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5.mars.20225.3.2022
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Comment les Bourgeois nous empoisonnent la vie

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Nicolas FRAMONT est sociologue du travail et rédacteur en chef de la revue Frustration (un magazine web indépendant de critique sociale).

Dans cette interview accordée à Élucid, il explique la manière dont la lutte des classes continue à s’exprimer aujourd’hui à travers un clivage opposant la bourgeoisie et les classes laborieuses. Cette lutte est certes une lutte économique mais également culturelle : les mots sont dévoyés dans une novlangue propre au capitalisme, les représentations artistiques mettent en scène les plus favorisés de la société et leurs préoccupations, etc.

Or, les contestations sociales se multiplient depuis quelques années, et avec elles plus de revendications pour l’égalité de tous. Alors, pouvons-nous vraiment renverser la classe bourgeoise ?

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Commentaire recommandé

Fernet Branca // 05.03.2022 à 11h18

J’ai cru ce matin que le site Les Crises avait été fermé d’autorité compte-tenu des évènements , des articles passés et l’emballement belliciste de la presse française et européenne.
Heureusement il n’en est rien.

24 réactions et commentaires

  • Fernet Branca // 05.03.2022 à 11h18

    J’ai cru ce matin que le site Les Crises avait été fermé d’autorité compte-tenu des évènements , des articles passés et l’emballement belliciste de la presse française et européenne.
    Heureusement il n’en est rien.

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  • Fernet Branca // 05.03.2022 à 12h22

    Quand on parle des bourgeois c’est la chanson de Jacques Brel qui me vient immédiatement à l’esprit.
    Le coeur bien au chaud
    Les yeux dans la bière
    Chez la grosse Adrienne de Montalant
    Avec l’ami Jojo
    Et avec l’ami Pierre
    On allait boire nos vingt ans
    Jojo se prenait pour Voltaire
    Et Pierre pour Casanova
    Et moi, moi qui étais le plus fier
    Moi, moi je me prenais pour moi
    Et quand vers minuit passaient les notaires
    Qui sortaient de l’hôtel des Trois Faisans
    On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
    En leur chantant
    … Les bourgeois c’est comme les cochons
    Plus ça devient vieux plus ça devient bête
    Les bourgeois c’est comme les cochons
    Plus ça devient vieux plus ça devient…

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    • Alain Rousseau // 05.03.2022 à 13h51

      Rappelons quand même qu’il s’agit moins d’une charge contre les bourgeois que contre l’embourgeoisement, l’âge venant, des anciens jeunes anti‐bourgeois.

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      • Fernet Branca // 05.03.2022 à 14h17

        Exact : je n’ai pas recopié tout le texte de la chanson.
        Mais Nicolas Framont vois les bourgeois comme les super-milliardaires prônant le tourisme spatial, ou Bill Gates ou Bernard Arnaud, alors que le bourgeois ennemi du peuple est au coin de la rue ( reconnaissable à sa Tesla, son Audi, sa BMW et ses vacances aux Maldives ou aux Seychelles ). Désolé pour ceux qui se sont reconnus .

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        • Orhan // 06.03.2022 à 00h40

          Il y a tout un nuancier de bourgeoisie. Mais c’est surtout la divergence entre situation objective et subjective qui est importante à mon sens.
          Beaucoup de petits bourgeois peuvent se sentir plutôt solidaire de la bourgeoisie moyenne voire haute, ils pensent faire partie du même monde (ce qui est ridicule) alors qu’objectivement la petite bourgoisie est bien plus rattachée à la classe moyenne. Quand la grande bourgoisie sifflera la fin de la récréation, tout ce beau monde disparaîtra.
          C’est pourquoi l’alliance entre petite bourgeoisie (classe moyenne supérieure) et classe moyenne moyenne et classes populaires est obligatoire pour renverser un système. C’est pour cela que les dominants font tout pour que cette alliance ne se produise pas.

            +8

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  • calal // 05.03.2022 à 13h47

    les gens de gauche sont bien prompts a oublier les petits bourgeois que sont tous les fonctionnaires et les fonctionnaires retraites payes par la dette et l’impot differe,surtout quand on voit l’etat des services publics et le peu de solidarite face a ceux qui ont ete vires parce qu’ils ont dit non: obeir a sa hierarchie ou a sa conscience, nous aurons tous a choisir dans les annees a venir…

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    • Fernet Branca // 05.03.2022 à 14h31

      Sans oublier les commerçants qui n’ont jamais cotisés à la sécurité sociale pour leur femme car le statut marital leur donner droit à la sécurité sociale. Avec les sommes économisées ils ont acheté de l’immobilier locatif pour s’assurer une bonne retraite. Il y a aussi des chefs de petites entreprises qui ont déclaré des salaires fictifs pour des épouses qui n’ont jamais travaillé dans l’entreprise.
      Les bourgeois sont partout , ils ne sont pas milliardaires, comme pour les Pokémons il reste à lancer la chasse d’identification.

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      • Aérosol // 07.03.2022 à 00h56

        Lancer la chasse, rien que ça ! J’avoue, ça fout déja un peu la trouille !

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      • Cévéyanh // 07.03.2022 à 21h33

        A Fernet Branca,
        Des « commerçants n’ont jamais cotisés à la sécurité sociale pour leur femmes », elles n’ont pas de retraite aussi puisque pas de statut de salarié. La location compense t-elle largement leur retraite ? Car un logement non loué, c’est un risque de non rentré d’argent. Les épouses des petits commerçants travaillent et ne sont pas salariées car peut-être aussi les charges d’un salarié sont trop importantes pour l’entreprise. Iles n’ont pas toujours la possibilité d’acheter de l’immobilier locatif en faisant ce choix.

        Les chefs de petites entreprises ne payent-elles pas trop d’impôt qui fait que certains trichent ? N’est-ce pas le fait que certaines grandes entreprises et des personnes ne payent pas leur part d’impôt très importantes et le fait supporter au reste de la population, aux petits bourgeois entre autre ? Et ainsi cette petite bourgeoisie veut comme les grands bourgeois payer moins d’impôts et de taxes, ne sachant pas les conséquences d’une réduction (au niveau macro-économique : sur la société au niveau service publique etc et donc sur leur vie) sans bloquer la fuite de l’argent (évasion fiscale, fraude fiscale).

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  • Dissonance // 05.03.2022 à 14h02

    J’apprécie énormément la ligne éditoriale de Frustration que je lis régulièrement, mais je dois déplorer leur méthode de marketing agressive: En effet, on est dérangé toutes les 30 secondes environ par un pop-up prenant quasiment tout l’écran invitant à s’abonner. Si je comprends tout à fait leur besoin de financement, je ne pense pas que rendre la lecture de leurs articles très désagréable soit une bonne méthode.

      +4

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  • Alain Rousseau // 05.03.2022 à 20h05

    J’aime beaucoup cette phrase de J.-L. Petitrenaud : « Je déteste les bourgeois, je ne déteste pas les bourgeoises, j’adore la cuisine bourgeoise ».

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    • Fernet Branca // 05.03.2022 à 22h10

      Cuisine bourgeoise ?
      La poularde demi-deuil, un des plats préférés de Raymond Barre.
      Je conseillerais un Château-Chalon pour l’accompagner.
      Sur la dinde demi-deuil et Raymond Barre il est possible de voir un article de Skate.fr
      Cent ans d’entre soi au club des Cent
      http://www.slate.fr/story/47291/club-cent-centenaire

      Pour le Château-Chalon
      Voir l’anecdote historique rapportée par Wikipédia

      Lors d’une rencontre avec Klemens Wenzel von Metternich en la résidence de ce dernier au Domaine Johannisberg, Napoléon III après avoir dégusté l’un des vins produits par ce domaine aurait affirmé « avoir bu le meilleur vin du monde ». Von Metternich lui aurait rétorqué : « Le meilleur vin du Monde est produit dans un petit canton de votre empire, à Château-Chalon… »[

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  • Dominique Gagnot // 06.03.2022 à 10h23

    La recherche systémique de profits conduit à organiser
    le pillage des ressources terrestres et humaines,
    et la destruction de la biosphère.

    « Comprendre l-Arnaque du capitalisme, Imaginer le système d’Après ! » https://bit.ly/4capitalisme

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  • RGT // 06.03.2022 à 11h27

    Comment les Bourgeois nous empoisonnent la vie…

    A mon avis, il y a erreur sur la définition des personnes qui nous pourrissent le plus la vie et ne se résume pas seulement aux bourgeois mais à une très grande partie de la population qui collabore activement contre son propre intérêt : Les larbins.
    Et dans TOUTES les classes sociales, même les plus élevées.

    Pour ceux qui ne connaissent pas, ou pour rappel pour ceux qui l’ont oublié : https://www.youtube.com/watch?v=1BzS0k2qhDA

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    • Cévéyanh // 09.03.2022 à 21h35

      Ce n’est-il pas plutôt par les journaux et la TV depuis l’enfance et l’effet bulle qui fait que des personnes répètent sans beaucoup réfléchir car à première vue cela leur parait plausible. L’esprit critique n’est plus exercé et pour cela avoir aussi certaines connaissances. Puis, leur éducation à leur descendance peut perpétuer cette façon de penser. Les journalistes aussi peuvent se retrouver dans l’effet bulle et perpétuant cette vision donc cela peut expliquer que cela se retrouve dans toutes les classes sociales.

      Ce n’est pas toujours facile de sortir d’une façon de penser que tout l’entourage a. De plus, n’ayant pas l’habitude d’entendre des arguments inhabituels, certaines personnes ne prennent-elles pas pour incohérent et absurde ces propos ? Lorsqu’il y a un débat et que nous n’avons pas appris à débattre, les émotions prennent facilement le dessus et la raison peut s’évanouir.

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  • politzer // 06.03.2022 à 11h32

    le chômage n est pas un choix dsl mais c est une réaction de la bourge à la baisse du tx de profit ou de la « profitabilité » CF Marx is back de P. Artus.

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  • Incognitototo // 06.03.2022 à 17h16

    J’ai toujours eu du mal avec les discours totalisant, globalisant et manichéiste, mais ça ne s’arrange pas en vieillissant ; c’est d’ailleurs sûrement une des raisons qui font que dans mes jeunes années, je n’ai pas pu défendre très longtemps le marxisme.

    Cependant, je ne pensais pas entendre encore aujourd’hui un jeune sociologue assumer les vieilles fariboles marxistes. Ça veut dire qu’on n’étudie pas Durkheim, Darwin… et par ailleurs tous les analystes systémiques (dont Vincent de Gaulejac) dans les cursus universitaires ?

    Par ailleurs et pour mémoire, David Graeber était anarchiste, donc a priori non marxiste ! Aussi il ne faut pas se tromper : si être anarchiste, c’est lutter contre le capitalisme sauvage comme les marxistes, pour autant ça ne veut pas dire que la grille d’analyse des problèmes est identique. Si les anarchistes agissent pour les mêmes valeurs humaines que les marxistes, ce n’est pas avec les mêmes armes conceptuelles ; tandis que leur dialectique concernant le et les pouvoirs est incompatible avec la vision marxiste (c’est bien pour cela d’ailleurs qu’historiquement ils ont toujours fini par être massacrés par ces derniers ou pour le moins par ceux qui s’en réclamaient).

    Quant au nombre de généralisations abusives et lieux communs exprimés pendant cet interview, sans aucun recul historique, les bras m’en tombent ; et ça me fatigue de les relever tous, tant il y en a. À croire que ce sociologue n’interroge jamais ce qu’il dit et ne « raisonne » que par généralités. Par exemple : il n’y aurait donc dans le monde que des entreprises qui rendent malheureux leurs salariés ?…
    C’est grave d’avoir une vision aussi tronquée de la réalité, surtout pour quelqu’un qui en principe a appris la démarche scientifique.

    En fait, ce que ce genre d’interview démontre, c’est que le seul invariant de l’humain est sa capacité et son goût à croire, plutôt que savoir. Et c’est grave parce qu’en se trompant de cause les marxistes et autres révolutionnaires de salon repoussent toujours plus l’élaboration de solutions réellement révolutionnaires.

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    • RGT // 07.03.2022 à 00h13

      Il y a au moins quelqu’un qui semble avoir compris ce que souhaitent les anarchistes (les vrais).

      Et n’oublions JAMAIS qu’alors que Marx portait encore ses couches-culottes Proudhon était déjà très actif et était la bête noire des possédants.

      « La propriété c’est le vol »… volontairement très mal interprétée tant par les marxistes que par les capitalistes d’ailleurs.
      Ce que dénonçait Proudhon, c’est la propriété RÉMUNÉRATRICE qui permet au propriétaire (au capitaliste) de mettre les autres en esclavage sous peine de les faire crever de faim.

      Par contre Proudhon défendait totalement la propriété D’USAGE qui était une condition NÉCESSAIRE pour acquérir le statut d’HOMME LIBRE.

      Si vous possédez votre outil de travail et votre logement vous n’êtes redevable à personne, ce qui est plutôt « gênant » pour un esclavagiste.

      Certes l’état peut (comme il le fait actuellement) vous taxer jusqu’à l’étranglement mais devra AUSSI taxer les plus nantis (c’est la raison des « rabais fiscaux » et de la fraude fiscale non réprimée entre autres) mais vous pouvez toujours essayer de trouver une solution pour parvenir à joindre les deux bouts sans pour autant vous prostituer.

      Marx s’est simplement contenté de théoriser sous des aspects « humanistes » une dictature qui a droit de vie ou de mort sur l’ensemble de tous les individus qui ne doivent plus obéissance au « capital » mais au « parti ».

      Raison pour laquelle Proudhon et les anarchistes ont strictement refusé de le « rejoindre » (en se soumettant à « Dieu »).

      Et qu’ils sont devenus les pires ennemis des marxistes.

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  • bibigre // 06.03.2022 à 20h50

    Bonjour,
    Mais vous êtes vous-mêmes des bourgeois, non ? Nous sommes des bourgeois ! Réformons-nous petits bourgeois ! Très intéressant à part cet angle mort.
    Merci.
    C. Gourdin

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    • Dominique Gagnot // 06.03.2022 à 22h58

      Que moi (ou vous) nous réformions ne changerait rien à l’affaire. Un de perdu, dix de retrouvés.
      Le système engendre la bourgeoisie. Il n’y a pas d’autre alternative que de changer de Système (capitaliste).
      C’est une force du système que de reprocher aux individus ce que le système les conduit à faire.
      Le bon peuple y perd son latin.
      Sans aller jusqu’à devenir bourgeois, j’adore les pubs pour nutella, avec la recommandation de ne pas trop en bouffer…

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  • Dominique Gagnot // 06.03.2022 à 23h38

    Mitterrand aurait pu servir le peuple avant la bourgeoisie.
    Mais cela impliquait d’avoir à subir des mesures de représailles de la part des Etats Unis, qui jamais ne tolèrent de tels « mauvais exemple »…
    Au mieux un embargo style Cuba. Une importante partie du peuple aurait alors conspué Mitterrand.
    Au pire un coup d’état dont la CIA a le secret.
    Il était tellement plus simple de retourner sa veste…

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    • RGT // 07.03.2022 à 11h32

      « Mitterrand aurait pu servir le peuple avant la bourgeoisie. »…

      Il ne l’a pas fait par crainte de représailles US, il l’a fait par conviction personnelle.

      François II n’a pas fait carrière à « gôôôche » (comme l’immense majorité des dirigeants « progressistes ») pour des raisons d’équité sociale mais simplement pour promouvoir sa propre carrière.

      Et ça lui a bien réussi car il est parvenu à se hisser au sommet de « nos » institutions en manipulant les idiots (dont j’ai hélas fait partie – mea culpa) en en mentant comme un arracheur de dents à l’ensemble des imbéciles qui ont cru à ses discours enflammés.

      Quand il a vu que son engagement aux côtés de Pétain commençait à sentir fortement le roussi il a promptement retourné sa veste et a couru prendre place de l’autre côté de l’échiquier politique à la recherche d’une place vacante (tous les postes au sein du PCF étant occupés il a choisi la SFIO) en faisant profil bas le temps de se faire oublier.

      Et quelques années plus tard, étant sinistre de l’intérieur, il a bien sûr mis toutes les ressources de l’état dans la lutte contre les revendications d’indépendance des colonies…

      Et qu’une fois au pouvoir, pour devenir le « seul roi de la gôôche » il a torpillé le PCF en manipulant les mécontents pour les pousser dans les bras de la SARL Le Pen…

      Très habile car il plombait à la fois ses « amis » et qu’il mettait en PLS ses « ennemis » de la droite « traditionnelle » en les poussant à surenchérir sur les sujets les plus nauséabonds.

      Le « Prince » avait lu et bien compris la pensée de Machiavel et l’avait appliqué à le lettre.

      Une si grande intelligence si mal utilisée consiste un crime contre la population.

      Et dire qu’il existe encore des opportunistes cyniques qui revendiquent son « héritage » et des imbéciles qui le portent aux nues…

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  • patrice // 07.03.2022 à 21h01

    très bien analysé et bien exposé ! dommage qu’il y ait tant de « bah », « en fait » et de  » voilà » !!!

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  • Polo242424 // 11.03.2022 à 14h45

    J’ai arrêté de visionner au bout de 20min car je trouve le niveau de ce que j’ai vu très faible.
    Discussion de comptoir entre les riches (définition du riche) et les autres. Populisme opposant les travailleurs de la periode covid à ceux qui ne pouvaient plus travailler ou partiellement). Vision court thermiste.
    Rien sur le pourquoi de ce niveau de richesse ( politiques monétaires, mondialisation, europe) qui génère les inégalités très trop importantes.
    Bref ! Discussion inutile.

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