Quelle que soit l’issue de la confrontation entre le gouvernement grec et les institutions européennes, elle aura au moins permis de dessiner le profil d’une gauche adéquate aux enjeux du capitalisme financiarisé. En la personne de Yanis Varoufakis, le ministre des finances du gouvernement d’Alexis Tsipras, ce profil a même trouvé son premier nom propre. Car jusqu’ici, l’électorat de gauche n’a eu le choix qu’entre deux options : des partis socialistes qui, pour paraître modernes, épousent, plus ou moins hardiment, tous les mots d’ordres néolibéraux, et des formations demeurées fidèles à leurs idéaux d’antan, mais qui, pour leur redonner vie, attendent, plus ou moins patiemment, l’improbable retour du monde fordiste.

Sans doute les représentants de la gauche authentique ne gardent-ils pas que des bons souvenirs de la période du capitalisme industriel – y compris dans les trente glorieuses années qui l’ont achevée. Mais, au moins, c’était un temps l’où on savait comment s’opposer – au patronat et à ses affidés dans la classe politique. Sur le front social, l’opposition prenait la forme de rudes négociations entre travailleurs et employeurs – ce qu’au Front de gauche on appelle encore l’établissement d’un « rapport de force ». Pour négocier dans des conditions favorables, les syndicats recouraient à la grève ou à de grandes manifestations, tandis que les patrons se livraient au chantage à l’emploi. Les intérêts nécessairement conflictuels des salariés et des employeurs fondaient également la polarité du champ politique, où les uns et les autres pouvaient compter sur des partis dévoués à leur cause.

À l’époque, le marché du travail était le lieu privilégié des conflits sociaux et de la création de la valeur économique. Du prix attribué à la force de travail dépendait la répartition de la plus-value entre salaires et dividendes, de sorte que l’aptitude à le négocier à la hausse était la compétence requise pour rendre l’économie capitaliste moins inégalitaire, voire même pour saper ses fondements – puisque, selon Marx, la survie du système passait par une exploitation croissante des travailleurs.

Or, c’est précisément pour s’épargner ce sort funeste que le capitalisme s’est réinventé au tournant des années 1980. En quelques années à peine, son centre de gravité s’est en effet déplacé du marché de l’emploi – soit le lieu où la force de travail est constituée en marchandise – vers les marchés financiers – soit le lieu où les initiatives deviennent des actifs. Autrement dit, davantage que les employeurs, ce sont désormais les investisseurs qui gouvernent. Les premiers continuent sans doute de faire des profits, soit de s’approprier une part du produit supérieure à leurs dépenses en comprimant les coûts du travail. Reste qu’ils doivent se plier aux exigences des seconds, dont la prérogative consiste à allouer le crédit, soit à sélectionner les entreprises qui méritent d’être financées.

De ce changement de régime, la gauche ne s’est jamais remise – tout au moins jusqu’à la récente victoire de Syriza. Il faut dire que sur les marchés financiers, l’art de la négociation, où les syndicats ont appris à exceller, est de peu d’utilité. À la différence des marchandises qui circulent sur les autres marchés – y compris le marché du travail – les titres financiers ne tirent pas leur valeur d’échange de la négociation entre acheteurs et vendeurs mais de la spéculation des investisseurs sur leur rendement futur. Si le profit est affaire de marchandages, ce sont des paris qui déterminent le crédit.

Par conséquent, prendre pied sur les marchés des capitaux en sorte d’y modifier les conditions d’accréditation – et en l’occurrence, pour obtenir que le bien-être d’un peuple y soit davantage valorisé que sa disposition à se saigner pour renflouer le système bancaire – nécessite l’apparition de politiciens capables de spéculer pour leur compte. Or, en moins de deux semaines, Yanis Varoufakis s’est imposé comme le premier d’entre eux. Car en dépit de ce qu’affirment nombre de ses admirateurs, le ministre des finances du nouveau gouvernement grec ne négocie pas : il spécule et, mieux encore, contraint ses interlocuteurs à spéculer en retour sur ses intentions. Au lieu de marchander la restructuration de la dette grecque, il parie concurremment sur la bonne volonté de chacun et sur le risque qu’il y aurait à y déroger.

Ainsi, loin d’affecter une posture intransigeante ou, à l’inverse, d’implorer un geste de clémence, Yanis Varoufakis  va répétant :

(1) que ses propositions sont raisonnables et aussi soucieuses de l’avenir de l’Europe que du sort de la Grèce,

(2) que l’attachement de ses partenaires européens au pouvoir de la raison et à la préservation de l’Union qu’ils forment est certainement égal au sien

et, par conséquent,

(3) qu’il est pleinement confiant dans l’issue des discussions en cours.

Est-ce à dire qu’en dépit des promesses de campagne d’Alexis Tsipras son ministre est ouvert aux compromis ? Se montre-t-il au contraire convaincu que ses interlocuteurs se rendront à ses arguments ? Nul ne le sait – et cette incertitude tend à pétrifier la plupart des dirigeants européens. Sans doute Wolfgang Schaüble, le ministre des finances allemand, a-t-il tenté de briser le sortilège en proclamant que son collègue grec et lui-même étaient tombés d’accord sur leur complet désaccord. Mais Varoufakis a aussitôt rétorqué qu’en réalité ils n’étaient même pas d’accord sur le fait d’être en désaccord – autrement dit, qu’il était bien possible que leurs positions ne soient au fond pas tellement éloignées. Le grand prêtre de l’austérité dut alors conclure que, décidément, il ne comprenait pas ce que voulaient les autorités d’Athènes… Même les mesures de rétorsion préventive décidées par la BCE – sous pression allemande – n’ont pas altéré le ton du ministre grec : en limitant l’accès des banques de son pays aux liquidités, explique-t-il sans sourciller, Mario Draghi entend seulement signifier que le temps presse, et qu’il faut donc se hâter de trouver une issue conforme à l’intérêt de l’Europe.

Si l’indéchiffrable assurance de Yanis Varoufakis perturbe les politiques, en revanche, à chaque fois qu’il prononce le mot confiance, les bourses repartent aussitôt à la hausse – ce qui explique que même les gouvernants les plus friands de rigueur budgétaire hésitent à le contredire. C’est que, depuis longtemps déjà, les malheureux investisseurs balancent entre deux inquiétudes contraires: la crainte de voir les pays emprunteurs se défausser de leurs obligations mais aussi la peur de la déflation, dont les politiques d’austérité sont justement la cause – et qu’un défaut de la Grèce ne manquerait pas de tirer vers la dépression. Ne sachant trop sur quel pied danser, les bailleurs de fonds, qui sont de grands émotifs, ne peuvent qu’apprécier un homme qui, dans de telles circonstances, leur affirme que, selon lui, tout va bien se passer. Pour la même raison, on comprend que les autres dirigeants européens n’osent pas trop doucher la confiance affichée par Yanis Varoufakis : tributaires des marchés financiers, ils ne veulent à aucun prix que ceux-ci les jugent responsables d’avoir gâché l’ambiance.

Sur le plan du contenu, les propositions formulées par le ministre grec sont en parfait accord avec sa rhétorique. D’un côté, soutient-il, le gouvernement d’Athènes est trop « raisonnable » pour réclamer un pur effacement de la dette – notamment parce qu’une telle mesure représenterait un aveu trop humiliant de l’échec des politiques menées jusqu’ici. Mais d’un autre côté, parce qu’il est persuadé que le bon sens est partagé par toutes la parties prenantes de la discussion, Yanis Varoufakis veut croire que la nécessité d’un changement de cap fait consensus – pour autant que les commanditaires de feu la troïka sauvent la face. Aussi propose-t-il deux formules qui se veulent des hommages à la raison commune mais ne constituent pas moins des chefs-d’œuvre d’ironie.

La première consiste non pas à annuler la dette, ni même à en reporter les échéances de remboursement, mais à la convertir en obligations indexées sur la croissance de l’économie grecque. Tant la Commission que la Banque centrale européennes – sans oublier le FMI – n’ont-elles pas toujours proclamé que les mesures d’austérité qu’elles imposaient à la Grèce avaient pour objectif ultime, non de renflouer des banques délinquantes, mais, in fine, de relancer l’activité économique du pays ? Eh bien, chiche, semble dire Yanis Varoufakis : désormais, les Grecs payeront leurs créanciers au prorata du bienfondé de leurs requêtes.

Quant à la seconde proposition, l’opération de conversion qu’elle met en avant est d’une autre nature mais répond aussi aux proclamations des maîtres d’œuvre de la politique européenne. Ceux-ci aiment en effet rappeler aux Grecs tout ce qu’ils doivent à l’Europe : les citoyens de l’Union n’ont-ils pas mis la main à la poche pour soutenir un État à la dérive ? Plutôt que d’insister trop lourdement sur le fait qu’en réalité, les prêts consentis ont essentiellement servi à sauver des banques grecques mais aussi allemandes et françaises, Yanis Varoufakis s’empresse d’abonder : moi ministre, affirme-t-il, la Grèce ne lésinera pas sur sa gratitude. Mieux encore, une fois leur dette convertie en « obligations perpétuelles », à savoir des titres dont les intérêts sont « perpétuellement » payés mais le capital jamais remboursé, les Grecs seront en mesure de témoigner une reconnaissance proprement éternelle au reste de l’Europe. Une telle proposition trouve son modèle chez le Dom Juan de Molière qui, à défaut de rembourser ce qu’il doit à Monsieur Dimanche, assure à son créancier qu’il est éternellement son obligé.

Tout comiques qu’ils soient, ces deux modes de résolution ont également pour eux le sérieux économique. Mais surtout, en prenant les dirigeants l’UE au mot, les deux formules proposées exposent leurs destinataires au risque de paraître se dédire s’ils se bornent à les rejeter du revers de la main. Quelle est l’importance de ce risque ? Comme toujours en pareil cas, la réponse à cette question résultera des spéculations qu’elle aura suscitées.

Non content de parier sur le pouvoir de contagion de la confiance qu’il affiche, Yanis Varoufakis s’adonne également à l’art de la spéculation baissière. Ses propos sont en effet émaillés de sombres conjectures – au cas où ses partenaires et lui seraient contraints de reconnaître leur insurmontable désaccord. Ainsi, face aux experts qui assurent qu’en raison du transfert de la dette grecque aux institutions publiques, un Grexit n’affecterait guère le système bancaire des autres pays européens, il se contente de répondre : « en êtes-vous réellement sûrs ? Avez-vous récemment consulté les bilans de vos propres banques ? » Et d’ajouter aussitôt que c’est moins comme Grec qu’il craint l’incidence d’un défaut de son pays – celui-ci ne pouvant guère tomber plus bas – qu’en tant qu’Européen préoccupé par le bien-être de tous les peuples de l’Union.

Plus remarquable encore est l’avertissement que Yanis Varoufakis lance spécifiquement au gouvernement allemand. D’une part, à la grande indignation de ses détracteurs, il rappelle que l’Allemagne n’a jamais acquitté sa dette de guerre à l’endroit de la Grèce – pas plus qu’elle n’a remboursé l’impôt odieux extorqué lors de l’occupation. À cette évocation d’un passé pas si lointain – et d’autant moins que les thuriféraires de la construction européenne répètent à l’envi que leurs efforts sont informés par le souvenir du mal absolu que fut le nazisme – le ministre des finances grec ajoute que la justice de son pays se penche ces jours-ci sur des scandales de moindre envergure mais plus récents, tels que les pots de vins versés par nombre d’industriels allemands – peut-être même avec l’appui de leur gouvernement – en sorte de vendre leurs marchandises à la pléthorique armée grecque. (À cet égard, il est notable qu’une réduction du budget militaire de la Grèce – le quatrième en Europe ! – n’a jamais figuré parmi les exigences de la troïka.) Pour Angela Merkel et son ministre des finances, l’ouverture de ces procès pour corruption présenterait surtout l’inconvénient de démentir l’équation fièrement promue par Berlin, entre austérité économique et rigueur morale.

Mais d’autre part, Yanis Varoufakis ne convoque jamais le passé de l’Allemagne sans immédiatement l’articuler au futur de la Grèce. Dans le pays où je m’apprête à retourner, a-t-il notamment expliqué dans la capitale allemande, lors de sa conférence de presse commune avec Wolfgang Schaüble, la formation politique qui est arrivée en troisième position aux dernière élections législatives n’est pas « populiste », ni même néonazie, mais tout simplement nazie. Bien plus, seul l’espoir représenté par Syriza est parvenu à enrayer sa progression. Par conséquent, ruiner cet espoir revient à exposer l’Europe au retour de ce que l’UE a pour mission de conjurer à tout prix. Et Varoufakis de conclure que si l’effacement de la dette allemande a bien été décidé pour enterrer définitivement la bête immonde, il serait aussi absurde qu’abject de favoriser aujourd’hui son réveil, en opposant une fin de non recevoir aux raisonnables propositions du gouvernement d’Athènes.

Plus encore qu’à donner une leçon de morale politique, le ministre grec vise à alerter les autorités allemandes sur les risques qu’elles courent en demeurant intransigeantes : lorsqu’on dirige un gouvernement dont le siège est à Berlin, demande-t-il, est-il vraiment « raisonnable » de s’exposer à l’accusation d’encourager l’essor d’un parti nazi – fût-ce en dehors du territoire national ? En même temps, pas question pour Yanis Varoufakis de soupçonner qu’Angela Merkel et Wolfgang Schaüble  puissent faire preuve d’irresponsabilité en ce domaine. N’a-t-il pas qualifié la première de visionnaire et gratifié le second d’une puissance intellectuelle sans égale parmi les dirigeants européens ? Bref, une fois encore la confiance règne – à charge, pour la chancelière et son argentier de ne pas prendre le risque de la décevoir.

Qu’il s’applique à communiquer sa foi dans la disposition de ses partenaires à sortir de l’impasse ou à pénétrer les publics auxquels il s’adresse que les institutions européennes ne sauraient rester sourdes aux besoins du peuple grec sans mettre en péril l’ensemble des populations dont elles ont la charge, l’ancien professeur d’économie de l’université d’Austin est bien le premier politicien de gauche à opérer dans le champ de la spéculation. « V pour Varoufakis », lisait-on sur une pancarte, lors d’une marche de soutien au gouvernement d’Alexis Tsipras – formule qui est ensuite devenue le nom d’une page facebook dédiée aux faits et gestes du ministre. V de la victoire ? Il serait pour le moins hasardeux de le suggérer. Mais V comme virage, cela ne fait aucun doute : car à une gauche partagée entre la vaine déploration de l’hégémonie des spéculateurs et  la honteuse soumission à leur joug, Yanis Varoufakis oppose la conviction qu’une autre spéculation est possible. Reste à souhaiter qu’il fasse de nombreux émules.

Source : Michel Feher, pour son Blog Mediapart

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Une interview de notre correspondant sur place 🙂

« Les Grecs veulent en finir, pas seulement avec la dette… », par Okéanos

Créateur d’Okeanews, site francophone de référence sur la Grèce, Okéanos a voulu montrer de l’intérieur la situation du pays. Il raconte maintenant comment la victoire de Syriza et ses premiers jours au pouvoir sont vécus, entre espoir et fierté.

Lancé en 2011, Okeanews est devenu une référence essentielle pour suivre l’actualité grecque à partir d’autres sources que celles répercutant les discours majoritaires sur la dette du pays et ses origines. En prise directe avec les habitants, Olivier Drot passe depuis quatre ans la majeure partie de son temps à Athènes, où il a ressenti aussi bien les ravages de l’austérité que le sentiment d’humiliation des Grecs. Il nous aide à mieux comprendre l’immense portée de la victoire de Syriza là-bas.

Regards. L’envie de lancer Okeanews a-t-elle d’abord procédé du sentiment que le traitement de l’actualité grecque était insatisfaisant en France ?

Okéanos Je lisais la presse française avant de m’intéresser de près à la Grèce. En passant du temps ici, en discutant avec des Grecs, en essayant de comprendre la situation, je me suis rendu à quel point mon avis était biaisé. J’ai vu aussi arriver les premiers articles, principalement du journal allemand Bild, évoquant les Grecs paresseux et fraudeurs. Ces préjugés ne rendent évidemment pas compte de comment vivent et travaillent les Grecs. Le mouvement des indignés sur la place Syntagma et les deux jours de guerre ouverte déclarée par le gouvernement ont été un autre déclencheur. En suivant les événements sur les médias indépendants, j’ai pris conscience de la violence de la police et de la manière dont elle cherchait à mettre fin à ce mouvement qui se voulait différent. Or, j’ai là aussi constaté qu’il manquait des éléments essentiels dans la façon dont il en était rendu compte. Okeanews est parti de cette envie de comprendre, et de partager ce que je voyais.

Il s’agissait de donner le point de vue des Grecs sur leur propre situation ?

On va toujours parler de la fraude, de la corruption, du clientélisme, de l’église – des thèmes qui servent à dire que tout est de la faute des Grecs, sans chercher à savoir ce qu’en pensent les Grecs eux-mêmes. C’est ce qui m’intéressait : les Grecs se complaisent-ils dans ces problèmes, ou ont-ils envie d’en sortir ? On a la preuve aujourd’hui, avec l’élection de Syriza et ce soutien populaire sans précédent, qu’ils veulent en finir : ce n’est pas seulement refuser la dette, mais aussi l’oligarchie, les élites et la corruption représentées par les partis précédemment au pouvoir. Les clichés sur les Grecs ont servi à présenter la situation comme le résultat d’une incurie qui aurait été voulue par la population. Ce procédé est abject, à mes yeux.

« Les Grecs ont ressenti une véritable indignation envers la façon dont ils étaient représentés »

Ce traitement médiatique partiel et ces préjugés sont-ils allés en se renforçant avec le développement de la crise et des effets de la cure d’austérité ?

Cela a été sinusoïdal : en schématisant, on parlait de la Grèce soit s’il y avait des émeutes, soit si la Grèce mettait l’Europe en péril. Sinon, on n’en parlait pas, comme pour dire « Tout se passe mieux ». Le tout ponctué de brèves croustillantes sur des histoires de fraudes rocambolesques, comme ces habitants d’une île dont les trois quarts se seraient déclarés aveugles pour toucher des aides de l’État, ou cette ville dont les habitants n’achèteraient que des Porsche…. Il y a évidemment des journalistes qui font du très bon travail sur la Grèce (ce sont généralement ceux qui y résident), mais les grands événements comme les manifestations ou les élections en font tout à coup débarquer beaucoup qui ne comprennent rien au pays et à ses habitants.

Comment l’image qu’ont les Grecs d’eux-mêmes a-t-elle été affectée, à la fois par l’image donnée d’eux à l’étranger et par ce que la crise a révélé ?

Il y a eu une réelle prise de conscience que le schéma politique était malsain, ce dont témoigne l’effondrement en six ans du PASOK et la défaite de Nouvelle démocratie. Mais aussi une réelle indignation envers la façon dont les Grecs étaient représentés. Dans un premier temps, ils ont eu la volonté d’expliquer leur identité mais, voyant l’image qui leur était renvoyée, ils ont ensuite exprimé une réelle méfiance, voire de la colère. Leur ressenti a été celui d’une perte de dignité. L’élection de Syriza marque un retour de balancier. Pour la première fois, un gouvernement met en œuvre la politique annoncée durant sa campagne électorale et semble déterminé à ne pas reculer. Un sondage a montré que près de la moitié des électeurs de Nouvelle démocratie le soutenait dans sa confrontation avec l’Europe…

Le soutien à Syriza semble porter à la fois sur un programme de réformes en profondeur et sur cette volonté de restaurer la fierté nationale…

Déjà, et c’est très inhabituel, les membres de ce gouvernement ont fait des études, souvent à un haut niveau, dans les domaines sur lesquels ils ont été nommés. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis redonne aussi ce sentiment de fierté à la population en ne s’aplatissant pas. Durant cinq ans, les gouvernements successifs ont fait croire qu’ils voulaient renégocier alors qu’ils n’en avaient même pas l’intention. Les grandes manifestations de soutien, la semaine passée, sont des incitations à poursuivre les négociations dans la voie du refus de l’austérité.

« Les Grecs ont le sentiment de s’être fait berner en 2012, quand on a cherché à leur faire peur pour les dissuader de voter pour Syriza »

Comment évolue l’opinion, le soutien à Syriza en Grèce avec le “bras de fer” engagé entre le gouvernement et les institutions européennes ? Assiste-t-on à un renforcement de ce soutien, la période voit-elle les critiques de la droite resurgir ?

Ce soutien va en se renforçant. Le discours de la droite depuis deux ans a toujours consisté à annoncer l’arrivée des chars dans Athènes, le retour des zombies et de Godzilla (rires). Or il n’y a pas eu de “bank run” – de toute façon, les Grecs n’ont plus d’argent, alors ils ne vont pas se précipiter dans les banques pour le retirer. Ils ont le sentiment de s’être fait berner en 2012, quand on a cherché à leur faire peur pour les dissuader de voter pour Syriza (lire “Catastrophisme anti-Syriza : le top 10 des “petites” phrases du gouvernement”). Ils ont constaté que passer du PASOK à Nouvelle démocratie n’a rien changé, sinon en pire pour les droits de l’homme, les droits des migrants et bien d’autres domaines. Aujourd’hui, ils vont en majorité soutenir un gouvernement qui reste ferme sur ses positions et qui n’entend pas laisser d’autres gouverner à sa place (lire “Syriza monte en flèche dans un premier sondage post-électoral”).

La reconquête d’une souveraineté nationale est-elle centrale dans les préoccupations ?

Alexis Tsipras a dit quelque chose d’assez significatif à cet égard : « La Grèce ne reçoit plus d’ordres par e-mail. » Lors de la conférence de presse réunissant Yanis Varoufakis et son homologue allemand Wolfgang Schaüble, ce dernier – qui a éludé une question sur la contribution des entreprises de son pays à la corruption en Grèce – a de nouveau proposé d’y envoyer cinq cents collecteurs d’impôt allemands… Comment s’étonner ensuite que les Grecs aient le sentiment d’être occupés ou colonisés ? Ce regain de souveraineté nationale les incite à soutenir d’autant plus le gouvernement. Je pense que cet état de grâce va se consolider et que de plus en plus de Grecs se disent « On ne pas crever pour nos dettes ». Et que si l’Europe ne veut rien entendre et ne veut pas comprendre à quel point leur situation est dramatique, ils pourront aller jusqu’à la rupture, jusqu’à la sortie de l’euro.

Comment envisagez-vous la suite pour Okeanews ?

J’avais pris la décision d’arrêter si la Grèce était de nouveau gouvernée comme précédemment, dans la mesure où nous avons le sentiment d’avoir déjà tout dit de cette politique. Il y a aujourd’hui un bel espoir, pour la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de la presse et beaucoup d’autres sujets. La Grèce va énormément changer. Il suffit d’écouter le discours de Zoe Konstantopoulou, la nouvelle présidente du parlement, pour le comprendre. Après quatre ans d’actualité sombre, j’espère que l’on va pouvoir donner des nouvelles positives… Mais rien n’est encore gravé dans le marbre !

Source : Jérome Latta, pour Regards

91 réponses à V pour Varoufakis : parce qu’une autre spéculation est possible (+ Okéanos)

Commentaires recommandés

Arnold99 Le 22 février 2015 à 07h58

Monsieur Varoufakis fait son travail de négociation, c’est tout à son honneur. Il puise sans sous dans les racines de la Grèce Antique, le sens du débat tel qu’il se pratiquait sur l’Agora.

Le ‘petit’ problème est qu’il doit négocier avec des personnes pour qui diplomatie rime avec ultimatum.

A titre historique, lorsque Samuel Colt mit sur le marché le fameux Colt, le surnom de cet arme était ‘Peacemaker’. Cette façon de faire la paix reste la tradition américaine alors il me semble qu’il aurait intérêt à se tourner vers l’Est, vers des pays qui ont des racines civilisationnelles anciennes plutôt que de s’obstiner à discuter avec des parvenus, des nouveaux riches.

  1. Roscanvel Le 22 février 2015 à 06h42
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    Le gouvernement grec n’a peut-être pas “renversé la table” ou du moins pas encore, mais il agit avec intelligence. J’avais une confiance limitée pour Mr Tsipras. Peut-être dois-je toujours garder mes réserves. Mais j’ai toujours considéré que la mouvement est déterminant. C’est le peuple grec qui donnera le “la”.
    Ci-joint 2 documents

    http://www.marianne.net/russe-europe/accord-grece-eurogroupe-100231578.html

    http://www.legrandsoir.info/l-europe-et-les-victoires-a-la-pyrrhus.html


  2. Arnold99 Le 22 février 2015 à 07h58
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    Monsieur Varoufakis fait son travail de négociation, c’est tout à son honneur. Il puise sans sous dans les racines de la Grèce Antique, le sens du débat tel qu’il se pratiquait sur l’Agora.

    Le ‘petit’ problème est qu’il doit négocier avec des personnes pour qui diplomatie rime avec ultimatum.

    A titre historique, lorsque Samuel Colt mit sur le marché le fameux Colt, le surnom de cet arme était ‘Peacemaker’. Cette façon de faire la paix reste la tradition américaine alors il me semble qu’il aurait intérêt à se tourner vers l’Est, vers des pays qui ont des racines civilisationnelles anciennes plutôt que de s’obstiner à discuter avec des parvenus, des nouveaux riches.


    • sergeat Le 22 février 2015 à 10h15
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      Arnold99 :Varoufakis est non seulement un enfant de la Grece à laquelle l Europe doit tant:philosophie,politique,arts……mais aussi un bon connaisseur de la theorie des jeux,qui bien comprise( par une resolution mathematique),donne un resultat acceptable pour tous.J espere que l UE comprendra que le bien d un peuple est aussi important que le bilan bancaire immediat.


      • Arnold99 Le 22 février 2015 à 11h47
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        L’Europe doit surtout éviter de tourner le dos à son histoire.

        Elle doit surtout éviter de confondre ‘mode’, phénomène de court terme qui s’inscrit dans l’éphémère avec l’enracinement (selon Simone Weil) qui lui s’inscrit dans l’histoire longue.

        Il est peut-être temps de féminiser ce monde (je suis un homme, et sans aucune déviation!!!) c’est à dire l’ancrer dans une continuité entre un passé et un avenir comme le font les femmes depuis la nuit des temps. Quant au présent, je vous rassure, elles nous ramènent les pieds sur terre tous les jours, cela s’appelle le bon sens.

        Pour finir, nous connaissons beaucoup de dictateurs qui ont incité les hommes à se détruire, je connais pour ma part peu de dictatrices et je vous prie d’excuser mon ignorance.

        Je précise que je ne suis pas un apologiste béat de la féminité mais plutôt un adepte de la complémentarité.


        • sergeat Le 22 février 2015 à 12h47
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          C est justement mon propos,ne pas oublier le grand héritage de notre histoire et éviter les prises de décision immédiate et non analytique (voir notre diplomatie criminelle type fabius Syrie,Ukraine,Gaza….).De plus l ue ne travaille plus pour les peuples car elle est aux odres des banques,des usa (pour sa politique étrangère…)Pour la féminisation je vous donne 2 exemples:golda meihr,merkel.с приветом


          • cepamoi Le 22 février 2015 à 14h58
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            Rajoute Tatcher pendant que tu y es, Rice, Albright …


      • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 12h13
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        J espere que l UE comprendra que le bien d un peuple est aussi important que le bilan bancaire immediat.” : espérez donc, ça ne coûte rien, et il paraît que ça fait vivre. Mais n’y croyez pas, ça n’arrivera jamais.


        • Chris Le 22 février 2015 à 12h48
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          Les femmes créent la vie et travaillent à sa croissance, les hommes la contrôlent, quitte à l’étioler dans un cachot. L’idéal se trouve à sa balance : une croissance de renouvellement dans un environnement qui recycle.


        • sergeat Le 22 février 2015 à 12h58
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          J ai toujours expliquer que l ue a fait un coup d Etat bureaucratique contre les peuples pour les banques.Vous avez mal interprété mon propos,j emettais un espoir.


          • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 13h40
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            Non, je pense avoir bien compris votre propos. Pour que votre “espoir” se réalise, il faut que l’UE disparaisse en tant que système politico-économique. Elle ne changera pas, et ne “comprendra” jamais rien au “bien des peuples” puisqu’elle n’a pas été faite pour ça.


        • Francisco Le 22 février 2015 à 13h48
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          Bonjour
          C’est pas bien “crapaud rouge” d’écrire de telles choses!
          Comment pouvez-vous être si bon (trop souvent?) et utilisez de tels mots?
          Voulez-vous totalement que l’homo sapiens ne vive plus dans l’espoir? OK … et après que va-t-il nous rester pour affronter la réalité de la vie réelle que nous ne comprenons pas? … Rien? Donc autant se suicider, non?
          Je suppute, à tort vraisemblablement, que vous n’avez pas de goût pour l’art et les découvertes de la science actuelle ! (?) Mais que ma précédente phrase soit vraie ou non, vous passez à côté, volontairement, de la réalité!!!
          Christian


          • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 16h24
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            Merci pour votre réponse si sympathique. Je n’ai rien contre l’espoir, vous savez, et j’en nourris beaucoup dans cette histoire, mais ce n’est pas celui exprimé par sergeat, c’est plutôt que Tsipras renverse la table.


            • Ardèchoix Le 22 février 2015 à 17h37
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              L’espoir est une plaie, seul le présent compte .


            • Francisco Le 23 février 2015 à 14h01
              Afficher/Masquer

              Bonjour
              Une réponse très tardive … et je vous présente toutes mes excuses! Je me doutais (naivement?) ce qu’il y avait derrière vos mots.
              Mais, étant sur un blog, je voulais savoir .. réellement, ce qui vous mouvez!
              Votre réponse ne me déçoit pas…vous êtes définitivement border line.
              Et donc merci, car moi (au delà de désaccords entre nous que je n’exprime pas) …comme disai la publicité, “vous le valez bien” là où moi, je dirais vous le valez plus que bien.
              Christian


          • Kiwixar Le 22 février 2015 à 23h39
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            Francisco, je pense que vous confondez espoir et illusion.
            Vivre dans l’illusion et le déni (pour se rendre la vie confortable, ou au moins vivable) c’est se donner AUCUN espoir d’amélioration et de progrès. L’espoir d’un avenir meilleur ne peut venir que dans la prise de conscience de la réalité.

            L’UE est absolument irréformable puisqu’elle a été conçue par un procédé de petits “cliquetis” sur lesquels il est impossible de revenir, et qui lient les mains des nations (en voie de disparition) dans des Traités à valeur constitutionnelle qu’il est impossible de modifier. Il faut donc que les nations quittent ces chaînes d’esclavage d’un coup, sans s’inquiéter de juridisme.

            Le seul point intéressant de l’UE est la libre-circulation des marchandises, qu’on peut avoir (comme la Turquie) en faisant partie de l’association européenne de libre-échange.


    • gracques Le 22 février 2015 à 19h30
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      Il me semble que les problemes de négociation de la GRECE viennent de l’ALLEMAGNE et non des USA qui n’ont rien avoir dans le schmilblick !
      Il y a de plus en plus d’intervenants completement azimutes sur ce site , alors que les articles sont souvent tres interressants…. Comme quoi la critique pertinente est souvent un exercice encore plus périlleux que l’information honnête.


      • Chris Le 22 février 2015 à 20h34
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        Erreur ! Les USA sont hautement intéressés à ce que la Grèce reste dans l’UE : Obama a “encouragé” à plusieurs reprises Bruxelles et Merkel à montrer plus de souplesse envers la Grèce dont le risque majeur est une sortie de l’UE, suivie des autres pays du Sud. Jeu de dominos qui compromettrait le glacis géopolitique qu’ils déploient depuis 1945 en Europe.


  3. pikpuss Le 22 février 2015 à 08h08
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    En quoi la modernité serait-elle représentée par l’ordre néo-libéral ? C’est au contraire d’un archaïsme puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins de casser tous les acquis sociaux et de permettre une concentration extrême des pouvoirs politique, financier et économique à l’image de l’Ancien Régime. Personne n’est dupe, la gauche la droite ne sont que les deux faces d’une même pièce, le pouvoir étant concentré entre des mains que le public ne connaît pas. Si les parties de gauche arrivent à imposer une stricte séparation des banques spéculatives d’avec les banques qui financent l’activité réelle, on pourra commencer à entrevoir quelque chose qui va dans le sens des peuples pour qui la modernité signifie partage équitable des richesses et des responsabilités. Pour l’instant, c’est le retour à un système féodal tenu d’une main de fer par Wall Street et la City autant dire des symboles vivant de l’archaïsme le plus total !


  4. Nerouiev Le 22 février 2015 à 08h20
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    Nous sommes déjà en dictature et le parti Syriza, dans une Grèce fayotée de longue date, n’est qu’un leurre où Tsipras est plus leur Hollande Grec qu’un grand réformateur. On parle aujourd’hui plus de propagande, de destruction et de sanctions que de projets collectifs. Les restes du gâteau ne sont pas pour tous et c’est cette politique qui permet de ne plus partager, on est déjà de l’autre côté.


  5. nulnespropheteensonpays Le 22 février 2015 à 08h25
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    dés fois il vaut mieux faire semblant de courber la tete faire semblant de partir , se retourner d’un coup , et filer un bon coup de tete dans la tronche du type qui est déjà en train de se gausser , t’as la gueule a ça mec
    et pan dans la tronche au vieux qui dégringole de son tas d’argent


  6. Julian Le 22 février 2015 à 08h42
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    Le Traités signés sont les Traités. Ils font la loi des parties.

    Leur lettre, à la virgule près, sera toujours opposée aux contestataires de l’ordre économique qu’ils fondent.

    MM Tsipras et Varoufakis, pour éminemment sympathiques qu’ils soient, sont donc condamnés à être les idiots utiles des gardiens vigilants des Traités.

    Ou à les dénoncer. C’est à dire à sortir du jeu.


    • Wilmotte Karim Le 22 février 2015 à 11h39
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      Ou à les violer, sans les dénoncer.
      Ou à les dénoncer en partie.
      Ou…

      Les traités n’engagent les états souverains que tant que les états souverains s’y engagent.
      Et entre états, il n’y a jamais de lois, puisqu’il n’existe aucun léviathan capable d’imposer le droit.
      A ce titre, un traité n’est pas équivalent à un contrat entre des parties privés et ne saurait faire loi là où il n’existe que la pure puissance et le rapport de force (le contraire de la loi?).


    • pyrrhogaster Le 22 février 2015 à 19h46
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      les traités sont respectés quand on le veut bien. La BCE n’a pas le droit de s’immiscer dans la politique alors que fait-elle dans la troïka? elle n’a pas le droit de monétiser la dette des états mais pratique le QE qui revient au même. Les puissant savent ignorer la lettre des traités qui les gênent mais interdisent aux autres de le faire.

      Il serait temps de revoir les traités européens.


  7. Timothée Le 22 février 2015 à 08h45
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    Vous avez aussi une analyse de J.Galbraith (qui a passé une semaine avec Varoufakis pendant les négociations) ici : http://fortune.com/2015/02/20/greece-germany-yanis-varoufakis/

    Lee texte est (malheureusement) en anglais.


  8. Gribouille Le 22 février 2015 à 09h03
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    Jacques Sapir a publié un billet sur l’accord Grèce-Eurogroupe.
    http://russeurope.hypotheses.org/3482


    • Julian Le 22 février 2015 à 10h54
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      J.Sapir écrit : “Mieux vaut utiliser ces 4 mois gagnés de haute lutte pour se préparer à l’inévitable, c’est à dire à une sortie de l’Euro.”

      C’est aussi l’avis de l’europathe Giscard d’Estaing qui vient de souhaiter publiquement le Grexit !


      • Pierre Bacara Le 22 février 2015 à 21h52
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        Des CDS, de l’anneau et de la peur

        L’accord de vendredi entre l’Eurogroupe et la Grèce est un accord provisoire qui ne fait que reporter à fin juin reporte la “question” : Grexit ou pas Grexit ?

        Varoufakis a obtenu du temps (4 mois) et un peu d’argent (3 % de son budget sur une base annuelle) : assez de temps et d’argent pour prouver à ses électeurs qu’en agissant vite, Syriza peut améliorer la situation des Grecs à condition de dépenser chaque euro à bon escient.

        Fin juin, retour à la case grexit.

        Qui a le plus peur du grexit ?

        Vu de Washington, ce qui compte, c’est que Morgan Stanley, JP Morgan et Goldman Sachs sont les principaux vendeurs, et donc jusqu’ici bénéficiaires, des CDS sur les obligations souveraines grecques (je laisse de côté Deutsche Bank). Que la Grèce fasse défaut et voilà ces banques contraintes d’honorer ces CDS. Les montants concernés dans ce cas de figure sont impossibles à connaître – gré à gré oblige.
        Leur niveau pharaonique est cependant détectable au vu de l’attitude des créanciers privés lors du haircut de la dette grecque privée en 2012 : les banques privées ont accepté une décote de 107 milliards qui a conjuré un défaut grec et donc le déclenchement des CDS.

        Obama n’a pas envie de se retrouver à sauver GS, JP Morgan et Morgan Stanley avec un QE4 qui pourrait bien avoir raison de la crédibilité du dollar comme monnaie de réserve, de change et de compte. Son soutien enthousiaste à la Grèce est donc on ne peut plus logique.

        Vu de Berlin : l’économie allemande fonctionne sur deux piliers : l’euro et le dumping social.

        L’euro : les marques haut de gamme – spécialité allemande – sont les seuls marchés dans lesquels exporter en euros est rentable. Corollaire : l’euro favorise l’économie allemande au détriment de ses concurrentes européenes. L’Allemagne a donc économiquement besoin de l’euro.

        Le dumping social : la compétitivité allemande est alimentée par la “maîtrise des coûts de production”, c’est-à-dire par le dumping social ; dumping en Allemagne, où l’idée même de SMIC est une révolution, et en Europe de l’est, où l’industrie allemande délocalise, exploitant la pauvreté engendrée par d’adhésion même à l’euro (et à l’UE).

        Pour l’Allemagne, l’euro est donc la martingale économique qui est “l’anneau pour les gouverner tous” – les métaphores tolkieniennes sont, paraît-il, à la mode.

        Or l’euro est lui-même construit sur un pilier : son irréversibilité. C’est là que la Grèce pose problème, car un grexit, c’est le contraire de l’irréversibilité.

        Pour Merkel, un grexit, c’est la remise en cause de l’E=MC2 de son anneau de pouvoir.
        (l’énergie d’un tout est supérieure à la somme des énergies de ses éléments).

        En d’autres termes, Berlin est aussi dépendant de l’existence de l’euro que Washington du statut d’un dollar qui ne résisterait peut-être pas à un QE4.

        La situation monétaro-économique réelle de Washington et de Berlin dans le contexte grec explique la gentillesse inhabituelle d’Obama et la temporisation relative de Merkel.

        Quant au président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, ce n’est pas lui qui porte la responsabilité de la survie du dollar ou de l’économie allemande – il n’est même pas allemand. Ces deux avantages lui autorisent le luxe du dogmatisme. Concrètement, en tant qu’ancien ministre des finances d’un pays dont la politique est décidée à Washington, il n’est “que” gardien du Temple euro. Euro qui n’est pas que la potion magique de l’économie allemande, mais aussi le ciment de la satrapie américaine d’Europe – avec l’UE et l’OTAN. Le prêtre Dijsselbloem a une vision toute religieuse de sa mission. Cette vision lui interdit de concevoir l’idée même d’un grexit.

        Les Gardiens vont donc continuer à Garder, tandis que Merkel et Obama vont continuer à calculer. In fine, ce seront comme toujours les plus gros qui décideront : Merkel et Obama.

        Vu d’Athènes, cette évidence ouvre la porte à bien des opportunités – entre autres un gain immédiat en temps (4 mois) et un gain immédiat en argent (plus 3% en budget annuel).

        La peur n’est pas toujours bonne conseillère car elle fait parfois espérer naïvement des miracles. Obama, Merkel, peut-être Tsipras – ont peur et rêvent donc d’un miracle : éviter le grexit. Mais est-ce finalement possible ? Pour conjurer le grexit, il faudrait soit que Syriza jette le gant, rappelle la troïka et provoque des élections anticipées qu’il perdra, ce qui est peu plausible, soit que Tsipras soit assassiné par un “sniper d’Aube dorée”, ce qui ne serait pas très discret de la part d’Obama – encore que…

        Sérieusement, la question est donc de savoir si Tsipras et Varoufakis ont eux aussi peur du grexit. Ils l’affirment. Est-ce sincère ? Pas sûr. S’ils mentent et donc qu’ils n’ont pas peur, alors ils ne font que gagner du temps pour démarrer leur politique avant un grexit que ni Obama, ni Merkel ni Dijsselboem ne pourront empêcher. S’ils disent la vérité et qu’ils ont vraiment peur, alors Obama, Merkel et Dijsselboem ont gagné.

        pb


    • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 12h23
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      Sapir écrit aussi : “Le paradoxe réside dans ce qu’une sortie de la Grèce de la zone Euro, par les effets induits qu’elle produira, mettra fin assez rapidement soit à l’Euro soit à la politique de Germano-Austérité. Mais, pour cela, la Grèce doit sortir de l’Euro.” : si c’était vrai, la Grèce serait en mesure de faire un “chantage à l’euro”, et serait donc en position de force pour obtenir tout ce qu’elle veut. Y’a quelque chose qui cloche.


      • Chris Le 22 février 2015 à 13h12
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        Y’a quelque chose qui cloche.
        Mais tout cloche depuis le début, dans cette Union Européenne, au point qu’au gré des événements, les cloportes de Bruxelles/Francfort ne cessent de “courber” les règles du traité de Lisbonne. Ce n’est pas seulement l’Euro qui est une aberration économique.


  9. Roscanvel Le 22 février 2015 à 09h56
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    Bien que partisan de la sortie de l’UE, et de la fin de son outil l’Euro, je me garderai d’apporter une critique négative à l’action du gouvernement grec. D’abord une première remarque, les électeurs de Syriza ne sont pas majoritairement pour une sortie de l’UE.L’attitude de Mr Tsipras et Mr Varakoulis est à l’image de ce rapport de force.
    En fait, c’est maintenant que le peuple grec est confronté à l’intransigeance des dirigeants européens, principalement Mme Merkel. La période de 4 mois peut être profitable à une sortie de l’Euro (voir les explications de J.Sapir).
    Une deuxième remarque, nous sommes ici , impatients de voir les choses évoluer. Nous ne pouvons laisser le peuple grec “tout seul au feu”. Il a besoin de notre soutien actif. Il a aussi besoin de notre compréhension. Ne raisonnons pas en fonction de nos souhaits, mais aussi en fonction de l’évolution du peuple grec.
    Quelque soit le résultat, soumission ou désaccord, pour la première fois une Nation a osé s’en prendre au sacro-saint libéralisme. Pour la première fois les dirigeants européens sont sur la défensive. C’est aussi un aspect positif du problème grec.


    • Chris Le 22 février 2015 à 13h18
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      L’intransigeance de Madame Merkel ?
      Mais pas que ! Les Gvts du Portugal, Espagne, Italie sont tétanisés par le danger politique que représente pour une victoire de Syriza. L’establishement des affaires expédiées entre copains-coquins risquent d’avoir quelques bâtons dans les roues, si leur propre opposition s’inspire de Syriza.


  10. BA Le 22 février 2015 à 10h49
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    2008 : dette publique de la Grèce : 263,284 milliards d’euros, soit 112,9 % du PIB.

    En 2008, les autres nations européennes auraient dû accepter de subir des pertes. Elles auraient dû accepter que la Grèce fasse défaut sur la totalité de sa dette publique. Mais, malheureusement, elles n’ont pas voulu subir des pertes.

    En 2008, l’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2009 : dette publique : 129,7 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2010 : dette publique : 148,3 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2011 : dette publique : 170,3 % du PIB.

    En début d’année 2012, la Grèce a fait défaut : 115 milliards d’euros de dettes ont été effacés.

    2012 : dette publique : 157,2 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2013 : dette publique : 175,1% du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    Troisième trimestre 2014 : dette publique de 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    Dans le Quart Livre, chapitre VIII, Rabelais écrit :

    Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file. Le premier à sauter derrière son compagnon était dans la foule. Il n’était pas possible de les en empêcher. Vous savez en effet que c’est le naturel du mouton, de toujours suivre le premier, où qu’il aille. De plus Aristote dit au livre IX de l’Histoire des Animaux que c’est le plus sot et le plus inepte animal du monde. Le marchand, tout effrayé de voir devant ses yeux périr et se noyer ses moutons, s’efforçait de les en empêcher et de les retenir de toutes ses forces. Mais c’était en vain. Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient.

    http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Quart_Livre

    L’histoire de la zone euro se terminera de la même façon :

    « Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient. »


    • Mélissa Le 22 février 2015 à 11h52
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      Tres bien vu,Béa,…mais je suis moins pessimiste que vous…

      Comme je le dis plus bas,les dirigeants Grecs ont conscience qu’il faut changer,certes,mais également qu’il faut éviter un naufrage collectif.
      Une délicatesse qui apportera de plus en plus de soutiens à leur détermination,qui du coup,s’honore de responsabilité.
      Les circonstances ont-elles déclenché cette révolution adulte dont le monde à besoin?…
      L’affirmative suppose que chacun y croie et agisse dans le même sens…


    • Chris Le 22 février 2015 à 13h34
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      “Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite”
      Continuer de prêter à une Grèce en faillite, sauvait les banques grecques, française et allemandes d’un désastre certain. Elles se sont largement, non pas rattrapées, mais engraissées sur le dos de la Grèce avec la complicité d’un Pasok et Démocratie Nouvelle.
      Les 240 milliards de prêt en 2012, les Grecs n’en ont pas vu la couleur. Ce fut un jeu d’écritures entre ces banques. Comment voulez-vous qu’un pays stabilise sa dette, quand l’intérêt de ses obligations tournent autour de 10-12% et que son économie est en décroissance ? La Grèce a perdu 1/4 de son PIB depuis 2008.
      Calcul valable pour tous les Etats-membres de l’Union !
      Lire cet excellent article canadien, en français :
      http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=1546


      • nulnespropheteensonpays Le 22 février 2015 à 16h04
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        on prete(de l’argent) parce que l’on espère gagner …(des intérêts) comme quand on joue au loto…je vais demander a la française des jeux de me rembourser la prochaine fois


        • Ardèchoix Le 22 février 2015 à 18h03
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          Il suffit de regarder les infos sur la Grèce , comment ? Sur les sites de bourse, le peuple gagne les banques plongent .


    • 1Direct Le 22 février 2015 à 14h26
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      De @BA:
      ” … En 2008, les autres nations européennes auraient dû accepter de subir des pertes. Elles auraient dû accepter que la Grèce fasse défaut sur la totalité de sa dette publique. Mais, malheureusement, elles n’ont pas voulu subir des pertes … ”
      Oui BA vous avez raison. Ils auraient du.
      Sauf que majoritairement ce n’étaient les états et ses “filiales financières” qui détenaient ces créances mais les entreprises financieres privés dont les françaises et les allemandes en premier lieu (banques, assurances etc.).
      A l’époque cela aurait impliqué de gros problèmes à ces sociétés voire même des possibilités de faillites. Inconcevable pour les grands prêtres de la doctrine dominante au pouvoir.

      Tous les joueurs le savent: La “banque” ne perd jamais
      Cette maxime avérée a été transposée par le capitalisme dans notre société, au niveau mondial.

      Par conséquent ils devaient gagner du temps, non pas soutenir la Grèce et le peuple (faut pas pousser), mais pour transférer toutes ces créances vers des structures publiques.
      Ainsi, c’est le cas aujourd’hui, la Papesse allemande de la secte Eurogroupe(dur dur pour des Orthodoxes 😉 ), ses grands cardinaux et leurs cours, ont fait le travail. Le privé n’a plus qu’une faible part des dettes grecs.
      Ainsi ces “Grands” prêcheurs peuvent nous dire sans broncher:
      ” Allemands, Français & Co vous allez payer avec vos impôts si la Grèce fait défaut! “

      Bien le tour de passe, non?
      Ben oui, aujourd’hui c’est devenu vrai.
      Et les financiers? Tout va bien pour eux, merci.

      La petite dernière de ces derniers jours montrant que la secte Eurogroupe est constante dans sa pensée de sauvegarde de ses populations:
      L’UE a décidé de verser aux banques grecques les 10 milliards prévus pour “les Grecs”.

      Pourquoi?
      Parce que les banques se sont faites “dévalisées” leurs liquidités par les retraits massifs de la population.


  11. lanQou Le 22 février 2015 à 10h57
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    Je ne partage pas tout cet enthousiasme: Syriza n’est pas pour le contrôle des capitaux ni pour une sortie de l’UE ni même pour une sortie de l’euro. En conséquence, il ne peut être que cet improbable équilibriste condamné à avancer sur le fil tendu par la troïka, ou à choir.

    C’est un peu loin mais il ne faudrait pas oublier notre Mitterrand, porté par un peuple et des valeurs progressistes en opposition à l’UE dans une France qui n’était même pas encore liée par Maastricht puis Lisbonne, ce qui lui aura permis de tenir près de 2 ans avant de capituler et se soumettre.
    Je ne ferai par contre pas l’insulte de comparer à Hollande, sa “trahison” n’en est pas vraiment une: personne n’a jamais cru qu’il était de gauche ou même qu’il porterait la moindre politique “de gauche”.

    Aujourd’hui, on fait semblant de se réjouïr: “on va voir ce qu’on va voir dans 4 mois!” alors que dans le fond tout le monde voit bien ce qu’il s’est passé ce week-end: moins d’un mois après son élection, Syriza s’assoit sur son programme électoral et se couche devant les “institutions” (tour de passe passe sémantique pour faire oublier la troïka), ni plus ni moins.

    C’était un peu une chronique annoncée, même si tous les gauchistes européens délaissés ont voulu y croire, mais ce qui est le plus inquiétant, c’est cette tromperie de Tsipras qui crie victoire au lieu d’avouer simplement qu’au sein de l’UE, la Grèce seule ne peut rien contre l’Allemagne ultralibérale, et d’en tirer les conséquences qui s’imposent: sortir de ce merdier pour honorer ses promesses électorales.

    Bref, on verra dans 4 mois, si les bons ministres de la gauche radicale-mais-pas-trop auront trouvé et développé avec l’Allemagne les éléments de langages nécessaires à faire passer des vessies pour des lanternes comme on en goûte les prémisses aujourd’hui ou s’ils décident de franchir la ligne jaune: sortir de l’euro.
    Encore une fois, c’est le peuple qui est le dindon de la farce, pendant ces 4 mois, combien de Grecs en plus à la rue, en souffrance ou morts de cette “austérité” qui n’est qu’un énième avatar de l’exploitation des travailleurs par la classe capitaliste?
    C’est sans doute ce qu’ont compris depuis le début les communistes grecs et l’epam qui se sont bien gardés de s’associer à ce Syriza.


    • Wilmotte Karim Le 22 février 2015 à 11h45
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      La Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé.
      Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste bien entendu à définir.
      La « Troïka » n’existe plus comme institutions, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir (men in black suits) qui venaient dicter leurs conditions à Athènes.
      La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes.

      Un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne.”

      Sapir


      • lanQou Le 22 février 2015 à 13h46
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        Plus de troïka, mais le conseil européen, le FMI et la Banque mondiale sont toujours à la source des arbitrages des politiques en UE, je ne vois pas comment on peut appeler ça autrement que “tour de passe-passe”.

        “La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes.”
        C’est là encore un tour de passe-passe voire carrément mensonger: les réformes que Syriza a promises lors de sa campagne n’ont pas été autorisées, Athènes doit donc proposer de nouvelles réformes d’ici demain qui seront acceptées ou non par l’Allemagne (au nom de l’UE et de la troïka) et conditionnerons l’octroi, ou non, d’une “aide”.

        Et j’aimerais franchement voir où Mr Sapir a vu que l’unanimité de l’eurogroup a été brisée? Y a-t-il un seul gouvernement européen qui se soit engagé pour soutenir la Grèce dans son bras de fer avec l’Allemagne? Je suis peut-être complètement passé à côté donc si vous avez des éléments précis à apporter je suis à votre écoute.


    • bonobo Le 22 février 2015 à 12h02
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      Je préfère, pour ma part, “wait and see”, plutôt que de me fourvoyer dans des prévisions scabreuses.
      Varoufakis se révèle un négociateur hors pair. Cela ne signifie pas qu’il va réussir car la partie d’en face possède quasiment tous les atouts. Mais de temps en temps, trop rarement hélas, un petit groupe de gens déterminés peut déplacer des montagnes.
      Quant-à comparer Varoufakis à Hollande … je ne m’étendrai pas !


    • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 12h36
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      Syriza n’est pas pour le contrôle des capitaux ni pour une sortie de l’UE ni même pour une sortie de l’euro” : ça ne sert à rien de faire référence aux intentions pré-électorales de Syrisa. Quand de Gaulle est porté au pouvoir, en 58, il va dire aux Français d’Algérie : “Je vous ai compris !”, (ie : l’Algérie restera française), et se prononce ensuite pour l’autodétermination. Je veux dire par là que Syrisa a peut-être caché son jeu. La question est de savoir ce qu’ils vont faire maintenant : renverser la table ou, de concession en concession, se mettre à plat ventre ?


      • lanQou Le 22 février 2015 à 14h06
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        Syriza cacherait son jeu, ce serait en fait des supers joueurs d’échec, et s’ils n’ont pas oser s’opposer frontalement à l’UE et l’Allemagne aujourd’hui, c’est pour mieux la combattre demain…
        C’est un sentiment que partagent beaucoup, car il donne de l’espoir, mais c’est en l’état surtout un voeu pieu.
        La reculade sur les réformes promises lors de la campagne électorale ne serait qu’un moyen stratégique pour mieux sauter…
        Peut-être, je ne suis ni devin ni intime de Syriza, mais j’ai comme qui dirait un gros doute: le tournant de “la rigueur” que nous avons connu, n’a pas été un moyen pour temporiser afin de faire passer des réformes progressistes par la suite, non, ça a été l’enterrement en bonne et dûe forme de tout espoir progressiste en France. Alors certes la Grèce n’est pas la France, Tsipras n’est pas Mitterrand, mais quand vous avez une formation de gauche qui accède au pouvoir et qui recule devant ses promesses, difficile pour moi de ne pas voir simplement une reddition camouflée.
        La question de “renverser la table ou passer dessous”, Lordon l’a posée il y a 1 mois, ça me semble un peu borné de la reposer après 1 mois de dures négociations. Le constat est là: la Grèce passe sous la table. Pour mieux la renverser d’ici 4 mois? et dans 4 mois Syriza reculera encore et on reposera la question? combien de temps peut durer ce petit jeu? indéfiniment.


    • Jérôme Le 22 février 2015 à 14h48
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      @ lanQou

      Je ne partage pas non plus cet enthousiasme (en fait, je ne l’ai jamais vraiment partagé, même si je reste de gauche) et je suis entièrement d’accord: les grecs ont sacrifié leur rêve sur l’autel de l’euro.

      La situation est donc désormais officiellement inextricable, à moins que Varoufakis choisisse d’enfin se rendre à l’évidence: il n’y a pas d’euro sans austérité (à part en Allemagne).

      Tout indique donc que l’euro survivra, ainsi que les politiques d’austérité qui l’accompagnent. Et si on veut garder un peu d’optimisme, il n’y a plus qu’à regarder sur le long terme: une union monétaire ne pouvant pas fonctionner sans une redistribution interne des solidarités (pensez par exemple Guadeloupe ou Martinique au sein de l’union monétaire du franc français, ou même simplement la Creuse!), l’Allemagne sera mécaniquement forcée d’accepter, un jour ou l’autre, une forme de redistribution budgétaire. Cela semble complètement absurde et impensable aujourd’hui. Mais regardez bien l’histoire, elle est pleine de ces revirements a priori “impensables” qui, in fine, forgent l’humanité. Je pense particulièrement, en ces jours bien sombres il faut bien l’avouer, à l’Amérique. Qui aurait pu penser, une semaine avant le début de la guerre civile, qu’un jour les Etats-Unis d’Amérique finiraient unis dans la joie et la bonne humeur, sous un seul gouvernement fédéral. Si vous connaissez l’histoire, vous connaissez la réponse: personne.

      L’abdication de la Grèce est paradoxalement le début d’une immense aventure, impensable et absurde elle aussi, qui devrait nous permettre, non sans douleur probablement, d’enfin construire une Europe économique et politique unie.


      • lanQou Le 22 février 2015 à 16h10
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        Il me semble que l’UE a déjà une politique économique unie: la politique ultralibérale.

        Votre argument “une union monétaire ne pouvant pas fonctionner sans une redistribution interne des solidarités” me paraît tout à fait juste, mais en revanche je ne souscris pas du tout à votre conclusion: ” l’Allemagne sera mécaniquement forcée d’accepter, un jour ou l’autre, une forme de redistribution budgétaire.”
        Je conclurais bien plutôt que l’union monétaire volera en éclat bien avant que l’Allemagne ne consente à développer une véritable monnaie unique adaptée à toutes les économies, et non une monnaie plurinationale adaptée à la sienne.

        Votre exemple Américain néglige une chose: si le Nord et le Sud s’affrontaient, ils partageaient par ailleurs beaucoup de chose, dont un élément essentiel: une langue commune. En Europe, je pense que personne ne s’imagine que chaque citoyen de l’UE maitrisera la langue des 27 autres pays partenaires… Chaque peuple est de fait coupé de son voisin et doit en passer par des intermédiaires pour dialoguer avec eux. L’abandon de l’espéranto comme langue commune est par ailleurs bien la preuve qu’il n’y a pas de volonté d’établir un peuple européen dans le long terme, tout le monde est invité à parler Anglais, je vous laisse deviner pourquoi…

        Enfin, “qu’un jour les Etats-Unis d’Amérique finiraient unis dans la joie et la bonne humeur, sous un seul gouvernement fédéral” est une image d’épinal. Certes tous les Etats ont été unis, mais 150 ans plus tard, la joie et la bonne humeur ne sont pas nécessairement partagées par tous: http://www.24hgold.com/francais/contributor.aspx?article=2174267168G10020&contributor=Sign%C3%A9+V%C3%A9ner


        • Leterrible Le 22 février 2015 à 16h35
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          @IanQou

          Tout ceci nous entraine un peu loin du sujet.

          A 10h57 vous écrivez cette sentence révélatrice :

          …” “….l’exploitation des travailleurs par la classe capitaliste?
          C’est sans doute ce qu’ont compris depuis le début les communistes grecs et l’epam qui se sont bien gardés de s’associer à ce Syriza
          ” “…

          Voudriez-vous rappeler , sans remonter le temps et l’histoire en deçà de l’époque de la chute des colonels , combien de fois et dans quelles circonstances le KKE grec s’est allié à un gouvernement effectif de la GRECE?


          • lanQou Le 22 février 2015 à 18h24
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            On n’est jamais mieux servi que par soi-même. N’hésitez pas à aller au bout de vos idées et les exposer clairement si vous souhaitez débattre sincèrement.


            • Leterrible Le 22 février 2015 à 18h53
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              Le style de votre réponse montre que vous m’avez bien compris.

              Comme le KKE pourrait devenir dans l’avenir “l’allié objectif” de SYRIZA , je m’abstiens d’argumenter. Une sorte de soumission volontaire!
              °(^!^)°


        • Jérôme Le 22 février 2015 à 19h56
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          Les obstacles sont absolument immenses, vous avez raison de le souligner.

          Mais l’euro semble indémontable. Même l’élection d’un gouvernement issu de la “vraie” gauche abdique en à peine un mois face à sa logique. Son assise démocratique (Maastricht); historique; institutionnel (quasiment aucun interlocuteur parlementaire sérieux); et populaire (une partie minoritaire des européens souhaite sortir de l’euro, même les grecs y adhèrent largement en dépit de tout ce qu’ils ont subi); tout cela semble rendre l’euro, malgré les impressions et toutes les prédictions les plus pessimistes, presque indestructible.

          Comment voulez-vous en sortir? Même Mélenchon tourne indéfiniment autour du pot. Marine elle-même, qui pourtant appelait à une sortie unilatérale de l’euro si elle était élue, s’en tient désormais à vouloir convoquer un référendum… dont on connaît déjà l’issue négative!

          Ainsi l’euro peut survivre semble-t-il indéfiniment mais évidemment, pour sortir de ses contradictions énormes qui pourraient nous emmener très loin (je pense là à Aube Dorée par exemple) il faudra qu’il devienne une véritable union monétaire. C’est à dire appuyée sur une union politique unie.

          Nous devons donc nous rendre du point actuel A, visiblement catastrophique, au point B d’une union politique avec ce que cela implique de mécanismes de solidarité. On voit mal comment, démocratiquement, l’Allemagne pourrait arriver au point B. Ce sera donc, en toute vraisemblance et ainsi que certains le prédisent déjà, par la force. Attachez vos ceintures, ça va secouer.


          • lanQou Le 23 février 2015 à 16h53
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            “Mais l’euro semble indémontable. […] tout cela semble rendre l’euro, malgré les impressions et toutes les prédictions les plus pessimistes, presque indestructible.
            Comment voulez-vous en sortir? ”
            Je comprends vos interrogations car c’est en effet le message martelé par tous les canaux: hors de l’euro, point de salut! c’est l’apocalypse qui nous guette (comme le non en 2005 devait déjà nous y précipiter…).
            Il ne faut pas se laisser impressionner par cette propagande car comme vous l’avez vous-même dit plus haut:
            “Cela semble complètement absurde et impensable aujourd’hui. Mais regardez bien l’histoire, elle est pleine de ces revirements a priori “impensables” qui, in fine, forgent l’humanité.”

            De plus, je ne vois pas en vertu de quoi il serait un “devoir” de se rendre à point B qui serait une Union Fédérale Européenne. On peut très bien envisager un point C, qui serait par exemple la déconstruction de l’UE et le retour aux souverainetés nationales. On peut très bien coopérer avec les autres pays de l’UE sans être dans l’UE: fort heureusement nous n’avons pas des relations qu’avec d’autres pays européens mais avec un grand nombre des pays du globe qui ne sont pas dans l’UE.

            Enfin, je ne crois pas au succès de la violence. Même si je veux bien reconnaître que la plupart des conquêtes sociales se sont faites par la violence, actuellement, non seulement les moyens policiers et la surveillance de masse permettent de contrecarrer assez facilement cette violence, mais en plus la violence appelle la violence, et les groupes qui prennent le pouvoir sont rarement plus éclairés que ceux qu’ils remplacent.

            Je crois plus à la volonté pacifique collective, mais celle ci ne peut s’appuyer que sur les volontés individuelles, et celles-ci ne s’éveillent que grâce à l’information. Plus que violenter, il faut informer, discuter et convaincre une majorité. Ce qui est évidemment un combat ardu au vu la main mise du capitalisme sur l’ensemble des médias.
            Si nous étions une large majorité décidée à reprendre les pouvoirs que nous avons confiés à une institution supranationale non démocratique, vous verriez qu’il n’est pas difficile de trouver les moyens, pacifiques, de sortir de l’euro et de l’UE.

            Ainsi l’Allemagne pourrait tranquillement mener la politique économique qui lui convient sans devoir asphyxier la Grèce. La France et tous les pays d’Europe de même. Il est temps de réaliser que nos intérêts ne sont pas exactement les mêmes et que nous avons plus à gagner dans une coopération sincère plutôt que dans un mariage forcé qui légalise la domination du plus fort et impose une économie ultralibérale à tous.


            • reneegate Le 23 février 2015 à 23h49
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              oui c’est bien dit. Et en matière de violence nous ne serions loin d’être les meilleurs. Les meilleurs sont d’ailleurs au pouvoir car la violence peut prendre des formes bien conventionnelles et présentables. Les camps ne sont pas en Sibérie ici.
              Ce que j’aime dans votre message c’est la volonté d’appréhender un chemin différemment et il me semble que les grecs font cela. Ce qui me rassure aussi c’est le rejet d’un Schlaube qui est une sorte de label de garantie.
              Soyons précis et circonspect (par rapport au message suivant) un Lordon n’est pas à considérer comme d’autres prétendus socialistes, usurpateurs de nobles ambitions telles que liberté égalité fraternité. Enfin il n’est pas question pour les grecs aujourd’hui “d’avoir raison” mais de soulager absolument la peine de leur peuple (et des européens disent ils) et de faire “au mieux”. Laissons leur au moins le bénéfice du doute, laissons nous le temps de manifester notre solidarité et encourageons les à tenir leur cap. Nous souffrons aussi et Varouflakis est le vecteur d’un courant d’air pur à la Lordon qui je suis sur provoquerai la même crise d’urticaire aux encartés de l’euro-groupe et au gardien du temple Schlaube. (Je suis sur qu’il serait bien plus tolérant avec des envoyés d’Aube Dorée, atavisme?)
              Je réserve mes rancoeurs à nos “représentants” français, les ponce pilates Hollande et Sapin et au vichyiste Moscovici (atavisme aussi?) qui est chargé d’aiguiser les lames.
              Pour ma part le comportement du gvt Grec aujourd’hui me fais douter de ma conviction profonde à envisager la solution hors de l’UE. Le Charles de Gaulle est sous commandement US, cette hégémonie galopante de l’empire US est à considérer et peut être faut il jouer en restant un peu caché. Des nations souveraines partageant une citoyenneté européenne ou comme vous le suscitez des nations souveraines partageant des règles internationales communes qui garantiraient le respect de tous et dont les alliances franchiraient les océans.
              L’envie en quelque sorte de prendre le risque de me tromper (encore) afin de respecter jusqu’au bout ceux qui aujourd’hui montrent que l’on peut envisager un même chemin de façon bien différente, sortir ce casque d’idées préconçues qui nous pèse au point de ne plus nous permettre de nous envoler.
              (en fait je me répête désolé. L’URSS était conçue pour réunir et respecter des nations unies dans une citoyenneté socialiste commune)


      • Homère d'Allore Le 23 février 2015 à 08h27
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        @Jérôme

        “Europe politiquement et économiquement unie” à long terme…

        A long terme, nous serons tous morts, écrivait Keynes.


        • pikpuss Le 23 février 2015 à 08h38
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          Les Grecs n’ont rien sacrifié du tout ! Ils ont été sacrifiés par leurs élites complices des magouilles de Goldman Sachs. Comme si nous Français avions choisi l’Euro ! Quelle bonne blague à 6,65 F !
          Une poignée de décideurs hypocrites nous a mis dans le bain de l’usure éternelle. Et cela, nous ne l’avons jamais choisi ! Être de gauche ou de droite ne signifie rien du tout : de toute façon c’est être la proie de l’usure et des mafieux de toutes sortes.


  12. Mélissa Le 22 février 2015 à 11h15
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    La meilleure analyse que j’ai pu lire du combat qui s’engage…

    Un problème bien énoncé étant à moitié résolu,si Varoufakis s’en tient à la logique que décrit Michel Feher,une révolution européenne est déjà en marche.

    En poussant le peuple Grec dans ses derniers retranchement,l’Union Européenne à créé elle-même les conditions qui dévoilent le grand mensonge qui a présidé à sa conception.On peut cacher longtemps la vérité mais on ne peut plus empêcher son éclosion lorsqu’un tel processus est engagé.

    Les atermoiements et les tentatives de récupérations de la Troïka seront de plus en plus désespérées et les réactions sournoises de ses commanditaires seront,soit de plus en plus dangereuses,soit, plus probablement, de plus en plus résignées et pragmatiques,cherchant déjà par tout les moyens à rester “placés”, pour garder leur influence dans le monde d’après …

    Tout dépendra de la combativité des peuples…

    Que ce soit le peuple Grec qui mette le pied dans l’entrebâillement de cette porte,… en train de céder sous la poussée inexorable d’une vérité qui explose…, n’est pas une incongruité historique au regard de sa culture politique et démocratique.La détermination de ses leaders à engager cette lutte dans le respect des autres peuples européens, témoigne aussi de son haut degré de civilisation.


    • reneegate Le 22 février 2015 à 12h51
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      J’ai la même réaction que vous. J’ai la conviction désormais que si il y a une solution (évidemment imparfaite) autre qu'”un après clash économique” et bien c’est Syrisa qui aura pris le flambeau. Tant qu’une catastrophe n’a pas eu lieu il est vain de parler de contrôle des capitaux et de sortie de l’euro car les peuples n’y sont pas ou plus disposés. Les médias ont fait leur boulot et c’est synonyme désormais de catastrophe et de très grande insécurité.
      C’est quand même une sacré révolution que l’attitude et le discours de Varouflakis et je lui tire mon chapeau pour son panache. Il suffit de voir la réaction de Schlaube (tant pis pour le trait d’union qu’il s’assoie dessus) qui ne souffre plus le moindre contact avec Varouflakis. Cela dépasse son entendement et il lui faudra bien 4 mois pour prendre le recul nécessaire afin de comprendre que le bien être des peuples peut contribuer bien plus efficacement à la stabilité monétaire et financière. Les médias aussi ont du pain sur la planche et comme Schlaube (décidément quel nom et qu’elle tête de faux Jody pour être poli) n’y parviendront pas.
      Par contre les peuples européens ont face à eux désormais des propositions intelligentes que leurs politiques élus prétendaient appliquer. Pendant 4 mois seront affichées les compromissions de leurs élus, les mensonges de leurs merdias et cela va peser dans les élections futures (Espagne puis France).
      Alors certes ce ne sera pas le “grand soir” mais l’inclinaison prise par les politiques Grecs n’est pas négligeable : chasse aux oligarques, indépendance face à l’OTAN, fermeture des camps de concentration/rétentions (allez voir celui de Vincennes avant de dire quoique ce soit sur cette association, les camps ont commencés comme cela puis ont dégénérés).
      Donc bien des mesures qui me plaisent et tant pis pour mes grands espoirs, je les garde quand même au fond du coeur, il y a là une alternative à de nombreux plans politiques infâmes, et en attendant, bravo SYRIZA , surtout ne changez pas.


  13. rakosky Le 22 février 2015 à 12h51
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    Je n’arrive pas à en vouloir à Syriza ou à Varoufakis,ils ont négocié comme ils pouvaient avec un pistolet sur la tempe
    En face d’eux,un bloc,Merkel soutenue par le SPD,Hollande,Moscovici,les banques,le FMI,l’Union européenne…et Mélenchon qui en appelle à Hollande
    Contre qui les grecs devront descendre dans la rue,contre leur gouvernement ou contre l’Union européenne qui vient de montrer son vrai visage ?
    Le seul acte de dignité et de solidarité pour les partis de gauche n’est-il pas d’exiger de nos gouvernements l’annulation de la Dette ?
    Auront-ils ce courage,ceux qui ne voient de salut que dans la BCE,,qui en appellent aux institutions européennes pour “une autre politique” et confirment ainsi leur légitimité .
    Auront-ils ce courage ceux qui n’osent même pas appeler à la mobilisation générale contre la Loi Macron et se sont couchés devant le 49 ter ?


  14. Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 13h29
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    Les commentaires me laissent sceptiques, y compris l’article de Sapir. Il me semble que tout le monde sous-estime la nature de l’antagonisme. A mon avis, il est du même ordre que celui sur l’esclavage qui a provoqué la guerre de Sécession : on y retrouve un nord et un sud, des politiques économiques opposées et une dimension morale. L’enracinement de l’antagonisme est aussi très fort dans chaque champ : au nord c’est affaire de convictions, au sud de survie. Dans ces conditions, il n’y a pas de négociations possibles. Qui imaginent que les US auraient pu mettre fin à l’esclavagisme, ou l’imposer dans toute l’Union, par des négociations ? Personne ! Si nordistes et sudistes se sont fait la guerre, c’est bien parce qu’il est arrivé un moment où ils se sont rendus compte qu’il était impossible de négocier. Conclusion : il est urgent que la Grèce arrête d’espérer une solution avec l’UE. Elle sera toujours le dindon de la farce.


    • Timothée Le 22 février 2015 à 13h37
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      C’est l’avis de M.Glezos : il n’y a pas de compromis possible entre maitre et esclave.


      • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 13h56
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        Oui, merci de votre remarque. Même si aujourd’hui les termes maître/esclave ne s’appliquent pas à proprement parler, la souveraineté des nations européennes est en jeu. A l’époque de la guerre de Sécession, les Sudistes avaient sans doute le même ressentiment à l’égard de l’État fédéral que les Grecs envers les Allemands ou l’UE. Et eux aussi avaient sans doute l’impression que leur souveraineté était en jeu à devoir libérer les esclaves. On ne change pas de modèle économique comme de chemise.


      • 1Direct Le 22 février 2015 à 14h44
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        A moins les grecs soient encore dans un équivalent du syndrome de Stockholm.
        La peur faisant, ils n’osent même plus demander à sortir de leur “prison”


    • Carabistouille Le 22 février 2015 à 13h45
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      Disons qu’elle aurait pu négocier si elle avait trouvé des partenaires, des alliés. Ce n’est pas le cas comme le dit Sapir. Et comme le dit Todd, le sud de l’Europe se met dans une servitude volontaire. Et contrairement à ce que prétendent certains, ce n’est pas “l’élite” des pays du sud qui met la population dans les chaines, ce sont les peuples qui ne veulent pas assumer une sortie de l’euro. Le peuple Grec en premier qui n’a voté Syriza qu’à un peu plus du tiers. N’importe quel dirigeant, au regard des sondages en ce sens ne va pas risquer sa peau et sa postérité s’il n’a pas un soutien massif de son peuple.
      Et à ce jour, hormis peut-être le peuple allemand, aucun ne veut sortir de l’euro.


    • bonobo Le 22 février 2015 à 14h03
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      C’est certainement UNE des options de Syrisas. Mais maintenant, la balle est dans le camps des eurolâtres et l’étau est un peu desserré pour les Grecs.


    • Chris Le 22 février 2015 à 14h07
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      “au nord c’est affaire de convictions, au sud de survie”
      Votre phrase m’a tout à coup imposé un plan : une révolte européenne de la démocratie !
      J’aimerais bien voir la population vaillante des pays du Sud affluer à Berlin, Münich, Bruxelles, Amsterdam, Francfort, etc… avec picnic et sacs de couchage pour une semaine, histoire d’encombrer l’espace public sans dépenser un rond (ce que font d’ailleurs beaucoup d’Allemands moyens quand ils séjournent à l’étranger), et s’installer devant les édifices gouvernementaux et bancaires avec leurs pancartes de protestations.
      Après tout tout, les Européens disposent de la libre-circulation et des millions d’entre eux sont libres de leur temps car au chômage !

      Ou quand la survie rend visite à la conviction : ce serait une expérience très intéressante.


    • Mélissa Le 22 février 2015 à 15h06
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      @Crapaud Rouge,

      Il me semble beaucoup plus urgent de ne pas comparer la finesse de l’analyse politique des dirigeants grecs,qui ont trouvé et qui attaquent le talon d’Achille de l’UE,…avec l’état d’esprit des belligérants des guerres américaines,pervertis,déjà en leur temps,par des intérêts dominateurs et manipulateurs antagonistes…
      Sauf, bien sûr, à apporter la preuve que les gouvernants grecs sont manipulés…


      • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 16h10
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        la finesse de l’analyse politique des dirigeants grecs,qui ont trouvé et qui attaquent le talon d’Achille de l’UE” : et c’est quoi, le talon d’Achille de l’UE ? Je ne l’ai trouvé nulle part. Je ne conteste pas la “la finesse de l’analyse politique des dirigeants grecs“, mais ça ne suffit pas pour négocier. Le signe le plus décourageant, c’est que les ministres des finances respectifs de l’Allemagne et de la Grèce ne peuvent plus se blairer. Cela signifie que Varoufakis sait que ses idées de fond ne passeront pas, et que la Grèce devra se contenter d’aménagements pragmatiques.


  15. reneegate Le 22 février 2015 à 13h50
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    Si Syriza projetait de sortir de l’Euro (du moins en première intention) ils trahiraient leurs électeurs. Avec un programme de sortie de l’euro ils n’auraient pas obtenu le pouvoir. Ce n’est donc plus la peine d’épiloguer là dessus que vous ayez raison ou pas. Il est sain qu’ils ne le fassent pas puisqu’ils n’ont pas proposé celà aux électeurs (c’est bien ce que tout le monde ici reproche à Hollande). Ils ont le pouvoir en Grèce et ils tentent d’influer pour un virage en Europe voilà les bases. Ils ne pourront sortir que si les européens les y contraignent mais pas de leur propre chef.


    • Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 14h07
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      Vous n’êtes pas le seul à dire que les Grecs ne veulent pas sortir de l’euro, ok, mais quand ils découvriront que ça ne peut pas marcher, que l’UE ne prendra jamais le “virage” espéré, ils crieront à la trahison quand bien même le gouvernement aura fait exactement ce qu’ils attendaient…


    • Chris Le 22 février 2015 à 14h12
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      La réponse demande plus de subtilité. Les idées doivent suivre leur chemin…
      Une chose est acquise. Si la Grèce sort de l’Union, les Etats-Unis vont se déchainer, car cela mettra en péril le glacis géopolitique en Europe qu’ils ont mis en place depuis 1945, à travers la construction de l’Union Européenne, pur avatar US.
      Un Grec déterminé est-il plus malin qu’un Américain tordu et qui tord le bras à qui n’obéit pas ?


    • 1Direct Le 22 février 2015 à 14h53
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      Oh les promesses, les promesses … !!!

      Si cela continu, dans le sens actuel, la promesse de la fin de l’austérité ne sera pas plus tenue.
      Alors entre deux promesses laquelle trahira-t-il?
      A votre avis?
      Dans les deux cas il aura perdu à moins que les Grecs ne se rendent compte à l’usage que l’une des trahisons est moins grave que l’autre et que c’est réellement pour lui, le peuple, qu’il l’a fait.
      Hypothétique hypothèse de plus. 🙂

      Les français connaissent bien cela de la part de nos politiques de tout bord.
      Les promesses sont comme les CDD, à durée limitée, limitée au temps de la campagne électorale.


  16. Un naïf Le 22 février 2015 à 16h12
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    Glezos : “Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion”

    Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’ »entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

    http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion


  17. coinfinger Le 22 février 2015 à 16h15
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    Y a du bon et du mauvais dans cet article . Il souligne l’innovation de Varoufakis , son coté nouvelle gauche , et plutot bien , soit , mais généralise outranciérement . Je veux dire que la Gréce est maintenant , presque Européanisée , c’est à dire vidée de sa substance productive, en gros , et vassalisée à la finance . Ce n’est pas pour autant le cas du monde dans son ensemble .
    La production qui est partie de Gréce , se retrouve ailleurs et méme plus , avec moins de salaire .
    La puissance de la finance est passagére , quoique qu’ayant pris une ampleur inégalée , elle s’arrétera quand elle aura atteint sa limite , la reproduction de la population poductive . Son pouvoir s’est déjà infléchi vers le bas , suite à l’arrét de cette croissance de population active en Chine en 2005 . C’est la vraie date de la crise , 2008 n’est que sa manifestation , suite aux relevement des taux US , elle méme suite à la montée ( fulgurante) des prix de base en Chine .
    Marx n’est pas mort . La substitution du travailleur Chinois à l’Américain c’est bien un accroissement de l’exploitation .
    Bon , alors nous reste à nous Européens dont Grecs , en bas de la chaine alimentaire , à jouer au plus fin . Certes . Si les Grecs n’y arrivent pas , ils vont devoir basculer de l’autre coté du mirroir où çà se joue hard .


  18. georges glise Le 22 février 2015 à 16h16
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    je ne suis pas convaincu par le raisonnement de varoufakis ni par les commentaires de ses épigones français. le peuple grec va continuer à subir l’austérité et la loi de la troika, ou bien il faudra que sa révolte aille plus loin que le programme de syriza, qui apparemment accepte les décisions de l’eurogroupe et de la commission juncker.


  19. georges glise Le 22 février 2015 à 16h22
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    il reste que la grèce peut mettre à profit le délai de 4 mois qu’elle obtiendra sans doute demain, pour traiter avec la russie et la chine pour obtenir les liquidités dont elle a besoin à un taux acceptable.


  20. Rose du sud Le 22 février 2015 à 16h33
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    OK, j’ai perdu mon pronostic pensant que personne ne pouvait obtenir quoi que ce soit de la part de banquiers! J’avoue que j’attends de voir la suite car ces personnes connaissent justement mieux que moi les rouages de la finance.

    Mais ce que j’ADORE c’est l’attitude du ministre. elle est fort rare.
    Il sourit à droite…..Il regarde à droite sous entendu, il Ecoute à droite c’est à dire l’AUTRE.
    De plus ses mains se croisent comme pour me dire ou nous dire: nous ferons ensemble, tous unis.

    Alors je pense ou ils le mettent à mort ou il gagne. car il faut toujours se méfier aussi des gens que l’on souhaite défendre….Ils comprennent souvent à retardement quand il est trop tard…
    Qui vivra verra.


    • Rose du sud Le 23 février 2015 à 17h59
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      Je viens de lire une conférence de 10 pages du ministre grec et de ses intentions.
      Il ne veut pas sortir de l’union européenne ce serait trop dangereux car aube dorée et d’autres sont en embuscade.
      On ne peut pas faire sauter d’un coup le capitalisme qui a apporté des bienfaits au départ mais qui est maintenant à bout de souffle alors il faut l’écouter , lui faire voir ses contradictions essayer d’obtenir quelques progrès minimes mais aussitôt dans cet espace en tant que politique faire voter des lois pour les victimes si minimes soient-elles, il faut que ce soit mieux et ainsi de suite.

      Je suis contre les révolutions c’est trop de pleurs pour beaucoup de gens.
      Je suis pour l’évolution or celle-ci ne peut advenir que si on est à l’ECOUTE des AUTRES et cela se voit dans l’attitude des gens.
      Par l’écoute petit à petit en travaillant ensemble on pourra obtenir une meilleure Société.

      Il a constaté que les socialistes au lieu d’aider les plus démunis se sont enrichis eux-mêmes! C’est exactement cela, car c’est très agréable d’être bien vu des riches….mais attention…que faites vous alors de vos idées d’origine??
      On en apprend des choses sur ce SITE! Merci!

      Alors les pronostics de Lordon “passer sous la table ou renverser la table” sont complètement faux car lui-même ne serait pas à l’écoute des gens.
      De même que ceux de ce pauvre vieux Giscard d’Estaing qui n’a jamais brillé pour ses idées pertinentes! Il était bien trop riche pour en émettre de valables.


  21. Hououji Fuu Le 22 février 2015 à 16h56
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    Pour ceux que ça intéresse, voici l’avis de Paul Krugman sur le deal de vendredi, un peu plus à froid (les adeptes du Grand Soir qui décideraient de se lancer dans un truc vachement dangereux genre Grexit sans soumettre ce choix crucial au vote du peuple souverain tout en prétendant que Syrirza a reçu ce mandat là le 25/01 vont être déçus) :

    La Grèce a fait un bon boulot
    Paul Krugman, le 22 février 2015.

    Source : http://krugman.blogs.nytimes.com/2015/02/22/greece-did-ok/

    Maintenant que l’excitation est un peu retombée, on peut jeter un oeil calmement à l’accord – qui ne sera un accord que s’il survit à ce lundi, ce dont certains doutent. Et il est de plus en plus clair que la Grèce en sort en réellement meilleur état, au moins pour l’instant.

    L’élément principal concerne toujours le surplus primaire grec – combien vont-ils devoir réaliser en plus en matière de revenus que ce qu’ils dépensent en autre chose que le remboursement des intérêts ? Ces derniers jours, la question était de savoir si les grecs allaient être forcés à donner leur accord sur un objectif de surplus primaires très élevés, sous la menace d’être propulsés dans une crise immédiate. Et cela n’a pas été le cas.

    Une manière de le voir est d’analyser méticuleusement la manière dont les mots ont été employés, comme sur ce site allemand (http://norberthaering.de/index.php/de/newsblog2/27-german/news/274-worth-it#1-weiterlesen). C’est assez utile. Mais pour ma part, je prétends que, pour ce qui est important, nous avons dépassé le stade des coupages de mots en quatre. Plutôt que de consacrer du temps à ça, nous devons réfléchir à ce qui va réellement se passer à partir de maintenant.

    Dans l’immédiat, la Grèce a évité d’être coupée de sources de crédit et, pire d’une action de la BCE pour tirer la prise sur son système bancaire. Et la Grèce y est arrivée tout en obtenant que, dans les faits, on tire un trait sur l’objectif de surplus primaire pour 2015.

    La prochaine étape viendra dans quatre mois, lorsque la Grèce présentera ses arguments pour des surplus inférieurs dans les prochaines années. Nous ne savons pas comment cela se passer. Mais rien de ce qui vient de se passer n’affaiblit la position grecque dans ce round à venir. Supposons que les allemands affirment qu’une clause libellée de manière ambigüe devrait au final être interprétée comme signifiant que la Grèce doit réaliser un surplus primaire de 4,5 % de son PIB. La Grèce répondra que non, ce n’est pas ce qui est écrit – et après, que se passera-t-il ? Il y a deux ans, quand tous les VSPs européens croyaient complètement à l’austérité, la Grèce aurait pu avoir à faire face à des représailles sur base d’interprétations des termes ; mais plus maintenant.

    Ainsi donc, la Grèce a gagné des conditions assouplies pour cette année, et de l’espace pour reprendre un peu de souffle dans la préparation au gros combat qui l’attend. Ca aurait pu être bien pire.


  22. Crapaud Rouge Le 22 février 2015 à 17h20
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    A celles et ceux qui répètent que les Grecs “ne veulent pas sortir de l’euro” : c’est à la fois vrai et faux. Lire ce passionnant billet pour comprendre : http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/02/quel-que-soit-le-risque-les-grecs.html Ils redoutent une sortie de l’euro, ils n’en veulent pas a priori, mais, en cas de nécessité, ils sont plutôt disposés à “faire avec”.

    Dans ce billet, on trouve aussi ceci : “Le gouvernement grec est, à mon avis, tout aussi convaincu que l’euro n’est pas compatible avec la politique qu’il s’est engagé à conduire et que l’Allemagne ne consentira pas aux transferts qui pourraient aboutir à ce que cette monnaie absurde cesse d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres. Mais il ne pouvait le dire avant les élections et il fera tout pour faire porter la responsabilité de la sortie de la Grèce, aux yeux de son opinion, à l’Allemagne et à l’UE.” C’est effectivement le point crucial : si la Grèce sort de l’euro de sa propre initiative, et par sa “faute” qui plus est, alors son gouvernement aura beaucoup de mal à rester en place dans la tourmente qui s’ensuivra. Tandis que si elle se fait éjecter, 80% de l’opinion sera en sa faveur.


    • Leterrible Le 22 février 2015 à 17h37
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      ………” ” Tandis que si elle se fait éjecter, 80% de l’opinion sera en sa faveur” “……

      Un rappel (parfaitement bien vu) de la seule manière d’arriver à la situation souhaitée par certains ici…
      C’est aussi un des rares ( mais puissant) atouts de SYRIZA dans l’avenir.


    • Zasttava Le 22 février 2015 à 19h41
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      Merci Crapaud pour le lien vers le blog de Coralie Delaume (auteure de “Europe, les Etats désunis”) que j’avais “oublié” de revisiter ces dernières semaines !

      Cet entretien est fondamental pour qui veut comprendre la situation et les actions du gouvernement grec. Delorme replace le présent en perspective avec le passé de la Grèce, et fournit dès lors les clés indispensables pour comprendre la situation.
      Encore merci !


  23. Pegaz Le 22 février 2015 à 17h20
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    Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde :

    « La dette grecque est en grande partie illégale et illégitime »

    Illégalité
    Mai 2010 prête de 110 milliards sans vote du parlement.

    Illégitimité
    Suite aux rétorsions des marchés financiers la Troïka impose un prêt de 100 milliards afin de rembourser les banques privées française, allemande etcs…

    Eric Toussaint, économiste et porte parole du CADTM International est l’invité de Robin Cornet dans Matin Première sur la RTBF, ( jeudi 20 février 2015 ! ).

    http://cadtm.org/La-dette-grecque-est-en-grande

    « La dette est un moyen de chantage pour imposer les politiques néolibérales »

    http://cadtm.org/La-dette-est-un-moyen-de-chantage


  24. vérité2015 Le 22 février 2015 à 17h56
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    Syriza Capitulates To The EU.

    For Europe’s ruling elite, there are no “mutually acceptable financial and administrative terms,” only an unconditional surrender.

    http://www.informationclearinghouse.info/article41071.htm

    Grèce: le doyen de la gauche contre Tsipras.

    Le député européen Manolis Glezos, 92 ans, figure de la gauche grecque et de la résistance, s’est fendu dimanche d’une critique virulente des concessions faites par le gouvernement Syriza, parti dont il est élu, dans ses négociations avec la zone euro. “Je m’excuse auprès du peuple grec d’avoir participé à cette illusion”, écrit le doyen du parlement européen sur un blog où il déplore qu’après un mois de gouvernement, “les annonces ne soient pas devenues pratiques”.

    Pire, “rebaptiser la troïka en institutions, le “memorandum+ en accord, les créanciers en partenaires (…) ne change rien à la situation”, poursuit Manolis Glezos, en référence à quelques évolutions sémantiques qui accompagnent le compromis trouvé entre la Grèce et la zone euro vendredi. Elu eurodéputé Syriza en mai 2014, il appelle les militants du parti à se réunir en urgence “pour décider s’ils acceptent cette situation”, “avant qu’il soit trop tard”.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/22/97001-20150222FILWWW00131-grece-le-doyen-de-la-gauche-contre-tsipras.php


  25. Hououji Fuu Le 22 février 2015 à 18h04
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    Pour les intéressés, la VF de l’article du Guardian sur la “confession” du Marxiste Erratique Yanis Varoufakis :

    http://docdroid.net/shpv


    • Chris Le 22 février 2015 à 21h24
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      Je lis : “La dimension la plus importante du triomphe néo-libéral est peut-être ce que l’on connaît comme le «déficit démocratique». Des fleuves de larmes de crocodile ont coulé sur le déclin de nos grandes démocraties pendant les trois dernières décennies de financiarisation et de mondialisation.
      Cette leçon que j’ai apprise de Thatcher sur la capacité d’une récession au long cours à saper les politiques progressistes, je l’emporte avec moi dans la crise européenne d’aujourd’hui.
      C’est l’élément le plus important qui détermine ma position au sujet de cette crise. C’est la raison pour laquelle je suis heureux de confesser le péché dont m’accusent certains de mes critiques de gauche :
      le péché de choisir de ne pas proposer de programme politique radical et de ne pas chercher à exploiter la crise comme opportunité de faire tomber le capitalisme européen, de démanteler l’affreuse eurozone et de saper l’Union Européenne des cartels et des banquiers en faillite.

      Une sortie grecque, portugaise ou italienne de l’eurozone aurait tôt fait de conduire à une fragmentation du capitalisme européen, engendrant une région en surplus de récession à l’Est du Rhin et au Nord des Alpes, tandis que le reste de l’Europe serait dans les griffes d’une stagflation brutale.
      À qui pensez-vous que cela bénéficierait ? Une gauche progressiste qui s’élèverait telle un phénix des cendes des institutions publiques européennes ? Ou aux nazis d’Aube Dorée, aux néo-fascistes, xénophobes et autres caïds du genre ?Je n’ai absolument aucun doute sur lequel des deux profiterait le mieux de la désintégration de l’euro-zone.
      Pour ma part, je ne suis pas prêt d’apporter de l’eau au moulin de cette version post-moderne des années 1930. Nous devons à tout prix éviter de devenir comme les socialistes, qui ont échoué à changer le monde mais ont réussi à améliorer leurs propres existences individuelles”

      A l’aune d’un Realpolitik grecque, je me demande bien ce qui va l’emporter. Ses conclusions me paraissent assez contradictoires avec son analyses de l’époque Thatcher… Très rhétorique !


  26. BA Le 22 février 2015 à 18h37
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    Manolis Glezos, député européen membre de SYRIZA : « Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion. »

    Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’ « entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

    Manolis Glezos écrit :

    Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.
    L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.
    Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.
    Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.
    Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.
    Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.
    Dommage et encore dommage.
    Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.
    Mais, avant que le mal ne progresse.
    Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.
    Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.
    D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.
    Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

    Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

    http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion


    • Leterrible Le 22 février 2015 à 19h03
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      Je lis :

      …” “Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.
      Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.
      Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte
      …” ”

      Cette lecture me remplis d’angoisse..car je suis sûr qu’elle est sincère….!
      Que dire qui ne desserve pas l’idéal ? ?


    • Timothée Le 22 février 2015 à 21h53
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      Glèzos déconne à plein tube, là.
      Ce n’est pas un jeu, Manoli, faut se ressaisir !


  27. DUCHENE JEAN Le 23 février 2015 à 10h54
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    ces articles qui font le service après vente pour Syriza essayent de masquer le recul réel du gouvernement grec face à l’eurogroupe. Les partisans de la “théorie des jeux” doivent se sentir un peu idiots car soit Varoufakis n’est pas le grand joueur que certains voulaient voir, soit, plus probablement, l’affrontement entre l’eurogroupe et les représentants du gouvernement grec a moins à voir avec la théorie des jeux qu’avec les rapports de force. Les dirigeants de l’eurogroupe ne sont pas plus idiots que Varaoufakis. Varoufakis tout seul face à l’eurogroupe n’a aucune chance, quelque soit son prétendu “génie stratégique”. Le seul rapport de forces qui peut inverser la tendance c’est la mobilisation du peuple grec, c’est un programme de nationalisation des banques et de contrôle des capitaux qui ne peut se faire sans la participation active des salariés, et qui conduirait dans les faits à une sortie de l’euro. Manifestement, le gouvernement actuel syriza n’en prend pas le chemin. Reste à voir la réaction du peuple grec quand les responsables actuels vont tenter de présenter un recul comme une victoire. Certains qui se bercent d’illusions défendent l’idée que le délai de 4 mois permettra au gouvernement grec de préparer l’opinion à une sortie de l’euro. Ils se trompent et, plus grave, nous préparent à de nouvelles désillusions ouvrant la voie à Aube dorée.


  28. Christian Gedeon Le 23 février 2015 à 11h07
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    Magnifique…je suis épaté par les commentaires. Personne pour dire que hélas les Grecs sont les champions toutes catégories de la fraude fiscale? Vous avez déjà essayé de payer par CB en Grèce? Tsipras a un ennemi essentiel,et il le sait…et son ennemi est la FRAUDE généralisée en Grèce,à tous les niveaux,pour ne pas parler de la corruption,portée au rang d’un art…entre espoir et fierté? banco! L ‘espoir est de trouver un vrai accord avec la communauté européenne…la fierté serait,pour les Grecs,de payer enfin ce qu’ils doivent à l’Etat Grec en impôts…et d’arrêter de frauder comme des malades…présenter les grecs comme de pauvres victimes est juste humiliant pour les grecs en plus d’être faux…on parle des armateurs et de l’église orthodoxe bla et bla et bla…mais en vérité,c’est la classe riche et moyenne des grecs qui a fait preuve d’une terrible allergie fiscale depuis des années…comme je dis,vous avez déjà essayé de payer par CB en Grèce? Allez,çà va bien comme çà…l’Europe est coupable de corruption et d’aveuglement…et les Grecs aussi!


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