Source : Youtube, 22-03-2016

Capture d’écran 2016-03-26 à 13.12.19

Comment, de l’indépendance grecque (1830) à l’avènement de la République turque (1923), le démantèlement de l’Empire ottoman a porté en germe les conflits contemporains. La passionnante traversée d’une page d’histoire aussi cruciale que méconnue. Premier volet : les nations contre l’Empire.

Cette première partie rappelle comment, à partir de 1821, date du soulèvement grec, jusqu’aux guerres balkaniques de 1912-1913, l’Empire ottoman se retire définitivement d’Europe, mettant un terme à près de cinq siècles de présence dans les Balkans. Cette histoire commune fut celle d’une coexistence complexe entre peuples chrétiens, musulmans et juifs, organisés par millet, ou communautés confessionnelles. Mais les appartenances religieuses vont progressivement cristalliser des identités nationales rigides et exclusives – serbes, grecques, bulgares… –  aujourd’hui encore en conflit, plus de quinze ans après la fin des guerres de Yougoslavie.

Six siècles durant, l’immense Empire ottoman a imposé sa puissance sur trois continents et sept mers. Terre des Lieux saints des trois monothéismes, mosaïque de langues, de cultures et de religions sans équivalent dans l’histoire, cette puissance exceptionnelle s’est pourtant effondrée en moins d’un siècle, de l’indépendance de la Grèce, premier État-nation à s’émanciper de l’Empire en 1830, jusqu’à l’avènement de la République de Turquie en 1923, sous l’égide de Mustafa Kemal Atatürk. Des guerres israélo-arabes à l’éclatement de la Yougoslavie, de l’invasion de l’Irak au chaos syrien, ses ruines et ses lignes de faille, autant ethniques que religieuses, ont façonné un monde moderne dont les fractures multiples apparaissent désormais au grand jour. Passionnant et dense, ce documentaire en deux parties retrace avec fluidité la mécanique politique, économique et sociale qui a conduit l’Empire ottoman à sa fin. Grâce à des images d’archives rares et aux contributions éclairantes d’historiens américains, européens et proche-orientaux, il fait revivre une page d’histoire largement méconnue, mais essentielle pour comprendre les bouleversements contemporains.

(France, 2014, 53mn) ARTE F

Partie 1/2

Partie 2/2

Source : Youtube, 22-03-2016

 

Ne ratez pas : “La Fin des Ottomans”

Source : Le Nouvel Obs, Ingrid Sion, 22-03-2016

Jeunes Turcs (© Seconde Vague Productions)

Jeunes Turcs (© Seconde Vague Productions)

1830-1923 : la chute d’un Empire ou le récit d’un siècle de chaos et de violences, des Balkans au Moyen-Orient, qui éclairent d’un jour nouveau les conflits contemporains.

La perspective historique permet bien souvent de mieux comprendre le monde et ses bouleversements. En deux heures denses mais passionnantes, ce film de Sylvie Jezequel et Mathilde Damoisel résume l’effondrement de l’Empire ottoman après six cents ans de domination, qui, des Balkans au Moyen-Orient, permet de mieux appréhender les guerres en ex-Yougoslavie et au Moyen-Orient. Ce récit d’un siècle de « violences et de chaos » est scindé en deux parties : « les Nations contre l’Empire », de l’indépendance grecque, en 1830, à 1912 ; et « le Moyen-Orient en éclats », de la Première Guerre mondiale à la proclamation de la République turque en 1923. Les deux documentaires, nourris de précieuses images d’archives et de témoignages d’historiens et de politologues européens et proche-orientaux, sont portés par la voix de l’actrice Nathalie Richard, qui raconte cette « histoire complexe entre différents peuples et confessions religieuses », ainsi définie par l’historien anglais Mark Mazower, et les fractures qui en découlent aujourd’hui.

Guerres et massacres aux Balkans

Le premier volet relate les guerres pour l’indépendance des peuples balkaniques. Jusqu’en 1820, chrétiens orthodoxes, catholiques arméniens, juifs et musulmans, organisés par millets (communautés confessionnelles), coexistaient depuis plus de quatre siècles au sein d’un Empire où les non-musulmans avaient des droits restreints (ils étaient notamment soumis à un impôt spécifique). Au XIXe siècle, sous l’influence des idéaux de la Révolution française, ces peuples, dotés d’une langue et d’une croyance, aspirent à l’émancipation. Les Grecs sont les premiers à mener leur révolution et, après huit ans de guerre, accèdent à l’indépendance. Un mouvement suivi par les autres peuples balkaniques. La révolte des paysans serbes (1875), l’insurrection des Bulgares (1876) et le soulèvement des Arméniens au Sassoun (1894), réprimés dans le sang par les bachibouzouks (mercenaires ottomans) et l’armée ottomane, aboutissent à la naissance de nouveaux Etats. A l’aube de la Première Guerre mondiale, les nations balkaniques brisent leur alliance contre l’oppresseur ottoman et se déchirent pour la Macédoine. Le partage des territoires en 1913 entérine les atrocités tandis que le Kosovo, foyer de la rébellion albanaise, revient à la Serbie… Plus de 400 000 personnes sont déplacées de force, des musulmans en grande majorité. « Le début de ce que nous appelons aujourd’hui le nettoyage ethnique. Ce qui s’est passé dans les années 1990est un exemple et une pratique qui a commencé à la fin du XIXe et qui a explosé au début du XXe », commente Mark Mazower.

La fin des Ottomans (1 & 2)

Fractures au Moyen-Orient

Le second film s’intéresse à la rupture entre Arabes et Ottomans qui sonne le glas de l’Empire. En 1915, les Jeunes-Turcs planifient le premier génocide du XXe siècle : les deux tiers de la population arménienne de Turquie sont exterminés, soit plus d’un million de personnes. Au printemps 1916, l’Empire réprime violemment le mécontentement croissant de ses provinces arabes : activistes et intellectuels sont arrêtés et pendus à Damas, Beyrouth et Jérusalem. Au mois de juin, le fils du chérif de La Mecque, Fayçal, soutenu par les Britanniques, mène la révolte contre les forces ottomanes, aux côtés de Lawrence d’Arabie. Damas tombe en 1918. De Palestine en Mésopotamie, l’armée ottomane et ses alliés allemands capitulent. La Première Guerre mondiale a précipité le déclin de l’Empire. De ses dernières provinces orientales d’Arabie (Mésopotamie, Syrie et Palestine) va naître le Moyen-Orient d’aujourd’hui : « Des frontières, des Etats, des fractures qui jamais n’ont cessé de se raviver » – des frontières imposées aux Arabes par les puissances colonisatrices. Ainsi, en 1921, un nouveau Royaume d’Irak est fondé ; à sa tête, Fayçal, prince sunnite, appelé à régner sur une majorité chiite…

Ce partage des territoires est vécu comme une humiliation par les Ottomans. Emmenée par Mustafa Kemal, une armée de libération nationale se révolte contre le pouvoir impérial. Le commandant turc s’empare de Smyrne et massacre sa population grecque. La République de Turquie est proclamée le 29 octobre 1923. Un Etat moderne et laïque, où l’identité religieuse conditionne néanmoins l’identité nationale. En 1924, près d’un million de Grecs ottomans, chrétiens, doivent quitter la Turquie ; en Grèce, 500 000 musulmans sont expulsés. « Grands oubliés du partage de l’Empire ottoman », les Kurdes, ni arabes ni turcs, sont dispersés entre l’Irak, la Syrie et la Turquie… L’Empire ottoman a disparu. Sa dislocation a transformé le Moyen-Orient en zone de conflits souvent confessionnels.

Source : Le Nouvel Obs, Ingrid Sion, 22-03-2016

20 réponses à [Vidéo] La fin des Ottomans

Commentaires recommandés

Le Rouméliote Le 27 mars 2016 à 11h42

Ce documentaire constitue une excellente introduction historique de la rétraction, puis de la fin de l’Empire Ottoman, notamment par les documents filmés et les photographies souvent originaux. Les connaisseurs n’apprendront rien de nouveau, mais il n’y a pas d’erreur – ce qui est rare sur ce genre de sujet pour le grand public. Quelques points à préciser : deux intervenants se contredisent en affirmant que le début des épurations ethniques se situent, pour l’un en 1877 avec la Guerre Russo-Turque et, pour l’autre, avec les Guerres Balkaniques de 1912-1913. En fait, la première épuration ethnique moderne remonte à 1829-1830 avec le départ des Grecs musulmans de la Grèce indépendante et qui sont partis, pour l’essentiel, vers la Thessalie voisine restée ottomane et vers Constantinople. Il est vrai qu’en 1877, puis en 1912 les flux n’ont cessé d’augmenter. Ensuite, sur la chronologie de la montée du nationalisme arabe que les auteurs jugent postérieure à celle des nationalismes balkaniques, alors qu’elle est contemporaine. Ils ne traitent pas, même de manière allusive, de l’Égypte de Mehmet Ali.
Ce documentaire est essentiellement factuel. Pour l’analyse profonde des phénomènes, il manque les perspectives plus longues de l’arrêt de la conquête ottomane après les batailles de Mohacs et de Lépante au XVI° siècle, de la pression des propriétaires terriens sur leurs rayas et de la crise monétaire de l’aspre d’argent, le tout dans le contexte (bien vu) à partir du début du XIX° du choc de la Révolution française et de l’épopée napoléonienne, notamment en Égypte et en Palestine.

  1. Sami Le 27 mars 2016 à 11h23
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    Peut-on considérer que ce qui reste de l’empire Ottoman, la Turquie actuelle, est une nation enfin devenue homogène ? Ataturk a essayé de maintenir une ultime cohésion en soudant les peuples autour d’un projet laïque républicain autoritaire. Ca a tenu ce que ça a tenu. Puis, actuellement, Erdogan essaye la manière confessionnelle. Une cohésion bâtie autour d’un islamisme de type Frères Musulmans.
    Est ce que ça tiendra ?… Pas sûr.
    A suivre.


  2. Le Rouméliote Le 27 mars 2016 à 11h42
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    Ce documentaire constitue une excellente introduction historique de la rétraction, puis de la fin de l’Empire Ottoman, notamment par les documents filmés et les photographies souvent originaux. Les connaisseurs n’apprendront rien de nouveau, mais il n’y a pas d’erreur – ce qui est rare sur ce genre de sujet pour le grand public. Quelques points à préciser : deux intervenants se contredisent en affirmant que le début des épurations ethniques se situent, pour l’un en 1877 avec la Guerre Russo-Turque et, pour l’autre, avec les Guerres Balkaniques de 1912-1913. En fait, la première épuration ethnique moderne remonte à 1829-1830 avec le départ des Grecs musulmans de la Grèce indépendante et qui sont partis, pour l’essentiel, vers la Thessalie voisine restée ottomane et vers Constantinople. Il est vrai qu’en 1877, puis en 1912 les flux n’ont cessé d’augmenter. Ensuite, sur la chronologie de la montée du nationalisme arabe que les auteurs jugent postérieure à celle des nationalismes balkaniques, alors qu’elle est contemporaine. Ils ne traitent pas, même de manière allusive, de l’Égypte de Mehmet Ali.
    Ce documentaire est essentiellement factuel. Pour l’analyse profonde des phénomènes, il manque les perspectives plus longues de l’arrêt de la conquête ottomane après les batailles de Mohacs et de Lépante au XVI° siècle, de la pression des propriétaires terriens sur leurs rayas et de la crise monétaire de l’aspre d’argent, le tout dans le contexte (bien vu) à partir du début du XIX° du choc de la Révolution française et de l’épopée napoléonienne, notamment en Égypte et en Palestine.


  3. LS Le 27 mars 2016 à 14h18
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    Je ne suis pas sûr de comprendre cette phrase, qui parle de ce qui s’est passé au XIX siècle dans les balkans :
    “Cette histoire commune fut celle d’une coexistence complexe entre peuples chrétiens, musulmans et juifs, organisés par millet, ou communautés confessionnelles. Mais les appartenances religieuses vont progressivement cristalliser des identités nationales rigides et exclusives – serbes, grecques, bulgares”.
    Hormis les cas serbo-bosniaque et la déchristianisation de l’Albanie qui sont effectivement des affaires religieuses et le monténégro qui est une différentiation politique, les identités culturelles slovène, croate, albanaise, serbe, bulgare, greque, voire macédonienne étaient déjà différentiées avant l’arrivée des ottomans. Tout réduire à une confrontation confessionnelle me paraît très réducteur.


    • Le Rouméliote Le 28 mars 2016 à 12h15
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      Il s’agit en fait de la collision entre les appartenances ethno-linguistiques et l’organisation administrative de l’Empire Ottoman sur des bases religieuses. Les Serbes se distinguent des Croates uniquement par la religion. Les Grecs se définissent comme “Chrétiens” (comprendre orthodoxes). Les Monténégrins se distinguent des Serbes par leur histoire de montagnards qui n’ont jamais été réellement occupés par les Turcs. Quant aux Albanais, ils font figure d’exception car ils se distinguent des autres par leur langue et leur tradition illyrienne et pas par la religion : le catholicisme, l’orthodoxie et l’islam sont représentés en Albanie.


  4. Charlie Bermude Le 27 mars 2016 à 17h47
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    Juste un fait qui me jette en perplexité . Je suis résident en Roumanie . Je veux regarder la vidéo , je clique ; j’ai le message : cette vidéo est bloquée pour votre pays par l’utilisateur qui l’a mis en ligne .
    Sans doute significatif de quelque chose , mais quoi .
    En tout cas en ce qui me concerne , de mes informations que j’ai eues sur le pouvoir Turc dans les Balkans , je retire qu’il a eu et a encore un pouvoir considérable de nuisance sur ces peuples et celà concerne aussi l’Ukhraine , le Caucase et méme les “Turkoides” d’Asie Centrale jusqu”aux Ouigours de Chine . D’autant plus grand ce pouvoir qu’il existe toujours de ci de là des minorités collabos ou implantées en vue de nuire , mais plus grave une emgrammation de comportement de dominés et corrompus , trés répandue dans ces pays , et gravement , au sein méme de l’état . C’est un phénoméne qui est largement ignoré, complétement méme , en Europe , si ce n’est en Occident .
    Personnellement , si on me demande de répondre à la question voulez vous des Turcs en Europe ? C’est 100 fois NON !!!


    • thmos Le 27 mars 2016 à 18h44
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      Nous ne serons pas consultés pour l’entrée de la Turquie en UE. L’UE ou ce qu’il en reste a d’ailleurs fait affaire avec Erdogan contre la volonté des européens.


      • Charlie Bermude Le 27 mars 2016 à 19h19
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        Evidemment , coté US c’est clair . Le fondement de la suprématie Occidentale , c’est le controle de la “route de la Soie ” , c’est à dire la voie de communication , ‘naturelle’ , entre les continents , les civilisations , en la détruisant , et en la remplaçant par le route par la Mer . Initiée par nous Européens , d’abord Portugais puis Espagnols , puis Hollandais , Français et au final Anglais , maintenant les Américains , d’où leur suprématie .
        Les Turcs ,originaires d’Asie Centrale , ont controlé la route Terrestre puis se sont vu détruits par les Mongols , en synergie avec les Chrétiens , via Venise : le Grand Tournant de l’Histoire du Monde . Mais ces Turcs ont gardés la nostalgie de leur grande époque .
        Du coup , actuellement , puisque , les Russes ont pris la place des Mongols , mais coté orthodoxe Grec , pas catholique Romain ou méme Protestant , et ont repris quelques bonnes positions pour recrée cette route terrestre , centrale , avec Pétrole et gaz , qui plus est avec l’appui , de la Chine , de l’Iran , de l’Inde , autant de nostalgiques de leur ex grandeurs . Les US font tout ce qu’il peuvent pour semer la merde sur cette route , et les mieux placés pour çà , ce sont les Turcs ! Double coup , çà met l’Europe sous leur dépendance , à leur service ….TOUT EST LA ? en ce moment .


    • Dany Le 27 mars 2016 à 21h36
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      On a le même message en Belgique, la vidéo est bloquée. On peut quand même la voir en allant directement sur youtube.


      • Charlie Bermude Le 28 mars 2016 à 17h46
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        En allant sur youtube je ne peux pas non plus : méme motif .


        • thorop Le 29 mars 2016 à 22h20
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          Le navigateur tor est ton meilleur ami!
          fini les frontières!


    • Pierre Le 27 mars 2016 à 22h43
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      Concernant le blocage de la vidéo en Roumanie, il s’agit très certainement d’une censure, et non d’un blocage par l’utilisateur qui l’a mis en ligne. Pour contourner cette censure, vous pouvez utiliser un serveur proxy d’un pays qui ne la censure pas. Pour plus d’info à ce sujet, je vous renvoie à ce site :
      link to crack-net.com
      Attention, vous pouvez contrevenir à la législation de votre pays de résidence en faisant cela.
      D’autre part, j’ai un petit de mal avec le terme “turkoides” que vous employez. Turkmènes, du Turkménistan, qui est sauf erreur de ma part, la région historique d’où sont venus les conquérants de l’Anatolie et de l’Asie Mineure, me parait beaucoup plus approprié.Cdlt


      • Charlie Bermude Le 28 mars 2016 à 17h56
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        J’emploie Turkoides que j’ai inventé pour signifier que la route de la soie est ponctuée par des peuples patlant une langue proche du Turc , çà va des Ouigours , aux azéris , en passant par les ouzbeks et les Turkménes , etc …
        C’est pas certifié par l’académie , ni le Larousse , c’est fantaisie personnelle pour souligner un fait géopolitique et culturel , à mon avis , outrageusement ignoré .
        Faut pas s’étonner , notre Pape de l’Histoire , a souligné en quelques lignes , que les invasions Mongoles avaient eu une importance considérable pour l’Histoire du Monde , qu’il commentrait çà un jour , mais ne la jamais fait .


  5. Pampita Le 27 mars 2016 à 20h57
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    C’est amusant car Erdogan, lui non plus, n’en a peut-être plus pour très longtemps : link to chroniquesdugrandjeu.com


  6. Perekop Le 27 mars 2016 à 23h37
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    Quand je lis “le Kosovo, foyer de la rébellion albanaise, revient à la Serbie… “, je me pose des questions…. ou plutôt je constate, comme dans le cas de l’Ukraine, que les “spécialistes français” de telle ou telle question adorent couper l’Histoire en tranches, ou plutôt s’arrangent pour la faire commencer quand cela leur convient, en ignorant tout ce qu’il y a eu avant – par exemple que le Kosovo était le coeur de la Serbie historique avant d’être islamisé et albanisé grâce à ces merveilleux Ottomans si pacifiques. Présenter la tragique et complexe histoire balkanique en appliquant ce genre de simplification partisane, c’est simplement malhonnête.
    Cela ne m’étonne plus qu’Arte et l’Obs trouvent ça génial.


    • Amsterdammer Le 28 mars 2016 à 17h57
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      Les Albanais étaient présents au Kosovo bien avant les Serbes, et il serait plus exact de dire que la région avait été partiellement ‘serbisée’. En fait, les Albanais sont présents dans la région depuis l’antiquité, quand les Slaves ne s’y sont installé qu’au Haut-Moyen-Age.


  7. christian gedeon Le 28 mars 2016 à 07h27
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    Hum,hum… à propos des ottomans ,on parle d’empire,de domination,mais curieusement,jamais de colonisation,ni d’esclavagisme,ni de piraterie institutionnelle,des massacres furieux qui ont accompagné la constitution de cet empire,notamment dans les balkans. Il y a comme un parfum de désinformation absolument incroyable autour de la légende d’un empire ottoman “tolérant”…quant à présenter une fois de plus le kosovo comme le fait ce documentaire,c’est juste de la mauvaise foi à l’état pur! Non,le sultan (et calife en ces temps là) n’était pas le bisounours un peu bourru,mais somme toute paternel,que présente le documentaire,pas plus que l’empire ottoman n’était le pays de candi ou de casimir! mascarade!


    • yann Le 28 mars 2016 à 13h58
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      Les Ottomans étaient une horde à la base et comme toutes les hordes, la guerre était consubstantielle à leur existence (Timourides, Mongoles, Horde d’or, Ouzbek etc..). Cependant il ne faut pas oublier que l’Empire byzantin ne s’est pas effondré que contre les Ottomans, ces derniers n’ont fait que mettre à mort un empire qui était déjà en déclin. En fait, c’est les Occidentaux qui ont fait tomber les royaumes orthodoxes avec la quatrième croisade. À un moment où les Byzantins étaient en route pour la reconquête de l’Anatolie. On remercie Venise et ses manigances qui ont fini par se retourner contre elle puisque les Ottomans se sont attaqués aux intérêts vénitiens après avoir fait tomber Byzance. C’est la courte vue des Occidentaux qui ont fait les beaux jours des Turcs. Étrangement les choses n’ont guère changé depuis cette époque.


  8. Dillmann Le 28 mars 2016 à 18h20
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    Pardonnez-moi si je me trompe, en terme de culture générale, Arte n’est pas une chaine mainstream
    Si on n’avait pas cette chaine, Allemagne et France, on aurait une inculture historique et géographique donc géopolitique incommensurable.
    Merci Arte


  9. Krystyna Hawrot Le 28 mars 2016 à 20h19
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    Pour être allée dans le Kosovo l’année dernière je n’ai pas constaté que les habitants de définissaient comme Albanais – et surtout je n’ai aucunement eu l’impression qu’ils ont envie de s’unir à l’Albanie. Ils se définissent plutôt comme Kosovars albanophones et se considèrent comme… supérieurs aux Albanais d’Albanie. Pourquoi? Parce que leur niveau de vie a toujours été plus élevé ces dernières 80 années que le niveau de vie en Albanie parce que le Kosovo faisait partie de la Yougoslavie. En Yougoslavie c’était une région agricole riche, le grenier à fruits et légumes de Belgrade. Cela se voit encore aujourd’hui. Pristina aussi est une belle capitale bien agencée, une urbanisation yougoslave – d’ailleurs Pristina me rappelle pas mal Varsovie… Politiquement le régime actuel est une colonie de l’UE -la monnaie actuel est l’Euro alors que les habitants ont besoin d’un visa pour venir dans l’UE – et US. Il se sert un nationalisme albanais visible surtout par les nombreux drapeaux à l’aigle noir à deux têtes. Mais les Kosovars rendent plutot un culte à Ibrahim Rugova, leur véritable président, le dernier président yougoslave qui a du préserver le pays de la guerre tout en négociant l’autonomie albanaise avec Milosevic. Les Kosovars en ont marre d’être une colonie mais aspirent surtout à des relations pacifiés avec leurs voisins, notamment la Serbie.


  10. Boyington Le 31 mars 2016 à 02h02
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    Le clip allemand (sous-titrée en français) qu’Erdogan voudrait interdire de diffusion:

    link to youtube.com

    Le président turc Recipe Tayyip Erdogan ne fait décidément rien pour atténuer sa réputation de chef d’Etat aux dérives autocratiques. L’ambassadeur d’Allemagne a été récemment convoqué par les autorités turques. Motif: le président juge offensant un clip (voir plus bas) retransmis sur une chaîne de télévision publique régionale allemande le 17 mars dernier. Il réclame ni plus ni moins que l’arrêt de la diffusion, selon une source diplomatique anonyme.

    La chanson satirique, intitulée “Erdowie, Erdowo, Erdogan” dénonce les atteintes à la liberté de presse et les dépenses pharaoniques pour l’édification du palais de celui qui tient les rênes du pays depuis 2002, d’abord comme Premier ministre puis comme président après son élection dès le premier tour en 2014. Dans les paroles, on peut notamment lire que Recipe Erdogan “mène un grand train de vie, ce vantard du Bosphore, un journaliste qui écrit ce qui ne plaît pas à Monsieur Erdogan se retrouve le lendemain derrière les barreaux”.


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