Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-09-2017

« La vitesse est d’essence divine. Avant le Dieu des chrétiens qui a repris l’éclair et la foudre à Zeus, c’est Hermès qui l’a incarnée. Hermés va à la vitesse du vent » (Bernard Chambaz, À tombeau ouvert, 2016)1. Pour rafraichir la mémoire de tous ceux dont les souvenirs de la mythologie grecque et latine sont un peu flous, rappelons qu’au dieu grec Zeus (roi des dieux, dieu du ciel, du Climat, du Tonnerre et des Éclairs) correspond le dieu latin Jupiter et qu’au dieu grec Hermès (messager des dieux, dieu du Voyage, des Communications, du Commerce, des Voleurs, de la Ruse, de la Langue, de l’Écriture, de la Diplomatie) correspond le dieu latin Mercure.

La traditionnelle semaine des ambassadeurs (28-31 août 2017), première du quinquennat d’Emmanuel Macron, présente, par certains aspects, une dimension mythologique. Celle d’une rencontre improbable, inédite entre deux divinités : Zeus, alias Jupiter avec Hermès, alias Mercure. On ne pouvait trouver meilleure conjonction divine, astrale pour un début de quinquennat et pour une annonce aux excellences françaises. Revenons au XXIe siècle et à l’actualité internationale de cet été 2017. Avant toute chose, il importe de replacer cette semaine des ambassadeurs dans son contexte général afin d’analyser le contenu de l’intervention du président de la République censée fixer le cap de la diplomatie française2 et de nous livrer à quelques réflexions sur la pensée jupitérienne.

LE CONTEXTE GÉNÉRAL DE LA SEMAINE DES AMBASSADEURS : UN MONDE SANS MAÎTRES

Pour mieux appréhender le sens de l’intervention du président de la République, il importe de rappeler la genèse de la semaine des ambassadeurs, sa préparation diplomatique ainsi que la vie du microcosme parisien.

La semaine des ambassadeurs : une tradition ancienne

En quoi consiste la semaine des ambassadeurs qui remplace, sous l’influence de Laurent Fabius, la traditionnelle conférence des ambassadeurs ? Il suffit de se reporter au site du Quai d’Orsay. Lancée en 1993 par le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, la conférence des ambassadeurs réunit chaque année, à la fin du mois d’août, tous nos chefs de mission diplomatique – accrédités auprès d’un État ou d’une organisation internationale – afin qu’ils reçoivent « les orientations » des plus hautes autorités françaises (président de la République, premier ministre, ministre des Affaires étrangères et, le cas échéant, les ministres concernés par l’ordre du jour de la session). Cette rencontre doit contribuer à mettre en cohérence tous les volets de l’action extérieure de la France que les ambassadeurs sont chargés de cordonner et d’animer. Nous ne sommes pas dans la simple tactique diplomatique mais dans la stratégie internationale. Cet exercice est d’autant plus attendu qu’il fournit au président de la République la première occasion du quinquennat de s’adresser à cette noble et docte assemblée et que le thème de réflexion retenu pour cette semaine des excellences est cardinal : « Renouveler notre action dans un monde de ruptures » !3

Outre les grands sujets d’actualité (avenir de l’Europe, multilatéralisme, développement du numérique…) et les questions d’organisation du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la semaine se décline autour de trois grands axes : la journée « je rencontre un entrepreneur » (au titre de la diplomatie économique) avec le désormais traditionnel speed-dating#1Ambassadeur1Entrepreneur (dans le texte) ; la journée « je rencontre un ambassadeur » et un échange sur les réseaux sociaux avec les ambassadeurs et avec les invités du studio. Les ambassadeurs ne sont plus ringards, ils sont dans le vent du numérique et de la transparence. Ils se prêtent de bon gré à cet exercice de fausse transparence4.

La préparation diplomatique : un sans-faute jupitérien… ou presque

À la veille de la semaine des ambassadeurs, le chef de l’État effectue une tournée remarquée en Europe centrale. Va-t-il exposer son projet pour sortir l’Union européenne de l’impasse dans laquelle elle se trouve ? Que nenni ! Il tente de rallier certains de ses homologues à l’idée d’un durcissement de la directive Bolkenstein au même moment où à Paris les négociations avec les partenaires sociaux sur la réforme du droit du travail s’annoncent serrées. En marge d’une réunion à Salzbourg avec les dirigeants autrichien, slovaque et tchèque (23 août 2017) et avant de se rendre en Roumanie (il déclare devant la communauté française que « les Français détestent les réformes ») et en Bulgarie5, Emmanuel Macron se montre particulièrement sévère sur la directive travailleurs détachés et sur la Pologne, dénonce une « trahison de l’esprit européen », arguant que l’Europe n’avait pas pour but de « favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social ». Il obtient des résultats certains6. Plutôt que de pratiquer une diplomatie d’inclusion, il privilégie une diplomatie d’exclusion, ne se rendant pas en Hongrie et en Pologne (il réussit le tour de force de créer une crise diplomatique avec Varsovie !7). Si l’on peut féliciter le président de la République pour ses bons mots (ceux de ses plumes et de ses communicants), on peut aussi regretter l’absence de grande stratégie internationale qui s’attache à sa fonction. Autre excellente nouvelle pour le chef de l’État, l’embellie économique dont profite la France en cette fin d’année 2017… à l’exception notable du chômage8.

Rappelons que Jupiter envoie, le 26 août 2017 à Bagdad, le (la) ministre des Armées et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour déguster les succès de la coalition anti-EIIL in situ et « renouer un partenariat historique » avec l’Irak comme à l’époque de Saddam Hussein9. Au passage, la France accorde un prêt (de soutien budgétaire, d’encouragement aux réformes de fond et à l’assainissement financier du pays) d’un montant de 430 millions d’euros à l’Irak remboursable en 17 ans à un taux favorable de 6,75% avec de l’argent que nous empruntons nous-mêmes. Le dimanche 28 août, après une séance de « selfies » au Touquet, Emmanuel Macron s’entretient avec son homologue turc pour exiger la libération de notre compatriote journaliste, Loup Bureau, ignorant que ce genre d’affaires se traite dans la plus grande discrétion pour obtenir la plus grande efficacité10.

Mais, ce n’est pas tout, le lundi 28 août, le président de la République réunit un « séminaire gouvernemental » pour resserrer les rangs (« il ne faut jamais céder aux Cassandre »), leur donner une feuille de route (« volontarisme, ambition et exigence »), substituer le concept de « transformation » à celui plus anxiogène de « réforme ». Il accueille un mini-sommet UE/Afrique sur les migrations en présence des chefs de gouvernement allemand, italien et espagnol, de la transparente Haute représentante de l’union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Europe et de chefs d’État africains (Niger, Tchad, Libye…)11. Il remet sur la table son idée de « hot spots » et de suivi des migrants potentiels en Afrique12. On l’aura compris, Jupiter est sur tous les fronts.

La vie du microcosme : les tonton-flingueurs à la manœuvre

Mais, en ce mois d’août caniculaire, le baromètre politique est à la dépression. La politique intérieure reprend ses droits. En effet, dans le même temps (formule chère à Emmanuel Macron), nous apprenons que François Hollande entend rester dans le jeu politique et qu’il s’exprimera régulièrement « sous des formes diverses » pendant que François Fillon abandonne la politique pour se préparer à sa nouvelle vie de financier. Quant à Nicolas Sarkozy, il s’ennuie de la politique politicienne mais n’est pas mécontent de gagner plus d’argent que lorsqu’il était simple ministre. Pour sa part, l’éphémère garde des sceaux que fut François Bayrou sort de sa cure de silence pour critiquer la méthode de celui qu’il encensait il y a quelques mois encore.

Au-delà d’une critique justifiée par un sentiment d’amertume, deux de ses philippiques méritent d’être méditées : l’absence de cap de la politique actuelle (« L’opinion ne voit pas clairement la direction, le but, que l’on se fixe ») et l’absence d’un « gouvernement de plein exercice » qui dicte sa ligne à Bercy et aux grands corps de l’État (« Les hauts fonctionnaires semblent avoir plus de poids que par le passé »). Au passage, nous apprenons que le chef de l’État a dépensé 26 000 euros en frais de maquillage depuis sa prise de fonctions13. Confronté à cette impopularité croissante, le président de la République annonce qu’il change de stratégie… de communication14.

Quelques instants avant son discours aux excellences, il désigne le journaliste Bruno Roger-Petit, conseiller, porte-parole de la présidence pour relayer la parole de l’Élysée, redonner de la perspective à la parole présidentielle15. Nous sommes donc pleinement rassurés surtout en apprenant que le couple Macron vient d’adopter un chien surnommé « Nemo »16. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, le président de la République nous informe : finie la réforme, le maitre-mot de la rentrée est TRANSFORMATION17. À quand l’annonce d’une transfiguration de Jupiter pour cause de dégringolade continue dans les sondages ? Afin de faire le service après-vente de son discours aux ambassadeurs, rien de tel qu’une resucée dans son long entretien au Point du 31 août 201718. Sur le plan de la communication, le moins que l’on puisse dire est que la séquence com’ est parfaite.

Le décor intérieur et extérieur ainsi planté, qu’en est-il de l’intervention du président de la République du 29 août 2017?

LE CONTENU DE L’ANNONCE FAITE AUX AMBASSADEURS

C’est autour d’un triptyque que le président de la République organise sa présentation : sécurité indépendance, influence. Ceci permettra à notre pays d’être plus fort et de lui permettre de tenir son rang grâce à une diplomatie mondiale et globale, toujours en initiative.

La protection de la sécurité de nos concitoyens doit devenir la raison d’être de notre diplomatie

Le fil d’Ariane, la première priorité de la politique étrangère française est désormais la lutte contre le terrorisme islamiste. Elle doit se décliner dans toutes ses dimensions : géographique (se concentrer sur les zones irako-syrienne et sahelo-libyenne) ; sécuritaire (conjuguer sécurité et stabilité) ; financière (assécher les finances du terrorisme) ; diplomatique (refus de prendre parti dans la querelle entre le Qatar et ses voisins, soutenir l’accord sur le nucléaire iranien) ; globale (compléter le militaire par le politique19) ; migratoire (régler le problème en amont) : africaine (arrimer l’Afrique à l’Europe en actionnant trois leviers : défense, développement et diplomatie).

Au titre des annonces faites, nous retiendrons la création d’un conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), la désignation d’un envoyé spécial sur la sécurité et le développement en faveur du Sahel et d’un ambassadeur chargé de coordonner l’ensemble des négociations liées aux migrations ; la réunion le 12 décembre 2012 d’une conférence de suivi financière de la COP2120, la réunion au début de l’année 2018 d’une conférence consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme, présentation en 2018 d’un plan pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme… Le président s’engage à veiller personnellement à ce que les ambassadeurs de France aient « les moyens de remplir leurs missions ». Ce qui veut tout dire et rien dire à la fois.

L’indépendance de la France suppose mobilité, autonomie et opportunisme

Le concept d’indépendance sans arrogance n’est pas celui des souverainistes mais celui de ceux qui veulent faire valoir les intérêts de la France et de ceux qui veulent ne pas être les obligés des grands. Le chef de l’État se livre à un plaidoyer pour le multilatéralisme, un multilatéralisme ouvert à de nouveaux formats, de nouvelles alliances pour organiser de grands projets qui le structurent. Il y décrit sa vision de l’Europe à laquelle il a donné corps en se rendant à Berlin pour s’accorder sur un « agenda de protection ». Il annonce son intention de la développer après les élections allemandes autour de 10 sujets de travail : protection des travailleurs, Europe de la défense, Union économique et monétaire, numérique, Europe à plusieurs formats, « simplification administrative radicale et plus de subsidiarité »… Son objectif est simple : apporter une réponse concrète aux attentes de nos citoyens. C’est pourquoi, il lancera des conventions démocratiques pour associer les citoyens à la réflexion sur l’Europe.

L’influence de la France articulée autour de nos valeurs et de nos idéaux

Le chef de l’État décline sa pensée – souvent confuse et approximative – autour de quelques idées force censées accroître l’influence de la France dans le monde : climat (réunion d’un sommet à Paris le 12 décembre prochain) ; paix (dialogue avec les grands dont la Russie pour mettre fin au conflit ukrainien, aux conflits gelés) ; justice et libertés (ferment de notre action collective) ; culture (défense des biens culturels) ; attractivité (à travers la diplomatie économique, le tourisme, priorités du réseau, les échanges universitaires, la marque France à l’étranger, la promotion de la langue française qui doit retrouver sa place). La diplomatie économique fait l’objet d’une intervention spécifique de Jean-Yves Le Drian à l’ouverture des rencontres « un ambassadeur, un entrepreneur (28 août 2017)21 complété par un entretien au Parisien22 et d’une longue et ennuyeuse intervention du premier ministre, Édouard Philippe23.

C’est à ce prix, celui de la transformation, que la France pourra reconquérir les « leviers de la puissance », faire entendre son identité, tracer un modèle civilisationnel, faire entendre sa voix originale, celle d’une « puissance grande par ses ambitions, grande par ses idéaux, grande par ses espérances ». Désormais, « la diplomatie française doit être globale, conjuguant économie, défense, éducation, culture, environnement » afin d’assurer son rayonnement. On le constate, le lyrisme est au rendez-vous.

Que penser de cette brillante intervention et de son cadre, la semaine des ambassadeurs ?

DE QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA PENSÉE JUPITERIENNE

Parvenu à ce stade de l’exégèse du discours jupitérien, deux questions peuvent être posées : que penser de la pertinence de son intervention et de celle de la semaine des ambassadeurs ?

Que penser de la pertinence de ce premier discours jupitérien ? Diplomatie de la transformation ou pétard mouillé ?

C’est avant tout un discours impérial (80 minutes) qui ne manque jamais de charme, le charme discret du personnage, d’une sorte de contentement de soi (le terme « je » revient de manière récurrente dans son discours) qui découvre un désir infini et certain de briller à l’international face aux grands de ce monde. Le ton est diplomatique mais l’intention est ferme : comme tous les autres domaines de l’action publique, la diplomatie doit se plier au nouveau mantra jupiétérien, la « transformation ». Emmanuel Macron, qui s’éloigne souvent de son texte, dispose de réels talents d’orateur hors du commun. Il manie à la perfection l’art des concepts (creux), des bons mots (sans contenu réel), des paraboles (hors de propos), des propositions (souvent floues), des incantations (lyriques). Bien qu’il s’en défende au début de son intervention, le chef de l’État passe en revue toutes les crises du monde sur lesquelles il entend que la France ait son mot à dire. Il semble à la recherche d’un « idéal pragmatique », bannissant le dogmatisme de son prédécesseur.

Mais discours interminable qui manque en somme de plusieurs vertus : concision, clarté, cohérence, anticipation, stratégie, souffle, distance, hauteur, humilité, priorités…. La diplomatie d’Emmanuel Macron – alors que son rôle relève de la détermination de la politique étrangère – s’apparente à une diplomatie du papillonnage, une « diplomatie du coup d’éclat permanent ». Nous n’en saurons pas plus sur sa vision du « nouveau désordre international »24 (qualifié par Emmanuel Macron « d’ordre mondial profondément bousculé ») que sur les remèdes autres que les gadgets qu’il propose : convocation de conférences à intervalles réguliers, création d’un groupe international de contact sur la Syrie, d’un conseil présidentiel pour l’Afrique, nomination d’un envoyé spécial pour le Sahel, d’un ambassadeur thématique chargé des migrations, annonce de la mise en chantier de plusieurs feuilles de route….

Après pareil discours, nous sommes grisés, enivrés mais aussi perdus par une telle avalanche de mots. Nous n’en savons pas plus sur sa politique arabe qui a fait la spécificité de la diplomatie française depuis le général de Gaulle25. Nous n’en savons pas plus sur sa vision de l’Europe (« Europe à plusieurs formats ») : fédérale, confédérale…Que signifie une « souveraineté ouverte sur le monde », objectif qu’il assigne à la France ? Force est de constater que le président de la République est loin d’avoir retrouvé les chemins de la diplomatie perdue26. Le discours relève par plusieurs aspects de l’inventaire à la Prévert, de l’auberge espagnole dans laquelle : « tout a de l’importance et rien n’en a » comme le déclare son épouse au magazine Elle27. Malheureusement, comme le souligne le professeur Bertrand Badie, « sa diplomatie se résume à de la com sans aucune vision globale ». Heureusement, ses plus ardents thuriféraires nous expliquent que le président de la République inaugure une « diplomatie védrino-villepiniste » (réalisme et lyrisme) !

Quelques éléments peuvent être mis en exergue. Ils frisent parfois le comique, le ridicule. Comment peut-on dire sérieusement : « la sécurité des Français est la raison d’être de notre diplomatie » et « la politique étrangère a une seule et véritable priorité : lutter contre le terrorisme islamiste » ? La diplomatie consiste traditionnellement à informer, négocier représenter. La politique étrangère, c’est une stratégie, une tactique, une volonté et des moyens. Comment peut-on dans le même temps appeler les diplomates à se battre pour l’attractivité économique de la France à travers la diplomatie économique et leur demander de défendre avec vigueur certaines valeurs (droits de l’homme, de la femme, de la presse) ? Nous aurions aimé disposer de l’avis d’Emmanuel Macron sur l’Arabie saoudite et l’Égypte, pays à qui nous livrons larga manu des armes sophistiquées. Il nous livre un début de réponse deux jours plus tard dans son entretien accordé au Point : « nous ne pouvons pas avoir une politique commerciale qui ne prenne en compte cette sécurité ». Le marquis de Norpois n’aurait pas dit mieux. Que dire des propos enflammés, lyriques que tient le président de la République sur la défense de la langue française alors qu’il s’exprime en anglais dans des conférences internationales et autres cénacles ?28Comment parvenir à faire entrer toutes les crises de la planète dans trois concepts ? Comment éviter de dire tout et son contraire à quelques minutes d’intervalle ?

Cerise sur le gâteau, qui échappe à nos brillants experts, Emmanuel Macron confond allégrement politique étrangère (cap stratégique sur le long terme) qui relève de sa compétence et diplomatie (mise en œuvre au quotidien des grands principes) qui est du ressort de Jean-Yves Le Drian. Que font les nombreux conseillers de sa cellule diplomatique pour lui expliquer cette différence essentielle si l’on veut que la seconde soit la déclinaison de la première et prévenir la confusion des genres qui constitue la principale marque de fabrique du discours présidentiel ?

Que penser de la pertinence de cette semaine des ambassadeurs ? Diplomatie de l’efficacité ou diplomatie du tout Paris ?

« Qui veut voyager loin, ménage la superstructure » (Vincent Hervouët). A-t-on vu un secrétaire général du MAE démissionner comme vient de le faire le général Pierre de Villiers en raison des baisses de budget constantes ? On se laisse tondre avec le sourire. L’ambassadeur normal ne pratique pas l’impertinence. L’ambassadeur normal n’est pas querelleur. Il chahute dans les bus, s’épanche dans les bureaux, modère sa plume… et lorsqu’il a un solide carnet d’adresses, qu’il s’est constitué dans les cabinets ministériels, il va voir ailleurs (dans le secteur privé de préférence) pour arrondir ses fins de mois.

Que dit-il lorsque les anciens membres des cabinets pensent d’abord à se servir (un bon poste d’ambassadeur, la tête d’une direction, d’une sous-direction) au lieu de servir l’intérêt général et laissent bon nombre de ses collègues, qui n’ont pourtant pas démérité, moisir sur l’étagère ? Rien. C’est le courage fuyons ! Il est vrai que le Quai a été frappé depuis le début de l’année 2017 par une maladie mystérieuse : la macronnite aigüe. C’est pourquoi, il est encore trop tôt pour critiquer Jupiter dans la Maison. La semaine des ambassadeurs tourne à l’événement mondano-médiatique, à l’émission de télé-réalité sans la moindre consistance diplomatique : on distingue les ambassadeurs soucieux de la protection de l’environnement par la délivrance d’un diplôme. Dépourvus de ligne stratégique, les ambassadeurs sont comme des poules sans cou qui courent dans toutes les directions sans savoir où le vent divin les porte. Comme le disait en son temps un ambassadeur de France dignitaire : « les ambassadeurs ne sont pas des animaux de foire que l’on exhibe pour un numéro de cirque ». Le premier ministre réunit les ambassadeurs à la station F, haut lieu des start-up.

Peut-être serait-il grand temps de mettre fin à ce stupide exercice sans le moindre intérêt diplomatique ?29 L’intervention du président de la République, clou du spectacle, pourrait être diffusée sur le fil du Département (appellation interne du ministère des Affaires étrangères) comme elle l’est sur internet. Les ambassadeurs n’ont nul besoin qu’on les présente aux entrepreneurs, les fréquentant régulièrement à Paris et à l’étranger. Ils n’ont nul besoin de s’exposer sur les réseaux sociaux comme de vulgaires cabotins.

Quant aux jeunes étudiants qui caressent le projet d’entrer dans la « Carrière », ils n’ont qu’à s’adresser au bureau des concours du ministère pour en connaître les modalités pratiques (sélectivité des concours en raison du nombre restreint de postes proposés). Que font à l’Élysée, hormis se montrer et se pavaner ostensiblement, le président du Conseil constitutionnel (le ministre des Affaires étrangères émérite, Laurent Fabius auquel un hommage est rendu), le vice-président du Conseil d’État (le fourbe Jean-Marc Sauvé), le président de l’Institut du monde arabe (l’inoxydable Jack Lang) et bien d’autres parasites, fâcheux au lieu de s’occuper de leurs propres affaires ? À une époque où Bercy fait la chasse au moindre euro dépensé, il y aurait matière à économie en supprimant ce coûteux spectacle où la parole libre est proscrite, l’impertinence est bannie, la courtisanerie est reine.

« La valeur n’attend pas le nombre des années ». Emmanuel Macron est jeune et beau parleur30. Son intervention devant les excellences laisse l’observateur sur sa faim. Il est permis d’entrevoir de meilleures cuvées dans les éditions à venir de la semaine des ambassadeurs, si tant est qu’elle ne soit pas supprimée dans le cadre d’une vaste réforme de l’organisation de la diplomatie. Il est vrai que le président de la République n’a pas eu beaucoup de mal à faire un tout petit mieux que son prédécesseur lors de sa dernière intervention devant les ambassadeurs en août 201631. Mais rien ne parait impossible à Jupiter confronté aux dix travaux de réforme32 qui pourraient se transformer en pièges de la rentrée !33 Il est sans complexe. Il martèle que « la France (est), plus grande qu’elle-même ». Souvenons-nous que si la diplomatie est l’art des mots, elle se méfie des mots magiques qui vous reviennent à la figure comme par effet boomerang.

Que signifie au juste cette litanie de propositions, de coups de menton, de cartons rouges aux tyrans de la planète, de descriptions sans fin… ? Rien ou presque rien dans cette interminable intervention (20 pages autant que son entretien au Point) dont les deux destinataires principaux sont, d’abord et avant tout, les citoyens (je vous protège) et les médias (je communique pour vous) et, accessoirement, les ambassadeurs, à la recherche d’un improbable cap (je vous aime). Ne serait-ce pas un vulgaire exercice de salut par la diplomatie ?34

De cap, nos excellences n’en auront pas reçu un seul mais une foultitude, de quoi en perdre leur latin même si abondance ne nuit pas. Charles Trenet nous chantait : « le soleil a rendez-vous avec la lune ». Avec Emmanuel Macron, cette éclipse diplomatique prend la forme d’un rendez-vous entre Zeus et Hermès. Le premier apporte en présent divin au second la diplomatie de la transformation : « vous êtes ainsi appelés à devenir les ambassadeurs de la transformation de la France ».

Guillaume Berlat
4 septembre 2017

1 www.dicocitations.lemonde.fr/citation.php?mot=Zeus
2 www.elysee.fr
3 www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministre-et-son-reseau/evenements-et-actualite-du-ministere/conference-des-ambassadeurs/semaine-des-ambassadeurs-2017
4 Byung-Chul Han, La société de transparence, PUF, 2017.
5 Jean-Baptiste Chastand/Blaise Gauquelin, En Europe centrale, Macron mise les divisions, Le Monde, 23 août 2017, p. 5.
6 Éditorial, Travailleurs détachés : les avancées de Macron, Le Monde, 25 août 2017, p. 21.
7 Yves Bourdillon, Macron ouvre une crise avec Varsovie, Les Échos, 28 août 2017, p. 7.
8 Marie Charrel, La France profite d’une embellie économique, Le Monde, Économie & Entreprise, 25 août 2017, p. 1.
9 Claude Angeli, L’optimisme démesuré de Le Drian en Irak, Le Canard enchaîné, 30 août 2017, p. 3.
10 Au Loup !, Le Canard enchaîné, 30 août 2017, p. 8.
11 Marc Semo, La Libye, banc d’essai de la diplomatie Macron, Le Monde, 29 août 2017, p. 3.
12 Carine Fouteau, Macron veut « identifier » les demandeurs d’asile au Tchad et au Niger, www.mediapart.fr , 28 août 2017.
13 Macron fait parler la poudre, Le Canard enchaîné, 30 août 2017, p. 1.
14 François-Xavier Bourmaud/Mathilde Siraud, Après un été difficile, Macron repense sa stratégie de communication, Le Figaro, 26-27 août 2017, pp. 4-5.
15 Myriam Encaoua/Pauline Thevenaud, L’Élysée se dote d’un porte-parole, Le Parisien, 30 août 2017, p. 4.
16 Le regard de Plantu, Le nouvel ami du président, Le Monde, 30 août 2017, p. 1.
17 Erik Emptaz, Transformation continue, Le Canard enchaîné, 30 août 2017, p. 1.
18 Laureline Dupont/Étienne Gernelle/Sébastien Le Fol, Macron. Le grand entretien : « nous devons renouer avec l’héroïsme politique », Le Point, 31 août 2017, pp. 28-50.
19 Jean-Marie Guéhenno, Moins d’actions militaires, plus de diplomatie, Le Monde, 29 août 2017, p. 20.
20 Simon Roger, Trump a signifié à l’ONU son retrait de l’accord de Paris sur le climat, Le Monde, 1er septembre 2017, p. 6.
21 Discours de Jean-Yves Le Drian. Ouverture des rencontres « un ambassadeur, un entrepreneur », www.diplomatie.gouv.fr , 28 août 2017.
22 Jean-Yves Le Drian (propos recueillis par Ava Djamshidi et Henri Vernet, « La Franc est de retour dans le jeu. La guerre m’a lesté », Le Parisien, 31 août 2017, pp. 1 et 6.
23 Discours de M. Édouard Philippe, Premier ministre, Station F, www.diplomatie.gouv.fr, 31 août 2017.
24 Le nouveau désordre international, Questions internationales, La documentation Française, n° 85-86, mai-août 2017.
25 Nouveau monde arabe, nouvelle « politique arabe, Rapport de l’Institut Montaigne, août 2017.
26 Guillaume Berlat, Jupiter à la recherche de la diplomatie perdue, www.prochetmoyen-orient.ch , 28 août 2017.
27 Jean Daspry, Elle et lui : la révélation de Jupiter diplomate, www.prochetmoyen-orient.ch 28 août 2017.
28 Guillaume Berlat, La Francophonie est morte : Macron l’a tuer, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 juillet 2017.
29 Guillaume Berlat, À quoi sert la semaine des ambassadeurs ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 22 août 2016.
30 Pierre-André Taguieff, Macron : miracle ou mirage ?, Éditions de l’Observatoire, 2017.
31 Guillaume Berlat, François Hollande : Histrion de l’illusion diplomatique, www.prochetmoyen-orient.ch , 5 septembre 2016.
32 Olivier Beaumont/Valérie Hacot, Les dossiers chauds du gouvernement. Les dix travaux de Jupiter, Le Parisien, 28 août 2017, pp. 1-2.
33 Grégoire Poussièlgue, Les pièges de la rentrée pour Emmanuel Macron. Macron confronté à la dure réalité pour sa première rentrée, Les Échos, 28 août 2017, pp. 1-2.
34 Pierre Beylau, La diplomatie à géométrie variable d’Emmanuel Macron, www.lepoint.fr , 29 août 2017.

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-09-2017

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18 réponses à Zeus a rendez-vous avec Hermès : Vers une diplomatie de la transformation ? Par Guillaume Berlat

Commentaires recommandés

antoniob Le 09 septembre 2017 à 03h32

sous Fabius le Quai d’Orsay aurait pu être renommé Quai de l’Horreur. Fabius est un fat qui a utilisé les palais républicains pour des fastes. La semaine des ambassadeurs, avec ses toques proposant des petits fours raffinés et autres délices gastronomiques était une dépense de deniers publics pour rien pendant que les populations syriennes se faisaient massacrer par les alliés de la France, que Assange était ignoré, Snowden dénié, et la police du net tentait de s’en prendre aux sites hors juridiction française. Les directives de coulisses arrivaient directement de Washington et Berlin.
Tableau emblématique de la diplomatie française: Hollande en chien de faience posé sur une chaise par Merkel pendant qu’elle cause à Poutine à Minsk.
Sur cette cour des miracles arrive l’ex-protégé de Hollande, qui n’arrive même à baragouiner ce qui fairait que la France puisse se comporter à la hauteur de son rêve antédéluvien de grandeur style XVIIIè siècle. Restent les meubles et les palais dans lesquels pérorer.

  1. Sébastien Le 09 septembre 2017 à 00h39
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    Ce discours d’E.M. peut être résumé de la même façon que cet article: e n f u m a g e.


    • basile Le 09 septembre 2017 à 07h00
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      je confirme, et j’ajoute que dans la photo, le torchon européen est maintenant plus en évidence, et est donc devenu prépondérant sur le drapeau français.

      Au moins, ses prédécesseurs (candidats, ministres lors de discours) avaient le tact de nous montrer (faire croire ?) le torchon en retrait du drapeau français.


      • Fritz Le 09 septembre 2017 à 07h10
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        Ne l’oublions jamais, répétons-le toujours : ce torchon européen est le drapeau fièrement arboré de la trahison permanente de nos élites. Mitterrand a commencé, Chirac a confirmé, et depuis c’est de pire en pire.

        Et pour la “laïcité”, on repassera : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ars%C3%A8ne_Heitz


  2. Kiwixar Le 09 septembre 2017 à 01h24
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    « En même temps », ce serait bien d’avoir des élections présidentielles à 5 tours, afin que les intérêts altruistes de l’oligarchie soient démocratiquement pris en compte pour l’intérêt général de leur pomme :

    (1) l’oligarchie selectionne les candidats acceptables qu’elle certifie conforme via ses medias indépendants
    (2) les candidats conformes sont certifiés acceptables grâce à 500 parrainages de gens qui filent droit et savent éviter au citoyen le confusionnisme d’idées hérétiques
    (3) ”premier” tour où est sélectionné l’opposant à Le Pen, quitte à mécompter un peu les bulletins
    (4) ”deuxième” tour où le candidat pré-choisi nous évite le retour des zeures les plus zombres de notre histoire, et Le Pen peut retourner à la gestion tranquille de sa petite pme familiale
    (5) six mois après l’élection, les Français peuvent renvoyer leur président dans son emballage d’origine sur simple présentation du reçu électoral, et demander un échange standard pour un produit équivalent mais (en même temps) un peu moins pourri


  3. antoniob Le 09 septembre 2017 à 03h32
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    sous Fabius le Quai d’Orsay aurait pu être renommé Quai de l’Horreur. Fabius est un fat qui a utilisé les palais républicains pour des fastes. La semaine des ambassadeurs, avec ses toques proposant des petits fours raffinés et autres délices gastronomiques était une dépense de deniers publics pour rien pendant que les populations syriennes se faisaient massacrer par les alliés de la France, que Assange était ignoré, Snowden dénié, et la police du net tentait de s’en prendre aux sites hors juridiction française. Les directives de coulisses arrivaient directement de Washington et Berlin.
    Tableau emblématique de la diplomatie française: Hollande en chien de faience posé sur une chaise par Merkel pendant qu’elle cause à Poutine à Minsk.
    Sur cette cour des miracles arrive l’ex-protégé de Hollande, qui n’arrive même à baragouiner ce qui fairait que la France puisse se comporter à la hauteur de son rêve antédéluvien de grandeur style XVIIIè siècle. Restent les meubles et les palais dans lesquels pérorer.


  4. Fritz Le 09 septembre 2017 à 04h43
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    “Après pareil discours, nous sommes grisés, enivrés mais aussi perdus par une telle avalanche de mots.”

    Grisés par le néant ?


  5. J Le 09 septembre 2017 à 09h31
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    Si on tient au parallèle astronomique, c’est seulement au vingt-et-unième siècle qu’on a donné le nom d’Eris, déesse de la discorde, à une planète…


  6. keg Le 09 septembre 2017 à 09h54
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    La rencontre au sommet de l’Olympe……
    Macron en vedette olympique…. Quel galbe de programme!
    Et dire qu’avant on y était à poils. Maintenant on peut aller se rhabiller. Cherche mécène fringuier pour habiller sa nudité, car le roi est effectivement nu et il est temps de lui tailler un costard (Fillon se propose….).
    On peut, encore une fois taper les parlementaires pour habiller la France en dignité. Ils y sont prêts à presque 100 millions! A voir….

    http://wp.me/p4Im0Q-26l


  7. RGT Le 09 septembre 2017 à 09h56
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    Comme d’habitude en “grande politique” nous avons encore affaire à un doctorant de l’université de pipeaulogie.

    Désormais, plus de “réformes” mais la “TRANSFORMATION” pour que rien ne change, du moins pour les “élites”.

    Je constate simplement que cette nouvelle politique grandiose transformera les gueux en esclaves corvéables à merci.

    Il serait temps d’ouvrir les yeux : La seule différence entre deux politicards professionnels est bel et bien la couleur du logo du parti auquel il appartient.
    Et ce sera toujours le cas, rien ne peut changer la donne, c’est le système qui est conçu ainsi.

    Il faudrait ne plus jamais voter pour des “sauveurs” adoubés par la ploutocratie.

    Si vous voulez voter, élisez votre voisin même si vous avez de nombreux griefs à son égard.
    Il sera infiniment moins nocif que des professionnels et au moins, s’il commet une “indélicatesse” vous pourrez toujours lui pourrir la vie ou simplement aller lui “casser la gueule” dans un recoin de la cage d’escalier.


  8. peyo Le 09 septembre 2017 à 11h40
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    Macron n’est pas un politique, c’est un financier déguisé en président avec l’aide des milliardaires, sans lesquels il ne serait rien, comme il dit. Nous n’avons aucun espoir avec un individu pareil, l’avenir selon lui, c’est la transformation qui signifie destruction, une fois la traduction faite. C’est une catastrophe. Tous dans la rue le 12 et le 23, autrement la suite sera pire.


    • âge du faire Le 09 septembre 2017 à 21h46
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      QUI appelle à défiler dans la rue ?
      Tous ? *
      Cela comprend qui quoi? j’aimerais des mots moins vides de sens à moins que certains se mettent à ‘imiter inconsciemment notre Président de tous les Français dans son esprit de grandeur et de transformation!


  9. Raoul Le 09 septembre 2017 à 11h58
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    Ce que ça m’énerve ce surnom de Jupiter ! Et voilà Zeus maintenant ! Va-t-on devoir subir cela pendant cinq ans ? Certes, ce n’est que peu de choses par rapport aux effets des médications que Macron va nous obliger à avaler, mais tout de même !

    Bien sûr, Jupiter ça se veut ironique, mais je suis sûr que l’arrogant Macron est très satisfait de ce surnom. C’est mieux que le « capitaine de pédalo » infligé à son prédécesseur. Et à voir comment la presse aux ordres se régale de ce Jupiter, on comprend bien que, pour elle, on n’est pas dans l’ironie mais dans la révérence.

    Et, puisqu’on parle de politique étrangère, une des petites manies de Micron (mon doigt a glissé, désolé) consiste, quand il est à l’étranger, à critiquer la France (non « réformable ») et les Français. Après la Roumanie, le voici à l’œuvre en Grèce.

    https://francais.rt.com/france/42948-macron-qualifie-opposants-loi-travail-faineants

    Avec cet olibrius, ces cinq ans vont paraître bien longs.


    • Dagobert 2 le Retour Le 10 septembre 2017 à 08h46
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      C’est ce petit Jean-foutre qui, par l’Histoire sera fait néant. Ces références décomplexées et assumées (‘jusqu’où ?…) à la mythologie grecque ne sont en réalité pas anodines, sachez-le. Et certains pitres qui se croient intouchables s’exposent d’ores-et-déjà à bien des déconvenues. Ne s’improvise pas myste qui veut .:.


  10. Arcousan09 Le 09 septembre 2017 à 14h51
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    Si nos “zélites”, si imbues de leur science infuse et de leur toute puissance, se rendaient compte que dans ce pays il existe des intelligences, des expériences, des cultures exploitables avec lesquelles il y a une possibilité de NEGOCIATION les choses iraient nettement mieux …
    Les citoyens de ce pays ne sont pas aussi obtus que nos “zélites” le pensent, ils sont doté d’une compréhension et de neurones qui fonctionnent …. alors pourquoi continuer sur cette voie délétère que sont 49/3, ordonnances et, au passage, ce n’est pas en jouant sur les mots que le smilblick va avancer et passer de réforme à transformation ne change strictement rien à la problématique
    Donc messieurs et mesdames les “zélites inspirées” ne vous étonnez pas que de continuer à gouverner à la hussarde ne marche pas et que cela bloque toute possibilité d’évolution constructive et que votre audimat descende vers les abysses
    Au passage vous êtes tellement obnubilés dans votre toute puissance que vous ne vous rendez pas compte des dégâts considérables causés par des génies autoproclamés de la politique de haut vol genre Fabius, Valls … j’en oublie de plus toxiques


  11. Arcousan09 Le 09 septembre 2017 à 15h44
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    Une citation qui cadre bien avec le sujet:
    Ernest Benn :
    “la politique est l’art de chercher des ennuis, de les trouver, d’en donner un diagnostic erroné puis d’appliquer les mauvais remèdes”


  12. Le Rouméliote Le 09 septembre 2017 à 18h52
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    Je crois que le diagnostic du docteur Segatori est juste : nous sommes en présence d’un grand malade. Il s’écoute parler et comme il ne sait que rédiger des copies pour examen blanc de sciences po’, il ne peut que débiter quatre banalités ronflantes et redondantes devant lesquelles la Cour est priée de s’esbaudir.
    En fait, il n’est là que pour amuser la galerie et faire avaler à la France la pilule européiste décidée à Bruxelles, Francfort et Berlin. Mais quand il s’apercevra de son inutilité, le Zeus olympien tombera dans l’Hadès ! Car en réalité il correspond à la définition d’Audiard dans les Tontons flingueurs etc’est pour ça qu’il ose tout…


    • âge du faire Le 09 septembre 2017 à 21h53
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      pas du tout ce genre de personnages est incapable de se remettre en question. il continuera durant cinq années et les citoyens feront la grimace mais en ajoutant ce qui “m’agace” que voulez vous : “On n’a pas le choix.”
      On dirait que la maladie devient contagieuse!


  13. Opps' Le 10 septembre 2017 à 00h07
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    C’est vrai que cet unanimisme autour de l’ascension de Macron jusqu’à la présidence avait quelque chose d’horripilant . Heureusement ce mouvement d’opinion semble à présent atteint de dégriserie , et nous allons tous pouvoir nous en donner à coeur joie et pratiquer notre sport favori : la critique systématique.

    Quoique ce soit une personne paraissant plutôt qualifié dans le domaine abordé, l’auteur du présent article n’est vraiment pas en retard dans cet exercice avec toutefois cette légère imprudence de ne pas attendre la réalité des faits.
    Donc pour l’instant ce ne sont que des mots , contre des mots. Mais enfin cela permet aux commentateurs de se défouler : c’est donc oeuvre utile.


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