Je suis heureux d’accueillir aujourd’hui le billet invité que m’a fait parvenir l’historien Chokri Ben Fradj, donnant son point de vue étayé sur la Syrie sans langue de bois, afin de mieux comprendre la complexité de la situation…

L’agression franco-américaine contre la Syrie se prépare ouvertement et en plein jour.

Qu’elle ait lieu finalement ou pas, elle nous permet, déjà, de constater que les socialistes français ont achevé leur mutation idéologique entamée, sous Mitterrand, en 1983.

Tournant le dos, dans la pratique, aux valeurs essentielles exposées par Jean Jaurès, au moment de la fondation de la SFIO en 1905, puis à la veille de la Grande Guerre, réaffirmées ensuite (du moins sur le papier) par Mitterrand et ses collaborateurs, lors de la refondation du parti au congrès d’Epinay de 1971, les socialistes français d’aujourd’hui n’ont pas hésité à jeter à la poubelle toute perspective transformatrice menant à l’édification d’une société socialiste démocratique (le terme de « socialisme » n’apparaissant même plus, à ma connaissance, dans leur discours politique), la troquant contre un sentimentalisme moralisateur et béat. Pire encore : les directions présidant actuellement (et ayant déjà présidé) aux destinées du PS (mais aussi à celles de l’État) ont, progressivement ramené (à travers leurs renoncements successifs) le concept même de gauche à une coquille vide. La chose est déjà flagrante avec leur alignement, ancien, mais de plus en plus amplifié, sur le néo-libéralisme, ayant réduit le débat politique (entre droite et « gauche ») à des joutes stériles et dénuées de tout véritable enjeu. Le reniement est toutefois encore plus « explosif » sur le terrain de la politique étrangère, le drame syrien étant là pour en démontrer l’ampleur.

Certes, faire la guerre ou menacer de la faire (surtout quand le prétexte parait si grossièrement fabriqué de toute pièce) a toujours été un bon moyen de détourner l’attention des citoyens de l’incapacité de leurs dirigeants à s’attaquer effacement à leurs vrais problèmes, mais nos chers dirigeants semblent, bel et bien, ici, avoir poussé le bouchon un peu trop loin. Sur le dossier syrien, nos socialistes se sont, en effet, rendus coupables ni plus ni moins d’une sorte désertion idéologique et politique en rase campagne. Poignardant dans le dos des forces progressistes arabes dont ils sont pourtant censés être les alliés naturels1, ils se sont engagés sur une voie tellement indéfendable et absurde qu’il leur fallait toute la connivence coupable des médias français (qui ont épousé aveuglément leur approche, renonçant ainsi à leur rôle essentiel de contre-pouvoir) pour échapper à une très énergique et plus que justifiée dénonciation de la part des citoyens.

Voyons cela de plus près. Faisons, tout d’abord, deux remarques introductives.

La première est que les relations franco-syriennes sont relativement anciennes et pas du tout neutres : la France fût, en effet, l’ancienne puissance coloniale ayant exercé « son mandat » sur la Syrie (et sur le Liban) entre les deux guerres. L’armée française s’adonna, à cette époque, à une répression féroce et sanglante contre les résistants syriens (notamment lors de la prise de Damas, par le général Gouraud, en 1920 puis au moment de la révolte des Druzes en 1925- 27, sous la conduite de Soltane al Atrache)2 dont les descendants entretiennent toujours la tragique mémoire. L’attitude de la France officielle d’aujourd’hui risque, donc, fortement, par son agressivité et son incroyable partialité, de réveiller de vieux démons à peine assoupis.

Du fait de cette histoire sanglante, la période du mandat français sur la Syrie fonda, en tout cas, les relations entre les deux pays de manière assez passionnelle qui eût son rôle dans la formulation du discours nationaliste syrien moderne dont l’une des composantes principales est le courant baasiste.. Théorisé, dans les années 40, par deux intellectuels syriens, formés à la Sorbonne (le chrétien orthodoxe Michel Aflak et le musulman sunnite Salah eddine al Baytar) ce courant se revendique, officiellement, du nationalisme arabe (qu’il entend faire prévaloir sur les nationalismes locaux ou régionaux), du socialisme (dans une version, il faut le reconnaître, assez floue) et de la laïcité (perçue comme vecteur d’une démarche permettant le dépassement des appartenances ethniques et religieuses) ayant réussi à essaimer dans l’espace arabe, dans les années 50 à 70, le baathisme ne parvint, toutefois, à prendre le pouvoir qu’en Syrie (dès 1963) puis en Irak (en 1968 et jusqu’à l’invasion américaine de 2003). Dans ces deux pays,, il se distingua par un autoritarisme extrême et une très grande intolérance à l’égard de ses adversaires ou concurrents politiques, y compris vis-à-vis des autres courants de la gauche arabe, avec lesquels les rapports oscilleront entre alliances momentanées et ruptures brutales suivies, parfois, de « purges » sanglantes3

La seconde remarque est que la Syrie, d’avant la crise actuelle, était loin d’être un pays arriéré.

Le régime, comme nous l’avons dit, y était certes dur, à l’image, il faut le rappeler avec insistance, de tous ceux de la région (dont certains, telle l’Arabie saoudite, bastion du salafisme wahhabite, la branche sans doute la plus sectaire, la plus rétrograde et la plus intolérante de l’Islam, le dépassent très largement dans ce domaine), mais il avait fait réaliser au pays de grandes avancées dans le domaine économique (autosuffisance alimentaire notamment), comme dans ceux de l’éducation et de la santé. Les femmes y ont acquis un statut avancé, avec un très large accès au savoir et à tous les domaines de l’emploi4.

Enfin, les diverses communautés religieuses (et tout particulièrement les minorités chrétiennes et musulmanes non orthodoxes) étaient assurées de leur liberté de conscience et de culte ainsi que d’une ferme protection de l’état (ce qui est rarissime dans une région plutôt travaillée, depuis longtemps, par le sectarisme et l’intolérance grâce, notamment, à l’argent de nos « amis Qataro-saoudiens »).

Il faut insister, par ailleurs, sur le caractère inexact attribué à ce conflit par beaucoup d’observateurs non avertis ou non initiés, prétendant, comme disait Charles De Gaulle, “aborder l’orient compliqué avec des idées simples” : En effet, Contrairement à la croyance répandue, le régime syrien, par sa nature, n’incarne pas l’accaparement du pouvoir (et des richesses ) par la seule minorité alaouite aux dépens de tous les autres. S’il résiste, jusqu’à présent et avec succès, aux assauts de ses ennemis, c’est, en effet, aussi parce qu’il a réussi une symbiose (certes imparfaite et parfois tendue mais réelle) non seulement, entre les diverses minorités religieuses (chrétiennes et musulmanes non orthodoxes) du pays mais aussi avec une partie considérable, libérale ou progressiste, de la majorité sunnite, l’idéologie officielle du parti Bass (le nationalisme arabe laïque) et la référence à la modernité servant, à des degrés divers, de ciment garantissant, pour le moment en tout cas, la pérennité de l’ensemble.

Tout ceci n’empêcha, pourtant, pas le déclenchement d’un considérable mouvement de contestation populaire, dès le mois de mars 2011 (dans le cadre de ce qu’on avait appelé « le printemps arabe ») nourri, évidemment, par des pratiques arbitraires et des dérives que l’autoritarisme et la répression avaient exacerbées.

Que fit le gouvernement français (soutenu, en cela, par la direction du PS) au moment où débutait ce qui allait devenir la crise syrienne ? Deux choix se présentaient devant lui : soit il soutenait les revendications démocratiques des opposants syriens, mais en se proposant, en même temps – et en cohérence avec la tradition diplomatique française dans la région – comme médiateur sincère et désintéressé entre le gouvernement et les contestataires afin de faciliter un dialogue national constructif et des évolutions positives, favorisant la voie du progrès et de la réforme. Contrairement à ce qu’avaient prétendu la plupart des médias français à l’époque, le pouvoir syrien et son président y étaient prêts5 et auraient sans doute été très sensibles à une médiation française allant dans le sens des véritables intérêts du peuple syrien. Dans un pays aussi complexe et pluriel que la Syrie, cette voie était, d’ailleurs, le seul chemin de la sagesse permettant un changement sans secousses, ni violences, ni affrontements, tous destructeurs pour le pays et sa cohésion. Ceci était l’évidence même et seuls des aveugles (surtout volontaires) n’auraient pas pu le comprendre.

L’autre choix possible pour Hollande était celui du pire et c’est, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, celui qu’il va préférer. Sans doute très mal conseillé par Laurent Fabius (très visiblement habité, depuis le début, par une espèce de profonde et très irrationnelle détestation maladive pour le président syrien et son régime et dont le rôle, ici, fût, probablement très néfaste), il privilégia, en effet, la voie consistant à attiser le conflit en jetant délibérément et systématiquement, de l’huile sur le feu d’un brasier qu’il fera, depuis, tout pour entretenir comme si la Syrie et son peuple étaient, à ses yeux, un terrain d’expérimentation au profit d’un projet inavouable à savoir, et plus particulièrement, la tentative d’élimination du dernier régime arabe réellement hostile à Israël – qui continue à occuper, d’ailleurs, une partie de son territoire depuis bientôt 50 ans – et capable, par son potentiel économique et militaire, d’en menacer la suprématie régionale).

Ce faisant, il contribua (et là-dessus la responsabilité des dirigeants français sera écrasante devant l’Histoire) à engager la contestation syrienne (qui, d’ailleurs, ne concerna qu’une partie de la société et pas du tout son ensemble, même si cela n’enlève rien à sa légitimité) sur une voie qui n’était pas la sienne au début : celle de la violence sanguinaire dont le visage meurtrier (et cela aussi a été totalement occulté par les médias français) apparut très vite, les auteurs étant des islamistes radicaux s’acharnant sur des soldats et policiers ainsi que sur des fonctionnaires civils de l’État syrien, dont près de deux cent furent massacrés dans les toutes premières semaines de la contestation dans des conditions souvent atroces (égorgements et décapitations précédées d’abominables tortures).

Les forces du régime y ripostèrent durement et sans doute de manière excessive, faisant de nombreuses victimes parmi les civils, l’engrenage infernal habituel étant ainsi enclenché.

Le gouvernement de Damas le reconnut d’ailleurs volontiers dans les déclarations publiques de ses dirigeants, en en mesurant l’effet désastreux. Il tenta même d’y remédier autant que possible à travers le limogeage immédiat et la sanction des responsables directs de la répression sanglante contre les contestataires et l’adoption rapide d’une série de réformes politiques, sociales et économiques dont les détails sont consultables sur le site officiel du gouvernement syrien.

Les « enragés » de la guerre civile n’en eurent, toutefois, pas cure. Ils entreprirent, en effet, tout pour favoriser encore plus la tension et bloquer toute solution de compromis (qui ne les intéressait en rien). Ils firent, dans ce sens, appel à des dizaines de milliers de fous furieux venus quasiment de toute la planète qui déferlèrent, depuis, sur la malheureuse Syrie (avec la contribution active des monarchies du golfe, de la Turquie, mais aussi des puissances occidentales) afin d’y mener « le jihad contre les mécréants » semant, sur leur chemin, la mort, l’horreur et la destruction.

Ces évolutions dramatiques auraient dû, à un certain moment, ramener les dirigeants français à la raison en leur faisant prendre conscience de l’abîme vers lequel la Syrie était en train de glisser.

Or il n’en fut rien. Avec une incroyable obstination dans l’erreur et une affligeante légèreté, Hollande et Fabius, s’engagèrent, en effet, dans un processus de diabolisation systématique du président syrien (pourtant l’un des plus jeunes, des plus ouverts et de loin le plus cultivé de ceux de la région) avant de tenter tout simplement de le délégitimer complètement, Fabius osant même déclarer, en « pesant ses mots » (et ceci restera, sans doute, dans les annales, comme l’une de ses plus honteuses et des plus lamentables déclarations publiques) que « Bachar al Assad ne mérite pas d’être sur terre »6.

(17-08-2012) Laurent Fabius : Bachar ne mériterait pas d’être sur Terre

Ce qui sera, dans cette affaire, encore plus absurde et même dérisoire, ce seront les prolongements de ce choix : en combinaison étroite avec le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite, Hollande sortit de son chapeau un invraisemblable ramassis de « bras cassés », la plupart complètement inconnus des Syriens (certains – à l’image de Ismail Hitto, nommé, un temps, chef d’un fantomatique gouvernement syrien en exil qui ne vit jamais le jour – n’étant, d’ailleurs, même pas citoyens syriens, mais américains, exerçant, peu de temps auparavant encore, leurs talents au sein de multinationales américaines) dont il reçut aussitôt le chef (provisoire, car il démissionnera assez vite, sans doute conscient du sale rôle qu’on lui faisait jouer) pour l’informer publiquement que la France le considérait, désormais, comme le seul représentant légitime du peuple syrien – comme le président français le confirma, ensuite, très officiellement, dans sa conférence de presse, tenue à l’Élysée, en novembre 2012 où il annonça également qu’il comptait confier l’ambassade syrienne à Paris à « un ambassadeur » de l’opposition après l’expulsion, espérait-il, de l’ambassadrice officielle nommée par Damas. Il n’y parvint, toutefois, pas pour des raisons légales et juridiques, la France restant, malgré tout, un état de droit…

Cette initiative s’accompagna d’une autre, que les médias français ont aussi soigneusement et volontairement occultée. En effet, dans leur soutien à l’opposition syrienne, nos brillantissimes dirigeants socialistes ont délibérément choisi de systématiquement privilégier ses composantes les plus rétrogrades et les plus réactionnaires (financées, armées et défendues politiquement par les monarchies féodales du golfe persique à savoir et pour l’essentiel, l’Arabie saoudite et le Qatar dont elles dépendent totalement) et notamment le courant représenté par la branche syrienne des frères musulmans (issue de la « maison mère égyptienne » créée en 1928 avant de se propager dans l’ensemble de la sphère musulmane)7 .

Ce faisant (et ceci est lourd de signification et de conséquences), les dirigeants français furent amenés à boycotter radicalement (non pas par ignorance, mais en toute connaissance de cause) les composantes progressistes, laïques et libérales, pourtant présentes en France depuis longtemps autant qu’ en Syrie – et plus précisément, la coordination syrienne pour le changement démocratique dont la principale figure est l’intellectuel syrien progressiste, basé à Paris, Haytham Al manaa) sans doute parce que ces dernières refusaient le rôle de marionnettes qu’on voulait leur assigner et aussi parce qu’elles rejetaient le recours à la violence en même temps que toutes les formes d’ingérence étrangère dans les affaires de leur pays.8 Il va de soi, bien entendu, que les médias appliquèrent « religieusement » cette consigne, allant, ainsi, dans le même sens que le pouvoir.

Même s’ils font semblant de ne pas s’en rendre compte, ces orientations furent, pour nos socialistes (et pas seulement pour les dirigeants politiques), absolument désastreux quant à leur incompatibilité flagrante avec les principes fondateurs de la République et ses idéaux, dont le PS continue, malgré tout, à se réclamer. Ils se situaient aussi, tout naturellement, aux antipodes de ce que devrait être le positionnement politique d’un parti se prétendant de gauche en pareilles circonstances. Ce choix constitua, par ailleurs, pour nos socialistes, une « occasion en or » pour « royalement se ridiculiser » qu’ils ne ratèrent, bien sûr pas. Ils tentèrent, en effet, de faire croire que l’on pouvait effacer d’un trait de plume un gouvernement étranger légitime (qu’ils détestent) solidement en place et toujours reconnu comme tel par l’écrasante majorité des États du monde et ce au profit d’une bande de guignols et de fantoches sans la moindre représentativité, sans aucun projet politique clair ou crédible et qui ne seraient rien sans l’appui et le soutien permanent de leurs protecteurs et tuteurs étrangers.

Les choses allèrent même beaucoup plus loin : depuis le début de la crise syrienne, nos « très éclairés » dirigeants et la quasi-totalité des médias français attribuent l’ensemble des crimes et des exactions, commis en Syrie, à la seule armée syrienne et aux milices populaires relevant du régime. Ils refusent ainsi, avec une mauvaise foi et un aveuglement à toute épreuve, de reconnaître et de dénoncer, comme il se doit, les innombrables atrocités et les actes criminels monstrueux (égorgements, décapitations, massacres de soldats et de civils selon un critère religieux et communautaire, destruction et pillage de biens et d’infrastructures publiques ainsi que de lieux de culte, viols collectifs, etc..) commis par leurs « poulains et protégés », ces « héroïques résistants » (comme ose les appelle ce cher Laurent Fabius) qui s’étaient vite avérés des bêtes féroces sans foi ni loi. Les exemples en sont, en réalité, légion et tout aussi abominables les uns que les autres, il suffit de citer le cas des villages alaouites (les Alaouites étant une branche du chiisme, lui-même issu d’une scission au sein de l’Islam originel, intervenue au tout début de l’histoire islamique, mais que les tenants de l’Islam des ténèbres, soutenus et armés par nos « amis » du golfe, assimilent à des apostats destinés à l’extermination totale et collective) de la région côtière de Lattaquié, investis, il y a quelques semaines, par des djihadistes fanatiques et dont la population fût intégralement massacrée, ou encore le cas de ces villageois kurdes du nord de la Syrie, massacrés, eux aussi, par centaines, au cours de l’été, sans parler du village chrétien de Maaloula, l’un des plus grands trésors culturels de l’humanité, actuellement occupé par les djihadistes qui s’attellent à sa destruction et à son pillage méthodique. Nos médias et encore moins nos politiciens, tout occupés à diaboliser Bachar Al Assad, « le bourreau qui massacre son peuple », n’en ont strictement pas dit un seul mot (les témoignages et les preuves accablantes de ces crimes, d’ailleurs souvent très fièrement revendiqués par leurs auteurs, sont pourtant très facilement accessibles sur internet)

Il est, à vrai dire, bien difficile, de trouver pareil exemple d’acharnement et pareille persévérance sur le terrain des errements et des dérives invraisemblables dans l’histoire de la politique étrangère et de la diplomatie françaises, depuis la fin du second conflit mondial. C’est, tout simplement, consternant et totalement insensé.

Nous connaissons, certes, les liens étroits unissant, depuis longtemps, les administrations américaines successives aux islamistes. Le fait que certains parmi ces derniers (tels Ben Laden et ses disciples) se retournèrent contre eux, ne doit, à ce sujet, pas faire illusion, l’alliance entre les deux partenaires obéissant à des convergences idéologiques, mais aussi des intérêts comme des objectifs. L’essence religieuse de l’islamisme rencontrant, en effet, celle du fondamentalisme protestant très influent aux États unis, les deux idéologies œuvrant, par ailleurs, à la défense de l’ordre social établi et du libéralisme économique en les justifiant par la nécessaire soumission des hommes à la volonté divine. Le soutien américain aux rebelles syriens était donc (toute considération morale ou légale mise à part) dans l’ordre normal des choses, mais que viennent faire les socialistes français dans une telle « galère » ? Comment, selon quel principe, quelle morale, quelle loi française, quelles règle et tradition internationales serait-il possible, pour eux, de justifier, le moins du monde, une telle alliance avec les ennemis déclarés de la liberté, de la démocratie, du progrès et des droits humains fondamentaux ? Comment la France, état démocratique et laïque (dirigé, en outre, par un gouvernement socialiste) peut-elle accepter de s’engager dans cette collusion absolument contre nature avec des féodalités totalitaires et archi-obscurantistes (assimilant la démocratie à une mécréance destinant ses adeptes locaux à la décapitation en place publique) et ce pour faire la guerre (et, si possible, anéantir) le dernier régime moderniste et laïque du monde arabe ?

Les intérêts économiques, les contrats faramineux avec les émirs, les calculs géopolitiques permettent-ils à ce point d’endormir les consciences et de faire perdre, à ceux qui nous gouvernent, toute notion de ce que sont réellement les intérêts vitaux de la France ? Comment enfin peuvent-ils gérer cette incohérence politico-idéologique absolue consistant à faire la guerre aux terroristes islamistes en Afrique, à les pourchasser et à les réprimer en France, tout en les armant et en les soutenant politiquement en Syrie (où le discours officiel les transforme, comme par enchantement, en « résistants » en lutte contre « un tyran sanguinaire » ?

Beaucoup rappelleront probablement que politique et morale n’ont rien à faire ensemble, ne soyons pas naïfs et admettons-le. Dans le cas présent, cependant, on a un mal fou à saisir où réside l’intérêt bien compris de notre pays dans ces choix invraisemblables, où est la ligne de conduite ? Où est la vision ? Où est la continuité, sans parler de l’introuvable minimum de décence ?

L’évocation de « gentils rebelles démocrates » à distinguer des « méchants terroristes » est une farce tragique que les Syriens paient, tous les jours, aux prix des larmes et du sang. Alors, pourquoi ? Peut-être, tout simplement, parce que le cynisme est en train de devenir, plus que jamais, la règle et la référence en politique intérieure comme extérieure de nos chères démocraties. Et que, dans ce sens, il importe, à leurs yeux, de soutenir, par tous les moyens (et indépendamment de ce qu’ils peuvent être réellement), ceux dont l’action sert nos objectifs et nos intérêts ou plutôt ce que nos oligarques définissent comme tels, quitte à les rejeter ensuite, ou ailleurs – et même à leur faire la guerre chaque fois que leur présence ou leurs actions se transforment en obstacles ou en dangers pour ces mêmes objectifs ou intérêts. De la volonté d’inscrire notre politique dans le sillon de choix conformes à nos valeurs républicaines et civilisationnelles, notre oligarchie dirigeante est ainsi, passée à une sorte de politique à la carte, adaptable et révisable à souhait selon les nécessités et les circonstances

Ce qui nous paraît indiscutable, en tout cas, c’est que ce divorce, on ne peut plus criant, entre intégrité intellectuelle et pratique politique effective, dans la démarche des socialistes français (mais la droite, on peut le parier, n’aurait guère fait mieux) annonce, bel et bien, leur disposition à s’insérer, désormais et sans fausse pudeur, dans une conception des relations entre les nations ayant de plus en plus à voir avec le gangstérisme international, où la force remplace le droit et n’hésite pas à régulièrement le bafouer au vu et au su de tous. François Mitterrand n’a-t-il pas, du reste,, dès 1990, annoncé la couleur sans ambages en s’embarquant, à côté de Georges Bush père, dans une entreprise dévastatrice, outrepassant, et de très loin, le but que lui fixa, à l’époque, le conseil de sécurité (qui donna mandat pour libérer le Koweït et en aucune manière pour saccager et détruire l’Irak tout en massacrant sa population civile par centaines de milliers). Cela s’apparente à une défaite tout à fait majeure de la démocratie et, pour la gauche française([que les socialistes prétendent abusivement incarner), à une sorte de suicide moral dont elle aura infiniment de mal à se relever.

À présent, le danger, le risque, le péril deviennent plus pressants : Obama et Hollande se disent déterminés à frapper la Syrie sous le prétexte, totalement fallacieux et au mépris de toute légalité internationale, d’utilisation des armes chimiques par l’armée syrienne, non seulement aucune preuve crédible ou le moins du monde sérieuse n’accable, dans ce domaine, les dirigeants syriens, pas assez stupides pour recourir à de telles armes alors qu’une commission d’enquête onusienne était sur place, mais le pouvoir syrien n’en avait pas besoin étant en train de gagner progressivement la guerre sur le terrain. Et quoiqu’un dérapage local, et pas du tout autorisé par le pouvoir, ne soit pas tout à fait impossible, la chose paraît, toutefois, hautement improbable, l’état syrien étant extrêmement centralisé au point qu’une telle bavure devient quasiment inenvisageable.

Cette première hypothèse n’étant pas du tout démontrée, il reste à se poser la question classique et fort logique ayant aidé à « coincer » tant de coupables, à savoir : à qui, objectivement, profite le crime ? Question fondamentale – à laquelle pourtant nos dirigeants et les médias à leur service nos dirigeants semblent n’accorder aucune importance. Leur but n’étant, manifestement, pas la recherche honnête de la vérité et l’établissement rigoureux de la réalité des faits, ils apparaissent ainsi obsédés par la construction d’un prétexte servant de justificatif au lancement d’une incroyable campagne d’embrigadement contre le régime de Damas. Cela rappelle, par exemple, le coup d’éventail donné par le Dey d’Alger au consul de France en 1827 et qui ouvrit le chemin à la conquête coloniale française de l’Algérie9. C’est, en tout cas, pour toute personne dotée d’un minimum de clairvoyance, là que se trouve la raison cachée de ce qui nous occupe actuellement. Les adversaires du régime syrien, refusant d’accepter leur probable future défaite, cherchent, en effet, par une minable manipulation des opinions publiques, à justifier une intervention contre un pays souverain qui n’a pas eu « la décence » de se coucher devant la domination occidentale.

À vrai dire, si le citoyen que je suis ne peut qu’être accablé par de tels agissements de la part des dirigeants d’un vieux pays démocratique, berceau de la révolution de 1789 et des droits de l’Homme, l’historien, lui (que je suis également) ne saurait être, pour autant, étonné. Les socialistes français ne font ici, à vrai dire, que renouer avec leur vieille idéologie coloniale, profondément hostile (sous prétexte d’arriération socioculturelle, d’immaturité politique et d’incapacité supposée à se gérer efficacement qu’ils pensaient déceler chez eux) à l’indépendance des peuples asservis et à leur souveraineté.10.

N’ont-ils pas déjà, d’ailleurs, depuis de longues décennies, dans leur ligne de mire, les régimes nationalistes et modernistes arabes. ? Leur implication directe dans l’agression contre l’Égypte de Nasser, en 1956, puis leur engagement, à côté des Américains, dans la guerre de destruction de l’Irak en 1990-91 et leur attitude actuelle vis-à-vis du régime syrien n’en sont-ils pas des preuves plus qu’assourdissantes ? Jamais, en revanche, on ne peut trouver trace du moindre engagement de leur part contre les états réactionnaires du monde arabe ou musulman, pourtant totalement indéfendables – le « lèche-bottisme » et la complaisance systématique étant, depuis toujours, de mise à l’égard de l ’Arabie Saoudite et le Qatar, pour ne citer que ces deux-là à titre d’exemple. Édifiant, non ?

Du reste, un rappel me semble, ici, indispensable s’agissant de l’usage des armes chimiques. C’est tout de même un comble et d’une hypocrisie cynique sans borne que de voir les représentants de l’oligarchie occidentale prétendre faire la leçon à la Syrie sur ce sujet : ont-ils oublié les horribles crimes de leurs propres armées qui, des années vingt à nos jours, se sont illustrées par un usage massif et répété de toutes sortes d’armes chimiques. Ils comptent, sûrement sur l’ignorance ou l’amnésie des citoyens (du reste entretenues par des médias serviles ayant trahi l’essence même de leur métier) pour faire oublier l’utilisation du gaz toxique par les armées franco-espagnoles contre l’insurrection marocaine du Rif dans les années 20, par les Anglais contre les résistants kurdes irakiens dans les années 3011, par les Américains lors des guerres de Corée puis du Vietnam et les deux guerres d’Irak (où l’utilisation d’uranium appauvri fût additionnée à celle du phosphore blanc, tous les deux aux effets terriblement dévastateurs pour de très nombreuses générations successives) et enfin par les Israéliens qui, depuis des décennies, « expérimentent » régulièrement contre les Palestiniens et les Libanais les armes de type chimique et autres armes tout aussi criminelles ?12, Israël s’étant doté, par ailleurs d’un arsenal nucléaire (dont elle détient le monopole dans la région) comptant plusieurs centaines d’ogives capables d’anéantir l’ensemble de la région plusieurs dizaines de fois successives.)

Soldats espagnols dans le Rif

Victimes gazées après un bombardement français dans le Rif – Lire ici et

Tout ce « beau monde, bien propre sur lui » entend, aujourd’hui, sanctionner l’état syrien pour une utilisation supposée des armes chimiques qui est tout sauf démontrée. Peut-on, ici s’interroger si un jour viendra où il serait possible de demander des comptes à cette même oligarchie occidentale et à ses alliés ou s’il serait envisageable, à un moment ou un autre, de les faire juger pour les abominables crimes et les horreurs commis, par leurs soldats, depuis presque un siècle, contre les populations civiles des colonies puis contre les peuples asiatiques et du Proche-Orient ? Qui réussira, un jour ou l’autre, à traîner Georges Bush (père et fils) ainsi que les généraux et chefs des gouvernements israéliens successifs, devant le tribunal pénal international pour y être jugés pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre ? Tout le monde sait qu’une telle démarche relève de l’utopie absolue et qu’elle n’aboutira jamais. Pour « ces champions de la liberté et de la démocratie », l’impunité totale sera toujours garantie en toutes circonstances, pour eux et pour leurs états respectifs. Pour le gouvernement syrien, par contre, c’est une tout autre histoire : il est déclaré coupable d’avance et d’office, et déjà condamné, sans enquête équitable, ni examen, ni vérification réelle des faits, et doit donc « être puni » comme un vulgaire délinquant.

Les maîtres autoproclamés du monde doivent, pourtant, faire attention : à force de tirer sur la corde, celle-ci risque bien de se rompre et, alors, tout, absolument tout, deviendra possible.

Il importe, donc, ici, nous semble-t-il, de lancer un grand cri d’alarme en rappelant ceci : l’objectif réel de l’oligarchie occidentale à l’égard du Proche-Orient (auquel se sont clairement ralliés les socialistes français) n’a rigoureusement rien à voir avec un quelconque souci de défendre les droits de l’Homme et d’établir la démocratie dans la région. Il a, en revanche, tout à voir avec la volonté de mettre la main sur l’ensemble des richesses de la région. Dans ce cadre, les récentes découvertes d’immenses champs de pétrole et de gaz en méditerranée orientale, y compris le long des côtes syriennes, n’ont fait qu’aiguiser l’appétit des multinationales. Pour les contrôler, elles sont, sûrement, prêtes à tout et les états, à leur service comme toujours, les suivront. Indiscutablement, sur cette voie. Or la réussite de cette entreprise exige, comme préalable, la neutralisation puis le démantèlement des états nationaux actuels et leur remplacement par de petits cantons faibles et impuissants, à base confessionnelle et ethnique, dont l’Occident fera aussitôt de simples jouets à sa dévotion. C’est le sort qui attend la Syrie si le régime tombe, comme ce fût déjà le cas pour à l’Irak, dévasté, détruit, démembré et meurtri sous l’effet des deux guerres américaines, foncièrement criminelles, menées contre lui.

En attendant la réalisation de ce projet, la guerre de Syrie s’est transformée, en réalité, aujourd’hui (et cela aussi nos médias font tout pour le dissimuler) en une véritable guerre dont l’enjeu, pour la Syrie et son environnement régional proche autant que lointain, est ni plus ni moins, la survie ou la disparition d’une certaine forme de civilisation, à vrai dire pas si lointaine de la notre…

D’un côté, nous avons, et que ce soit autour ou en dehors de l’État syrien, un rassemblement de patriotes attachés à la préservation d’un état moderne et indépendant, maître de ses choix et de ses décisions, garant de la sécurité et de l’égalité de tous ses citoyens, toutes confessions confondues, gouverné selon une démarche rationnelle et ouverte au progrès social ainsi qu’aux indispensables réformes démocratiques que le gouvernement syrien actuel avait, d’ailleurs, entamées depuis deux ans13, sous, bien évidemment, les insupportables sarcasmes habituels des journalistes occidentaux

En face se trouve une coalition, on ne peut plus hétéroclite, divisée et confuse, structurellement inféodée aux féodalités obscurantistes et totalitaires du golfe, d’essence réactionnaire et confessionnelle, puissamment traversée par des courants génocidaires à l’idéologie totalitaire et sanguinaire, l’ensemble œuvrant activement – avec l’aide et l’extrême bienveillance des puissances occidentales, mais aussi d’Israël et de la Turquie- à la destruction de l’État syrien pour le remplacer par un pouvoir moyenâgeux de type théocratique, sous domination occidentale directe, avec la stricte application de la charia (dans sa lecture la plus primaire et la plus mortifère) comme devise et comme seule perspective.

Par sa nature même (et ceci nos impayables journalistes et décideurs l’ignorent ou sont incapables de le voir), ce conflit est en train de relancer, chez l’ensemble des patriotes et progressistes du monde arabe, le souvenir des luttes de libération nationale, menées jadis contre les colonisateurs anglais et français, et de réveiller, chez eux, la volonté (sensiblement assoupie depuis assez longtemps) de se battre avec acharnement pour que les acquis de ces combats (pour lesquels des centaines de milliers de résistants arabes sont morts) ne soient pas saccagés et détruits par les nouvelles barbaries surgies du fin fond des ténèbres. C’est aujourd’hui l’un des grands atouts idéologiques du régime syrien et l’une de ses principales cartes maîtresses dont il ne faut certainement pas négliger la portée.

À tort ou à raison, et en majeure partie par la faute impardonnable et la bêtise monumentale des dirigeants français, l’occident est, actuellement, en train de revêtir de nouveau, aux yeux des peuples arabes, ses vieux et hideux habits de l’oppression coloniale, de l’injustice, du mensonge et du racisme et il sera, désormais, extrêmement difficile d’effacer cette image de leur conscience collective. La mondialisation a, certes, énormément de défauts (et je fais partie de ses adversaires idéologiques les plus convaincus), mais elle a eu, au moins, le mérite de rendre possible l’effacement – si je peux dire – des « frontières informationnelles », grâce auquel l’intoxication et la manipulation de l’opinion mondiale deviennent une tâche très ardue et finalement vaine. Les médias français ne font donc qu’énormément se ridiculiser, aux yeux du public arabe, avec leur flagrante et caricaturale partialité sur le drame syrien.

La nature autoritaire et les failles du régime syrien, les erreurs, les exactions et même les crimes qu’il a pu commettre ou qu’on l’accuse d’avoir commis, avant comme depuis le déclenchement de cette guerre, peuvent-ils, en quoi que ce soit, justifier l’appui constant, cynique et scandaleux que nos oligarchies au pouvoir ne cessent d’apporter aux fossoyeurs de la Syrie, de sa civilisation et de son peuple ? Assurément, radicalement et définitivement non. Aucun esprit rationnel, responsable et conscient des réalités de cette région ne peut répondre par l’affirmative. C’est pourtant ce que font et continuent à faire nos chers dirigeants socialistes et ceux ayant adopté leur posture politique.

Rien ne prouve, certes, encore (répétons-le) que l’agression contre la Syrie aura effectivement lieu. Toutefois si tel était le cas, les apprentis sorciers de cette agression auraient bien tort, à mon sens, de croire que le scénario sera semblable à celui de l’Irak en 2003, quand une armée épuisée, démoralisée et démunie ainsi qu’un régime à bout de souffle et sans soutiens interne ou international s’effondrèrent en quelques semaines. La situation, aujourd’hui, en Syrie est profondément différente, le pays disposant d’une armée puissante et aguerrie se battant chez elle pour défendre sa terre et disposant de très solides et de très coriaces alliés. Pour l’état syrien et ses soutiens régionaux, la guerre qui s’annonce est, d’ailleurs, perçue comme un affrontement existentiel.

Tous ceux qui prennent la peine (ou qui peuvent) suivre les médias arabes réellement indépendants (où se déroulent des débats d’un haut niveau n’ayant strictement rien à voir avec la désespérante indigence de ceux diffusés par nos propres médias) savent que Syriens, Hezbollah et Iraniens se battront jusqu’au bout et avec tous les moyens dont ils disposent, avec un risque évident de faire exploser toute la région. Pour eux, l’équation est, désormais, très simple : « être ou ne pas être, telle est la question ». Ils savent aussi que le régime syrien pourra compter sur une très large solidarité au sein des peuples arabes et que les régimes « fantoches »de type Ben Ali ou Moubarak ne sont plus là pour en réduire l’impact sur les intérêts occidentaux. Ils savent, enfin, que les Russes ne peuvent pas ne pas réagir avec force et détermination contre toute agression visant la Syrie.

Parler de « frappes limitées et ciblées » est une foutaise destinée aux incultes politiques. Une fois le feu déclenché, bien malin sera celui qui prétend savoir comment et quand il pourrait être éteint. L’attaque probable contre la Syrie pourrait donc s’avérer être une aventure non seulement fondamentalement immorale, mais aussi totalement irresponsable. Les conséquences et les prolongements pourraient être catastrophiques et incontrôlables, y compris pour Israël dont l’occident entend, depuis toujours, défendre la suprématie régionale à tout prix ce qui constitue, assurément, l’une des raisons majeures du déchaînement occidental contre le régime syrien.

Aujourd’hui une odeur nauséabonde, rappelant l’ambiance et l’hystérie médiatique de la veille des deux guerres d’agression contre l’Irak, infeste l’atmosphère. Nos très chers dirigeants donnent la très nette impression de l’avoir complètement oubliée. Ils sont, par conséquent, incapables d’en tirer la moindre leçon et c’est bien tragique.

Faut-il attendre que le pire passe du virtuel au réel pour tenter de mettre un terme à cette affreuse mascarade…. avant qu’il ne soit trop tard ?

Chokri Ben Fradj (historien) – 12 septembre 2013 pour les-crises.fr

Ancien universitaire et enseignant chercheur à l’université de Tunis

 

Principaux travaux :

- Aux origines de l’immigration nord-africaine en France histoire sociale et culturelle d’une communauté ouvrière (1900 – 1939) Thèse de doctorat en histoire contemporaine. Université Paris 7 1990 4 volumes

- Un combat laïque en milieu colonial Discours et œuvre de la ligue française de l’enseignement en Tunisie (1891- 1955) Édition l’Harmattan Paris 2004

- Oliviers et oléiculture en Tunisie, de l’antiquité aux années 30 ; Édition l’Harmattan Paris 2011

- Le parti communiste français et le Maghreb (1920 1934) en cours de rédaction

Ainsi que de nombreux articles publiés dans diverses revues autour notamment, du fait colonial, du fait musulman et de la question migratoire

  1. En témoignent, par exemple, les interviews successifs du politologue franco-syrien Bassam Tahhan disponibles sur internet, les écrits du journaliste algérien Ahmed Halfaoui, diffusés également sur internet, les prises de position des représentants de la gauche radicale tunisienne dans la presse et les médias locaux ainsi que les résolutions du congrès des intellectuels et journalistes arabes progressistes tenu au Caire les 7 et 8 septembre 2013. []
  2. voir, à ce sujet, l’excellente étude de l’historienne Lenka Bokova : la confrontation franco-syrienne à l’époque du mandat : 1925 1927/ : édition l’Harmattan ; Paris 2000 []
  3. sur cette question, on peut utilement consulter, sur internet, l’article de Anne Lucie Chaigne : Parti Bass ; publié sur le site : les clés du Moyen-Orient ; également les ouvrages de : Olivier Carré : le nationalisme arabe ; édition Fayard Paris 1993 ; de Caroline Donati : l’exception syrienne entre modernisation et résistance ; édition la découverte ; Paris 2009 et de Charles saint Prost: le nationalisme alternative à l’intégrisme ; édition Ellypses ; Paris 1996 []
  4. sur ces aspects, voir, notamment, sur internet, la rubrique : indicateurs internationaux de développement humain : République arabe syrienne ; également : système de santé syrien dans Wikipédia []
  5. Il suffirait de revenir aux déclarations publiques et répétées des responsables politiques syriens au début de la crise qui allait ravager le pays pour le constater []
  6. déclaration faite en Turquie, lors d’une visite officielle au mois d’août 2012 []
  7. voir, à son sujet, l’ouvrage de Olivier Carré : les frères musulmans ; collection Archives ; édition du seuil 1983 []
  8. voir, notamment, sur ce point, et quoiqu’avec certaines réserves, l’éditorial ainsi que l’article de Jacques Julliard dans le magazine Marianne en date du 7 au 13 septembre 2013 []
  9. consulter, à ce propos, l’ouvrage de Charles André Julien : Histoire de l’Algérie contemporaine, Tome 1 1827- 1870 ; éditions Puf ; Paris 1977 []
  10. Consulter, par exemple, sur ce thème, l’excellent ouvrage de l’historien algérien Ahmed Koulaksis : Le parti socialiste et l’Afrique du Nord, de Jaurès à Blum, Édition Armand Colin, Paris 1991 []
  11. sur ces deux cas, consulter, par exemple, l’article de Cédric Mas /une brève histoire des gaz de combat, publié sur le blog de Paul Jorion en date du 4 septembre 2013 []
  12. Les images diffusées, en direct, par les télévisions du monde entier ; lors des dernières guerres israéliennes contre le Liban et Gaza en 2006, 2009 et 2012 rejoignant celles, plus anciennes, datant des années 80 pour ne laisser aucun doute là-dessus, []
  13. voir pages précédentes et le site officiel du gouvernement syrien []

89 réponses à [Invité] L’affaire syrienne, ou le suicide moral des socialistes français, par Chokri Ben Fradj

  1. dupontg Le 12 septembre 2013 à 04h02
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    bravo
    magnifique travail….
    que malheureusement peu de gens liront preferant s’en tenir aux “informations” des mainstream


  2. Amelle Le 12 septembre 2013 à 04h14
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    Un gloubiboulga de cliché, d’abord Jaures n’aurai jamais laisser un dictateur massacrer plus de 150000 de ses citoyens sans lever le petit doigt aussi pacifiste qu’il était, relisez le cela vous fera du bien.

    Secondo relever les crimes coloniaux pour justifier les abominations d’Al Assad est juste abominable à l’encontre des syriens d’aujourd’hui, quelque soit l’histoire de France en Syrie ou ailleurs dans le monde, rien absolument rien ne justifie ce qui se passe là bas et qui est de la seul responsabilité de leur dirigeants.

    Parler de “progressistes” arabes, j’aimerai bien connaitre lesquels? Ceux qui pensent que la démocratie n’est pas faite pour les arabes et qu’ils doivent être sous les bottes des dictatures militaires histoire de se “protéger” contre l’islamisme? Car pour ces gens les arabes seraient trop arriéré pour choisir autre choses que la peste ou le choléra? Ces “progressistes” propagandiste de Bashar El Assad qui répètent son discours et veulent nous faire croire que ce qui arrive en Syrie est un complot israelo-americano-franc-maçon-inter-galactique en voulant nous faire oublier que pendant les premiers mois de la révolution syrienne (parce que oui c’était une révolution spontanée suite à la torture de deux adolescents qui ont eu le malheur de taguer le slogan égyptien de l’époque ‘que le pouvoir tombe’) les gens sortaient pacifiquement et que les chretiens profitaient des manifestations du vendredi en allant dans les mosqués attendre tranquillement dans un coin la fin de la prière pour sortir en masse.

    Le régime syrien a décidé seul de mener la répression et a sciemment dirigé ses frappes contre les sunnites pour les autres et naître les sentiments de méfiance qui c’est muté en haine petit à petit. Ce regime est coupable d’avoir détruit son pays et son peuple et tout les “progressistes” qui sont au antipode des droits de l’Homme ne pourront rien changer à l’Histoire qui finira par les condamné avec tout ceux qui son les complices qui ne veulent rien voire de la souffrance des ses millions de syriens qui à la base ne voulaient qu’une chose “liberté, liberté” leur slogan des premiers jours.

    En tout cas je soutiens Hollande, je le trouve même trop timide concernant la Syrie et je le préfère sentimentaliste “moralisateur” et béat qu’aveugle prônant une raison d’état qui livre des millions dans le désespoir … pour rappel Jaures était un grand “moralisateur”.


    • Toutatis Le 12 septembre 2013 à 09h32
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      L’opposition aux va-ten-guerre ne cesse de monter aux Etats-Unis. On parle même d’une possibilité de destitution du président s’il décide seul sans demander l’avis des assemblées, toutes deux désormais hostiles sous la pression de leurs électeurs. Il est donc probable que le petit toutou Hollande doive bientot suivre son maitre Obama, bien content que Poutine lui ait fourni le moyen de ne pas perdre la face.


    • Jacques Coeur Le 12 septembre 2013 à 09h45
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      Jaurès n’aurait sûrement pas adopté dès le début du conflit une attitude qui ne pouvait qu’envenimer la situation.

      Sur la responsabilité des dirigeants, c’est bien de cela dont il s’agit. L’ingérence étrangère et jusqu’auboutiste n’a fait que radicaliser le conflit et augmenter le nombre de victimes. Dans cette situation, vous mettez n’importe quel dirigeant à la place d’Assad, le résultat serait le même.

      Concernant le progressisme arabe, s’il l’on regarde la région, je suis sûr que vous préféreriez habiter en Syrie plutôt qu’en Arabie Saoudite. Ne versons pas dans l’angélisme, oui le régime syrien est un régime dur. Mais El-Assad, en 2000, n’a fait que récupérer une situation dont il n’était en rien responsable. Inutile de s’étendre ici sur cette situation, il suffit de relire l’histoire du Moyen-Orient.
      Bachar n’aurait jamais dû accéder au pouvoir qui était réservé à son frère aîné. Avec la mort de ce dernier il se retrouve, sans aucune formation, à devoir diriger un pays où ce rôle lui est d’emblée contesté par des “anciens” comme Abdel Halim Khaddam (1), et surtout Rifaat el Assad, son oncle.

      Passé cet obstacle il va devoir faire face à l’après 11 septembre et son cortège d’agression.
      Ce sera d’abord le SALSRA (Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act) imposé en décembre 2003 sous l’impulsion des néo-conservateurs et en particulier d’un lobby libano-américain très proche de l’AIPAC et du Likoud, l’ USCFL (United States Committee for a Free Lebanon) , avec des sanctions accrues à la clé. Puis la résolution 1559 adoptée en urgence le 2 septembre 2004, à l’initiative conjointe des Américains et des Français, afin de sceller un début de réconciliation, suite au désaccord majeur apparu lors de l’intervention en Irak en 2003.

      Au sein d’une région instable et tant convoitée, la Syrie, avec Bachar El-Assad à sa tête, tente de ne pas succomber aux assauts du BAO.

      —-

      (1) Abdel Halim Khaddam est le vice-président sortant qui assure l’intérim du 10 juin au 17 juillet. Il est essentiel de noter que celui-ci est sunnite et qu’il n’est pas le seul au sein du gouvernement. Ce qui tord le cou aux propagandistes d’une initiale revendication confessionnelle qui voudrait que seule une petite minorité alaouite accaparerait le pouvoir.


    • step Le 12 septembre 2013 à 10h17
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      vous avez visiblement mal lu, l’idée n’est pas de ne rien dire et ne rien faire pendant qu’un régime autoritaire massacre sa population, mais d’éviter d’armer les futurs dirigeants d’un régime encore plus autoritaire pour les 15000 prochains morts. Jaurès aurait peut être compris que tendre un flingue à quelqu’un présume de savoir ABSOLUMENT, ce qu’il va en faire.

      Il n’y a aucun “sentimentalisme moralisateur” dans la politique française, ça c’est réservé aux gogos via les journaux “d’information”. Il est simplement dans l’intérêt “occidental” d’étendre sa sphère d’influence dans la captation à venir de nouvelles sources d’énergies. C’est aussi un moyen de contrôler le retour en force russe, qui loin d’être le payé arriéré par le communisme qu’on a bien voulu dépeindre, a rebondi plus rapidement que prévu surtout si il peut retrouver/conserver ses alliés régionaux. L’alliance américano-saoudienne ayant fait la preuve de sa stabilité aux yeux américains (Un régime totalitaire tenant sa population par la pression religieuse, et un régime économique laissant libre cours à nos intérêts et à ceux de potentats locaux moins couteux qu’une classe moyenne fournie), les US cherchent à en répliquer le modèle.

      Le sort des syriens, n’a à mon avis, comme le sort des irakiens, des vietnamiens, des coréens, des … strictement aucun intérêt, ni aux yeux des “occidentaux” ni aux yeux de saoudiens/quataris et de leurs alliés sur le terrain. Les différentes puissances impliquées défendent leurs intérêts, c’est défendable en tant que soi, mais c’est plus présentable derrière un masque de sensiblerie.
      La question qu’il faut se poser toutefois est aussi la suivante : Dans les livres d’histoire du siècle prochain y aura-t’il marqué :

      ” Dans le début du XXI eme siècle, les anciennes puissances coloniales ont facilité la venue au pouvoir dans le moyen orient de régimes musulmans fondamentalistes afin de faciliter l’expansion de leur sphère économique et leurs main-mise sur les réserves énergétiques locales. Le prix à payer pour les populations locales a été extrêmement lourd, de révoltes en répréssion, tenaillés entre des régimes nationalistes autoritaires sapés et des théocraties autoritaires, perdant, a l’image de l’égypte, leur crédibilité dès leur arrivée au pouvoir.”


    • stephp Le 12 septembre 2013 à 10h36
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      @Amelle
      Oups ! vous avez du cliquer sur le mauvais lien, ou alors votre navigateur vous a fait une farce (les développeurs aiment bien placer des fonctionnalités cachées dans leurs applications ou sur certains site web), en fait le bon lien pour une information idéalement juste et objective est celui-ci: http://www.tf1.fr
      Ainsi vous serez rassurée sur l’état du monde.
      Bien à vous :)


    • burgf Le 12 septembre 2013 à 12h37
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      @Amelle..
      Avant de nous balancer de la moraline sauce propaganda de bas étage, relisez ce papier, et penchez vous sur le “protocole de Doha”, par exemple..
      Chokri Ben Fradj a malheureusement raison sur l’essentiel.
      La France , non seulement va avoir à reconstruire une diplomatie brisée par les Fabius et consorts, elle va avoir à retrouver sa légitimé dans le concert des nations.. et ça, ca prend du temps!
      Il serait bon que vous passiez un peu de temps en Amérique Latine, que vous puissiez confronter vos idées aux étonnements désolés des argentins, brésiliens, boliviens, équatoriens qui se demandent ce qui se passe avec les français …
      Posez vous seulement la question.
      Perso, j’ai désormais honte d’y afficher mon passeport.


    • Leens Le 13 septembre 2013 à 11h37
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      La chance des socialistes français, c’est qu’il y a des Amelle pour croire à leur propagande de guerre.
      Michel Colon définit ainsi les 5 principes de la propagande de guerre (link to michelcollon.info) :

      Cacher les intérêts en jeu (ici, le pétrole et le gaz)
      Cacher l’histoire
      Diaboliser l’adversaire
      Se faire passer pour les défenseurs des victimes
      Monopoliser et empêcher le débat

      Exactement le contraire que ce qui est fait dans cet article. Merci les crises


    • coma b Le 19 septembre 2014 à 23h18
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      Tout d’abord bravo pour cet article.
      Et oui, notre gouvernement par le biais d’un de ses ministres belliqueux et qui n’est pas à un scandale près (après le scandale du sang contaminé) et qui semble avec BHL faire une course à celui qui aura le plus de morts à son actif, a mis la France dans une position délicate et honteuse. Quand on voit ce qu’est devenu la Libye et la souffrance du peuple libyen livré au chaos le plus total, j’espère qu’ils arrivent à dormir.
      Quand à savoir si la France s’est trompée dans la position qu’elle a adoptée, il suffit d’écouter ce que dit M. MARSAUD:
      link to french.ruvr.ru
      link to alainmarsaud.fr
      link to youtube.com
      On comprend mieux pourquoi la loi sur le terrorisme. Et oui cela ferait mauvais genre que ces djihadistes que M. FABIUS a encouragés et même armés, lors de leurs retour en France, et des éventuels procès qui auront lieux, se contentent de ” faire comparaitre tel ou tel ministre des Affaires étrangères français qui reconnaitra que oui, en définitive, il est vrai que nous combattons le Président syrien.”. (sic M. MARSAUD). C’est tout de même un comble que notre ministère des affaires étrangères exige que la France aide, arme ces djihadistes et réclame le bombardement de ceux qui s’opposent à ces fous furieux et que ceux qui l’on écouté et sont partis combattre avec ces malades mentaux, soient eux traiter de terroristes ! Et je me demande si le premier à répondre devant la justice de part cette loi, ne devrait pas être ce ministre ?
      Mais c’est vrai que les grands de ces nations dites démocratiques, n’ont pas à faire attention à l’incohérence de leurs discours vu le nombre de malade mentaux et déconnectés du cerveau, intoxiqués par tf1BFMETC, comme vous Armelle, . Car je vois que pour vous, c’est ça votre références, avec secret story aussi.
      Et que sûrement vous vous prenez pour une femme libre.. pourquoi, dites moi, parce que vous pouvez regarder ces émissions tranquillement, que vous avez plusieurs partenaires (avec qui vous simulez 80% du temps si on en croit les statistiques). Allez dites moi qu’est-ce-qui vous fait croire que vous êtes dans une réelle démocratie ? Mais je pense que vous n’avez pas envie d’avoir de vraies réponses, car vous verriez que toute votre petite existence n’est faite que de mensonge et de misérable paraître… Sûrement que les femmes des plus grands nazis, croyaient elles aussi que leurs dirigeants étaient les meilleurs du monde…. Et oui tout est relatif, Bachar pour nous était un dictateur… mais va demander au 700 membres de l’ETA emprisonnés depuis des années en France et en Espagne ce qu’est la France et l’Espagne pour eux…
      Et va voir aussi la plainte déposée contre M. FABIUS.
      link to french.ruvr.ru
      Et sûrement que vous faite partie de ces personnes qui trouvent les koweitiens, les saoudiens, les quataris et autres hypocrites barbus de grands progressistes, uniquement parce que notre gouvernement n’est pas en manque de courbettes pour eux….
      Je vais vous dire la force de courbette de notre gouvernement est proportionnel à leur manque de discernement et à leur manque de probité et à leur manque
      d’honneur.
      Que l’on puisse d’une pirouette, dire que tout ce qui se passe actuellement en Irak, en Libye et en Syrie, est bien le prix à payer, me fait gerber…. La souffrances des autres me touche toujours quels que soient les personnes qui la subissent…. La guerre est une monstruosité qu’il faut combattre de toutes ses forces. Mais comme dit l’adage qui sème le vent récolte la tempête, pauvre de nous….


  3. Julian Le 12 septembre 2013 à 06h58
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    Encore une fois, le débat de fond est alimenté ici par un point de vue solide, étayé, certes radical, mais particulièrement éclairant. Les esprits libres ne peuvent que s’en réjouir.

    ” La vérité existe. On n’invente que le mensonge” Georges Braque (Carnets. Maeght Ed)


  4. Patrick Luder Le 12 septembre 2013 à 07h45
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    MERCI pour ce billet d’une très grande qualité. Ce texte mériterait amplement d’être diffusé dans un large panel de médias tout publics.

    Juste un petit bémol, appeler “Socialistes Français” un françois hollande est un peu révoltant => je suis profondément frustré de ce pseudo “socialisme” français …


  5. dupontg Le 12 septembre 2013 à 08h08
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    un document tres interessant sur le volet economique du conflit…
    bien loin de la polemique emotionnelle..malgré qu’il s’agisse de gaz

    link to youtube.com


    • BOURDEAUX Le 12 septembre 2013 à 17h57
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      merci dupontg pour cette petite explication cartographique qui rappelle celles de Jean-Christophe Victor au “dessous des cartes”. Loin des digressions un peu fantasmagoriques lues plus haut, ce genre d’explications remplace avantageusement bien des discours…


      • step Le 12 septembre 2013 à 22h48
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        voilà qui est effectivement intéressant, on voit mieux nos raisons dans cette histoire. Le conditionnel est de rigueur.


  6. wuwei Le 12 septembre 2013 à 08h26
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    Bravo pour la qualité de cette intervention et pour le diagnostic sur l’état du Parti Solférinien et de ses alliés d’Europe Ecologie Les Veules !


  7. Magyare Le 12 septembre 2013 à 09h06
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    Bonjour Olivier et merci!
    Je diffuse le plus possible sur les réseaux sociaux et sur mon blog.
    Je crains, en revanche, qu’à l’instar de nos puissants, les gens ne se contentent que de se qui les arrange, malgré Internet, j’entends sans cesse autour de moi parlez de dictature en ce qui concerne la Syrie.Je pense en effet que les tentacules des hydres monstrueuses de l’intolérance et du racisme repoussent de toutes parts……


  8. Toutatis Le 12 septembre 2013 à 09h34
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    Un autre article intéressant sur les dessous psychologiques de cette hystérie guerrirère occidentale

    link to dedefensa.org


  9. PhildeFer Le 12 septembre 2013 à 10h41
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    Je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer si quelqu’un osait dire, ne fusse qu’ici: “Laurent Fabius ne mérite pas d’être sur terre” ou pire encore “Netanyahu ne mérite pas d’être sur terre”….
    Excellent article! Et qui démontre sans le dire ouvertement que le parti socialiste n’a plus de “socialiste” que le nom.. mais ça tous (ou presque..) ici le savions déjà…


  10. Dan Le 12 septembre 2013 à 10h58
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    le concept même de gauche à une coquille vide : aujourd’hui effectivement nous sommes a des années lumières de grands hommes socialistes comme : Jean Jaurès , Aristide Briand .
    La population française devrait se rendre compte que l’époque du socialisme de nos grands parents et parents n’existe plus !


    • step Le 12 septembre 2013 à 13h28
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      n’existe plus… a solférino.


  11. Bernard Samson Le 12 septembre 2013 à 11h10
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    Excellent article.
    Un doute toutefois concernant les raisons supposées de l’hystérie guerrière : j’ai du mal à croire que les éventuelles ressources pétrolières et gazières seraient plus facilement disponibles pour l’Occident dans un pays ruiné et en proie à l’anarchie (comme en Libye) que dans un pays pourvu d’un état avec lequel on peut négocier.
    A mon sens, la raison principale est plutôt à chercher du côté des faucons israéliens et de leurs alliés.


    • step Le 12 septembre 2013 à 13h31
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      la lybie est un stade transitoire, l’objectif est un irak 2 avec un gouvernement fantoche et globalement un “ordre” qui règne. Que cela pete dans certains centres ville, tant que cela ne menace pas les sites d’extraction… La chaos c’est transitoire, enfin le pensent ils, et le travail en cours est surement de travailler à faire naitre là bas notre futur homme lige.


    • Patrick-Louis Vincent Le 12 septembre 2013 à 13h49
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      “j’ai du mal à croire que les éventuelles ressources pétrolières et gazières seraient plus facilement disponibles pour l’Occident dans un pays ruiné et en proie à l’anarchie (comme en Libye) que dans un pays pourvu d’un état avec lequel on peut négocier.”

      Et pourtant, c’est ainsi ! ça s’appelle la stratégie du chaos. En Lybie, le chaos est total ; il n’y a donc plus personne pour s’opposer à ce que les EU s’empare des stocks d’or du pays et à ce que le Qatar s’approprie la distribution du pétrole lybien.

      Pourquoi dépenser des trésors d’énergie pour négocier quand on peut tout prendre.


      • Bernard Samson Le 12 septembre 2013 à 18h09
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        “La production de pétrole est tombée à 250 000 barils par jour (pour une capacité quotidienne de production de 1,6 million de barils), le gouvernement et les groupes armés se disputant le contrôle de la rente pétrolière.”
        Extrait de “En Libye, 2 ans après les bombes de l’OTAN, le chaos”.
        link to humanite.fr


  12. Arnould Le 12 septembre 2013 à 11h32
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    Juste pour rappel: je pense que la première utilisation historique de gaz par une armée moderne d’un pays moderne pour “pacifier” en éliminant des populations entières revient à la France:

    link to fr.wikipedia.org

    S’il y a plus ancien, ça m’intéresse (je ne sais pas pourquoi, mais je suis en général intéréssé par le premier battement d’aile du papillon qui va déclencher la tempête…)


  13. Jo Le 12 septembre 2013 à 11h58
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    [ Modérateur - Trop de fautes, commentaire à réécrire ]


  14. caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 12h36
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    Bravo Olivier et Merci pour ce texte .
    Il y a trois jours Ahmed Cheniki en a également publié un dans le Soir d’alger qui vaut d’être lu ..
    link to bit.ly


  15. Joanna Le 12 septembre 2013 à 12h52
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    Je ne m’attendais pas à trouver sur ce site les contributions les plus intéressantes qui soient à propos de la guerre en Syrie et de la diplomatie hystérique (responsable et coupable …) de notre pays.
    Merci à M. Berruyer pour ces publications.


  16. yoananda Le 12 septembre 2013 à 13h05
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    BravOlivier pour ce texte de grande qualité qui montre comment les dirigeants traitent les questions d’intérêt national et leur propre peuple avant même de parler des questions plus sensibles.

    Ce qui me choque avant tout c’est l’arrière goût de république bananière qui se dégage.
    Je me demande ce qui protège la France d’être victime des même manigances que la Syrie actuellement ?
    Parce qu’a bien y réfléchir, on voit bien la mise en place d’une mécanique infernal. Quand “les forces” font converger tous les boucher de la planète (quelque soit leur idéologie) vers un endroit, il semble difficile d’enrayer cette mécanique de la violence.

    Si un jour le Qatar ou les USA se fâchent contre nous (pour une raison ou un autre, vu que tout ça semble très arbitraire), qu’est-ce qui va les empêcher d’exciter quelques fondamentalistes pour obliger le gouvernement a une réponse musclée (regardons du coté du Marseille ou de plus en plus demandent l’intervention de l’armée – seule différence c’est que les civils sont relativement épargnés) et ensuite … ça peut aller très vite.
    Car notre gouvernement ne s’allie avec eux que par intérêt, contre son propre peuple (ça s’appelle de la trahison je crois), et que demain ces alliances de fortunes pourraient bien se retourner contre nous. Quand on invite le diable chez soi …

    Suis-je le seul a me sentir Syrien à la lecture de ce texte ?


    • step Le 12 septembre 2013 à 13h48
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      haute trahison quand il s’agit d’un pays ou d’un état, concept souvent juridiquement très flou. Il n’y a pas dans notre droit de délit de trahison de son propre peuple.
      link to fr.wikipedia.org
      Depuis 2007, le droit a été changé, il n’y a plus le terme de “haute trahison” dans la constitution. Il reste cependant les motifs de renvoi du président pour des motifs incapacitant sa capacité à gouverner selon l’intérêt du pays.


      • step Le 12 septembre 2013 à 14h13
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        pour être exhaustif, une bonne partie des jugements de haute trahison du XX eme sont liés à la politique collaborationniste du régime de vichy lors de la seconde guerre mondiale.

        Mais cela relève d’une vision politique du délit militaire d’intelligence avec l’ennemi, la france étant en guerre contre l’allemagne et de gaule refusant de considérer le traité de paix avec l’allemagne comme valide n’ayant pas été signé par des dirigeants régulièrement élus link to fr.wikipedia.org

        A ce jour nous ne sommes pas en guerre contre les US, même si à n’en pas douter la guerre économique, est générale en ce moment. D’ailleurs comment qualifier une offensive à base de credit default swap ? Le droit est en retard par rapport à la pratique, comme souvent.


    • Patrick-Louis Vincent Le 12 septembre 2013 à 14h39
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      “Je me demande ce qui protège la France d’être victime des mêmes manigances que la Syrie actuellement ”

      C’est simple. L’oligarchie française sait que la France n’a plus les moyens d’une politique indépendante. Néanmoins, elle veut conserver son siège au Conseil de Sécurité. Pour cela, elle doit :
      1 – rester une puissance nucléaire
      2 – faire allégeance à la superpuissance mondiale pour espérer faire partie de la gouvernance du Nouvel Ordre Mondial.

      C’est exactement ce que font nos dirigeants depuis 2007. C’est un pari très risqué qui s’apparente, toutes proportions gardées, au pari que faisaient, pendant la dernière guerre, un certain nombre de politiques et d’intellectuels qui pensaient que l’Allemagne ne pouvait pas perdre, et que, par conséquent, il fallait la soutenir.

      L’on sait ce qu’il est advenu à ces gens quand le vent souffla dans le sens inverse.

      Le parti socialiste, tout comme l’UMP de Sarkozy/Copé, est devenu un parti “collabo”. Si le vent souffle en sens inverse, comme en 1942 pour les Allemands, attendez-vous à ce que ces gens-là soient de plus en plus agressifs, car leur propagande et leur mauvaise foi ne seront plus suffisantes. N’en déplaise à Amelle,

      [ Modérateur - Passage supprimé. Veuillez restez courtois. En cas de récidive le message sera supprimé. ]

      , la résistance est chez le peuple syrien qui soutient Bachar El Assad, non parce qu’il est démocrate (il ne l’est évidemment pas), mais parce qu’il constitue la seule force capable de bouter, hors du pays, les cohortes de mercenaires et d’assassins, financées et armées par les dictatures du Golfe avec l’assentiment des gouvernements des EU et de la France.

      Bien sûr, les intérêts de chacun des membres de la coalition anti-Assad ne sont pas les mêmes. Ils veulent tous détruire la Syrie (je dis bien détruire et non renverser le gouvernement) pour des raisons différentes. Israël conserve toujours en ligne de mire la carte du Grand Israël. Les dictatures monarchiques sunnites veulent contrôler confessionnellement toute la région. Pour cela il faut abattre l’Iran, et, pour abattre l’Iran, il faut démanteler son principal allié dans la région, la Syrie. Les Américains, nous le savons depuis les révélations du général Clark, ont placé la Syrie parmi les états qu’il fallait détruire et désorganiser pour mieux étendre leur hégémonie sans aucune résistance étatique, en remodelant les frontières à leur avantage. Sur celle liste figurait l’Irak, l’Afghanistan, la Lybie, le Soudan, la Syrie et l’Iran. Pour les 4 premiers, c’est déjà fait. C’est à présent le tour de la Syrie qui n’existerait déjà plus sans le véto des Russes et des Chinois au Conseil de Sécurité, qui ont enfin compris l’enjeu géopolitique, et sans l’armement puissant que ces mêmes Russes offrent au gouvernement syrien.

      La France, elle, n’a d’autre intérêt que celui que j’indiquais en début de message. Comme tous les faibles qui veulent se ranger derrière la protection d’un grand frère, les dirigeants français sont tenus de faire leurs preuves. Dans les bandes organisées des cités, faire ses preuves, c’est souvent aller braquer une banque. Pour les dirigeants français, c’est se montrer, comme l’a dit récemment Bayrou, plus américain que les Américains. Il ne s’agit plus de suivre mais de précéder. D’où les discours va-t-en-guerre de Hollande et Fabius et l’envie d’en découdre.

      Cette politique d’allégeance au camp supposé vainqueur dans le futur est, à terme, désastreux pour la France. Mauvais calculs, mauvaise stratégie. En perdant notre âme pour un plat de lentilles, nous serons, demain ou plus tard, regardé comme le pays qui a trahi ses convictions. La France ne sera plus perçue comme le pays des Droits de l’Homme, mais comme un pays où règne l’arbitraire.

      Nous payerons très cher cette trahison.


      • olivier69 Le 12 septembre 2013 à 17h17
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        J’ajouterai que la régionalisation va dans le sens de l’oligarchie mondiale. En effet, il n’y a plus d’oligarchie française depuis longtemps aux commandes. Ceux en place sont déjà dans leur nouvel ordre, le monde d’après.
        La taille des structures est déterminante pour imposer leur domination. Monde, bloc,région, communauté de communes qui formeront des stratifications empêchant toutes les contestations populaires face aux multinationales toutes puissantes. La destruction des états et des cultures est programmée ! L’Europe des oligarques se fait au détriment de l’Europe des nations et des peuples.
        Rappelons simplement l’espérance de vie dans certains quartiers de pays soi-disant civilisés pour décoder le monde de demain.
        Pendant ce temps, une nation ne se régionalise pas, elle colonise discrètement !


        • Patrick-Louis Vincent Le 13 septembre 2013 à 13h07
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          “L’Europe des oligarques se fait au détriment de l’Europe des nations et des peuples.”

          C’est tout à fait exact. Pour que l’oligarchie mondialiste puisse gouverner, il faut détruire les états-nations et les remplacer par des régions sans aucune puissance suffisante pour s’opposer à l’ordre mondial. Cela ne se fait pas nécessairement contre les peuples. Au contraire, le Nouvel Ordre Mondial favorise la montée des irrédentismes régionaux (Ecosse, Flandres, Padanie, Catalogne) pour affaiblir les états-nations (Royaume-Uni, Belgique, Italie, Espagne).

          Concernant le Moyen-Orient, la partition de l’Irak en 3 entités (chiite, sunnite et kurde), en Lybie, la partition en 3 entités (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan), et maintenant l’idée de partager la Syrie en zones kurdes, chrétiennes, alaouites et sunnites, procèdent de la même idée. Vous remarquerez que ces régions ne constituent pas des états, mais des régions à l’intérieur d’un état déchiré entre ces différentes entités. C’est la stratégie du chaos ; diviser pour mieux régner.


          • olivier69 Le 13 septembre 2013 à 23h51
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            Vous avez du oublier un détail en route ?
            “Cela ne se fait pas nécessairement contre les peuples. Au contraire, le Nouvel Ordre Mondial favorise la montée des irrédentismes régionaux (Ecosse, Flandres, Padanie, Catalogne) pour affaiblir les états-nations (Royaume-Uni, Belgique, Italie, Espagne).
            Voyez Bernard Stiegler sur you tube, incroyable,…
            Désolé mais ce n’est pas juste un changement de la forme !
            link to youtube.com


  17. Magyare Le 12 septembre 2013 à 13h41
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    Ben, chez nous , on importe 98% du gaz et pour le pétrole, ça doit être à peu de chose près la même chose!!!!alors, pour l’instant, on est tranquilles!!!(oups)!en revanche, avec nos soi-disant super-voitures électriques qui rouleront au nucléaire, eh oui!!! on a un peu d’énergie à la Française!!!
    Quand m^me, parce que tout le monde le sait bien!le nucléaire, c’est totalement sans danger!!


  18. caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 13h50
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    Pour les enjeux gaziers et pétroliers mentionnés dans l’article , si je peux me permettre d’apporter ma modeste contribution à la compréhension , voici un tout petit article qui prend appui sur un dossier rédigé en 2011 et un article paru dans le JSS News en 2013 ..

    Les enjeux sont absolument monstrueux et il est dément de voir qu’aucun media mainstream ne se donne la peine de les évoquer .
    Cela concerne les gisements Tamar et Leviathan et les découvertes pétrolières de Juillet 2013 . Il suffit de regarder la carte et les normes actuelles du Droit Maritime concernant les forages pour comprendre ce qui se passe .

    Syrie : Un enfer pavé de bons sentiments .. Une manipulation qui fait Flop

    link to bit.ly


  19. Guillaume81 Le 12 septembre 2013 à 13h59
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    Article intéressant quoique contestable sur plusieurs points (son analyse du socialisme depuis Jaurès semble oublier le vote des crédits de guerre en 1914, le vote d’une grande majorité de la SFIO pour Pétain en 1940 et l’envoi du contingent en Algérie par Guy Mollet en 1956…).
    L’analyse des positions de Hollande sur la Syrie est par ailleurs assez équivoque, voire contradictoire : après avoir souligné “le sentimentalisme béat et moralisateur” de la politique socialiste, l’auteur détaille les nombreux intérêts objectifs, politiques et géopolitiques, qui président aux motivations du gouvernement. La question reste donc en suspens : Hollande idiot utile “droit-de-l’hommiste” des Etats-Unis ? ou adepte de la realpolitik ?


  20. luci2/29 Le 12 septembre 2013 à 14h40
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    Rien à voir
    Mais
    je posséde à mon Nom une Carte (d’Identité) à vie (???) établie en
    1970 “….Au Camp des Loges ….le…décembre…)
    Dois je faire rectifier par Ooreddo (nouvelle appellation…celle d’un opérateur “PTT” du Qatar …? )
    Merci
    et Surtout :Olivier Berruyer, conservez votre punch et votre Intégrité!!!
    Cela emm… tant cette poignée de médiocres affectée par un Très Haut niveau de bêtise ,bêtise qu’Albert (décidément aujourd’hui ,jour funeste pour ce Prénom ? ) ‘Einstein soulignait comme étant ,elle aussi, infinie…
    Par contre vous êtes toujours (le blog) au “ebuzzing” (horreur mais c’est l’époque sans doute ) ,tout près de Jorion , excellent 2e après un départ relativement récent.
    Enfin, outre vos remarques,analyses et autres trouvailles et merveilles, vos intervenants nous apportent des liens qui valent plus que le détour.
    Et,pour finir réellement , j’attendrais encore,avec délectation et pour ne pas mourir idiot (surtout sous la férule des médiocres cités plus avant) des mises au point telles que celle produite aujourd’hui par Ce Professeur Syrien. =
    Une ouverture de plus;.On ne s’en lasse pas . Et comme nous sommes littéralement en pénurie chronique!…
    Monsieur Berruyer , pour l’Avenir immédiat : Continuez…!!!
    Si vous saviez le nombre REEL de vos lecteurs ,mais mieux ,celui de ceux, ultra majoritaires et discret s(trop) qui partagent et diffusent les Idées du blog.!!!


  21. Christophe Vieren Le 12 septembre 2013 à 15h10
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    Très bon article en effet qui nous change de la soupe servie, probablement su TF1 de Bouygues , ou Le Figaro de Dassault, ou de Lagardère et dont Amelle vient de nous en resservir une louche.

    Comme je l’ai déjà écrit dans un précédent article, ce qui me fait “marrer ” ou plutôt “gerber” dans tout cela, ce sont les protocole et convention de Genève pour rendre les guerres acceptables aux yeux du peuple et des gradés.

    Un petit exemple ?

    Chapitre VI – Article 39

    “Les prisonniers de guerre, à l’exception des officiers, devront le salut et les marques extérieures de respect prévus par les règlements en vigueur dans leur propre armée à tous les officiers de la Puissance détentrice.

    Les officiers prisonniers de guerre ne seront tenus de saluer que les officiers de grade supérieur de cette Puissance; toutefois, ils devront le salut au commandant du camp quel que soit son grade. “

    Et les NBC pouvant être utilisées par des petites nations, économiquement et donc militairement parlant, il fallait absolument les interdire. C’est fait. Trop facile à produire et à utiliser, c’est pas du jeu !!!!

    Mais hélas El Assad, tout tyran qu’il est, n’a pas signé le traité les interdisant. De même que les signataires du TNP ne l’ont jamais respecté.

    Bon, ki c’est qui veut jouer avec moi à la guerre propre ? Je suis officier, qui veut être fantassin ?


  22. caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 15h51
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    Armand

    Permettez moi de vous poser une question ..
    C’est qui l’opposition Syrienne ?

    Le CNS coalition nationale syrienne , financée par le Qatar qui représente plus les frères Musulmans qu’autre chose représenté suivant les cas par Sabra ou bien Ahmad Jarba qui refuse la proposition diplomatique actuelle .

    Le CNCD dirigé par Haitham Al Manaa qui refuse de reconnaitre le CNS et qui vient de demander que les armes chimiques soient remises à la Russie donc qui accepte la proposition .

    la CGRS qui vient de quitter la coalition en accusant la lutte d’influence que se livrent les parrains turc, qatari et saoudien au sein de la coalition , sans parler de la corruption

    Ou encore l’YPG , composante Kurde , violamment combattue par les rebelles infiltrés par la Turquie car ils sont proches du PPK et qui sont en train de se battre contre l’ASL à ALEP depuis le 6 Septembre dernier !!! Par ce que d’après l’YPG , il y a la vraie ASL et l’autre ASL .. On parle de laquelle là ??

    “Les combattants kurdes de l’YPG et le front al-Akrad, qui fait partie du conseil militaire du « véritable » ASL, ont fait front commun contre les attaques visant les quartiers à majorité kurde de Sheikh Maqsoud, Achrafieh, Sakin Shababi et Sifaq. Dix assaillants ont été tués et plus de dix autres ont été blessés, tandis que deux positions appartenant aux groupes armés ont été prises par des combattants de l’YPG et du front al-Akrad, a-t-on appris des sources sur place.”

    Ou bien les tendances Djihadistes devenues totalement incontrôlables selon l’ASL (vraie ou fausse) qui regrouperaient plus de 65 000 combattants venus de tous horizons .

    On comprend pourquoi Assad a accepté la proposition RUSSE .. Avec une telle opposition , ce serait effectivement de la démence pure que de garder des armes chimiques sur le territoire syrien, si jamais ces armes tombaient entre leurs mains .

    Ce serait de la démence pour les Syriens , mais également pour Israel , puisque les éléments les plus incontrôlables de cette rébellion , furieux de la décision diplomatique ont déclaré que puisque c’était comme çà , ils allaient attaquer Israel .

    Avertissements qui ont sans doute provoqué la réaction du Sénat américain et la phrase de Obama sur le chaos prévisible .. effectivement question chaos , je pense qu’il va être difficile de faire mieux.

    D’ailleurs , les agences d’intellligence comme Stratfor et Intelligence On Line viennent d’annoncer un très net refroidissement diplomatique entre les USA et l’Arabie Saoudite d’une part et la Turquie d’autre part puisque la Turquie parait plus intéressée par son propre combat contre les Kurdes que par quoique ce soit d’autre et a elle même créé une brigade djihadiste potentiellement dangereuse pour les occidentaux et Israel .


    • step Le 12 septembre 2013 à 17h09
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      ah, je connaissais les 3 premières, mais cette histoire kurde, ça s’ameilliore, définitivement…


    • olivier69 Le 12 septembre 2013 à 17h39
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      Merci à caroline d’apporter des éléments qui appuient «des faits et non pas sur des fariboles » au pamphlet contradictoire politicopolitique savant et intelligent…


      • caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 18h24
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        Merci Olivier

        Mais ce qui se passe est trop révoltant pour laisser distiller une propagande à ce point mensongère qui n’est destinée qu’à couvrir des objectifs qui n’ont rien à voir avec un quelconque humanisme .

        Surtout au pays des droits de l’homme qui a fait de la liberté de la presse et de sa mission d’information un pilier élémentaire de la démocratie ..
        Car sans information , il n’y a pas de débat , et sans débat , il n’y a pas de démocratie.

        A lire les médias français actuels on se demande si le terme démocratie nous est encore applicable . Les Britanniques et même la presse américaine paraissent bien plus libres que la nôtre .. plus critiques essayant de présenter les informations contradictoires. Ce qui n’est absolument pas le cas chez nous (Marianne exceptée)

        Quand à la presse du monde arabe , la presse algérienne est aujourd’hui d’une finesse et d’une qualité d’analyse qui manque furieusement à nos chroniqueurs en titre. Je vois avec plaisir qu’il en est de même en Tunisie .

        Et je ne parle pas de la presse Russe qui présente TOUS les points de vue sur son agence Ria Novosti ..


        • olivier69 Le 12 septembre 2013 à 19h23
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          On s’en aperçoit dans la prose, voici quelques exemples :
          « il faut s’appuyer sur des faits et non pas sur des fariboles » sont les propres mots utilisés. Alors pourquoi le pamphlet ? La contradiction ?
          « Je trouve ça très grave, car par contamination c’est tout votre travail qui va s’en trouver entaché. » La menace ? La dialectique utilisée (contamination, entaché,..) ?
          « Parce que oui, ça me désole par avance que quelqu’un me dise : Berruyer, c’est le gars….. ». La séduction ? L’appartenance ?
          Par exemple sur une radio que je ne citerai pas : “FH a une opportunité de frapper la Syrie.” L’usage du mot : opportunité m’a sidéré…Comme d’ailleurs, l’usage de l’expression “frappe chirurgicale” c’est cynique ! Normal, la banalisation de la guerre se retrouve à tous les échelons (films, jeux vidéo,…).
          ps : Le temps est notre allié (internet), ils le savent très bien…


    • Armand Le 14 septembre 2013 à 07h36
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      @caroline porteu : « Armand Permettez moi de vous poser une question .. »

      J’y aurais volontiers répondu, mais ma contribution n’apparaît pas dans le fil de la discussion, peut-être parce qu’Olivier Berruyer n’a pas trop aimé que je souligne que l’historien qu’il a convoqué pour appuyer son opinion ne connaît rien à l’histoire, au point d’ignorer l’existence de Guy Mollet et de l’intervention de Suez !

      Sinon, oui, vous avez évidemment raison, à la fois sur l’éclatement de l’opposition, la manipulation et l’instrumentalisation de ses composantes pourtant les mieux organisées, et la situation à la fois difficile et douloureuse des Kurdes (le martyre de ce peuple admirable, mille fois trahi et toujours renaissant). Vous auriez pu et sans doute dû rajouter l’horreur de la guerre civile, les guerres sont toujours atroces mais les guerres civiles sont les pires.

      Juste une chose qui ne me va pas : vous oubliez le peuple et les révolutionnaires. Un peu comme ces belles âmes qui, en 1937, renvoyaient dos à dos franquistes et staliniens pour justifier la non-intervention en Espagne. Ils avaient juste oublié la révolution, il est vrai que le Foreign Office n’était pas trop favorable à ce qu’on la soutienne. La deuxième guerre mondiale avait éclaté un an plus tôt, à Madrid, et les belles âmes ne le savaient pas…

      @olivier69 : je ne comprends votre histoire de menace. J’ai menacé quelqu’un ? Ou bien c’est Olivier ? Ou bien Assad veut bombarder ce blog ? Ou bien vous adorez jouer avec les mots pour faire croire que vous ne savez pas lire, c’est possible après tout.


      • olivier69 Le 14 septembre 2013 à 09h39
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        Bonjour armand,
        je nuancerai vos propos. Une guerre est une guerre, et nous n’avons pas à faire un choix. Dans une guerre, civile ou militaire, il y a justement une grosse différence. Le capital s’en sort mieux lorsqu’elle n’est pas civile. Il est d’ailleurs pratiquement toujours l’investigateur des conflits. Le peuple lui, ne s’en sort jamais.
        Alors vos arguments en faveur d’un choix pourrait “entacher l’estime” que j’ai pour vous. Et non, tout votre travail par contamination. Ce n’est pas grave, certes, mais regrettable…..
        Les maux râlent ou les mots râlent ? Où est la morale…


        • Armand Le 14 septembre 2013 à 13h10
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          Olivier69 : Ne faites donc pas semblant de ne pas comprendre, et cessez de virevolter avec vos sophismes : c’est bas et peu glorieux.

          Ce qui « entame l’estime » n’est pas la prise de position d’Olivier Berruyer contre une intervention militaire (moi aussi, je suis contre), c’est ce billet invité, sans parler de quelques autres « reprises » sur le blog dont certaines sont réellement honteuses. Ce qui « contamine » le reste, c’est que les éléments ici avancés, dans un billet *invité* par O. Berruyer, se trouvent être totalement faux.

          Dans les domaines que je ne connais pas, ou que je connais mal (l’économie, la statistique), j’avais tendance à lui faire confiance. Mais dans un domaine que je connais mieux (l’histoire contemporaine), je trouve une série d’assez grossières falsifications : que penser alors du reste, que j’ai du mal le moyen de vérifier, faute de connaissances et de compétences ?

          Alors oui, ça m’ennuie et ça me trouble. Tout comme ça m’ennuie de me retrouver en compagnie de thuriféraires d’Assad (ce bon roi qui aurait licencié ses généraux trop brutaux !) quand je me prononce contre une intervention militaire occidentale en Syrie.

          Et sinon, à part vos fantaisies un peu risibles sur la capital qui ne choisit pas la guerre civile, vous n’avez donc rien à dire sur les deux millions de réfugiés, dont personne ne parle jamais ?


          • olivier69 Le 14 septembre 2013 à 14h18
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            L’utilisation des deux expressions suivantes : « “Et sinon, à part vos fantaisies un peu risibles sur la capital…. ” » et « “Dans les domaines que je ne connais pas, ou que je connais mal (l’économie, la statistique)….” » confirme votre esprit de contradiction. Il serait intéressant de savoir par quels moyens vous définissez le capital ? Philosophiquement, permettez-moi d’en douter.
            La gloire ? Parlons en. Il suffit d’avoir lu votre message. Pour quelqu’un qui prétend “ne pas vouloir la guerre”, vous êtes pour le moins que l’on puisse dire : un diplomate. Si vous désirez dialoguer unilatéralement alors je vous dirai simplement que je n’ai malheureusement pas la réponse à votre problématique : A savoir, le bruit du vent sur un arbre existe-t-il si il n’y a pas les oreilles pour l’entendre ?
            Bref, je préfère me retirer de la conversation pour mieux voir. Merci pour tout.


  23. Erwan Le 12 septembre 2013 à 16h26
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    Le début de l’article est instructif, il présente le contexte historique et social avec un certain recul utile à la réflexion. En revanche dans la suite ce n’est malheureusement plus l’historien objectif qui parle, c’est une critique militante de l’action du gouvernement Hollande (en témoigne le vocabulaire violent qui n’apporte rien factuellement, et à mon sens ôte de la légitimité au résultat). Dommage, c’est pas encore aujourd’hui que je lirai quelque chose de mesuré sur le sujet.

    Un détail : il y a une ellipse qui m’intrigue profondément, lorsque l’auteur parle du début du conflit et de la position française :

    “Que fit le gouvernement français (soutenu, en cela, par la direction du PS) au moment où débutait ce qui allait devenir la crise syrienne ? Deux choix se présentaient devant lui : soit il soutenait les revendications démocratiques des opposants syriens, mais en se proposant, en même temps – et en cohérence avec la tradition diplomatique française dans la région – comme médiateur sincère et désintéressé entre le gouvernement et les contestataires afin de faciliter un dialogue national constructif et des évolutions positives, favorisant la voie du progrès et de la réforme. Contrairement à ce qu’avaient prétendu la plupart des médias français à l’époque, le pouvoir syrien et son président y étaient prêts5 et auraient sans doute été très sensibles à une médiation française allant dans le sens des véritables intérêts du peuple syrien. Dans un pays aussi complexe et pluriel que la Syrie, cette voie était, d’ailleurs, le seul chemin de la sagesse permettant un changement sans secousses, ni violences, ni affrontements, tous destructeurs pour le pays et sa cohésion. Ceci était l’évidence même et seuls des aveugles (surtout volontaires) n’auraient pas pu le comprendre.

    L’autre choix possible pour Hollande était celui du pire et c’est, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, celui qu’il va préférer. Sans doute très mal conseillé par Laurent Fabius [...]”

    Pour moi cette partie donne complètement l’impression que c’est Hollande, conseillé par Fabius, qui est au pouvoir lorsque la crise syrienne débute en mars 2011 : à la question “que fait le gouvernement français”, l’auteur répond “Hollande va préférer…”, pas un mot du gouvernement Sarkozy, de l’éventuelle ligne de conduite mise en place au Ministère des Affaires Etrangères avant l’arrivée de Hollande/Fabius en Mai 2012 alors que la guerre civile est déjà largement commencée. Je ne crois pas que Hollande aurait agi de façon très différente de Sarkozy sur le sujet, mais sous-entendre qu’il avait toutes les cartes en main au début du conflit est vraiment étrange puisqu’il n’était pas au pouvoir.


    • wuwei Le 12 septembre 2013 à 18h36
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      Le bal des faux-culs.
      Alors que les solfériniens se répandaient en larmoiement sur le sort d’Allende, en décembre dernier Hollande recevait Kissinger la fripouille à l’origine de sa mort.

      link to elysee.fr

      Décidément ceux qui osent encore se prétendre “socialistes” n’ont guère de dignité.


  24. step Le 12 septembre 2013 à 17h24
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    tout à fait d’accord sur un point, c’est un pamphlet politique, et non un ouvrage historien, la boulette sur la presence socialiste en 2011 est là pour en témoigner.

    Quand il s’agit d’interpeller, il vaut mieux axer son interpellation sur le pouvoir en place plutôt que celui qui lui a cédé le pouvoir, c’est moins inutile. Il faut toutefois noter que les “socialistes” étaient avant même leur élection pro interventionnistes, en accord avec l’UMP d’ailleurs.

    Visiblement je parierai sur un historien se considérant “de gauche” qui chatie des socialistes qui l’ont déçu. Qui aime bien…


  25. caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 18h10
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    L’AFP devrait lire la presse britannique ainsi que la presse américaine ou encore Allemande.
    Mais peut être que l’AFP ne parle pas suffisamment bien Anglais ou Allemand pour çà ..

    Le point , le Huffington Post ont récemment fait état des gros gros doutes qui existaient .

    Ca commence à être très agaçant cette propagande mensongère des médias français , y compris et surtout l’AFP puisque bien souvent ce ne sont que des reprises de ses propres articles .

    A défaut d’avoir des preuves , un minimum de retenue parait indispensable dans le respect de ce que l’on nomme le “devoir d’information” qui suppose un minimum d’objectivité dans la présentation des faits et surtout l’obligation de présenter des informations contradictoires lorsqu’elles existent .

    Et encore je ne parle pas de la presse du monde arabe qui pullule d’informations tout aussi sérieuses et circonstanciées , ayant de plus le gros avantage de se recouper totalement , ce qui leur donne une énorme cohérence et crédibilité sur les faits avancés .


  26. olivier69 Le 12 septembre 2013 à 18h35
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    Les lettres en capitale font mal aux yeux. Elles font “autorité” ?
    Vous vous êtes précipités pour nous informer en 6 minutes, merci. Un simple traitement de faveur ?
    Surtout qu’en cas d’attaques à grande échelle, cela nous laissera peut-être le temps d’aller aux abris ?


    • titus Garfield Le 12 septembre 2013 à 18h43
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      18h26 agence dowjones newswire
      Assad pose des conditions à l’abandon de son arsenal chimique…..


      • jacqueline Le 12 septembre 2013 à 18h56
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        “Toutefois, la Syrie ne remplira les conditions de l’initiative russe sur ses armes chimiques qu’à condition que les États-Unis cessent d’aider les rebelles et de menacer Damas. “C’est un processus bilatéral”, a déclaré le président syrien, selon la traduction en russe de ses propos. “Quand nous verrons que les États-Unis veulent effectivement la stabilité dans la région, cesseront de menacer et de chercher à attaquer et de livrer des armes aux terroristes, alors nous considérerons que nous pouvons mener les processus jusqu’au bout et qu’ils seront acceptables pour la Syrie”. ”

        Il a raison , c’est un minimum.

        Pour le processus de destruction des armes chimiques, c’est mieux qu’il n’ y ait pas de rebelles armés par les amerloques . Non ?


        • titus Garfield Le 12 septembre 2013 à 19h21
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          ben voyons,il pourra les achever au canon et à l’aviation…..civils inclus….ouvrez les yeux svp


          • jacqueline Le 12 septembre 2013 à 20h20
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            Primo : ils n’ont rien à y faire ! pas plus qu’ au Mali où Hollande a parlé de les détruire….

            Segundo : on ne peut pas prendre le risque de les laisser trainer en Syrie et qu’ils s’emparent de bombes chimiques avant que tout le stock soit détruit. Que le Quatar et l’ AS sifflent le retour à la maison.

            Que fait ban Ki Moon ?


        • caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 19h26
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          D’autant plus que cette nouvelle a été publiée tôt cet après midi dans la presse russe : RIA NOVOSTI (aux alentours de 15H )

          avec un titre un peu différent :

          Poutine exige des garanties internationales de non-agression contre la Syrie

          Vladimir Poutine a averti que ce projet n’était réalisable que si la communauté internationale fournissait à Damas des garanties de non-agression.
          Le bombardement de la Syrie reste bien à l’ordre du jour mais Obama a demandé aux sénateurs de reporter le vote de la résolution sur l’utilisation de la force. Il est évident que la tactique de Washington a considérablement changé après l’initiative russe.
          Le projet de texte sera au centre de l’entretien d’aujourd’hui entre Kerry et Lavrov à Genève.
          La Russie exigera probablement des garanties de non-agression contre la Syrie, comme l’avait mentionné Poutine.
          La question des garanties internationales est légitime pour la Syrie : la Russie ne peut pas à elle seule assurer la sécurité d’un pays en pleine guerre civile, qui fait l’objet de revendications de la part des puissances influentes de l’Occident et de l’Orient.

          avec cette petite phrase non neutre :
          De plus, l’Arabie saoudite et le Qatar estiment que l’initiative russe sape les positions des rebelles. Les insurgés annoncent le début des livraisons d’armes américaines et, selon des informations qui n’ont pas été confirmées, prépareraient une attaque chimique contre Israël pour en accuser Damas.

          et enfin :
          “L’initiative russe est intéressante mais si elle implique la
          non-agression à long terme, elle sera techniquement difficile et politiquement impossible à conserver”, estime l’expert.

          Et là j’ai juste envie de demander POURQUOI ??? ce serait techniquement et politiquement impossible .

          Cette comparaison était juste destinée à montrer combien l’information peut devenir mensongère , uniquement par sa simple présentation ..

          Vous pourrez comparer les heures de diffusion des informations respectives , c’est très intéressant .

          link to fr.rian.ru


  27. ril Le 12 septembre 2013 à 19h54
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    Autre son de cloche :

    Les djihadistes ne représenteraient que « 10 à 15 % » des combattants de la rébellion syrienne, selon le chercheur Romain Caillet. Ils sont mieux entraînés, mais le rapport de force sur le terrain est en train de changer à l’avantage des laïques et islamistes modérés.

    link to mediapart.fr


    • caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 20h04
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      Il y a un très bon dossier dans Algérie 1.Com qui décrit de manière assez précise les forces djihadistes en présence .. leur origine , leur mouvance , bien plus complet et précis que les propos de Monsieur Caillet que j’ai lu comme vous ..

      Et je ne sais pas pourquoi , j’ai tendance à croire que les comptes de Khidr Omar sont plus fiables que ceux de Monsieur Caillet

      A titre d’exemple:
      -La légion étrangère islamiste, financée par le Qatar et l’Arabie Saoudite, est composée de plus de 65.000 mercenaires islamistes, selon des confidences recueillies dans l’entourage de Lakhdar El Ibrahimi, l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie et corroborées par des sources diplomatiques arabes présentes à Beyrouth et à Amman. Cheikh Ihsane Baadarani, uléma sunnite, ex conseiller de Bachar Al Assad pour les affaires religieuses, qui a fait défection et qui réside actuellement en Turquie, avance lui aussi ce chiffre de 65.000 djihadistes.

      effectifs des mercenaires présents en Syrie :

      Les Libyens (15.000) et leur nombre augmente continuellement, les Tunisiens (10.000 ) et non 3.500 comme rapporté par la presse tunisienne, les Libanais (10.000) payés chacun 500 dollars/mois par la famille Hariri, les Turcs (10.000) chiffre avancé par l’opposition turque, constituent le fer de lance de cette armée de mercenaires islamistes. Le reste ce sont les Jordaniens (4.000), les Irakiens ( 5.000), les Tchétchènes ( 1.000), les Egyptiens ( 1.500), les Africains, Maliens et Sénégalais, les Palestiniens (quelques centaines), les Bosniaques (1.000), Grande Bretagne ( 500), France (100), Australie (100) les Saoudiens (3.500), les Yéménites (1.500) alors que le chef d’Al Qaïda au Yemen, Tariq al-Fadhli, qui était un proche de Ben laden, est en train de recruter au Sud de ce pays 5.000 hommes à envoyer en Syrie, les Koweïtiens (300), les Afghans venus des pays du Golfe et des Emirats Arabes ( 700), les talibans pakistanais (1.500), présents quant à eux du côté des frontières avec l’Irak.

      Source : link to algerie1.com


      • ril Le 12 septembre 2013 à 20h22
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        Malheureusement vous amalgamez islamistes et djihadistes sous le chiffre de 65000 :

        Concrètement, il faudrait donc des frappes contre l’aviation syrienne, et livrer un armement lourd aux quelques brigades laïques, ainsi qu’aux brigades islamiques modérées. Pour le reste, il faut arrêter de se fourvoyer : on dit qu’il y aura une explosion du terrorisme si le régime de Bachar al-Assad tombe. Tout ce qui s’est passé en Libye montre pourtant le contraire ! Certes, un ambassadeur américain a été tué, mais avec un RPG, qui est l’arme la plus banalisée au Moyen-Orient. Et c’est l’armement de Kadhafi qui est tombé aux mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, pas les armes de l’Occident !

        link to mediapart.fr


        • olivier69 Le 12 septembre 2013 à 21h26
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          “on dit qu’il y aura une explosion du terrorisme si….” qui on ? Précisez, cela enlève les ambiguïtés. Car je ne pense pas que vous trouverez une personne sur le blog qui soit capable de définir les conséquences. Il n’y a donc pas qu’un événement probable mais des événements potentiels insoupçonnables.
          Et non, non, ce n’est pas une explosion du terrorisme que vous devriez craindre (ce qui de surcroît peut s’envisager), mais bien un conflit direct de plus grande envergure avec la Russie ! Et même probablement la Chine. Cherchez-vous à accélérer les tensions avec des partenaires commerciaux afin de masquer la déroute du système financier ?
          Pesez-vous réellement bien les tenants et aboutissants car vous n’êtes pas devant le dernier jeu vidéo à la mode ou un poker en ligne. Les plus courageux ne sont pas toujours ceux….
          Question : Concrètement, pourquoi vous tenez compte des sondages uniquement lorsque cela vous arrange. Je ne parle même pas du referendum….


        • caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 21h34
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          Je n’amalgame rien du tout parce que ces définitions là ne correspondent à rien .

          Parlons plutôt de mercenaires financés par des puissances extérieures (sans se préoccuper de la religion qui n’est qu’un prétexte et un mode de manipulation d’opinion comme d’embrigadement )

          Le simple fait de parler d’islamisme modéré est en soit une source de confusion .

          Parlons de choses concrètes .. Comme la laicité (musulmans laics qui croient en la séparation des pouvoirs et qui croient que le Coran n’est pas le Code législatif et là désolée , mais vous éliminez l’intégralité de ceux que vous appelez les musulmans modérés en particulier les Frères Musulmans , c’est à dire tout le CNS ) .. C’est quelque part ce que le parti Baas avait tenté de faire , ou avant , un Kemal Ataturk .

          Parlons de sécularisation religieuse .. et des mouvements qui la prônent . Parlons de tendances au sein de l’islam .. mais svp .. Ne me parlez pas d’islamistes modérés , cela n’a aucun sens et ce sont d’ailleurs sur ces confusions de l’esprit et cette totale méconnaissance de la complexité du monde arabe que l’Occident joue pour se fabriquer des “ennemis communs” avec l’aide des monarchies dont on ne peut pas dire que ce soient des modèles en matière de modération et de droits de l’homme .

          Les soufis sont par définition modérés et pourtant on ne parle jamais d’eux ..

          Les Kurdes sont plus laïques que la plupart des mouvances dont nous parlons et pourtant ils sont non seulement persécutés par les Turcs , mais ils sont totalement ignorés par nos gentils humanistes si soucieux de la sécurité des civils . La province Syrienne la plus au Nord , qui fait partie du Kurdistan est la seule région à n’avoir jamais reçu un sou ni une aide alimentaire de nos gentilles organisations humanitaires ..

          Vous voulez son nom ?? Al Hassakeh ..

          Pour sauver les gens , il faudrait juste commencer par s’intéresser à eux .. et pas uniquement les utiliser comme prétexte , ce que notre gouvernement est en train de faire avec un cynisme démentiel mais totalement visible ..

          Arrêtons juste l’hypocrisie ..
          Et redonnons du sens aux mots en arrêtant d’utiliser une sémantique totalement vidée de contenu comme ce que vous venez de faire .

          Le Proche Orient n’est pas binaire .. il n’y a pas de gentils et de méchants .. Mais par contre , pour nous , les humanistes hypocrites , il y a beaucoup de richesses à piquer surtout en faisant en sorte qu’ils continuent à se taper dessus en interne :
          Machiavel : Diviser pour régner ..

          Vous avez raison , çà a très bien marché avec l’Irak , La Lybie , l’Afghanistan .. Il n’y a pas de raison pour que cela ne marche pas avec la Syrie ..


        • Casquette Le 12 septembre 2013 à 21h50
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          @Ril
          islamiste armé et mobilisé = djihadiste ne jouez pas sur les mots.
          A ce propos j’aimerais bien connaître la nature des rapports entre les différentes factions rebelles , que pensent les forces non islamistes des massacres perpétrés dans les villages ?


          • ril Le 13 septembre 2013 à 13h23
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            “Musulman” ne peut servir à définir une communauté aussi éclatée que l’est l’Oumma; le terme d’islamiste ne peut être utilisé pour mettre dans le même sac Al-Quaïda et ses paragons, les Frères Musulmans, Ehnnada ou encore Erdogan. On voit bien que ces différents groupes n’ont rien à voir les uns, avec les autres. Il ne vous viendrait pas à l’esprit de mettre dans le même sac les démocrates chrétiens – genre Bayrou – avec Christine Boutin et le tout emballé avec Civitas ? Vous faites bien la distinction entre les différents groupes politiques issus du catholicisme, pourquoi ne pas le faire avec les musulmans ?


        • ril Le 13 septembre 2013 à 04h59
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          Finalement, vous considérez que tout musulman armé est un djihadiste, fine analyse…qui frôle le racisme. Évidemment, Assad au pouvoir c’est tellement plus rassurant. On se demande bien pourquoi ce grand démocrate a attendu si longtemps pour engager des réformes. D’ailleurs, il est prêt à se séparer de ses joujoux chimiques, oui mais pas tout à fait selon les dernières infos.

          On oublie aussi que ce régime a opéré quelques assassinats de français dont un ambassadeur, plus ceux d’opposants à l’étranger.

          Mais bon, quelle importance. Restons nostalgique du gaullisme si propre sur lui.


  28. Dan Le 12 septembre 2013 à 20h52
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    En conclusion : Au lieu de jouer les justiciers il lui faudrait mieux de s’occuper de Marianne qui pleure :

    La déflation s’est bien installée avec

    des entreprises et des privés qui se désendettent par tous les moyens pour casser l’emprise de

    la dette dans des économies à l’arrêt, au milieu d’orages spéculatifs autour des déficits publics

    ou des dérivés bancaires pollués.

    Les Etats riverains de l’Atlantique nord, qui sont sous l’emprise d’une addiction effrénée d’endettement pour secourir leurs banques, mais aussi pour acheter la paix civile et la paix sociale, ne peuvent que monétariser leurs dettes auprès de la FED et de la BCE. Cette fuite en avant va rapidement nous conduire à une hyperinflation dont nous connaissons les effets collatéraux. Certes, c’est le remède le plus simple et le plus rapide pour nettoyer les comptes publics, mais c’est aussi le meilleur moyen pour spolier les populations et notamment les classes moyennes. A un moment ou à un autre, les dérivées de ces tribulations se termineront, au mieux dans la rue, au pire sur des champs de bataille. Il en est ainsi depuis des siècles des errements de nos sociétés.
    La France et son peuple attend des décisions digne de ce nom !


  29. Marcus Le 12 septembre 2013 à 21h42
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    Je vais vous raconter une anecdote racontée par Jacques Vergès au sujet des ultimes négociations irako-américaine d’il y a plusieurs années :

    Vergès était ami avec le dirigeant irakien Tarek Aziz et a même été son avocat après la chute du régime de Saddam Hussein et raconte ceci. Il y avait des négociations à Genève entre la délégation américaine représentée par le secrétaire d’Etat James Baker et la délégation irakienne représentée par Tarek Aziz. Et Vergès avait remarqué que l’américain Baker était tendu et pas souriant alors que Tarek Aziz était souriant. Il a demandé par la suite pourquoi à Tarek Aziz alors que ça aurait dû être l’inverse. Celui-ci lui raconta ce qui s’était passé. Les négociations n’avançaient pas, l’Amérique allait frapper c’était sûr. James Baker sort de ses gongs et dit droit dans les yeux à Tarek Aziz : « Mais vous savez que notre armée peut réduire votre pays à l’âge de pierre en 24H ? » Et Tarek Aziz lui répond calmement : « Oui, nous le savons, mais la différence entre vous et nous, c’est que nous, nous avons 6000 ans d’histoire !!! »

    ça laisse songeur … !

    Racontée aussi chez mes amis ici : mon pseudo Marcus est le même.
    link to unmondeencrise.com

    A+
    Marc


    • Crapaud Rouge Le 12 septembre 2013 à 21h48
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      Pas mal !… Inutile de se demander où en sera le monde dans 6000 ans, on ne peut même pas le dire pour les 6 mois qui viennent…


    • caroline porteu Le 12 septembre 2013 à 22h33
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      Marcus
      Tarek Aziz était chrétien , Ministre de Sadam Hussein qui était musulman ..

      Le parti Baas était un parti laic et c’est justement parce que du fait de cette laicité il devenait danger par la cohésion nationale qu’il pouvait susciter en mettant en terme aux querelles tribales ou interconfessionnelles : Donc le parti Baas devait disparaitre .

      La laicité est le plus grand danger pour ceux qui veulent conquérir en utilisant le “diviser pour régner’ : elle permet le Vivre ensemble .. mais elle permet pire .
      Indirectement , tous les responsables des religions révélées la tiennent pour le plus grand danger qui puisse exister pour elle , car elle permet le vivre ensemble, l’assimilation , les mariages mixtes qui donnent naissance pour beaucoup à des “sans religion” ..

      Pour info : la France détient la palme et le record absolu en pourcentage comme en nombre de mariages mixtes qui lui permettent également ce second record : celui du pourcentage des sans religions .

      Les femmes sont un vecteur essentiel dans ce contexte car ce sont elles qui transmettent les valeurs . Vous comprendrez peut être mieux les attaques répétées dont notre laicité fait l’objet , en particulier sur la notion du voile qui est un marquant permettant un contrôle . Et ne vous demandez pas dans ce contexte pourquoi le Qatar est le principal investisseur dans nos banlieues et que les querelles sur la laicité ressurgissent avec une vigueur assez exceptionnelles ..

      Nous sommes les prochains sur la liste .. car le principal danger de cette foutue France qui a des idées idiotes qui traversent les frontières encore plus vite que les capitaux et les armées, vient bien de cette notion qui a failli pervertir la Turquie : la laicité .. qui enlève tout pouvoir et toutes influences aux religions .. TOUTES LES RELIGIONS ..

      Et les religions sont par essence des pouvoirs politiques , même sécularisées , par l’emprise qu’elles exercent sur la conscience des individus . La sécularisation a permis l’émergence des démocraties européennes mais , relisez notre histoire , les combats furent rudes ..

      La laicité permet aussi à ceux qui croient de rester croyants de manière apaisée , sans que les lois ne soient votées que dans leur sens , mais qu’elles soient votées dans le sens de l’intéret général
      celui du vivre ensemble


  30. ricard'eau Le 12 septembre 2013 à 21h46
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    la prochaine fois que vous ferais le plein de la voiture, pensez a l’essence comme du sang!!! parce que il en a pas mal dedans


  31. Macarel Le 12 septembre 2013 à 22h02
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    Les socialistes français font tout ce qu’il faut pour que la droite dure, voire l’extrême-droite accède au pouvoir en 2017.
    Un 21 avril 2002 puissance 10, est au bout du chemin des reniements et des renoncements de ces faux socialistes, qui en fait sont les plus grands amis du capital -ils disent de l’entreprise-, mais à d’autres. Tous les cadeaux qu’ils font aux patrons ne servent pas à créer de l’emploi, mais à faire augmenter le nombre des valises de billets qui passent en Suisse, au Luxembourg, ou dans d’autres havres fiscaux.
    Heinrich Brüning dans l’Allemagne des années 30, François Hollande dans la France des années 2010…


    • Casquette Le 12 septembre 2013 à 22h18
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      Hollande ne fera pas de 2ième mandat , sauf si Sarkozy se représente (quoique les électeurs ont la mémoire courte) à partir de là on peut tout imaginer !


  32. hema Le 12 septembre 2013 à 22h48
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    “Que fit le gouvernement français (soutenu, en cela, par la direction du PS) au moment où débutait ce qui allait devenir la crise syrienne ? Deux choix se présentaient devant lui : soit il soutenait les revendications démocratiques des opposants syriens”

    Heu , je ne defend nullement Hollande ni Fabuis qui est lamentable, mais au debut c’etait pas eux.


  33. Erwan Le 12 septembre 2013 à 23h34
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    Je pense comme Armand que la question éditoriale se pose pour ce blog par rapport aux articles publiés sur la Syrie. De mon point de vue ce blog est excellent dans la contre-information par rapport aux discours officiels; naturellement ceci suppose un déséquilibre en faveur de sources/contenus alternatifs aux médias officiels : par exemple on lit ici plus d’articles de la part d’économistes “hétérodoxes” que d’économistes du courant dominant. Ceci ne me pose pas de problème tant que les articles sont argumentés, factuels, objectifs, etc. D’ailleurs la qualité des débats dans les commentaires témoigne souvent du caractère objectif et argumenté des articles.

    Le cas de la crise syrienne est clairement “clivant”, et ce n’est sans doute pas facile de trouver des articles objectifs et mesurés sur le sujet. Il me semble d’autant plus nécessaire d’être vigilant à ne pas trop verser dans la contre-propagande : à la différence de la contre-information qui vise à déconstruire la propagande de façon objective, la contre-propagande est simplement une autre forme de propagande. À mon avis cet article en est un exemple : je ne suis pas vraiment capable de juger du fond (d’autres ont d’ailleurs souligné quelques travers sérieux), mais sur la forme on constate facilement la non-objectivité : “invraisemblable ramassis de « bras cassés »”, “bêtes féroces sans foi ni loi” , “un comble et d’une hypocrisie cynique sans borne”, etc. … N’en jetez plus !

    Tout ça pour dire que je partage l’inquiétude d’Armand : honnêtement, si je découvrais ce blog aujourd’hui à travers cet article, il est probable que je n’y remettrais pas les pieds à l’avenir. Vous me direz c’est pas forcément bien grave, mais ça mérite à mon sens de se poser la question : est-ce que le but est de faire réfléchir, ou de faire passer un message particulier ?


    • titus Garfield Le 13 septembre 2013 à 00h01
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      bien d’accord avec vous Erwan,si les articles économiques sont de haute tenue et iconoclastes à souhait ,,les articles sur la Syrie sont plus sujets à caution…..
      je pense tout comme vous que si j’avais decouvert ce blog aujourd’hui ,j’aurais poussé un long soupir d’abattement…….


  34. Seb Le 13 septembre 2013 à 01h39
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    A lire beaucoup de ces commentaires, je perçois une certaine hystérie et un certain manichéisme à l’envers, y compris parfois de la part de Olivier. Cela s’explique sans doute par l’énorme responsabilité historique de l’impérialisme américain dans de nombreuses guerres et interventions militaires passées, par les manipulations et la propagande médiatique que nous avons subies pour justifier ces interventions impérialistes et par l’aversion actuelle pour la nullité et les nombreux reniements de M. Hollande et du PS français.

    Toutefois on en vient à dédouaner M. Assad et son protecteur russe, M Poutine, ce grand démocrate et pacifiste, de leurs responsabilités dans cette guerre civile. Certes, les Etats-Unis et les pays européens ont également leur part de responsabilité : leur simplisme, leur indifférence, leur manque d’engagement diplomatique ont sans doute favorisé le pourrissement de la situation et cette dérive sanglante. Certes également, leurs choix politiques sont avant tout motivés par des intérêts économiques et géostratégiques. Mais on oublie (ou on minimise) un certains nombres de choses.

    - Au départ, il semble que la révolte des syriens contre M. Assad était plutôt pacifique et laïque. Celui-ci a alors réagit avec une extrême brutalité, faisant tirer à de nombreuses reprises à balles réelles sur les manifestants, n’hésitant pas à envoyer ses chars pour écraser les révoltes dans certaines villes, emprisonnant et torturant de nombreux opposants.

    - La révolte armée ne semble pas avoir été au départ le fait de djihadistes mais plutôt de déserteurs syriens écœurés de devoir obéir aux ordres du dictateur syrien.

    - L’indifférence de l’occident face à cette répression brutale a sans doute ensuite favorisé l’arrivée de combattants djihadistes fanatiques et intolérants qui y ont vu un moyen de récupérer le mouvement à leur compte. Toutefois M. Assad avait également tout intérêt à ce que la rébellion soit noyautée par les djihadistes, afin que celle-ci soit discréditée aux yeux de l’occident et afin que les minorités religieuses prennent peur et finissent par soutenir le régime.
    La dérive vers une guerre civile interconfessionnelle devenait ensuite inévitable.

    - Encore maintenant, même si des atrocités sont commises des deux cotés, l’essentiel des destructions et des massacres “conventionnels” proviennent du régime syrien, au moins en raison de l’asymétrie des moyens, celui-ci possédant une artillerie lourde et une aviation, ce que n’ont pas ses opposants.

    - L’impérialisme n’est pas l’apanage des pays occidentaux. Il existe aussi des puissances impérialistes anti-occidentales comme la Russie, l’Iran et dans une moindre mesure la Chine qui poursuivent également des intérêts économiques et géostratégiques et qui n’ont également que faire du sort des populations. En l’occurrence elles soutiennent M. Assad sans la moindre réserve, lui procurant des armes, des conseillers militaires et empêchant que des résolutions soient adoptées par le conseil de sécurité.

    - En ce qui concerne la question de l’utilisation des armes chimiques, il faut rester prudent. Si tout le monde est d’accord pour dire qu’elles ont été employées, personne n’est d’accord sur les responsabilités. On ne peut exclure en effet qu’il y ait une manipulation provenant des opposants syriens et/ou de leurs soutiens, mais il est tout à fait possible que le régime aux abois n’ait pas hésité à employer son stock d’armes chimiques, comme l’ont fait par le passé de nombreux autres pays, à commencer par la France et les Etats-Unis !

    Bien sûr, on peut toujours dire que je suis intoxiqué par une quelconque propagande médiatique. Mais je considère que les opposants syriens et les rares journalistes et humanitaires qui ont été là-bas ne sont pas tous des agents de propagande de la CIA et que leur témoignage est crédible.

    Enfin ce n’est pas parce que les Etats-Unis et leurs alliés ont soutenu de nombreux dictateurs, ont été responsables de plusieurs guerres, ont commis de nombreuses atrocités et crimes, qu’ils sont pour autant les seuls responsables de tous les conflits, injustices et atrocités du 20ème siècle. Ca serait nier par exemple la barbarie du nazisme durant la seconde guerre mondiale, les crimes du stalinisme, ou plus récemment la responsabilité du régime de M. Poutine dans les massacres commis en Tchétchénie.

    Je précise que personnellement je ne sais pas ce qu’il faut faire. Intervenir militairement n’est peut-être pas une bonne solution mais ne rien faire est une toute aussi mauvaise solution. Dans les deux cas, cela peut nous conduire à une guerre interétatique. J’ai le sentiment que quoiqu’on fasse c’est maintenant trop tard. Il y a peut-être encore une toute petite possibilité de négocier avec la Russie afin qu’elle lâche le régime syrien (en échange de quoi ?) mais ça ne parait pas évident.


  35. olivier69 Le 13 septembre 2013 à 02h06
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    Erwan (ou Armand),
    Vous semblez très cultivé. Vous avez le résultat d’une politique qui divise manifestement tous les français depuis quelques années (riches-pauvres/ croyants-laîques/ peuple-politique/patrons-salariés/…). Passionnés, ils l’ont toujours été. Je pense que la ligne éditoriale fait passer un message. Prenons tous du recul. Vous avez à mon avis sur le blog, un thermomètre du mécontentement en train de monter avec la crise financière (cela ne me choque guère). Pour le mandat présidentiel qui suscitait sans doute trop d’espoirs, toutes les promesses ont été mises au rancard. Les français dans la rue (le mariage pour tous), nada ! Les sondages à l’encontre d’une intervention, nada ! La finance, nada ! L’emploi, nada ! Les petits entrepreneurs, nada !…..
    Je vous rappelle que le vote nous a été présenté comme un choix par défaut. Nous nous trouvons dans un contexte où la personnalité politique en général a perdu de son apparat quelque soit son statut (sénateurs, députés, ministres,…).
    Vous voulez tuer la république pour l’Europe alors tenez-vous comme les premiers responsables parce que la politique sociale entreprise nous ramène à l’âge de pierre. Vous ne pouvez pas vous dérober derrière des boucs émissaires. En effet, toutes les conditions permettant d’assurer les besoins primaires ont été bradées aux multinationales (énergie, eau, alimentation,..) et rentiers en tous genres (logements, monnaie,…) jusqu’aux transports. Les profits générés sont détournés dans des enfers nommés « paradis fiscaux » afin d’optimiser. Et à entendre le dernier discours de notre président, c’est la faute de la mentalité des Français ? Il leur doit son élection, quelle maladresse ! A croire qu’il découvre la France….
    Mais c’est un compliment que l’on pourrait volontiers lui retourner. Pour sûr, que le peuple n’a pas l’état d’esprit des gouvernants. Il a gardé ses valeurs ! Vous ne pouvez pas avoir éternellement le beurre et l’argent du beurre.
    La seule chose que vous nous promettez, c’est un nouvel ordre ! Effrayant au regard des disparités qu’ils existent déjà au sein de nos sociétés. Je plains par ailleurs nos forces de l’ordre qui vont devoir gérer en plus des quartiers difficiles, la détresse grandissante des français. De même, les hommes dévoués pour notre défense nationale en épousant la cause, se demandent si leur sacrifice est juste ou nécessaire.
    Mr Berruyer n’est pas le seul à alerter les pouvoirs publiques (c’est une tribune). Comprenez-vous que l’heure est grave ? Cette violence que vous constatez se retrouve également dans la rue. Faut-il cacher cela aussi ou s’en accommoder ? Nous avons tous une appréhension dans nos actes de la vie quotidienne (agressions, pertes d’emploi, endettement,…). Cela ne durera pas longtemps à mon avis avant qu’une étincelle embrase notre pays. Ne croyez-vous pas ?
    L’image de la vie se résume à : Le philosophe aime la guerre. Le banquier vole ses clients. Le politique couche avec le journaliste. L’expert devient un assassin. Et tout ce beau monde se paie une partie de golf financée par le financier. Est-ce à ce point hilarant ? Un vieux dicton fait place : Qui sème le vent récolte la tempête !
    Et enfin, vous constatez que des passionnés d’économie vous divertissent pour leur hétérodoxie ?
    Conclusion : Un électrochoc vaut parfois mieux que des beaux discours….
    Ps : je n’ai peut-être pas la facilité de la langue (en qualité de petit citoyen et « parent » avant tout) mais j’ai le sentiment d’avoir celle des mathématiques plus proches de la philosophie que de la littérature. La phrase ne sera jamais le mot….


    • Erwan Le 13 septembre 2013 à 16h01
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      D’abord permettez-moi de dire que l’emploi du “vous” dans votre réponse me gêne, je ne sais pas si c’est une sorte de “vous” générique ou si vous m’incluez (moi et quelques autres sans doute) dans ce “vous” : si c’est le cas je ne vais pas prendre la peine de vous détromper car ce n’est pas le sujet, simplement vous faire remarquer que vos suppositions sur mes opinions n’engagent que vous. Je passe sur le fait que vous mélangez plusieurs sujets assez divers dans une lecture globale sans doute discutable, là n’est pas la question.

      Mon propos était plus centré sur l’idée de ligne éditoriale du blog, c’est-à-dire de ce qu’est ce blog et ce qu’il représente à travers son contenu. Je constate (comme d’autres apparemment) un changement de ton sur le dossier syrien par rapport à d’autres sujets. C’est peut-être seulement une interprétation, et d’ailleurs Olivier en tant qu’auteur du blog est seul maître à bord, j’en conviens parfaitement. L’idée c’est juste de lui dire, au cas où il n’en serait pas conscient (ce qui est possible, parce que quand on a la tête dans le guidon on a souvent du mal à voir l’évolution globale).

      Pour compléter, j’ajouterais que ceci peut avoir des conséquences à moyen ou long terme au niveau du lectorat, de qualité des commentaires, éventuellement de réputation dans d’autres médias. Par exemple je voyais hier un commentaire de “Odin” qui n’avait rien d’autre à dire que de déverser sa haine sur Hollande et les socialistes “engeance statanique” (commentaire disparu depuis – ainsi que ma réponse mais c’est pas grave). Je ne dis pas que c’est représentatif, mais il me semble important de noter qu’une évolution vers ce type de commentaires ferait probablement perdre quelques autre lecteurs, éventuellement des contributeurs. Dans l’hypothèse pessimiste, on peut même imaginer une réputation entachếe par des contenus trop caricaturaux qui fermerait les portes des autres médias et des politiques : on n’en est pas encore là, mais je crois que ça mérite quand-même d’y réfléchir.


      • olivier69 Le 13 septembre 2013 à 18h31
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        Rassurez-vous je pense que le caractère singulier d’un post ne fait pas la règle éditoriale. De multiples raisons peuvent sans doute l’expliquer et sans crier aux loups pour autant. C’est pourquoi, je suis convaincu qu’il représente un signal fort. Vous êtes d’ailleurs intervenus très cordialement. Vous soulignez que la ligne éditoriale jusqu’à présent est exemplaire. Elle peut par contre évoluer. Ne me dites pas que le site de Mr Berruyer n’essaie pas d’être équilibré. Les contenus sont riches dans l’ensemble.
        Sur certains sujets, il faut admettre ses divergences. Le débat reste la voie la plus sensée malgré les oppositions. Je pense que cela reste profondément sain. Et tous les sujets ne se ressemblent pas…..


        • olivier69 Le 13 septembre 2013 à 23h15
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          Les lecteurs de blog doivent à mon avis constater des évolutions dans le type de fréquentation du blog. Peut-être qu’il serait raisonnable de laisser un temps d’adaptation. L’actualité dense doit laisser à chacun du temps de réflexion. Mais il ne faudrait pas oublier également que Mr Berruyer n’est pas un « robotbloggeur ». Avec sagesse, laissons-lui un temps pour filtrer et censurer convenablement son site. Soyons juste car l’information a toujours a prix…..


  36. cyrille Le 13 septembre 2013 à 12h39
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    [ Modérateur - cyrille jusqu'à présent nous avons su discuter de l'affaire syrienne en déjouant la loi de Godwin ; tâchons de continuer.]


  37. Patrick-Louis Vincent Le 15 septembre 2013 à 14h51
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    Voici un petit article qui en dit long sur la folle politique guerrière de Laurent Fabius et le suivisme de François Hollande.

    link to realpolitik.tv

    L’auteur de l’article demande que M. Hollande se débarrasse de ce fou furieux. J’ai entendu le même langage sur la radio Iran, tenu par Bassam Tahhan.

    Je crois, en effet, que compte tenu de notre perte de crédibilité au plan international, qu’il est temps de faire un remaniement ministériel et de virer ce va-t-en-guerre qui joue contre nos intérêts.


  38. titus Garfield Le 16 septembre 2013 à 12h02
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    franchement ,sans aimer Minc etc……je ne peux pas supporter de tels commentaires haineux…..


  39. Erwan Le 13 septembre 2013 à 16h09
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    Olivier, la question est de savoir jusqu’où vous voulez aller quand vous dites “faire son maximum”, c’est la fameuse question de la fin et des moyens : si vous voulez faire feu de tout bois quitte à perdre en rigueur et en objectivité, c’est votre choix, mais faites attention aux conséquences éventuelles sur le reste de votre travail.


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