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18.juin.202218.6.2022 // par Olivier Berruyer

CRISE CLIMATIQUE : REGARDER LA VÉRITÉ EN FACE – Jean-Baptiste Fressoz

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Jean-Baptiste FRESSOZ est historien des sciences, des techniques et de l’environnement, ainsi que chercheur au CNRS. Il s’intéresse particulièrement à la question de la transition énergétique, qui selon lui est largement mystifiée, et empêche de comprendre le bourbier dans lequel nous sommes plongés avec la crise environnementale.
En cette semaine de juin, la France souffre d’une canicule hors du commun, et très précoce. Dans le même temps, le dernier rapport du GIEC nous alerte sérieusement sur la catastrophe à venir. Plus que jamais nous ressentons la menace d’un effondrement imminent de ce système fondé sur la croissance et l’abondance. Peut-on encore s’en sortir?

C’est ce que l’on va voir, dans cet entretien par Olivier Berruyer pour Élucid.

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Les graphiques et illustrations de la vidéo :

Consommation de bois de mines, 1905-1974 (source : Jean-Baptiste Fressoz) :

Émission de gaz à effet de serre en France, 1995-2018 :

Consommation d’énergie primaire dans le monde, 1850-2020 :

Consommation d’énergie primaire dans le monde, 1850-2020 :

Source de l’énergie consommée dans le monde, 1850-2020 :

Source de l’énergie consommée dans le monde, 1850-2020 :

Concentration atmosphérique de CO2 par pays, 1750-2019 :

Émission annuelles de CO2 dans le monde, 1860-2019 :

 

Commentaire recommandé

Jean // 18.06.2022 à 17h13

« Derrière cette tribune se cache in fine une critique politique du capitalisme, qui convoque la science a charge dans une forme d’instrumentalisation. »

C’est bien par une remise en question de notre organisation économique qu’il faudrait passer pour sortir de cette impasse, puisqu’une croissance infinie n’est pas viable dans un monde finit. Mais nous n’en sortirons pas car ils sont trop nombreux à ne pas accepter que le capitalisme soit déjà mort. Aussi la seule question qui reste en suspend c’est : Combien d’entre-nous emportera-t’il avec lui dans sa tombe ?

27 réactions et commentaires

  • olivier // 18.06.2022 à 15h48

    Non dénué d’intérêt, comme de biais politique.

    Dans les exemples qu’il donne, a propos des pays qui ont subi une transition énergétique rapide, on s’etonne qu’il cite Cuba et la Corée du Nord, et pas le Cambodge. Il aurait été pourtant plus pertinent puisque ce fut un « choix » intérieur.

    On apprécie l’abondance de critiques sur les mythes environnementaux du 20e (même s’il sont vu uniquement sous le prisme simpliste de la manipulation) mais on regretteras que d’autres échappent un peu facilement a la remise en question : les fameux « objectifs » pris sans recul.

    On aurait apprécié un peu de transparence lors de la présentation : M Fressoz est un ardent défenseur de la théorie de l’anthropocène qui est d’abord une question politique. Il reconnait ailleurs être volontairement être axé sur une prise de conscience militante. Il estime que le terme discutable est insuffisant. Son militantisme lui fait préférer le terme de capitalocène ou thanatocène. Très discutable d’un point de vue scientifique. Ce manque de transparence ne permet pas de situer le propos. Derrière cette tribune se cache in fine une critique politique du capitalisme, qui convoque la science a charge dans une forme d’instrumentalisation. malaise.

    Enfin, Derrière ces chiffres, ces courbes et ces consommations matérialiste, on ressent que l’éclairage est trop directionnel. De l’antrophocene il semble en avoir évacué « l’anthropos », la partie humaine de l’équation pour se focaliser sur une représentation abstraite d’une terre gaïaisée, mythifiée par la représentation mathématiques.

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    • Jean // 18.06.2022 à 17h13

      « Derrière cette tribune se cache in fine une critique politique du capitalisme, qui convoque la science a charge dans une forme d’instrumentalisation. »

      C’est bien par une remise en question de notre organisation économique qu’il faudrait passer pour sortir de cette impasse, puisqu’une croissance infinie n’est pas viable dans un monde finit. Mais nous n’en sortirons pas car ils sont trop nombreux à ne pas accepter que le capitalisme soit déjà mort. Aussi la seule question qui reste en suspend c’est : Combien d’entre-nous emportera-t’il avec lui dans sa tombe ?

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      • Olivier // 18.06.2022 à 20h37

        Intuile de se cacher derriere la science pour faire de la politique ou de l’ideologie alors. Le Cambodge exemple anti-capitaliste monstrueux fut un échec abominable. Le probleme est donc plus compliqué, d’ou l’interet de sortir des ornières idéologiques.

        «  une croissance infinie n’est pas viable dans un monde finit. » C’est un truisme qui ne rend aucunement compte de la situation complexe qui est la notre. C’est une formule pour verrouiller la pensé et l’empecher d’essayer de comprendre. Si vous avez écouté la vidéo (?), ce genre de mythe y est dévoilé, c’est du même ordre que la question des transitions energetique (du bois au charbon par exp alors que le dernier consomme encore plus de bois pour etayer les mines). « Il n’y a de richesse, ni de force que d’hommes » un autre truisme qui explique pourquoi Fressoz en l’etat ne peut comprendre les limites de sa pensée.

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        • Jean // 19.06.2022 à 04h42

          @Olivier,

          Qui se cache derrière son petit doigt pour éviter de regarder la réalité en face ? Vous aurez beau tordre les mots dans tous les sens, trouver des prétextes, refuser l’idéologie… l’équation est en réalité extrêmement simple : Soit nous changeons radicalement maintenant et ça va faire des dégâts, soit la Nature nous obligera à changer encore plus radicalement demain et ça fera beaucoup plus de dégâts. Dans tous les cas le capitalisme n’est pas viable et ce n’est pas de l’idéologie mais le monde tel qu’il est.
          Je m’interroge cependant sur la nature des ressorts psychologiques obscures qui permettent de donner à la folie l’apparence de la raison. Quelle est l’origine de cette peur qui vous fait fermer les yeux afin de pouvoir imaginer un monde dans lequel la réalité s’adaptera à vos désirs ?
          Peut-être un élément de réponse ici : https://www.entelekheia.fr/2022/06/03/ceux-qui-defendent-le-discours-de-lempire-se-defendent-en-realite-contre-leur-peur-de-lautodestruction/

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          • Olivier // 19.06.2022 à 10h21

            Sympa
            J’émet un regard critique sur l’interview, j’en conteste la méthode, les manques et l’orientation politique de manière argumentée et vous chercher a me psychiatriser.

            Le sujet est important, mais largement instrumentalisé politiquement par tous les opportunistes qui en profite pour pousser leur agenda. Je parle donc de sortir des ornières idéologique pour élargir la pensée, pour remettre en question des schémas de pensée qui ont déjà échoué dans le passé, condition sine qua non pour sortir de la crise par le haut, et vous me répondez en substance : « il n’y a pas a discuter, vous êtes avec moi ou vous êtes fou ». Je ne vois pas quoi vous répondre, si ce n’est que cela a un air de déjà vu. Vous devriez fuir les équations simple, c’est aussi le propos de Fressoz.

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            • Jean // 19.06.2022 à 11h38

              @Olivier,

              On ne peut pas faire de l’écologie comme il faudrait en faire, pour éviter d’obérer l’avenir des générations futur, sans revoir nos modes de production, de consommation et de répartition des richesses. L’instrumentalisation politique consiste justement à faire croire le contraire. Vous pensez que c’est de l’idéologie alors que c’est le seul avenir possible dans lequel la révolte de la nature serait atténuée.
              Cela n’a pas échoué car nous n’avons jamais essayé alors que ça ne peut pas rater puisque nous n’avons pas le choix. Cet argument n’est pas une opinion, il découle des lois physiques qui régissent notre environnement matériel. On ne peut pas se contenter d’un changement à la marge, qui plus est localement. C’est le refus d’accepter cette réalité qui condamne notre espèce à des temps difficiles et potentiellement funestes. Comment nommer cet aveuglement autrement qu’une folie ?

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          • Cévéyanh // 20.06.2022 à 19h55

            A Jean,
            Intéressant votre lien. « Ressorts psychologiques obscures » ou biais cognitifs ? Nous avons toustes des différentes sortes de biais cognitifs (biais confirmation par exemple). Albert Moukheiber (chercheur en neurosciences et psychologue) les explique dans cet visioconférence. https://www.youtube.com/watch?v=s3UW-a5Lgcc

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      • Paul Aubrin // 19.06.2022 à 20h17

        La croissance de l’espèce humaine n’est pas infinie. La population humaine devrait culminer vers 2050 avant de commencer à décliner doucement. Le prétendu problème de « ressource » est fallacieux : les déchets d’une espèce sont les ressources d’une autre. Prenons le dioxyde de carbone, les termites en émettent plus que l’industrie humaine (pour chaque kilogramme d’humain, il y a trois kilogrammes de termites sur terre qui digèrent de la cellulose en émettant d’énormes quantités de méthane et de dioxyde de carbone).

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        • Brigitte // 25.06.2022 à 13h40

          C’est sur que l’humain n’est pas l’espèce la plus abondante en nombre, loin de là.
          Or, tout être vivant rejète du CO2 en respirant. Concernant les termites, c’est vrai elles produisent du CO2 en digérant la cellulose. Les bactéries, levures et champignons en font de même. Normalement, c’est la photosynthèse et la chimiosynthèse qui compensent tout ça. Le cycle biologique du CO2 est à l’équilibre.
          Idem pour le cycle du CO2 océanique.
          Ce n’est pas le cas du cycle anthropique du CO2, qui augmente depuis l’aire industrielle. Mais quelle est réellement sa part comparée au CO2 biologique? Moins de 5%.

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  • Incognitototo // 18.06.2022 à 16h23

    Il est très clair ce monsieur et intéressant. J’apprécie beaucoup comment tout au long de son interview, il souligne comment la « modernité » déplace les problèmes au lieu de les résoudre (il le dit plus clairement à 58:54). C’est vraiment une « maladie » de tous les politiques que personnellement j’appellerais plutôt la « connerie commune » qui empêche de réfléchir de façon complexe et systémique.

    On pourrait multiplier les exemples de décisions politiques contre-productives (ou pire qui aggravent les problèmes) presque à l’infini et pour tous les domaines : urbanisme, santé, transport, industrie, agriculture, écologie, et cetera… Et le pire du pire, c’est que quand on interpelle les politiques sur leurs décisions absurdes, ils se vexent parce qu’ils ont réellement l’impression qu’ils ont fait quelque chose… ce qui relève clairement d’une conséquence d’un problème plus général sur la façon dont nous fonctionnons, jamais pris en considération.

    L’analyse systémique explique très bien comment même en changeant de forme les problèmes persistent tant qu’on ne résout pas le noyau paradoxal, c’est-à-dire la ou les valeurs centrales que le système perpétue. Mais, c’est une science et une façon d’appréhender les problèmes (et de les résoudre) qui malheureusement ne sont pas enseignées. C’est bien dommage parce que c’est l’analyse systémique qui a permis entre autres à l’homme de marcher sur la lune et on ne veut toujours pas s’en servir pour résoudre nos problèmes humains et politiques.

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    • Myrkur34 // 21.06.2022 à 17h13

      Votre commentaire Incognitoto, m’a fait penser à un vieux bouquin de SF, d’A.E. Van Vogt, « La faune de l’espace ».
      Avec le nexialisme comme méthode de résolutions des problèmes, en mélangeant les domaines scientifiques ou non et en multipliant les approches.

      https://plus.wikimonde.com/wiki/Nexialisme

      https://www.babelio.com/livres/van-Vogt-La-faune-de-lespace/9464

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      • Incognitototo // 23.06.2022 à 23h59

        Oui, le nexialisme est une branche de l’analyse systémique. Avant A. E. van Vogt, celui qui nous a fait redécouvrir ces principes est Hermann Hesse dans « le jeu des perles de verre ». On peut cependant noter que cet universalisme de la pensée complexe était déjà présent chez les philosophes grecques qui pensaient le monde et les sciences de façon « non cloisonnée ».
        Ce qui reste étrange, c’est que le commun des humains préférera toujours une explication simpliste à une complexe ; alors même que tout indique qu’il se trompe et ne résoudra rien ainsi. Bref, la maladie la plus commune et qui fait le plus de dégâts politiques semble bien celle qui empêche de penser : « je ne sais pas » ou « ça me dépasse », et qui en conséquence nie tous les faits qui s’opposent à la pensée binaire et/ou manichéenne.

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  • pseudo // 18.06.2022 à 16h55

    je voudrais profiter de cet espace d’expression pour lancer une petite crotte de nez, pas classe, mais c’est une satisfaction malsaine que je veux exprimer.

    Petite crotte de nez à tous ces bourge’,
    ces friqués,
    ceux qui pensaient s’en échapper,
    les déglingués,
    ceux qui ne jurent que par la camisole de l’échelle sociale du pognon,
    ceux,
    qui bien éduqués, à qui l’on a donné,
    les meilleurs professeurs,
    les plus belles écoles,
    le plus bel avenir,

    Vous n’y échapperez pas et toutes vos élucubrations mensongère n’y changeront rien.

    Vous avez le plus à perdre, vous, les possédants, les addictes du pouvoir.
    Même en relatif, votre perte sera, est déjà, colossale.

    Tous vos avions, vos bateaux, vos maisons à l’île de ré, en Bretagne, ou à l’autre bout du monde,
    n’y feront rien.

    Ciao.

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    • 6422amri // 18.06.2022 à 18h01

      Vous avez le plus à perdre, vous, les possédants, les addictes du pouvoir.

      Ce seront les plus pauvres qui seront les plus exposés.

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      • Patrick // 19.06.2022 à 11h56

        Quand les gros maigrissent , les maigres meurent

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  • Bouddha Vert // 18.06.2022 à 17h11

    En complément de ce document, un excellent ouvrage de François Roddier:
    « Thermodynamique de l’évolution – un essai de thermo-bio-sociologie »

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    • vert-de-taire // 19.06.2022 à 21h58

      oui mais c’est bebête.
      Certes nous les vivants sommes soumis aux lois de la nature, l’énergie, les ressources, l’entropie ..
      Mais nous ne sommes pas que des assemblages de molécules, nous sommes des assemblages temporaires qui fabriquons de la négentropie locale.
      Et chose etonnante, on construit. Donc on agit sur la matière (ne serait-ce qu’en nous reproduisant)
      Et donc nous pouvons contredire localement et temporairement mais sans cesse aussi, les lois de la nature comme certains principes, comme l’entropie.
      Entendons nous, le principe entropique n’est pas violé, il s’applique globalement et non pas hic et nunc.
      – « Je suis jeune et je vous emmerde en attendant »
      réplique fameuse (peut-être imprécise, vous corrigerez) d’une vivante à un quasi mort.

      Tenter de décrire (expliquer) le monde des vivants avec des lois de physique est très réducteur, très primitif.

      Cela dit penser, se projeter, aussi en termes d’énergie, de puissance, de ressource, d’espace, de temps,…
      est indispensable (mais quid d’un système qui par essence ne cherche que le profit ?)

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  • Myrkur34 // 18.06.2022 à 17h42

    Dernière phrase de cette excellente interview « Quand on promeut la voiture électrique, on n’a pas du tout envie de résoudre la question du changement climatique ». :o)

    Juste une remarque sur un passage de l’interview, j’ai toujours entendu dire que l’acidification des océans est due en partie à l’absorption du co2 d’origine humaine.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Acidification_des_oc%C3%A9ans

    Un contributeur xxl (un peu connu) de co2
    https://pbs.twimg.com/media/FVh-ZUuWYAE_qn8.jpg

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  • Fernet Branca // 18.06.2022 à 18h50

    Dans un article sur 20 minutes.
    Climat : « La révolution écologique doit être féminine », explique Claire Le Floch
    MIS À JOUR LE 18/06/22 À 09H15
    Pourquoi la notion de genre doit-elle être prise en compte dans la lutte contre le changement climatique ?
    On le sait, il ne nous reste pas beaucoup de temps pour agir. Pour être à la hauteur des enjeux, il faut repenser notre rapport à des concepts, comme la domination, le temps, la cyclicité, l’incertitude et la résilience. Les mouvements écoféminismes mettent en avant l’intérêt d’intégrer les femmes, le féminin à la table des négociations. Les mouvements féministes pensent les changements sociaux et politiques en se basant sur le consentement, avec une gouvernance partagée prônant les synergies plutôt que l’asservissement des humains et du non-humain. Si on veut une révolution écologique, elle doit être féminine.

    Et c’est là que ça coince car les anxio-climatiques veulent tout interdire exemple le moteur thermique ,la plupart rêvent d’énergie produite par des centrales nucléaires , très écolo. Et je ne les voit pas vouloir discuter de quoi que ce soit. C’est toujours imposer, imposer, imposer.

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  • max // 19.06.2022 à 04h39

    Je ne pense pas qu’il y aura de luttes efficaces contre le dérèglement climatique/pollution sans la diminution drastique des énergies fossiles principalement pétrole, gaz, charbon et la remise en cause de la société de consommation.
    Ca veut dire une diminution drastique de notre niveau de vie mais niveau de vie qui diminuera encore plus si on continue à utiliser les énergies fossiles.
    https://www.youtube.com/watch?v=69TV0hbSRwY

      +2

    Alerter
    • Patrick // 19.06.2022 à 12h15

      N’oublions pas que toute l’organisation de notre société s’est mise en place durant le dernier siècle grâce à une énergie abondante et pas chère.
      Si nous réduisons notre énergie de 80% ( la part des combustibles fossiles ) , voire de 90% en supprimant aussi le nucléaire, quelle société devrons nous mettre en place ?
      Les grandes agglomérations pourront elles continuer à exister ? Peu probable.
      La France pourra t elle abriter 67 millions d’habitants ? Très peu probable.

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  • X-101 // 19.06.2022 à 06h55

    En parallèle
    ’ […] Une partie des élites est atteinte par ce qu’on pourrait appeler le « syndrome du Titanic ». Je me dis qu’il est déjà trop tard pour modifier la trajectoire du paquebot et qu’on va heurter la banquise, alors je m’occupe de préserver un accès aux canots de sauvetage pour moi et ma famille sans me soucier du reste du paquebot. Et pendant ce temps, je continue de prendre l’avion toutes les semaines, de polluer dans un contexte où les 10 % les plus riches de la planète sont responsables de 43 % des émissions. Un véritable cynisme guette certaines élites financières qui se disent que, quitte à expédier leurs enfants en Scandinavie, elles arriveront toujours à sécuriser l’accès à l’eau potable, à l’oxygène propre, à l’énergie, aux minerais.

    Dans un pays comme le Nigeria, les expatriés vivent dans des villages construits ex nihilo par les multinationales. À l’intérieur : piscine, cinéma, salle de concert ; on nettoie des voitures thermiques avec de l’eau potable et on paie un psy pour soigner le conjoint dépressif de l’expat’. De l’autre côté des murs d’enceinte de 4 à 5 mètres, flanqués de miradors, de chiens policiers et de barbelés, les Nigérians manquent d’eau à boire…Cette « bunkérisation » de certaines élites est un fantasme de réédition de la « fuite de Varennes » qui néglige complètement le fait que les ghettos riches sont étroitement dépendants de leur hinterland [l’arrière-pays, ndlr] et des catégories populaires qui y travaillent, et que les bouleversements de la biodiversité affectent aussi la Suède.’ Gaël Giraud

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  • RIVIERE // 19.06.2022 à 09h17

    Bien évidemment le capitalisme est en fin de vie, mais ceux qui en vivent encore grassement ne l’admettent pas et ce sont eux qui tiennent les commandes.
    La transition ne peut avoir lieu, tout simplement parce qu’il est trop tard et quand on entend des embryons de journalistes s’étonner d’un 40 degré mi juin, en soulignant et en martelant que personne ne pouvait s’attendre à ce phénomène, pourtant annoncé et validé par des simulations sérieuses, il y’a plusieurs décennies.
    Ce ne sont pas quelques voiturettes électriques, panneaux solaires ou éoliennes qui vont changer la donne, en dehors de servir encore des lobbys financiers, il est urgent de construire des abris anti cycloniques, anti grêle, sous terrain, car les températures vont rapidement monter à 48/50 degré sur l’hexagone et avant 2030. Il faut urgemment protéger l’eau, sortir de la culture du maïs et de la culture intensive pour l’intérêt mercantile des multinationales et reprendre urgemment le maraîchage pour éviter ou tout du moins limiter les famines à venir….etc, etc, etc

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  • paulo // 19.06.2022 à 17h39

    Interview intéressant , il est seulement dommage que pendant presqu’une heure Fressoz parte dans tous les sens , pour finalement délivrer quelque chose de plus construit dans la dernière demi-heure .

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  • Louis // 20.06.2022 à 09h51

    Peut être refusons nous de regardez en face la fin de nos civilisations, nous ne sommes pas la première et peut être que d’autres nous succéderons. Quant au réchauffement climatique sacré c’est un moyen pratique d’éclipser les vraies questions que sont la démographie, la répartition des richesses et la gouvernance, tant que nous serons dirigés par des banques soutenues par des appareils militaro-industriels je crains qu’il n’y aura aucune évolution.. Notre destruction est en marche depuis je dirais la révolution industrielle tout comme le fut celle de l’empire romain avec des causes peut être comparables.

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  • RGT // 20.06.2022 à 11h58

    De toutes façons, si on se contente d’analyser la pensée humaine et de regarder l’histoire on ne peut que constater que les humains continueront à se goinfrer d’énergie jusqu’à l’effondrement final.

    Simplement parce que l’humanité (en tant que groupe) ne PEUT PAS faire autrement pour éviter de décliner.

    Certes, il y aura une « réduction de voilure » mais seulement pour les moins bien lotis (qui de toutes façons n’ont pas accès actuellement à l’énergie en dehors du bois qui entraîne la destruction de leur environnement).

    Et plus l’énergie se fera rare ou difficile à extraire ou transformer plus les restrictions s’appliqueront aux « un peu moins bien lotis » et remonteront dans l’échelle des castes, les castes les plus élevées ne connaissant JAMAIS la pénurie.

    Bref, pour simplement SURVIVRE il est OBLIGATOIRE pour les humains de prélever le maximum de ressources accessibles, quitte à couper la branche sur laquelle on est assis.

    Autre particularité des humains : C’est TOUJOURS aux autres de faire l’effort de « réduire la voilure » car à titre individuel chacun de nous est « exemplaire » et n’utilise que le strict minimum…
    Et plus on monte dans l’échelle sociale plus ce sentiment est biaisé car les plus nantis ont une consommation (u gaspillage même) largement plus nuisible que les plus modestes qui supportent encore plus les conséquences de cette « fête énergétique ».

    L’humanité finira finalement par s’éteindre pour ne pas avoir accepté les limites des ressources qu’elle doit respecter sans détruire l’écosystème qui lui permet d’exister.

    En espérant qu’elle ne détruise tout simplement PAS l’écosystème complet en s’éteignant.
    Les autres espèces n’ont rien demandé et n’ont pas à souffrir de la bêtise et de la cupidité humaine.

    En fait, depuis la fin de la préhistoire nous ne sommes plus des homo sapiens mais des homo cupidus destructor.

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  • Genuflex // 21.06.2022 à 22h24

    Pas d’accord avec le fatalisme du type « le genre humain est autodestructeur ». C’est un peu facile, et c’est oublier les je ne sais combien de peuples premiers qui ont été capables de ne pas détruire leur milieu de vie pour un meilleur confort a court terme. Je vous invite à lire le livre posthume de David Graeber, qui sans traiter exactement de ce sujet rapporte ce que ces peuples pensaient de notre culture européenne dégénérée.

    Une autre réflexion, en lien : est-ce que vous n’êtes pas également étonnés Comme moi que notre merveilleux monde économique rationnel arrive à baisser le coût de tout au point que la nature devient un luxe… On a l’impression qu’on ne peut plus s’offrir une nature en bonne santé, or il suffit de ne rien faire pour qu’elle le soit.
    Est-ce Que JB Say est à l’origine de ce cette vision délirante de l’économie « rationnelle » ?

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