Une belle analyse de Sapir !
P.S. Quelqu’un aurait enregistré (ou aurait un lien) vers Ce soir ou Jamais de vendredi ? Merci

La Crimée retournera donc dans le giron de la Russie. La déclaration de Vladimir Poutine du 18 mars devant les deux assemblées de Russie, le gouvernement et les gouverneurs l’a confirmée. La signature symbolique du texte d’Union et la mise en place d’une période transitoire jusqu’à 2015, mais où la séparation entre la Crimée et l’Ukraine est qualifiée de frontière de la Russie, le confirme. Certes, ce référendum ne s’est pas déroulé de manière conforme au droit international. Il n’y a pas eu d’observateurs officiels (car officieusement plusieurs députés européens étaient présents), mais la faute en incombe largement aux autorités européennes.

Certes, on a pu signaler ici ou là des pratiques qui sont condamnées par le droit ; mais nous savons aussi que c’est le cas en France. Sur le fond, il est clair que la population a massivement voté, et qu’elle s’est prononcée en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Notre pays, qui s’est tant battu pour le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, s’honorerait en reconnaissant ce fait, quoi que l’on puisse penser de la chaîne d’événements qui y ont conduit. Mais, derrière les festivités qui, à Moscou et en Russie, entourent cet événement tout comme derrière l’amertume clairement perceptible aux Etats-Unis et dans les pays de l’Union européenne, on oublie l’essentiel : la crise ukrainienne est loin d’être terminée.

Cette crise se concentre aujourd’hui sur les régions de l’Est de l’Ukraine où, ces derniers jours, les manifestations de la partie prorusse de la population se sont manifestées et où les premières victimes ont été déplorées.

Le dilemme de la Russie.

Dans sa déclaration du 18 mars, Vladimir Poutine a dit deux choses qui semblent également importantes, même si elles peuvent paraître contradictoires. D’une part, le Président russe s’est nettement prononcé pour une Ukraine indépendante et souveraine. De l’autre, il a indiqué que la Russie ne pouvait et pourrait se désintéresser du sort des populations russes en Ukraine. Si la situation continue de se dégrader en Ukraine, la logique de protection des populations rentrera rapidement en conflit avec la première affirmation.

C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire que le gouvernement actuel de Kiev se fonde dans un gouvernement de concorde nationale où toutes les parties seraient représentées et que soient mis en place les conditions de l’élection d’une assemblée constituante qui seule sera légitime pour reformuler le pacte national. Les États de l’Union Européenne et les États-Unis affectent de croire que d’une part on a été confronté à une « révolution » les 22 et 23 février à Kiev et d’autre part que cette « révolution » n’a pas altérée la continuité constitutionnelle. C’est au mieux une dangereuse illusion, au pire la marque d’un rare cynisme.

Pourquoi, alors, le parti neo-fasciste SVOBODA qui fit environ 10% de voix aux dernières élections dispose-t-il de 6 ministres sur 19 alors que le Parti des Régions, qui fut le large vainqueur de ces mêmes élections n’en a-t-il aucun ? Cette situation n’est pas tenable. Elle ne peut que convaincre les populations russes de l’Est de l’Ukraine que l’on est en présence d’un coup d’État dont elles sont appelées à être les prochaines victimes. Ce gouvernement de fait vient d’ailleurs d’annoncer la constitution d’une « garde nationale » dans laquelle seraient regroupées les bandes armées, et qui se substituerait à l’Armée Ukrainienne, dont on comprend les réticences à intervenir dans cette situation. Face aux bandes armées de l’extrême-droite ukrainienne se constituent déjà des groupes d’auto-défense. La logique de l’affrontement est en marche, et cette logique a déjà tué. À terme, si l’on y prend garde, c’est à une évolution à la Yougoslave que l’on se dirige.

Responsabilité et irresponsabilité des pays européens.

La responsabilité des pays européens est immense, bien plus grande en fait que celle des Etats-Unis car ils ont l’expérience de cette situation, et elle se déroule littéralement à leur porte. Ils peuvent se complaire dans l’amertume née de leur impuissance, condamner encore et encore la Russie, brandir des menaces de sanctions toutes aussi dérisoires les unes que les autres. S’ils choisissent cette voie, ils choisiront l’impuissance et ils feront la démonstration de leur incapacité à sortir des ornières de l’idéologie.

S’ils choisissent cette voie, ils se condamnent à être les acteurs d’un drame qui se prépare sous nos yeux : celui de la partition violente de l’Ukraine. S’ils choisissent cette voie, ils seront dans l’incapacité de garantir ce qu’ils prétendent garantir, soit l’unité, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. On saura, de par le monde, ce que vaut alors une garantie des pays européens. Ils vous promettent la paix, mais ils apportent, du fait de leur impéritie, la guerre civile. Ou alors, ils peuvent décider de mettre leur rancœur au placard, et s’entendre avec la Russie en prenant Vladimir Poutine au mot : vous êtes pour l’indépendance et la souveraineté de l’Ukraine ? Fort bien, agissons de concert pour la garantir.

Si ces gouvernements s’entendent pour dire clairement aux ukrainiens qu’il faut un gouvernement de concorde nationale et une Assemblée Constituante, s’ils acceptent de participer au désarmement des milices, ils peuvent exiger en retour que la Russie s’abstienne de tout geste dangereux et nuisible, et qu’elle utilise son influence, qui n’est pas petite, dans l’Est de l’Ukraine pour que soit désarmés aussi les groupes d’auto-défense. La Russie s’est, jusqu’à maintenant, bien gardée de riposter aux sanctions symboliques qui ont été prises. Qu’elle continue dans cette voie et qu’elle s’engage à respecter les résultats de l’élection de l’Assemblée Constituante qui, seule, sera porteuse de légitimité. Qu’elle s’engage aussi à renouveler au gouvernement qui sera issu de cette Assemblée Constituante les conditions économiques avantageuses qu’elle avait proposée au gouvernement Ianoukovitch.

Affronter le futur.

On veut espérer que la voix de la Raison triomphera, même si cette voix est bien faible et bien balbutiante aujourd’hui à Paris comme à Washington. On le veut pour les Ukrainiens d’abord, qui ont le droit de vivre dans la paix et la stabilité tant sociale que politique. On le veut pour l’Europe, qu’il ne faut moins que jamais confondre avec l’Union européenne, et qui serait la grande perdante d’une nouvelle logique d’affrontement.

Cependant, une leçon doit être tirée, non pas de cette seule crise, mais de la configuration générale des événements qui vont de la décision des Etats-Unis d’envahir l’Irak en 2003 à la question syrienne en passant, bien entendu, par la crise ukrainienne. Se referme la courte parenthèse d’une XXIème siècle que l’on voulait dominer par l’hyper-puissance Étatsunienne. Tel était le diagnostic que je faisais dans un livre publié en 2008, et qui est aujourd’hui toujours plus d’actualité. Nous sommes bien confrontés au retour des nations. L’effacement provisoire de la Russie, qui avait pu donner cette illusion d’une toute puissance de Washington, est aujourd’hui terminé.

Jacques Sapir

Source : russeurope.hypotheses.org

52 réponses à [Reprise] Ukraine: responsabilité et irresponsabilités, par Jacques Sapir

  1. obermeyer Le 23 mars 2014 à 07h00
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    Voilà de sages paroles ! Si seulement elles étaient suivies d’effets par les politiques impliqués dans cette affaire ; la paix et la stabilité étant la base sur laquelle un peuple peut se construire et préparer son avenir. Je craint que les olibrius au pouvoir à Kiev ne sont là que pour mettre de l’huile sur le feu et nous préparer un sombre avenir où les usa, s’essuyant les pieds sur l’Europe, chercheront à tirer leur épingle du jeu. Merci Olivier pour cet excellent travail d’investigation qui mérite amplement d’être très largement diffusé.


    • Michel Bouneaud Le 23 mars 2014 à 07h16
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      Bien d’accord avec vous! A-t-on idée (sondage ou autre moyen) de l’évolution de l’idée que s’en font les citoyens français?


      • catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 09h57
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        Bonjour,
        ah, ben, ça risque pas qu’il y ait un sondage!!!tout est fait pour désinformer alors un sondage?on n’y pense même pas, en revanche, en allant sur des sites libres de presse(c’est-à-dire comme ici où personne ne touche de subventions de l’état(oups)), vous pourrez voir dans les commentaires que des gens ne sont pas dupes, même s’ils sont malheureusement, en minorité.
        La souipe merdiatique marche très bien et très peu sont indépendants.


        • Alkali Le 23 mars 2014 à 16h02
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          @Catherine Balogh

          Il faut cesser de colporter cette idée néfaste de “nous sommes minoritaires”.
          Non, nous ne sommes pas minoritaires à penser que l’UE est une catastrophe, comme nous ne sommes pas minoritaires à comprendre les enjeux et les mensonges des médias système.
          J’en veux pour preuve le non massif à la constitution EU en 2005 ou encore le rejet des institutions EU par la plupart des citoyens des pays de l’Europe.
          Il ne faut jamais douter de la capacité des gens ordinaires à la réflexion.
          Douter c’est faire le jeu du système qui cherche, justement, à se passer des opinions publiques.
          Le ferait-il si, comme vous, il pensait que l’opinion anti-système est minoritaire?


          • catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 17h33
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            à Alkali.
            Vous avez raison sur le fait que les citoyens font le même constat que nous,en ce qui conserne l’UE, les gens font leur courses, vivent au quotidien ce délitement, chômeurs de plus en plis nombreux,, qualité de vie en baisse, il faudrait être aveugle pour ne pas le constater, cependant, pour ce qui est du fait que les gens soient conscients que ce sont des nazis qui sont promus un peu partout, je pense que nous ne sommes malheureusement pas suffisamment nombreux à en avoir pris conscience.La désinformation y a la plus grande part.Je ne doute pas du tout de la capacité des gens à la réflexion.J’essaierai d’être plus précise, à l’avenir,
            Cordialement.


  2. Bernard Le 23 mars 2014 à 08h53
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    Oui bravo pour cette présentation de la situation, actuelle et future possible, de l’Ukraine.
    Ce qui n’interroge ce sont les raisons d’actions de l’UE a ce jour, raisons politique et/ou économique. Si vous pouvez ouvrir ma connaissance au sujet des possibles et avantages pour UE de ses positions actuelles. Merci.


    • Andrea Le 23 mars 2014 à 15h38
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      Bonne question… je réponds car j’essaye de comprendre..

      Politique. Flexer les muscles, se faire voir sur la scène internationale, montrer son pouvoir, et surtout, travailler main dans la main avec les USA, ou alors bien porter son rôle de subalterne. Aggrandir encore l’UE, quoique cela est très préliminaire pour l’Ukraine.

      Economique. Très divers. Plusieurs grandes multinationales et certaines industries ont des intérêts: Banque/Finance/Assurance (mal implantés pour l’instant) – Armes (le plan original prévoyait un % du PIB plus grand dans ce secteur!) – Agriculture (mort des petits paysans, ce qui s’est déjà passé en Urk. en grande partie.) D’une facon générale, profiter des très bas salaires, voir p. ex. l’expansion de l’industrie Allemande automobile et autre, vers l’Est, en Pologne et ailleurs.

      Voici un article, Consortium News, 16 mars 2014 (anglais)

      *Corporate Interests Behind Ukraine Putsch*

      http://tinyurl.com/omfmbp5

      qui aborde certains points, il y en a bcp d’autres.


  3. Le Yéti Le 23 mars 2014 à 09h15
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    “Voilà de sages paroles ! Si seulement elles étaient suivies d’effets par les politiques impliqués dans cette affaire”
    N’oubliez pas que nous sommes désormais sortis du strict domaine de la raison, et encore plus de la “sagesse”, pour entrer dans celui, périlleux, de l’irrationalité et des pulsions stupides.
    En témoigne la composition du gouvernement putschiste de Kiev. Ou encore les déclarations morveuses de responsables européens comme Fabius, à l’esprit décidément aussi contaminé que le sang, cherchant à légitimer le parti Svoboda : “un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement”.


    • Alkali Le 23 mars 2014 à 16h26
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      @ le Yeti

      Selon certains, notamment le site DEDEFENSA, la surenchère dans l’irrationnel des narratives du bloc BAO ( bloc américanisé occidental) serait du type Frankenstein. La créature échappant au contrôle de ses créateurs et se mettant à les dominer.
      Désormais les pro-systèmes sont prisonniers de leurs propres narratives et ne peuvent plus revenir en arrière sans dévoiler que le déclin s’est transformé en effondrement.
      La fin de l’hégémonie US est inscrite dans leurs propres actions. La surenchère n’étant plus qu’une fuite en avant. Entrainé par leur propre poids il ne peuvent plus stopper ni ralentir.
      Le monde change et ils sont impuissants à l’en empêcher. C’est ce qui les rend si dangereux.
      Cependant, quoiqu’ils fassent, cela se retournera contre eux:
      – sanctions économiques contre la Russie? c’est la mort du dollars comme monnaie de référence
      – sanctions militaires? la Russie ce n’est pas l’Irak ou la Lybie.
      -sanctions diplomatiques? est-il vraiment possible d’isoler la Russie comme la petite Cuba?

      Il leur reste donc à couper quelques visas et à montrer leur indignation à travers des discours outrés qui ne trompent plus personne.
      Que ce soit en Syrie, en Crimée ou au Venezuela, la fin de la domination militaire US est démontrée. Comme sera démontrée la fin de sa suprématie financière et économique dans un avenir proche.


      • Wilmotte Karim Le 23 mars 2014 à 19h51
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        C’est une interpretation.

        Mais cette acceptation de plus en plus large, à mesure que le mur se rapproche, de la violence comme moyen légitime de résolution des questions politiques (extrémismes) … s’est aussi le risque de l’usage de la violence.

        Par exemple, dans une guerre civile en Ukraine. Qui pourrait y entrainer la Russie.
        A laquelle l’Otan pourrait répondre.

        Pour rappel, au Kosovo, l’armée Russe s’est déployée (aussi) et (me semble-t-il) contrôlait l’aéroport de Pristina. Quand sont arrivées les forces de l’Otan. On est passé prêt d’une situation “compliquée” qui aurait pu déboucher sur une guerre mondiale.

        Si l’on revoit la montée vers la guerre, avant 14-18… il y a eu aussi des Libye, des Irak. Et puis, l’étincelle de trop.

        Nous devons éviter tout ce qui peut contribuer à l’étincelle de trop.


        • catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 20h01
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          et bien, les salariés de l’état grassement payés pour des compétences(normalement exigeables) et ici, éventuelles, n’ont pas ces compétences,là, j’espère qu’ils seront poussés à la négociation par le danger, mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas, Merkel, Fabius, etc….poussant plutôt dans l’autre sens


        • Alkali Le 23 mars 2014 à 20h26
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          @ Wilmotte Karim

          Le mur de la violence est déjà là, c’est d’ors et déjà ce “moyen légitime de résolution des questions politiques”. Nous ne sommes plus dans un futur probable mais bien dans ce présent que démontrent la Syrie, le Venezuela, l’Ukraine, le Liban, la Palestine, le Mali, la Centre Afrique… et même ce passé proche à travers l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, le Soudan et ce détournement/instrumentalisation des divers “printemps” et autres révolution colorées…
          La guerre n’est pas “à venir”, elle est déjà là.
          Alors que sommes nous prêts à accepter pour éviter cette étincelle de trop? notre asservissement vous semble t-il un prix acceptable? nécessaire?


  4. geo12 Le 23 mars 2014 à 09h18
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    L’Ukraine a un malheur : elle est entre l’Europe et la Russie mais l’Ukraine a une chance: elle est entre l’Europe et la Russie.
    Il faut faire taire tous les extrémismes rapidement, arrêter les décisions stupides (non reconnaissance du russe comme langue officielle ,etc) et encourager le dialogue Russo -Ukrainien à tout prix.
    Hélas nous avons des diplomates bornés (Fabius?) incapables de ne pas ânonner avec le troupeau “sanctions, sanctions, sanctions!”


  5. Grippemino Le 23 mars 2014 à 09h18
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    L’analyse de Jacques Sapir est d’une pondération remarquable et propose un canevas sérieux à la solution de la situation.
    Il est fort à craindre que les influents -(comment les nommer?)- de Bruxelles ne restent à quatre pattes prosternés devant les directives de la CIA.
    Merci Olivier pour l’excellent travail d’information que vous faites depuis plusieurs semaines sur la réalité de la grave situation en Ukraine.


  6. catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 09h45
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    Mais par quoi l’UE est-elle tenue?par l’appât du gain, elle signe le traité transatlatique et hollande, qui n’en est plus à une traîtrise près ouvre les sites de gaz de schistes en France…..
    C’est sans doute pour cela qu’ils se sont ingénié à détruire l’industrie française, comme nous n’avons presque plus rien, il y a le “miracle des gaz de schistes.
    Gaz de schiste: pour faire 5 barils de pétrole, on en utilise un baril, 10 tonnes de schiste et 5000 litres d’eau.
    et je vous parle pas des déchets…..
    Cherchez l’erreur quand on sait que l’eau est en danger….

    http://photo.capital.fr/l-enorme-desastre-ecologique-du-petrole-bitumeux-2658/2-tonnes-de-schiste-pour-obtenir-un-baril-de-159-litres-de-petrole-40337#title


    • DOZIER Le 23 mars 2014 à 10h38
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      Gaz de schiste: pour faire 5 barils de pétrole, on en utilise un baril, 10 tonnes de schiste et 5000 litres d’eau.
      et je vous parle pas des déchets…..

      Le risque de pollution des nappes phréatiques en Europe et en France en particulier, sera encore accentué par le fait que la France a une densité de population de 104 habitants/km2 alors que celle des USA ne dépasse pas 34 habitants/km2. Pour info la densité de population de l’UE (28 pays) est de 113 habitants/km2.

      On pourrait raisonnablement penser que si certains pays cherchent à promouvoir par tout les moyens et malgré les risques de pollution, l’extraction du pétrole et du gaz de schiste, c’est que ces pays disposent d’informations sur l’état réel des réserves mondiales qui si elles étaient vérifiées, aboutiraient à une perte de contrôle sur le prix de l’énergie.

      En clair, les USA en matière de ressources énergétiques, commencent à voir le mur se rapprocher ce qui ne peut qu’accentuer la compétition pour l’accès aux ressources encore facilement exploitables mais qui se situent pour la plupart, en dehors de leur sphère d’influence.


  7. catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 09h53
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    Bravo à Jacques Sapir, et merci à Olivier pour ce partage, si seulement certains des zélus avaient un tiers de son intelligence….


  8. jacqueline Le 23 mars 2014 à 10h12
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    Bonjour.

    Hier j’écoutais l’émission de Ruquier.

    Quel matraquage ! Poutine c’est un dictateur, il faut en avoir peur et le gouvernement ukrainien c’est les gentils.

    Pas un seul invité pour tempérer cette propagande relayée par les uns et les autres..

    L’après midi c’était sur LCP, avec Marie Mendras, chercheur au CNRS spécialiste de la Russie, donc payée avec nos impôts pour nous faire la propagande anti russe.


    • Jo Le 23 mars 2014 à 13h22
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      Ruquier, porte parole du GVT, est à Boycotter à 100%.
      Il ne fait rire personne, et n’est là que pour faire la pub du GVT.
      Il va remplacer Bouvard sur RTL, je n’écouterai plus cette radio, comme je boycotte A2 actuellement.
      Retour en Ukraine/Crimée, l’EU et les USA ont fomenter le coup d’état pendant les JO, et se sont imaginés que Poutine allait être inactif.
      Mais Poutine avait son plan, il l’a mis en œuvre démocratiquement, et çà l’axe du mal UE/USA/Israël ne l’avait pas planifié. Les USmen voulaient Sébastpol, Poutine aussi, non pas pour avoir accès à la mer noire etc, (un peu de Géo suffit pour le voir) comme le répète en boucle nos merdias, mais parce que ce port et la Crimée leur appartient, et il ne voulait pas laisser la place à l’axe du mal à juste titre.
      On nous parle d’énormes réserves de pétrole ou de gaz, ridicule, si c’était vrai toutes les compagnies pétrolières seraient déjà en exploration et exploitation dans une Ukraine en faillite.
      On ne nous raconte que des co.neries sur nos merdias de la dictature PS.


  9. FL Le 23 mars 2014 à 10h15
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    A ce jour il y a eu 520 tirs nucléaires atmosphériques (dernier tir en Chine en 1980). On est toujours là pour en parler!
    Comme quoi ce ne fût pas la fin du monde pour l’humanité, tout au plus un rude coup donné à la santé, dans les quarante ou cinquante années suivantes.
    Je ne sais pas vous, mais moi ça me fiche “les boules” de savoir que des furieux aux Etats-Unis et ailleurs pensent sérieusement que l’utilisation d’armes nucléaires de faibles puissances, dites tactiques, est raisonnable.
    Les “naïfs” (Paul Quilles par exemple qui pourtant n’est pas un naïf) qui pensent que l’arme nucléaire peut être éliminée, devraient réfléchir que sans elle nous serions possiblement en train de recevoir nos ordre de mobilisation, et que maintenant qu’elle est inventé et il n’est pas possible de la “désinventer”, sauf à croire au paradis sur terre car il y aura toujours un petit malin pour en cacher un bon nombre ou tout au moins penser que l’autre en face en cache, en conséquence de quoi…

    C’est pourquoi la volonté des USA et des Européistes de vouloir intégrer l’Ukraine dans l’OTAN pour la truffer de missiles tournés vers l’est, est une c….rie criminelle.


    • catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 13h58
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      à FL,
      Mais il doit y en avoir de plus récents, des milliers d’oiseaux sont tombés du ciel, morts, sans explication.
      Sur Youtube, je ne réussis pas à coller mon lien.
      “Qaund l es oiseaux tombent du ciel par milliers”

      http://www.youtube.com/watch?v=ox6JaL3nn6E


  10. kinimodo Le 23 mars 2014 à 11h10
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    On pourrait être atterré par l’incompétence de nos politiques et leur incompréhension des véritables enjeux qui se jouent aujourd’hui en Ukraine.

    Mais n’en doutons pas, ils connaissent parfaitement la situation et ont toutes les cartes en main. Les médias aussi évidemment.

    C’est donc beaucoup plus grave. La démocratie, le bien des peuples, n’ont rien à faire dans cette équation.
    La logique est ailleurs, aux ordres de puissances autres et de leurs intérêts.

    Là où je suis atterré, c’est que je ne vois pas (ou si peu), d’hommes ou de femmes politiques, ou médiatiques, qui ont le courage de dénoncer la situation et ces mauvais choix.

    Ce dossier sur votre blog prend donc tout son sens pour informer nos concitoyens, et je ne manque pas de le transmettre à ceux que je connais, pas toujours convaincus de la véracité de mes arguments.

    J’espère en tous cas que votre site est bien protégé, je pense aussi à la vidéo en préparation qui devrait être très visionnée.
    Ces vérités vont finir par agacer sérieusement, surtout si ce site devient très visible.


  11. catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 11h28
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    Vénézuela
    Ce qui inquiète surtout dans ce piètre traitement médiatique(comme en france d’ailleurs), nous dit le sociolgue Vénézuélien Emiliano Teran Mantovani, est qu’il prend parti(le traitement médiatique)pour des révolutions composées de plus en plus d’éléments fascistes.

    Citant les fondamentalistes mulsumans financés par l’Arabie Saoudite(où cela dit en passant, c’est la dictature mais où les USA n’interviennent pas au nom de la démocratie???), en Syrie et en Lybie , les Ultranationalistes et néo-nazis du mouvement Svoboda(ss),en Ukraine,et les fascites vénézuéliens de groupes tels que Orden, et Volundad Popular(vous remarquerez la manipulation à l’aide des mots qui en fait sert à faire le contraire de la volonté populaire), Mantovani croit qu’à la globalisation de la crise capitaliste, commence à répondre une globalisation du fascisme avec sa haine et son irrespect des majorités populaires.

    Je le pense aussi.


    • Pierre C. Le 23 mars 2014 à 15h16
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      N’oublions pas aube dorée en grèce, et les divers partis d’europe du nord et de l’est..

      Orwell & Huxley, 2 romans pour voir que l’aboutissement du système est une conjugaison du capitalisme et du faschisme en symbiose parfaite.


      • Wilmotte Karim Le 23 mars 2014 à 19h36
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        A ce propos, monsieur Berruyer, quel en est la situation en Grèce?

        Autant se “préparer” intellectuellement et moralement à ce qui va nous “arriver” (peu ou prou).
        En ce compris, … l’état de la lutte contre les fascistes Grecs.


  12. Marie-Christine Augeraud Le 23 mars 2014 à 13h42
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    bonjour, en réponse de la demande en ouverture de blog … Une belle analyse de Sapir !
    P.S. Quelqu’un aurait enregistré (ou aurait un lien) vers Ce soir ou Jamais de vendredi ? Merci
    Ce soir ou jamais a partagé un lien.
    21 mars
    #CSOJ Jaques Sapir face à Elisabeth Guigou “Ce referendum est illegal” #Ukraine #Crimee #France2
    http://dai.ly/x1irbgo


  13. Bigglop Le 23 mars 2014 à 13h44
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    Bonjour à tous et à Olivier,

    Pour le moment, je n’ai trouvé que des extraits de CSOJ :
    http://www.youtube.com/watch?v=llAr9nqBrmA&list=TLfn8siO52E0q_vFV8AIkft0fF0V6pB–J (Hélène Banc pro UE)
    http://www.youtube.com/watch?v=XwuxYUQy92Y&list=TLfn8siO52E0q_vFV8AIkft0fF0V6pB–J (Jacques Sapir VS Guigou)

    Je reposte un précédent commentaire :
    Il faut relever la présence parmi les européistes, d’Elizabeth Guigou (Young Leader et membre de la Trilatérale comme Hollande) faisant semblant de tenir un langage raisonnable….
    Cependant, c’est elle-même qui avait déclaré :
    – ”le référendum irlandais a été humiliant, il démontre que les référendums sont des mécanismes purement destructifs”
    – ”l’Union Européenne a besoin de traités, et les référendums tuent les traités”
    – en novembre 2008, elle a présidé une commission de la Trilatérale intitulée “Sauver l’Europe de la tyrannie des référendums”


    • ploi Le 23 mars 2014 à 15h51
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      Pas avant lundi normalement pour le replay apparemment à cause…. des municipales!! (source twitter Sapir, c’est ce qui lui a été répondu quand il s’en est étonné)

      Genre le mec à Pétaouchnok les bains, il se détermine pour élire ses conseillers municipaux en fonction de la position de Sapir sur l’Ukraine. WTF??

      Sinon j’ai trouvé ça mais pas testé donc pour ceux qui ont pas la patience : http://www.t411.me/torrents/ce-soir-ou-jamais-21-mars-2014-tvrip-vf


    • scribe1 Le 23 mars 2014 à 19h23
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      Eh oui ! Terrible constatation : une vraie démocratie est par nature (mais dans en réalité rarement ) imprévisible ! Là est le grand drame qui consterne les politiques. Que faire si le peuple ne va plus dans le sens désiré par le souverain ? Un souverain intima à son conseiller : eh bien, qu’attendons-nous pour changez de peuple ?


  14. scribe1 Le 23 mars 2014 à 18h51
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    La Crimée rentre dans le giron de la Russie ? Ne serait-ce pas plutôt la Russie qui entre ( revient ?) en force dans le Giron de l’Ukraine ? Je ne suis pas pro-ouest à tout crin, mais considérer que la Russie avait le droit de “reprendre la Crimée” ; c’est légitimer d’avance toute action équivalente de l’Occident : envisage-t-on que la France veuille reprendre l’Algérie sous prétexte de leur passé commun ? L’argument linguistique pour réel qu’il soit me semble totalement insuffisant. L’Angleterre à ce compte pourrait revendiquer les USA, ancienne colonie. Comme l’argument économique, il sert en fait de pivot à des stratégies non avouées de l’Ouest comme de l’Est. On n’entend presque pas parler d’Otan dans cette affaire, ce qui est pour le moins curieux. Regarder de ce côté là me semble beaucoup plus révélateur que toutes les images publiées : le premier rôle d’un état est d’assurer sa sécurité. Malheur aux faibles !


    • Patrick-Louis Vincent Le 23 mars 2014 à 19h12
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      Tu oublies qu’il y a eu un référendum en Crimée et des scènes de liesse populaire dans tout le pays après le vote.

      Si les Algériens voulaient redevenir Français et votaient massivement lors d’un référendum, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas ce que veut le peuple algérien, donc la question ne se pose pas, pas plus que le peuple américain ne veut redevenir britannique.

      La question, essentielle, est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Seuls les référendums permettent de répondre à cette question.

      En France, l’on ne respecte plus la volonté du peuple (voir le référendum de 2005 sur la Constitution européenne).

      Sans les impérialismes, les questions seraient vite réglées par référendum, au Kurdistan, au Tibet, en Palestine… C’est la volonté de puissance des empires qui fout tout par terre. C’est aussi le pot de terre contre le pot de fer, car comment résister aux empires, à leur puissance militaire et financière ?


    • scribe1 Le 23 mars 2014 à 21h43
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      Dissipons d’abord tout malentendu : je n’ai jamais envisagé de cautionner une quelconque légitimation de frontières acquises contre le gré des peuples. Mais, si la notion d’Etat a un encore un sens, elle englobe forcément le peuple de cet Etat dans sa totalité. C’est donc le peuple d’Ukraine dans son entier qu’il aurait fallu interroger pour changer si profondément la consistance politique de l’Ukraine- et pas seulement une partie de celui-ci, fut-elle, historiquement et culturellement parlant très homogène, (mais les Bretons le sont tout autant) et cela sans même avoir à se demander si les partisans du référendum sont une minorité ou une majorité dans l’Etat en question car ce sont les principes qui m’intéressent de cette affaire ukrainienne. Ainsi, bien par delà les parallèles pris en exemple, toute autre position “sur le plan de la pratique démocratique pur” reviendrait selon moi à légitimer un référendum par son résultat, ce qui me semble une vraie perversion de la démocratie. Penser le contraire, c’est accepter de facto qu’un Etat ne soient que des entités “marionnettes” offertes aux appétits stratégiques des plus forts. Et je le répète, ma position est indépendante du fait qu’il s’agisse d’Ouest ou d’Est. La question fondamentale reste donc selon moi : au moment du référendum, l’Ukraine était-elle, au regard du droit international (sinon merci de proposer moi une autre référence) un Etat souverain ? Or, il me semble que ce n’est pas ainsi que l’Ukraine ait été traitée par la Russie dans cette affaire. A moins d’une redéfinition (là aussi merci de vos propositions) de la notion de souveraineté ou (ce qui peut-être encore mieux peut-être aux yeux de certains) de considérer que la souveraineté des Etats est désormais une vieillerie obsolète du monde moderne (post-moderne en fait), ce qui nous mènerait tout droit à monde fait de “régions” sans aucune représentation politique structurante. C’est précisément la version politique de l’ultra-libéralisme post moderne, celle-là mmême que vous condamnez selon moi à juste titre. Si on n’y prend garde, je crains que la “nouvelle Ukraine” m’inaugure une nouvelle catégorie d’Etats modelables au gré des volontés ou intérêts de tous bords, sauf ceux des ukrainens eux-mêmes qui pourraient ainsi devenir des “prisonniers cobayes” dans leur propre pays.


  15. scribe1 Le 23 mars 2014 à 19h12
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    L’occident piégé par la “démocratie ! “, pourrait-on titrer aujourd’hui. Un référendum dont le résultat est sans équivoque est-il pour autant légitime, au sens du droit international. C’est une question qui reviendra forcément tôt ou tard sur le tapis, quand les négociations sur le fond s’ouvriront. Une expression démocratique “incitée” et “permise” de l’extérieur en contradiction avec les principes internes d’un état souverain a-t-elle une valeur internationale quelconque ? Cela concerne autant l’Ouest que l’Est, naturellement, au-delà de la forme et des moyens employés. Faute de répondre à ces questions de fond, on risque de réhabiliter la pire des politiques internationales : celle des faits accomplis et des escales sans fin qu’une telle politique peut enclencher. Désolé de ce nouveau commentaire en forme de nouvelle question !


    • catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 20h27
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      Je pense qu’en ca de force majeure, comme ici, en Ukraine, la voix du peuple prime sur le droit internationnal.Ils ne vont pas se laisser égorger comme des moutons quand même.Je ne connais rien au droit mais Poutine semblait dire que ce référendum était légal, après, on peut en douter vu qu’il est le président russe, peut-être qu’un des commentateurs aura la gentillesse de nous éclairer?


      • Kiwixar Le 23 mars 2014 à 21h15
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        Le “droit international” c’est le droit du plus fort.
        C’est pour ça que les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU sont les 5 plus grands fabricants d’armes au monde.
        Une fois que le droit du plus fort est établi, on enrobe ça de légitimité (“on a tué tous les indiens car on aime les bisons”) et/ou de légalité (“titre de propriété sur l’esclave des plantations”).
        La “communauté internationale” c’est l’OTAN.
        La position (toujours) prudente de la Chine est intéressante : ils ont des séparatistes minoritaires au Xinjiang et sans doute aussi minoritaires au Tibet (pas viable sans la Chine). Par contre à Taiwan ils sont majoritairement contre un rattachement à la Chine (contrairement à la Crimée où ils sont très majoritairement pour un rattachement à la Russie).


      • scribe1 Le 23 mars 2014 à 22h26
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        Je pense qu’il y a une confusion dans votre esprit. Le référendum d’indépendance de mars 2014 a eu lieu seulement en Crimée qui était un ancien pays indépendant avant d’être rattaché à l’Ukraine. Poutine a naturellement soutenu la Crimée dont la population est d’origine russe en quasi-totalité. Les tensions sont dûes au fait que la plupart des autres Etats du monde à l’exception de la Russie, continuent de considérer aujourd’hui que le territoire de la Crimée continue à faire partie de l’Ukraine, en disant que le référendum n’est pas légal.


        • Wilmotte Karim Le 23 mars 2014 à 23h01
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          La volonté du peuple et des frontières administratives précises suffisent à déclarer l’indépendance. La République autonome de Crimée avait donc parfaitement le droit de se détacher de l’Ukraine. Et n’importe quel état indépendant peut se rattacher avec un autre, s’il s’agit de sa volonté.

          L’indépendance d’une région est rarement constitutionnel ou légale dans le cadre national.


        • bourdeaux Le 24 mars 2014 à 15h13
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          @ scribe1 : La question que vous soulevez dans vos précédents commentaires est légitime et intéressante. Vous semblez vous inquiéter, si je vous ai compris, d’une généralisation du fait criméen de 2014 entrainant une pagaille dangereuse dans les frontières qui n’ont plus de sens lorsqu’elles semblent trop facilement modifiables. Pourtant, je suis tenté de vous répondre que les frontières ne méritent ce respect dû aux vieilles dames, que lorsque l’état qu’elles encerclent est aussi une nation, et si possible une seule. Ce n’est pas le cas, par exemple, de l’Ukraine, comme d’innombrables pays d’Afrique, du moyen orient. A mon point de vue, vous mélangez l’état avec la nation, ce qui est loin d’être systématiquement légitime. Tant que subsiste une variété identitaire marquée dans un état, cet état n’est pas une nation. Au même titre qu’une monnaie, une nation n’a d’existence que celle que les individus lui reconnaissent comme valide. Le consentement populaire a autant d’importance pour une nation qu’il en a pour une monnaie.
          Pour moi, l’état , c’est le contenant, et la nation le contenu. Dès lors que des intérêts divergent au sein d’un peuple qui, la veille encore semblait homogène, et que ces divergences remettent en cause la validité d’une communauté de destins, un état ne peut que se disloquer. Empêcher à toute force cette dislocation, c’est maintenir des antagonismes profonds et irréconciliables dans une proximité dangereuse. Pour terminer, Intégrer un pays comme l’Ukraine à l’UE achèvera de donner à Bruxelles les allures de résidence secondaire d’un arlequin en loques.


  16. catherine Balogh Le 23 mars 2014 à 19h54
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    Bonjour Scribe,
    Pourquoi le peuple se refuserait-il un choix alors que la commission Européenne s’est choisie toute seule? ce qui est bon pour elle n’est donc pas bon pour nous?Pourquoi devrions-nous obtempérer à ses ordres alors qu’elle s’est essuyée sur 2005?il est incroyable qu’elle déclare quoique ce soit d’illégal puisqu’ elle nous montre l’exemple.?Nos référendums n’ont jamais impliqué autre chose que le droit à disposer de nous mêmes or les traités, eux disposent de nous comme ils l’entendent.Si la commisission avait respecté le jeu en toute légalité , alors oui, un référendum proposé par le peuple pourrait être non-avenu, mais ça n’est pas le cas.
    D’auant plus que b nous sommes des millions et qu’elle est une poignée de personnes.


    • scribe1 Le 23 mars 2014 à 22h08
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      Tout à fait d’accord pour la honteuse manoeuvre européenne de 2005. Je n’ai jamais prétendu que l’U.E. était une institution parfaitement démocratique. Il suffit de voir le flou artistique qui entoure l’élection/désignation/approbation du président de la Commission.(on ne sait plus comment traduire cette pratique européenne des plus alambiquées alors que les traités parlent d’un Président Elu sans aucune ambiguité). Ceci dit, les députés Européens restent malgré tout des élus de tous les citoyens d’Europe, j’insiste sur “tous”. L’Ukraine étant un seul et même Etat reconnu à l’ONU, il aurait fallu que Poutine reste dans une position de médiateur entre le nouveau gouvernement et la Crimée et faire légitimer une éventuelle demande d’indépendance de la Crimée par l’ensemble du pays. Naturellement, Il ne l’a pas fait, préférant forcer la main. Cela rappelle une célèbre question : “pourquoi l’avez-vous fait ?” Et sa réponse : “parce que je le pouvais ! “


      • scribe1 Le 23 mars 2014 à 23h27
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        simple correctif : il faut naturellement parler d’annexion et non d’indépendance de la Crimée.


      • Inox Le 24 mars 2014 à 00h17
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        Il aurait fallu en effet. Mais vu la pièce maitresse que représente la Crimée, et vu ce que l’Occident est capable de faire sans respecter le droit international, je comprends Poutine, sans évidemment le cautionner. Si l’OTAN avait réussi à s’installer en Crimée, c’était foutu pour la Russie. On peut dire que la guerre en Irak (entre autres) aura fait beaucoup de mal à la crédibilité du droit international, fort malheureusement. Comme il a été dit plus haut, il n’y a, en fait, pas de droit international, seulement le droit du plus fort, toutes les grandes puissances nous en ont fait la démonstration ces dernières décennies.

        Maintenant, cette annexion passe à peu près. Car la très grande majorité de la population de Crimée est Russe. Et il y a eu un référendum, officieux, certes, mais il y a eu consultation de la population. Avec 80% de russophone, le résultat ne choque pas en tout cas.


  17. Jacques Le 23 mars 2014 à 21h11
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    Bon complément à la série ukrainienne que ce billet de J. Sapir, que j’ai relu avec plaisir, fréquentant son blog assidument; il est non seulement un des très bons économistes français, mais aussi un des meilleurs connaisseurs de l’ex-URSS, de la Russie et de l’Ukraine. On peut lire aussi son livre de 2008 “le Nouveau XXIème siècle”, avec l’analyse de l’affaire du Kosovo qui préfigure ce que nous voyons en Ukraine: utilisation de tensions ethniques, prétextes humanitaires et démocratiques, soutien aux pires extrémistes, renversement de gouvernement légal, déstabilisation des sociétés qui sont abandonnées à l’anarchie pour finir, le tout couvert par une propagante éhontée des principaux médias occidentaux. Scénario répété en Irak, en Libye, en Syrie, en cours au Venezuela. Le vrai but étant de contrer les rares pays qui résistent à la volonté américaine, Russie, Chine.
    Et, sachant tout ça, nos sous-doués de Bruxelles ont signé le traité ahurissant qu’ Olivier Berruyer nous a fait connaître hier.


  18. poumpoum Le 24 mars 2014 à 08h34
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    une remarque.
    Il me semble avoir entendu que la Crimée contient de nombreuses bases Russe légalements implantées suite à une concession sur 20ans accordée par l’Ukraine.
    On peut comprendre dès lors la position de Poutine qui voit fleurir à ses portes des extrémistes armés d’extrême droite, va-t’en guerre. Et on peut voir aussi la légèreté des occidentaux à ne pas vouloir comprendre et anticiper la position de Poutine.


  19. Jourdon Le 24 mars 2014 à 09h08
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    Le titre de cet article commence par “Reprise”, mais en fait il ne s’agit pas d’une “reprise”,
    c’est une analyse par Jacques SAPIR du discours de POUTINE du 18 mars 2014 soit il y a moins d’une semaine.

    L’analyse de Jacques SAPIR me paraît très intéressante…


  20. eric Le 24 mars 2014 à 11h54
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    Monsieur Berruyer
    lien vers “ce soir ou jamais”
    http://www.youtube.com/watch?v=4ZIBy9vPbOg


  21. kinimodo Le 24 mars 2014 à 12h22
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    Un bon papier de Charles Sannat

    “Ukraine, les mobiles du crime apparaissent au grand jour ! »

    http://www.lecontrarien.com/ukraine-les-mobiles-du-crime-apparaissent-au-grand-jour-24-03-2014-edito


  22. Thomas Le 25 mars 2014 à 00h41
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    Bonsoir M Berruyer, voici le lien demandé:
    http://youtu.be/LD68gpZ16QQ

    Ps: super bouquin, avalé en 3 jours, et conseillé autour de moi 🙂


  23. Une Bévue Le 25 mars 2014 à 17h24
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    Ce soir ou jamais est online :
    http://pluzz.francetv.fr/videos/ce_soir_ou_jamais.html

    je peux vous le déposer quelque part.


  24. Une Bévue Le 25 mars 2014 à 17h48
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    attention le fichier pèse lourd : 597,4 Mo


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