Nous continuons à vous donner différents regards sur la crise syrienne, qui ne sont pas forcément convergents…

À vous de vous faire votre opinion…

Source : geopolitique-geostrategie, jean-bernard-pinatel 20-11-2015

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL

Paris, le 16 novembre 2015

J’étais à Damas vendredi soir avec une importante délégation française composée notamment de cinq députés courageux et de quelques représentants non moins courageux de la « société civile », tous concernés par la situation de la Syrie aux avant-postes de la guerre contre « l’état islamique », quand est tombée la cascade de nouvelles tragiques nous parvenant de Paris où « Daech » venait de déclencher une suite d’attentats terroristes sans précédent contre la France et le peuple français.

Cette attaque terroriste, nous savions tous qu’elle aurait lieu mais nous n’en connaissions bien sûr ni l’heure ni le lieu, ni la forme ni l’ampleur qu’elle prendrait.

Le lendemain matin, la délégation française qui était arrivée en Syrie le mercredi précédent afin de s’informer sur le terrain de la situation, notamment celle des minorités chrétiennes, a été reçue dans un climat de grande franchise par le Président Bachar El Assad en personne.

Avec gravité et simplicité, celui-ci nous a présenté ses condoléances à l’intention des familles éprouvées et du peuple français ; il nous a dit aussi que nul n’était mieux placé que lui pour comprendre le drame que constituaient ces attaques faisant tant de victimes innocentes, tant la Syrie est en effet elle-même confrontée depuis cinq ans à des tragédies quotidiennes de cette nature.

Ce voyage en Syrie nous aura permis de rencontrer la quasi-totalité des autorités religieuses, du grand Mufti de Syrie au représentant du Patriarche syriaque-orthodoxe en passant par le Cheikh Hekmat Al Hajri, chef spirituel des Druzes de Syrie, mais aussi des autorités politiques du pays, du président du Conseil du Peuple syrien (l’équivalent de notre Assemblée nationale) au Président de la République arabe syrienne, en passant par un ou deux ministres ainsi que de nombreux députés, appartenant à toutes les confessions.

Il nous aura aussi permis de rencontrer de nombreux représentants de la société civile (dont de nombreux chrétiens), le président et les membres de la Chambre de commerce syrienne, des dirigeants de sociétés, des médecins et chirurgiens, le directeur des musées de Syrie…etc.

Enfin, nous aurons effectué trois visites très particulières :

– Celle du village martyr de Maaloula, à 60 kilomètres au nord-est de Damas, où les habitants chrétiens ont été attaqués, violentés, chassés par les hordes sauvages du groupe islamiste Al Nosra qui en ont pris le contrôle de longs mois durant, de septembre 2013 à avril 2014, tuant, assassinant, pillant, brûlant, enlevant même des religieuses mais aussi des jeunes chrétiens (Trois d’entre eux, s’ils sont toujours en vie, sont toujours aujourd’hui entre leurs mains). Ce que j’ai vu à Maaloula, les graves dommages causés aux très anciens monastères de Saint Serge – Saint Bacchus et de Sainte Thècle, les icônes volées ou bien dégradées par haine du christianisme, les souffrances infligées aux habitants par ces nouveaux barbares …m’a rappelé étrangement ce que j’ai moi-même vu au Kosovo et Métochie en 1999 où l’UCK persécutait les moines et moniales orthodoxes et brûlaient leurs monastères et leurs églises, tuait, enlevait, torturait les civils serbes, cherchant obstinément à faire du passé table rase. Réaliser, comme nous l’ont rappelé les chrétiens rencontrés sur place, que ce fameux groupe islamiste Al-Nosra n’est autre que celui que le gouvernement français a choisi de soutenir en lui fournissant armes et munitions a de quoi susciter quelques interrogations très fortes !

Comment avons-nous pu, nous la France, nous fourvoyer de cette sorte ? Au nom de quelle cause, au nom de quel principe avons-nous pu ainsi aider ces barbares, ces terroristes qui s’en prennent aux populations innocentes, de préférence d’ailleurs quand elles sont chrétiennes ?

Il faudra bien que des réponses claires soient données un jour.

Pour la vérité de l’Histoire et l’Honneur de la France.

Puis, nous avons visité l’hôpital militaire de Tichrine à Damas. Le plus grand hôpital militaire du pays. Nous y avons vu de nombreux blessés, rescapés des rudes combats que mène l’armée syrienne contre les bandes islamistes, qu’elles se revendiquent d’Al-Nosra ou de Daech, peu importe d’ailleurs, car comment en effet faire la différence « entre bonnet vert et vert bonnet » ?

Nous y avons vu ces jeunes conscrits syriens dont certains sont dans leur cinquième année de service, marqués dans leur chair, devenus infirmes pour certains, mais tous frappés dans leurs âmes et dans leurs esprits par les horreurs auxquelles ils ont été confrontés.

Nous y avons vu aussi le bien triste résultat de l’embargo pratiqué sur les médicaments et autres matériels médicaux indispensables au diagnostic et traitement des blessés de guerre…
Enfin nous nous sommes rendus à l’hôpital français de Damas, l’hôpital Saint Louis, dirigé par une jeune religieuse libanaise à la Foi rayonnante, sœur Lamia, et servi par une équipe exceptionnelle de médecins, de religieuses, d’infirmières et de personnel de soutien.

Cet hôpital est situé à quelques centaines de mètres du réduit islamiste du quartier de Jobar. Il en reçoit régulièrement son quota d’obus. Mais surtout, dans une ambiance de tension extrême, d’où la conscience du danger n’est jamais absente, il fait un travail extraordinaire, avec de quasi bénévoles, dans un état de grand dénuement en médicaments et produits de première nécessité…Il sauve, traite, soigne, en particulier des enfants, de toutes confessions. Mais il faut reconnaître que les enfants chrétiens sont particulièrement nombreux parmi eux. Il faut dire qu’Al-Nosra les vise tout particulièrement, comme ce jeudi dernier 12 novembre où une attaque à la bombe est déclenchée contre un bus scolaire transportant des écoliers quittant leur école. Bilan : 27 enfants morts ou blessés, estropiés à vie, ayant qui perdu deux jambes, qui perdu un œil, du fait des attaques terroristes de ces barbares… mais qui donc cela intéresse-t-il ailleurs qu’en Syrie ?

En remettant en perspective cette visite de quelques jours en Syrie, confrontés à la réalité de sa situation mais aussi de la nôtre aujourd’hui en France, il ressort clairement quelques enseignements élémentaires :

– d’abord que notre politique étrangère, anti-syrienne et antirusse, totalement inféodée aux Etats-Unis et à l’Union Européenne son fidèle vassal, est totalement à revoir. C’est dans le nord de la Syrie et de l’Irak que se situe aujourd’hui « l’empire du Mal ». C’est donc là que nous devons frapper : à la source. Mais jusqu’à présent notre obstination à vouloir frapper Daech (d’ailleurs assez timidement lorsqu’on compte le nombre d’interventions sur un an de notre aviation de chasse : moins de 260, pas même une par jour !) tout en soutenant activement Al-Nosra afin de faire chuter à tout prix le régime syrien, a surtout souligné notre grande incohérence!

– Les Russes depuis le début de leur intervention récente, parce qu’ils sont déterminés et qu’ils y mettent les moyens (40 sorties/ jour en moyenne), mais aussi parce que leur aviation agit en coordination avec les troupes au sol, celles de l’armée syrienne et celles de ses alliés iraniens et du Hezbollah, ont une efficacité de très loin supérieure.

Les faits sont là :

– En un an d’intervention alliée en Syrie et en Irak, Daech a continué à progresser et à s’étendre inexorablement.
– Seule l’intervention russe, en trente jours, a enfin fait reculer pour la première fois les barbares.

Il serait donc temps d’en tirer les leçons et de se décider à rejoindre les Russes et d’apporter sans états d’âme un soutien franc et entier à l’Etat syrien dans sa lutte contre le cancer islamiste. Certes cela nécessitera un certain courage : celui de modifier sensiblement nos alliances en commençant par mettre de la distance entre les monarchies pétrolières du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, fermes soutiens des terroristes et nous. Et en osant dénoncer le double jeu de la Turquie d’Erdogan auquel Daech doit tant.

Il serait temps de constituer une seule et même coalition sincère et unie contre l’islamisme, cette forme moderne des grandes invasions barbares. Ensuite, et tous nos interlocuteurs nous l’ont demandé instamment. Il s’agit de mettre un terme, par tous les moyens, aux flux migratoires, qui en submergeant l’Europe, vident la Syrie et l’Irak. Pour cela, il faut bien évidemment éradiquer Daech, afin de ramener la paix et la concorde dans les régions que le califat a dévastées ces dernières années. Mais il faut aussi simultanément fermer nos frontières, refuser le principe même des immigrés clandestins et cesser de vouloir à tout prix en faire des « réfugiés politiques ». Cela nous a été demandé avec insistance par ces responsables conscients des grands troubles que ne manqueront pas de créer le laxisme et les atermoiements actuels. […]

En Syrie comme en France, le combat est même : il s’agit du combat sans merci que livrent les nouveaux barbares au monde civilisé pour le détruire et imposer leur loi infâme. La Syrie de Bachar El Assad n’est certainement pas parfaite. Mais la France de François Hollande l’est-elle seulement ?

L’ennemi est commun, il est un et un seul. Son nom peut changer mais il s’agit du fondamentalisme wahhabite, que j’ai déjà personnellement vu à l’œuvre sur le sol européen au Kosovo il y a quinze ans et qui continue d’y prospérer sous l’œil bienveillant des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

Il est temps d’ouvrir les yeux, de prendre conscience des graves dangers qui menacent les générations à venir. Celles de nos enfants et de nos petits-enfants. Un sursaut est encore possible.

Comme l’a écrit récemment Philippe de Villiers, « il n’y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent ».

Je souhaite que le sacrifice de tous ces morts et blessés innocents, de Beyrouth, de Damas ou de Paris, ne soit pas vain. Je souhaite qu’il permette une prise de conscience amenant nos dirigeants à un sursaut salutaire, pour la défense de notre civilisation, de nos libertés, sans laquelle la vie ne vaut rien.

Source : à lire en entier sur geopolitique-geostrategiejean-bernard-pinatel 20-11-2015

20 réponses à Retour de Syrie par le Colonel Jacques Hogard

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 28 novembre 2015 à 06h41

Nos dirigeants se sont-ils fourvoyés à ce point?
Si la réponse est positive, alors nous sommes dirigés par des carriéristes incompétents. Ce qui est grave.
Si la réponse est négative, alors nous sommes trahis. Ce qui est encore plus grave.

La question qui devrait suivre mériterait une réponse honnête et claire de la part des élus.
Nous vous avons élu, mais quels intérêts défendez-vous? Est-ce ceux de la France? Est-ce celui du peuple? Fournissez nous les vraies raisons qui justifient vos décisions. C’est aussi le rôle des journalistes de poser des questions, mais la presse est aux ordres de ceux qui la financent. La liberté de la presse n’existe plus. Ce qui ne permet aucun vrai débat.

  1. Papagateau Le 28 novembre 2015 à 02h15
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    Avion russe abattu par la Turquie : Moscou avait averti Washington de ce vol (Washington chef de la coalition)
    http://www.leparisien.fr/international/videos-avion-russe-abattu-la-turquie-ne-s-excusera-pas-aupres-de-la-russie-26-11-2015-5315181.php

    [Modération] Complètement hors sujet et lien douteux menant à un site tout aussi douteux. Merci de vous abstenir.

    [Modération] Commentaire propagandiste à outrance, traduction approximative et informations invérifiables.


    • Papagateau Le 28 novembre 2015 à 14h40
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      Le censeur a dit : 1- Commentaire propagandiste à outrance, 2- traduction approximative 3- et informations invérifiables.

      -1- “Commentaire propagandiste à outrance” :
      Je n’ai PAS commenté, seulement traduit une partie du texte derrière le lien. Sur le fond, voir aussi le point 3.

      -2- “traduction approximative”
      La traduction était celle de “GOOGLE TRANSLATION” à partir de l’anglais, sauf qu’étrangement Google avait traduit le prétérit par un présent de l’indicatif, et que moi, j’ai remplacé/ rétabli par un passé simple. C’est tout ce qui a justifié que le mette “traduction personnelle” en en-tête, il ne fallait donc pas comprendre “traduction personnelle” par “interprétation personnelle”.

      3- et informations invérifiables.
      Les informations sont parfaitement vérifiables, c’est les dires de généraux russes identifiés qui citent les réponses diplomatiques OFFICIELLES de la Turquie à la Russie !

      Probablement que quand un commentaire vient juste sous l’article, la sensibilité du censeur est amplifié. Je prie le censeur de croire en ma plus grande sincérité.

      http://sputniknews.com/military/20151126/1030814989/su-24-pilot-modern-bearings.html


      • Papagateau Le 28 novembre 2015 à 15h46
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        Puisque le lien est devenu acceptable après une bonne nuit de sommeil bien méritée, je remets ma traduction (sincère et phrase par phrase).


        Les autorités turques ont informé l’attaché militaire russe qu’ils n’ont pas fourni les médias avec des enregistrements audio de contacts radio présumés entre leur chasseur F-16 et le Sukhoi-24 de la Russie abattu, le Ministère de la Défense russe a déclaré jeudi.

        “Les représentants de l’état-major turc ont déclaré qu’ils n’ont pas partagé cet élément avec les médias. Si c’est ainsi, cela confirme encore une fois que les enregistrements entre les pilotes turcs avec notre équipage qui sont arrivés au public aujourd’hui sont un autre faux,” Major. General . Konashenkov a déclaré aux journalistes.


  2. Astatruc Le 28 novembre 2015 à 03h00
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    Enfin le témoignage récent d’une personne sur place,
    Merci.


    • Wen Le 28 novembre 2015 à 10h39
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      Oui. Ca permet d’ailleurs d’évaluer le sectarisme gauchiste pro-islamique, très palpable dans les commentaires.


  3. dugesclin Le 28 novembre 2015 à 04h08
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    En vertu de l’article 3 de la constitution “La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
    Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.”
    Nous n’avons pas de “dirigeants” mais des “représentants” et les récents évènements montrent que nous en assumons les risques.
    Cela impose que les “médias” ne doivent jamais mentir au “peuple souverain”, ce serait de la trahison.
    Mais qui demande des comptes à nos “représentants” quand leurs agissements paraissent diverger de cet autre texte constitutionnel : “La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.”


  4. DUGUESCLIN Le 28 novembre 2015 à 06h41
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    Nos dirigeants se sont-ils fourvoyés à ce point?
    Si la réponse est positive, alors nous sommes dirigés par des carriéristes incompétents. Ce qui est grave.
    Si la réponse est négative, alors nous sommes trahis. Ce qui est encore plus grave.

    La question qui devrait suivre mériterait une réponse honnête et claire de la part des élus.
    Nous vous avons élu, mais quels intérêts défendez-vous? Est-ce ceux de la France? Est-ce celui du peuple? Fournissez nous les vraies raisons qui justifient vos décisions. C’est aussi le rôle des journalistes de poser des questions, mais la presse est aux ordres de ceux qui la financent. La liberté de la presse n’existe plus. Ce qui ne permet aucun vrai débat.


  5. jacquet Le 28 novembre 2015 à 06h50
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    J’ai écrit un commentaire dont les sens général est de ne pas critiquer bêtement mais d’argumenter si on n’est pas d’accord.. c’est contreproductif et cela n’apporte rien au débat.


  6. philbrasov Le 28 novembre 2015 à 07h47
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    comment des quantites aussi importantes d’armes ont été prises a Mossoul, en irak par ISIS…
    On parle de milliers de humvees et des quantités de chars plus importantes que l’armée francaise?
    Lorsqu’on encercle une armée , je veux bien comprendre. mais lorsque cette armee recule et laisse le chemin libre… on ne peut que supposer que la dite armee a reçu des ordres de laisser TOUT sur place…
    C’est plus discret que de parachuter du materiel a son “ennemi”…


  7. tchoo Le 28 novembre 2015 à 09h22
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    Peut-être nous faut-il chacun de notre coté interpeller le député de notre circonscription, en lui posant les questions sur la politique tenue par la France dans cette région du monde, le soutien à la Turquie, les collusions coupables avec le Quatar et l’Arabie Saoudite.
    Le nombre pourrait avoir un début d’efficacité


  8. Ari Le 28 novembre 2015 à 10h21
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    Le texte mêle deux sujets qui mériteraient d’être traités plus séparément.

    Le premier est comment doit-on faire la guerre à l’Etat islamique en Syrie ?
    Pour l’instant, tous les témoignages que j’ai vus de personnes revenant de Syrie concluent la même chose : les soi-disant “modérés” n’en sont pas, nous nous somme fourvoyés (par exemple l’interview de la députée Besse). Nous devons nous positionner clairement, même du côté de l’armée Syrienne et en se rapprochant de la Russie.

    Personne ne semble envisager de nous retirer (prôner la paix et l’amour n’est pas du tout la même chose). Comme s’il s’agissait d’une évidence : nous ne pourrions plus faire autrement que de faire la guerre.
    Je me méfie des évidences, la question ne mérite-t-elle pas d’être posée ?

    Le deuxième sujet est l’idée d’une islamisation de la France et la défense du christianisme.
    Peut-être la question mérite-t-elle d’être posée aussi, je ne sais pas, mais il vaudrait sans doute mieux le faire clairement alors.
    Ici, la question n’est pas posée. La situation en Syrie est utilisée, de façon un peu sournoise, pour appeler à christianiser la France et combattre l’islam.


    • RMM Le 28 novembre 2015 à 16h51
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      Un soutien diplomatique (et donc aussi médiatique) à la Syrie et à ses partenaires actuels, avec dénonciation claire des pays et des structures qui alimentent Daesh, ferait plus que mille sorties de Rafales.
      Mais vu que cela passe par un mea culpa des autorités actuelles, il y a peu de chance que cela se produise.
      La Syrie ne cesse de se plaindre aupres du Conseil de sécurité de ce que la soi-disant coalition ne fait que s’acharner à détruire les infrastructures syriennes. Sciemment. http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2015/851


  9. lon Le 28 novembre 2015 à 10h58
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    De la Bosnie au Kosovo, et du Kosovo à la Libye et à l’EI , la constance avec laquelle les néocons euratlantiques utilisent les islamistes pour détruire des états jugés contraires à leur vision du monde est assez remarquable . Dans le cas des exactions de l’UCK citées dans l’article , il faut rajouter la mainmise de la mafia kosovare sur le marché européen de l’héroïne dans les années 90 , pour financer leur sale guerre .


    • Monique Le 28 novembre 2015 à 13h27
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      Lu hier soir dans le livre de Howard Zinn ” Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours”, éditions Agone:

      Page 657: (à propos du Nicaragua, en pleine révolution Sandiniste, peu de temps après l’élection de Reagan qui y voyait là une menace “communiste” et un défi lancé à la suprématie américaine en Amérique centrale. L’administration Reagan décida immédiatement de renverser le gouvernement sandiniste.)

      “Elle se lança dans une guerre secrète par l’intermédiaire de la CIA, qui organisa une force contre-révolutionnaire (la ” Contra”) dont la plupart des responsables étaient d’anciens officiers de la garde nationale de Somoza détestée par le peuple nicaraguayen.

      […] Du Honduras, les Contras passaient la frontière pour effectuer des raids sur les fermés et les villages, tuant hommes, femmes et enfants et commettant les pires atrocités. Un ancien colonel des Contras, Eduardo Chamorro, témoigna plus tard devant la Cour internationale de justice : ” La CIA nous avait dit que la seule manière de battre les sandinistes était d’utiliser la tactique des guérillas communistes partout dans le monde: tuer, prendre des otages, piller et torturer. (…) De nombreux civils ont été assassinés de sang froid. Beaucoup d’autres ont été torturés, mutilés, violés ou maltraités. (…) Quand j’ai j’ai accepté de rejoindre les Contras, j’espérais que ce serait une force composée en majorité de nicaraguayens. (…) Finalement, nous n’étions qu’un instrument du gouvernement américain. ”

      Page 659:
      “Une fois que le scandale eût éclaté au grand jour, ni les comités d’investigations du Congrès, ni la presse, ni même le procès du Colonel Oliver North, qui supervisa toute l’opération de soutien aux Contras, ne soulevèrent la question cruciale : quelles sont les vraies motivations de la politique étrangère américaine ? Comment le président et son équipe peuvent-ils s’autoriser à soutenir des groupes terroristes en Amérique centrale pour renverser des gouvernements qui, quelles que soient leurs erreurs, sont tout de même mieux appréciés que les terribles dictatures soutenues par les États-Unis durant de longues années ? Que nous apprend ce genre de scandale sur la démocratie, sur la liberté d’expression et sur la société américaine en général ?”

      Pour ma part, je pense que comme il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, il n’y a pas pire ignorant que celui qui ne veut pas apprendre.
      Je reconnais que cela n’est pas évidant enfumés que nous sommes (telles les abeilles dans leur ruche) par nos lumières journalistiques assistés dans leurs bla-bla des habituels experts de lrertise


      • Monique Le 28 novembre 2015 à 13h33
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        Message partit trop vite (gros doitgs sur petit clavier)… l’essentiel est passé…


    • Alain Billières Le 11 décembre 2015 à 02h05
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      C’est une constante de la politique globaliste ( voir PM Barnett ) via USA :
      ” Le chaos contrôlé ” en même temps d’ailleurs que ” les flux sans entraves “;C’est ainsi que la Serbie, l’Irak, La Libye, La Tunisie, l’Egypte, L’Ukraine ont été traités … et même, il se dit, la France en mai 58


  10. Fool Prophet Le 28 novembre 2015 à 12h02
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    Sans oublier la Tchétchénie et l’Afghanistan.
    Afghanistan, Bosnie, Kosovo, Tchétchénie, Libye, Syrie… C’est une méthode qui se répète.


  11. Libor Le 28 novembre 2015 à 13h17
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    “C’est dans le nord de la Syrie et de l’Irak que se situe aujourd’hui « l’empire du Mal »”
    Les lectures manichéennes masquant souvent des calculs inavouables sont à la base de toutes les erreurs commises au moyen-orient ces dernières années. Combien d’interventions foireuses faudra-t-il encore pour le comprendre ?

    Quand est-ce que l’on pourra admettre que dans un pays soumis de nombreuses années à une dictature féroce dont l’oppression se ressentait directement dans a rue (je suis allé en Syrie en période “de paix”) puis à une guerre atroce, “les forces du bien” ont été éliminées. Et dans ce cas pourquoi encore bombarder, pourquoi alimenter en livraisons d’armes, pourquoi ne pas lutter contre les transferts d’argents pour financer des mercenaires, contre le achats cyniques de pétrole et d’oeuvres d’art recyclées.

    Il n’y a pas d’empire du mal en Syrie mais un enfer généralisé que nous alimentons sans cesse en nouvelles flammes.


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