Suite du billet précédent sur l’Ukraine
Index de la série

Ce sujet est très peu évoqué, alors qu’il a son importance dans les évènements en Ukraine…

75 % des Ukrainiens croient en Dieu (Razumkov Centre, 2003). 60 % se déclarent cependant “athée ou dans l’incapacité de s’identifier à une religion précise”.

Parmi les 40 % de croyants clairement déclarés, plusieurs religions cohabitent, réparties ainsi : Orthodoxes : 70 %, Catholiques 15 %, Protestants 3 %, Musulmans 1 %. Il ne reste enfin que 0,1 % de Juifs dans le pays, cetet population ayant été durement frappée par la Shoah, et beaucoup de Juifs ayant émigré en Israel depuis la fin de l’URSS.

Voici la détail des différentes chapelles…

Là-encore, la population ukrainienne est très fragmentée en termes de religion.

Les religions s’organisent en 30 000 Communautés religieuses (« Paroisses ») – de taille différente.

Voici la proportion des appartenances de chacune de ces paroisses [Attention : ceci est intéressant pour analyser la répartition géographique d’une religion – mais comme les communautés sont de tailles différentes, ces cartes n’indiquent pas le poids réel de chacune des religions, il ne faut donc pas comparer les cartes des religions entre elles]

Ainsi, la Galicie est catholique, le reste du pays partagé entre l’orthodoxie et, quelque peu, le protestantisme.

Une forte communauté musulmane existe en Crimée, héritage de l’occupation ottomane jusqu’au XIXe siècle.

À suivre dans le billet suivant sur l’Ukraine

Ce billet fait partie d'une série sur la situation en Ukraine. Il vise à donner des regards différents de ceux diffusés en masse par les grands médias, afin d'élargir votre champ de réflexion. [Lire plus]. Notre souhait est de sortir des présentations binaires "gentils / méchants", afin de coller de plus près à une réalité complexe. Nous rappelons enfin que par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète (et donc pas le gouvernement russe non plus). Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits.

31 réponses à [U1-4] Comprendre l’Ukraine – La Religion

  1. Patrick Luder Le 30 avril 2014 à 06h05
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    En résumé, 90% de la population est Chrétienne.
    La religion n’a rien à voir dans les problèmes actuels.


    • FL Le 30 avril 2014 à 09h56
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      Et que dire des Etats-uniens?


    • yann Le 30 avril 2014 à 09h58
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      @patrick

      C’est sûr les catholiques, les protestants, et les orthodoxes ne se sont jamais fait la guerre. Il faudrait peut-être réviser votre histoire.


    • step Le 30 avril 2014 à 12h46
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      oula va dire cela entre ceux qui sont fidèles au patriarcat de moscou et ceux qui sont fidèles au patriarcat de kiev.


      • step Le 30 avril 2014 à 12h54
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        un petit exemple :

        PL1fQfU9jb9Uz66X5ThA5upF_FJxoEmqYP&v=e–rWBp1KUg

        youtube.com watch list. je ne comprend pas pourquoi le lien ne marche pas. C’est la playlist de la vidéo du sujet d’olivier sur les gentils étudiants sauteurs.


    • nouche Le 30 avril 2014 à 15h09
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      Les guerres de religions sont des guerres de pouvoir : chaque royaume a ete fonde sur une religion monotheiste.

      Un petit exemple de conflits en Ukraine :
      https://www.youtube.com/watch?v=e–rWBp1KUg

      Vous voyez dans cette video des personnes de Svoboda, donc tendance politique ultranationaliste, russophobes, en train d’attaquer une eglise orthodoxe, au nom d’une autre eglise orthodoxe (Kiev contre Moscou, Ukrainiens contre Russes).


      • V_Parlier Le 01 mai 2014 à 18h57
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        En effet. ce que je reprocherais principalement à ces statistiques (même si je suis généralement reconnaissant envers Olivier pour son travail soigné), c’est que la dénomination commune “orthodoxe” prétendant rassembler des croyants ukrainiens (ou ceux qui disent croire) ne convient pas du tout.

        Premièrement parce-que pour être reconnu comme une église orthodoxe il faut que le patriarche soit reconnu par l’ensemble des églises orthodoxes historiques (Constantinople, Moscou, Antioche, Alexandrie, Jérusalem, etc…). Ce n’est pas le cas des patriarcats dits “de Kiev” ou “d’Ukraine” qui sont considérés comme des sectes, comme l’étaient par exemple les lefévristes par rapport les catholiques romains. Il y a donc encore bien moins d’affinités entre les patriarcats de Moscou et Kiev qu’entre les orthodoxes et les catholiques romains. Même chose dans la catégorie “catholiques” où on inclut les “gréco-catholiques” et les catholiques romains. La dénomination “uniate”, aussi connue, est encore plus floue.

        Deuxièmement, notons que le succès actuel de ces schismatiques en Ukraine ne témoigne pas, aux yeux des croyants, d’un “âge d’or” de la religion mais au contraire d’un très mauvais signe: Les églises se divisent et justifient leurs existences distinctes par des revendications ethniques et communautaires, comme par le passé lointain, ou comme çà se passe aujourd’hui dans d’autres religions fragmentées. On peut même trouver certains discours d’ecclésiastiques (ou considérés comme tels) relevant plus du discours guerrier et ultranationaliste que de l’homélie. L’indécision des gens qui se considèrent à la fois croyants et non croyants en est le reflet: Un mélange de doctrine de combat et de superstition qui ne devrait être admis en toute logique ni par les chrétiens ni par les athées.

        Notons que l’église orthodoxe de Moscou, dans toutes les déclarations officielles de son patriarche, demeure parfaitement apolitique et appelle à la paix sans attaquer publiquement ses ennemis acharnés. Elle est donc la dernière à mettre en cause dans cette affaire. On notera un comportement officiel similaire de l’église catholique de Rome, jusqu’à ce que certains prêtres catholiques d’Ukraine en viennent à déclarer que “Jésus était le premier parmi les divines sotnias”. (Sotnia = groupe d’une centaine de combattants soi disant tombés au combat à Maïdan).


    • Spipou Le 30 avril 2014 à 17h12
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      La religion a à voir !

      Les uniates ont été orthodoxes, puis forcés à se convertir au catholicisme par l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse. Ils ont obtenu que les prêtres puissent se marier, et ce sont à ma connaissance les seuls prêtres catholiques ayant droit au mariage. Après une forte période de résistance, ils se sentent à présent catholiques. Nouvelle répression, dans l’autre sens cette fois, sous l’URSS, et une raison de plus de haïr les russes.

      D’autre part, je vois à ma grande surprise qu’une large part des orthodoxes suivent le patriarche de Moscou et non celui de Kiev !

      Plus des orthodoxes autocéphales ! (Sans patriarche ?)

      Tout ça doit être source de pas mal de tensions, non ?


      • Nicodème Le 17 juin 2014 à 17h19
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        Non , les prêtres ktos n’ont pas été autorisés à se marier . Cette erreur est couramment faite dans les milieux qui connaissent mal l’histoire de l’Eglise . L’uniatisme a conservé la tradition de l’Eglise indivise (càd d’avant 1054) d’ordonner aussi bien des hommes célibataires que des hommes mariés . Cette tradition était en vigueur ds les Eglises “orthodoxes” , restées fidèles en cela à la tradition de l’Eglise indivise du premier millénaire (càd catholique dans son essence , ce qui ne signifie pas “romaine” , et orthodoxe dans sa foi) .. Aucune Eglise n’a jamais marié des prêtres et ne le fera jamais pour des raisons théologiques . En revanche , l’ordination d’hommes mariés a toujours existé . C’est pour cela que la notion romaine de “diacre permanent” est une entorse majeure à la tradition de l’Eglise indivise . C’est l’Eglise romaine (improprement auproclamée “catholique” ) qui s’est éloignée de cette tradition et de cet usage au XI/XII ième siècle (cela a mis longtemps avant d’être accepté ).Tragique erreur qu’elle n’a pas fini de payer .


    • perceval78 Le 30 avril 2014 à 17h31
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      c’était un simple conflit né à la suite d’un mariage mal négocié


    • . Le 03 mai 2014 à 09h47
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      Bonjour,

      Je viens de lire vos remarques quant à l’implication de la religion dans le conflit ukrainien.
      Yann vous nous demandé de réviser notre Histoire, et moi plus encore, je vous demande de réviser votre actualité.
      Je peux comprendre que certains ait des velléités à l’égard de la Religion mais cela n’est en aucun cas une raison pour la critiquer sans raison.
      La religion est-elle partie prenante du conflit? Alimentent-elle le conflit? Le patriarche d’Ukraine a exhorté les dirigeants à se diriger vers la paix. Il a même demandé aux prêtres de toute confessions de favoriser la paix. Le pape Français a lui aussi affirmé qu’il ferait tout pour trouver une issue pacifique.
      D’autres se permettent de critiquer le Catholicisme. Soit… mais quel est le rapport? Les Catholiques représentent à peine 10% de la population ukrainienne. Et la région la plus catholique se trouve à l’ouest de l’Ukraine c’est à dire à l’opposé des zones de conflit. Alors, je vous demande un peu de retenu, cette guerre n’est pas une guerre de religion ou alimentée par elles, c’est une guerre de politiques à la recherche de pouvoir. Il ne sert à rien de refaire surgir les fantômes des guerres de religions et de la Saint Barthélémy. La religion a effectivement était source de conflit dans le temps, cela est incontestable. Mais il faudrait désormais que certains dépassent les clichés et les mauvaises caricatures et acceptent enfin la vérité: aujourd’hui, la plupart des religions prônent un message de paix et se démarquent de leurs erreurs.


  2. Kiwixar Le 30 avril 2014 à 07h09
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    A propos, il y a des similitudes entre Milosevic et Yatseniuk (premier ministre ukrainien par interim) :
    1)- ont été banquiers
    2)- risquent d’assister (ou de participer) au morcellement de leur pays…

    Avec cette blague serbe sur Milosevic :
    – Tu sais comment on appelle les gardes du palais de Milosevic?
    – Des douaniers….


    • Serbe du Kosovo Le 30 avril 2014 à 12h21
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      Votre comparaison ne tiens pas la route pour 1000 raisons que je ne citerais pas. Essayez plutôt de comparer Milosevic avec Yanoukovich, vous verrez que c’est beaucoup plus évident. Quelques indices – révolution coloré, Georges Soros, CPI, hystérie des médias occidentaux, double poids et mesures…


      • Kiwixar Le 30 avril 2014 à 22h52
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        Vous avez sans doute raison ; c’est le fait qu’ils aient été tous les deux banquiers qui m’interpelle.
        Il doit aussi y avoir des similitudes stratégiques avec l’ex Yougoslavie:
        – séparation linguistique ?
        – racket US : morceller pour pouvoir vendre de la “protection” contre le voisin désormais ennemi ?
        – guerre > pillage (sport favori des pays occidentaux)


  3. Benj Le 30 avril 2014 à 15h05
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    Ouai bon les guerres de “religions” en France étaieint très politique (L’Angleterre n’y est pas pour rien dans l’histoire…)
    Et puis les sectes protestantes avec leurs morales à la carte n’engendrent pas les fruits qu’on peut observer avec l’Eglise (Hopitaux, orphelinats, universités, monastère, fidélité, paix sociale, amour de l’autre).
    C’était normal de combattre ces hérésies qui ont mené à la révolution anti-française et au monde actuel (kantisme, rousseauisme, communisme, athéisme, individualisme, nazisme, subjectivisme, “chacun sa vérité”, le néant créé, et toutes ces absurdités qui nous tuent)


    • Spipou Le 30 avril 2014 à 17h33
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      Non, Benj ! Les guerres de religion avaient peut-être un côté politique, mais elles étaient avant tout religieuses, fondées sur des points de doctrine.

      Après, que l’Espagne, plus que l’Angleterre, ait tenté de tirer parti du parti catholique d’Henri de Guise, c’est vrai. Mais Henri IV a gagné Paris en se convertissant au catholicisme. C’est vrai que c’est difficile à concevoir de nos jours dans un pays laïque comme la France, mais ce sont des faits.

      Et que dire de la Guerre de Trente ans, qui a décimé la moitié de l’Allemagne ? Certes, des pays comme la Suède et la France ont tenté d’en tirer leurs marrons du feu – pour la France catholique, d’ailleurs, en s’alliant aux protestants contre les Habsbourg – mais la base du conflit était bien de nature religieuse, et la paix a été conclue sur des bases religieuses : les royaumes et les principautés du Saint Empire ont été déclarés protestants ou catholiques, selon la religion du souverain, et leurs sujets n’ont eu d’autre choix que d’adopter la religion du souverain local, ou d’émigrer vers une principauté ou un royaume de leur religion.

      La haine entre religions était tellement vive que le traité de Westphalie a été signé dans deux villes différentes, Osnabrück et Münster, en raison, je cite Wikipédia, “de préséance et d’incompatibilité religieuse”, les protestants et les catholiques refusant de se rencontrer ! Des courriers faisaient la navette entre les deux villes !

      Ca a duré ainsi jusqu’à l’unification de l’Allemagne par Bismarck, qui s’est heurtée d’ailleurs à une très forte résistance de la Bavière catholique contre la Prusse luthérienne. Bismarck n’a réussi ce tour de force qu’en trouvant un ennemi commun à l’Allemagne – la France – en 1870.


    • Spipou Le 30 avril 2014 à 17h42
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      D’ailleurs, à lire la deuxième partie de votre commentaire, je vois que le poids de la religion existe encore chez nous ! Je ne sais pas si vous seriez prêt à partir en guerre contre le protestantisme, mais il existe en France des mouvements qui pensent comme vous.

      Et je préfère ne pas parler de l’islam !

      Ouais… La paix en Europe grâce à l’Union Européenne ! Quelle foutaise !


    • Amsterdammer Le 02 mai 2014 à 15h14
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      C’est absolument faux, ce que vous racontez.

      Ici aux Pays-Bas, par exemple, on trouve dans tout le pays les institutions charitables – orphelinats, hospices pour vieux et malades, etc – fondées par les communautés réformées. Et les partis confessionnels protestants sont particulièrement attachés à la cohésion sociale et à la solidarité envers les plus faibles.

      Quant à la paix sociale et à l’amour du prochain, quinze siècles de domination de l’Eglise catholique nous apprend tout autre chose : conversions forcées, persécutions des déviants de toutes sortes, croisades contre les mécréants etc…

      C’est dans le monde protestant que sont nés les notions de tolérance, de liberté de conscience, la séparation des pouvoirs et les valeurs humanistes que se sont employés à détruire par la suite la réaction catholique, les mouvements fascistes, le nazisme etc.


      • olivier69 Le 02 mai 2014 à 18h52
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        Bonjour Amsterdammer,
        Si des valeurs sont nées dans le monde protestant alors elles risquent également d’y mourir…
        Les abus de pouvoir et les intérêts liés à la richesse sont donc une spécificité française ou catholique ? Je vous ai trouvé plutôt maladroit dans votre réponse.
        La séparation des pouvoirs ne sert à rien dans un monde marchand où l’argent est roi ! Pour sûr, c’est de la tolérance… 🙂 Qui contrôle la monnaie,……
        La liberté de conscience est effective, lorsque l’on a besoin du marketing pour vendre et de la propagande pour gouverner ?
        Les valeurs humanistes seraient alors réservées aux protestants ? Les amérindiens et les aborigènes d’Australie s’en souviennent encore, les hindouistes et musulmans ont adoré. C’était de la charité ?
        Pourtant, il vous suffit de nous expliquer par exemple, comment vous conciliez :
        “Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasses” et “l’approche mercantile protestante de l’économie et des finances”.
        Conclusion : Ne nous divisons plus si les intentions sont actualisées.


  4. talk Le 30 avril 2014 à 16h37
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    Très intéressant :

    http://capitaineenzo.over-blog.com/


  5. Spipou Le 30 avril 2014 à 18h02
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    Heu… Je ne comprends pas très bien comment il faut interpréter les pourcentages sur les cartes ?

    xx% dans une région, c’est le pourcentage de communautés d’une religion donnée par rapport au total de toutes les communautés religieuses dans cette région ?

    La plupart des totaux sont bien loin des 100%. Et comme je suppose que les athées n’ont pas de “communautés religieuses”…


  6. Spipou Le 30 avril 2014 à 18h26
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    Ukraine: Coup-Government Acknowledges Defeat ?

    Je n’ai pas l’impression. Je viens de faire un petit tour de presse, et je vois que le président ukrainien autorise et encourage la création de milices régionales armées ! Ou alors, ça veut dire qu’après avoir reconnu sa défaite, il décide de lancer la destruction du pays ? Remarquez, ça ne serait pas la première fois qu’on aurait vu ça…


  7. emmanuel Le 30 avril 2014 à 18h35
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    Dommage qu’on ne voie pas les athées et assimilés sur les cartes, ils sont pourtant les plus nombreux !


    • step Le 01 mai 2014 à 01h19
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      c’est tres franco francais la prédominance des athés !


  8. Andrea M. Le 30 avril 2014 à 22h05
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    Pour ce qui concerne l’Eglise grecque-catholique : la ruthène (from USA), et l’ukrainienne (tant aimée de Jean-Paul II)… Amitiés idéales pour entretenir les petites tensions entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine.


  9. R.C. Le 30 avril 2014 à 22h47
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    La répartition entre orthodoxes du patriarcat de Moscou et ceux du Patriarcat de Kiev est sujette à quelques incertitudes méthodologiques. Aussi bizarre que cela soit, sur le terrain, nombre d’orthodoxes ne savent pas trop de quel patriarcat ils dépendent, ils connaissent pas trop la différence entre “de Kiev” et “de Moscou”.

    Certains pensent sérieusement appartenir au patriarcat “de Kiev” puisqu’ils sont en Ukraine ou, a fortiori, à Kiev ! Quelle est la part de la marge d’erreur ? Difficile à estimer, mais je sais qu’elle existe (j’avais vu d’autres stats qui donnaient une proportion inverse à celle qui est citée ici…).

    Un fait à noter, c’est que le Patriarcat de Kiev est de création récente (je crois au début des années 90, à vérifier). Il a été créé par un évêque “de Moscou” – un certain Denysenko qui se fait appeler Philarète – qui avait été excommunié pour conduite amorale : il est marié et a des enfants, ce qui fait un peu mauvais genre…

    Il en a profité pour s’auto-proclamer Patriarche (tant qu’à faire…).

    Autre point à noter, qui n’est pas sans rapport avec la crise ukrainienne. Philarète avait pris fait et cause pour Youtchenko durant la Révolution Orange. Celui-ci lui a attribué (contre ceux “de Moscou”) quelques-unes des plus belles églises de Kiev.
    Pendant Maïdan, le patriarcat de Kiev s’est résolument rangé du côté des insurgés, contre Ianoukovitch et contre les “Russes”. Il ne s’agissait pas d’une simple participation humanitaire ou charitable mais d’un engagement actif et militant.

    De son côté, le patriarcat de Moscou, s’est voulu neutre et en position d’arbitrage.

    Pour ce qui concerne les gréco-catholiques de Galicie, il y a depuis bien longtemps un fort engagement nationaliste de nombre de membres de ce clergé. Certains n’hésitent pas à jouer les aumôniers de groupes extrémistes (du style Trizub) ni a accompagner “religieusement” (sic) des commémorations concernant des combattants ukrainiens de la waffen-ss (Galitchina)…

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/980272-ukraine-j-ai-assiste-a-une-commemoration-d-une-division-ss-une-autre-realite-du-pays.html


    • Lechercheur Le 13 mai 2014 à 17h39
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      Bonjour RC. Je ne m’étonne pas des positions anti-russes du Patriarcat de Kiev, étant donné son histoire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philar%C3%A8te_de_Kiev
      Par contre, je m’étonne fort du soutien apporté par l’église gréco-catholique à la cause occidentale de Maïdan. Cela ne correspond en rien à l’attitude du Vatican qui est parfaitement neutre en la matière. J’ai trouvé confirmation de votre dernier paragraphe sur le site Belgicatho :

      http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2014/04/28/a-rome-ce-week-end-kiev-a-cherche-reconnaissance-et-soutien-5357042.html#comments

      Voici le texte d’un commentaire à cet article :

      Etrange Eglise que cette Eglise Uniate ou Gréco-catholique. Cela fait des années qu’elle travaille activement au rapprochement de l’Ukraine et de l’Europe néo-païenne. Le bastion de cet activisme se situe à l’Université de Lviv (Lvov), près de la frontière polonaise. Un de ses membres, Antoine Arjakovsky, est fondateur de ” l’Institut d’Études Œcuméniques au sein de l’Université catholique ukrainienne dont il reste à ce jour membre du Conseil d’administration et Senior Fellow. (Wikipedia).”
      Un de ses articles est paru récemment sur notre site.

      Dans une interview au journal “La Croix”, il déclare explicitement :
      http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Face-aux-menaces-du-pouvoir-ukrainien-la-fermete-de-l-Eglise-greco-catholique-2014-01-17-1091709 :
      « C’est une Église qui a passé 60 ans dans les catacombes, rappelle Antoine Arjakovsky, historien au Collège des Bernardins. Elle aide aujourd’hui les étudiants à transformer la contestation des étudiants sur la place Maïdan en mouvement structuré. Son action ressemble à celle de l’Église catholique latine auprès de Solidarnosc, en Pologne, au cours des années 1980. » Un parallèle historique qui n’a pas échappé à certains membres du régime formés à l’école soviétique.
      Voir aussi par ailleurs : http://www.oeuvre-orient.fr/2014/01/23/la-crise-ukrainienne-dantoine-arjakowski/

      Mais le plus choquant nous est révélé par Radio Vatican, à l’occasion de l’interview d’un prêtre de ladite Eglise qui ne craint pas d’affirmer :

      http://fr.radiovaticana.va/news/2014/03/18/ukraine_:_%C2%AB_on_se_pr%C3%A9pare_%C3%A0_une_plus_grande_invasion_%C2%BB/fr1-782697
      le père Michel, en Ukraine Mychajlo Dymyd, est prêtre de l’Église greco-catholique

      ” L’Église gréco-catholique demande à chaque fidèle de prier, demande aux hommes de ne pas avoir peur d’aller se porter volontaire pour rejoindre les sections armées …”

      Ainsi, cette Eglise qui se réclame de Rome, non seulement forme ses étudiants à la révolution structurée mais en outre envoie les autres dans les milices ARMEES, belle preuve qu’il s’agit bien là d’une insurrection et d’une prise de pouvoir illégitime comme le soutient à juste titre Vladimir Poutine.

      Si j’étais le pape François, je crois que je garderais de sérieuses distances vis-à-vis de cette Eglise politisée à mort qui le compromet gravement. Et tout cela pour aller se fourrer dans la gueule d’une Europe ultra-libérale, anti-chrétienne et vouée à la culture de mort. Drôle de choix qu’ils regretteront bientôt.

      Écrit par : Eleison | 28/04/2014


  10. olivier69 Le 01 mai 2014 à 14h31
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    Reflexion :

    Il faudrait peut-être que nous arrêtions de nous cacher derrière notre égo. Car, si il y a une guerre économique et sociale, aujourd’hui, elle a des origines qui sont aussi religieuses.
    Cette guerre est visible en Ukraine mais elle ne se limite pas à celle-ci. Elle est mondiale ! Certains oublient que la religion est la conséquence de principes moraux.
    Nous ne pouvons pas nous détacher de la croyance, c’est ce qui explique, par ailleurs, notre quête de connaissances. Donc, critiquer en permanence, un système économique et politique ? Au nom de quoi ? De l’universalité….. Soyons sérieux, nous acceptons l’individualisme dans le paraitre bien que les normes nous rattrapent.
    En effet, la mondialisation structure une conception de la société. Elle a ses apôtres !
    D’où viendrait notre moralité ? D’un socialisme inné ou acquis ? “Marketé” que l’on fait passer pour libéral et démocratique lorsque cela arrange ? Je ne rappelle pas le nombre de morts causés par les politiques nationales ou populaires dans l’histoire sous couvert du socialisme !
    Je ne les compare pas à ceux des guerres de religion, non plus….Une guerre est une guerre et toutes les comparaisons ne servent qu’à les justifier !
    D’ailleurs, par qui sont-elles financées ? Après avoir tondu le mouton, il part à l’abattoir ? Qui sont les bouchers ?

    Comment sont perçus deux concepts comme l’argent et la marchandisation dans les religions et au sein de nos sociétés ? Nous comprendrons davantage la nature des tensions économiques et sociales par “le fait culturel”.
    Parce que l’argent (un support, un véhicule), jusqu’où et pourquoi cette place prédominante ? A quel prix ?
    De même, la marchandisation (un cadre, une expression)), jusqu’où ? et pourquoi ces externalités ?
    Parce qu’ensuite, l’environnement à combattre (conception moderne) dans sa dimension finira comment ?
    Parce qu’enfin, l’humain “marchandise” et à vendre dans son intégrité s’arrêtera où (la représentation) ? Dans son intégralité (sa propriété physique et mentale) ? Il en va de la liberté individuelle (et également celle de voir, de s’exprimer, de comprendre, de transmettre…) !
    Donc, deux questions fondamentales : Au nom de quoi, par et pour l’argent ? Alors, parler diversité au nom du respect sans regarder les sources du problème se résume à maudire les effets mais à en chérir les causes.

    Débridés, au point de ne plus voir que le capitalisme social ou libéral, appelons le comme on le voudra, est une religion de l’argent….Les meneurs agissent dans l’ombre, les adeptes trouvent leur lumière pour éclairer les autres de leurs beaux apparats. La monnaie, une récompense pour certains, qui consisterait à jouir du fait destructeur : de l’autre (autrui) et de l’environnement ?
    Drôle d’orientation mais surtout de fondements ?
    Et que l’approche des deux concepts à la base des échanges (marchandise et monnaie) favorise notre acceptation des dérives de la sphère marchande. Mais, je pense savoir encore d’où vient une partie de la morale que je désire porter. Alors, notre approche de l’argent est-elle toujours la même ? Tant que l’instrument monétaire sera proposé comme une fin avant d’être un moyen, sa propriété sera toujours la même…..Peu importera, qui et comment serons-nous ! Nous ne nous en rendrons même plus compte (la norme). Le poison, c’est la dose ! Nous voulons tous des libertés mais également une solidarité, alors le fossé entre socialisme et libéralisme n’est pas si grand.
    Il ne tiens qu’à nous, en tentant d’éviter qu’une élite amplifie nos différences dans un cadre prédéterminé (une dualité ) et imposé : la religion ou la politique…La morale : c’est le bon sens ! Faisons l’économie d’un combat qui n’aura jamais de vainqueurs…..


  11. Pierre Le 14 août 2014 à 07h44
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    Parler du rôle des églises dans la crise ukrainienne sans évoquer l’activisme de “l’Église l’Ambassade du Royaume Béni de Dieu pour Toutes les Nations” du pasteur Sunday, est pour le moins singulier.

    Liliane Riva – PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS EN UKRAINE…


  12. Peter Le 08 février 2015 à 14h43
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    Bonjour!
    Could you please provide an exact table of content where you found data about religion on UkrStat? I’ve been trying and trying but cannot find related records on it, your maps are the only visual records on it and I would like to see the data of UkrStat.
    Thank you!

    Peter


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