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CIA : 70 ans de coups d’État, d’assassinats et d’opérations sous faux drapeau

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Les cibles des balles de Washington ont été les dirigeants qui ont tenté d’affirmer la souveraineté économique de leur nation, écrit Jeremy Kuzmarov dans cette critique d’un nouveau livre de Vijay Prashad.

70 ans de coups d’État de la CIA, d’assassinats, de « faux pavillons » [Les opérations sous fausse bannière ou sous faux pavillon sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l’ennemi,NdT] et de meurtres de masse.

Critique du livre de Vijay Prashad, Washington Bullets : A History of the CIA, Coups, and Assassinations (Les balles de Washington : une histoire des coups d’Etat et des assassinats de la CIA, NdT), avec une préface d’Evo Morales (New York : Monthly Review Press, 2020).

Source : Consortium News, Jeremy Kusmarov
Traduit les lecteurs Les-Crises

Les cibles des balles de Washington. En haut à gauche : le leader congolais Patrice Lumumba ; en haut à droite, le leader cubain Fidel Castro ; Rafael Trujillo de la République dominicaine, en bas à gauche, et en bas à droite, le Premier ministre sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem (boingboing.net)

Lors de son audition d’intronisation en février, le dernier directeur en date de la CIA, William J. Burns, a poursuivi la longue tradition de l’Agence consistant à mettre en avant la menace que représentent la Russie et la Chine, ainsi que la Corée du Nord, et a déclaré que l’Iran ne devrait pas être autorisé à se doter de l’arme nucléaire.

Le nouveau livre de Vijay Prashad, Washington Bullets : A History of the CIA, Coups, and Assassinations, détaille comment les menaces étrangères fabriquées ont historiquement été utilisées par l’Agence pour mener une guerre contre le tiers-monde – afin d’étendre la domination des entreprises américaines.

Dans sa préface, Evo Morales Ayma, l’ancien président de la Bolivie qui a été déposé lors d’un coup d’État soutenu par les États-Unis en 2019, écrit que le livre de Prashad est consacré aux « balles qui ont assassiné les processus démocratiques, qui ont assassiné les révolutions et qui ont assassiné l’espoir. »

Jacobo Arbenz (Gobierno de Guatemala, Fotos antiguas de Guatemala. Domaine public.)

Prashad est un éminent analyste politique, auteur d’importantes études sur les interventions impériales, le capitalisme d’entreprise et les mouvements politiques du tiers-monde.

Son dernier livre synthétise la richesse de ses connaissances. On y trouve des révélations personnelles d’anciens agents de la CIA, comme feu Charles Cogan, chef de la division Proche-Orient et Asie du Sud au sein de la direction des opérations de la CIA (1979-1984), qui a confié à Prashad qu’en Afghanistan, la CIA avait « dès le départ financé les mecs les pires et ce, bien avant la révolution iranienne et bien avant l’invasion soviétique. »

Washington Bullets commence au Guatemala avec le coup d’État de 1954 qui a renversé Jacobo Arbenz, dont le programme modéré de réforme agraire menaçait les intérêts de la United Fruit Company.

Le cabinet d’avocats du secrétaire d’État américain John Foster Dulles, Sullivan & Cromwell, avait représenté la United Fruit, et Dulles et son frère, Allen, le chef de la CIA (1953-1961), étaient de gros actionnaires.

L’ancien directeur de la CIA Walter Bedell Smith est devenu président de la United Fruit après la destitution d’Arbenz, et la secrétaire personnelle du président Dwight Eisenhower, Ann Whitman, était l’épouse du directeur de la publicité de la United Fruit, Edmund Whitman.

Après le coup d’État, le successeur d’Arbenz, Castillo Armas, a déclaré que « s’il est nécessaire de transformer le pays en cimetière afin de le pacifier, je n’hésiterai pas à le faire. »

La CIA a contribué à ce bain de sang en fournissant à Armas des listes de communistes et en lui faisant cadeau de son protocole d’assassinat.

Ce protocole a ensuite été appliqué dans des opérations dirigées contre des nationalistes du tiers-monde tels que Patrice Lumumba au Congo (1961), Mehdi Ben Barka au Maroc (1965), Che Guevara (1967) et Thomas Sankara au Burkina Faso (1987).

Entrée de l’ancien bâtiment de la United Fruit Company, avenue Saint-Charles, Nouvelle-Orléans. Il abrite aujourd’hui une banque (Wikimedia Commons)

Sankara a été tué dans le cadre d’un complot mené en étroite coordination entre un agent de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso et les services secrets français, le SDECE.

Selon Prashad, si « beaucoup des balles des assassins ont été tirées par des gens qui avaient leurs propres intérêts de clochers, des rivalités dérisoires et des gains insignifiants, le plus souvent, il s’agissait de balles signées Washington. »

Leur principal objectif, dit-il, était de « freiner le raz-de-marée qui déferlait depuis la Révolution d’octobre 1917 et les nombreuses vagues qui ont balayé le monde pour former le mouvement anticolonialiste. »

Prashad, comme ces commentaires l’indiquent, enracine les crimes de la CIA dans l’histoire plus vaste du colonialisme et de l’hostilité des élites capitalistes mondiales vis à vis de l’émancipation de la classe ouvrière engendrée par la révolution russe.

L’impérialisme, nous rappelle-t-il, est la tentative de « soumettre les gens pour maximiser le vol des ressources, du travail et des richesses. »

Les cibles des balles de Washington, à leur tour, ont été ceux qui, comme Sankara et bien d’autres, ont essayé d’affirmer la souveraineté économique de leur nation.

Le modèle du comportement de la CIA a été établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle a soutenu des factions politiques qui en Europe avaient collaboré avec les nazis contre les communistes, qui eux avaient mené la résistance contre le nazisme.

Le travail de l’Agence, comme l’écrit Prashad, a contribué à « ramener à la vie le cadavre du bloc politique réactionnaire européen. »

Au Japon, cela a signifié la création d’un nouveau parti (le Parti libéral démocrate – LDP) pour vaincre les socialistes, parti qui a absorbé de vieux fascistes (Ichiro Hatoyama et Nobusuke Kishi) et développé des liens durables avec les grandes entreprises et le crime organisé (Yoshio Kodama).

En 1953, la CIA a réussi à renverser le Premier ministre démocratiquement élu d’Iran, Mohammed Mossadegh, qui avait entrepris de nationaliser l’industrie pétrolière du pays.

De 1960 à 1965, l’agence a tenté d’assassiner le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro à au moins huit reprises en envoyant des gangsters de la mafia qui ont tenté d’utiliser des pilules empoisonnées, des stylos empoisonnés, un cigare empoisonné, un scaphandre contenant de la tuberculose, de la toxine botulique et d’autres poudres bactériennes mortelles. Au total, il y a eu 638 tentatives d’assassinat – toutes ont échoué.

La CIA a également orchestré un coup d’État au Sud-Vietnam en 1963 contre les frères Diem lorsque ceux-ci ont cherché à se rapprocher du Front de libération nationale (FLN), un parti de gauche.

Avril 1959 : L’agent spécial Leo Crampsey du Bureau de la sécurité (SY), à gauche, escorte le nouveau Premier ministre cubain Fidel Castro (au centre) lors d’une visite à Washington, DC, peu après la révolution de janvier à Cuba (Département d’État américain).

Un autre coup d’État a été perpétré contre le gouvernement socialiste indonésien d’Achmed Sukarno, dont l’éviction en 1965 a déclenché un bain de sang anticommuniste.

Le coup d’État indonésien de 1965 – comme ses prédécesseurs au Guatemala et en Iran et celui qui l’a suivi au Chili – a suivi un modus operandi comportant neuf étapes différentes :

– faire pression sur l’opinion publique

– nommer l’homme idoine sur le terrain

– s’assurer que les généraux sont prêts

– faire hurler l’économie [référence à l’ordre donné par Nixon à la CIA concernant le Chili « Make the economy scream » voulant dire ainsi  » faire tout ce qui est en notre pouvoir pour condamner le Chili et les Chiliens au plus grand dénuement

et à la pauvreté. »,NdT]

– isoler diplomatiquement

– organiser des manifestations de masse

– donner le feu vert

– assassiner

– tout nier

Détruire la souveraineté économique

Perfectionnées et affinées au fil des ans, presque toutes ces étapes ont été appliquées tout récemment lors du coup d’État de Maidan en 2014 en Ukraine, et du coup d’État de la droite contre Evo Morales en Bolivie en 2019.

Le mémorandum qui décrit l’organisation par la CIA de la déposition du président Jacobo Árbenz en juin 1954 par les paramilitaires. (US Central Intelligence Agency Domaine public)

En ce qui concerne l’économie, Prashad a mis au jour une étude de la CIA datant du début des années 1950 sur la manière de mettre en péril l’industrie du café au Guatemala afin de saper le gouvernement d’Arbenz.

Il s’agissait d’un précurseur de la campagne mieux connue de l’administration Nixon visant à « faire hurler l’économie du Chili » après que les Chiliens aient eu l’audace d’élire un socialiste, Salvador Allende, qui a nationalisé l’industrie du cuivre (cette industrie a été contrôlée par deux sociétés américaines, Kennecott et Anaconda, qui ont fait pression en faveur d’un coup d’État).

Le chef de la station de la CIA au moment du coup d’État de 1973 au Chili, qui a porté au pouvoir le général fasciste Augusto Pinochet, était Henry Hecksher.

Il avait travaillé sous couverture comme acheteur de café au Guatemala au moment du coup d’État d’Arbenz et avait soudoyé le colonel Hernán Monzon Aguirre qui devint le chef de la junte qui remplaça Arbenz.

Après avoir obtenu une promotion, Hecksher a continué à diriger les opérations de subversion de la CIA au Laos et en Indonésie à la fin des années 1950 et au début des années 1960, avant de diriger un projet contre la révolution cubaine au Mexique.

Hecksher était le pendant de sinistres personnages tels que Lincoln Gordon – un anticommuniste impitoyable qui a contribué à orchestrer le coup d’État de 1964 au Brésil –, Marshall Green, qui a aidé à déclencher le coup d’État de 1965 en Indonésie, ainsi que l’agent de la CIA Kermit Roosevelt et l’agent du département d’État Loy Henderson, qui ont contribué à faire aboutir le coup d’État contre Mossadegh.

L’ambassade des États-Unis a joué un rôle si direct dans les coups d’État dans un si grand nombre de pays qu’une blague populaire pendant la Guerre froide avait cours : « Pourquoi n’y a-t-il jamais de coup d’État aux États-Unis ? Parce que là bas, il n’y a pas d’ambassade américaine. »

L’une des astuces du métier consistait à recruter des militants syndicaux capables de débusquer les communistes pour s’en débarrasser et d’organiser des grèves contre les gouvernements de gauche afin de faciliter leur chute.

« Tout était acceptable, écrit Prashad, pour saper la lutte des classes, tant en Europe que dans les États qui se libéraient de la domination coloniale. »

L’attention portée par Prashad aux divisions de classe offre un antidote rafraîchissant aux histoires libérales de la CIA – comme le livre de Tim Weiner, Legacy of Ashes – qui présentent de bonnes informations mais ne parviennent pas à analyser ce qui a motivé l’activité dévoyée de l’Agence.

Le cadavre de Che Guevara avant d’être attaché aux patins d’atterrissage d’un hélicoptère et d’être transporté de La Higuera à Vallegrande, en Bolivie. Image prise par Gustavo Villoldo, agent secret de la CIA.(Wikimedia Commons)

D’anciens nazis comme alliés

Prashad écrit : « Que ce soit au Guatemala ou en Indonésie, ou par le programme Phoenix (ou Chien dich Phung Hong) de 1967 au Sud-Vietnam, le gouvernement américain et ses alliés ont incité les oligarques locaux et leurs amis des forces armées à décimer complètement la gauche. »

En Amérique du Sud, l’opération Condor menée par la CIA a tué environ 100 000 personnes et en a emprisonné environ un demi-million.

La CIA s’est associée à d’anciens tortionnaires nazis comme Klaus Barbie, agent de renseignement du général Hugo Banzer, président de la Bolivie de 1971 à 1978, et personnage clé de Condor.

De nombreuses victimes de Condor étaient des partisans de la théologie de la libération, qui cherchait à appliquer l’évangile chrétien pour soutenir des causes de justice sociale.

La CIA a contribué à tuer le progrès en Afrique en soutenant des actions tels que le coup d’État du colonel Gafar Nimiery au Soudan en 1971, qui a déposé le major communiste Hashem al-Atta et entraîné l’exécution du fondateur du parti communiste soudanais, Abdel Khaliq Mahjub.

Lorsqu’un projet du tiers-monde a émergé dans les années 1970 pour faire avancer l’idée d’un Nouvel ordre économique international (NOEI) s’appuyant sur le principe du nationalisme économique, Washington s’est efforcé de saper son avancement en délégitimant l’Assemblée générale des Nations Unies, qui avait approuvé le NOEI en 1974.

C’est à cette époque que les États-Unis ont commencé à faire pression sur le Fonds monétaire international (FMI) afin de lier les prêts à des programmes d’ajustement structurel qui réduisaient les services publics et profitaient aux multinationales.

Au XXIe siècle, Washington a effrontément utilisé les sanctions pour tenter de saper les gouvernements qui se rebellent. Il a également contribué à fabriquer des scandales de corruption, comme ceux qui ont fait tomber les gauchistes Lula et Dilma Rousseff au Brésil, dont les politiques avaient permis à près de 30 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté.

L’attentat à la bombe contre le parlement chilien lors du coup d’État de 1973 contre Salvador Allende, qui avait nationalisé l’industrie du cuivre au Chili (Wikipedia)

Prashad termine son livre par une citation d’Otto René Castillo (1936-1967), un poète qui avait amené avec lui ses carnets lorsqu’il s’est rendu dans la jungle du Guatemala dans les années 1960 pour lutter contre la dictature imposée par les États-Unis. Castillo a écrit :

« La plus belle chose

Pour ceux qui se sont battus toute leur vie

C’est d’arriver à la fin et de se dire ;

Nous avons eu foi dans les gens et la vie,

Et la vie et les gens

Ne nous ont jamais laissés tomber. »

Ces mots devraient hanter toute personne ayant travaillé pour la CIA, une agence qui se trouve du mauvais côté de l’humanité depuis sa création.

Dans le paysage politique actuel, de plus en plus autoritaire, les critiques contre la CIA sont rares. De nombreux libéraux ont cru à la désinformation de la CIA concernant la Russie – en particulier lorsque Donald Trump a été accusé d’être un agent russe – et portent aux nues un président, Barack Obama, qui était un grand partisan de l’agence.

Le livre de Prashad est particulièrement important à ce titre. On peut espérer qu’il provoquera la réémergence d’un mouvement visant à abolir la CIA et ses ramifications comme la National Endowment for Democracy (NED), ce qui n’a que trop tardé.

Jeremy Kuzmarov est directeur de la rédaction de CovertAction Magazine. Il est l’auteur de quatre livres sur la politique étrangère américaine, dont Obama’s Unending Wars (Clarity Press, 2019) et The Russians Are Coming, Again, avec John Marciano (Monthly Review Press, 2018). Il peut être joint à l’adresse suivante : jkuzmarov2@gmail.com

Source : Consortium News, Jeremy Kusmarov – 24-05-2021
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RGT // 01.07.2021 à 09h46

TOUS les états utilisent les barbouzes dans des coups tordus afin de favoriser les intérêts de quelques « princes » influents au détriment des populations.

Un état qui ne le ferait pas se verrait lui-même rapidement condamné à subir un coup d’état s’il existe quoi que ce soit qui puisse exciter la convoitise de ses voisins (plus ou moins proches, certains habitant aux antipodes).

Mais dans le cas des USA et de ses barbouzes on atteint quand-même un niveau qui place ce pays hors concours dans la course au coups bas les plus nauséabonds.

De plus, le bordel instauré lors de ces « opérations spéciales » se retourne presque toujours contre l’état à l’origine de ces « actions bienfaisantes » et il est alors nécessaire de sortir l’artillerie lourde (invasion militaire, sanctions de la « communauté internationale » pour tenter de limiter les dégâts.

Et les états les plus addicts aux coups tordus se retrouvent ensuite dans une spirale infernale d’escalade infinie pour « préserver les avantages » bien mal acquis.

Les faits sont têtus.

20 réactions et commentaires

  • RGT // 01.07.2021 à 09h46

    TOUS les états utilisent les barbouzes dans des coups tordus afin de favoriser les intérêts de quelques « princes » influents au détriment des populations.

    Un état qui ne le ferait pas se verrait lui-même rapidement condamné à subir un coup d’état s’il existe quoi que ce soit qui puisse exciter la convoitise de ses voisins (plus ou moins proches, certains habitant aux antipodes).

    Mais dans le cas des USA et de ses barbouzes on atteint quand-même un niveau qui place ce pays hors concours dans la course au coups bas les plus nauséabonds.

    De plus, le bordel instauré lors de ces « opérations spéciales » se retourne presque toujours contre l’état à l’origine de ces « actions bienfaisantes » et il est alors nécessaire de sortir l’artillerie lourde (invasion militaire, sanctions de la « communauté internationale » pour tenter de limiter les dégâts.

    Et les états les plus addicts aux coups tordus se retrouvent ensuite dans une spirale infernale d’escalade infinie pour « préserver les avantages » bien mal acquis.

    Les faits sont têtus.

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    • Logique // 02.07.2021 à 00h40

      Tenez donc, personne pour parler de la mort de Rumsfeld qui ne sera jamais jugé pour ses crimes.

        +6

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      • degorde // 02.07.2021 à 08h52

        Si j’en ai parlé, mais ailleurs sur des sites aux Etats Unis. J’ai précisé que l’annonce de sa mort avait quelques instants purifié l’atmosphère.
        Les réactions aux Etats Unis sont du reste intéressantes, peu le défendent ou justifient ses actions. il n’y a qu’une frange extrémiste du parti républicain pour le défendre.

          +4

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    • Byblos // 07.07.2021 à 15h52

      Peut-être que TOUS les États utilisent les barbouzes. Mais certains le font plus que d’autres. Pour les uns, le meurtre est un moyen ultime. Pour d’autres, c’est le moyen privilégié. Et, à cet égard, les USA battent sûrement tous les records depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. Regardez-y bien. Même Hitler ou Staline sont probablement battus.

      Je retiens de l’article cette petite phrase : «Le modèle du comportement de la CIA a été établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle a soutenu des factions politiques qui en Europe avaient collaboré avec les nazis contre les communistes, qui eux avaient mené la résistance contre le nazisme.»

      C’est la parfaite illustration de ce qu’il est convenu d’appeler «le pragmatisme US», une façon élégante de nommer l’absence totale et permanente de scrupules. Typiquement AMÈRE LOQUE.

        +5

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  • Hamourabi // 01.07.2021 à 12h15

    Bonjour,
    Rappelons pour mémoire toute la saveur de cette dernière, très-bienveillante déclaration de Mossieur mike pompeo devant le Parlement Européen :
    « The american leadership will always guarantee ƒreedom and prosperity ƒor the whole world ».

    ((on notera, au passage, que l’usage de l’étiquette « American » ne manque pas de culot, même si le terme est largement passé dans les mœurs depuis le Monroe Corollary de Theodore Roosevelt))

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  • 78 ans +1 // 01.07.2021 à 12h46

    « J’étais le directeur de la CIA. On a menti, on a triché et on a volé. Nous avons même eu des cours de formation complets », Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain 🇺🇸, sous les applaudissements de son auditoire, hilare..

    « Face à son auditoire estudiantin, l’ancien chef de la CIA a défendu, pendant près d’une demi-heure, le bien-fondé de la politique étrangère américaine à travers le monde, rappelant à son public que l’Université A&M du Texas était celle qui orientait ses diplômés, «plus que toute autre université», vers l’armée américaine. «Vous êtes engagés et vous voulez servir. Vous devez en être fiers et j’aime ça !» n’a pas tardé à lâcher le haut diplomate dans l’introduction plutôt enflammée de son intervention.

    https://francais.rt.com/international/61275-nous-avons-menti-triche-vole-le-secretaire-etat-americain-evoque-son-passe-a-cia-video

    https://www.youtube.com/watch?v=x6wbfjspVww

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  • utopiste // 01.07.2021 à 13h20

    En France, pas besoin d’assassiner et pas besoin de nier, les politiciens complaisants sont légions et les grands médias sont complices.

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  • Savonarole // 01.07.2021 à 13h31

    Ce qui m’étonnera toujours c’est la capacité de l’agence à prévenir le bordel qu’ils répandent de par le monde chez eux. Après autant de coups tordus, on pourrait s’attendre à ce que les victimes de ce système ne leur renvoient la politesse, mais en fait ça foire toujours.
    J’ai mis longtemps à comprendre le pourquoi de la résistance à des tentatives de corruptions externes du système US, en fait c’est simple : le système a été créé avec un haut degrés intrinsèque de corruption, ce qui rend les tentatives de corruptions externes plus compliqués parce que pas au niveau. Ajoute à ça la technique de l’omerta : comme tout le monde en croque , ça n’incite pas à faire sauter l’engin. J’en veux pour preuves que même un taré comme Trump n’a même pas réussi a faire une marque sur le vernis. A l’international , trois bien pensants ont dit « rholala ; c’est pas bien » , mais personne n’a pu imposer de sanctions aux USA , tout au plus quelques mesures de rétorsions économique mais ça tient du lancer de cailloux contre char, voir pire vu que les gens ont sur-appliqués les sanctions US par peur des sanctions US. On en met un plus blanc 4 ans après et « America is Back « … misère.
    Bref, l’humanité essaye de marcher avec le mont Rochmore dans la godasse, ça pique mais la caillasse peut physiquement pas sortir. J’en viens à penser comme le Professeur Farnsworth: » I don’t want to live on this planet anymore. »

      +9

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    • 78 ans +1 // 01.07.2021 à 15h32

      Rappel. Il y a quelques années déjà il fut brièvement question dans les médias américains d’une enquête menée auprès de citoyens qui s’estimaient «au service de la nation» («serving the nation…»), afin de découvrir combien d’entre eux refuseraient l’offre d’un pot-de-vin substantiel en échange de faveurs communément reconnues illégales. Un seul refusa!… invoquant que l’offre n’était pas assez généreuse.

      Le célèbre comédien George Carlin: «J’ai renoncé depuis longtemps déjà à mon espèce» («Long ago, I gave up on my species…»).

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  • Virginia // 01.07.2021 à 14h08

    et ça continue clairement en Amérique Latine où les gouvernements qui osent affirmer leur émancipation vis à vis des Etats Unis sont constamment cassés, non seulement par des coups d’état comme en Bolivie mais aussi par de coups médiatico – judiciaires, comme au Brésil ou en Argentine, avec la complicité de groupes de pouvoir locaux.

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  • dj-p // 01.07.2021 à 20h45

    Bestseller en Allemagne, maintenant en France « Une brève histoire de L’empire américain » de Daniele Ganser. L’éditeur: « De l’avis de beaucoup, les États-Unis ont la plus forte influence déstabilisatrice et représentent donc la plus grande menace pour la paix dans le monde. Cette position n’a pas été acquise par hasard. Aucune autre nation n’a bombardé autant de pays et renversé autant de gouvernements depuis 1945. Ils entretiennent le plus de bases militaires, exportent le plus d’armes et disposent du budget d’armement le plus élevé au monde.
    Daniele Ganser décrit de façon impressionnante la façon dont les États-Unis poursuivent une politique de domination dans laquelle la violence est un élément central. Il s’agit aussi d’une histoire de propagande et de parfaite maîtrise de la narration qui fait de l’exceptionnalisme américain (la Destinée manifeste) la clé de voûte d’un discours où les valeurs affichées sont clairement inversées par rapport à la réalité. »
    « Une brève histoire de l’empire américain-Le mythe de l’exceptionnalisme » du chercheur Daniele Ganser aux éditions Demi Lune.

      +12

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    • herve cruchant // 02.07.2021 à 11h15

      Plus ancien mais tout aussi édifiant : « Une Histoire populaire des Etats-UNIS » Howard Zinn ed; Agone 2002

        +4

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  • JnnT // 01.07.2021 à 22h17

    CIA => bordel.

    Effectivement, les méthodes employées peuvent favoriser les intérêts des USA, mais au prix d’une confusion sanglante dans les états visés. Un chaos programmé qui les enferme dans le sous-développement sans possibilité de rattrapage.

    Bien noter que c’est ce même état final qui est recherché en cassant systématiquement les infrastructures dans des guerres. Deux modalités d’action, parfois employées successivement, pour un même résultat.

    La punition, c’est d’écarter définitivement le pays cible du niveau de vie étasunien, celui qui n’est pas négociable.

      +6

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  • degorde // 02.07.2021 à 08h56

    Excellent travail qui prolonge et amplifie le travail de l’historien Blum « killing hope » et « the rogue state »; toutefois quelqu’un devrait en France s’émouvoir de la refermeture des archives française qui étaient pourtant ouvertes depuis 2008 et en attendant l’attitude dilatoire des archives nationales pour communiquer ce qui est censé être accessible. C’est l’article 19 du projet de loi sur le renseignement et la lutte contre le terrorisme en cours d’examen par le parlement. En France pas question de livrer les matériaux qui permettraient un tel travail.

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  • RémyB // 02.07.2021 à 09h37

    aucune info sur un prétendu commerce de cocaïne à partir de l’Amérique du Sud ou d’opium-éroïne à partir de l’Afghanistan?

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  • Marie // 02.07.2021 à 09h42

    À savoir que la CIA était dirigée par d’anciens NAZIS… 1600 scientifiques NAZIS ont été recrutés après la guerre par la CIA.

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  • El Hierro // 03.07.2021 à 18h49

    Cela ressemble au fonctionnement d’un gang, ou le pays dominant fait peur à tout les autres, même dans son clan, par sa brutalité , qui doit donc rester visible. Les pays les plus cyniques restent abrités dans son sillage (Otan) et le soutiennent dans toutes les situations, alors que les autres pays du gang, plus modérés cherchent des opportunités égoïstes ou des compromis avec leur morale…
    Côté chinois ou russe de nos jours, c’est plutôt un fonctionnement mono-état, la structure de gang y est interne, et donc souvent un individu dominant s’y installe (Staline, Mao, et les seconds couteaux ensuite )
    Ce qui réduit un temps le niveau de bruit des guerres de gangs, c’est de se partager le marché, à Yalta par exemple.
    Les USA ont leur territoire en Amérique latine où il suffit de plumer les pigeons par la violence, mais du Maghreb aux Philippines, en passant par l’Afrique et l’Asie centrale, c’est encore une guerre de territoire entre gangs, avec beaucoup de morts.

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  • Vladimir K // 07.07.2021 à 06h06

    Je me demande si les documents sur l’assassinat du premier ministre suédois Olof Palme seront déclassifiés un jour.
    De nombreux doutes planent sur cette affaire liée à un homme, qui voulait que l’Occident et l’URSS fassent la paix.

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