Source : Le Mouvement Réel, Romaric Godin, 19-04-2017

Emmanuel Macron propose de réformer d’abord la France pour pouvoir obtenir de l’Allemagne un cadre plus coopératif en zone euro. Mais l’urgence ne serait-elle pas plutôt de réformer l’Allemagne ?

Dans cette « super année électorale », deux chemins se dressent devant la zone euro : la poursuite de la situation actuelle fondée sur des ajustements unilatéraux et la compétition de tous contre tous au sein de l’union monétaire ou la réforme de son fonctionnement dans un cadre plus coopératif. L’issue de l’élection présidentielle française sera une étape déterminante pour l’issue de ce choix qui, par ailleurs, peut se résumer simplement ainsi : qui doit « réformer » en premier, la France ou l’Allemagne ?

La France devrait réformer d’abord

La plupart des observateurs français et la quasi-totalité des observateurs allemands estiment que c’est à la France de réformer d’abord. C’est, d’ailleurs, le choix qui est fait par Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! Dans un entretien à Ouest-France paru le 12 avril, ce dernier place la priorité dans les « réformes » françaises. Selon lui, tant que la France ne sera pas réformée, « on ne pourra pas retrouver la confiance des Allemands ». Et tant qu’on n’aura pas retrouvé cette confiance, pas question d’aller plus loin dans l’intégration. Grâce à la magie des réformes françaises, Emmanuel Macron espère ensuite arracher à Berlin un « budget de la zone euro contrôlé par un parlement de la zone euro » et lançant des investissements communs. Bref, le programme de Benoît Hamon, mais seulement après les réformes françaises.

Les mots utilisés par Emmanuel Macron dans son interview sont sans équivoque. C’est seulement une fois la « confiance » en la France revenue que l’Allemagne devra se réformer : « ensuite, il faut que l’Allemagne considère que sa situation elle-même n’est pas durablement tenable », explique l’ancien secrétaire générale de l’Elysée (je souligne). Bref, la clé réside donc dans la réforme française.

Les réformes françaises, prélude à une Europe plus coopérative ?

Cette priorité n’est pas anodine. Emmanuel Macron adhère ainsi à l’idée que l’essentiel des difficultés de la France vient de son manque de compétitivité, et que ce manque de compétitivité s’explique principalement par des effets « structurels » qui, pour être simple, se résument à une question de coût du travail. Ce qu’on appelle souvent « flexibilité » n’est qu’une façon d’évoquer le coût des licenciements, car il est en réalité, assez aisé à un employeur de licencier en France pour peu qu’il accepte d’en payer le prix. C’est donc un élément de coût du travail. De même, la consolidation budgétaire n’a d’autre fonction que de permettre des baisses d’impôts et de cotisations. Les « réformes » ne visent donc qu’à réduire ce coût du travail, perçu comme l’alpha et l’omega de la politique économique.

Une fois redevenue compétitive, la France ne présentera plus de « risque » pour le contribuable allemand qui, dès lors, pourra accepter de mettre en commun une partie de ses recettes fiscales. C’est ce qu’Emmanuel Macron et son soutien allemand, le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble, appellent la « confiance ». Faire en sorte que le besoin de solidarité disparaisse pour mettre en place la solidarité. C’est l’Europe au moindre coût pour les Allemands.

Double langage et leurre

Cette stratégie pose plusieurs problèmes. Le premier, et non des moindres, c’est qu’il est étrange de reconnaître que la position de l’Allemagne n’est pas tenable dès à présent, et ne rien proposer pour changer la donne immédiatement. Il n’est pas moins étonnant d’entendre Jean Pisani-Ferry, le principal conseiller économique du candidat, reconnaître que la politique européenne de 2010 à 2014 a été une « erreur » qui a conduit à une seconde récession parfaitement évitable, et proposer en même temps de se conformer à une architecture institutionnelle de la zone euro qui est le fruit de ces erreurs et qui les a même inscrites dans le marbre des traités : surveillance budgétaire renforcée, sanctions facilitées, pacte budgétaire et solidarité sous conditions d’austérité dans le traité du Mécanisme européen de Stabilité.

Ce double langage laisse inévitablement penser que la stratégie de réformes de la zone euro relève davantage du leurre que de la vraie volonté. En s’engageant d’abord dans les réformes françaises, sans exiger de réformes allemandes, le candidat d’En Marche ! accepte l’ordre établi de l’union monétaire. Il accepte sa logique d’ajustement unilatéral. Or c’est cette logique qui a échoué à partir de 2010 et qui a donné à beaucoup – non sans raison – le sentiment que l’euro n’était plus une monnaie protectrice.

Rétablir la confiance ? Mission impossible !

Car l’Allemagne sait parfaitement jouer sur le registre de la confiance que l’on perd aisément, mais que l’on retrouve difficilement. Il faudra faire preuve non seulement de volonté, mais aussi prouver des résultats. Et quand bien même ces résultats seront obtenus, alors il faudra encore sans doute en faire davantage. Si l’on observe les attitudes face à l’Espagne, au Portugal ou à la Grèce, on remarque que ces pays ne vont jamais assez loin dans les réformes. La Grèce en est l’exemple caricatural puisqu’on en est encore à réclamer des gages de confiance sous la forme de nouveaux plans d’austérité après sept ans d’ajustements. Mais l’Espagne, dont on loue tant les « réformes », qu’a-t-elle obtenu ? Deux ans pour réduire son déficit public au lieu d’une sanction immédiate. Et pas même la présidence de l’Eurogroupe qui semble devoir encore échapper à son ministre des Finances Luis de Guindos, alors que le pays n’a plus de représentants au directoire de la BCE et n’obtient aucun poste à responsabilité en Europe… L’Italie de Matteo Renzi a tenté d’obtenir des concessions en retour de ses « réformes » : elles lui ont été refusées. Pourquoi diable la France d’Emmanuel Macron obtiendrait davantage ?

Déni allemand

La réalité est plus cruelle : l’Allemagne n’accepte pas de se remettre en cause. Elle voit dans son succès économique le fruit de sa « vertu » et cette vision morale ne peut donc déboucher que sur l’exigence de se dresser en modèle. Il n’est qu’à voir les articles indignés de la presse conservatrice allemande sur les critiques d’Emmanuel Macron, pourtant modérées. Le directeur adjoint de la rédaction du Handelsblatt, le quotidien officiel du monde des affaires outre-Rhin, Hans-Jürgen Jakob, parle de « communication patriotique » du candidat pour contrer le FN « sous la forme d’un bashing de Teutons ». On peut voir ici un vrai refus de toute remise en cause de l’excédent courant allemand, qui s’élève à 8,6 % du PIB, soit 270 milliards d’euros, un record. Ce refus est également illustré par le dernier rapport du conseil des experts économiques allemands qui s’échine à prouver le caractère bénin de cet excédent.

Un poids pour la demande

Pourtant, cet excédent pose clairement plusieurs problèmes majeurs. D’abord, il est le symptôme d’une économie allemande qui vit en dessous de ses moyens. Le sous-investissement a été estimé par Marcel Fratzscher, le président de l’institut DIW de Berlin, à 100 milliards d’euros annuels. Cet investissement trop faible touche autant le secteur privé que le secteur public. En donnant la priorité à son désendettement, le gouvernement fédéral est allé très loin, refusant même d’utiliser la très faible marge de manœuvre que lui offre le « frein à l’endettement » inscrit en 2009 dans la Constitution. L’investissement public en a pâtit.

Dans le secteur privé, les entreprises allemandes investissent également trop peu. L’investissement productif a été ralenti par la position de quasi-monopole obtenue sur certains secteurs comme les biens d’équipements ou sur certains niveaux de gamme dans les biens de consommation. Dans ces secteurs, l’investissement nécessaire est minimal. Ailleurs, la modération salariale et les effets des « réformes » du marché du travail ont réduit l’incitation à augmenter la productivité et à investir. Car les salaires sont clairement encore sous-évalués outre-Rhin, et c’est aussi ce que dit l’excédent allemand. Certes, les rémunérations réelles se sont accélérées depuis 2014, avec trois ans de hausse à 1,9 %, 2,4 % et 1,8 %. Mais ces hausses sont encore trop faibles au regard de la quasi stabilité des salaires pendant la décennie précédente. Surtout que, en 2016, le rattrapage s’est singulièrement ralenti.

Un ajustement unilatéral plus difficile

Pas assez d’investissements, pas assez de salaires, c’est autant de moins pour la demande mondiale et celle de la zone euro. Globalement, cet excédent allemand est donc un frein à la croissance des partenaires commerciaux de l’Allemagne. Mais il y a pire : cet excédent rend quasiment impossible l’ajustement unilatéral au sein de la zone euro. Si l’Allemagne disposait encore de sa propre monnaie, son excédent conduirait à une forte appréciation de sa monnaie. Parallèlement, ce phénomène contribuerait à faciliter l’ajustement des pays en déficit. Dans une union monétaire, ce phénomène n’existe pas et seuls les pays en déficit doivent s’ajuster. Mais si l’excédent allemand continue de progresser, l’ajustement devient de plus en plus difficile, voire quasiment impossible. Rééquilibrer cette balance à coup de « réformes » est un leurre. Et lorsque que l’on observe l’évolution des soldes allemands avec les pays de la zone euro qui ont mené des politiques de « réformes », on constate que l’excédent allemand ne se réduit guère suite à ces politiques. C’est pour cette raison que réformer la France seule est une gageure.

Le refus de Bruxelles de sanctionner Berlin

Il conviendrait donc de mettre en place un système permettant de réduire les excédents excessifs en zone euro. En théorie, ce système existe puisque la Commission européenne peut demander des politiques correctrices depuis 2013 lorsque l’excédent courant dépasse 6 % du PIB. Mais si Bruxelles blâme régulièrement Berlin, elle n’engage pas une politique du même ordre dans ce domaine que dans celui des déficits. Rien n’oblige donc Berlin à investir et à dépenser plus, pas davantage qu’à favoriser un meilleur ajustement des salaires. La politique européenne est donc clairement déséquilibrée : elle instaure des plans de consolidation des déficits, sans en faire autant pour les excédents. Elle renonce à « réformer » ceux qu’elle juge « bons élèves », faisant porter le fardeau aux seuls « mauvais élèves ». La morale reste la règle.

Les maux de la France se règleront-elles par des « réformes » ?

Globalement, l’excédent allemand est bel et bien un problème plus urgent que les « réformes » françaises. En octobre dernier, une enquête réalisée auprès de 67 économistes européen par l’institut étasunien Center for Economic and Policy Research (CEPR) montrait que près des deux tiers d’entre eux jugeait inquiétant cet excédent. A l’inverse, les maux de la France pourraient ne pas être où on le croit. Le CEPR publie ce mardi 18 avril une note de recherche qui conclut qu’il existe « de nombreuses preuves qui soutiennent l’idée que le chômage de masse et la stagnation en France sont le résultat d’une demande inadéquate plutôt que de problèmes structurels sur le marché du travail ou d’une dette publique trop élevée. » La question de la « demande inadéquate » souligne à la fois la difficulté de la France à trouver un bon niveau de gamme et la faiblesse structurelle de la demande où l’Allemagne a sa part, comme on l’a vu. On voit mal alors comment une politique de baisse des dépenses publiques pourrait relancer cette demande, quand bien même seraient-elles compensées par des baisses d’impôts qui, souvent, viennent alimenter l’épargne.

La question du niveau de gamme de l’industrie est centrale. Monter en gamme suppose des investissements, notamment dans la recherche. La France dispose d’un outil assez performant dans ce domaine, le Crédit Impôt Recherche qui, cependant, ne se traduit pas par une montée de gamme de l’industrie. Il est vrai que l’Allemagne occupe une place prépondérante sur les marchés de cette gamme. Baisser le coût du travail serait-il alors la solution ? On ne saurait réussir une montée de gamme par ce biais qui, au contraire, à tendance à maintenir la France dans son point faible : un niveau de gamme moyen qui subit la concurrence directe des pays à bas coût. La solution réside sans doute plutôt dans le soutien public à des industries nouvelles et innovantes. C’est, en tout cas, dans cette voie que le Royaume-Uni, après le Brexit vient de se lancer avec un ambitieux plan industriel centré sur les industries nouvelles. Mais ceci, comme la relance de la demande, exige d’oublier la priorité donnée au désendettement par l’architecture de la zone euro mise en place après 2011. On pourrait aussi envisager un vaste plan au niveau européen, porté par la Banque européenne d’Investissement (BEI) pur porter ce type d’évolution dans l’ensemble de la zone euro.

Un choix erroné

Le choix de réformer la France sans réformer l’Allemagne ressemble donc à une erreur comme celle qui a été commise après 2010. C’est le signe, en réalité, de l’acceptation du statu quo actuel. Derrière les dénonciations de l’excédent allemand, rien de concret n’est engagé pour mettre en place une politique plus coopérative. Se contenter d’un « plus tard » ou d’une volonté de « rétablir la confiance » revient à donner à Berlin le pouvoir de décider à quel moment son excédent est trop élevé et à quel moment la France aura bien fait ses « devoirs ». Or, l’expérience prouve que l’Allemagne n’est pas décidée à changer de logique. La politique de réformes promise risque donc d’affaiblir la France sans permettre de renforcer la zone euro. C’est un scénario bien inquiétant.

Romaric Godin

Source : Le Mouvement Réel, Romaric Godin, 19-04-2017

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54 réponses à Zone euro : qui doit réformer d’abord, la France ou l’Allemagne ? Par Romaric Godin

Commentaires recommandés

plebs Le 24 mai 2017 à 02h46

Mais comment peut-on continuer à bavarder encore et encore sur “l’économie” et sur ce qu’il convient de faire ou pas en omettant de souligner que la zone euro se prive (par dogme) du principal (sinon du seul) outil économique efficace, inventé et utilisé par les sociétés humaines depuis plus de 2000 ans : la monnaie ?

Car avec l’€uro il n’y a pas/plus de politique économique possible.

Le différentiel d’efficacité entre Allemagne et France est de 30 points.
L’ €-Mark est sous-évalué de 20%.
L’ €-Franc est surévalué de 10%.

Dans un monde “normal” il suffirait d’une dévaluation pour refaire partir l’ensemble de la machine économique française.
Mais le dogme européen nous l’interdisant, Il faudra donc que les revenus de l’ensemble des français baissent de 20 à 30 points.
Qui commence ?

Ah oui, on pourrait peut-être aussi envisager de suivre l’exemple des Anglais, en quittant l’UE et par la même occasion en nous débarrassant de l’€uro …
Ce serait sûrement moins douloureux. Et beaucoup plus efficace.

  1. Pascalcs Le 24 mai 2017 à 02h07
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    Oui ce mot outrageusement usurpé de “confiance” est une histoire à la graisse de trombone à coulisse. Retrouver la confiance pour arriver à quoi au final? Les américains ont ils perdu la confiance des allemands en accumulant une dette fédérale de 20 000 milliards de $ et en opérant des déficits budgétaires officiels régulièrement compris entre 4 et 7%? Bien sûr que non puisque les Allemands dépendent des US pour leur sécurité et bien d’autres choses.
    Les Allemands ont souvent plus confiance en ceux qui savent les “remettre en place” et montrent qu’ils n’ont aucune intention de se laisser marcher sur les pieds. A ce petit jeu, ils ont beaucoup plus “confiance” dans les anglais majoritairement anti Europe désormais. La France des “élites” est décidément historiquement fâchée avec ces notions. Peu de chance que cela change.


    • Caliban Le 24 mai 2017 à 04h22
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      “Selon lui [Macron], tant que la France ne sera pas réformée, « on ne pourra pas retrouver la confiance des Allemands »”
      • réformer : ce verbe a pris le sens de “détruire la solidarité organisée par l’Etat”
      • la confiance : atteindre des objectifs chiffrés, dans le jargon de la gouvernance d’entreprise “être crédible”
      • les Allemands : le gouvernement Allemand de droite acquis à l’ordo-libéralisme

      Donc on traduit : “Tant que la France n’aura pas détruit son système de protection sociale et son Etat providence, le gouvernement allemand ne discutera pas avec le gouvernement français jugé non crédible”

      Mais discuter de quoi au juste puisque
      • précisément l’ordo-libéralisme allemand considère que les choix économiques sont par nature exclus du champ de la décision politique, qu’ils sont intangibles au même titre que la loi de la gravité
      • et que notre gouvernement est tout entier d’accord avec cet axiome idéologique


      • Pascalcs Le 24 mai 2017 à 04h58
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        Ce qui annonce peu ou prou pour la France, un programme de choc à la “Paz Estenssoro” de la Bolivie du milieu des années 80. Pour les résultats que l’on connaît d’avance mais que tout le monde oublie à commencer par les encenseurs des méthodes à la Friedman ou autres Sachs.


  2. plebs Le 24 mai 2017 à 02h46
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    Mais comment peut-on continuer à bavarder encore et encore sur “l’économie” et sur ce qu’il convient de faire ou pas en omettant de souligner que la zone euro se prive (par dogme) du principal (sinon du seul) outil économique efficace, inventé et utilisé par les sociétés humaines depuis plus de 2000 ans : la monnaie ?

    Car avec l’€uro il n’y a pas/plus de politique économique possible.

    Le différentiel d’efficacité entre Allemagne et France est de 30 points.
    L’ €-Mark est sous-évalué de 20%.
    L’ €-Franc est surévalué de 10%.

    Dans un monde “normal” il suffirait d’une dévaluation pour refaire partir l’ensemble de la machine économique française.
    Mais le dogme européen nous l’interdisant, Il faudra donc que les revenus de l’ensemble des français baissent de 20 à 30 points.
    Qui commence ?

    Ah oui, on pourrait peut-être aussi envisager de suivre l’exemple des Anglais, en quittant l’UE et par la même occasion en nous débarrassant de l’€uro …
    Ce serait sûrement moins douloureux. Et beaucoup plus efficace.


    • some Le 24 mai 2017 à 07h53
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      peut on encore bavarder utilement où le débat même nous est volé ?


      • Thierry Le 24 mai 2017 à 09h38
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        Pourquoi volé ?
        La question de l’Euro a été au coeur de la présidentielle ! Tous les candidats ont eu le temps de développer des arguments, qui ont été largement débatus.

        Même les partis les plus critiques sur l’Euro sont divisés en interne sur ce sujet (FN, FI, FdG), et les positions bougent. Il y a donc bien débat, et je pense que les Francais n’acceptent plus dans leur majorité les “yaka” et “faucon” trop simplistes.


        • SanKuKai Le 24 mai 2017 à 18h28
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          La présidentielle est un bon exemple de “débat volé” justement: Si vous critiquez l’Euro vous êtes un extremiste, un fou, un nazi ou un mangeur d’enfants.

          Et si vous êtes trop respectable pour être inclus dans ces catégories, alors vous faites le jeu du FN.
          Et vous devrez passer votre temps a montrer patte blanche avant de parler des incohérences de l’Euro.


          • Thierry Le 24 mai 2017 à 22h48
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            Marine Le Pen aurait été traitée de folle, d’extremiste ou de mangeur d’enfants pendans les débats?
            Ce ne n’est pas ce que j’ai vu.

            Ce que j’ai vu, c’est qu’elle n’avait aucune solution pour sortir de l’Euro.

            Idem pour Mélenchon, obligé de faire des plans A et B, et enfillant les mesures contradictoires.

            Dans tour débat contradictoire (interne ou publics), les partisants d’une sortie de l’Euro se font descendre car ils ne peuvent pas répondre face aux problèmes que ça pose.
            C’est peut être pour ça que vous percevez que le débat est ‘volé’. Ce n’est pas vrai. En fait, il est refusé. (je parle de débats, pas de discours ou de tracs où on peut dire n’importe quoi sans contradiction)


            • sissa Le 25 mai 2017 à 17h04
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              Machine Le Pen était la candidate parfaite pour décrédibiliser la sortie de l’Euro: incompétente, confuse et sans structure de pensée. On peut même se dire que sa promotion par les médias a été un moyen très efficace de maintenir le status quo.


    • Alex Hanin Le 24 mai 2017 à 12h36
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      L’euro, faillait pas y entrer. Mais ce sont après tout les Français qui ont particulièrement soutenus sa création. En sortir serait probablement très difficile et très douloureux.


    • pyrrhogaster Le 25 mai 2017 à 22h37
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      Le débat sur l’euro s’est focalisé sur la méthode de sortie et ses effets immédiats. Or on sait bien que ce sera difficile et que les premiers effets seront désagréables. J’ai suffisamment vécu pour avoir connu une dizaine de dévaluations… . Mais la sortie de l’euro est un choix de moyen et long terme. La dévaluation qu’elle permettra relancera notre économie et la richesse supplémentaire ainsi créée nous fera oublier les désagréments de la transition.


  3. BananaJack Le 24 mai 2017 à 04h38
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    Moi je pense que les Allemands sont en guerre contre la France. Ils veulent tout simplement la détruire économiquement.

    Pas besoins d’armes ni de blitzkrieg…. Pas besoin d’occuper la France… Le cadre de l’UE et de l’Eurozone leur permettent de s’imposer un effort de guerre minimum (sous investissement, pauvreté entretenue etc..) pour asphyxier la France.

    Ils y sont presque… ils sont de plus aidés par la gouvernance française.

    Cela ne vous rappelle rien ?


    • DocteurGrosDois Le 24 mai 2017 à 14h43
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      L’Allemagne n’est pas en guerre contre la France, c’est la France qui depuis des années se croyait au pays des télétubbies et qui se réveille brutalement avec un bâillon-boule à la bouche.

      L’Allemagne a fortement investi ses élites dans les institutions de l’UE, et y a fait avancer ses intérêts.
      La France se sert de l’UE comme d’un placard doré pour ses médiocres et ses punis. Car avoir un poste à moins de 2km de Paris, c’est déjà être banni.

      L’Allemagne a préservé ses industries et son niveau de gamme avec des délocalisations partielles chez ses voisins directs à l’Est.
      La France, au lieu de faire la même chose avec ses voisins du Sud, fait produire en Chine des voitures en carton dont les chinois eux-mêmes ne veulent pas.

      La liste est longue.


      • Pascalcs Le 25 mai 2017 à 05h19
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        Oui, je vous rejoins sur bien des points sauf le dernier, mais cela est une autre histoire. L’Allemagne défend depuis toujours ses intérêts intelligemment avec des gens compétents dans ses ministères et qui ne changent pas tous les 18 mois comme dans les nôtres. Des gens qui connaissent leurs dossiers et le monde et non des “hâbleurs” et beaux parleurs (ce qui est leur réputation fumeuse à l’extérieur de leurs frontières) comme souvent dans nos hautes sphères ministérielles. La force de l’Allemagne c’est la faiblesse légendaire et historique de l’élite dirigeante française, son inoxydable consanguinité et son esprit de caste.


        • UltraLucide Le 25 mai 2017 à 13h59
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          Oui, voir simplement la valse des ministres de l’Economie et des finances en France, comparée à la stabilité du poste en Allemagne et Grande-Bretagne.
          Un poste de ministre à Bercy est une récompense de fidélité ou de ralliement plus que la reconnaissance d’une réelle compétence, et ne saurait en aucune façon être le lieu où se bâtit une stratégie économique durable pour la France.
          “Bercy pour tout”…


  4. Nerouiev Le 24 mai 2017 à 05h34
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    Cette réflexion est certe très intéressante mais je n’arrive pas à la placer autrement qu’au deuxième ou au troisième degré par rapport au fait que l’UE est avant tout atlantiste pour un Monde unipolaire. Je n’arrive pas à me sortir de la tête que cette UE est un grand cadeau fait à l’Allemagne pour empêcher toute union de cette dernière avec la Russie qui deviendrait le montage le plus dangereux contre l’hégémonie américaine. C’est avant tout la position de Merkel dans toutes ses décisions qui me convainc de ceci. Mais il y a aussi le fait que notre industrie se volatilise ; par exemple nous n’avons plus de turbiner Français, outil énergétique indispensable, avec la disparition de Thermodynamique puis de Alstom au profit de GE.


    • pierre Le 24 mai 2017 à 07h31
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      Ce n’est pas un hasard : pour qui croyez-vous que nos dirigeants travaillent ? Le cas d’Alstom est éloquent.


      • RGT Le 24 mai 2017 à 09h34
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        Alstom n’était qu’une “mise en jambes” pour cher cher Macron…

        Demain ce sera Renault qui passera à la trappe et qui sera vendu donné à Volkswagen avec déménagement immédiat des rares usines françaises restantes en Pologne.

        Puis toutes les entreprises françaises passeront à la trappe.

        Une fois le pillage terminé il sera enfin possible de “négocier” un “accord équilibré” : Salaire ukrainien pour tous les français (sauf les dirigeants et les “élus”) et contrat de servage à la finance internationale.

        Et comme d’habitude, ce sera “pour notre bien”, parce qu’il n’y a “aucune autre alternative”, que nous avons respecté les “traités”, et que ça garantit “la paix”.

        “Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! »”

        Macron aura beau faire la danse du ventre en tutu rose devant Merkel ce sera toujours “NEIN !!!”.

        Et quand la France sera à poil et à genoux ce sera “MACHE ZU !!!” (fermes ta g***).


        • JNX75 Le 24 mai 2017 à 10h54
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          Renault vendu a VW : LOL. Une deuxième bière patron, c’est ma tournée ^^


    • Chokk Le 24 mai 2017 à 14h22
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      @Nerouiev
      Je ne crois pas qu’il y ait une chance d’une entente entre la Russie et l’Allemagne, malgrè la dépendance énergétique du second au premier.
      D’abord, historiquement, ces 2 nations ne se sont jamais trop entendu (contrairement à la France et à la Russie d’ailleurs), mais surtout parce que depuis un siècle, les complexes industriels transnationnaux sont américano-anglo-allemands. Il est d’ailleurs très intéressant de voir l’évolution de ces ententes dans le caoutchouc et la chimie avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale, ça tranche un peu avec la version scolaire du récit.
      En vérité les gouvernements se battent pour ces industries, et il n’aura échappé à personne que notre gouvernement aussi. Pas de bol, il n’y a pas beaucoup d’industries françaises dans ces cartels…


      • moshedayan Le 24 mai 2017 à 21h30
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        Pour être russophone, et avoir vécu à Moscou, j’ai l’impression que, depuis George Pompidou ou Giscard d’Estaing, l’amitié franco-russe est une “belle légende” vide de sens. Les années Mitterrand, puis Hollande, ont réussi sur ce plan des coups de maître avec l’intégration dans l’OTAN dans le travail de sape. N’oubliez pas non plus l’expulsion de plus d’une trentaine de diplomates soviétiques, sous le 1er mandat de Mitterrand, pour espionnage ! Et la fameuse Légende de l’espionnage Concorde – Tu 144 (alors que la position des réacteurs étant différentes, tout expert aéronautique sait que cela signifiait des études et conceptions très différentes aussi – l’aile delta n’étant qu’une constante…)


  5. tchoo Le 24 mai 2017 à 06h00
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    L’Allemagne ne changera que si un rapport de force l’y oblige. Sinon ses exigences seront sans fin. Macron le sait parfaitement et il n’a nullement l’intention de demander quelconque effort à Merkel. Car il n’est pas le représentant de la France mais juste d’une catégorie de Français qui s’accomoderait bien d’une situation à l’allemande. Peu importe les conditions de vie des autres


    • BananaJack Le 25 mai 2017 à 22h53
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      “mais juste d’une catégorie de Français qui s’accommoderaient bien d’une situation à l’allemande….”
      En final ne serait-ce pas le remake version économique d’une situation douloureuse de collaboration vécue au siècle dernier par la France et qui a donnée naissance au CNRS ?


  6. DocteurGrosDois Le 24 mai 2017 à 06h21
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    La France n’a rien à attendre ni à quémander quoi que ce soit de l’Allemagne. Les Allemands ne sont pas aveugles sur leur situation, et ils résoudront leurs problèmes eux-mêmes et dans leur propre intérêt.

    Quiconque a vécu ou voyagé en Allemagne sait que les Allemands ne sont pas au courant qu’il existerait un “couple franco-allemand”, et qu’ils trouveraient la notion assez scabreuse et parasitaire. Ils mènent leur barque, on mène la notre.

    Bref, la France se croit dans une amicale sportive, alors que l’UE est une arène.


    • Haricophile Le 24 mai 2017 à 08h42
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      Moi je trouve surtout que c’est une attitude servile qui se situe dans un rapport du gouverneur de la colonie qui cherche à plaire à l’empire. L’histoire nous dit que c’est généralement très mal récompensé d’ailleurs : L’empire ne rend de compte à personne sauf s’il y est contraint.


  7. Dizalch Le 24 mai 2017 à 06h53
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    A nouveau un article d’une justesse remarquable de la part de Romaric Godin, que je remercie grandement, ainsi qu’OB, pour participer à sa diffusion.

    Entre les paragraphes sur le “Double langage et leurre” et celui sur “Les maux de la France se règleront-elles par des « réformes » ?” tout est dit en les lisant, on aimerait d’ailleurs entendre Pisany-Ferry et EM répondre factuellement à la double étude du CEPR auprès des 67 économistes Européens…

    Mais bien sûr ils ne le feront pas, ou, au mieux, avec des éléments de langage du même ordre que “il faut commencer par réformer la France avant de réformer l’Allemagne et l’UE”… non sens et aberration, si l’on tient compte du propre constat de Pisany-Ferry… mais les paradoxes ne les arrêtent pas…


  8. Fritz Le 24 mai 2017 à 07h09
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    Il y a longtemps déjà, un homme politique français, Européen convaincu, voulait réformer la France pour la rendre digne de l’Allemagne.

    Adolf à Laval : “Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure” (kollaborer, c’est être roulé).


  9. calal Le 24 mai 2017 à 07h59
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    indice developpement humain 2014
    allemagne 6eme rang mondial
    france 22eme rang mondial.
    peut etre que la domination de l’europe par l’allemagne sera une bonne chose…


    • s Le 24 mai 2017 à 08h35
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      http://hdr.undp.org/en/data
      Indice si révélateur :
      Suisse 2ème, Singapour 5ème, Irlande 8ème, États-Unis 10ème, Royaume Uni 16ème, Japon 17ème…


    • Haricophile Le 24 mai 2017 à 08h43
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      Tu rigole ? D’où sortent leur performances à ton avis ? Tu veux généraliser le cas Grec à toute l’europe ? Et les performances pour qui ? Pour les travailleurs à 1€ Allemands ?


  10. Michel Ickx Le 24 mai 2017 à 08h03
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    Dans le plus grand silence le lent char à bœufs européen continue sa route vers des lendemains qui chantent :

    https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/CashPayments?surveylanguage=FR

    Avant de participer à ce sondage consultez ce site pour bien comprendre où nous nous précipitons lentement : « Ils veulent l’impôt ultime et votre bénédiction »

    https://www.le-vaillant-petit-economiste.com/

    A faire circuler.


  11. Macarel Le 24 mai 2017 à 09h15
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    Là où l’Allemagne a échoué par les armes, elle a réussi par la monnaie : arriver à dominer l’Europe continentale. Le pire c’est qu’à l’origine ce sont de hauts-fonctionnaires français promoteurs de l’euro, qui pensaient ainsi lier les mains d’une Allemagne réunifiée !
    Plutôt que de reconnaître leur erreur, ils choisissent de faire allégeance au IVième Reich Allemand.
    La collaboration, l’on connaît dans ce pays de fanfarons. C’est pour cela que le mot d’ordre de la France Insoumise : “résistance” prend aujourd’hui, comme hier, tout son sens. Même si aujourd’hui l’occupation prend une forme moins spectaculairement brutale, elle n’en reste pas moins avoir comme conséquence une violence sociale dont le cas grec est emblématique et honteux pour tout le reste du continent.


  12. Gribouille Le 24 mai 2017 à 09h24
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    Ça serait amusant si ce n’était pas aussi dramatique.
    Si on résume, la France doit faire des réformes structurelles pour obtenir la confiance de l’Allemagne. On ne discute même pas le contenu de ces reformes. Tout ce qu’on peut en attendre, c’est que la baisse des dépenses publiques pour assurer le retour à l’équilibre budgétaire, et le cycle de baisse des salaires qu’initiera la future loi travail, engendreront une compression de la demande intérieure, et une montée du chômage à des niveaux inégalées.
    Mais ceci, les dirigeants français en n’ont cure car il faut montrer à l’Allemagne que la France est prête à faire tous les sacrifices, aux dépens de ses propres intérêts, pour avancer vers l’Europe fédérale.
    Europe fédérale que les français ne veulent pas (Macron n’a aucun mandat pour la faire), et que l’Allemagne n’a pas intérêt à soutenir si elle ne veut pas payer pour les autres.
    Pendant ce temps, elle continue, grâce à une hyper compétitivité à l’abri des dévaluations monétaires, de détruire ce qui reste d’industries chez les autres membres de la zone Euro pour les relocaliser sur son territoire avant son éclatement programmé.
    L’Allemagne, anticipe que les effets de concentration et d’agglomération (on parle dans l’article de constitution de monopoles dans certaines filières industrielles), la rendront insensibles aux futurs réajustements monétaires qui ne manqueront pas de se produire lors du retour aux monnaies nationales.


    • RGT Le 24 mai 2017 à 10h06
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      N’oublions jamais que la toute première cause de la 1ère guerre mondiale était d’ordre colonial.

      Ils ont changé d’objectifs à la 2nde et se sont recentrés sur l’Europe pour en faire “leur” colonie.

      Re-branlée.

      Ils ont compris qu’ils ne pourraient pas gagner par voie militaire et ont utilisé la ruse et les “traités” pour atteindre cet objectif.

      Ils ont aussi réussi un coup de maître : Pour qu’une “directive €uropéenne” soit acceptée en Allemagne il faut qu’elle soit adoptée par LEUR parlement national…
      Ça, c’est une très grosse différence car l’U€ ne peut pas leur imposer quoi que ce soit qui soit contraire aux intérêts de LEURS ploutocrates…
      Et comme les “traités” et les “directives” doivent être appliqués PARTOUT, si l’Allemagne refuse même contre l’avis de TOUS les autres pays membres le projet passe à la trappe.

      Quand les dés sont pipés, c’est toujours le tricheur qui gagne et les pigeons qui se font plumer.

      Pourquoi les autres pays n’ont-ils pas cette possibilité de défense ?


      • Fritz Le 24 mai 2017 à 10h17
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        Ouh ! Le vilain germanophobe. Ouh ! L’hérétique qui nie la beauté sublime du couple franco-allemand.


  13. Eric83 Le 24 mai 2017 à 09h35
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  14. Jo66767 Le 24 mai 2017 à 09h41
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    On sponsorise encore le franc cfa . Autant se le re approprier pour la dévaluation et accepter cette monnaie sur le territoire


    • Narm Le 25 mai 2017 à 22h14
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      ça serait une idéee interressante.

      ça nous rapprocherait encore plus de l’Afrique


  15. david Le 24 mai 2017 à 09h51
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    Soyez patients mes amis car :
    1°) Si Macron veut appliquer l’austérité à la France alors il aboutira à une recession en bonne et
    due forme ce qui effectivement réduira notre PIB et nos importations de produits Allemands

    2°) Les écarts de balance courante entre les pays de l’Euro sont contenus dans le système target 2. En clair, tout cela tient car les banques allemandes sont cafies de créances douteuses non remboursables (à mettre en face des bmw et autres audi des pays du Sud). Ces créances valent qq chose car il est dit par dogme de la BCE que cela vaut qq chose. Mais personne n’est dupe.
    3°) Au final ce système tient car on a permis et on permet toujours aux Etats de s’endetter plus (même en Grêce) car c’est le seul moyen de faire tenir le bastringue. Une légère baisse dans la machine sera recessionniste et fera accroitre la pourriture des créances de Target 2. Donc on va continuer à imprimer de la monnaie via la BCE (dont le bilan vient de dépasser celui de la FED…)
    4°) L’euro permet à ses pays membres de vivre au dessus de leur moyen (France compris) et c’est l’Allemagne qui garantit cela car elle permet à la zone euro d’être excedentaire. La France y sacrifie son industrie mais gagne bien plus qu’avec le Franc (ndlr : France = Oligarchie ou Haute Bourgeoisie parisienne)
    5°) La politique de Macron c’est juste du cinéma, car ces réformes se feront à la marge en effet personne en Europe ne veut casser une telle machine, pas même les Allemands. Rendez vous compte, on crée de la monnaie sans inflation “officielle”, quel bonheur !


  16. Bilbo Le 24 mai 2017 à 10h29
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    Pour moi l’Allemagne mange actuellement son pain blanc. Sa démographie est catastrophique et les destructions d’emploi faute de jeunes sont nombreuses (même l’apprentissage a du mal à recruter désormais). Il est facile dans ces conditions d’avoir un faible taux de chômage. Merkel est favorable à l’accueil des réfugiés du fait de ce besoin de bras.
    Les dirigeants allemands ne veulent pas dupliquer l’exemple japonais, piégé depuis 20 ans dans une phase de quasi-stagnation. Ils font donc tout pour créer du capital ou résorber les dettes et ne pas réformer ce système qui leur est favorable.
    Je ne les excuse pas, mais je considère ces circonstances comme atténuantes.

    De notre côté, la démographie est excellente et impose plus de 150.000 créations de postes chaque année, rien que pour que le chômage n’augmente pas. Je n’écrirai pas que nos dirigeants ont été bons, mais le challenge auquel ils font face depuis longtemps est sacrément difficile.
    Des réformes sont certes nécessaires pour atténuer nos points faibles, mais il est idiot de tout miser sur la montée en gamme ou les technologies innovantes. Ce sont par essence des créneaux étroits en termes de main d’œuvre. Il faut faire feu de tous bois, en ayant la lecture la plus large possible des règlements européens, ne serait-ce que pour exploiter le temps d’instruction de la CJUE.


    • Haricophile Le 24 mai 2017 à 21h18
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      Ben voilà la solution, l’Allemagne va importer des immigrés du pays en voie de sous-développement France qui a une croissance démographique plus forte comme tous les pays “moins développés”. Reste à mettre en place une politique pour que ces immigrés n’aient pas les mêmes droits que les Allemands. Ça va marcher. Le gouvernement est assez corrompu et influençable pour collaborer activement.


    • moshedayan Le 24 mai 2017 à 22h01
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      Ah la fameuse démographie !
      Et les menaces écologiques générales, vous les mettez où ? L’Allemagne a la même vision finalement : elle compte compenser grâce au pillage démographique de l’Est européen et je viens de voir une émission d’Arte qui faisait parler un Allemand dans ce sens -lequel élargissait cette stratégie à la Russie (faire venir des Russes – Rien que ça ! Remarque l’organisation Todt a été précurseur – Travail forcé-STO… Selon moi, que ce soit l’Allemagne ou la France, en continuant le quantitatif dans la population, on va dans l’impasse (donc des guerres potentielles et pire la 3e Guerre mondiale)


  17. Nietil Le 24 mai 2017 à 10h38
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    La montée en gamme, c’est le même genre d’escroquerie que l’employabilité. Dans les deux cas, on a affaire à un concept qui repose sur une comparaison entre les niveaux de performance sur une dimension d’un élément d’un ensemble avec la moyenne de l’ensemble auquel il appartient. C’est la configuration type de l’erreur de composition : un élément peut améliorer sa performance s’il est seul à le faire. Mais si tous le font en même temps, la moyenne bouge de la même manière et personne ne progresse par rapport à l’ensemble.

    Si l’on dit que l’industrie allemande est spécialisée dans le haut de gamme, et si elle peut exiger un prix plus élevé en conséquence, c’est précisément parce que les autres pays n’ont pas la même spécialisation. Sinon, il s’agirait par définition du tout venant, c’est à dire du moyen de gamme, et l’abondance de l’offre ferait baisser les prix.


  18. JNX75 Le 24 mai 2017 à 10h51
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    Sans volonté de polémiquer, je vois une contradiction majeure dans les propos de l’auteur.

    1) Les excédents de l’Allemagne viennent d’un sous-investissement chronique, public ou privé. L’Allemagne est invitée à dépenser plus.
    2) La France doit monter en gamme et pour cela investir.

    Mais si l’Allemagne qui est déjà hyper-compétitive investit encore plus dans son outil de production, ne vas-telle pas par ce biais renforcer encore plus ses positions concurrentielles ?

    Si l’auteur pense à un appel d’air qui renforcerait nos exportations, je crois qu’il se fait des illusions. Les allemands sont parfaitement autosuffisants, que ce soit dans la construction ou les biens d’équipement. Quant à l’informatique elle viendra des EU ou d’Asie mais certainement pas de France. L’investissement dans l’humain (formation), sera 100% allemand et renforcera la compétitivité de leur main d’œuvre.

    Donc ??


    • JNX75 Le 24 mai 2017 à 11h20
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      A titre d’exemple : “Daimler a lancé la construction d’une nouvelle usine de batteries à Kamenz” http://www.ccfa.fr/Daimler-a-lance-la-construction-d

      Tous les jours l’Allemagne montre qu’elle sait investir dans son industrie, là ou on produit de la valeur. En France on investit dans l’immobilier et les infrastructures, là où la production de valeur est plus aléatoire.
      Attention donc à ce pseudo-différentiel FR/ALL en investissement.

      Dernière remarque : une entreprise qui construit son siège à Paris va payer son batîment 3 fois plus cher que sa concurrente Allemande qui fait de même à Berlin ou Stuttgart. Dans les chiffres la francaise aura plus investi. Mais en réalité, aucune différence.


      • PaleFace Le 24 mai 2017 à 13h47
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        L’Allemagne qui construit des usines non loin des frontières avec la Pologne et la Tchéquie ?

        C’est certainement le fait du hasard, et non le produit d’un calcul financier parfaitement cynique (second degré inside…) !


        • JNX75 Le 24 mai 2017 à 14h09
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          Voila y a des critiques invétérés : on pourrait dire chouette l’Allemagne investit dans un secteur d’avenir dans une région historiquement plus pauvre que les lander de l’ouest, mais vous ralez que la frontière est à 40km. J’espère que les Allemands vous écouteront et arreterons d’investir près de leur voisin. D’ailleurs le siège de Daimler à Stuttgart me parait un peu pres de la frontière française, sûrement un calcul cynique pour faire venir des ingés francais au rabais.


          • yann 35 Le 24 mai 2017 à 17h44
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            pas faux … entendu ce matin sur France info : “3 ingénieurs allemands coûtent autant que 2 ingénieurs français” … nos ingénieurs savent qu’ils vont également devoir se serrer la ceinture “en marchant” !!
            je ne source pas plus, un peu fatigué pour écouter ça maintenant, mais, comme j’ai mis la carte France Info, je suis en mode God pour decodex : j’ai le droit de dire ce que je veux !!!!


  19. Renaud Le 24 mai 2017 à 11h33
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    “”En s’engageant d’abord dans les réformes françaises, sans exiger de réformes allemandes, le candidat d’En Marche ! accepte l’ordre établi de l’union monétaire””.
    Cette seule phrase résume assez bien la situation.
    En raccourci, les “élites” françaises n’aiment pas la France, derrière leur discours lénifiants et insipides, ces “élites” ne cessent d’enfoncer la France en se gobergeant sur elle, en la désindustrialisant et en la vendant aux plus offrants. Pourvu que ça dure et après moi le déluge semblent penser ces “élites” dont on est saturés.
    L’Allemagne et la France ne sont pas un “couple”, sinon un couple infernal.
    Macron, comme on pouvait le craindre, n’apporte aucun horizon nouveau dans cette “Europe”, au contraire, il va finir, lui aussi, à faire payer les forces productives françaises qui n’en peuvent mais…
    Il faut sortir de l’ “Europe”, de l’ “euro” et de l’OTAN. Un frexit sinon rien!!


  20. Casimir Youlianov Le 24 mai 2017 à 13h42
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    Le travail n’a pas de cout. On y créée de la valeur ajouté qu’il faut ensuite partager entre ceux qui la font (les travailleurs) ceux qui détiennent les outils de production (les patrons) et ceux qui en vivent en s’échangeant du papier (les parasites).

    Pour retrouver de la “compétitivité” je vous laisse deviner si il serait le plus rentable de baisser la part de ceux qui font la valeur ajoutée ou de ceux qui vivent dessus.

    Bref, ce genre d’article me laissent pantois. C’est TINA , on va pouvoir s’asseoir sur le salaire indirect et tant pis si le désespoir induit chez les gens en poussent de plus en plus à se suicider en emportant le maximum de pauvres innocents avec eux…
    “I don’t want to live on this planet anymore.”


  21. NeverMore Le 24 mai 2017 à 14h47
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    Encore un article bavard bâti sur du vide, qui croit ou fait semblant de croire,à des trains de réformes.

    Les Grecs en sont à leur sixième train au moins et tout va de mieux en mieux chez eux. Idem pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie , et j’en oublie.

    Changer une ligne dans un traité est désormais impossible (prendre des leçons chez Asselineau par exemple dans son discours pour les maires, me paraît nécessaire, voire urgent)

    Comme pour notre budget, nos lois sont soumises à l’approbation de l’UE, qui agit (déjà) comme un conseil constitutionnel.

    Dans l’Europe et avec l’Euro, et avec des idées comme présentées, ce pays est foutu..


    • Philippe Le 25 mai 2017 à 12h44
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      L’auteur ne croit pas aux «réformes» et défend même ici la thèse inverse.


  22. Julie Le 24 mai 2017 à 16h01
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    Je ne comprends pas à quoi sert cet article s’il n’explique pas la “flexi-sécurité” et ses différences dans les différents pays européens.
    En Allemagne, si on vit avec moins d’une certaine somme, le loyer et les charges sont payées, directement au proprio bien sûr, et il y a des limites à la folie des grandeurs (surface par nombre d’habitant/loyer mensuel par rapport aux prix moyens du quartier). En France, on prétend avoir plus que l’Allemand pauvre, mais on refile tout au proprio sans aucun contrôle.


    • Julie Le 24 mai 2017 à 20h05
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      comment se fait-il qu’il y ait plus de gens à la rue chez nous que n’importe où ailleurs en europe si la situation est si enviable?


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