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22.octobre.202022.10.2020 // Les Crises

Djihadisme : l’importance de ne pas surréagir

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Le 16 octobre 2020, notre pays a été frappé une fois de plus – encore une fois de trop – par un attentat djihadiste épouvantable, qui a coûté la vie à Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie à Conflans sainte Honorine. Au-delà de la portée symbolique évoquée maintes fois ces derniers jours dans le débat public (l’assassinat ciblé d’un enseignant), nous avons surtout aujourd’hui une pensée pour tous ses proches.

Cet événement tragique a entraîné des réactions très vives, portées par l’émotion. Parmi elles, des surréactions politiques et médiatiques qui engendrent partout des divisions regrettables, alors que nous devrions nous inscrire dans une perspective d’union nationale, et de réflexion éclairée sur les causes de ce mal qui sévit, ainsi que sur la meilleure manière d’y mettre fin.

Aujourd’hui, nous republions un remarquable article de septembre 2017, qui n’a pas pris une ride et qui analyse la situation avec recul et hauteur de vue.

Rappelons que « Ne pas surréagir » ne signifie pas « ne pas agir du tout ». La question ici est que lorsque des djihadistes – trop faibles pour mener des guerres conventionnelles – ont pour stratégie centrale :

1/ d’instrumentaliser notre appareil médiatique pour saturer nos cerveaux en peur et en colère en réaction à leurs actes barbares (le terrorisme est un moyen et non une fin) ;
2/ de profiter de cette caisse de résonance médiatique et de cette montée des ressentiments pour générer des surréactions politiques ;
3/ d’entraîner ainsi une radicalisation de la société française susceptible de provoquer une division telle que notre nation finisse par se déchirer d’elle-même.

Alors on ne peut qu’être consterné de voir à quel point, attentat après attentat, ces 3 étapes semblent suivre leur cours à merveille… largement aidées par une presse mainstream irresponsable…

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Djihadisme : l’importance de ne pas surréagir

Source : Lematin.ch – 23-09/2017

Une surréaction peut conduire à des mesures drastiques, à des réponses militaires ou policières disproportionnées, préviennent des experts.

Les djihadistes sont comme des mouches dans l’oreille d’un éléphant ou des guêpes dans un char d’assaut. Seule une réaction excessive de leurs victimes peut leur donner des espoirs de gains politiques, préviennent des experts.

Les attentats qu’ils commettent, aussi graves et dramatiques soient-ils, ne constituent pas une menace vitale pour les démocraties visées, ajoutent-ils. En revanche, une surréaction peut conduire à l’adoption de mesures drastiques, à des réponses militaires ou policières disproportionnées, qui vont en fin de compte faire le jeu des assaillants.

«La stratégie de l’État islamique (EI) est largement incomprise» confie à l’AFP Alexander Ritzmann, ancien élu au parlement local de Berlin et membre de l’European Foundation for Democracy. «Ils ne cherchent pas seulement à tuer des Européens, mais surtout à accroître la polarisation des sociétés européennes et répandre la peur et la suspicion à l’égard des musulmans». «Il faut que les responsables politiques et le public le comprennent mieux pour éviter que nous ne tombions dans le piège tendu par l’EI», ajoute-t-il.

Un spectacle

Dans son dernier ouvrage, «Homo Deus», l’historien Yuval Noah Harari écrit: « Comment les terroristes parviennent-ils à faire les gros titres et à changer la situation politique à travers le monde? En poussant leurs ennemis à surréagir».

«Au fond, le terrorisme est un ‘show’. Les terroristes montent un terrifiant spectacle de violence qui frappe notre imagination et nous donne le sentiment de régresser dans le chaos du Moyen Age. Les États se sentent souvent obligés de réagir au théâtre du terrorisme par l’étalage de mesures de sécurité, orchestrant d’immenses déploiements de forces, allant jusqu’à persécuter des populations entières ou envahir d’autres pays. Dans la plupart des cas, cette réaction démesurée menace bien davantage notre sécurité que les terroristes eux-mêmes», ajoute-t-il.

Faire le travail des terroristes

«Les terroristes sont comme une mouche qui essaierait de détruire un magasin de porcelaine. Elle est trop faible pour bouger ne serait-ce qu’une tasse à thé. Elle trouve un éléphant, se glisse dans son oreille et se met à vrombir. L’éléphant enrage de peur et de colère, et détruit le magasin de porcelaine. C’est ce qui s’est produit au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie. Les islamistes n’auraient jamais pu renverser Saddam Hussein par eux-mêmes. Ils ont préféré faire enrager les États-Unis par les attentats du 11 septembre, et les États-Unis ont détruit le magasin de porcelaine du Moyen-Orient à leur place. Et les voici qui prospèrent sur les décombres».

«Il y a l’image de la mouche et l’éléphant, vous pouvez aussi utiliser celle de la guêpe dans un char d’assaut», dit à l’AFP Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE. «Ne traiter le terrorisme que de façon compassionnelle, en passant en boucle des témoignages de victimes traumatisées, c’est faire le travail des terroristes. C’est ce qu’ils cherchent».

Les médias, chaînes d’informations en continu notamment, et les sites internet portent en la matière une responsabilité importante, estime-t-il. Ils servent de caisse de résonance et en surmultipliant le potentiel traumatique des attentats.

Coca-Cola plus dangereux

«Ce sont ces surenchères à l’horreur qui sont précisément recherchées par ceux qui mettent en oeuvre des stratégies terroristes et qui apportent une plus-value à leur action en bouleversant à moindre coût notre ordre sociétal», assure Alain Chouet. «La criminalité terroriste – qui est bien réelle et doit être traitée comme telle – ne vient pas en tête des problématiques criminelles dans nos pays. Il y a par exemple chaque année en France plus de femmes qui décèdent sous les coups de leur conjoint que de victimes du terrorisme».

Pour Yuval Noah Harari, «Coca-Cola représente pour l’Américain ou l’Européen moyen une menace plus mortelle qu’Al-Qaïda». Après avoir été chef du renseignement de l’US Navy au Moyen-Orient de 2008 à 2011, le commandant Wayne Porter enseigne le contreterrorisme à l’académie navale de Monterey (Californie).

«La seule menace existentielle que représentent pour nous les attentats, qu’ils soient réels ou potentiels, c’est que nous continuions d’agir de manière contre-productive, avec une organisation anarchique et en dépensant de l’argent sans réfléchir», a-t-il confié récemment au New Scientist. «Notre stratégie actuelle antiterroriste, qui n’en est pas une, va détruire nos valeurs démocratiques».

Source : Lematin.ch – 23-09/2017


Après le meurtre de Samuel Paty, le concours Lépine des idées d’extrême droite

Source : Télérama – 20/10/2020

Après l’horrible assassinat de Samuel Paty, enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, les experts de BFMTV et de CNews se livrent à une infâme surenchère liberticide.

Lire l’article complet sur Télérama

Dimanche midi, sur BFMTV, Christophe Barbier lance une autre idée frappée au coin du non-sens. « On peut agir très rapidement, il faut relancer la loi Avia censurée par le Conseil constitutionnel, qu’on peut très bien remettre sur l’établi en changeant la Constitution. »

Ce lundi matin, sur CNews, Elisabeth Lévy vitupère : « C’est l’État de droit qui est le synonyme de notre désarmement. » « Nous sommes ligotés par notre droit-de-l’hommisme… ». « La notion d’État de droit a été instrumentalisée pour protéger les pires ennemis et de l’État et du droit. »

Pascal Praud offre le recul de sa culture historique. « Toute la logorrhée qui explique que la France est une terre d’immigration et que cette immigration aujourd’hui, c’est la même que les Italiens, etc., tout ça, c’est n’importe quoi, on le sait bien ! »

== En 1893, dans les Bouches-du-Rhône, des pogroms massacraient des Italiens (du Sud) au prétexte que leur culture et leur religion était incompatibles avec celles des bons catholiques Français. ==

Pascal Praud s’emporte :« L’histoire des prénoms, c’est passionnant. Bonaparte et nos anciens n’étaient pas idiots lorsqu’ils disaient que les prénoms devaient être uniquement ceux du calendrier. » « Moi, si je vous dis qu’il faut remettre des prénoms français en France ? La loi doit changer et tous les enfants de France doivent avoir des noms de saints ? »

Pascal Praud : « Ils prennent les attaques contre l’islam comme des attaques racistes, ce qui n’est pas le cas du tout ». « C’est une religion qui est attaquée, c’est pas du tout une couleur de peau, c’est pas une race. »

== L’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen prescrit que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses » ==

Ivan Rioufol : « Le danger ne vient pas seulement de l’islamisme mais aussi des Français qui portent des prénoms français… ». « … Et qui depuis trente ans ont abandonné la France par lâcheté, par paresse, par compromission avec l’ennemi et ils sont aussi dangereux sinon plus que les islamistes. ». « Il faut combattre cette haine de soi qui a fait de nous un peuple vulnérable, il faut mettre en cause aussi tous les collabos des islamistes, et il y en a une palanquée. »

Florian Bachelier, de LREM, applaudit : « Je partage chaque mot de ce que dit M. Ivan Rioufol. » Pascal Praud s’enquiert : « Nous sommes en guerre, vous partagez ? » « Évidemment. » « Chacun va devoir choisir son camp, prévient l’animateur. Gérard Leclerc, vous partagez chaque mot ? » « Oui, même s’il minimise les réseaux sociaux, qui sont une arme épouvantable. »

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