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21.novembre.201821.11.2018 // Les Crises

Autopsie du Journalisme, de Hitler à Trump : Daniel Schneidermann

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Source : Thinkerview, Youtube, 12-11-2018

Interview de Daniel Schneidermann, en direct à 19h le 12/11/2018.

Source : Thinkerview, Youtube, 12-11-2018

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Commentaire recommandé

Jean // 21.11.2018 à 10h53

Note: Jean oui, mais pas le même Jean.

Au contraire de vous, je l’ai trouvée affreusement pauvre : telle une montagne accouchant d’une souris.

De plus le thème n’est qu’un prétexte à l’invitation. On n’en parle que très peu, au début seulement. Aucun parallèle entre les époques n’est clairement évoqué, expliqué, détaillé, on y fait légèrement référence… comme une évidence qui n’a pas besoin d’être explicitée.

C’est probablement la responsabilité l’interviewer, mais Daniel Schneidermann n’est pas non plus exempt de tout reproche. Sa vision consensuelle transversale à la société me fait plutôt l’effet d’un ventre mou de la critique : ça mange pas de pain et ne dérange pas grand monde.

On enfonce des portes ouvertes en série, en prenant soin de vérifier qu’il n’y a personne derrière pour se la prendre dans la pomme.
Dès lors, je ne ressors que très peu de choses intéressantes de cette interview que j’ai vu en direct. C’est la faute à personne, tout étant de anthropologie de base : on préfère un fauteuil confortable à un tabouret en bois, et puis on veut le garder. Pfiou, nous voilà bien avancé !!!!

16 réactions et commentaires

  • Jean // 21.11.2018 à 09h39

    L’une des meilleurs interviews de Thinkerview que j’ai vu. Sur la critique des médias, dense. L’intervieweur explique le format de son émission : Il s’engage vis-à-vis de celui qu’il interroge à ne pas faire de montage. Le propos ne sera pas manipulé en le sortant du contexte de la conversation.

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    • Jean // 21.11.2018 à 10h53

      Note: Jean oui, mais pas le même Jean.

      Au contraire de vous, je l’ai trouvée affreusement pauvre : telle une montagne accouchant d’une souris.

      De plus le thème n’est qu’un prétexte à l’invitation. On n’en parle que très peu, au début seulement. Aucun parallèle entre les époques n’est clairement évoqué, expliqué, détaillé, on y fait légèrement référence… comme une évidence qui n’a pas besoin d’être explicitée.

      C’est probablement la responsabilité l’interviewer, mais Daniel Schneidermann n’est pas non plus exempt de tout reproche. Sa vision consensuelle transversale à la société me fait plutôt l’effet d’un ventre mou de la critique : ça mange pas de pain et ne dérange pas grand monde.

      On enfonce des portes ouvertes en série, en prenant soin de vérifier qu’il n’y a personne derrière pour se la prendre dans la pomme.
      Dès lors, je ne ressors que très peu de choses intéressantes de cette interview que j’ai vu en direct. C’est la faute à personne, tout étant de anthropologie de base : on préfère un fauteuil confortable à un tabouret en bois, et puis on veut le garder. Pfiou, nous voilà bien avancé !!!!

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      • Marie // 21.11.2018 à 11h51

        Assez d’accord avec vous. Et même si c’est “vieux” ( 1984), ce que je conte n’est pas anecdotique. Jeune enseignante de l’enseignement privé, j’ai vécu la guerre scolaire déclenchée par la volonté du 1er gouvernement de F. Mitterrand d’intégrer les profs du privé dans la fonction publique. Les profs qui étaient “pour” étaient “officiellement” peu nombreux dans mon département rural où les établissements privés sous contrat foisonnaient. Le journal “le Monde” a envoyé D. Schneidermann avec ? (j’ai oublié) enquêter, et c’est mon lycée qui l’a accueilli. Je garde un vilain souvenir de son intervention, lisse, peu percutante tant au niveau de son questionnement et de sa curiosité qu’à celui de son compte-rendu dans le quotidien. Nous avions fondé un grand espoir sur sa venue…la suite, vous la connaissez….

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        • christiangedeon // 21.11.2018 à 17h15

          Chère Marie,j’étais de l’autre côté et nous avons remporté une victoire éclatante en empêchant ce projet délirant d’aboutir. Le gouvernement de l’époque a bien fait de céder,car rien n’aurait pu faire fléchir les partisans de l’école libre. La détermination était farouche. Et la mobilisation sans faille. Presque 40 ans après,je me dis que nous avions eu plus que raison,compte tenu de ce qu’est devenue l’école dite de la république,république qui n’y reconnaîtrait certes pas les siens. Chère Marie,si tu savais,tout le mal que l’on vous fait…chère Marie,demandez vous surtout pourquoi les écoles dites privées sont littéralement débordées de demandes d’inscriptions qu’elles n’arrivent pas à satisfaire,car çà c’est une vraie question.

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  • DocteurGrodois // 21.11.2018 à 11h29

    Entre sa haine féroce envers les journalistes d’investigation (Denis Robert, Pierre Péan, etc) et ses querelles de personnes accumulées depuis son passage au Monde, il faut savoir prendre Schneidermann avec une pincée de sel.

    Pour en revenir à son bouquin, tels des grenouilles dans la casserole les journalistes de 1933 n’auraient pas vu venir l’avènement d’Hitler, mais lui oui, étant donné qu’il est très doué pour prédire le passé depuis l’élection de Trump.

    En revanche, j’attends impatiemment de voir le reste de la séquence “pavé dans la marre” pendant la conférence avec Pujadas.

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    • Polop // 21.11.2018 à 13h02

      Regardez sous la video youtube, dans la description, Thinkerview a donné le lien facebook de la vidéo complète

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    • Marie // 21.11.2018 à 14h19

      Le journaliste d’investigation est l’avenir (utopie, certes). Quant aux autres, ce ne sont que des “journaleux”. Mais “personne n’est parfait’, sentence qui clôt (pas la veuve) le film : “Certains l’aiment chaud”.

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    • DocteurGrodois // 21.11.2018 à 16h20

      @Polop

      Au temps pour moi, j’avais regardé le live.

      Pour le coup j’ai failli arrêter de regarder parce que la voix off de Thinkerview est à la limite de l’insulte et ressort les classiques “bilderberg-siècle-trilaterale” et “je ne suis pas journaliste”, mais au final il aura rendu la fin un peu plus intéressante quand on se rend compte qu’il s’adressait à Pujadas qui est membre du Siècle.

      Pujadas noie le poisson en racontant le déroulement des dîners du Siècle mais il oublie de dire que ce sont surtout des évènements de speed-dating de la connivence et du conflit d’intérêt, et que certains comme Nicole Notat y entrent secrétaire générale de la CFDT et en ressortent PDG.

      Le grand spécialiste du Siècle était malheureusement le journaliste d’extrême droite Emmanuel ratier qui avait l’habitude de teinter des faits exacts avec sa vision du monde conspi millésimée 1942. Vous êtes prévenus si vous recherchez le Siècle sur le net, car vous tomberez dessus. Armez vous de pincettes.

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      • lvzor // 26.11.2018 à 16h57

        Je ne connais Ratier que de son livre à charge sur E. valls, qu’il n’aurait certainement pas écrit dans ce sens s’il avait été d’extrême droite. Vous êtes sans doute symétrique à ces gens qui qualifient Hollande de “gauchiste”?

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  • caliban // 21.11.2018 à 11h58

    J’ai le sentiment que M. Schneiderman est un journaliste intelligent, capable de réfléchir sur les pratiques de sa profession avec lucidité. Même – si comme il le reconnaît à demi-mot – il demeure formaté par son métier et donc non exempt de biais divers.

    Il est en tout cas très distant vis-à-vis de l’esprit de caste qui anime l’immense majorité des éditocrates qui nuisent à sa profession. Faut-il y voir une victoire de Bourdieu avec lequel il avait “ferraillé” il y a 20 ans. Il avait alors été très hostile à l’approche du sociologue … mais aujourd’hui il me semble partager la plupart de ses analyses critiques.

    https://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/SCHNEIDERMANN/5483
    https://www.youtube.com/watch?v=l8TAr8Am95g

    Bref, il vieillit bien 🙂

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  • Bardamu // 21.11.2018 à 12h47

    Je n’ai jamais trop aimé Schneidermann lui préférant son compère Pierre Carles. Si trouve, maintenant qu’il n’est plus là, que Bourdieu avait raison, peut-être en fera t-il de même pour Carles. Il s’étonne de ne pas avoir été viré plus tôt. Rien de curieux, il était un bon petit soldat (qu’il reste en grande partie).
    Il a cependant raison sur un point, c’est la limite du fonctionnement de Thinkerview basé sur le bénévolat. On peut généraliser le propos.
    Leurs vidéos sont souvent intéressantes mais c’est surtout lié à la qualité de l’invité. Les relances et le comportement de l’intervieweur étant souvent pénible. Cela dit ils nous font découvrir des types intéressants peu médiatisés comme Sadin.

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  • opposum // 21.11.2018 à 14h10

    Les dernières interviews de Thinkerview ne me paraissent pas être leurs meilleurs. Celle de Schneidermann est molle (concernant la critique des médias, celle de l’un des fondateurs d’acrimed est plus intéressante) avec un parallèle historique discutable (la démographie, les conditions sociales ne sont pas les mêmes dans les années 30 que 2010/2020) ; celle de Todd ressemble beaucoup trop à toutes les autres qu’on trouve aisément sur Youtube ; celle d’Obertone est critique par moment (quand Sky demande les sources de l’auteur, sans vraiment les obtenir) mais le laisse débaler sa rhétorique creuse entendue sur toutes les grandes chaînes d’information ; celle de Sadin est difficilement compréhensible à cause de toutes les digressions de l’invité… Dommage, je trouvais que l’équipe de Thinkerview avait bien commencé sa saison avec Servigne & Blamont, et Zimmermann.

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  • Shadok // 21.11.2018 à 18h59

    Si les élites et les classes supérieures étaient obligées de mettre leur enfants à l’école publique, elle serait bien meilleure.
    Laisser l’école publique sombrer est au contraire le meilleur moyen de la privatiser, et c’est très certainement le but poursuivi.

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  • LBSSO // 21.11.2018 à 20h21

    “@Jean :”très peu de choses intéressantes de cette interview”
    Il faut lire Daniel Schneidermann pour savoir pour quelles raisons la la presse n’a rien voulu savoir .

    – “Ambiance de l’époque:Il faut se souvenir qu’à l’arrivée d’Hitler en 1933 l’énorme majorité des patrons de presse : français, britanniques, américains sont avant tout anti-communistes, la trouille qu’ils ont c’est l’expansion de la révolution soviétique en Europe. Donc pour beaucoup d’entre eux Hitler a au moins cet avantage c’est qu’il va constituer un barrage à l’expansion communiste. (…) Il y a en tout cas une absence de préjugé défavorable “.
    – Phénomène d’habituation à la violence à l’époque (ligues armées dans tous les partis).
    – Antisémitisme partagé par des gens comme Maurras mais aussi dans journal de P Lazareff (cf anecdote).
    – “Les correspondants français, américains ou britanniques à Berlin veulent rester. Pourquoi veulent-ils rester car pour plupart d’entre eux ils ont germanistes, germanophones, germanophiles.(…) Ils ne veulent pas faire le papier de trop qui va les faire expulser. (…) Il n’y pas de censure, Goebbels ne censure pas la presse étrangère mais il expulse”. Ils perdraient leur travail (leur seule plus-value: la connaissance de l’allemand)..
    – “Il y a ceux qui ne voient pas et ceux qui sont sympathisants (ex : Le Matin) du régime”.

    Le livre de D S est superieur à cette entrevue.On peut écouter celle-ci , selon moi,mieux ficelée.
    https://www.franceculture.fr/histoire/hitler-1933-pourquoi-la-presse-na-t-elle-rien-voulu-savoir/

    Je me suis toujours posé cette stupide question de ce que j aurais fait à cette époque.Je l’ignorerai toujours, mais je sais que ce livre pourra m’éviter, je l’espère, une erreur .
    Merci à Daniel Schneidermann.

    (il y a un point avec lequel je suis en désaccord mais il n’est rien en regard de l’apport du livre)

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  • Jean // 21.11.2018 à 23h12
  • christiangedeon // 22.11.2018 à 11h02

    Le grand problème de notre époque,c’est que nous vivons à l’ére du Journaliste et du Juge…deux personnages parés de toutes les vertus . Redoutable . Parce que le Politique est en train de disparaître,a disparu. Et j’ai la plus haute idée de la Politique. Les condamnations sont maintenant prononcées avant le procès,dès que les “révélations ” sont faites. révélations censées être toutes exactes. Et pendant les “instructions ” les éléments sont divulgués sur la place publique sans aucune vergogne. Et quand un jugement ne convient pas ,le cas d’école étant le jugement Tron,c’est le déchaînement sur la place médiatique et bien pensante,et dunque,un appel du parquet,comme il se doit pour satisfaire des ministres ou d’ex ministres,et “l’opinion publique “. MOi je dis,sans gants,çà c’est de la merde. Le Politqiue est aux abonnés absents, et médias et fuites d’instruction font le reste avec “les médias”…il faut écouter Dupont Moretti. Et l’écouter sérieusement. Il pointe des dérives style panem et circenses,et de la foule qui pouce vers le bas,réclame du sang,avec ,hélas,la complicité des uns et des autres. C’est eminemment catastrophique. J’espère que certains se rappellent encore de l’affaire Baudis,qui a été une véritable honte,une infâmie pour Dominque et qui l’ a littéralement tué.

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