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19.septembre.201919.9.2019 // Les Crises

Emmanuel Macron et l’Europe – Par Eric Juillot (2/4)

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Plan :

– Les discours : idéalisme et manichéisme (1/4)

– Les discours : incohérence et indigence (2/4)

– Refonder « l’Europe » : entre petits pas insignifiants et ambitions démesurées (3/4)

– Actes et résultats de la politique européiste d’Emmanuel Macron (4/4)

Incohérence et indigence

C’est peut-être la caractéristique la plus spectaculaire des discours d’Emmanuel Macron consacrés à l’UE : hormis l’idée-force « l’Europe-c’est-la-paix », ils ne contiennent pas d’argument démontrant que la construction européenne peut et doit être poursuivie : aucun bilan ne permettant d’en tirer orgueil et énergie pour la poursuivre, aucune analyse des difficultés théoriques et pratiques auxquelles elle fait face, dont le décorticage permettrait peut-être aux européistes de trouver quelques miettes d’espoir pour l’avenir de leur projet. Rien de tout cela n’est abordé. La prose présidentielle se contente d’actes de foi, de pétitions de principe et d’affirmations non démontrées. Cette indigence argumentaire est particulièrement nette à propos de trois thèmes majeurs : la démocratie, la souveraineté et la nation.

« L’essence du projet européen, c’est la démocratie. Je dis même que c’est sa force la plus grande, son aliment véritable ». Ce poncif, destiné là encore à parer l’UE d’un voile de vertu, ne résiste pas à un examen sérieux. Traité après traité, la construction européenne a en effet placé juridiquement hors de portée de la délibération démocratique un nombre toujours grand de choix fondamentaux : la dynamique du projet européen — sinon son « essence » — relève davantage de l’étiolement de la démocratie plutôt que de son épanouissement.

En fait, la démocratie en Europe ne doit rien à l’UE. Le Bill of Rights et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen jouissent tous deux d’une antériorité historique certaine sur la Convention européenne des Droits de l’Homme et, aujourd’hui, la démocratie en Europe doit sa solidité à son inscription au cœur des cultures politiques nationales bien plus qu’aux engagements juridiques des États membres vis-à-vis de l’UE. En outre, la seule institution à caractère démocratique de l’UE est son parlement, qui a tout d’une assemblée factice — d’où ses pouvoirs ténus. Ses membres sont, en effet, les représentants d’un peuple européen qui n’existe pas. Une telle prouesse institutionnelle est tout à fait caractéristique de ce que l’UE peut produire dans le cadre de sa logique fonctionnaliste. «Ici même à Strasbourg, vous faites vivre chaque jour cette démocratie en Europe », dit pourtant Emmanuel Macron aux parlementaires européens, ignorant apparemment que la démocratie sans demos a vocation à tourner à vide faute de légitimité.

Mais la démocratie selon l’européisme est, en fait, singulièrement atrophiée, puisqu’elle se résume, ainsi que l’affirme le président français, au respect « de l’individu, des minorités, des droits fondamentaux ». Autant d’aspects essentiels certes, mais qui réduisent le régime démocratique à son seul versant individualiste, oblitérant la dimension collective de la souveraineté populaire et nationale, alors que celle-ci constitue l’unique source de légitimité pour un pouvoir authentiquement démocratique. Fort de cette conception hémiplégique de la démocratie, Emmanuel Macron peut cependant balayer d’un revers de la main toute idée de consultation du peuple par voie référendaire sur les questions européennes : « La réponse est connue, c’est toujours “non”, quelle que soit la question », affirme-t-il sans ambages (ignorant le résultat du traité de Maastricht) et sans plus d’explication, démontrant ainsi au détour d’une phrase que l’européisme finissant n’est guère à l’aise avec la démocratie directe depuis 2005 (rejet français et hollandais du Traité constitutionnel) et 2016 (victoire du Brexit au Royaume-Uni).

Le peuple, oui, mais pas trop, et en petits morceaux s’il vous plaît, le président français préférant au referendum « simpliste » un « vaste débat pour identifier les priorités » des citoyens à propos de l’UE, pour « refonder le projet européen […] avec une exigence démocratique beaucoup plus forte qu’une simple question binaire ». De l’art de museler un peuple en prétendant lui donner la parole… Chacun connaît en effet les limites inhérentes aux grands débats de ce type en matière d’approfondissement de la démocratie [1].

Ce qui pose problème à l’européisme dans le régime démocratique, c’est donc l’expression par son truchement d’une souveraineté politique à la légitimité sans égale et susceptible de constituer un ennemi mortel pour l’UE. D’où le vocable « souverainiste » utilisé depuis des années par les thuriféraires de l’UE pour désigner avec une nuance de mépris tous les partisans indécrottables de la démocratie nationale. Ici, Emmanuel Macron choisit cependant d’innover, en prenant le terme « souveraineté » à son compte. Il plaide, en effet, en faveur d’une « souveraineté européenne pleine et entière » au point d’en faire l’axe structurant de son discours à la Sorbonne, et la décline sous de nombreuses formes : elle doit être climatique, commerciale, culturelle, géostratégique, etc.

Cette tentative de récupération est habile. Par elle, le président espère permettre à l’UE de s’approprier ce qui fait la force politique de l’État-nation. La mise en avant du thème de la souveraineté permet de surcroît de faire disparaître le mot « fédéralisme » de ses discours. L’idée fédérale n’est en effet plus de saison ; les dirigeants n’y croient plus, car ils savent l’hostilité des peuples à ce sujet ; elle est aujourd’hui retranchée dans des cénacles d’exaltés, au sein d’officines stipendiées par Bruxelles ou enkystées dans des médias institutionnels. La souveraineté européenne vise pourtant au même but, mais en brouillant les pistes pour ne pas effrayer l’opinion, selon une tactique souvent employée dans l’histoire de la construction européenne.

Le président français précise même, dans l’espoir de désamorcer toute polémique à ce sujet : «Nous avons besoin d’une souveraineté complémentaire plus forte que la nôtre, complémentaire et pas de substitution ». Cette précaution sémantique prête cependant le flanc à une critique radicale. L’idée qu’une souveraineté puisse s’affirmer à l’échelle de l’UE sans amoindrir de quelque manière que ce soit les souverainetés nationales est en effet une aberration logique. Pour que Bruxelles s’affirme, il faudrait de toute nécessité que Berlin, Varsovie, Rome ou Paris s’abaisse. Un pouvoir européen souverain ne peut exister que par une capacité du tout à contraindre les parties.

Le président français le reconnaît ingénument par ailleurs, en voulant faire assaut d’enthousiasme européiste, sans saisir apparemment ce que cet aveu peut avoir de saisissant de la part d’un chef de l’État : « La France souhaite une Europe pour l’Europe, pas pour elle-même». Dans cette perspective, « l’Europe » devient une fin en soi à laquelle les États membres doivent accepter de sacrifier au moins ponctuellement leurs intérêts, alors qu’elle a été historiquement présentée aux peuples comme un moyen susceptible de démultiplier leur puissance.

Il faut bien constater, pourtant, que l’exercice par l’UE d’une souveraineté pleine et entière est à ce stade tout sauf une réussite. Depuis une trentaine d’années, l’européisme a été assez fort pour arracher des pans entiers de souveraineté aux États membres, notamment dans le domaine économique, de sorte qu’il ne leur reste plus que quelques lambeaux de pouvoir, principalement dans le domaine fiscal. Les résultats catastrophiques qui en découlent pour la plupart des pays sont notoirement connus [2]. En cédant l’essentiel de leur souveraineté économique, les États de l’UE ont en fait organisé leur impuissance collective, même si certains, profitant de règles taillées à leur mesure, tirent mieux leur épingle du jeu que d’autres.

En réalité, l’idée d’une « souveraineté partagée » chère aux européistes est une ineptie. En matière de souveraineté, tout ce qui est partagé est au mieux perdu par effet de neutralisation, au pire capté par un autre État qui peut ainsi affirmer sa puissance [3]. La souveraineté, entendue comme le pouvoir d’un peuple libre, n’est donc pas assimilable par l’UE compte tenu de sa nature. Il ne peut pas exister une authentique souveraineté européenne stricto sensu puisqu’il n’existe pas un peuple européen dont elle permettrait l’expression politique. Elle ne peut prospérer temporairement que par le phagocytage des souverainetés nationales, sans disposer des conditions qui ont permis à ces dernières de s’affirmer historiquement. Elle représente donc une impasse, au fond de laquelle le volontarisme vibrionnant de l’actuel président a vocation à s’échouer.

Dans l’espoir d’accoucher de cette souveraineté au forceps, Emmanuel Macron croit cependant judicieux de stigmatiser l’État-nation et son impuissance présumée. S’il accepte, faute de mieux l’idée d’une « Europe à plusieurs vitesses », s’il affirme vouloir « assurer l’unité sans chercher l’uniformité», il insiste par ailleurs, à longueur de discours, sur l’inanité d’un attachement persistant à l’État-nation : « Tous les défis qui nous attendent […], ce sont des défis mondiaux face auxquels une nation qui se rétrécit sur elle-même ne peut faire qu’à peu près et peu de choses»; à propos de la politique migratoire : «le repli sur nos frontières […] serait à la fois illusoire et inefficace ». À propos de la Politique Agricole Commune, l’agriculteur lambda «viendra lui-même à l’idée que l’Europe le protégerait mieux qu’une politique nationale absurde ».

Ce type d’affirmation pose néanmoins problème à deux titres : ainsi que nous l’avons vu plus haut, il ne suffit pas de décréter que la souveraineté européenne serait plus efficace que les souverainetés nationales pour que d’emblée ces dernières soient dessaisies par les citoyens au profit de leur glorieuse remplaçante. Les choses sont beaucoup plus compliquées que cela, et ce qui serait souhaitable n’est pas forcément possible, tout particulièrement dans le cas de la construction européenne.

En outre, les affirmations antinationales du président ne sont absolument jamais démontrées. Pourquoi les frontières de l’UE seraient-elles plus faciles à contrôler que celles d’un État membre ? Pourquoi la PAC ne saurait être nationalisée sans conserver son efficacité ? Dans ces deux cas, l’exemple de la Suisse, au cœur même du continent, prouve qu’il est possible d’agir efficacement à l’échelle d’un État. Mais le président Macron affecte de croire que ses assertions sont des vérités d’évidence, dont la simple répétition suffit à emporter l’adhésion de ceux qui l’écoutent. Pourtant, au-delà de la Suisse, les exemples sont légion dans le monde d’États de petite ou de moyenne taille, n’appartenant à aucune organisation supranationale s’appropriant leur souveraineté, et disposant d’un niveau de vie égal ou supérieur à celui des pays riches de l’UE : Corée du Sud, Singapour, Taiwan, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège, Islande…

L’argument simpliste de la taille, systématiquement mis en avant par les européistes pour justifier leur ambition d’un approfondissement de l’UE est, en fait, tout à fait spécieux. Ce qui compte, ce n’est pas la taille d’un pays, mais son degré de cohésion interne, lui-même dépendant de son degré de conscience nationale. Plus cette dernière est forte, plus un État est apte, par exemple, à maîtriser sur son sol les effets de la mondialisation. À rebours de cette situation, les États de la zone euro ont démontré depuis vingt ans que l’union peut faire la faiblesse, l’affaissement de leur puissance économique infligeant un cinglant démenti à tous ceux qui, il y a vingt ans, annonçaient la prospérité par l’euro [4].

Fondamentalement, c’est la force du sentiment d’appartenance à une communauté politique qui détermine la capacité de cette dernière à agir efficacement dans le sens d’un intérêt général dégagé par le débat démocratique. « Je n’ai pas une seule goutte de sang français, et pourtant la France coule dans mes veines », disait Romain Gary. Aucun européiste ne pourrait aujourd’hui s’exprimer ainsi à propos de l’UE sans s’exposer à la moquerie ou à la commisération, quand Gary peut émouvoir par ces quelques mots des millions de lecteurs. Or, le sentiment d’appartenance ne se décrète pas, pas plus qu’il ne peut reposer sur du vide ; il résulte d’un processus séculaire et civilisationnel hors de portée de l’UE.

Enfin, la nation est la forme politique moderne, née au fil des derniers siècles en Europe, ou dans des pays outremer de peuplement européen. Comment l’UE peut-elle se persuader qu’elle incarne l’Europe, alors qu’elle altère par son existence même ce qui en constitue un legs particulièrement précieux à l’humanité tout entière ? Il y a là un paradoxe impossible à tenir dans la durée.

Démocratie, souveraineté, nation : autant d’idées et de concepts essentiels que le président Macron manie avec la plus grande inconséquence, faisant sombrer ses discours dans une étonnante indigence intellectuelle. De nombreuses incohérences s’y ajoutent au demeurant. Il en est une qui revêt un caractère général, de nature à miner tout l’édifice argumentaire de la prose présidentielle : si « l’Europe » a vocation à être aussi lumineusement salvatrice qu’il l’affirme, pourquoi les blocages, les résistances, les oppositions à son avènement sont-ils de plus en plus nombreux ? L’évidence ne devrait-elle pas s’imposer à tous, par-delà l’attachement persistant à de vieilles formes et à de vieux usages périmés ou dangereux ? L’argument manichéen du Mal nationaliste est à l’évidence d’une portée explicative très limitée, mais il n’en existe pas d’autres dans les discours du président Macron.

L’incohérence s’observe également à une échelle plus fine, dans le détail de certaines argumentations. Ainsi de la diversité culturelle du continent : « Notre fragmentation n’est que superficielle » déclare péremptoirement le président, pour ajouter, quelques lignes plus loin : « Partout, quand un Européen voyage, il est un peu plus qu’un Français, qu’un Grec, qu’un Allemand ou qu’un Néerlandais ». Il y a là une contradiction : si la fragmentation n’est que superficielle, la qualité d’Européen ne devrait-elle pas l’emporter sur la qualité nationale, au lieu de n’être qu’un petit supplément identitaire, comme l’affirme la seconde phrase ? Autre exemple, également fâcheux : comment peut-on affirmer qu’il n’est plus possible de construire « l’Europe à l’abri des peuples » comme l’ont fait les prétendus « pères fondateurs » tout en disqualifiant quelques lignes plus loin le recours au referendum dans la cadre d’un projet européen présenté par ailleurs comme « librement consenti » ?

Plus gravement encore, son exaltation condamne parfois le président Macron à une confusion certaine. Elle découle, le plus souvent, d’une volonté de manier le paradoxe un peu trop loin, en cherchant à voir dans des obstacles dirimants de simples défis — dont la volonté triomphera si elle est assez forte —, et parfois même des atouts. Ainsi, à propos de la « fragmentation » culturelle : « Elle est en fait notre meilleure chance. Et au lieu de déplorer le foisonnement de nos langues, nous devons en faire un atout! ». La force de conviction est censée pallier ici la faiblesse de l’argumentation, comme s’il suffisait de décréter que le morcellement linguistique du continent est un atout pour qu’il cesse d’être un obstacle à son unité politique et à l’émergence d’un esprit public européen. Cela n’empêche d’ailleurs pas le président d’ajouter plus loin, fort benoîtement : «Et l’Europe doit être faite de ces langues et elle sera toujours faite d’intraduisible. Et cela, il faut le porter ». L’incommunicabilité comme vecteur de la construction européenne, il fallait y penser ; comprenne qui pourra…

Notes

[1] On comprend dans ces conditions la légèreté avec laquelle l’UE a piétiné la démocratie en Grèce ces dernières années, notamment en plaçant l’action législative de la représentation nationale sous le contrôle étroit de la Troïka : exemple chimiquement pur d’aliénation de la démocratie par la dette et la technocratie au nom d’une grande « Cause » et d’intérêts financiers bien compris. Par cette infamie, l’idéal européen, s’il n’a jamais existé, a vécu.

[2] Sur le taux de croissance, le taux de chômage, la désindustrialisation, la balance commerciale, l’endettement public, les lendemains radieux promis par les partisans de la monnaie unique ne sont pas advenus, c’est le moins que l’on puisse dire. Voir : SAPIR Jacques, « La zone euro a 20 ans », Les-Crises, https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-zone-euro-a-20-ans-par-jacques-sapir/

[3] L’Allemagne et l’euro constituent un exemple spectaculaire de cet état de fait.

[4] Voir : SAPIR Jacques, « La zone euro a 20 ans », Les-Crises, https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-zone-euro-a-20-ans-par-jacques-sapir/

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Commentaire recommandé

Toff de Aix // 19.09.2019 à 10h24

On ne peut vouloir à tout prix forcer l’accouchement d’une espèce de machin, d’ entité fédérale, sans mettre à disposition les outils indispensables à son émergence, puis à sa survie. Ou est la compensation monétaire ? Ou sont les instruments de solidarité qui feraient que cette union pourrait tenir debout en cas de coup dur-e qui est en train de se passer un petit peu partout soi dit en passant, de la Grèce à l’Italie, en passant par l’Espagne et la France. Cette UE de malheur a été construite sur un mensonge : pas de paix ni de bonheurs possible sans justice ni harmonisation politique, sociale, fiscale et monétaire.

Les paradis fiscaux pullulent en UE. Les zones de non droit économique autorisent tous les abus aux puissants, pendant que les petits trinquent, victimes de la delocalisation, de la mécanisation et des transferts boursiers favorables aux grands groupes.

Les GOPE font la loi, et imposent cette sacro-sainte rigueur budgétaire, venue de tout droit du 4eme reich allemand. Les votes des pays membres, soi disant souverains, sont foulés aux pieds régulièrement : Lisbonne, brexit… Jusqu’aux déclarations de Drunker le fraudeur fiscal alcoolique, qui estime “qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

Et au milieu de ce BORDEL, nous avons ce président de pacotille, éborgneur patenté, menteur invétéré, qui vient faire son cinéma ? Mais quelle BLAGUE.

Cette UE de malheur va se casser la figure, et c’est tant mieux.

12 réactions et commentaires

  • Toff de Aix // 19.09.2019 à 10h24

    On ne peut vouloir à tout prix forcer l’accouchement d’une espèce de machin, d’ entité fédérale, sans mettre à disposition les outils indispensables à son émergence, puis à sa survie. Ou est la compensation monétaire ? Ou sont les instruments de solidarité qui feraient que cette union pourrait tenir debout en cas de coup dur-e qui est en train de se passer un petit peu partout soi dit en passant, de la Grèce à l’Italie, en passant par l’Espagne et la France. Cette UE de malheur a été construite sur un mensonge : pas de paix ni de bonheurs possible sans justice ni harmonisation politique, sociale, fiscale et monétaire.

    Les paradis fiscaux pullulent en UE. Les zones de non droit économique autorisent tous les abus aux puissants, pendant que les petits trinquent, victimes de la delocalisation, de la mécanisation et des transferts boursiers favorables aux grands groupes.

    Les GOPE font la loi, et imposent cette sacro-sainte rigueur budgétaire, venue de tout droit du 4eme reich allemand. Les votes des pays membres, soi disant souverains, sont foulés aux pieds régulièrement : Lisbonne, brexit… Jusqu’aux déclarations de Drunker le fraudeur fiscal alcoolique, qui estime “qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

    Et au milieu de ce BORDEL, nous avons ce président de pacotille, éborgneur patenté, menteur invétéré, qui vient faire son cinéma ? Mais quelle BLAGUE.

    Cette UE de malheur va se casser la figure, et c’est tant mieux.

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    • Jose // 19.09.2019 à 14h06

      Mr Aix,
      Ne pas oublier que c’est vous Francais qui poussez depuis plus de 30 ans a plus d’Europe !!!! Mitterrand voulait faire disparaitre notre Deutsche Mark en imposant l’Euro a nous Allemands!!!! Tu crois que les Alleamnds allaient accepter l’EURO si on devait faire un referendum???? De quoi vous Francais vous plaignez aujourd’hui?????? Delors, Attali, J c Trichet Mitterrand ….Pourquoi ne demandez vous pas des comptes a vous élites??????? Accuser toujours l’Allemagne de vos déboirs c’est un sport National en France!!!! Jamais la faute de vos élites. Merkel veut-elle de l’Europe de Macron ??? Non non et non !!!!! Tout le monde le sait. Mais pourquoi Macro persiste t-IL??? Pourquoi veut-elle uns armée européenne???? Chaque pays a les élites qu’il mérite.car en fait c’est vous qui les élisez…Point de vue d’un Allemand…..

        +8

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      • Toff de Aix // 19.09.2019 à 16h13

        Bonjour monsieur,
        Je suis gilet jaune. Je “demande des comptes à mes zélites” comme vous dites…et ce depuis des années (syndicaliste et militant également), et maintenant depuis plus de 40 semaines d’affilée…

        Mais c’est dur. Ils ont beaucoup, beaucoup de flashball, de grenades, de matraques et de tribunaux avec beaucoup de gens derrière. Je risque très souvent mon intégrité physique, mais ils s’en foutent. Un peu comme la troïka avec les grecs quoi…

        Après, je ne désespère pas non plus : les allemands ont toujours courbé la tête et obéi aux injonctions de leurs “élites” (qui ont souvent été de gros psychopathes, il faut le dire). Alors que nous, Français, avons souvent fait l’inverse : nous préférons nous révolter, voire les remettre à leur place, bien plus souvent que de subir jusqu’à la mort (1789,1830,1848,1871,1968…). Ça n’est cependant jamais gagné, je vous l’accorde.

        Vos élites, vous les avez autant méritées que les nôtres, je vous l’accorde aussi. Mais pourquoi l’Europe doit elle à chaque fois fois subir leurs caprices ? Et ce, depuis bien, bien longtemps ?

        Cordialement votre.

          +11

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        • Jose // 23.09.2019 à 17h09

          Mr Toff
          Pourquoi vous ne vous 1etes pas révoltés quand votre président SARKOZY est parti seul détruire la Libye causant le terrorisme dans le Sahel et l’immigration vers l’Europe???? Vendre des armes aux pays soutenant le terrorisme comme l’Arabie Saoudite ????? Vous trouvez ca bon????? Moi je trouve plutöt que le Francais se se révolte que si on frappe son porte- monnaie comme les gilets jaunes. Pour le reste il s’en fout!!!! En Allemagne les décisions sont plus collégiales et discutées…. On n’ a pas un monarque absolu qui décide de tout…il faut négocier….En Allemagne on gouverne avec au moins 50% de majorité et non 23% comme en France…..C’est pourquoi vous avez des revoltes car votre monarque n’écoute pas l’avis des 77% restants….

            +0

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      • Bernd Badder // 19.09.2019 à 17h02

        Genau , aber … les Allemands comme les Français n’ont pas pu dit non.
        Leurs élites ont aussi veauté ces traités , Mitterand et Delors n’auraient pas fait grand chose sans Kohl et Schröder , ils ont accepté de passer à l’Euro sous condition que la BCE siège à Frankfurt am Mainz et qu’elle soit “indépendante”… le genre de truc dont le quidam se branle la nouille mais d’une force … à s’en faire péter la vésicule séminale.
        Idem quand le duo Merkozy a signé le FEFS et consacré la sacro-sainte östérité budgétaire et la vente à la découpe des “PIGS” pour sauver la DB et BNP. Qui a pu dire oui , non , peut ètre , OSEF ?

        Pour une fois, les conneries ont été faites de façon collégiales par les élites Française ET Allemandes. Et dans les deux cas on a gentiment prié aux deux peuples de machen ihre klappen zu.
        Und Heutzutag ? Bah rien , le FN à 30% , l’AfD pareil …
        Camarade Allemand , tu as les mêmes têtes de cons à la tête de ton état que nous , alors toi aussi , va gueuler dans la rue histoire qu’on voit que t’es pas d’accord … nous on l’a fait , on le fait encore et on en paye le prix tous les samedi … avec notre sang. Chaud patate Kamarad ?

          +17

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      • Véronique // 19.09.2019 à 18h57

        Pour ma part j’accuse à la fois nos dirigeants et l’Allemagne. Les deux. Et je vote en conséquence.
        Et je pense que beaucoup de français ne sont pas dupes non plus et font de même, ce qui a permis certainement de ralentir le processus de “construction européenne”, quoi qu’on en pense.
        L’Europe de Macron est en fait ce que souhaite l’Allemagne (qui fait référence dans sa loi fondamentale aux principes fédératifs de l’UE, principes qu’elle a décrété toute seule !) . D’ailleurs Macron proposait pour les élections des listes transnationales. L’Allemagne n’en voulait pas soit-disant. Et pourtant, que fait la présidente (allemande) de la commission ? Elle veut réexaminer la question des listes transnationales !
        Pour l’euro, je ne pense pas que l’Allemagne y était opposée, et d’ailleurs la Banque centrale n’est pas en France. En plus l’idée d’une monnaie commune n’est pas française.
        Je crois surtout que l’Allemagne a fait preuve d’habileté (encore qu’avec les dirigeants français, ce ne soit pas très difficile d’être habile) en faisant croire qu’elle sacrifiait sa monnaie.

          +5

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        • Ouvrierpcf // 19.09.2019 à 20h43

          L Allemagne en fait les Allemagnes réunifiées en 1991 ont changé la donne puis la re
          Connaissance de la Croatie sous les bombes de l OTAN oui de fait en Force

            +1

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  • charles // 19.09.2019 à 11h30

    article à l’attention des européistes béat pour atterrissage en douceur… La vérité dont il ne parle pas c’est que le deep state est à nos fesses pour continuer et promouvoir l’ue quoi qu’il en coûte. mais bon ça c’est trop brutal à entendre alors on passe par des tergiversations à n’en plus finir.

    Reste tout de même que puisque le truc est ANTI démocratique, pour s’en défaire, les mots et les idées ne suffiront pas. Fini de jouer, sifflons la fin de partie une bonne fois pour toutes, le temps presse.

      +17

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    • Michel Le Rouméliote // 19.09.2019 à 19h11

      Entièrement d’accord avec vous ! Mais ça ne va pas être de la tarte, quand on voit ce que les fanatiques européistes sont capable de faire aux Britons !
      En attendant “« l’Europe » devient une fin en soi “, dit l’auteur, c’est vrai et ça rappelle quelques slogans des années 1940, exhortant les jeunes Français à rejoindre leurs camarades européens lutter contre le bolchevisme du côté de Stalingrad !

        +4

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  • Tchoo // 19.09.2019 à 15h48

    Parce que Macron est dans la com et uniquement dans la com
    Il ne croit pas à ce qu’il raconte
    L’UE n’a qu’un seul but inavouable et donc on enfermé cela dans Il un discours même si il est contradictoire dans chaque phrase ou tournure occupe au mieux quelques cerveaux qui vont tenter de décrypter la prise jupitérienne oubliant l’essentiel.
    Opération réussie

      +5

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  • jmdest62 // 20.09.2019 à 07h44

    J’ai toujours trouvé curieux que l’on parle d’Europe et que dans les grandes réunions et instances l’ Europe ne soit pas ou que marginalement représentée.
    Rien que cela indique que les Etats ne sont pas prêts à renoncer (et tant mieux !) à leurs prérogatives.
    Au G7 est-ce qu’on a vu “débarquer” le gouverneur de la Californie , du texas etc…?
    Point essentiel , tant que la langue ne sera pas commune il n’y aura pas d’Europe et là il faudrait des dizaines de décennies donc………..
    @+

      +0

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  • Non Insulaire // 25.09.2019 à 12h20

    “Corée du Sud, Singapour, Taiwan, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège, Islande”

    Cette liste d’exemples est peu convaincante, dans un paragraphe qui traite (notamment) de la gestion des frontières : à part la Norvège et la Corée du Sud, tous ces pays sont DES ÎLES.
    (et étant donné que la seule frontière terrestre qu’a la Corée du Sud est la “DMZ”, on pourrait même la compter comme une île)

    Je ne suis pas contre l’argument en soi, mais il gagnerait à être appuyé par d’autres exemples de pays ayant plusieurs frontières conséquentes et facilement franchissables par la terre.

      +0

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