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20.mai.202020.5.2020 // Les Crises

Covid-19 en Italie : mon hôpital pris d’assaut – par Nicolas Minec

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Source : Les-Crises, Nicolas Minec

Février 2020 : un problème médical m’oblige à me rendre à l’hôpital, près de chez moi dans le nord de l’Italie, pour tenter d’établir un diagnostic. Je passerai tout ce mois de février à attendre patiemment la réponse à mes inquiétudes.

À mon premier passage, malgré l’avertissement de l’OMS du 30 janvier proclamant « l’urgence de santé publique de portée internationale », aucune précaution particulière n’avait encore été mise en place pour faire face au Covid-19.

Le temps d’exclure tous les diagnostics plus ou moins bénins envisageables, et après le désastre de Codogno, le service des urgences triait et séparait déjà à l’entrée les patients aux symptômes respiratoires des autres patients.

À partir de mars, toute personne entrant à l’hôpital doit porter un masque, se faire mesurer la température, et se désinfecter les mains. Les gants pour toucher les boutons de l’ascenseur viennent plus tard. Les cas Covid sont bien sûr dans une zone entièrement séparée.

En mars, la pression du Covid-19 s’est fait nettement plus visible : d’abord par des mesures de protection plus strictes (masques obligatoires pour les visiteurs, etc.), ensuite parce que les différents services étaient devenus secondaires par rapport à l’urgence Covid, et qu’ils ne pouvaient plus s’occuper que des cas les plus urgents.

Par chance (enfin tout est relatif), je figurais parmi les cas non-Covid à traiter en urgence. Le matin de mon opération, j’ai attendu au service de chirurgie générale, au deuxième étage. En salle d’opération, j’ai fermé les yeux à 10h55, avant de les rouvrir six heures et demi plus tard, dans un hôpital qui n’avait soudain plus rien à voir avec celui dans lequel j’étais rentré.

Jusqu’ici tout va bien : le Covid-19 n’occupe encore qu’une petite partie du deuxième étage (comme l’indique le texte sur la porte). Cela changera du tout au tout dans les heures qui suivront la prise de cette photo.

Je n’avais pas été transféré ; j’étais toujours dans le même hôpital. Cependant, le service de chirurgie n’était plus au deuxième étage, mais au huitième, entassé avec 4 ou 5 autres services. Le Covid-19 avait englouti les 4 premiers étages comme un tsumani, privant les services de ces étages de plus de 200 lits.

Les jours suivants, dans ce décor très particulier, je prenais connaissance de l’actualité, et de deux étranges polémiques.

Une étrange polémique française

Alors que des dizaines de traitements différents étaient envisagés dans le monde – dont l’un d’entre eux était testé à quelques dizaines de mètres de moi -, la France (puis les États-Unis) enfilait ses œillères pour n’en voir qu’un seul, popularisé d’une façon digne des vendeurs de remèdes ambulants du Far West (mention spéciale pour le charlatan américain Gregory Rigano).

Depuis mon lit d’hôpital, j’ai d’ailleurs le temps de constater que ni les Chinois, ni les Japonais, ni les Coréens (soit ceux qui ont le mieux fait face à l’épidémie de Covid-19) ne mettent en avant ce traitement « miracle » bientôt promu par Donald Trump… Pire : les règles officielles chinoises interdisent l’usage de ce médicament pour les patients de plus de 65 ans, soit pour ceux que l’on cherche à sauver…

En revanche, les médecins chinois faisaient la part belle à leur médecine traditionnelle, très utilisée contre le Covid-19. Ces derniers préféraient donc accorder leur confiance aux décoctions à base de sauge, pivoine et autres plantes (sans oublier les champignons et gypse).

Si cette première polémique née en France était assez consternante, elle n’était rien face à la suivante…

Avantage de la pandémie : la vue est bien plus jolie au huitième étage qu’au deuxième.

Mortalité « inchangée » et pathologies multiples

Dans cet hôpital aux capacités d’accueil soudainement réduites (c’est peu dire), je découvre une autre polémique en regardant les informations. Je manque ainsi de tomber de mon lit lorsque j’entends que cette épidémie – qui commence à avoir des conséquences sérieuses en France vers le 15 mars – ne serait pas plus méchante qu’une grosse grippe…

Un élément de « preuve » est alors largement diffusé : l’épidémie n’a eu aucune incidence sur les chiffres de la mortalité en février.

Il n’y avait pourtant pas besoin d’être un « expert » pour comprendre qu’il en serait tout autre les mois suivants. Les chiffres de l’INSEE sont désormais là pour le confirmer : le mois de mars 2020 a été le plus meurtrier depuis qu’existent ces statistiques mensuelles (1968) ; presque 30 % plus meurtrier qu’un mois de mars moyen.

Quant au mois d’avril 2020, c’était déjà le plus meurtrier dès le 21 avril. Tous les décès des neuf derniers jours de ce mois n’ont fait qu’aggraver ce triste nouveau record.

Autre argument, pire encore : j’entends que les décès du Covid-19 concernent en large majorité des personnes âgées qui avaient souvent plusieurs pathologies, et que donc… « ce n’est pas si grave après tout », ce qui revient à dire : « Perdre entre 5 et 15 ans de vie, où est le problème ? » (estimation d’environ 13 ans de vie perdue par victime du Covid-19, en tenant compte des maladies chroniques).

Encore un peu, et l’on entendra des « experts » se réjouir des économies substantielles que représentent ces décès pour la Sécurité sociale…

Où va-t-on avec ce type de raisonnement ? La solution était donc de ne traiter personne pour cette « grosse grippe » ? Tout le monde avec une aspirine et advienne que pourra ?

Petite base militaire désaffectée depuis bien des années, qui a soudain repris du service pour faire face au Covid-19. Elle servait peut-être à loger les médecins des régions peu touchées venus en renfort.

À partir du moment où une région est très touchée par le Covid-19, et qu’elle dispose d’un système de santé en état de soigner ses malades, les services sanitaires se retrouvent en situation de guerre.

Et cela a bien évidemment des conséquences pour tous ceux qui avaient besoin de soins avant l’épidémie.

En ce qui concerne mon hôpital, cette situation a forcément créé de lourdes complications pour toutes les personnes qui auraient dû être hospitalisées du premier au quatrième étage, mais qui n’ont pas pu l’être du fait de leur cas « non-urgent » (en attendant qu’il se dégrade donc ?).

Dans les statistiques italiennes du mois du mars, ces conséquences sur la surmortalité masculine sont parfaitement visibles :

Surmortalité des hommes dans les 37 provinces italiennes très touchées par le Covid-19, pour chaque jour de mars 2020. En noir, surmortalité par rapport à la moyenne 2015-2019, en jaune les décès Covid-19. (source : https://www.istat.it/it/files//2020/05/Rapporto_Istat_ISS.pdf)

On le sait, ce sont surtout les hommes qui meurent du Covid-19. Mais en plus des décès Covid-19, on observe une surmortalité « outre-Covid » très importante, qui touche également les femmes, et qui sur toute la période du pic de crise sanitaire semble dépasser le bilan directement imputé au Covid-19 (les chiffres disponibles sont encore incomplets).

Surmortalité des femmes dans les 37 provinces italiennes très touchées par le Covid-19, pour chaque jour de mars 2020. En noir, surmortalité par rapport à la moyenne 2015-2019, en jaune les décès Covid-19. (source : https://www.istat.it/it/files//2020/05/Rapporto_Istat_ISS.pdf)

Cette surmortalité « outre-Covid » n’est que très partiellement due à des décès Covid-19 non diagnostiqués. On constate en effet que les 35 provinces moyennement touchées (pour faire simple, le centre de l’Italie) n’ont quasiment pas connu ce phénomène de surmortalité, tandis que les 34 provinces très peu touchées (au sud essentiellement) n’ont pas de surmortalité cette année.

Cette surmortalité « outre-Covid » s’explique bien plus par les conséquences de la situation d’urgence dans toutes les provinces très touchées.

En effet, à partir du moment où les services de santé ont été débordés pour répondre à l’urgence de l’épidémie, cela a eu des conséquences très graves pour tous ceux qui – en temps normal – auraient été sauvés par l’arrivée d’une ambulance, ou qui auraient été hospitalisés s’il y avait eu suffisamment de places disponibles.

Dès lors, si une telle situation venait à se propager sur l’ensemble du territoire national (italien, français ou autre), tout en maintenant la pression dans les régions les plus touchées, alors non seulement l’ensemble du système sanitaire serait incapable de faire face, mais les conséquences pourraient être extrêmement graves.

La Chine a rapidement démontré l’efficacité des mesures de confinement, et l’Italie l’a assez logiquement imitée (trop tard ?). La théorie selon laquelle il n’aurait pas fallu confiner dans ces pays revient à dire qu’il fallait risquer pendant des mois une situation hospitalière et sanitaire intenable sur tout le territoire national.

Des urgentistes prêts à repartir

Pandémie ou pas, la Guerre Froide continue

Comme beaucoup d’hôpitaux italiens, mon hôpital a reçu une aide médicale chinoise. Par hasard, j’ai pu en capturer un échantillon sur la photo ci-dessous, dans le coffre d’une voiture.

En réalité, cette aide incluait non seulement des centaines de cartons contenant du matériel médical, mais aussi une aide humaine, à savoir des médecins chinois venu directement du Hubei pour faire profiter de leur expérience.

De nombreux hôpitaux italiens ont également reçu une aide médicale en provenance de Russie. D’autres encore ont reçu une aide de Cuba, et l’Italie a même reçu le renfort de quelques infirmières et médecins albanais.

Toute cette aide, proportionnelle aux moyens des pays donateurs, fut précieuse car administrée au bon endroit au bon moment. En revanche, l’aide occidentale fut aux abonnés absents jusqu’à bien après le pic de l’épidémie…

Tout cela n’a pas empêché les fanatiques de la guerre froide de scander à qui voulait l’entendre que l’aide chinoise et l’aide russe était forcément malintentionnée, inutile, et qu’elle constituait même une vaste opération d’espionnage. Mais cela fait bien longtemps que de telles allégations peuvent se passer de toute preuve ou de la moindre connexion avec la réalité…

De leur côté, les Chinois ont très largement relayé la fausse rumeur selon laquelle la participation des Américains aux jeux militaires de Wuhan en 2019 leur avait permis de répandre le SARS-CoV-2 sur place…

Quant aux Américain, leur gestion catastrophique de l’épidémie les conduit à jouer en pleine campagne présidentielle à « Qui haïra le plus les Chinois ? », à tel point que la haine des Russes est passée au second plan.

Force est de constater que même la pandémie de Covid-19 n’aura pas suffit à raisonner les faiseurs de guerres…

Nicolas Minec

 

Commentaire recommandé

Volodia // 20.05.2020 à 14h12

MERCI NICOLAS pour cet article.
Avec toute ma famille à Bergamo nous sommes reconnaissants à tous ceux qui disent la vérité sur ce terrible fléau. Le Covid ne touche pas les territoires de façon égale, certaines régions étant même presque totalement épargnées (le Centre-Sud de l’Italie par exemple, grâce aussi aux mesures de confinement précoces pour ces régions).
Mais quand vous êtes au coeur de l’épidémie, comme l’ont été (et le sont encore même si en plus faible mesure) la Lombardie et spécialement le département de Bergamo… vous ne pouvez que pleurer, tant la souffrance est insupportable.
Un seul chiffre: 6.000 morts du Covid sur une population de 1,1 million d’habitants, ce qui correspondrait en France à 400.000 morts

26 réactions et commentaires

  • François // 20.05.2020 à 08h00

    Encore un article sulfureux sans apport scientifique, de fait. Une approche très journalistique… Très contesté par le pr Raoult 😆

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    • anatole27 // 20.05.2020 à 08h46

      Noublionsrien.fr (onglet raisons)

      Face à la peur, nous opposons la raison.
      Face à la précipitation, nous revendiquons la pondération.
      La solution ne peut venir d’un seul homme ou d’un seul remède et il faut s’unir pour faire le poids.

      😆

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    • Amora // 20.05.2020 à 11h13

      François, l’article rapporte ce que nous avons tous lu dans la presse, à savoir des faits. Quant à l’aspect scientifique de votre commentaire, il eut été de bon ton de nous communiquer les résultats du bon Docteur Raoult sur son étude et l’efficacité miraculeuse de sa potion magique faite d’hydroxychloroquine ET azathioprine. J’attends toujours de lire ses résultats par écrit. Mais il semble ces temps-ci très occupé – comme ses apôtres – à donner son avis sur tout et à « youtuber » et « twitter » goulûment, façon Trump.

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      • Narm // 21.05.2020 à 08h39

        qu’est ce que vous nous cassez encore les , avec le médoc en lui même ?

        ce que François met en avant c’est le traitement médiatique…. et la méthode à adopter.
        Panoramix a critiqué l’approche, tout comme l’article :

        « Encore un peu, et l’on entendra des « experts » se réjouir des économies substantielles que représentent ces décès pour la Sécurité sociale…
        Où va-t-on avec ce type de raisonnement ? La solution était donc de ne traiter personne pour cette « grosse grippe » ? Tout le monde avec une aspirine et advienne que pourra ? » »

        doliprane, doliprane…… et pour l’expert, il l’a fait bien avant la pandemie !!!

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  • Anouchka // 20.05.2020 à 08h46

    Donc sur le graphique on voit clairement que l’excès de mortalité sur la période est lié majoritairement à des morts hors Covid.
    Ayant de la famille faisant partie des services de santé des armées (infirmiers) en Auvergne, je sais par ailleurs que l’on a demandé au personnel de nombreux établissements de santé de prendre des vacances et RTT en avril du fait de la baisse drastique d’activité… Même écho de la part d’une étudiante interne à l’hôpital à Lyon.

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    • disonjal // 20.05.2020 à 08h49

      https://twitter.com/le_gorafi/status/1262677241760305158

      Emmanuel Macron « Il n’y a jamais eu d’épidémie de coronavirus en France »

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      • fanfan // 20.05.2020 à 10h42

        En 2009, crise H1N1 (suite à la crise financière de 2008) mais la pandémie a accouchée d’une souris… Je recommande vivement cet article du Dr Pascal Sacré (du 12 janvier 2010) :
        « Politique et corruption à l’OMS. Les médias ont orienté presque tous les regards des spectateurs dociles vers les représentants, experts et émissaires de l’OMS… », https://www.mondialisation.ca/politique-et-corruption-l-oms/16920

        Show médiatique, panique organisée, des millions d’euros dépensés, des rumeurs inquiétantes sur les risques sanitaires, liens tissés entre les experts de l’OMS et l’industrie pharmaceutique dangereux et opaques, vaxxination inutile…

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    • fanfan // 20.05.2020 à 10h28

      Décès toutes causes depuis le 1er mars jusqu’au 4 mai 2020 en France :
      – Effectif cumulé depuis le 1ᵉʳ mars : on remarque le 16 mars, que ce nombre est un peu supérieur à celui de 2019 mais inférieur à celui de 2018 et le 29 mars, qu’il est un peu supérieur à celui de 2018.
      – Nombre de décès par jour jusqu’au 4 mai 2020 : on note à compter du 29 avril, que le nombre de décès/J est inférieur à celui de 1918 et de 2019.
      https://www.insee.fr/fr/statistiques/4487861?sommaire=4487854#tableau-figure_evol

      Le réseau sentinelle a arrêté de surveiller la grippe à compter du 18 mars pour adapter sa surveillance au Covid-19. Avant la suppression, il y avait en moyenne 12 cas de grippe pour 100 000 habitants qui auraient disparus du jour au lendemain ! (https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/237517/2535148 et https://www.sentiweb.fr/document/4851).
      On les retrouvait au niveau du Covid-19 : on constate un pic à compter du 19 mars (Figure 2 : https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/239617/2544833)

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      • Nicolas // 20.05.2020 à 13h32

        Fanfan, votre cherrypicking n’est pas contradictoire avec le fait essentiel : le bimestre mars-avril a été, avec 127931 morts, le plus meurtrier depuis la grippe de Hong Kong (décembre 1969 et janvier 1970) : pensez printemps !
        Et il est assez évident que ça aurait pu être bien pire si aucune mesure n’avait été prise (et la surmortalité continuerait encore, ya pas de mirakeul, quoi qu’en dise Trump)… Comme ça aurait pu être beaucoup moins grave si par exemple Macron n’avait pas pris la décision délirante de maintenir les élections (elles avaient été repoussées pour bien moins que ça, de 2007 à 2008 si je me souviens bien).

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        • fanfan // 21.05.2020 à 03h04

          Décès toutes causes depuis le 1er mars jusqu’au 4 mai 2020 en France
          Concernant le nombre de décès par jour jusqu’au 4 mai 2020 : à partir du 29 avril, le nombre de décès par jour est INFÉRIEUR à celui de 1918 et celui de 2019.

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    • Nicolas // 20.05.2020 à 13h16

      Une part importante de la surmortalité est hors-covid, oui. Pour ce qui est des femmes dans le nord de l’Italie, c’est clairement la majorité. Pour ce qui est du total, les chiffres sont encore très incomplets, mais ça pourrait être la majorité aussi. Comme j’ai écrit, cette surmortalité outre-covid est au moins en grande partie due à la saturation des services de santé, dans les régions touchées.
      Auvergne : En France, comme en Italie, en Russie ou au Japon (de ce que je suis de près), la crise est concentrée sur quelques régions. Un intérêt essentiel des mesures du confinement a été d’éviter qu’elle se répande à l’ensemble des régions des pays concernées.

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      • fanfan // 21.05.2020 à 03h12

        Peut-on affirmer scientifiquement que le confinement a préservé des vies ? Peut-on montrer que d’autres politiques publiques, moins liberticides, eussent été préférables ? L’Allemagne a-t-elle mis en œuvre des politiques publiques plus efficaces que la France, l’Angleterre ou l’Italie ? Y-a-t’il eu à Marseille un surcroît d’efficacité par rapport à Paris, Strasbourg, Rennes ou Bordeaux ?

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      • fanfan // 21.05.2020 à 03h25

        14 Avril 2020, Alain Dunaud, un ancien de la DGA : « Dès cette époque (2002-2003), nous savions que les stratégies de confinement avaient une efficacité limitée pour stopper une épidémie émergente [voir l’opération Dark Winter, une simulation d’attaque menée aux Etats-Unis en juin 2001] et qu’il était indispensable de mettre en place une stratégie cohérente de réponse, mêlant confinement, dispositifs de détection (analyse de l’air ambiant…) et d’analyse médicale (laboratoires fixes et mobiles de haute sécurité biologique), équipements de protection (médicaments, vaxxins quand disponibles, masques, enceintes confinées…), chaines de décontamination, dispositifs de traitement, avec les hommes et les structures pour les opérer. » …
        « En décembre 2019, un exercice a été joué pour tester les capacités de réaction en cas d’épidémie de variole. Le bilan humain fictif était de 500 morts. »…
        https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/nous-savions-que-strategies-confinement-avaient-efficacite-limitee-215988

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  • Catalina // 20.05.2020 à 11h02

    « , les services sanitaires se retrouvent en situation de guerre. » ce monsieur n’est jamais allé dans un pays en guerre, et encore moins dans un hôpital au front, c’est visible, la comparaison est fallacieuse.

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    • Nicolas // 20.05.2020 à 12h51

      Vous avez raison, ce n’est pas une guerre avec des mouvements de troupes et des batailles de chars. J’ai simplement constaté la qu’une base militaire, qui ne servait plus depuis longtemps, est depuis 2 mois utilisée pour faire face à la crise sanitaire. Et que tout le personnel soignant était épuisé, en sous effectif (notamment un infirmier là où il y en aurait 2 en temps normal, de ce que j’ai vu), et ce malgré des renforts qui utilisent la base militaire voisine…
      Ça n’arrive pas lors d’une épidémie de grippe. Ce que j’ai voulu transmettre par cette expérience personnelle, c’est que le problème est effectivement suffisamment sérieux pour prendre des mesures sérieuses pour en venir à bout, et qu’il ne s’étende pas à toute les régions du pays. (si le problème s’étend à tout le pays, bah ya pas de renforts possibles venant d’autres régions.
      C’est très tentant de chercher des mauvaises intentions aux dirigeants, les Russes aussi le font : Poutine aurait inventé cette histoire de pandémie pour faire oublier les problèmes internes… (Et du coup, selon cette théorie, le Washington Post et le NYT sont de mèche avec Poutine… Rien n’arrête une bonne théorie du complot)
      Ceux qui pensent toujours que ce n’est pas plus qu’une épidémie de grippe peuvent aller le dire aux familles des 130+ médecins italiens morts du Covid. Ça non plus, ça n’arrive pas lors des épidémies de grippe.

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      • Catalina // 20.05.2020 à 13h21

        Merci de votre réponse. Sans vouloir vous contredire, je vous mets un lien ici qui montre que la grippe occasionne les mêmes débordements des hôpitaux : 14 févr. 2019 09:05

        Hôpitaux débordés par la grippe : « On est incapable d’adapter notre système hospitalier aux besoins », dénonce Patrick Pelloux
        « ENGORGEMENT – Alors que la grippe touche le pays de plein fouet, l’épidémie est en train de saturer les hôpitaux. Comme il l’avait fait pendant la canicule, le président de l’Association des médecins urgentistes de France, donne l’alerte.
        14 févr. 2019 09:05 – La Rédaction de LCI »
        à ce moment-là macron n’a pas parlé de « guerre » alors que les enfants étaient bien plus vulnérables

        https://www.lci.fr/population/epidemie-de-grippe-2019-face-aux-urgences-debordees-a-l-hopital-le-coup-de-gueule-de-l-urgentiste-patrick-pelloux-2112902.html
        Combien de médecins morts de la grippe, on ne le saura pas, la grippe n’a pas la même publicité que ce virus

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        • Nicolas // 20.05.2020 à 16h07

          Bon OK, les faits glissent sur vous comme sur du téflon, alors j’avoue tout : toute cette histoire est un complot sino-américano-russo-macronien, il n’y a aucune surmortalité cette année (l’INSEE est dans le coup aussi !) ni aucun rapport entre les mesures de confinement et le reflux de l’épidémie quelques semaines plus tard, et c’est bien connu, dans tout le pays à chaque épidémie de grippe on vide des étages entiers de services hospitaliers pour faire face à la grippe, l’aide international afflue…

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          • Catalina // 21.05.2020 à 00h15

            Nicolas,
            Les faits ne glissent pas du tout sur moi, étant empathe de nature, sachez que ces souffrances me prennent aux tripes et que je ne dénie pas l »horreur pour ceux qui ont eu le malheur de l’avoir. Mes pensées les plus sincères vont à leurs proches. Ce n’est pas la peine de parler de complot, je mets juste un lien sur l’engorgement pas du tout nouveau des hôpitaux et comme l’Italie est dans l’ue avec toutes ses « austérités » mortifères pour les peuples elle doit souffrir comme nous d’une gestion marchande très loin de l’humain.
            C’était mon propos, moins de moyens, plus de décès, que ce soit pour le covid, ou la grippe

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        • fanfan // 21.05.2020 à 04h20

          Grippe saisonnière de 2016-2017 (virus A(H3N2, à environ 14.358 décès (dont 91% sont survenus chez les personnes âgées de 75 ans et plus), comparable a celui enregistré lors de l’épidémie grippale de 2014-2015… que tout le monde a déjà oubliée)

          12 janv. 2017, Sabrina Ali Benali : « Coucou Madame Tourraine, c’est encore moi, c’est l’interne … Alors comme ça on se fait un petit plan com’ autour de la grippe ! Mais c’est tous les jours l’état d’urgence à l’hopital Mme Tourraine ! Allez j’vous raconte » :
          https://www.youtube.com/watch?v=WZwbeQccZdQ

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        • fanfan // 21.05.2020 à 04h28

          6 oct. 2017, Sabrina Ali Benali
          « La dignité ne rentre pas dans un tableau Excel !
          En hommage aux soignants qui ont mis fin à leur jour et à ceux qui sont en difficulté aujourd’hui, cette nouvelle vidéo » :
          https://www.youtube.com/watch?v=Jk3mx-Ax6kM

          24 avr. 2019, Sabrina Ali Benali
          Appel à la grève nationale de tous les services d’Urgences du pays :
          https://www.youtube.com/watch?v=d_Dy3mqGaWA

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      • fanfan // 21.05.2020 à 03h52

        Une guerre est d’autant plus facile à gagner qu’elle a été préparée à hauteur des buts de guerre que l’on se fixe.
        – Rapport d’information n°737 (2017-2018) de M.Jean-Pierre Decool, sénateur du Nord
        « Largement sous-estimé dans le débat public, le phénomène des pénuries de médicaments est pourtant de plus en plus prégnant et entraîne, outre des conséquences sanitaires majeures, des risques financiers importants ainsi qu’un gaspillage de temps médical et logistique à tous les niveaux de la chaîne du médicament.Il contribue ainsi à la déstabilisation de notre système de soins en même temps qu’il traduit une perte d’indépendance sanitaire préoccupante pour la France comme pour l’Europe » : https://www.senat.fr/rap/r17-737/r17-737-syn.pdf
        – Jean Gadrey, 01/04/2020 « Le désastreux plongeon des capacités hospitalières depuis les années 1980 : comparaisons internationales » : https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2020/04/01/le-desastreux-plongeon-des-capacites-hospitalieres-depuis-les-annees-1980-comparaisons-internationales
        – 24 mars 2020 « Comment et pourquoi l’hôpital public français est-il en train d’être détruit ? Dossier établi par Hippocrate et la commission Santé de l’UPR. » : https://www.upr.fr/actualite/comment-et-pourquoi-lhopital-public-francais-est-il-en-train-detre-detruit-dossier-etabli-par-hippocrate-et-la-commission-sante-de-lupr/

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        • fanfan // 21.05.2020 à 03h55

          Le temps est d’autant plus venu de sortir les parafoudres que le chef de l’État a promulgué les lois de finances de la Sécurité sociale 2018, 2019 et pour 2020 un objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) sévèrement contraint. Auparavant, à l’Élysée, puis à Bercy, il avait été solidaire des tours de vis de la majorité précédente. Mais dès 2008, jeune inspecteur des finances, il avait en grande partie rédigé le rapport de la commission Attali « pour la libération de la croissance française ». Outre la « décision fondamentale 20 » prescrivant 20 milliards d’euros de réduction des dépenses publiques chaque année et pendant cinq ans, y était formulée

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          • fanfan // 21.05.2020 à 04h42

            (suite) « l’externalisation des services périphériques à l’offre de soins, dont les achats de matériel médical ». Après avoir décentralisé les commandes de masques, l’Etat, dans la panique, a donc recentralisé la commande et le stock de masques… afin de les redistribuer.

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  • antoniob // 20.05.2020 à 11h25

    En plein dans le mille au sujet de l’absence d’aide «occidentale» à l’Italie et du primat de la guerre froide sur tout le reste. D’ailleurs en Macronie ré-écriture de l’Histoire en cours, le bon président Macron ayant déclaré qu’il n’y a jamais eu manque de masque. Et l’Elysée s’est empressée de «piéger» la Chine avec la vente d’armement à Formose, selon les «experts» de cour.

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  • Volodia // 20.05.2020 à 14h12

    MERCI NICOLAS pour cet article.
    Avec toute ma famille à Bergamo nous sommes reconnaissants à tous ceux qui disent la vérité sur ce terrible fléau. Le Covid ne touche pas les territoires de façon égale, certaines régions étant même presque totalement épargnées (le Centre-Sud de l’Italie par exemple, grâce aussi aux mesures de confinement précoces pour ces régions).
    Mais quand vous êtes au coeur de l’épidémie, comme l’ont été (et le sont encore même si en plus faible mesure) la Lombardie et spécialement le département de Bergamo… vous ne pouvez que pleurer, tant la souffrance est insupportable.
    Un seul chiffre: 6.000 morts du Covid sur une population de 1,1 million d’habitants, ce qui correspondrait en France à 400.000 morts

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    • Nicolas // 20.05.2020 à 16h12

      Oui, le drame de Bergamo est effroyable. Merci à vous pour ce message.

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