Source : The Atlantic, le 19/10/2015

George W. Bush n’a pas fait tout ce qu’il pouvait pour empêcher l’attaque – et il est temps que les Républicains affrontent ce fait.

Donald Trump dévoile une proposition de reconstruction des tours jumelles en 2005

Donald Trump dévoile une proposition de reconstruction des tours jumelles en 2005

PETER BEINART | le 19 octobre 2015

Donald Trump énonce beaucoup de mensonges choquants : les Mexicains sans papiers sont des « violeurs », les réfugiés syriens se livrent à « des agressions de toutes sortes » et sont « le cheval de Troie » de l’EI. Il dit aussi cependant des vérités choquantes : « Si vous donnez [de l’argent aux politiciens], ils feront tout ce que vous voulez qu’ils fassent. » Et « le Moyen-Orient serait un endroit plus sûr » si Saddam Hussein et Mouammar Khadafi étaient toujours au pouvoir.

La dernière vérité choquante en date, il l’a proférée lors d’une interview vendredi dernier sur Bloomberg TV, quand il a dit que George W. Bush mérite d’être tenu responsable de l’effondrement des tours du World Trade Center pendant son mandat. Les hommes politiques et les journalistes se sont étranglés d’indignation. Jeb Bush a qualifié les propos de Trump de « pitoyables » et Ben Carson les a jugés « ridicules ».

L’ancien attaché de presse de Bush, Ari Fleischer, a traité Trump de « conspirationniste » du 11-Septembre. Même Stephanie Ruhle, la présentatrice de Bloomberg qui avait posé la question, s’est écriée : « Enfin, vous ne pouvez pas reprocher ça à George Bush. »

Mais si, on peut. Il n’est pas possible de savoir avec certitude si Bush aurait pu empêcher les attentats du 11-Septembre. Mais ce n’est pas la bonne question, qui devrait être : « Est-ce que Bush a fait tout ce qu’il pouvait raisonnablement faire pour les empêcher, vu ce qu’il savait à l’époque ? » Et il ne l’a pas fait. Loin s’en faut.

Quand l’administration Bush est entrée en fonctions, en janvier 2001, George Tenet, le directeur de la CIA, et Richard Clarke, le “manitou” de la branche antiterrorisme du Conseil national de sécurité, ont tous les deux averti les nouveaux responsables de la grave menace représentée par al-Qaïda. Lors d’une réunion d’information de transition, à Blair House, plus tôt dans le mois, selon le Bush en Guerre de Bob Woodward, Tenet et son adjoint, James Pavitt, ont indiqué qu’Oussama ben Laden constituait l’un des trois dangers les plus sérieux pour la sécurité nationale. Ce même mois, Clarke a présenté à Condoleezza Rice, conseillère à la sécurité nationale, un plan auquel il travaillait depuis l’attentat d’al-Qaïda contre le destroyer USS Cole en octobre 2000. Il y demandait le gel des avoirs du réseau, la fermeture des associations caritatives qui lui étaient rattachées, l’envoi de fonds aux gouvernements d’Ouzbékistan, des Philippines et du Yémen pour qu’ils luttent contre les cellules d’al-Qaïda dans leur pays, le début de frappes aériennes et d’opérations secrètes contre les sites d’al-Qaïda en Afghanistan, et un accroissement considérable de l’aide à l’Alliance du Nord, qui luttait contre al-Qaïda et les talibans.

Mais Clarke et Tenet ont été profondément frustrés par la façon dont les hauts fonctionnaires de Bush ont répondu. Clarke raconte que quand il a informé Rice à propos d’al-Qaïda, “l’expression de son visage m’a donné l’impression qu’elle n’avait jamais entendu le terme avant.” Le 25 Janvier, Clarke a envoyé une note à Rice déclarant que, « nous avons besoin de toute urgence … d’un examen au niveau du Cabinet sur le [sic] réseau al-Qaïda. » Au lieu de cela, Clarke a obtenu une réunion d’un sous-cabinet, au niveau des Délégués, en Avril, deux mois après celui sur l’Irak.

Quand cette réunion d’avril eut enfin lieu, selon le livre de Clarke, Contre tous les ennemis, Paul Wolfowitz, le secrétaire d’État à la Défense, manifesta son opposition : « Je ne comprends pas pourquoi on commence par parler de ce seul homme, ben Laden. » Clarke répondit : « On parle d’un réseau d’organisations terroristes appelé al-Qaïda, qui se trouve avoir pour chef ben Laden, et on parle de ce réseau parce que lui et lui seul représente une menace immédiate et sérieuse pour les États-Unis. » Ce à quoi Wolfowitz rétorqua : « Mais il y en a d’autres aussi, au moins aussi dangereux, comme les terroristes irakiens, par exemple. »

Au début de l’été, Clarke était si découragé qu’il demanda une réaffectation. « Cette administration, témoigna-t-il plus tard, ne croyait pas qu’il y avait un problème urgent ou n’était pas préparée à agir comme s’il y avait un problème urgent. Et j’ai pensé, si l’administration ne croit pas son coordinateur pour le terrorisme quand il dit qu’il y a un problème urgent, et n’est pas préparée à agir comme on le fait devant un problème urgent, eh bien je dois probablement trouver un autre boulot. » En juillet, le Comité interministériel a fini par donner son accord à la programmation d’une réunion au niveau supérieur à propos du plan de Clarke. Le calendrier, toutefois, était déjà plein et, en août, beaucoup de membres du cabinet étaient en vacances, la réunion fut donc fixée au mois de septembre.

Pendant cette même période, la CIA donnait l’alerte elle aussi. Selon Kurt Eichenwald, un ancien journaliste du New York Times qui a pu lire les notes d’information quotidiennes préparées par les agences de renseignement pour le président Bush au printemps et à l’été 2001, la CIA informa la Maison-Blanche dès le premier mai qu’« un groupe actuellement aux États-Unis » projetait un attentat terroriste. La note quotidienne du 22 juin avertissait que l’attentat d’al-Qaïda pouvait avoir lieu « d’un jour à l’autre ».

Cependant les mêmes responsables du département de la Défense qui avaient fait peu de cas des avertissements de Clarke ignorèrent ceux de la CIA. Selon les sources d’Eichenwald, « les dirigeants néoconservateurs qui venaient de prendre le pouvoir au Pentagone prévenaient la Maison-Blanche que la CIA avait été trompée. Selon cette théorie, ben Laden faisait simplement semblant de planifier un attentat pour détourner l’attention de l’administration de Saddam Hussein, que les néoconservateurs considéraient comme une menace plus grave. »

La CIA riposta : « Les États-Unis ne sont pas la cible d’une campagne de désinformation menée par Oussama ben Laden, » lit-on dans la note quotidienne du 29 juin, où il est dit que le dirigeant d’al-Qaïda avait déclaré récemment à un journaliste du Moyen-Orient qu’il fallait s’attendre à un attentat. Le jour suivant, la CIA inclut dans sa note un article intitulé « Les menaces de ben Laden sont réelles. » Le 1er juillet, on prévoyait dans la note qu’un attentat « allait avoir lieu sous peu. »

Puis, le 10 juillet, Tenet et Cofer Black, le chef de la branche antiterroriste de la CIA, rencontrèrent d’urgence Condoleezza Rice pour demander qu’on agisse contre ben Laden. Mais, selon Mensonges d’État : Comment Bush a perdu la guerre [State of Denial], de Woodward, « ils avaient, tous les deux, l’impression que Rice ne les entendait pas. » Elle « avait l’air d’être polarisée sur d’autres priorités de l’administration, surtout sur le système de défense antimissile balistique auquel Bush était attaché » et « Tenet quitta la réunion, se sentant condamné à l’impuissance. »

À ce moment, les membres du personnel du quartier général de la branche antiterroriste de la CIA étaient tellement déprimés qu’ils se demandaient s’ils n’allaient pas demander leur transfert.

Les avertissements continuèrent. Le 11 juillet, la CIA prévint la Maison-Blanche qu’un tchétchène lié à al-Qaïda avait averti que quelque chose d’énorme allait se passer. Le 24 juillet, la note quotidienne disait que l’attentat d’al-Qaïda attendu avait été reporté, mais pas annulé. Enfin, le 6 août, la CIA intitula sa note « Ben Laden est décidé à frapper les E-U. » La note ne mentionnait ni une date ni une cible spécifique, mais on y faisait état de la possibilité d’un attentat à New York et de détournements d’avion par des terroristes. Dans Angler, Barton Gellman remarque que c’était la trente-sixième fois que la CIA avait évoqué al-Qaïda avec le président Bush depuis l’entrée en fonctions de ce dernier.

Le 4 septembre, le Cabinet se réunit et, malgré l’insistance du secrétaire d’État à la Défense pour qui l’Irak représentait la plus grande menace terroriste, il approuva le plan de Clarke de lutte contre al-Qaïda. Le 9 septembre, le Comité des services armés du sénat conseilla d’enlever 600 millions de dollars au budget proposé pour la défense antimissile et de les allouer à l’antiterrorisme. Selon Gellman, Rumsfeld conseilla à Bush d’opposer son veto à cette décision.

Le matin du 11 septembre 2001, le plan anti-al-Qaïda de Clarke se trouvait sur le bureau de Bush, en attente de signature. C’était la neuvième directive présidentielle à propos de la sécurité nationale au cours de sa présidence.

L’administration Bush aurait-elle pu empêcher les attentats du 11-Septembre, si elle avait pris les menaces plus au sérieux ? C’est possible. Le 3 août, un saoudien du nom de Mohamed al-Kahtani, essaya d’entrer aux États-Unis à Orlando, en Floride, pour, présume-t-on, participer au complot du 11-Septembre. Il fut renvoyé dans son pays par un agent des douanes qui craignait qu’il ne devienne un immigrant clandestin. Le 16 août, des agents du FBI et du INS (Service de l’immigration et de la naturalisation) arrêtèrent, dans le Minnesota, un autre pirate potentiel, Zacarias Moussaoui, après avoir été alertés par son instructeur de vol. Cependant, en dépit de nombreuses demandes, ils n’obtinrent pas la permission de fouiller son appartement ni d’examiner son ordinateur portable. Ces incidents « auraient pu révéler au grand jour le complot du 11-Septembre, écrit Eichenwald, si toutefois le gouvernement avait été en état d’alerte élevée. »

Clarke a la même thèse. Quand l’administration Clinton fut avertie d’une attaque éventuelle en décembre 1999, remarque-t-il, le président ordonna à son conseiller à propos de la sécurité nationale de « tenir des réunions quotidiennes avec le ministre de la Justice, la CIA et le FBI. » En conséquence, les dirigeants de ces agences donnèrent l’ordre à leurs branches locales d’enquêter à fond sur tout ce qu’elles pouvaient trouver. C’était devenu la priorité numéro un de ces agences. » Cette vigilance, suggère Clarke, contribua à l’arrestation le 14 décembre d’un algérien nommé Ahmed Ressam, qui arrivait du Canada avec l’intention de faire exploser une bombe à l’aéroport international de Los Angeles.

L’administration Bush aurait pu agir de la même façon en 2001. « Il y avait, remarque Clarke, enfouis dans les dossiers du FBI et de la CIA, des renseignements au sujet de deux de ces terroristes d’al-Qaïda qui se trouvaient être des pirates de l’air [Khalid al-Mihdar et Nawaf al-Hazmi]. Les dirigeants du FBI l’ignoraient, mais si les dirigeants avaient dû tout signaler à la Maison-Blanche, tous les jours… ils auraient remué ciel et terre et ils auraient découvert que ces gars étaient là. »

Est-ce que cela aurait, pour autant, déjoué les attaques du 11-Septembre ? « On avait une chance, soutient Clarke, mais les responsables de l’administration Bush, au plus haut niveau, ne l’ont pas saisie. »

Quand Donald Trump balance des insultes à ses adversaires, les gens respectables lèvent généralement les yeux au ciel. Mais c’est précisément le refus de Trump d’être respectable qui l’aide à susciter des débats que les élites préféreraient éviter. Et il est parfois important que ces débats aient lieu.

Comme les conseillers de George W. Bush dominent toujours l’establishment républicain dans le domaine de la politique étrangère – un establishment qui n’a pas rompu fondamentalement avec son héritage idéologique –, la façon dont il a agi doit être prise en compte dans le débat actuel sur le terrorisme. Pendant de nombreuses années, cet establishment dans le domaine de la politique étrangère a soutenu que s’interroger sur l’échec de Bush à empêcher le 11-Septembre était une calomnie scandaleuse. C’est la raison pour laquelle Fleischer traite maintenant Trump de « conspirationniste ». Il estompe sciemment la frontière entre accuser Bush d’avoir orchestré les attentats et accuser Bush de ne pas les avoir empêchés par manque de vigilance efficace. Toutefois Bush a effectivement péché par manque de vigilance. Les preuves sont accablantes.

On peut admettre que la fidélité de Jeb à son frère l’empêche d’affronter cette réalité. Mais il n’a aucun droit d’exiger que l’ensemble de la population détourne les yeux.

Source : The Atlantic, le 19/10/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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23 réponses à Trump a raison sur le 11-Septembre, par Peter Reinart

Commentaires recommandés

Django Le 01 juin 2016 à 08h04

Parce que c’est Hilary qui va changer ça sans doute… C’est fou cette Trumpophobie montée de toute pièce. Laissez un “nouveau politicien” faire le travail, et puis on juge après (pour moi Hilary n’est pas une nouvelle politicienne, loin de là, la politique c’est l’histoire de sa vie).

  1. Ailleret Le 01 juin 2016 à 01h11
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    Depuis la parution de cet article, le père Donald a fait son chemin…

    Au moins, son auteur a creusé les interrogations suscitées par le 11 Septembre, au lieu d’injurier les « conspiracy theorists ». Finalement, mieux vaut un magazine américain qu’un Patrick Cohen.


  2. Papagateau Le 01 juin 2016 à 03h27
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    Clarke répondit : « On parle d’un réseau d’organisations terroristes appelé al-Qaïda, qui se trouve avoir pour chef ben Laden, et on parle de ce réseau parce que lui et lui seul représente une menace immédiate et sérieuse pour les États-Unis. » Ce à quoi Wolfowitz rétorqua : « Mais il y en a d’autres aussi, au moins aussi dangereux, comme les terroristes irakiens, par exemple. »

    Le clan Bush voulait quelque chose qui permette de déclencher une nouvelle guerre avec l’Irak, et pas autre chose. Donc pour se “venger” du directeur de la CIA, le clan Bush va faire la sourde oreille pour bien montrer son mépris. Ils voulaient un directeur de la CIA aux ordres qui leur fournissent tout ce qu’ils voulaient comme preuve sur l’Irak et rien d’autre.

    Quand la mentalité de “menteur-menteur” arrive au sommet, ça fait du dégât, parce qu’ils croient pouvoir changer la réalité d’un mot.


    • Charles Michael Le 01 juin 2016 à 05h13
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      Papagateau,

      Oui, l’Irak était l’obssession de Dick Cheney depuis le refus de papa Bush de prendre Bagdad en 1991.

      La dynastie Busch commence avec grand papa Prescot Busch, pétrolier indépendant du Texas extrémement riche et gagnant dans une compétition avec les Majors, notament pour l’accès au pétrole dans le Golfe.
      Papa Busch fut président de la CIA avant de devenir VP sous Reagan et Président, mais non réélu.
      Junior Busch était le raté dans la famille Busch, passant son temps à forer des puits sec (source l’Or Noir de Matthieu Auzzanneau – éditions La Découverte).

      Maintenant il y a aussi l’angle psychologique, du faible et ignorant Junior le raté; Quelle frustration de voir son père non réélu et quelle opportunité pour Cheney de devenir un père de substitution. Tout à fait Oedipien.


  3. PatrickLuder Le 01 juin 2016 à 05h12
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    Et qu’aurait fait Trump à la place de Bush ? (comme si tout ne venait que d’une seule personne)
    Les gouvernements n’ont-ils pas assez à faire avec le gestion immédiate, la planification à moyen et long terme, sans encore faire face à des menaces supposées et subjectives ? La sécurité d’un pays tiens d’abord dans ses relations internationales puis dans son propre système judiciaire policier et militaire. Tergiverser sur le 11 septembre permet juste d’éviter de pointer les causes => La politique hégémonique globale des USA et de leurs “alliés” …


    • atanguy Le 01 juin 2016 à 05h57
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      “La politique hégémonique globale des USA et de leurs “alliés”
      Et c’est pas Trump qui changera ça quand il serait (sera) au pouvoir. – Au contraire!


      • Django Le 01 juin 2016 à 08h04
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        Parce que c’est Hilary qui va changer ça sans doute… C’est fou cette Trumpophobie montée de toute pièce. Laissez un “nouveau politicien” faire le travail, et puis on juge après (pour moi Hilary n’est pas une nouvelle politicienne, loin de là, la politique c’est l’histoire de sa vie).


        • sissa Le 03 juin 2016 à 06h46
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          On peut être ni pro-Trump, ni pro-Clinton?


    • Gregoire Le 01 juin 2016 à 08h44
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      On ne sait pas ce qu’aurait fait Trump, à la place.
      Par contre on sait que seul Bush à eu l’imprudence d’avoir une administration à laquelle il ne croyait pas. Quand le boss du terrorisme te dit un truc et que tu le crois pas, ou que tu comprends pas qu’il faut lui faire confiance, alors il vaut mieux rayer la sécurité nationale qui travaille dans le vide. Ca fait des économies.
      Un pays comme les USA, avec la taille de ses services de renseignements et de son armée, qui en guerre continuellement, et qui a des ennemis partout dans le monde (à raison), si il ne croit pas aux gens compétents en place au sujet de la sécurité…alors c’est une grave erreur.
      Ou au moins, tu changes le boss de la sécurité. Mais tu ne le fais pas travailler pour ne pas l’écouter.
      Mais alors, ils ont écouté qui? Un mec qui n’y travaillait pas? Une agence parallèle? Quand tu vois Tenet et Clarke hurler qu’ils ont tout fait pour les avertir et qu’ils n’ont pas été entendus, il faut quoi de plus?


    • UltraLucide Le 03 juin 2016 à 17h49
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      Les pérpétrateurs des attaques du 11 Septembre , quels qu’ils soient, n’auraient pas lancé l’éxécution de leur complot sous le mandat d’un type comme Trump. Impossible.
      Il fallait impérativement que le président en exercice soit un pantin, comme l’a été George Bush II.
      Ou alors, auparavant, ils auraient incapacité ou écarté un président de la trempe de Donald Trump.


  4. Crapaud Rouge Le 01 juin 2016 à 08h15
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    Ainsi décantés, les faits parlent, et disent que Bush et son gouvernement n’ont pas fait TOUT leur possible pour déjouer le 911, en particulier appliquer le principe de précaution. Qu’ils n’aient pas “cru” les rapports des agences de renseignement n’est pas une excuse valable quand on est à un tel niveau de responsabilités, quand on soutient par ailleurs le droit à des guerres préventives. Donc ils sont coupables et coresponsables. Point.


    • chb Le 02 juin 2016 à 07h59
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      Les faits parlent, quelques mois plus tard aussi !
      Dans la guerre du Golfe 2, ils sont aussi coupables d’avoir “cru” à la présence d’ADM, au trafic de yellowcake, au soutien irakien au terrorisme, etc. Parmi les “erreurs d’interprétation des renseignements”, on relève quelques mensonges avérés aux graves conséquences impunies, comme le spectacle de Colin Powell avec sa fiole d’anthrax.
      Contre l’Afghanistan, dont l’invasion était aussi prévue avant le 11 septembre, ils sont coupables d’avoir renversé le gouvernement (et mis le pays à sac) sous le fallacieux prétexte de non livraison du ben Laden. Ceci en rameutant l’OTAN (leur maffia) et en violant les règles de l’ONU.
      Ils sont aussi coupables d’avoir laissé s’accroitre considérablement le phénomène “terrorisme international” tout en faisant mine de le combattre, via une litanie d’erreurs et de bourbiers soit disant inattendus. Leur autre guerre à prétexte moral (mais impérialiste), celle contre la drogue, est aussi un tel fiasco au regard de ses objectifs officiels et de son impact réel que la maladresse (si c’en est encore une) est impardonnable : ainsi la production d’opium afghan est-elle passée sous surveillance étatsunienne de 1% à 90% du trafic mondial.
      Mais cette clique criminelle reste notre principal donneur d’ordres, en tout lieu et en tous points, étendant la co-responsabilité à tout ce qu’on appelle ironiquement “le monde libre et démocratique”.
      Si ce n’est pas hors sujet, merci, le modérateur !


  5. milou Le 01 juin 2016 à 09h15
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    • Chris Le 01 juin 2016 à 14h04
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      Les US en parlent depuis des semaines et de nombreux noms ont été avancés.


    • Cognominal Le 01 juin 2016 à 17h23
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      Sans vouloir autrement comparer Trump à Kennedy, il ne serait pas le premier président qui dérange les puissants qui se fasse opportunément assassiner par un “tireur isolé” ™.


      • Chevrier Michèle Le 02 juin 2016 à 19h57
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        J’espère que ça n’arrivera pas, pour une fois que les Etats-Unis auraient un chef d’Etat correct.


    • Chevrier Michèle Le 02 juin 2016 à 19h58
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      ils n’arriveront pas à briser Trump, il se sort de toutes es situations.


  6. CLÉMENT Le 01 juin 2016 à 09h22
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    Bonjour,
    Tout ceci n’est logique et s’explique si on tient compte du PNAC.
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Project_for_the_New_American_Century


    • UltraLucide Le 03 juin 2016 à 17h57
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      En effet, personne n’en parle ici, du PNAC, et surtout pas de ses promoteurs.
      Le problème c’est que le programme impérial décrit par le PNAC, qui est un nouveau Mein Kampf, fait que tout désigne ses auteurs comme les inspirateurs d’un complot XXL 100% made in USA. Pour les gens rationnels et raisonnables, c’est inenvisageable encore aujourd’hui d’examiner cela sous l’angle de l’Histoire et de la géopolitique.
      No Go Zone, keep out, violators will be prosecuted.


  7. Diogéne Le 01 juin 2016 à 12h50
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    Ce qui me sidère toujours depuis des années c’est que,à ma connaissance,personne n’a enquêté sur l’origine des fuites (ou de la
    “rumeur”) qui ont permis à tant de services de renseignements de tant de pays d’avertir les services Etats Uniens de ces risques d’attentats et que ceux-ci ont été “réservés” comme on dit en cuisine,pour être resservis comme éléments à charge de la version officielle


  8. asheloup Le 01 juin 2016 à 23h15
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    Le plus dur à admettre pour quelqu’un de gauche comme moi, c’est qu’un personnage aussi vulgaire et ordurier va être le garant de la paix dans le monde s’il est élu, alors que la démocrate qui va l’affronter va plonger le monde dans le chaos…

    Enfin c’est comme Poutine, on n’est pas obligés de l’aimer pour admettre que sans lui, la situation au moyen orient aurait été bien pire que ce qu’elle est actuellement…


    • UltraLucide Le 03 juin 2016 à 18h04
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      Sans vous offenser, je trouve que les gens de gauche sont trop influencés par leurs convictions pour appréhender la réalité de notre monde.
      J’étais comme ça quand j’étais jeune. Influencé par mes parents, socialistes et lecteurs de l’Obs. je m’en souviens très bien. Puis j’ai découvert Raymond Aron. Au début il m’énervait. petit à petit j’ai compris que ses analyses était les bonnes, et que mes opinions pré-formatées étaient le plus souvent irréalistes, à côté de la réalité, ou biaisées par des à-priori qui étaient somme toute arbitraires.
      Un milliardaire américain ne peut pas avoir la distinction du Duc de Norfolk. Les américains sont un peuple particulier, dont les convictions, les usages, la “morale”, et tout le reste, n’ont rien à voir avec l’Europe. Il ne faut pas essayer de comprendre avec des critères européens, on est alors sur d’être à côté de la plaque.
      C’est du même ordre pour la Russie. Poutine apporte une stabilité indispensable à la paix mondiale, et Trump veut s’entendre avec lui plutôt que d’agresser en permanence la Russie. Moi ça me va.
      Hilarante Clinton porte les espoirs du lobby militaro-industriel, des banques et des neo-cons, des gens semblables à ceux qui soutenanient les nazis jusqu’au 7 Décembre 1941. Sa victoire m’inquiéterait.


  9. Andrae Le 02 juin 2016 à 13h34
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    Public US, quatre ‘théories’ principales sur 9/11:

    1) L’histoire officielle est correcte, crédible. Que le Gvmt. Bush n’a rien pu faire est tout à fait compréhensible, attaque époustouflante, etc.

    2) La théorie de l’incompétence. Les services secrets, de securité, NORAD, etc. sont incompétents. Notre état est en déliquescence…il faut tout revoir (proche de 1 mais l’accent est ailleurs.)

    3) LIHOP – “Let it happen on purpose.” L’Admin. Bush était au courant d’un complot qui se tramait (ou même était tout à fait informé) et a laisser faire pour avoir son ‘Pearl Harbor’ et attaquer l’Afghanistan, l’Iraq, > Patriot Act, etc.

    4) MIHOP – “Make it happen on purpose.” Bush (neo-cons, etc.) l’ont organisé, peut-être avec d’autres, mais sont responsables.

    Trump (et l’auteur) donc reprend un point de vue assez consensuel (2 qui glisse implicitement vers 3), très mainstream, basé sur des faits connus depuis longtemps.


  10. Albert Le 02 juin 2016 à 22h58
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    A ma connaissance, Donald Trump est le seul candidat aux élections présidentielles US à avoir refusé le financement de sa campagne. Pour cela il a un petit air de de Gaulle.
    Il n’a rien à devoir à personne, pas de retour d’ascenseur, pas de petits arrangements… Il a le potentiel de faire un très grand président des USA, comme aussi il peut en faire un très mauvais car c’est un personnage difficile à cerner.

    En tout cas dans cet article, Donald Trump prend une position qui à mon avis est pleine de bon sens. Depuis 2001, la nomenklatura avait donné une version des faits qui évitait d’aborder les conflits d’intérêts (la famille ben laden était proche de la famille bush dans les affaires)…

    Donald Trump profite du débat actuel sur la poursuite pénale de l’Arabie par les victimes du 11-09 pour remuer la vase politicienne washingtonienne qui pendant 15 ans s’est tue sur ce sujet. Cette polémique est ici un habile jeu politique qui fait écho auprès des Américains. Hillary ne pourra pas y répondre car faisant partie de cette nomenklatura, donc un mauvais point pour elle.

    Les élections se gagnent aussi ainsi.


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