Aucune réaction des russes jusqu’à présent. Apparemment les provocations continuent.


      • alfred Le 07 décembre 2015 à 15h25
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        Je l’ai appris par les mêmes canaux qui m’avaient fait découvrir la chute de l’avion russe (et je m’étais dit c’est énorme si c’est vrai, les russes sont en guerre avec les turcs, et on sait comment ça a tourné).
        Pour l’instant à part les syriens il n’y a que RT pour en parler:
        https://www.rt.com/news/324940-syrian-army-coalition-strike/
        et ça ne prouve pas la réalité de la chose. Il faut croire que ça n’aura d’importance que si les Russes jugent utile de s’emparer de du sujet.
        Pour les turcs en irak les sources sont plus nombreuses et il y a des photos. Mais je ne suis pas là-bas…


        • anne jordan Le 07 décembre 2015 à 18h35
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          cette info ( attaque de la base syrienne par l’aviation U.S ) a été donnée au journal de 10h , sur France Inter .
          J’ai sursauté et je me suis dit qu’on en reparlerait dans la journée .
          que nenni , pour autant que je sache !
          Pour les germanophones , ce passionnant dossier sur l’Otan et ses guerres ” humanitaires ” :http://www.nachdenkseiten.de/?p=29355#more-29355

          avec , en prime , le rappel des mensonges sur les ” massacres des Kosovars ” , mensonges proférés par le ministre de la Défense de l’époque ( une vraie tête de con ! )
          selon les mêmes méthodes – exactement les mêmes – que , 4 ans plus tard , sur l’Irak et , en ce moment sur la Syrie . ( liste non exhaustive ! )
          Alors , est ce la persistance , la similitude des truquages qui ” nous ” endorment , alors q’elles devraient nous réveiller ?


          • Georges Le 07 décembre 2015 à 21h56
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            @ anne jordan

            Bien d’accord avec vous.

            Et pour rebondir en même temps sur le thème de l’article, de savoir ce qu’ont fait et font les USA, Vietnam, Nicaragua, Chili, Amérique Latine, blocus de Cuba, Léonard Peltier, Sacco et Vanzetti, les Rosenberg, etc (j’arrête l’énumération car il serait possible de faire plus long que l’article initial !!!)…..permet d’avoir une méfiance saine sur toutes les déclarations des médias dans la ligne du parti des riches et dominants (personnellement je les reçois de la façon suivante : “qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir raconter ce coup-ci”).

            C’est tout un système qui est en fonctionnement, des politiques qui prennent des décisions dans l’intérêt de certains sensés représenter, à plus ou moins long terme, l’intérêt général, des médias qui travaillent pour orienter l’opinion, des gens satisfaits de leur confort.

            J’estime qu’on apprend, si on est vigilant, même avec un article manipulatoire (on apprend sur la technique de manipulation, on apprend sur leur intention, mais effectivement, on n’apprend rien de fiable sur les faits réels). J’ai intégré le fait qu’on essaie de me manipuler.

            Souvent, un journaliste interprète à sa façon une situation et il cherche des éléments pour l’illustrer, c’est à dire qu’il fait de l’anti-journalisme.

            Il est au service d’une idéologie sournoise et faisant partie du système, puisqu’il en profite, il a peur de perdre son boulot lui aussi, il rend ce service de façon inconsciente.

            C’est ce qu’illustre l’article avec son exemple sur la Havane et le communisme et Washington (ou New-York, je ne me rappelle plus et je ne relis pas) et le capitalisme. Le journaliste ne veut pas voir la contradiction évidente de son attitude, il a une phrase qui lui permet de s’en sortir sans aucune réflexion. Il a un point de vue arrêté, il a des slogans et des phrases passe-partout, mais il n’a pas de réflexion.

            Ceci dit, l’auteur aurait tout simplement pu demander “pourquoi dis-tu que ce n’est pas pareil, explique-moi !!”. Et en étant très attentif, recadrer à chaque fois que l’autre veut sortir de la question. En général, ça chauffe très vite.


      • Carabistouille Le 07 décembre 2015 à 22h07
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        Le pentagone accuse les Russes de s’être plantés et d’avoir commis ce bombardement. Le silence Russe semble assez éloquent.
        Soit ils se sont effectivement plantés et ça va s’écraser de gauche et de droite.
        Sinon, si c’est les US, c’est que chez les néoons il y a vraiment des tarés à la Folamour qui veulent absolument sur guerre nucléaire.
        Mon bon caractère milite plutôt pour une bavure russe.


        • alfred Le 08 décembre 2015 à 08h53
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          L’Etat Islamique vient de confirmer que des avions de la coalition avaient bien bombardé la base de l’armée syrienne avec 9 missiles au moment où il l’ont attaquée. Reste à savoir les avions de quelle nation dans la coalition? Peut-être pas US puisqu’ils le nient. Des alliés du golfe? On ne sait pas qui ment mais c’est une super coalition en tout cas!


  10. CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 08h14
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    Avant de lire ce papier, je vous propose cette citation à valeur culturelle élevée, tirée du jeu video alpha centaury de sid meier 🙂

    “Un flux d’informations libre est le seul rempart contre la tyrannie. C’est
    la triste expérience que les Américains ont faite durant leur dernier siècle
    sur Terre. Les peuples opprimés dont les dirigeants décident finalement
    de lever leur mainmise sur les circuits d’informations retrouveront bien
    vite liberté et vitalité. En revanche, les nations libres qui contrôlent
    chaque jour un peu plus les opinions publiques entament leur longue descente
    vers le despotisme. Méfiez-vous de la personne qui veut limiter votre accès
    à l’information car, au plus profond de son être, elle ne rêve que
    de domination.”
    Commissaire Pravin Lal,
    “Déclaration des droits des Nations Unies”


    • V_Parlier Le 07 décembre 2015 à 20h13
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      “En revanche, les nations libres qui contrôlent chaque jour un peu plus les opinions publiques entament leur longue descente vers le despotisme. ”
      On reconnait là la quintessence de l’idéologie mondialiste US: Si une nation est libre, elle opprime son peuple, alors que si elle n’est pas libre mais obéit à un maître (le seul sage par nature, bien sûr…) tout ira bien et l’information sera certifié 100% US-compliant!
      De l’art hollywoodien de se présenter sous un faux visage pour embobiner les peuples.


      • CitizenUp Le 08 décembre 2015 à 10h45
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        J’ai laissé la citation du jeu video telle quelle, avec donc sa référence aux Américains.

        Mais je vous le dis, la situation de la France en 2015 par rapport

        à “Un flux d’informations libre”
        et à “les nations libres qui contrôlent chaque jour un peu plus les opinions publiques”

        est à mon avis bien plus grave que celle des Usa.


      • TZYACK Le 08 décembre 2015 à 18h18
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        C’est pourquoi les USA ont eu des dirigeants qui étaient auparavant des acteurs, des comédiens ou de grands charmeurs (Kennedy, Reagan, Clinton, Scharwzeneger, Obama,..)


  11. Jerome Le 07 décembre 2015 à 08h25
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    “Dans les yeux je le conteste” : les desinformations sont elles cyniques et deliberees ? Chomsky aborde ce sujet en mettant en avant des affinites electives qui gomment en tendance des asperites evenementielles pour revenir inertiellement a un discours consensuel. Peter Dale Scott, avec son etat profond, elabore un concept analogue. Mais comment peuvent s’expliquer certains “comportements atypiques”, pour reprendre la terminologie de l’article ? Certains journalistes seraient ils en fait des agents d’influences, pour appeler les choses par leur nom ? Certains journalistes seraient ils en realite des hommes politiques portant leur combat en dehors des cadres des partis et des luttes electorales ? Le masque et la plume, finalement. Quelle methodologie adopter pour etudier cela, et pour demontrer qu’au dela d’une passivite gregaire, le moteur des media grand-public est avant tout politique ?


  12. Amelie Le 07 décembre 2015 à 08h37
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    J’ai mis du temps à admettre certaines informations alternatives tellement elles étaient en contradiction avec la réalité télévisuelle. Avec un peu de temps et de logique ça finit par passer et ça passe de plus en plus facilement parce que tout ce qui est opposé à la réalité télévisuelle a une crédibilité de base : être différent des mensonges perpétuel vu à la télé.
    Il ne fait aucun doute que si la population était soumises à des informations alternatives elle changerait aussi de point de vue.
    Bref on est beaucoup à être d’accord sur un certains nombre de points, mais est-ce que ça peut changer ? Rien n’est moins sûr, surtout avec la façon de faire des alternatifs en tout genre, ils se font humilier, alors qu’il faudrait humilier les autres.
    C’est la seule façon d’arriver à quelque chose, porter atteinte à leur honneur. Et ils sont tenaces, regardez le président, je ne sais pas comment il fait pour se regarder dans la glace mais il est toujours là. On ne lui montre sans doute pas ce qui s’écrit sur sa page Facebook.


    • V_Parlier Le 07 décembre 2015 à 20h17
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      “J’ai mis du temps à admettre certaines informations alternatives tellement elles étaient en contradiction avec la réalité télévisuelle.”
      Pendant longtemps j’ai aussi cru que c’était juste du parti pris et de l’exagération. C’est finalement assez récemment que j’ai découvert à quel point le mensonge est total, surtout lorsque ça touche à l’actualité internationale! (L’exemple du Nicaragua dans ce billet est encore un exemple de plus que je ne connaissais pas!)


  13. yvan Le 07 décembre 2015 à 08h43
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    Excellent article. Je regrette juste que le confort que la majorité des gens trouve dans une désinformation qu’ils attendent ne soit pas plus mis en avant.
    Vouloir s’informer, c’est se faire violence, se remettre en question, se déstabiliser en permanence. C’est inconfortable.
    Beaucoup ne souhaite que les jeux du cirque et le pain; le confort sans questionnement.
    Sans pessimisme aucun, il me parait donc malheureusement illusoire dans les conditions actuelles de pouvoir gagner la guerre de l’information si ce n’est sur une frange plus sensible de la population, prête, elle (ou déjà) à s’éveiller. Avec les derniers évènements et les élections en cours, cela sera pleinement mis en évidence…
    En contrepartie, il est indispensable de ne pas baisser les bras et de “transmettre” cette information afin qu’elle puisse ne pas disparaitre et continuer à réveiller les générations suivantes.


    • Ras Le 07 décembre 2015 à 10h09
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      L’information est subsidiaire. Les gens veulent avant tout un divertissement, avec une narration bien huilé, des rebondissements, des méchants, des gentils (dont on fait forcément parti), et une guerre terrible contre le mal, avec un victiore des gentils à la fin et de jolie images…

      Toute l’information est présenté comme une film avec un scénario déjà écrit, souvent contradictoire avec les faits, mais ça on s’en fiche un peu, non…?

      Et après, hop une plage de pub pour se financer à perte…


  14. CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 09h10
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    C’est assez propre…

    Mais il méjuge “internet” (ce à quoi il pense est le “web”, en réalité, mais ça c’est un détail). Deux remarques par contre pas de détail qui peut être pourraient l’amener à réfléchir plus avant sur cette question :

    1. Le web, ça n’a que 20 ans ; mieux, le grand public (et la plupart des journalistes aussi d’aillleurs…) est resté totalement ignorant de lui jusqu’à ~2000 en France, et c’est à partir de ~2004 seulement que son usage a commencé à se répandre largement.
    10 ans! Minuscule.
    Juger de l”impact de “internet” sur notre société, l’information, des effets de l’information disruptive par rapport à la tisane répandue par les media officiels, n’est pas sérieux.

    2. N’a t’il pas remarqué que les pouvoirs politiques installés redoutent internet, et ont depuis disons en France 5 années entrepris une tentative de mise au pas de cet espace non soumis aux process de validation encadrants des “journalistes”.
    Me vient par exemple à l’esprit cette remarque de l”ancienne ministre de la culture française qui déplorait et souhaitait remédier à la non éditorialisation des informations sur internet. La non “éditorialisation”, bien comprendre ce qu’elle souhaiterait, elle et ses collègues, et pourquoi… -:-)


  15. TuYolPol Le 07 décembre 2015 à 09h21
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    Un point fondamental est la qualification de la vérité, sachant que l’accès à l’information passe forcément par des tiers (journalistes, blogueurs, témoins, disons médiateurs). Cet article très bien tourné nous sensibilise et nous démontre à quel point la qualification de tiers de confiance est usurpée par les médias dominants.
    Sur internet, une identité est représentée par une empreinte cryptographique dont l’authenticité est attestée de façon récursive et pyramidale par des autorités de certification. Il y a aussi des initiatives de certification en réseau qui évitent le recours à une structure hiérarchique dépendant de la confiance dans le premier niveau.
    On voit très bien le rôle que pourrait remplir un ou plusieurs tiers de confiance virtuels pour la qualification de la vérité.
    Quelle serait la recette pour fabriquer un tiers de confiance ? Quelques hypothèses :
    – être spécialisé dans la production de faits vérifiables
    – exister dans la durée
    – être à l’abri des menaces physiques et des conflits d’intérêt
    – ne pas déléguer et être à l’abri de l’infiltration
    J’ai l’intuition qu’un tiers virtuel, participatif, réparti, coopté, bien outillé, bien structuré, pourrait se construire et constituer un point d’appui, même modeste au départ, permettant de qualifier les témoignages, les faits, les chiffres, et débusquer les mensonges. Le point central est de le constituer avec une impossibilité structurelle contre l’intoxication : soit il est vacciné contre le mensonge, soit il meurt instantanément.

    ps : coquille : “si l’Internet nous aurait bien servi”


  16. Fabrice Le 07 décembre 2015 à 09h24
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    La presse se contente de l’histoire officielle depuis sa création, à mon avis c’est se méprendre en lui demandant de chercher les vrais raisons.

    L’officieuse elle ne se dévoile que depuis peu avec la multiplication des sources à disposition, mais à mon avis tout est fait pour que cela ne dure pas.

    “Il y a deux histoires: l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements”

    Honoré de Balzac


  17. JBB Le 07 décembre 2015 à 09h29
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    @ Johan
    Ces “blocages” correspondent aux concepts de dissonance cognitive et d’autojustification.
    Ils sont brillamment expliqués dans l’un des meilleurs livres de vulgarisation scientifique que j’ai lus : “Les erreurs des autres. L’autojustification, ses ressorts et ses méfaits” de Travis et Aronson.
    http://www.markushaller.com/livre/id/8/Carol+Tavris+Elliot+Aronson+Les+erreurs+des+autres+%28Mistakes+were+made%29

    Pour faire très court:
    – Je suis un être doué de raison, intelligent
    – On m’apporte la preuve que ce que je crois/fait est complètement con (par exemple: 10 psychopathes venant d’un pays en guerre, armés de 5 cutters peuvent provoquer à eux seuls des milliers de morts et des attaques de grande ampleur au coeur même du pays le plus puissant au monde).
    – Il en résulte une dissonance cognitive: je ne peux pas être intelligent ET avoir cru un truc complètement con
    – Je dois résoudre cette tension insupportable
    – Je décide que j’avais raison vu que je suis intelligent: le truc complètement délirant est vrai et je soutiens, je bois, je remercie toutes les sources qui me le confirmeront
    – Ce choix impacte sur les choix futurs sur ce thème: remettre en cause ma décision me coûterait encore plus cher et j’investirai toute mon énergie pour ne pas avoir à le faire.

    Le livre est drôle, aéré, et agréablement dérangeant si on l’applique à soi-même.
    Une lecture salutaire que je recommande à tous en ces temps d’obscurité : nous nous devons de rester lucide.
    Un grand merci à ce blog qui m’aide, nous aide à questionner et chercher.
    JB


    • Merle Le 07 décembre 2015 à 11h58
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      Ce que vous dites correspond totalement également au principe de cout de rétropropagation dans les réseaux neuronaux artificiels. Plus le réseau neuronal nécessite d’être transformé, plus le cout en temps pour le faire par la machine sera élevé. L’humain contrairement à la machine choisi d’économiser et de ne pas transformer son réseau, du fait que cela ne menace pas son intérêt directement. FUCK REALITY YEAH!


    • alfred Le 07 décembre 2015 à 12h57
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      Plus généralement cela correspond au principe d’engagement qui veut que plus on a affecté de ressources dans une direction moins on est susceptible d’en varier. Le “Manuel de manipulation à l’égard des honnêtes gens” est assez plaisant à lire dans ce domaine.


    • Erwan Le 07 décembre 2015 à 19h55
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      J’ajouterais à cette explication un autre argument psychologique : naturellement notre cerveau préfère de beaucoup croire que l’on est en sécurité. Pas seulement sécurité physique, également du point de vue de notre compréhension du monde, c’est-à-dire du sentiment de contrôle que l’on a sur les évènements.

      Admettre que l’on vive dans un monde chaotique, que la réalité est beaucoup plus complexe et changeante que ce qu’on nous dit, que nos gouvernements ne peuvent pas garantir notre sécurité comme ils le prétendent, etc., cela nous replace dans notre condition (réelle) de “simples mortels”, largement ignorants et impuissants dans notre environnement. Evidemment ça fait peur, et ça peut être trop terrifiant pour être accepté par le cerveau, qui préfère vivre dans le confort des certitudes que dans l’angoisse du doute…

      … et surtout dans la peur insupportable de sa propre mort, angoisse universelle mais que nos quotidiens confortables d’occidentaux font tout pour éloigner de notre champ de vision. On ne voit même plus mourir nos vieux, qui finissent le plus souvent en maison de retraite (qui d’ailleurs les envoient bien souvent crever à l’hosto pour se débarasser des tracas administratifs). Or notre cerveau a tendance à s’emballer quand il peut imaginer un “danger” dont il ne voit rien ou presque : alors que dans la majeure partie du monde les gens côtoient la mort, et par conséquent savent vivre avec elle dans une juste distance, nous sommes devenus complètement paranos. Exactement de la même façon qu’aux Etats-Unis les gens achètent des armes pour se défendre, alors que la probabilité que leur arme leur permette effectivement de se protéger est infiniment plus faible que celle d’un accident, d’un acte d’énervement ou d’un suicide par opportunité.

      Au fond, les occidentaux tuent un peu partout dans le monde pour éviter de penser leur propre mort.

      Hum…. et maintenant, célébrons Noël dans la joie et la bonne humeur !!


    • Georges Le 07 décembre 2015 à 22h31
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      @JBB

      Le problème vient, selon moi de “j’avais raison”.

      Une information n’est jamais neutre car elle est choisie (une information neutre ne devrait faire aucun tri, c’est à dire pour chaque petit truc qui se passe, il faudrait écrire un livre en plusieurs tomes et il faudrait, pour qu’elle soit neutre, donner toutes les informations possibles. Pour une seule journée d’événements, tous les disques durs du monde n’y suffiraient pas).

      Celui qui informe choisit d’informer sur un fait, et donc pas sur un autre, problème de temps également, et il choisit de le présenter d’une certaine façon, il fait une synthèse, à sa façon s’il est honnête et conscient, il raconte ce qui est attendu s’il est malhonnête ou inconscient.
      _________
      Je vais lancer un pavé dans la mare : “toute information est inutile…..sauf si, elle permet d’agir en connaissance de cause, ou si, elle permet de prendre conscience de quelque chose pour pouvoir agir en connaissance de cause dans le futur” (ça n’engage que moi, il n’y a pas de source !! mais vous pouvez faire comme si j’étais un expert de la télé).

      Et l’acte, il est assumé, il ne peut pas provenir d’une analyse complète et exhaustive, il ne peut pas prétendre à la perfection. Donc, comme dans l’existentialisme, je ne peux pas avoir raison, mais j’agis quand même, ou dit autrement, j’ai raison, mais l’autre peut s’opposer totalement à moi et avoir raison aussi (relativisation de la raison).

      C’est à dire qu’on garde en arrière plan une petite option pour se rendre compte qu’on a éventuellement tord et qu’il faut réorienter son action.

      Et ça s’applique aussi à sa façon de recevoir une information. Si on veut une certitude, on va y courir après sans jamais l’atteindre.

      Petit conte bouddhiste : un homme simple avait pratiqué durant toute sa vie. Il est mourant et on fait venir un moine pour l’accompagner. Pendant la discussion, il parle d’un truc religieux qu’il n’a jamais vu et qui est de couleur rouge. Le moine le reprend en lui disant que ce n’est pas rouge mais jaune. Il éclate de rire de son erreur durant toute sa vie et ça le fait mourir. La tradition bouddhiste dit qu’il est libéré car bien que s’étant trompé toute sa vie, il a pris son erreur avec légèreté (de mémoire, le vrai conte est nettement mieux raconté).

      Donc, savoir, avoir raison, sont peut être des concepts limitants.


  18. P. Lacroix Le 07 décembre 2015 à 09h47
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    Bonjour

    Très bon article, merci Olivier.
    Très bons commentaires.

    “Simplement à rester dominant dans la société ou sous la “protection” d’un dominant.”.

    Oui, Xavier, merci, et on a là, sous les yeux, tous nos problèmes politiques!
    Ca recommence depuis hier soir, AUCUN politique capable de dire “J’ ai, ou NOUS avons fait des erreurs ou NOUS nous sommes trompés.”
    Ils sont pitoyables et affligeants.


    • Eric83 Le 07 décembre 2015 à 13h38
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      Merci OB pour cet excellent article.
      Très bonne nouvelle ce matin, Najat Vallaud-Belkacem éblouie par tant de justesse d’analyse a décidé de l’introduire à la rentrée 2017, pour les classes de 4ème, lors des cours d’ instruction civique afin de développer l’ouverture d’esprit et le sens critique des élèves…ben, vous ne me croyez pas !?

      Zut, je n’arriverai donc jamais à faire un bon journaliste MSM.

      Blague à part, en lisant cette analyse, on comprend tout de suite pourquoi le peuple français ne peut sortir du marasme grandissant dans lequel nous ont plongés depuis des années nos politiciens qui sortent pratiquement tous du même moule, d’un entre-soi quasi congénital.

      Il n’y a donc aucun espoir de changement véritable tant que nous serons gouvernés par cette caste auto-proclamée “élite” dont les médias MSM sont les complices.

      C’est pour cela que LE changement, pour un autre avenir que celui que ces inconséquents et incompétents ont tracé pour nous, ne peut advenir que par et pour le peuple français.


  19. Nerouev Le 07 décembre 2015 à 09h51
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    Finalement, ce qu’il y a de plus juste dans un journal c’est la météo à dix jours.


  20. Damien Dijon Le 07 décembre 2015 à 09h59
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    Apprends à penser par toi-même, sinon d’autres le feront à ta place.

    Jean-Pierre Petit


  21. sadsam Le 07 décembre 2015 à 10h06
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    @Jourdain.

    Pas vraiment, me semble t il.

    Si la presse “mainstream” faisait seulement un tout petit mieux son boulot, il n’y aurait pas tant de gens qui iraient regarder sur internet.

    Merci en tous cas à Olivier et à son équipe.

    Merci à Olivier et à son équipe en tous cas.


  22. Alain Le 07 décembre 2015 à 10h21
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    Une autre cause de la mal information n’est pas pointée: la course au scoop car c’est celui qui a le plus de scoop qui ramasse le plus d’audience. Un beau cas: l’annonce erronée de la mort de Martin Bouygues !

    Quand à la manipulation, tout le discours sur le CO2 (sans effet sur la santé humaine et favorable aux plantes) me semble destiné à faire un rideau de fumée sur toutes les autres saloperies qui empoisonnent notre environnement et notre santé et dont on ne parle plus ! Et ceci même si il est toujours mieux de rejeter le moins possible dans l’environnement, CO2 comme toutes autres choses.


  23. Alfred Le 07 décembre 2015 à 10h34
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    “je partage pleinement son “Le combat des médias n’est pas un combat annexe : il est devenu le combat.” C’est pour moi le principal sujet à traiter, car sans lui, il est parfaitement inutile d’espérer agir sur d’autres sujets” (OB). C’est juste et vous êtes passé à l’action sur le versant numérique.
    Ne faut il pas aller plus loin (et pour les lecteurs-commentateurs dépasser les citations savantes et passer à l’action) en lançant un campagne active et a-politique pour réformer les lois de la presse?
    Pour avoir fait ce cheminement il y a une quinzaine d’années et exploré la partie papier de la création de média alternatif je voudrai évoquer l’aspect matériel et concret des difficultés rencontrées:
    Les ressources nécessaires (temps et argent) au fonctionnement et à la fabrication d’un média papier ou numérique sont similaires et ne constituent pas une facteur bloquant (seulement limitant). Fakir en est un exemple. Ce qui distingue le support numérique et le support papier c’est la distribution. Le système actuel de distribution est purement dysfonctionnel et inique pour le plus grand bonheur des médias moribond en place et il interdit concrètement toute émergence de médias nouveau qui pourraient se faire une place et gagner un public par leur seule qualité. Le système est partagé uniquement entre Presstalis (quasiment tout dont tous les quoitidiens) et Les Messageries Lyonnaises de Presse (aucun quoitidien) est conçu de telle manière que la distribution requiert artificiellement une trésorerie phénoménale qui place une barrière à l’entrée insurmontable pour tout nouvel entrant. Et ce alors que tous ceux qui sont en place ou presque perdent des lecteurs et de l’argent (et qu’une partie de leur trésorerie provient de l’aide publique). C’est la raison pour laquelle vous ne voyez pas de médias alternatifs dans les kiosques et maisons de presse mais seulement dans les librairies militantes (et encore il faut souvent “passer une commande”). L’actionariat de Presstalis (100% de la distribution de quotidiens) à 45% Hachette-Lagardère et le reste aux éditeurs en place, n’est pas pour rien dans cette difficulté faite aux petits nouveaux. Rien à redire sauf que 250 millions d’euros de votre argent de citoyen-lecteur partent chaque année dans ce beau dispositif…
    Bref si vous voulez lire autre chose ailleurs que sur internet, il faut vous mobiliser activement (VOS 250 millions). Ne plus acheter les vendus n’est pas suffisant ((ils sont aussi sous oxygène public par ailleurs) et “soutenir” avec vos petits bras et abonnements les alternatifs l’est tout autant. Donner au nouveau les moyens de vivre de leur lectorat est la seule solution pérenne.
    Pour cette raison et aussi parcequ’il est impossible d’être loyal à trois maîtres en même temps (l’actionnaire, l’annonceur et le lecteur) il faut arrêter toute subvention publique à la presse. Soit un média est financé par son lectorat intégralement. Soit il est financé par la publicité intégralement (et ou par un propriétaire “désintéressé). Soit il doit mourir. Le décès d’un média n’est pas une chose grave en soit dans une démocratie. Il l’est devenu parce que la naissance d’un média est devenue impossible.
    La distribution doit se faire en régie avec les mêmes règles pour tous (petits et grands, anciens et nouveaux) et les aides redirigées entièrement vers l’aide au tarif postal et la facilitation de l’accès à des acteurs nouveaux: prêts à taux zéro sans garantie pour de courtes durées ou amortissement de fluctuations trop rapides à la rigueur. Le fonctionnement sur la durée doit se faire sans subvention autre que le tarif postal: Pas de lecteurs= la mort.


  24. Choupinet Le 07 décembre 2015 à 10h39
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    Ce n’est pas systématiquement une question d’ego ou de refus de se savoir trompé. Il y a aussi le besoin de se sentir dans un monde maîtrisé.

    Les gens ne peuvent supporter qu’une certaine somme d’angoisses. Etre à la hauteur, le regard des autres, assurer le lendemain, etc. tout ça réclame déjà beaucoup d’efforts.

    Alors IL FAUT que ces efforts soient pour quelque chose de positif, même si ce positif à des côtés sales. Croire que l’élite avance “globalement” pour le bien, c’est pour eux le seul moyen de rester motivé pour se lever le matin, et ne pas sombrer dans la dépression ou la panique devant le vide abyssal de leur société.

    Ce n’est pas une simple question de fierté, c’est aussi une question de survie, et en conséquence, une des clés de la pérennité pavlovienne du système occidental.


    • Alabama Le 07 décembre 2015 à 18h05
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      J’aime certains arguments dans votre commentaire qui sonnent très justes et d’autres pas. Enfin même si il y a une bonne approche psychologique chez vous il y a aussi contradiction. Il y a deux catégorie des personnes: ceux qui aiment s’affirmer et d’autres, malgré un métier, en dehors de celui si ( qui comme vous dites prend beaucoup de temps) ils préfèrent suivre leurs instinct grégaire…Surtout dans la deuxième catégorie vont se retrouver des adultes qui ont à leur charge pas mal des choses qui leurs laissent pas le temps de faire une recherche supplémentaire que la télé… ayant déjà un cercle d’amis, les parents et les familles des conjoints… Le cercle maîtrisée pour le mieux vivre, personne fragile, va vite peser le pour et le contre de l’énergie (pour se quereller) et la perte probables des liens chers établies! Il se trouve que pour beaucoup ni la géopolitique ni les pays ( ou ils sont pas prêt d’aller s’y installer ) ne les intéressent tout simplement pas…. Cet non intérêt provient bien évidemment de l’instruction a l’école d’abord.. Et pourtant le sujet permet justement éviter la panique chez soi quand les réformes et les événements arrivent vous n’êtes pas surpris… Au contraire vous les prévoyez! Car les sociétés suivent plus ou moins les mêmes schéma – croissance et décroissance … ” croire que l’Elite avance ” globalement ” bien , c’est l seul moyen qui motive de se lever le matin”… NON au secours… Moi ceux qui me rassure et motive le matin , s’est de savoir que j’ai encore là capacité de distinguer le vrai du faux par mes propres moyens et que surtout mes enfants ont l’esprit largement ouvert pour avoir le même discernement!…. Or, je vous avoue, l’instruction de mes enfants m’angoisse…. L’instruction de la pensée unique et sa bonne répétition …


      • Georges Le 07 décembre 2015 à 23h10
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        @Alabama

        Je trouve les remarques de Choupinet très pertinentes. Il n’a pas écrit que c’était une règle immuable. Je le comprends plutôt comme étant un facteur important à prendre en compte pour essayer de comprendre le fonctionnement.

        Et je pense que nous sommes tous concernés à des degrés divers par ses remarques. On a quelque part besoin de se construire un noyau dur de stabilité, que ça soit par une idéalisation du pays, par ses enfants (ce que vous faîtes), par ses pensées, par son travail ou je ne sais quoi d’autres.

        Accepter le fait, c’est déjà être plus éclairé et compatissant envers soi-même et donc avec les autres.
        Nous avons des faiblesses et les bonnes manipulations jouent là-dessus (comme dans le livre 1984 assez souvent cité).
        En être conscient, c’est diminuer ces faiblesses.


        • Alabama Le 08 décembre 2015 à 18h33
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          Bonjour, bien sûr que ses remarques sont pertinentes … Car elle analysent , expliquent la nature humaine…. Sauf que cela doit aussi s’appliquer à l’humain a l’autre bout de la planète… Qui a les même mécanismes de survie et d’autodéfense …Je pense notamment au peuple de l’Irak….je pense notamment que ” la folie durant la guerre est très accessible ” A lieu de cela on nous parles des “Extraterrestres” – un peu trop facile … (Bien sûr parmi eux eux il y a des fous réels, mais vite fabrique par nos soins , mais aussi par ceux qui utilisent ce mouvement pour les buts politiques) Or que la proportion des fous génétiquement est mince sur terre et surtout ils sont bien répartis sur la planète, tout comme la beauté et l’intelligence!… Alors que se passe t’il quand l’angoisse dépasse notre niveau de tolérance de celle- ci? Quand plus rien n’est maîtrisé?… Peut on ” Peter les câbles” ” devenir plus ou moins fous (selon notre génétique et expérience de vie)…? Voilà la question que je vous pose! Merci pour votre réponse! Et là je vous rejoins sur -être plus compatissante avec l’autre… Mais Lequel? Encore pour nous il y a deux “Autres” : un – notre beau-frère, ami, voisin, collègue… qui veut suivre tranquillement son journal de 20 h à la télé et l’Autre à l’autre bout de la Terre qui vit en Irak, Libye, Pakistan…. Je crois que nous sommes, comme tout être humain ( par sa nature) mieux disposé vers le premier “Autre”….est ce encore je m’éloigne de la nature humaine?


    • PierreH Le 08 décembre 2015 à 11h15
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      Tout à fait… C’est très intéressant comme concept, d’autant plus que ca s’applique à tout le monde: combien de gens qui s’abreuvent aux sites “alternatifs” le font aussi parce que la réalité dans laquelle ils évoluent les dépriment et qui au fond ont “besoin” de remettre tout en question, parfois plus que nécessaire ou systématiquement, au point qu’on finit parfois par croire un peu tout et n’importe quoi pourvu que ce ne soit pas une thèse mainstream ?

      Parfois j’ai l’impression de voir des certitudes “mainstream” remplacées tout bonnement par des certitudes “alternatives”, expliquant que finalement “tout est simple” une fois trouvée la bonne clé de lecture. Peut-etre suis-je limité, moi j’ai plutot l’impression que quand on s’intéresse à certains sujets de plus près qu’à travers le spectre des médias dominants, les choses deviennent souvent assez complexes et c’est assez dur d’en sortir avec des certitudes d’acier.


  25. Anouchka Le 07 décembre 2015 à 10h50
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    Je m’interroge tout de même sur le concept de “droit à l’information” qui est évoqué par l’auteur comme début de réponse au problème de l’information.
    Je butte personnellement toujours sur la fameuse phrase de Nietsche : “les faits n’existent pas, il n’y a que des interprétations”. C’est à dire que quelque soit notre bonne volonté, nous n’arriverons jamais à percevoir la réalité des faits qu’à travers le prisme de notre esprit, de notre conscience. Et cette perception est toujours relative, conditionnée.
    A mon avis, il faut se garder de raisonner en termes de droit à l’information car ce serait la porte ouverte à la criminalisation des opinions, à la police de la pensée.
    Parler d’information pure et parfaite, c’est très platonicien; c’est présupposer que l’esprit existe indépendamment des consciences à travers lesquelles il s’incarne. Qu’il y a d’un côté la vérité, la raison (atteignable par les humains) et de l’autre les opinions (illusoires, coupables). Il me semble que la science moderne montre justement que ce modèle ne fonctionne pas.


    • TuYolPol Le 07 décembre 2015 à 11h19
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      Les faits n’existent pas ? La réalité n’existe pas ? C’est un exercice intellectuel passionnant, tout ce qu’on veut, la réalité pure n’est par définition pas représentable et toute pensée n’en est qu’une modélisation. Mais le sachant, il ne faut pas pour autant déconstruire toute expérience. Le modèle de réalité accessible par nos sens et leurs prothèses reste le plus fiable que nous ayons.


    • adrien Le 07 décembre 2015 à 13h39
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      Si l’information “objective” n’existe pas, il faudrait au moins qu’existe le pluralisme de l’information pour que chacun puisse se faire son opinion. Ce n’est pas le cas en raison de la concentration des moyens d’information : ils appartiennent au CAC 40 ou à l’État qui met à la direction des médias publics des dirigeants qui favorisent la pensée unique : https://lundi.am/Liberte-d-expression .
      Un exemple du déni d’information : résultat du référendum danois du 3 décembre au sujet de l’Europe http://russeurope.hypotheses.org/4530


    • groucho Le 07 décembre 2015 à 16h54
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      @Anouchka
      Je me permets de redonner un lien que j’ai donné plus haut parce qu’il en est question (entre autres), de cette phrase de Nietszche et de ce qu’on peut en penser : https://www.youtube.com/watch?v=oMbTChiAh5E


      • Anouchka Le 07 décembre 2015 à 17h52
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        La vidéo est intéressante et effectivement J.B. donne des arguments pour dépasser ce problème de l’interprétation des faits. La réalité existe en effet. Le problème reste quand même que le cerveau humain n’est peut-être pas capable de l’appréhender dans toute sa complexité.
        En plus, même si on pense que le cerveau humain est capable d’appendre la réalité dans toute sa complexité, c’est très difficile de trouver suffisamment de temps pour faire des recherches, recouper les sources sur tous les sujets importants. A un moment ou à un autre, on est obligé de s’en remettre à des “spécialistes”. Et tout le problemes est la : comment identifier les “bons” spécialistes de ceux qui sont bêtes, ignorants ou aveuglés par leurs passions.


    • Subotai Le 08 décembre 2015 à 02h07
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      Ben voyons!
      Je vous lâche une boule de pétanque sur les orteils. Ne vous en faites pas ce n’est qu’une interprétation et non un fait… MDR 🙂

      Maintenant et d’autre part vous avez raison pour le Droit à l’information.

      Ce qu’on oublie toujours c’est que les Droits de la presse obtenus de haute lutte n’avaient pour objectif que d’autoriser une propagande variée. Ce que la presse n’a jamais manquée de faire.
      L’idéal de la déontologie et de “l’information” neutre n’est venue que bien après et uniquement pour tenter d’anoblir le blason de la profession en lui donnant le lustre de l’impartialité. Et ceci tout simplement parce que les “journalistes” ont commencé à venir des classes sociales supérieures ou tendant l’être…
      Donc au final, vive les presse, la propagande et les Blogs multiples et variés, butinez, savourez et faites marcher votre cerveau. C’est pareil pour la bouffe fast-food et le reste…
      On n’a jamais que ce que l’on mérite.


  26. Alfred Le 07 décembre 2015 à 10h57
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    Pour terminer la carte de presse mérite elle aussi d’être réformée et un statut équivalent accordé aux blogueurs qui le désirent. Ce statut instaurerait des devoirs en même temps que des droits. Il est aberrant de faire supporter un risque légal à quelqu’un qui ne tire pas de revenus de son activité d’information sans lui donner les avantages qui vont avec pour cette activité. Soit vous êtes un quidam sans carte de presse et vous ne supportez pas les risques d’éditeur (seulement ceux de citoyen – diffamation, etc..), soit vous supportez ces risques (blog d’information = éditeur) mais alors vous en avez les avantages.
    Par ailleurs la nature de l’activité et l’acceptation des avantages et devoirs (et risques) seuls doivent être les critères pour avoir une carte de presse, et non la proportion de revenus que l’on en tire. On devrait pouvoir avoir une carte de presse sans en vivre du tout. Évidemment la carte de presse devrait être retirée au premier cas de bidonnage avéré…
    Pour tout cela il faudrait intéresser à la CCiJP qui fonctionne dans un délicieux entre-soi entre éditeurs et journalistes (aucun représentant des lecteurs). C’est la chose à réformer par la loi. Un ou des tiers doivent être rajoutés.

    Enfin, pour tout un chacun si le combat ne se concentre pas sur internet (il faut “regagner” le domaine de la presse papier et pourquoi pas celui des radios voire télés), il faut rester vigilants à défendre “le dernier carré”: Un petit tour par la Quadrature du Net par exemple histoire d’être sur de pouvoir lire le blog d’OB dans quelques années sans avoir des ennuis ou même de pouvoir le lire tout court…

    A quand une campagne de type BDS pour une réforme de la presse?


    • anne jordan Le 07 décembre 2015 à 18h48
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      mais … on le pratique déjà , le boycott !
      je pense que parmi les contributeurs de ce blog , il ya peu d’abonnés , voire de lecteurs réguliers de la presse mainstream , non ?
      est ce que cela décourage les investisseurs ?
      non !
      il faut rappeler la quantité énorme de journaux distribués gratuitement : l’autre jour dans une fac de Bretagne , au restaurant universitaire , il y avait une centaine d’Ouest France ( ouest torch’ , pour les indigènes ) , j’ai demandé aux étudiants si c’était habituel ; réponse : c’est quotidien !


      • Alfred Le 07 décembre 2015 à 19h44
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        Boycotter à titre personnel les produits des colonies n’est pas la même chose que s’inscrire dans une campagne prosélyte organisée …
        Vous vos proches c’est bien. La place publique en groupe c’est tŕes différent…
        D’ailleurs tout le monde se fout que nous boycottions tout seul. Une campagne organisée attirerait plus d’ennuis.


  27. Patrick Luder Le 07 décembre 2015 à 11h06
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    Un élément qui me semble être important n’est pas assez développé => l’excès d’informations tue l’information.

    Abreuvé d’informations à tous les moments de la journée, nous n’arrivons plus à nous faire notre propre opinions et ne cherchons plus ce qui est juste ou pas. Le journaliste comme le lecteur confronté à une trop grand quantité d’information, perd tout recul nécessaire à une capacité de jugement et d’opinions propres.


    • TuYolPol Le 07 décembre 2015 à 11h38
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      Mais peut-être que la critique de la vitesse est aussi celle de l’excès, c’est à dire du conflit entre quantité et qualité, et l’absence de mesure de la qualité, quand tout est marchandise.


  28. Jacques Le 07 décembre 2015 à 11h06
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    Pour continuer cet article dans l’esprit de “Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire, mais comprendre.” dont l’image de la citation de Baruch Spinoza figure en permanence sur le présent blog, voici un lien vers un texte (2002) de Normand Baillargeon

    http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/normand/rsc/normand%20baillargeon-petit%20cours%20autodefense%20intellectuelle.pdf

    à l’origine de son livre “Petit cours d’autodéfense intellectuelle” (2006) dont on trouve une présentation

    http://www.homme-moderne.org/societe/politics/nbaillargeon/autodef/extraits1.html

    je vous propose en particulier la lecture de la partie 6.2 intitulée: LE KIT DE DÉTECTION DE POUTINE DE SAGAN que je viens de faire et qui m’amènerais à privilégier dorénavant railler, déplorer, maudire… et (néanmoins) comprendre, même si, je le concède, la lecture de

    http://www.laffont.fr/site/manuel_d_autodefense_intellectuelle_&100&9782221156803.html

    ne m’incite pas à me procurer ce “Manuel d’autodéfense Intellectuel” (2015) pour en faire de même. Il m’est possiblement encore quelque cheminement nécessaire avant que de pouvoir réellement appliquer “L’Art d’avoir toujours raison” (Schopenhauer) à moi-même.

    http://inventin.lautre.net/livres/Schopenhauer-L-art-d-avoir-toujours-raison.pdf


  29. Tunkasina Le 07 décembre 2015 à 11h10
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    Comment passez au delà des blocages ?!
    Mon pauvre ami, vous n’y êtes pas : Vous ne pouvez juste pas, en tout cas, pas par une simple discussion ! Il va falloir utiliser une manipulation au moins aussi lourde que celle qui a été subie pour enfin instiller le doute (et le doute, c’est tout ce qu’il faut).

    1- Ne pas être agressif dans son argumentaire : Il faut toujours bien laisser à l’autre la liberté de croire la version officielle, exposez juste ce qui vous a amené à douter.
    2- Ne jamais moquer l’opinion issue du média : Celui ci est parole de vérité par défaut. Donc, si on le remet en cause, il ne faut pas dire que le média ment, mais qu’il a pu faire une erreur. Une erreur n’est pas impossible, le mensonge, si. (dans la tête du consommateur).
    3- N’en faites pas trop : Un argument, une conversation. Si il passe, tant mieux, sinon, ne pas insister : Insister, c’est démontrer à l’autre qu’il se doit de se défendre, et pas juste discuter.

    Comment ? Ces techniques sont d’horrible manipulations ? Peut être, d’un certain point de vue. Pour ma part, je pense plutôt que ce sont les clés qui m’auront enfin permis d’exprimer mon opinion sans être traité d’utopiste, complotiste, voir carrément d’abruti.

    N’oubliez pas : les études montre que 98% des gens s’estiment au moins “un peu” plus intelligent que “les autres”. Il convient donc de respecter ceux qui se trompent, car ils pensent qu’ils se trompent en général moins que vous.

    Je vous propose de “googler” : Réactance (psychologie) et Dissonance cognitive

    Quelques liens qui vous plairont, j’en suis sûr :

    http://livre.fnac.com/a6981752/Robert-Vincent-Joule-Petit-traite-de-manipulation-a-l-usage-des-honnetes-gens

    http://hacking-social.com/


    • Choupinet Le 07 décembre 2015 à 14h42
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      Autre solution, changer de fréquentations.

      Je me suis usé pendant des années à tenter de convaincre et d’argumenter, en utilisant toute la gamme que vous avez exposée.

      Le temps passé à contre-argumenter, je ne l’utilisais pas à approfondir ma propre clarté de vue.

      A chaque nouvel incident, fallait recommencer, car les mêmes réflexes revenaient chez mes interlocuteurs, mes tentatives ne servaient donc qu’à m’user la patience.

      Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre. J’ai fini par entendre qu’eux ne voulaient rien entendre : la réalité n’était pas assez choquante pour bousculer leur besoin de certitudes.

      Si j’avais eu plaisir à me chamailler, je les aurais gardé comme amis, mais ce n’est pas le cas : j’ai besoin d’avoir confiance dans l’intelligence de mes proches.

      J’ai changé d’amis. Ca a changé ma vie, et c’est pas compliqué de conclure : youpi.


  30. foobar Le 07 décembre 2015 à 11h13
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    Pour comprendre comment nous sommes manipulés ou pour le prouver à autrui, lisez :

    Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens

    On le trouve facilement en pdf sur Internet. Ce traité démontre aussi la puissance du “gratuit”:

    Faites le test :
    A la caisse choix entre 2 chocolats : un très bon à 1 €, un mauvais à 20 cents
    Résultat : 50%-50% entre les 2 chocolats, le ratio plaisir/prix étant égal
    Baissez de 20 cents le prix des 2 chocolats, soit 80 cents pour le bon et 0=gratuit pour le mauvais
    Résultat : presque tout le monde prend le gratuit

    Maintenant remplacez le chocolat par les MMM (gratuit et à disposition) et un blog averti comme les Crises (certes gratuit mais son accès nécessite de “payer” de sa personne / la télé = no brain 😉 )


  31. CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 11h23
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    “Ne faut il pas aller plus loin (et pour les lecteurs-commentateurs dépasser les citations savantes et passer à l’action) en lançant un campagne active et a-politique pour réformer les lois de la presse?”

    -> Pas de temps à perdre dans des projets aussi coupés des réalités “parlementaires” et “législatives”.

    Cela dit, je partage en gros le fond de ce que vous dites, notamment la fin des subventions publiques aux media et la logique qui sous tend cette option.

    Toutefois, je ne partage pas votre engouement pour l’axe relance du papier, alternatif ou pas.
    J’avais posté il y a quelques jours une rermarque sur les-crises concernant l’idée de mécénat-global, et ce que ça rapporterait probablement à les-crises pour résoudre le pbeme du manque de ressources pour modérer qui se posait, ou pour d’autres choses.


    • alfred Le 07 décembre 2015 à 12h43
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      Les “réalités parlementaires et législatives” ne sont que des rapports de forces. A force de partir battu et de ne pas partir du tout parce qu’on est trop malin on en laisse d’autres instaurer ces rapports de forces.
      L’exemple de ce we est assez significatif dans un autre domaine: à force de ne pas mettre sur la table la sortie de l’OTAN et de l’UE les partis de gauche extrèmes ou pas en ont laissé d’autres s’approprier seul ce discours. Que ce discours soit juste ou faux, intègre ou mensonger, on s’en fout; par ailleurs ce n’est bien sur pas du tout la seule explication. Mais le fait est là: Maintenant ce rapport de force existe dans ce domaine est il est posé d’une certaine façon à travers un prisme bien particulier.
      Si un jour sarko propose de réformer les lois de la presse pour la rendre plus “libre” et efficiente en s’appuyant sur les dysfonctionnements que nous connaissons tous, que direz vous? Je suis d’accord mais non? ou oui en toute confiance?
      Par ailleurs il faut arrêter de chercher des victoires définitives ou rien. Le seul fait de se mobilier et mettre la pression permettrait de limiter un peu les dégâts. Si des C. Fourest pouvaient payer cher leurs bidonages d’un point de vue professionnel, cela ne changerait pas le système mais limiterait un peu le champ d’action des salauds (tout n’est pas possible).
      Pour ce qui est de la presse papier je pense qu’elle n’est pas morte car: 1- elle existera d’une façon ou d’une autre dans les champs de ruines. 2- elle est plus mobilisatrice (un papelard sous le bras que l’on donne ou partage et la conversation s’engage contrairement à l’écran). 3- elle permet au lecteur de choisir son temps et son lieu sans “infrastructure”; 4- elle peut être beaucoup beaucoup plus riche visuellement qu’elle ne l’est actuellement; 5- on réfléchit différemment devant une texte ou une image, devant du papier ou un écran.. c’est complémentaire; 6- un journal papier c’est intraçable une fois que c’est imprimé et l’évolution de l’opinion moins évaluable pour ceux qui nous gouvernent… je pense qu’un peu plus tard ce sera important. De même que les banques peuvent fermer pendant un long WE, internet peut être très altéré (rendu inaccessible au grand public) voire carrément coupé si ça craint trop pour certain; c’est tout à fait possible de la part des grands démocrates qui nous gouvernent. Par contre une fois qu’un titre et un lectorat sont en place l’impression et la distribution peuvent se faire en mode dégradé sans qualification particulière du lectorat.
      Garder le système papier vivant est aussi indispensable que se battre pour un internet pas trop dégradé.


      • CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 13h12
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        Je vais vous répondre, brièvement, sur les 2 points clé de ce que vous dites :

        – Comprenez bien que de mon point de vue il n’y a rien à attendre du parlement, et de ceux qui pourraient y accéder dans le cadre de l’état actuel de la “démocratie”, des acteurs QUELS QU’ILS SOIENT, et de ses mécanismes de nomination/élection,
        qui puisse aboutir à) des lois qui aillent dans le sens de ce que je souhaite pour la presse et l”information surtout (par exemple la suppression des subventions publiques aux media et à la presse en particulier) ; ceci me semble être de l’ordre du principe de réalité.

        – Concernant la survie ou non de la presse papier, ma fois, j’affirme qu’elle va s’éteindre de sa belle mort. Le nunérique est bien trop puissant et avantageux à bien des points de vue.


        • alfred Le 07 décembre 2015 à 15h14
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          On est bien d’accord qu’on est pas d’accord mais j’aurai bien aimé que vous vous donniez davantage de peine pour me faire bouger. ça aurait pu marcher 😉
          C’est mort et puis c’est tout?
          Vous trouvez internet bien trop puissant? Je le trouve bien trop fragile et je ne suis pas du genre à mettre tous mes œufs dans le même panier.
          Contentons nous de citer Spinoza et de réfléchir à haute altitude alors…
          Tant qu’OB aura l’énergie de faire tourner ce site (et ceux qui l’aident). Dans dix ans plus personne… Un autre bénédictin peut-être? C’est la loi du genre dans tous les domaines de la lutte si vous êtes honnête et avez un peu d’expérience de ce genre de choses. Et on replace une brique nouvelle à l’endroit même où une brique ancienne s’est émiettée, sans que le mur ne monte…
          Le volontariat, les dons (crowdfounding etc…) sont indispensables mais sont destinés à perdre contre des structures pérennes. On lutte dans le cadre de l’adversaire. Changer le cadre de la lutte est la solution la plus pragmatiquement efficiente (énergie bien dépensée).
          Dans le cas d’espèce qui nous concerne, avoir une action collective pour que le tenancier soit par exemple considéré selon son choix comme: soit un quidam sur lequel ne pèse pas de risque légal spécifique (alors bye les soucis de modération), soit un éditeur qui endosse un risque mais auquel sont consentis tous les avantages des éditeurs (soucis d’ordinateur qui grille réduits), c’est modifier la structure, le cadre de la lutte. Cela ne concerne pas seulement ce blog bien évidement; je parle de tous les blogs.
          La structure dépasse les hommes. Nous ne sommes pas dominés par des hommes mais par une structure qui fait par exemple que les uns ont le beurre ET l’argent du beurre et les autres les coups de matraque ET les frais d’hôpital. Ici les uns sont payés ET de fait non comptables de leurs actes et les autres payent en temps (en plus de leur gagne pain) ET sont facilement en danger légal… Devinez ou nous en seront dans dix ans en comptant sur le crowdfounding et la “puissance” d’internet?..
          Des dizaines de “les crises” (il existe des centaines de site de grande qualité) avec cette affluence c’est un rapport de force qui s’est construit (de nombreux journaleux aimeraient avoir cette audience.. et dénigrent évidement tout ce qui se trouve sur internet) mais qui n’est pas”réalisé”. S’il n’est pas “réalisé” (rendu réel), la lassitude gagne, la marée reflue jusqu’au prochain coup et que de nouveaux venus dépenseront à leur tour cette énergie folle.. pour butter plus tard sur les mêmes obstacles.
          Il faut rendre concrets ces centaines de commentaires et cette affluence pour que ce ne soit pas vain. Acrimed récrimine dans son coin sans rien proposer. A quand une structure type ATTAC pour fédérer l’action concrète qui viserait à changer la structure? OU autre chose…

          Comme nous sommes dans des échanges, l’idée de mes commentaires était moins de convaincre que d’espérer découvrir ces structures existantes quelque part grâce à la taille de la communauté des commentateurs. Je ne les pas trouvées. J’ai cité La quadrature du net qui fait un travail actif dans un domaine parallèle. Nous connaissons tous acrimed qui récrimine et c’est tout. Un autre a cité à mots couverts un parti (mais quel est-il?).
          Quelqu’un a -t-il d’autres pistes?


          • CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 16h57
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            Cher Alfred, restons en là, cela fait un moment que je vous vois venir, et je ne marche pas.

            N’oubliez pas de nous prévenir quand vous aurez créé, peut être, quelque chose d’aussi efficace, merveilleux même, et surtout si “neutre & démos-cratique”, et encore si brillant idéologiquement, et si tellement émanicipé des cuistres en tous genres “partisans et engagés”, que Attac, Qdn, ou que sais je d’autre et d’équivallent!

            Vous venez de me voir irrité.

            Cordialement, et sans grande rancune.


            • Georges Le 08 décembre 2015 à 00h42
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              @CitizenUp

              Vous n’argumentez pas aux points proposés par “alfred”.

              Vous mettez quelques petits qualificatifs dégradants sur attac et les autres mis dans le même panier et par association, y mettez “alfred” aussi.
              Et vous invitez à ce qu’il n’y ait pas de réponses.
              Bonne technique d’il y a seulement quelques années en arrière.

              Exactement ce que l’article auquel on répond veut nous faire éviter.


  32. G. Le 07 décembre 2015 à 11h30
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    Merci Monsieur Berruyer, très bon article!


  33. Claude Le 07 décembre 2015 à 11h35
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    Pouchkine : “Un leurre qui m’exalte m’est plus cher que mille vérités”


  34. Michel Ickx Le 07 décembre 2015 à 11h35
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    https://en.wikiquote.org/wiki/Karl_Rove

    The aide ( Karl Rove conseiller de G W Bush) said that guys like me were “in what we call the reality-based community,” which he defined as people who “believe that solutions emerge from your judicious study of discernible reality.”

    I nodded and murmured something about enlightenment principles and empiricism. He cut me off. “That’s not the way the world really works anymore.” He continued “We’re an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you’re studying that reality—judiciously, as you will—we’ll act again, creating other new realities, which you can study too, and that’s how things will sort out. We’re history’s actors … and you, all of you, will be left to just study what we do.”

    Karl Rove m’a dit que les gens comme moi appartenaient à “ce que nous appelons la communauté basée sur la réalité” qu’il définit comme de gens qui « croient que les solutions émergent de l’étude intelligente et appropriée de la réalité observée. »

    J’ai acquiéscé et j’ai bredouillé quelques mots sur l’empirisme et la rationalité.

    Il m’a interrompu et il m’a dit : « le monde ne fonctionne plus comme çà. Actuellement nous sommes un empire et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. En pendant que vous étudiez cette réalité selon votre meilleur jugement, nous agirons à nouveau créant ainsi d’autres nouvelles réalités que vous pourrez étudier à nouveau.

    Et c’est ainsi que les événements se dérouleront. Nous sommes les acteurs de l’histoire…. Et à vous, à vous tous, il ne vous reste plus qu’à étudier ce que nous faisons. »


    • TuYolPol Le 07 décembre 2015 à 11h50
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      Ça me rappelle des trucs. J’ai suivi des sessions chez Landmark Education il y a longtemps. C’est dangereux. Cela consiste à construire et entretenir un sentiment de toute-puissance. Le pire, c’est que c’est très opérationnel.
      Ça va très bien avec l’impérialisme, l’individualisme, le capitalisme. Pas de jugement, seulement une volonté à l’oeuvre, la volonté peut tout et construit tout. Ils prennent ça pour un progrès. Oui, ça peut réparer un psychisme déprimé, c’est une ingéniérie mentale efficace, personnellement j’en garde une expérience positive, mais je reconnais dans cette anecdote un aspect inquiétant.


  35. Au sud de nulle part Le 07 décembre 2015 à 11h43
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    La réussite de tout mensonge repose sur l’inculture, l’ignorance et l’incurie qui sont les plus grands fléaux qui frappent l’Occident après la pauvreté.
    Certains philosophes vont jusqu’à parler d’enseignement de l’ignorance. L’ignorance des masses est donc un but poursuivi et atteint avec succès il faut bien le reconnaître.


  36. Krystyna Hawrot Le 07 décembre 2015 à 12h18
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    Excellent article qui donne à réfléchir. Pour moi la césure dans le role des médias c’est la guerre en Yougoslavie. La décennie ou les médias étaient à leur apogée d’influence et on n’avait aucune chance d’avoir la moindre information alternative à moins de se rendre dans le pays en guerre (et encore on ne pouvait pas entrer en Serbie, car elle était sous embargo pendant 10 ans!)

    Je me rappelerai toujours comment je me tapais la tête contre les murs quand j’entendais tous les jours dans tous les médias français que “Milosevic est un dictateur totalitaire parce qu’il est communiste”. Je me rappelerai toute ma vie la consternation du grand spécialiste d’histoire de l’Europe de l’Est, Bernard Michel, au cours de notre séminaire doctoral en 1997 à l’Institut Pierre Renouvin à la Sorbonne. Les médias claironnaient sur tous les tons que les Albanais étaient un peuple les plus opprimé par les Serbes parce que 99% musulmans. Or, petit détail qui tue, et cela notre professeur le savait, le dernier recensement par religion en Albanie a eu lieu en …. 1920. Et encore il y avait 40% de catholiques en Albanie! Mais nous, étudiants en doctorat, on était atterrés, mais on n’a rien fait.

    Certains d’entre nous on accepté le monde tel qu’il est et on fait de très belles carrières. D’autres, dont moi, sont restés des dissidents et nous sommes pauvres, impuissants et nous ne comptons pas.
    C’est parce que nous ne comptons pas que nous n’arrivons pas à faire entendre nos voix. C’est pour cela que pour moi, internet était au moins le début du commencement de faire entendre ma voix. J’ai pu faire entendre ma voix pendant la campagne contre le TCE en 2005, qui s’est aussi déroulé grace à internet en outil complémentaire des débats classiques (puisque la télé et la presse étaient absolument et totalitairement ouistes), j’ai pu faire entendre ma voix en publiant sur internet des articles sur la véritable situation de mon pays, la Pologne capitaliste – sur les souffrances de la population dans la stratégie du choc des années 90, sur le fondamentalisme religieux monté de toute pièces par le Vatican et les USA, sur le rôle de ce fondamentalisme dans l’obéissance et le contrôle de la population, la destruction de la capacité de résistance de la classe ouvrière polonaise;
    Du coup, c’est grâce à l’outil internet que nous avons pu nous connaitre et commencer à reconstruire des organisations d’opposition en Pologne et dans les autres pays de l’Est à partir de 2011… Serbie, Croatie, Bulgarie, Roumanie, Bosnie… s’il n’y avait pas internet rien ne serait possible. Mais ce n’est pas suffisant bien sur. Cela ne remplace pas l’organisation physique et surtout sans avoir accès aux médias officiels (télévision) on ne peut toucher le peuple avec un discours différent.
    Sur les révolutions arabes je suis l’auteur à 100%. En Tunisie tout le monde sait que ce n’est pas Facebook qui a organisé les manifestations de décembre 2010 à mars 2011 (dont les occupations de Kasbah 1 et 2) mais les militants des plus anciennes organisations syndicales en Afrique – Union Générale des Etudiants Tunisiens et l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens, ainsi que des militants jeunes clandestins des partis POCT et Patriotes Démocrates. Sans ces organisations anciennes, sans leur savoir faire et leur liens, leur culture marxiste diffusée auprès des jeunes, rien n’aurait été possible. Mais cela n’a pas été suffisant pour empécher les assassiants politiques des leader tunisiens Belaid et Brahmi et n’a pas été suffisant pour empécher les manipulations dont le nom est Enahda ou Dialogue National récompensé par l’Occident sous la forme de prix Nobel… comme en Pologne d’ailleurs. Lech Walesa n’aurait jamais été qu’un petit trublion assigné à résidence si l’Occident ne l’avait pas rendu célèbre avec le prix Nobel en 1982. Nous avons été stupides de penser que l’Occident choisissait Walesa pour aider le peuple polonais… non l’Occident a fabriqué notre leader et notre destin était scellé.


  37. Alae Le 07 décembre 2015 à 12h20
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    Un seul bémol à cet article, la charge contre Internet et les sites de réinformation. Certes, on y trouve à boire et à manger, mais certains, dont les-crises, se sont avérés très solides et d’une rigueur déontologique dont seraient bien incapables les médias grand public. Grâce à eux, aujourd’hui, nous disposons de sources fiables.
    C’est d’ailleurs à ce niveau qu’on relève la seule incohérence de l’auteur : si la guerre aujourd’hui est en premier lieu celle de l’information (très juste), avec quoi la livrerait-on sinon avec des contre-infos honnêtes ? Certes, l’abondance des informations sur le Net oblige à un gros travail de tri, mais honnêtement, étant donné le degré de mobilisation des internautes (qui traduisent gratis, filtrent et partagent les articles les plus sérieux partout dans le monde), je trouve personnellement que tout ça commence a prendre des allures de mécanique bien huilée, avec ses noms-stars (par exemple Glenn Greenwald, Ray McGovern, Robert Parry, en France Olivier Berruyer, Graham Phillips pour l’Ukraine, etc). C’est toute une nouvelle génération de journalistes, de lanceurs d’alerte et de chercheurs éthiques qui, petit à petit, prend la relève des menteurs et des vendus.
    C’est une excellente chose, dont ne peut qu’espérer qu’elle atteigne un public de plus en plus large.

    D’ailleurs, j’ai noté dans mon entourage que les défenses contre les dissonances cognitives ne s’opèrent plus de la même façon chez les moutons de Panurge. Avant, ils s’accrochaient à la narrative officielle relayée par Le Monde, Libération, etc. Aujourd’hui, elle a tellement viré aux contradictions et à l’invraisemblance que, face à l’effondrement de leurs certitudes, ils optent pour le repli : n’existent plus à leurs yeux que leurs sériées télé, leurs stars de cinéma préférées, leur foot et leurs SMS. Le reste, ils ne veulent pas le savoir. Trop d’idées reçues à remettre en cause, sûrement.
    En attendant, pour les autres, les articles de réinformation sont de véritables bouffées d’oxygène et pour certains d’entre nous, même, carrément une question d’équilibre mental.


    • anne jordan Le 07 décembre 2015 à 19h46
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      soyons honnêtes , svp !
      avant de découvrir ” diacrisis ” je me suis égarée sur nombre de sites dits de réinformation , puis j’ai découvert le délire de certains que je ne citerai pas , délire occasionnel , certes , mais suffisant pour brouiller l’écoute – contrepèterie connue – !
      et beaucoup de jeunes de mon entourage préfèrent consulter les dit sites , plutôt que celui ci , ou dedefensa , ou le grand soir !


  38. Alain C Le 07 décembre 2015 à 12h48
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    Lisez simplement le passage sur l'”Obésité intellectuelle”

    allez, pour vous faciliter la tâche, je vous le mets ci-dessous :

    “L’obésité intellectuelle, c’est l’incapacité à suivre une explication de plus de trois phrases ou à lire un long article en entier. C’est l’incapacité à suivre un raisonnement de plus d’un niveau – essoufflé dès les premières marches. C’est lire toujours le même journal. C’est regarder en boucle les chaînes dites d’information. C’est consulter toujours les mêmes sites sur Internet. C’est s’enfoncer dans l’univers ouaté de ses certitudes. C’est ne plus réagir au, et même accepter, le concept infâme de « guerre humanitaire ». C’est ne plus réagir, ni même réfléchir, aux guerres menées en notre nom. Et enfin, l’obésité intellectuelle est la propension à ne vouloir lire que ce que l’on a (déjà ) envie d’entendre et son corollaire : éviter l’effort de mettre ses certitudes à l’épreuve en les confrontant à des avis divergents.”

    Bonne lecture …


  39. SVL Le 07 décembre 2015 à 13h19
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    Frank Zappa

    https://www.youtube.com/watch?v=JshARrVS_Q4

    comme quoi …


  40. Owen Le 07 décembre 2015 à 13h24
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    Bon, je me lance…. Mais c’est un exercice risqué et je comprendrais bien qu’O.B. (ou son staff éventuel) craigne les écueils à ce type de post.

    Si on renversait la réflexion…

    Pourquoi ce site marche si bien ?

    Il n’a pas encore subi l’épreuve du temps, quoique 4 ans, c’est déjà pas mal (on connait la fatidique limite à 3 ans). En général, les bons sites d’informations commencent forts, puis connaissent une entropie (ronron ou zizanie). “Les Crises” a l’air, au contraire, de se bonifier avec le temps.

    L’audience ? je ne la connais pas, mais j’ai l’impression que ce blog fait partie des “classiques” de réinformation sur le Web francophone.

    Le look ? Franchement, pas très glamour (non, ne changez rien!). J’ai mis un peu de temps à “rentrer” dans ce blog. Peut-être, au contraire, qu’une devanture trop bien faite attire un lectorat trop volatil, qui disperse les commentaires, qui eux même finissent par disperser les articles.

    La modération, la censure arbitraire ? Je pense que la plupart ont admis qu’on n’est plus dans l’utopie démocratique du Web des années 2000. En 2015 on sait ce qu’est un troll, et l’expérience semble avoir constitué un “common decency” suffisant permettant de comprendre et admettre ce que veut dire “faire au mieux” pour un modérateur.

    Elitiste ? Il y a sans doute le barrage du style d’écriture à maîtriser (là, vous pouvez me placer contre le tablier, vers le bas…), mais il y a tout de même l’impression d’une relative diversité sociale. La diversité culturelle ne semble pas très présente, par contre. Et puis ça manque de femmes ! Mais pour le moins, ça n’a pas l’air typé intello ni populo.

    Idéologiquement marqué ? Pour faire vite, les sites de réinformations sont distribués autour de trois tropismes: les gauches, les identitaires, les conspirationnistes. On n’est pas en pays anglo-saxon, les libertariens, forment plutôt une catégorie spécifique, comme on dirait des cathos, ou des vegans. Pour les écolos, c’est un peu différent: les sites sont orientés vers la promotion de pratiques soutenables. Ici, on reste sur les sites d’analyse politiques.

    Alors, c’est quoi la tendance ici? Eh bien mon impression est que les commentateurs sont justement d’horizons idéologiques différents, mais que la recherche est la confrontation des regards sur les informations pour une ouverture à d’autres compréhensions. Peut-être qu’enfin arrive une génération, ou du moins ici un espace, pour des gens fatigués du “Je vous l’avais bien dit”, ou du “Je savais bien que j’avais raison”.

    Comment faire société avec des gens qui admettent qu’ils ont des schémas de pensées différents, et qui tentent de penser à la hauteur des complexités contemporaines? (On n’est plus au siècle passé, avec le match entre les grands modèles politiques).

    C’est cet équilibre que j’ai l’impression de trouver ici, parmi les articles et les commentaires, et c’est peut-être là le journalisme de demain ? …


    • CitizenUp Le 07 décembre 2015 à 15h02
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      Au début, il y avait des papiers de O, intéressants, longs. Le début de la notoriété est venu de là.

      Ensuite, O manquant de temps, c’est plus devenu un site de curation ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Agr%C3%A9gation_web#Blogueurs ), avec parfcois des surlignages et commentaires rapides au sein de l’article.
      La qualité des papiers relayés, de réinformation disons, dont par exemple celui sur cette page, assure il me semble la continuité de la notoriété.
      [Même si j’ai noté quelques snobinards ou fossilisés (oups) n’ayant rien compris au net et à cette démarche de curation ont déserté ce site en arguant de la perte d’intérêt par manque de contenu “personnel”]


  41. Crapaud Rouge Le 07 décembre 2015 à 13h25
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    Ça n’a rien à voir mais il faut lire : “L’ÉTAT ISLAMIQUE CIBLE DÉSORMAIS L’ÉCOLE PUBLIQUE ET LES SERVICES SOCIAUX, par Cédric Mas” sur log blog de Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/2015/12/06/letat-islamique-cible-desormais-lecole-publique-et-les-services-sociaux-par-cedric-mas/ L’auteur s’est donné la peine de faire une analyse détaillée d’un article du “numéro 7 de la revue officielle francophone de l’État Islamique“, Dar Al Islam.


    • Carabistouille Le 07 décembre 2015 à 17h26
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      Et si Cedric Mas est aussi lucide et pertinent quand il parle de Daesh que quand il parle de la Russie… Autant en rester à Libé et au Monde.


      • Carabistouille Le 07 décembre 2015 à 19h06
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        Bon, j’ai lu. Rien de bien nouveau. Notre chance c’est que les c…. remplacent souvent le cerveau et que les bourrins qui ont les c… de commettre ces attentats et d’y mourir souvent sont tous très très cons.
        Avec les mêmes moyens ils auraient pu faire beaucoup plus de dégât. Déjà, attaquer à une dizaine à la fois et au même endroit, c’est soit très con, soit la preuve que tout le monde n’a pas le même niveau de motivation.
        Que les deux crétins qui se sont fait péter dans le vide à coté du stade de France plutôt que dans les queues avant le match ou dans la foule après le match est soit très très con soit que nos lascars n’étaient pas franchement volontaires et que leurs ceintures ont été déclenchées à distance.
        A noter que les crétins du Bataclan ont stoppé le massacre(Dieu merci) et ont attendu deux plombes que la police daigne faire son boulot.
        Depuis le début des attaques de “loup solitaire” ce qu’il faut craindre c’est les attentats dans les magasins bondés, les transports en commun bondés et les écoles, lieux sacrés s’il en est. Si ces symboles de notre “civilisation” post moderne étaient attaqués, l’hystérie dans laquelle tomberaient le pays et même l’occident, serait terrible.
        Mais on a de la chance, il semblerait(en fait, comme toujours) que ce soit les plus cons qui veulent tuer au nom de Dieu.
        La seule possibilité pour que tout ceci s’arrête c’est que ce soit les musulmans de France qui, eux même, et d’eux mêmes, fassent une chasse impitoyable à ceux d’entre eux qui déconne. Complaisance? Lâcheté? Ils n’ont pas l’air d’en prendre le chemin.


        • peoplearestrange Le 07 décembre 2015 à 20h43
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          “La seule possibilité pour que tout ceci s’arrête c’est que ce soit les Américains d’ Amérique qui, eux même, et d’eux mêmes, fassent une chasse impitoyable à ceux d’entre eux qui déconne. Complaisance? Lâcheté? Ils n’ont pas l’air d’en prendre le chemin.”


  42. openmind Le 07 décembre 2015 à 13h38
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    Leur passer un ouvrage sérieux qui démonte rigoureusement le mensonge invoqué.

    Après il dépend d’eux de bien vouloir le lire, c’est de l’ingénierie sociale: l’intrusion dans leur degré de conscientisation…

    Pour JFK, il existe un livre celui de Laurent Guyénot.


  43. groucho Le 07 décembre 2015 à 13h40
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    Le petit caporal autrichien, comme l’appelait Hindenburg, avait au moins un mérite : il avait expliqué dans son livre comment il comptait arriver à ses fins :
    « A qui doit s’adresser la propagande ? Aux intellectuels ou à la masse moins instruite ? Elle doit toujours s’adresser uniquement à la masse. Toute propagande doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné parmi ceux auxquels elle doit s’adresser. Dans ces conditions son niveau spirituel doit être situé d’autant plus bas que la masse des hommes à atteindre est plus nombreuse. Plus sa teneur scientifique est modeste, plus elle s’adresse exclusivement aux sens de la foule, plus son succès sera décisif. L’art de la propagande consiste précisément en ce que, se mettant à la portée des milieux dans lesquels s’exerce l’imagination, ceux de la grande masse dominée par l’instinct, elle trouve en prenant une forme psychologiquement appropriée le chemin de son cœur. »

    On peut risquer de mettre ça un peu au goût du jour, de le toiletter un peu :
    « A qui doivent s’adresser les médias ? Aux intellectuels ou au grand public moins instruit ? Ils doivent toujours s’adresser uniquement au grand public. Tout média doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné parmi ceux auxquels il doit s’adresser. Dans ces conditions son niveau spirituel doit être situé d’autant plus bas que l’audimat doit être plus élevé. Plus sa teneur scientifique est modeste, plus il s’adresse exclusivement aux sens du grand public, plus son succès sera décisif. L’art des médias consiste précisément en ce que, se mettant à la portée des milieux dans lesquels s’exerce l’imagination, ceux du grand public dominé par l’émotion, ils trouvent en prenant une forme psychologiquement appropriée le chemin de son cœur. »

    Et pour enfoncer le clou :
    « Dans la simplicité de leur esprit, les gens tombent plus facilement victimes d’une monstrueuse fiction que d’un petit boniment, car eux-mêmes se laissent souvent aller à de petites contrevérités peu importantes, mais auraient honte de recourir à de grosses mystifications. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit de fabriquer une énorme imposture, et sont incapables de croire qu’un autre pourrait avoir pareil toupet. Même si des faits prouvant qu’il en est ainsi sont portés de manière claire à leur connaissance, ils continuent de douter et pensent qu’il pourrait y avoir une autre explication. »

    Nous sommes prévenus !


  44. Ced Le 07 décembre 2015 à 14h55
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    Bonjour

    Je félicite nos journalistes d’avoir réussi à faire croire à la grande majorité de nos concitoyens qu’il pouvait exister des nazis et terroristes modérés.
    Nos politiques et journalistes ne sont que des proctologues refoulés. Des Mapaïstes. Oups…

    Ps: encore un top article, bravo.


  45. bluerider Le 07 décembre 2015 à 16h24
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    cela me fait penser à CARREMENT BRUNET sur RMC, rapporté ici même quelques artcles plus haut : de tempos en temps dans des émissions grand public, des auditeurs ou des spectateurs pleins de bonne volonté et correctement documentés, lancent l’alerte et dévoilent de vraies bmbes médiatqiues. Ils vont même jusqu’à demander aux journalistes d’enquêter.. et puis à la seconde suivante, TOUT RETOMBE… le journaliste glisse sur la bmbe mediatique et l’étouffe d’un revers de glotte… et passe à autre chose… l’auditeur ou le spectateurs attentif na même pas le temps de calculer la portée des révélations, et ainsi dure l’omerta sur notre barbarie quotidienne à visage humain ( la vraie, pas celle de ce traitre nommé BHL, le seul français -beurk- qui réussit à rater consciencieusement sa vie au détriment des peuples) qui se pare désormais d’atours droitsdelhommistes… un comble !


  46. Paola44 Le 07 décembre 2015 à 17h49
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    Ce qui rassemble les lecteurs de ce site, c’est probablement et simplement la recherche de la vérité, laquelle comme chacun sait est un diamant aux mille facettes…


  47. Charlie Bermude Le 07 décembre 2015 à 18h26
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    Je fais un paralléle avec l’Eglise . A force de mettre de l’ordre dans les idées , d’abord les désordres de l’Université de Paris , avec la somme théologique de Thomas d’Aquin , aprés laquelle y a plus rien à dire , faut scolastiquer comme aurait pu dire Descartes , puis les hérésies , l’Inquisition ….La messe est devenue insipide , comme la musique , donc recours à la confession , comme exutoire , puis les Indulgences et le protestantisme .
    Les médias , mainstream , c’est ce genre de messe , d’où , le recours aux sites et à internet , comme les confessions naguéres . Faut tourner la page , alors , çà veut dire quoi ? changer de chapitre ? ou autre chose ?, suite à cet article , je reste sur ma faim .


  48. Charlie Bermude Le 07 décembre 2015 à 18h30
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    Changer de chapitre , ce serait de journal ou de chaine , c’est ce que je voulais dire .


  49. Alabama Le 07 décembre 2015 à 18h35
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    Dans une société où le sur mesure disparaisse, la qualité est une chose qui devient une question des moyens? S’est la question que je me pose! Prête à manger, prêt à porter, prêt à informer…. Le choix en tout cas pour deux premiers est présent ( Macdo- Cojean : la qualité est différante; H&M et Cerruti- aussi, mais le prix également)) dans la troisième catégorie rien de telle…. Et pourtant on le paye…


  50. Bruno Le 07 décembre 2015 à 19h48
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    C’est un peu une banalité mais les algorithmes qui selectionnent des contenus basés sur vos précédents choix contribuent à ce cloisonnement: Facebook vous conforte dans votre vision du monde et créé des tribus qui ne pourront plus se parler. Sur Internet, de nombreux sites véhiculent la même information. Elle est démultipliée, donnant une fausse impression de diversité. Merci Google…Mais on peut toujours tomber sur des pépites grâce au net: J’ai été stupéfait d’apprendre que les Républicains US pensaient que l’ambassadeur américain en Libye, le jour de sa mort, négociait l’envoi d’armes libyennes en Syrie via la Turquie. Il ne me semble pas en avoir lu un mot dans la presse française.



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