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10.février.202010.2.2020 // Les Crises

Brexit, c’est parti ! Par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 03-02-2020

« Une gifle, cela ne blesse que l’orgueil » (Lange de solitude, Marie-Claire Blais). Et nos bons apôtres de la bienpensance n’en manque pas d’orgueil. Orgueil, un des sept pêchés capitaux, synonyme d’arrogance, de dédain, de suffisance, de vanité. Celui dont nos dirigeants, nos experts auto-désignés, nos chantres des relations internationales et de la diplomatie sont bouffis à tel point qu’ils risquent d’exploser un jour prochain. Les exemples de leur suffisance, qui n’a d’égal que leur insuffisance, ne manquent pas. On pourrait dire qu’ils sont légions au cours des dernières années aux quatre coins de la planète. Qu’il est agréable d’évoluer dans le monde des bisounours rythmé par la ballade des gaffeurs heureux ! Un minimum de prudence et d’humilité s’impose alors que nous allons aborder l’acte II du « Brexit », une sorte de grand saut dans l’inconnu1 alors que le Royaume-Uni prend le large2.

À la fois pour le Royaume Uni mais aussi pour l’Union européenne sur laquelle pèse une sérieuse menace de déconstruction3 en dépit des déclarations lénifiantes dont nous sommes gratifiées à son sujet par les « fédérastes » indécrottables. Personne ne peut prédire raisonnablement ce qui va se passer dans un avenir proche et éloigné des deux côtés du Channel. Après la ballade des gaffeurs heureux, nous abordons le grand saut dans l’inconnu. Mais, avant cela un rappel de quelques fondamentaux de l’âme britannique s’impose pour mieux comprendre la situation actuelle.

LES FONDAMENTAUX DE L’ÂME BRITANNIQUE

Sans la donnée incontournable d’un peuple britannique entièrement à part, on ne peut comprendre la signification du « Brexit » ainsi que la prudence que tout ceci impose à l’analyste des relations internationales.

Un peuple entièrement à part

« On s’est aperçu qu’il n’y avait pas de montagnes entre l’Angleterre et la France ; il y a seulement un canal » (Charles de Gaulle). Or, ce canal n’a fait que s’approfondir au fil des siècles en dépit de cette parenthèse européenne d’environ un demi-siècle (1973-2019)4 où le Royaume-Uni a successivement appartenu à la Communauté économique européenne (CEE) et à l’Union européenne avant de claquer la porte un 23 juin 2016 à la stupeur de tous ceux qui n’avaient rien compris aux particularismes du Grand-Breton. Rien n’y fait, le Britannique est différent du continental. Il parle une langue que personne ne peut imiter. Il roule à gauche. Il a gardé son propre système de mesure. Il raille tout ce qui est latin. Il se présente en modèle de démocratie à la terre entière. Westminster et le 10 Downing Street sont montrés à la face du monde comme le phare de la civilisation de l’état de droit, l’étalon de la protection des droits de l’homme (Cf. la procédure d’Habeas Corpus), le modèle de l’homme qui se tient droit (face au Blitzkrieg en 1940). Nul ne s’aventurerait sur le continent à mettre en doute ce postulat que l’on apprend dans les cours d’histoire, de droit, de science politique. Le pragmatisme à l’anglo-saxonne présente une supériorité indiscutable face au cartésianisme à la française. Il permet d’amortir les chocs de la société alors que la France excelle dans l’art de faire les révolutions, de mettre les citoyens dans les rues (Cf. crise des « gilets jaunes »). Mais rien n’est éternel, tout est éphémère (Mazouz Hacène), y compris dans ce Royaume-Uni qui semblait frappé par la grâce d’une éternité monarchique.

La signification du Brexit

Or, le « Brexit » vient jouer le rôle du grain de sable qui vient gripper la machine pourtant bien huilée par le poids des traditions et des coutumes locales. Alors que l’on pensait le Royaume de sa très gracieuse Majesté vacciné à jamais contre les maux du continent : populisme et dogmatisme5, il n’en est rien. Le spectacle, qu’offrait au monde le feuilleton du processus devant conduire au divorce annoncé entre la Grande-Bretagne et les Vingt-Sept, a été peu réjouissant. Westminster et Downing Street apparaissent de plus en plus comme les deux extrémités d’une scène du théâtre de Guignol. Chaque représentation relève du grand guignol. L’homme à la mèche blonde, sorte de clone de Donald Trump en moins cohérent, encaisse coup de bâton après coup de bâton, promettant d’en finir avec la guignolade qui a pour nom « Brexit » avant le 31 octobre 2019 « by hook or by crook » (quoi qu’il advienne ou coûte que coûte). Son entêtement commence à interpeller jusque dans les rangs des conservateurs qui l’accompagnaient au gouvernement ou au Parlement. Le radeau de la Méduse est aussi le bateau ivre. Un coup a droite, un coup à gauche. Une chatte n’y retrouve plus ses petits tant avec BOJO on dépasse les bornes de l’incongruité. Shoking, my dear ! Les continentaux sont des enfants de chœur comparés à nos donneurs de leçons devant l’Éternel que sont les Anglais. À les voir à l’œuvre depuis quelques mois, quelques semaines, le spectacle de la démocratie britannique est affligeant, voire pathétique. Ne signifie-t-il pas l’effacement de ce grand peuple (qui croit aux chimères6) de la scène internationale pour un bout de temps ? Ne signifie-t-il pas qu’une démocratie, si immunisée soit-elle comme pensait l’être le Royaume-Uni, n’est jamais à l’abri d’une embardée qui peut lui être fatale ? Ne signifie-t-il pas que la souveraineté n’appartient plus aux peuples mais aux Parlements ? Mais, Boris Johnson a su revenir vers le peuple pour trancher le nœud gordien.

Prudence, prudence…

Conclusion : tout ceci doit conduire à la plus grande humilité lorsque l’on manie des concepts tels que ceux de démocratie, d’état de droit, de patrie des droits de l’homme et autres plaisanteries du même acabit. « Il y a, entre Londres et Paris, cette différence que Paris est fait pour l’étranger et Londres pour l’Anglais. L’Angleterre a bâti Londres pour son propre usage, la France a bâti paris pour le monde entier » (Ralph Waldo Emerson). Nous en avons la preuve au quotidien. En dernière analyse, le « Brexit » n’est-il pas le meilleur révélateur de l’âme britannique dans ce qu’elle a de plus tourmentée ? Comme le pensait si justement le général de Gaulle, les Britanniques n’avaient pas leur place dans la construction européenne. Comme dit l’autre, ils nous ont fait c… pour y entrer, ils nous font c… pour en sortir. C.Q.F.D.

Revenons-en à l’actualité de ce dernier jour du mois de janvier 2020 qui marque le jour du divorce entre l’île et le continent !

LA BALLADE DES GAFFEURS HEUREUX

Alors que l’on nous vantait urbi et orbi ses immenses qualités, Theresa May essuie une humiliante défaite sur le « Brexit ». En dépit de l’entreprise de dénigrement médiatique lancée contre lui, Boris Johnson, une sorte de diable, enregistre un succès sur le sujet.

L’étrange défaite de Sainte Theresa

Nos oracles n’avaient pas vu venir le mouvement populaire en faveur du divorce avec l’Union européenne lors du référendum du 23 juin 20167. Pas plus qu’ils n’avaient anticipé une victoire de Donald Trump contre Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle du 8 novembre 2016. La liste de leurs erreurs est si impressionnante qu’elle devrait suffire à les discréditer Ad Vitam aeternam. Mais, il n’en est rien. Nos experts de la bourde tiennent toujours le haut du pavé médiatique avec la superbe qui en fait leur charme. Eux qui, il n’y a pas très longtemps encore, ne juraient que par Sainte Theresa May – avant tout parce qu’elle était une femme -, nous prédisaient qu’elle parviendrait à conclure l’accord de séparation avec l’Union européenne, en dépit des reports successifs dus à son incapacité à se faire entendre par le Parlement de Westminster. Patatras ! Cela ne faisait pas débat dans les milieux de la bien-pensance européiste. Le fameux ait du tout va très bien madame la marquise… sauf qu’il y a eu un tout petit rien. Le 24 mai 2019, elle devait se rendre à l’évidence en annonçant qu’elle jetterait l’éponge à compter du 7 juin 2019.

Le dénigrement du diable Boris

Nous avons alors assisté au concert habituel de lazzis à l’encontre de son successeur, le guignol à la mèche blonde – comme celui de Washington -, un ancien maire de Londres. Son imprévisibilité et son côté théâtral allaient en faire une proie facile pour la mauvaise troupe bruxelloise dirigée par le crétin des Alpes, Michel Barnier. Celui qui ose dire : « nous ne nous laisserons pas impressionner » alors qu’il n’avait rien anticipé du film en fixant des dates butoir dont aucune n’a été tenue8. On clamait urbi et orbi que le gaffeur grand breton allait chuter à la première occasion, nous prédisaient nos prévisionnistes de talent. Il ne possédait pas le moindre talent de stratège pour mener à bien la tâche insurmontable qui lui était dévolue. Les commentateurs comptaient sur les doigts d’une seule main les jours qui le séparaient de son départ précipité du 10 Downing Street, avec perte et fracas. Comment un tel pitre pourrait-il s’acquitter de son pensum ? Nos fameux « toutologues » soulignaient qu’il s’était tiré une balle dans le pied en sollicitant l’avis du peuple. Ils nous expliquaient, avec force détails, que le peuple ne voulait plus de la sortie de l’Union (il se serait trompé en juin 2016) et qu’il infligerait une superbe claque électorale à notre balourd invétéré (il voulait se racheter en démontrant qu’il voulait rester dans l’Union).

Le succès éclatant de Boris

C’est le contraire qui se produisit lors des élections législatives anticipées du 12 décembre 20199. L’opposition travailliste fut balayée d’un trait de plume. Les conservateurs furent plébiscités comme ils ne l’avaient jamais été10. Le peuple assumait son choix de 2016 avec une constance qui mérite louange. « On le croyait saltimbanque, il s’est révélé stratège politique »11. Une fois encore, nos bons apôtres ont eu tout faux sur toute la ligne. Nous risquons d’attendre encore longtemps leur acte de contrition en bonne et due forme. Ils n’ont toujours rien compris à la spécificité de la Perfide Albion et du phénomène Boris Johnson12. Le Royaume-Uni, qui sort le vendredi 31 janvier 2020 de l’Union européenne, reste « un partenaire, un pays ami », mais l’UE sera « très lucide et très ferme » dans ses négociations avec Londres, a affirmé le président du Conseil européen, Charles Michel. Ce qui ne veut strictement rien dire en termes très concrets. Pour leur part, les responsables de l’Union européenne – Commission, Conseil et Parlement européens – ont salué « une Europe à l’aube d’une ère nouvelle », rappelant au Royaume-Uni qu’il perdrait « les bénéfices » d’un Etat membre après le Brexit, dans une lettre publiée vendredi31 janvier 2020, jour du divorce historique. Ce qui s’appelle enfoncer des portes ouvertes. La présidente de la Commission européenne a averti que la force ne résidait pas dans « le splendide isolement ». Paroles, paroles, paroles… Quant à Nathalie Loiseau de mauvais augure, le jour de divorce, elle promène son ennui sur les radios. Elle regrette la « bêtise du Brexit » en ajoutant que « le peuple peut se tromper ». Drôle de conception de la démocratie de Madame Foldingue !13 Est-ce cela qu’elle enseignait à l’ENA lorsqu’elle dirigeait cette très noble institution censée être un haut lieu de défense de la démocratie par le peuple ? Est-ce cela qu’elle pensait lorsqu’elle était en charge des Affaires européennes auprès de Jean-Yves Le Drian. Et dire que tous ces bons apôtres se plaignent de la montée des partis qualifiés injustement de « populistes » ? S’il est possible que le « Brexit » soit une erreur – et cela se discute argument contre argument -, c’est le choix des Britanniques qui est des plus respectables. Qu’on le veuille ou non !

Aujourd’hui, et encore plus demain, nous abordons une Terra incognita sur le plan diplomatique, une sorte de grand saut dans l’inconnu dont on ne sait ce qu’il adviendra de l’Union européenne. « La vraie victime du Brexit, c’est l’Europe », tire, de manière provocante, l’hebdomadaire l’Express en une de son édition du 29 janvier 2020. Est si tout ceci était vrai ? Les prochains mois nous le diront vraisemblablement.

LE GRAND SAUT DANS L’INCONU

Le moins que l’on puisse est que les choses n’ont pas traîné avec le comique à la mèche blonde qui en revient à l’appel du grand large. Force est de constater que dans ses futures négociations avec l’Union européenne, il ne manque pas d’atouts que nos européistes distingués n’ont de cesse de minorer.

Les choses n’ont pas traîné, une fois n’est pas coutume

Alors, les choses ne vont pas traîner. Boris Johnson prend le taureau par les cornes. Il envoie un madrigal à Dame von der Leyen pour l’informer qu’il disposait désormais de toutes les onctions (populaire et parlementaire) pour tenir sa promesse de « Get Brexit Done » (mener à bien le Brexit). Le Parlement européen a voté la ratification de l’accord sur le « Brexit » le 29 janvier 2020 pour une sortie validée le 31 janvier et effective dès 2021 (« Brexit Bill »)14. Les 73 eurodéputés britanniques tirent, à cette occasion, leur révérence à l’issue d’un psychodrame de quatre ans15. Le 23 janvier 2020, le texte avait été définitivement validé par le Parlement britannique et promulgué, dès le lendemain, par la reine Elizabeth II. Ensuite, la période de transition s’ouvre pour un an. Elle doit donc s’achever à la fin de l’année. Une chose est désormais certaine, le Royaume Uni n’est plus membre de l’Union européenne. Qu’on se le dise ! Rien ne sert de réécrire l’histoire, cela ne changera rien à la réalité des faits. Il faudra s’y faire et penser l’après plutôt que de ressasser inlassablement l’avant. De façon pragmatique, nos douaniers ont déjà commencé à prendre la mesure de l’inévitable.

L’appel du grand large n’a pas tardé à se manifester

Le 31 janvier 2020, comme il l’avait promis, le Royaume-Uni retrouve l’air du grand large16 et tire sa révérence au Technopole de Bruxelles. Il est évident que nous entrons dans une période troublée, s’agissant d’un exemple unique dans la (dé) construction européenne. Et, nos ventriloques se perdent en conjectures. Il y a quelques mois encore, ils nous expliquaient fort doctement que Londres avait tout à perdre dans cette aventure alors que les Vingt-Sept lui feraient boire le calice jusqu’à la lie. Aujourd’hui, le jugement est devenu plus mesuré. Certes, les Britanniques vont devoir surmonter de multiples contradictions : géopolitique (la faiblesse de son poids par rapport aux géants que sont les États-Unis, la Chine, l’Union européenne…) ; économique (la force de ses services suppose un cadre réglementaire harmonisé) ; politique et sociale (la gestion des divergences avec l’Union restreindra l’accès de ce marché). Mais, tout le monde sait bien que l’économie n’est pas plus une science exacte que les relations internationales et la diplomatie ne le sont. L’expérience nous enseigne aussi que la dimension irrationnelle de la vie internationale est loin d’être négligeable17. Certains grands esprits que les risques d’affaiblissement européens sont importants aux Nations unies18. Encore, faudrait-il démontrer que l’Union européenne pesait d’un poids significatif dans cette enceinte !

Les atouts objectifs de BOJO dans les futures négociations à 27

De plus, il faudra compter sur la détermination d’un Boris Johnson stimulé par les résultats des législatives anticipées et par le cap clair qu’il a fixé à son pays19. Cet atout lui sera d’autant plus précieux que les Vingt-Sept ne démontrent pas actuellement l’existence d’une forte dose d’affectio societatis pour relever les immenses défis du XXIe siècle. Il fixera, de manière indépendante et souveraine, les contours de sa future politique commerciale, de sa future politique réglementaire sans être à la traine de la cohorte des cloportes européens. L’idée d’un « Singapour-sur-Tamise » fait son chemin. Elle pourrait être une épine dans le pied du Dieu Europe. La Perfide Albion a coutume de pratiquer les sports de voyou avec des airs de gentlemen (Cf. le rugby). Elle ne s’en privera pas et utilisera tous les coups pour faire plier l’Union – aussi divisée que de coutume (Bruno Le Maire déplore le « chacun pour soi » en zone euro, le 27 janvier 2020 – dans les futures négociations. Son agilité sera un précieux atout pour le Royaume Uni20. Autant que sa résilience expérimentée durant la Seconde Guerre mondiale21. Nous en aurons un exemple éclairant avec la question de la libre-circulation des travailleurs et des marchandises22. Contrairement à ce qu’écrit, Pierre Sellal, ex-ambassadeur de France auprès de l’Union européenne, aujourd’hui reconverti comme conseil du cabinet August & Debouzy pour arrondir ses difficiles fins de mois d’ambassadeur dignitaire de France – qui n’avait rien vu venu venir de tout ce qui est arrivé avec et depuis le « Brexit » comme la majorité des experts du Quai d’Orsay -, les Britanniques auront avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière23. Faisons-en le pari ! Ils risquent de nous le faire payer au prix fort24. Les prochaines négociations vont servir de révélateur à la force et à la faiblesse des uns et des autres25.

Dans une mondialisation devenue folle et dangereuse, la capacité d’adaptation rapide aux circonstances constitue un atout non négligeable pour tirer son épingle du jeu. Seul (le Royaume-Uni) est plus à même d’anticiper et de réagir dans l’urgence qu’un moloch (l’Union européenne incapable de s’entendre sur l’essentiel). On le voit aujourd’hui sur la question budgétaire qui traduit l’absence de priorités commune des Vingt-Sept. « Nous sommes dans une situation où la raison du maintien de l’UE réside davantage dans la peur des coûts engendrés par la désagrégation, que dans le fait d’être pris dans une dynamique commune. » (Antoine Vauchez). Certains esprits rebelles estiment que la phase active du « Brexit » dans laquelle nous entrons pourrait n’être qu’une « station sur le chemin de croix du déclin européen » (Jean Pisani-Ferry, précité). On ne le répétera jamais assez, les Britanniques seront encore une calamité pour l’Europe à échéance prévisible. Que nous promet l’avenir ? Sursaut ou suicide pour l’Europe ? L’Union entame 2020 en marche arrière. Une chose est certaine, le « Brexit », c’est parti ! Preuve en est que les Écossais se tournent vers les Vingt-Sept pour préserver leur avenir européen26 et que les deux Irlande s’interrogent.

Épilogue :

« M. Paul Cambon ne s’était pas trompé quand il avait prévenu M. Delcassé en 1903, à la veille de sceller l’Entente cordiale : « L’Angleterre, naturellement, ne s’engagera jamais à fond avec personne »27.

« Par la préférence qu’il accorde aux faits sur les principes, et à l’instinct sur l’intelligence, le Britannique se sent sûr de lui, de son originalité par rapport aux autres peuples, de la supériorité de sa vie politique et commerciale, et de ses aptitudes au statemanship »28.

Les Britanniques ne sont pas européens29. Ils l’ont amplement démontré durant tout leur dernier séjour au sein de l’Europe (CEE puis UE)30. Avec le « Brexit », nous revenons à la normalité sur le temps long31. L’Histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement ?

Guillaume Berlat
3 février 2020

1 Virginie Malingre, L’Europe face à l’épreuve de la sortie de l’Union européenne, Le Monde, 28 janvier 2020, p. 8.
2 Arnaud de la Grange, Le Royaume-Uni prend le large, Le Figaro, 31 janvier 2020, pp. 2-3.
3 Ludovic Lamant, Après 60 ans d’élargissements successifs, avec le Brexit, l’UE devient démontable, www.mediapart.fr , 29 janvier 2020.
4 Florentin Collomp, Je t’aime, moi non plus : 47 ans de relations tumultueuses avec l’Europe Le Figaro, 31 décembre 2020, pp. 6-7.
5 Alain Frachon, Brexit, populisme et dogmatisme, Le Monde, 13 septembre 2019, p. 30.
6 Jacques Julliard, Lettre aux Anglais, Marianne, 13-19 septembre 2019, pp. 4-5.
7 Philippe Bernard, Arnaud Menon. Le sphynx du Brexit, Le Monde, 28 janvier 2020, p. 30.
8 François Clémenceau, Michel Barnier : « Nous ne nous laisserons pas impressionner », www.lejdd.fr , 26 janvier 2020.
9 Jean Daspry, Brexit : c’est reparti de plus belle ! Goodby London, www.prochetmoyen-orient.ch , 23 décembre 2019.
10 Christian Salmon, « BoJo le clown » et son ingénieur magicien, www.mediapart.fr , 26 janvier 2020.
11 Jean Pisani-Ferry, Du bon usage du Brexit, Le Monde, 26-27 janvier 2020, p. 31.
12 Marc Roche, Brexit : l’heure de gloire de Boris Johnson, www.lepoint.fr , 31 janvier 2020.
13 Nathalie Loiseau regrette « la bêtise » du Brexit. « Le peuple peut se tromper », wwwlefigaro.fr , 31 janvier 2020.
14 Anne Rovan, Brexit : le Parlement européen ratifie l’accord de retrait, Le Figaro, 30 janvier 2020, pp. 6-7.
15 Florentin Collomp, De David Cameron à Boris Johnson en passant par Theresa May, quatre ans de psychodrame britannique, Le Figaro, 30 janvier 2020, pp. 6-7.
16 À la veille du Brexit, Johnson discute rapprochement commercial avec Pompeo, Agence France-Presse, 30 janvier 2020.
17 Jean-Pierre Stroobants, Le Brexit, inconnue géopolitique pour l’Europe, Le Monde, 31 janvier 2020, p. 6.
18 Carrie Nooten, Risques d’affaiblissement européen aux Nations unies, Le Monde, 31 janvier 2020, p. 6
19 Jean-Michel Quatrepoint, Brexit. Boris Johnson ou l’autre troisième voie, Marianne, 31 janvier – 6 février 2020, pp. 32-33-34.
20 Cécile Ducourtieux, Du « Global Britain », au risque isolationniste, Le Monde, 29 janvier 2020, p. 5.
21 Philippe Bernard, 1940-2020 : les échos du Blitz sur le Brexit, Le Monde, 31 janvier 2020, p. 26.
22 Éric Albert, La libre circulation des travailleurs et des marchandises prendra fin en 2021, Le Monde, 29 janvier 2020, p. 5.
23 Pierre Sellal, Le Brexit et maintenant, Institut Diderot, 2020, non vendu.
24 Elvire Fabry, Sur la sortie juridique du Royaume-Uni, l’épreuve de force avec l’UE ne fait que commencer, Le Monde, 31 janvier 2020, p. 25.
25 Anne Rovan, Les dossiers clés de la négociation future, Le Figaro, 31 janvier 2020, pp. 4-5.
26 Julie Connann, L’Écosse se tourne vers les Vingt-Sept pour préserver son avenir européen, Le Figaro, 31 janvier 2020, p. 2.
27 Jules-François Blondel, Ce que mes yeux ont vu. De 1900 à 1950. Récit d’un diplomate *, 1960, p. 232.
28 Précité, p. 239.
29 Kevin O’Rourke, Les Britanniques ne sont pas européens, Le Monde, 29 janvier 2020, p. 28.
30 Ian Kershaw, « Nous quittons le convoi au moment où l’Europe arrive dans des eaux dangereuses », Le Monde, 31 janvier 2020, p. 24.
31 Jean Daspry, Le Brexit, révélateur de l’âme britannique ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 septembre 2019.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 03-02-2020

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Commentaire recommandé

Santerre // 10.02.2020 à 08h06

De toute manière, notre chimère française d’un UE forte et indépendante, PERSONNE n’en veut. Aucun des 26 autres. Il va peut-être être temps de regarder les choses en face et de larguer le boulet.

36 réactions et commentaires

  • Santerre // 10.02.2020 à 08h03

    Winston Churchill a bradé le Royaume Uni aux USA pour un marché de dupes dans l’aventure atomique. Piégé par cet accord « secret »( depuis 1942 et la signature de ce traité perpétuel, seul le roi en exercice et le premier ministre ont accés à son contenu) et par la vision que les USA sont le meilleur véhicule de leurs intérêts nationaux, les Britanniques furent des caniches sans faille-sauf pour le Vietnam- . Mais il semblerait, qu’au delà du peuple, ceux qui dirigent réellement le RU, aient envie de prendre la tangente. La monumentale engueulade que s’est pris Johnson par Trump et son inflexibilité stoïque à propos de Huawei et de la 5g ces derniers jours promettent des choses intéressantes à venir. Frexit puis renouvellement de l’Alliance Franco-britanique ? Et pourquoi pas Russo-Chinoise?. A voir

      +18

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  • Santerre // 10.02.2020 à 08h06

    De toute manière, notre chimère française d’un UE forte et indépendante, PERSONNE n’en veut. Aucun des 26 autres. Il va peut-être être temps de regarder les choses en face et de larguer le boulet.

      +39

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    • moshedayan // 10.02.2020 à 17h24

      Et pour cause, le Prima affichée par les Européistes « de tous bords » quasiment est une politique d’hostilité à l’égard de la Russie et avec l’OTAN, une volonté claire mais affichée seulement dans des « archives secrètes » « de dépecer le monde russe » en s’inspirant du « démocrate Brzezinski ». En rien, l’Allemagne ne veut « intégrer la Russie » comme partenaire, parce qu’elle ne ferait pas le poids alors dans sa domination centrale, continentale. Faute de cela, elle oeuvre à des agressions continuelles – Géorgie, Maïdan…
      S’il y a un avenir… c’est une possible autre provocation… L’OTAN s’y prépare : à quand et où ? Kaliningrad, Moldavie, etc…

        +3

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  • Pie vert // 10.02.2020 à 08h17

    Wait and see, moi le Brexit me remplit de joie !
    Mr Farage résume bien l’UE : elle est antidemocratique, une gouvernance juridico-economique par la norme du lander Germanique Bruxellois sur tous les états membres, et ceux par des individus qui ne rendent de compte à personne.Et pour finir sa taille qui conduit à l’immobilisme sur beaucoup de sujet, devient un défaut insurmontable, c’est pourquoi les britanniques ont raison de partir, à mon avis.

      +29

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  • RGT // 10.02.2020 à 08h22

    Le Brexit, c’est le « problème » des anglais, pas des « €uropéens ».

    Par contre, une chose est certaine : Les politicards ne sont pas (trop) assis sur la décision populaire (hormis les louvoiements de Sainte Theresa) et désormais avec « l’infâme Boris le couteau entre les dents » ils constatent enfin que leur choix n’est pas parti à la trappe comme celui d’autres peuples dont l’avis à été jeté aux orties, voire qui n’ont même pas été consultés.

    Qui sera le digne successeur de la perfide Albion ?

    Je verrais bien les italiens, les grecs mais surtout les hongrois ou les tchèques, ces derniers en ayant franchement marre d’être redevenus des colonies allemandes corvéables à merci après avoir connu pendant de nombreuses années l’intermède stalinien (qui au moins leur offrait la garantie d’être nourris, logés et soignés décemment au lieu de crever SDF dans la rue).

    Par contre, ne comptons surtout pas sur « nos » élites énarchiques pour recouvrer notre indépendance nationale, leurs collègues de promo à la tête des grands groupes ayant trop à perdre sur le plan individuel.

      +23

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  • Fritz // 10.02.2020 à 08h25

    Le Brexit crée un précédent : un pays peut quitter l’UE sans connaître le désastre annoncé. La France devrait s’en inspirer, elle qui a bien plus souffert de la « construction européenne » que la Grande-Bretagne. Et comme elle occupe une place centrale, géographiquement, le Frexit risque de condamner l’UE à mort. C’est une arme française !

    Malheureusement, beaucoup de braves gens sont terrorisés à la seule idée de quitter l’UE, et nos zélites ne pensent qu’à kollaborer avec Bruxelles et Berlin. L’Angleterre avait déjà quitté le giron européen en 1534 (Acte de Suprématie), la France n’a jamais osé rompre avec les organisations supranationales, l’église romaine puis l’union européenne.

      +18

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    • Pinouille // 10.02.2020 à 10h09

      « C’est une arme française ! »
      Il m’est d’avis que les probabilités d’un Frexit sont bien inférieures à celles d’un Itexit. La situation économique/financière de l’Italie est bien plus préoccupante que celle de la France.
      Le résultat serait le même: dislocation de l’UE/euro.

        +5

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    • Santerre // 10.02.2020 à 10h27

      Heuuu Fritz, je vous rappelle que la France, par Clovis fait survivre l’église Romaine face à l’arianisme des goths. Puis Charlemagne la consacré avec l’Empire. C’est un Français qui la force aux Croisades. Puis Philippe le Bel kidnappe un Pape et le garde sous contrôle pour un siècle, et détruit les Templiers car trop ultramontains eu égard à leur puissance. Et puis c’est Charles VII qui donne une armée à une pucelle que Rome jugera sorciere(pour quelques siècles). C’est enfin la France qui dit m… À Rome en confiant la couronne à un protestant relaps Henri IV puis deux cardinaux Français successifs, Richelieu et Mazarin qui s’allient avec les princes allemands protestants pour détruire le trés catholique romain ermpire austro_espagnol. Puis la(les) Révolution(s), Napoléon et le concordat, la loi de 1905 et le parti politique le plus anti clérical de l’histoire des démocraties: parti radical puis PS.
      Vous avez une drôle de lecture de l’Histoire de France.

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      • Anouchka // 10.02.2020 à 11h03

        Charlemagne parlait une variante moyenâgeuse de l’Allemand et est enterré à Aachen…

        Ceci étant, l’expression « France fille ainée de l’église » est récente (post révolution française) et son invention visait avant tout à « sauver les meubles » catholiques en France dans un contexte de progression de l’athéisme et de l’anti-cléricalisme.

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      • Fritz // 10.02.2020 à 11h57

        @Santerre : vos rappels historiques sont les bienvenus. Je nuancerai seulement deux points : si Clovis était resté païen, ou s’il avait accepté le christianisme arien, ou s’il avait été battu à Vouillé, le Moyen Age aurait été profondément différent. Quant à Richelieu et Mazarin, ils ont certes cherché et maintenu l’alliance avec les princes protestants d’Allemagne et la Suède de Gustave Adolphe, mais Richelieu a bien préparé l’éradication du protestantisme français perpétrée par Louis XIV.

        Je parlais de 1560, le moment décisif où la France était sur le point de devenir protestante avec la multiplication des églises « dressées » et les hésitations de la Couronne, et de 1572, le plus grand crime d’État commis en France : le massacre de Coligny et des protestants invités pour le mariage de Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, bref : la Saint-Barthélemy.

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        • Santerre // 10.02.2020 à 12h04

          Dieu merci, notre pays n’a pas rajouté la peste dogmatique caviniste à notre jacobinisme endémique. Sur ce point, je suis totalement en accord avec Nietzsche. Le catholicisme enseigne l’humilité et le remords, le protestantisme se contente d’invoquer son messianisme et d’inventer des justifications.

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          • Catalina // 10.02.2020 à 12h15

            et oui, aucune de ces religions ne fait intervenir le travail sur soi, comme le fait l’église orthodoxe. Quant au protestantisme, il enseigne la tolérance, le respect des autres, la fraternité, je me suis tapée 8 ans de catéchisme protestant, je pense savoir de quoi je parle.

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            • Santerre // 10.02.2020 à 13h10

              Oui et vous croyez que le catéchisme catholique apprend l’oppression et la ségrégation ? 🙂 il apprend strictement les mêmes choses. Mais voulus avez appris le protestantisme dans un pays où il est archi minoritaire. Je ne suis pas persuadé que c’est ce que professe l’évangélisme US, le calvinisme sud africain ou le luthéranisme prussien.

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            • Alkali // 10.02.2020 à 15h21

              Avoir été nourri de catéchisme, protestant ou autre, n’est, certes pas, une garantie de libre pensée.
              Les catéchismes n’étant rien d’autres que des dogmes que l’on fait avaler, souvent de force, à des gosses afin de leur ôter toute envie de réfléchir et de penser par soi-même. Le catéchisme c’est ce qui détruit l’esprit critique.

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          • Fritz // 10.02.2020 à 12h20

            Merci. En matière de justification, nous ne connaissons que la justification par la foi, car nous ne sommes pas justes par nous-mêmes. Un pestiféré.
            Ou comme disait Luther : simul peccator ac justus, ac semper paenitens.

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  • Babar // 10.02.2020 à 08h35

    Pour le moment, le Brexit reste un mot, à part des symboles, rien ne change. C’est classique, on fait semblant, cela va calmer le bon peuple, arrivé au 31 décembre 2020 la négociation n’aura pas abouti et on prolongera le délai et ainsi de suite jusqu’à ce que le temps se soit suffisamment écoulé pour qu’un nouveau vote d’actualisation soit nécessaire…

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  • Patrique // 10.02.2020 à 09h36

    Johnson avait le choix entre être Churchill et être Chamberlain. Il a choisi d’être Churchill. Ce qui déplait fortement au néo-pétainiste Macron.

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  • ZoumZoum // 10.02.2020 à 10h04

    Courage, optimisme, persévérance, voilà ce qui manque aux Français qui sont entièrement infusés dans la trouille (on est trop petit, trop faible), et dans le renoncement (on n’y peut rien, c’est le sens de l’histoire).

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    • raoul // 10.02.2020 à 10h56

      Il y a aussi un très gros désintérêt pour la chose politique de la grande majorité des français. Le réveil pourrait être douloureux pour les zélites.

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  • LaurentL // 10.02.2020 à 10h09

    L’Angleterre est un des rares pays qui contribuait au pot européen. La France, pays ruiné, est un des plus gros contributeurs à ce budget. Il semble me souvenir qu’avec un de leur premier chèque européen nos amis polonais, par exemple, s’étaient payé des F35 américains. Solidarité européenne ? Voire .
    La part de notre pays au financement européen va donc mécaniquement augmenter.
    Question : combien d’hopitaux, de palais de justice , de gendarmeries, d’allocations chômage , … l’état français va t’il devoir continuer à supprimer pour compenser la perte financière consécutive au Brexit et continuer à financer la remise à niveau des infrastructures de pays concurrents ?
    Après tout, tant mieux pour ces derniers et tant pis pour nous.

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    • Kokoba // 10.02.2020 à 11h27

      Et surtout, n’oublions pas que nos eurocrates continuent à avancer sur l’intégration de nouveaux pays à l’UE:
      Macédoine, Albanie et autres.

      Ces pays recevront de beaux financements qui viendront de la poche des Français.
      En échange, ils auront un droit de veto sur toutes les décisions de réforme.

      Rappelons qu’on parle de l’Albanie, pays le plus corrompu au monde et centre de la pire mafia.

      Et bien sur, on ne demandera jamais leur avis au peuple…

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  • SanKuKai // 10.02.2020 à 11h16

    Je me garderai bien de sous estimer l’Union Européenne qui, avec patience utilise la politique des petits pas et l’effet cliquet. Quand le cliquet saute (reférendum de 2005 en France, ou referundum en Irlande) elle a tendance á revenir á la charge discrètement mais inlassablement.
    Et je me garderai bien d’idéaliser les Britaniques et de voir en Boris un grand stratège. Il en pense quoi Julian Assange de l’Habeas Corpus?
    Leur volonté de souveraineté est admirable mais entre « Remainers » et « Brexiter », la division est encore grande.
    A la City il n’y a pratiquement que des remainers et en général ils ne se distinguent pas par leur acceptation d’un vote démocratique. D’un autre coté, tant qu’il y a la libre circulation des capitaux, je pense que la City en général s’en bat l’oeuf.
    « Wait and see » est donc en effet la meilleure option du moment.
    La seule chose qui est certaine, c’est la déconnexion totale des élites Françaises. Guillaume Berlat qui traite Mme Loiseau de « madame foldingue » ce qui est presque un euphémisme.
    Elle vient de déclarer á la BBC: « Il n’y a plus de grève en France ». Comme les médias en parlent très peu outre manche, le peu de Britaniques qui l’ont entendue auraient très bien pu la croire… si les réseaux sociaux ne l’avaient pas immédiatement remise en place.
    https://fr.sputniknews.com/france/202002061043018810-il-ny-a-plus-de-greves-en-france-affirme-nathalie-loiseau-invitee-a-la-bbc/

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  • Casimir Ioulianov // 10.02.2020 à 14h19

    Ceux qui voient le Brexit comme une simple revendication politique se gourent du tout au tout.
    Les anglais ont dit « Brexit is Brexit » comme ils disent « Enough is enough »…. et c’est pas seulement à l’UE qu’ils ont dit non. Ils en ont marre de vivre les films de Ken Loach au quotidien.
    Le Brexit c’est un de ces énième électrochocs qu’une population envoient à ceux qui prétendent les gouverner (la loi n’est qu’un consensus , qui plus est pas universel) et surtout à ceux qui prétendent les informer : enough is enough. Tout ces vils prescripteurs « du malheur pour votre bien » qu’ils soient politiques ou journaleux feraient bien d’écouter …

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  • .Josy // 10.02.2020 à 14h38

    Il faut arrêter de confondre « les français » et le gouvernement français . Les français ont voté contre le traité européen comme les britanniques mais les second ont un gouvernement qui les représentent , les premiers ont un gouvernement qui représente la commission européenne Très grande différence entre peuple libre et peuple sous contrainte. Si le peuple français était en démocratie nous ferions comme les anglais.

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    • Alkali // 10.02.2020 à 15h35

      J’approuve!
      Les français ne sont pas vraiment des européistes convaincus, et lorsqu’on le leur demande ils disent NON.
      Les zélites zélotes de l’UE qui décident à notre place ne représentent pas la France, ils sont élus par stratagème , ils sont élus « contre » le RN et non « pour » leur programme!
      Escroquerie démocrasseuse!

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    • Cornelius // 10.02.2020 à 18h52

      Je serais plus nuancé. Il me semble plutôt que tout programme proposant une sortie de l’euro est vu comme un repoussoir. J’ai le sentiment que beaucoup de Français sont résignés et préfèrent s’accrocher à une monnaie qu’ils connaissent plutôt que d’envisager une alternative. Apathie mortifère certes mais qui me semble bien réelle.

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      • Citzen of Oceania // 11.02.2020 à 11h45

        La plupart des francais ont intégrés que le système politique Francais était bloqué par l’élite.
        Si vous faites un référendum: Maintient de Macron au pouvoir il sera viré avec deux tiers des votes et pourtant tout le monde s’attends à sa réelection. La magie du systéme présidentiel à deux tours et de nos médias parfaitement neutres pour soutenir objectivement le seul candidat celui de l’oligarchie.

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        • Cornelius // 11.02.2020 à 12h22

          Toujours à propos de Todd, il vient de signer, avec d’autres, une tribune demandant un référendum sur les retraites.

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  • Cornelius // 10.02.2020 à 15h50

    Emmanuel Todd parle, dans son dernier livre, de la situation paradoxale française : d’un côté le drame économique engendré par l’euro pour la France et, de l’autre, l’acceptation (résignation?) quasi-complète de cette monnaie par les Français.

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  • Fritz // 10.02.2020 à 18h11

    Article sur les pauvres étudiant·e·s européen·ne·s qui désertent en masse Oxford depuis le Brexit….
    Sortez vos mouchoirs : http://www.slate.fr/story/187155/royaume-uni-consequences-brexit-oxford-sante-hopitaux-universite-erasmus-recherche-industrie-automobile

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    • Dominique65 // 10.02.2020 à 19h50

      Une idée de la médiocrité de cet article : l’auteur (que je ne peux appeler journaliste) affirme « Il est probable que programme Erasmus ne sera pas non plus reconduit. » Deux phrases plus loin, il rapporte pourtant que le gouvernement s’est engagé à maintenir le programme. Il a donc les infos en main, les donne (il devient irréprochable) mais son besoin de désinformer est irrépressible.

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  • Brigitte // 10.02.2020 à 19h13

    Il est difficile de se faire une idée sur les causes et la réussite du Brexit, tellement le dogme européiste est puissant dans les médias et finalement, même les souverainistes et pro-brexit ont commenté mais peu analysé le phénomène. Je salue le papier de Berlat malgré ses nombreux clichés.
    Ce qui est important c’est de savoir si c’est reproductible ou pas!
    Il parait que Farage aurait dit que l’UE ne survivrait pas au Brexit..ça tourne en boucle chez les UPRistes, qui, en fêtant l’évènement, se croient déjà presque au bout du tunnel. Je suis plus dubitative.
    Les anglais ont un énorme avantage sur nous, ils ont gardé leur monnaie. En plus, ils ont une capitale très dynamique, une université de pointe, une langue internationale, un réseau commercial mondial (commonwealth). Toutes ces choses-là que nous aurions pu avoir nous aussi….mais que nous avons perdu.
    Les ressorts du Brexit sont complexes. Précarité ? identité? libéralisme anti-bureaucratique? parlementarisme salvateur? stratégie des conservateurs pour garder le pouvoir?
    La recette du cocktail explosif vite!

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  • Julien // 10.02.2020 à 21h54

    L’UE dans son adn est anti national. Il est interdit d’exhiber un drapeau dans son parlement. A partir de là vous savez à quoi vous en tenir. détruire les identités et les nations fortes, les lisser au maximum pour soumettre les peuples. Cela passe par la politique mais aussi par l’immigration, par le fameux « progrès social » qui veut que toute personne dans ce monde soit égal à son prochain (oui mais sauf que dans la réalité ça marche pas et ne marchera jamais) etc… sans parler du fait dont on ne parle jamais, l’UE est à la base un projet de CIA et non pas des « peuples » ou je ne sais quelle autre foutaise. Je n’oublie pas le traité de Lisbonne et la manipulation honteuse qui a été faite au détriment des peuples européens. Je n’oublie pas aussi que depuis sa création l’euro n’a absolument RIEN apporté de bon aux nations et aux peuples les composant. Bien au contraire.

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