Source : Insolentiae, Charles Sannat, 29/02/2016

UERSS

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Intermarché veut soutenir les agriculteurs mais l’Europe refuse alors que le gouvernement est confronté à une colère noire de nos amis agriculteurs sur fond d’effondrement des cours, dont il faut tout de même rappeler un peu l’origine.

L’un des plus gros clients de la filière porcine française était… la Russie. En décrétant un embargo pour des raisons politiques plus ou moins avouables à l’égard des Russes, nous avons tiré une balle dans le pied d’un certain nombre de pans de notre économie. Parce qu’il est toujours important de dire la vérité et de rappeler l’enchaînement funeste de mauvaises décisions, nos dirigeants ont aggravé la situation en prenant des sanctions au niveau européen à l’encontre de la Russie.

Ces sanctions ont conduit à l’état catastrophique actuel de notre filière porcine qui connaît un effondrement sans précédent de ses cours, ce qui précipite des milliers d’exploitations, d’agriculteurs et leurs familles dans des difficultés financières insoutenables très longtemps.

C’est dans ce contexte qu’il convient d’apprécier la crise agricole qui secoue notre pays et le chahutage de nos mamamouchis en goguette au Salon de l’agriculture.

Pour soutenir son écosystème, Intermarché s’était engagé à acheter le porc à 1,40 euro le kilo minimum

Si mon objectif n’est pas d’encenser la grande distribution qui a des habitudes absolument détestables autour de ses fournisseurs, des prix et de la qualité des produits vendus, il n’en demeure pas moins que notre objectivité doit nous faire noter que les grandes enseignes essaient de soutenir les éleveurs.

Rassurez-vous, il ne sont pas devenus gentils et altruistes en une journée. Leur soutien est très intéressé mais nous ne nous en plaindrons pas ! Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands distributeurs évoluent dans un écosystème avec de très nombreux producteurs et fournisseurs. Si les fournisseurs meurent, alors les distributeurs n’ont plus grand-chose à vendre : c’est donc un équilibre subtil qu’il faut maintenir.

L’Europe, qui crée la crise, refuse le soutien d’Intermarché et ouvre une enquête ! Et Valls a un petit zizi…

Cette Europe d’europathes complètement malade de l’idéologie dégoulinante de la libre concurrence – ce qui est un terme pudique pour parler du totalitarisme marchand qu’elle nous impose – ne pouvait donc pas laisser passer une telle entorse aux sacro-saintes règles du libéralisme mondialiste sans réagir. Même si nous devons tous mourir, nous mourrons sans entraves au libre-échange !

“La Commission européenne a ouvert une enquête sur Intermarché, car elle estime que le choix de l’enseigne d’acheter la viande plus cher aux éleveurs français est une entrave à la concurrence étrangère.

Le groupement de distributeurs indépendants Intermarché (Les Mousquetaires) est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne, après s’être accordé l’an dernier avec son concurrent Leclerc pour acheter du porc à un prix plancher, a affirmé vendredi son président Thierry Cotillard.”

C’est dans ce contexte que le Premier ministre Valls, en visite au Salon de l’agriculture, a reçu quelques noms d’oiseaux dont la palme revient à cet agriculteur qui a dit, comme le raconte cet article de L’Express : “Va te cacher. T’as rien compris petit zizi, tu vas pas changer l’Europe…”

Hormis le langage fleuri de cet impertinent des campagnes, son constat est d’une cruelle vérité. Valls, malgré toute sa bonne volonté, ne changera pas l’Europe parce que pour changer l’Europe, il faut la quitter !

Quel est le pouvoir que nos dirigeants qui, toutes couleurs confondues, ont abdiqué la France contre cette Europe ?

Quel est le courage qu’ils savent manifester ?

Quelle est l’indépendance qu’ils veulent nous montrer ?

Quelle est la force qu’ils peuvent utiliser contre des institutions européennes qui, aujourd’hui, martyrisent les peuples d’Europe ?

Il n’y a rien à attendre car nos mamamouchis n’ont qu’un mot à la bouche : l’Europe. Une trahison, l’Europe, une compromission, l’Europe, une soumission, l’Europe. Aucun d’eux n’aura le courage de dire non à cette Europe et de la mettre au pied du mur. Nous sommes la France, et l’Europe sans la France c’est la fin de cette Europe. Ils n’ont qu’un mot à dire : non.

Ils ne le disent pas, mais le destin s’en chargera et le vent de l’histoire les balaiera.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

Source : Insolentiae, Charles Sannat, 29/02/2016

 

Intermarché visé par une enquête de Bruxelles pour son soutien aux éleveurs

Source : Le Figaro, AFP, 28/02/2016

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L’enseigne avait convenu avec Leclerc d’acheter le kilo de porc à un prix plancher. «L’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers», a déclaré Thierry Cotillard, président du groupe.

Le groupement de distributeurs indépendants Intermarché (Les Mousquetaires) est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne, après s’être accordé l’an dernier avec son concurrent Leclerc pour acheter du porc à un prix plancher, a affirmé vendredi son président Thierry Cotillard.

«Sur le porc, l’été passé, Intermarché s’était accordé avec Leclerc pour acheter le kilo (de porc) 1,40 euro (…). Mais ça n’a pas tenu. Maintenant, Bruxelles nous tombe dessus et enquête», a déclaré le patron d’Intermarché, dans un entretien au quotidien Libération mis en ligne vendredi soir. «L’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers. Donc maintenant, nous sommes très prudents pour trouver des solutions», poursuit le dirigeant, précisant que son groupe risque une amende potentielle «à hauteur de 5% de notre chiffre d’affaires».

Lutter contre la volatilité des prix

L’an dernier, alors que les cours du porc s’étaient effondrés en dessous du prix de revient des agriculteurs, le gouvernement avait fixé un objectif d’achat de 1,40 euro le kilo lors de négociations avec la filière, et des enseignes comme Leclerc et Intermarché s’étaient engagées à procéder à des achats de cochons à ce niveau.

Le 25 février dernier, l’enseigne avait réaffirmé son engagement et sa volonté de soutenir les éleveurs. Le groupe avait annoncé la mise en place d’une contractualisation avec les producteurs partenaires, garantissant un prix plancher de 1,28 euros le kilo de porc, et pouvant atteindre les 1,50 euros. «A terme, l’ambition est que la moitié de nos volumes de production soit contractualisée, ce qui représente au moins 1,2 million de têtes», avait déclaré le président du groupe. Les contrats ne porteront au plus que sur 50% de la production des éleveurs, pour leur laisser de la flexibilité, avait ajouté Thierry Cotillard.

Ce mécanisme de contractualisation n’est pas nouveau. Déjà présent dans la filière laitière, il est envisagé par le gouvernement pour lutter contre la volatilité des prix de la filière porcine française. Le géant des produits laitiers Danone a annoncé le 24 février dernier avoir passé un accord avec 2.000 des 2.600 éleveurs qui approvisionnent ses cinq usines françaises. Le groupe s’est engagé «à définir une nouvelle formule de prix intégrant les coûts de production, en concertation avec chacune des parties pour être au plus près des spécificités locales».

Source : Le Figaro, AFP, 28/02/2016

 

«Intermarché va rogner les marges de l’abattoir et du distributeur, on a les deux !»

Source : Libération, Philippe Brochen, 26/02/2016

Pour Thierry Cotillard, patron des enseignes des Mousquetaires, on ne sortira de cette crise que si on n’est pas dans une course effrénée à la compé­titivité.

Fils d’aviculteurs de Saint-Carreuc (Côtes-d’Armor), Thierry Cotillard, 41 ans, est président du groupement Intermarché qui compte 1 850 enseignes des Mousquetaires en France et 300 magasins Netto. Cet ingénieur en agroalimentaire diplômé de HEC, qui possède deux supermarchés à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), livre son regard sur la crise et avance des propositions.

Les distributeurs, dont vous faites partie, sont accusés par les producteurs de pratiquer des marges trop importantes. Que leur répondez-vous ?

Cette crise est complexe, car elle n’est pas que conjoncturelle, mais structurelle. Il faut d’abord gérer l’urgence, comme dans le lait, afin de créer une charte entre les trois acteurs de la filière. Sur le porc, l’été passé, Intermarché s’était accordé avec Leclerc pour acheter le kilo 1,40 euro, car nous sommes les deux seules enseignes à posséder des abattoirs. Mais ça n’a pas tenu. Maintenant, Bruxelles nous tombe dessus et enquête. Nous risquons une amende à hauteur de 5 % de notre chiffre d’affaires.

Pourquoi ?

Parce que l’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers. Donc maintenant, nous sommes très prudents pour trouver des solutions. Intermarché compte 62 usines et sites de production, 7 abattoirs, une laiterie, des usines de charcuterie…

Avec Leclerc, vous êtes la seule enseigne à ne pas être seulement distributeur mais aussi transformateur. Quel est votre intérêt ?

Ces choix ont été faits il y a quarante ans. Nous couvrons à peu près tous les secteurs d’activité avec nos usines. Avec 4 milliards d’euros annuels de chiffre d’affaires réalisé en France, nous sommes le quatrième ou cinquième industriel alimentaire hexagonal, derrière Nestlé mais devant Coca-Cola. Ce n’est pas opportuniste de notre part de dire qu’il faut des circuits courts, des contrats avec des producteurs. Quand il y a eu la crise du porc il y a trente ans, la première enseigne qui a assuré le kilo à 7 francs était Intermarché. Depuis, le coût de la vie a augmenté, et on est quasiment au même niveau de rémunération pour les éleveurs. C’est incroyable, non ?

Quelles sont les solutions ?

On ne sortira de cette crise que si on n’est pas dans une course effrénée à la compétitivité, parce que 1 000 vaches sur du béton alimentées par un technicien dans un cockpit, ce n’est pas le modèle français. Il faut aller vers quelque chose de plus vertueux, avec un cahier des charges, une qualité, et l’assumer à terme avec la pédagogie auprès du consommateur pour dire qu’il y a un juste prix. On peut faire le choix d’acheter le porc à 1 euro le kilo demain, mais alors on choisit de ne plus avoir d’agriculture en France.

Que proposez-vous ?

Depuis un an, face à la volatilité des cours des produits agricoles, Intermarché travaille à assurer un prix minimum sur le porc. La formule est trouvée à 1,5 euro le kilo. Mais attention : un cahier des charges a été défini sur le plan qualitatif, par rapport aux taux de graisse, etc. Les premiers contrats qui garantiront ce prix équitable de 1,5 euro sur cinq ans aux éleveurs seront signés la semaine prochaine avec une vingtaine de producteurs partenaires dans notre abattoir de Josselin (Morbihan). Et on n’a pas mis de prix plafond. C’est-à-dire que si ça monte à 1,80 euro, on paiera 1,80 euro. Très rapidement, d’autres éleveurs s’engageront dans cette contractualisation.

C’est un engagement fort…

Un gros pari, oui. Nous misons sur le long terme. Et on a la conviction que le consommateur ne fera pas le choix d’une enseigne que sur le prix, mais aussi sur les engagements sociaux et sociétaux. Nous, on affiche le logo «viande de France» sur tous nos emballages.

Y compris sur les produits avec de la viande transformée ?

Oui. Nous estimons que la traçabilité est essentielle. Chez Intermarché, parmi les plats cuisinés, 84 % sont made in France, quand la plupart de nos concurrents sont à 20 %, 30 %, 40 %, et le meilleur à 50 %. On a fait aussi le travail sur la viande fraîche et la charcuterie avec notre marque Monique Ranou, qui produit 100 % français. Aujourd’hui, on en assume le coût, car on ne peut pas le répercuter sur le prix de vente au consommateur. Du moins à court terme, car j’espère qu’à moyen terme les choses bougeront.

Vous faites le choix du marketing éthique…

Les gens disent qu’ils veulent acheter français. Mais quand il y a un écart de prix significatif, ils achètent le moins cher. A court terme, vu le prix auquel on va acheter la viande aux producteurs, on ne répercutera pas la hausse sur le prix de vente au client, sinon on va être pénalisés. Donc on va rogner la marge de l’abattoir et la marge du distributeur, puisqu’on a les deux !

Comment parvenir à concilier des prix bas en rayons et des rémunérations décentes pour les producteurs ? C’est une sorte de quadrature du cercle, non ?

Je ne suis pas certain qu’on ait des gens assez responsables pour pouvoir fonctionner sans une modification de la loi avec un cadre plus répressif.

Car il y a des transformateurs qui ne jouent pas le jeu ?

Oui, je n’ai aucun problème à le dire. Et les agriculteurs commencent à comprendre que tout le monde a sa part de responsabilité, et qu’il y a des coopératives ou des gros transformateurs qui ne rémunèrent pas comme ils le devraient. Il n’y a qu’à voir leurs résultats.

Où est l’argent qui ne va pas dans les poches des producteurs ?

Il y a très clairement une guerre tarifaire entre distributeurs qui a provoqué des baisses de prix, a détruit de la valeur et qui n’est pas responsable. L’an passé, il y a eu 1,7 milliard de baisse de prix sur les 2 000 produits qui se vendent le plus en France. Pour le consommateur, cela représente 36 euros par ménage et par an. Si, pour 3 euros par mois d’économie par famille, on casse l’agriculture, ce n’est très clairement pas acceptable.

Et quid de la part de responsabilité du transformateur ?

Il y a effectivement des sociétés qui vivent bien. Danone a annoncé 1,2 milliard de bénéfices en 2015 au niveau européen. Ces bénéfices ont été engendrés grâce à la baisse à l’achat du prix du lait. Là, c’est clairement la marge des producteurs qui a été rognée. Les géants de la transformation laitière cotés en Bourse affichent 10 % de résultat net par rapport à leur chiffre d’affaires. Sur la viande de bœuf, les gros acteurs français sont à 7 % ou 8 %. Intermarché, c’est entre 2 % et 2,5 %.

Source : Libération, Philippe Brochen, 26/02/2016

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38 réponses à « SCANDALE : Intermarché veut soutenir les agriculteurs, l’Europe refuse », par Charles Sannat

Commentaires recommandés

Lea_ Le 11 mars 2016 à 08h30

“La Commission européenne a ouvert une enquête sur Intermarché, car elle estime que le choix de l’enseigne d’acheter la viande plus cher aux éleveurs français est une entrave à la concurrence étrangère.”

– Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui – par ses décisions parfois incompréhensibles pour ne pas dire louches – tue des pans entiers de notre économie ?
– Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui “fricote” avec 30 000 lobbyistes qui n’ont aucune difficulté à imposer des produits nuisibles pour notre santé ?
– Quand est ce qu’on va ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui négocie en toute opacité le traité de libre échange avec les Américains (TAFTA), sans que les citoyens puissent être informés sur son contenu ? Pourquoi une pétition concernant ce traité et signée par plus de 1 000 000 de citoyens a été jetée à la poubelle ?
– Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne et son incompétence notoire, vu l’état dans lequel notre Europe se trouve ??

  1. kasper Le 11 mars 2016 à 03h32
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    C’est malheureux que meme les opposants a l’UE continuent de l’appeler “l’Europe”. Comment convaincre les indecis si on abdique dans la bataille du vocabulaire ?


    • Ailleret Le 11 mars 2016 à 12h54
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      Certes, Kasper, il vaut mieux dire l’UE, mais qu’importe au fond : ce mot n’est pas intouchable, et puisque nos petits maîtres (ou petits zizis) n’ont que ce mot à la bouche, renvoyons-leur ce mot dans la gueule. La conclusion de Charles Sannat est éblouissante : la France c’est nous, l’Europe c’est eux, et sans la France cette Europe s’écroule. Cette Europe nous fait crever, eh bien elle doit crever ! C’est eux ou nous.


    • patrick Le 11 mars 2016 à 13h12
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      oui, il faut bien insister l’UE n’est pas l’Europe comme l’état français n’est pas la France.
      ne mélangeons pas les peuples et les couches administratives.


      • Suzanne Le 11 mars 2016 à 21h08
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        Votre comparaison ne tient pas. L’état français n’est pas la France, mais il occupe le même territoire. Confondre Europe et UE, c’est bien plus grave, c’est un ethnocentrisme insupportable, c’est mépriser tous les territoires européens non inclus dans l’UE, une partie de la Russie, l’Islande, la Norvège, etc., c’est de la violence du langage, c’est la destruction d’une identité.


        • V_Parlier Le 12 mars 2016 à 14h09
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          Certes. Mais j’aime tout de même beaucoup le ton de l’article, autant que le contenu, les occasions saisies autour du sujet pour remarquer la folie de ce totalitarisme marchand (et même pas si libéral au sens originel du terme) régnant sur cette zone qui se fait appeler “le monde libre”.


  2. Pierre Le 11 mars 2016 à 04h50
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    Une analyse détaillée de la problématique du suicide chez les agriculteurs, et notamment de la difficulté à en fournir un dénombrement exhaustif
    https://pistes.revues.org/3650
    Je cite en particulier : “Les suicides dissimulés, et donc peu ou pas évaluables, sont toutefois susceptibles d’être nombreux dans un milieu rural, surtout dans un contexte de forte tradition catholique. Il demeure également une quantité potentiellement très importante de formes opaques d’actes de nature suicidaire parmi les accidents de travail et de transports. Il se trouve d’ailleurs que, dans l’enquête InVS/MSA, le taux de mortalité par accident est le plus élevé chez les personnes de 55 à 64 ans (p. 8), c’est-à-dire à la fois chez les personnes les plus expérimentées et celles qui connaissent une plus grande surmortalité par suicide, ce qui ne laisse pas d’interroger sur la nature exclusivement accidentelle de ces phénomènes.”


  3. Renaud 2 Le 11 mars 2016 à 06h27
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    1 euro 40 le kilo c’est trop… On imagine bien comment sont traitées les bêtes à ce prix-là, alors dans d’autres pays pour moins cher transport compris, ça laisse rêveur sur la filière porcine. Et si on consommait moins pour consommer mieux ? Mais vous n’y pensez pas, et pourquoi pas quitter l’UE tant qu’on y est ???


  4. bluetonga Le 11 mars 2016 à 07h18
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    En un mot, “libre échange” selon Bruxelles signifie que l’on n’est plus libre de choisir. Plus de libre échange, moins de liberté.


  5. Odile Le 11 mars 2016 à 08h04
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    L’UPR propose la sortie de l’UE, l’euro et de l’OTAN depuis 9 ans. Et son président François Asselineau qui demande un espace dans les médias en est écarté. Tandis que le FN a le tapis rouge tres régulièrement.


  6. Lea_ Le 11 mars 2016 à 08h30
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    “La Commission européenne a ouvert une enquête sur Intermarché, car elle estime que le choix de l’enseigne d’acheter la viande plus cher aux éleveurs français est une entrave à la concurrence étrangère.”

    – Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui – par ses décisions parfois incompréhensibles pour ne pas dire louches – tue des pans entiers de notre économie ?
    – Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui “fricote” avec 30 000 lobbyistes qui n’ont aucune difficulté à imposer des produits nuisibles pour notre santé ?
    – Quand est ce qu’on va ouvrir une enquête sur la Commission européenne qui négocie en toute opacité le traité de libre échange avec les Américains (TAFTA), sans que les citoyens puissent être informés sur son contenu ? Pourquoi une pétition concernant ce traité et signée par plus de 1 000 000 de citoyens a été jetée à la poubelle ?
    – Quand est ce qu’on va enfin ouvrir une enquête sur la Commission européenne et son incompétence notoire, vu l’état dans lequel notre Europe se trouve ??


    • Balthazar Le 11 mars 2016 à 09h02
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      Une enquête sur la Commission Européenne ?
      Vous n’avez pas compris le Brexit alors.
      La CE, c’est supra-national. Au dessus de nos lois. Il n’y a rien pour les juger.
      C’est le PolitBuro à la sauce américaine.
      La bonne question, celle que vous devez vous poser et poser à celui pour qui vous votez (si vous votez encore) : pourquoi le Brexit et pas le Francexit ?
      Les socialopes (umps) ont vendu votre souveraineté pour … vous mettre à mort économiquement et vous dire, les yeux dans les yeux : Qu’est ce que j’y peux, moi, hein ? C’est de la faute à l’autre.
      Sérieusement, cela ne peut plus durer 😡


      • Lea_ Le 11 mars 2016 à 18h27
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        @ Balthazar
        Vous oubliez que Louis XVI se croyait, lui aussi, inattaquable, pourtant il y a eu la Prise de la Bastille. Il peut donc avoir la Prise de Bruxelles; à force de courber l’échine, les sans dents supportent de de moins en moins cette position.
        Plus on trahit l’espoir des gens, plus leur violence est grande. L’Histoire est pleine de révolutions…


        • bruno Le 11 mars 2016 à 21h23
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          personnellement,y a bien longtemps que je pense que cette UE et ce parlement à Bruxelles doit être pulvérisé.


    • sg Le 11 mars 2016 à 14h31
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      En rapport, voir la récente décision de la commission européenne de refuser la fusion d’Areva et d’Ariane pour éviter de créer un pôle d’excellence aérospatiale européen au nom de la libre concurrence avec la NASA et la Chine… La commission européenne se charge donc de protéger les autres pays d’une compétitivité de l’Europe… Allez comprendre.


    • Geneviève B 30 Le 11 mars 2016 à 19h17
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      Très bien dit Léa.

      On pourrait rajouter “Quand est ce que l’on va ouvrir une enquête sur nos hommes politiques de tout bord qui obéissent aveuglément à cette commission?”

      Ils savent ce qu’ils font car ils sont loin d’être idiots. Cherchez l’erreur!


  7. pierre Le 11 mars 2016 à 08h37
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    L’U.E. pousse à la concurrence de tous contre tous…
    Cela conduit inexorablement à la disparition des plus faibles et à la concentration des acteurs économiques, bientôt en prise directe avec les producteurs américains. Avec le TAFTA en ligne de mire…

    Cette crise agricole n’est qu’un nouvel exemple du vrai visage de ce système “adémocratique” appelé Union européenne. La seule issue : en sortir, au plus vite, à défaut de pouvoir le réformer… A condition de faire passer le message


  8. douarn Le 11 mars 2016 à 09h21
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    Bonjour
    Malgré les subventions à la production énergétique (biogaz), le recours à la main d’oeuvre détachée de pays de l’Est encadrée par la directive Bolkenstein, la rentabilité des ferme-usines serait incertaine (investissements, coût de fonctionnement, importation de soja américain, gestion des déjections, aspect sanitaire (concentration animale)) :
    http://reporterre.net/En-Allemagne-les-ferme-usines-deviennent-la-regle-malgre-une-rentabilite

    Depuis la fin des quotas laitiers appelée de ses voeux par la FNSEA, le prix du lait acheté aux producteurs est de ~270€/1000kg (coût de production du lait 310-350€/1000kg), le prix du porc est inchangé depuis 10 ans (1-1,2€/kg), pas les coûts de production… Bref, les agriculteurs et particulièrement les jeunes sont en difficulté.

    PS : J’aimerais vous inciter à regarder le film “Saint Amour” (Delepine et DeKervern), un éclairage sur le monde agricole et ses problèmes (économique, célibat, reconnaissance sociale, …)


    • Renaud 2 Le 11 mars 2016 à 11h32
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      La FNSEA est probablement le pire des syndicats. Relayer les intérêts des multinationales pas de problème, en revanche défendre les agriculteurs, que voulez-vous ma pauvre dame ça paye moins, n’est-ce pas monsieur Xavier Beulin : http://reporterre.net/ENQUETE-5-Xavier-Beulin-l-homme ?


  9. samuel Le 11 mars 2016 à 09h23
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  10. Maud Le 11 mars 2016 à 09h35
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    Les chefs d’états sont de simples chefs de département sous les ordres de leur patron bruxellois donc en état de subordination. Il conviendrait de leur appliquer le futur code du travail français par anticipation à savoir : licenciement sans indemnités.


  11. Benoit Le 11 mars 2016 à 09h37
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    A relire, le commentaire de Sapir l’été dernier sur ce même sujet :

    http://russeurope.hypotheses.org/4217

    En particulier, le fait que proner une concurrence “libre et non faussée” est une contradiction dans les termes : soit la concurrence est “libre” et les différences de législation sociale et environnementale, les héritages historiques, les tendances culturelles, etc. créent autant de distortions qui faussent la concurrence; soit la concurrence est “non faussée” donc ces différences de conditions d’exploitation sont compensées par des mécanismes correctifs et protecteurs, et la concurrence n’est plus libre. Clairement, l’UE préfère la concurrence “libre” et se fout royalement du fait qu’elle soit intrinsèquement faussée.

    On va juste “libérer” la concurrence jusqu’à la mort de tous les concurrents sauf quelques gros, et on aura atteint l’objectif final de la concurrence “libre et non faussée” : l’oligarchie financière. Il faut être aveugle pour ne pas voir que l’aboutissement ultime de l’obsession unioneuropéiste pour la libre concurrence, c’est le monopole…

    Quant à nous autres Union-européannais, on est juste censés manger en silence.


  12. salimsellami Le 11 mars 2016 à 09h38
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    C’est ce qu’on appelle l’ Europe Utopique


  13. le_chtis Le 11 mars 2016 à 10h21
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    Bonjour,
    Je pense que sur la question agricole, l’action de l’UE est beaucoup moins critiquable que la politique française en la matière. Il est intéressant de lire cet article (http://www.alterecoplus.fr/environnement/pourquoi-lagriculture-francaise-est-en-crise-201602270918-00003042.html) sur les raisons de la crise agricole en France. Même s’il est un peu sommaire, il résume plutôt bien la problématique et il met l’accent sur les choix politiques, faits en France, sur l’application de la PAC (et non pas par l’UE). La France maintien un système de versement des subventions principalement sur la base des SAU (Surface Agricole Utilisée) et donc au profit principale des industriels de l’agriculture (céréaliers de la Beauce, notamment).
    Enfin, nous avons aussi une autorité de la concurence en France, et je pense que s’il y a une cible ici ce n’est pas directement l’UE mais la logique libérale (ou de libre concurence) qui s’applique dans l’UE mais qui s’appliquerait également dans une France hors EU (look on the other side of the Channel!).
    Bien à vous


    • Christian Gedeon Le 11 mars 2016 à 10h28
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      D’abord,le other side of the channel n’est vraiment pas une référence,et ensuite,il faut vraiment arrêter de parler de “libre ” concurrence. C’est une hérésie. Une invraisemblable vue de l’esprit. Un camouflage de l’écrasement du faible par le fort,et rien d’autre.


    • Furax Le 11 mars 2016 à 10h48
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      Cela n’explique pas tout.

      Il y a aussi 2 gros problèmes qui sont même bien plus décisifs : le poids des normes nationales et celui des charges.

      Le gouvernement français surtranspose les directives et les normes communautaires. Ils en font en général 2 degrés de plus que ce qu’exige l’UE. Ca pèse énormément sur les coûts.

      Même chose pour les charges alors que les allemands ont, eux, recours massivement au travail détaché.


      • sempre Le 11 mars 2016 à 19h18
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        Il est question ici d’une concurrence libre et non d’une concurrence juste.
        Les charges c’est notre protection : sécurité sociale, retraite,assurance chômage, …
        Les directives c’est fondamentalement notre sécurité physique, alimentaire, santé
        L’ensemble c’est ce qui représente notre bien commun partagé, ce qui distingue l’homme de l’animal.

        Si on veut une concurrence juste il faut introduire un malus (taxe sur tous les points précités) de manière a compenser les écarts de prix finaux. Quitte a les supprimer qd les pays concurrents auront fait les efforts nécessaires. Ne croyez pas parce que cela parait compliqué qu’on ne peut le faire (Les algorithmes financiers le sont hautement plus).

        Les industriels ont compris en créant des filiales à l’étranger (cout main d’œuvre et charges plus basses) et mettant au chômage la partie Française équivalente, Du cout le PIB ne diminue pas, mais le chômage et charges augmentent.

        Les agriculteurs ne peuvent utiliser ce tour de passe passe sinon se délocaliser eux mêmes, car ils ont été longtemps partisans de la non intervention de l’état sur les prix.
        Si nous appliquons pour être clair, des droits de douanes proportionnels aux différents items
        composants nos charges, nous pouvons résoudre cette crise.


      • Furax Le 12 mars 2016 à 08h27
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        Certes.

        Mais de fait, quand vous vendez des produits de base interchangeables avec une offre étrangère surabondante, la difference se fait surtout sur les prix. Et là le surcoût de notre protection sociale devient un handicap rédhibitoire.

        Eh oui, car au final, ce qui finance la protection sociale, ce ne sont pas les décidées en LFSS ou par les diverses caisses nationales de sécu. Ce sont les ventes effectivement faites à des clients sur lesquelles on peut reverser des cotisations. Sinon le modèle social est du vent dépourvu de réalité.


  14. williamoff Le 11 mars 2016 à 11h00
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    Les agriculteurs français sont des petits entrepreneurs capitalistes. Ils acceptent donc théoriquement les principes que présupposent l’économie de marché. De plus la majorité d’entres eux sont adhérents de la FNSA qui défend avant tout les intérêts des exploitants les plus puissants. La décision de l’UE est ainsi logique et rationnelle.
    Dans la première moitié du XX° siècle les agriculteurs, particulièrement dans le midi “Rouge” avait choisi un modèle coopératif qui leur permettait tout à la fois les économies d’échelle, et de peser plus efficacement sur les grossistes et les intermédiaires. Ce modèle collectif influence d’ailleurs en partie l’organisation agricole collectiviste soviétique (pour ce qui est des kolkhoz pas les sovkhoz). Système qui a largement survécu à la fin de l’URSS et qui fournit aujourd’hui encore la plus grande part de la production agricole des pays issu de l’éclatement de l’Union Soviétique.
    Cette situation n’est pas étonnante comme le rappel fort justement l’universitaire étatsunien Joseph Medley car le discours sur l’incapacité de l’agriculture de l’URSS est un mythe idéologique de l’occident.
    Dommage que votre article soit dés lors illustré d’un montage si peu conforme à la réalité.


    • Garibaldi2 Le 11 mars 2016 à 17h31
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      A la fin des années 1970 j’ai rencontré un jeune soviétique en visite à Paris, à la terrasse d’un bistrot. Le gars (23-25 ans) était plutôt pro régime, fortement éduqué, parlant un bon français (assez littéraire), et quand nous en sommes arrivés à la discussion sur la production agricole, il m’a tenu des propos étonnants mais tapés au coin du bon sens : Oui , nous achetons beaucoup de blé à la France, qui est exportatrice, car ce blé est produit à perte (subventions), nous le payons donc très en dessous de son coût de revient et en plus nous ne dégradons pas nos sols. J’avoue que je n’avais pas pensé à ça, et quand nos braves journalistes parlaient à la télé des difficultés des soviétiques à produire des céréales, d’où leurs importations depuis la France, j’en rigolais bien!


      • Suzanne Le 11 mars 2016 à 21h11
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        “Pro régime” : non. Pro gouvernement russe.
        Arrêtons avec la violence du langage.


        • Garibaldi2 Le 12 mars 2016 à 04h10
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          Non, je dis bien pro régime, ce gars était communiste, ou du moins le régime en place lui convenait parfaitement, et j’ai compris que les parents étaient des fonctionnaires (de quel niveau?). Ce n’était pas la première fois qu’il venait en France. Les soviétiques qui pouvaient se permettre de venir faire un séjour à Paris à la fin des années 70 n’étaient pas nombreux, question financière. Le gars était bien habillé, sans excès, et il avait tout du fils de famille à l’aise, intello, cultivé, avec un plan de carrière.


  15. some Le 11 mars 2016 à 11h01
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    > Même si nous devons tous mourir, nous mourrons sans entraves au libre-échange !

    cultissime


  16. Eric Le 11 mars 2016 à 18h26
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    Cette Union Européenne n’a pas besoin d’ennemis. Il suffit de les écouter, ils coupent eux-même la branche sur laquelle ils sont assis. Leur aveuglement et leur capacité à se faire détester par tout le monde est absolument sublime.
    Ce serait risible et non tragique, si nous n’étions pas totalement impuissant à arrêter cette machine infernale…


  17. castel Le 11 mars 2016 à 19h12
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    Il est normal que intermarché soit surveillé si il font de la préférence nationale. Il n’y a aucune raison de préféré la viande française à une autre.

    En revanche intermarché pourrait peu être coupé l’herbe sous le pied de l’europe, en se basant non pas sur la nationalité, mais sur la notion de proximité, indépendament des pays.

    Si les inter marché était approvisionné par des abattoir dans un rayon de 150km par exemple, ce serait une bonne chose


  18. Fabien Le 12 mars 2016 à 21h39
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    Je trouve la première illustration un peu insultante… pour l’URSS! ;-))


    • Furax Le 13 mars 2016 à 09h40
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      Mouais. Eux avaient le goulag, la famine ou au mieux la pénurie, et des millions de morts.


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